Une Nouvelle Voie (Juin 2019) : en dehors des mamayas des ‘pros-3e’ menés par le PPAC et des contre-manifs des ‘antis-3e’ le pays est à l’arrêt total

Bienvenue à mon bilan du 42 mois de la Condécratie version 2.0. Je continue mon exploration mensuelle des méandres des décisions importantes pour la Nation prises par nos nouveaux chefs en proposant des pistes de réflexions et d’actions qui pourraient être envisagées pour que le « vrai changement » soit effectif.

  1. Echantillon de paroles et pensées présidentielles du mois:
  • «Une guinéenne a eu un prix pour la création d’un Smartphone ce qui montre les progrès accomplis malgré notre retard. Mais nous ne devons pas perdre de vue que l’utilisation des technologies nouvelles fait peser une menace sur la protection des droits humains et des menaces d’ordre économique et moral. Aujourd’hui nous sommes connectés en permanence en ayant le monde dans notre poche ou sac à main… (répondant au zélé et démagogue ministre des télécoms) Vous vous glorifiez mais je vais vous doucher un peu. Vous dites que l’achat d’internet en Guinée est de 30%, je crois. Mais sur le plan africain c’est de 50%, oui ou non ? Nous nous vantons qu’on a 4.000 km de fibre optique mais le Rwanda qui a une superficie 8 fois inférieure a combien de kilomètres ? Certes nous venons de loin mais soyez un peu modeste car le chemin est long… Quand il s’agit de défendre l’Afrique et représenter le peuple africain le président Deby est toujours là. C’est pourquoi j’ai dit à tous les chefs d’état qu’il a un titre, en attendant que son fils prenne la relève, il est le commandant en chef des troupes africaines et le chef d’état-major » (le 11, lors des inaugurations de la 4e édition de la semaine du numérique à Conakry et d’un rencontre africaine sur les énergies renouvelables).
  • Pour : depuis le lancement officiel de sa traque au 3e mandat il ne fait presque plus de discours improvisés car il a enfin compris qu’ils sont trop remplis de promesses mirobolantes, d’insultes à son auditoire et de gestes dignes d’un intoxiqué. Néanmoins son griot/ministre des télécoms a quand même reçu une fessée présidentielle bien méritée. Sûrement les conseils de ses proches car il faut qu’il parle le moins possible dans cette période sensible pour son pouvoir.
  • Contre : quelle contorsion d’esprit : une Guinéenne crée un Smartphone (vraisemblablement en Chine) et il nous parle de progrès national ! Et il vante en plus la dynastie dictatoriale en gestation d’Idriss Deby en lui décernant le titre de « chef d’état major des troupes africaines » en attendant qu’il n’impose son fils pour le remplacer. Un autre exemple de pourquoi il ne devrait effectivement jamais faire de discours improvisé. C’est incroyable quand même venant d’un supposé communiste panafricaniste. Voila comment le pouvoir absolu peut changer un homme.
  1. Les décisions et actions « positives » du mois :
  • R.A.S.
  • Pour : donc R.A.S.
  • Contre : imaginez un mois entier sans aucune action positive ni réalisation concrète ! On ne voit que des séminaires et conférences avec des déclamations de projets hypothétiques en milliards de dollars, des première/dernière pierres et des promesses irréalistes car sans fondements et sans planification qui sont déversés dans la matinée dans la presse en ligne et les journaux locaux et tous les soirs à la TV. Les seuls bénéfices que les pauvres participants en retirent sont des perdiems, des frais de transport et des sandwichs/jus distribués à chaque pause donc personne ne se plaint. Voici où nous en sommes actuellement.
  1. Les décisions et actions « négatives » du mois :
  • Le 31 mai, un étudiant âgé de 21 ans en licence 2 informatique (Amadou Boukariou Baldé) est battu à mort par des agents des forces de l’ordre à l’université Hafia de Labé. Suite à une protestation assez violente (jets de pierre) des étudiants devant le bâtiment de la direction une administratrice de l’université a appelé le gouverneur de la région, un ancien tortionnaire du camp Boiro. Celui-ci y a immédiatement envoyé ses forces de désordre avec gourdins et fouets. On compte également de nombreux blessés par fractures. Drôle de façon de calmer les protestations habituelles dans toutes les universités du pays en raison des conditions minables de vie et d’enseignement. On attend de ces malheureux qu’ils subissent leur galère quotidienne avec résignation et espoir d’un lendemain meilleur mais ils ignorent que cette jeune génération n’encaisse plus ce que les précédentes subissaient sans plaintes. Donc cette journée est suivie d’une grève générale des cours ainsi qu’une semaine de deuil national dans toutes les universités du pays.
  • Le 05, les marches et manifestations violentes des femmes de Fria contre la préfète Gnalen Condé reprennent de plus belle. Le lendemain elles organisent un sit-in dans la cour du bloc administratif préfectoral, comme quelques semaines auparavant, mais cette fois-ci jusqu’à la satisfaction de leur revendication qui est le départ définitif de celle-ci. Elles promettent de camper sur place 24h/7 jours le temps qu’il faudra. Le mois dernier une 1e flambée de colère s’était soldée par de nombreuses blessées et des dégâts matériels dans les bureaux de la préfecture. La liste des plaintes est longue mais les principales sont le détournement des frigos destinés aux femmes de la préfecture, du favoritisme dans le recrutement dans l’armée et à l’usine d’allumine Rusal-Friguia, le détournement des frais de transport des femmes lors d’une mamaya organisée lors d’une visite du PPAC et aussi son immixtion dans la gestion de la mutuelle des femmes (MUFFA) de Fria. Le train-train habituel de tous les hauts fonctionnaires dans toutes les préfectures mais pour une fois la gente féminine d’une d’entre elles a dit ‘Niet, ça suffit chez nous’.
  • Le 13, les affrontements de rue reprennent entre les membres du FNDC (Front National pour la Défense de la Constitution) et les forces de désordre dans la ville de Nzérékoré. Les militants avaient informé préalablement, et conformément à la loi, la mairie qu’ils organiseraient une marche pacifique ce jour-là mais le maire avait répondu négativement au nom de la ‘paix dans la cité’. Tôt le matin un important dispositif sécuritaire a été déployé dans la ville, particulièrement au point de ralliement de la manifestation appelée par les leaders de l’antenne régionale. De leur côté ces derniers décident d’aller au bras de fer avec les miliciens de l’état. Ils ont appelé tous les citoyens de la ville à sortir braver l’interdiction de leur marche. Les manifestants, apparemment très remontés, ont réussi finalement à barricader les axes du quartier Scierie même si le reste de la marche a été vite étouffée. Les manifestants jetaient des cailloux et les miliciens répondaient avec leur gaz lacrymogène. Au niveau du grand marché tous les magasins et boutiques sont restés clos. Puis plusieurs manifestants sont mis aux arrêts. Le bilan final est très lourd : 1 mort (Mouctar Condé, poignardé au cou), un autre blésé grave par balle, une trentaine de blessés légers ainsi que de nombreux dégâts matériels (surtout des boutiques attaquées et pillées).
  • Le 16, la traque aux opposants au 3e mandat s’étend même dans les maisons qui abritent leurs réunions comme s’ils étaient désormais des hors-la-loi traqués par le pouvoir. C’est quand même incroyable de poursuivre et d’arrêter des gens en réunion dans une cour privée alors qu’il n’y a ni manifestation publique et donc ni le prétexte habituel de ‘violence et troubles à l’ordre public’. Mais où va-t-on ? Et dire que le PPAC était membre des « Forces Vives » lors des règnes de Fory Coco et du petit dadais-Dadis et que cette structure était identique, y compris en composition, au FNDC actuel.
  • Le 19, un autre procès est lancé contre des manifestants anti 3e mandat de Nzérékoré : les 34 personnes arrêtées lors de la manifestation organisée le 13 comparaissent devant le tribunal de première instance de cette ville. Parmi eux se trouve un enfant sourd-muet ! Suite à l’indignation et aux protestations de tous ceux présents ce dernier sera sorti du box des accusés mais sera néanmoins maintenu près des autres prisonniers dans la salle. Il faut noter que ce procès démarre le lendemain de l’ouverture locale de négociations directes entre les responsables de l’antenne régionale et les autorités de la région – mauvaise foi quand tu nous tiens. Des propositions d’apaisement sont faites aux activistes anti-3e pour mettre fin à la crise qui secoue la ville. Avec l’ouverture de ce procès avant même la fin des discussions il est clair que l’on se dirige de nouveau vers un dialogue de sourds car les propositions sur la table ne prennent pas en compte leurs principales revendications qui sont la libération des personnes arrêtées et le libre exercice de leurs activités sur le terrain.
  • Le 19, une note confidentielle en français et en anglais est adressée à toutes les représentations diplomatiques et consulaires de Guinée sur  les guidelines de leur communication sur la nouvelle constitution. Elle leur demande d’en tirer ‘les éléments de langage’ et en assurer une large diffusion au niveau des autorités auprès desquelles elles sont accréditées. Lisez plus bas ce que cette ‘note confidentielle’ de 5 pages leur demande de dire. Le lendemain le ministre a vu rouge et envoyé une note à son personnel pour promettre de punir la personne responsable de la fuite dans la presse. On peut donc en conclure que l’officialisation du referendum pour cette nouvelle constitution est imminente avec cette information directe de la communauté internationale. Les arguments restent toujours aussi légers et peu convaincants qu’ils ne pouvaient pas tout simplement être introduits dans une simple révision de la précédente – sauf pour les 2 nouveaux mandats souhaités bien sûr. Tout ça semble désespéré et pathétique mais au moins ils ne parlent plus ici de « l’obligation d‘incorporer la 3e génération de droits de l’homme et le mot panafricanisme » comme dans leurs justifications précédentes.
  • Le 25, les députés approuvent une loi donnant officiellement aux gendarmes le droit de tirer à balles réelles sur la population. Cette loi a été votée à la majorité simple de l’assemblée RPGiste mais aussi avec l’abstention de certains opposants. Les députés de l’opposition dure (UFDG) ont voté Non et dénoncé une loi dangereuse pour la population mais ceux du pouvoir la justifie par l’existence accrue de dangers auxquels sont exposés les agents de sécurité dans leurs opérations. Certes c’est déjà le cas depuis toujours chez nous puisque les gendarmes ont toujours détenu et fait usage de leurs armes de guerre dans leurs opérations lors des manifestations de civils mais c’est désormais en plus légal donc non punissable par les tribunaux. Le PPAC et les miliciens sont aux anges – les antis-3e sont prévenus.
  • Le 25, la cour suprême prend enfin une décision concernant le procès du 28 septembre 2009 mais pas celle que l’on pouvait espérer. Selon un résumé publié sur le site gbassikolo.com citant le journal Jeune Afrique : « La cour suprême de Guinée a rejeté mardi le pourvoi partiel formulé par les parties civiles contre la requalification en « crimes ordinaires » du massacre du 28 septembre 2009 et le non-lieu en faveur d’officiers militaires. Cet arrêt, qui ne peut faire l’objet d’aucun recours, clôt définitivement l’instruction et ouvre la voie à la tenue du procès, « s’il y a une réelle volonté politique » selon l’avocat des victimes. Bloquée par des contraintes, notamment financières, l’ouverture du procès était également paralysée par un recours partiel formulé par les parties civiles contre l’ordonnance de renvoi devant la juridiction de jugement prise le 29 décembre 2017 par le pool de juges d’instruction. Formulé le 9 janvier 2018 par les avocats des parties civiles, le recours rejeté auparavant par la Cour d’appel de Conakry contestait le non-lieu accordé au général Mathurin Bangoura, actuel gouverneur de la capitale guinéenne et à Bienvenu Lamah, commandant d’une milice stationnée au camp de Kaléah (préfecture de Forécariah, au sud de Conakry). Dans son ordonnance de non-lieu, le pool des juges d’instruction n’a pas retenu « de charges suffisantes contre eux », regrette la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme (FIDH). « Plusieurs dizaines des ses recrues [de Bienvenu Lamah], en tenue civile et armées d’armes blanches, ont participé au massacre », estime-t-elle. L’autre contestation portait sur la requalification des chefs d’accusation de « crimes contre l’humanité », qui pèsent sur les auteurs présumés du massacre du 28 septembre 2009. « La Cour suprême a déclaré les parties civiles mal fondées dans leur pourvoi. Elle a donc adopté la position de la Cour d’appel, qui a considéré le massacre du 28 septembre comme étant des “crimes ordinaires” », explique Me Hamidou Barry, coordinateur du collectif des avocats des victimes du massacre. Et pourtant, le rapport des Nations unies qui a été versé au dossier de la procédure a qualifié le massacre de crimes contre l’humanité, défend Me Barry. ». Il ne leur reste plus qu’à lancer rapidement ce procès et acquitter tous les présumés coupables, sauf Dadis et Toumba.
  • Le 27, le PPAC met fin au secret de polichinelle national et saute enfin de plein pied dans l’affaire des pros- 3e surnommée chez nous ‘référendum pour une nouvelle constitution’. Il y va néanmoins de manière sournoise et hypocrite par un petit paragraphe en début de compte-rendu officiel du conseil des ministres : « Le Président de la République a pris acte de la volonté librement exprimée par la totalité de membres du Gouvernement de s’inscrire résolument dans la dynamique du Référendum pour une nouvelle constitution reflétant l’aspiration légitime du Peuple de Guinée à se doter d’institutions et de lois plus adaptées à l’évolution de la situation socio-économique ». Il n’a même pas eu le courage de venir nous le dire en face et devant le petit écran. Mais le plus ridicule est de le justifier par la volonté librement exprimée des ses ministres – élus uniquement par lui – et qui n’ont donc aucune légitimité pour engager le ‘peuple’ de Guinée. C’était vraiment la pire justification imaginable.
  • Le 29, le PPAC débarque à Abuja (Nigeria) pour le sommet ordinaire de la CEDEAO. Il ne fait aucun doute qu’il s’y rend malgré lui car il va s’y faire griller par la grande majorité de ses pairs et en particulier tous ceux qui dominent notre région, suite à l’officialisation de son référendum pour un 3e Seul le petit poucet et benjamin du groupe, Gnassingbé Jr applaudira. Et dire qu’il voulait en plus diriger cette organisation pour 2019-2020, pendant la dernière année de son 2e mandat – certains ont dû le prévenir que cela finirait par une désaveu cinglant et une honte pour lui.
  • Pour : comme chaque mois, A.S…
  • Contre : concernant l’attaque de la maison abritant la réunion des FNDC à Conakry, le site guineematin.com (Alpha Assia Balde) résume : « Plusieurs acteurs politiques de l’opposition, des activistes de la société civile et d’autres citoyens engagés dans la lutte contre un troisième mandat en Guinée étaient réunis au siège de la Maison des Associations et ONG de Guinée, situé à Yimbaya marché, dans la commune de Matoto. C’était pour lancer officiellement le mouvement « AMOULANFE » (ça ne marche pas). Mouvement opposé au projet de changement de constitution prôné par les autorités guinéennes et dont l’objectif est de permettre au président Alpha Condé de briguer un troisième mandat en 2020. Mais, à la fin des discours, et au moment où les artistes présents faisaient leur prestation, deux pick-up de la Compagnie Mobile d’Intervention et de Sécurité (CMIS) de Matoto sont arrivés sur les lieux. Ils ont débarqué une dizaine d’agents à la rentrée principale du siège. Pris de panique, plusieurs jeunes ont escaladé le mur pour se sauver, tandis que d’autres se sont enfermés dans les locaux. Dans la cour, les policiers ont interpelé au moins deux personnes avant de pulvériser le siège de gaz lacrymogène. Il a fallu la sortie du vice maire de la commune de Matam, Badra Koné, pour que les policiers quittent les lieux avec les deux personnes interpellées. Quelques minutes plus tard, ils sont revenus avec un troisième pick-up en renfort. Mais, cette fois, les agents n’ont trouvé personne sur les lieux ». Sur les instructions à suivre par nos diplomates à l’étranger voici le résumé du site africaguinee.com : « Cette note a pour objet d’exposer les principaux motifs, la procédure à envisager et les innovations à proposer pour cette nouvelle Constitution. Dans les observations de principe, on balaie les arguments des opposants au projet de nouvelle constitution tout en rappelant  certains principes philosophiques du siècle des lumières (XVIIIème). Si le président d’une transition militaire a pu présenter une nouvelle constitution au peuple, on ne peut dénier une telle compétence à un président élu par le peuple. Il n’a besoin d’aucun nouveau mandat pour cela », lit-on sur cette note. Pour justifier l’adoption d’une nouvelle Constitution, on se fonde sur l’argument selon lequel, la constitution de mai 2010 recèle des lacunes qui méritent d’être corrigées. Parmi celles-ci, l’on cite : Son mode d’adoption, les attributions au niveau de l’exécutif,  le plan normatif au plan du contrôle législatif sur l’action de l’exécutif etc. Se fondant sur l’article 51 de l’actuelle Constitution, l’on mentionne que le président de la République peut soumettre au peuple le projet d’une nouvelle Constitution ». Je vous défie d’y comprendre quoi que ce soit de convaincant !

Tic-tac, Tic-tac, la montre tourne ; aujourd’hui est le 3112e jour de l’ancien « Guinea is back » et du nouveau « changement radical » – déjà 08 ans, 06 mois et 10 jours ! Aladji-Professeur-Président voici ma suggestion SMART (Spécifique, Mesurable, Atteignable, Réalisable et Temporellement définie) du mois pour améliorer un peu votre Sanseman : boss, pardon il faut laisser ces pauvres militants du FNDC protester comme ils le veulent puisque vous avez dit partout que chacun est libre de ses opinions sur le sujet de votre nouvelle constitution. Pourquoi vous les faites traquer même dans leurs salles de réunion comme dans la journée du 16 ? Allez-vous les marquer « WANTED » sur le front et les chasser comme si c’était un groupe terroriste ? Avez-vous oublié que vous avez fait exactement la même chose du temps de vos prédécesseurs  Conté et Dadis ? L’ancien bâtonnier de l’ordre des avocats (Me Mohamed Traoré) vous le rappelle clairement dans une tribune ce mois-ci : « De 2006 jusqu’à la mise en place des organes de la transition en 2010, les Forces Vives ont mené toutes leurs activités sur le terrain sans aucune entrave et sans aucune menace. Ni le Général Lansana Conté, ni le Capitaine Moussa Dadis Camara n’a cherché à diaboliser  ses membres encore moins à les  » traquer ». Les Forces Vives étaient composées, tout comme l’actuel Front National pour la Défense de la Constitution, de tous leaders politiques et acteurs de la société civile représentatifs d’alors. On y retrouvait en particulier, le RPG, l’UFDG, l’UFR, l’UPG, le CNOSCG, la CNTG, l’USTG. Et les Guinéens, dans leur grange majorité, se reconnaissaient en eux. Elles étaient parvenues à créer de nombreuses difficultés au régime Conté et au CNDD en réussissant à imposer au premier un Premier ministre avec un gouvernement de large consensus et en contribuant à mettre  fin aux ambitions politiques du second. Personne ne peut donc convaincre les Guinéens aujourd’hui que les membres du FNDC sont des « ennemis de la Guinée ». Le FNDC avait déjà existé sous une autre dénomination et avec quasiment la même composition. Autant le combat des Forces Vives était légitime, autant celui du FNDC l’est. Traquer ou tenter de traquer les membres du FNDC qui ne font qu’exercer des droits qui leur sont constitutionnellement reconnus, est le plus mauvais signal que l’on puisse envoyer aux défenseurs des droits de l’homme et de l’État de droit. C’est peut-être maintenant que prend tout son sens la phrase ‘Je prends la Guinée, là où Sékou Touré l’a laissée’ ». Et pourquoi choisir ce nom ridicule de FARC (Front pour l’Adoption par Référendum de la nouvelle Constitution) pour vos mamayeurs – savez-vous c’étaient qui et ce qu’ont faits leurs homonymes, les FARC de Colombie ?

Puis vous les faites condamner – avec sursis car vous savez que personne chez vos mentors en Occident n’acceptera que vous les gardiez au gnouf. Et ensuite ces amendes en millions de GNF – vous savez pourtant bien que même si vous pressez ces enfants comme des citrons vous ne trouverez jamais le dixième de ces montants. Vous savez aussi que pour acheter leur libération individuelle ce sera soit leur maman qui devra revendre ses bijoux soit leur papa faire de même pour un terrain familial. Ca ne vous gène pas ça ? Si vous n’arrêtez pas cela immédiatement on saura vous le rappeler demain quand ces agissements aboutiront inévitablement à des excès de vos miliciens et finalement à un drame humain comme cela a été le cas dans tant de pays du continent ces dernières décennies. Ne laissez pas un aussi mauvais souvenir à vos compatriotes surtout que des 3e et 4e mandats ne veulent pas dire grand chose quand on a près de 85 piges. Partez et allez profiter un peu de tout votre magot – en tout cas je vous préviens, on ne vous enterrera pas avec. D’autres vont bouffer tout cela, en particulier vos banquiers à Dubaï et autres ‘amis confidents’ qui ne remettront que des miettes à ceux qui viendront réclamer leur héritage. Demandez aux descendants de tous vos frères dictateurs disparus, y compris ceux de la famille et de la belle-famille de Satan Touré – la vie n’a plus été le même un long fleuve tranquille pour la majorité d’entre eux.

Merci quand même de nous avoir ôté le suspense de savoir si c’était vraiment vous qui étiez derrière toute cette mascarade de 3e mandat, la seule réalisation de votre gouvernement depuis le début de l’année. Mais svp venez-nous le dire de vive voix à la TV, même étrangère, Yandi ! Quant à votre lettre à nos 42 représentations auprès de la communauté internationale (ambassades et consulats) envoyée par votre ministre des affaires étranges, franchement je ne pense pas que ce soit une bonne idée. Je résume le texte ainsi : « Ca y est, je vais lancer ma manœuvre dans les jours qui viennent. Soit vous approuvez, appuyez et lancez la mamaya là où je vous ai posté, soit vous fermez la bouche et commencez à faire vos valises pour une sortie rapide et définitive de la mangeoire. Et surtout partagez largement et avec conviction autour de vous pour qu’ils ne puissent pas dire après qu’ils ne savaient pas », avec des propos ronflants du genre « des éléments de langage d’un point de vue moral et philosophique ». Prési, ces gens qu’ils doivent convaincre ne sont pas vos petits fonctionneurs et bouffons du parti. Non seulement ils vont bien en rigoler mais en plus vous leur donnez maintenant tout le temps nécessaire pour envisager une réponse plus coordonnée et efficace. Bad move Boss, cette fois-ci encore ! Mais il vous reste encore une sortie honorable à cette bourde : virez votre ministre des affaires étranges pour ‘faute lourde’ puisque cette lettre a fuité dans la presse, une spécialité que nous pratiquons depuis des décennies.

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Publié dans 2019 | Laisser un commentaire

Une Nouvelle Voie (Mai 2019) : cinq morts par ‘avalanche de poubelles’ suite à la 1e grande pluie de l’année

Bienvenue à mon bilan du 41e mois de la Condécratie version 2.0. Je continue mon exploration mensuelle des méandres des décisions importantes pour la Nation prises par nos nouveaux chefs en proposant des pistes de réflexions et d’actions qui pourraient être envisagées pour que le « vrai changement » soit effectif.

