Une Nouvelle Voie (Avril 2018) : « après ville morte c’est pays-mort ?

Bienvenue à mon bilan du 28e mois de la Condécratie version 2.0. Je continue mon exploration mensuelle des méandres des décisions importantes pour la Nation prises par nos nouveaux chefs en proposant des pistes de réflexions et d’actions qui pourraient être envisagées pour que le « vrai changement » soit effectif.

  1. Echantillon de paroles et pensées présidentielles du mois:
  • « L’usine d’alimentation de bétails est fondamentale parce que la Guinée est un pays d’élevage mais on n’en bénéficie pas parce que nos vaches sont maigres. Grâce au Maroc nous allons faire l’insémination à partir du mois de juin. Le vau qui va naitre pèsera 500 kilos au lieu 150. Ensuite la vache qui donne trois litres de lait donnera désormais dix à douze litres de lait. C’est pour cela on a besoin aussi de l’alimentation des bétails…  Nous allons faire aussi la journée de l’élevage à Labé pour encourager les éleveurs à faire des enclos pour que les bœufs ne sortent plus aller détruire les champs. Ce qui va mettre fin aussi à la grande bagarre que nous connaissons entre les éleveurs et les agriculteurs, ce qui va mettre fin au vol de bétail… On va vendre aux femmes un poussin à 1000 francs, au bout de 35 jours il va avoir un poulet de 2 kilos qui coûtera 20.000 Francs. Nous allons également faire des fermes à Boké où on aura 400 vaches au moins pour que le gouvernement même fasse l’insémination afin d’encourager les paysans… Nous produisons beaucoup de pommes de terre mais les Guinéens ne veulent pas en manger c’est pourquoi on en vendait au Sénégal. Nous avons commandé 4 machines qui seront là au mois de mai et qui transforment les pommes de terre en frites congelées et emballées. On aura une à Timbi Madina, une à Soumbalako dans Mamou, une à Conakry et une autre à Siguiri qui fait de grosses pommes de terre» (le 10, lors d’une visite aux PMI locales de ciment et de pain).
  • « Nous allons montrer aux femmes qu’elles ont eu raison de nous faire confiance. Je vous assure d’ici deux ans nous allons sortir un million de femmes de la pauvreté. Tous ceux qui pensent qu’ils vont retarder la Guinée en envoyant les enfants dans les rues, en jetant des pierres pour décourager les investisseurs, ils se trompent. Les investisseurs viennent parce que la Guinée inspire confiance. Mon objectif est de faire en sorte qu’aucun produit cultivé en Guinée ne pourrisse plus (mangues, oranges, pommes de terre…)… J’ai commandé des machines de conditionnement et d’emballages en Chine, ces machines seront là d’ici le mois de mai. Dans les deux ans à venir notre objectif c’est de sortir 1 million de femmes de la pauvreté et de la misère. Cela est possible… Nous les hommes nous sommes ancrés dans notre ambition personnelle qui fait que nous manipulons les gens. Alors que les femmes et les jeunes ce qui les intéresse c’est comment agir pour faire avancer le pays. Je suis certain avec l’engagement des femmes et des jeunes Guinéens la Guinée finira par ne plus savoir qui est peuhl, qui est malinké, soussous. Ils seront Guinéens et c’est ce qui assure l’avenir de la Guinée. Notre génération est maintenant dépassée, nous sommes ancrés dans l’histoire d’ethnocentrisme… Je demande aux femmes de ne plus accepter que les hommes disent que toutes les terres leur appartiennent. Dès que vous retournez dites-leur que vous voulez cultiver. Ne laissez plus les hommes vous dire que vous n’avez pas la force requise pour faire ce type d’activités. Comment peut-on le dire en pular ?… Si on veut s’en sortir il faut qu’on travaille, pas en allant de bureau en bureau pour quémander. Les Guinéens ont été habitués à mendier. Les ministres volent et donnent l’argent. Les directeurs généraux volent, ils donnent. Vous êtes habitués à cela, ça  ne peut pas faire avancer un pays. Pour que le pays avance il faut que chacun accepte de travailler. Les jeunes de Boulbinet, Dixinn, Matam doivent accepter qu’on leur donne des pirogues pour qu’ils aillent pêcher et vivre d’eux-mêmes au lieu de quémander… Quand on est en train d’accompagner les cordonniers de Dalaba qui fabriquent de meilleures paires de chaussures il ne faut pas que les ministres disent qu’il leur faut des chaussures italiennes. Il faut que le gouvernement à commencer par le président, tout le monde porte des chaussures fabriquées à Dalaba. Les gens aiment imiter le président. Depuis que je fais des cols de chemise comme ça tout le monde m’imite (rire ridicule). Donc quand je vais commencer à porter des chaussures fabriquées par les cordonniers de Dalaba la semaine d’après tout le monde va m’imiter. Il faut qu’on accepte d’accompagner nos artisans… Je vous annonce la construction d’une usine de sucre, Eximbank est prête à financer donc on n’importera plus de sucre. Maintenant nous ne voulons plus importer du sucre et de l’huile. D’ici 2019 nous allons tout produire et consommer sur place. Nous n’allons plus gaspiller nos devises pour acheter à l’étranger » (le 10, lors d’une grande mamaya messianique dans un palace de Conakry).
  • « D’abord j’ai constaté qu’il y a des travailleurs qui travaillent sans gants, là le sous-traitant n’est pas sérieux. Certains ont des gants et d’autres n’en ont pas. Or ils travaillent sur des pointes. Donc nous allons voir tout ça parce qu’avec l’Inspection du travail nous allons voir la situation de tous les travailleurs. D’abord qu’ils soient bien protégés. Vous ne pouvez pas travailler sur des pointes sans avoir des gants parce que ça peut vous piquer (le 17, lors de la visite d’une petite unité de fabrication de clous et pointes en périphérie de Conakry).
  • « J’ai lu dans le livre du président Xi Jinping qu’il faut aider l’oisillon le plus faible à être le premier à prendre son envol. La Guinée à cause de son retard est le pays le plus faible de l’Afrique de l’Ouest. Nous espérons qu’en nous inspirant du président Xi Jinping dans son livre ‘Vaincre la pauvreté’ la Chine fera en sorte que la Guinée qui est l’oisillon le plus faible va prendre son envol. Il a dit qu’on doit aller vite et ne pas marcher comme des femmes qui ont les pieds attachés. Donc si nous voulons aller vite il faut que nous prenions exemple sur ce qu’il a dit… Il est temps que le peuple de Guinée connaisse la réalité sur son enseignement. Quand je dis l’enseignement guinéen est malade cela est une réalité. Alors le peuple de Guinée va connaître qui est qui. Les gens qui nous fatiguent et crient qui ne sont même pas capables de parler le français eux-mêmes. Comment voulez-vous qu’ils enseignent nos enfants quand ils ne sont capables de faire une dictée de CE2… C’est pourquoi nous allons faire les états généraux de l’enseignement. Et tous ceux qui ont l’accès à l’enseignement par méthode frauduleuse, copinage et qui n’ont pas de niveau nous allons faire des tests pour qu’enfin nos enfants aient des enseignants capables de leur permettre d’avoir accès à la connaissance. Il y a beaucoup de gens qui se disent enseignants et qui sont assis et touchent des soldes d’enseignants. Il faut que le peuple de Guinée sache que son éducation est malade. Monsieur le premier ministre Souaré, vous qui faites la promotion des enseignements ayez le courage de dire au peuple de Guinée que son école est malade… Heureusement les nouvelles technologies de l’information avec e-écoles vont nous permettre de passer cette étape momentanément car avec la nouvelle technologie et l’e-école nos jeunes pourront suivre des cours qui sont donnés à Paris, à Ankara, à Pékin, à Washington etc.… Donc cela leur permettra de dépasser momentanément les carences des enseignants incapables, qui n’ont pas le niveau, qui ne font que la pagaille… Vive l’e-école, vive l’e-école qui va permettre à la jeunesse guinéenne d’avoir accès à la connaissance. La première fois que j’ai dit à Nzérékoré qu’un enfant peut suivre les cours en même temps qu’un enfant à Paris on m’a dit « Ah président c’est faux ! ».  Je dis bon quand le Barcelone joue contre le Réal de Madrid à Barcelone est-ce que vous suivez le match en même temps que les gens qui sont à Barcelone ?  Donc vous voyez le peuple peut comprendre rapidement à condition qu’on lui parle le langage du peuple. Intellectuels Guinéens faites votre mea-culpa, soyez moins prétentieux, moins sûrs de vous, moins méprisants. Vous sortez de ce peuple, sans ce peuple vous n’auriez pas eu ces diplômes. Alors retournez en vous mettant à leurs écoles, en leur permettant de maîtriser le savoir particulièrement dans la langue nationale » (le 22, lors de la clôture de l’année « Conakry capitale mondiale du livre »).
  • « La première des choses c’est la rénovation des anciens bâtiments. Vous avez vu l’ancien bâtiment, il était très vieux. Il y avait des rats, des souris, etc. On a pu rénover cet ancien bâtiment mais le plus important c’est qu’il fallait mettre les câbles, les installations pour pouvoir mettre VSAT dans ce bâtiment. VSAT veut dire que les malades peuvent suivre la télévision nationale et même internationale. Ensuite, surtout désormais les étudiants n’ont plus besoin de venir à l’hôpital à côté du chirurgien. Ils peuvent être en classe et suivre comment le médecin opère. Ensuite si le chirurgien est bloqué par exemple il ne sait pas comment faire alors il peut appeler un collègue qui se trouve à Paris ou ailleurs qui va lui dire comment faire. Donc celui-là va le guider. Donc c’est pourquoi on a installé le VSAT » (le 25, lors de la visite du chantier de rénovation du CHU Donka).
  •  Pour : merci papy-promesses – grâce à vous on dort plein de rêves de bonheur avant la fin de l’année tous les soirs après le JT-PPAC. Ensuite au réveil on se faufile de bonne heure hors de la maison pour ne pas avoir à laisser le prix de la popote journalière à madame et on va s’assoir au bureau pour vous insulter avec nos collègues jusqu’au départ pour la maison vers 15h00 en espérant que la maman a pu se débrouiller pour mettre un bol de riz de coté pour nous.
  • Contre : franchement il s’est vraiment payé la tête des enseignants du pays sans même avoir la décence de donner les causes profondes de cette situation, cette mafia au pouvoir depuis 60 ans qui a littéralement massacré chez nous l’éducation en général et le français en particulier. Un vrai chef, après un tel constat analyse immédiatement toutes les causes du mal et annonce des mesures radicales qui seront prises pour y remédier avec un deadline certes « politique » mais réaliste pour encourager, pas se moquer et décourager nos enseignants qui ne sont pas des « nuls » parce qu’ils l’ont désiré mais par la faute du pouvoir guinéen, lui y compris. Il est président de la république depuis décembre 2010 mais c’est en avril 2018 qu’il fait cette remarque – en fait toute cette haine c’est pour se venger publiquement de l’affront que leur syndicat lui avait fait subir le mois précédent – quelle petite personne mesquine, vraiment ! Entre Trump et notre PPAC je me demande souvent qui les historiens retiendront après nous comme le président le plus nul du XXIe siècle Le plus grave est que le prototype de ces enseignants-cancres et malhonnêtes qu’il décrit si bien est notre ministre-militant zélé de l’éducation nationale « K divisé par 2 » choisi par le PPAC lui-même, celui qui a expliqué sans honte à l’Assemblée nationale son incapacité à lire correctement les chiffres de son budget annuel par un retentissant « il faut excuser, je suis pas trop frotté aux montants ». Finalement celui dont le boss s’est le plus foutu de la gueule ce jour-là par ses propos maladroits c’est lui-même et ses gouvernements depuis 2011, Walahi…
  1. Les décisions et actions « positives » du mois :
  • Le 02, le PPAC invite le chef de file de son opposition à venir bavarder de tout et de rien dans son palais. Leur dernier tête-à-tête remonte à septembre 2016 et avait abouti à une photo officielle pour le JT de la TV-PPAC. Les conclusions de la rencontre, notamment la relance d’un comité de suivi de leur accord politique d’octobre 2016 qui a été incapable depuis de faire un seul pas en avant est franchement une insulte à l’intelligence de tous les Guinéens et en particulier aux familles de tous ceux qui sont morts finalement pour rien.
  • Le 13, nous apprenons par un communiqué de la FIDH que le ministre de la justice leur a annoncé la création du comité de pilotage pour l’organisation du procès du massacre du 28 septembre 2009. Ce ministre n’a même pas eu la délicatesse et le bon sens de nous en réserver la primeur ce qui indique bien qu’il leur a fait cette promesse malgré lui, probablement sur imposition discrète de la CPI et des Big Brothers. Cette structure était attendue par toutes les parties prenantes en particulier les survivants, les familles des décédés et les ONG de défense des DDH depuis la clôture de l’instruction judiciaire en novembre 2017. Enfin un nouveau signe annonciateur de l’ouverture probable du procès en 2018 comme ce ministre et ses prédécesseurs s’y sont engagés depuis 2010.
  • Pour: le Comité de pilotage du futur procès est composé de 13 membres dont des représentants d’institutions nationales et internationales, notamment le Haut Commissariat des Nations-unies aux droits de l’Homme.  En revanche on n’y compte qu’un seul représentant de la société civile et la FIDH demande au ministère de la justice de veiller à ce qu’il soit issu d’une association de victimes afin de garantir la prise en compte de leurs préoccupations. Ce comité est chargé de l’organisation, de la sécurisation et du financement (il est spécifiquement souligné les perdiems !) du procès et l’arrêté prévoit qu’il se réunira une fois par semaine dès son installation. Maintenant c’est du wait and see sans trop d’illusions sur la date de démarrage effectif, juste pour ne pas réveiller nos ulcères chroniques de stress et de misère morale.
  • Contre : pour la retrouvaille des bosses du 02 les sentiments sont presque unanimes après cette nouvelle rencontre : tous les Guinéens savent que l’opposant s’est encore fait rouler dans la farine et que le boss ne respectera rien comme d’hab. Il aura juste obtenu un petit répit des manifestations dans Conakry pour offrir un petit repos réparateur à ses miliciens épuisés par les bastonnades journalières des enfants de l’Axe.
  1. Les décisions et actions « négatives » du mois :
  • Le 05, démarrent les travaux de la session des lois, normalement la dernière de la troisième législature depuis l’arrivée au pourvoir du PPAC. Dans son discours d’ouverture le président de l’Assemblée nationale lance une bombe « A ce jour nous avons reçu 30 textes dont 6 seulement remplissent toutes les conditions de recevabilité ». Et pourtant le gouvernement a eu 12 mois pour préparer ces documents depuis la session précédente. Par ailleurs depuis le dernier conseil des ministres nous apprenons que le boss a ordonné en off que tous les ministres soient sevrés de dépenses sur leurs budget de fonctionnement et qu’ils cessent de prendre tout nouvel arrêté ministériel. Certains accusent les 40% supplémentaires de hausse de salaire des enseignants et la dernière fessée du FMI en raison des dépenses grotesques et injustifiées dans tous les secteurs de notre administration.
  • Le 06, la justice guinéenne nous donne un nouvel aperçu de son fonctionnement journalier : Mr Mohamed Bangoura est condamné à trois mois d’emprisonnement pour vol en flagrant délit. Le problème est que ce jeune homme désœuvré venait de passer plus de trois ans à la prison civile de Conakry. Et pourtant le ministre de l justice nous chante à chaque interview que notre pays est tout à fait capable de juger les coupables d’un massacre de la taille de celui du 28 septembre. Et son auditoire de moutons amnésiques applaudit à chaque fois après ses promesses.
  • Le 09, la justice guinéenne a condamné un militant du principal parti d’opposition (Ibrahima Sory Camara) à 18 mois, de prison ferme et à deux millions de francs guinéens d’amende. Ce militant a été reconnu « coupable d’injure, d’outrage et de diffamation à l’endroit du chef de l’État ». Ce personnage haut en couleur est certes violent dans ses prises de positions sur les medias publiques Il était accusé (à juste titre) d’avoir posté une vidéo sur Facebook où il dénonçait une réunion secrète qui aurait été tenue au palais présidentiel présidée par le boss lui-même pour incendier les principaux marchés de la capitale dont le plus grand, celui de Madina. Or le lendemain un incendie s’est propagé dans ce même marché. Il s’en sort quand même bien par rapport au sort que lui aurait réservé par la révolution de Satan Touré dans les années 60-70. Ce qui est vraiment choquant dans cette histoire c’est qu’il y a des mecs autant sinon pires, les « communicants » extrémistes du RPCé qui s’adonnent tous les jours aux mêmes pratiques sur le net. Au moins ce procès a beaucoup baissé la propagande extrémiste dangereuse socialement dans les 2 camps mais si la même chose n’est pas faite pour l’autre camp ce sera ni plus ni moins un nouveau procès politique contre le principal parti d’opposition pour espérer intimider et fermer la bouche à ses militants enragés à juste titre par l’anti-gouvernance actuelle.
