Une Nouvelle Voie (Novembre 2019) : alternance entre manifs ‘civilisées’ et manifs ‘sauvages et mortelles’

Bienvenue à mon bilan du 47e mois de la Condécratie version 2.0. Je continue mon exploration mensuelle des méandres des décisions importantes pour la Nation prises par nos nouveaux chefs en proposant des pistes de réflexions et d’actions qui pourraient être envisagées pour que le « vrai changement » soit effectif.

  1. Echantillon de paroles et pensées présidentielles du mois:
  • « Beaucoup de chantiers sont en train d’être terminés. Les réformes décisives ont été engagées dans les secteurs-clé et cela profite à tous. Bien-sûr je voudrais que cela aille vite. Je comprends vos impatiences. Nous savons l’impatience de nos braves femmes, les braves jeunes. Mais la Guinée avance, elle continue d’avancer. Aujourd’hui nous sommes fiers de la région forestière. Et les mines de fer Nimba vont commencer l’année prochaine et de zogota l’année prochaine. Mais le plus important, le plus important et qui fait réveiller le Guinéen depuis des années et des années, Simandou, nous venons d’attribuer Simandou à SMB. Ce n’est pas seulement la mine, c’est le trans-guinéen, le chemin de fer de Kérouané-N’zérékoré-Macenta-Guéckédou-Kissidougou-Faranah-Mamou-Forécariah. Mais aussi le port en eau profonde. On dit que la Guinée est bénie par Dieu. Lola après le minerai de fer de Simandou, vous allez avoir le granite. Bientôt nous allons lancer l’appel d’offre… Les latins disent que la voix du peuple, c’est la voix de Dieu. Comment peut-on être démocrate et avoir peur des suffrages ? Comment peut-on être démocrate et avoir peur que le peuple s’exprime ? Je dis bien que personne ne m’intimidera. J’ai dit et j’ai répété haut et fort à Nzérékoré, je ferai ce que demande le peuple guinéen… Aujourd’hui nous avons deux Guinée, la Guinée qui veut avancer, tournée vers l’avenir et ceux qui regardent dans le rétroviseur, qui veulent revenir aux pratiques anciennes où ils dilapidaient des fonds de l’état pour eux et leurs familles. Voilà les deux Guinée aujourd’hui qui se font face.  Je sais que certains veulent la voir rester dans le passé. Depuis des années ils nous rabâchent la même rengaine, ils s’accrochent à des chimères, ils n’ont rien à dire, rien à proposer de constructif pour le pays, arc-boutés qu’ils sont sur leurs petites querelles, leurs palabres, ils regardent derrière. Ce sont les hommes du rétroviseur. Laissons le passé et les hommes d’hier où ils sont. Regardons vers l’avenir et vers le progrès.» (le 16, à Nzérékoré, lors d’un meeting électoral pour son 3e mandat).
  • « Je dis aujourd’hui à la population de Kankan, ceux qui vont faire le trains-guinéen vont faire en même temps le chemin de fer Conakry-Kankan-Bamako-Bobo-Dioulasso. Nous ne voulons pas des chemins de fer seulement pour Kankan, nous voulons faire pour nos frères de Bamako et de Bobo-Dioulasso. C’est vrai que nous n’avons pas beaucoup de routes. Les autres pays, quand ils sont venus, ils ont trouvé ce qu’ont fait les autres. Nous qu’est-ce que nous avons trouvé ? Le désert. Mais ne nous trompons pas. Le président Conté n’est pas responsable. Il a dit que lui il ne connait pas, faites ce qui est bon pour le pays. Les anciens premiers ministres qui parlent aujourd’hui pour mener la Guinée en arrière ça ne se fera plus… Je vais dire aux femmes qu’elles n’auront plus besoin du poisson de Conakry. Nous avons fait une pisciculture à Kankankoura. Nous allons faire une autre à Siguiri. Vous allez manger des poissons qui seront produits à Kankan. Ensuite nous allons faire venir des couveuses pour que tous les gens de Kankan puissent manger du poulet… Nous allons poser la première de la plus grande université de l’Afrique à Kankan. Maintenant c’est le tour de Kankan, après ce sera Nzérékoré, Kindia, Boké, car nous allons doter tous nos grands chefs-lieux de région des universités et des CHU afin que nos malades n’aillent plus se soigner au Maroc, en Tunisie, en France, mais sur place. Ceux qui parlent, en 2011 qu’est-ce que nous avons trouvé ? La Guinée était dans le trou. Sous Sékou Touré on nous appelait la République de Guinée. Mais la Guinée avait tellement disparu, on disait maintenant Guinée-Conakry, Guinée-Bissau. Mais aussi la Guinée est respectée. On dit République de Guinée. Cela ne plaît pas à tout le monde. Mais le train de Guinée a démarré. Il n’est du pouvoir de personne, ni sur terre, ni sur mer, de l’arrêter. Car notre avenir dépend seulement de Dieu. A part Dieu, personne ne peut dire à la Guinée d’aller à gauche ou à droite. je vous garantis que nous allons dépasser l’époque de Syli, parce que nous allons construire des stades partout. Avant la Coupe d’Afrique en Guinée, nous aurons la meilleure équipe de l’Afrique. Non seulement nous allons rattraper notre passé, mais nous allons dépasser de loin. Voilà l’avenir vers lequel nous sommes tournés. Alors laissons les cabris s’agiter, sautiller. Le crachat d’un crapaud ne peut pas entacher la blancheur d’une colombe. Mais il ne suffit pas seulement de nous mobiliser. Il faut aller vous inscrire car votre force c’est le bulletin de vote. Chacun de vous doit aller se faire recenser, parce que quand tu dis oui mais que tu ne votes pas ça ne sert à rien. Est-ce que vous êtes prêts à vous faire recenser ? Car la moitié de la Haute-Guinée n’avait pas voté parce qu’ils n’étaient pas recensés. Mais cette fois-ci nous voulons que tous les Guinéens en âge de voter puissent voter. Est-ce que vous prenez l’engagement ? Alors nous donnons rendez-vous l’année prochaine car il y aura des élections. Ne vous laissez pas impressionner » (le 23, à Kankan lors d’une 2e mamaya électorale avant l’heure).
  • « Vive le recensement ! A bas les menteurs ! A bas les voleurs ! A bas les corrompus ! Vive la Guinée qui avance ! » (le 24, à Siguiri pour parachever son œuvre de Kankan)
  • Pour : avec autant de platitudes et d’approximations linguistiques, il n’y a vraiment rien ce mois-ci.
  • Contre : papy-promesses est de retour à Kankan et papy-Satan Touré (A bas, A bas) à Siguiri. Et les populations souffrantes mais béates et amnésiques sont contentes – pour les prochaines 24 heures. Il a enfin l’argument-choc pour convaincre la Forêt qu’il faut qu’il reste au pouvoir : la promesse que tout le fer de la région sera exporté dès 2020. Pour cela il a bâclé rapidos des contrats miniers électoraux pour les ‘3 rêves’ des populations de la région : le fer de Simandou, Zogota et les Monts Nimba. Un peu à l’image du barrage Kaléta qu’il a inauguré à la veille du 2e mandat alors qu’à l’époque c’était encore une belle coquille externe mais avec un chantier en cours à l’intérieur. Et personne ne décrit mieux les promesses du PPAC cette fois-ci à Nzérékoré et Kankan que le Prof. Lancine Kaba de l’université du Doha (Qatar) : « Dans son langage désormais devenu habituel, il étala aussi de nouvelles promesses : infrastructures routières, chemin de fer Conakry-Kankan-Bamako jusqu’à Bobo-Dioulasso ; grande université à Kankan, la plus grande d’Afrique (sic) à Kankanet d’autres rêves inconscients et incongrus. Pisciculture là-bas à Kankan et à Siguiri pour une consommation plus régulière et abondante de poisson.En somme, il raconta en public des propos sans fondements, on peut bien dire des boniments purs et simples et des balivernes. Les populations se sont depuis longtemps lassées de ces propos de projets sans financement, sans vision et sans programmes réels ».
  1. Les décisions et actions « positives » du mois :
  • Le 07, c’est rebelote et pari réussi pour la mobilisation des Conakrykas pour le FNDC et pour le comportement des miliciens du PPAC en face. Une foule énorme et compacte prend le départ au rond point de la Tannerie en direction de l’esplanade du stade du 28 septembre de Conakry, point de ralliement final des manifestants où un grand meeting des leaders est organisé.
  • Le 09, le président de la CENI annonce que les élections législatives auront lieu le dimanche 16 février Le nouveau chronogramme a été adopté le vendredi 08 à l’unanimité des commissaires présents (16 Commissaires sur 17). Par ailleurs le président de l’institution rassure les parties prenantes et les partenaires techniques et financiers que des échanges seront rapidement  planifiés au travers des organes et plateformes habituels en vue du partage des éléments constitutifs du nouveau chronogramme.  Il renouvelle aussi la détermination de l’institution à organiser des élections crédibles, transparentes et apaisées. De belles promesses – maintenant nous attendons de voir le chronogramme complet et surtout le respect de celui-ci.
  • Le 11, nous voyons enfin un décret positif : le ministre de la sécurité et de la protection civile, Alpha Ibrahima Keira est limogé. Ce digne fils d’un criminel de sang du temps de Satan Touré, incompétent, zélé, piètre amateur en tout et lui-même 1e responsable de dizaines de meurtres de civils ces derniers mois est envoyé au garage de la présidence comme ministre-conseiller. Il est remplacé par Albert Damantang Camara, l’une des colombes du système. Le PPAC commence enfin à comprendre l’utilisation des fusibles pour atténuer ses bavures à moins que ce soit encore une fois une ‘suggestion appuyée’ de ses Big Boss (France et USA) qu’il craint tant.
  • Le 19, les femmes du FNDC marchent dans les rues de Conakry, sans intervention musclée et inutile des miliciens du pouvoir, pour dénoncer les assassinats de leurs enfants encore une fois. Les femmes de Labé, Nzérékoré sont aussi sorties marcher et partout cela a été dans une atmosphère bon-enfant, avec des forces de sécurité presque entièrement féminines qui se sont tenues à longue distance du service de sécurité organisé par les marcheuses. Les femmes de New-York ont également organisé un meeting devant le siège des Nations-Unies.
  • Le 21, encore une marche pacifique et civilisée, cette fois-ci à Nzérékoré. Des milliers d’habitants de la ville et des villages voisins de Samoé, Komou, Palé, Koulé et Koropara, ont déambulé joyeusement dans les rues de la ville pour exprimer leur opposition au troisième mandat. Les forces de l’ordre sont restées campées au niveau de certains carrefours pour veiller au respect de l’itinéraire convenu avec les autorités locales. Les manifestants ont respecté scrupuleusement cet itinéraire et ont marché dans le calme jusqu’au point d’arrivée, où un meeting final avec discours a été organisé sans incidents de part et d’autre.
  • Le 26, la 5e marche du FNDC se déroule également de manière pacifique et civilisée à Conakry, Labé, Telimélé et Kamsar. Les villes participantes sont de plus en plus nombreuses à chaque marche. Partout ce sont des foules compactes qui se sont donné rendez-vous, à Conakry sur l’autoroute Fidel Castro avant de rallier l’esplanade du stade du 28 septembre où un meeting géant a été tenu. Vers 14h les marcheurs étaient au niveau de l’aéroport de Gbéssia puis pour première fois ce sont les deux voies de l’autoroute qui sont occupées par les manifestants, d’un côté les conducteurs de motos et de l’autre côté les véhicules et les marcheurs ce qui facilite la sécurisation de la marche.
  • Le 28, les membres du FNDC en prison depuis 48 jours et condamnés il y a 6 semaines sont amenés devant la Cour d’appel de Conakry. Ils doivent être rejugés après leur condamnation en première instance à des peines de prison fermes entre 6 mois et 1 an. Ils sont entrés dans la salle en chantant « Amoulanfé » puis avec le public ils ont entonné l’hymne du FNDC sous les yeux furieux des bidasses mais qui n’ont pas osé réagir devant les caméras. Finalement la cour a remis les 10 prisonniers politiques en liberté provisoire jusqu’au 5 décembre (en fait définitive) – la ‘communauté internationale’ tant crainte par nos boss est passée par là. Son envoyé ce jour-là, l’ambassadeur de l’Allemagne était même dans la salle lors du procès.
  • Pour : pour la marche du 07, vêtus en grande majorité de tee-shirts rouges avec le mot emblématique ‘Amoulanfé’, ils chantent et dansent comme des déchaînés. Sur les pancartes, banderoles et dans leurs slogans hostiles au projet de référendum on retrouve les habituels  » Non au troisième mandat », « Amoulanfé »,  « Oui au respect de la Constitution » ou encore « libérez Sanoh, libérez Koundouno », en référence à leurs 2 leaders du FNDC en prison depuis plus de 2 semaines. Les policiers et gendarmes sont impeccables aujourd’hui, bien à distance et discutant même avec le service de sécurité du FNDC pour harmoniser et canaliser les marcheurs. Bref, comme cela aurait du l’être chaque fois. Pour la marche du 19, selon guineematin.com (I. Sory Diallo) « Une innovation, d’autres manifestantes détiennent des balais en main comme pour dire que si les tueries des manifestants anti-troisième mandat ne cessent pas elles vont « balayer le président pour le faire partir ».Pour la marche de Nzérékoré les manifestants ont défilé en brandissant des pancartes et en chantant des slogans comme : « N’Zérékoré, 3ème mandat Hopaipely » (Ça ne passera pas) ; « On ne veut pas l’argent, on veut la vérité ».
  • Contre: pour les prisonniers politiques libérés certains parmi eux (dont Abdourahamane Sano et Sékou Kondouno) avaient été reconnus coupables de  « manœuvres et actes de nature à compromettre la sécurité publique et à occasionner des troubles graves à l’ordre public » alors que les autres (dont Elie Kamano et Badara Koné) étaient condamnés pour « participation délictueuse à une manifestation, provocation directe ». Allez-y pour comprendre ce charabia.
  1. Les décisions et actions « négatives » du mois :
  • Le 01, on découvre les performances actuelles du gouvernement dans le rapport 2020 « Doing Business » de la Banque mondiale. Ce rapport annuel « observe, analyse et fournit des mesures objectives en matière de régulation des affaires ainsi que leur mise en œuvre concernant les petites et moyennes entreprises de 190 pays à travers le monde. Son objectif ultime consiste à encourager les états vers plus de régulation afin d’améliorer structurellement le climat des affaires ». En résumé, dans presque tous les domaines nous reculons et finalement nous ‘avançons vers le bas’ de la 152e place l’an dernier à la 156e.
  • Le 04, la marche pour l’enterrement des 11 victimes des 14, 15 et 16 Octobre est perturbée par des tirs de gaz lacrymogène et de balles réelles par les forces de désordre. Ce que tous craignaient c’est finalement produit, de nouvelles victimes lors de l’enterrement des victimes précédentes. On compte également 3 morts (Abdoul Rahim Diallo, tailleur et Mohamed Sylla et Cherif Bah, élèves). De nouveaux morts lors du cortège funèbre des 11 de la semaine précédente – c’est ça qu’on appelle littéralement tirer et tuer sur des corbillards ! Et pour couronner le tout du gaz lacrymogène a été balancé dans le cimetière pendant les inhumations et dans les concessions familiales voisines. Pourquoi tant de sauvagerie et de haine pour ses propres compatriotes ?
  • Le 04, un témoin indépendant et pas des moindres confirme l’état d’esprit de certains policiers et gendarmes pendant les manifestations du FNDC. Par un tweet au cours de la marche funèbre, l’envoyé spécial de la RFI Carole Valade mentionne : « En pourchassant les manifestants près de la mosquée un gendarme crie « on va tous vous tuer », un autre : « vous n’êtes pas des Guinéens ». Et certains osent encore dire que ces forces sont républicaines et non armées dans les rues de Conakry !
  • Le 13, un décret annonce que les gisements de fer I et II de Simandou sont attribués au consortium la SMB-Mining formé par le libanais du PPAC et comprenant l’armateur singapourien Winning Shipping, le producteur chinois d’aluminium Shandong Weiqiao, le groupe chinois Yantaï Port ainsi que la société guinéenne de transport et logistique United Mining Supply, (UMS). C’est ce même consortium mafieux qui magouille déjà notre alumine dans les régions de Boké, Boffa et Gaoual. Vu que cela représente un investissement de plus de 10 milliards de USD rien que pour le port et le chemin de fer trans-guinéen il va sans dire que le projet est de nouveau gelé en attendant que le nouveau partenaire puisse ‘mobiliser les fonds de démarrage du projet’. Montrez-moi un seul groupe financier qui investirait un tel montant dans un pays à risque comme le notre. Bref c’est un gros coup de pub pour nous convaincre que le boss est l’homme de notre avenir avant le référendum pour sa présidence à vie.
  • Le 14, la marche pacifique du FNDC est étouffée dans l’œuf à coups de gaz lacrymogène et de chicotes/bâtons. La réponse des marcheurs est elle aussi violente avec un bus public brûlé, deux vandalisés, plusieurs civils et trois gendarmes blessés par jets de pierre… On compte une nouvelle fois 4 morts (Alpha Souleymane Diallo, Abdourahmane Diallo, Mamadou Mouctar Diallo tous âgés d’environ 19 ans et Mamadou Oury Barry âgé de 32 ans). Ils ont été abattus après la dispersion de la marche, pendant leur retour chez eux, par « balles perdues ». Le gouvernement parle de ‘projectiles’ sans autre précision. Les blessés se comptent aussi par dizaines. A Kindia les responsables du FNDC sont mis aux arrêts. Le gouvernement, dans un communiqué intitulé « situation à 14 heures », reconnait que « les défenseurs de la constitution sont sortis manifester, au-delà de Conakry, dans les villes de Dalaba, Boké, Fria, Mamou, Koundara, Lélouma, Gaoual et Kindia ».
  • Le 18, hop le voila reparti : il s’envole pour l’Allemagne où il prend part au sommet ‘Compact with Africa’, une initiative allemande née en 2017 pour mobiliser le G20 en faveur de l’Afrique. Encore une visite inutile à court, moyen et long terme pour les Guinéens, sauf pour lui et sa délégation.
  • Le 20, le PM est accueilli par des manifestations hostiles et des quolibets dans la ville de Labé où il voulait prêcher la bonne parole du PPAC. Il dit être allé en Moyenne Guinée (dont Labé est la première étape) pour « lancer les opérations d’identification des personnes pauvres et vulnérables en vue de leur offrir la prospérité, via l’agence nationale d’inclusion économique et sociale (ANIES) » ce qui correspond en fait à environ 99% de la population. Il est obligé de se barricader dans son hôtel, encerclé par des jeunes surexcites et prêts à en découdre avec les policiers et gendarmes. Barricades et jets de pierre répondent aux gaz lacrymogène pendant une bonne partie de la journée.
  • Le 23, le PPAC décolle cette fois-ci pour son fief, la Haute-Guinée, pour le même motif que les précédentes fois, lancer la campagne pour son référendum. C’était le cas également la semaine précédente à Nzérékoré (le 16). Partout c’est la mobilisation massive et carnavalesque, à Kankan, puis à Siguiri. L’argent coule à flot pour tous les courtisans et badauds présents, majeurs et mineurs. Les promesses farfelues pleuvent de nouveau, sous les applaudissements nourris des benêts désespérés qui y croient encore sur le coup mais qui le lendemain seront dans les rues pour l’insulter pour leur misère.
  • Le 27, il redécolle encore une fois (!), cette fois-ci pour Abou Dhabi aux Emirats Arabes Unis avec un crochet à Ouagadougou chez ses ancêtres. Officiellement c’est pour une mission de travail – en réalité c’est comme toujours pour vacances, visites médicales discrètes et bizness louches personnels.
  • Pour : comme chaque mois, R.A.S…
  • Contre : pour la marche du 04, selon le site mediaguinee.com : « Alors que le cortège funèbre des onze victimes des manifestations organisées par le front national pour la défense de la constitution quittait l’hôpital sino-guinéen pour la mosquée de Bambéto, des policiers qui étaient postés au niveau des rails, juste à l’entrée de Prima center ont fait usage de gaz lacrymogène pour répondre aux slogans hostiles au pouvoir. Dans le cortège, les marcheurs scandaient : « vous êtes des assassins », « vois êtes des criminels ». Ces slogans ont suscité la colère des policiers qui ont répondu par des tirs de gaz lacrymogènes. Le pire a été évité grâce à certains leaders qui ont dissuadé les marcheurs à répondre par des jets de pierres. Après cet incident, le cortège funèbre a continué son chemin et les policiers ont replié ». Il semble que ce soit des jeunes surexcités qui ont commencé à lancer des projectiles sur les policiers et que la réponse a été disproportionnée comme d’habitude. Plusieurs personnes ont été blessées par balles au cours de heurts avec les forces de l’ordre armés également de frondes et de pierres. « Nous avons reçu sept blessés, dont quatre (touchés) par balle dans le haut du corps » a déclaré le Dr Seny Fofana, médecin dans une clinique du quartier. Pour le nouveau deal minier, cette compagnie sino-libanaise est un des bizness principaux du PPAC et de sa garde rapprochée, qui détruit l’environnement à grande échelle et corrompt tout sur son passage avec des ‘cadeaux’ généreux à tous les responsables du coin. Ainsi la grande partie de sa flotte de camions qui transportent la bauxite sont des propriétés privées de cette bande-là.