  1. Echantillon de paroles et pensées présidentielles du mois:
  • « J’ai écouté vos messages. On dit que le peuple a toujours raison et pour le moment je suis à l’écoute du peuple. Le moment venu je donnerai ma réponse. Je suis venu pour le lancement des travaux de la fête tournante. Nous voulons que le peuple bénéficie du développement de la Guinée. Je vous ai écouté, je vais aussi écouter les autres et quand je finis d’écouter tout le monde je vais donc vous répondre mais il faut que tout le monde comprenne que ce que le peuple veut personne ne peut arrêter ça » (le 04, à Kindia en réponse aux mamayeurs qui s’égosillaient en chantant ‘Referendum-3e mandat’).
  • « Je souhaite l’union entre tous les fils du pays et si Dieu le veut bien la Guinée ira de l’avant. Personne n’a la force de faire reculer ce pays grâce aux vœux et bénédictions que vous (les religieux) formulez à chaque instant pour ce pays… Assez de pays de cette sous-région ont connu la guerre mais en Guinée Dieu nous a épargnés. Je vous exhorte de continuer à prier et à faire des sacrifices pour nous éviter la guerre » (le 24, lors d’une invitation des leaders religieux à la présidence pour couper le carême)
  • Pour : c’est vraiment bien de demander aux imams de tout faire pour éviter la guerre chez nous et leur demander de promouvoir la paix et l’union entre tous les Guinéens. Mais il y a une manière beaucoup plus simple, rapide et directe pour obtenir cela : dire qu’il se retire définitivement du pouvoir en fin 2020 et confier la tache de proposer une éventuelle nouvelle constitution à son successeur qui pourra le faire dans un contexte plus approprié et serein.
  • Contre : et il doit cesser de nous rabâcher tous les jours maintenant qu’il est uniquement à l’écoute du peuple sur ce sujet, comme si le mot ‘peuple’ voulait dire quoi que ce soit surtout chez nous après 26 années de satanisme au nom du peuple de la révolution globale et multiforme.
  1. Les décisions et actions « positives » du mois :
  • Le 02, les députés guinéens votent à l’unanimité le projet de loi instituant la parité entre hommes et femmes pour l’accès aux mandats électoraux et aux fonctions électives dans les institutions publiques. C’est bien que ceci soit maintenant en noir sur blanc sur ‘papier officiel’ même si on sait c’est quoi papier chez nous. On sait que la majorité des députés soutiennent la légalisation de la polygamie donc ils ne peuvent convaincre personne de leur sincérité en approuvant une telle loi. C’est juste pour faire plaisir au PPAC foncièrement et bruyamment anti-polygamie. Encore une loi qui disparaîtra dès qu’il ne sera plus au pouvoir.
  • Le 04, le FNDC, nouveau front des opposants et de la société civile mis en place en avril pour combattre les velléités de 3e mandat montre enfin ses premières actions concrètes sur le terrain lors de la 1e tentative officielle du PPAC d’encourager ses mamayeurs à l’intérieur du pays à Kindia. Voici un bref compte-rendu du site africaguinee.com (M.M. Barry) : « Malgré l’interdiction des autorités les opposants au projet de nouvelle constitution ont manifesté à Kindia alors qu’Alpha Condé est en séjour dans la ville des agrumes. Avec des banderoles et des pancartes les manifestants dont certains habillés de t-shirts sur lesquels on peut lire « Amoulanfé », ont exprimé leur farouche opposition au projet de révision constitutionnelle. Menés par le front national pour la défense de constitution (FNDC) ils ont bravé l’interdiction des autorités alors qu’au stade Fodé Fissa de Kindia où Alpha Condé a été reçu en grande pompe, ses supporters ont prononcé des discours prônant l’adoption d’une nouvelle Constitution ». C’est comme cela qu’il faut réagir désormais : à toute tentative de nouvelle mamaya il faudra organiser, s’il le faut de force, une contre-mamaya malgré tous les efforts entrepris par les sbires du pouvoir à tous les niveaux pour l’empêcher.
  • Le 09, les menaces du PPAC ont enfin un effet positif pour le futur des Guinéennes (et Guinéens) : le code civil qui avait été renvoyé en seconde lecture devant l’assemblée nationale parce que le boss avait rejeté la 1e version qui voulait officialiser et légaliser la polygamie est enfin modifié. Les députés ont majoritairement (mais de peur et de force) voté pour un texte qui définit la monogamie comme règle légale du mariage en Guinée. Toutefois pour se garder quand même une porte de tricherie nos dépités ont glissé une petite exception qui dit que « l’homme peut, avec l’accord de sa première épouse, être polygame » !
  • Le 13, c’est une bonne nouvelle du coté de la justice guinéenne : après quelques heures de débats, le juge de la cour d’appel de Conakry a ordonné la libération pour délits non constitués des 7 membres du FNDC arrêtés lors de la manifestation de protestation à Kindia. Le juge a exigé aussi la restitution de tous leurs t-shirts sur lesquels étaient écrits ‘’Non à un troisième mandat’’. Un camouflet sans précédent pour les juges, politiciens et administrateurs démagogues de la ville de Kindia où ils avaient été condamnés le 07 mai à 3 mois de prison et 500.000 GNF chacun suite à leur marche pacifique lors de la réception du président dans cette ville. Bravo à la cour d’appel de Conakry qui prouve que certains (mais trop rares) juges savent encore dire Non devant une injustice flagrante.
  • Le 20, le ministre de la justice et garde des sceaux présente dans une lettre sa démission du gouvernement au PPAC pour refus de participation à toute modification ou changement de la constitution et à la mascarade de soutien populaire au 3e Il semblerait que depuis le 04 avril il en avait discuté de vive voix avec le boss mais comme d’habitude ce dernier avait joué à la tortue retranchée dans sa carapace sans bougie pour la chauffer. Finalement le ‘secret’ est balancé dans la presse le 27 Mai. La résistance se renforce doucement et c’est un grand pas en avant pour tous les opposants au mouvement « PPAC à vie ». Après les ministres Khalifa Gassama Diaby et Cheick Sacko à qui le tour ?
  • Pour : concernant la loi sur la parité sur le plan électoral, le 2è vice-président de la commission des lois précise : « la présente loi, après amendements, comprend huit articles :L’article premier pose la règle de la parité ; – L’article 2 détermine le champ d’application de la loi ;  les articles 3, 4 et 5 définissent les mécanismes de mise en œuvre de la parité ; l’article 6 prévoit les sanctions applicables en cas d’inobservation des règles sur la parité, ainsi que les voies de recours disponibles. A cet effet, l’article 7 encourage les partis politiques, coalitions de partis politiques et candidatures indépendantes à mettre en œuvre, à leur niveau la règle de la parité ; l’article 8, enfin, concerne les dispositions finales. Au demeurant, l’égalité hommes-femmes dans la vie politique et sociale n’est pas, en réalité, une faveur qu’il convient d’accorder aux femmes, mais plutôt une nécessité incontournable pour garantir un développement équilibré et durable du pays. Elle suppose l’implication de tous les acteurs sociaux, hommes comme femmes. L’article 3 dit que les listes de candidatures sont celles présentées par les partis politiques, les coalitions de partis politiques et les candidatures indépendantes.  Elles sont alternativement composées des noms des candidats des deux sexes ». Comme c’est bien écrit mais maintenant le plus difficile, le vrai problème commence, l’appliquer et la faire respecter.
  • Contre : pour le code civil révisé il faut reconnaître que nos députés polygames ont su quand même se laisser une grande porte de sortie digne de leur pensée retors : « Article 281 révisé :le mariage est soumis au régime de la monogamie pour tous les citoyens guinéens.
    Toutefois, le futur mari peut, au moment de la célébration du mariage, en présence de sa future épouse et avec l’accord explicite de celle-ci, déclarer qu’il opte pour la polygamie limitée à deux (2), trois (3) ou quatre (4) femmes au maximum. Faute par l’homme de souscrire à l’une des options de la polygamie, le mariage est placé de manière irrévocable sous le régime de la monogamie, sauf dispense accordée dans les conditions prévues à l’article 282 du présent code. En l’absence d’accord entre les futurs époux sur l’option de la polygamie, l’officier de l’état civil ne peut célébrer le mariage ». Ainsi une bonne pression exercée sur la jeune fille mineure et surtout sur ses parents, accompagnée de quelques billets de banque et cette ‘pratique traditionnelle’ se poursuivra comme si de rien n’était et pour toujours chez nous.
  1. Les décisions et actions « négatives » du mois :
  • Le 01, le boss se rend en Turquie pour participer à l’inauguration d’une mosquée à Istanbul et ensuite chez lui à Paris pour une rapide visite privée et confidentielle. Désormais l’inauguration des mosquées mondiales entre dans l’agenda officiel très chargé des visites présidentielles
  • Le 04, à peine descendu de son jet venant de Paris le boss va à Kindia pour officiellement procéder au lancement officiel des travaux de construction des infrastructures prévues dans le cadre des festivités commémoratives du  61anniversaire de l’indépendance. Bien sur personne n’est dupe et tous ceux présents dans l’enceinte du stade de la ville n’ont qu’une seule idée et parole en tête : référendum, nouvelle constitution et surtout 3e Mais toute cette mamaya ne va pas plus loin que dans le stade. Ailleurs dans la ville les anti-3e font eux aussi leur tintamarre. Les faucons organisateurs devront évacuer dare-dare leur chef à la fin de leur cérémonie en faisant tout pour qu’il ne voie pas ce qui se dit et fait autour du stade. Un vrai défi pour ces courtisans minables.
  • Le 07, la répression systématique des opposants au 3e mandat se poursuit sans relâche. Cette fois-ci c’était à Kindia suite à la grande mamaya présidentielle du weekend. Finalement 07 opposants sont condamnés par le tribunal de la ville à 3 mois de prison ferme et au paiement d’une amende de 500.000 GNF chacun. Mais vu la détermination de plus en plus grande des membres du FNDC je pense que les tribunaux et prisons du pays ne pourront bientôt plus contenir le nombre croissant des opposants également déchaînés contre cette imposture. D’ailleurs les 07 seront transférés les jours suivants à Conakry pour un nouveau procès.
  • Le 08, Air-PPAC atterrit en Namibie pour une visite d’état de 2 jours. Ce qui est bizarre c’est qu’il est accueilli à l’aéroport par le ministre des relations internationales. Ça ne démarre surement pas comme notre héros national l’espérait et surtout à l’opposée totale du tapis rouge permanent quand leur président était en visite chez nous il y a quelques mois. Allez savoir ce qui se cache derrière tout ça.
  • Le 17, notre réputation d’honnêteté intellectuelle et morale est de nouveau mise au tapis sur le plan continental et international et cette fois-ci dans le football, un domaine qui est suivi à la loupe par tous les pays. Selon le site guineematin.com (A. Mamadou Diallo) : « La Guinée a été lourdement sanctionnée par la Confédération Africaine de Football (CAF) pour avoir fraudé sur l’âge de deux de ses joueurs de l’équipe nationale des moins de 17 ans. Cette sanction est consécutive à une plainte de la Fédération sénégalaise de football lors de la Coupe d’Afrique des Nations de mois de 17 ans jouée récemment en Tanzanie. Les soupçons de fraude sur l’âge des joueurs Ahmed Tidjane Kéita et Aboubacar Conté se sont confirmées au grand dam de la Guinée. Ces deux joueurs ont présenté des dates de naissance différentes sur leurs passeports. Après les tests IRM (Imagerie à Résonnance Magnétique) de la CAF, révélées défaillantes, c’est l’expertise des japonais qui a permis de confondre les deux joueurs guinéens dont on a diminué l’âge. Avec leur présence, la Guinée a participé à la CAN des Cadets où les poulains de Maleyah Camara ont fini deuxième sur 8 équipes au départ. Selon le contenu de la décision du Conseil de Discipline de la CAF le Syli perd sa deuxième place et doit restituer la médaille d’argent obtenue lors du tournoi cadet. Nos cadets sont également disqualifiés de la coupe du monde de sa catégorie, prévue au mois de novembre prochain au Brésil. La Guinée est également bannie des deux prochaines éditions de la CAN U17. Les deux joueurs concernés sont interdits d’exercer toute activité liée au football pour une période de deux ans. Comme cela ne suffisait pas, la Fédération Guinéenne de Football est sanctionnée d’une amende de 100 mille dollars US. Le Sénégal reprend la place de la Guinée pour la coupe du monde des U17. Telles sont les lourdes conséquences des errements de ceux qui gèrent le football guinéen : fédération de football, ministère des sports et ministère de la sécurité ». On va voir maintenant comment le ministre-coquelet responsable de cette prouesse (Bantama Sow) et la FEGUIFOOT vont se sortir de cette nouvelle bévue – surement avec leur technique habituelle de la tête d’autruche enfoncée dans le sable, comme lors de leur vote contre le Maroc, le représentant africain pour la coupe du monde de football. Néanmoins une telle réputation sera difficile à faire oublier pour des décennies dans le monde du football : prendre deux médailles d’argent aux plus grands championnats de football continental (Cadets et U17) et en être dépouillé officiellement ensuite !
  • Le 17, les « morts par écrasement de poubelles » reprennent dès la 1e pluie sur Conakry. Au quartier Dabondy-3 (secteur Mackia Touré) des enfants ont été ensevelis lors de la grande pluie qui s’est abattue la nuit précédente par les eaux de ruissellement drainant des montagnes d’ordures qui ont déferlé sur leur concession vers 02 heures du matin alors que tous dormaient. La puissance des eaux a cassé les murs avant de se propager dans la maison écrasant tout sur son passage. Les images le lendemain sont vraiment horribles : une montagne de sacs de poubelles et de choses innommables remplissant les salons et chambres à coucher. Quatre corps ont pu être récupérés le matin, un nourrisson et 3 enfants de moins de 10 ans. Une semaine après (le 24) c’est le corps d’une fille de 17 ans qui avait été emportée par les eaux qui est retrouvé. Et bien sur il n’y avait pas d’électricité dans tout le quartier pendant toute la nuit donc les parents se battaient à la torche pour sauver leurs enfants et tout ce qui pouvait l’être. D’ailleurs les jeunes du quartier avaient manifesté dans la matinée précédente au drame en brûlant des pneus en guise de protestation contre l’insalubrité et le manque d’électricité dans leur quartier.
  • Le 20, nous avons enfin une explication du retour intempestif des coupures d’électricité quasi-journalières qui sont à la base de la reprise d’une véritable intifada des jeunes dans tous les quartiers de la capitale. Selon une enquête du site mosaiqueguinee.com (Mohamed Bangoura : «En 2018, le gouvernement s’était engagé auprès des bailleurs de Fonds notamment le FMI, pour une meilleure maîtrise des subventions au secteur de l’énergie mais cette promesse n’a pas pu être tenue par le gouvernement qui n’a pas encore tiré toutes les leçons. Pour le 1er trimestre 2019 au titre de la loi de finances initiale, plus de 400 milliards ont été engloutis dans la subvention accordée à EDG sur une prévision budgétaire de 800 milliards de francs guinéens sur l’année. Le gap a été constaté par la mission de revue à mi-parcours du fonds monétaire international, conduite par Mme Giorgia Albertin. Les missionnaires se sont donc faits entendre auprès du gouvernement qui, semble-t-il, a été intimé de corriger ce rythme insoutenable, faute de quoi, le programme FEC risquerait d’être suspendu avec le pays. Conscient du danger que pourrait susciter une telle mesure, le gouvernement guinéen a donc décidé de rectifier le tir, d’où le retour des délestages dans les ménages avec ce que cela aussi peut entraîner comme manifestations ou mouvements sociaux notamment à Conakry ». En d’autres termes si la saison des pluies ne remplit pas rapidement les retenues d’eau des barrages et vu que la subvention mensuelle à l’EDG sera réduite drastiquement les habitants de la capitale doivent se préparer à beaucoup d’obscurité, de casses d’édifices publiques et de pneus brûlés sur toutes les rues.
  • Le 20, selon une enquête fouillée du site guineennews.com ce même rapport du FMI de mi-mai met à nu plusieurs autres dérapages majeurs de la gouvernance actuelle : « le FMI n’a pas trouvé les moindres traces des 90 millions de dollars que la société de téléphonie mobile Orange a payés pour la licence d’exploitation de la 4G. Pourtant la convention entre le gouvernement et Orange a été signée depuis le 14 mars dernier, et la société a commencé à exploiter la 4G. Le gouvernement s’était engagé à ne plus recourir à des opérations extra-budgétaires ; 60 millions de dollars au titre d’un prêt non-concessionnel contracté en catimini en 2018 avec le Qatar et qui devrait être renégocié à des termes concessionnels n’est toujours pas enregistré dans les livres de la comptabilité publique, selon nos sources. A ce sujet le FMI était déjà monté au créneau lors de la revue du mois de décembre 2018 en menaçant dans des termes diplomatiques de couper le programme si la Guinée continue à contracter des dettes secrètes et à dilapider l’argent emprunté ; le chef de l’Etat a décidé soudainement de produire un décret qui abroge toutes les dispositions antérieures recommandées par le FMI sur la SOGUIPAMI (société guinéenne de patrimoine minier) et ramené cette organisation sous sa tutelle à la présidence pour contrôler les avoirs miniers de l’Etat ». Au final la délégation était tellement « fâchée » qu’elle ne s’est pas jointe à la rédaction de la déclaration finale du gouvernement par le ministre des finances qui lors de la conférence de presse de clôture de l’évaluation a dit exactement le contraire en affirmant en autres que notre taux de croissance entre 7% et 9% était actuellement l’un des plus élevés au monde. Et notre croque-mort de ministre le sortira devant les caméras de la presse sans même cligner des yeux.
  • Pour : comme chaque mois, R.A.S…
  • Contre : concernant les pauvres ‘morts par poubelles’, pour bien enfoncer le couteau dans la plaie des victimes le gouverneur de Conakry leur lance à la figure : « On aurait pu éviter le pire si les gens n’avaient pas fait des constructions anarchiques. Très malheureusement c’est nous, population, qui sommes à la base de ce qui est arrivé ». Comme si son rôle d’administrateur n’était justement pas d’empêcher ces constructions anarchiques par des analphabètes inconscients des dangers réels de leur environnement. C’est justement ça, le rôle de l’état de droit. Et notre PM, 1e gaffeur du pays (a.k.a ‘le chinois est mort’) nous sort le communiqué suivant : « Le Gouvernement informe les populations, qu’en plus du plan d’urgence d’assainissement de la capitale, le programme global d’assainissement du pays financé à hauteur de 100 millions d’euros s’est mis en place et devra permettre d’assurer la salubrité publique ». Une belle jambe et un doigt dans l’air aux familles éplorées. Le cynisme, l’inconscience et le mépris en plein ciel – quelle tristesse pour notre pays !

Tic-tac, Tic-tac, la montre tourne ; aujourd’hui est le 3082e jour de l’ancien « Guinea is back » et du nouveau « changement radical » – déjà 08 ans, 05 mois et 10 jours ! Aladji-Professeur-Président voici ma suggestion SMART (Spécifique, Mesurable, Atteignable, Réalisable et Temporellement définie) du mois pour améliorer un peu votre Sanseman : grand boss, je suis désormais convaincu que l’objectif « révision de la constitution » pour votre 3e mandat n’est plus à l’ordre du jour depuis longtemps pour vous et vos poulains. Je pense que maintenant tous les Guinéens qui savent lire et analyser ont compris qu’en cas de simple révision il vous sera impossible de justifier une modification des articles de blocage.  Donc le seul sujet actuel de vos haut-parleurs est une « nouvelle constitution » qui permettrait ainsi de faire sauter « sans problème juridique » cet article. Et c’est précisément ça que vous disiez le mois dernier à la presse sénégalaise que vous aimez tant (plus que la notre en tout cas) : « S’il y a une nouvelle constitution alors il n’y a pas (de possibilité de m’embêter avec cette affaire) de 3e mandat ». Mais je pense que vous devriez revoir ce mode de justification car il ne tiendra pas plus loin que dans les salons de vos fanatiques, même avec l’appui de certains constitutionalistes locaux à la recherche principalement de futurs strapontins. L’un des combats du FNDC devrait être d’exiger que ce projet de nouvelle constitution soit dévoilé immédiatement, pour pouvoir l’expliquer en détail à tous les Guinéens avant qu’il ne soit proposé au référendum. Et ça je sais que ce n’est pas du tout dans les plans de votre équipe de campagne. Un observateur local me faisait observer à ce sujet : « Si vous poussez le FNDC à voir la mouture de faux projet c’est joué pour votre cher ami PPAC. Ils veulent imposer le débat et je pense le mieux est de refuser d’entrer dans ce débat. Quand Conté à voulu une constitution il a mis en place une constituante et tous les guinéens dans tous les pays ont donnés leurs avis avant son adoption  ». Je suis en partie d’accord avec lui mais je pense que c’est quand même l’une des seules options qui nous reste pour attirer plus l’attention de tous les « amis de la Guinée » sur ce qui se trame car eux seuls peuvent vraiment vous faire changer d’avis maintenant. De là à douter que ce document sera approuvé à 95% avant même sa présentation lors d’un référendum ‘made in Guinée’ dans les laboratoires de notre éminent chimiste électoral Kiridi Bangoura, c’est un rêve que je ne fais plus depuis des décennies chez nous. Mais une chose est sure pour moi, il faut vous faire changer d’avis avant tout référendum et ce n’est pas par la simple force des manifestations et discours publiques de menaces que l’équipe opposition/ONGs/FNDC et autres empêcheront avec succès votre forcing démesuré et irréel – les échecs des mairies de Kindia et Matoto nous ont édifié sur ce point. Alors il nous reste quoi d’autre que de prier pour que vos Big Brothers occidentaux mettent un Niet catégorique à vos calculs typique des derniers petits dictateurs africains peureux et complexés devant eux ? En tout cas vous êtes sur la plus grande pente glissante de votre longue carrière d’opposant historique à tout autre pouvoir que le votre, alors faites gaffe, Yandi ! Une dernière question quand même : puisque vous ne voulez pas nous montrer la mouture finale de cette satanique constitution jusqu’à la veille du référendum pour vous assurer qu’il sera alors trop tard pour la moindre discussion et modification du texte alors au moins dites-nous quelles modifications majeures proposées ne peuvent pas être réglées par une simple révision de la constitution actuelle et nécessite donc tant une toute nouvelle, à part 2 nouveaux mandats pour vous ? Et dites à vos haut-parleurs de cesser de la justifier avec des fadasseries du genre « pour  prendre en compte le panafricaniste, la parité, la 3e génération des droits humains (!) et les contradictions entre les fonctions de PM et président ». Encore pire encore, votre PM-gaffeur qui nous dit officiellement que lui et tout son gouvernement sont pour la nouvelle constitution et ajoute ensuite qu’ils ne l’ont pas encore vue ! C’est vraiment pathétique et désespéré de voir ce forcing ridicule pour la justifier ainsi et c’est sans doute pour cela que le seul vrai juriste de votre attelage, votre ministre de la justice a démissionné avec fracas pour ne entacher sa réputation, surtout chez lui à Montpellier avec de telles inepties injustifiables. Lui il a, à la différence de presque tous vos autres ministres, une réputation et un crédit personnel à protéger partout, et en particulier hors de nos frontières. Et pour finir un autre petit conseil : quand un de vos ministres vient vous voir près de deux mois avant une grosse bêtise légale pour vous dire « si vous la faites je vais partir » il faut faire un mini-remaniement ministériel dans les plus brefs délais pour l’enlever avant qu’il ne verse votre figure dans la poubelle internationale. Surtout quand en plus c’est le premier justicier de votre gouvernement. Boss, soyez un peu plus proactif Yandi !

Publié dans 2019 | Laisser un commentaire

Une Nouvelle Voie (Avril 2019) : qui connait le nom du petit malin qui a grugé 300.000 USD de la poche du PPAC ?

Bienvenue à mon bilan du 40e mois de la Condécratie version 2.0. Je continue mon exploration mensuelle des méandres des décisions importantes pour la Nation prises par nos nouveaux chefs en proposant des pistes de réflexions et d’actions qui pourraient être envisagées pour que le « vrai changement » soit effectif.

