Une Nouvelle Voie (Septembre 2017) : nouvelle prouesse présidentielle : bailler le pays à la Chine pour 20 ans et foutre le camp dans 2 ans

Bienvenue à mon bilan du 21e mois de la Condécratie version 2.0. Je continue mon exploration mensuelle des méandres des décisions importantes pour la Nation prises par nos nouveaux chefs en proposant des pistes de réflexions et d’actions qui pourraient être envisagées pour que le « vrai changement » soit effectif.

  1. Echantillon de paroles et pensées présidentielles du mois:
  • « Les pays des BRICS et nous avons le même fond de développement ; les pays émergents et les pays en développement peuvent apprendre du développement des pays des BRICS et nous attendons avec impatience les plans spécifiques de financement et autres que les pays des BRICS peuvent fournir aux pays en développement. C’est une attente particulière que nous avons envers la réunion de Xiamen. Renforcer la coopération Sud-Sud, en particulier avec la Chine, est d’une importance primordiale » (le 03, à la veille du sommet des BRICS de Xiamen en Chine)
  • « Malheureusement les conditions dans lesquelles nous avons pris l’indépendance, le Général De Gaulle a estimé qu’il fallait punir la Guinée.  Il l’a fait en complicité avec les Présidents Félix Houphouët Boigny de la Côte d’Ivoire et Léopold Sedar Senghor du Sénégal. C’est ce qui a causé le retard de la Guinée… Depuis 2010, la Guinée a repris sa marche vers l’avant. Si aujourd’hui nous sommes le pays le moins développé de l’Afrique de l’Ouest, nous pouvons être le premier à l’arrivée » (le 03, à la veille du sommet de Xiamen).
  • « Le contenu local, lorsqu’il y a eu les premières manifestations en avril, je me suis penché sur la situation. J’ai convoqué les miniers. Le contenu local veut qu’on emploie d’abord les gens de la région. Mais quand je vois la liste des prestataires je n’ai pas vu un Somparé, un Koumbassa, un Kanté (…). Même si on doit prendre un Condé ou un Diallo mais il faut commencer d’abord par eux. J’ai exigé cela. Les miniers avaient à l’époque décidé à la suite d’une rencontre au palais présidentiel de mettre (à la disposition de Boké) 50 camions. Je leur ai dit qu’il faut monter à 70. Ces camions devaient être utilisés pour transporter la bauxite et générer des revenus permettant leur remboursement. J’ai convoqué mes parents de Boké et leur ai demandé d’aller voir comment exploiter les camions et former des coopératives de jeunes… Il faudrait créer des coopératives qui permettraient aux jeunes d’avoir du boulot… Les ministres des mines, de la sécurité et de l’énergie vont faire une communication pour annoncer les mesures qui ont été prises » (le 16, pour se justifier par rapport la révolte de la population de Boké, lors d’une rencontre avec la presse à Conakry).
  • « Je ne vais jamais accepter le troc, c’est-à-dire argent contre mines. Pourquoi ? Parce qu’on vous donne et que la valeur des mines soit supérieure à un milliard donc vous perdez… Cet argent ce ne sera pas dans les caisses de l’Etat, ce ne sera pas utilisé pour acheter des voitures, ce sera utiliser à bon escient… Au lieu de fantasmer tout patriote devrait en être fier. Pour la première fois, pendant 20 ans la Guinée aura des fonds qui sont consacrés aux infrastructures (routes, chemins de fer)… En aucun cas je ne permettrai que les ressources minières de la Guinée soient bazardées… Conakry n’est pas une capitale. J’ai commencé à discuter avec les habitants de Conakry pour qu’ils acceptent de déménager dans les maisons sociales. On casse, on reconstruit après on leur donne un appartement là où ils étaient parce que le prix de la terre à Kaloum est plus cher pour une maison sociale. Nous allons vous présenter bientôt la maquette de Conakry en 2040… On a mis des bacs à ordures mais au lieu de mettre la saleté dedans vous mettez sur la chaussée. Vous aimez vivre dans la saleté… Déjà, nous avons travaillé avec une société de Singapour qui a transformé ce pays. C’est cette société qui nous a fait le plan de Conakry en 2040. On va bientôt exposer ledit plan au palais du peuple. Ensuite, nous avons le plan de ‘’Grande Conakry’’ qui va jusqu’à Kindia. C’est en fonction de ce plan que nous allons construire la Guinée » (le 16, sur la promesse d’un miracle guinéen permanent pour très bientôt grâce aux 20 milliards USD chinois, lors de la même rencontre avec la presse).
  • « Vous racontez du n’importe quoi ! C’est quand même grave ! Vous allez sur France 24 pour raconter des conneries comme ça. C’est grave ! Comment on peut dire qu’on a cédé. C’est nous qui avons décidé dans le nouveau code minier que toute personne qui aura une concession minière doit donner 15% gratuit au gouvernement guinéen si c’est la bauxite. Si c’est transformé en alumine, alors c’est 7% pour encourager la transformation. Mais on peut prendre les 15 % comme on peut les remplacer par un financement… Pardon s’il vous plaît monsieur. Je n’aime l’impolitesse ici ! Que ce soit la dernière fois sinon vous sortez ! Il ne faut pas raconter d’histoires, adressez-vous au ministère des mines. C’est comme ça que vous discréditez le pays en se mettant à raconter des conneries sur France 24 alors que vous pouvez vous adresser au ministère des mines. Comment pouvez-vous faire des enquêtes si vous n’allez pas au ministère des mines ? Soyez moins prétentieux et allons à l’information, soyez modestes » (le 16, en réponse au correspondant de France 24 et d’un collègue guinéen suite à des questions sur le flou qui entoure l’attribution d’une autre magouille bauxitique à Boké à la nébuleuse société française AMR (Alliance Minière Responsable).
  • « les gens n’accepteront jamais que les problèmes africains soient gérés par des africains. C’est à nous d’imposer cela. Nous sommes pour la démocratie, les droits de l’homme. Montesquieu a dit « vérité en deçà des Pyrénées, erreur au-delà». On ne peut pas nous imposer la démocratie française ou américaine. Les dirigeants africains doivent accepter de se dire la vérité. Les faibles ressources que nous avons nous devons les mettre au service des populations les plus déshéritées c’est-à-dire les femmes et jeunes, non pas au profit d’une minorité… Si nous critiquons les autres il faut qu’on se critique aussi. Il y a la responsabilité de ceux qui nous ont dominés et retardés mais aussi la nôtre. C’est un langage franc que nous parlons. Nous ne sommes plus un syndicat de chefs d’Etat complices mais des chefs d’Etat responsables qui se disent la vérité pour que l’Afrique avance (le 20, lors d’une rencontre avec le personnel africain des Nations Unies).
  • « Les gens ont la mémoire courte. Pendant 2 ans l’opposition a mis des gens dans la rue pour nous empêcher de travailler. Ils l’ont fait pour empêcher la Guinée d’avancer. il faut se dire la vérité. Dès qu’on voit des manifestations sur France 24 les hommes d’affaires se disent ça ne va pas dans ce pays… Aujourd’hui, quand vous venez en Guinée vous verrez. Ce qu’on a fait en 5 ans aucun n’a fait ça en 40 ans, c’est concret… Quand un investisseur venait en Guinée, il fait une nuit au Novotel, le lendemain il repart. Parce que non seulement il n’y avait pas de téléphone mais les draps sont sales, il n’y a pas de climatiseur. Nous avons plus d’hôtels que le Sénégal. Et d’ici 2 ans, nous aurons plus d’hôtels que la Côte d’Ivoire. Demandez aux hôtesses (de l’air), tout le monde veut aller en Guinée (le 28, à Moscou, en recevant les étudiants guinéens dans ce pays).
  • Pour : l’élément positif ce mois-ci est que le boss nous explique le lendemain d’une nouvelle découverte du monde moderne ce qu’il a « obtenu » pour lui et pour nous. Bien sur dans sa sauce gombo habituelle faite d’amateurisme, d’incompétence, d’insouciance, de populisme et de prétention ridicules mais ça on s’y attendait déjà.
  • Contre : il exprime enfin clairement sa vision : il veut couper le cordon ombilical avec l’Occident mais le remplacer par un double cordon, à l’ombilic et à la gorge avec la Chine. En effet, les cinq principes-clés définis de cette nouvelle coopération sont « Le respect mutuel de la souveraineté et de l’intégrité territoriale, la non-agression mutuelle, la non-ingérence dans les affaires intérieures, l’égalité et le bénéfice mutuel de chacun et la coexistence pacifique ». En franco-PPACien cela se résume en « pas de problèmes pour le 3e et même le 4e mandat ». Son explication des causes et solutions pour arrêter la crise sociale de Boké est pitoyable et indique à quel point il est complètement à coté de la plaque guinéenne en ce qui concerne la situation explosive du pays. Franchement il est même pire que Trump quand on lui tend un micro. Et son griot de service (Bantama chaud-show) lâche lors d’une des mamayas RPCiste hebdomadaires « Le Président n’a qu’à nous laisser avec ces gens-là pour quelques jours. Parce qu’ils n’entendront que la voix de la violence ». Et dire que ce type est ministre de la jeunesse, de la culture et du patrimoine historique ! La Guinée nage de plus en plus dans un délire typique des fins de règne de tous les despotes tropicaux du continent. Pour conclure sur les citations du mois je voudrais rappeler celle du Cardinal Robert Sarah, « préfet de la congrégation pour le culte divin et la discipline du sacrement » au Vatican, à Rome. Ce super ministre du Pape François est avant tout une des personnalités les plus respectées par les Guinéens. Il était en vacances chez lui en Guinée et a été interrogé lors d’une conférence de presse sur sa vision de la vie de la nation guinéenne : « Lorsque vous partez de l’aéroport pour rejoindre votre résidence ce qui attriste ce sont les saletés. Je ne sais pas, c’est comme si l’on a perdu le sens de la dignité. Quand un étranger vient et qu’il voit notre ville, est-ce qu’on n’a pas honte ? J’ai vu même les gens qui laissent leurs poubelles au milieu de la rue. Mais moi je n’ai vu dans aucune ville du monde un tel comportement. Alors qu’il n’y a pas longtemps vous avez vécu une tragédie avec Ebola… Alors naturellement cette saleté physique représente les saletés peut-être intérieures, la saleté qui est dans notre corps… Parce que sans moralité, sans discipline, sans travail et le travail demande la sueur, il n’y a aucun progrès. Si l’égoïsme accapare notre vie, notre existence, et bien l’égoïsme accentuera notre pauvreté, notre retard. Pas seulement matériels, parce que Dieu nous a tout donné : la pluie, la pluie qui tombe ici ne tombe pas au Sénégal, ni au Mali. Mais regardez le Mali, le Sénégal, ayons honte de la Guinée.  Nous avons tout ici, nous avons le diamant, nous avons l’or, nous avons la pluie, nous avons une terre riche. Mais nous ne progressons jamais. Si nous ne faisons pas un effort moral, si nous n’avons pas une discipline, si nous n’avons pas un règlement, si nous ne distinguons pas le Mal du Bien et que chacun fasse son travail là où il est, on n’ira nulle part. On a perdu le sens de la dignité ». C’est le sentiment commun de tous ceux qui retrouvent notre capitale après une absence de plus de six mois. Il a néanmoins tort de mettre la population dans le même sac que les autorités locales et nationales dans la responsabilité de cette catastrophe. Il a vu il y a quelques années à quoi ressemblait la ville de Naples en Italie quand les éboueurs avaient fait une grève prolongée. Sans éboueurs les habitants ne peuvent pas avaler leurs ordures quand même, ils n’ont que 2 options, les stocker et les brûler dans leur maison ou les jeter devant chez eux dans la rue. Laquelle choisirait-il pour chez lui Mais mon cher Cardinal mais j’ai une petite suggestion à vous faire : vous l’exprimeriez mieux pour tous en évitant à chaque visite d’aller faire des sourires, bises et salamalecs aux principaux responsables, nos chefs politiques et leaders religieux, devant la TV-PPAC. Refuser poliment de les rencontrer serait pour nous le meilleur indicateur que vous êtes resté toujours aussi intransigeant qu’avant de rejoindre les arcanes diplomagiques du Vatican. Il faut mettre fin, ce qui est beaucoup plus facile à votre niveau, à la pratique satanique créé par Satan Touré  d’aller remercier le chef chaque fois qu’on vient au pays, même quand on désapprouve le « Mal » cité par vous qu’il fait a vos frères et sœurs. Vous voulez dire à haute voix que les Guinéens ont perdu en 60 années presque toute leur dignité et morale ? Faites-le vraiment en ne fréquentant plus les principaux responsables de cette descente sans fin aux enfers et ce jusqu’à ce qu’ils vous convainquent par leurs actes qu’ils ont compris et changé.
  1. Les décisions et actions « positives » du mois :
  • Le 08, le ministre de l’enseignement universitaire annonce des reformes positives dans le sens de l’amélioration de la gestion transparente de son domaine de responsabilité : tous les enregistrements d’étudiants se feront désormais sur un site internet simple et ouvert à tous. Leurs bourses financières seront payées électroniquement dans leurs comptes personnels. Les magouilleurs de son ministère, de celui des finances et des universités privées et publiques sont inconsolables. De plus il annonce que le gouvernement ne donnera plus de bourses qu’aux étudiants du public. Vu la pratique guinéenne de gonflage démesuré du nombre de boursiers c’est une excellente chose pour le futur. Au mieux des primes d’excellence pour la prise en charge partielle des frais universitaires dans l’enseignement privé pourraient être envisagées dans le futur.
  • Le 20, nous apprenons que Mme Fatou Badiar Diallo, le commandant AOB et cinq autres innocents condamnés pour l’auto-attentat contre la chambre à coucher vide du PPAC en juillet 2011 vont être rejugés le 16 octobre prochain par le tribunal criminel de Dixinn. Il faut rappeler que depuis le 27 mars la Cour Suprême avait cassé et annulé l’arrêt du 13 juillet 2013 les condamnant mais que depuis le boss leur refusait même une mise en liberté provisoire comme il l’avait fait pour plusieurs de ses ministres présumés/vrais criminels. Mauvaise humeur et allergie aux noms Diallo et Barry sans doute.  Avec un peu de chances ils reverront la lumière du jour avant son départ du pouvoir en 2020 – s’ils sont encore vivants.
  • Le 25, la CENI fixe une nouvelle date pour les élections communales : le 04 février 2018. Enfin une date fixée même si personne n’y croit vraiment mais bon ça met un peu de baume aux cœurs des politiciens et miséreux rêveurs du bled.
  • Le 26, Les victimes du 28 septembre 2009 portent plainte contre le général Sékouba Konaté au bureau du procureur de la République près le Tribunal de Première Instance de Dixinn territorialement compétent pour cette affaire. Normalement celui-ci a 48 heures pour y répondre (l’accepter ou la classer). Hélas pourquoi avoir attendu 8 ans pour le faire ? Pourquoi une plainte simple sans constitution de partie civile ? Pourquoi n’y avoir pas inscrit en même temps les noms de ceux qui nous narguent du haut de leurs postes ministériels ? C’est ça le problème des Guinéens, ils ne font jamais les choses de manière systématique et entière. En attendant cela va calmer notre tigre édenté parisien qui nous casse les oreilles avec ses griots du net pour se créer une image de sauveur de la Nation en oubliant de rappeler ses prouesses de voleur et de criminel de la Nation. Et cela pourra faciliter et accélérer l’action de la justice tant Guinéenne qu’internationale contre lui. Voila ce qui arrive quand un criminel veut faire le buzz permanent dans la presse au lieu de s’enterrer dans un trou bien sombre en essayant de se faire oublier de ses victimes – allons toun !
  • Le 28, date du 8e anniversaire du massacre et de viols de plus de 150 innocents au stade du même nom, une nouvelle « avancée » du dossier est promise. Suite à une rencontre le 27 entre le ministre de la justice et les associations FIDH, AVIPA et OGDH, Mme Asmaou Diallo, Présidente de l’AVIPA, l’association des victimes, annonce à la presse : « Mr Le ministre de la justice a assuré à nos organisations que l’instruction judiciaire serait clôturée avant la fin du mois d’octobre. Les victimes ne peuvent plus attendre et demandent à la justice guinéenne qu’elle tienne cet engagement après plusieurs promesses non tenues ».  Mais puisque ce ministre est lui aussi gentiment surnommé le « tonton-promesses » du gouvernement à l’image de son boss « papy-promesses », nos saurons très bientôt s’il a encore menti. Avant la fin de cette chronique mensuelle.
  • Pour : un peu d’humour PPACien pour débuter : le 14, un buzz indéterminé sur le net local a affirmé qu’une importante somme de devises étrangères avait été piquée de la chambre à coucher du boss dans son palais. Un de ses proches conseillers dément aussitôt : « Je vous dis tout de suite que ce n’est pas vrai. On me dit que l’argent a été pris dans la mallette du Président en son absence. C’est incohérent, il voyage toujours avec sa mallette ». Voleurs de tous les pays, vous êtes maintenant prévenus pour chacune de ses très prochaines escales chez vous. Les blagueurs racontent que quand le PPAC a été informé de la catastrophe alors qu’il était à près de 600 km (Kankan) pour assister aux funérailles d’une personnalité du coin, il aurait hurlé « Ehhh Allah, ces bandicons on volé mon larsan (l’argent) » et il aurait couru comme un dératé vers son hélicoptère en oubliant tout protocole, pour aller évaluer les dégâts encourus.
  • Contre : ce ministre de l’enseignement supérieur essaie vraiment de ramener la gestion de nos universités aux normes du XXIe siècle donc il se trouve de fait sur un siège éjectable au prochain remaniement. Personne n’a le droit de toucher aux intérêts acquis, surtout ceux des voleurs professionnels de notre administration publique. Et il y a 90% de probabilité que le business as usual reviendra le lendemain de son départ. Finalement nous sommes le 30 septembre et pas un mot de « tonton promesses » sur la clôture promise et assurée aux associations de l’instruction judiciaire sur les crimes du 28 septembre 2009. Il nous dira lundi qu’il ne savait pas que ce jour était non ouvrable ou alors qu’il voulait dire le 31 septembre et qu’il attend toujours cette date dans le calendrier. L’un ou l’autre, lui aussi est devenu en très peu d’années un pur fils du PPAC.
  1. Les décisions et actions « négatives » du mois :
  • Le 01, c’est reparti : la navette interplanétaire Condé-02 repart cette fois-ci vers Xiamen (Chine) pour le sommet de la BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et South Africa). Nous attendons avec impatience l’unique résultat de notre participation à ce sommet : la photo officielle du 1e Petite consolation quand même : il a quitté Conakry par le vol régulier Air France.
  • Le 05, le PPAC a finalement osé le faire signer et annoncer officiellement par son Madoff national. Lui et sa bande de requins insaisissables ont signé avec le gouvernement chinois le contrat de leur vie. Sur le plan personnel 20 milliards US avec les commissions virées directement à Shanghai et Dubaï. Pour nous ce sera des projets cheap en qualité, surfacturés à 500% et avec main d’œuvre cadre à 90% de bagnards bannis chinois et mort progressive de l’environnement du pays (agriculture, rivières et pêche artisanale). Le tout  en échange de tous les cailloux et terres rouges des préfectures de Boké, Boffa et Gaoual.
  • Le 08, papy-promesses fait encore plus fort : il fait annoncer un prochain métro-bus à Conakry ! Le projet est le fruit d’une prochaine coopération Guinéo-Turque, financé par eux seuls bien sur. Le tronçon Kaloum-ENTAG (haute banlieue) devrait constituer la première phase du plan. Il faut prier pour que le matériel soit un peu plus neuf que le récent don de bus du même pays (17 ans d’ancienneté mais avec peinture métallique neuve) et que ce métro sera souterrain et aérien pour contourner les montagnes de poubelles sur nos rues goudronnées.
  • Le 09, le boss débarque à Astana au Kazakhstan pour participer au 1e sommet pour la science et la technologie de l’organisation de la coopération islamique (OCI) ! Il doit être le premier officiel guinéen à y mettre les pieds. Il fait vraiment tout pour ne pas retourner à Conakry. De là c’est un vol direct chez lui, à Paris. Vu son discours de Xiamen où il n’a pas hésité à pérorer du haut d’une tribune officielle que « La France est en partie responsable du retard de son pays » l’escale de Paris c’est surtout pour dire un gros « pardon patron, je blaguais seulement ». Je rappelle qu’il a quitté Conakry depuis le 01 septembre.
  • Le 11, les manifestations urbaines contre les pénuries d’électricité (en pleine saison des pluies) reprennent plus violemment à Boké, vous savez la préfecture d’où part presque toute la terre rouge de Guinée. Les jeunes organisent des manifestations un peu partout à travers la ville, brûlent des pneus et  érigent des barricades avec des gros troncs d’arbres sur  les principales artères  pour empêcher la circulation des engins en particulier les camions des compagnies minières de la place. En plus ils scandent des slogans hostiles au pouvoir et aux forces de l’ordre. Le bureau de la gendarmerie est saccagé par des jeunes en furie. Comme d’hab. il fait envoyer ses miliciens qui tirent à balles réelles sur les manifestants. Ces pauvres gens sont pillés 24h/24 mais il voudrait les voir la fermer et dormir avec des lampes tempête. Au finish c’est de nouveau 2 morts et une soixantaine de blessés dont des dizaines par balles « perdues ». Finalement son bizness de 20 milliards sur le dos des Guinéens et en premier ceux de Boké risque d’être la gourmandise de trop et le démarrage de la chute de son système mafieux. Ce sont les excès de confiance et de foutaises qui l’emporteront comme avant lui Hissein Habré, Bokassa, Idi Amin, Gbagbo et plus récemment son complice en crimes guinéens Blaise Compaoré, avec chaque fois la chute du chef et de son régime pourri.
  • Le 13, on peut lire sur le site de l’ambassade des USA à Conakry : « A compter du 13 septembre 2017, l’ambassade des Etats-Unis met un terme à la délivrance des visas B, F, J, et M aux officiels Guinéens ainsi qu’aux membres de leurs familles proches, avec quelques exceptions limitées.  Selon l’article 243 (d) de la Loi sur l’Immigration et la Nationalité, à la requête du Secrétaire à la Sécurité Intérieure pour cause de refus d’un pays en particulier d’accepter ou de retarder de manière déraisonnable le retour de ses ressortissants, le Secrétaire d’Etat doit ordonner aux officiers consulaires de suspendre la délivrance des visas jusqu’à ce que le Secrétaire à la Sécurité Intérieure l’informe que le pays en question a accepté le retour ces individus ». Je vous en parlais le mois dernier – ils sont passés à l’acte. Voila ce qu’on appelle taper là où ça fait vraiment mal, leurs intérêts personnels. Maintenant même nos compatriotes qui n’ont aucun problème aux USA obtiendront des visas d’expulsion si Trump le demande.
  • Le 15, à Boké c’est ensuite le siège préfectoral du RPCé qui est saccagé par les manifestants. Le 1e responsable a échappé de justesse au braisage national et à la mise à sac totale de sa belle résidence. Toutes les écoles sont fermées, toutes les sociétés minières sont aux arrêts et la ville ressemble à la bande de Gaza les mauvais jours israéliens. Le nombre de blessés et de dégâts matériels augmente par dizaines. Les « sages et autorités morales » demandent le retrait immédiat de la ville des milichiens du pouvoir pour éviter la déflagration finale. Ce qui est pourri finit toujours par sentir…
  • Le 16, c’est un nouveau lancement réussi de notre navette pour New York pour participer à la 72e assemblée générale des Nations Unies. Le pays peut bruler, lui il a plus important à faire, revoir ses potes (qu’il a quitté il y a moins d’une semaine) et participer à leur fête annuelle aux USA.
  • Le 20, les milichiens permettent une nouvelle marche pacifique des opposants sans kalaches et autres engins de mort. Malheureusement des incidents éclatent au retour entre les manifestants et les agents de la sécurité aux ronds-points de Hamdalaye et Bambéto et rebelote le lendemain. Le bilan final est donc de 2 jeunes élèves tués par balles inconnues et près de 70 blessés dont une douzaine également par balles. Et oui, il pleut des balles à presque chaque marche à Conakry – déjà plus de 80 enfants accompagnés au cimetière. Il n’y a eu que 2 ou 3 exceptions à cette règle stricte du pouvoir. Pourtant plusieures sources sérieuses avaient signalé que les policiers et gendarmes n’étaient pas armés en quittant leurs bases le matin. Il faut reconnaître que plusieures vidéo montrent clairement les provocations excessives et dangereuses habituelles par des bandes de casseurs délinquants et drogués, des mineurs écervelés et cette dangereuse « section motard » lâchée sans contrôle par les opposants lors de ces marches. Néanmoins la réponse adéquate à ces provocations n’est sûrement pas des coups de kalache. Et le pire c’est que dans la presque totalité des cas les dégâts de ces écervelés se font sur les personnes, véhicules et boutiques des supporteurs de leur cause, preuve qu’il s’agit plus de loubards désœuvrés que de vrais militants de l’opposition qui n’arrive pas en réalité à contenir ces hordes qui cassent tout en son nom sur leur passage. Un journaliste indépendant a même décrit « Des citoyens revenus de la Mecque qui ont eu recours à leur turban pour que des jeunes visiblement drogués les laissent passer » Allah Akoubar !
  • Le 25, nouveau décollage réussi de notre navette planétaire, cette fois-ci pour Luanda (Angola) pour participer au couronnement du petit nouveau membre du club des Rois africains. Sur la photo-souvenir ils sont tous présents au 1e rang de la tribune officielle. De là c’est cap Moscou pour vendre ce qui reste de mon pays. Ehh Allah, il ne reste plus que le terrain sous la case de ma grand-mère à Yembering à vendre ! Petit sourire : le jet privé gracieusement affrété par le Président Poutine était estampillé en large sur le cockpit « République de Guinée » avec le drapeau national en logo. Vraiment il sait comment caresser l’ego de nos dictateurs tropicaux avant de les dépouiller de leurs richesses – et ça marche à chaque fois, depuis notre « indépendance » il y a près de 60 ans.
  • Pour : comme chaque mois, R.A.S…
  • Contre : concernant la grosse magouille financière chinoise lisez les détails hallucinants de ce deal révélés par sa cheville ouvrière, le ministre conseiller aux affaires chinoises Kassory Fofana : « La réunion d’aujourd’hui aboutit à la conclusion d’un programme de 20 milliards de dollars américains de 2017 à 2036. Vingt milliards de dollars contre la mise à disposition progressive de nos ressources minières. Les entreprises chinoises qui se verront attribuer des permis et des conventions aideront à rembourser à même les revenus pour la Guinée de ces ressources minières, ce grand programme de financement. Dans l’immédiat, ce programme de financement pour cette année et l’année prochaine concerne une enveloppe de 1 milliard 200 millions de dollars pour les projets de route Coyah-Mamou-Dabola, pour l’assainissement et les voiries de Conakry pour lesquels on va mettre quelque 250 millions de dollars, pour la réhabilitation et l’extension d’une grande université pour cette année et l’année prochaine. Parlons d’un paquet de quatre universités sur les quatre régions naturelles de la Guinée pour plus de 300 millions de dollars et enfin la ligne de transmission Linsan-Fomi de manière à permettre à la Haute Guinée d’accéder aux ressources énergétiques de SouapitiTrois milliards de dollars à décaisser immédiatement. Cette enveloppe est un mixte de dons et de prêts. Les dons concernent notamment la construction du parlement guinéen. L’accord vient d’être signé. Nos députés vont avoir leur nouveau bâtiment digne de nom. Il y a des dons qui concernent l’extension de l’hôpital sino-guinéen, du matériel agricole et des petites aides concernant le protocole, les véhicules, les ambulances, etc.». Et pour justifier il nous lance en nous prenant pour des couillons : « La meilleure option c’est de travailler avec l’argent des autres, vous rentabilisez les capitaux et vous remboursez vos dettes. C’est un principe connu en matière de finance ». Mais le lendemain les gourous de la Présidence à Conakry publient un texte rectificatif où on nous présente une liste détaillée et des montants spécifiques des projets prévus en 2018 qui ne sont pas les mêmes que ceux de la veille ! Ils s’en foutent de toutes façons car ils ne seront pas la pour rembourser. J’ai tout lu et relu mais je ne suis toujours pas clair sur les détails de ce qui nous attend. Nulle part ne ressort les garanties de check & balance, des sociétés privées inconnues et choisies unilatéralement par les Chinois donc sûrement des vaches à lait de leur gouvernement. Rajouter les mots « société occidentale de contrôle » sans aucun détail ça veut bonne gestion assurée ?  Les contrat et appels d’offres seront donc approuvés uniquement par des banques chinoises sous contrôle du Kassory Compagnie SARL ? Aucune gestion financière des prêts par la Guinée ? A l’administration guinéenne de se débrouiller pour se montrer efficiente pour gérer 20 milliards USD alors qu’elle est incapable de le faire pour les projets développement en cours (inferieurs à 50 millions USD) qui ont un taux de décaissement moyen autour de 30% ? Aucun mot sur la capacité d’absorption de tous ces financements ? J’avais plutôt l’impression d’écouter Mister Madoff qui essayait de justifier la validité de son Ponzi scheme. Selon le site financier africain FINANCIAL.AFRIK du 08 septembre : « Contrairement aux autres sociétés installées en Guinée comme CBG ou RUSAL qui elles font des opérations de la chaine avec un processus de transformation préalable (concassage, broyage, séchage avant l’expédition) la SMB chinoise se contente de transporter tout sans aucun traitement préalable donc au passage des milliers d’emplois sont perdus pour le pays. Mais ce qui est incompréhensible et peut-être inacceptable pour tous c’est le prix de la tonne vendue aux sociétés chinoises (4 USD par tonne) par rapport à ce que les autres compagnies payent à l’Etat Guinéen  (10 USD) ». Ils se vantent en plus que pas un seul sous ne transitera dans les comptes publics nationaux car nos cadres sont des malhonnêtes incontrôlables capables uniquement de commander des Land Cruiser, et donc tous les décaissements iront directement dans des « comptes spéciaux ouverts quelque part d’autre ». Les emmerdes des audits futurs sont du coup déjà pris en compte et prévenues. On comprend mieux maintenant ce que le PPAC voulait dire en lançant la ZES de Boké en Chine, on pensait naïvement que cela voulait dire Zone Economique Spéciale mais en fait il voulait dire Zone Explosive Sociale. Penser que le problème de Boké est uniquement dû à l’absence d’électricité et d’eau courante est vraiment d’une naïveté incommensurable. Comme solution définitive pour empêcher toute nouvelle crise il pense vraiment que quelques groupes électrogènes feront l’affaire ? Tant que le fond du problème ne sera pas discuté franchement et résolu – le pillage des habitants par des sociétés minières qui empochent des milliards et passent tous les jours à parler sur le net et à la TV du « contenu local » de leurs projets avec des réhabilitations d’une école, d’un centre de santé, d’une mosquée et quelques millions GNF donnés aux responsables voleurs – et bien ils n’auront pas de mois sans nouvelle crise dans le coin. Ils veulent la paix pour longtemps, ils devront y mettre le prix réel de ces échanges, pas des sparadraps sur des frustrations justifiées. Quelqu’un pourrait-il expliquer cela aux libanais, Emiratis et leurs secondes mains locales qui gèrent toutes ces affaires fumeuses du PPAC a Boké ? Imaginez par ex. une société minière comme Rio Tinto qui proposerait ce contenu local aux populations qui avoisinent les mines qu’elle exploite au Queensland et à Pilbara en Australie ! Mais comme nos chefs sont des nigauds cupides ces requins vont toujours essayer de faire des profits à moindre coût comme toutes les sociétés capitalistes du monde et encore plus en Guinée. Un compatriote avisé (K. Ba) a bien résumé la situation ce mois-ci : « La manifestation dans la région de Boké n’est qu’une partie infime et visible de l’Iceberg en ce qui concerne l’exploitation de nos mines en Guinée par les multinationales. La revendication territoriale, l’environnement et l’emploi constituent les principaux enjeux pour les jeunes diplômés sans-emplois et les futures générations. Car l’enjeu principal de l’eau et l’électricité en termes de revendications ne sont que primaires. Ils (les jeunes de Boké en particulier) vont bientôt réclamer la politique de récompense minière, le plein emploi, les logements sociaux, le bon état des lieux et des routes, l’accès facile à la mer pour la pêche artisanale, etc. Enfin de compte, un développement durable économiquement parlant dans tous les domaines, sinon c’est très facile de bloquer l’évacuation des minerais de bauxite et autres ressources naturelles de la région. Même l’armée ne pourra rien faire contre la pauvreté ou misère pour les arrêter. Un effet multiplicateur risque fort bien de se reproduire dans d’autres grandes villes minières du pays : effets d’entraînement ou imitation». Hélas comme au Burkina où c’est la rue qui a viré Compaoré du pouvoir, ses plus proches complices et potes, plus malins que lui, avaient eu la finesse de le quitter la veille pour hurler encore plus fort le jour J que les vrais victimes de leur système de gouvernance. Du coup c’est eux qui dirigent le pays aujourd’hui. Les griots des Kassory, Sydia, Makanera, Papa Koly, Sylla Futurelec, Baidi et autres toupies politiques locales savent bien qu’en fin de compte ce sont peut-être leurs chefs qui prendront le pouvoir après le départ du PPAC. On les voit progressivement sauter du navire RPCiste avant que la coque ne cède sous les coups répétés de l’iceberg social – et dans ce domaine ce sont des pros.