Tic-tac, Tic-tac, la montre tourne ; aujourd’hui est le 3265e jour de l’ancien « Guinea is back » et du nouveau « changement radical » – déjà 08 ans, 109 mois et 10 jours ! Aladji-Professeur-Président voici ma suggestion SMART (Spécifique, Mesurable, Atteignable, Réalisable et Temporellement définie) du mois pour améliorer un peu votre Sanseman : Prési, avez-vous lu le rapport d’Amnesty International sur la situation des droits de l’homme sous votre régime ? Le site guineematin.com (Mamadou Dian Baldé) le résume bien : « Le rapport d’Amnesty International est plein de récriminations à l’encontre des autorités guinéennes. Il pointe du doigt les forces de sécurité qui auraient tué au moins 70 manifestants et passants depuis janvier 2015. Se basant sur des témoignages du personnel médical et de témoins ainsi que le type de munitions utilisées, l’organisation révèle qu’au moins 59 des victimes semblent avoir été tuées par la police et la gendarmerie. Parmi les victimes, un enfant de sept ans qui, selon des sources médicales, a été touché par une balle perdue en octobre 2015. Dans ce même rapport, l’ONG n’occulte pas l’homicide d’Amadou Boukariou Baldé, un étudiant battu à mort par des gendarmes déployés pour disperser une manifestation à l’Université de Labé, dans le centre de la Guinée le 31 mai 2019, preuve qu’elle suit de près la situation des droits de l’homme dans notre pays. Outre ces tueries, la menace qui plane sur les défenseurs des droits humains et les journalistes se fait récurrente. A ce jour ce sont au moins 60 membres du Front national pour la défense de la Constitution (FNDC), un groupe pro-démocratie qui ont été arrêtés depuis le 12 octobre 2019. Sur la galère des journalistes devenus des cibles potentiels en Guinée, l’ONG cite des cas d’agressions par des membres des forces de sécurité, et la suspension de certains médias. Les déboires de nos confrères Aboubacar Algassimou Diallo, présentateur radio à Lynx FM, et Souleymane Diallo, administrateur général, convoqués par la police les 19 et 20 août derniers après avoir diffusé l’interview d’une femme qui accusait le ministre de la défense de détournement des fonds destinés aux casques bleus guinéens, ont été mentionnés dans ce rapport critique. Amnesty International recommande aux autorités guinéennes de faire tout ce qui est en leur pouvoir pour apaiser les tensions, protéger les droits humains et sauver des vies avant, pendant et après les prochaines élections. Et de mettre fin au règne de la peur et de la répression en modifiant la législation relative à l’usage de la force lors de rassemblements publics et en retirant les forces armées militaires des zones de manifestation ». Votre ministre guinéen de l’unité et de la citoyenneté a beau mettre en doute les conclusions du rapport et promettre des enquêtes plus approfondies qui permettraient d’identifier les véritables auteurs des tueries, tout le monde sait que c’est du pipo démagogique. Prési, les projecteurs internationaux sont braqués sur vos prouesses démocratiques, vous en avez la confirmation avec ce rapport. Il faut vraiment faire attention et cessez de mentir à vos homologues lorsque vous allez en mission à l’étranger car ils l’ont tous lu, même en résumé, avant de vous recevoir. Et votre réponse en conseil des ministres est tellement molle et mal argumentée qu’elle laisse penser que vous-même êtes d’accord dans le fond avec cette analyse. Cessez, cessez, cessez ces bêtises ! C’est votre image et votre place dans l’histoire de la Guinée et du monde qui se joue maintenant et le tableau est de plus en plus sombre et pitoyable. Un point positif quand même pour terminer, avec la libération ces derniers jours des 10 prisonniers politiques du FNDC et des manifs du FNDC de plus en plus pacifiques et civilisées. Vous envoyez ainsi un message positif (et peureux) à vos maitres pour leur dire que vous avez bien compris leurs nombreux avertissements depuis le début du mois. Continuez comme ça – mais pardon, SURTOUT dites-nous à la télé que vous prenez votre retraite totale et définitive en fin 2020, Yandi !

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Une Nouvelle Voie (Octobre 2019) : c’est ‘Amoulanfé / Gassata’ général dans le pays

Bienvenue à mon bilan du 46e mois de la Condécratie version 2.0. Je continue mon exploration mensuelle des méandres des décisions importantes pour la Nation prises par nos nouveaux chefs en proposant des pistes de réflexions et d’actions qui pourraient être envisagées pour que le « vrai changement » soit effectif.

  1. Echantillon de paroles et pensées présidentielles du mois:
  • « En matière de lois, il ne s’agit pas de promouvoir des intérêts personnels ou de gérer l’avenir d’un seul homme, mais d’œuvrer pour améliorer le destin de toute une nation. J’attends le compte rendu et le rapport du Premier ministre pour tirer les conséquences qui s’imposent » (le 01, discours à la Nation pour le 61e anniversaire de l’indépendance).
  • « Je n’ai peur de rien. On se connaît. Personne ne peut me faire peur, encore moins aux Guinéens. Je n’ai pas eu peur de Sékou Touré, ni de Lansana Conté, encore moins les militaires. Je n’ai peur que de Dieu. Ceux qui font du bruit, c’est leur affaire. C’est peut-être la nouvelle génération qui ne les connait pas. Nul ne viendra nous commander dans ce pays. En 1958, nous avons osé voter non au référendum avec tous les risques que cela représentait. C’est aujourd’hui qu’on aura peur de quelqu’un ?» (le 09, à Conakry, lors d’une mayaya de distribution de gilets de sauvetage aux pêcheurs militants,  au sujet de la marche du FNDC prévue le 14 octobre).
  • « Je vous réserve une grande surprise. Au moment opportun, tout le monde sera informé » (le 12, lors d’un banquet d’adieu à l’ambassadeur d’Algérie »
  • « Ce qui est normalement du domaine du droit dans le système français est la loi organique. Or la loi organique, il faut la majorité des 2/3. Ce qui est du domaine de la loi organique se retrouve dans la constitution. Il y a des insuffisances notoires dans cette constitution. Evidement  elle n’a pas été soumise au référendum. Si je prends par exemple le conseil constitutionnel, le président est nommé par le Président. Mais là les magistrats qui étaient là pour faire la constitution ont pensé que c’est eux qui devaient l’être, les avocats la même chose et les professeurs. Ce qui fait qu’on a un système où c’est les membres du conseil constitutionnel qui élisent leur président. Ensuite, aujourd’hui le monde a beaucoup changé. Nous devons adapter notre constitution au changement du monde. Aujourd’hui par exemple en Afrique c’est le changement climatique, donc la protection de l’environnement. Cela doit se retrouver dans la constitution. Il y a aussi la lutte contre les mariages précoces, le genre…Il faut qu’on fasse la promotion des femmes. Ensuite vous avez la cybercriminalité, la protection de la nature. Nous devons intégrer énormément de réformes ». (le 16, diffusion d’une interview récente sur le site africaguinee.com)
  • « Le train de la Guinée a démarré. Il n’est du pouvoir de personne de l’intérieur comme de l’extérieur d’arrêter ce train. Parce que le peuple de Guinée est dans ce train, le peuple de Guinée est le guide de ce train. Toutes les préfectures et sous-préfectures auront des centres, parce qu’on doit penser aussi aux femmes de campagne» (Le 18, lors de l’inauguration d’un centre d’autonomisation des femmes dans la commune de Dixinn).
  • « Aucune manifestation ne s’est tenue à Conakry, tout le monde le sait, sauf à Bambéto et Coza. Les photos qu’ils ont montrées sur les réseaux sociaux ne sont que des photos prises dans des manifestations en Haïti, au Mozambique et au Cameroun. Demandez aux gens de Conakry si à part Bambéto et Coza (zones de la haute banlieue de Conakry favorables à Cellou Dalein Diallo), il y a eu manifestations dans d’autres endroits. Dans les manifestations ce sont eux-mêmes qui tuent après ils mettent ça sur le dos des forces de l’ordre. Les forces de l’ordre ne tuent pas. Ils veulent faire croire que les gens sont tués en Guinée pour que les autres disent que ça ne va pas en Guinée, mais ils seront fatigués car quand le peuple est derrière toi, personne ne peut te faire du mal… Le train de la Guinée a bougé et personne ne peut l’arrêter, nous le dirigerons jusqu’au jour où Dieu le voudra » (le 19, à Boffa, lors d’une mamaya de distribution de matériel de pêche artisanale à ses partisans).
  • « Le premier ministre vient de me remettre son rapport. Je déciderai. Si la grande majorité de la population veut une nouvelle constitution, je ne vois pas pourquoi on ne le ferait pas. Nous sommes très portés sur notre indépendance et notre souveraineté depuis 1958. La démocratie c’est la voix du peuple. Si une partie veut et une autre ne veut pas, on ira au référendum… Je n’ai pas de conviction, je ferai ce que le peuple guinéen veut.  N’y a-t-il pas d’autres pays où il y a de nouvelles Constitutions ? Où les présidents peuvent faire un troisième mandat ? Pourquoi ne dit-on rien aux autres ? Est-ce que la Guinée est le seul où un Président en exercice fait une nouvelle constitution qui peut lui permettre de se représenter ? Pourquoi en fait-on un scandale pour la Guinée ? On ne peut pas faire deux poids, deux mesures. Les Guinéens n’accepteront jamais cela. Nous ne sommes pas sur la planète Mars mais sur la terre africaine. Je me suis d’abord consacré à sortir la Guinée du trou. Mais s’il y a un grand courant qui demande une nouvelle constitution… Dans les autres pays où il y a de nouvelles constitutions, il y a eu beaucoup de manifestations, il y a eu des morts, mais ils l’ont fait… Il peut se passer des choses beaucoup plus graves dans le monde et on ne dit rien. Mais dès que c’est ici on dit : Ah ! Ça, c’est la Guinée… On sait que ce sont eux-mêmes (les organisateurs des manifestations) qui tirent sur les gens. Quand il y a des morts, ça impressionne la communauté internationale. Là, ce sont des tentatives de déstabilisation d’un pouvoir démocratiquement élu. L’opposition a toujours été putschiste et elle se dit que s’il y a des morts, on met ça sur le dos du gouvernement » (le 24, entretien avec le journal français ‘Le Monde’).
  • « Le président Hollande nous a lancé un défi. Il nous a dit : ‘nous sommes prêts à vous accompagner, mais seulement si l’Afrique est capable de parler d’une seule voix’. Évidemment, quand on connait la cacophonie qui existe en Afrique on pense que ce n’est pas possible de parler d’une seule voix. lors d’un sommet de l’Union Africaine, nous avons décidé à l’unanimité de créer l’Initiative de l’Afrique sur les énergies renouvelables (AREI) avec un conseil d’administration au sein duquel chaque région est représentée. L’Afrique du Nord y est représentée par l’Egypte, l’Afrique de l’Est par le Kenya, l’Afrique Centrale par  le Tchad et l’Afrique Australe par la Namibie. Et moi j’ai été désigné comme champion pour présider le conseil d’administration » (le 28, à Paris, lors d’une rencontre sur les énergies renouvelables à l’OCDE).
  • Pour : au moins il a reconnu ce mois-ci que les marches des opposants étaient autorisées – un beau pied de nez à tous les faucons de son entourage.
  • Contre : il est quand même bizarre notre chef : il nous dit la semaine dernière à New York de nous préparer pour le référendum et à son retour au pays il veut nous faire croire que son choix n’est pas encore fait. Il ne sait pas qu’on entend ce qu’il dit quand il est à l’étranger ? Cette facilité avec laquelle il dit une chose et son contraire sur les mêmes sujets sera une des caractéristiques que l’histoire retiendra de ce personnage. Ses justifications sur la nécessité d’une nouvelle constitution sont vraiment étonnantes et tirées par les cheveux. En particulier son explication sur les lois organiques est totalement incompréhensible. C’est vraiment honteux de dire qu’une simple révision ne suffirait pas pour faire ces modifications qui sont d’ailleurs très discutables. Enfin, oser dire tout haut « Dans les autres pays où il y a de nouvelles constitutions, il y a eu beaucoup de manifestations, il y a eu des morts, mais ils l’ont fait » est vraiment d’un cynisme hors du commun.
  1. Les décisions et actions « positives » du mois :
  • Le 09, dans le cadre de la professionnalisation de l’assainissement de la ville de Conakry, deux importants contrats ont été signés entre le gouvernement guinéen et deux sociétés privées.
  • Le 11, les députés de l’opposition décident enfin de suspendre leur participation (donc de ne plus siéger mais surement pas démissionner) à l’Assemblée nationale. Ils auraient normalement du le faire depuis mars dernier après la prolongation de leur mandat d’élus par un décret présidentiel qu’ils avaient pourtant dénoncé en chœur. Mais là c’était obligatoire pour rester logiques avec eux-mêmes : vouloir tout casser pour empêcher un président de faire un mandat supplémentaire alors qu’eux-mêmes sont dans une situation identique était vraiment d’un ridicule typique de chez nous.
  • Le 12, le chef d’état-major de l’armée prend la décision la plus intelligente de sa vie : il annonce à la radio et à la télé que tous les militaires seront consignés dans les casernes à partir du lundi 14 octobre, jour prévu par le FNDC pour le début de ses manifestations contre le projet de nouvelle constitution en Guinée.
  • Le 16, le ministre chargé des travaux publics visite un nouveau chantier (réel) qui sera très bénéfique pour les Conakrykas. Dans le souci de diminuer les embouteillages dans la commune de Kaloum, une ‘contournante’ (déviation)  en 2×2 voies avec 2 parkings pour camions est déjà en construction avancée par la société Albayrak.
  • Le 23, les femmes du FNDC battent le pavé sans aucune violence des policiers et gendarmes, par ailleurs uniquement féminins ce jour-là, entre le rond-point Hamdallaye et l’Esplanade du stade du 28 septembre afin d’exiger au PPAC d’arrêter la répression des manifestations de rue et surtout de punir les coupables de ces tueries. S’ils n’envoyaient que des femmes policières et gendarmes pour surveiller toutes les manifestations à Conakry je suis sur qu’il n’y aurait aucun ‘mort par balles perdues’.
  • Le 24, le FNDC organise de grandes manifestations générales à Conakry et dans plusieures villes du pays (Kindia, Mamou, Labé) mais de manière pacifique et civilisée de la part des autorités nationales qui avaient autorisé ces marches, de peur surement d’un nouveau bain de sang des miliciens incontrôlables.
  • Pour : concernant la privatisation partielle de la collecte et de l’entreposage des ordures de Conakry Il s’agit de la société turque Albarayk et de la société PICCINI. Albarayk s’occupe de la pré-collecte et de la collecte dans la commune de Kaloum ainsi que du balayage de l’ensemble des artères principales pour une enveloppe d’environ 27 milliards de GNF (2,7 millions Euros) par an. La seconde, PICCINI va s’occuper de la gestion de la décharge de Conakry pour environ 24 milliards de GNF (2,4 millions Euros) par an. Des contrats signés pour une période de quatre ans. Concernant la décision des députés de l’opposition de ne plus siéger (temporairement), un seul député, Mr Ousmane Kaba (parti PADES) avait directement jeté l’éponge lorsque la date de la fin de leur mandat était arrivée, les autres ayant honteusement profité de cette magouille présidentielle pour y rester. C’est lui qui doit bien rigoler aujourd’hui. Mais bon il faut dire que celui-ci est un millionnaire, en grande partie grâce aux mêmes magouilles mais en des temps différents, alors que la très grande majorité des autres sont des anciens fonctionnaires qui auront désormais toutes les peines du monde à boucler leur budget mensuel sans tous les multiples avantages financiers et matériels liés à la fonction. Il est clair d’ailleurs que la majorité d’entre eux n’approuvent pas et que la décision a été prise uniquement par leurs chefs, tous millionnaires comme le précédent et principalement de la même manière. D’ailleurs une demi-douzaine a vite fait de se désolidariser pour revenir pointer à la caisse. Pour les exclus volontaires, il ne leur restera plus qu’à négocier pour garder leurs avantages même en ne siégeant pas – tout est possible en Condécratie. Pour la décision du chef d’état-major de l’armée il donne des instructions très claires et précises aux policiers et aux gendarmes sur ce qui est attendu d’eux : « En vertu de la Loi N°/2015/009/AN du 04 Juin 2015, portant maintien de l’Ordre public en République de Guinée, le Chef d’État-major Général des Armées invite les Unités de Police et de Gendarmerie à agir avec professionnalisme dans le strict respect des lois de la République, de la protection des citoyens et de leurs biens, de la libre circulation des personnes, des biens et  services. Tout militaire qui sera appréhendé dans un mouvement de foule ou dans une situation irrégulière, sera sanctionné conformément au Règlement de Discipline Générale ». Dans sa lancée, pour sauver également sa peau en cas de dérapages éventuels le directeur général de la police a rappelé aussi dans une note circulaire à l’ensemble des services chargés du  maintien de d’ordre (policiers et gendarmes) que l’usage de  toutes armes non-conventionnelles était formellement interdit lors des manifestations en précisant bien que « toute violation de la présente consigne entrainera son auteur devant les juridictions compétentes pour répondre de ses actes ». Et oui, La terreur CPI ça marche partout en Afrique, même chez nous. Pour la nouvelle ‘contournante’, cette déviation de la route principale longue de 4,2 km sera uniquement réservée aux gros porteurs et s’étendra du pont 8 novembre au port autonome de Conakry en longeant les rails. Comme le précise le directeur général d’Albayrak, Efe HATAY (turc) sur les raisons qui ont poussé sa société à faire construire cette route : « C’est d’empêcher que les camions entrent en ville ; de rendre le port fonctionnel 24h/24 et de sécuriser l’entrée et la sortie du port ». Qui est fou ? Les turcs, nouveaux propriétaires de port unique de Conakry, y gagnent autant que nous et c’est une bonne chose pour tous. Pour la marche du 24, partis du rond point de la Tannerie (commune de Matoto), les manifestants sont passés par l’autoroute Fidel Castro puis la route le Prince qu’ils ont prise à partir de Hamdallaye, via l’aéroport Gbéssia. Ils ont terminé leur démonstration de force à l’esplanade du stade du 28 septembre, via le rond point de la Bellevue. Policiers et gendarmes se sont tenus à distance respectable et respectée de tous. Comme quoi quand ils le veulent, ils le peuvent.
  • Contre: pour la privatisation de la gestion des poubelles de la capitale, d’après les explications du ministre chargé de l’assainissement, les charges financières devront être supportées par « un fonds des déchets solides qui sera adossé à des assiettes bien définies permettant de payer ces prestataires sans que cela ne soit un fardeau sur le budget national ». En termes plus clairs ça    veut surement dire que c’est un cadeau des Turcs du port.
  1. Les décisions et actions « négatives » du mois :
  • Le 08, le représentant de MSF en Guinée fait une conférence de presse pour donner les chiffres actuels de la lutte contre le VIH-Sida et la tuberculose au pays. Les résultats sont catastrophiques : « Les lacunes dans la réponse au VIH sont malheureusement présentes à tous les niveaux, la chaîne d’approvisionnement en médicaments essentiels est extrêmement faible, entraînant des ruptures parfois sévères dans de nombreux centres du pays. Les tests de charge virale ne sont pas souvent disponibles et les services de prévention de la transmission de la mère à l’enfant restent un défi majeur et le fait que MSF ait à traiter chaque jour des patients en stade avancé de la maladie reflète l’ampleur de ces lacunes. En Guinée, seuls 65% des personnes vivant avec le VIH connaissent  leur statut. … Des chiffres qui font vraiment froid dans le dos.
  • Le 09, le PM renvoi la patate chaude de la révolte naissante à son initiateur. Il délivre ‘à qui de droit’ le rapport tant promis au PPAC pour justifier son 3e Une véritable catastrophe analytique digne d’un lycéen qui prend des notes en classe.
  • Le 10, la gestion de l’EDG change du mal au le pire : la société française Veolia refuse de renouveler son contrat avec l’état guinéen donc la direction revient à un conseil d’administration dirigé par un ministre d’état n’ayant jamais travaillé dans ce domaine et composé de fonctionnaires affamés. Et oui, eux ils dansent – nous nous pleurons ! Quant à moi qui me prépare à y aller bientôt, j’amasse des torches et des piles dans mes bagages.
  • Le 12, la répression des leaders du FNDC démarre avant même la marche du 14. Selon le site africaguinee.com : « Abdourahmane Sanoh, coordinateur national du Front National pour la Défense de la Constitution (FNDC) a été arrêté ce samedi 12 octobre 2019 à son domicile, sis à Kaporo-rails. Le président de la plateforme des citoyens unis pour le développement (PCUD) a été arrêté par des gendarmes avec certains de ses proches collaborateurs. La veille, plusieurs pickups de la gendarmerie et de la police ont été aperçus aux alentours de son domicile. Pour l’heure, nous ne savons pas vers quelle destination il a été conduit. Une source nous a confié qu’ils seraient envoyé à la résidence 26, sans plus de détails». Ils sont au total 6 membres qui sont interpellés par des hommes cagoulés alors qu’ils se préparaient à donner une conférence de presse pour détailler les modalités de la mobilisation prévue le lundi. Le PPAC, espérant ainsi tuer la manif dans l’œuf, prend le très grand risque d’obtenir l’effet contraire.
  • Le 14, et le jour J arriva : les rues sont déserte dans plusieurs quartiers de Conakry et dans les villes de Kindia, Fria, Dubréka, Boffa, Boké, Telimélé, Mamou, Labé, Lelouma, Tougué, Koubia, Mali, Nzérékoré, Yomou, Macenta, Lola soit 6 capitales régionales sur 8. Par contre les activités se déroulent presque comme d’habitude dans presque toutes les préfectures de la Haute Guinée (2 capitales régionales) en dehors de Dabola. Les deux grands marchés de Madina et Niger à Conakry sont complètement fermés. La commune de Kaloum qui abrite la présidence est complètement paralysée et en état de siège par les gendarmes et policiers. Les grandes avenues de la capitale sont soit remplies d’ordures et de pneus en flammes soit transformées en terrain de football par des enfants ravis de ne pas aller à l’école. A la mi-journée on compte un mort par balle au quartier Sonfonia (Mamadou Lamarana Bah, âgé de 16 ans) et plusieurs blessés dont deux par balles (Saidou Diallo et Mamadou Lamarana Barry). En fin de journée selon le FNDC on compte 11 morts dont 2 à Mamou, environ 70 blessés et une centaine d’interpellations dont de nombreux mineurs mais le gouvernement lui ne reconnait que 9 morts (8 à Conakry et un gendarme à Mamou tué par erreur par un autre gendarme) et de nombreux blessés.
  • Le 14, les 6 leaders du FNDC, détenus depuis deux jours sont déférés au parquet du tribunal de première instance de Dixinn. Selon le procureur Sidy Souleymane N’diaye : « A l’analyse, la déclaration de cette plateforme d’associations comporte des propos d’une gravité certaine contre la sécurité publique. J’ai, en ma qualité de Procureur de la République, décidé de donner suite à ladite dénonciation en application de l’article 47 du Code de procédure pénale ». Pas un mot sur les 11 autres victimes directes de ses supérieurs hiérarchiques.
  • Le 15, les activités subversives se poursuivent de manière plus sporadique, principalement en haute banlieue de Conakry et à Labé, hélas aussi par des loubards qui dévalisent les populations locales de passage devant eux. Selon le site guineenews.org (Y.B. Sylla) : « Deux des six membres du Front national pour la défense de la Constitution (FNDC) arrêtés samedi ont été auditionnés ce mardi 15 octobre par le juge d’instruction au tribunal de première instance de Dixinn. Sékou Koundouno, coordinateur de la Cellule Balai Citoyen et chargé des stratégies du FNDC, et Abdoulaye Oumou Sow, journaliste-blogueur, ont été inculpés pour « manœuvres et actes tendant à troubler la sécurité publique, provoquer des troubles graves ». Mis sous mandat de dépôt, ils ont été envoyés à la maison centrale de Conakry ». Selon certaines sources les quatre autres avaient subi le même sort la veille. Leur procès est prévu le mercredi 16 – quelle diligence de notre justice, quand il s’agit des opposants !
  • Le 16, lors de procès expéditifs les membres des FNDC arrêtés sont jugés dans 10 tribunaux du pays: Dixinn (8 personnes), Mafanco (28) et Kaloum (8 mineurs poursuivis pour attroupement interdit non armé !) dans Conakry et dans les préfectures de Labé (10), Kindia (8), Coyah (6), Dubréka, Yomou (3), Kankan (6) et Mamou (42). Les audiences se tiennent sous très haute surveillance militaire comme si c’était des terroristes de l’E.I. Ils sont tous suivis pour ‘trouble à l’ordre public et incitation à la violence’. L’une des victimes, Sekou Koundouno du Balai Citoyen raconte sa mésaventure : «Le samedi matin je rentre dans le domicile de monsieur Sanoh. J’étais prêt à décrocher mon téléphone quand un agent me dit : « si tu décroches, je tire sur toi… Ce que j’ai vécu à la villa 26, c’est du jamais vu ! On m’a envoyé à la CMIS numéro 5 de Dubréka. On m’a déshabillé, ils m’ont mis nu. Le lendemain, j’ai été conduit à la CMIS de la Cimenterie ». Voila à quoi ressemble le débat citoyen inclusif et responsable du PPAC. Finalement le procès est renvoyé au vendredi à la demande du procureur. La prison centrale se plaint parce qu’en 2 jours elle a reçue des dizaines de nouveaux clients alors qu’elle était déjà pleine. En particulier il n’y a plus de place dans la section mineure donc tout le monde est mélangé, les uns sur les autres.
  • Le 16, en plein chaos national, le président de Djibouti, Ismail Oumar Guelleh débarque à Conakry pour une visite d’amitié de 2 jours ! Vu qu’il vient de boucler ses 20 ans au pouvoir, ce n’est pas un bon exemple à rencontrer pour notre PPAC en plein doute d’éternité au pouvoir.
  • Le 21, le PPAC décolle pour la ville de Sochi en Russie pour participer au 1e sommet Russie-Afrique, juste à temps pour ne pas être là quand des condamnations des membres du FNDC tomberont à Conakry. De là, il va en Turquie le 25 pour parfaire sa formation en dictature et présidence à vie auprès de son grand ami Erdogan. Et enfin un saut à la maison (à Paris) pour un checkup médical rapide, soit au total 2 semaines de ballades pour récupérer.
  • Le 21, c’est finalement l’envoyé spécial de l’organisation internationale de la Francophonie (OIF) qui est obligé d’annoncer officiellement le report des élections législatives qui étaient prévues le 28 décembre. Notre président de la CENI n’a même pas eu le courage de venir devant les cameras reconnaitre sa démagogie et son amateurisme pour cette date précédente imposée idiotement par le PPAC. Et comme il l’a lui-même reconnu pitoyablement ensuite : « La technique ne ment pas. Les machines ne connaissent personne. Quand il faut dix jours pour installer un kit, il faut dix jours. Vous ne pouvez pas déroger à ça ».
  • Le 22, les verdicts tombent finalement : au tribunal de Dixinn c’est un an d’emprisonnement ferme pour le coordinateur du FNDC, Abdourahmane Sano. Quant à ses collègues Ibrahima Diallo, Sékou Koundouno, Bill de Sam et Baïlo Barry ils ont été condamnés à 6 mois d’emprisonnement ferme. Ils sont tous reconnus coupables de « provocation directe à la sécurité publique à travers des discours ». Également au tribunal de Mafanco (Conakry) le secrétaire national de la jeunesse de l’UFR, Aly Badra Koné est condamné à trois ans de prison assortis de deux ans de sursis pour « usurpation de titre, de fonction et de participation délictueuse à un attroupement lors des manifestations du FNDC ». En plus l’artiste/politicien Elie Kamano et Ibrahima Keita écopent d’un an de prison dont six mois de sursis. Au tribunal de Yomou, sur les 5 militants jugés trois d’entre eux ont été condamnées à à 6 mois de prison assortie de sursis  et d’une amende  de 500.000 GNF. Les deux autres sont considérés comme des mineurs et n’ont pas été jugés pour l’instant. Bien entendu tous leurs avocats ont directement interjetés appel. Les peines de 15 autres détenus varient de 2 à 4 mois fermes. La condamnation internationale est heureusement unanime : Nations unies, HCDH, CEDEAO, U.E., USA, artistes connus comme Tiken Jah Fakoly et même la société civile sénégalaise disent fermement, même si c’est parfois diplomatiquement pour certains, que le PPAC doit calmer ses faucons et milichiens et se préparer à prendre sa retraite pour permettre au processus démocratique de continuer au pays.
  • Le 22 et les jours suivants plusieures centaines de jeunes étrangers sont mis en prison dans plusieures villes de Guinée. A Conakry les policiers ont interpellé 141 personnes qui étaient « confinées dans des concessions » dans la périphérie de Conakry: 84 Bissau-guinéens, 46 Sénégalais, neuf Guinéens, un Burkinabé et un Gambien. A Siguiri ce serait près de 200 personnes y compris des jeunes filles. On en compte aussi à Faranah, à Dubréka, à Boké et à Boffa. Selon le gouvernement, cette opération prouve à suffisance « La récurrence d’infiltration de corps étrangers tant à Conakry que dans des grandes villes de l’intérieur du pays ». L’action de la police et de la gendarmerie vise à « débarrasser la Guinée des mauvaises graines qui n’ont rien à faire ici en cette période de troubles »selon un haut responsable de la police. Le plus triste dans tout cela est que ce sont tous des citoyens de la CEDEAO qui ont donc normalement le droit de circuler et de travailler dans toute notre sous-région. Libre circulation et marché commun économique inter-africain sont de beaux discours lors des sommets de chefs d’état ‘panafricains’ mais une réalité qui est très loin de voir le jour sur notre continent. Imaginez si une réciprocité était appliquée après cela à tous les Guinéens dans leurs pays.
  • Le 31, en réponse à la marche du FNDC du 24, le RPG organise une réception ‘grandiose’ pour accueillir son champion après 2 semaines d’absence à l’étranger. La foule en liesse est essentiellement formée d’élèves, de militaires et dockers du port habillés en civils et de fonctionnaires. En effet tous les bureaux de l’administration, écoles et hôpitaux sont fermés manu-militari et tous les présents sont mandatés pour aller dans la rue pour applaudir. Des milliards de GNF ont été sortis des caisses de l’état pour des T-shirts, boissons, perdiems et des location de camionnettes pour transporter tout ce beau monde à l’aéroport et au palais du peuple. Et ils osent ensuite comparer cela à la marche du 24. Quelle tristesse !
  • Pour : comme chaque mois, R.A.S…
  • Contre : concernant le VIH-Sida, MSF continue : « La lutte contre le VIH en Guinée accuse un grand retard par rapport au reste du continent et de la région.  Entre 2010 et 2016 le nombre de nouveaux cas du VIH en Guinée n’a diminué que de 5% alors que la région de l’Afrique de l’Ouest et Centrale enregistrait une baisse de 12%. Et dans le reste de l’Afrique subsaharienne la baisse était même de 26%. Et durant cette même période, les décès en lien avec le VIH ont augmenté de 7% en Guinée alors qu’ils ont diminué de 27% dans la région et 37% dans le reste de l’Afrique. Le taux de décès dû à la tuberculose a augmenté de 4% l’année passée contre une diminution de 5% en Afrique de l’Ouest et Centrale  et de 8% dans ROA, mais il n’y a pas eu de changements dans l’incidence soit 22.000 cas chaque année… La situation est catastrophique. A ce jour jusqu’en 2018 on comptait 4400 décès par an liés au VIH, ce qui signifie un décès chaque 2 heures d’un patient qui a le VIH en Guinée ». Pour les prochaines élections législatives il ne reste plus qu’une seule chose à faire : nommer Mr Tieman Coulibaly, le représentant de l’OIF, comme nouveau président de la CENI, comme en 2010, lors de la 1e investiture du PPAC, quand c’était également un Malien qui était venu diriger nos élections puisqu’aucun Guinéen n’était assez crédible pour les 2 camps opposés à l’époque (et toujours aujourd’hui). Concernant l’affaire de l’interpellation de jeunes étrangers de la sous-région un responsable de la présidence, le lieutenant-colonel Fodé Bakary Cissé, a toutefois donné une version différente, mêlant aux questions de sécurité celle de la lutte contre les pratiques jugées douteuses d’une multinationale de la vente directe en commun, Q-Net. Cette société, dont le siège est à Hong-Kong, aurait attiré en Guinée des jeunes de plusieurs pays et leur aurait vendu des produits divers, à charge pour eux de les revendre à leur entourage. « Nous nous regroupons dans une concession parce que nous sommes dans un système. Quand vous achetez un produit l’entreprise vous demande d’écouler deux autres produits. Si vous faites cela la société va vous accorder des avantages » a expliqué Satigui Camara, l’un de ces vendeurs. Juste une bande de jeunes désespérés et débrouillards qui se battent pour éviter de prendre la Méditerranée en survivant en Afrique – voila leur récompense.