  1. Echantillon de paroles et pensées présidentielles du mois:
  • « Nous avons fait une dictée pour les enseignants, niveau CE2. Sur 700 enseignants on a vu 20 fautes. En plus, sur ces 700 enseignants 70% n’ont pas trouvé ces fautes. Et sur ces 70% 25 ont ajouté des fautes (rire hystérique). Alors comment pouvez-vous enseigner quelqu’un du CM2 quand vous ne pouvez même pas corriger une dictée du CE2 ? La formation des formateurs est un problème fondamental. On doit avoir le courage de dire que désormais ne pourront enseigner que les gens sortis des écoles des instituteurs ou des écoles professionnelles. Un gouvernement n’est pas à la traîne de l’opinion, il doit orienter l’opinion. Un gouvernement doit avoir le courage de se battre pour son pays, il ne doit pas avoir peur des différentes structures. Parce que chacun défend son intérêt contre celui de l’état. Il faut qu’on ait le courage de prendre à bras le corps le système éducatif sans avoir peur ni des étudiants, ni des enseignants, ni du syndicat. Lorsque l’action pédagogique ne réussit pas l’état doit prendre la responsabilité d’une orientation autoritaire c’est-à-dire orienter de façon autoritaire dans tel secteur parce que c’est ce qui correspond à leur profil. Ça il faut que le gouvernement ait le courage de le faire. Ça ne plaira pas aux étudiants mais c’est notre devoir de le faire » (le 17, à l’ouverture du forum de l’étudiant guinéen (FEG) à Conakry).
  • « S’il y a modification de la constitution il y a troisième mandat. S’il n’y a pas de modification de la constitution il y a mandat ou pas. Moi pour le moment je pense que le débat est ouvert et il doit être libre. Chacun est libre de défendre sa position mais il appartient au peuple de trancher. La Guinée ne fonctionne pas en fonction de ce que pensent telle ONG ou telle autre, ils sont libres de penser ce qu’ils veulent. J’ai été élu par le peuple de Guinée, je suis responsable devant le peuple. Personne ne peut nier que depuis mon élection la situation des Droits de l’Homme a totalement changé. Mais ceux qui critiquent les forces de l’ordre, s’ils sont honnêtes pourquoi ils ne vont pas jusqu’au bout. Est-ce que lorsque des gens manifestent au Sénégal ils viennent avec des frondes, des coupe-coupe, des lance-pierres ? Est ce que vous avez ce qu’on appelle section cailloux ? Donc quand des gens qui manifestent viennent avec des fusils de chasse, viennent avec des frondes, vous voulez que les forces de l’ordre se croisent les bras ? Ça me fait rire cette organisation (HRW) parce qu’elle parle des forces de l’ordre mais ne parle pas des manifestants qui utilisent la violence contre les forces de l’ordre. Le droit de manifester est un droit fondamental mais lorsque les manifestants se mettent à casser des véhicules, à casser les maisons, à prendre les téléphones des passants, vous voulez que les forces de l’ordre se croisent les bras ? Ce qu’ils veulent sincèrement ce n’est pas mon problème. C’est pas eux qui vont me dire ce que j’ai à faire, c’est le peuple de Guinée qui me dira. J’ai des comptes à rendre au peuple guinéen, au peuple africain, pas à ces ONG d’autant plus qu’ils font du deux poids deux mesures. Quels sont les pays qui font le plus de violence ? Est qu’ils les attaquent ? Ils n’ont qu’à alors balayer devant leur propre porte. Ils n’ont pas de leçon à donner à quelqu’un. Et très souvent ils sont financés par des magnats. Beaucoup de gens ne sont pas contents de l’évolution de la Guinée parce qu’ils veulent piller ce pays. C’est eux qui financent ces organisations là. Donc, honnêtement ils peuvent dire ce qu’ils veulent ; ça ne me fait ni chaud ni froid » (le 20, entretien avec des journalistes sénégalais des Groupe Futurs medias et DakarActu).
  • Nous allons nous prémunir de toute action qui demain va nuire à l’environnement en Guinée… Nous venons de finir la géophysique au cent millième qui nous permet d’avoir une vision plus claire des autres  ressources que nous avons que ce soit le Cobalt, le partinium, le cuivre. Nous aurons la même politique pour la bauxite et nous partagerons les  résultats. Mais nous serons très stricts dans cette politique, ça sera par appel d’offre… Je reviens à la SOGUEPAMI on fait un appel d’offre ouvert. On doit informer tout le monde qu’il y a du cobalt et du cuivre à tel endroit et demander qui est intéressé.  Parce que quand vous avez rendu la moitié ça appartient désormais à la Guinée, vous n’avez aucun droit là-dessus. Nous ne permettrons pas les combines. Nous informerons le monde entier qu’à Lola nous avons le cobalt et le cuivre, qui est intéressé ? Car on doit chercher à maximaliser nos profits. Et j’y veillerai personnellement. C’est pourquoi il y a une semaine j’ai pris un décret pour transférer la tutelle de la SOGUEPAMI à la présidence. Car on doit veiller à ce que tout le monde respecte les intérêts du peuple de Guinée » (le 24, pour justifier pourquoi il sera désormais le gestionnaire unique de toute nouvelle mine en Guinée en prenant la gestion de la société faîtière SOGUEPAMI).
  • « Le ministre (des mines) dit qu’il y a eu beaucoup de progrès, c’est vrai, mais il reste encore beaucoup à faire. D’abord, nous n’avons pas la maitrise réelle de ce que nous produisons, parce que dans les affaires tout le monde triche. Très souvent les miniers peuvent sortir 10 mille tonnes et disent que c’est 5 mille, ou bien exploiter 60% des minerais et déclarent 40%. Donc il faudrait que progressivement l’on se dote des moyens pour empêcher cela. Dans quelques jours nous allons avoir une rencontre avec les miniers guinéens pour que chacun respecte effectivement le code minier. Nous nous respectons, les miniers aussi doivent respecter et ensuite nous voulons protéger notre environnement parce que nous ne voulons pas nous retrouver comme certains pays » (le 24, à l’ouverture du 6e symposium Mines-Guinée).
  • « Nous devons faire attention sur la montée du terrorisme. Avant c’était au Nord du Mali mais aujourd’hui ça descend. C’est facile d’arrêter un touareg à la frontière et ne pas le laisser entrer. Mais quand c’est un peulh, un malinké ou un mossi on ne peut pas l’arrêter d’autant plus qu’il a des familles des deux côtés » (le 26, lors de sa visite de travail en Côte d’Ivoire).
  • « Moi je veux qu’on se parle franchement. Beaucoup de ministres trichent et envoient de l’argent aux ambassades et les ambassadeurs leur renvoient une partie. Il faut qu’on se dise la vérité parce qu’on dit chez nous que si le cadavre se cache de celui qui le lave il ira sale au paradis. Donc il faut que désormais que les ambassadeurs cessent de faire cela, il ne faut pas chercher à faire plaisir aux ministres ; et d’ailleurs l’argent de l’état ne sert pas à renforcer la diplomatie. Aucun ambassadeur désormais ne doit accepter cette compromission. Je ne dis pas que le ministre actuel des affaires étrangères le fait mais c’est une pratique. Donc je veux qu’on mette fin à cette pratique… Très souvent beaucoup d’hommes d’affaires viennent on ne les connait pas, on ne sait pas qui est sérieux, qui ne l’est pas, parce qu’aujourd’hui tous les guinéens sont devenus des démarcheurs. Depuis qu’il y a eu l’accord stratégique avec la Chine tous les jours il y a des guinéens qui amènent… (le micro tombe), très souvent on m’envoie des notes, telle société peut investir un milliard, à la fin ils me disent ‘garantie souveraine’ (rire). Pourquoi je vais m’endetter pour une société parce que garantie souveraine ça veut dire que je prends le risque à sa place, s’il ne peut pas payer c’est moi qui paie. Mais il faut vraiment qu’ils nous prennent pour des archaïques, pour des imbéciles pour penser avoir des garanties souveraines. Mais si vous faites votre travail je serai moins envahi, moins fatigué parce qu’aujourd’hui je suis envahi de propositions venant de tous côtés et le plus souvent… On a même été escroqué ici, je crois que le ministre, le gouverneur de la banque le sait, il y a un homme d’affaires qui est venu, qui a fait des propositions mirobolantes mais il fallait lui payer 300 mille dollars. Le gouverneur de la banque m’a dit « Mais vraiment président paie, paie, paie ». J’ai pris de ma poche pour payer les 300 mille dollars, le monsieur a disparu et on n’a plus jamais entendu parler de lui. Mais si l’ambassadeur de ce pays avait fait son travail je me serai pas fait gruger donc réellement moi j’insiste sur votre rôle économique » (le 29, à l’ouverture de la réunion annuelle des diplomates guinéens).
  • Pour : il faut reconnaître que le chef est le seul responsable politique qui dit la vérité sur la situation minière actuelle : le pays n’a aucune information réelle sur les quantités et qualités des minerais exportés par nos « partenaires étrangers ». Mais le dire et ensuite parler d’une réunion prochaine pour en débattre avec eux c’est aussi reconnaître qu’il lui a fallu 9 années au pouvoir pour s’en alarmer et espérer inverser cela. Et ça ce n’est pas bien du tout. Une chose est sure, après ce discours plusieurs boss miniers du pays vont rejoindre le clamp des ‘Non au 3e mandat’.
  • Contre : orientation autoritaire des étudiants dans les facultés ? Mais il nous vient d’où ce professeur et de quelle université française ? Par ailleurs c’est incroyable quand même ce culot de dire devant la presse internationale que le débat est ouvert et libre concernant le 3e mandat alors que chaque jeune qui sort une pancarte ou un T-shirt disant le contraire est immédiatement arrêté, jugé et condamné pour trouble à l’ordre public. La justification pour sa gestion désormais exclusive de nos mines est également osée : respecter les intérêts du peuple de Guinée ! Supprimer tous les check & balance pour cela est un prétexte que seul lui pourra défendre en public. Finalement je dis bien joué à cet « homme d’affaires qui est venu, qui a fait des propositions mirobolantes mais il fallait lui payer 300 mille dollars » et qui finalement a « grugé le boss de 300.000 USD de sa poche et ensuite disparu ».
  1. Les décisions et actions « positives » du mois :
  • Le 02, la société civile continue de prouver qu’elle est la seule entité ayant une chance réelle de bloquer les lubies révisionnistes du PPAC et de ses faucons. Les journalistes et les patrons des associations de presse ont battu le pavé à Conakry pour exiger la libération de leur confrère Lansana Camara du site d’informations Conakrylive.com, arbitrairement arrêté et emprisonné à la prison centrale de Conakry suite à une plainte du ministre des affaires étrangères. Fortement mobilisés pour la circonstance presque tous les journalistes du pays ont marché du port autonome de Conakry en passant par le ministère des affaires étrangères jusqu’au siège du ministère de la justice.
  • Le 02, lors de la présentation du rapport Forbes sur notre inquiétante situation économique actuelle (voir chapitre suivant) les méchants évaluateurs ont quand même envoyé quelques petites fleurs : «Avec l’appui des partenaires au développement les nouvelles autorités ont entrepris dès 2011 des réformes macroéconomiques ayant conduit en septembre 2013 à l’annulation de 60% de la dette extérieure soit plus de 2 milliards de dollars dans le cadre de l’initiative PPTE. Les ressources budgétaires de l’état aussi sont passées presque du simple au double, le dispositif législatif et réglementaire de la gestion du budget et des ressources minières a été renforcé et le produit intérieur brut (PIB) a progressé de près du tiers entre 2016 et 2018 avec une croissance d’environ 5,8% en 2018 selon les estimations du FMI. De nouveaux mécanismes de sécurisation des recettes fiscales ont vu le jour en 2019 et un plan national de développement économique et social (PNDES) a été adopté en 2017 ». Hélas se sont des fleurs fanées car n’ayant que très peu d’impact sur les résultats finaux de l’évaluation des progrès économiques du pays.
  • Le 03, nous apprenons la naissance d’un mouvement anti 3e mandat qui réunit les principaux acteurs de la société civile et la totalité des leaders de l’opposition guinéenne. Ainsi est lancé le Front National pour la Défense de la Constitution (FNDC). Selon le site Guineenews.org (Alhassanc Bah) : « C’est le nom de ce mouvement qui va s’opposer à tous ceux qui veulent proposer aux Guinéens soit la modification de la Constitution actuelle soit son remplacement par une nouvelle afin de permettre à Alpha Condé de se maintenir au pouvoir au-delà de 2020. Le FNDC réunira en son sein la majorité des leaders politiques de l’opposition, des syndicalistes et des acteurs de la société civile. Notre source fait savoir qu’actuellement des artistes, citoyens et groupements indépendants sont en train d’être enregistrés au mouvement afin de lui donner la force nécessaire pour barrer la route aux « sirènes révisionnistes » de la constitution ». Une résistance organisée s’annonce enfin – maintenant pourvu que ça dure, vu les égos démesurés et les peaux de banane habituelles de toutes les entités qui le compose.
  • Pour : concernant la marche des journalistes, ces professionnels de médias scandaient les slogans « Libérez Lansana Camara ; Non à l’emprisonnement des journalistes ; Halte aux juges gelés et corrompus ; A bas les magistrats incompétents et gelés ; Vive le respect de la loi L02 sur la liberté de la presse… ». La marmite de la révolte pointe enfin un petit bout nez par la fenêtre.
  • Contre : pour le rapport Forbes ce qu’il ne dit pas c’est que ces éléments d’embellie financière sont dus uniquement au secteur minier de la bauxite qui exporte des millions de tonnes de terre rouge tous les mois à prix bradés au détriment définitif de l’environnement de plusieures de nos préfectures. Mais ça ce journal et nos chefs s’en foutent éperdument donc tant mieux pour eux et tant pis pour nous.
  1. Les décisions et actions « négatives » du mois :
  • Le 02, un rapport d’évaluation du FMI est présenté à la presse à la veille d’une mission de ce bailleur de fond principal du pays. Les conclusions sont sans appel. Guineenews.com (B. Caba Bah) nous en donne les détails : « Selon ces experts (du FMI) le fond du problème est la faible capacité d’absorption des fonds mis à la disposition de la Guinée. La cause est connue : une administration politisée où les compétences sont mises de côté au profit de l’engagement politique des fonctionnaires alors que par définition une administration est censée être technocrate. Résultat, malgré leur bonne volonté les bailleurs de fonds ont de la peine à trouver des interlocuteurs techniques côté gouvernement et le taux de déboursement est très faible. L’autre problème est la répartition des contrats d’exécution des projets. L’interférence politico-ethnique dans la passation des marchés publics – souvent de gré à gré en violation de la loi – est on ne peut plus présente ce qui va à contre-courant de la bonne gouvernance prônée par le gouvernement. Dans les TP (travaux publics) et les mines ce sont les mêmes entreprises connectées qui raflent tous les contrats ou du moins c’est l’impression qui apparait. Lors de la dernière mission en août 2018 le FMI s’est trouvé confronté avec des dizaines de contrats gré-à-gré de plusieurs centaines de milliards de francs guinéens qui n’avaient fait l’objet d’aucune évaluation-risque. Les lignes budgétaires n’étaient pas respectées et aucune méthode efficace de contrôle des déboursements n’a été implémentée avaient constaté les experts dans leur rapport au FMI. Les projets sont de mauvaise qualité et sont sous-estimés ou surestimés sur les coûts avec de longue périodes de mise en œuvre avaient écrit les experts du FMI. L’audit avait trouvé que 62% des 41.134 milliards de francs guinéens de contrats ont été faits de gré-à-gré sans appel d’offre ». Cette équipe d’experts a vraiment recherché tous les poux sur le crane du Sanseman et elle sera sans aucun doute persona-non-grata si elle osait revenir chez nous.
  • Le 02, c’est un autre rapport d’évaluation 2019 du magazine spécialisé américain Forbes qui est balancé au public par les forces sociales du pays. Voici un résumé du rapport : « Au 151ème rang sur 161 pays la Guinée se retrouve parmi les pays les moins attractifs du monde. Par ailleurs l’ONU aussi a dressé un rapport de 2018 sur l’IDH des pays (indice du développement humain) dans lequel la Guinée se retrouve au 175ème rang sur 189 pays ce qui la classe donc à la 15e place des pays le plus pauvres au monde et 13e de notre continent. Dans une autre partie de ce rapport nous occupons aussi le 15e rang des pays qui contribuent le moins à la richesse mondiale avec seulement 741 dollars US de PIB par habitant et par an malgré la surexploitation de nos ressources minières. La Banque mondiale quant à elle classe aussi la Guinée au 152ème rang en terme de la qualité du climat des affaires sur 194 pays ce malgré quelques performances réalisées par rapport aux trois dernières années. Nous sommes aussi selon l’ONG Transparency International au 148e rang mondial sur 180 pays en termes de corruption dans son rapport sur l’indice de perception de la corruption pour l’année 2017 ». Ces chiffres donnent le tournis et expliquent mieux que tout la situation et les prouesses de la gestion du PPAC au terme de son 2e mandat de 5 ans. Triste, tout simplement.
  • Le 04, les 2 partis de l’opposition de l’assemblée nationale confirment sans honte et droits dans leurs bottes qu’ils siégeront à la reprise des travaux de la nouvelle session des lois bien qu’ils soient des ‘produits périmés’ pour ceux qui les ont élus cinq ans auparavant. Les salaires, tickets de présence, carrosses, carburant gratuit et missions à l’étranger ont une nouvelle fois été plus forts que leur engagement à lutter réellement contre le 3e Leurs arguments pour rester sont tous plus loufoques les uns que les autres et ils devraient d’ailleurs cesser de se justifier de manière aussi ridicule devant la presse. Autant assumer ce que tous les Guinéens savaient et attendaient d’eux. Maintenant qu’ils ont gobé leur glissement fourbé sournoisement par le PPAC l’équivalent pour celui-ci se trouve nettement facilité en 2020. Et ces derniers les attendront au tournant dès qu’ils essayeront de l’en empêcher.
  • Le 08, nous apprenons dans un article du journal Le Monde que selon les services spécialisés français dans le domaine de l’immigration clandestine les ressortissants Guinéens sont les 2e plus grands demandeurs d’asile en France avec 8.433 demandes de protection – derrière les Afghans ! Le détail des chiffres fait froid dans le dos : en 2015 nous n’étions même pas dans les 10 premiers ce qui prouve l’efficacité et la réussite du PPAC dans ce domaine particulier depuis son 2e « La Guinée est désormais la première nationalité détectée aux frontières terrestres » selon Audrey Roux, chef du pôle national d’analyse migratoire à la direction centrale de la police aux frontières. En 2018 nous étions aussi la première nationalité parmi les mineurs non accompagnés soit près du tiers d’entre eux, avec 5.227 mesures de protection cette année selon les chiffres de la douane. Aujourd’hui les ressortissants Guinéens sont parmi les premiers contingents à entrer sur le continent par la Méditerranée occidentale et centrale. Certes nous pesons encore peu dans la balance en France par rapport aux 45 000 ressortissants détenteurs de titres de séjour mais nous sommes en pleine croissance exponentielle ce qui a de quoi alarmer selon la commissaire Audrey Roux. Vraiment certains résultats du 2e mandat ont entrainé des croissances dans des domaines inattendus et effrayants.
  • Le 10, la ‘grève générale et illimitée’ de l’enseignement pré-universitaire reprend en raison de nouvelles bisbilles entre des syndicalistes du SLEG (principal syndicat de l’éducation) et le gouvernement par rapport à la mise en œuvre du protocole d’accord signé quelques mois plus tôt après plusieurs mois d’arrêt des cours. Heureusement le lendemain les faucons du ministère de l’enseignement supérieur font marche-arrière en coulisses sur leurs manœuvres souterraines. Ils promettent de respecter désormais tous les points du protocole d’accord et en particulier le recensement des enseignants dans les universités comme dans tous les autres établissements de l’éducation nationale. Du coup la grève est suspendue – jusqu’à la prochaine bavure du gouvernement qui ne saurait tarder.
  • Le 18, la répression contre toute opposition publique au 3e mandat du PPAC s’intensifie : deux militants du parti d’opposition UFR sont arrêtés par les miliciens du pouvoir parce qu’ils participaient à une mobilisation spontanée à la sortie de leur leader de la radio Espace FM. Leur crime ? Avoir porté des T-shirts avec des slogans contre ce mandat. Ils sont présentés à des juges d’instruction le lendemain et leur procès pour ‘troubles à l’ordre public’ est prévue dans les jours suivants. Quelques semaines auparavant un leader politique (Faya Milimono) avait été arrêté avec des membres de son parti parce qu’ils manifestaient pacifiquement contre le glissement du mandat des députés à l’assemblée nationale. Et quelques avant ceux de l’UFR quatre autres jeunes de la ville de Coyah avaient été arrêtés au cours d’un meeting de la mouvance présidentielle pro 3e mandat et jugés pour avoir brandi des pancartes sur lesquels on pouvait lire ‘Non à ce 3e mandat’ mais heureusement tous ont ensuite été acquittés par les juges jusqu’à présent. Les faucons du chef ne se cachent même plus et espèrent effrayer et décourager toute personne qui exprime un avis contraire au leur mais à ce rythme un dérapage regrettable n’est jamais loin. Depuis ce jour-là les interpellations sont presque hebdomadaires dans des communes et villes de l’intérieur dès que des jeunes sont aperçus avec un T-shirt ou une pancarte ‘rebelle’. Quelle démon-cratie !
  • Le 25, le boss va en Côte d’Ivoire pour 3 jours de « visite de travail ». Avec un peu de chance il va découvrir chez son homologue ivoirien ce que signifient en réalité les termes réalisations concrètes et émergence : beaucoup moins de discours et de promesses farfelues et beaucoup plus de travail des vrais experts du développement. Il s’est d’ailleurs exclamé devant lui : « Depuis votre arrivée, non seulement vous avez pu rattraper ce que la guerre avait détruit, vous avez fait de très grands progrès. Je vous écoute souvent dans les réunions quand vous parlez de taux de croissance et de progrès accomplis par la Côte d’Ivoire. Donc je suis très fier de ce que vous avez fait en prenant un pays qui sort de guerre et en faire un pays où on aime venir ». Quelle franchise et reconnaissance de son incapacité à faire de même dans un pays moins fracturé. Et pourtant ADO a été élu après lui. Celui-ci a souri en pensant surement tout bas ‘Je ne pourrais pas vous en dire autant, cher grand frère’.
  • Pour : comme chaque mois, R.A.S…
  • Contre : concernant la grève annoncée (et avortée) des syndicats de l’enseignement selon le site Guineematin.com (Saidou Hady Barry) : « Trois mois jour pour jour après la signature du protocole d’accord qui avait permis de mettre fin à la dernière grève des enseignants l’école guinéenne sombre dans une nouvelle crise. Mécontent du « non-respect » de ce document dans son intégralité, le SLECG a appelé les enseignants à une nouvelle grève générale et illimitée à partir de ce mercredi 10 avril 2019. Et cet appel a déjà fait ses effets sur le terrain. Premier jour de grève et déjà un impact visible à Conakry. Outre l’arrêt total et ou la perturbation des cours dans plusieurs écoles des manifestations ont été enregistrées dans la capitale guinéenne. N’ayant pas vu leurs enseignants en classes les élèves de certains établissements scolaires, affectés par la grève, notamment ceux du lycée 02 octobre de Kaloum et ceux du lycée Matam, n’ont pas tardé à se faire entendre. Ils ont manifesté devant leurs écoles et même dans la rue pour exprimer leur mécontentement face à cette nouvelle crise qui les prive de la formation et qui vient compliquer davantage la situation d’une année scolaire déjà assez perturbée. A Matam par exemple des élèves rassemblés devant le lycée ont jeté des cailloux sur l’école avant d’être dispersés par les forces de l’ordre. A noter cependant que dans certaines écoles, les cours se déroulent quasiment comme d’habitude ». Cette fois-ci c’est surtout un combat de coqs au lever du soleil entre le camarade syndicaliste suprême et le ministre de l’enseignement supérieur au sujet du recensement des 2300 enseignants des universités et comme d’hab. le gouvernement a laissé pourrir la situation sans rien faire jusqu’au lancement de l’arrêt effectif des cours dans plusieures écoles de Conakry et de l’intérieur du pays. A chaque fois c’est toujours la même chose, le Sanseman c’est toujours le ‘laissez pourrir et on verra après’. L’amateurisme et la médiocrité à son comble au sommet de l’état.

Tic-tac, Tic-tac, la montre tourne ; aujourd’hui est le 3051e jour de l’ancien « Guinea is back » et du nouveau « changement radical » – déjà 08 ans, 04 mois et 10 jours ! Aladji-Professeur-Président voici ma suggestion SMART (Spécifique, Mesurable, Atteignable, Réalisable et Temporellement définie) du mois pour améliorer un peu votre Sanseman : Bien joué encore une fois pour le couillonnage en règle de vos opposants en leur offrant la peau de banane du glissement de leurs mandats à la mangeoire nationale, chose à laquelle ils ne pouvaient pas résister comme le réflexe de Pavlov. Comme on dit en bon français-guinéen : « Si je vous fais glissement aujourd’hui, vous me ferez glissement demain, Agnon (c’est tout) ». Vous êtes maintenant le maitre unique du jeu institutionnel du pays. Vous nous disiez en 2011 ne pas connaitre les Guinéens en arrivant au pouvoir mais bon Dieu maintenant vous les avez totalement compris, en particulier les faiblesses et autres tares de presque tous les politiciens du bled. Je reste quand même toujours persuadé dans un coin de mon cerveau que votre objectif perso lors de votre réélection en 2015 n’était ni une modification ni une nouvelle constitution mais plutôt un glissement de votre mandat de 2-3 ans pour finir vos grands projets (Souapiti, électricité 100% fonctionnelle à Conakry, ‘autoroute’ Coyah-Mamou-Dabola et début de l’exploitation du fer au Simandou) pour que votre bilan historique ait au moins un volet positif après votre départ. Mais l’appétit vient toujours en mangeant et les pressions intéressées et affamées de tout votre entourage vous ont finalement convaincu de peser vos chances d’obtenir effectivement ce troisième et pourquoi pas quatrième mandat. Donc le tintamarre actuel dans la presse et dans tous les stades et carrefours des villes vous arrange totalement car ça occupe full-time tous les benêts du pays qu’ils soient de la mouvance, de l’opposition et de la société civile désorganisée afin de vous assurer au minimum un glissement obligatoire en 2020. Et comme Gbagbo et beau Blaise votre coup pourra effectivement marcher au départ – mais les conséquences peuvent être péniblement judiciaires si vos miliciens écervelés et incontrôlables osaient tirer dans la foule et tuer des centaines de jeunes. Alors ‘tension’ papy-promesses vous claudiquez une fois de plus comme un funambule sur une corde très raide. Ce n’est pas parce que vous y êtes habitué qu’un jour un faux pas ne vous sera pas fatal.

Boss ce mois-ci j’ai aussi appris que l’un des pires militaires de l’histoire du pays – et ce n’est pas peu dire – a repris du service au sommet de votre administration. Et revoilà le tristement célèbre colonel Issa Camara dans les projecteurs des petitesses de votre pouvoir. Le site africaguinee.com nous rappelle certains de ses exploits militaires qui lui vaudront peut-être le grade de général au cours de votre 3e mandat : « Le colonel Issa Camara vient d’être promu au poste de Commandant du camp Alpha Yaya Diallo, le plus grand camp militaire du pays. Sa nomination serait intervenue ce week-end. Mais cet officier de l’armée guinéenne n’est pas exempt de tout reproche. Car beaucoup ont encore en mémoire son passage « sulfureux » à Mali où il avait commis des « exactions » sur les populations de cette préfecture en 2016. En juin 2016, le colonel Issa Camara alors commandant du camp d’infanterie de Mali appuyé par ses « soldats » a commis des exactions ‘’inouïes’’ sur des populations civiles désarmées. 22 personnes ont été blessées dont certaines par balles, près d’une centaine de boutiques et magasins pillée et incendiée, des animaux domestiques abattus entre les 17 et 18 juin. Les traces sont visibles et les plaies peinent à se cicatriser. Après un procès retentissant tenu à Labé, le colonel Issa Camara s’en est sorti avec une peine de six mois d’emprisonnement assortie de  sursis et au paiement de deux milliards GNF pour les préjudices subis. Cette condamnation a été jugée clémente par les victimes qui n’ont pas encore reçu l’indemnisation qui leur avait été promise. Les victimes se relèvent difficilement des exactions qu’elles ont subies. Et c’est pendant ce temps que le responsable de leur « malheur » est promu à un poste aussi élevé. Maints observateurs pensent que ce retour spectaculaire sonne comme une prime à l’impunité. Que dire de plus ou de moins lorsqu’on sait que l’appel que ses avocats ont interjeté suite à sa condamnation n’a toujours pas été tranché ? ». Je suis persuadé que cette décision est loin d’être fortuite mais au contraire fait partie de la stratégie de vos faucons pour museler tous les protestataires avant les batailles à venir pour nous imposer votre référendum de larmes. Je me souviens particulièrement de ce toto quand il avait été nommé par le petit dadais Camara  du CNDD au poste de gouverneur de la région de Mamou chargé de la lutte contre les coupeurs de route et voleurs de bétails (!). A cette époque il organisait régulièrement sur la grande place publique des procès forains où il était à la fois procureur, juge et exécuteur des peines à la grande joie des nombreux badauds désœuvrés qui appréciaient particulièrement les chicottages publics de pères de famille, même si c’était effectivement des voleurs. Mais votre décret était quand même inacceptable même pour vos faucons et Dieu merci vous avez entendu les cris d’effroi des militaires de cette garnison et compris les dangers de cette décision. Deux jours après vous l’avez donc nommé au poste de préfet de Yomou, la préfecture la plus éloignée et isolée de Conakry ce qui est disons ‘moins-pire’ que de lui confier le plus grand camp militaire du pays. Pauvres Yomoukas, ils devraient envoyer des émissaires à Mamou et Mali pour comprendre ce qui les attend ! Néanmoins votre honneur et votre sécurité ne sont toujours pas saufs car il y a un nouveau fou furieux en liberté dans les hautes sphères de votre Sanseman.

Finalement une question et un conseil sur le petit malin qui a « grugé 300.000 USD de votre poche » et qui doit en rigoler encore avec ses amis : combien attendiez-vous en retour de ce petit investissement personnel ? Par ailleurs cessez de désigner des coupables à votre bévue, le gouverneur de la banque centrale qui vous a forcé la main pour que vous abouliez le fric et les ambassadeurs qui en raison des visas et ‘hautes recommandations au président’ lui ont fourni l’aide nécessaire pour vous ‘gruger’ ! Ca peut vous remonter un peu le moral mais personne n’y croira. En tout cas c’est surtout un bel exemple de comment vous gérez de manière efficiente tous les programmes et projets du pays. Vous avez quand même raison sur un point : « Tous les Guinéens sont devenus des démarcheurs », du président de la république (1e Guinéen distributeur automatique de billets) au dernier fonctionnaire de l’administration.

Publié dans 2019 | Laisser un commentaire

Une Nouvelle Voie (Mars 2019) : « vous n’êtes pas des étrangers ? Alors je vais raser vos maisons et il n’y aura pas d’état d’âme »

Bienvenue à mon bilan du 39e mois de la Condécratie version 2.0. Je continue mon exploration mensuelle des méandres des décisions importantes pour la Nation prises par nos nouveaux chefs en proposant des pistes de réflexions et d’actions qui pourraient être envisagées pour que le « vrai changement » soit effectif.