  • Le 10, soit 5 jours après son ouverture officielle, la séance plénière de l’Assemblée nationale prévue à 10 heures a été suspendue par son président pour manque de quorum requis pour tenir la réunion conformément à son règlement intérieur. Sur les 113 inscrits seuls 40 ont répondu présents. Il y avait donc 61 absents et 12 excusés. Mais ne vous inquiétez pas pour nos chers Honorés tous « en missions à l’étranger » pour dépenser nos sous, Mais de soucis pour eux, leurs jetons de présence et salaires étaient gardés bien au chaud en attendant leur retour. Pauvre pays qui espère sortir de sa poisse avec une telle institution chargée de voter ses lois.
  • Le 14, nous apprenons qu’une mission dite de pré-évaluation du FMI à Conakry a attribué la note D (c’est à dire complètement à défaut) à la Guinée au titre de sa note souveraine. Cette note est attribuée sur la base des réponses qui ont été données à un questionnaire du FMI. La mission reprocherait au gouvernement le non respect des procédures de paiement des fournisseurs de service et la non conformité aux critères établis avec le FMI ce qui pourrait avoir des conséquences graves sur l’avenir des financements extérieurs du pays. Il faut préciser que  plus la note de l’émetteur est faible plus ses conditions d’accès aux marchés sont difficiles car les taux d’intérêt qu’il doit accepter pour se financer sont importants, les investisseurs exigeant une prime de risque plus élevée. On peut dire bye-bye aux 20 milliards USD obtenus à Paris en fin d’année dernière car ce rapport doit déjà être sur la table de tous les investisseurs qui espéraient avec beaucoup d’hésitations tenter leur chance chez nous. Bref, le PPAC vient de prendre une nouvelle fois une bonne baffe et les résultats promis d’ici 2020 viennent de s’éloigner beaucoup plus encore.
  • Le 24, ça recommence à puer grave pour la crédibilité du boss, le « grand pourfendeur des magouilles et précurseur de la lutte mondiale contre la corruption dans le secteur minier » selon ses multiples discours locaux et à l’étranger sur le sujet. Après avoir pris pour exemple principal de sa croisade le milliardaire israélien Beny Steinmetz nous découvrons à la Une de la presse française le Bollorégate, un remake exact du dossier BSGR, version PPAC. Selon les informations du site journal français « lemonde.fr » de la veille: « le milliardaire français Vincent Bolloré a été placé en garde à vue dans le cadre d’une information judiciaire ouverte notamment pour « corruption d’agents publics étrangers » et portant sur les conditions d’obtention en 2010 de deux des seize terminaux à conteneurs opérés par le groupe Bolloré sur le continent africain, l’un à Lomé au Togo, l’autre à Conakry en Guinée. Les magistrats soupçonnent les dirigeants du groupe d’avoir utilisé leur filiale de communication Havas pour faciliter l’arrivée au pouvoir de dirigeants africains en assurant des missions de conseil et de communication sous-facturées. Et ce dans un seul objectif : obtenir les concessions portuaires des lucratifs terminaux à conteneurs. Plusieurs autres cadres du groupe étaient eux aussi en garde à vue ce mardi : le directeur général du groupe Bolloré, Gilles Alix et Jean-Philippe Dorent, responsable du pôle international de l’agence de communication Havas. M. Dorent s’est ainsi occupé d’une partie de la campagne présidentielle guinéenne en 2010 pour le compte du candidat Alpha Condé rentré de son long exil parisien au cours duquel il s’était lié d’amitié avec Vincent Bolloré. Selon nos informations la police a saisi de nombreux documents à l’occasion de perquisitions réalisées en avril 2016 au siège du groupe Bolloré à Puteaux (Hauts-de-Seine). Ceux-ci laissent apparaître les pratiques du groupe Bolloré au Togo et en Guinée et corroborent l’hypothèse d’une sous-facturation des prestations d’Havas au bénéfice des dirigeants de ces deux pays ». Cette garde la vue a ensuite été prolongée le lendemain et il est finalement mis en examen sans contrôle judiciaire pour « corruption d’agent étranger, complicité d’abus de confiance et  faux et usage de faux dans l’obtention de concessions portuaires en Guinée et au Togo ». Dans un premier temps cela ne changera rien pour le PPAC lui-même car il dispose d’une immunité présidentielle jusqu’en fin 2020 mais après il redevient simple citoyen Français – comme Sarkozy. Et oui, finis les plans de retraite de rêve chez lui à Paris avec ses soirées de bistrots en bande à la Place d’Italie et peut-être même de moins en moins de missions mensuelles à Paris sans garantie de protection signé de Macron – on n’est jamais trop prudent avec ces juges européens impolis qui pourraient lui faire une « Pinochet ». Quant à Bolloré il s’en fout en fait beaucoup car à près de 70 piges un procès éventuel prendra au minimum 08-10 ans avant un verdict final et il sera très difficile de prouver la corruption juridiquement sans preuves écrites – alors d’ici là. Celui qui doit bien rigoler et boire du champagne aujourd’hui c’est bien Beny Steinmetz. Il est facile de crier partout que les précédents businessmen en Guinée étaient tous des corrupteurs-voleurs (ce qui n’est pas totalement faux) mais ensuite il faut avoir l’intelligence de ne pas faire exactement la même chose. Les Rio Tinto, BSGR, SMD, Russal, GAC et tous les nouveaux juniors miniers depuis 7 ans sont tous pareils, ils sont installés et protégés grâce à des corrupteurs professionnels qui passent par l’arrosage des babines de groupes organisés de corrompus au sein du pouvoir pour se faire des milliards – pas un qui soit meilleur que l’autre, de Satan Touré au PPAC en passant par ces militaires ignares et corrompus qui ont dirigé la Guinée de 2008 à 2010. Le PPAC aurait donc mieux fait de la fermer en 2011 car aujourd’hui le plus ridicule c’est bien lui, le justicier arroseur-arrosé.
  • Le 25, nous apprenons par le site Africaguinee.com que l’état guinéen vient d’être condamné par la Cour de justice de la CEDEAO. Il est reconnu coupable dans une affaire concernant la torture et la mort en 2011 d’un réfugié libérien (Jallah Morris) alors qu’il était sous la garde de la police guinéenne. Les plaignants reprochent aussi à l’état de n’avoir pas enquêté, poursuivi et puni les auteurs desdites violations.  Elle a condamné l’état à payer à la famille de la victime une indemnité de 45.000.000 FCFA (quarante-cinq millions de francs CFA, soit environ 84.000 USD) et à poursuivre en justice les responsables de son décès. L’affaire a été déposée devant la Cour de la CEDEAO en septembre 2016 par l’Institut des Droits de l’Homme et du Développement en Afrique (IHRDA) et son partenaire guinéen, l’ONG Mêmes Droits pour Tous (MDT) pour le compte de Bintou Cissé, représentant la famille de la victime. Les autorités guinéennes ont aussi admis la possibilité d’homicide mais n’ont pas ordonné une autopsie sur la dépouille de la victime. Elles n’ont pas pris de mesures adéquates pour enquêter sur l’incident et poursuivre les agents impliqués. C’est dommage et pitoyable que tous les avocats des victimes civiles de l’état, qu’elles soient de l’opposition ou de simples « petit Mamadou », ne trouvent pas également le courage de porter plainte en dehors du système judiciaire local pourri alors que des options sous-régionales compétentes existent et obtiennent de plus en plus souvent des résultats concrets C’est tout simplement une énigme que je n’arrive toujours pas à élucider.
  • Le 25, l’ONG internationale Reporteurs Sans Frontières (RSF) présente l’édition 2018 du classement mondial sur la liberté de la presse dans le monde. L’ONG relève que « de plus en plus de chefs d’état démocratiquement élus voient la presse non plus comme un fondement de la démocratie mais comme un adversaire». Une légère progression dans le classement est observée par rapport à 2017 principalement en Afrique sub-saharienne (le Ghana, la Namibie, l’Afrique du Sud et le Cap-Vert devancent dans le classement l’Espagne, la France et le Royaume Uni)  mais  la Guinée recule de 3 places, passant du 101ème au 104e rang sur un total de 180 pays. Cette chute se justifie par les menaces sur la presse par les autorités guinéennes avec des journalistes de la presse privée qui ont été inquiétés et l’un d’entre eux est même poursuivi en justice pour diffusion de « secrets de défense nationale » comiques au cours de son émission journalière « les Grandes Gueules ».
  • Le 26, la police et la justice américaine mettent à nu les bassesses d’un des derniers dinosaures du PDG-ST. CNN annonce avec fracas dans ses émissions en prime time et sur son site que Mohamed Touré, le fils du président Sékou Touré et son épouse ont été inculpés de travaux forcés après qu’une jeune femme qu’ils avaient asservie depuis plus de 16 ans ait réussi à échapper de leur domicile à Southlake au Texas grâce à l’aide de leurs voisins. La mug-shot de détention au commissariat de police de ce révisionniste insolent et inconscient inonde la presse à mon plus grand plaisir. Dommage qu’elle ne soit pas en noir et blanc et qu’il ne tienne pas une ardoise avec son nom écrit maladroitement à la craie. Selon le communiqué du ministère américain de la justice « Ils auraient amené la victime de la Guinée au Texas en 2000 alors qu’elle n’avait que 5 an. Ils auraient alors forcé la jeune fille à faire le ménage et à prendre soin de leurs enfants, la soumettant à des abus physiques et émotionnels. Bien que la victime ait été proche de l’âge des enfants les accusés lui ont refusé l’accès à l’école et les autres opportunités offertes à leurs enfants. Dans le cadre de leur plan coercitif visant à contraindre le travail de la victime les accusés ont pris ses documents et l’ont fait rester illégalement aux USA après l’expiration de son visa. Ils l’ont davantage isolée de sa famille et des autres et l’ont abusée physiquement et émotionnellement. Elle a été forcée de dormir par terre pendant des années et n’a été emmenée chez un professionnel de la santé qu’une fois. La plainte allègue également des incidents troublants d’abus physique commis par Cros-Touré qui aurait battu la victime parfois avec une ceinture ou un cordon électrique. Dans un incident la victime a allégué qu’une boucle d’oreille avait été arrachée de son oreille par Cros-Touré avec une telle force qu’elle lui a déchirée le lobe de l’oreille, laissant une cicatrice visible. La victime aurait également fréquemment été cinglée ou expulsée de la maison sans argent, sans papiers ni possibilité de communiquer en anglais. Une fois la victime a été découverte dans un parc par un policier et est retournée dans la famille Touré en fuite. Finalement en août 2016 la victime a échappé aux accusés avec l’aide de plusieurs anciens voisins. L’affaire a fait l’objet d’une enquête par le service de sécurité diplomatique du Département d’état (américain) qui est souvent impliqué dans des affaires pénales ayant une dimension internationale ». Vraiment les temps sont de plus en plus durs pour les « Haut d’en haut » qui pillent impunément dans notre pays (et dans les autres pays en faillite) pour aller planquer cela pour leurs vacances et pour leurs enfants en Occident. Il y a depuis quelques années un effort concerté et coordonné des services de lutte contre la corruption et le blanchiment d’argent dans l’UE et aux USA contre les hommes de pouvoir pourris des pays sous-développés. Une autre révélation dans la plainte est que Satan Jr. qui n’a aucune activité professionnelle connue aurait un revenu annuel de 200.000 dollars venant de « l’étranger» d’où de probables poursuites du fisc américain en vue. Il pensait que l’impunité honteuse mise en place par son paternel lui serait accordée partout dans le monde. Imaginez une succursale du camp Boiro dans une communauté friquée du Texas ! Vous penserez peut-être en quoi cela concerne la gouvernance du PPAC ? Je vous dirais qu’il nous avait promis en décembre 2010 qu’il reprendrait la Guinée là où Satan Touré l’avait laissée en 1984. Et bien en voila un bon exemple de ce que cela voulait dire et il serait judicieux que la police de son véritable pays la France vienne vérifier si cet esclavage de mineurs ne se pratique pas également dans les caves de son nouvel appartement de luxe à Paris.
  • Le 28, notre faucon a enfin redécollé – on va pouvoir souffler un peu pendant ses nouvelles absences du pays. Le PPAC se rend à Brazzaville pour deviner quoi ? Le premier sommet des chefs d’état de la commission climat du Bassin du Congo et du Fonds bleu !! Selon le comité d’organisation « le Fonds bleu pour le Bassin du Congo est un fonds international de développement visant à permettre aux États riverains du fleuve Congo de passer d’une économie liée à l’exploitation des forêts à une économie s’appuyant davantage sur les ressources issues de la gestion des eaux du fleuve ». Mais bon Dieu on a quoi à voir dans cette affaire-là ? A moins qu’en marge de cette rencontre se tienne en réalité l’assemblée annuelle de la grande loge internationale des maçons-dictateurs du continent dont son pote Sassou est effectivement l’un des grands bosses actuels du continent
  • Pour : comme chaque mois, R.A.S…
  • Contre : concernant la dernière revue du FMI la notation de la dette souveraine renvoie dans les faits à la totalité de l’endettement d’un état. Elle englobe l’ensemble des déficits cumulés de l’Etat auquel on ajoute l’ensemble des dettes contractées par les institutions qui en dépendent (les collectivités locales, les établissements publics,…). Un haut fonctionnaire, sous le couvert de l’anonymat bien sûr, a donné quelques explications sur les dérapages abyssaux : « Il y a eu trop d’autorisation de paiement (AP) en 2017. En réalité quelques jours après sa nomination la ministre de l’économie et des finances avait sorti une note circulaire interdisant les AP. Mais cette note circulaire n’a servi à rien, au contraire au lieu qu’elles ne diminuent elles ont augmenté de façon vertigineuse. Ce qui a abouti à l’endettement du trésor public vis-à-vis de la banque centrale (BCRG).  Au 31 janvier 2018, date de clôture de la première revue de l’année, le trésor public ne devrait pas dépasser 600 milliards de GNF de paiement dans le cadre des dépenses extrabudgétaires (AP). Mais hélas ce niveau a été largement dépassé de sorte que l’Etat était obligé de puiser dans les recettes d’une agence de régie avant l’arrivée de la mission du FMI pour dit-on boucher les trous. Un autre point d’achoppement qui a été débattu selon nos sources est l’endettement du trésor public vis-à-vis de la BCRG. Le FMI a suggéré une gestion saine et efficace de la trésorerie mais surtout recommandé d’éviter l’accumulation du stock de la dette intérieure qui est estimée à plus de 14 mille milliards de nos francs, environ ». Pour le Bollorégate on comprend mieux maintenant que le bon ami de 30 ans ait créé la surprise la semaine dernière en cédant la présidence du conseil de surveillance de Vivendi à son fils Yannick, patron du groupe de publicité, un bon repli stratégique pour attendre les coups de la justice en limitant au maximum les dégâts pour son empire financier. Mais on sait comment cela finit toujours : il plongera surement et il entrainera dans la déchéance son image pour l’histoire et son vieux copain PPAC. Concernant l’affaire du Satan Jr. au Texas hélas cette pratique est encore fréquente chez plusieurs compatriotes à l’étranger moins heureusement ne se voit presque plus avec ceux de moins 40 ans. Qu’ils sachent tous qu’en Occident ils ne seront plus jamais à l’abri de l’humiliation publique, la taule et ensuite le rejet et l’obligation de déménager en pleine nuit de leurs belles villas très souvent mal acquises. Mais en attendant, pour celui qui s’est pincer cette fois-ci malgré pourtant une alerte précédente de la police locale on ne peut que constater que voilà comment se comporte le fils spirituel de Satan Touré dès qu’il sort se planquer au USA. Comme dit par un des voisins « Je ne pouvais pas imaginer que cela existait encore, encore plus chez mon voisin ». Il faut vraiment se foutre des Guinéens pour insulter tous les jours en Guinée l’impérialisme et le néo-colonisation et promettre comme papa suprême « la liberté dans la pauvreté pour tout le peuple »  alors qu’on monte discrètement et régulièrement dans un jet pour aller rejoindre sa famille planquée depuis plus de 30 ans dans une villa cossue des quartiers chics des USA avec des centaines de milliers de dollars offerts justement par des truands impérialistes partenaires de son paternel. Mais surtout en faisant vivre « l’esclavage dans l’opulence » à une autre compatriote mineure et sans défense. Seule une véritable ordure est capable de faire ça sans raser ensuite les murs pour le reste de sa vie !