 

Tic-tac, Tic-tac, la montre tourne ; aujourd’hui est le 2474e jour de l’ancien « Guinea is back » et du nouveau « changement radical » – déjà 06 ans, 09 mois et 10 jours ! Aladji-Professeur-Président voici ma suggestion SMART (Spécifique, Mesurable, Atteignable, Réalisable et Temporellement définie) du mois pour améliorer un peu votre Sanseman : Koro Prési il faut dire à votre ministre des mines de cesser de nous insulter à la télé. Il a eu le culot de dire, suite à la présentation de votre opaque projet « troc de bauxite contre infrastructures peut-être » avec des requins politiques et financiers chinois : « C’est juste pour dire qu’aujourd’hui nous avons posé des bases d’une diversification véritable de l’économie guinéenne. Quand nous arriverons à réaliser en tant qu’Etat tous ces investissements-là dans les infrastructures et dans tous les autres secteurs économiques sociaux prioritaires, l’économie sera moins dépendante des mines et ça sera l’objectif final. Il s’agit alors d’aller vers cet objectif commun de diversification. Je serai très certainement le plus heureux où que je serais en ce moment quand les mines représenteront une partie infime d’une économie largement plus grande que celle que nous avons aujourd’hui ». Avez-vous tous les deux lu la série de rapports écrits dans la presse spécialisée sur les catastrophes économiques et sociales produites par ce genre de montages en Asie et en Afrique en particulier au Congo Brazza, en Angola et au Mozambique ? Savez-vous qu’il n’existe aucune success story dans ce domaine et que tous ces pays qui s’y sont aventurées ont fait demi-tour trop tard après beaucoup de larmes, d’insultes et de procès à leur ex-partenaire chinois ? Citez un seul exemple de réussite de ce genre de montage dans un pays en développement. Bon Dieu si vous ne lisez pas demandez alors des notes résumées en une page aux 50 ministres d’Etat-conseillers de votre garage présidentiel. Il y est vrai que, vu les bonnes affaires personnelles qu’ils espèrent engranger il n’y que peu de chance que leurs conseils soient avisés. Boss, avec ce nouveau machin vous avez vous-même planté les derniers clous dans votre cercueil de pire Président de la Guinée du XXIe siècle, ce sans même connaitre vos successeurs. Je sais que c’est le cadet de vos soucis et que dans 3 ans vous rigolerez en nous traitant de dégénérés naïfs et incurables depuis votre palais de Dubaï mais franchement je n’aimerais pas être votre fils Junior Palladino qui dira probablement adieu en même temps que vous à notre pauvre pays en décembre 2020. Bon débarras ! Si au moins vous aviez consacré cette somme à la préparation et l’organisation de la CAN 2023 (stades, hôtels, aéroports, routes, équipements lourds, communications…) j’aurais eu un petit espoir que ce serait au moins dans le cadre d’un vrai investissement porteur de résultats garantis y compris sur le plan économique. J’ai vu le Mali avant et après sa CAN et croyez-moi ce projet bien intégré de développement a changé radicalement l’image et la vision d’avenir de notre voisin. Mais une route chinoise qui sera sûrement amenée par morceaux découpés dans des containers de Pékin et qui sera de nouveau un champ de patates dans 10 ans, un palais pour l’Assemblée Nationale alors que les députés qui y siègent n’atteignent que rarement 60% de quorum, un 14e projet “nettoyer Conakry” (deux tous les ans depuis 2011) alors que même les Suédois ont promis il y a quelques mois de venir ramasser gratuitement nos poubelles pour en faire de l’argent chez eux et quatre universités du peuple style Lénine toutes neuves mais sans électricité et eau dans 5 ans, sans enseignants de qualité internationale, avec des labos pillés au bout de 2-3 ans par les élèves et leurs profs et avec des bacheliers à 60% illettrés – vraiment dites à vos porte-paroles que nous ne sommes pas un troupeau de moutons aveugles à qui on peut oser débiter cette liste en nous regardant droit dans les yeux.

Advertisements
Posted in 2017 | Leave a comment

Une Nouvelle Voie (Août 2017) : vacances présidentielles italiennes au dessus d’une décharge d’ordures mortelle

Bienvenue à mon bilan du 20e mois de la Condécratie version 2.0. Je continue mon exploration mensuelle des méandres des décisions importantes pour la Nation prises par nos nouveaux chefs en proposant des pistes de réflexions et d’actions qui pourraient être envisagées pour que le « vrai changement » soit effectif.