Tic-tac, Tic-tac, la montre tourne ; aujourd’hui est le 3235e jour de l’ancien « Guinea is back » et du nouveau « changement radical » – déjà 08 ans, 09 mois et 10 jours ! Aladji-Professeur-Président voici ma suggestion SMART (Spécifique, Mesurable, Atteignable, Réalisable et Temporellement définie) du mois pour améliorer un peu votre Sanseman : Boss tant détesté, parlons un peu du rapport que vous avez exigé à votre PM concernant la certitude de votre 3e mandat : il faut vraiment le virer au plus vite car il vous a eu. A la place d’un rapport analytique vous avez eu droit à deux documents purement descriptifs sur le déroulement de ses échanges avec tous les groupes constitués de plus de deux personnes au pays et qui se sont précipités pour le rencontrer. Pendant deux semaines, présidents d’institutions et associations énormes et minuscules, leaders politiques, chefs religieux et acteurs de la société civile se sont relayés à la primature pour y bavarder pendant 30 minutes maximum, chrono en main. Le premier document de 33 pages est intitulé ‘synthèse des consultations’. C’est en fait beaucoup plus un compte-rendu purement descriptif d’une réunion d’élèves dans un lycée. Le second, nommé ‘compilation des supports écrits’  est d’un niveau analytique encore plus bas, si c’est humainement possible Est-ce des rapports ? Certainement pas – au plus les deux dernières annexes d’un vrai rapport de synthèse. Mais bon, comme disent les yankees « garbage in – garbage out », de toute façon rien de bien analytique ne pouvait sortir de ces rencontres. Néanmoins c’est peut-être ce que vous souhaitiez… Finalement le plus malin dans tout ce cirque est bien votre fameux PM : il a fait le minimum possible en espérant préserver un peu son avenir post-PPAC et ainsi la responsabilité de ce référendum et de ses conséquences finales reposeront maintenant uniquement dans les mains de ‘qui de droit’, c’est à dire de vous. Boss, je vous le dit depuis le début de votre chemin de croix, faites très attention à votre entourage, il veut vous pousser à la faute grave, au carton rouge international et pour le moment c’est zéro-faute pour eux.

En tout cas vous avez vraiment courte-vue : vous êtes entrain de transformer sans vous en rendre compte Abdourahmane Sanoh en Alpha Condé du XXIe siècle. Avec son emprisonnement vous accroissez de manière vertigineuse son aura et son avenir politique en Guinée. Après tout n’est-ce-pas vos quelques mois d’emprisonnement par Fory Coco qui vous ont lancé sur le plan international et qui sont la raison principale de votre élection présidentielle en 2010 – la triche mise à part bien sur ? Vous l’aviez déjà rendu célèbre auprès de la majorité des Guinéens et des ambassades présentes chez nous – donc de la communauté internationale – par cette sortie malencontreuse lors de la dernière grève des enseignants : « Je suis très calme, c’est pourquoi je laisse les gens s’agiter, mais ils ne trompent personne. La grève des enseignants l’année dernière, il y avait quelque chose derrière. C’était des gens qui pensaient qu’ils peuvent renverser le gouvernement en s’appuyant sur certains militaires. En tête Sanoh de la PCUD (Plate-forme des Citoyens Unis pour le Développement), un petit bandit comme ça-là qui exploite ses travailleurs et qui ne les paient pas. Et qui après n’a pas honte de m’écrire ‘président pardon aide-moi’. Voilà quelqu’un qui se présente comme combattant et qui, dès qu’il y a un petit problème court pour demander pardon. ». Il ne l’a pas fait cette fois-ci, comme en réalité toutes les fois précédentes. Maintenant vous en ferez un héros national par son kidnapping à son domicile et son procès public où lui et ses avocats ont ridiculisé vos juges comme il l’avait fait lors de la transition au petit Dadais en démissionnant avec fracas de son poste de ministre pour la ‘faute grave’ de son chef criminel. Celui qui n’a pas eu peur de cet énergumène fou et à la gâchette facile l’aura encore moins de vous et de vos faucons à moitié débiles. Sa réputation de bête à abattre le transformera bientôt en bête qui vous abattra. Attention, vous êtes peut-être entrain de créer un de vos possibles successeurs. Finalement, oser dire tout haut au journal Le Monde que « Dans les autres pays où il y a de nouvelles constitutions, il y a eu beaucoup de manifestations, il y a eu des morts, mais ils l’ont fait » est vraiment la preuve qu’il est plus que tant que vous partiez vivre votre Alzheimer loin de nous.

Publié dans 2019 | Laisser un commentaire

Une Nouvelle Voie (Septembre 2019) : « pas de débat sur du faux »

Bienvenue à mon bilan du 45e mois de la Condécratie version 2.0. Je continue mon exploration mensuelle des méandres des décisions importantes pour la Nation prises par nos nouveaux chefs en proposant des pistes de réflexions et d’actions qui pourraient être envisagées pour que le « vrai changement » soit effectif.