Tic-tac, Tic-tac, la montre tourne ; aujourd’hui est le 2686e jour de l’ancien « Guinea is back » et du nouveau « changement radical » – déjà 07 ans 03 mois et 10 jours ! Aladji-Professeur-Président voici ma suggestion SMART (Spécifique, Mesurable, Atteignable, Réalisable et Temporellement définie) du mois pour améliorer un peu votre Sanseman : boss il faut vous bouger un peu, à force d’entendre tous les jours le mot « mort » comme dans ville morte, morts de femmes et d’enfants dans les rues, gouvernement mort, administration morte, secteur privé agonisant, secteur économique en deuil…etc. maintenant c’est carrément pays-mort ! Pardon voyagez un peu Yandi, juste pour nous rassurer que vous n’êtes pas devenu totalement gâteux. Finalement on s’ennuie de plus en plus de votre surplace depuis janvier 2018 et on s’’inquiète pour vos nouvelles activités locales depuis que vous n’avez plus d’invitations à l’étranger ou de jets privés gratuits pour y aller. C’est quoi encore cette lubie journalière d’inspecteur du travail dans toutes les PME, PMI et chantiers immobiliers pharaoniques (par exemple 20.000 logements sociaux d’un seul coup en 3 ans), de curage des caniveaux et de reconstruction des rues et autres voiries de Conakry ? Vous nous aviez habitués aux 1e pierres et coupures de rubans y compris pour des nouveaux bus mais là c’est trop ! Maintenant tous les commerçants ont peur de vous voir débarquer un matin pour inspecter leurs boutiques des marchés Madina, Niger et Matoto. En plus toute personne qui débarque maintenant à Gbessia et qui porte un costume sombre avec cravate est directement mis dans une 4×4 pour vous rencontrer au palais Satanya, même des croquemorts asiatiques – c’est rien que de la mamaya démagogique ça, ce n’est pas pour ça que vous avez été mal élu dèèh ! Vous savez si ça continue vous allez encore innover dans ce domaine : ailleurs dans les autres pays du tiers-monde les peuples excédés et déchainés chassent de plus en plus souvent leurs dictateurs pour leurs crimes de sang et économiques, corruption et népotisme. Pour vous ce sera surtout pour ennui national avec ensuite tous ces autres motifs pertinents.