  1. Echantillon de paroles et pensées présidentielles du mois:
  • « Les gens vont jusqu’à construire sur la mangrove. Et lorsque j’ai cassé les maisons dans la forêt les gens ont commencé à crier. Mais un mois après il y a eu mille morts à Freetown. Et on a repêché des corps jusqu’au port de Conakry. Parce que l’indiscipline les emmène à construire là où il y a les marécages. Or on sait très bien que si vous construisez là, en saison des pluies la maison va partir. La deuxième République a dégagé Kaporo-rails à 60%. Il restait un peu. Mais là aussi les gens sont venus occuper de nouveau et de façon illégale. Il n’y aura pas d’état d’âme pour tous ceux qui occuperont les domaines de l’État. Et toute autorité qui revendra un domaine de l’état sera sanctionnée et on récupérera… Désormais personne ne verra l’espèce. Jusqu’à 10 millions ça sera par monnaie électronique. Au-delà de 10 millions par virement bancaire. Parce que la Guinée a la spécialité, même les chèques barrés n’ont pas de valeur. Mon cher frère de la Banque mondiale, même les chèques barrés on annule. Ensuite désormais celui qui ne paie pas les impôts ne peut pas importer. L’autre faiblesse de l’Etat c’est la lenteur, la bureaucratie. Ce qu’on doit faire en deux ou trois jours, en Guinée, on fait une semaine ou un mois pour le faire… Parfois il arrive même qu’il n’y ait pas une certaine liaison directe entre les impôts, le trésor et la banque centrale alors que nous sommes à l’ère de l’informatisation. Voilà tout un ensemble de cas au niveau de l’état qui freinent notre développement économique. Au niveau du privé la première chose c’est qu’il n’y a pas de privé en Guinée. Vous avez au moins trois structures patronales. Et plus souvent ce ne sont pas des industriels. C’est le secteur du commerce qui se réunit. Deuxième faiblesse, les hommes d’affaires ne savent pas présenter des dossiers bancables. Or ce n’est pas l’argent qui manque… Pendant longtemps le secteur privé guinéen a été dominé par le commerce, c’est plus facile, d’autant plus que quand des conteneurs venaient c’est écrit dessus PRG (présidence de la république de Guinée) ou AG (armée Guinée) ; donc on ne payait ni douane ni taxe et rien d’autre. Voilà comment beaucoup de personnes se sont enrichies dans la facilité parce que même le dernier des imbéciles il deviendra milliardaire dans ce cas » (le 02, lors d’une mamaya de séminaire sur le partenariat public – privé, parlant du déguerpissement inhumain et violent des habitants de Kaporo Rails).
  • « Vous avez fait des réunions mais monsieur le ministre est-ce qu’il n’était pas plus correct de me transmettre ce document pour que j’en prenne connaissance avant que je ne vienne ici ? Comment vous allez me donner un document ici alors qu’il y a un certain nombre de choses auxquelles on doit répondre y compris des choses que je trouve inexactes ? Nous avons donc décidé désormais qu’il y ait un compte à la banque centrale où systématiquement l’argent de la TVA sera versé parce que c’est l’argent que l’état utilise indûment. Et c’est ce qui fait qu’aujourd’hui nos recettes minières sont faibles » (le 02, lors d’un diner de travail initié par le ministère du budget suite à un discours mamayique de celui-ci qui essayait de le convaincre qu’il était entrain de sauver le pays de l’abîme).
  • « Je préviens les commerçants, nous allons envoyer des inspecteurs dans tous les marchés du pays. Tout commerçant qui sera pris en train de vendre des pagnes de contrefaçon sera arrêté, emprisonnés et verra ses biens saisis. Nous ne voulons pas que le travail de nos femmes qui se battent sous la pluie et le soleil pour fabriquer des pagnes indigo soit écrasé par des gens qui importent des pagnes indigo. Tout pagne qui sera une imitation des pagnes de Guinée, le commerçant non seulement ses biens seront saisis, il sera aussi condamné. Cela doit être très clair » (le 08, lors de la journée de la femme Guinéenne sous le thème ‘3e mandat et plus pour notre sauveur PPAC’).
  • «  Il n’y avait pas d’entreprises, nous étions un pays qui importait tout. Nous avions une seule usine de ciment qui produisait aussi du ciment de mauvaise qualité. Donc nous n’avions pas l’esprit entrepreneurial. Le premier régime était un régime de captage, c’est-à-dire que c’est quelques personnes qui captaient l’économie et qui s’enrichissaient au dos de la population. Donc il fallait créer cet esprit au niveau des hommes d’affaires pour qu’ils acceptent de prendre des risques afin de créer des entreprises. Dieu merci nous avons commencé à avancer » (le 12, lors du lancement de la 1e édition du salon des entrepreneurs de Guinée, SADEN).
  • « Il faut absolument régler le problème des déchets  pour que Conakry soit une ville propre. Nous sommes heureux que la société Albarak (famille Erdogan deTurquie) nous ait envoyé des bacs à ordures. On aura donc des bacs à ordures modernes dans tous les quartiers. On va bien les protéger pour que personnes  ne jette des saletés dehors. Tout le monde devra mettre là-dedans. Toute personne qui jettera des saletés dehors sera punie par une amende. Quand on va mettre des bacs à ordures partout chacun devra mettre les saletés là-dedans pour que les camions viennent ramasser pour que d’ici la fin de l’année Conakry soit  une ville totalement propre » Le 19, en réceptionnant des camions-poubelles offerts par la famille Erdogan, en échange du contrôle exclusif de notre port autonome par cette mafia turque).
  • « J’ai été président de la FEANF, si je dois venir quelque part mais les gens peuvent faire la pagaille et insulter, je m’en fous. Pourquoi je vais avoir peur de la contestation ? Moi je suis président, si je dois aller quelque part les gens n’ont qu’à menacer, insulter et faire de la pagaille, moi j’en fous. J’irai dans toutes les universités pour organiser des débats avec les étudiants. Ceux qui pensent qu’ils peuvent m’effrayer avec des pancartes  de ‘à bas ceci ou cela’, ils se trompent, moi je n‘ai pas peur de la contestation » (Le 22, lors de la réception d’un doctorat honoris causa d’une université de Conakry).
  • « Je suis venu vous dire  je laisse mon manteau de président de côté. Je prends mon manteau de militant car maintenant je suis prêt à la bataille contre ces gens qui veulent nous distraire (rire hystérique). Nous n’allons plus permettre que des gens prennent le peuple en otage par des mensonges. Je suis très calme c’est pourquoi je laisse les gens s’agiter mais ils ne trompent personne. La grève des enseignants l’année dernière il y avait quelque chose derrière. C’était des gens qui pensaient qu’ils peuvent renverser le gouvernement en s’appuyant sur certains militaires. En tête SANOH (Abdourahmane) de la PCUD (plate-forme des citoyens unis pour le développement), un petit bandit comme ça-là qui exploite ses travailleurs et qui ne les payent pas. Et qui après n’a pas honte de m’écrire ‘président pardon aide-moi’. Voilà quelqu’un qui se présente comme combattant et qui, dès qu’il y a un petit problème, court pour demander pardon. On dit chez nous plus le singe monte  plus on voit son derrière. Il faut éviter en Guinée que le débat soit politico-politicien. Si les gens sont prêts pour le débat politique soyez prêts et s’ils sont prêts pour l’affrontement soyez prêts aussi, c’est cela la réalité. Quand tu danses avec un aveugle il faut le piétiner qu’il sache qu’il n’est seul sur la piste. Si tu organises une manifestation, s’il y a casse c’est toi qui va payer.  Ne vous laissez pas intimider. On va vous donner les arguments qu’il faut pour organiser les débats et que les masques tombent. Y en marre de ces politiciens corrompus. Maintenant ce n’est pas le président de la république qui sort, c’est le militant. Je suis prêt à la bataille politique. Est-ce que vous êtes prêts ? Alors, ne craignez personne. N’ayez peur de personne, pas de violences, pas d’injures, c’est le débat démocratique. Personne en Guinée ne m’empêchera d’aller devant le peuple pour lui demander ce qu’il veut et faire sa volonté. Le temps du silence est fini. S’ils sont sûrs d’eux on n’a qu’à aller devant le peuple, il va trancher, c’est lui qui dira ce qu’il veut. N’insultez aucun leader politique, ne faites pas de violences mais n’acceptez pas non plus qu’on vous marche sur les pieds.  Si c’est le débat politique soyez prêts, si c’est pour vous marcher sur les pieds soyez prêts à marcher sur leurs pieds pour qu’ils sachent que vous n’avez peur de rien. Désormais, je serai à votre siège comme un simple militant et nous ferons face à ces nains politiques. Des voleurs, des bandits qui se présentent comme leaders du peuple. Quand je viens ici  désormais, ça ne sera plus le président de la République, ça sera Alpha Condé militant. Le débat est libre. Je n’ai jamais  insulté un président de la république. Quiconque m’insulte sera arrêté le même  jour par le procureur de la république. Désormais quand ils vont m’envoyer des SMS je vais renvoyer à tout le monde… Nous allons renforcer  des PA (point armé) dans tous les quartiers où les gens veulent faire la pagaille. Plus de violence ni du côté de la mouvance ni de l’opposition. Si c’est la mouvance on matera et si c’est l’opposition on matera aussi. Qu’il soit clair pour tout le monde » (le 24, lors d’une mamaya au siège de son parti inique RPCé).
  • Pour : au moins cette fois-ci il a rompu son silence hypocrite. Il n’arrive plus à dissimuler le fond de sa pensée de pouvoir à vie. Il rêve effectivement toutes les nuits de ses nouveaux 1e et 2e mandats basés sur une nouvelle constitution car la modification de la précédente est quasi-impossible à faire gober à ses mentors français et même à nos moutons locaux. Et moi, le naïf incorrigible depuis le siècle dernier, je lui donnais jusqu’à ce jour le bénéfice du doute sur sa participation active à ce complot mais je dois conclure qu’il n’y a effectivement rien de positif à attendre de papy-promesses.
  • Contre : c’est vraiment sidérant qu’un grand économiste et juriste de la Sorbonne et Science Po (universités de la ville de Baro ?) ne sache pas que pour lutter efficacement contre les copies et contrefaçons on ne menace pas les petits commerçants qui sont partout dans le monde prêts à tout pour se faire un franc. C’est pour cela qu’ont été créés des brevets intellectuels, des patentes et autres « appellations d’origine contrôlée » car ensuite on peut trainer en justice tous ceux qui y contreviennent. Mais j’oubliais – il n’y a pas de justice chez nous ! C’est à se demander ce qu’il y a de pire pour un pays, un boss entre cadavéré comme Bouteflika qui ne peut plus articuler une phrase ou notre PPAC qui ne sait plus faire le tri entre ce qui se dit en public ou non.
  1. Les décisions et actions « positives » du mois :
  • Le 08, une grande fête des mamayeuses habituelles du 3e mandat est perturbée et ridiculisée sur l’esplanade du palais du peuple par une bande joyeuse de jeunes filles et garçons avec des slogans hurlés et des pancartes disant ‘Non au 3e mandat’ et ’2 mandats merci mais ça suffit’. Vive les sursauts sporadiques de la société civile désorganisée.
  • Le 14, un autre groupe de jeunes de la société civile (peu être les mêmes ?), dignes héritiers de ceux qui avaient réussi à presque renverser Lansana Conté, font une nouvelle fois honneur aux patriotes nationaux. Une nouvelle mamaya gigantesque est organisée dans la grande salle interne du crime précédant par les mêmes petits courtisans affamés en service commandé d’en haut pour réclamer des sous pour exiger (verbalement) une nouvelle constitution, la nouvelle astuce pour réclamer en fait un 3e Ces jeunes se sont levés comme un seul homme en pleine réunion politi-chienne avec des pancartes disant ‘Non à un 3e mandat’ et en criant leur désapprobation et leur rage dans tous les micros qui trainaient dans le coin. Pris au dépourvu et paniqués les mamayeurs qui de toutes façons avaient déjà empoché leur ‘motivation financière’ pour venir chanter et danser ont filé immédiatement à l’anglaise en évitant particulièrement les journalistes présents.
  • Le 16, la résistance pacifique de la société civile contre le 3e mandat se fait encore plus visible. Cette fois-ci c’est rebelote à Kankan. Le site Kababachir.com (Cheick Bérété) nous faire revivre cette autre déculottée des RPCistes affamés qui sont prêts à tout pour obtenir leur part des fonds inépuisables pour les soutiens au 3e mandat : « Une manifestation de soutien des femmes favorables à un éventuel troisième mandat du chef de l’état s’est tenue dans l’enceinte de la maison des jeunes de Kankan en présence des autorités locales. Mais elle a été boycottée par un groupe de jeunes opposés à ce projet. Ces femmes issues des différentes sections du RPG ainsi des groupements féminins de la place se sont réunies sous la coordination de la nouvelle inspectrice régionale de l’action sociale, de la promotion féminine et de l’enfance Mme Aminata Bérété. L’objectif était pour elles de se regrouper, ensuite marcher à travers la ville pour signifier leur adhésion totale à cet hypothétique projet de troisième mandat du président de la république. Finalement les choses ne se sont pas déroulées comme elles avaient souhaité parce qu’un groupe de jeunes issus du parti PEDN sans être invité s’est incrusté dans la danse. Ces jeunes au nombre de sept brandissaient une pancarte et scandaient « Non au troisième mandat ». C’est ainsi que les autorités auraient donné l’ordre de les arrêter. Six se seraient enfuis tandis qu’un fut arrêté ». Pourvu que ça dure et que ces gosses ne soient pas bastonnés sauvagement par les faucons de service pour leurs ‘idées révisionnistes’.
  • Le 20, on nous annonce que le démagogues mamayeur accessoirement ambassadeur de la fédération de Russie en Guinée (Alexandre Bregadzé) est rappelé à Moscou. Il n’y a que très peu de doutes que ce soit (entre autres) en raison de sa sortie qui avait suscité des chuchotements locaux au mois de janvier dernier mais surtout des protestations véhémentes des autres diplomates étrangers devant leurs supérieurs qui ont dû transmettre le message à son chef. Lors d’une cérémonie de présentation des vœux de nouvel an au chef de l’état, ce bouffon de palais de la fédération de Russie avait en effet soutenu qu’une révision constitutionnelle était bien possible en Guinée, en rappelant de passage que la constitution n’est pas un dogme ou encore un livre saint. Ses collègues de l’ambassade ont beau s’égosiller depuis dans la presse locale pour dire qu’il n’y avait aucun lien avec son rappel il est clair que son excès de zèle ne pouvait plaire nulle part, même auprès de ses chefs du ministère des affaires étrangères. Allez Ouste et bon débarras.
  • Pour : concernant les nombreux coups de force des jeunes de la société civile nous voyons enfin revenir sur la scène politique la seule véritable force sociale du pays (les jeunes) qui pourrait combattre efficacement toute tentative de tripatouillage constitutionnel. Un bel exemple nous est montré tous les jours de ce mois en Algérie.
  • Contre : hélas comme ces jeunes patriotes sont tellement pauvres sur tous les plans (la formation de base, l’organisation de leur combat, le soutien technique, politique et les ressources pour leur lutte), comme en 2007 leur récupération sera quasi-inévitable par les autres structures mieux organisées mais totalement pourries de la société civile et des syndicats qui auront une nouvelle fois le dernier mot. Prions qu’ils puissent tenir compte de toutes les leçons passées en particulier 2006-2007 pour mieux s’organiser dans cette lutte.
  1. Les décisions et actions « négatives » du mois :
  • Le 04, les promesses farfelues des ministrons du Sanseman se poursuivent : lors de son passage devant la presse (comme pour tous ses collègues depuis le depuis de l’année pour vanter les réussites extraordinaires de l’Homme-Etat), le ministre de la jeunesse frappe fort. Il lance dans une de ses envolées : « Le projet présidentiel ‘un tailleur-une machine à coudre’ prend corps. Il y a une centaine de machines modernes qui ont été importées. Un centre a été aménagé pour l’occasion dans l’enceinte de la maison des jeunes à Taouyah et c’est du concret ». Lors du passage prochain de la ministre des affaires sociales je ne serais pas étonné qu’elle nous annonce le démarrage prochain du programme ‘Un Guinéen – une femme » qui sera suivi de ‘Un Guinéen – 2 femmes’ et ainsi de suite jusqu’à 4 femmes puisque c’est ce que souhaite la majorité des dépités nationaux.
  • Le 04, le ministre-casseur de la ville et de la désurbanisation (A. Kourouma), encouragé par les propos belliqueux et pleins de haine de son chef pointe officiellement les prochains quartiers-cibles à démolir très bientôt par ses bulldozers. Le site Africaguinee.com (Oumar Bady Diallo) résume bien ce nouveau fait d’arme du ministron : « Ce lundi 4 mars 2019 plusieurs habitants d’une des zones de la cité Soloprimo (Koloma/Kaporo rails) ont été surpris par des agents de l’habitat qui sont venus mettre des croix sur leurs habitations. Accompagnés des éléments des forces de l’ordre ces émissaires ont mis des croix rouges sur plusieures maisons, signe qu’elles sont les prochaines cibles des autorités. Le chagrin mêlé au sentiment d’injustice était à son comble. Larmes aux yeux, les occupants ont assisté impuissants à cette scène presque insupportable. Certains habitants soutiennent que cette zone n’avait pas été touchée en 1998. D’où leur surprise. D’autres cherchent déjà à sauver certains biens avant l’arrivée des bulldozers ». Et oui, c’est facile d’écraser les économies des vies de labeur des pauvres et faibles avec des bulldozers et encore plus facile de laisser ces terrains récupérés pour « usage public » en montagnes de ruines pendant plus de 20 ans, comme cela avait été le cas pour le quartier de Kaporo Rails en début 1998. Si seulement on pouvait voir une liste indépendante des propriétés luxueuses construites sur des domaines publics de l’état par tous ceux qui sont derrière cette méchanceté gratuite je suis sur qu’ils en auraient honte en public, si c’est encore possible pour ces gens-là.
  • Le 05, l’humanité de notre prési est de nouveau étalée sur la place publique : alors que les déguerpis de Kaporo-rails dorment sur leurs gravats ou dans les mosquées voisines après la démolition de leurs maisons le boss vole au secours de déplacés sierra-léonais refugiés chez nous dans la préfecture de Forécariah suite à des conflits communautaires internes chez eux,
  • Le 12, les bulldozers du ministre de la ville foncent maintenant sur le quartier Kipé 2, comme 2 semaines auparavant dans le quartier voisin de Kaporo-rails, sous les pleurs et cris de femmes et d’enfants et les bras en l’air de chefs de familles désemparés. Un jour les noms des faucons haineux du RPG qui tirent les ficelles derrière ces actes inhumains seront jetés sur la place publique – c’est toujours le cas partout dans le monde. Mais bon, ceux de Kaporo-rails en 1998 se la coulent douce aujourd’hui donc finalement ils n’auront pas trop à craindre chez nous.
  • Le 20, l’ONG ‘Balai Citoyen’ publie la liste des ministres du gouvernement actuel qui n’ont toujours pas fourni leur déclaration de biens depuis leur prise de fonction bien que cela soit une exigence de l’article 36 de notre constitution. Ils sont 12 sur 36 (33%) qui trainent les pieds et pas les moindres : le ministre d’état chargé des affaires présidentielles et ministre de la défense nationale (le vice-calife Iznogoud) ; le ministre de la santé (le vieux périmé et malade) ; le ministre de l’administration du territoire et de la décentralisation (le faucon en chef) ; le ministre des affaires étrangères et des guinéens de l’étranger (qui déteste les critiques) ; la ministre du plan et du développement économique (pourtant elle nous arrive directement de la BAD et de la BM !) ; le ministre des travaux publics (mister buzz médiatique) ; le ministre des sports, de la culture et du patrimoine historique (le roquet du chef) ; la ministre de l’action sociale, de la promotion féminine et de l’enfance (la funambule de la bande) ; le ministre de l’éducation nationale et de l’alphabétisation (le dernier de la classe) ; la ministre de l’agriculture (wanted in Belgium) ; le ministre de l’environnement (un coq sur son tas) et le secrétaire général en charge des Affaires Religieuses (Allah Akoubar !). Bref une belle brochette parmi ceux qui gèrent directement les bonnes et grosses magouilles financières de l’état. Une autre liste des bons élèves est divulguée quelques jours après, parmi lesquels le PPAC et ses PM, mais on verra bien combien il en restera parce qu’ils devront le faire également à leurs départs après plusieures années de bons et loyaux services personnels pour leurs poches. Avec une telle bande de leaders pas étonnant que nous en soyons encore là après 09 ans de Sanseman.
  • Le 21, nous apprenons que le groupe familial Albayrak/Erdogan met en œuvre avec empressement son contrat d’exclusivité signé le 10 août dernier pour une concession pour la gestion du port autonome de Conakry. Les hauts responsables de ce groupe sont en Guinée pour les derniers réglages. Bien sur tout ce pognon c’est pour le boss et sa nébuleuse. Pour nous autres ils sont venus avec une trentaine de camions poubelles et camions balayeurs recyclés (regardez les jantes des roues) proprement repeints en jaune et blanc, ainsi que des bacs métalliques à ordures, pour nous aider à dégager les ordures devant nos maisons. Ça pour toute la ville de Conakry qui compte environ 2 millions d’habitants ! Mais c’est néanmoins un petit bénéfice réel pour les gens-d’en-bas dans ce deal digne de la mafia napolitaine, championne de la gestion des ordures urbaines.
  • Le 26, Lansana Camara, directeur de publication de Conakrylive.info et correspondant en Guinée du journal Chine-Nouvelle est convoqué à la direction centrale de la police judiciaire (DPJ) pour ‘’diffamation par voie de presse’’ suite à une plainte du ministre des affaires étrangères et des Guinéens de l’étranger. Il y est longuement auditionné puis présenté à un juge qui le place immédiatement sous mandat de dépôt. Il lui est reproché un article de presse faisant état d’un présumé détournement de deux milliards de FG dans la gestion du carburant affecté au département. Or comme le rappelle justement le journaliste Amadou Tham Camara, le président de l’AGUIPEL (association de la presse en ligne) : « Il s’agit d’un délit de presse. Et on le sait tous que le délit de presse est dépénalisé. La sanction ce n’est pas une privation de la liberté, c’est une sanction financière. En aucun cas un journaliste ne doit aller en prison pour ce genre de délits-là. C’est une violation grave sur la liberté de la presse et même de la constitution guinéenne. Et ceci est d’autant plus inquiétant maintenant que chaque fois que c’est un ministre qui est mis en cause le journaliste va systématiquement en prison, ça n’arrive pas avec les autres citoyens. Le délit de presse chaque fois que c’est un ministre de la république il y a du zèle, il y a privation de liberté pour le journaliste. Nous condamnons avec la plus grande fermeté et nous ne nous laisserons pas faire », Impossible de ne pas voir dans les nombreux cas similaires récents (4 en 2 mois) une manière d’intimider les journalistes pour les effrayer et leur clouer le bac. La « paranoïa du 3e mandat » et la terreur qu’il faut imposer à toute la presse privée pour l’obtenir est bien en marche.
  • Le 31, les forces de sécurité ont interpellé lors d’un meeting dimanche à Coyah trois personnes qui étaient munies d’une banderole pour afficher leur opposition à un 3e mandat pour le président de la république. Selon le site visionguinee.info (Ciré Bah) « Mohamed Conté, Abdoulaye Sylla et Djibril Kanny Bangoura ont été appréhendés par les services de maintien de l’ordre et conduits au commissariat central de Coyah ». Depuis aucune précision sur leur sort après la bastonnade/humiliation sauvage de rigueur à l’arrivée. Nous sommes prévenus : « Non au 3e = Prison directe ». Et ils nous bassinent ensuite de referendum transparent pour déterminer le libre-choix du ‘peuple ».
  • Pour : comme chaque mois, R.A.S…
  • Contre : concernant la destruction de la cité Kipé 2 le site Guineenews.org (Alhassane Bah) décrit pathétiquement ce désastre : « Après Kaporo Rails, Kipé 2 tombe. Ce mardi 12 mars 2019, les maisons s’écroulent les unes après les autres dans ce quartier de la commune de Ratoma sous le regard impuissant de leurs occupants. Garages, gargotes, boutiques, ont été rasés par les Caterpillar du génie militaire. Des lits, chaises, des fauteuils, des valises, des congélateurs, des habits attachés dans des pagnes sont posés çà et là. Pendant que le Caterpillar démolit la maison des jeunes cherchent à arracher le portail de la cour, d’autres s’occupent à charger les affaires dans une camionnette. Des curieux, des garagistes, ou même des propriétaires des maisons en démolition observent la scène de destruction de leurs biens, des économies amassées des années durant s’écroulent en un rien de temps. Ils n’ont que leurs yeux pour pleurer. Après Kaporo Rails, Kipé 2 tombe. Récemment ces habitants de Kipé 2 avaient porté plainte au tribunal de Dixinn afin que la justice annule la décision de déguerpissement de la zone qu’ils jugent illégale. Malheureusement pour eux ils ont perdu cette ultime bataille judiciaire et se sont vus condamnés par la justice au paiement de 500 millions GNF à l’état ». Pour le projet de vente de notre port de Conakry d’après le journal Jeune Afrique «  « Le contrat d’une durée de vingt-cinq ans avec le conglomérat turc Albayrak pour la gestion de la partie conventionnelle du port autonome de Conakry concerne les marchandises qui ne sont pas mises en conteneurs. En contrepartie de cet accord conclu de gré à gré avec les autorités guinéennes, l’entreprise turque s’est engagée à investir 200 millions de dollars (173 millions d’euros) sur deux ans et 500 millions de dollars à terme ».