  1. Echantillon de paroles et pensées présidentielles du mois:
  • « « Vous pouvez échanger des hommes dix fois, cela ne servira pas à grand-chose. Ceux qui sont là, on va dire qu’ils sont malhonnêtes et ceux qui viendront, il n’y aura pas de changement. Comme on ne peut pas changer les hommes avec une baguette magique. Il faut donc avoir des moyens surtout avec des nouvelles technologiques qui nous permettent aujourd’hui, quelle que soit la volonté de la personne de faire la magouille, qu’elle ne puisse pas le faire. Le guichet unique rentre dans ces différentes réformes… Vous savez que l’Afrique n’a pas beaucoup de responsabilité dans le changement climatique mais c’est nous qui subissons les conséquences. Que ça soit à Conakry ou à l’intérieur, beaucoup de nos compatriotes ont été victimes d’inondation, heureusement, pour le moment, nous n’avons pas eu de perte en vie humaine » (le 03, lors du lancement du GUCEG (guichet unique commerce extérieur de Guinée), sa dernière trouvaille pour dissimuler les magouilles financières de l’Etat).
  • « La Guinée n’est plus la même avec l’éveil des consciences et toutes les mutations intervenues dans la société. Il est légitime alors que chacun se demande où on va, comment aborder les enjeux et défis des temps nouveaux. C’est pourquoi je comprends le débat en cours dans le pays sur tous les sujets de préoccupation y compris la Constitution. Mais comme je l’ai indiqué auparavant, il ne m’appartient pas de trancher ou de choisir à la place des Guinéens. Avant toute prise de position personnelle j’ai le devoir d’écouter tout le monde. Pour ce faire j’instruis le premier ministre, chef du gouvernement, d’initier des consultations avec les institutions de la République, les partis politiques, les syndicats, les organisations de la société civile pour recueillir les avis des uns et des autres dans un échange ouvert sur les différentes questions pour que le débat porte sur les arguments et les recommandations… Le premier ministre, chef du gouvernement, en charge du dialogue politique et social, a toute ma confiance et tout mon soutien pour les consultations que je lui ai demandées de conduire » (le 04, discours à la Nation pour annoncer le début des consultations pour le référendum).
  • « Dieu seul le sait et le peuple… C’est tout à fait normal parce que le peuple est souverain. Je vous fais remarquer que les États-Unis ont déjà eu 27 constitutions. Il est normal qu’on interroge le peuple, le monde évolue. Il est normal de comprendre ce que le peuple veut.  Cela n’a rien à voir avec une élection. C’est de voir est-ce qu’aujourd’hui les conditions sont remplies en Guinée pour la protection des enfants, etc. Donc je ne suis pas venu pour discuter politique aux États-Unis, je suis venu pour les affaires. La Guinée est un pays souverain, elle l’a démontré en votant non en 1958 et la Guinée tient absolument à sa souveraineté et à son indépendance. Les problèmes guinéens se discutent en Guinée, non pas à l’extérieur… L’Afrique a plus besoin d’investissements que de dons. Nous ne sommes pas des mendiants » (le 10, répondant à Washington à la question « Vous entendez aller jusqu’à quand ? » du media gouvernemental américain ‘la Voix de l’Amérique’.
  • « Nos jeunes c’est une richesse pour nous, surtout que cette jeunesse maitrise les technologies. J’ai vu récemment à Conakry lors d’une exposition qu’on a faite un jeune du nom de Mountaga Keita qui a fait une invention. Il a même remporté un prix à Genève, ça veut dire que les jeunes guinéens n’ont rien à envier aux jeunes américains (le 11, lors de son séjour aux USA).
  • « Je ne suis pas venu aux États-Unis pour parler politique. La politique guinéenne se fait en Guinée. J’ai été très clair. J’ai dit à la Voix de l’Amérique que je ne suis pas venu ici pour discuter politique. Si on doit faire le changement, ce sont les guinéens, pas l’extérieur. La Guinée n’a pas voté non en 1958 pour être un Etat indépendant et retourner sous la domination de quelqu’un. Moi je m’en fous de ce que les gens pensent à l’extérieur.  Ils n’ont qu’à écrire ce qu’ils veulent, c’est le peuple de Guinée qui m’a élu et qui décide. Je suis venu ici pour attirer les capitaux américains…Le rôle de l’Etat c’est de créer les meilleures conditions pour l’émancipation des entreprises privées. Nous sommes prêts à créer les meilleures conditions mais je ne vais pas vous prendre comme des bébés pour marcher. Moi je ne suis pas démagogue. Je ne parle pas pour faire plaisir. Je dis ce que je pense que ça plaise ou pas. Parce que chercher à faire plaisir aux gens ça ne sert à rien. On est adultes, on doit se parler franchement… Un pays ne peut avancer lorsqu’on réfléchit en peulh, en malinké, en soussou. Quelle est la différence entre un paysan de Lélouma, un paysan de Yomou ou de Mandiana. Qu’est-ce qu’il y a de commun entre le petit paysan peulh et les grands commerçants peulhs ? Qu’est ce qu’il y a de commun entre le petit paysan de Siguiri et le grand diamantaire de Siguiri ? Ne vous laissez pas entrainer dans des questions ethniques » (le 17, devant des fanas surchauffés à Houston au Texas).
  • « Préparez-vous pour les élections et le référendum. Ca veut dire que ceux qui n’ont pas leurs cartes d’électeurs doivent commencer à se recenser » (le 23, devant ses partisans à New York)
  • « Je suis venu en Amérique parce que les États-Unis veulent investir en Afrique. Ils ont décidé de mettre 70 milliards de dollars pour financer des entreprises américaines en Afrique. Donc je peux venir discuter avec le gouvernement américain pour que beaucoup de ces entreprises aillent investir en Guinée. Voilà l’objectif de ma visite. Soyez un peu plus patientsles choses vont s’améliorer de plus en plus. Mais on ne peut pas tout faire en même temps. les guinéens ont un défaut, le guinéen n’aime pas le guinéen, il n’aime pas le bonheur de l’autre » (le 24, devant les mêmes fanas à New-York).
  • Pour : et pourtant il avait bien démarré son affaire de consultations nationales avec un discours où il promettait un échange ouvert et transparent sur tous les sujets autour de ce référendum. Et puis patatras à New-York où il annonce deux semaines après que sa décision est déjà prise et qu’on doit se préparer pour le referendum. Quel pied de nez à son PM qui a passé ses journées pendant deux semaines à recevoir tout les regroupements et associations guinéens de plus de 2 personnes.
  • Contre : n’y-t-il eu aucun mort suite aux inondations à Conakry cette année ? Si justement Mr le Prési, il y en a eu plusieurs durant la saison des pluies en cours – et même 2 fois. Messieurs les conseillers, faites votre boulot puisque votre chef ne lit pas la presse comme il le reconnait lui-même. Pauvre PPAC qui croit que les USA ont eu 27 constitutions alors qu’en fait même les enfants du secondaire savent que c’est toujours la même depuis 1787. Qu’un prof de droit formé à la Sorbonne pense et surtout dise devant les médias américains que des amendements et des nouvelles constitutions sont équivalents est tout simplement ridicule et honteux – pour lui et pour nous. Qu’il nous demande 27 révisions de notre constitution actuelle et on sera d’accord – tant que le nombre et la durée de son mandat ne changent pas. Après lui le débat sur une nouvelle constitution pourra démarrer sereinement et effectivement. La pire de ses folies est de se croire indispensable et providentiel – surtout quand on a rien fait en 10 ans pour le suggérer. Bizarre de ne pas vouloir parler de politique mais de vouloir en discuter avec le ‘gouvernement américain’. Les investisseurs privés – ce qui ont vraiment les sous – apprécieront surement.
  1. Les décisions et actions « positives » du mois :
  • Le Consortium SMB-Winning qui exploite plusieurs mines de bauxite dans la région de Boké et bientôt à Télimélé fait (en partie) mais concrètement justice à des pauvres paysans impactés par leurs travaux.
  • Pour : : le paiement de la 8e compensation à hauteur  d’environ 3,26 milliards GNF visant à indemniser 96 familles dans 9 villages  répartis entre la sous-préfecture Kolaboui et la préfecture de Télimélé. Ces personnes sont directement impactées par la réalisation d’une ligne de chemin de fer du consortium partant de Dapilon (Boké) à Santou (Télimélé), sur une distance de 135 km. Ceci s’est répété trois autres fois durant le mois pour diverses autres communautés impactées soit une dizaine de milliards d’USD pour environ 400 familles. Il faut rappeler que le paiement régulier des compensations aux personnes impactées par les effets secondaires des projets est une partie importante dans le strict respect du code minier en vigueur.
  • Contre : maintenant il faut espérer que ces bénéficiaires auront reçu un minimum de formation en gestion et d’appui pour l’utilisation judicieuse de ces dédommagements – en dehors d’une 2e femme ou des boubous Bazin pour toute la famille.
  1. Les décisions et actions « négatives » du mois :
  • Le 02, nous découvrons sur les réseaux sociaux une copie d’une lettre d’une demi-page adressée par un ministre de la République dans laquelle il y a 11 fautes (d’orthographe et grammaticales) et même une erreur sur son nom de famille. Le pire c’est qu’elle porte la belle signature du 1e responsable de l’éducation des enfants du pays. Son prédécesseur ‘K Carré’ ne s’était « pas frotté aux chiffres » – lui c’est encore pire. Vous comprenez mieux pourquoi le taux de réussite au CEP et au BEPC est de 40% et de 25% au bac.
  • 04, le boss prend enfin son courage à deux mains et annonce le début de ‘consultations du peuple’ sous la présidence de son PM pour voir si le peuple est d’accord pour le référendum et pour son 3e Ainsi il met en branle le plan A de sa stratégie pour obtenir de force son boulevard vers la présidence à vie.
  • Le 04, la loi de finance rectificative (LFR) 2019 a été votée à l’Assemblée nationale par 40 voix sur les 63 dépités présents à la plénière (il faut rappeler que le parlement est composée de 113 députés). Une partie de l’opposition a voté Non et 3 parmi eux ont opté pour l’abstention. Parmi les chiffres remarquables : le taux d’utilisation du budget/dépenses de l’état, à 3 mois de la fin de l’année, est de 11% pour les investissements mais de 99% pour le fonctionnement. Quant au budget de la Présidence il grimpe de nouveau (le seul) de 114.203.323.000 GNF – bravo pour la précision !
  • Le 04, le ministre des transports, l’un des As des promesses gouvernementales ridicules et irréalistes y rajoute une nouvelle couche : une nouvelle compagnie aérienne ‘Guinée Airlines’ opérationnelle en 2019 (3 mois) et un nouvel aéroport international en 2020.
  • Le 05, une nouvelle convention minière est signée au palais Satanya. C’était la cérémonie de signature de la « convention de concession minière amendée et consolidée entre la République de Guinée et les Sociétés des Mines de Fer de Guinée et EURONIMBA LIMITED pour l’exploitation des gisements de fer du mont Nimba ».
  • Le 08, après une brève visite de courtoisie au pays, le PPAC repart pour la campagne de promotion mondiale de son 3e La 4e étape, après le Japon (TICAD), le Nigeria (mamayas au village) et la France (visite en famille), est les USA.
  • Le 11, le PM nous présente sa vision et le programme de ses ‘consultations nationales’. Entre le 12 et le 25 il recevra individuellement une liste d’institutions et de personnes triées sur le volet et pour des entretiens de 30 minutes maximum. On y retrouve les noms de tous les regroupements de plus de 2 personnes du pays: les partis politiques, organisations de la société civile, syndicales et patronales mais aussi des religieux et des centaines de groupuscules de ‘touristes et mendiants’. Tous ceux qui y vont jurent bien sur qu’ils prient tous les jours pour ce referendum et un mandat à vie. Tous ceux qui n’y sont pas allé ont plutôt répondu par des insultes et des lettres salées dans la presse.
  • Le 23, quatre membres du mouvement ‘Elazologa Atebein’, qui est un collectif de la ville de Macenta opposé à la nouvelle constitution ont été condamnés après plusieurs jours de détention par le tribunal de première de Macenta. Poursuivis pour « participation délictueuse à des réunions sur des lieux publics, défilés et cortèges sur la voie publique et destructions de biens publics ». Après des heures de débats houleux les quatre ont été condamnés au paiement d’une amende de 500.000 GNF chacun. Le tribunal a aussi ordonné la confiscation des T-shirts du mouvement que les concernés portaient lors de leur arrestation. Dans le droit esprit du débat ouvert du PPAC ?
  • Le 27, à la veille de la commémoration du 10e anniversaire du massacre du 28 septembre 2009 le ministre de la justice essaie de justifier le refus du PPAC d’organiser le procès des coupables : « Un tel procès national à une incidence internationale et doit être préparé surtout au sens psychotechnique. Dès lors que tout cela sera mis en place, je garantis que le gouvernement ne fera aucun obstacle pour la tenue de ce procès… Il faut remplir les exigences matérielles et humaines. Comme je l’ai dit aux ambassadeurs, ce qui a attendu dix ans peut attendre quelques mois». Quelle justification !
  • Pour : comme chaque mois, R.A.S…
  • Contre : le blogueur Alimou Sow qui a un sens de l’humour particulier résume bien ce discours du PPAC et celui qui le lisait : « Le soir, à l’heure du dîner, c’est la Présidence de la République qui a servi « l’adresse à la nation du Chef de l’Etat » comme plat de résistance. Dans un discours de près de 7 pages, un Alpha Condé bafouant, dyslexique et inécoutable écorche les oreilles des auditeurs et téléspectateurs pour essayer d’expliquer à qui veut l’entendre qu’il a pris goût au pouvoir, qu’il compte y rester et qu’il vaut mieux que le peuple l’y aide et accompagne tranquillement ; puisque, de toute façon, il peut le faire, n’en déplaise aux aigris, et va le faire le moment venu. Oui, 7 pages pour résumer ça”. Le ridicule est plus pour son PM que pour nous vu que ce dernier nous a déjà dit le mois dernier qu’il était à 100% Pour, même s’il n’avait pas encore vu le document. Les vrais opposants et militants de la société civile qui ne mangent pas (encore) dans la main du boss, tous membres du FNDC, ont donc refusé d’y aller, soutenant que l’actuelle constitution ne sera jamais changée par un président qui est à 15 mois de la fin de son dernier mandat constitutionnel. Le calcul du boss et de ses faucons est que si les consultations aboutissaient à un flop ils pourraient alors passer à leur plan B : magouiller les élections législatives en décembre pour avoir les 2/3 des sièges et faire ensuite voter l’Assemblée nationale pour son changement de constitution. Brique après brique, L’Homme-Etat est en train d’ériger le mur vers son seul objectif actuel. Chaque acte posé prend un peu plus de court ses opposants et ses alliés hésitants. En réalité il est à la recherche d’images et de symboles forts pour prouver qu’un débat démocratique a bien eu lieu avant le lancement de son forcing. Il veut donner à ses Big Brothers l’illusion d’un échange national fructueux avant de décider de ‘suivre la volonté totale et inébranlable du Peuple’. Comme s’il avait affaire à des idiots en Guinée et hors du pays ! Il pense ainsi garder ses mains ‘propres’ mais il se trompe lourdement – en tout cas la réponse du FNDC est claire et nette : « pas de débat sur du faux ! ». D’ailleurs ses sbires n’ont pas pu lui trouver une rencontre avec son homologue Trump mais il a été reçu par le secrétaire d’Etat Mike Pompeo qui lui a peu diplomatiquement envoyé une réponse négative claire  et directe et le boss a dû ressortir cramoisi de rage de la rencontre. Concernant le nouveau projet minier les investisseurs ont bien su baliser leurs ambitions : « Cette nouvelle concession prévoit d’abord le développement du projet Nimba en 3 phases (d’étude, de développement et d’exploitation), mais aussi l’obligation pour HPX, en coopération avec la partie guinéenne, de faire réaliser par un bureau d’étude indépendant, une étude de viabilité du projet développé selon l’option du Trans-guinéen ». En clair le projet sera gelé de nouveau pour raison d’études jusqu’à ce que les prix du fer remontent sur le marché international. Également l’option du train ‘Trans-guinéen  avec un port en eau profonde’ sera jugé non rentable par toute évaluation sérieuse d’un cabinet d’étude  – une certitude vu le risque d’un investissement de dizaines de milliards d’USD dans la Guinée actuelle – donc l’exportation se fera par le port de Buchanan au Libéria, ce que le PPAC avait juré qu’il n’accepterait jamais. Bref l’objectif ici c’est qu’il il faut signer rapidement et faire le maximum de bruit pour convaincre que sans lui nous serons foutus après 2020.

Tic-tac, Tic-tac, la montre tourne ; aujourd’hui est le 3204e jour de l’ancien « Guinea is back » et du nouveau « changement radical » – déjà 08 ans, 09 mois et 10 jours ! Aladji-Professeur-Président voici ma suggestion SMART (Spécifique, Mesurable, Atteignable, Réalisable et Temporellement définie) du mois pour améliorer un peu votre Sanseman : patron, vous devriez vraiment penser aux capacités intellectuelles de vos ministres de l’éducation nationale. Le précédent ‘K carré’ ne savait pas compter et lire. Il nous a ridiculisés dans la sous-région avec sa débâcle devant l’Assemblée nationale. Maintenant l’actuel Mory Sangaré ne sait pas écrire.  Le jeune blogueur humoriste Alimou Sow résume parfaitement cette nouvelle bourde ministérielle : « Dans un écrit daté du 04 septembre et dont on a du mal à déterminer la nature (lettre ? Circulaire ? Note de service ? Mémorandum ? Manifeste ?) le ministre de l’Enseignement pré-universitaire, Mory Sangaré, se comporte à l’égard des règles d’orthographe et de grammaire tel un éléphant enragé dans un magasin de porcelaine. Certains, sur les réseaux sociaux, ont tenté de faire l’inventaire des dégâts : sur la forme, 11 fautes grossières, y compris sur le nom de famille du ministre ; sur le fond, c’est le Triangle des Bermudes de l’incohérence et de l’amateurisme où personne n’a osé s’aventurer ». Ils nous font vraiment honte, boss. Je vous conseille d’organiser désormais une évaluation plus poussée de vos candidats ministres de l’éducation : une dictée d’une page et une épreuve d’arithmétique par exemple. Mais attention, choisissez les correcteurs en dehors de votre cabinet sinon ils risquent d’en rajouter.

Boss, je voulais vous dire deux mots sur votre immigration temporaire de 3 semaines aux USA –un nouveau record pour un Président qui n’y est pas couché dans un hôpital. Ce fut finalement une véritable bérézina malgré les centaines de milliers d’USD payés à des lobbyistes et autres spécialistes de com. pour ‘arranger’ favorablement cette visite. Pour démarrer à l’accueil vous êtes reçu au bas de la passerelle par votre ministre des A.E, ses 2 ambassadeurs et une petite bande de mamayeurs locaux. Ce n’était certes pas une visite officielle mais quand même, il y a toujours au moins un officiel du secrétariat d’Etat, surtout quand c’est à Washington. Ensuite une série de rencontres avec des seconds couteaux gouvernementaux, une visite de courtoisie au Congrès avec un membre inconnu du public et des séances de mendicité avec des adjoints des agences multi et bilatérales (BM, FMI et USAID). Pas besoin de votre présence pour cela, boss, ce circuit est digne d’un de vos ministres. Ensuite la claque de Washington le 13, la rencontre avec le secrétaire d’Etat Mike Pompeo qui vous a dit peu diplomatiquement : « Le secrétaire d’Etat a aussi discuté des prochaines élections en Guinée avec le président Condé et a exprimé le ferme soutien des États-Unis à des transitions de pouvoir régulières et démocratiques, qui donnent plus de responsabilité, des institutions plus fortes et moins de corruption ». J’ai beaucoup pensé à vous après ce direct à la mâchoire de cet impoli, Walahi ! Le jeune opposant Aliou Bah (14/09) du parti Model résume ironiquement ce séjour : « …Trembler devant des jeunes fonctionnaires internationaux qui vous évaluent comme des écoliers et revenir bomber la poitrine devant vos pauvres compatriotes avec une fausse allure de fierté, n’honore pas celui qui veut se vanter de sa souveraineté car celle ci doit être assumée sur toute la ligne ». Bien sûr vous n’avez obtenu aucune rencontre avec Trump ou avec les sénateurs et membres du Congrès qui comptent vraiment –  le vrai pouvoir aux USA. Tout juste une photo à la sauvette avec l’ex-président W. Bush et son épouse que vous avez croisé (par calcul) lors d’un séminaire afin d’obtenir un selfie pour votre page Facebook et pour la presse nationale. J’espère quand même que celui-ci vous a expliqué quels pouvaient être les avantages d’être un ex-Prési. Et le clou – la vraie photo de la salle vide lors de votre discours devant l’assemblée générale des Nations Unies. C’était tellement honteux que vos services ont dû maquiller la photo pour la télé nationale ! Eh Allah, même la gamine Greta Thunberg vous a damé le pion ! Vraiment c’est tous les Guinéens qui ont eu le visage par terre lors de cette visite américaine. Finalement, comme mon cousin Mamadou, la vie d’immigrant ne vous réussit plus du tout, allez revenez-nous vite-vite, Yandi !

Publié dans 2017 | Laisser un commentaire

Une Nouvelle Voie (Août 2019) : catastrophe nationale : 75% des candidats noyés sous le bac

Bienvenue à mon bilan du 44 mois de la Condécratie version 2.0. Je continue mon exploration mensuelle des méandres des décisions importantes pour la Nation prises par nos nouveaux chefs en proposant des pistes de réflexions et d’actions qui pourraient être envisagées pour que le « vrai changement » soit effectif.