Quant à votre « tête à tête » du 02 avril avec votre chef de file de l’opposition vous devriez éviter de continuer ce genre de cinéma car vous ne trompez plus personne, tant en Guinée qu’à l’extérieur du pays. Un journaliste en langue nationale bien futé de la radio locale Espace Fouta (Alpha Ousmane Bah) a bien résumé cette rencontre le lendemain pour nous : « Le vieux trompeur sait que le trompé est bien conscient qu’il est un trompeur. Le constamment-roulé dans la farine de son côté sait pertinemment que celui avec lequel il traite est un trompeur et que c’est lui qui est à tromper. 2013, 2015, 2016, 17 et 18, personne ne dira qu’il ne sait pas : ils tapent et dansent au tamtam un mois durant, ils font des aller et retours, des victimes pour obtenir une rencontre de 30 minutes sans importance qui n’apporte rien. Cette fois-ci encore koto Cellou et Karamoko Alpha de Siguiri se sont retrouvés dans le but de ne pas faire ce que tout le monde sait qu’ils ne feront pas : une résolution responsable, trouver la solution qui n’est pas dans leurs intérêts à eux-mêmes. Le grand problème chez Alpha et Cellou est que chacun d’eux a des partisans qui soutiennent que leurs leaders ne se trompent pas, qu’il ne font rien d’anormal et qu’ils ont toujours raison. Tous sont devenus aveugles. Mais dans la réalité tout est cinéma avec ces deux.  Ils recommencent tout à zéro parce que la solution envisagée précédemment n’en était aucune. La maison qu’ils construisent depuis toujours n’avance point. Après chaque longue séance de travail ils se quittent au niveau du soubassement sans aucune solidité. Quand ils se retrouvent une prochaine fois le soubassement est déjà emporté par des eaux de ruissellement. Ils doivent donc recommencer au point zéro comme la précédente fois. Comme toujours cette fois-ci encore ils n’ont fait que repousser les problèmes dans le temps. Les mois prochains aussi on se croisera dans la rue, des pneus seront brûlés, des personnes seront arrêtées, des cailloux jetés et des cadavres ramassés. Tout cela parce que personne ne sait pourquoi ils ont peur du chemin de la loi. Ils la contournent pour s’entendre et partager entre eux, chacun sa part. Dès que ça crie sachez qu’une des parties s’est vue prendre sa petite part conclue entre eux. Dans ce cas le lésé dans ses revendications montera au créneau pour dire que son but est pour que le pays marche, c’est l’intérêt national alors qu’en réalité chacun des deux ne pensent qu’à sa part personnelle et tous deux prenant les autres pour des moutons ». Arrêtez ces tragi-comédies cycliques sans jamais d’avancée – on en a marre et on est fatigué de vous tous, nos politiciens-menteurs nationaux.

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Publié dans 2018 | Laisser un commentaire

Une Nouvelle Voie (Mars 2018) : « c’est pas moi, ils ne m’ont pas dit la vérité  – je vais prendre mes responsabilités, je jure ! »

Bienvenue à mon bilan du 27e mois de la Condécratie version 2.0. Je continue mon exploration mensuelle des méandres des décisions importantes pour la Nation prises par nos nouveaux chefs en proposant des pistes de réflexions et d’actions qui pourraient être envisagées pour que le « vrai changement » soit effectif.