  1. Echantillon de paroles et pensées présidentielles du mois:
  • « Les mariages précoces sont très fréquents ; ça les déforme et les empêche d’étudier. Lorsque j’ai rencontré les imams ici je les ai interpellés parce que ces mariages ne se font pas à mairie, mais au niveau des imams. Très souvent ce sont les imams eux-mêmes qui épousent ces petites filles » (le 01, lors d’une des mamayas hebdomadaires au palais du peuple)
  • «  Il est important, tout en apportant un soutien total de l’Union Africaine (UA), d’agir auprès de nos partenaires en particulier la France pour qu’on accélère le G5 pour que l’Afrique reste en première position pour défendre la sécurité de nos citoyens. Nous demandons à nos partenaires de faire les efforts requis pour que les troupes du G5 soient opérationnelles dans les plus brefs délais notamment en mobilisant les 400 millions de dollars de financement. Aujourd’hui, les terroristes, ce ne sont pas seulement les Touaregs, il y a aussi les Mandings, les Peuls, les Mossis» (le 14, parlant sur France 24 suite à l’attentat terroriste de Ouagadougou survenu la veille).
  • « Vous savez il y a une réponse immédiate qui est l’organisation militaire mais la réponse définitive est la lutte contre la pauvreté et l’injustice car si le terrorisme se développe c’est parce qu’il y a de la pauvreté. Nos frères des cinq pays ont fait une contribution financière nous allons voir également à l’UA ce que nous pouvons faire mais il faut renforcer la plaidoirie auprès de nos amis. Pas seulement nos amis occidentaux mais nos amis des pays arabes et de l’Asie, etc. Pour que chacun comprenne que le terrorisme est un phénomène mondial » (le 17, à Ouagadougou lors d’une visite de soutien suite à l’attentat).
  • « Je suis un peu Burkinabè » (le 17, interview avec la BBC).
  • « Il est évident que c’est nous seulement Africains qui pouvons assurer la sécurité de nos pays. Vous ne pouvez pas demander à des Asiatiques ou des Pakistanais de venir mourir chez nous. On voit un peu ce qui se passe avec les casques bleus qui sont plus de 20.000 au Congo Kinshasa depuis des années mais il y a toujours autant d’insécurité. Les terroristes attaquent à des endroits où il y a beaucoup d’expatriés afin d’avoir un grand écho. Malheureusement nos amis (occidentaux) ont des réactions qui ne sont pas correctes. Parce que s’ils demandent à leurs citoyens de ne pas venir (chez nous) ils enfoncent davantage nos économies. Quand il y a eu des attaques (terroristes) en France on a été solidaire. On n’a jamais demandé à nos citoyens de ne pas aller chez eux » (le 17, interview à Ouagadougou).
  • « Tous les problèmes en Afrique sont dus à des ingérences de l’étranger. Il est important qu’on continue de parler d’une seule voix même si certains états africains ont des réserves. Mais nous allons dépasser ces considérations et nous soutenir » (le 19, à Kigali lors de l’intronisation de Kagamé pour un 3e mandat présidentiel).
  • « Il est extrêmement important qu’on mette de l’ordre dans l’habitat à Conakry afin d’éviter d’autres drames comme celui de Dar-Es-Salam. Plus jamais des maisons ne seront construites dans des endroits accidentés. On ne peut accepter qu’il y ait des maisons situées dans des endroits marécageux ou autres. Mais on va prendre des dispositions au niveau du gouvernement parce que des drames comme ça peuvent être beaucoup plus graves si on ne prend pas des dispositions rapides » (le 23, suite à une visite sur le site du décès de 9 personnes lors de l’éboulement d’une décharge de détritus en pleine capitale).
  • Pour : en tout cas il a dit vrai concernant une clique importante de nos imams : c’est eux qui marient les filles de moins de 16 ans, les épousent régulièrement, leurs font parfois la cour la nuit dans les quartiers et ne manquent pas de justifier l’excision et le port de la burqa dans leurs prêches. Mais dès qu’il s’agit de voyager à l’étranger et assister à des séminaires bien garnis pour la lutte contre ces fléaux ils sont toujours sur les 1e rangs au journal télévisé. Imaginez que nous sommes 2e pays au monde par la queue pour la pratique de l’excision avec près de 97% de filles qui le sont encore !
  • Contre : vraiment le boss est incroyable : il supplie les européens et éventuellement nos frères asiatiques et arabes de nous offrir d’ici la fin de l’année 400 millions d’Euros pour lutter contre le terrorisme au Sahel alors qu’il nous disait les semaines précédentes qu’il avait déjà acheté les ciseaux pour couper net et sans bavure le cordon ombilical qui nous lie à nos bienfaiteurs. Ou bien le cordon-là n’inclut pas leur pognon ? Quant au drame de la décharge d’ordures mortelles de Ratoma le 22, il nous balance le lendemain un discours creux avec aucune action punitive prise contre les vrais responsables de la catastrophe que sont les chefs du gouvernorat, de la mairie et du quartier. Juste quelques promesses vagues que tout sera fait (par ses prières) pour que ceci n’arrive plus jamais à l’avenir.
  1. Les décisions et actions « positives » du mois :
  • Le 02, la marche pacifique de l’opposition se déroule effectivement de manière bon-enfant avec même des éloges du boss des gabelous au chef des opposants pour être descendu de son 4×4 à leur niveau pour leur serrer les mains.
  • Le 15, notre PPAC l’Africain fait un aller/retour vite fait à Freetown pour soutenir la Sierra Leone après la catastrophe des torrents de boue et d’eau qui ont fait plus de 300 morts dans la capitale. Il y était pour présenter nos sincères condoléances au gouvernement et au peuple léonais suite à cette stratégie. Enfin, un bel exemple, si rare chez lui, de compréhension de ce que devraient être les rapports et liens entre pays de la CEDEAO. Demandez au Sénégal, à la Cote d’Ivoire et au Liberia de vous en dire plus sur sa méconnaissance du sujet.
  • Le 16, l’association des victimes, parents et amis du 28 septembre 2009, (AVIPA) a lancé un atelier de concertation sur la saisine de la Cour de justice de la CEDEAO. Elle envisage maintenant de saisir les juridictions supranationales en vue d’accélérer le traitement judiciaire de ce drame national. Bravo mais dommage qu’elle ait attendu 8 années pour le faire. Cela soufflera sans doute sur les braises dormantes sous la carapace de notre vielle tortue qui ralentit volontairement ce procès de crimes contre l’humanité jusqu’à son départ du pouvoir.
  • Le 17, le boss fonce de nouveau à Ouagadougou pour présenter nos condoléances aux Burkinabè après l’attentat terroriste du café Istanbul.
  • Pour : concernant la marche de l’opposition le service d’ordre dans les points les plus chauds du parcours était enfin assuré exclusivement par les associations de l’opposition, ceci justifiant cela. Il y a eu néanmoins 1 mort et 3 blessés mais uniquement suite aux excès d’acrobaties des hordes de motards et un journaliste molesté par des personnes non identifiées officiellement. Bref, la preuve qu’une marche pacifique est bien possible en Guinée – il suffit juste que le PPAC tienne ses miliciens sauvages par une laisse serrée avec des promesses fermes de chicottes en cas de dérapage et ça tout le monde le dit depuis 2011. Le Président Trump a passé une sacrée savonnette au club des mafieux de l’UA suite à la question pleurnicheuse habituelle d’un journaliste-mendiant africain, du genre « combien tu vas nous donner ?» lors d’une interview aux USA : « Ces dirigeants veulent simplement avoir toute la liberté d’opprimer leurs propres peuples. Ils veulent que personne ne leur pose la question. Ils sont trop gourmands et ne se soucient pas du peuple. Ce qui les intéresse, c’est d’accumuler la richesse des contribuables. Ils manquent de discipline et de cœur ». Il sait de quoi il parle dans ce franc-parler entre dictateurs intercontinentaux. Après cela le PPAC sait ce qui l’attend désormais : pas de cadeaux financiers discrets, pas d’invitation de si tôt à la Maison Blanche et une promesse ferme de coup de poing au menton en cas de velléités confirmées de 3e Suffisant pour le décourager ?
  • Contre : pour les missions de condoléances internationales c’était acceptable au début mais attention il commence déjà à exagérer comme d’hab. Bientôt ce sera même pour les accidents de circulation dans la sous-région. Et dire qu’il ne l’avait jamais fait avant ces 2 cas pour les morts massives infligées par ses miliciens (Zogota et Womey par exemple) et sur nos routes au niveau de son propre pays.
  1. Les décisions et actions « négatives » du mois :
  • Le 01, nouvelle mission-bidon en Arabie Saoudite. Tout juste pour ne pas être là le lendemain pour la manifestation de ses opposants – coup classique depuis 2009, avant même qu’il ne soit Président. Egalement pour fuir le pire de la saison des pluies avec la puanteur des poubelles de Conakry. La liste des personnes qui l’ont accueilli à Ryad cette fois-ci n’inclut que des seconds-couteaux (ministre de l’agriculture entouré d’une panoplie de quelques princes désœuvrés de service). Les hauts d’en haut du bled en ont marre maintenant d’aller le recevoir tous les mois chez eux.
  • Le 03, c’est un PPAC à deux doigts du surmenage qui débarque en Italie (Pérouse selon certaines sources) pour des vacances dorées indispensables pour lui – mais également pour nous. Au programme : cures thermales, remise en forme physique et lifting d’après certaines indiscrétions. Retour prévu vers le 15, si nous nous sommes enfin calmés de nos manifestations bruyantes. Du coup tous les ministrons foncent eux aussi à l’étranger pour des vacances, sauf notre PM transparent.
  • Le 15, la presse en ligne (mediaguinee.com) nous signale que « des experts guinéens sous la conduite de l’Agence nationale de lutte contre la corruption (ANLC) sont réunis en atelier depuis le 14 à Conakry pour (préparer) l’examen préalable du Botswana contre la corruption. Ces experts venus des services chargés de l’application de la loi en Guinée notamment, la Justice, l’Office de répression des délits économiques et financiers doivent examiner durant trois jours le rapport fourni par le Botswana sur la corruption afin de transmettre les conclusions au plus tard, le vendredi, 18 août 2017 au secrétariat de l’Office des Nations-Unies pour la lutte contre la drogue et le crime (UNODC)… Ce comité doit travailler sur les mesures préventives, les actions à entreprendre, la localisation et la confiscation des biens mal acquis au Botswana, selon les critères définis par les Nations-Unie ». Franchement j’ai honte pour cette foutaise au Botswana : être évalué en matière de corruption par nos ‘fonctionneurs’ – plus que ça et tu meurs-cadeau ! Il est vrai quand même que nos experts nationaux sont de classe internationale dans ce domaine mais ils sont achetables aussi facilement et pour pas grand chose.
  • Le 16, nous apprenons que la compagnie chinoise Chinalco (encore elle malgré toutes ses casseroles !!) prévoit d’investir 500 millions USD pour développer un projet de bauxite dans la région de Boffa. Il faut rappeler qu’elle est déjà l’unique bailleur et futur propriétaire quasi-exclusif du gisement de fer de Simandou. Comme d’hab. ce sera cailloux et terre rouges de la mine aux barges plates par camions mortels d’ici fin 2018. Ensuite alumine et aluminium promis pour « dans le futur ». Du coup le patron de Chinalco devient officieusement le vice-président la République Démocratique de Guinée.
  • Le 16, le PPAC nous sort un tout nouveau – tout beau groupe de travail interministériel entre les ministères des mines et de la géologie, de l’économie et des finances et du budget dont « l’objectif est d’assurer une coordination efficace et un échange d’informations entre ces différents départements pour arriver à un meilleur suivi des recettes issues des activités extractives afin de mobiliser, accroître et sécuriser les recettes de l’État ». Cette task-force interministérielle a été baptisée « Mines et Revenus » (TFMR). Et moi qui pensait tout ce temps que c’était justement ça le boulot du « jeune PM dynamique » et des cracs de sa primature mais on m’informe qu’il est en fait chargé uniquement des cérémonies officielles d’ouverture, 1e pierre et de condoléances. La finalité de ce groupe de travail est claire et classique chez nous : créer une commission nationale pour désormais mieux partager les fruits de la vente (grandissante à vitesse exponentielle depuis 2016) de nos ressources en bauxite.
  • Le 16, le ministre des Transports a donné des détails sur la qualité des bus offerts par la Turquie dans le cadre du jumelage entre les villes d’Istanbul et Conakry. Il annonce à la presse « A l’époque, on pensait que c’était des bus neufs. C’est à notre grande surprise qu’on voit débarquer à Conakry des bus utilisés de près de 17 ans par Istanbul. Même l’usine fabricante ne fonctionne plus ». Franchement nos chefs sont impossibles : ils mendient à travers le monde et ensuite ils crachent sur l’aumône reçue. On verra la réaction du Sultan lors de la prochaine escale mensuelle du boss chez lui.
  • Le 19, visite à Kigali au Rwanda pour l’intronisation de son pote Kagamé pour le premier de ses 3e Une sorte d’entraînement préalable à son expérience personnelle.
  • Le21, le ministre de l’enseignement pré-universitaire prend son courage à deux mains pour pondre un arrêté informant expressément tous les Inspections régionales (IRE), directions préfectorales et communales de l’éducation (DPE/DCE) du pays qu’il est désormais formellement interdit de procéder, à compter de cette date, à la vente des diplômes du Brevet d’Études du Premier Cycle (BEPC) et du Baccalauréat unique (Bac) aux admis. Pas besoin de se demander ce qui se passait avant cette date, surtout pour ceux qui avaient ratés leurs examens mais avaient les poches pleines – vive les diplômes guinéens !
  • Le 22, la décharge publique dans la commune urbaine de Ratoma, une montagne de détritus dont tout le monde sensé attendait l’écroulement, s’est finalement déversée sur les nombreux habitants qui vivaient juste à son flanc. Imaginez l’horreur : ces habitants avaient construits toute une cité d’habitations collée au pied de l’unique décharge de la ville. Ils ont donc été ensevelis sous les ordures qui ont même écrasées trois maisons. Partout dans le monde des éboulements et coulées mortelles existent mais partout ailleurs les causes sont soit des eaux de pluies, de la boue, de la glace, de la lave ou des rochers détachés par l’érosion. Mais chez nous c’est par nos poubelles domestiques accumulées en pleine ville !! Résultats : 9 morts (officiellement) et 10 blessés graves. Et pire le PPAC a promis le lendemain des mesures énergiques post-catastrophe. Nous sommes donc sûrs que cela se répétera sous peu. Suite à cela la Confédération Africaine de Football (CAF) va conclure rapidement sur le maintien ou non de la Coupe d’Afrique de football dans cette ville avant le 22e siècle.
  • Le 22, nous apprenons le limogeage de 2 ministres inutiles (Affaires-Etranges et Pêche-magouilles). Deux nouveaux sont promus et promis aux mêmes destinées. Ce sont plutôt ceux de la ville, de l’habitat, de l’environnement, de la sécurité civile et de l’administration qui méritaient cette mise au placard après les morts inutiles de la décharge de Ratoma.
  • Le 23, c’est le tour de 3 autres ministres inutiles de retrouver le cimetière des anciens haut-cadres guinéens. Mais le pire c’est le remplacement de deux d’entre eux par d’anciens ministres parmi les pires du Sanseman. L’un a été qualifié du détournement de plus de 40 milliards GNF par le PPAC lui-même et l’autre est le principal fou du Roi du pays, un écervelé hystérique qui débite des grossièretés et des âneries tous les samedis aux mamayas hebdomadaires du RPCé. Si tout ça c’était pour détourner l’attention et faire oublier la responsabilité directe de son gouvernement dans le drame de la décharge ?
  • Le 24, le porte-parole du ministère américain de la sécurité intérieure déclare que l’administration Trump imposera désormais des sanctions sur les visas pour quatre pays (Cambodge, Érythrée, Guinée et Sierra Leone) constituant la queue de la liste récurrente de pays « récalcitrants » parce qu’ils refuseraient ou retarderaient le rapatriement de leurs citoyens sortis des prisons américaines après que les USA aient essayés de les expulser. Ces pays risquent des sanctions sévères allant jusqu’à la restriction de visas pour les officiels de leurs gouvernement respectifs et leurs familles, ce qui les empêcheraient d’entrer aux États-Unis. Petit-Mamadou local s’en fout éperdument mais les Haut d’en-Haut sont en larmes. Comme ils sont cette fois directement visés nos compatriotes en stand-by reviendront très vite, même s’il faudra louer un vol Air Guinée-Expresse. Les Yankees sont trop malins – ils savent où taper pour leur faire très mal, Walahi !
  • Le 24, l’aigle guinéen s’envole de nouveau, cette fois-ci pour Ouagadougou pour participer aux funérailles du Président de leur A.N. selon lui au nom de la Guinée et de l’Union Africaine. Comme si son homologue guinéen ne pouvait pas nous représenter pour cela. Je vous disais un peu plus haut qu’il allait rapidement exagérer dans ses missions de condoléances et c’est déjà le cas. Ce type va nous ruiner !
  • Le 28, pendant que certains de ses collègues en crimes Mouhamadou Youssoufou du Niger et Idriss Deby du Tchad négocient avec Emmanuel Macron pour trouver des solutions pratiques à la crise migratoire en Europe dont la Guinée est l’un des plus grands fournisseurs, notre PPAC fonce jeter son ancre à Abou Dhabi. Officiellement c’est pour chercher des nouveaux investissements pour la Guinée mais on peut douter que ce soit plutôt pour consolider ses investissements dans le golfe persique.
  • Le 29, l’ex-ministre des Affaires Etranges fait le bilan de son mandat de 18 mois en ces termes : « Aujourd’hui, je suis fière de vous recevoir dans cette belle salle que j’ai fait rénover pour y abriter des cérémonies solennelles à  l’image de celle de cette après-midi. Il vous souviendra Mesdames et Messieurs,  chers diplomates, que j’ai pris service sous les tentes.  Que nous avons bénéficié de trois grands bus, convoitise de beaucoup de Ministères. Que deux véhicules de fonction ont été attribués à deux chefs de service. Que des motos ont été données aux coursiers pour la rapidité dans le dispatching du courrier. Dans mon discours de prise de fonctions j’avais requis de chaque fonctionnaire de ce ministère de maitriser l’anglais et l’outil informatique.  Pour y arriver j’ai fait organiser au sein du ministère des cours d’anglais pour tous les volontaires qui en avaient besoin ». Un bilan 100% Sanseman mais bon Dieu pourquoi limoger un tel ministre des affaires étrangères ?
  • Pour : comme chaque mois, R.A.S…
  • Contre : concernant les nouvelles vacances présidentielles, un de ses anciens griots et maintenant grand ténor de l’opposition (P.K. Kourouma) les justifient avec humour : «  Les vacances c’est un droit dans la mesure où il a travaillé toute l’année. Nos routes sont bien faites, les problèmes d’électricité, d’eau sont réglés, les populations n’ont pas faim, donc il se doit de prendre des vacances (rires) il s’en fout de ce qui se passe ici. Quand on est Président, au moment où l’opposition est en train de dénoncer et c’est à ce moment-là que vous prenez l’avion pour partir en vacances, c’est de la fuite. S’il se plaît dans ça, qu’il aille en vacances mais je ne pense pas que ce soit des vacances paisibles  » Il a oublié juste de préciser qu’il lui-même est un des acteurs-clés de ce désastre et de bien d’autres.

 

Tic-tac, Tic-tac, la montre tourne ; aujourd’hui est le 2444e jour de l’ancien « Guinea is back » et du nouveau « changement radical » – déjà 06 ans, 08 mois et 10 jours ! Aladji-Professeur-Président voici ma suggestion SMART (Spécifique, Mesurable, Atteignable, Réalisable et Temporellement définie) du mois pour améliorer un peu votre Sanseman : boss, en tant que président en exercice de l’UA pour encore quelques mois à qui pensez-vous pouvoir donner des leçons aujourd’hui ? Vous pensez que personne ne sait ce qui se passe entre vos frontières ou bien vous ne vous rendez même pas compte du tout de la situation réelle du chaos que vous avez renforcé ? Quant à la modification de notre constitution vous êtes maintenant prévenus : même si vous arriviez à clouer le bec à nous les faibles et pauvres Guinéens, ce dont je doute de plus en plus tous les jours, c’est Donald Trump lui-même qui promet vous faire la peau, et lui ne blague jamais sur ça depuis son célèbre You’re fired » de son émission télé et qu’il applique tous les jours depuis qu’il est à la Maison Blanche. Quant à vos ministres et conseillers vraiment il faut faire un effort pour nettoyer le poulailler de votre palais, ce dont je doute de plus en plus. Prenons le cas de votre ministre d’Etat conseillé personnel pour les coups tordus dans la presse nationale. Ce personnage de l’ombre est convoqué par la justice pour donner sa version sur les faits précédents et suivants le massacre du 28 septembre 2009. Quoi de plus normal puisqu’il était dans pratiquement les mêmes fonctions auprès du dadais Dadis et avant lui de Lansana Conté ? Il nous balance immédiatement dans la presse un plaidoyer pitoyable pour sa défense, une insulte à nous les victimes au lieu de le faire devant qui de droit, qui le convoque justement pour cela. Par ce texte  prétentieux et inutile il prouve une fois de plus qu’il sait écrire correctement le français mais qu’il n’a pas le niveau d’analyse d’un universitaire de 1e année. Crier au putois pour espérer ainsi faire annuler une convocation en justice ! Je vous rappelle comme exemple de ses affirmations farfelues sa conférence de presse pour nous dire que L. Conté se portait comme un charme lors qu’il était déjà dans le coma et mourra quelques heures après.

La Guinée ne change vraiment pas depuis 60 ans : Satan Touré, notre 1e Président créait des complots tous les ans pour occuper et terroriser les esprits des Guinéens. Aujourd’hui le PPAC le singe une nouvelle fois. Il utilise ses décrets-bidons de nominations de ministres polémiques pour nous distraire et détourner l’attention sur sa responsabilité dans notre anti-gouvernance systémique. Même technique communiste malhonnête mais périodes historiques différentes grâce aux NTIC qui inondent même le pays. Sinon je suis sur que l’élève aurait fait autant sinon pire que son mentor – mais aujourd’hui « Tout va se savoir ! ».

Posted in 2013 | Leave a comment

Une Nouvelle Voie (Juillet 2017) : le nationalisme désuet et populiste du chef intérimaire du village Afrique

Bienvenue à mon bilan du 19e mois de la Condécratie version 2.0. Je continue mon exploration mensuelle des méandres des décisions importantes pour la Nation prises par nos nouveaux chefs en proposant des pistes de réflexions et d’actions qui pourraient être envisagées pour que le « vrai changement » soit effectif.