  1. Echantillon de paroles et pensées présidentielles du mois:
  • « Ce qui est grave aujourd’hui, le terrorisme n’est plus une affaire des touaregs. Par la manipulation, la pauvreté, beaucoup de nos jeunes, qu’ils soient Peulhs, Malinkés ou Mossi sont attirés par le terrorisme. Ça rend la tâche extrêmement difficile. Mais nous sommes solidaires. Nous (les guinéens)  ne sommes pas des hommes du désert, nous sommes de la savane, de la forêt et des hauts plateaux. Nous  sommes à Kidal depuis 2014 où on dit que c’est le tournant. Personne ne veut nous remplacer à Kidal, nous allons rester car tout ce qui touche le Mali, le Burkina, le Niger, touche la Guinée… Nous sommes trop peinés quand nous voyons le terrorisme se développer dans des pays frères qui nous sont trop chers, surtout le Burkina, le Mali, le Niger, mais aussi le Nigeria. Les forces de l’ONU, pour nous aider, doivent être composées de troupes africaines. Parce qu’un Guinéen se sent chez lui au Burkina, au Mali, au Niger. Quand il est là-bas il se bat pour sa patrie. Nous demandons à nos chers diplomates, surtout ceux dont les pays sont membres du conseil de sécurité, de nous aider… Jamais, les troupes des Nations unies ne pourront régler nos problèmes. Quand vous voyez le Congo Kinshasa, ça fait près de 15 ans à 20 ans que les troupes onusiennes sont là-bas mais il y a toujours autant d’insécurité» (le 09, lors de la visite officielle du président Kaboré du Burkina).
  • « J’ai beaucoup de respect pour le président Buhari. C’est un homme humble qui est très proche du peuple.  Beaucoup de présidents c’est l’argent qui les intéresse.  Mais lui c’est son peuple qui l’intéresse. Il est prêt à mourir pour son peuple » (le 11, lors d’une visite officielle au Nigeria).
  • Pour : la consigne d’arrêt des promesses mirobolantes et des envolées injurieuses est toujours respectée et ce sera surement le cas jusqu’après le référendum.
  • Contre : « beaucoup de présidents c’est l’argent qui les intéresse » ? J’aimerais bien voir sa liste de ceux-ci et s’il ne s’y oubliera pas.
  1. Les décisions et actions « positives » du mois :
  • R.A.S.
  • Pour : R.A.S.
  • Contre : nous sommes au 3e mois sans rien de concret, de positif, qui permettrait de dire que nous avons au moins fait un pas visible en avant dans le bon sens pour notre futur. Il faut vraiment que ce référendum ait lieu maintenant – ou que le Sanseman prenne fin au plus vite !
  1. Les décisions et actions « négatives » du mois :
  • Le 02, le parti au pouvoir met en place sa réponse au FNDC : il organise la signature sous les flashs des caméras de la charte de la Coalition Démocratique pour une Nouvelle Constitution (CODENOC) mise en place par les cadres du RPG et ses alliés (des ministres anciens et/ou postulants) ainsi que par certains ONG alimentaires. Son objectif est de ‘lutter’ pour faire passer le controversé projet de nouvelle constitution. Maintenant ce sera FNDC contre CODENOC pour animer la cité à coup de meetings, mamayas et autres activités très enrichissantes pour leurs leaders. Et nous on aura un peu plus d’animation dans les rues de Conakry en cette période de pluies incessantes et de coupures d’électricité.
  • Le 04, l’exportation de notre conflit local entre pros et antis-3e s’étend, cette fois-ci en Côte d’Ivoire. Une bataille rangée entre des militants de la nouvelle constitution et des membres du FNDC a fait au moins deux blessés à Treichville, une commune d’Abidjan. Ces échauffourées ont eu lieu à la bourse du travail où une rencontre entre les ressortissants guinéens était conviée par notre ambassade. Heureusement les excités ont été vite maîtrisés par les forces de l’ordre.  Un jeune participant raconte : « L’ambassade avait convié tous les ressortissants guinéens à cette rencontre. Quand nous sommes arrivés, on a constaté que c’était une propagande en faveur du projet de référendum pour la nouvelle constitution qui était organisée. Aussitôt nous aussi nous avons sortis nos tee-shirts du FNDC et c’est là que les altercations ont commencé ». Nos ambassades auront de plus en plus de problèmes pour organiser des mamayas des pros hors de nos frontières car notre diaspora est mobilisée et ne compte pas se laisser faire chaque fois qu’elles s’y hasarderont.
  • Le 05, après les résultats du CEP et du BEPC, ceux du baccalauréat confirment encore plus la déchéance de l’enseignement au pays : sur 90.050 candidats dont 33.384 filles Il n’y a que 21.959 admis dont 6.849 filles soit un taux de réussite général de 24,38% et de 20,52% pour les filles. En queue de peloton c’est la préfecture de Mamou dans laquelle 1086 candidats ont composé dont 414 filles. Parmi eux seuls 86 candidats ont été déclarés admis dont 14 filles ce qui a donné un taux général d’admission inférieur à 8 % ! Ces résultats sont encore pires que ceux des deux autres examens où les taux de réussite étaient autour de 44% et prouvent effectivement un état de dégradation tout simplement incroyable, une hécatombe. Que vont devenir les ¾ qui ont échoué, ces dizaines de milliers d’enfants qui seront presque tous rejetés sans autre perspective dans les quartiers et sur les routes de la Méditerranée ? Comme l’a dit Bah Oury, le dirigeant du mouvement politique Renouveau : « Les défaillances structurelles de notre système éducatif depuis plusieurs décennies expliquent l’état économique et social de notre pays : une société profondément inégalitaire, un chômage massif, des candidats à la migration clandestine en croissance exponentielle et le mal-être ». Comment le PPAC n’arrive-t-il pas à saisir cela et à agir conséquemment ?
  • Le 09, une session extraordinaire de l’Assemblée nationale consacrée essentiellement à l’examen de la loi de finances rectificative 2019 est convoquée par le PPAC. Au cours de son discours introductif le président de cette institution donne un aperçu de la situation actuelle au niveau des finances du pays : « La faiblesse des dépenses d’investissements publics sur fonds propres est aussi particulièrement remarquable avec seulement  113,52 milliards de francs guinéens dépensés pour un objectif semestriel de 1294 milliards soit seulement 8,77 % ». Cela confirme bien mes analyses précédentes : l’absence d’actions concrètes et un pays à l’arrêt sur tous les plans et en particulier de l’investissement et des réalisations nationales.
  • Le 11, les pérégrinations du boss à l’étranger reprennent. Il s’envole pour le nord du Nigeria pour participer à la fête du mouton avec son homologue nigérian et en même temps se faire couronner ‘Roi’ du coin. Ensuite le 12 c’est direction Paris – retour à la maison – pour participer le 14 aux cérémonies du 75e anniversaire du débarquement en Provence.
  • Le 13, nous apprenons dans la presse helvétique que 4 wagons préhistoriques ont été vendus à la Guinée. En effet la société nationale des chemins de fer (SNCFG) voudrait lancer prochainement un service voyageur sur la ligne minière Conakry-Dubréka. Le hic c’est que comme d’habitude on a cherché le moins disant en sachant pertinemment les conséquences futures. Ces rames datent des années 1960 et ne roulaient plus depuis 2015. « Elles sont en bon état et ont été refaites au début de la décennie» confirme pour nous ‘rassurer’ Yannick Fournier, le responsable du service technique de l’unité matériel roulant de la société. Il rajoute « C’est une opération Win-Win. Nous vendons ce matériel à un prix d’ami à nos collègues africains. Cela rend l’opération neutre pour les MBC par rapport aux heures et aux manœuvres. Le transport coûtera beaucoup plus cher aux acheteurs que l’achat-même des véhicules ». Le Win pour nos amis suisses est évident mais le notre est très loin de l’être et ce train sifflera peut-être un jour mais sa durée de vie est déjà facilement prévisible.
  • Le 19, la descente aux enfers continue pour la presse guinéenne : le journaliste Aboubkr directeur général de Lynx FM et l’un des animateurs de l’émission ‘Œil de Lynx’ sont convoqués à la direction de la police judiciaire (DPJ). Le motif officiel n’est pas connu officiellement mais il semble que ce soit lié au passage d’une opposante virulente du PPAC dans une de leurs émissions phares. Le même jour Souleymane Diallo, le fondateur de la radio et l’un des doyens de la presse nationale est mis sous contrôle judiciaire dans la même affaire et il doit se présenter avec son journaliste tous les mercredis et vendredis pour pointer au parquet du tribunal de Kaloum. Ces convocations des hommes de presse se poursuivent de manière quasi-hebdomadaire après celles de Lansana Camara du site ‘conakrylive’, Moussa Yero Bah de la radio Espace, Mohamed Bangoura du site ‘mosaiqueguinee’, Thierno Maadjou DT Bah et Marwane Camara tous deux animateurs de l’émission Africa2015 de la radio nostalgie FM. Maintenant à la moindre critique sévère d’un haut d’en haut c’est la case justice/prison pour les journalistes et politiciens sous prétexte de violation de la loi sur la cybercriminalité qui date de 2017 alors qu’une loi sur les délits de presse existe depuis 2011. Mais je ne pense pas que cela suffira pour fermer la bouche à tous les détracteurs de ce régime. Finalement suite au tollé général, y compris dans la presse française (la seule qui fait peur au boss) le contrôle judiciaire de Souleymane Diallo est levé le lundi 26. La saga continue néanmoins pour son chef d’antenne.
  • Le 26, nous apprenons que l’état guinéen, au nom de l’autorité de régulation des postes et télécommunication (APRT), vient d’être notifié d’une décision du tribunal arbitral de Paris de payer plus de 20 millions de dollars à la société seychelloise Global Voice pour rupture abusive du contrat. Les audiences d’arbitrage se sont tenues à Paris la dernière semaine du mois de janvier 2019 et la sentence arbitrale a été rendue le 18 juillet. Selon le site Guineenews.com  « L’Autorité de Régulation des Postes et Télécommunications a signé un contrat avec le groupe GVG, en mai 2009, dont l’objet de ce contrat était de doter la Guinée de moyens techniques adéquats pour contrôler et de taxer les appels internationaux entrants et les appels nationaux, de lutter contre la fraude, de contrôler le spectre des fréquences, etc. Le Groupe GVG avait engagé le 08 décembre 2016, conformément aux règlements d’arbitrage de la chambre de commerce internationale, une procédure d’arbitrage pour voir la République de Guinée et l’ARPT condamnées à lui payer la somme de USD 106.558.720 au titre des impayés et de la résiliation abusive de l’accord de partenariat liant GVG à l’ARPT. Le Tribunal arbitral n’a pas pris en compte les faits de corruption ainsi que les arguments apportés par les avocats et a estimé que la République de Guinée et l’ARPT ont abusivement résilié l’Accord de partenariat et les a, de ce fait, condamnées à payer à GVG la somme de 21,7 millions USD ». Encore un bel exemple de comment on traite les entreprises étrangères qui viennent chez nous et des répercussions probables sur notre attractivité de futurs IDE (investissements directs étrangers).
  • Le 26, le marathon international du PPAC pour promouvoir son 3e mandat démarre effectivement. Après une semaine de vacances très secrètes en Italie pour se requinquer avant une mission compliquée il démarre par Yokohama (Japon) pour participer avec tous ses homologues du continent à la conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique (TICAD7). Les discussions en aparté ont dû chauffer. Puis, après quelques jours de visite de courtoisie chez nous il se rendra en septembre à la 74è assemblée générale de l’ONU à New York et ensuite en fin octobre à Moscou où il participera au premier forum Russie-Afrique. Il aura ainsi vu tout le monde à convaincre à 3 reprises (Asie, Amérique et Russie), la Chine étant déjà une affaire réglée. Pour mettre toutes les chances de son coté, selon le site bien informé des coulisses des pouvoirs africains ‘Africa Intelligence’ (du 28 août) des centaines de milliers d’USD ont été engagés pour recruter les services d’une firme américaine de lobbying et marketing d’image pour élargir le support international pour ce 3eOn est impatient de voir ce que cela va donner.
  • Pour : comme chaque mois, R.A.S…
  • Contre : concernant les résultats catastrophiques du bac le sociologue Aboubacar Mandela Camara nous offre une analyse pertinente de la situation et de voies à explorer pour en sortir (in mosaiqueguinee.com du 06 août) : « Le suspense est enfin levé ! Les résultats du bac unique session 2019 sont tombés tard dans la soirée du lundi, 05 Août, après environ cinq heures d’attente. Comme on pouvait s’y attendre, les larmes ont coulé cette année encore, frôlant de près l’inondation. Les observateurs avertis ne sont nullement surpris, contrairement à l’opinion générale. Ceci, nonobstant les diverses formes de fraude signalées un peu partout sur l’ensemble du territoire national. Quelles sont les principales remarques à retenir des résultats du bac unique session 2019 ? Quelles sont les raisons d’un tel naufrage ? Comment s’en sortir ? Ces questions nous interpellent tous. En effet, l’analyse objective des résultats du bac unique session 2019 nous pousse à ressortir les remarques ci-après : Première remarque: le taux de réussite de cette année (24,38%) est le deuxième taux le plus faible depuis 2011 (21,27%) et le plus faible des trois dernières années. Coté filles, c’est le quatrième taux le plus faible (20,52%), après 2011 (11,0%), 2017 (19,69%) et 2018 (21,00% ( ?). Deuxième remarque : En neuf ans de gestion sous l’égide du Pr Alpha CONDÉ jamais le bac unique n’a atteint 50% de taux de réussite ; le taux le plus élevé c’était en 2016 (42,27%). Quant aux filles, le taux n’a jamais atteint 40% ; le taux le plus élevé c’était également en 2016 (36,68%). Troisième remarque : Ce taux de réussite est, approximativement, le reflet du niveau de l’élève guinéen. Celui-ci est tellement bas qu’avec des examens crédibles, aucun taux de réussite aux différents examens, surtout au bac unique, ne peut dépasser 20%. Concernant les raisons d’un tel naufrage, nous pouvons évoquer entre autres : les grèves récurrentes, la médiocrité du système d’enseignement, le manque de vision pertinente et de confiance intérieure des élèves, le manque de stratégie efficace de révision et de suivi des élèves à la maison, la corruption généralisée, le dysfonctionnement du service en charge des examens…Comme solutions palliatives, nous suggérons : la nomination d’une nouvelle équipe de mission, compétente, intègre et vision pour refonder le système éducatif guinéen ; l’implication réelle des parents d’élèves et des organisations de la société civile dans l’encadrement des élèves et la qualification du système éducatif ; l’allocation d’au moins 25% du budget national de développement à l’éducation ; l’instauration d’une session de rattrapage au baccalauréat ; la mise en place d’un office national des examens et concours (ONEC) ; – la promotion de l’enseignement technique et la formation professionnelle. ». Hélas aucun responsable de cette situation ne lira cette proposition, la seule chose qui compte aujourd’hui pour eux étant la promotion de ce maudit 3e mandat et les avantages personnels qu’ils pourront en tirer.

Tic-tac, Tic-tac, la montre tourne ; aujourd’hui est le 3174e jour de l’ancien « Guinea is back » et du nouveau « changement radical » – déjà 08 ans, 08 mois et 10 jours ! Aladji-Professeur-Président voici ma suggestion SMART (Spécifique, Mesurable, Atteignable, Réalisable et Temporellement définie) du mois pour améliorer un peu votre Sanseman : boss, la situation catastrophique de notre système d’enseignement public devrait être votre principal souci actuellement au lieu de toutes vos manœuvres souterraines pour votre référendum. Même la presse étrangère qui suit notre pays en a fait ses choux gras. Voici ce qu’en dit le journal Jeune Afrique (Diao Barry et Fatoumata Diallo, le 06 Août 2019) : « Avec un taux de réussite au Bac de seulement 24,38 %, la Guinée fait pire qu’en 2018, année qui détenait jusque-là le pire record de l’histoire du pays. Entre grèves à répétition, déclin du secteur public et délaissement de la filière professionnelle, retour sur un échec collectif. L’examen du baccalauréat vient de battre en Guinée un triste record. Lundi 5 août, Abdoulaye Diarouga Diallo, le directeur national de l’enseignement secondaire, a annoncé officiellement, face à la caméra, les résultats du bac, cuvée 2019. Cette année encore, avec un taux de réussite de seulement 24,38 % – soit un taux d’échec de 75,62 % -, les élèves de terminale n’ont pas été au rendez-vous. Ce résultat est en effet le pire que le pays n’ait jamais enregistré… Le système éducatif guinéen ne prévoyant pas de session de rattrapage, peu de possibilités s’offrent à eux : retenter leur chance l’année prochaine dans des classes déjà surchargées, opter pour l’enseignement technique et professionnel, ou intégrer la vie active. Les chiffres livrés par l’Éducation nationale témoignent d’une croissance importante du nombre de candidats ayant concouru cette année, gonflé notamment par les recalés de 2018. Ils confortent également l’écart manifeste entre le privé et le public. L’institut Sainte-Marie, où le taux de réussite a été de 58,02 % pour le lycée de Ratoma et de 69,95 % dans la commune de Dixinn, contraste avec le lycée public de Yimbaya. Dans cet établissement où les classes sont surchargées – « pas moins de 200 élèves par classe », confie son proviseur, Mamoudou Sangaré -, le taux de réussite n’a été que de 10 %. Cette année encore, la « grève » des syndicats est l’argument avancé par les autorités pour trouver une explication à cet échec collectif. « L’année a été perturbée dès le départ. Plus de trois mois de cours à rattraper, c’est beaucoup ! La qualité baisse, tout comme le courage des lycéens, et les parents finissent par se lasser. Mais bien que nous ayons bouclé les programmes et revu le calendrier des examens, il faut reconnaître que ces résultats interpellent tout le monde : autorités éducatives à tous les niveaux, enseignants, parents d’élèves et même nos partenaires syndicalistes ». Patron, pour imager et simplifier la situation pour vous voici un peu d’arithmétique basique : prenons 100 enfants qui rentrent en 1e année. Seuls 44 d’entre eux obtiendront leur CEP (44%). Ensuite parmi ceux-ci seuls 19 auront leur BEPC (44%) et finalement parmi eux moins de 5 auront leur Bac (25%) – donc en dehors du très petit nombre d’entre eux qui sera récupéré et bien placé ailleurs par leurs familles plus de 90% des petits copains de maternelle iront à la casse de l’état ! Eehh Boss, après 9 ans du Sanseman que vous nous avez imposé et que vous voulez renouveler au nom de vos ‘résultats exceptionnels’ c’est vraiment pitoyable et inadmissible. Partout ailleurs les vraies causes et responsabilités auraient été situées immédiatement et des têtes auraient roulées. Cessez de chercher des boucs émissaires faciles et de jouer à l’autruche avec sa tête dans le sol. Ceci figurera en 1e place dans votre bilan final, promis….

Publié dans 2019 | Laisser un commentaire

Une Nouvelle Voie (Juillet 2019) : maintenant même les mamayas pro et anti-3e sont au point mort au pays

Bienvenue à mon bilan du 43 mois de la Condécratie version 2.0. Je continue mon exploration mensuelle des méandres des décisions importantes pour la Nation prises par nos nouveaux chefs en proposant des pistes de réflexions et d’actions qui pourraient être envisagées pour que le « vrai changement » soit effectif.