  1. Echantillon de paroles et pensées présidentielles du mois:
  • « Pour la première fois dans l’histoire la Guinée peut avoir accès à des crédits non concessionnels. Jusque-là on était comme des pestiférés… Si nous n’avons jamais voulu appartenir à une zone monétaire c’est parce que notre politique a été toujours celle d’appartenir à une zone africaine. Nous avons encore beaucoup de défis, la CEDEAO  à l’horizon 2020,  la création de la  ZMAO et la Guinée souhaite être parmi les premiers pays à intégrer  à cette zone monétaire… C’est extrêmement important que la Guinée accède à cette zone en 2020 car c’est un défi pour le gouvernement et la banque centrale » (le 01, lors de la célébration du 58e anniversaire de notre monnaie folklorique nationale).
  • « Il arrive des moments où dans la vie d’une jeune nation comme la nôtre des choix s’imposent à chacune et à chacun d’entre nous et qui engagent notre présent et notre avenir commun. Nous vivons aujourd’hui l’un de ces moments. Notre pays comme tous les autres traverse des difficultés qui, si nous en prenons la mesure exacte sans passion ni calcul, peuvent être surmontées. C’est pourquoi j’en appelle au sens élevé du devoir de chacun d’entre nous et vous exhorte tous, mes chers compatriotes, à un véritable sursaut national…. Je regrette comme tous les Guinéens, les élèves et leurs parents, que notre école connaisse une succession de grève. A travers nos enfants aujourd’hui privés de leur droit à l’enseignement se joue notre avenir individuel et collectif. Ma responsabilité première en tant que chef de l’état est d’être à l’écoute de tous les Guinéens et de trouver des solutions aux problèmes de ce pays dans un langage de vérité et de sincérité partagé, convaincu que seuls le dialogue et la concertation sont à mesure de mettre fin à toutes les incompréhensions. J’en appelle à toutes et à tous à faire confiance à ce gouvernement et à moi-même pour répondre à leur aspiration légitime dans le cadre d’un échange franc et d’un partenariat responsable… N’en doutez pas, je prendrai toutes les mesures souhaitées par la majorité silencieuse de nos compatriotes pour combattre la gabegie financière et économique, la corruption, l’impunité. Soyez rassurés de toute ma détermination à assurer cette mission sacrée et patriotique dans l’intérêt supérieur de notre nation et l’ensemble du peuple de Guinée… La force ne peut pas être un recours, la violence n’est pas une solution. Je regrette profondément toutes les victimes de toutes les violences survenues dans notre pays – je dis bien toutes les victimes. Je m’incline devant la mémoire d’enfants innocents qui ont péri dans l’incendie criminel de Kalinko dans la préfecture de Dinguiraye lors des élections locales. Aussi bien pour ces malheureuses victimes que pour d’autres que notre pays a très malheureusement enregistrées, je voudrais au nom du peuple de Guinée, de son gouvernement et à mon nom propre réitérer nos sincères condoléances. Je voudrais aussi dire à toutes les familles endeuillées et attristées qu’elles ne sont pas seules, que l’état sera toujours à leurs côtés pour les assurer de sa compassion, son soutien et sa solidarité. C’est par la recherche et la préservation constante de la justice et de l’égalité entre tous les citoyens que nous parviendrons à une société juste et paisible… Oui, notre pays est en marche vers le progrès à condition que notre stabilité politique et sociale ne soit pas menacée par des crises sociales à répétition et des conflits politiques permanents. Aussi je voudrais solliciter de tous les différents partenaires sociaux une trêve sociale pour que nous consacrions toutes nos énergies, tous nos talents, toute notre compétence à éviter des crises devenues récurrentes et cycliques ainsi qu’à créer de la richesse pour endiguer dans notre pays la pauvreté… Je m’emploierai personnellement à encourager le dialogue direct et franc avec toutes les forces vives de la nation pour parvenir à un large consensus sur les questions d’intérêt national. Ce dialogue je l’ai déjà commencé avec les organisations socioprofessionnelles et se poursuivra dans les jours à venir. Plus que jamais la Guinée a besoin d’union sacrée de la nation, la solidarité entre tous ses enfants, afin de faire face aux défis de notre époque » (le 05, lors d’un discours à la nation tard la nuit quand la majorité des Guinéens dormaient en raison de l’absence d’électricité chez eux).
  • « En tant que président ce n’est pas de gaieté de cœur que je vois les enfants rester à la maison sans pouvoir aller à l’école. Mais je vais dire Bismillahi Rahamane Rahim, ça veut dire que la vérité, grâce à Dieu, va triompher et les jeunes sauront pourquoi ils ne vont pas à l’école, qui est responsable. Comme il y a beaucoup de désinformation vous ne savez pas mais vous allez commencer à comprendre. Je vais donc consacrer les prochains jours à écouter la majorité silencieuse. Je vais rencontrer les magistrats, les médecins, les transporteurs, les femmes et les jeunes. Après cela, je prendrai mes responsabilités. Ça veut dire quand je vais finir d’écouter la majorité silencieuse, je vais faire un grand remaniement ministériel et mettre des ministres qui sont à l’écoute de la population et qui s’occupent de leurs programmes. Car si nous travaillons et ceux qui sont chargés de dire la vérité au peuple ne sont pas auprès du peuple, ils restent dans les bureaux alors le peuple est désinformé parce qu’ils ne veulent pas que la Guinée aille de l’avant…  Alors je vais former un gouvernement de ministres responsables qui seront auprès du peuple, qui seront à l’écoute du peuple pour informer correctement le président… Croyez-moi je vais prendre mes responsabilités, croyez-moi je vais prendre mes responsabilités. Ceux qui m’ont dit de ne pas venir ils se trompent, moi je suis un homme du peuple. Je n’ai pas peur du peuple, je n’ai pas peur de la jeunesse, je n’ai pas peur des femmes. Je suis là devant vous, je ne suis pas caché et je vais marcher jusqu’à Sékoutoureyah pour montrer que je suis derrière le peuple» (le 08, lors de la mamaya annuelle au palais du peuple pour danser et chanter pour fêter des femmes).
  • « Il y a beaucoup qui veulent être ministre qui poussent les gens à dire qu’il faut un nouveau gouvernement, moi je ne change pas de gouvernement. Je suis élu par le peuple, c’est cette majorité silencieuse que je vais écouter. Les gens qui s’agitent en disant remaniement-remaniement parce qu’ils veulent être ministres, ça c’est leur affaire. Personne ne me fera changer sous la pression » (le 08, interview avec un journaliste officiel du gouvernement, quelques heures après avoir dit juste le contraire aux femmes de Conakry).
  • « Il paraît qu’il y a des sites qui disent que j’ai menti aux femmes et que je ne ferais pas de réformes du gouvernement. Tous ceux qui m’ont écouté, j’ai été très clair. Je vais écouter. Je vais écouter la majorité silencieuse. C’est après cela que je prendrais mes responsabilités. Parce que moi je ne fais rien au hasard… Donc ceux qui s’agitent pour être ministres c’est leur problème. Moi, je suis élu par le peuple. D’ailleurs vous savez que beaucoup de gens ne voulaient que j’aille au palais (du peuple). Ma garde a refusé de mettre les véhicules à ma disposition – j’ai décidé d’aller à pied. Je suis un homme du peuple et j’ai été au palais. Comment en tant que président, je suis à Conakry, il y a le 08 mars, je n’aille pas… (suite à une proposition formulée par son auditoire pour le paiement des 20% de hausse des salaires en fin mai au lieu des 10% proposés par son gouvernement) Il n’est pas question de quoi que ce soit, l’état a consenti d’énormes efforts pour pouvoir payer les 30% au courant 2018. Il n’est pas question de parler d’autres paiements… Je suis professeur de finances publiques, j’ai enseigné les finances publiques pendant 10 ans, on dit que le paiement se fait après service ou livraison de marchandises. J’ai demandé à l’inspection d’état de voir dans tous les ministères si toutes les commandes effectuées ont été exécutées avant le paiement. Désormais je vous demande de m’envoyer des rapports de vos enquêtes de détournements des fonds de l’état. Si je ne sanctionne pas je vous demande à cet effet de demander mon départ » (le 10, en recevant les membres de sa société civile pour leur expliquer comment il va prendre ses responsabilités).
  • « Il faut que les gens sachent que malgré les marches la Guinée avance, des projets avancent et personne ne pourra empêcher la Guinée d’a Mais comme beaucoup de gens ne sont pas allés à l’école ils n’ont pas des informations. Il faut donc qu’ils voient qu’effectivement la pagaille qu’ils veulent faire pour que la Guinée n’avance pas n’empêchera pas la Guinée d’avancer Quiconque fait la pagaille ici je vais ordonner qu’on le licencie. Ce qui s’est passé à Fria ne se reproduira plus jamais.  Fria a été fermé cela fait plus de 4 ans maintenant alors que c’est l’usine de Fria qui ravitaillait la ville de Fria en électricité et en eau potable. Nous nous sommes battus pour que l’usine de Fria soit rouverte. Tout ce qui est dans le code minier les blancs vont respecter, je leur ai dit. Aucune société étrangère ne viendra transporter la bauxite ici, c’est aux Guinéens qu’ils vont remettre les camions pour le transport de la bauxite. Mais de notre côté nous allons également respecter le contenu du code. Donc les blancs vont appliquer ce qu’on a conclu et nous allons aussi faire la même chose. Ne faites pas la pagaille sinon comment les autres auront de l’emploi ? Comment les créateurs d’emplois viendront au pays ? Ils n’ont même pas encore commencé à exporté la bauxite, comment les banques vont leur prêter de l’argent ? Donc celui qui fait la pagaille je vais demander à ce qu’on le licencie. Autant j’oblige les étrangers à respecter notre code autant je vous oblige également à respecter ce même code, il faut qu’on s’entende sur ça » (le 28, au cours d’une visite de terrain portant sur l’état d’avancement des travaux du projet minier Bel Air-Mining à Boffa).
  • Pour : ça fait au moins plaisir d’entendre le PPAC dire (même à demi-mots) pardon à tous les Guinéens pour les carences de sa troupe d’incompétents (pas les siennes bien sûr) et qu’il regrette les morts de toutes les victimes innocentes de crises sociales dont il est pourtant le 1e Le fait qu’il ait du dire « les victimes – toutes les victimes » veut dire beaucoup de choses : il reconnait ainsi qu’avant ce discours ne comptaient pour lui que les victimes de son propre camp, ses miliciens chargés de mater les manifestants.
  • Contre : quelle humiliation publique quand même pour ce vieux politicien roublard et dépassé qui a plutôt l’habitude de ridiculiser en public tous ceux qui pensent qu’il n’est pas un génie et une bénédiction pour son peuple et son continent. Et quand il nous raconte tout fièrement que maintenant il va prendre ses responsabilités – plus de 7 ans après avoir pris le pouvoir – mêmes ses fanas les plus acharnés comprennent qu’il n’y aura jamais rien de bon à attendre de son attelage politique. Pour sa nouvelle adresse à la nation nous avons écouté et vu devant nos postes de TV, un PPAC hagard et épuisé qui lisait de manière peu convaincante son 1e mea-culpa piteux surement écrit par son nouveau gourou Tibou Kamara qui nous a servi ses contenus mielleux et soporifiques habituels, peu convaincants mais surtout vides car à la fin aucune décision concrète pour avancer d’un pas. Promettre à ses compatriotes une lutte plus efficace contre la corruption qui gangrène son entourage sans même proposer une seule action concrète en fin de discours nous rappelle à quel point il se moque une nouvelle fois de nous avec des paroles floues sans craintes pour sa mafia ambiante. De plus, n’ayant apparemment reçu ce discours qu’à la dernière minute et semblant le lire un peu contre son gré, on a vu un chef d’état qui lisait difficilement en tournant péniblement les pages de son texte. S’il est comme il le dit surveillé des près par le FMI pour les dépenses financières inutiles et mêmes dangereuses de l’état pourquoi alors il dépense des milliards d’USD en location de jets privés, en voyages prolongés et luxueux sur les 5 continents, en nouveaux parc automobile ridicule et en milliards de GNF déversés dans les quartiers pour acheter les votes lors des élections communales récentes ? Les « pardon, serrez vos ceintures pour que nous on bouffe mieux » ne marchent plus – il a maintenant perdu toute crédibilité sociale. Aujourd’hui tous les membres de nos institutions (7 ou 8), du parlement (114) et des 2 gouvernements, shadow et officiels (une centaine y compris des conseillers spéciaux étrangers) touchent mensuellement individuellement au minimum 20 et 25 millions GNF et au maximum 20.000 USD pour les étrangers sans compter tous les avantages en espèces du type logements gratuits, carburant, téléphone, électricité et eau – et ils osent dire aux enseignants qui travaillent plus que chacun d’entre eux qu’un petit 8 millions GNF de salaire est interdit par le FMI ? Il n’y a pas pire foutaise que ça, même en Guinée.
  1. Les décisions et actions « positives » du mois :
  • Le 02, face à un nouveau status quo des négociations pour lever la grève des enseignants concernant les 40% de la valeur monétaire du point d’indice à 1030, le PPAC est obligé de sauter une nouvelle fois dans l’arène. Tout le monde est convoqué illico-presto dans son palais pour supplier les syndicalistes d’accepter de céder « pour l’amour de Dieu ». Le boss n’a jamais été aussi coincé depuis 7 ans au bled et il doit prier vivement pour une invitation à voyager hors de notre sac à casse-têtes journaliers.
  • Le 07, presque toutes les femmes de Conakry sortent dans la rue. Le matin il y a eu la marche « tenue blanche – foulard rouge » sous l’impulsion des femmes de l’opposition qui a mobilisé en fait toutes celles qui en ont marre du Sanseman. Puis l’après-midi, de manière apparemment spontanée mais en fait bien coordonnée, des bandes de femmes ont bloqué trois des quatre routes de sortie des travailleurs du centre-ville : l’autoroute, la route du Niger et la corniche sud, toutes sur la même longueur, du carrefour Kenien au carrefour de l’aéroport. Imaginez le méga-bouchon digne de Lagos. Et finalement dans la soirée, cerise sur le gâteau, quelques centaines ont décidé de marcher en plein centre-ville à Kaloum avec l’objectif d’aller dire leurs 4 vérités au boss sous la véranda de son palais. La dernière fois qu’elles avaient fait cela c’était le 27 août 1977 avec Satan Touré et ça avait déjà failli faire exploser son anévrisme aortique syphilitique mais hélas il nous a fallu attendre jusqu’en fin mars 1984 pour connaitre ce bonheur-là. C’en était trop pour notre PPAC trouillard qui, n’ayant aucune clôture de stade là grimper ce jour-là, a surement du appeler ses parrains parisiens pour lui préparer une éventuelle porte de sortie héliportée. Cette fois-ci ce sont les miliciens les plus intelligents qui ont été sortis pour pouvoir les freiner et les détourner poliment et gentiment, en faisant tout pour que l’inévitable ne se produise pas.
  • Le 08, lors de la mamaya traditionnelle de la « fête des femmes guinéennes » – alors que c’est en fait une fête internationale pour les droits des femmes – celles qui étaient présentes au palais du peuple ont profité de l’occasion pour attirer l’attention du « père des femmes de Guinée » sur le chômage des élèves depuis bientôt un mois. Dès son arrivée les femmes ont scandé: « nos enfants à l’école » ou encore « école, école ». Des slogans repris à chaque intervalle de la prestation des artistes locaux et de façon plus accentuée lorsque le boss s’est déplacé pour serrer la main d’une troupe d’artistes exclusivement féminine. Et oui, même les femmes du RPCé n’ont plus peur du boulanger maintenant. La réponse du boss en début de discours : « En tant que président ce n’est pas avec gaieté de cœur que je vois les enfants à la maison ». Alors patron cessez de remuer toujours vos lèvres pour dénoncer sans rien faire – agissez si vous voulez qu’on vous croit au moins un peu.
  • Le 11, notre PPAC qui est aussi président de l’Initiative Africaine pour les Énergies Renouvelables n’a pas pris part au premier sommet de l’Alliance solaire internationale (ASI) à New Dehli, en Inde. Bravo donc au boss qui n’a pas filé à l’anglaise comme il en a l’habitude dès qu’il y a une crise qui pointe à l’horizon. Il est vrai que cette fois-ci il n’y a plus aucun secteur du pays qui ne soit pas en crise alors peut-être que même ses pilotes et hôtesses sont en grève pour exiger leur 40% obligatoire. Il semblerait qu’en fait il a voulu filer comme d’hab. mais il aurait reçu un Niet poli mais ferme de sa garde rapprochée présidentielle.
  • Le 13, le PPAC cède finalement sous la pression de la rue, le feu sous la carapace de la tortue étant devenu progressivement intenable après le ralliement le matin même au mouvement du syndicat des banquiers et des organisations de la société civile. C’est le banco pour les grévistes : « Le paiement des 40% dont 10% ont été déjà payés dès février 2018 de la valeur monétaire du point d’indice 1030 à compter du 1er janvier 2018 payable en fin mars 2018 pour les enseignants en activité et du 1er novembre au 31 décembre 2017 pour les enseignants ayant fait valoir leur droit à la retraite ; la mise en place d’un comité paritaire syndicat-gouvernement en vue de l’ouverture d’un couloir de négociations à partir du 02 au 25 mai 2018 sur un salaire de base de 8 millions. Tout enseignant muté ou demis de ses fonctions pour fait de grève doit être rétabli immédiatement dans ses droits. Les parties s’accordent que nul ne sera sanctionné ou poursuivi pour fait de grève ». Les cours dans les écoles reprendront de ce fait le lundi 19 mars sur toute l’étendue du territoire en raison d’autres manifestations de l’opposition prévues avant la fin de la semaine en cours. Sans cet accord de dernière minute il y aurait surement eu les jours suivants des morts de femmes et d’enfants à gogo dans les rues et ça aurait été la chute probable du régime. Ainsi le syndicat des enseignants et les émissaires du boss ont trouvé un compromis qui ressemble comme deux gouttes d’eau à une capitulation des seconds après deux semaines de négociations et plus d’un mois de grève illimitée dans le système éducatif. Le représentant des syndicalistes a eu les mots justes pour soulever l’enthousiasme des vainqueurs : « Vive le général Soumah, vive la solidarité syndicale, vive le patriotisme, vive la vérité, à bas la démagogie, à bas le mensonge, à  bas la manipulation, à bas l’ethno stratégie, à bas le népotisme, vive l’école guinéenne, unis et déterminés nous vaincrons ». Hélas ce sont les slogans typiques du bon vieux temps de la révolution criminelle – les « Guinéens nouveaux » sont toujours là.
  • Pour: pour la marche des femmes de Conakry le boss a réussi à garder ses miliciens en laisse donc les différentes manifestations n’ont pas enregistré des dégâts humains et matériels. Bien lui en a pris…
  • Contre : voici mon bilan a la fin de cette épopée : un chef d’état respecté par ses administrés ne doit normalement accepter de capituler devant des « rebelles » sociaux car c’est effectivement le début de la révolte généralisée rapidement incontrôlable. Mais pour cela il faut qu’il soit le plus respectueux de tous ses sujets de la loi et en particulier de la Constitution, qu’il soit toujours juste devant ses sujets et qu’il impose le respect par l’exemple, la probité et la hauteur d’esprit. Donc le PPAC a beaucoup perdu sur tous les plans ici : sa popularité et sa crédibilité chez nos « gens d’en bas », ceux qu’il appelle depuis quelques jours « la majorité silencieuse ». Désormais il sera quasi-impossible que toute nouvelle crise sociale, quelque soit le corps qui revendiquera, ne finisse pas pareil car c’est le genre de jurisprudence sociale qui sera toujours rappelée. La date du 13 mars 2018 devient du coup « historique », la 1e fois qu’un dictateur guinéen aura mis les 2 genoux à terre devant son peuple et en particulier devant les femmes et les enfants de Conakry. Satan Touré et Fory Coco ont tous connu leur 1e jour identique mais ils n’ont mis qu’un seul genou à terre et ont su reprendre la main dans les 48 heures suivantes parce qu’eux savaient parfaitement manipuler les Guinéens, ce qui n’est pas le cas de notre Parisien en tourisme prolongé chez nous. Du coup le boss n’a jamais été aussi silencieux que cette semaine, comme un chef déprimé et retranché dans son palais et tous les requins autour de lui, ses pires ennemis en fait, le voient parfaitement. Maintenant même son PM et certains de ses ministres sont Wanted par les manifestants déchaînés dans tous les quartiers de la capitale. L’année 2020 est devenue à mon avis même trop loin pour lui maintenant, il devrait tout simplement filer de chez nous pour profiter paisiblement de ses millions détournés. Il a un prétexte officiel tout trouvé avec ses 80 piges bien sonnés : « pour raison de santé » et du coup ses compatriotes amnésiques seront compatissants et lui souhaiteront meilleure santé – loin de chez nous. Sinon les crises sociales seront désormais de plus en plus fréquentes, l’obligeant un jour à chercher refuge chez un de ses rares amis. Finalement je me dis pauvre PPAC embourbé dans ses turpitudes politiques !
  1. Les décisions et actions « négatives » du mois :
  • Le 05, après plusieurs semaines de démarches infructueuses les femmes travaillant au ministère de l’élevage ont pris d’assaut les locaux dudit département pour réclamer des pagnes-uniformes qu’elles doivent porter à l’occasion de la fête du 8 mars. Le pauvre ministre a dû s’enfermer dans son bureau et exiger la protection urgente des miliciens pour l’escorter hors de sa nouvelle prison. Quand je vous dis que ce pouvoir est en pleine décomposition il n’y a pas meilleur exemple que ça. Bientôt ce seront les plantons et les chauffeurs qui séquestreront leurs directeurs pour exiger le doublement de leurs salaires !
  • Le 05, les enseignants des institutions supérieures publiques annoncent leur rentrée dans la grève qui couvre tout le pays depuis 3 semaines. Ils rejoignent ainsi le mouvement lancé par Aboubacar Soumah. Qui est fou pour ne pas supporter publiquement une équipe qui exige une augmentation illico de 40% et à terme un salaire de base de 8 millions GNF pour tous ? Comme si bien dit par l’un d’entre eux : « On s’est dit qu’il n’est bien de laisser les autres enseignants lutter pour nous alors nous allons tous bénéficier des retombées ».
  • Le 06, la pagaille progresse rapidement : les huit conseillers de la Cour constitutionnelle réunis en plénière (sans leur boss) ont destitué leur président Kèlèfa Sall. Ils l’accusent de n’avoir pas respecté la procédure de renouvellement des conseillers et d’avoir violé les statuts et règlements intérieurs de cette institution. Tout cela parce qu’il a insisté pour exécuter à la lettre le règlement intérieur qui exige le changement de 3 conseillers (sur 8) tous les 3 ans par tirage au sort, une procédure qu’il a exécuté devant des témoins officiels et assermentés. Il l’a fait dans son bureau certes mais c’est parce que les autres commissaires bloquaient l’accès à la salle de réunion pour empêcher cette procédure. C’est ce qu’on appelle ici « le cramponnage au poste », une réaction allergique spontanée dès qu’on touche à tout privilège et avantage, même au détriment de la loi. On devient alors directement le chien enragé ingrat à abattre. Le plus marrant c’est que notre Constitution précise bien que le président de cette cour est élu pour 9 ans non renouvelables et que donc même le PPAC ne peut pas le destituer. Chez nous depuis 1958 les hommes au sommet de la justice et de l’application de la loi sont les moins respectueux de tous les textes de loi.
  • Le 06, la descente aux enfers se poursuit : le décanat de la faculté de médecine de l’université est pris d’assaut par des étudiants en médecine qui  réclament sauvagement des numéros matricules falsifiés. Sur les lieux on a constaté partout des bris de vitres de bureaux et de pare-brises d’autos personnelles, des bureaux mis sens dessus dessous, des ordinateurs et imprimantes fracassés. Le professeur Cissé, doyen de la faculté a été blessé à la tête. Le pauvre doyen ensanglanté a ensuite dit la presse  « ils ont commencé à saccager. Imaginez-vous qu’on vienne s’asseoir dans une université 5 ou 6 ans, on n’est pas orienté par l’État, on n’est pas inscrit et à la fin on demande un numéro matricule. Sur quelle planète cela peut se passer ? ». Dans la planète où il suffit de graisser sans gène qui il faut pour pouvoir violer « officiellement » les règlements intérieurs de toutes les institutions d’état.
  • Le 12, les mamayas négatives reprennent de plus belle : des centaines de femmes et de jeunes protestent bruyamment dans tout le centre-ville y compris devant le palais Satanya. Partout le peuple en rage scande « Alpha zéro, Alpha Condé zéro, nos enfants à l’école ». Le phénomène « pneus brûlés » atteint pour une 1e fois les quartiers de Tombo, Boulbinet et Almamya. La réponse des miliciens est classique : lavage au gaz lacrymogène. Notre jeune PM numérique, dans les nuages comme d’hab. passait comme si de rien n’était dans ce chaos urbain généralisé et il a échappé de justesse à la routine intifada. Puis les jeunes de l’axe du changement (autoroute le Prince) en haute banlieue qui savent organiser les manifestations les plus impressionnantes se mettent en branle du quartier Kipé vers les quartiers Taouyah et Cosa. Le même jour les pires parodies du passé reviennent avec le retour des donzos endimanchés au siège du parti-état et dans les rues comme pour impressionner et effrayer les femmes et les jeunes dans la rue. Mais cette fois-ci ils ont été pourchassés comme des voleurs du marché Madina et ceux qui ont été attrapés ont passé l’un des pires moments de leurs misérables vies avec à la fin un déshabillage et un rasage gratis de leurs cranes vides. Les temps ont changés les gars, retournez vous cacher avec vos gibiers dans vos brousses.
  • Le 14, la marche « pacifique » appelée par l’opposition pour protester contre les fraudes des élections communales finit de nouveau par des drames humains : trois jeunes sont abattus par balles dont un (Boubacar Barry) dans le quartier Wanindra dans la commune de Ratoma. Il a succombé à ses blessures en arrivant dans un hôpital de la place. Franchement notre boss et ses faucons sont têtus et incorrigibles. Et dire qu’ils se félicitent chaque jour du succès de leur reforme des forces de sécurité et du retrait total de toutes les armes des miliciens dans Conakry !
  • Le 16 nous apprenons qu’il y a un 4e décès suite à la marche du 14 : Mme Mariama Bah âgée de 31 ans, mère de six enfants et originaire de la commune rurale de Maci (préfecture de Pita) qui avait été blessée par balles deux jours auparavant alors qu’elle faisait la cuisine dans sa cour à  Hamdallaye (commune de Ratoma)  a rendu l’âme à l’hôpital où elle était soignée pour « balle perdue ». Dans notre contexte de pauvreté actuelle on peut dire que c’est en fait 7 vies qui sont détruites en même temps, la sienne et celles de ses 6 enfants.
  • Du 20 au 31, une atmosphère de ni paix – ni guerre, une chienlit sociale en sourdine avec profusion de menaces proférées par tous les camps les uns contre les autres, des procès politiques médiatisés mal préparés et donc reportés dès la 1e séance pour espérer effrayer les ennemis d’en face (avec un effet exactement contraire) s’installe à Conakry et dans certaines villes de l’intérieur comme Labé et Kindia. Nous assistons tous les 2-3 jours à des manifestations de jeunes de l’axe, à des manifestations des femmes de l’opposition, à des manifestations des mareyeuses et de jeunes financées par le RPCé. Il y a aussi les éternelles réunions et conférences de presse répétitives et soporifiques des vieux politiciens des 2 camps et nos 3 types de villes-mortes : morte-cadavre, comateuse sous sédatif puissant style Valium et endormie sous sédatifs légers style Xanax. Et finalement les grèves sporadiques sans crier gare dans progressivement tous les secteurs de l’administration, même chez les gardiens des prisons qui ressemblent comme des jumeaux à leurs détenus.
  • Pour : comme chaque mois, R.A.S…
  • Contre : franchement pour la grève des enseignants comment accepter qu’un de leur collègue (par ailleurs président du pays) qui touche l’équivalent de 100.000 Euros par jour puisse refuser de payer 22 euros par jour à ses confrères enseignants ? Existe-t-il plus grande foutaise de la craie ? Pour rajouter une touche comique lors d’une des manifs un jeune grognard dans le quartier de Koloma a installé un tableau noir sur la voie publique pour faire répéter les lettres de l’alphabet aux manifestants, une façon originale de réclamer la reprise des cours. En un laps de temps il a été entouré par des désœuvrés qui ont eu droit à un cours d’orthographe improvisé !