  1. Echantillon de paroles et pensées présidentielles du mois:
  • « Je suis optimiste pour l’Afrique, mettons fin à l’afro-pessimisme. Changeons de vocabulaire. N’acceptons plus des vocabulaires qui nous sont imposés par des sociologues occidentaux qui ne correspondent pas à la réalité. L’Afrique doit s’approprier de son vocabulaire, sa démocratie, sa bonne gouvernance… Quand vous parlez de démographie galopante, c’est contre l’Afrique… Les autres continents nous envient notre démographie parce que c’est des peuples vieillissants et nous, la jeunesse est notre avantage… L’Afrique doit maitriser son destin… Nous ne voulons pas l’impunité. Mais nous ne voulons pas d’un tribunal à la Haye qui est un tribunal pour les africains comme si les dictateurs étaient en Afrique seulement. Nous allons créer un tribunal pénal africain parce que si un chef d’Etat malmène un peuple, on doit le juger. Mais ce n’est plus l’extérieur qui doit nous dicter ce qu’on fera… Avant les peuples ne se reconnaissaient pas en l’Union Africaine. On pensait que c’est un syndicat des chefs d’Etat qui ne se préoccupait pas de la population. Nous avons décidé de changer les choses. D’abord, en prenant nos responsabilités financières. Parce que quand vous dépendez de quelqu’un financièrement vous n’êtes pas indépendants… Les règles de la démocratie s’appliquent à une situation concrète. La France a sa situation, les Etats-Unis ont leur situation aussi. Personne ne nous dira ceci ou cela. Seuls les peuples africains sont maitres de leur destin. Nous on ne se mêle pas des élections en Angleterre ou aux Etats-Unis. Nous ne voulons plus d’ambassadeurs proconsuls comme au temps de Rome. Il y avait Rome et les proconsuls qui dirigeaient des provinces. Nous ne sommes pas des provinces, nous sommes un continent libre et indépendant. Nous voulons des partenaires, mais sur la base d’égalité. Nous ne voulons plus des donneurs de leçons surtout qu’ils n’appliquent pas ces leçons chez eux. Quand nous voyons les sondages, ça montre comment beaucoup de gouvernements européens sont coupés de leurs peuples » (le 30, lors de la clôture du forum de la jeunesse à Ndjamena).
  • « Tous les problèmes que l’Afrique connait sont dus à des interventions étrangères… Nous sommes prêts à collaborer avec tout le monde mais l’Afrique est désormais majeure, elle prendra ses décisions sans aucune interférence extérieure, elle respectera les autres, elle fera tout pour mettre fin au terrorisme, à l’immigration qui est une nouvelle forme d’esclavage. La première forme d’esclavage qui a vidé l’Afrique de ses forces vives, nous a empêchés d’être au rendez-vous de la première révolution industrielle. Faisons en sorte que cette deuxième forme d’esclavage que constitue l’immigration ne nous prive pas d’être au rendez-vous de la quatrième révolution industrielle qui est l’économie numérique. Nous avons décidé désormais que les problèmes africains seront résolus par les africains et qu’il n’y ait plus d’ingérence. Nous avons montré que quand l’Afrique parle d’une seule voix on est écouté. Sur chaque problème, il y a un chef d’Etat qui est chargé de parler seul au nom de l’Afrique après que l’Union Africaine ait pris position… Nous ne voulons pas qu’on pense qu’on peut nous acheter en nous divisant pour qu’on prenne des positions. L’Afrique doit définir sa voie de démocratie. C’est vrai qu’il y a des principes universels, mais il est important qu’on laisse les Africains adopter ces principes universels à leur condition… Il n’y aura plus de cacophonie… Quand l’Afrique est unie on gagne. (le 03, à l’ouverture du sommet de l’UA).
  • « Pourquoi l’Afrique a raté la première révolution industrielle, contrairement à l’Europe? A cause de l’esclavage. Parce que l’esclavage, en vidant l’Afrique de ses forces vives, cela n’a pas permis à l’Afrique d’être au rendez-vous de la première révolution industrielle. Aujourd’hui, nous sommes à la quatrième Révolution Industrielle, c’est-à-dire l’économie numérique. Est ce que la nouvelle forme d’esclavage qui est l’immigration va-t-elle nous empêcher d’être au rendez-vous de cette quatrième révolution industrielle ? Non. Pourquoi ? Parce que l’Afrique a pris conscience d’elle même. L’Afrique a décidé de prendre son destin en main. Et, aujourd’hui, nous voyons comment la jeunesse africaine maîtrise les nouvelles technologies… L’Afrique est le continent de l’avenir. La nouvelle Afrique est en marche» (le 06, à Hambourg, en marge du sommet du G20).
  • « Nous avons dit au Président Trump que nous on ne pollue pas mais on est les plus pollués. Il faut qu’on lutte contre le réchauffement de la planète qui occasionne la pauvreté, la migration et terrorisme »  (le 06, suite à un échange avec Donald Trump au sommet G20).
  • « Nous ne voulons plus demander l’avis de la France ou de l’Angleterre pour prendre une décision. C’est pourquoi j’ai dit à Abidjan qu’il faut couper le cordon ombilical. Nous ne voulons plus qu’on nous impose quelque chose. Nous sommes d’accord pour la démocratie qui a des règles universelles. Mais la démocratie en France n’est pas la même en Espagne. Montesquieu (en réalité Blaise Pascal !) disait  ‘vérité en deçà des Pyrénées erreur au-delà’. Nous ne voulons plus qu’on nous dicte qu’est-ce que la démocratie. Nous voulons appliquer nous-mêmes les règles universelles de la démocratie … Madame Merkel va avoir son quatrième mandat. Qui parle ? Personne !… Nous ne voulons plus que des gens nous dictent ce que nous devons faire. Nous voulons appliquer les règles de la démocratie mais dans nos conditions, les réalités de nos pays. La France n’est pas le Cameroun, la Guinée n’est pas l’Angleterre. La démocratie anglaise est différente de celle de la France. La démocratie française est différente aussi de la démocratie Allemande. Donc, il faut qu’on accepte aussi que les règles démocratiques soient adaptées à chaque cas concret… J’ai mis en place la comptabilité-matière. Désormais tout ce qui appartient à l’Etat doit être marqué. Cette mesure vise à éviter que des cadres véreux n’emportent les biens de l’Etat après leur limogeage. Avant, quand un ministre quitte il ramasse tout y compris les climatiseurs. Mais maintenant on a tout marqué. Mieux que ça, avant de faire un remaniement ministériel j’amène des gendarmes devant tous les ministères. Quand le remaniement est fait le ministre sortant ne peut plus rentrer dans son bureau. C’est seulement au moment de la passation de service qu’il peut accéder à son bureau pour distinguer ce qui lui appartient et ce qui appartient à l’Etat… On fait de la pomme de terre et autres, mais on ne veut manger que du riz et de la viande. Or, il y a beaucoup de maladies comme le diabète, les AVC dues à la nourriture. Nous vous voulons être autosuffisants d’ici fin 2018. C’est-à-dire ne plus importer du riz. Le retard que la Guinée a accusé dans le domaine de l’agriculture peut être un avantage  » (le 08, devant des mamayeurs du Sanseman à Hambourg).
  • « Je suis très optimiste pour l’avenir ! Bien sûr que tout le monde ne veut pas le changement surtout les cadres. Il faut dire la vérité, les cadres guinéens ne veulent pas de changement, ce qui les préoccupe c’est l’argent et le poste et puis détruire l’argent. C’est pourquoi nous sommes en train de modifier beaucoup. Nous avons fait un concours des jeunes appelés 518. Nous avons presque tous les DAAF parce que toute la corruption passait par les DAAF, pour mettre en place des jeunes sortis de nos universités, ils n’ont jamais géré donc ils ne connaissent pas ces mauvaises habitudes… Les ministres sont contre eux parce que ces ministres n’arrivent pas à les manipuler. Ils ont des règles précises, si les  règles ne sont pas remplies ils refusent. En Guinée qu’est-ce qu’on  faisait avant ? On signe un contrat avec les Guiter- là (homme d’affaire membre de sa belle-famille) pour fournir 10 véhicules. On paye les véhicules qui n’existent pas. On dit bien que ça été payé mais ça n’existe pas. Il y a une complicité. Ils se partagent l’argent alors qu’il n’y a pas de véhicules. Pour lutter contre ce phénomène nous avons mis un système en place pour lutter contre ce détournement. Maintenant tout ce qui appartient à l’Etat doit être marqué. A la présidence j’ai créé un bureau de stratégie très fort dirigé par Kassory (l’un des plus grands voleurs de tous les temps). Il est  accompagné de jeunes cadres. Ça veut dire que les gens ont des points focaux à la présidence, ils travaillent avec la présidence, c’est nous-mêmes qui prenons les rendez-vous. Par exemple avec les ministres c’est la présidence qui appelle pour prendre les rendez-vous, le ministre sera obligé de recevoir les hommes d’affaires et de faire en sorte que ces derniers ne trainent pas beaucoup… Les universités privées nous coûtent très cher. Tous les ministres qui sont venus, chacun a construit une université privée. Des universités qui ne servent à rien et qui ne forment que des chômeurs. On a constaté après la biométrie qu’il y a des universités où la moitié des étudiants déclarés n’existe pas. Nous ne payerons qu’en fonction des étudiants existants» (le 14, lors d’une de ses mamayas habituelles).
  • « Lorsque nous avons voulu ouvrir les compteurs prépayés, plus avantageux, ils (les travailleurs d’EDG) sont allés mentir aux citoyens afin de continuer à frauder. Mais tout ça doit finir. Ou les travailleurs se redressent, ou nous sommes obligés de les redresser. Ou EDG se redresse, ou nous sommes obligés de redresser EDG. Ou le ministre de l’énergie se redresse ou nous serons obligés de le redresser » (le 20, lors de la cérémonie de lancement des travaux du centre de dispatching électrique national).
  • « Le pays est en marche, le progrès est en cours comme l’a dit Kassory, même si à un moment il fait l’imbécile en étant de l’autre coté…Il y a des bons cadres en Guinée. Aidez-nous à les ressortir parce qu’il y a des gens, des ministres, qui ont peur et qui envoient des gens qui m’envoient souvent des messages pour dire ‘Président, Tibou te trompes, on l’a vu chez tel ; Kassory est comme ça ; si tu nommes tel, nous allons manifester’. Malheureusement quand je vois les messages j’essaie de rappeler mais il se trouve que la personne a enlevé la puce pour la jeter. Donc, ça fait que maintenant je reçois des centaines de messages que je n’ouvre même plus… Il est vrai aussi que nous avons été victimes comme je l’ai dit même ce matin à l’ambassadeur de France que nous avons été victimes de De Gaulle et de certains chefs d’Etat qui ont tout fait pour que la Guinée n’avance pas. Nous avons été victimes de l’obscurité pendant un moment et grâce à Dieu nous avons de l’électricité. Personne en Guinée ni à l’extérieur ne pourra plus ramener la Guinée dans l’obscurité » (le 23, en recevant une délégation de nouveaux mamayeurs du Fouta).
  • Pour : vraiment boss vous avez dit vrai au sujet de l’esclavage du XXIe siècle, l’immigration clandestine, mais vous devriez aussi expliquer que cette fois-ci les vendeurs sont les dictateurs comme vous qui poussez tous ces jeunes à préférer ce risque plutôt que de vivre sous votre gouvernance et les acheteurs sont la Méditerranée et les camps de survivants en Europe.
  • Contre : incroyable comment le PPAC ressort de plus en plus souvent le même 33 tours de sa collection impressionnante de disques FEANFistes anticoloniaux : il répète les mêmes phrases depuis qu’il est Président de l’UA (Union Africaine) en exagérant un peu plus chaque fois comme pour se convaincre lui-même que ses rêves sont maintenant des réalités africaines. Un compatriote avisé (Abdoul Diala Bah) résume bien ce qu’il faut penser des déclarations de ce « coq qui chante sur son tas de fumier » : « Pourquoi 58 ans après « l’indépendance » du pays sommes-nous encore incapables d’assurer le financement de nos consultations électorales. Le pays est devenu un éternel assisté. Il faut que « les partenaires » nous viennent au secours financier à chaque élection. C’est un honte d’entendre de la bouche de nos gouvernants « nous attendons le soutien de tel ou tel bailleur de fonds pour l’organisation des élections ». Avec de telles dépendances financières extérieures, il n’y aura jamais cette indépendance tant souhaitée et réclamée ». Papa-promesses a encore frappé fort ce mois-ci en recevant des étudiants venus lui « demander pardon » à relents révolutionnaires suite à leurs railleries du mois dernier : « nous allons construire une usine de montage de tablettes à Mamou ». Il est capable de nous proposer de construire des ponts même là où il n’y a pas de rivière, sans même un sourire !
  1. Les décisions et actions « positives » du mois :
  • Le 04, le « Président » Bakary Fofana est destitué à la tête de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) par coup d’état interne à l’issue d’une plénière extraordinaire de ses commissaires. Contesté par tout le monde en Guinée il est finalement poignardé dans sa propre maison. Son crime selon ses adjoints n’est pas de détourner presque tout le budget de l’institution mais plutôt de refuser ensuite de le partager équitablement avec eux.
  • Le 06, la cellule de communication du gouvernement annonce que le PPAC a reçu un prix de l’ONG Africa Verein en Allemagne. Selon elle cette distinction est décernée à la personnalité de l’année.
  • Pour : bravo au PPAC pour avoir contredit en coulisse mais sans ménagement les instructions officielles de certains petits faucons excités, comme les maires des communes Kaloum et Matoto et le ministre de l’administration, d’interdire les meetings totalement pacifiques de partis de l’opposition, en espérant ainsi bien cirer les babouches de leur boss. Et pan sur leur bec par leur demi-dieu ! Résultat, ambiance bon enfant entre mili-chiens et militants et aucun dégât humain et matériel, comme cela aurait du être le cas depuis le 1e de ces meetings et marches en 2011. Mais aussi et surtout fin calcul politique et enfarinage en règle de notre boulanger national, avec de nombreuses arrière-pensées évidentes, afin d’arrondir les angles internationaux sur sa tendance dictatoriale exponentielle et ses velléités de plus en plus évidentes de faire modifier la constitution pour un 3e mandat présidentiel.
  • Contre : le plus ravi aujourd’hui de l’expulsion du président de la CENI est le PPAC parce que les revendications d’organisation immédiate des élections communales sont ainsi reportées ad vitam aeternam. Vraiment le boss est trop fort pour nous – impossible pour ses opposants de jouer dans sa 1e division de fourberies. Concernant le prix allemand, selon le site Web de l’ONG elle « encourage l’échange entre les acteurs allemands et africains opérant dans le monde économique et politique. Elle entend ainsi donner une nouvelle image de l’Afrique en Allemagne ». Il s’agit donc d’un autre prix en chocolat pour flatter un pédant africain et préparer de juteux marchés pour l’avenir. Qui est l’idiot dans tout ce cinéma ?
  1. Les décisions et actions « négatives » du mois :
  • Le 01, nous apprenons que la ministre de l’économie et des finances a soumis au dernier conseil des ministres un projet de loi portant validation des comptes des comptables publics de 1958 à 2010. L’élément phare est l’article 3 demandant « la possibilité de poursuivre, le cas échéant, les comptables publics et toute autre personne auteure de fautes de gestion au cours de la période concernée ». Pour ceux d’après 2010, pas de problèmes à l’horizon car ils sont tous des petits saints intouchables.
  • Le 01, ‘Air Guinée One’ décolle de nouveau, cette fois-ci c’est pour Addis-Abeba en Ethiopie pour la 29è session ordinaire du sommet de l’UA. Papy-promesses sera attendu de pied ferme par ses pairs moqueurs après avoir clamé partout où il est passé récemment que l’institution fera peau neuve grâce à lui, comme si un morceau de bois pouvait se transformer en poisson en restant longtemps dans l’eau.
  • Le 06, notre diplomagie-photo fait de nouveaux progrès : le boss débarque à Hambourg en Allemagne pour le sommet du G20 pour essayer de vendre les reliquats chinois du pays aux investisseurs européens. Cette fois-ci sur la photo de famille il est beaucoup plus proche de Donald Trump que pour les 2 précédentes rencontres (Ryad et Sicile). Sur une vidéo on l’aperçoit clairement faire une courbette révérencieuse devant lui alors que son ministre Kerfalla Yansane le salue plus dignement. Comme quoi chacun a quelqu’un devant qui se courber, même l’homme-Etat guinéen.
  • Le 07, selon les analyses des principaux journalistes africains et internationaux l’échec du sommet de l’UA des 03 et 04 semble être le résultat final de la présidence annuelle du PPAC. En voici un exemple dans la presse locale (Moise Sidibé) : « Le 29ème sommet de l’UA est loin d’être un succès, un euphémisme. Non seulement les absents étaient nombreux, peut-être à cause des objectifs fixés de façon peu consensuelle mais volontariste d’un groupuscule composé d’Alpha Condé, de Paul Kagamé et de Idriss Deby, les mousquetaires les plus en vue de ce machin ». Le boss rêvait de mener ses pairs comme il le fait avec son peuple sans savoir qu’il était assis dans cette assemblée avec des bandits mille fois plus forts que lui.
  • Le 10, un journaliste (B. Doumba) nous montre qu’une nouvelle phase du chaos local a été entamée : « Sous haute surveillance pour empêcher la triche des candidats au baccalauréat n’ont pas apprécié l’attitude des surveillants qui étaient contre toute communication suspecte dans les salles d’examen. Enervés par le fait qu’ils n’ont pas pu copier, des candidats à l’école primaire du centre n’ont pas trouvé mieux que de séquestrer les surveillants et délégués. Des véhicules stationnés dans ledit centre ont été caillaissés par ces adeptes de la triche devenue une pratique courante dans les établissements d’enseignement. Aussitôt informé, le ministre Ibrahima Kalil Konaté a annoncé une série de mesures prises par son département : la directrice communale de l’éducation ainsi que le chargé des examens de Kaloum reçoivent un avertissement pour négligence. L’ensemble des candidats affrontant les épreuves à l’école primaire du centre écopent d’un avertissement ». Quelle efficacité de la part de ce septuagénaire, membre du « gouvernement de jeunes cadres dynamiques maitrisant l’outil informatique » selon son boss !
  • Le 15, le PPAC décrète la réquisition du train urbain « Conakry Express » qui appartient à une société privée chinoise (China International Fund} en raison d’un contentieux commercial. Le pire c’est que c’est nous avons une dette impayée de 42 millions USD envers elle mais l’argument selon le directeur des chemins de fer de Guinée est que cette dette date depuis 2010 et donc on ne comprend pas que les chinois ne puissent attendre un peu plus (que 7 ans !) pour être remboursés. Encore une fois la méthode habituelle des voyous populistes, le « tu sais qui je suis ? » national, pour régler un différend commercial. Nous serons surement le 1e pays africain qui aura réussi à faire fuir même les investisseurs-requins chinois, pourtant les pires escrocs économiques de la planète.
  • Pour : comme chaque mois, R.A.S…
  • Contre : je commencerais par l’histoire de l’Honorable député de l’opposition qui a été filmé en flagrant délit de vol de la tablette d’un autre Honoré dans une salle où ils se partageaient en coulisse nos impôts pour leurs frais de carburant. Vrai ou faux, n’ayant pas vu le film, le fait même que la victime ait refusée un dédommagement financier plus important que le prix de cette tablette neuve pour lui fermer la bouche et que donc la tablette ait ensuite été rendue le lendemain plaide effectivement contre cet escroc bien connu par ailleurs pour ses exploits autant en Guinée, au Mali et au Sénégal que quand il était ministre de l’agriculture, où il s’était fait une réputation de grand marchand des engrais de l’Etat. Par ailleurs je pensais bien l’avoir aperçu au milieu des étudiants qui se moquaient du PPAC pour ses promesses de tablettes lors du forum de l’étudiant (humour). Pardon boss, il faut lancer rapidement le programme « un député – une tablette » pour les calmer un peu. Le reste transparait comme un furoncle sur le nez dans tous les points suscités.

 

Tic-tac, Tic-tac, la montre tourne ; aujourd’hui est le 2413e jour de l’ancien « Guinea is back » et du nouveau « changement radical » – déjà 06 ans, 07 mois et 10 jours ! Aladji-Professeur-Président voici ma suggestion SMART (Spécifique, Mesurable, Atteignable, Réalisable et Temporellement définie) du mois pour améliorer un peu votre Sanseman : pardon il faut cesser de vous ridiculiser devant la jeunesse africaine qui subit tous les jours les fausses promesses de nos dictateurs à vie. Qui vous et vos pairs croyez tromper aujourd’hui ? Qui sont les responsables de cette fuite exponentielle vers des horizons théoriquement plus prometteurs, au mépris de tous les risques envisageables. Oui, vous offrez aujourd’hui de l’UA l’image d’un syndicat de mafieux qui ne discutent que de leur maintien à vie au pouvoir en essayant de faire front commun contre tous ceux qui essaieront de leur faire des leçons de bonne gouvernance. Vous jouez aux fiérots entre vous et devant nous mais vous passez la majorité de votre temps à faire le tour du monde toutes les semaines pour tendre la main et dire pleins de « merci patron » à vos hôtes toujours bien choisis. Vraiment vous faites honte et pitié à tous les peuples du continent. Vous nous avez offert encore ce mois-ci un nouveau pétage de plomb mémorable, cette fois-ci à l’étranger, au sommet de l’UA, suite à une altercation grotesque avec la délégation sénégalaise, et pour lequel vous aviez entièrement tort. Voici le compte-rendu de la presse sénégalaise (senemedia.com) : «  le ministre des affaires étrangères sénégalais conclut :vous savez, messieurs les Présidents, le Président Sall a déjà annoncé qu’il n’est pas candidat pour un renouvellement de son mandat après sa réélection à ce poste à l’unanimité. Il a déclaré qu’il ne sera pas candidat pour un nouveau mandat, parce que, par principe, le président Macky Sall n’est pas pour les troisièmes mandats successifs “. C’est cette dernière phrase qui enflamme le président Alpha Condé, piqué au vif, dans un état de colère indescriptible, pensant que le ministre sénégalais faisait allusion à la situation intérieure à la Guinée, avec les intentions qui lui sont prêtées de briguer un troisième mandat. ” Vous allez me donner des leçons, moi professeur Condé, qui ai imposé la démocratie à la Guinée après des décennies de combat ? Allez vous faire f…” a déclaré le président Condé, entres autres gros mots que la décence ne permet pas de relater. Les autres Chefs d’Etat, choqués, atterrés par les bassesses répétées du Guinéen, ont demandé le retrait pur et simple de ce point sorti de nulle part. Le Sénégal finira par obtenir gain de cause. Interrogés, de nombreux chefs de délégation ont insisté sur le fait que ce qui dérange le plus le président Guinéen c’est que, fort de son titre de président du NEPAD, le président Macky Sall est invité partout. Ce que ne supporte pas le président Condé. Et la rencontre à Hambourg, il la voulait sans son jeune voisin Sénégalais. La dissolution du NEPAD aurait en effet eu pour conséquence l’annulation de la visite du président Macky Sall en Allemagne. En réponse la semaine suivante lors du sommet de Hambourg Sall lui aurait balancé un cinglant « Si vous voulez du Sékou Touré – Senghor, je suis prêt ». Ainsi votre mauvaise éducation vient de franchir nos frontières nationales. Pardon, clamez-vous et descendez de votre petit nuage – vous n’êtes qu’un simple mortel et  l’un des pires Guinéens dont les extravagances ne seront jamais oubliées ni pardonnées chez lui.