Tic-tac, Tic-tac, la montre tourne ; aujourd’hui est le 3021e jour de l’ancien « Guinea is back » et du nouveau « changement radical » – déjà 08 ans, 03 mois et 10 jours ! Aladji-Professeur-Président voici ma suggestion SMART (Spécifique, Mesurable, Atteignable, Réalisable et Temporellement définie) du mois pour améliorer un peu votre Sanseman : cher pro-fesseur je commence d’abord par vous dire à quel point je suis encore plus déçu de votre gouvernance chaque fois que je repense à ce que vivent certains de vos compatriotes depuis que vous avez lancé vos molosses métalliques sur  les quartiers de Kaporo-rails et Kipé 2. On pourrait comprendre pour les gargotes, garages d’autos, petites échoppes d’artisans et cimetières de ferrailles rouillées qui constituent la majorité de ces quartiers. Mais des habitations où vivent des familles entières depuis des décennies ? Pire, le 02 du mois vous vous en êtes vanté de cela et avez juré de faire encore plus très bientôt, sans un seul mot de compassion pour ces familles dans la rue ce qui prouve surtout que personne de vos proches n’a été touché par cette catastrophe humaine. Prési, vous devez des excuses publiques à ces familles et à nous tous pour cela. Et on ne veut pas celles de votre ministron excité et ridicule devant la presse qui n’est rien d’autre que le haut-parleur grésillant de son maitre. Personne de sensé et sans intérêt personnel affirme en fait que l’état a tort de vouloir récupérer ses domaines publics mais le faire avec une telle vengeance et inhumanité ne vous fait certainement pas honneur. Où sont les premiers signes de démarrage de vos promesses de projets immobiliers pour nous montrer ‘l’utilité publique’ de cette démarche ? On fait comme par le passé à Kaporo-rails en début 1998 : on casse tout sauvagement et depuis il n’y a que 3 immeubles sortis du sol dans le quartier: l’ambassade des USA construite sur ses propres fonds, la RTG cadeau 100% gratuit de la Chine et les tours jumelles d’un mafieux chinois construites avec l’argent de la revente criminelle de nos derniers massifs forestiers par la frontière ivoirienne. Pour juste cela devait-on raser kaporo-Rails il y a plus de 20 ans ? Je reviens tout juste de Lomé. Entre Lomé I (la vieille ville) et Lomé II (la nouvelle avec des immeubles administratifs et privés et des chantiers impressionnants) il y a aussi un domaine public de l’état togolais. Certes les petits ferrailleurs, garagistes et gargotiers envahissent toujours les coins pareils au bout de 3-4 ans sans aucune action gouvernementale et c’est compréhensible même si c’est illégal vu les petits commerces informels de proximité dont vivent leurs familles et leurs clients qui n’ont nulle part d’autre où aller pour des services de base. Mais non seulement il y a des plaques de l’état pour le leur rappeler mais en plus des inspecteurs qui  sillonnent la zone régulièrement. Et chaque fois que l’état a un plan précis pour construire une nouvelle parcelle ils sont déguerpis immédiatement sans contestation et sans bruit – en quoi est-ce impossible chez nous ? Le constat final pour moi est clair : certains de nos dirigeants sont heureux et fiers de nous prouver leur toute puissance en créant nos propres réfugiés autour de leurs belles villas qui sont elles aussi souvent construites sur des parcelles de l’état. Et chaque dernier samedi du mois ils portent des gilets jaunes pour nettoyer les gravas qu’ils ont rajouté à nos poubelles urbaines au cours du mois. Sacrée Guinée, alors qu’en France les gilets jaunes sont le symbole des ‘vrais gens’ qui veulent nettoyer la pourriture du pouvoir, chez nous c’est le pouvoir qui se pavane en gilets jaunes pour nettoyer la pourriture des ‘vrais gens’.

Mais le pire c’est ce que vous avez fait quelques jours après. Le site Visionguinee.info (Boussouriou Domba) nous donne les détails : « C’est le ministre de l’administration du territoire et de la décentralisation le général Bouréma Condé qui s’est rendu en personne le mardi 5 mars à Kaleyiré, une localité frontalière relevant de la sous-préfecture de Benty. Au nom du chef de l’état et du gouvernement selon la cellule de communication de son département il y a apporté des vivres et de l’argent aux déplacés sierra-léonais qui ont trouvé refuge suite à un conflit opposant deux villages autour de la construction d’un centre de santé. La cellule de communication de préciser que depuis le 26 février 2019, suite à un différend entre les villages sierra-léonais de Mapotolon et de Menkia autour de la construction d’un centre de santé la localité guinéenne de Kaleyiré a reçu 983 déplacés venus de l’autre côté de la frontière. Parmi eux il y a 308 femmes et de nombreux enfants. Une situation qui ne peut laissé indifférentes les autorités guinéennes précise le communiqué rendu public ce mercredi 06 mars. C’est sur instruction du président de la république Alpha Condé et du premier ministre Kassory Fofana que le général Bouréma Condé, à la tête d’une délégation s’est ainsi rendu sur les lieux pour, dit-on, apporter le soutien moral et matériel de la Guinée aux déplacés sierra-léonais. Au total 20 tonnes de riz et la somme de 30 millions de francs guinéens ont été présentés au nom du chef de l’état et de son gouvernement. Il était aussi question pour la délégation conduite par le général Condé d’échanger avec les autorités sierra-léonaises sur les dispositions pratiques à prendre pour que ces derniers regagnent dans les meilleurs délais leurs villages respectifs ». Les réfugiés du Liberia et de la Sierra Leone sont maintenant mieux traités que leurs égaux Guinéens dans leur propre pays ! Pour vous ‘ce qui est bon pour voisin n’est pas bon pour parent’ ? c’est bien dommage et pitoyable d’oser faire ces 2 actions à moins d’une semaine d’intervalle. Votre humanisme bizarre ne sera jamais oublié dans notre pays. Et dire qu’un jeune commerçant, tout en reconnaissant le droit de l’état à récupérer ses terrains, néanmoins par compassion humaine naturelle pour ces familles démunies jetées à la rue, a offert des petites parcelles individuelles à chaque famille sur ses terres personnelles dans la préfecture limitrophe de Coyah afin d’y rebâtir leurs foyers et même pour cela, surement sous vos ordres vos sbires lui mettent des bâtons dans les roues pour l’empêcher de le faire ! Pourquoi n’y avez-vous pas pensé au moins pour ceux qui détenaient des papiers officiels même magouillés par vos fonctionnaires à tous les niveaux de votre administration de rapaces ? Et dire que certains veulent vous aider à nous offrir 5 années de plus de tout ça ! Vraiment les pires ennemis des Guineens-d’en-bas ce sont les Guineens-d’en-haut.

Boss, j’appréhende déjà votre discours de vœux annuels de fin 2020, le soir du 31 décembre 2019. Votre bilan social sera encore une fois plus triste que les précédents. Alors que Macky Sall parlera chez lui de construction de trains régionaux et de nouvelles habitations de type social pour les plus démunis, Ouattara chez lui parlera de démarrage de la couverture médicale universelle (CMU), de construction de nouveaux hôpitaux et autoroutes. Pour vous on pourra retenir le nombre impressionnant de maisons de pauvres rasées et de quartiers ressemblant comme deux gouttes d’eau aux villes d’Alep et Baghouz en Syrie. Prési, je ne peux vous quitter ce mois-ci sans vous dire que je prie tous les soirs le Bon Dieu pour qu’il nous débarrasse enfin du « Système G » (Guinée) qui pourrit la vie des Guinéens depuis plus de 60 ans. Ce système qui représente toute la laideur du pouvoir en Guinée et qui est fait de corruption, délinquance généralisée pour chacun qui broute sans retenue à l’image de tous ses supérieurs là où il est attaché, népotisme, injustice, impunité des puissants, écrasement de tous les autres, absence de travail et de solidarité, gargarisassions démagogiques, pédanteries comiques, hypocrisie communautaire et courtisanerie sociale. En dehors de vous et des mafiosis du ‘System G’ il n’y a plus que des morts-vivants dans notre pays, Walahi !

Publié dans 2019 | Laisser un commentaire

Une Nouvelle Voie (Février 2019) : « entrainement électoral à Matoto avant la présidentielle – ça crie, ça menace mais finalement ça passe-Net – comme en 2020 ? »

Bienvenue à mon bilan du 38e mois de la Condécratie version 2.0. Je continue mon exploration mensuelle des méandres des décisions importantes pour la Nation prises par nos nouveaux chefs en proposant des pistes de réflexions et d’actions qui pourraient être envisagées pour que le « vrai changement » soit effectif.

  1. Echantillon de paroles et pensées présidentielles du mois:
  • « C’était clair pendant la première république la terre appartenait à l’état. Mais aujourd’hui nous sommes dans une  situation totalement ubuesque : on ne sait plus à qui appartient la terre. Il est nécessaire que nous ayons une nouvelle réforme foncière. Comment voulez-vous que les gens viennent construire, après vous vous dites que la terre appartient à vos grand-pères. Aucun préfet n’a le droit de faire un bail a plus forte raison vendre un terrain. Nous avons constaté que certains préfets et maires ont vendu les terres de l’état.  Nous sommes en train de mener les enquêtes, tout terrain vendu de façon illégale sera repris par le gouvernement sans indemnisation. Par contre si le terrain est vendu légalement par un fonctionnaire nous allons procéder à l’indemnisation et poursuivre en justice le fonctionnaire qui a vendu le terrain. Les gens se battent pour être maires en pensant qu’ils vont vendre les terrains et s’enrichir, ce n’est pas possible. Quiconque vend un terrain sera poursuivi sans aucun état d’âme. Vos élections à la tête des exécutifs communaux confirment à tous les niveaux que le choix du peuple de Guinée repose substantiellement sur les fondements et des principes démocratiques. Ce ne sont pas les ONG et des individus qui sont les porte-paroles du peuple alors que personne ne les a élus, ils ne représentent qu’eux-mêmes. Evidemment l’évolution du monde est en train de nous donner raison. Ceux qui soutenaient ces ONG qui ne présentent rien sont en train d’être confrontés au même problème chez eux. Sans compromission j’ai consacré tout mon  temps à défendre les vertus cardinales pour que les fils et filles de Guinée puissent exercer leur droit et se sentir égaux dans la jouissance des normes consacrées par notre constitution. La mauvaise gouvernance n’est pas seulement au niveau central mais aussi dans les décentralisations. Combien de responsables locaux ont détourné les ristournes minières ? L’incompréhension sociopolitique durant ces dernières années ponctuée dans une période de deux ans de maladie à virus Ebola m’ont empêché d’apporter des réponses adéquates aux demandes sans cesse et croissantes des populations… Dès que tu lui donnes un petit pouvoir le Guinéen pense qu’il est au-dessus de tout le monde. Pourtant ‘Quand tu t’élèves, Dieu t’abaisse. Quand tu t’abaisses, Dieu te relève’. Nous sommes des musulmans mais très souvent nous oublions cela. On doit être modestes, simples, accessibles et être à la disposition de la population. Si les autorités ne sont pas accessibles comment pourront-elles connaitre les préoccupations des populations ? Nous, notre rôle sera de chercher des moyens pour répondre aux attentes des populations » (le 14, devant les nouveaux élus locaux lors de l’ouverture des états généraux de la décentralisation et du développement local).
  • « Les Guinéennes sont belles. Je veux qu’elles restent belles. Comme le fonio est très difficile à travailler j’ai dit que je ne veux pas que les femmes aient des calles dans les mains. Grâce aux artisans de Faranah nous avons fabriqué des machines, une qui décortique, une qui pile et une autre qui lave » (le 16, en parlant de la filière fonio en Guinée).
  • Pour : il n’y a vraiment rien de potable ce mois-ci dans tout ce charabia presidentiel.
  • Contre : encore des menaces mais tout le monde s’en fout et rigole en coulisses, ce disque rayé n’effrayant plus un seul guinéen, surtout les fonctionnaires, depuis de longues années maintenant. Et il va du coq à l’âne sans aucun gène chaque fois qu’il prend la parole.
  1. Les décisions et actions « positives » du mois :
  • Le 03, le ministre des travaux publics Moustapha Naité, le roi du buzz médiatique dans ce gouvernement de bras cassés, fait une confidence d’une franchise toute à son honneur : « Il y a une solidarité infranchissable des médiocres qui se mettent ensemble. Ils savent qu’ils n’ont pas de compétences. Ils se mettent ensemble et disent ‘On n’a pas le niveau, on n’est pas bons, mettons-nous ensemble pour attaquer l’autre qui est tellement bon, qui est bon. Puisque nous sommes ensemble c’est la loi du nombre qui compte. On va donc le déstabilise’. C’est comme ça malheureusement dans notre pays ». Il a regroupé ainsi une majorité des hauts cadres qui gèrent ce pays actuellement, son gouvernement, son parti, ses partis ‘ennemis’ et les principaux cercles d’influence du pouvoir. C’est ça la médiocratie Guinéenne. Maintenant vous faites quoi dans ce bateau, Mr le ministron ? Ah oui, remplir vos poches et celles de vos proches.
  • Le 04, c’est une grande première dans le système judiciaire guinéen : un officier des forces d’insécurité est condamné à de la prison ferme pour avoir tué un militant civil qui ne manifestait même pas ce jour-là. Hélas il a fallu plus de 100 morts parmi les manifestants pacifiques pour qu’un milicien criminel soit condamné – mais bon comme on dit chez nos cousins toubab ‘Mieux vaut tard que jamais’. J’espère surtout que cet avertissement fera mouche dans les baraques de ses collègues et sous-fifres policiers et gendarmes et fera passer le message que les crimes sont imprescriptibles, y compris pour eux. La justice c’est comme une bonne sauce africaine, c’est plus succulent lorsqu’elle est réchauffée après un séjour au congélateur.
  • Le 05, le sale temps pour nos farces de dépenses et d’insécurité se poursuit. Un 2e criminel en kaki est condamné pour l’ensemble ses œuvres : le tribunal criminel de Dixinn a rendu son verdict dans le procès du commandant de la BAC n°8 de Kakimbo (Conakry), poursuivi pour tortures d’un détenu. Le soi-disant commandant Salifou Walto Soumaoro a été reconnu coupable et condamné à 6 ans d’emprisonnement plus le paiement d’une amende de 10 millions de francs. Autant donc donner ce mois-ci un satisfecit au ministre de la justice vu que tout le monde sait que tous les juges du pays prennent directement leurs verdicts sur ordre de l’exécutif.
  • Le 14, lors du conseil des ministres le PPAC a donné des instructions ‘fermes’ interdisant formellement l’utilisation de militaires pour assurer la sécurité personnelle (garde-corps) de citoyens privés. « En dehors de cas exceptionnels reconnus par l’Autorité tout contrevenant ainsi que les supérieurs hiérarchiques ayant autorisé ou toléré cette pratique seront sévèrement sanctionnés. Il est aussi rappelé les directives relatives à l’utilisation des sirènes par les véhicules de l’état. Seuls les véhicules dûment autorisés par la réglementation en vigueur sont habilités à user d’avertisseurs sonores spéciaux dans le cadre de mission officielle ». Et oui chers amis, il n’y a pas besoin d’être un Pablo Escobar pour avoir 2 gorilles menaçants avec bérets dans son char de commandement, 1 motard casqué et 1 jeep de molosses avec sirènes assourdissantes devant et derrière. Il suffit juste de 100.000 francs guinéens par tête de pipe et le tour est joué.
  • Le 16, une usine de transformation d’anacardes a été inaugurée à Kankan. C’est l’une des premières unités de transformation du pays depuis 8 ans de Sanseman avec une capacité de production annuelle de 10.000 tonnes. Cette usine est le fruit d’un investissement de la société privée « Diaouné Agro Industrie », une filiale de la société « Diaouné et Frères ». Selon le matamore de notre Sanseman la production annuelle du pays a déjà atteint 70.000 tonnes en 2018 et elle sera supérieure à 200.000 tonnes d’ici 2025 grâce à son programme d’appui et de distribution de semences. Le personnel entièrement national est composé de 500 personnes dont 80% de femmes. Maintenant attendons 12 mois pour voir si ça marche toujours malgré les vautours de l’environnement direct et indirect de cette PME : le gouvernorat, la mairie, Tiegboro et ses sbires affamés, les agents corrompus des impôts commerciaux et de la douane et tous les autres vautours qui réussissent presque chaque fois à décourager toutes les bonnes volontés nationales ou étrangères voulant investir dans ce pays. En tout cas merci au gouvernement de n’avoir pas boycotté ces entrepreneurs locaux pendant le montage et le démarrage de leur projet et bonne chance aux frères Diouné – vous en aurez vraiment beaucoup besoin. J’espère aussi pour vous que vous avez de solides protecteurs au palais Satanya, pré-condition indispensable pour venir dépenser des millions ici.
  • Le 27, finalement le ministère de la ville et de l’aménagement du territoire met un frein à la folie destructrice des petits fonctionnaires véreux, policiers et gendarmes sur les habitations des pauvres gens dans les quartiers de Kaporo Rails et de Kipé 2. Il rappelle par un communiqué officiel que les opérations de déguerpissement portent uniquement sur les 169,8 hectares du site du quartier Koloma appelé communément ‘centre directionnel’ qui est dédié aux services administratifs. Seules ces opérations de récupération continueront leur cours normal. Il fallait ça pour mettre fin aux exactions commanditées par ces fonctionnaires zélés, véritables vampires enragés qui salivent devant le spectacle dégoutant de grues et bulldozers qui écrasent sans pitié les réalisations immobilières, fruits des économies de dizaines d’années de dur labeur de milliers de pauvres gens-d’en-bas. Finalement c’est le soulagement total pour toutes les familles qui attendaient avec leurs bagages devant la porte d’entrée l’arrivée des monstres métalliques de destruction. Quant à celles qui ont tout perdu avant que le bon sens ne revienne dans le gouvernement ce sera tant pis pour eux – ils deviennent de simples dégâts collatéraux du Sanseman.
  • Pour : concernant le militaire condamné pour le meurtre du jeune lors d’une marche de l’opposition voici un résumé du site Africaguinee.com (Boubacar Bah Loudah) : « Le capitaine Kaly Diallo accusé dans le meurtre d’un militant de l’opposition a été condamné ce lundi 4 février par le tribunal de Dixinn.  L’acte s’est produit en août 2016 à Bambéto en marge d’une manifestation de l’opposition. L’officier de police a été condamné par le tribunal de Dixinn à dix ans de réclusion criminelle et au payement de 50 millions de francs guinéens à titre de dommages et intérêts  à la partie civile. Au cours de son procès ce haut gradé de la police avait nié les faits qui lui sont reproché. Il avait cependant reconnu que les forces de polices sortaient avec des armes létales lors des certaines opérations de maintien d’ordre alors que les autorités actuelles ont toujours nié ça.  ‘ Ce jour, le 16 août 2016, c’est le commandant adjoint Soriba Soumah qui nous a autorisés à sortir avec les armes. Tous les officiers étaient autorisés à sortir ce jour avec les armes. Je portais mon arme PMAK qui prend 30 balles. Mais ce jour, mon arme avait dans son chargeur 13 munitions et je n’ai tiré aucune balle. Je suis sorti avec les 13 munitions dans mon chargeur, et je suis rentré avec les 13 balles’. Thierno Hamidou Diallo, commerçant âgé de 25 ans avait été mortellement touché par une balle mortelle au cou à Bambéto, en marge de la manifestation de l’opposition à Conakry. Ce meurtre avait embarrassé les autorités d’autant plus que cette manifestation était autorisée ». Pour le 2e bidasse condamné, celui qui torturait ses victimes sans savoir qu’il était filmé (sûrement par un de ses hommes) le site Guineematin.com (Saidou Hady Diallo) donne des précisions : « Cette affaire remonte à 2016. Dans la nuit du 04 mars de cette année, une équipe de la BAC n°8 basée à Kakimbo dans la commune de Ratoma, s’est rendue au domicile d’Ibrahima Diogo Sow, un jeune marchand, accusé de vol à mains armées. Ils ont défoncé sa porte et ont mis main sur lui et sa compagne avec laquelle il se trouvait à la maison. Les deux ont été conduits immédiatement à Kakimbo où Diogo Sow a été soumis à des traitements inhumains et dégradants. Une personne non identifiée a réussi à filmer la scène et a posté la vidéo sur les réseaux sociaux. Ces actes de tortures ont ému plus d’un et ont amené un collectif d’avocats (des défenseurs des droits de l’Homme) à se constituer partie civile pour poursuivre le commandant de cette Brigade Anti-Criminalité, accusé d’avoir donné l’ordre à ses agents de torturer le jeune homme. Le Commandant Salifou Walto Soumaoro a été arrêté et placé sous mandat depuis le 30 janvier 2017 ».
  • Contre : concernant l’arrêt des Mad Max dans les rues de Conakry malheureusement la détermination présidentielle a disparu à la sortie de la réunion donc rien à craindre pour nos petits bosses locaux. Il nous avait déjà juré en mai 2016 que ces pratiques étaient finies à Conakry mais un mois plus tard c’était reparti de plus belle, sur instigation des faucons de son entourage, les premiers bénéficiaires de ce traitement VIP made in Guinea.
  1. Les décisions et actions « négatives » du mois :
  • Le 01, j’apprends que le boss a encore frappé un grand coup contre la bonne gouvernance au pays : pour contrôler les recettes des communes il a mis en place  une commission chargée de  recouvrir les impôts de toutes les collectivités locales. Elle est dirigée par l’ancien ministre de l’administration du territoire et de la décentralisation, Alhassane Condé aujourd’hui conseiller à la Présidence. Cette réforme vise  à ‘accompagner les collectivités locales pour mieux mobiliser les recettes en vue des les aider à exécuter leur programme’ selon leur justification tirée par les cheveux, même pour nous Guinéens. Comme bien souligné par un des chefs de l’opposition, ex-très Haut conseillé du PPAC : « Un an après le vote, pas d’exécutifs communaux en Guinée. Au contraire on travaille à rogner les attributions financières des collectivités locales au profit de la PRÉSIDENCE. Résultat : une accumulation de crises à répétition bloquant le fonctionnement de l’état. Guinée is down ». Il est vrai que ce pognon était auparavant dilapidé par ces chefs gestionnaires officiels affamés de ces communes mais une amélioration de cette gestion ne viendra surement pas en confiant sa gestion à d’autres aussi affamés du palais Satanya – au contraire car si les premiers bouffaient leurs petits budgets locaux avec des cuillères à café, ces derniers eux utiliseront des pelles à chaque plongée dans le pot de confiture commun qui sera mis en place au niveau national.
  • Le 01, on annonce la création de la « Mission d’Appui à la Mobilisation des Ressources Internes (MAMRI) », une nouvelle structure décrétée sur papier par le boss depuis le 31 janvier, qui est placée sous l’autorité du premier ministre et qui n’est autre qu’une substitution/remplacement des organes de prélèvement des impôts et taxes en Guinée. Les explications farfelues pour justifier tous les bénéfices pour le ‘peuple de Guinée’, en comparant cette structure à des structures identiques au Rwanda, Togo, Ouganda et Ghana, ne font pas mouche pour tout observateur averti car le contexte général d’anti-gouvernance chez nous est incomparable à celui de tous ces pays cités. Les beaux textes de loi sont légions au pays mais nos dirigeants les contournent dès qu’ils sont mis en vigueur. C’est la même magouille que la commission précédente, regrouper les petits montants détournés dans tous les niveaux inférieurs de la gabegie financière pour les placer au niveau de nouvelles ‘caisses uniques’ au seul profit de nos chefs supérieurs et de leurs bandes de receleurs. Quelle tristesse !
  • Le 06, Air Guinée One décolle de nouveau, cette fois-ci pour une « visite d’état » de 3 jours en Ethiopie, en prélude au 32e sommeil annuel des chefs de villages de l’Union Africaine (UA).
  • Le 07, le boss confirme que la loi en Guinée c’est LUI seul, comme avec Fory Coco. Après que la cour suprême ait reconnue que le ministre de l’administration du territoire n’avait pas le droit de faire reprendre le vote du maire de la commune de Matoto tout simplement parce que le candidat de son parti avait échoué au 1e coup d’essai il lui ordonne quand même de foncer dans le tas de piailleurs et fait reprendre l’élection pour s’assurer cette fois-ci une victoire à 100% du style ‘un coût – chaos’. Le candidat de l’opposition avait gagné la première élection le 15 décembre 2018 en récoltant 23 voix sur les 45 conseillers-électeurs. Mais après deux décompte un cadre du parti au pouvoir (Moussa Keita), constatant que leur candidat avait perdu la bataille avait perturbé le processus en déchirant les bulletins de son parti. Ceci avait permis au ministre de l’administration d’annuler l’élection et de la faire reprendre autrement (mieux) le 07 Février pour faire gagner son candidat. Il a fait quadriller les accès de la mairie de Matoto le jour du 2e Les journalistes ont été repoussés le plus loin possible et les lieux ont été encerclés par des policiers et gendarmes. De même les conseillers-électeurs ont vu leurs téléphones retirés pour entrer dans la salle du vote. Au lieu de 45 élus ce sont en fait une trentaine qui a imposé le bien né Toss Camara et ses adjoints. Il devient donc le 1e maire élu par décret présidentiel !
  • Le 07, nous découvrons une nouvelle magouille du RPG et du ministère de la fonction publique. Elle est étalée au grand jour dans la presse. Voici un résumé du topo rappelé par le site Africaguinee.com : « Le département de la fonction publique, de la réforme de l’Etat et de la modernisation de l’administration, est au cœur d’un nouveau scandale. Plusieurs fonctionnaires qui étaient sous la tutelle du ministère de l’Education Nationale et de l’Alphabétisation (MENA) ont été mutés par vague dans d’autres départements ministériels. Plusieurs jeunes communicants qui font la propagande du RPG arc-en-ciel sur les réseaux sociaux font partie des personnes mutées. L’on ne sait par quel miracle, la plupart d’entre eux ont été enrôlés dans les effectifs de la fonction publique. C’est un secret de polichinelle, le département de l’éducation est le boulevard d’entrée favori de plusieurs fonctionnaires recrutés souvent dans des conditions peu vertueuses. Au moins 54 fonctionnaires ont été mutés dans divers département ministériels. L’acte a été signé par le ministre de la fonction publique, Billy Nankouma Doumbouya le 21 janvier dernier. Dans le visa de l’arrêté, il est par exemple mentionné « demande de mutation de cinquante quatre enseignants dans divers départements ». Seulement voilà, certains sont de « vrais-faux enseignants ». Ils émargeaient au compte du département de l’Education Nationale, mais ils ne dispensent pas de cours et ne l’ont jamais fait d’ailleurs. En effet, les fonctionnaires de l’Education bénéficient d’un traitement salarial particulier avec notamment le point d’indice supérieur à l’administration générale et d’autres faveurs accordées aux enseignants. Ces fonctionnaires étaient « gracieusement » payés pour un travail qui n’est jamais fait. Certains sont très connus sur les réseaux sociaux.  Ils font la propagande du RPG arc-en-ciel et de certains cadres hauts placés dont ils mangent sous les râteliers. Pour éviter d’être démasqués dans la vaste opération de chasse aux fictifs exigés par les syndicats de l’Education, les autorités ont trouvé l’astuce de les dispatcher dans les différents ministères. La ruse tordue a éclaté au grand jour. Interrogé sur ces mouvements suspects de fonctionnaires, un travailleur du département de la fonction publique a déclaré que c’est une affaire très forte qui dépasse « les petits Mamadou ».  « C’est plus fort que nous. L’acte a été légalement signé sur instruction du haut lieu. Ce sont des gens qui sont nommés à différentes structures dans différents départements. Leurs salaires vont suivre ». Voici une petite photographie du fonctionnement journalier de notre administration.
  • Le 14, notre système judiciaire nous démontre une fois de plus que son principal ordonnateur est notre PPAC : le tribunal confirme l’élection du candidat du pouvoir (Mamadouba Toss Camara) à la tête de la commune de Matoto. Le candidat de l’opposition UFDG (Kalemodou Yansané) qui avait porté cette affaire au tribunal est ainsi débouté. Le plus marrant est que les « ennemis » de l’opposition n’ont plus aucune autre instance judiciaire à saisir pour faire accepter leurs arguments car en matière de contentieux électoraux la loi électorale stipule que les tribunaux de première instance sont les seuls à trancher en première et dernière instance. C’est ce qui est spécifiquement noté dans cette toute nouvelle la loi concoctée sous la table par les 2 principaux partis (RPG et UFDG) pour s’assurer le partage quasi-exclusif des mairies du pays. On peut donc en conclure que finalement ce parti d’opposition s’était en fait tiré ce jour-là une balle dans le pied et il ne peut donc que s’en prendre qu’à lui-même. Moi en tout cas je ne verserais pas une seule larme pour lui.
  • Le 17, Des heurts ont éclaté sur l’axe Hamdallaye-Bambéto entre les farces de sécurité et les militants du principal parti d’opposition (UFDG) à l’occasion d’un retour de son chef qui revenait d’un long séjour hors du pays. Le cortège de véhicules de Cellou Dalein Diallo a été proprement gazé, cogné et même défoncé par un char ‘Mamba’ de police nationale alors qu’il se dirigeait vers son domicile accompagné d’une joyeuse bande de ses militants venus l’accueillir à l’aéroport. Mais une chose reste certaine, il y a quelques semaines le maire de l’UFDG de la commune de Dixinn avait refusé une marche de la société civile sous prétexte que toute manifestions sur la place publique était interdite par le gouverneur de la ville. Si ce parti applique ça aux autres marcheurs du pays alors c’est du coup valable également pour lui-même. Pas de marche dans les rues pour les autres = pas de marche pour lui aussi, c’est tout.
  • Le 20, des gendarmes ont procédé à des arrestations et saisies de matériels de certains pirates d’images de la chaîne cryptée Canal+. En réaction et pour se faire entendre publiquement les plaignants regroupés sous le sigle pompeux « Association des Diffuseurs des Images Câblées de Guinée » (ADICAG) s’est réunie le lendemain pour écrire un mémorandum au Haut Commandant de la Gendarmerie, directeur de la justice militaire dans lequel ils accusent la société Canal+ de les empêcher de diffuser les images. Le hic et plus marrant dans tout ça c’est que cette association est composée et représente les intérêts de tous les magouilleurs qui piratent le signal de Canal+ dans tous les quartiers de la ville pour ensuite revendre à moindre coût ses programmes, assurant ainsi une diffusion à tous ceux qui ne peuvent pas s’abonner. Je comprends leur frustration de voleurs-volés mais de là à aller porter sur la place publique leur plainte contre l’arrêt de leur magouille, on ne voit cela que dans les états en faillite complète comme la Guinée où souvent voler et tricher ne sont forcement considérés comme des crimes punissables par nos dirigeants et nos juges. Les marabouts de ces jeunes tricheurs n’ont pas encre trouvé la faille pour relancer leur business mais cela ne saurait tarder.
  • Le 21, Nicolas Sarkozy boucle le ballet de la semaine chez nous des anciens présidents méprisés chez eux. Avant lui c’était François Hollande l’ex-chef mou de la France et Abdoulaye Wade, le sénile pyromane du Sénégal. Maintenant c’est Mr bling-bling dont le boss disait devant les cameras le lendemain de sa chute en France « Enfin je vais pouvoir mieux dormir » ! Rappelons aussi que l’ancien président français est confronté à une tempête judiciaire dans son pays. Il est en plein dans une tourmente infernale qui lui a valu l’an dernier une garde à vue dans l’enquête sur le financement libyen de sa campagne de 2007. Humilié aux primaires de la droite en 2016 il est aussi sous la menace de deux autres procès : « l’affaire Bygmalion » sur le financement de sa campagne de 2012 et « l’affaire des écoutes » sur sa corruption présumée de certains juges. Mais à Conakry c’est le tapis rouge qu’il n’avait plus aperçu que de loin depuis 2012. C’est vraiment triste : tous nos voisins reçoivent les chefs actuels du monde (Merkel, Macron, Xi Jinping…ect). Nous on déroule tout le protocole pour des has-been en mal d’invitations même chez eux. Et le pire c’est que notre boss est péniblement debout à l’aéroport avec moult bisous autant à leur arrivée qu’à leur départ. L’agenda du PPAC doit vraiment être dégagé ces jours-là.
  • Le 25, en plein délire de grandeur et de démagogie le ministre de l’industrie nous annonce l’ouverture très prochaine d’une ‘usine de raffinerie d’huile’ (!) au site ‘’Le Petit Bateau’’ en plein centre-ville, dans la commune de Kaloum comme s’il n’y avait aucun autre endroit en Guinée pour la construire que ce bidonville rempli de poissonneries, de véhicules d’occasion et de ferraille rouillée. Et il parle en mémé temps d’une nouvelle zone industrielle en banlieue de Conakry ! Selon lui il s’agira d’une raffinerie de fractionnement d’huile de palme, d’arachide et de soja d’une capacité de production de 50 tonnes par jour soit 3 fois les besoins nationaux. C’est quand même incroyable que la plupart de nos gros menteurs finissent toujours par des exagérations, des châteaux en Espagne et  des éléphants blancs.
  • Pour : comme chaque mois, R.A.S…
  • Contre : concernant l’attaque du véhicule du chef de file de l’opposition, selon ce patron des ‘ennemis’ du boss : « Les policiers ont lancé des gaz lacrymogènes contre mon véhicule qui a été endommagé. J’ai été pris en sandwich par six policiers qui ont continué à lancer des gaz lacrymogènes. J’ai perdu connaissance avant d’être évacué par mes militants ». Mais selon Mamadou Camara le porte-parole de la police : « les forces de sécurité ont utilisé des grenages et gaz lacrymogènes pour disperser les militants de Cellou Dalein Diallo qui voulaient manifester à Conakry alors qu’ils n’avaient aucune autorisation ». Finalement on compte une trentaine de blessés, quelques interpelés et le beau carrosse du boss endommagé, une opportunité pour lui de pouvoir acheter le dernier modèle sorti d’usine en 2019. Il y a surement un peu de vrai et beaucoup de faux dans ces deux déclarations-buzz typiques de nos politiciens locaux.