Tic-tac, Tic-tac, la montre tourne ; aujourd’hui est le 2656e jour de l’ancien « Guinea is back » et du nouveau « changement radical » – déjà 07 ans 03 mois et 10 jours ! Aladji-Professeur-Président voici ma suggestion SMART (Spécifique, Mesurable, Atteignable, Réalisable et Temporellement définie) du mois pour améliorer un peu votre Sanseman : papy-promesses, pardon il faut lire à tête sobre et reposée l’analyse chiffrée que nous a offerte en début de mois Mr Alhassane Makanera, enseignant-chercheur sur le site Gepuard.net. Tout d’abord tous mes compliments à l’auteur de la meilleure analyse chiffrée que j’ai lue pour expliquer comment la magouille financière est professionnalisée par les grands fonctionneurs au sommet de l’état. Hélas presque aucun haut fonctionnaire du pouvoir ou de l’opposition n’acceptera de la confirmer ouvertement car tous en ont profité largement pendant des décennies. Mais c’est juste une question de patience en attendant les prochaines enquêtes rigoureuses que nous verrons apparaitre de plus en plus souvent. Grand boss, lisez absolument cette analyse en entier mais pour vous mettre l’eau à la bouche je vous livre ici sa conclusion qui résume parfaitement l’ampleur de cette hémorragie permanente :