Posted in 2017 | Leave a comment

Une Nouvelle Voie (Juin 2017) : savez-vous danser le « saut de cabri » ?

Bienvenue à mon bilan du 18e mois de la Condécratie version 2.0. Je continue mon exploration mensuelle des méandres des décisions importantes pour la Nation prises par nos nouveaux chefs en proposant des pistes de réflexions et d’actions qui pourraient être envisagées pour que le « vrai changement » soit effectif.

  1. Echantillon de paroles et pensées présidentielles du mois:
  • «Mesdames et Messieurs les diplomates, je commencerais par vous présenter les excuses suite au comportement de ces étudiants. Ceux qui crient montrent qu’ils sont mal élevés, mal éduqués. Vous n’êtes que des petits excités. On va vous obliger à être bien éduqués. Vous ignorez l’histoire de l’Afrique, ce n’est pas un droit pour les étudiants de les avoir. Vous êtes indignes de l’histoire panafricaine… Je n’ai pas peur des étudiants. Vous ne pouvez pas m’impressionner, j’ai été étudiant avant vous. Alors, j’ai décidé de dire au ministre de l’enseignement supérieur, on suspend les tablettes jusqu’à nouvel ordre (cris de protestation dans la foule). Voilà, pour le moment, on ne mettra pas de tablettes à votre disposition. Ce n’est pas un droit, c’est notre volonté. Vous êtes indignes de ça. On suspend les tablettes jusqu’à nouvel ordre (nouveaux cris de désapprobation). Mais, on va vous obliger à vous redresser. Jusqu’à nouvel, il n’y aura pas de tablettes distribuées. Je veux des étudiants dont la Guinée va être fière parce que la Guinée vient de loin. Vous ne connaissez même pas l’histoire de l’Afrique, vous ne connaissez rien à l’Afrique… Vous avez présenté aujourd’hui un visage exécrable, honteux. Mais, cela sera la dernière fois. Vous n’aurez plus l’occasion. Un Etat doit être respecté (les jeunes crient encore plus). Ce n’est pas la peine de leur dire d’arrêter (s’adressant à ceux qui veulent tempérer les ardeurs des jeunes). C’est vous qui avez peur des étudiants. Moi j’ai été président des étudiants africains. Je n’ai pas peur des étudiants, surtout des petits plaisantins comme ça qui s’agitent. Vous pouvez sauter, crier jusqu’à demain, ça ne me fait ni chaud ni froid. Aucune tablette à partir d’aujourd’hui ne sera mise à votre disposition. Aucune tablette. Je ne vais pas continuer parce que c’est inutile de s’adresser à des gens comme vous, Qui pouvez-vous impressionner ? (c’est là que les étudiants ont répondu en chœur : Vous ou Toi)  » (le 01, suite aux railleries contre  ses fausses promesses de « tablettes pour tous les étudiants » lors de l’ouverture d’un forum de l’étudiant guinéen dans une université de Conakry).
  • « L’Afrique doit faire respecter notre souveraineté pour que nous puissions sans ingérence construire un avenir meilleur pour nos populations… L’Afrique a un seuil de pauvreté très élevé, un chômage massif qui conduit les populations les plus vulnérables notamment les jeunes à prendre des risques en particulier l’aventure à travers le Sahara et la Méditerrané pour rejoindre le vieux continent. Nous devons admettre que c’est une nouvelle forme d’esclavage qui prive l’Afrique de ses forces vives, comme l’esclavage l’avait privé avant(le 08, à Bruxelles lors des journées européennes du développement).
  • «  Je voudrais vous réaffirmer ma disponibilité d’apporter mon intermédiation et d’œuvrer sans relâche avec toutes les bonnes volontés du monde afin de trouver une solution pacifique et rapide à cette crise inopportune entre des frères amis (Saoudiens et Qataris) ». (le 11, lettre au Roi d’Arabie Saoudite suite au récent conflit avec le Qatar).
  • « Il y a des accidents parce que nous sommes très indisciplinés, nous ne respectons pas le code de la route, nous ne respectons pas le nombre de passagers. Un véhicule qui doit prendre 20 personnes on met 50… Il ne suffit pas seulement de faire des ponts, il faut discipliner les conducteurs, il faut discipliner les populations. C’est pourquoi nous avons décidé de faire les états-généraux de la circulation afin d’obliger chacun à respecter les règles… Comme les guinéens ne sont pas disciplinés il faut alors qu’on vous apprenne à être disciplinés, c’est pourquoi nous allons désormais faire des lois, on va obliger tous les transporteurs, les chauffeurs et les cyclistes à respecter le code de la route… D’ici cinq ans nous voulons qu’il n’y ait plus de maisons qui ressemblent à des taudis et que quand on rentre à Coyah, qu’on pense qu’on est rentré dans une ville américaine ou française. Mais cela ne peut pas se faire sans travail. Il faut qu’on accepte de travailler et d’être disciplinés en respectant les lois… S’il plaît à Dieu, j’ai pris l’engagement que dans deux ans on n’importera plus le riz à condition que vous acceptiez de cultiver. Moi-même j’ai donné l’exemple en envoyant un tracteur à Dubreka. Je vais cultiver 400 hectares à Dubreka, 400 hectares à Mandiana. Je vais obliger les préfets, les gouverneurs et les généraux à cultiver aussi… Nous allons obliger les étudiants, l’armée, les gouverneurs à manger les pommes de terre pour être l’exemple afin que toute la population suive ». (le15, lors de l’inauguration du pont de Kaaka).
  • « J’ai prévu des sacs plastiques. C’est très modeste, mais je vous prie de prendre chacun un sac, hein ! Ne refusez pas de prendre. Tibou, à commencer par toi, tu dois prendre parce que c’est ce qui permettra aux autres aussi de prendre, hein… Je vous donne cent millions pour le transport. Voilà ! Mais, il faut partager pour que chacun puisse recevoir sa part, il n’y a pas de grand, il n’y a pas de petit, je vous prie tous de prendre ça » (le 15, lors d’un diner fructueux offert à 132 journalistes locaux).
  • « C’est un grand honneur pour moi que tous les grands imams de ce pays viennent à la présidence. On va prendre le numéro (de téléphone) de tous les inspecteurs régionaux et préfectoraux, de temps en temps on va bavarder. Mais à condition que si je vous appelle vous ne me dites pas Président il n’y a pas de mosquée ici et là. Est-ce qu’on est d’accord ? Si j’appelle pour vous demander comment ça va il ne faut pas me dire de construire une mosquée… L’année dernière les acteurs régionaux et préfectoraux s’étaient plaints. Et qu’avaient-ils dit ? Qu’ils ont beaucoup de déplacements à faire mais n’ont pas de véhicules. Donc on va remettre aux imams régionaux des V8 Fortuner et aux 38 inspecteurs préfectoraux des voitures de marque Grand Vitara. On a déjà fait les cartes grises. Mais il ne faut pas que les khalifes se fâchent en disant qu’on les a oubliés. Les khalifes n’ont pas fait de demandes. Donc pour le moment, c’est pour les inspecteurs régionaux et préfectoraux. On verra l’année prochaine si on peut faire pour d’autres. Le 16, lors d’un diner offert à une bande d’imams triés sur le volet venus de tout le pays).
  • « Les conditions dans lesquelles la Guinée a pris son indépendance a été l’une des causes de notre retard. La Guinée a été le seul pays qui a osé dire non en 1958 au Général De gaulle. Ce dernier a estimé qu’il fallait punir la Guinée pour que ce mauvais exemple ne se répande pas. Après l’indépendance de la Guinée le gouvernement du Général De gaulle a fait partir toutes les archives. La Guinée s’est retrouvée sans mémoire. C’est le Japon qui est venu pour faire une nouvelle cartographie pour la Guinée. Le Ministre Focard avec la complicité de certains chefs d’Etat de l’Afrique de l’Ouest ont mis la Guinée en quarantaine ce qui a fait de Sékou Touré comme un animal dans une cage. Voici l’une des causes du retard de la Guinée, en plus des régimes militaires qui n’ont pas arrangé certaines » (le 24, à Kampala devant un Yoweri Museveni qui dormait à poings fermés).
  • « Aujourd’hui beaucoup d’hommes d’affaires viennent en Guinée, beaucoup d’étrangers viennent, on doit bien les recevoir. On ne doit pas leur demander l’argent à l’aéroport et sur les routes comme le font les policiers. On doit les accueillir très bien, c’est important » (le 27).
  • « L’Union Africaine doit prendre en charge la lutte contre le terrorisme. Il faut que ce soient les Africains eux-mêmes qui assument ce combat étant donné que la présence des casques bleus (de l’ONU) n’a pas donné des résultats. Comment voulez-vous qu’un Pakistanais ou un Bangladais vienne mourir en Afrique ? Ce n’est pas son pays. Il faut désormais que ça soit les Africains eux-mêmes qui assument ce combat qui est le nôtre. Nos partenaires peuvent financer les opérations, apporter la logistique, les moyens matériels et aussi l’aide aux renseignements pour que les pays du G5 (africains) prennent en charge la lutte contre le terrorisme » (le 28, lors d’un sommet des jeunes d’Afrique avec leur grand-père guinéen à Ndjamena).
  • «  Je vous ai invité aujourd’hui pour vous montrer que je ne vous ai pas oublié. Vous avez accepté qu’on vous insulte en me soutenant. Bras Cassé m’a dit qu’il se déplace encore à pieds. Donc, j’ai acheté des voitures pour vous » (le 28, en recevant ses artistes-militants au palais Satanya).
  • Pour : parlant des ballades à l’étranger du boss, un journaliste du site Guineeneews au sens de l’humour particulier (M. Sidibé) nous écrit ce mois-ci « C’est dans ces conditions que le Sisyphe de l’Union Africaine s’est proposé de rencontrer Donald Trump pour chercher à le convaincre de renoncer à son retrait. Les chances de succès de cette entreprise existent mais elles sont minces ». Nous attendons avec impatience de lire ce discours-là.
  • Contre : et voila ce qui arrive lorsqu’on ment aux étudiants en leur promettant des tablettes depuis 2010 –  « un étudiant – une tablette » chantait-il – avec des reports réguliers depuis ça. Aahh, Prési, il ne faut plus mentir aux enfants, Go ! Quand on leur dit que le Roi porte une belle robe dorée alors que c’est faux ils répliquent immédiatement « tu mens, il est nu ». Et personne n’y peut rien car ils ont raison. En plus il est vraiment triste de le voir sauter, baver de rage et faire une démonstration inoubliable de la danse « saut de cabri » devant les caméras de TV et nos hôtes étrangers. A Bruxelles et N’Djamena il a répété très fort ses leitmotivs actuels : donnez-nous votre fric mais ensuite ne vous occupez-pas de comment nous l’utilisons car ça c’est de l’ingérence inacceptable. Et nos enfants fuient et meurent dans le désert ou dans la Méditerranée à cause de la faiblesse de votre perfusion financière et ceci n’est rien d’autre qu’une nouvelle forme d’esclavage des noirs par les blancs. Je vous laisse imaginer son assistance, trop effrayée de dire quoi que ce soit depuis qu’ils ont vu son pétage de plomb devant ses petits-enfants sur le Net. Sacré PPAC qui propose ses services internationaux afin de trouver une solution rapide à une crise inopportune entre monarchies pétrolifères du Golfe d’Arabie ! Pardon pourquoi veut-il tremper notre nez dans ce nouveau combat éternel au Moyen Orient alors qu’il est incapable de le proposer pour les pays en guerre qu’il doit « guider et superviser » cette année (Burundi, Congo, Soudan, Lybie, Somalie…etc.). Quant à moi, j’hésite entre une crise de fou-rire et une crainte de nouvelle provocation inutile d’apprentis terroristes en mal de lieux faciles à faire sauter. C’est quoi cette histoire d’états-généraux de la circulation ? Une nouveauté offerte au continent par l’Homme-Etat ? Pour ses solutions-miracles contre le terrorisme international en Afrique, si la Communauté Internationale le prenait au mot et que ce soit l’UA seule qui en soit chargée – à part le fric et le matos bien sur – alors foncez vite chez vos notaires pour écrire ou revoir vos testaments car le malheur sera désormais à la porte de toutes nos maisons. Mais bon ses Grands savent que ce n’est qu’une blague qu’il leur répète chaque semaine depuis qu’il a été nommé roi du village africain.
  1. Les décisions et actions « positives » du mois :
  • Le 02, 25 parlementaires de l’opposition dite radicale ont introduit à l’Assemblée Nationale une demande de mise en accusation pour haute trahison du Président de la République. Ils lui reprochent les points suivants : violation de  son serment ; violation de la Constitution et d’autres lois de la République ; violations graves et caractérisées des droits humains ; actes attentatoires au maintien d’un environnement sain, durable favorable au développement du pays ; actes attentatoires à la paix et à l’unité nationale ; violation du principe de la séparation des pouvoirs et de la procédure. Et ensuite tout le monde a continué sur les autres faits divers.
  • Le 03, le Boss nous fausse compagnie pour assister au 51e sommet de la CEDEAO à Monrovia et aux travaux de lancement du projet régional d’énergie électrique. Ce projet d’interconnexion des réseaux électriques de la Côte d’Ivoire, du Liberia, de la Sierra Leone et de la Guinée (CLSG) vise la construction d’une ligne haute tension de 225 KV longue de 1.357 km avec 12 postes de transformation et deux centres de contrôle pour relier les quatre réseaux électriques nationaux. Les bénéficiaires directs du projet sont les populations de sa zone d’influence (24 millions d’habitants) qui disposeront d’une électricité fiable et à un coût compétitif (officiellement). Vu que le projet démarre au moment prévu de son achèvement initial (2017) il faudra compter d’autres grands retards pour la suite – souhaitons seulement que nous n’en soyons pas le responsable principal.
  • Le 07, notre ministre de la justice soumet au gouvernement l’examen de l’avant-projet de loi portant prévention, détection et répression de la corruption et des infractions assimilées. Pour lui « l’ampleur du fléau transnational que représentent la corruption et les infractions assimilées et les graves menaces transversales qu’il véhicule justifient l’élaboration de ce projet de loi visant essentiellement la garantie de l’intégrité et de la transparence dans la gestion des affaires publiques, privées et de la société civile ». Les sourires ont été difficiles à maîtriser lors de la présentation du texte en conseil des ministres.
  • Le 15, le tout nouveau « pont de Kaaka » dans la préfecture de Coyah a été inauguré par le boss venu spécialement en Guinée pour y assister.
  • Pour : avec la reconstruction du pont colonial de Kaaka, un des plus dignes symboles de l’échec de nos gouvernements successifs depuis 1958 vient enfin de disparaître et en plus cadeau, sans un sous de notre caisse unique (ou inique). Merci les frères japonais, nous en avons encore beaucoup comme ça à vous proposer, pardon et merci d’avance.
  • Contre : pour la mise en accusation pour haute trahison du PPAC le président de ce groupe parlementaire a déclaré à la presse : « Nous avons envoyé le courrier pour une première fois au Bureau de l’Assemblée Nationale qui n’a pas voulu tenir compte de cette proposition de mise en accusation du Chef de l’Etat ». Bien sur ce texte ira directement à la poubelle parlementaire mais il fallait quand même le tenter au moins une fois, pour que l’histoire retienne cette tentative de notre opposition opposée à tout le monde, y compris à ses propres membres.
  1. Les décisions et actions « négatives » du mois :
  • Le 01, un homme d’affaires opaques local, un protégé du PPAC, le bien nommé Aboubacar Camara est la risée des réseaux sociaux et des médias locaux en se prenant sérieusement pour le Roi de Kaloum. Quelques jours avant cela il avait organisé un carnaval avec tournée loufoque dans les rues du centre-ville (Kaloum) habillé grotesquement comme un roi du peuple Akan perdu en Guinée. Avant cela il se faisait déjà appeler le shériff de Kaloum avec des posters collés sur les baobabs et manguiers des quartiers. Le tout sous les regards admiratifs de notre administration à tous les niveaux du pays.
  • Le 05, suite aux querelles publiques interminables entre les commissaires gourmands de notre CENI, nous apprenons qu’une commission de réflexion interne sur les questions de renforcement de la gouvernance de la CENI vient de faire des propositions de solution pour la correction des dysfonctionnements et l’amélioration des conditions de travail – dans cette vie on n’est jamais aussi bien servi que par soi-même. Si ces propositions arrivaient à être avalisées un commissaire pourrait toucher jusqu’à environ 750.000 GNF par mois (approx.13.000 Euros), ce en fonction des tâches exécutées et des périodes de l’année. Regardez ci-dessous les principales lignes proposées, n’incluant pas les allocations sous la table de rigueur. Et si cela passait sans action urgente pour le stopper on n’en reparlera plus jamais, les avantages acquis étant exclus de toute révision future. Pendant ce temps ils critiquent en majorité les étudiants impolis parce qu’ils demandent des tablettes pour étudier au XXIe siècle. Quelle tristesse !
Prime plénière période non électorale 4.000.000 FG et 2 millions /quinzaine