Tic-tac, Tic-tac, la montre tourne ; aujourd’hui est le 2990e jour de l’ancien « Guinea is back » et du nouveau « changement radical » – déjà 08 ans, 02 mois et 10 jours ! Aladji-Professeur-Président voici ma suggestion SMART (Spécifique, Mesurable, Atteignable, Réalisable et Temporellement définie) du mois pour améliorer un peu votre Sanseman : Grand Homme-Peuple vraiment vous devriez commencer à offrir des séminaires des formations, d’abord pour tous les politiciens du pays et ensuite pour les milliers de quidams qui sont persuadés qu’ils ont toutes les aptitudes pour diriger le pays mais ne savent pas comment nous le faire croire. Vraiment vous êtes le roi des coups-bas politiques donc on pourrait appeler le cours « l’art de couillonner politiquement ». L’affaire de la mairie de Matoto est un bel exemple dans ce sens : le jour du 1e vote il y a presque 2 mois déjà, lorsque vous avez fait envoyer un loubard déchirer les bulletins après que vous aviez perdu le poste de maire vous n’avez pas hésité ensuite à envoyer votre commis chargé de dérégler notre administration pour exiger la reprise de l’élection alors que légalement il n’en n’avait pas le droit. Bien sur les volés ont crié, pleuré, menacé de tout casser dans le pays y compris vous mais vous avez tenu bon. La cour suprême a siégé sur le sujet et a conclu comme chaque fois qu’elle a été consultée à chaud qu’elle était incompétente mais aussi  que selon les lois en vigueur non seulement votre ministron n’avait pas le droit de faire reprendre l’élection et que ce dossier devrait être renvoyé dans un simple tribunal dont dépendaient les différends électoraux. Hésitations de votre part ? Pas un sous ! Vous avez foncé comme un buffle dans un troupeau de moutons pour faire reprendre le vote mais après avoir transformé le lieu du vote en camp militaire renforcé avec chars, gaz lacrymo périmés, canons à eau chaude et tout le high-tech offert par vos partenaires au développement de l’injustice en Guinée. Et votre poulain est donc passé avec 100% des votants alors qu’il avait été chicoté électoralement quelques semaines auparavant. C’était quand même marrant d’écouter vos ennemis pleurer, crier, se victimiser et jurer qu’il faudrait marcher sur leurs cadavres avant de reprendre cette élection et que le pays serait à feu et à sang si vous osiez essayer mais le jour du vote eux et leurs militants sont restés enfermés dans la cour de leur candidat, très loin de votre arsenal toxique.

Prèsi on a compris, tout ceci c’était un petit réchauffement, un galop d’essai avant l’élection présidentielle de 2020 et je dois dire qu’il est assez bien réussi. De plus vos opposants-opposés ont mangé votre fruit empoisonné en acceptant le glissement de leur mandat expiré alors vous aurez bon dos maintenant, et raison, de leur imposer la même chose et ils n’y pourront RIEN, comme cette fois-ci. Ils menacent de marcher dans les rues pour protester ? C’est devenu impossible car même leurs maires élus interdiront comme à Dixinn toute marche pacifique dans leurs communes pour suivre à la lettre vos lois anticonstitutionnelles. Ils risquent même de chicoter leurs chefs de partis si ceux-ci essayaient désormais de sortir en masse dans les rues. Et la meilleure explication de cette cacophonie vient du 1e vice-maire d’une des ces communes, élu du 3e parti politique du pays (UFR) Sakoba Kéita qui a dit devant les micros : « Il ya un véritable faux débat sur la question. Le RPG et l’UFDG sont au centre de tous les maux qui tournent autour de cette élection communale. La loi a été votée par le RPG et l’UFDG concernant l’élection communale. Les deux partis ont applaudi sur tous les toits leur victoire. Nous on était contre. On a dit que la loi là, elle n’est pas bonne. Aujourd’hui s’il y a contentieux, qu’ils règlent ça. Les problèmes c’est eux. Ce sont les deux partis. C’est eux qui sont en train de fatiguer le pays ». Finalement il vous donne raison, vos ‘ennemis’ ont joué à malin-malin et demie avec vous, comme s’ils ne vous connaissaient pas depuis 8 ans de petits coups-bas répétitifs. Une fois de plus vous les avez chicoté – koudos pour vous. Et Dieu merci il n’y a pas eu de jeunes écervelés fanatisés pour aller se faire massacrer par vos miliciens pour si peu. Ce sont leurs mamans qui sont les plus heureuses du dénouement à moindre frais de cette commedia dell’arte.

Publié dans 2019 | Laisser un commentaire

Une Nouvelle Voie (Janvier 2019) : « je fais ‘glissement’ (de mandat) pour toi aujourd’hui et tu fais ‘glissement’ pour moi demain – Agnon ! »

Bienvenue à mon bilan du 37e mois de la Condécratie version 2.0. Je continue mon exploration mensuelle des méandres des décisions importantes pour la Nation prises par nos nouveaux chefs en proposant des pistes de réflexions et d’actions qui pourraient être envisagées pour que le « vrai changement » soit effectif.

  1. Echantillon de paroles et pensées présidentielles du mois:
  • « Disons-nous la vérité, nous Guinéens nous ne pouvons pas le faire marcher. Si nous nous obstinons à le gérer ça ne va pas marcher. Avant l’enceinte était sale, il n’y avait pas d’accesseurs, 10 à 20 personnes pouvaient se retrouver dans une même salle. Aujourd’hui il y a des ascenseurs partout, au maximum quatre personnes par chambre. Il faut l’entretien et nous ne pouvons pas l’entretien. Regardez la ville de Conakry combien elle est sale. En plus beaucoup de machines arrivent, ce sont des machines que nous ne savons pas manipuler » (le 09, parlant de la gestion du CHU de Donka rénové, lors de l’inauguration d’une machine IRM à la caisse nationale de sécurité sociale).
  • « Monsieur le premier ministre nous avons la sédentarisation des fonctionnaires. Comment voulez-vous qu’un receveur qui était sous la 2ème République, le CNDD, gère autrement ? Il ne peut le faire car il est habitué à voler, il est habitué à trafiquer, comment voulez-vous qu’il change ? La sédentarisation est l’un des grands problèmes que nous avons. Un fonctionnaire ne doit pas rester sur place plus de 5 ans. Mais vous avez peur d’enlever les fonctionnaires, il va aller alerter son village ou sa préfecture pour venir dire maintenant qu’on a enlevé son fils. Si on veut bien gérer on doit avoir la force de faire face à la population. Si quelqu’un de Dubréka gère mal on doit avoir le courage de dire et il doit partir parce qu’il gère mal, ainsi de suite. Il n’a qu’à aller mobiliser la population, on leur dira la vérité. On est là pour gérer les biens de l’état pour protéger la population. Parce que si aujourd’hui nous faisons le recensement des belles villas à Nongo et autres on sera très surpris. Ceux qui crient le plus à la corruption on verra qu’ils ont quatre, cinq ou six immeubles. Alors messieurs les diplomates je peux lancer un défi. Nous allons faire le recensement de très belles villas, des immeubles au bord de la mer. Mais ceux qui violent la loi en faisant les remblayages vous serez très surpris de voir qui sont les propriétaires. Et beaucoup de gens qui crient aujourd’hui vont fuir de honte parce que nous savons comment ils ont géré ce pays, comment ils ont pillé. Si vous regardez la Guinée à partir de l’hélicoptère vous vous demandez si vous êtes en Guinée, vous voyez des immeubles partout. Alors dernièrement lorsque le chef de file de l’opposition du Burkina était là on a été voir les femmes au Boulevard Diallo Telli. Mais je lui ai dit je ne comprends pas où les Guinéens prennent l’argent pour construire les immeubles 6 à 8 étages. Il m’a dit ‘président c’est la main invisible du libéralisme. Quand les gens n’ont pas confiance ils cachent l’argent, quand ils ont confiance l’argent sort. Alors ne soit pas surpris qu’il y ait des immeubles partout’. Je préfère avertir les ministres, aujourd’hui à partir de la présidence je suis capable de suivre tous les paiements d’impôt. J’ai un tableau qui me permet tous les matins de regarder qui a payé qui n’a pas payé, il n’y a plus de possibilité de se cacher. Avant les gens passent de bureau en bureau, les fonctionnaires volent, ils distribuent un peu. C’est pourquoi ils disent que je suis pingre, je ne donne pas l’argent.  Ce n’est pas les réseaux sociaux qui font la Guinée, ce ne sont pas les journaux non plus. L’essentiel de la population sont dans les campagnes. Ces gens  savent quelle est leur situation de vie. Alors que des gens alimentaires s’agitent qui pensent que la politique c’est seulement venir au gouvernement pour piller, voler » (le 23, parlant des fonctionnaires guinéens lors du lancement officiel du numéro d’identification Fiscal Permanent (NIFP) à la direction nationale des impôts ».
  • « Les gens doivent travailler dans un même sens et non chercher à s’imposer les uns sur les autres. Il faut que tout le monde conjugue leurs efforts et éviter de se mettre les bâtons dans les roues. Il n’y a pas deux agendas ou trois agendas, il n’y a que l’agenda du président, tout le monde doit travailler dans ce sens. Donc il n’y a pas de raison que les gens se marchent sur les pieds sur le terrain. Tout le monde sait que la région forestière est le grenier de la Guinée, c’est la principale région agricole, c’est pourquoi nous voulons donner la force à l’agriculture. Je compte sur vous afin qu’on se donne la main et qu’on aille ensemble. Parce que quand on ne donne pas la main on favorise l’ennemi. Parce que très souvent aujourd’hui les opposants ne sont pas des opposants, ce sont des ennemis. Sinon quand on est opposant on cherche à ce que le pays aille de l’avant pour pouvoir hériter d’une bonne situation et non pas détruire » (le 28, lors d’une mamaya dans son palais avec des batteurs de tamtam de la préfecture de Guéckédou venus le prier de poursuivre son œuvre surhumaine pour le pays).
  • Pour : il n’a pas tort quand il décrit notre impossibilité actuelle de gérer convenablement ce CHU tout neuf au vu des pratiques de gestion dans 100% de son administration mais qu’il nous laisse, nous les aigris et déçus, dire cela, pas lui qui est justement élu pour mettre fin à toutes nos carences gestionnaires.
  • Contre : au lieu de nous dire « maintenant je vais monter une équipe spéciale de managers et d’inspecteurs pour surveiller tout ce qui se passe dans la gestion du nouvel hôpital afin pour qu’il soit conforme aux normes internationales dans tous les domaines » il préfère comme d’hab. ses solutions de facilité basées surtout sur son mépris profond des capacités intellectuelles et morales de ses compatriotes avec un « vous êtes tous des cancres alors je vais faire venir des cubains ou chinois pour gérer à votre place ». C’est cela sa stratégie de gouvernance pour l’émergence en 2020. Quant aux propriétaires des 5-6 immeubles et des châteaux familiaux sur remblais en bord de mer là où il est interdit de construire (pour les petits guinéens) qu’il n’oublie pas de rechercher sur cette liste les noms de son fils, de ses femmes et de tous ses potes du palais. Et en fin de mois il a enfin lâché le mot que tout le monde soupçonnait mais qu’il n’avait jamais encore prononcé : les opposants sont devenus des ennemis du peuple, ils ne sont plus des adversaires politiques à son régime. Notre PPAC est tellement prévisible que c’en est devenu risible.
  1. Les décisions et actions « positives » du mois :
  • Le 04, le PPAC tient une de ses promesses pour une très rare fois, il coupe court à la polémique générale lancée par un grand groupe de dépités polygames ou libidineux sur le nouveau code de la famille concernant leurs clauses pour réintroduire la polygamie. Il leur a tout simplement renvoyé leur chiffon à l’assemblée nationale pour une révision.
  • Le 10, le gouvernement et le SLECG (syndicat libre des enseignants et chercheurs de Guinée) ont finalement signé un protocole d’accord au palais du peuple mettant ainsi fin à la grève qui a paralysé presque tout le système éducatif pendant plus de trois mois. Enfin les enfants et leurs maîtres vont pouvoir retourner dans leurs classes où de toute façon hélas ils n’apprennent pas grand-chose. Les egos surdimensionnés, les concours de bras-de-fer et les demandes farfelues ont finalement laissé la place à des concessions minimales des 2 cotés. Ceci est un point positif pour le PPAC et Don Kass-Kass mais mon Dieu pourquoi tout ce temps perdu pour arriver à un accord aussi simple et logique ? C’est ce que les américains appellent un pissing contest où chacun apparaît finalement ridicule une fois que le calme est revenu.
  • Le 14, le PPAC décrète enfin la liste complète des nouveaux membres de la commission électorale nationale indépendante (CENI).Les 17 membres (au lieu de 25 dans la précédente) se repartissent en 7 pour la mouvance présidentielle, 7 pour les diverses oppositions, 2 pour la société civile et 1 pour le ministère de l’administration du territoire. Bref nous sommes au 1e pas réel vers les prochaines élections législatives et présidentielles – juste des baby steps avant la fin du processus.
  • Le 21, l’ancien président de la CENI, en place depuis juillet 2017 est reconduit lors d’une élection interne à l’institution. La loi exige qu’il soit choisi parmi les représentants de la société civile et comme ils ne sont que deux, autant que ce soit celui qui sait au moins ce que signifie l’acronyme de son institution. On sait donc aussi à quoi s’attendre avec ce vieux machin électoral relooké.
  • Pour : concernant son rejet de cette tentative sournoise de ramener officiellement la polygamie dans nos lois il l’a fait par un courrier envoyé au président de l’assemblée où il rappelle l’article 079 de la constitution (l’égalité entre hommes et femmes) pour demander au parlement de « procéder  à une nouvelle délibération sur le code civil, en l’occurrence la disposition relative à la polygamie et la monogamie ». Il semble tenir bon sur ce coup-ci – pour le moment. Nous attendons donc le prochain round car le combat est loin d’être fini et il a en face de lui des has-been déterminés dont plusieurs ont de multiples épouses dont ils sont très fiers, sous le couvert de la religion et des traditions séculaires surtout quand ça les arrange. Concernant le protocole d’accord entre gouvernement et syndicat des enseignants, parmi les résolutions positives et constructives je retiens en particulier « Le dégel exceptionnel des salaires des enseignants pendant la période de grève, octobre, novembre et décembre 2018, la création à compter du lundi 21 janvier 2019 d’une commission mixte gouvernement-SLECG-USTG en vue de procéder à l’assainissement du fichier des fonctionnaires enseignants, les économies réalisées après cet assainissement seront affectées sur le salaire de base sans aucune incidence financière et sans que cela ne traduise une augmentation de la masse salariale, le rétablissement des enseignants mutés ou demis de leurs fonctions pour fait de grève dans les institutions d’enseignement supérieur et du ministère de l’éducation nationale et de l’alphabétisation, les parties s’accordent que nul ne sera poursuivi ou sanctionné pour fait de grève, Le SLECG s’engage à organiser les cours de rattrapage à tous les niveaux pour combler le retard accusé dans le calendrier scolaire ». Maintenant attendons de voir la mise en application.
  • Contre : concernant la nouvelle CENI, en fin de cérémonie les 17 ont tous proclamé à haute voix des « je jure de ne pas mentir, tricher et voler le budget » avec enthousiasme et sourires en coin devant le président de la cour constitutionnelle, y compris les représentants de l’opposition qui avaient juré il y a quelques mois de ne jamais reconnaitre celui-ci que je surnomme « Maitre sirène révisionniste » comme chef de cette institution. Dès qu’on est choisi pour la mangeoire ici et que le prize money est dans le champ de vision, du coup on adore tout le monde comme « même mère, même père ».
  1. Les décisions et actions « négatives » du mois :
  • Le 02, un journaliste de Guineews.com (Amadou Tham Camara) nous rappelle qu’en réalité nos chers dépités qui crient tant contre l’éventuel 3e mandat du PPAC sont eux-mêmes « expirés » de leurs strapontins. Si le repère de fin de mandat est la date de publication des résultats définitifs des dernières élections législatives elles auraient dû être reprises avant le 25 novembre 2018 car la cour suprême de Guinée les avait publiés le 25 novembre 2013. Si leur date d’expiration est comptée à partir de l’entrée en fonction des députés dans ce cas ce sera  dans 10 jours, car c’est  le 13 janvier 2014 que l’actuelle assemblée s’était réunie pour sa première séance plénière. Dans tous les cas la prochaine session des lois d’avril 2019 trouvera que leur mandat est caduc depuis belle lurette.
  • Le 07, le boss décrète une ribambelle de haut-gradés de sa milice nationale aux postes d’ambassadeurs. Ces généraux-TGV sont issus de l’armée de terre, de la gendarmerie et de la police. Parmi eux l’un des derniers militaires Guinéens qui sache s’exprimer correctement dans un français compréhensible. Imaginez donc ces zozos dans les cocktails et diners diplomatiques, ils vont faire plonger notre image internationale encore plus profondément qu’actuellement. Par ailleurs le lendemain il chamboule discrètement toute la hiérarchie de la grande muette : à l’exception du chef d’état major des armées, de son adjoint et du haut commandant de la gendarmerie nationale tous les autres chefs d’états majors ont été remplacés par le chef suprême de nos armées. Tout ceci confirme un peu les rumeurs de bruissements au sommet des casernes dans les dernières semaines de 2018 suivis de dispositifs préventifs particuliers devant les portes de tous les camps militaires le 31 décembre. Avec la campagne de 2020 qui approche on n’est jamais trop prudent, surtout pour un enfarineur comme notre boss bien mal-aimé.
  • Le 09, lors d’une conférence de presse organisée par l’ambassade de Belgique le directeur général de l’office belge des étrangers nous fournit des informations qui font froid dans le dos : « La Guinée et la Belgique ont en commun cette préoccupation majeure. Ainsi en 2018 les autorités belges ont enregistré 1125 demandes d’asile introduites par des Guinéens. Ces chiffres placent la Guinée dans le TOP-5 des pays pourvoyeurs de demandeurs d’asile en Belgique aux côtés de pays en guerre tels que la Syrie, la Palestine, l’Afghanistan et l’Irak. Le constat est alarmant d’autant plus que bon nombre de ces demandes sont injustifiées ou composéede fausses déclarations. L’utilisation très fréquente de documents faux ou falsifiés est très répandue mais cette pratique se retournera systématiquement contre le fraudeur grâce à une vérification approfondie et systématique des dossiers… Néanmoins, poussés par la pauvreté ou le manque d’opportunités et de perspectives économiques des milliers de jeunes Guinéens continuent à quitter leur pays à la recherche de conditions de vie meilleure ». Et pourtant cette mauvaise-langue a été reçu ensuite par le boss à Satanya – il s’ennuie ferme dans ses lambris donc il reçoit tout les toubabs qui arrivent à l’aéroport.
  • Le 09, lors de la présentation des vœux du corps diplomatique l’ambassadeur de Russie, doyen de ce corps nous a montré que le monopole de la démagogie et de la courtisanerie au pays n’était pas forcement Guinéen. Ce pantin communiste n’a eu aucune honte à dire devant les TV et radios : «Sous les yeux des ambassadeurs la Guinée devient le premier pays exportateur de la bauxite au monde. Sous nos yeux la Guinée devient le pays le plus électrifié de l’Afrique de l’Ouest… A quoi ça sert une alternance si tout va bien ? C’est la culture de ‘c’est notre tour’, c’est forcément notre tour qui crée des problèmes, Rien n’est statique… Même dans la Bible il y a eu l’ancien testament et ensuite le nouveau testament. C’est à la constitution de s’adapter aux réalités, ce ne sont pas aux réalités de s’adapter à la constitution. On ne change pas un cheval au milieu de la rivière ». Même le boss a été surpris de tant de mamayisme venant même maintenant des étrangers qui le servent. Dans sa réponse il n’a pas hésité à « inviter les diplomates à chercher à connaitre le pays avant d’en faire un jugement et que le pays ne restera pas dans l’anarchie ». Et pan sur le bec du courtisan mielleux ! En tout cas ça va chauffer pour cet ambassadeur quand il va se retrouver en tête à tête avec les autres ambassadeurs des big brothers à la sortie de cette rencontre. Camarade Poutine peut être fier de son ambassadeur, il a dû le former lui-même.
  • Le 10, le PPAC décrète un général de brigade (Mohamed Lamine Diarra) comme conseiller près le cabinet de la présidence de la république. Le général était le commandant du BATA (brigade autonome de troupes aéroportées), l’un des bataillons d’élite de la milice nationale. Le hic ici c’est qu’en 2014 il s’était fait connaitre de tous ses compatriotes lors d’un procès civil où il avait été condamné pour outrage à magistrat. Il avait osé prendre au collet le juge en plein tribunal pour lui prouver que ‘le pays est commandé’. Il avait écopé de 6 mois de prison dont trois avec sursis. Il avait certes interjeté appel et l’affaire est toujours en cours dans les tribunaux. Bref un sacré ajout au zoo humain du palais de Satanya, un nouveau faux démocrate respectueux de la séparation des pouvoirs. Tout ça pour mieux préparer 2020 ?
  • Le 11, le PPAC décrète que « l’assemblée nationale est habilitée à continuer à assumer les fonctions législatives jusqu’à l’installation de la nouvelle institution parlementaire ». Il dit avoir pris cette décision en se basant sur des dispositions (très vagues et interprétables selon les besoins) de la constitution, des lois organiques sur les élections et sur le règlement intérieur de l’assemblée nationale. C’est à croire qu’il y a une véritable complicité entre ces dépités, en particulier ceux de l’opposition et le PPAC, comme s’il leur avait dit en cachette : « Vous pouvez crier un peu mais pas trop quand même car nous sommes embarqués après tout dans la même barque du pouvoir et pour aussi longtemps que possible ». Et ça marche bien pour le moment, avec beaucoup de bégaiements et d’atermoiements de leur part sur leur choix de siéger ou pas. En acceptant de siéger ‘hors-la-loi’ ils offriront la jurisprudence rêvée au PPAC qui se l’appliquera immédiatement pour l’élection présidentielle quand les conditions de celle-ci ne seront pas remplies en décembre 2019. Inutile de dire que la jurisprudence ainsi établie offre un bonus indéterminé aux députés qui se feront très discrets sur le sujet en espérant que nous l’oublierons très vite. Sacré PPAC, c’est du « Je fais pour toi – tu fais pour moi ». Et le travail de laminage systématique de toutes les institutions du pays en dehors de la sienne évolue à merveille – il est vraiment trop fort pour eux ce sacré opposant hystérique.
  • Le 12, le boss limoge la directrice du port autonome de Conakry selon certaines indiscrétions du palais pour ‘faute lourde’ : elle est une amie proche de l’épouse du chef de file de l’opposition. Et pourtant elle avait été nommée il y a moins de 4 mois soit des décennies après cette « amitié sacrilège » ce qui montre la qualité des enquêtes préalables avant toute nomination des hauts cadres de l’administration. Mais le plus marrant est qu’elle est remplacée par l’ex-directrice adjointe du même port qui s’était ridiculisée il y a moins de 6 mois devant tous les Guinéens pour sa justification de la vente du port à la famille Erdogan, à tel point que tout le monde l’a surnommée « (j’ai) Cacheté ». La directrice générale de l’époque, actrice principale de ce comedy-show a elle été surnommée « (j’ai) Signé ». Celle-ci est bombardée le même jour comme présidente du conseil d’administration de la SOGEAC, la société de gestion de notre aéroport international, là où elle aura beaucoup de signatures de business louches tous les matins. La leçon dans tout ça : quand tu gères pour notre boss il faut déconner, détourner et voler en milliards, un peu moins que lui quand même – et il va t’adorer et ne plus jamais te lâcher, tu vas grimper l’échelle en 4X4.
  • Le 14, c’est un nouveau chef d’une institution nationale qui démissionne, le président de l’institution nationale indépendante des droits de l’Homme (INIDH). Selon le site d’information Guineematin.com : « contrairement à son prédécesseur qui a expédié sa lettre de démission aux médias le même jour le président démissionnaire de l’INIDH a préféré remettre discrètement sa lettre au ministre conseiller du président de la république chargé des relations avec les institutions et il est resté plus de dix jours avant de sortir du pays. Et depuis deux semaines cette démission était gardée secrète puisqu’on chercherait à convaincre Alia Diaby à revenir sur sa décision.. Si l’argument du démissionnaire est la recherche d’un titre de professorat beaucoup de Guinéens parlent (plutôt) de faibles moyens accordés à cette institution républicaine. Mais en réalité c’est le régime Alpha Condé qui voit sa crédibilité s’effriter au moment où les velléités du chef de l’état à s’accrocher au pouvoir après son deuxième et dernier mandat ne font plus de doute. Seulement, il importe de préciser que contrairement au ministre Khalifa Gassama Diaby le Dr. Alia Diaby n’était pas critique contre le régime Alpha Condé. Il semblait plutôt être un des agents qu’on a placé pour empêcher l’avènement d’un président de cette institution proche du peuple ». Bref pas de quoi s’enthousiasmer – c’est juste un mamayeur de moins, surement déçu des promesses de gros sous non tenus et donc d’annulation forcée de nombreux chantiers personnels.
  • Le 16, hop il est reparti – cette fois-ci pour un sommet extraordinaire de l’U.A à Addis-Abeba sur la crise électorale en RDC et ensuite laa Antatanarivo pour participer à l’intronisation d’Andry Rajoelina, le nouveau dictateur de Madagascar. Ses retrouvailles avec tous ses homologues du Sud et de l’Est du continent sera surement marrante pour nous à suivre sur la TV-PPAC. Et surtout le plus important – la grande photo de famille avec tous les pontes invités pour garnir un peu plus les murs des salons de notre chef.
  • Le 17, malgré les pantalonnades de l’ambassadeur de Russie, de Don Kass-Kass et de leur mentor/boss qui affirment pompeusement que « Sous nos yeux la Guinée est devenu en 8 années le pays le plus électrifié d’Afrique » le tout récent rapport ‘Doing Business 2019’ de la Banque mondiale donne des chiffres bien différents : « la Guinée est classée dans ce rapport 146e pays en matière de raccordement à l’électricité et 26e pays africain juste après les Comores et la Côte d’Ivoire. Elle affiche un score de 55,84/100 en obtention d’électricité et un score de 0/8 en matière de fiabilité de l’offre et de transparence des tarifs ». A votre avis, qui dit la vérité dans cette affaire-là ?
  • Le 19, une certaine plateforme nationale du mouvement citoyen “Ma Cause” a organisé une conférence-débat autour de la constitution guinéenne. Cette rencontre d’échange et d’information a réuni des députés, des représentants de partis politiques, de la société civile et des citoyens des cinq communes de la capitale. Selon les organisateurs « made in Sanseman »:  « Ils entendent créer un espace d’échange sur toutes les dimensions citoyennes de la constitution guinéenne de 2010 ; porter un regard critique et citoyen sur les faiblesses de la constitution actuelle ; capitaliser les expériences et tirer les leçons sur les crises liées aux vices du cadre normatif ; approfondir la réflexion et proposer des réponses triptyques ; faire des propositions sur les orientations à soumettre aux citoyens dans le cadre de l’approfondissement et de l’adoption de l’option choisie ». Les débats étaient dégoulinants de cirage de pompes, démagogie éhontée et courtisanerie typiquement Guinéenne – la ficelle pour ‘légaliser’ le 3e mandat’ est plus grosse que ma jambe. Parmi la conclusion et les leçons finales la principale est que « le Peuple » exige la modification de la constitution et qu’on ne peut rien refuser au Peuple ». Et  ils sont persuadés que cela suffit, que le tour sera joué, qu’une majorité de Guinéens abêtis, rendus amnésiques et aveugles par 61 années du PDGisme dans ses différentes versions vont applaudir et danser. Le pire c’est que ça pourrait effectivement marcher – c’est aussi ça la Guinée. Mmes et Mrs, accrochez-vous, nous nous dirigeons tout droit vers une révision de notre constitution puisque vous le Peuple l’exigez, même sans le savoir.
  • Le 28 lors de la présentation de son bilan de l’année 2018 devant la presse, le nouveau comedy-club local des cancres de la république imposée par le PPAC, la 3e à passer est sa ministre de l’agriculture et elle a fait très fort dans ce nouvel art pour elle. Après une présentation laborieuse et inconsistante de près d’une heure par une présentatrice effrayée par autant de micros et de cameras branchés pour la 1e fois de sa vie sur elle, elle a eu une réponse effarante à la question suivante d’un journaliste : « pourquoi l’agriculture malgré les efforts cités lors de sa conférenc, n’arrive pas à nourrir la population ? ». Voici sa réponse in extenso : « « La question de la sécurité alimentaire, elle est réelle,  quand on dit nourrir tous les Guinéens, cela c’est entre griffes. Vous savez bien, nous sommes nourris, que ce problème d’autosuffisance est une réalité et que toutes les dispositions sont prises, tout ce qui a été énuméré ici, c’est encore une réalité. La production du riz, on vous a dit tout de suite que c’est passé de un million et poussière à plus de deux millions. Donc je pense que c’est atteint (l’autosuffisance alimentaire, ndlr) et que je peux dire qu’il y a une surproduction, mais qu’est-ce qui se passe ? Le riz guinéen, si nous prenons exemple sur cette céréale, il est prisé, la méthode de transformation, par exemple l’étuvage, intéresse bien les gens, qui donne une certaine qualité au riz, la saveur et tout ce qui fait que ce riz est demandé même par les voisins. Et comme il y a des accords il y a une partie qui va de ce côté. Mais c’est quand on a fini de manger qu’on vend le reste. Donc il y a à manger… ». Si l’un de vous comprend ce charabia digne de son mentor, prière de m’envoyer une traduction en français.
  • Le 29, le tristement célèbre Ibrahima Kalil Konaté dit « K carré », ancien ministre de l’éducation qui avait été incapable de lire les chiffres en milliards de son budget annuel devant la télé nationale avec comme pitoyable défense « Je me suis pas beaucoup frotté au chiffres » est décrété par le boss comme président du conseil d’administration de la LONGUI, la société publique de loterie – Ehh Dieu, il n’y a donc aucune limite à la médiocrité aux commandes du Sanseman. Les gagnants en millions sont sûrs d’empocher des milliards maintenant.
  • Le 31, La cour suprême se prononce enfin sur le recours en annulation pour excès de pouvoir introduit par le député de l’opposition spolié de sa victoire à l’élection au poste de maire de la commune de Matoto par une décision le 16 décembre 2018 du ministre de l’administration du territoire qui ordonnait la reprise de l’élection pour une pagaille organisée par lui lors du vote. La cour s’est déclarée incompétente même si elle reconnait que la requête est recevable. Selon elle la décision du ministre d’annuler le vote est indissociable du processus électoral d’où les raisons de son incompétence à connaitre de cette affaire. Ce que j’aime bien avec cette institution nationale c’est qu’elle reconnait elle-même chaque fois qu’elle est consultée sur le moindre dossier juridique qu’elle est incompétente parce que composée d’une joyeuse bande d’incompétents. Elle nous gâche tout le plaisir de le dire et de le prouver à sa place.
  • – Le 31, les nouveaux décrets tous les soirs au JT de 20h atteignent un nouveau sommet : plus de 100 nouveaux ‘hauts cadres’ sont nommés ou inter-changés dans les différents ministères et c’est le même processus tous les soirs depuis le début de la semaine. A moins de 2 ans de la présidentielle le message est clair : des militants zélés sont placés partout pour assurer la victoire.
  • Pour : comme chaque mois, R.A.S…
  • Contre : concernant la prolongation du mandat des députés cette fois-ci la plus grande honte vient de la réaction de ceux de l’opposition qui chantent partout qu’ils sont contre celle du PPAC au delà de son terme mais ne veulent pas appliquer la même chose pour eux. Leurs leaders parlent, parlent, dénoncent, critiquent, manifestent et créent de nouvelles victimes tous les mois mais aucun ne dit qu’en conséquence de cela ils vont refuser de siéger, ce qu’ils auraient du faire le même jour. Sans sacrifices ils valideront tout sur leurs intentions réelles dans cette assemblée : le fric et autres avantages. Et en dehors de quelques grosses pontes aux poches profondes parmi eux tous les autres n’accepteront jamais de se faire un harakiri financier sans y être forcés et ça leurs chefs le savent alors c’est à eux d’oser l’exiger de leurs petits poissons. Quant au prétexte de dire que s’ils partent le PPAC pourra faire ce qu’il veut par ordonnances, qu’ils cessent de nous faire rire : n’est-ce pas déjà le cas depuis qu’ils sont là ?  Qu’ils me citent une seule fois où sa volonté a été contrecarrée par eux.