  1. Echantillon de paroles et pensées présidentielles du mois:
  • «Je rappelle aux journalistes que c’est une insulte au peuple de Guinée que lorsqu’on joue l’hymne national, que vous vous baladez. C’est un acte à sanctionner. Quand on fait l’hymne, tout le monde s’arrête pour respecter. C’est le respect de la Nation. C’est valable pour tout le monde. Que ça soit clair pour les journalistes » (le 13, à Dubréka, après la diffusion de l’hymne national avant son discours lors d’une mamaya pro-3e).
  • « La médecine a beaucoup évolué, notre retard est une chance pour nous… Nous avons construit des hôpitaux, c’est vrai. Nous sommes en train de moderniser l’hôpital Donka. Le Roi du Maroc est en train de construire un centre mère et enfant à Sonfonia. Bernard Kouchner a construit un autre à Coronthie. L’Inde a financé la construction de CHU à Nzérékoré et Kankan. L’Inde a proposé à notre pays un mémorandum d’entente dans le domaine de la médecine traditionnelle, de la télémédecine, l’électrification de deux cents infrastructures en Guinée ainsi que la construction de deux hôpitaux à Kindia et Labé… Quand un médecin découvre quelque chose il a un brevet et ce brevet assure non seulement son gagne-pain, mais aussi le gagne-pain de ses enfants et petits-enfants. Mais un guérisseur traditionnel n’a pas la possibilité pour le moment de breveter. Donc, il faut qu’il entoure sa découverte d’un très grand mystère. Alors que s’il y avait un système de brevet, si on avait intégré la médecine traditionnelle à la médecine moderne et que les connaissances de ces gens pouvaient être brevetées, cela renforcerait. Ça c’est un de nos points faibles. Il faut donc qu’on réfléchisse à cela et ça sera un des thèmes des états généraux de la santé que nous allons organiser» (le 20, lors d’une mamaya organisée par le corps médical pour magnifier ses réalisations de ‘grand bâtisseur et champion du développement de la Guinée’).
  • « La Guinée a eu son indépendance en 1958 et moi je suis devenu président seulement depuis 2011. Je crois que s’il y a des situations comme ça, je ne suis pas responsable. Mais il est de mon rôle de les soigner. Mais si les enfants de Bambéto se plaignent qu’il n’y a pas d’écoles, il n’y a pas de routes, je ne suis pas responsable de cette situation, il faudrait poser la question à ceux qui gouvernaient avant et pourquoi il n’y a pas eu ça, parce que s’il y avait eu ça, moi j’aurai fait autre chose. Ce que eux ils n’ont pas pu faire, nous nous allons le faire je vous le garantie… Ensuite, je suis contre le culte de la personnalité. Je suis vivant, je ne vois pas, qu’est-ce que j’ai fait de spécial pour que l’école porte mon nom alors qu’il y a d’autres personnes illustres en Guinée, donc ici nous allons donner le nom d’un grand intellectuel et un grand professeur mais qui est méconnu aujourd’hui, et la deuxième école aussi à un syndicaliste qui a servi la Guinée » (le 20, répondant à une question sur le manque d’infrastructures scolaires, lors de l’inauguration d’une école à Conakry).
  • « Celui qui ne veut pas travailler il va quitter son poste. Moi je marche dans la boue. Pourquoi pas vous ? » (le 23, en s’adressant à tous les administrateurs de l’intérieur lors d’une distribution de voitures et motos neuves aux préfets et sous-préfets pour faciliter leur corruption des masses rurales pour le 3e mandat).
  • Pour : sa stratégie ‘peu de discours improvisés farfelus’ en cette période trouble de campagne pour le 3e mandat est bien respectée pour le moment. Bravo pour avoir dit à vos fanas que vous êtes contre le culte de la personnalité. Bien sur personne dans l’assistance ne vous a cru car c’est ce qui passe en permanence et par toute votre administration, que vous soyez présent ou non, et pourtant c’est bien la 1e fois que vous le dites.
  • Contre : l’expression française de notre prési m’étonnera toujours, surtout quand on nous dit qu’il a deux doctorats de la Sorbonne de Paris. Quant à la reconnaissance que tous les investissements dans le domaine de la santé depuis qu’il est au pouvoir sont l’œuvre de financements externes cadeau ou de ses amis d’enfance il a bien raison mais franchement il n’y a vraiment pas de quoi s’en vanter. Au contraire il devrait plutôt le cacher quand on pense à tous les sous engrangés par les millions de tonnes de bauxite qui sont exportées tous les jours et qui devraient donc remplir les caisses de l’état.
  1. Les décisions et actions « positives » du mois :
  • R.A.S.
  • Pour : R.A.S…
  • Contre : 2 mois d’affilée sans aucun résultat concret du président ou de son gouvernement – il fallait le voir pour le croire. Que des conférences internationales et rencontres bilatérales avec des promesses de projets pharaoniques en milliards USD ; des séminaires et ateliers à perdiems ; des visites officielles, politiques et sociales à chaque opportunité ; des réceptions au palais pour tout petit boss cravaté qui débarque dans notre aéroport – quel pays !
  1. Les décisions et actions « négatives » du mois :
  • Le 04, le gouvernement somalien rompt ses relations diplomatiques avec la Guinée en affirmant que nous avons « violé la souveraineté et l’unité de la Somalie ». En réalité le PPAC a invité et reçu en grande pompe le président du Somaliland, un territoire dissident depuis 1991, pour une visite officielle de 3 jours à Conakry. Comme si nous n’avions pas déjà assez de problèmes sur nos têtes, voila qu’on vient se mêler de ceux du coté opposé du continent. Toujours ce même petit esprit de provocateur communiste du PPAC. Il dirait quoi si un pays africain soutenait officiellement une des régions de la Guinée qui se proclamerait indépendante ?
  • Le 07, je découvre les résultats du nouveau rapport ITIE (Initiative de Transparence des Industries Extractives) sur les données compilées pour 2017. La Guinée a adhéré en 2005 et elle présente un rapport annuel d’évaluation depuis 2012. Bien sur les revenus globaux ont augmenté sensiblement par rapport à 2016 (+46.3%) parce que nous exportons chaque jour beaucoup plus de terre rouge, mais nous pourrions en faire 20 fois plus simplement en la transformant en alumine chez nous avant de l’exporter. Par contre certaines des données font froid dans le dos : « Avec une production annuelle déclarée de 29.765.359 tonnes, la SMB a apporté à l’état 841.297.548 099 GNF. La CBG elle qui en 2017 n’a produit que 17.504.168 de tonnes de bauxite a fait bénéficier à l’état 1.100.276.686.750 GNF. Ce qui ressort donc de ces chiffres c’est que la contribution de la CBG en termes de paiement est beaucoup plus importante que la SMB en faveur de la Guinée. Ainsi la CBG a enregistré une production qui est inférieure à celle de la SMB de plus de 12 millions de tonnes, la CBG a apporté aux caisses de l’Etat plus de mille milliards de Franc-guinéen. Côté contribution au développement local également c’est la CBG qui vient en première position en triplant le montant versé par la SMB, avec 26.523.798.926 GNF, contre 08.968.242.665 GNF pour la SMB. Au niveau de l’emploi le constat révèle le même schéma avec la CBG qui emploie beaucoup plus que la SMB. Ils sont 2.382 dont 2.341 Nationaux à la CBG soit le double des 1.164 dont 1.045 Nationaux travailleurs de la SMB ». De nombreuses explications plus ou moins farfelues sont offertes pour expliquer ce paradoxe, en particulier que la Guinée est propriétaire des principaux investissements miniers pour la CBG (port, chemin de fer et cité de logements qui sont donc loués par l’état à la société) mais la réalité reste flagrante : un contrat signé en 1963 est beaucoup plus rentable qu’un autre plus important signé en 2014. Donc on négocie beaucoup moins bien malgré plus de 50 années d’expérience en négociation et signature de contrats miniers à moins que les raisons se trouvent plutôt là où on le pense : pots de vin, dessous de table et toute la riche panoplie d’autres formes de corruption au détriment des caisses de l’état.
  • Le 08, le pot aux roses concernant les détournements massifs au nom du financement de notre équipe de football à la CAN 2019 font la une de tous journaux à tel point que la presse locale parle de ‘Syligate ». Coté foot le bilan est minable : 2 défaites, un match nul et une victoire contre la plus faible équipe du tournoi (le Burundi) donc rien sur le plan sportif – ni d’étonnant vu la qualité de la préparation et l’environnement ambiant autour de notre équipe. Par conte sur le plan financier c’est impressionnant : une facture de plus de 62 milliards de francs guinéens soit plus de 6 millions d’euros ! Bien sur les boucs émissaires pleuvent, en particulier l’entraineur belge. Mais les dirigeants du football guinéen (fédération et ministère des sports) refusent de reconnaître qu’ils étaient les seuls ordonnateurs de ces dépenses et que ce sont eux qui ont recruté l’entraîneur Paul Put en sachant bien qu’il était un personnage louche déjà condamné par la justice de son pays à deux ans de prison pour corruption et trucage de matches, radié à vie par la fédération belge de football et congédié comme entraîneur de la Jordanie. Et oui, le football comme toute autre entreprise gérée par l’état n’est qu’à l’image de l’anti-gouvernance du pays – et ce n’est surement pas l’audit demandé par notre PM, qui est classé parmi les plus grands pilleurs historiques du pays, qui va nous rassurer dans ce dossier fumeux.
  • Le 16, un des dirigeants du FNDC Mr Oumar Sylla ‘Fonike Mangue’ est mis aux arrêts au quartier Gbessia (Conakry) pendant qu’il récupérerait des T-shirts estampillés FNDC chez un fournisseur. Il est conduit de force à la DPJ (direction de la police judiciaire). Ensuite un autre leader venu s’enquérir sur son sort, (Mr Sékou Koundouno), par ailleurs coordinateur de la Cellule Balai Citoyen, est lui aussi mis aux arrêts. Motif de ces arrestations : ils portaient des T-shirts estampillés FNDC ! Vu le tollé général ils sont relaxés provisoirement au bout de quelques heures de détention en attendant une comparution prochaine à la direction nationale de la police judiciaire.
  • Le 22, les premiers résultats des examens scolaires sont diffusés par le ministère de l’éducation et ils sont à la hauteur de la qualité de l’enseignement dispensé dans nos écoles. Pour l’examen de CEP (entrée en 7e), sur 228.869 candidats au plan national il n’y a eu que 92.747 admis (dont 38.127 filles), soit un taux d’admission de 44,46 % !
  • Le 24, le préfet de Kindia donne des précisions sur comment les fonds distribués par l’ANAFIC (agence nationale de financement des collectivités) sont la principale source de financement de la campagne de corruption et d’achats des consciences et des votes pour le 3e mandat : « Les administrateurs territoriaux pour qu’ils puissent faire le suivi de la mise en œuvre de ce programme que l’état doit accompagner, il a été décidé par monsieur le président de la république que le gouverneur reçoit 10 millions ; le préfet 7 millions ; les sous-préfet, 4 millions par mois pour leur faciliter la mobilité, la mise en œuvre de leur mission à savoir le développement des collectivités ». Imaginez ensuite les montants distribués aux autres niveaux de l’administration et aux populations du pays profond pour acheter leur vote le jour du référendum. Voila comment les hommes du pouvoir gagnent toujours toutes les élections chez nous. Les notions ‘élection’ et ‘démocratie’ sont totalement antagoniques comme dans toutes les républiques bananières d’où les contestations systématiques des opposants après chaque scrutin.
  • Le 25, la bataille rangée entre pro et anti-3e se déplace à l’étranger vu sa disparition au pays : lors d’un séjour du PPAC à Monrovia pour participer aux festivités de la fête d’indépendance une grande mamaya a été organisée par les pros pour accueillir leur champion. Les antis ont réussi à infiltrer la salle en se déguisant mais dès que les démagogues ont commencé leurs chants favorables au 3e les autres ont ressorti leurs T-shirts rouges et une bagarre généralisée a commencé. Finalement la police libérienne a dû réagir avec gourdins et gaz lacrymogène. On compte plusieurs blessés et cinq interpellations. Et la réception grandiose du boss a été annulée illico. Quelle belle image nous offrons, même hors de nos frontières.
  • Le 25, lors du conseil des ministres, celui du tourisme a fait l’état des lieux de son secteur. Il s’avère que le taux d’occupation moyen des hôtels de Conakry est de 27% – donc ils tournent pratiquement à vide. Voila le triste résultat de cette folie de construire pleins d’hôtels de luxe pour faire concurrence à Dakar et Abidjan pour des raisons purement démagogiques et donc avant tout des éléphants blancs. Mais bon, les grands groupes hôteliers qui en sont les propriétaires exclusifs ont le dos large, ils ont saturé le marché et prévision de la fin du Sanseman (inch Allah en 2021) pour que les bonnes affaires puissent vraiment commencer.
  • Le 29, les carences du système éducatif national sont mises à nu une 2e fois, les statistiques des résultats du BEPC sont publiées. Sur les 136.970 candidats ayant composé (dont 58.190 filles) seuls 60.413 sont admis (dont 24.582 filles) soit un taux de réussite de 44, 11%. Pour rappel les résultats du CEP étaient de 44,46%. Pour boucler la boucle attendons de voir maintenant ceux du baccalauréat. C’est tout simplement déplorable et triste pour l’avenir de nos enfants dans ce village mondial de plus en plus compétitif.
  • Le 29, selon le journal Le Démocrate (source : document officiel de la Banque centrale publié sur le site emergencegn.net) : « L’encours de la dette de la Guinée a atteint le niveau de 2,4 milliards de USD en juin soit 21,7% de son PIB, selon la BCRG. À cette même période le service de la dette publique extérieure du pays, troisième exportateur mondial de bauxite, se situait à 108,2 millions de $. La Guinée s’endette à un rythme fulgurant ce qui inquiète plusieurs de ses partenaires parmi lesquels le FMI. Il convient de noter que l’encours de la dette guinéenne se situait à 2,1 milliards USD en 2018, contre 1,77 milliard USD en 2017 et 1,34 milliard USD en 2014 ». Bye-bye la quasi-annulation de la dette grâce au PPTE en 2011 – on s’endette de plus en plus tous les jours mais on ne voit rien de ces sous dans le pays. Quant au remboursement c’est le problème de nos enfants et petits enfants, pas les nôtres.
  • Pour : comme chaque mois, R.A.S…
  • Contre : concernant le Syligate l’écrivain et éditorialiste Tierno Monenembo résume bien cette situation sur le site point.fr (11 juillet) : « Près de 3 millions d’euros rien que pour le transport opéré sur la base d’un contrat signé de gré à gré avec l’agence de voyages SMC Négoce. Il ne s’agit là que des dépenses effectuées à la date du 25 juin. Il faudra y ajouter le séjour des joueurs, du staff technique, des officiels et des 500 supporteurs (choisis sur quels critères ?), le billet retour, l’achat des équipements sportifs et sanitaires et bien d’autres petites bricoles aux frais du contribuable dans un pays où le salaire moyen avoisine les 56 dollars et où près de 40 % de la population vit sous le seuil de la pauvreté. La Guinée, qui est l’un des pays les plus corrompus du monde, a fait de la pêche, du football et des mines des zones de non-droit où tous les coups sont permis, où l’odeur de l’argent facile attire tous les malfrats du monde. Les 60 milliards évoqués ici ne sont que le nuage d’une fumée qui vient de lui. Il faudrait des yeux de lynx et une patience de Grisélidis pour en percevoir les braises ardentes. Songez qu’après l’affront subi devant l’Algérie, le staff du Syli (17 personnes au moins !) s’est enfui dès potron-minet sans prévenir ni le président de la Féguifoot ni même l’entraîneur qui l’a embauché. Ce n’est pas moi qui le dis, c’est Antonio Souaré, le président de ladite fédération : « Le staff technique a disparu au petit matin après la défaite… Il y a eu des manquements. Jamais il n’y a eu autant d’investissements dans le football guinéen. J’ai dit à l’entraîneur qu’il y a des informations qui circulent et qu’il faut qu’il nous dise la vérité. Nous lui avons dit qu’il n’a plus la main sur l’équipe. » Pauvre Syli national que l’on accuse de tous les maux, et celui de manque de patriotisme ! ».

Tic-tac, Tic-tac, la montre tourne ; aujourd’hui est le 3143e jour de l’ancien « Guinea is back » et du nouveau « changement radical » – déjà 08 ans, 07 mois et 10 jours ! Aladji-Professeur-Président voici ma suggestion SMART (Spécifique, Mesurable, Atteignable, Réalisable et Temporellement définie) du mois pour améliorer un peu votre Sanseman : Presi, il faut vraiment recommencer à nous offrir quelques activités et résultats qui vaillent la peine de mes conseils avisés. Depuis le début de l’année il se passe trop peu de choses dans ces domaines-là et depuis 2 mois il n’y a plus rien du tout. Votre programme journalier est connu de tous maintenant et il est franchement ‘boring’ : ouverture de conférences à promesses pharaoniques ou de séminaires à perdiems, réceptions dans votre palais d’invités venus de l’étranger que ce soit des chefs d’état ou de simples VRP de sociétés chinoises ou indiennes, rares escapades rapides à l’étranger pour des rencontres internationales, visites de condoléances partout où on vous en informe et veut bien vous recevoir…ect. Si ça continue comme ça je n’aurais plus rien a vous écrire car il est quand même hors de question que je vous conseille sur vos prouesses footballistiques face à Georges Weah.

N’ayant donc rien d’intéressant ce mois-ci j’ai parcouru et résumé pour vous le rapport 2018 de l’Indice Ibrahim de la gouvernance africaine (source : IIAG 2018, fondation Mo Ibrahim) qui nous a été présenté sur le site Guineenews.com. Ce document qui classe tous les pays du continent juge la performance des régimes sur la base d’une centaine d’indicateurs répartis dans quatre grandes familles (sécurité et état de droit ; participation et droits de l’homme ; développement économique durable ; développement humain).  Pour l’année 2018 ce rapport célèbre les 10 pays les mieux gérés d’Afrique qui sont par ordre de mérite l’Ile Maurice, les Iles du Cap Vert, la Namibie, l’Afrique du Sud, le Ghana, le Benin, les Seychelles, le Rwanda, la Tunisie et le Sénégal.  Ce rapport mesure aussi la tendance du score sur la période 2008-2017. Voici quelques éléments croustillants sur votre gouvernance : « La tendance ente l’année 2008 qui correspond à la fin du régime de Lansana Conté et l’année 2017 qui correspond à peu près au milieu du deuxième mandat d’Alpha Condé représente plus de trois quarts du règne d’Alpha Condé.  Le rapport est donc utile pour évaluer l’héritage des deux mandats d’Alpha Condé. Dans le rapport IIAD 2018, la Guinée d’Alpha Condé est classée 37ème en Afrique avec un indice de bonne gouvernance 45.9/100, qui est en dessous de la moyenne de 49.9/100 pour toute l’Afrique. A cause des (ses) faiblesses la performance de la Guinée d’Alpha Condé classe le pays loin derrière ses voisins. Avec Macky Sall, le Sénégal vient en tête parmi nos voisins et occupe la 10eme place en Afrique. Issoufou du Niger et Ouattara de la Côte d’Ivoire qui ont accédé au pouvoir durant la même année qu’Alpha Condé ont réalisé des scores remarquables.  Le Niger se classe 20ème et la Côte d’Ivoire, malgré la crise profonde qui l’avait secouée entre 2008 et 2011, a pu se hisser à la 22ème place, ce qui est la meilleure amélioration de score en Afrique. C’est d’ailleurs pour célébrer cette performance exceptionnelle que Mo Ibrahim a tenu à lancer le rapport le IIAG le 06 avril passé à Abidjan en présence de Ouattara. Nos deux voisins qui sortent d’une guerre civile dévastatrice, en l’occurrence le Liberia et la Sierra Leone, sont respectivement classés 23ème et 26ème, loin devant la Guinée. Même le Mali en guerre est classé 28ème, est de loin mieux loti que la Guinée (37ème place) qui patauge dans la ligue peu glorieuse de pays qui ont connu des difficultés sérieuses de leadership, tels que le Zimbabwe, le Gabon, le Burundi, le Soudan, la RCA, la Libye et la Somalie. Et vous osez nous dire en face que toute cette cata est l’œuvre de Satan Touré, de Fory Coco et du petit dadais Dadis alors que vous régnez en Guinée depuis près d’une décennie ? Boss, avec des résultats pareils je ne comprends vraiment pas votre entêtement pour un 3e mandat afin de terminer je ne sais quels projets qui inverseront cette tendance. Toute personne saine dirait ‘Bon ça suffit, je dois partir au plus vite avant que ces Guinée-haine, impossibles à gouverner, ne coulent totalement ma place dans l’histoire de mon pays’. Le Sanseman est un échec Prési, vous devez le comprendre et l’admettre maintenant. Tous vos compatriotes le savent et la centaine de courtisans qui vous disent le contraire ne pensent pas une minute à vous mais uniquement à leurs petits intérêts personnels. Quant à vos partenaires et amis externes ils le savent aussi, se le chuchotent à voix basse dès que vous leur tournez le dos et ils en rigolent ensuite publiquement. Cessez de vous ridiculiser et de nous ridiculiser en même temps. Allez, it’s really time to go et ciao pantin de la république !

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Une Nouvelle Voie (Juin 2019) : en dehors des mamayas des ‘pros-3e’ menés par le PPAC et des contre-manifs des ‘antis-3e’ le pays est à l’arrêt total

Bienvenue à mon bilan du 42 mois de la Condécratie version 2.0. Je continue mon exploration mensuelle des méandres des décisions importantes pour la Nation prises par nos nouveaux chefs en proposant des pistes de réflexions et d’actions qui pourraient être envisagées pour que le « vrai changement » soit effectif.