et 2 millions sur compte

Prime de plénière en période électorale 15.000.000 FG/ mois
Sécurité des commissaires 1.500.000 fg/mois
Prime de conduite des commissaires 1.000.000 FG/mois
Entretien véhicule 1.500.000 FG/mois
Vidange 700.000 FG/mois
Revalorisation carburant 7.200.000FG/ mois
Assurance Santé le couple et 2 enfants
Prime de mission à l’intérieur 1.500.000 FG/jour
Prime de risques de mission 700.000 FG/jour
Prime de missions à l’extérieur 250€/300$
Prime d’organisation d’une élection 100.000.000 FG
Prime du 13e mois salaire d’un mois
Prime des commissions Techniques 300.000 FG/ jour
missions Prise en charge en fonction du besoin 
  • Le 06, notre cabri national saute à Bruxelles pour prendre part à la 11e édition des journées européennes du développement les 07 et 08. Vraiment, il ne sait même plus quel prétexte utiliser pour fuir Conakry. Vraiment laissons les toubabs gérer seuls leurs problèmes de développement et concentrons-nous plutôt sur les nôtres.
  • Le 07, nous apprenons qu’une mission de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) séjourne à Conakry pour « aider la Guinée à installer une nouvelle CENI correspondant aux aspirations des politiques ». Ainsi on reprend les mêmes qui ont occasionné un désastre national en 2010 et on espère un résultat meilleur pour nos prochaines élections ? Mine de rien, le cordon ombilical est vraiment dur à trancher. Mais c’est bien vu aussi par notre grand enfarineur car elle sera une nouvelle fois un bon bouc émissaire pour expliquer et justifier le bordel électoral de 2020.
  • Le 07, encore des manifestations de la jeunesse, cette fois-ci de la ville minière de Kamsar (préfecture de Boké) pour protester contre le manque total d’électricité pendant plus de 3 jours. Cette intifada nous offre un petit aperçu de la situation sécuritaire à l’intérieur du pays : les journalistes ont demandé au sous-préfet si elle est allée sur place pour discuter avec eux pour les calmer. Elle leur répondit du tic au tac : «  ils ont de l’essence et des allumettes, je n’ose pas ». Le bilan final est d’un mort (un élève de 16 ans), une douzaine de blessés (civils, gendarmes et policiers), la mairie et le commissariat de police pillés et cassés presque entièrement. Avec comme d’habitude des barricades sur les rues principales, des véhicules et motos de pauvres civils brûlés-cadeau.
  • Le 08, malgré tout ce qui précède le boss s’envole vers Rome et ensuite plusieures autres escales avant le 18 vers Tokyo ! Les détails précis de toutes les escales présidentielles entre ces deux dates sont secret défense. En tous cas plusieures sont prévues chez lui, Place d’Italie et à l’hôtel Raphaël de Paris et chez nous, à Conakry.
  • Le 12, notre jet royal se pose à Berlin pour une rencontre sur le partenariat G20 – Afrique. Malgré tous les tam-tams hurlants du palais Satanya, le rapport final de la rencontre souligne : « Dans le cadre du partenariat du G20 avec l’Afrique, le ministère allemand de la coopération et du développement a choisi lundi les trois premiers pays africains qui vont bénéficier du programme « Investir pour un avenir commun » : la Côte d’Ivoire, le Ghana et la Tunisie. Des pays qualifiés de réformateurs notamment par la Banque mondiale (BM), le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque africaine de développement (BAD). L’implication de ces institutions financières internationales consistera à aider les pays du continent à prendre en charge l’assurance des risques qui inquiètent les investisseurs privés ». Oups, la secrétaire a oublié quelqu’un ! Voila ce qu’on appelle du concret suite à une visite officielle chez un gentil bailleur, pas une panoplie de photos avec les bosses rencontrés.
  • Le 14, à l’occasion d’une plénière de l’Assemblée nationale le géant du perchoir a encore prouvé toute son utilité : lors des débats un député a appelé ses collègues à observer une minute de silence à la mémoire de trois soldats guinéens tués le jeudi 08 juin au nord du Mali. Visiblement surpris par cette «  nouvelle » le Président de l’AN. marqua son étonnement. Il s’est donc rabattu sur celui assis à sa droite pour demander des précisions sur ce mystère pour lui. Malheureusement son micro n’était pas fermé et nous avons ainsi compris que la 2e personnalité du pays, le successeur du chef de l’Etat en cas de vacance du pouvoir était totalement déconnecté de l’actualité dramatique de son pays. Trop occupé à compter les résultats financiers de ses petits bizness dès qu’il sort du bureau sans doute.
  • Le 14, le ministre des affaires étrangères français Jean Yves Le Drian fait une escale expresse de quelques heures à Conakry avant de continuer sur Dakar où il passera la nuit. Sûrement pour calmer les bouderies de notre mégalo parce que le Président Macron avait refusé de le recevoir en tête à tête privé à Bruxelles et Paris la semaine précédente. A Dakar Le Drian a tenu sa conférence de presse finale avec son homologue sénégalais alors que chez nous c’était avec le président de l’Union Africaine, son homologue guinéen. A chacun ses héros et zéros !
  • Le 15, nous apprenons que le ministre en charge de l’administration et de la décentralisation a présenté en conseil des ministres l’état d’avancement de la professionnalisation de la gestion des déchets solides à Conakry. En conclusion on peut retenir qu’il faudra attendre le dernier trimestre 2017 pour procéder au lancement des appels d’offres et le recrutement de l’entreprise chargée du transfert et de la mise en stockage des déchets solides à la décharge de la minière. Ensuite il faudra attendre le premier trimestre 2018 pour le démarrage des activités de l’entreprise retenue. En résumé il ne faut rien espérer dans ce secteur aussi d’ici la fin du Sanseman 2.0 en 2020.
  • Le 16, les troubadours du chef inaugurent 2 statues métalliques géantes à l’entrée de Kaloum, le centre-ville. La 1e qui représente Nelson Mandela mesure 3 mètres de hauteur. La seconde qui mesure 6 mètres et pèse 6.5 tonnes a plusieurs facettes. La 1e n’est autre qu’une portait géant du PPAC ricanant, la 2e représente la statue Nimba, symbole national de la fertilité et la 3e facette un livre ouvert avec des citations d’auteurs français du passé et les paroles prophétiques du pasteur M.L. King I have a dream !! Il faut préciser que le cadeau vient d’une fondation privée minière Libano-PPACienne qui fait justement son beurre dans la préfecture de Boké secouée depuis plus de deux mois par le ras-le-bol généralisé dans ses villes en raison de l’absence presque totale d’eau courante, d’électricité et de retombées visibles des bizness miniers locaux – sauf pour un petit groupe de bénis politiques et administratifs.
  • Le 16, le ministre de l’énergie nous trouve une nouvelle explication pour les coupures devenues presque généralisées de l’électricité à Conakry : « c’est les fortes pluies et les orages » ! Vraiment notre pays est grave, quand c’est la saison sèche d’étiage on n’a pas de courant par absence d’eau dans les barrages et ensuite quand il pleut c’est encore la même chose par excès d’eau dans les barrages. Le barrage de Kaleta est vraiment le plus grand joke du siècle en Guinée.
  • Le 16, le PPAC décrète le directeur général de la police comme conseiller à la Présidence avec rang ministre. On se souviendra qu’en novembre 2016 il a été parmi les 1e mamayeurs à parler de 3e mandat à vie pour son boss. Il gagne donc la médaille d’or de la démagogie nationale et la course est maintenant bien lancée pour les 2 autres médailles. Petit désavantage pour lui quand même : il rejoint le cimetière des cadres de la présidence et perd du coup les retombées très juteuses des rapines de notre flicaille. Il semble même que son supérieur hiérarchique, le ministre de la sécurité publique aurait offert un banquet privé pour fêter sa mise à la casse nationale. On ne peut quand même pas gagner de tous les cotés.
  • Le 18, c’est sayonara vers le Japon où il va rencontrer son frère de la FEANF et ami de 60 ans, l’Empereur Akihito. Petite consolation pour nous : il a voyagé dans le vol régulier d’Air France, petit retard de trésorerie de Dubaï sans doute. Il va enfin avoir une photo au mont Fuji-Yama, une des rares qui manquait dans son bureau.
  • Le 24, il participe à son 1e safari à Kampala en Ouganda pour bien se moquer de notre misère. Avant c’était des voyages mensuels, maintenant ils sont hebdomadaires.
  • Le 27, le secrétaire d’état américain dévoile le « rapport 2017 sur le trafic d’être humain ». Il fait une liste noire des pays ne combattant pas suffisamment le trafic d’êtres humains, qui compte 23 pays dont la Syrie, la Chine, la Corée du Nord et la Russie, La RDC, le Congo-Brazzaville, le Mali ….ET notre Guinée chérie. Selon la presse américaine trois d’entre eux, dont nous, font donc leur entrée dans le « tier 3 », au plus bas de l’échelle. Ils peuvent donc faire l’objet de sanctions allant de restrictions dans l’assistance américaine à l’arrêt des échanges culturels ou éducatifs. Il semblerait en réalité, selon les détails du rapport que la Guinée se retrouve sur cette liste noire pas parce qu’elle utilise des enfants soldats mais parce que partent illégalement de chez nous de nombreux mineurs vers les pays de la sous-région (Sénégal, Gambie, Mauritanie) et vers les pays du Golfe ce qui est bien documenté avec des données chiffrées. Les Américains n’auraient pas apprécié le laxisme de l’Etat à lutter efficacement contre ce fléau en dehors du lip service On apprend parfois dans la presse locale que certains trafiquants se sont faits pincer par nos bandits en treillis mais comme toujours chez nous les présumés coupables, très friquées grâce à leur bizness, sont relâchés après une visite de courtoisie à la case prison.
  • Le 27, nous apprenons que selon le « Natrural Resource Gouvernance Institute » (NRGI) américain, l’indice de gouvernance des ressources naturelles 2017 (données de 2015 et 2016) a classé le secteur minier de la Guinée en 63e position parmi les 89 évaluations réalisées dans le monde et en 20e position parmi les 31 évaluations effectuées en Afrique subsaharienne. Cet indice évalue la façon dont les pays riches en ressources naturelles gèrent leurs richesses pétrolières, gazières et minérales. Nous culminons au dessus des pires cancres du continent avec une note de 38 points sur 100 (ou 8 sur 20 en termes plus clairs pour les cadres du ministère). Pour la composante de gestion des revenus de l’indice nous sommes classés 78è sur les 89 réalisées ; pour la composante « conditions générales de gouvernance » nous obtenons 37 points sur 100, une moyenne légèrement inférieure à celle de l’Afrique Subsaharienne (39 points) ; pour une sous-composante de l’indice en matière d’octroi des licences nous obtenons notre plus haute note avec 62 points sur 100. Et toc pour la reforme réussie du nouveau code minier et le redressement spectaculaire de ce secteur grâce au Sanseman.
  • Le 28, encore une virée, cette fois-ci c’est à N’Djamena au Tchad et, croyez-moi ou pas, pour participer à un forum africain de la jeunesse. A plus de 80 ans il fera tache dans cette rave. En fait c’était juste pour consolider son nouveau record Guinness : 7 visites officielles à l’étranger (Liberia, Belgique, Italie, Allemagne, Japon, Uganda et Tchad) en 1 mois (soit une moyenne légèrement supérieure à une tous les 4 jours) avec 10 passages par Paris !
  • Pour : comme chaque mois, R.A.S…
  • Contre : pour l’affaire Bobodi tout a commencé le 28 mai lorsqu’une fondation ivoirienne obscure mais rusée avait décerné au guignol le « prix africain pour le développement, meilleur artisan des œuvres sociales » et l’avait couronné « Roi Nana Kouassi Bobody 1er, Roi de l’Afrique ». Résultat il fait depuis ce qu’il veut en ville. L’anarchie de la jungle est bien installée maintenant, raison pour laquelle des jeunes peuvent brûler des présumés voleurs en plein jour et en plein ramadan sans aucune réaction sérieuse de nos leaders. Cette affaire sert néanmoins de Dadis-show pour détendre un peu l’humeur morose des milliers de miséreux et paumés particulièrement en plein mois de carême. Dans le cadre de la mobilisation de la société civile pour la prochaine campagne du 3e mandat, les distributions de prix du Sanseman s’accélèrent ce mois-ci : 750.000 GNF par journaliste choisi sur le volet pour venir dîner avec le boss au palais Satanya, puis des 4×4 rutilantes pour un groupe bien choisi d’imams venus de tout le pays et enfin quelques voitures et de l’argent de poche pour les artistes-militants RPCistes. Les réponses de nos seuls artistes à audience internationale tels Takana Zion et Ali Kamano ont été immediates : « Même si vous donnez 100 voitures à chaque imam, une villa à chaque journaliste, 10 sacs de riz à chaque mendiant, nous combattrons ce régime partial qui de jour en jour tombe dans la dictature » et « Dites-lui d’octroyer des limousines ou des Jaguars, des Bentley ou des Mercedes, des Wranglers ou des BMW aux artistes qui n’ont aucunement pas de crédibilité aux yeux du peuple… Dites à Alpha que les peuples c’est comme de l’eau, quand ça dort, tu peux en abuser, mais quand elle se réveille, elle ravage tout sur son passage ». Quant au flic-mamayeur qui avait exigé un mandat à vie il est, certes en retard, nommé ministre. La course à la bassesse est bien lancée maintenant. Au fait puisque nous sommes officiellement un pays laïque, nos prêtres chrétiens et anglicans devraient eux aussi organiser une grève et une marche sur l’axe de la liberté s’ils veulent eux aussi des carrosses de la république.

 

Tic-tac, Tic-tac, la montre tourne ; aujourd’hui est le 2382e jour de l’ancien « Guinea is back » et du nouveau « changement radical » – déjà 06 ANS, 06 mois et 10 jours ! Aladji-Professeur-Président voici ma suggestion SMART (Spécifique, Mesurable, Atteignable, Réalisable et Temporellement définie) du mois pour améliorer un peu votre Sanseman : il faut cesser d’insulter le monde autour de vous, y compris en public devant les cameras qui enregistrent pour l’avenir vos gaffes historiques. Les insultes n’y feront rien, il faut plutôt cesser votre affaire de promesses-bidon. Sinon ça va barder de plus en plus chaque fois que vous ouvrirez la bouche. Nos enfants ne sont pas comme nous : dès qu’on décorne devant eux ils réagissent au quart de tour, Walahi ! Tristes effets secondaires : le recteur d’une université de la capitale et le vice-recteur d’une autre ont sur le coup fait des malaises cardiaques sur la tribune et ont du être évacués par les services sanitaires d’urgence. L’un des deux n’y a pas survécu ! Le plus inoubliable était votre gestuelle, gambadant sur la scène entouré de vos gorilles comme un fou devant une bande d’ados excités qui répondaient directement à vos invectives. Puis sautillant sur place les poings fermés, exhibant ainsi pour la postérité votre talent incontesté de professeur de la danse du « saut de cabri », une digne réponse nationale au dombolo et mapouka congolais ainsi qu’au coupé-décalé ivoirien. Sachez que même en Guinée le chef suprême doit respecter sa parole donnée. Qui plus est, quoi de pire que de faire miroiter à de pauvres universitaires de tablettes qu’ils devront quand même acheter à 50 US$ dont un pourcentage sera évidemment reversé à vos seconds-couteaux en charge de leur formation gratuite. Partout ailleurs ils rêvent d’universités d’excellence avec des labos de pointe, de partenariats et d’échanges universitaires avec l’élite mondiale comme dans presque tous les pays de la CEDEAO maintenant. Mais chez nous ils sont poussés à rêver de tablettes ! Comme vous l’a si bien écrit un de ces étudiants si mal formés selon vous « un homme fort c’est quelqu’un qui sait maitriser sa colère. Quelque soit la situation il n’avait pas le droit de tomber si bas ». Et pourtant lui n’a pas fait la Sorbonne comme vous. Mr le PPAC finalement je vous renvoie votre balle : c’est vous qui êtes mal élevé, mal éduqué et indigne de ces enfants et de nous tous. Un ou deux « pétage de plombs » pareils et vous ferez un A.V.C. sur la scène, alors courage les jeunes. Quant à votre petite démonstration de la danse du « saut de cabri » sur de la photo officielle du sommet de Berlin (le 12 juin) il ne faut plus jamais refaire ça, yandi !

Posted in 2013 | Leave a comment

Une Nouvelle Voie (Mai 2017) : distribution des prix 2017 du Sanseman – les petits budgets de fonctionnement sous la table

Bienvenue à mon bilan du 17e mois de la Condécratie version 2.0. Je continue mon exploration mensuelle des méandres des décisions importantes pour la Nation prises par nos nouveaux chefs en proposant des pistes de réflexions et d’actions qui pourraient être envisagées pour que le « vrai changement » soit effectif.