Tic-tac, Tic-tac, la montre tourne ; aujourd’hui est le 2962e jour de l’ancien « Guinea is back » et du nouveau « changement radical » – déjà 08 ans, 01 mois et 10 jours ! Aladji-Professeur-Président voici ma suggestion SMART (Spécifique, Mesurable, Atteignable, Réalisable et Temporellement définie) du mois pour améliorer un peu votre Sanseman : grand boss, tout d’abord BRAVO pour votre nouvelle trouvaille de glissement du mandat des dépités du peuple. Vous leur avez joué avec brio le « Je fais le glissement pour vous aujourd’hui et vous faites le glissement pour moi demain – Agnon ! » et du coup vous avez obtenu les balbutiements publics et la gêne coupable de vos ‘ennemis’ devant leurs militants non fanatisés et surtout devant tous les autres Guinéens sur leurs intentions parlementaires principales : les salaires et autres avantages de fonction. Un seul député a osé protester en demandant qu’ils se fassent tous harakiri mais tous les autres ont bien rigolé et ne lui ont même pas répondu – là encore à votre plus grande joie. Maintenant à vous de les attendre au tournant en fin 2019. Et votre reclassification ces jours-ci de l’appellation habituelle « opposants de mon régime » en « ennemis du peuple » ne manque pas elle aussi de piquant politique – vraiment vos racines communistes Feanfardes ne sont jamais très loin dès qu’on gratte un peu sur votre carapace de vieux crocodile. Les seuls vrais perdants dans tout ça ? Nous vos pauvres administrés, coincés comme des souris au milieu d’un combat d’éléphants.

Cher tonton, il faut nous expliquer un peu plus votre affaire de « généraliser » notre diplomatie déjà si mal en point. Il semblerait que vous avez en fait choisi de vous débarrasser de certains des officiers supérieurs nommés par vos prédécesseurs qui avaient la réputation d’être des barons bien établis dans leurs services respectifs que ce soit au ministère de la défense, à l’état-major général des armées et dans les dispositifs de commandement de la police et de la gendarmerie. Quatre généraux-TGV du pays dans quatre postes « pourris » puisqu’il y a peu de possibilité pour du bizness lucratif dans ces pays en faillite : Cuba, Mali, Guinée Bissau et Angola. Un seul veinard et c’est la seule femme (contrôleur général de la police) qui hérite du Sénégal qui est vraiment un poste de rêve pour elle qui sort des bureaux crasseux de la police nationale à Conakry. Néanmoins c’est bien de diminuer la pléthore de kakis bardés de décorations en chocolat « made in Fory Coco / petit dadais / maréchal tigré » mais pardon il ne faut pas nous ridiculiser davantage devant nos partenaires dans leurs pays. Imaginez leur calvaire et notre honte devant vos homologues et leurs télévisions quand ils vont trébucher sur les mots et suer à grosses gouttes malgré la climatisation pour lire un discours de 2 pages. Je ne vous parle même pas des cocktails et diners diplomatiques où ils seront les nouvelles sensations pour les potins et bon mots/maux qui seront distillés en sourdine dans leurs dos. Nous avons appris qu’il y a eu des bruits de botte dans les casernes en fin décembre mais votre solution pour tuer une révolte éventuelle dans l’œuf n’est pas la meilleure : proposez-les plutôt gratuitement ou pour 1 franc symbolique au prince MBS de royaume Saoudien pour les mettre au front au Yémen ou en Syrie. N’importe où mais pas dans nos ambassades déjà si mal en point, Yandi ! J’ai écouté un comique raconter qu’en fait ce jour-là, quand vous avez mis France24 et que vous y avez vu des putschistes en bérets verts annoncer qu’ils renversaient leur président pour incapacité de gérer son pays vous avez au départ cru que c’était ici alors que c’était plutôt au Gabon. Immédiatement il semblerait qu’après vos premiers tremblements passés vous avez ordonné de dégager tous les chefs-kaki avec des bérets verts du pays. Il faut cesser d’avoir peur comme cela, surtout à votre âge-là maintenant. A l’époque vous pouviez encore grimper les murs de stade au 1e coup de feu mais ça c’est terminé maintenant alors « doye-doye  » comme on le dit chez nous dans des cas de panique comme ça. Un journaliste du site Kababashir.com (Ibrahima Sory Camara ) résume bien ce que de nombreux Guinéens réfléchis pensent de votre dernière manœuvre politico-politicienne : « Ces nominations des officiers supérieurs de l’armée intervenues le jour même du coup de force avorté au Gabon et au moment où le mandat des députés tire à sa fin suscite des interrogations. Nécessité de service ou agenda caché ? En tout état de cause, bon nombre d’observateurs y voient de cette nomination des officiers des forces armées dans la diplomatie, une manière d’éloigner certains hauts gradés dont on aurait des craintes et en prévision d’un éventuel putsch, au cas où président Alpha Condé, tenterait de modifier la Constitution pour s’octroyer un troisième mandat…  S ‘agit-il d’une réorganisation de l’armée ? Pourquoi envoyer des officiers supérieurs ayant pris une part active dans la reforme des forces de défense et de la sécurité, garant de la démocratie et des institutions républicaines,  comme représentants diplomatiques ? Un analyste politique va jusqu’à se demander si « La diplomatie guinéenne est si FORTEMENT en crise qu’il est devenu URGENT de faire appel à des cadres des Forces de Défense et de Sécurité pour sauver les meubles. Ou bien il faut fabriquer rapidement des diplomates pour les envoyer aux quatre coins de la planète pour « sauver » l’image de la Guinée à l’étranger et en même temps, c’est le plus important, déstabiliser et débarrasser l’armée de ses FORTES TÊTES.  Il est question de faire de pas moins de quatre hauts gradés de l’armée guinéenne des diplomates dans des pays qui ne requièrent nullement une relation militaire particulière avec la Guinée. Voilà tant de questions que l’on se pose aujourd’hui et dont seul le locataire du palais Sékhoutouréyah pourrait apporter une réponse claire et précise à ces préoccupations ». Et oui, camarade PPAC il faut nous dire la vérité-vraie, pas celle du boulanger national. Et puis 3e mandat c’est Niet, un point, un trait. N’essayer même pas, on ne mordra jamais à cette hameçon-là, même quand vous nous l’enfoncerez de force dans la gorge.

Publié dans 2019 | Laisser un commentaire

Une Nouvelle Voie (Décembre 2018) : un 2e officier saute par-dessus bord du Titanic national

Bienvenue à mon bilan du 36e mois de la Condécratie version 2.0. Je continue mon exploration mensuelle des méandres des décisions importantes pour la Nation prises par nos nouveaux chefs en proposant des pistes de réflexions et d’actions qui pourraient être envisagées pour que le « vrai changement » soit effectif.