  1. Echantillon de paroles et pensées présidentielles du mois:
  • «Une guinéenne a eu un prix pour la création d’un Smartphone ce qui montre les progrès accomplis malgré notre retard. Mais nous ne devons pas perdre de vue que l’utilisation des technologies nouvelles fait peser une menace sur la protection des droits humains et des menaces d’ordre économique et moral. Aujourd’hui nous sommes connectés en permanence en ayant le monde dans notre poche ou sac à main… (répondant au zélé et démagogue ministre des télécoms) Vous vous glorifiez mais je vais vous doucher un peu. Vous dites que l’achat d’internet en Guinée est de 30%, je crois. Mais sur le plan africain c’est de 50%, oui ou non ? Nous nous vantons qu’on a 4.000 km de fibre optique mais le Rwanda qui a une superficie 8 fois inférieure a combien de kilomètres ? Certes nous venons de loin mais soyez un peu modeste car le chemin est long… Quand il s’agit de défendre l’Afrique et représenter le peuple africain le président Deby est toujours là. C’est pourquoi j’ai dit à tous les chefs d’état qu’il a un titre, en attendant que son fils prenne la relève, il est le commandant en chef des troupes africaines et le chef d’état-major » (le 11, lors des inaugurations de la 4e édition de la semaine du numérique à Conakry et d’un rencontre africaine sur les énergies renouvelables).
  • Pour : depuis le lancement officiel de sa traque au 3e mandat il ne fait presque plus de discours improvisés car il a enfin compris qu’ils sont trop remplis de promesses mirobolantes, d’insultes à son auditoire et de gestes dignes d’un intoxiqué. Néanmoins son griot/ministre des télécoms a quand même reçu une fessée présidentielle bien méritée. Sûrement les conseils de ses proches car il faut qu’il parle le moins possible dans cette période sensible pour son pouvoir.
  • Contre : quelle contorsion d’esprit : une Guinéenne crée un Smartphone (vraisemblablement en Chine) et il nous parle de progrès national ! Et il vante en plus la dynastie dictatoriale en gestation d’Idriss Deby en lui décernant le titre de « chef d’état major des troupes africaines » en attendant qu’il n’impose son fils pour le remplacer. Un autre exemple de pourquoi il ne devrait effectivement jamais faire de discours improvisé. C’est incroyable quand même venant d’un supposé communiste panafricaniste. Voila comment le pouvoir absolu peut changer un homme.
  1. Les décisions et actions « positives » du mois :
  • R.A.S.
  • Pour : donc R.A.S.
  • Contre : imaginez un mois entier sans aucune action positive ni réalisation concrète ! On ne voit que des séminaires et conférences avec des déclamations de projets hypothétiques en milliards de dollars, des première/dernière pierres et des promesses irréalistes car sans fondements et sans planification qui sont déversés dans la matinée dans la presse en ligne et les journaux locaux et tous les soirs à la TV. Les seuls bénéfices que les pauvres participants en retirent sont des perdiems, des frais de transport et des sandwichs/jus distribués à chaque pause donc personne ne se plaint. Voici où nous en sommes actuellement.
  1. Les décisions et actions « négatives » du mois :
  • Le 31 mai, un étudiant âgé de 21 ans en licence 2 informatique (Amadou Boukariou Baldé) est battu à mort par des agents des forces de l’ordre à l’université Hafia de Labé. Suite à une protestation assez violente (jets de pierre) des étudiants devant le bâtiment de la direction une administratrice de l’université a appelé le gouverneur de la région, un ancien tortionnaire du camp Boiro. Celui-ci y a immédiatement envoyé ses forces de désordre avec gourdins et fouets. On compte également de nombreux blessés par fractures. Drôle de façon de calmer les protestations habituelles dans toutes les universités du pays en raison des conditions minables de vie et d’enseignement. On attend de ces malheureux qu’ils subissent leur galère quotidienne avec résignation et espoir d’un lendemain meilleur mais ils ignorent que cette jeune génération n’encaisse plus ce que les précédentes subissaient sans plaintes. Donc cette journée est suivie d’une grève générale des cours ainsi qu’une semaine de deuil national dans toutes les universités du pays.
  • Le 05, les marches et manifestations violentes des femmes de Fria contre la préfète Gnalen Condé reprennent de plus belle. Le lendemain elles organisent un sit-in dans la cour du bloc administratif préfectoral, comme quelques semaines auparavant, mais cette fois-ci jusqu’à la satisfaction de leur revendication qui est le départ définitif de celle-ci. Elles promettent de camper sur place 24h/7 jours le temps qu’il faudra. Le mois dernier une 1e flambée de colère s’était soldée par de nombreuses blessées et des dégâts matériels dans les bureaux de la préfecture. La liste des plaintes est longue mais les principales sont le détournement des frigos destinés aux femmes de la préfecture, du favoritisme dans le recrutement dans l’armée et à l’usine d’allumine Rusal-Friguia, le détournement des frais de transport des femmes lors d’une mamaya organisée lors d’une visite du PPAC et aussi son immixtion dans la gestion de la mutuelle des femmes (MUFFA) de Fria. Le train-train habituel de tous les hauts fonctionnaires dans toutes les préfectures mais pour une fois la gente féminine d’une d’entre elles a dit ‘Niet, ça suffit chez nous’.
  • Le 13, les affrontements de rue reprennent entre les membres du FNDC (Front National pour la Défense de la Constitution) et les forces de désordre dans la ville de Nzérékoré. Les militants avaient informé préalablement, et conformément à la loi, la mairie qu’ils organiseraient une marche pacifique ce jour-là mais le maire avait répondu négativement au nom de la ‘paix dans la cité’. Tôt le matin un important dispositif sécuritaire a été déployé dans la ville, particulièrement au point de ralliement de la manifestation appelée par les leaders de l’antenne régionale. De leur côté ces derniers décident d’aller au bras de fer avec les miliciens de l’état. Ils ont appelé tous les citoyens de la ville à sortir braver l’interdiction de leur marche. Les manifestants, apparemment très remontés, ont réussi finalement à barricader les axes du quartier Scierie même si le reste de la marche a été vite étouffée. Les manifestants jetaient des cailloux et les miliciens répondaient avec leur gaz lacrymogène. Au niveau du grand marché tous les magasins et boutiques sont restés clos. Puis plusieurs manifestants sont mis aux arrêts. Le bilan final est très lourd : 1 mort (Mouctar Condé, poignardé au cou), un autre blésé grave par balle, une trentaine de blessés légers ainsi que de nombreux dégâts matériels (surtout des boutiques attaquées et pillées).
  • Le 16, la traque aux opposants au 3e mandat s’étend même dans les maisons qui abritent leurs réunions comme s’ils étaient désormais des hors-la-loi traqués par le pouvoir. C’est quand même incroyable de poursuivre et d’arrêter des gens en réunion dans une cour privée alors qu’il n’y a ni manifestation publique et donc ni le prétexte habituel de ‘violence et troubles à l’ordre public’. Mais où va-t-on ? Et dire que le PPAC était membre des « Forces Vives » lors des règnes de Fory Coco et du petit dadais-Dadis et que cette structure était identique, y compris en composition, au FNDC actuel.
  • Le 19, un autre procès est lancé contre des manifestants anti 3e mandat de Nzérékoré : les 34 personnes arrêtées lors de la manifestation organisée le 13 comparaissent devant le tribunal de première instance de cette ville. Parmi eux se trouve un enfant sourd-muet ! Suite à l’indignation et aux protestations de tous ceux présents ce dernier sera sorti du box des accusés mais sera néanmoins maintenu près des autres prisonniers dans la salle. Il faut noter que ce procès démarre le lendemain de l’ouverture locale de négociations directes entre les responsables de l’antenne régionale et les autorités de la région – mauvaise foi quand tu nous tiens. Des propositions d’apaisement sont faites aux activistes anti-3e pour mettre fin à la crise qui secoue la ville. Avec l’ouverture de ce procès avant même la fin des discussions il est clair que l’on se dirige de nouveau vers un dialogue de sourds car les propositions sur la table ne prennent pas en compte leurs principales revendications qui sont la libération des personnes arrêtées et le libre exercice de leurs activités sur le terrain.
  • Le 19, une note confidentielle en français et en anglais est adressée à toutes les représentations diplomatiques et consulaires de Guinée sur  les guidelines de leur communication sur la nouvelle constitution. Elle leur demande d’en tirer ‘les éléments de langage’ et en assurer une large diffusion au niveau des autorités auprès desquelles elles sont accréditées. Lisez plus bas ce que cette ‘note confidentielle’ de 5 pages leur demande de dire. Le lendemain le ministre a vu rouge et envoyé une note à son personnel pour promettre de punir la personne responsable de la fuite dans la presse. On peut donc en conclure que l’officialisation du referendum pour cette nouvelle constitution est imminente avec cette information directe de la communauté internationale. Les arguments restent toujours aussi légers et peu convaincants qu’ils ne pouvaient pas tout simplement être introduits dans une simple révision de la précédente – sauf pour les 2 nouveaux mandats souhaités bien sûr. Tout ça semble désespéré et pathétique mais au moins ils ne parlent plus ici de « l’obligation d‘incorporer la 3e génération de droits de l’homme et le mot panafricanisme » comme dans leurs justifications précédentes.
  • Le 25, les députés approuvent une loi donnant officiellement aux gendarmes le droit de tirer à balles réelles sur la population. Cette loi a été votée à la majorité simple de l’assemblée RPGiste mais aussi avec l’abstention de certains opposants. Les députés de l’opposition dure (UFDG) ont voté Non et dénoncé une loi dangereuse pour la population mais ceux du pouvoir la justifie par l’existence accrue de dangers auxquels sont exposés les agents de sécurité dans leurs opérations. Certes c’est déjà le cas depuis toujours chez nous puisque les gendarmes ont toujours détenu et fait usage de leurs armes de guerre dans leurs opérations lors des manifestations de civils mais c’est désormais en plus légal donc non punissable par les tribunaux. Le PPAC et les miliciens sont aux anges – les antis-3e sont prévenus.
  • Le 25, la cour suprême prend enfin une décision concernant le procès du 28 septembre 2009 mais pas celle que l’on pouvait espérer. Selon un résumé publié sur le site gbassikolo.com citant le journal Jeune Afrique : « La cour suprême de Guinée a rejeté mardi le pourvoi partiel formulé par les parties civiles contre la requalification en « crimes ordinaires » du massacre du 28 septembre 2009 et le non-lieu en faveur d’officiers militaires. Cet arrêt, qui ne peut faire l’objet d’aucun recours, clôt définitivement l’instruction et ouvre la voie à la tenue du procès, « s’il y a une réelle volonté politique » selon l’avocat des victimes. Bloquée par des contraintes, notamment financières, l’ouverture du procès était également paralysée par un recours partiel formulé par les parties civiles contre l’ordonnance de renvoi devant la juridiction de jugement prise le 29 décembre 2017 par le pool de juges d’instruction. Formulé le 9 janvier 2018 par les avocats des parties civiles, le recours rejeté auparavant par la Cour d’appel de Conakry contestait le non-lieu accordé au général Mathurin Bangoura, actuel gouverneur de la capitale guinéenne et à Bienvenu Lamah, commandant d’une milice stationnée au camp de Kaléah (préfecture de Forécariah, au sud de Conakry). Dans son ordonnance de non-lieu, le pool des juges d’instruction n’a pas retenu « de charges suffisantes contre eux », regrette la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme (FIDH). « Plusieurs dizaines des ses recrues [de Bienvenu Lamah], en tenue civile et armées d’armes blanches, ont participé au massacre », estime-t-elle. L’autre contestation portait sur la requalification des chefs d’accusation de « crimes contre l’humanité », qui pèsent sur les auteurs présumés du massacre du 28 septembre 2009. « La Cour suprême a déclaré les parties civiles mal fondées dans leur pourvoi. Elle a donc adopté la position de la Cour d’appel, qui a considéré le massacre du 28 septembre comme étant des “crimes ordinaires” », explique Me Hamidou Barry, coordinateur du collectif des avocats des victimes du massacre. Et pourtant, le rapport des Nations unies qui a été versé au dossier de la procédure a qualifié le massacre de crimes contre l’humanité, défend Me Barry. ». Il ne leur reste plus qu’à lancer rapidement ce procès et acquitter tous les présumés coupables, sauf Dadis et Toumba.
  • Le 27, le PPAC met fin au secret de polichinelle national et saute enfin de plein pied dans l’affaire des pros- 3e surnommée chez nous ‘référendum pour une nouvelle constitution’. Il y va néanmoins de manière sournoise et hypocrite par un petit paragraphe en début de compte-rendu officiel du conseil des ministres : « Le Président de la République a pris acte de la volonté librement exprimée par la totalité de membres du Gouvernement de s’inscrire résolument dans la dynamique du Référendum pour une nouvelle constitution reflétant l’aspiration légitime du Peuple de Guinée à se doter d’institutions et de lois plus adaptées à l’évolution de la situation socio-économique ». Il n’a même pas eu le courage de venir nous le dire en face et devant le petit écran. Mais le plus ridicule est de le justifier par la volonté librement exprimée des ses ministres – élus uniquement par lui – et qui n’ont donc aucune légitimité pour engager le ‘peuple’ de Guinée. C’était vraiment la pire justification imaginable.
  • Le 29, le PPAC débarque à Abuja (Nigeria) pour le sommet ordinaire de la CEDEAO. Il ne fait aucun doute qu’il s’y rend malgré lui car il va s’y faire griller par la grande majorité de ses pairs et en particulier tous ceux qui dominent notre région, suite à l’officialisation de son référendum pour un 3e Seul le petit poucet et benjamin du groupe, Gnassingbé Jr applaudira. Et dire qu’il voulait en plus diriger cette organisation pour 2019-2020, pendant la dernière année de son 2e mandat – certains ont dû le prévenir que cela finirait par une désaveu cinglant et une honte pour lui.
  • Pour : comme chaque mois, A.S…
  • Contre : concernant l’attaque de la maison abritant la réunion des FNDC à Conakry, le site guineematin.com (Alpha Assia Balde) résume : « Plusieurs acteurs politiques de l’opposition, des activistes de la société civile et d’autres citoyens engagés dans la lutte contre un troisième mandat en Guinée étaient réunis au siège de la Maison des Associations et ONG de Guinée, situé à Yimbaya marché, dans la commune de Matoto. C’était pour lancer officiellement le mouvement « AMOULANFE » (ça ne marche pas). Mouvement opposé au projet de changement de constitution prôné par les autorités guinéennes et dont l’objectif est de permettre au président Alpha Condé de briguer un troisième mandat en 2020. Mais, à la fin des discours, et au moment où les artistes présents faisaient leur prestation, deux pick-up de la Compagnie Mobile d’Intervention et de Sécurité (CMIS) de Matoto sont arrivés sur les lieux. Ils ont débarqué une dizaine d’agents à la rentrée principale du siège. Pris de panique, plusieurs jeunes ont escaladé le mur pour se sauver, tandis que d’autres se sont enfermés dans les locaux. Dans la cour, les policiers ont interpelé au moins deux personnes avant de pulvériser le siège de gaz lacrymogène. Il a fallu la sortie du vice maire de la commune de Matam, Badra Koné, pour que les policiers quittent les lieux avec les deux personnes interpellées. Quelques minutes plus tard, ils sont revenus avec un troisième pick-up en renfort. Mais, cette fois, les agents n’ont trouvé personne sur les lieux ». Sur les instructions à suivre par nos diplomates à l’étranger voici le résumé du site africaguinee.com : « Cette note a pour objet d’exposer les principaux motifs, la procédure à envisager et les innovations à proposer pour cette nouvelle Constitution. Dans les observations de principe, on balaie les arguments des opposants au projet de nouvelle constitution tout en rappelant  certains principes philosophiques du siècle des lumières (XVIIIème). Si le président d’une transition militaire a pu présenter une nouvelle constitution au peuple, on ne peut dénier une telle compétence à un président élu par le peuple. Il n’a besoin d’aucun nouveau mandat pour cela », lit-on sur cette note. Pour justifier l’adoption d’une nouvelle Constitution, on se fonde sur l’argument selon lequel, la constitution de mai 2010 recèle des lacunes qui méritent d’être corrigées. Parmi celles-ci, l’on cite : Son mode d’adoption, les attributions au niveau de l’exécutif,  le plan normatif au plan du contrôle législatif sur l’action de l’exécutif etc. Se fondant sur l’article 51 de l’actuelle Constitution, l’on mentionne que le président de la République peut soumettre au peuple le projet d’une nouvelle Constitution ». Je vous défie d’y comprendre quoi que ce soit de convaincant !

Tic-tac, Tic-tac, la montre tourne ; aujourd’hui est le 3112e jour de l’ancien « Guinea is back » et du nouveau « changement radical » – déjà 08 ans, 06 mois et 10 jours ! Aladji-Professeur-Président voici ma suggestion SMART (Spécifique, Mesurable, Atteignable, Réalisable et Temporellement définie) du mois pour améliorer un peu votre Sanseman : boss, pardon il faut laisser ces pauvres militants du FNDC protester comme ils le veulent puisque vous avez dit partout que chacun est libre de ses opinions sur le sujet de votre nouvelle constitution. Pourquoi vous les faites traquer même dans leurs salles de réunion comme dans la journée du 16 ? Allez-vous les marquer « WANTED » sur le front et les chasser comme si c’était un groupe terroriste ? Avez-vous oublié que vous avez fait exactement la même chose du temps de vos prédécesseurs  Conté et Dadis ? L’ancien bâtonnier de l’ordre des avocats (Me Mohamed Traoré) vous le rappelle clairement dans une tribune ce mois-ci : « De 2006 jusqu’à la mise en place des organes de la transition en 2010, les Forces Vives ont mené toutes leurs activités sur le terrain sans aucune entrave et sans aucune menace. Ni le Général Lansana Conté, ni le Capitaine Moussa Dadis Camara n’a cherché à diaboliser  ses membres encore moins à les  » traquer ». Les Forces Vives étaient composées, tout comme l’actuel Front National pour la Défense de la Constitution, de tous leaders politiques et acteurs de la société civile représentatifs d’alors. On y retrouvait en particulier, le RPG, l’UFDG, l’UFR, l’UPG, le CNOSCG, la CNTG, l’USTG. Et les Guinéens, dans leur grange majorité, se reconnaissaient en eux. Elles étaient parvenues à créer de nombreuses difficultés au régime Conté et au CNDD en réussissant à imposer au premier un Premier ministre avec un gouvernement de large consensus et en contribuant à mettre  fin aux ambitions politiques du second. Personne ne peut donc convaincre les Guinéens aujourd’hui que les membres du FNDC sont des « ennemis de la Guinée ». Le FNDC avait déjà existé sous une autre dénomination et avec quasiment la même composition. Autant le combat des Forces Vives était légitime, autant celui du FNDC l’est. Traquer ou tenter de traquer les membres du FNDC qui ne font qu’exercer des droits qui leur sont constitutionnellement reconnus, est le plus mauvais signal que l’on puisse envoyer aux défenseurs des droits de l’homme et de l’État de droit. C’est peut-être maintenant que prend tout son sens la phrase ‘Je prends la Guinée, là où Sékou Touré l’a laissée’ ». Et pourquoi choisir ce nom ridicule de FARC (Front pour l’Adoption par Référendum de la nouvelle Constitution) pour vos mamayeurs – savez-vous c’étaient qui et ce qu’ont faits leurs homonymes, les FARC de Colombie ?

Puis vous les faites condamner – avec sursis car vous savez que personne chez vos mentors en Occident n’acceptera que vous les gardiez au gnouf. Et ensuite ces amendes en millions de GNF – vous savez pourtant bien que même si vous pressez ces enfants comme des citrons vous ne trouverez jamais le dixième de ces montants. Vous savez aussi que pour acheter leur libération individuelle ce sera soit leur maman qui devra revendre ses bijoux soit leur papa faire de même pour un terrain familial. Ca ne vous gène pas ça ? Si vous n’arrêtez pas cela immédiatement on saura vous le rappeler demain quand ces agissements aboutiront inévitablement à des excès de vos miliciens et finalement à un drame humain comme cela a été le cas dans tant de pays du continent ces dernières décennies. Ne laissez pas un aussi mauvais souvenir à vos compatriotes surtout que des 3e et 4e mandats ne veulent pas dire grand chose quand on a près de 85 piges. Partez et allez profiter un peu de tout votre magot – en tout cas je vous préviens, on ne vous enterrera pas avec. D’autres vont bouffer tout cela, en particulier vos banquiers à Dubaï et autres ‘amis confidents’ qui ne remettront que des miettes à ceux qui viendront réclamer leur héritage. Demandez aux descendants de tous vos frères dictateurs disparus, y compris ceux de la famille et de la belle-famille de Satan Touré – la vie n’a plus été le même un long fleuve tranquille pour la majorité d’entre eux.

Merci quand même de nous avoir ôté le suspense de savoir si c’était vraiment vous qui étiez derrière toute cette mascarade de 3e mandat, la seule réalisation de votre gouvernement depuis le début de l’année. Mais svp venez-nous le dire de vive voix à la TV, même étrangère, Yandi ! Quant à votre lettre à nos 42 représentations auprès de la communauté internationale (ambassades et consulats) envoyée par votre ministre des affaires étranges, franchement je ne pense pas que ce soit une bonne idée. Je résume le texte ainsi : « Ca y est, je vais lancer ma manœuvre dans les jours qui viennent. Soit vous approuvez, appuyez et lancez la mamaya là où je vous ai posté, soit vous fermez la bouche et commencez à faire vos valises pour une sortie rapide et définitive de la mangeoire. Et surtout partagez largement et avec conviction autour de vous pour qu’ils ne puissent pas dire après qu’ils ne savaient pas », avec des propos ronflants du genre « des éléments de langage d’un point de vue moral et philosophique ». Prési, ces gens qu’ils doivent convaincre ne sont pas vos petits fonctionneurs et bouffons du parti. Non seulement ils vont bien en rigoler mais en plus vous leur donnez maintenant tout le temps nécessaire pour envisager une réponse plus coordonnée et efficace. Bad move Boss, cette fois-ci encore ! Mais il vous reste encore une sortie honorable à cette bourde : virez votre ministre des affaires étranges pour ‘faute lourde’ puisque cette lettre a fuité dans la presse, une spécialité que nous pratiquons depuis des décennies.

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Une Nouvelle Voie (Mai 2019) : cinq morts par ‘avalanche de poubelles’ suite à la 1e grande pluie de l’année

Bienvenue à mon bilan du 41e mois de la Condécratie version 2.0. Je continue mon exploration mensuelle des méandres des décisions importantes pour la Nation prises par nos nouveaux chefs en proposant des pistes de réflexions et d’actions qui pourraient être envisagées pour que le « vrai changement » soit effectif.