« Il est à souligner que les anomalies budgétaires soulevées dans cet article sont loin de couvrir l’ensemble des anomalies qui caractérisent la gestion des biens publics en Guinée. Pourtant, les réajustements des points indexés ci-dessus sont de nature à couvrir largement les dépenses que peuvent engendrer la satisfaction des revendications syndicales. Si nous acceptons de faire une petite addition des sommes disponibles au niveau des lignes budgétaires suivantes : ensembles non ventilés, doubles emplois dans les dépenses communes et  dotations des services non fonctionnels, nous verrons l’étendue de solutions dans les mains du gouvernement permettant de résoudre les revendications syndicales.

1- Ensembles non ventilés pour 16 ministères sur 68 institutions : 207. 044.723.000 FG (Deux cent sept milliards, quarante quatre millions, sept cent trois mille FG).

2 – Doubles emplois dans les dépenses communes :  1913.892.558.000 FG (1913 milliards, 892 millions, 558 mille Francs guinéens).

3 – Dotations des services non fonctionnels : 5.903.870.000 FG ( Cinq milliards, neuf cent trois millions, huit cent soixante-dix mille FG).

Les trois postes ci-dessus permettent de faire une économie évaluée à  2126.841.151.000 FG (Deux mille cent vingt-six milliards, huit cent quarante-un million, cent cinquante-un mille FGsoit 4 fois supérieur au montant demandé pour les 100.000 fonctionnaires guinéens c’est-à-dire, une somme de 500 milliards FG par an seulement ».

Un leader de l’opposition sans gants (Sadio Barry) a encore plus condensé le texte pour vous : « En effet, à l’approche des élections communales, combien d’argent et de véhicules le Président Alpha Condé a distribués à des artistes, notables et imams alimentaires en Guinée ? Monsieur le Président est prêt à donner 17 millions par jour à son opposant chef de file de l’opposition qui ne travaille pas mais pas 2 minables millions de FG par mois à l’enseignant qui va tous les jours au travail, passe des nuits de préparations de cours et qui a une famille à nourrir, à habiller et à soigner ! Nous n’aurions jamais cru que le camarade Alpha Condé serait un chef d’Etat si injuste ! Visiblement toute sa préoccupation c’est comment satisfaire des escrocs et opportunistes qui peuvent le soutenir dans sa volonté de se maintenir au pouvoir et corrompre les opposants qui ont la capacité de l’embêter et gêner son projet de faire de la Guinée ce qu’il veut ».

Boss votre gouvernement se raidit dans une obstination qui finalement aura votre peau – la seule qui soit réellement en jeu car vous êtes le seul élu  par « la majorité » des Guinéens ». Il devrait plutôt nous présenter lui aussi son analyse chiffrée de quelles économies sont réellement possibles dans nos dépenses publiques pour évaluer précisément quel pourcentage d’augmentation est conséquemment possible – pas un doigt en l’air pour dire NON en humant simplement le vent comme le font actuellement vos ministres depuis le début de cette crise de tous les secteurs publics et privés. La cause profonde du problème est simplement une question de confiance et c’est pareil pour toutes les autres crises sociales dans notre pays. Les enseignants savent très bien que dès qu’ils arrêteront leur grève ce sera le même résultat que depuis le pouvoir de Lansana Conté – un peu mieux quand même que du temps de Satan Touré car là le mot grève était synonyme de camp Boiro ad vitam aeternam dès le 1e jour de protestation. Le pouvoir ne recherche chaque fois qu’un petit répit social pour souffler et s’en mettre plein les poches en attendant la prochaine grève dans 6 mois. Votre gouvernement ment chaque fois qu’il fait des promesses alors désormais il récolte la réponse bornée d’aujourd’hui et il en est totalement responsable. En fait il faudrait évaluer précisément l’incidence chiffrée pour augmenter de manière décente tous les salaires de fonctionnaires, pas seulement les enseignants. Et du même coup entreprendre de manière concrète une réduction drastique mais juste de cette pléthore ridicule de 110.000 fonctionnaires dans un pays en faillite permanente qui accuse chaque fois le méchant FMI dès que ça chauffe socialement. Rien qu’une réduction de manière équitable de ces agents publics pourrait même doubler les salaires de ceux qui seraient maintenus. Nous manquons certes d’enseignants dans notre pays mais nous avons par contre beaucoup trop d’autres fonctionnaires doublés voir triplés, fictifs, morts depuis belle lurette, « malades ou en formation prolongée à l’étranger » ou qui n’ont presque plus aucune faculté visuelle et physique et qui n’ont jamais vu un ordinateur fonctionner à part à la TV – des aînés qui sont vraiment dus pour une retraite bien ou mal méritée depuis des dizaines d’années parfois.

 

Publié dans 2018 | Laisser un commentaire

Une Nouvelle Voie (Février 2018) : chez nous on vote, on triche, on se botte et on brûle des nourrissons comme « des sauterelles grillées » !

Bienvenue à mon bilan du 26e mois de la Condécratie version 2.0. Je continue mon exploration mensuelle des méandres des décisions importantes pour la Nation prises par nos nouveaux chefs en proposant des pistes de réflexions et d’actions qui pourraient être envisagées pour que le « vrai changement » soit effectif.