  1. Echantillon de paroles et pensées présidentielles du mois:
  • « Je voulais qu’on marche sur les deux pieds. Malheureusement aujourd’hui on marche seulement sur une jambe parce que l’autre jambe c’est ce que les populations ont montré dans leurs capacités d’innovation que j’ai vu à N’Nzérékoré et à Labé. Donc j’avais souhaité que tous ces gens soient représentés  afin que les gens qui viennent sachent que le peuple de Guinée a un génie créateur qui l’a amené à faire des réalisations au nom desquelles ils étaient ahuris. Malheureusement cette 2e jambe n’est pas là aujourd’hui. J’espère que l’année prochaine nous prendrons sérieusement le temps pour que tous ces gens dans les préfectures et qui ont fait des recherches soient là pour qu’on voit ce qu’ils ont réalisé aussi… La première faiblesse que nous avonsc’est la non- maitrise de l’anglais par la plupart de nos étudiants. Et qu’on le veuille ou pas aujourd’hui la première technologie c’est l’anglais. Pourquoi c’est une faiblesse ?… Notre deuxième faiblesse c’est le niveau de nos enseignants. D’où l’importance de développer le VSAT. Il faut qu’on se parle franchement. en 2011 j’ai fait faire un concours avec 750 enseignants de l’école primaire. Une dictée de CE2, pas CM1 et CM2. Nous avons mis 20 fautes. Sur les 750 enseignants 75% n’ont pas trouvé les 20 fautes. Et sur ces 75%, 25% ont ajouté des fautes. Alors comment un enseignant qui ne peut pas corriger une dictée de CE2 peut corriger un élève de CM2 au certificat d’études… On est en train de former des gens qui ne sont pas capables de trouver du travail parce qu’ils n’ont pas de niveau. Une banque de la place nous a offert des bourses à un moment donné pour le Master, quand ils m’ont amené le truc corrigé des  candidats honnêtement j’avais honte parce que des gens qui sont supposés avoir un certain niveau n’étaient même pas capables de faire une page sans fautes… Aujourd’hui tout le monde est conscient que le premier problème des jeunes africains c’est l’emploi. C’est bien beau de critiquer les occidents qui nous ont colonisés mais nous, chefs d’état avons aussi des responsabilités. Quand nos enfants meurent dans la Méditerranée on ne peut pas mettre cela sur le dos des blancs. Avons-nous utilisé l’essentiel de notre budget pour les classes les plus démunies, les jeunes et les femmes ? On ne veut pas que les gens nous dictent ce qu’il faut faire. Mais il ne faut pas non plus rejeter nos responsabilités sur les autres. Ayons confiance en l’Afrique et aux Africains. Il ne faut pas penser tout ce qui vient de l’Europe, de l’Amérique ou de la Chine est mieux. Moi je n’ai pas eu besoin d’aller en Chine pour fabriquer des machines pour le fonio et autres (le 07, lors de la clôture de la semaine africaine des sciences couplée avec la journée nationale de la recherche et de l’innovation ».
  • « Dans chaque sous-préfecture nous allons envoyer des décortiqueuses pour transformer le riz paddy en riz net. Nous avons aussi fait venir des boulangeries-conteneurs. Chaque boulangerie peut produire 4.000 pains par jour, ainsi que des machines de production de jus de fruits. A partir du mois de janvier nous dépêcherons des missions dans les sous-préfectures pour rencontrer les jeunes et les femmes… Croyez-moi n’écoutez les démagogues, pendant 50 ans, ils ont fait quoi ? Quand j’ai été élu on n’avait que le Novotel comme hôtel à Conakry. Mais aujourd’hui les hôtels qu’on a on n’en trouve pas ni à Abidjan ni à Dakar. La Guinée ne produisait que 130 MW de courant électrique. Avant 2020 on aura fait 1000 MW c’est-à-dire 10 fois que les autres en 60 ans. Donc ceux qui s’agitent demandez-leur ce qu’ils ont fait en 50 ans » (le 09, lors de sa mamaya électorale dans la ville de Siguiri pour nous expliquer ce qu’il va faire pour transformer cette région en eldorado en 2 ans).
  • « Je ne suis pas satisfait du fonctionnement d’EDG, je l’ai déjà dit à Kankan. Mais je ne vous permets pas de faire la pagaille. Il n’y a pas de courant mais qui a amené le courant qui est à Nzérékoré ? Pourquoi vous criez s’il n’y a pas de courant dans un quartier ? J’ai dit qu’EDG ne marche pas. Est-ce qu’il y avait de l’électricité avant que je n’arrive au pouvoir ? Pendant 50 ans, qu’ont fait les première et deuxième Républiques ? De 1920 du temps des blancs à mon arrivée au pouvoir la Guinée n’avait que 130 MW de courant. En moins de 4 ans j’ai fait Kaléta qui produit 240 Mégawatts. Souapiti va finir l’année prochaine puis Amaria et Koukoutamba. Donc en 10 ans j’aurai fait 1000 mégawatts. J’ai dit à EDG qu’ils ont promis le courant. Nous allons régler tout ça parce qu’on va changer la direction d’EDG » (le 16, lors de sa mamaya électorale de Nzérékoré suite à des protestations et des pancartes tenues par des jeunes pour se plaindre de l’absence d’électricité dans leur ville).
  • « Il n’y a pas de développement sans énergie. C’est l’énergie qui peut nous permettre d’industrialiser notre pays. Je vous donne la certitude que d’ici 5 ans la Guinée sera le pays le plus électrifié de toute l’Afrique. Je vous donne ma parole. Nous allons industrialiser et vendre nos produits finis dans les autres pays et rien n’empêchera cela. Le train du développement de la Guinée a démarré et rien ne pourra l’arrêter. Ceux qui ne monteront pas à bord resteront sur le quai. Le train lui va continuer sa marche pour qu’ensemble nous surmontions tous les obstacles… Nous avons construit une usine d’anacarde à Conakry. Avec les fruits de l’anacardier nous allons produire du jus et de l’alcool. Mais quand je dis alcool on va me dire ‘Oh, Alpha veut amener de l’alcool en Guinée’. Mais mon ami quand vous avez une plaie et que vous partez à l’hôpital c’est de l’alcool qu’on met là-dessus. L’alcool que nous produirons c’est pour les hôpitaux. Je rassure les imams qu’il ne s’agit pas de faire boire de l’alcool aux Guinéens… Les ministres et préfets sont nommés par décret, ils ont peur du président, ils n’osent pas lui dire la vérité. Si je viens moi-même dans les sous-préfectures la population n’a pas peur, les jeunes et les femmes n’ont pas peur, ils peuvent me dire ce qui ne va pas. Si je reste à Conakry je ne peux pas tout savoir. Les Guinéens de l’intérieur du pays diront que le président s’en fout de nous c’est pourquoi je vais sillonner les préfectures de la Basse Guinée, de la Haute Guinée, du Foutah et de la Forêt. Comme ça j’aurai l’occasion de discuter avec la population… La Guinée est victime de son passé. C’est pourquoi quel que soit le progrès qu’on fait on dira ‘Aah, c’est la Guinée encore’. Pourtant beaucoup de pays qu’on présente comme démocratiques en Afrique, si on les compare à la Guinée on sait ce qui se passe là-bas. Nous  nous sommes patients. Nous sommes confiants. Le peuple de Guinée peut être fier de lui parce qu’il ne reçoit ni d’ordre ni d’injonction de personne. Que cela soit clair pour le monde entier » (les 20 et 21, à Labé et Dalaba lors d’une mamaya identique aux précédentes de ce mois).
  • « Depuis 2010 la démocratie fait partie de notre histoire à l’image de notre indépendance. En 2017 nous avons eu une croissance à deux chiffres de 10%, malheureusement avec les différents troubles le taux actuel sera  entre 6 et 7% » (le 31, discours à la nation pour la nouvelle année).
  • Pour : le boss innove ce mois-ci en tendant ses discours à un des courtisans en sommeil dans les poches son boubou pour les lire à sa place. L’idée en fait n’est pas si bête que ca : primo il fait ainsi moins d’improvisations répétitives et ridicules. Secundo il nous montre qu’il y a autour de lui des cancres bien pires que lui en public et donc qu’on est bien mieux barré avec lui. L’exemple le plus marrant était celui de Boffa où il inaugurait un nouveau chantier minier chinois. Il tend le micro à Bouna Keita, un nain opportuniste célèbre chez nous pour ses carences comiques et ridicules en français qu’il insistait pourtant dans le passé à vouloir nous rappeler régulièrement. Mais cette fois-ci il a refusé avec une expression d’effroi bien de chez nous « SubhanAllahii » qui a bien fait rigoler le taquin PPAC. Je me demande qui lui a suggéré cela, surement un ennemi juré du clown Bouna.
  • Contre : il nous revient avec ses promesses hebdomadaires répétitives mais également avec de nouvelles (notamment les boulangeries/containers, les machines pour cultures vivrières et 4 usines à poisson made in Israël). Ensuite le PM Don Kass-Kass prend bien le relais des discours creux de son mentor en ânonnant lui aussi des propos de plus en plus marrants sur la grandeur de son chef et sur la réussite de son Sanseman. Il se répète même plus que son boss à chaque nouveau discours. Le plus comique c’est de le voir au JT-PPAC dire cela avec conviction et bagout devant nos  partenaires blancs en sachant bien que ces gens ont été largement briefés par les services techniques de leurs ambassades sur la réalité d’investir leurs sous ici actuellement. Ces gens défilent à Conakry principalement pour être reçus pour la 1e fois de leur vie par un président de la république (avec photo officielle à l’appui comme preuve une fois de retour chez eux) et ensuite poser leurs billes pour l’avenir, quand le climat des affaires dans ce pays ne sera plus synonyme de rackets journaliers des fonctionnaires, douaniers, policiers, gendarmes.
  1. Les décisions et actions « positives » du mois :
  • Le 06, le ministre chargé de l’enseignement supérieur (encore lui) annonce des mesures « intelligentes » pour réduire les dépenses fictives dans nos universités et instituts supérieurs de recherche et de formation. Cette reconfiguration institutionnelle de son département permettra surtout le regroupement de la majorité des instituts supérieurs aux universités du pays. Ceci va drastiquement réduire les grignotages financiers journaliers des milliers de gestionnaires bidons d’institutions d’enseignement encore plus bidons, faciliter l’amélioration de la gestion à travers moins d’entités à superviser et auditer. De nombreux marabouts doivent maintenant travailler fort pour mettre fin aux jours de cet emmerdeur national.
  • Le 11, le paysage politique est de nouveau chamboulé : un 2e funambule sur la ligne de démarcation virtuelle entre le pouvoir et l’opposition quitte le bateau du PPAC. Mr Sydia Touré, le président du parti UFR imite l’ancien ministre de la citoyenneté Gassama Diaby en démissionnant avec fracas par un Tweet (la Trumpitude progresse partout) de son poste de haut-représentant du président de la république. Les raisons sont claires, nettes et précisés : aucune considération ou impact de tous ses conseils depuis sa nomination juste après les résultats de l’élection présidentielle de 2015. Voici un petit extrait de ses justifications : «…Près de trois ans après ma nomination au poste de haut représentant force est de constater que  je ne suis pas parvenu à infléchir vos orientations qu’il s’agisse de la gestion économique permettant de créer les conditions d’une prospérité au bénéfice de tous nos concitoyens ou de la mise en place d’un dialogue politique à même de créer un climat de paix dans notre pays, condition sine qua non de tout développement… Les manœuvres et les attitudes politiques auxquelles il nous a été donné d’assister lors des élections communales ont rendu malheureusement la situation sociopolitique encore plus préoccupante… ». Il a essayé de l’aider à contrôler la souricière de Satanya mais le méchant chat a dû fuir pour ne pas se faire manger vivant par les rats qui y pullulent. Il a réussi ainsi à s’extraire de la gouvernance bana-bana du Sanseman avant qu’elle ne s’écroule sur lui.
  • Le 15, le PPAC reçoit une nouvelle fessée politique : les 2 plus grandes communes de la capitale (Matoto et Ratoma), celles pour lesquelles principalement il a fait bloquer la finalisation des élections municipales depuis 10 mois et 10 jours tombent finalement dans les bras de son opposant le plus radical. Il a essayé en vain de magouiller sous la table pour s’assurer l’obtention d’au moins une commune mais au finish lui et son RPCé sont mis à la porte de la gestion des 5 communes de Conakry – la gifle suprême en raison du désamour croissant pour leur gestion de plus en plus dictatoriale et corrompue.
  • Le 31, le boss termine l’année par une bonne action : Mme Fatou Badiar Diallo recouvre sa liberté par grâce présidentielle. Elle avait été condamnée à 15 ans de travaux forcés pour sa soi-disant implication dans l’organisation de l’attaque de la résidence privée du président Alpha Condé, en fait un auto-attentat à la chambre à coucher du PPAC le 19 juillet 2011. Cette pauvre ménagère, néanmoins dévoilée lors du procès comme une commerçante intrigante dans les magouilles financières de l’armée et de la présidence a néanmoins passé 7 années en taule principalement selon certaines sources pour avoir refusé d’épouser en seconde noces l’un des chefs de l’armée, ami de son défunt mari. Deux autres prisonniers dans ce procès sont également graciés, Almamy Aguibou Barry et Mamadou Alpha Diallo, des petits taupes/mouchards des services secrets guinéens qui ont en fait payé pour l’ensemble de leurs autres crimes. Il lui reste maintenant le commandant AOB Diallo et l’infirme Jean Guilavogui à libérer pour qu’il puisse soulager ce qui lui reste de conscience dans ce procès-bidon piloté par lui-même – allez, un petit effort de plus papy-promesses, Yandi.
  • Pour : concernant les reformes dans l’enseignement supérieur désormais l’institut supérieur de l’information et de la communication (ISIC) revient à l’université Général Lansana Conté de Sonfonia. L’université de Sonfonia connait également l’arrivée dans son giron de l’institut supérieur des arts et de Guinée (ISAG) de Dubréka et l’Institut de recherche en linguistique appliquée (IRLA). L’institut supérieur d’architecture et d’urbanisme (ISAU) et l’institut supérieur de recherche et de valorisation des plantes médicinales (IRVPM) sont rattachés à l’université Gamal Abdel Nasser de Conakry. Les centres de recherche et de documentation de l’intérieur du pays sont rattachés aux universités de leurs localités respectives. La grande claque confirmée du RPCé aux élections communales de Conakry est un grand signal de ce qui pourrait se passer en 2020 s’il essaie de rempiler pour un 3e Distribuer des sous pour acheter des voix c’est facile pour lui et tous les Guinéens empocheront cela avec plaisir, danseront la mamaya comme des dératés pendant toute la campagne mais ensuite devant l’urne secrète ils lui feront comprendre qu’ils veulent maintenant voir essayer un autre. Et ça c’est y compris la majorité de ses militants RPCistes.
  • Contre : concernant les bonnes intentions dans le domaine de l’enseignement supérieur il reste néanmoins le plus grand problème, celui de l’amélioration de la qualité de ce qui y est enseigné mais cela prendra beaucoup plus de temps et un système général de destruction et de reconstruction de la gestion dans tous les domaines sectoriels du pays. Façon de dire que ce ministre sera démis de ses fonctions avant que l’on arrive à ce point-là. Le pauvre se bat de toutes ses forces et c’est bien mais il doit savoir qu’il est impossible de danser le twist quand tous ceux autour de lui dansent un slow langoureux. C’est soit on finit par se calmer et danser avec eux, soit on s’auto-décrète vers la sortie au prochain remaniement ou au mieux vers la démission avec fracas, la nouvelle mode. Je parie néanmoins plus sur la 1e option, la plus habituelle au bled.
  1. Les décisions et actions « négatives » du mois :
  • Le 04, le passage des membres du gouvernement pour défendre leurs budgets sectoriels devant l’assemblée nationale démarre laborieusement. Le premier à passer est le ministre de la justice. Malgré les affirmations pompeuses et les autocongratulations pour magnifier son œuvre et celle de son timonier suprême la triste réalité des chiffres ne ment jamais. Il se vante d’une augmentation de 60% de son budget 2019 par rapport à celui de 2018. Malgré tout ce tintamarre démagogique il finit par déplorer que sur les 60 milliards GNF budgétisés seuls 20 milliards GNF sont alloués par le gouvernement pour l’organisation du procès du 28 septembre 2009. Avec les USA qui promettent 13 milliards GNF et l’Union Européenne environ 4,5 milliards GNF on peut donc conclure que le PPAC ne fera strictement RIEN à part tendre sa timbale de mendiant pour que ce procès se tienne avant 2020 – ce que j’ai toujours affirmé dans cette chronique.
  • Le 05, c’est le ministre des affaires étrangères qui vient pour y pleurnicher sur ses misères professionnelles. Il dénonce devant ces dépités impuissants et inutiles l’état de délabrement avancé des ambassades guinéennes à l’étranger et les difficiles conditions de vie de nos diplomates au lieu de le faire devant la seule personne qui pourrait y remédier. En attendant on comprend mieux pourquoi nos ambassades sont réputées pour leurs magouilles de visas, les bakchichs obligatoires pour l’obtention de tout document officiel et l’absence de chauffage et de toilettes décents dans nos chancelleries. Triste, tout simplement !
  • Le 05, un grave accident de circulation entre Faranah et Mamou fait 18 morts et une dizaine de blessés graves (donc quasi-morts dans nos hôpitaux). Le lendemain un autre entre Dabola et Mamou fait 06 morts et 09 blessés graves. La population est émue mais le PPAC et son gouvernement s’en foutent : pas de reconnaissance publique de ces drames, pas un mot de compassion à plus forte raison de deuil national. Mais dès qu’un d’entre eux perd quelqu’un c’est un drame national avec symposium au palais du peuple et enterrement royal. Ici il y a Guinéens et guinéens – ce n’est pas pareil. Finalement, après le tollé sur les réseaux sociaux le gouvernement réagit le 07 avec un de ses textes insipides habituels de « condoléances et enquête rigoureuse et diligente » – juste pour rectifier la forme de sa bourde.
  • Le 08, le président du RPCé entreprend une virée triomphale à l’intérieur du pays. 1e étape en Haute Guinée pour démarrer sa campagne pour une prolongation de son mandat. Les promesses les plus loufoques se succèdent comme un tir de mitraillette de milicien sur l’axe de Bambéto. Première étape, la préfecture de Kouroussa où il parait que l’accueil était loin de celui espéré – les originaires du coin qui rodent à Satanya vont se faire chauffer les oreilles pour justifier les milliards de GNF sortis des caisses du vieux Picsou pour mobiliser toute la population, malades et mourants compris.
  • Le 10, deux projets portant sur la réhabilitation de la voirie urbaine de Conakry et la construction de la route nationale Coyah-Mamou-Dabola sont présentés au vote de l’assemblée nationale. Certains députés de l’opposition ont émis des réserves sur la gestion desdits accords et ils se sont abstenus lors du vote. Sur le coup le président du parlement Kory Kondiano pète les plombs et claironne pompeusement que «« S’abstenir, c’est trahir. Vous êtes des traitres »». Devant le tollé dans la salle il a dû présenter de plates excuses avec une justification vraiment comique : « De temps en temps certains mots viennent de ma bouche pour essayer de détendre l’atmosphère. Donc ce n’est pas par méchanceté. Il faut que vous acceptiez parfois l’humour pour détendre l’atmosphère ». C’est avant tout une confirmation du fond de sa pensée de courtisan démagogue.
  • Le 13, les policiers et gendarmes utilisent une nouvelle arme chimique dix fois plus efficace que les précédentes pour disperser une nouvelle marche de l’opposions. Les picotements habituels de gorge et des yeux des gaz lacrymogènes habituels sont remplacés cette fois-ci par des convulsions, vomissements et même syncopes. Et ils en ont balancé même dans la cour de la maison du chef de file de l’opposition où les leaders s’étaient retranchés pour fuir ce nouveau calvaire. C’est grâce à cette bourde que des étuis vides de ce gaz new look ont pu être récupérés sur lesquels on pouvait lire « Condor – GL 302 » avec la mention en gros et gras « Attention : dangereux si utilisé après la date de validité – date d’expiration août 2017 ». C’est notre modèle tropical d’arme de destruction massive.
  • Le 15, suite à la défaite du RPCé dans la dernière commune de Conakry (Matoto) en lice pour l’élection des maires et devant le risque très probable de sanctions du responsable suprême les chefs RPCistes paniqués délèguent un militant zélé qui a foncé vers la table de dépouillement avant la clôture du décompte pour déchirer les bulletins du vote. Du coup c’est une pagaille monstrueuse dans la salle avec insultes dans tous les sens et formes et interventions des policiers pour arrêter tout le processus. Et le ministre de l’intérieur, l’architecte de toute cette mascarade a beau jeu de venir devant les cameras et micros pour annoncer qu’il faut reprendre le vote alors qu’aucune disposition légale ne lui confère cette autorité mais ça c’est un simple détail ici. Il espère ainsi renforcer une dernière fois ses manœuvres souterraines pour dénicher la seule voix nécessaire pour gagner vu que le score final du vote était de 23/22 en faveur de l’opposition pour un total de 45 conseillers communaux qui votaient. Et dire qu’ils ont préparé cette victoire pendant plus de 10 mois pour arriver à ce résultat final – quelle nullité !
  • Le 15, après la fin de la campagne présidentielle en Haute Guinée le boss suprême arrive dans la région de la Guinée Forestière pour poursuivre ses mamayas gigantesques dans les préfectures de Guéckédou, Lola, Beyla et finalement Nzérékoré. Les promesses et les cadeaux-cash ont arrosé les braves militants qui ont tout compris et applaudi à tout casser – tant pis pour les autres.
  • Le 17, au lendemain de son retour de sa tournée en Guinée Forestière il s’envole pour Vienne (Autriche) pour prendre part le lendemain aux travaux du Forum Europe-Afrique qui regroupe des chefs d’états et de gouvernements européens et africains ainsi que des leaders de grandes entreprises mondiales. Au-delà du défi migratoire auquel les deux continents sont actuellement confrontés ce forum se veut un espace de réflexion pour promouvoir des économies africaines de technologie, l’innovation et la numérisation en tant que catalyseurs importants du développement. Bref notre boss y était surtout pour la photo de famille officielle du 1e jour du sommet.
  • Le 20, c’est l’arrivée triomphale à Labé en Moyenne Guinée, dernière étape du mois de la distribution de premières pierres et promesses farfelues. Il visite ensuite les préfectures de Pita et Dalaba pour continuer à chauffer les foules de badauds et d’amnésiques locaux. Pauvres compatriotes du pays profond qui dansent la journée pour leur bourreau mais rentrent ensuite le soir chez eux pour l’insulter et le maudire pour l’absence de tout chez eux. Finalement ils se méritent bien tous ceux-là.
  • Le 21, il descend à peine de son hélicoptère venant de Dalaba pour monter dans un jet privé direction Abuja (Nigeria) pour un sommeil de la CEDEAO qui est prévu pour le lendemain. Incroyable, sans même passer à la maison pour dire bonjour et au revoir à Madame. Attention sa voyagite aigue a pris un gros coup d’accélérateur ce mois-ci. A ce rythme elle va finir par nous le casser et nous en débarrasser très bientôt. A près de 85 ans si on ne freine pas un peu sur l’accelerateur on s’expose gravement à la « courte maladie » endémique ici.
  • Le 29, l’assemblée nationale a adopté le code civil révisé. En dehors de certaines avancées sur les droits des femmes et des enfants il a fallu comme d’hab. y ajouter une gaffe typiquement guinéenne : il réinstaure le régime de la polygamie qui avait été aboli de fait depuis 1960 par le régime pseudo-révolutionnaire et en termes écrits et clairs dans le code révisé de 1984. Désormais l’homme peut se marier à 4 femmes (maximum) s’il le désire, il doit juste mentionner cela lors de la célébration du premier mariage devant l’état-civil. Et tant pis pour la nouvelle épouse qui osera dire non. En réalité cette polygamie interdite restait pratiquée largement dans le pays, notamment (mais pas seulement) par la majorité de nombreux riches et puissants de cette même assemblée. C’est l’argument stupide utilisé par ceux qui ont voté la loi comme si changer la loi était plus simple que de punir ceux qui ne respectaient pas la loi passée. Encore une marche arrière par rapport aux rares reformes positives du siècle passé, et cela en plein XXIe siècle. Nous sommes incorrigibles ! Notre PPAC, en bon communiste occasionnel, avait promis de refuser de signer quand le projet arriverait à son niveau pour la promulgation de la loi avant son adoption finale par le même parlement. Mais bon parole de PPAC on sait maintenant ce que ça vaut.
  • Pour : comme chaque mois, R.A.S…
  • Contre : le ministre des affaires étrangères dénonce pêle-mêle leurs salaires qui sont non seulement très bas mais avec lesquels ils ne bénéficient ni d’assurance maladie, ni d’allocations pour la scolarisation de leurs enfants. Également le bas niveau du budget de fonctionnement des ambassades empêchant la promotion de l’image de marque du pays. Il en est de même pour les retards dans le paiement des charges et salaires des ambassades et consulats généraux. Pour son ministère à Conakry il a aussi énuméré les difficultés auxquelles il est directement confronté chaque jour en particulier l’inadéquation des besoins exprimés et des allocations budgétaires, la lenteur du système et du circuit financier d’où la nécessité de la mise en place d’une procédure plus simple et plus rapide, la faiblesse de capacité des cadres et diplomates. Bien sur il finit par applaudir son chef éclairé qui nous mène avec toutes ces tares tout droit et sans détour vers des succès diplomatiques remarquables, l’émergence et le bonheur pour tous avant 2020. Pour la virée en Haute Guinée, après Kouroussa les autres villes défilent : Siguiri où la mamaya est plus impressionnante. Le lendemain c’est une visite TGV à Mandiana avant d’arriver au cœur de ses problèmes, la ville de Kankan. Les poses de 1e pierre se font pratiquement tous les kilomètres parce que des ponts, des routes nationales et des buildings sortiront de terre avant la prochaine élection présidentielle. Bienheureux les niais qui croient encore à ça, mais croyez-moi ils sont de moins en moins nombreux dans ce pays. Pour notre nouveau gaz lacrymogène pourri, ainsi au lieu de se faire chopper pour l’utilisation d’armes non conventionnelles contre des manifestants pacifiques le gouvernement préfère maintenant des gaz périmés avec tous leurs effets secondaires dangereux, ce qui explique les réactions sur les marcheurs et tous ceux qui vivent dans les quartiers de passage des marcheurs, y compris des enfants innocents qui jouent chez eux. Bravo au niveau ministre de la sécurité, le tortionnaire junior Otis Keira et son boss direct, Don Kass-Kass qui répète à chaque interview qu’entre l’ordre et la loi il préfère et donc choisit sans aucune hésitation le premier.

Tic-tac, Tic-tac, la montre tourne ; aujourd’hui est le 2931e jour de l’ancien « Guinea is back » et du nouveau « changement radical » – déjà 08 ans et 10 jours ! Aladji-Professeur-Président voici ma suggestion SMART (Spécifique, Mesurable, Atteignable, Réalisable et Temporellement définie) du mois pour améliorer un peu votre Sanseman : grand boss, permettez-moi de vous parler ce mois-ci du blocus et de l’omerta crées autour de vous pour vous empêcher (encore plus) de voir et comprendre ce qui se passe hors de votre tour d’ivoire. Toute info que vous recevez qui passe par leurs filtres démagogiques et révisionnistes est fausse et dangereuse à 99%, Walahi ! Vous savez cher tonton j’ai lu récemment un commentaire d’un compatriote ressortant la rengaine facile habituelle des Guin-Int pour espérer fermer la bouche de tout Guin-Ex critique avec pour seul argument qu’il ne vit pas au pays : « Il est très facile de rester calé dans son salon en Occident et jouer au donneur de leçon ». Pardon ne tombez pas vous aussi dans ce piège primaire, laissez cet argument aux cancres de l’entourage de tous les politiciens du pays qui sont toujours prompts a répondre aussi à tout Guinéen qui vit hors du pays  « Quitte là-bas, vous êtes dans le beurre en Occident donc vous ne savez pas ce qui se passe ici ». Argument qu’ils pensent massue pour rejeter toute critique même constructive. Vous savez, je vis presque la moitié de l’année à Conakry maintenant. Permettez-moi de vous dire que je sais bien mieux que la majorité des gens d’ici ce qui se passe dans cette ville quand je suis dans mon salon à l’étranger qu’en me promenant dans tous les milieux de Cona-cris où c’est surtout des bobards, fanfaronnades, contes et légendes. D’ailleurs actuellement pour savoir s’il y a manif et pneus brûlés donc impossibilité de sortir de chez soi c’est sur le net qu’on peut le savoir chaque matin. Idem aussi pour les bouchons urbains pour les contourner. Tout se passe en coulisse ici et si vous voulez savoir vraiment ce qui s’est passé dans la journée à Conakry : 1) scrutez bien la majorité des sites guinéens. 2) faites la part des choses entre les fake news (80%) et les faits réels/possibles en croisant les infos entre sites partisans, démago et sérieux. 3) si c’est important confirmez par des sources « fiables » parmi vos proches pour avoir une petite idée de la vérité. 4) Considérez comme mensonges et propagandes la majorité de ce que vous entendrez de la bouche des politiciens, haut-fonctionnaires, syndicalistes, pontes de la société civile et certains parents/amis : ils n’en savent pas beaucoup plus que vous mais cherchent principalement à vous convaincre de leur importance dans la vie de la nation, pour se faire mousser avec conviction comme s’ils y étaient à ces moments précis pour faire croire surtout qu’ils sont dans le inner-circle des boss du pouvoir.

Boss, concernant le « ça m’étonne » que votre haut-rep. vous a joué ce mois-ci vous devriez vraiment vous casser les méninges pour mieux décortiquer cette affaire-là et ses conséquences pour vous deux. Je pense surtout que pour éviter d’être en partie comptable de votre bilan décennal catastrophique il a fait le choix judicieux et sage de sauter de votre navire en perdition 2 ans avant l’apothéose finale et d’explorer de nouveau l’environnement local sans bien savoir pour le moment comment il va pouvoir améliorer son score aux prochaines législatives prévues en 2019 (mais déjà impossibles à tenir vu le calendrier minimum indispensable pour les organiser) et surtout pour être notre prochain président en décembre 2020. Il joue ainsi une nouvelle fois la carte de la 3e voie, celle du candidat anti-ethnique, celui du « Ni RPG / Ni UFDG ». La triste réalité politique est qu’il est originaire d’une minorité ethnique et que dans le contexte politique pourri actuel un président de la république ne pourra gagner que s’il est choisi dans les camps RPG ou UFDG vu que les candidatures indépendantes ne sont pas autorisées. Pour qu’il le devienne il faudrait donc qu’il soit adoubé pour cette élection soit par l’un soit par l’autre et cela est hélas une épreuve presque surhumaine. L’expérience de la présidentielle de 2015 a bien indiqué que cela a était impossible avec l’UFDG en raison surtout de ses militants à courte vue,  fanatisés et aveuglés par le trône devant eux. Il a voulu donc essayer avec vous, je pense qu’il a cru qu’en se rapprochant jusqu’à vous coller « ton pied – mon pied » vous pourriez à deux couillonner votre parti par ailleurs dirigé justement par une majorité de couillons courtisans mais il a fini par comprendre que cela ne marcherait jamais avec vous non plus. Il a donc préféré récupérer ses ailes pour pouvoir redécoller vers 2020. A ce titre je regrette sincèrement que cette bipolarisation monopolistique du jeu politique chez nous risque de réduire pendant encore très longtemps les chances de voir venir une véritable alternative différente capable de mettre en place une équipe de vrais technocrates pour sauver notre pays. Il ne reste qu’une seule solution de déblocage à mon avis : un Rawlings ou un Abeii Ahmed à la sauce Guinéenne mais ça je n’en vois pas encore à l’horizon. Quant aux politiciens de la diaspora qui en auraient le courage et l’envie réelle leur seule chance possible sera de venir plonger pendant quelques années dans le marigot politique local – comme Sydia et Faya et plusieurs autres l’ont fait – pour se faire un nom avant d’espérer la moindre chance d’obtenir 1% des votes lors de toute élection nationale. Voila à quoi nous sommes réduits aujourd’hui. En tout cas je finis en vous souhaitant « Bon Anné – bon Santé ». On est ensemble et je ne vous lâcherais pas surtout avec mes petits conseils mensuels jusqu’à votre départ, inch Allah – promis-juré !

Publié dans 2018 | Laisser un commentaire