  1. Echantillon de paroles et pensées présidentielles du mois:
  • «Pour ma part, je reste convaincu que malgré les efforts à fournir encore, les difficultés et incidents de parcours parfois pour accéder à une presse libre, responsable et citoyenne partout dans le monde, en Guinée la Presse est libre. Elle est plus libre aujourd’hui qu’hier et le sera davantage demain si elle ne cède rien de son indépendance et de ses droits, mais ne se dérobe pas non plus à ses devoirs, notamment celui de concilier le pouvoir qui lui est reconnu avec l’exigence de responsabilité, de citoyenneté et de patriotisme… Pour moi qui ai consacré ma vie au combat pour la liberté et la démocratie ici et ailleurs dans le monde, je me réjouis que personne sous ma présidence ne soit poursuivi pour délit d’opinion, qu’aucun journaliste ne se retrouve en prison pour avoir fait son travail comme par le passé. Les rares violences faites encore aux journalistes ne sont pas le fait de l’Etat et des pouvoirs publics. (le 03, lors de la journée nationale de la presse)
  • « La moitié des diplômes en Guinée sont des faux et sont faits en complicité avec les enseignants, il faut le dire. J’ai découvert aussi qu’on peut avoir le bac en Guinée avec une moyenne de 07 (sur 20). Ça n’existe nulle part. Ce qui favorise toutes sortes de trafics. Un élève qui a 10 de moyenne, on met 15, quand il a 07 au bac, il a la moyenne… Ça ne sert à rien de dire qu’on est licencié quand on ne peut pas faire une phrase sans aucune faute. Puisque nous sommes un pays minier et énergétique nous pouvons former beaucoup de gens dans le domaine des mines et de l’énergie parce qu’on va commencer à construire des barrages. Si vous ne formez que des gens en lettres et en droit comment voulez-vous qu’ils aient du travail ? Il faut que la formation corresponde aux besoins du marché. Aujourd’hui nous sommes en train d’exploiter nos mines et de construire des barrages. Donc nous avons besoin d’ingénieurs des mines et au niveau de l’énergie. Ça ne sert à rien d’avoir un master quand ça ne correspond même pas au bac dans les autres pays » (le 05, en recevant des élèves ayant participé à la première édition du sport en milieu universitaire et scolaire ».
  • « Notre vision est de faire de la Guinée un pays émergent à travers une croissance économique accélérée, diversifiée et inclusive. Pour ce faire nous avons réformé le cadre macroéconomique et assaini la gestion des finances publiques, des progrès notables ont été réalisés dans la réforme des forces de défense et de sécurité pour créer un environnement favorable pour les investisseurs… Nous souhaitons que tous ceux qui exploitent la bauxite en Guinée, à partir d’un certain tonnage construisent une usine d’alumine. On ne peut pas accepter que nous soyons seulement fournisseurs de bauxite sans avoir de plus-value … Nous ne pouvons pas accepter que des gens prennent des engagements qu’ils ne respectent pas, en Guinée n’avons pas de partenariat privilégié » (le 09, à l’ouverture des travaux de la 5ème édition du symposium Mines de Guinée).
  • « Tout le monde dit que nous sommes le deuxième réservoir mondial de bauxite, nous avons du fer pour plus de 60 ans d’exploitation, nous avons l’or et le diamant qui sont déjà exploités. Le développement de la Guinée se fera dans l’agro-industrie car nous ne sommes pas maîtres. Les prix sont fixés à Londres ou à Ottawa. C’est pourquoi nous avons fait de l’agro-industrie la priorité pour le développement de la Guinée. La deuxième priorité c’est l’énergie. La Guinée est le château d’eau de l’Afrique. Nous avons plus de 6.000 MW de possibilité.., Mais tout cela est basé sur l’enseignement et la santé » (le 23, devant un parterre d’hommes d’affaires égyptiens).
  • « Les imams doivent aussi contribuer à l’amélioration des conditions de vie de nos femmes. Il y a trop de mariages pré Il y des jeunes qui filles se marient avant l’âge de la puberté. Ça les empêche non seulement d’étudier mais aussi ça les déforme. La Guinée est très en retard dans ce domaine. L’excision aussi nous sommes très en retard. Donc monsieur le secrétaire général quand vous dites que la religion musulmane se porte bien en Guinée, je ne suis pas sûr que vous ayez raison. Ayons le courage de nous regarder en face, reconnaitre nos torts. C’est quand nous voyons nos tares que nous pouvons les corriger. Alors donnons-nous la main pour lutter contre ces tares qui gangrènent aujourd’hui la religion musulmane en Guinée» (le 31, lors du lancement d’un concours de lecture du Coran).
  • Pour : je suis toujours sidéré par la capacité du boss à décrire chaque fois avec précision la pourriture de son système de gouvernance (et des précédents) mais qu’ensuite il ne fasse rien de concret et visible pour mettre fin à ces dysfonctionnements. Un vrai cas d’école dont nous parleront encore pendant des décennies après son départ du pouvoir.
  • Contre : j’imagine les sentiments ressentis par nos journalistes comme certains patrons de radios locales de Conakry, Kankan et les dizaines de reporteurs bastonnés fréquemment par les miliciens d’Etat quand ils veulent filmer une manifestation dans les rues ou la réunion hebdomadaire des RPCistes. Le pire c’est que le boss les regardait droit dans les yeux en lisant ce discours, sans aucun gène – sacré politicien communiste. Il pourrait même nous dire que ses opposants sont des blancs aux cheveux blonds et aux yeux bleus et son audience continuerait à applaudir – sacrés Conakrykas. C’est un peu comme Trump aux USA avec ses rednecks semi-lettrés qui jurent sur la bible que toutes ses inepties sont des vérités. Pour le discours du Caire devant les businessmen égyptiens, ils ont certainement bien rigolé en comparant son bla-bla habituel avec les informations préalables reçues de leur ambassade en Guinée.
  1. Les décisions et actions « positives » du mois :
  • Le 08, nous apprenons que le gouvernement guinéen, en collaboration avec les autorités françaises, vient d’expédier plus de 150 tonnes de déchets toxiques vers la France pour destruction. Selon l’agence de presse officielle chinoise (Xinhua) « Ces produits étaient stockés dans les locaux du port autonome de Conakry depuis plusieurs années. Ces déchets liquides, pour l’essentiel des boues rouges, qui constituaient une véritable menace pour la santé et pour l’environnement seront acheminés dans des conditions sanitaires de haut niveau. En France ils seront conditionnés, traités et détruits. Les déchets de cette nature comprenant des métaux lourds, de l’arsenic et de la soude caustique, sont très toxiques pour les humains et les animaux. Ces substances dangereuses seraient issues de la transformation d’alumine dans l’usine Friguia à Fria ». Je me demande qui a eu cette brillante idée de « Pardon patron, au secours ! ».
  • Le 08, notre PPAC se joint à l’ensemble de ses pairs mondiaux pour féliciter son « frère et ami de 30 ans » Emmanuel Macron. Le service de presse de l’Élysée a dû supprimer certains mots dans la lettre (comme FEANF, panafricanisme, Lébola) pour que ce dernier puisse déchiffrer le message.
  • Le 26, le ministre du budget nous annonce que les perspectives de croissance économique réelle sont rehaussées des 5% prévues à 6,7% pour 2017. Ceci est « confirmé » diplomatiquement par le chef de la mission du FMI (Mme Albertin) : « Après le ralentissement enregistré en raison de l’épidémie de fièvre a virus Ebola l’activité économique a rebondi en 2016, avec un taux de croissance réelle du PIB estimée à 6.6 pourcent, grâce notamment à une production minière en augmentation du fait du démarrage des nouveaux projets, un accroissement de la production agricole et de la production d’électricité. (Néanmoins) l’inflation moyenne est restée modérée à 8,2 pour cent en 2016 ». En mots couverts cela veut dire que malgré tout, le pauvre Guinéen sera toujours un peu plus pauvre chaque jour. Pas mal pour un pays où tout le monde s’accorde à reconnaître un blocage économique récemment accentué et l’absence actuelle d’investisseurs sérieux et crédibles dans le pays. Ne dit-on pas que plus le mensonge est gros, plus il a des chances de passer ?
  • Pour : merci au FMI pour son appréciation et ses éloges – de loin – des progrès insolents du Sanseman. Néanmoins j’aimerais bien voir le rapport interne confidentiel de fin de mission.
  • Contre : je me demande comment nos petits dictateurs tropicaux pourront discuter avec les jeunes leaders du XXIe siècle comme Trudeau et Macron lors des rencontres individuelles et sommets de l’UA où 80% des membres sont soit séniles soit grabataires et bourrés de stimulants physiques et mentaux. De quoi vont-ils bien pouvoir parler en dehors des prises en charges médicales chez eux ? Vous imaginez les fous-rires lorsqu’ils leur parleront de « couper le cordon ombilical » ? Eux n’ont pas reçu la formation hypocrite des Tonton Mitterrand, Chirac ou Hollande.
  1. Les décisions et actions « négatives » du mois :
  • Le 08, en conférence de presse le collectif des avocats en charge de Toumba Diakité a annoncé la suspension de son assistance à leur client dans le dossier sur le massacre du 28 septembre. Les avocats résument le motif de leur décision par « Le manque de volonté politique et le manque de courage des magistrats. Nous pensons que le moment est venu d’attirer l’attention des communautés nationale et internationale sur la discrimination dont notre client est victime ainsi que la violation de ses droits les plus élémentaires…La raison d’être d’un avocat dans ce dossier c’est de faire évoluer la procédure. En l’état actuel, la procédure n’avance pas. Et puisqu’elle n’avance pas nous n’avons pas notre raison d’être. Il faut éviter d’être là pour cautionner une parodie de justice ». Ca va chauffer – hélas pour Toumba seulement.
  • Le 09, le ministre de la jeunesse annonce dans un communiqué le lancement du processus de création du conseil national des jeunes de Guinée (CNJG) qui se veut « Un cadre d’échange, de concertation et d’action en vue de la participation responsable des jeunes au développement de leur pays ». Quand on pense qu’il est considéré comme le porte-drapeau de la jeune génération de cadres qui assurera la relève des vieux incompétents et malhonnêtes qui pourrissent  le système de gouvernance des 60 dernières années ! La démagogie negro-communiste de Satan Touré est devenue génétique chez nous-pays.
  • Le 09, le PPAC décrète la création de l’agence guinéenne de l’électrification rurale (AGER). La société de gestion de l’électricité urbaine est pratiquement inexistante depuis plus de 6 mois, sans aucune solution mais il rajoute quand même une nouvelle structure pour le milieu rural où même les infrastructures de base n’existent pas encore. Son péché mignon habituel de croire tromper la masse avec de l’espoir bidon. C’est devenu tellement répétitif chez papy-promesses que cela ne dit plus rien à personne.
  • Le 12, le ministre de l’unité nationale et de la citoyenneté déclare lors d’une conférence devant les élèves d’un lycée de la capitale : « Le message que j’ai à lancer c’est le message de responsabilité, il faut qu’on appelle dans notre pays un chat, un chat. Nous sommes à un stade où ça fait 60 années de lâcheté, 60 années de déni de réalité, 60 années de mensonge, 60 années de démagogie, 60 années de clientélisme, 60 années de communautarisme, 60 années de faux fuyant, 60 années de paresse intellectuelle, 60 années de dénigrement, 60 années de piège ». Après cela il est remonté avec ses gardes de corps dans son char 4×4 climatisé pour ensuite possiblement aller rejoindre ses potes du gouvernement dans un des restaurants huppés de la capitale. Quelle belle leçon de franchise venant d’un type qui nage pourtant dans ce système si bien décrit par lui-même depuis 7 années maintenant. Et les pauvres élèves et maîtres ont approuvé comme des moutons le jour de la fête de Tabaski.
  • Le 20, notre boss s’envole pour le sommet arabo-islamique-américain de Ryad en Arabie Saoudite qui aura lieu le lendemain. Quand notre PPAC rencontre Donald Trump – le monde ne sera plus jamais pareil !
  • Le 23, ensuite une petite virée en Egypte sans doute pour visiter les pyramides – ça manquait dans son album de photos présidentielles.
  • Le 25, pendant qu’il se ballade très loin de nous il trouve quand même une manière bien « guinéenne » pour fermer la bouche aux gueulards de plus en plus nombreux de la préfecture de Boké : en lieu et place de leur fournir l’eau courante et l’électricité journalière exigées il a envoyé une délégation gouvernementale pour annoncer le don de soixante-dix (70) camions neufs aux principaux responsables et « sages » locaux. Comme des sucettes bien sucrées pour des bambins en colère. Depuis c’est le calme assuré – pour quelques semaines de plus.
  • Le 26, une virée expresse à la réunion de G7 en Sicile en tant que Président de l’UA, pas de la Guinée bien sur. C’était surtout pour prendre une photo de famille avec Donald Duck où il est le plus proche de ses pairs africains à ses cotés en « costard Mao Tse Toung » préhistorique. Et il nous fait des grands saluts de la main, le seul sur la prise de vue, comme pour nous dire « Vous avez vu parents, je suis là, Walahi ! ». Enfin la photo centrale de sa galerie de portraits personnels à voir obligatoirement en visitant le palais Satanya. Il y a aussi celle où il est fièrement aux cotés de sa sœur Mélania Trump qui est à mourir de rire.
  • Le 28, la croisade de notre pèlerin impénitent le mène ensuite à Khartoum pour 2 jours afin d’y apprendre comment dribbler efficacement la justice internationale. Comme si bien justifié sur sa page Facebook «Je suis arrivé à Khartoum sur invitation du président Hassan Omar El Béchir… L’unité africaine n’a pas de prix ».
  • Le 29, le boss nous envoie un message de soutien de Khartoum. Il nous fait dire par un de ses haut-parleurs de service au palais Satanya : « Le Président de la République est un homme très préoccupé par la grève des banquiers. Il suit avec beaucoup d’attention la situation dans le pays. Il a fait un appel fort aux syndicats et patrons de banques pour une sortie heureuse de la crise ». Dieu merci, il pense quand même un peu à nous pendant ses longues absences injustifiées. La dernière phrase du message a du être effacée par son service de presse : «  Et maintenant fichez-moi la paix jusqu’à mon retour, Yandi ! ».
  • Le 30, un fait divers presque hebdomadaire en Guinée raconté par les journalistes de deux sites web (Guineematin.com et AfricaGuinee.com) : « Le bandit aurait sorti une arme blanche et intimé le conducteur de moto taxi de descendre de la moto. C’est en ce moment qu’une bagarre s’en est suivie entre les deux hommes. Et, lorsque le bandit a compris que la foule venait au secours du propriétaire de la moto, il a pris la fuite pour se refugier dans la cour de l’université UNIC. Mais, les étudiants lui ont barré la route. Et, c’est en ce moment que la foule s’est mise sur lui et l’a brûlé vif. A rappeler que plusieurs guinéens de Conakry et de l’intérieur du pays ne croient plus à la justice. Ils préfèrent se rendre justice dès qu’ils prennent un malfaiteur à cause de la corruption des agents de la sécurité et de la justice ; et surtout, le risque que certains malfaiteurs, qui ne durent pas en détention, reviennent se venger… Ensuite une bataille sans merci a éclaté entre forces de l’ordre et jeunes badauds mobilisés en grand nombre alors qu’une équipe des pompiers évacuait le corps du jeune accusé du vol de moto. On ne connait pas le bilan, mais les échauffourées ont été violentes. Retranchés dans le quartier les jeunes lançaient des projectiles sur les forces de l’ordre qui répliquaient par des tirs de gaz lacrymogènes… Le lendemain, les amis d’A dama Oularé (la victime), très connu et qui habitait le quartier Kinifi (en haute banlieue de Conakry) ont décidé de se faire justice en s’attaquant aux taxis-motards. Ces derniers sont pourchassés dans les ruelles du quartier durant toute la matinée. Des motos sont calcinées et des barricades érigées, perturbant sérieusement la circulation. Selon un des amis de la victime d’hier, monsieur Oularé était tout sauf un malfrat. Ils l’ont tué à tort. Notre ami venait juste de finir les études. Ce conducteur de taxi-moto qui a occasionné tout ça lui devait de l’argent. C’est quand il l’a aperçu qu’il est venu saisir sa moto et la bagarre a commencé. Ce dernier a appelé au secours et ses amis sont venus l’abattre. Voyant la furie des taxis motards, il a voulu fuir. Mais, ils ont eu raison de lui ». Tout ceci en plein mois de ramadan ! Une journée « normale » à Conakry – un nouvel exemple des niveaux de déliquescence sociale et de sauvagerie atteints dans nos zones urbaines et rurales.
  • Le 30, malgré tout ce qui se passe « chez lui » le boss atterrit néanmoins à Bobo Dioulasso au Burkina pour une visite privée. Eh Allah, comment allons-nous faire pour attacher ses ailes folles en Guinée ?
  • Pour : comme chaque mois, R.A.S…
  • Contre : concernant le cas de démission des avocats de Toumba, leur décision fait suite au rejet par le tribunal de toutes leurs requêtes. Par ailleurs, ils ont indiqué que certaines de ces requêtes n’ont même pas été examinées, dont la demande d’audition du PPAC comme témoin au départ. « Ce dossier ne peut pas être traité en l’absence du chef de l’Etat. Alpha Condé ne peut opposer une quelconque immunité dans cette affaire parce que nous sommes en matière de crimes, de génocide… nous souhaitons qu’il soit inculpé ». La situation se corse et sa solution semble de plus en plus s’éloigner à l’horizon. On peut légitimement craindre que ce procès n’ait lieu qu’après le départ du boss du palais, à moins que les Big Brothers ne mettent le feu sous sa carapace de tortue préhistorique. La nouvelle génération de leaders comme Macron et Trudeau et les derniers vieux bandits comme Trump n’hésiteront pas longtemps, au moins diplomatiquement, j’en suis sur.

 

Tic-tac, Tic-tac, la montre tourne; aujourd’hui est le 2352e jour de l’ancien « Guinea is back » et du nouveau « changement radical » – déjà 06 ans, 05 mois et 10 jours ! Aladji-Professeur-Président voici ma suggestion SMART (Spécifique, Mesurable, Atteignable, Réalisable et Temporellement définie) du mois pour améliorer un peu votre Sanseman : boss il faut cesser vos tentatives d’acheter tous les politiciens du pays, même vos plus farouches opposants. C’est bien joué sur le plan de l’enfarinage politique mais c’est mauvais pour nous les gens d’en bas, les LVG (Les Vrais Gens) de Radio Espace. Vous savez pertinemment que refuser une valisette de milliards de GNF est pratiquement impossible, surtout chez nous où c’est plutôt des signes de grande réussite, d’intelligence et de fierté, mais pour nous la certitude que vos successeurs ne seront jamais différents de vous une fois à la mangeoire nationale. J’ai aussi une petite réflexion à partager avec ceux qui applaudissent « ces coups de maitre » de leurs champions : je trouve que soutenir son leader politique en public est tout a fait logique et une bonne chose mais ne pas pouvoir reconnaître une erreur évidente de transparence de sa part n’aide ni lui, ni l’avenir de son parti. Sans cela cette erreur se répétera encore, même quand il sera au sommet de l’Etat. Je me demande sincèrement pourquoi leurs inconditionnels aveuglés, y compris les intellectuels conscients de notre diaspora, se battent à coups de plumes pour défendre ces pratiques. Ce n’est pas les montants qui posent problème, c’est les processus de l’obtention et de la divulgation en cachette, y compris de la majorité des cadres de son propre parti. Mettons-nous un peu à leur place – bien qu’ils auraient tous fait pareil…Quelle tristesse d’entendre les justifications du genre « Pourquoi pas, les autres d’en face font pire que cela » ! Quand ces budgets n’ont  jamais été discutés et adoptés au parlement et qu’ils sont offerts au pifomètre, sans fiche de budget avec des allocations par lignes de dépenses connues par tous ses pairs, c’est en fait l’équivalent de cadeaux financiers. A la limite je peux comprendre ce soutien aveugle des partisans qui n’ont jamais connu un autre système de gouvernance que celui en vigueur au pays. Mais pour nous de la diaspora qui savons la gravité potentielle de ce type de comportements, ne pas les dénoncer, au moins en interne dans l’opposition réunie, est une faute grave. Pas uniquement dans les « comités-directeurs, conseils politiques, centraux et autres » où les idées contraires sont synonymes d’expulsion à court ou à moyen terme. Certes ici les torts sont partagés entre ceux qui détournent pour corrompre et ceux qui acceptent en coulisse – en droit, les receleurs sont toujours trimbalés en justice avec le voleur.

Eh Allah, nous foutus pour hier, aujourd’hui, demain, et même après-demain, Walahi !

Posted in 2017 | Leave a comment

Une Nouvelle Voie (Avril 2017) : « Je coupe le cordon ombilical – je blaguais, dèèhh ! »

Bienvenue à mon bilan du 16e mois de la Condécratie version 2.0. Je continue mon exploration mensuelle des méandres des décisions importantes pour la Nation prises par nos nouveaux chefs en proposant des pistes de réflexions et d’actions qui pourraient être envisagées pour que le « vrai changement » soit effectif.