  1. Echantillon de paroles et pensées présidentielles du mois:
  • « J’ai écouté vos messages. On dit que le peuple a toujours raison et pour le moment je suis à l’écoute du peuple. Le moment venu je donnerai ma réponse. Je suis venu pour le lancement des travaux de la fête tournante. Nous voulons que le peuple bénéficie du développement de la Guinée. Je vous ai écouté, je vais aussi écouter les autres et quand je finis d’écouter tout le monde je vais donc vous répondre mais il faut que tout le monde comprenne que ce que le peuple veut personne ne peut arrêter ça » (le 04, à Kindia en réponse aux mamayeurs qui s’égosillaient en chantant ‘Referendum-3e mandat’).
  • « Je souhaite l’union entre tous les fils du pays et si Dieu le veut bien la Guinée ira de l’avant. Personne n’a la force de faire reculer ce pays grâce aux vœux et bénédictions que vous (les religieux) formulez à chaque instant pour ce pays… Assez de pays de cette sous-région ont connu la guerre mais en Guinée Dieu nous a épargnés. Je vous exhorte de continuer à prier et à faire des sacrifices pour nous éviter la guerre » (le 24, lors d’une invitation des leaders religieux à la présidence pour couper le carême)
  • Pour : c’est vraiment bien de demander aux imams de tout faire pour éviter la guerre chez nous et leur demander de promouvoir la paix et l’union entre tous les Guinéens. Mais il y a une manière beaucoup plus simple, rapide et directe pour obtenir cela : dire qu’il se retire définitivement du pouvoir en fin 2020 et confier la tache de proposer une éventuelle nouvelle constitution à son successeur qui pourra le faire dans un contexte plus approprié et serein.
  • Contre : et il doit cesser de nous rabâcher tous les jours maintenant qu’il est uniquement à l’écoute du peuple sur ce sujet, comme si le mot ‘peuple’ voulait dire quoi que ce soit surtout chez nous après 26 années de satanisme au nom du peuple de la révolution globale et multiforme.
  1. Les décisions et actions « positives » du mois :
  • Le 02, les députés guinéens votent à l’unanimité le projet de loi instituant la parité entre hommes et femmes pour l’accès aux mandats électoraux et aux fonctions électives dans les institutions publiques. C’est bien que ceci soit maintenant en noir sur blanc sur ‘papier officiel’ même si on sait c’est quoi papier chez nous. On sait que la majorité des députés soutiennent la légalisation de la polygamie donc ils ne peuvent convaincre personne de leur sincérité en approuvant une telle loi. C’est juste pour faire plaisir au PPAC foncièrement et bruyamment anti-polygamie. Encore une loi qui disparaîtra dès qu’il ne sera plus au pouvoir.
  • Le 04, le FNDC, nouveau front des opposants et de la société civile mis en place en avril pour combattre les velléités de 3e mandat montre enfin ses premières actions concrètes sur le terrain lors de la 1e tentative officielle du PPAC d’encourager ses mamayeurs à l’intérieur du pays à Kindia. Voici un bref compte-rendu du site africaguinee.com (M.M. Barry) : « Malgré l’interdiction des autorités les opposants au projet de nouvelle constitution ont manifesté à Kindia alors qu’Alpha Condé est en séjour dans la ville des agrumes. Avec des banderoles et des pancartes les manifestants dont certains habillés de t-shirts sur lesquels on peut lire « Amoulanfé », ont exprimé leur farouche opposition au projet de révision constitutionnelle. Menés par le front national pour la défense de constitution (FNDC) ils ont bravé l’interdiction des autorités alors qu’au stade Fodé Fissa de Kindia où Alpha Condé a été reçu en grande pompe, ses supporters ont prononcé des discours prônant l’adoption d’une nouvelle Constitution ». C’est comme cela qu’il faut réagir désormais : à toute tentative de nouvelle mamaya il faudra organiser, s’il le faut de force, une contre-mamaya malgré tous les efforts entrepris par les sbires du pouvoir à tous les niveaux pour l’empêcher.
  • Le 09, les menaces du PPAC ont enfin un effet positif pour le futur des Guinéennes (et Guinéens) : le code civil qui avait été renvoyé en seconde lecture devant l’assemblée nationale parce que le boss avait rejeté la 1e version qui voulait officialiser et légaliser la polygamie est enfin modifié. Les députés ont majoritairement (mais de peur et de force) voté pour un texte qui définit la monogamie comme règle légale du mariage en Guinée. Toutefois pour se garder quand même une porte de tricherie nos dépités ont glissé une petite exception qui dit que « l’homme peut, avec l’accord de sa première épouse, être polygame » !
  • Le 13, c’est une bonne nouvelle du coté de la justice guinéenne : après quelques heures de débats, le juge de la cour d’appel de Conakry a ordonné la libération pour délits non constitués des 7 membres du FNDC arrêtés lors de la manifestation de protestation à Kindia. Le juge a exigé aussi la restitution de tous leurs t-shirts sur lesquels étaient écrits ‘’Non à un troisième mandat’’. Un camouflet sans précédent pour les juges, politiciens et administrateurs démagogues de la ville de Kindia où ils avaient été condamnés le 07 mai à 3 mois de prison et 500.000 GNF chacun suite à leur marche pacifique lors de la réception du président dans cette ville. Bravo à la cour d’appel de Conakry qui prouve que certains (mais trop rares) juges savent encore dire Non devant une injustice flagrante.
  • Le 20, le ministre de la justice et garde des sceaux présente dans une lettre sa démission du gouvernement au PPAC pour refus de participation à toute modification ou changement de la constitution et à la mascarade de soutien populaire au 3e Il semblerait que depuis le 04 avril il en avait discuté de vive voix avec le boss mais comme d’habitude ce dernier avait joué à la tortue retranchée dans sa carapace sans bougie pour la chauffer. Finalement le ‘secret’ est balancé dans la presse le 27 Mai. La résistance se renforce doucement et c’est un grand pas en avant pour tous les opposants au mouvement « PPAC à vie ». Après les ministres Khalifa Gassama Diaby et Cheick Sacko à qui le tour ?
  • Pour : concernant la loi sur la parité sur le plan électoral, le 2è vice-président de la commission des lois précise : « la présente loi, après amendements, comprend huit articles :L’article premier pose la règle de la parité ; – L’article 2 détermine le champ d’application de la loi ;  les articles 3, 4 et 5 définissent les mécanismes de mise en œuvre de la parité ; l’article 6 prévoit les sanctions applicables en cas d’inobservation des règles sur la parité, ainsi que les voies de recours disponibles. A cet effet, l’article 7 encourage les partis politiques, coalitions de partis politiques et candidatures indépendantes à mettre en œuvre, à leur niveau la règle de la parité ; l’article 8, enfin, concerne les dispositions finales. Au demeurant, l’égalité hommes-femmes dans la vie politique et sociale n’est pas, en réalité, une faveur qu’il convient d’accorder aux femmes, mais plutôt une nécessité incontournable pour garantir un développement équilibré et durable du pays. Elle suppose l’implication de tous les acteurs sociaux, hommes comme femmes. L’article 3 dit que les listes de candidatures sont celles présentées par les partis politiques, les coalitions de partis politiques et les candidatures indépendantes.  Elles sont alternativement composées des noms des candidats des deux sexes ». Comme c’est bien écrit mais maintenant le plus difficile, le vrai problème commence, l’appliquer et la faire respecter.
  • Contre : pour le code civil révisé il faut reconnaître que nos députés polygames ont su quand même se laisser une grande porte de sortie digne de leur pensée retors : « Article 281 révisé :le mariage est soumis au régime de la monogamie pour tous les citoyens guinéens.
    Toutefois, le futur mari peut, au moment de la célébration du mariage, en présence de sa future épouse et avec l’accord explicite de celle-ci, déclarer qu’il opte pour la polygamie limitée à deux (2), trois (3) ou quatre (4) femmes au maximum. Faute par l’homme de souscrire à l’une des options de la polygamie, le mariage est placé de manière irrévocable sous le régime de la monogamie, sauf dispense accordée dans les conditions prévues à l’article 282 du présent code. En l’absence d’accord entre les futurs époux sur l’option de la polygamie, l’officier de l’état civil ne peut célébrer le mariage ». Ainsi une bonne pression exercée sur la jeune fille mineure et surtout sur ses parents, accompagnée de quelques billets de banque et cette ‘pratique traditionnelle’ se poursuivra comme si de rien n’était et pour toujours chez nous.
  1. Les décisions et actions « négatives » du mois :
  • Le 01, le boss se rend en Turquie pour participer à l’inauguration d’une mosquée à Istanbul et ensuite chez lui à Paris pour une rapide visite privée et confidentielle. Désormais l’inauguration des mosquées mondiales entre dans l’agenda officiel très chargé des visites présidentielles
  • Le 04, à peine descendu de son jet venant de Paris le boss va à Kindia pour officiellement procéder au lancement officiel des travaux de construction des infrastructures prévues dans le cadre des festivités commémoratives du  61anniversaire de l’indépendance. Bien sur personne n’est dupe et tous ceux présents dans l’enceinte du stade de la ville n’ont qu’une seule idée et parole en tête : référendum, nouvelle constitution et surtout 3e Mais toute cette mamaya ne va pas plus loin que dans le stade. Ailleurs dans la ville les anti-3e font eux aussi leur tintamarre. Les faucons organisateurs devront évacuer dare-dare leur chef à la fin de leur cérémonie en faisant tout pour qu’il ne voie pas ce qui se dit et fait autour du stade. Un vrai défi pour ces courtisans minables.
  • Le 07, la répression systématique des opposants au 3e mandat se poursuit sans relâche. Cette fois-ci c’était à Kindia suite à la grande mamaya présidentielle du weekend. Finalement 07 opposants sont condamnés par le tribunal de la ville à 3 mois de prison ferme et au paiement d’une amende de 500.000 GNF chacun. Mais vu la détermination de plus en plus grande des membres du FNDC je pense que les tribunaux et prisons du pays ne pourront bientôt plus contenir le nombre croissant des opposants également déchaînés contre cette imposture. D’ailleurs les 07 seront transférés les jours suivants à Conakry pour un nouveau procès.
  • Le 08, Air-PPAC atterrit en Namibie pour une visite d’état de 2 jours. Ce qui est bizarre c’est qu’il est accueilli à l’aéroport par le ministre des relations internationales. Ça ne démarre surement pas comme notre héros national l’espérait et surtout à l’opposée totale du tapis rouge permanent quand leur président était en visite chez nous il y a quelques mois. Allez savoir ce qui se cache derrière tout ça.
  • Le 17, notre réputation d’honnêteté intellectuelle et morale est de nouveau mise au tapis sur le plan continental et international et cette fois-ci dans le football, un domaine qui est suivi à la loupe par tous les pays. Selon le site guineematin.com (A. Mamadou Diallo) : « La Guinée a été lourdement sanctionnée par la Confédération Africaine de Football (CAF) pour avoir fraudé sur l’âge de deux de ses joueurs de l’équipe nationale des moins de 17 ans. Cette sanction est consécutive à une plainte de la Fédération sénégalaise de football lors de la Coupe d’Afrique des Nations de mois de 17 ans jouée récemment en Tanzanie. Les soupçons de fraude sur l’âge des joueurs Ahmed Tidjane Kéita et Aboubacar Conté se sont confirmées au grand dam de la Guinée. Ces deux joueurs ont présenté des dates de naissance différentes sur leurs passeports. Après les tests IRM (Imagerie à Résonnance Magnétique) de la CAF, révélées défaillantes, c’est l’expertise des japonais qui a permis de confondre les deux joueurs guinéens dont on a diminué l’âge. Avec leur présence, la Guinée a participé à la CAN des Cadets où les poulains de Maleyah Camara ont fini deuxième sur 8 équipes au départ. Selon le contenu de la décision du Conseil de Discipline de la CAF le Syli perd sa deuxième place et doit restituer la médaille d’argent obtenue lors du tournoi cadet. Nos cadets sont également disqualifiés de la coupe du monde de sa catégorie, prévue au mois de novembre prochain au Brésil. La Guinée est également bannie des deux prochaines éditions de la CAN U17. Les deux joueurs concernés sont interdits d’exercer toute activité liée au football pour une période de deux ans. Comme cela ne suffisait pas, la Fédération Guinéenne de Football est sanctionnée d’une amende de 100 mille dollars US. Le Sénégal reprend la place de la Guinée pour la coupe du monde des U17. Telles sont les lourdes conséquences des errements de ceux qui gèrent le football guinéen : fédération de football, ministère des sports et ministère de la sécurité ». On va voir maintenant comment le ministre-coquelet responsable de cette prouesse (Bantama Sow) et la FEGUIFOOT vont se sortir de cette nouvelle bévue – surement avec leur technique habituelle de la tête d’autruche enfoncée dans le sable, comme lors de leur vote contre le Maroc, le représentant africain pour la coupe du monde de football. Néanmoins une telle réputation sera difficile à faire oublier pour des décennies dans le monde du football : prendre deux médailles d’argent aux plus grands championnats de football continental (Cadets et U17) et en être dépouillé officiellement ensuite !
  • Le 17, les « morts par écrasement de poubelles » reprennent dès la 1e pluie sur Conakry. Au quartier Dabondy-3 (secteur Mackia Touré) des enfants ont été ensevelis lors de la grande pluie qui s’est abattue la nuit précédente par les eaux de ruissellement drainant des montagnes d’ordures qui ont déferlé sur leur concession vers 02 heures du matin alors que tous dormaient. La puissance des eaux a cassé les murs avant de se propager dans la maison écrasant tout sur son passage. Les images le lendemain sont vraiment horribles : une montagne de sacs de poubelles et de choses innommables remplissant les salons et chambres à coucher. Quatre corps ont pu être récupérés le matin, un nourrisson et 3 enfants de moins de 10 ans. Une semaine après (le 24) c’est le corps d’une fille de 17 ans qui avait été emportée par les eaux qui est retrouvé. Et bien sur il n’y avait pas d’électricité dans tout le quartier pendant toute la nuit donc les parents se battaient à la torche pour sauver leurs enfants et tout ce qui pouvait l’être. D’ailleurs les jeunes du quartier avaient manifesté dans la matinée précédente au drame en brûlant des pneus en guise de protestation contre l’insalubrité et le manque d’électricité dans leur quartier.
  • Le 20, nous avons enfin une explication du retour intempestif des coupures d’électricité quasi-journalières qui sont à la base de la reprise d’une véritable intifada des jeunes dans tous les quartiers de la capitale. Selon une enquête du site mosaiqueguinee.com (Mohamed Bangoura : «En 2018, le gouvernement s’était engagé auprès des bailleurs de Fonds notamment le FMI, pour une meilleure maîtrise des subventions au secteur de l’énergie mais cette promesse n’a pas pu être tenue par le gouvernement qui n’a pas encore tiré toutes les leçons. Pour le 1er trimestre 2019 au titre de la loi de finances initiale, plus de 400 milliards ont été engloutis dans la subvention accordée à EDG sur une prévision budgétaire de 800 milliards de francs guinéens sur l’année. Le gap a été constaté par la mission de revue à mi-parcours du fonds monétaire international, conduite par Mme Giorgia Albertin. Les missionnaires se sont donc faits entendre auprès du gouvernement qui, semble-t-il, a été intimé de corriger ce rythme insoutenable, faute de quoi, le programme FEC risquerait d’être suspendu avec le pays. Conscient du danger que pourrait susciter une telle mesure, le gouvernement guinéen a donc décidé de rectifier le tir, d’où le retour des délestages dans les ménages avec ce que cela aussi peut entraîner comme manifestations ou mouvements sociaux notamment à Conakry ». En d’autres termes si la saison des pluies ne remplit pas rapidement les retenues d’eau des barrages et vu que la subvention mensuelle à l’EDG sera réduite drastiquement les habitants de la capitale doivent se préparer à beaucoup d’obscurité, de casses d’édifices publiques et de pneus brûlés sur toutes les rues.
  • Le 20, selon une enquête fouillée du site guineennews.com ce même rapport du FMI de mi-mai met à nu plusieurs autres dérapages majeurs de la gouvernance actuelle : « le FMI n’a pas trouvé les moindres traces des 90 millions de dollars que la société de téléphonie mobile Orange a payés pour la licence d’exploitation de la 4G. Pourtant la convention entre le gouvernement et Orange a été signée depuis le 14 mars dernier, et la société a commencé à exploiter la 4G. Le gouvernement s’était engagé à ne plus recourir à des opérations extra-budgétaires ; 60 millions de dollars au titre d’un prêt non-concessionnel contracté en catimini en 2018 avec le Qatar et qui devrait être renégocié à des termes concessionnels n’est toujours pas enregistré dans les livres de la comptabilité publique, selon nos sources. A ce sujet le FMI était déjà monté au créneau lors de la revue du mois de décembre 2018 en menaçant dans des termes diplomatiques de couper le programme si la Guinée continue à contracter des dettes secrètes et à dilapider l’argent emprunté ; le chef de l’Etat a décidé soudainement de produire un décret qui abroge toutes les dispositions antérieures recommandées par le FMI sur la SOGUIPAMI (société guinéenne de patrimoine minier) et ramené cette organisation sous sa tutelle à la présidence pour contrôler les avoirs miniers de l’Etat ». Au final la délégation était tellement « fâchée » qu’elle ne s’est pas jointe à la rédaction de la déclaration finale du gouvernement par le ministre des finances qui lors de la conférence de presse de clôture de l’évaluation a dit exactement le contraire en affirmant en autres que notre taux de croissance entre 7% et 9% était actuellement l’un des plus élevés au monde. Et notre croque-mort de ministre le sortira devant les caméras de la presse sans même cligner des yeux.
  • Pour : comme chaque mois, R.A.S…
  • Contre : concernant les pauvres ‘morts par poubelles’, pour bien enfoncer le couteau dans la plaie des victimes le gouverneur de Conakry leur lance à la figure : « On aurait pu éviter le pire si les gens n’avaient pas fait des constructions anarchiques. Très malheureusement c’est nous, population, qui sommes à la base de ce qui est arrivé ». Comme si son rôle d’administrateur n’était justement pas d’empêcher ces constructions anarchiques par des analphabètes inconscients des dangers réels de leur environnement. C’est justement ça, le rôle de l’état de droit. Et notre PM, 1e gaffeur du pays (a.k.a ‘le chinois est mort’) nous sort le communiqué suivant : « Le Gouvernement informe les populations, qu’en plus du plan d’urgence d’assainissement de la capitale, le programme global d’assainissement du pays financé à hauteur de 100 millions d’euros s’est mis en place et devra permettre d’assurer la salubrité publique ». Une belle jambe et un doigt dans l’air aux familles éplorées. Le cynisme, l’inconscience et le mépris en plein ciel – quelle tristesse pour notre pays !

Tic-tac, Tic-tac, la montre tourne ; aujourd’hui est le 3082e jour de l’ancien « Guinea is back » et du nouveau « changement radical » – déjà 08 ans, 05 mois et 10 jours ! Aladji-Professeur-Président voici ma suggestion SMART (Spécifique, Mesurable, Atteignable, Réalisable et Temporellement définie) du mois pour améliorer un peu votre Sanseman : grand boss, je suis désormais convaincu que l’objectif « révision de la constitution » pour votre 3e mandat n’est plus à l’ordre du jour depuis longtemps pour vous et vos poulains. Je pense que maintenant tous les Guinéens qui savent lire et analyser ont compris qu’en cas de simple révision il vous sera impossible de justifier une modification des articles de blocage.  Donc le seul sujet actuel de vos haut-parleurs est une « nouvelle constitution » qui permettrait ainsi de faire sauter « sans problème juridique » cet article. Et c’est précisément ça que vous disiez le mois dernier à la presse sénégalaise que vous aimez tant (plus que la notre en tout cas) : « S’il y a une nouvelle constitution alors il n’y a pas (de possibilité de m’embêter avec cette affaire) de 3e mandat ». Mais je pense que vous devriez revoir ce mode de justification car il ne tiendra pas plus loin que dans les salons de vos fanatiques, même avec l’appui de certains constitutionalistes locaux à la recherche principalement de futurs strapontins. L’un des combats du FNDC devrait être d’exiger que ce projet de nouvelle constitution soit dévoilé immédiatement, pour pouvoir l’expliquer en détail à tous les Guinéens avant qu’il ne soit proposé au référendum. Et ça je sais que ce n’est pas du tout dans les plans de votre équipe de campagne. Un observateur local me faisait observer à ce sujet : « Si vous poussez le FNDC à voir la mouture de faux projet c’est joué pour votre cher ami PPAC. Ils veulent imposer le débat et je pense le mieux est de refuser d’entrer dans ce débat. Quand Conté à voulu une constitution il a mis en place une constituante et tous les guinéens dans tous les pays ont donnés leurs avis avant son adoption  ». Je suis en partie d’accord avec lui mais je pense que c’est quand même l’une des seules options qui nous reste pour attirer plus l’attention de tous les « amis de la Guinée » sur ce qui se trame car eux seuls peuvent vraiment vous faire changer d’avis maintenant. De là à douter que ce document sera approuvé à 95% avant même sa présentation lors d’un référendum ‘made in Guinée’ dans les laboratoires de notre éminent chimiste électoral Kiridi Bangoura, c’est un rêve que je ne fais plus depuis des décennies chez nous. Mais une chose est sure pour moi, il faut vous faire changer d’avis avant tout référendum et ce n’est pas par la simple force des manifestations et discours publiques de menaces que l’équipe opposition/ONGs/FNDC et autres empêcheront avec succès votre forcing démesuré et irréel – les échecs des mairies de Kindia et Matoto nous ont édifié sur ce point. Alors il nous reste quoi d’autre que de prier pour que vos Big Brothers occidentaux mettent un Niet catégorique à vos calculs typique des derniers petits dictateurs africains peureux et complexés devant eux ? En tout cas vous êtes sur la plus grande pente glissante de votre longue carrière d’opposant historique à tout autre pouvoir que le votre, alors faites gaffe, Yandi ! Une dernière question quand même : puisque vous ne voulez pas nous montrer la mouture finale de cette satanique constitution jusqu’à la veille du référendum pour vous assurer qu’il sera alors trop tard pour la moindre discussion et modification du texte alors au moins dites-nous quelles modifications majeures proposées ne peuvent pas être réglées par une simple révision de la constitution actuelle et nécessite donc tant une toute nouvelle, à part 2 nouveaux mandats pour vous ? Et dites à vos haut-parleurs de cesser de la justifier avec des fadasseries du genre « pour  prendre en compte le panafricaniste, la parité, la 3e génération des droits humains (!) et les contradictions entre les fonctions de PM et président ». Encore pire encore, votre PM-gaffeur qui nous dit officiellement que lui et tout son gouvernement sont pour la nouvelle constitution et ajoute ensuite qu’ils ne l’ont pas encore vue ! C’est vraiment pathétique et désespéré de voir ce forcing ridicule pour la justifier ainsi et c’est sans doute pour cela que le seul vrai juriste de votre attelage, votre ministre de la justice a démissionné avec fracas pour ne entacher sa réputation, surtout chez lui à Montpellier avec de telles inepties injustifiables. Lui il a, à la différence de presque tous vos autres ministres, une réputation et un crédit personnel à protéger partout, et en particulier hors de nos frontières. Et pour finir un autre petit conseil : quand un de vos ministres vient vous voir près de deux mois avant une grosse bêtise légale pour vous dire « si vous la faites je vais partir » il faut faire un mini-remaniement ministériel dans les plus brefs délais pour l’enlever avant qu’il ne verse votre figure dans la poubelle internationale. Surtout quand en plus c’est le premier justicier de votre gouvernement. Boss, soyez un peu plus proactif Yandi !

Publié dans 2019 | Laisser un commentaire