  1. Echantillon de paroles et pensées présidentielles du mois:
  • « En collaboration avec la Chine nous allons construire quatre grandes universités… Il ne sert à rien de former un licencié en droit alors que le pays a besoin d’ingénieurs » (date indéterminée)
  • « Comme j’ai dit à Abidjan dernièrement nous ne pouvons pas vaincre le terrorisme par les armes. Parce que le terrorisme c’est la pauvreté et l’injustice. Pourquoi les terroristes disent à un jeune tiens ça, va mettre une bombe ? C’est parce qu’il n’y a pas de travail. La première nécessité pour vaincre le terrorisme c’est de lutter contre la pauvreté, mais aussi contre l’injustice. Ça veut dire que les ressources du pays doivent être équitablement reparties, particulièrement au niveau des couches les plus vulnérables, les jeunes et les femmes, etc. C’est ça qui peut couper la racine du terrorisme… Quand j’ai dit aux pays francophones coupons le cordon ombilical ça veut dire que lorsque vous avez le cordon ombilical, vous êtes encore un bébé. Or il faut devenir majeur… La population du monde dans les autres continents a vieilli. Voyez la Chine, c’était un enfant, maintenant elle n’est plus un enfant. Alors que nous, nous avons l’avantage inverse. C’est pourquoi nous devons aller très vite. Parce qu’avec la santé, les Africains vivront de plus en plus longtemps. Ça veut dire que progressivement nous tomberons dans les mêmes problèmes que les pays développés. Voilà les défis que nous devons relever » (le 08, à Conakry lors de sa présentation de la feuille de route de  l’U.A. pour son mandat ».
  • « Je crois que pour des Guinéens, voir le drapeau guinéen flotter sur les Champs Élysées c’est quand même un symbole extrêmement important de changement de relations entre la Guinée et la France. Je disais dernièrement que de toutes les anciennes colonies françaises c’est la Guinée qui avait le plus d’avenir tant sur le plan agricole que sur le plan du développement industriel… Je crois que durant sa présidence il (Hollande) l’a beaucoup démontré et surtout les Africains lui sont très reconnaissants pour tout ce qu’il a fait pour l’Afrique. Parce qu’il a montré qu’il n’avait pas un agenda personnel… Nous avons appris à parler d’une seule voix pour l’énergie. Aujourd’hui, c’est ce qui nous a permis de réussir grâce à notre chère amie Ségolène Royal qui nous a beaucoup accompagnés… Je suis très fier de cette visite d’Etat surtout que ce serait la dernière de mon cher ami Hollande en tout cas nous comptons beaucoup sur la coopération avec la France notamment avec l’AFD dont le Président a fait récemment une visite à Conakry. J’espère que notre camarade Michel Sapin suivra la même voie que Royal. Nous devons encore signer un autre accord avec le FMI, pour cela nous comptons sur l’appui de la France afin qu’il nous donne un accord qui puisse permettre à la Guinée d’avoir un accès à des crédits non concessionnels qui peuvent nous permettre de nous développer… En tout cas la délégation guinéenne est très fière de cet accueil exceptionnel et je pense que ceux qui ont connu la période coloniale et autres comme Sidya qui est mon Haut Représentant ou Bah Ousmane, Kassory (!), ils repartent très heureux…J’espère que nous serons toujours ensemble comme nous avons toujours été avant et on le sera après » (le 11, à l’Élysée pour couronner sa visite d’ETAT, la (presque) dernière du frère François).
  • « C’est une nouvelle Afrique qui se réveille, à bon entendeur, salut ! » (le 12, discours au siège de l’Institut du Monde Arabe (IMA) à Paris).
  • « Je n’ai pas à répondre. Ce n’est ni aux journalistes ni aux puissances extérieures de décider… Arrêtons avec cette vision dogmatique de savoir si la bonne chose est un, deux ou trois mandats. Ça dépend de chaque pays et de la volonté de son peuple. Nous ne voulons plus que l’Occident nous dicte ce que nous devons faire. Les pays développés, on ne leur pose pas la question ! Est-ce qu’on pose la question à Singapour par exemple (où le Premier ministre est dans son troisième mandat) ? Pourquoi vous ne posez jamais cette question à Mme Merkel ? Je n’ai pas à répondre. Ce n’est ni aux journalistes ni aux puissances extérieures de déciderEt si on parle d’impunité, je crois qu’il y a dans le monde beaucoup d’exemples pires qu’en Afrique mais dont on ne parle pas. Beaucoup d’autres massacrent leur peuple en toute impunité. C’est ce constat qui guide aussi notre réflexion sur la Cour Pénale Internationale (CPI). Est-ce seulement en Afrique qu’on massacre les gens ? Certains pays tentent de nous imposer des choses alors qu’ils n’ont jamais signé le traité de Rome et échappent donc à la CPI… Nous en avons beaucoup souffert mais en 2016 la croissance économique a atteint 6 % et nous espérons une croissance à deux chiffres à partir de 2018. Les hôtels de Conakry sont fréquentés par des investisseurs français, africains, asiatiques, sud-américains… Nous créons une zone de développement économique, nous fabriquons des logements sociaux, des barrages, il y a des projets routiers, d’alimentation d’eau… Nous en avons assez de cette vision dogmatique de l’Afrique où l’on confond tout le monde, les présidents qui gèrent bien ou mal leur pays. Comme si l’Afrique n’était qu’un seul pays (le 12, lors d’interviews à Paris avec les journaux français Libération, TV5/Le Monde et Euronews).
  • « J’annonce la construction en cours d’une usine de fabrique de livres et de cahiers pour éviter au pays l’importation des livres car on ne peut pas développer la culture guinéenne avec une dépendance à l’extérieur pour la fourniture des livres » (le 23, à l’occasion du lancement de l’année « Conakry capitale mondiale du livre »).
  • « Je réaffirme ma volonté de consolider les relations économiques Sud-Sud, plus particulièrement avec les Émirats Arabes Unis » (le 27, en recevant une délégation d’investisseurs émiratis).
  • Pour : boss votre discours de Conakry sur l’Union Africaine et le terrorisme est (légèrement) plus correct et poli que celui d’Abidjan le mois dernier. Si seulement vous les aviez inversés. Quant à la probabilité de la montée de l‘extrémisme religieux chez nous je constate que vous comprenez bien les causes du danger et les solutions pour l’éviter ou au moins le ralentir – mais alors pourquoi vous faites exactement le contraire en assurant l’arrêt de la corruption et de l’injustice et de l’impunité d’une minorité de vos proches sur 99% des autres Guinéens ?
  • Contre : papy-promesses rajoute une nouvelle couche. Si seulement il se limitait à annoncer une 1e université pour ensuite en construire d’autres si besoin, cela aurait été un peu plus réaliste et crédible mais pour cela il faut avoir déjà géré des grands projets au moins une fois dans sa vie. Vraiment le concept de couper le cordon ombilical avec nos colons est de plus en plus flou pour moi après son discours de l’Elysée : qui faisait la morale à ses pairs africains il y a moins d’un mois sur la nécessité de couper la mendicité avec nos anciens (et actuels) colonisateurs et qu’en plus il assumait ouvertement ses propos ? Il est vrai que rendre visite à un président impopulaire deux semaines avant son départ la tête bien basse du pouvoir est plus un signe de recherche d’une dernière chance de visite d’état chez le « colon au cordon coupé » pour un peu de pub à consommation locale qu’une recherche efficace et crédible d’’assistance financière d’un pays démocratique. C’est même plutôt le contraire, comme le dit si bien la presse française « La diplomatie et les accords changent complètement quand l’administration change. Quand les présidents qui se succèdent ne sont pas du même bord politique tout change ». Quant à se comparer pour être président à vie à un PM d’une dictature militaire (Singapour) et à la chancelière allemande Angela Merkel, tout le monde appréciera le calcul insensé et néfaste de notre apprenti-dictateur. Pour la dernière de papy-promesse du le 23, ce serait une 1e mondiale : un pays où il n’y a même pas une bibliothèque digne de ce nom et qui produit en même temps des livres !
  1. Les décisions et actions « positives » du mois :
  • Le 01, nous apprenons dans la presse que le gouvernement (à travers le ministère de l’administration du territoire et de la décentralisation) et le gouvernement du Royaume de Suède (à travers ses ministères de l’environnement, de l’énergie et de la coordination gouvernementale) ont signé le 31 mars un protocole d’accord portant sur la gestion des ordures ménagères de Conakry. L’accord devrait déboucher sur l’achat d’une quantité importante des déchets générés dans la capitale guinéenne par les entreprises de ce pays qui transformeront ensuite ces ordures en nouvelle source non négligeable (environ 10.000 foyers couverts) d’énergie électrique domestique.
  • Le 08, le Roi du village Afrique nous a présenté à la Blue zone de Bolloré la feuille de route de  notre institution panafricaine sur le thème de son mandat : «Tirer pleinement profit du dividende démographique en investissant dans les jeunes ».
  • Le 09, nous apprenons qu’un jeune bricoleur de Labé a construit son 1e Il explique : « Bon, ces jours-ci, j’ai fait un avion d’une place qui, pour l’instant roule mais ne vole pas d’abord. Ainsi on a compris que c’est la faiblesse du moteur qui l’empêche de décoller. Ce n’est pas parce qu’on ne sait pas comment le faire décoller mais c’est le moteur qu’on utilise qui est faible pour l’avion. En effet, c’est maître Souleymane, un chaudronnier du voisinage qui nous a prêté le moteur en question. C’est un moteur pour moto de marque FDMCO (marque chinoise). On a essayé et on a trouvé que la coque est trop grande pour le moteur-là, alors qu’il nous faut un moteur plus puissant et plus grand que la coque de l’avion afin qu’il puisse décoller. Donc, il nous faut un moteur de voiture pour pouvoir faire voler l’avion. D’ailleurs, si toutefois on trouve ce moteur, on va agrandir l’avion pour en faire un appareil de deux places ». On devrait tous lui envoyer 10,000 GNF afin qu’il finalise son projet au plus vite afin que cette merveille soit désormais l’avion officiel personnel du PPAC dont il rêve depuis 2011 mais pour lequel il n’ose pas demander la permission au FMI. Enfin un jeune Guin-int qui nous offre une solution rapide pour couper le cordon ombilical – avec le PPAC.
  • Le 10, pour limiter de façon drastique les admissions  au BAC unique, le nouveau ministre de l’Éducation pré-universitaire met fin aux « moyennes de cours complaisantes, fantaisistes, commerciales et sexuellement transmissibles » (Moïse Sidibé). Il décide que tout candidat qui n’aura pas 08/20 de moyenne ne pourra plus se présenter au bac. Cela veut donc dire qu’avant cela on pouvait le réussir même avec moins de 08 de moyenne – Allah Akoubar !
  • Pour : concernant l’accord avec les Suédois pour qu’ils ramassent pour nous nos montagnes de déchets domestiques c’est une très bonne nouvelle pour les Conakrykas mais une preuve supplémentaire de l’incapacité totale de nos dirigeants à régler seuls nos problèmes élémentaires de développement. Ça va chauffer quand nous aurons fini de couper nos cordons ombilicaux ! Et pourtant la récente publication par Quantum Global de son indice 2016 d’investissement en Afrique a vu la Guinée se classer parmi les dix premiers pays africains ayant le plus progressé en termes d’attractivité pour les investisseurs internationaux. Le rapport se base sur les critères de croissance, de liquidité, du risque pays, de l’environnement des affaires, de la démographie ainsi que sur la pénétration des médias sociaux. Reste à savoir c’est quel machin ce Quantum Global. En tout cas sa mission selon son site internet est definie comme telle « We strive to build on our reputation as a trusted and recognised partner for investment management, private equity and research across Africa. We seek to consistently deliver quality outcomes for our clients». Autrement dit c’est un « hedge fund », un fonds spéculatif de petits requins avec très peu des considération de la haute finance internationale qui recherchent de nouveaux marchés « faciles et rentables mais à très hauts risques » après quelques flatteries bien placées. C’est donc un peu comme ces « prix d’excellence » distribués à la pelle à nos millionnaires-voleurs locaux par des petits bandits de la diaspora planqués à Paris, Dakar et Abidjan. Beaucoup de flatteries télévisées bien placées et une récompense financière grasse est assurée.
  • Contre : suite à la signature de l’accord avec nos colons nordiques pour qu’ils nettoient notre capitale le chef de délégation suédoise a déclaré : « L’échantillon de déchets qu’on a visité est bon. Il y a des boites de conserve, des cannettes en aluminium, des batteries de voiture, du matériel électronique et électroménager, des gravats de chantiers de construction, des moquettes, etc. Le gouvernement de Suède est très heureux de contribuer à l’assainissement de Conakry. Toutefois, sachez que de notre côté cet accord nous est bénéfique. En effet, par les procédés de la pyrolyse et de la gazéification, les déchets que nous allons très prochainement acheter nous aideront à produire de l’énergie pour 10.000 foyers ». Réponse immédiate de notre ministre de l’administration : « La clairvoyance du chef de l’Etat a été telle qu’on va nous acheter nos ordures. Je crois que c’est une première en Afrique. Même le Rwanda que l’on vantait jusqu’ici n’a pas fait mieux. Et je tiens à remercier le gouvernement du royaume de Suède ». Si seulement nous leurs avions plutôt demandé de nous fournir l’assistance nécessaire pour faire cette transformation chez nous – mais bon c’était trop compliqué tout ça. Une fois encore on fait comme pour la bauxite, on donne pour presque cadeau nos matières premières pourtant rentables si transformées localement à des « partenaires » qui, par des procédés simples en feront de l’énergie électrique domestique pour des milliers de familles. Nous on s’en fout, l’essentiel c’est qu’ils ramassent nos poubelles puisque nous en sommes incapables.
  1. Les décisions et actions « négatives » du mois :
  • Le 06, un rapport de l’U.E. confirme que « Le nombre de décès, l’exploitation et les abus enregistrés sur la route migratoire de la Méditerranée centrale atteignent des records et la Guinée arrive en tête des pays ayant le plus fort taux de départ de migrants en Afrique sub-saharienne ». Pas de doute, c’est grâce au Sanseman que la voie de l’émergence s’éloigne de plus en plus de l’horizon.
  • Le 06, le Forum économique mondial (WEF) a publié son classement mondial de la compétitivité touristique. Sur les 34 pays africains classés notre Guinée ne figure pas. Et dire que nous avons non seulement un ministre mais aussi un directeur de l’office national qui ne peuvent même pas au moins répondre aux questionnaires internationaux qu’ils reçoivent. Mais bon cela nous évite quand même une nouvelle déculottée continentale alors ce doit en fait être un stratagème bien calculé de ces 2 larrons pour protéger encore un peu leurs fauteuils éjectables de la mangeoire nationale.
  • Le 07, la ministre de l’économie dévoile les chiffres du rapport d’audit axé sur la dette intérieure et l’état d’avancement des travaux du comité d’apurement de la dette intérieure (CODI) : « Sur une dette totale pré-identifiée par la Direction Nationale de la Dette de GNF 28 149 milliards, l’audit à l’issue de sa mission a ramené ce montant à GNF 2 194 milliards (!!). L’écart entre le montant initial des dossiers pré-identifiés et ceux retenus pour l’audit s’explique entre autres par : les dossiers non transmis par les structures concernées (ministères et directions), les erreurs de calculs, etc. ».
  • Les 07 et 08, notre PM numérique et ses ministrons organisent une nouvelle retraite gouvernementale pour  se pencher sur le « bilan des réalisations de l’année 2016 et la définition des priorités pour 2017 visant l’amélioration des conditions de vie des populations et la transformation économique de la Guinée dans le cadre de la mise en œuvre du Plan National de Développement Économique et Social (PNDES) 2016-2020 adopté par le Gouvernement en février 2017 » – seulement ! En fait c’est aussi une nouvelle astuce gouvernementale pour vider quelques milliards pour les frais d’organisation à la caisse commune financière du PPAC.
  • Le 10, Mr A-fric débarque à Paris en étant persuadé d’être le dernier roi-nègre qui sera reçu par François Hollande avant son départ de l’Élysée. Hélas le sort ne lui sera une fois encore pas favorable : cet « honneur typiquement africain » reviendra au Président du Burkina. On parle pompeusement dans la presse locale d’une « visite d’Etat » mais pourtant c’est un petit poussin français inconnu, la ministre de la fonction publique, qui est envoyée à l’aéroport pour l’accueillir. Maigre consolation néanmoins,  il restera le président du continent qui aura le plus visité l’Élysée pendant le mandat de son « frère et ami de plus de 30 ans » Hollande.
  • Le 11, notre frère François a gâché la fin de la mamaya Élyséenne par son discours avec un retentissant « La France vis-à-vis de l’Afrique n’intervient pas pour gérer ses propres intérêts. Ce temps-là est terminé. Elle n’intervient pas pour faire infléchir ou faire changer des règles politiques, des régimes électoraux ». Nous sommes tous prévenus, lui, ses troubadours et nous, ses prochaines victimes.
  • Le 11, au cours de sa visite à Paris, il a plaidé « au nom de plusieurs présidents africains » auprès de son homologue français le sort de Laurent Gbagbo détenu à La Haye depuis novembre 2011 et en particulier pour sa mise en liberté provisoire. La réponse logique de Hollande a été immédiate et reprise dans la presse : « La CPI travaille en toute indépendanceHors de question d’intervenir politiquement dans ce dossier judiciaire». Il a du rajouter en off « surtout pas pour un type qui n’a pas hésité à faire bombarder une base militaire française à Bouaké avec plusieurs morts parmi les militaires français en poste ».
  • Le 13, rebelote pour une visite au Maroc, en revenant de Paris, la 3e de l’année. Vraiment après lui plus aucun chef d’état guinéen n’aura d’invitation pour se rendre dans ce royaume pendant au moins 10 ans. Officiellement il va participer à la 12e édition du Salon International (en fait national) de l’Agriculture (SIAM) qui se tient du 18 au 23 Avril dans la ville de Meknès et où il était le seul chef d’état présent. En calculant cela fait 5 jours de vacances préalables à la rencontre et surement quelques supplémentaires à la fin puisqu’il n’assistera comme toujours qu’à la séance inaugurale.
  • Le 24, le boss reçoit à Conacris les grands présidents démon-crates Paul Kagamé du Rwanda et Idriss Débi Itno du Tchad pour des « consultations » et la présentation du rapport sur le projet de réforme des institutions de l’Union Africaine. Principal thème caché de leurs échanges : « comment modifier les constitutions sur tout le continent sans fâcher les donateurs et s’assurer ainsi de présidences à vie ». Notre PPAC profitera beaucoup de cet échange inédit avec ces 2 Usain Bolt en la matière. Franchement que penser d’une organisation d’union qui confie à 2 tricheurs confirmés et un qui y aspire sans plus se cacher, le soin de tracer les grandes lignes de ses reformes qualitatives vers plus de démocratie, de justice et de développement en Afrique ? Qui dans le monde de nos partenaires financiers internationaux peut prendre une telle initiative au sérieux ? Et après ils se plaignent de ne pas être respectés par les Big Brothers et les ONGs internationales alors qu’en fait ce sont encore plus leurs habitants conscients qui les méprisent (en cachette) pour leur mépris et insultes à leurs intelligences.
  • Le 25, pour calmer la jeunesse de la ville de Boké qui marche en colère dans les rues et casse tout sur son passage (bilan : 1 mort par balles, une quarantaine de blessés dont neuf par balles et des dégâts matériels à gogo) en raison avant tout de l’absence presque totale d’eau et d’électricité, le PPAC décrète sur le JT de la RTG une « zone économique spéciale dans la région administrative de Boké, dénommée ZES-Boké ». Sa solution immédiate pour régler cette absence totale de gouvernance dans ce nouvel eldorado chinois en Afrique. Ses envoyés spéciaux pour calmer les jeunes déchainés, des fils du terroir, ont échappé de justesse à un lynchage par intifada dans les rues de la ville. A noter que la région de Boké compte 14 sociétés minières qui pellent et emportent nos cailloux rouges à la vitesse grand V surtout vers les usines chinoises. En plus elles polluent les villes et villages d’un nuage de poussière rouge et écrasent tout passant devant leurs camions sans bâches dans les agglomérations.
  • Le 26, nouvelle ballade d’Etat pour Guinea Solar Impulse, cette fois-ci pour l’Arabie Saoudite puis pour la station balnéaire turque d’Antaria pour participer à une réunion internationale de ministres de l’agriculture – qui est fou ? C’est guinéen qui croit en coupure un jour des cordons ombilicaux.
  • Le 30, nous apprenons que selon l’édition 2017 de l’indice mondial de liberté économique publié par le think tank américain Heritage Foundation et le Wall Street Journal, notre pays fait de nouveau la une – par la queue. Nous sommes dans la catégorie «réprimant la liberté », à la 45e place sur 51 pays africains.
  • Le 30, le Président du Togo Faure Essozimna Gnassingbé débarque à Conakry pour une « visite de travail et d’amitié qui s’inscrit dans le cadre du renforcement des liens d’amitié et de fraternité existants entre la Guinée et le Togo » selon un communiqué du palais Satanya. Il vient surtout pour recopier les notes prises par notre PPAC car il était en retard à la récente formation en « 3e mandat garanti sans risque » offerte gratuitement par les Présidents Deby et Kagamé. Petit malin-va, on te voit venir de loin avec tes gros sabots pourris.
  • Pour : comme chaque mois, R.A.S…
  • Contre : pour le rapport-harakiri de la toute frêle ministre des finances sur l’audit de la dette publique de l’Etat, cette dette est presque entièrement (97%) concentrée sur la dette commerciale née des marchés de travaux publics, des fournitures et prestations de services (86% des titres traités et 48% en valeur) et la dette résultant d’obligations financières suite à des condamnations judiciaires de l’Etat (8% des titres traités et 34% en valeur). Les deux autres catégories de dettes les plus importantes sont les dettes relatives à des dépenses engagées par d’autres entités de l’Etat (SOTELGUI, BCRG, Communes, soit 1% des titres et 7% de valeur) et le contentieux constituant un risque d’endettement pour l’Etat (2% des titres et 6% en valeur). En termes clairs une diminution de près de 92% des montants initiaux avant audit ! Finalement la « caisse unique » du PPAC aura permis au moins une action positive : une meilleure évaluation de l’ampleur de la gabegie dans nos finances publiques. Concernant le plaidoyer pour Laurent Gbagbo, selon Jean-Paul Benoit, l’avocat français du Président Ouattara : « Cette demande des chefs d’Etat me semble inappropriée, car cela apparaîtrait comme une immixtion politique… Il est vrai que les procédures à la CPI sont longues, trop longues. Mais les trois magistrats qui jugent Laurent Gbagbo sont indépendants et n’ont que faire d’une prétendue solidarité socialiste de chefs d’Etat ». Et toc, pour nos rois-nègres ! Notre ministre de la justice a du penser : «  Ah, le bon vieux temps où j’y travaillais encore ». Concernant l’indice de liberté économique, cet indice mesure depuis 1995 celle-ci en se basant sur 12 indicateurs regroupés en quatre catégories : l’Etat de droit (protection de la propriété privée, niveau d’intégrité du gouvernement & lutte contre la corruption, efficacité du système judiciaire), la taille de l’Etat (dépenses du gouvernement, poids des taxes et des impôts, situation du système fiscal), l’efficacité réglementaire (liberté de faire des affaires, degré de libéralisation du travail, situation de la politique monétaire) et l’ouverture des marchés (liberté des échanges commerciaux, liberté d’investissement et dérégulation financière). Il classe les 180 pays étudiés cette année en cinq grandes catégories sur une échelle allant de 100 points (les plus libres) à 0 point (les moins libres). Notre classement « pays réprimant la liberté » correspond à un score entre 40 et 49. Un jeune compatriote a bien résumé notre situation : « Le peuple doit agir sans émotion pour alterner à l’alternance. Il a à faire le choix entre deux générations de cadres du pays. La première est celle qui est issue de la révolution qui est d’ailleurs dépassée et nationaliste très dangereuse, et celle de 1990 qui est libérale, égoïste et corrompue » (Habib Marouane Camara). Un choix cornélien mais finalement pitoyable pour les petits poissons de ce système mafieux.

Tic-tac, Tic-tac, la montre tourne; aujourd’hui est le 2321e jour de l’ancien « Guinea is back » et du nouveau « changement radical » – déjà 06 ans, 04 mois et 10 jours ! Aladji-Professeur-Président voici ma suggestion SMART (Spécifique, Mesurable, Atteignable, Réalisable et Temporellement définie) du mois pour améliorer un peu votre Sanseman : pardon, il faut cesser de nous ridiculiser partout sur la planète avec votre « coupure du cordon ombilical avec les colons » alors qu’en même temps vous chantez votre fierté (et la notre) de voir notre tricolore flotter pour quelques heures sur les Champs Elysées et demandez l’aide de la France pour nous aider à demander pitié au FMI pour une nouvelle rallonge financière qui ne sera jamais remboursée. En tout cas nous avons déjà fait le bilan de vos prouesses dans la mendicité chez votre frère François. La moisson n’est pas glorieuse : 09 micro-accords dans les domaines de l’énergie renouvelable (solaire et micro-barrages), agriculture et gestion des déchets avec comme seuls détails révélés les noms de ceux qui les ont signé. Pour les montants c’est motus et bouche cousue pour empêcher toutes les comparaisons entre nos petits millions d’euros grappillés et les milliards obtenus récemment par le Mali, la Côte d’Ivoire et le Burkina. Vos incohérences donnent aussi un bel exemple de la mentalité de la majorité de vos partisans inconscients : comment qualifier ceux qui applaudissent Satan Touré et vous pour vos Non à la France-Afrique mais qui vont ensuite cirer les pompes de ses maîtres à l’Elysée et qui ensuite insultent l’écrivain Tierno Monenembo pour avoir dit exactement la même chose mais qui en plus a mis ses actions en harmonie avec ses paroles en refusant ce banquet typique de la France-Afrique ? Moi je dirais de pauvres ethnos qui condamnent uniquement en fonction des noms de famille. Plus intellectuellement malhonnêtes vous seriez foudroyés-cadeau sur le champ, Walahi !

Hélas toute personne sensée ayant passé plus d’un mois d’affilée en Guinée sait au moins une chose de sûre : si le PPAC tente le forcing pour obtenir son 3e mandat, il aura hélas 80% de chances de l’obtenir dans le contexte actuel :

– Il y aura certes de nombreuses petites et moyennes protestations au début, surtout sur les émissions radio à succès (GG et Lynx-FM principalement), de personnes qui pourtant espèrent faire de même lorsqu’ils lui succéderont. Pour les grandes marches en ville avec mort assurée de jeunes, ce sera de plus en plus difficile de mobiliser des foules maintenant.

– Pour une grande partie des autres Guinéens, “le petit peuple à bout de souffle” ce sera surtout une garantie de grandes mamayas immédiatement et bien récompensées financièrement.

– Avez-vous vu ses accueils royaux récents par les populations à Kindia, Nzérékoré, Boké, Kankan et bientôt dans toutes les préfectures du Fouta où il est toujours précédé de ressortissants du coin qui ne parlent que de ce sujet ? Puis le lendemain de son départ les mêmes pleurent, grèvent et cassent tout sur leur passage pour manque total d’eau et électricité dans leurs maisons, de nourriture, de soins de santé et d’écoles dignes de ce nom ? C’est incroyable ce que l’’on peut obtenir d’un opportuniste ou d’un miséreux avec des gadgets ridicules (des T-shirts et des casquettes avec effigie », un sac de riz et une petite enveloppe proportionnelle à l’importance du grignoteur.

Si le holà ne lui est pas mis par la CEDEAO et les Big Brothers, s’il a la capacité physique et la volonté d’y aller, ça passera NET malgré nos jérémiades sur le net. Après tout il nous a prévenu qu’il ne lit pas l’internet, la presse et ne regarde pas la télé ! Comme dit par mon grand frère S. N. Bokoum « Vous avez compris, le troisième mandat c’est le retour à l’authenticité. Déjà Alpha empereur des mines, il suffit d’un pas en moins pour être Empereur. Tout court. ». Ah doyen, tu vois tout du haut de ta retraite spirituelle magique, Walahi !

Posted in 2013 | Leave a comment