  1. Echantillon de paroles et pensées présidentielles du mois:
  • « Cette année nous avons 100.000 tonnes d’engrais. Aucun pays africain n’a atteint cela, la Guinée l’atteint aujourd’hui…. D’’ici juin toutes les sous-préfectures du pays vont être dotées d’écrans géants pour que les jeunes aillent sur internet, suivent les films, les matchs et la télévision guinéenne… (parlant de ses opposants politiques) Ils viennent vous dire qu’ils vont développer la Guinée. Mais nous allons leur répondre dès maintenant. Parce qu’on dit que plus un singe monte haut plus on voit son derrière» (le 31 janvier lors d’un meeting électoral à Nzérékoré).
  • « En 1993 tout le monde sait que j’ai remporté la présidentielle mais j’ai laissé Conté garder le pouvoir parce que je ne voulais pas qu’on tue des gens pour que je vienne au pouvoir. J’ai été opposant pendant 45 ans, aucun politicien en Afrique ne l’a fait. Pourquoi ? Parce que quand quelqu’un n’aime pas un pays il fera tout pour l’empêcher d’aller de l’avant » (le 19, lors des obsèques d’un gendarme tué par « pierre perdue » lors d’une manifestation de jeunes pendant la grève des enseignants).
  • Pour : sincèrement BRAVO au PPAC : il a passé tout le mois de février sans voyager et sans nous imposer tous les matins ses discours insipides et répétitifs. Depuis qu’il n’est plus le chef du village Afrique tous ses potes du syndicat U.A. ont du se dire « Enfin il va nous ficher la paix, même plus besoin de l’inviter – vive l’arrivée de ce nouveau chef qui n’est pas un bavard. Ouste à ce donneur de leçons en coupures de cordon ombilical non financier alors que c’est lui seul qui fait semblant de vouloir ça ». Mais bon Dieu où avez-vous un chef qui arrive en fin de mandat et qui accepte ensuite le lendemain un poste de 4e secrétaire du nouveau boss ? En fait il semblerait que tous ses « malheurs » suite à sa mise au garage africain en janvier dernier l’auraient plongé dans une dépression majeure. Donc depuis il boude tout le monde, même son public local docile et résigné. En plus les invitations à décoller/atterrir se font de plus en plus rare, même de Pékin, Paris, Rabat, et de Dubaï. Yako papy-promesse mais pardon, il faut comprendre et accepter, votre temps est passé, maintenant c’est le temps de vos enfants et petits-enfants qui sont au pouvoir partout dans le monde en ce XXIe siècle – sauf dans votre club fermé de l’U.A. malheureusement.
  • Contre : sacré boss, il va présenter ses condoléances à une famille en deuil suite à l’assassinat de leur fils par ses hommes de main et au lieu de verser les larmes bruyantes traditionnelles de rigueur il leur parle de sa gloire politique et de l’inconscience de tous ceux qui ne le vénèrent pas. J’imagine ce qui devait se passer dans la tète des parents de cette pauvre victime innocente. Mais comme c’est la Guinée ils le remercieront plutôt et le béniront pour avoir pu trouver 10 minutes pour venir fouler le sol de leur maison. C’est aussi ça, les « Gens d’en bas » dans notre anti-gouvernance endémique.
  1. Les décisions et actions « positives » du mois :
  • Le 04, le vote pour les élections communales tant attendues et rejetées depuis 2010 se tiennent effectivement le jour prévu sans décompte de morts et de blessés par balles perdues. Malgré les flops chroniques inévitables de toute élection en Afrique anti-démocratique tels les votes par fausses procurations, les essais de bourrage des urnes, la destruction violente d’urnes suspectes de bourrage, les disparitions de P.V. entre les bureaux et les lieux de centralisation et ensuite le casse-la-gueule généralisé autour de certains bureaux de dépouillement il faut dire que ce J1 mérite la note « pas mal mais peut mieux faire ».
  • Le 19, le gouvernement lance enfin un appel solennel pour qu’il soit mis un terme négocié et pacifique au débrayage total dans les écoles primaires et secondaires. Il aura fallu attendre 2 semaines, 3 morts, des dizaines de blessés et des dégâts matériels importants pour qu’enfin le boss se rende compte qu’il y avait « de petits troubles sociaux » en ville – mais mieux vaut tard que jamais.
  • Le 27, le boss accepte de descendre de son nuage pour demander à rencontrer le chef du syndicat des enseignants – celui que lui-même et ses ministres traitaient les semaines précédentes de gréviste rebelle, surexcité, perturbateur, inconscient et j’en passe. Ce nouveau « Gorkho Sousay » (l’homme ose) a eu l’intelligence de venir avec son état-major au grand complet (55 membres) pour bien indiquer au malin boulanger qu’il n’était pas venu pour ses habituels conciliabules louches, nocturnes, toujours à deux sans témoins et arrosés au finish de valises d’argent et autre cadeaux d’achats de conscience – comme avec tous nos politiciens du pouvoir et de l’opposition. Pendant 2 heures le type a déballé tout ce que le corps enseignant avait sur le cœur et répété les conditions sine-qua-non pour la reprise des cours dans les écoles publiques et privées. Le boss hébété, comme assis K.O a écouté en silence, avec tous ses ministres présents, comme des bons élèves impressionnés par leur Professeur Soumah.
  • Pour: sincèrement cette CENI new-look dirigée par Maitre Kébé a réussi quand même à prouver que son précédent chef (Bakary Fofana) aurait dû être viré manu-militari depuis ses premières magouilles lors des législatives de 2013. Maintenant le jugement final de cette CENI sera fait réellement à la fin de tout le processus et ça personne ne sait plus aujourd’hui quand cela aura lieu. Pour la rencontre avec les syndicalistes le boss nous a tous étonné, lui qui a pourtant l’habitude d’intimider et en même temps de clouer le bec à tous ses interlocuteurs – un autre signe de la déprime ambiante dans son palais.
  • Contre : A la fin du discours-sermon il a eu le culot de se lever de son trône pour aller lui serrer la main et lui servir du « Désormais tu es mon fils Soumah, je ne savais pas. Ils sont venus mentir sur toi. C’est depuis trois jours que j’ai su la vérité» devant tous ses collègues ébahis par tant d’hypocrisie et de mensonges éhontés. Puis il les a invité à diner avec lui – mais chiche comme d’hab. il a demandé à Soumah de choisir 8 membres de sa délégation pour cela. Pas assez de couverts plaqués or et de vins millésimés sans doute.
  1. Les décisions et actions « négatives » du mois :
  • Le 01, l’organisation des Nations unies chargée des migrations (OIM) qui comprend 169 pays membres a publié la liste des principaux pays d’origine de migrants transitant par l’Afrique du Nord vers l’Italie. Selon ces chiffres le Nigeria arrive en tête avec 37.551 migrants suivi de la Gambie avec 21.929 migrants et de la Guinée avec 13.342 migrants. Il est clair que cet indicateur n’a pas été utilisé par le boss et ses ministres lors de leur campagne dans chaque préfecture pour les communales. En tout cas il décrit bien la réussite du pilote unique enfermé à double tour dans la cabine de pilotage du Sanseman depuis plus de 7 ans.
  • Le 05, on décompte un 1e mort lors du 2e jour du dépouillement des élections communales dans la préfecture de Kindia. Un jeune homme est pris en sandwich lors d’affrontements entre les miliciens armés et les partisans de l’opposition. On sait pour sur qu’il y a eu des tirs nourris de gaz lacrymogène sur les jeunes et ensuite les versions diffèrent complètement, entre bastonnade à mort et écrasement accidentel par la foule hystérique. La seule chose de sûre c’est que le sang a de nouveau coulé inutilement et qu’un gosse a été enterré injustement le lendemain du vote du 04 février 2018.
  • Le 06, le comble de l’horreur et du dégoût de la politique nationale est annoncé par le ministre chargé de l’administration au journal télévisé de 20h : «Il faut déplorer la mort de cinq nourrissons dans un incendie provoqué par des agitateurs politiques à Kalinko, dans la préfecture de Dinguiraye (environ 500 km de Conakry). Des manifestants sont allés asperger d’essence des habitations et cinq nourrissons ont péri dans les maisons et cases en feu, grillés comme des sauterelles » (les propres mots du ministre). Après vérification sur le terrain il y a eu en fait deux adolescents et deux nourrissons tués dans ce drame, comme quoi soit ce ministre est en plus un affabulateur pernicieux soit il ne sait même pas ce qui se passe dans les préfectures sous sa responsabilité. La honte et la désapprobation nationale retombent en 1e lieu sur le PPAC puis sur son équipe gouvernementale et  sa CENI qui sont chargés d’organiser la tenue d’élections nationales libres et sans triches, seul garantes de la paix sociale après tout vote populaire. Mais en plus tous les grands partis politiques du pays, y compris ceux de l’opposition devraient aussi baisser la tête car certains de leurs militants se comportent aussi comme des sauvages et qui cassent, pillent et blessent des innocents qui passent dans leurs quartiers sans même savoir vraiment pourquoi. A écouter les nombreux politiciens et seconds-couteaux chauffer leurs soldats de rue lors de certaines de leurs prises de parole publique on comprend qu’ils seraient prêts à piétiner de nombreuses personnes, sauf leurs proches, pour arriver à la mangeoire nationale. Le bilan final du casse-la gueule national pour ces communales est de 8 morts et des dizaines de blessés graves entre les préfectures de Dinguiraye, Kindia et Mamou.
  • Le 06, selon le site d’informations Guinee7.com un jeune homme nommé Mamadou Diakhoine Diallo qui était étudiant en licence 2 à l’université Gamal Abdel Nasser de Conakry a reçu deux balles la veille vers 23 heures au quartier Carrière dans la commune de Matam. Transporté d’urgence à l’hôpital la victime a succombé à ses blessures. L’escadron mobile de la gendarmerie « numéro 3 » de Matam est pointé du doigt par la famille. Inutile de dire que la journée suivante a été tout feu – tout flamme dans le quartier avec des jeunes déchainés et haineux cherchant à se venger sur tous ceux qui passent devant chez eux, gentils comme méchants sans aucune distinction.
  • Le 08, les résultats d’une enquête investigatrice de qualité par le site Guinéenews révèle les détails sur comment le pouvoir a encore une fois réussi à foutre la pagaille dans une activité électorale pourtant partie sous les meilleurs auspices. Voici un résumé : « Le jour du scrutin, d’après nos investigations une banale histoire de vote par procuration est venue tout remettre en cause entre 11 heures et 16 heures (TU). Qu’est-ce qui s’est passé ce jour-là de 11h à 16h ? Y a-t-il eu réellement de fraude à grande échelle, comme le clament Cellou Dalein Diallo et Sidya Touré ? Si oui, sur quoi se fondent-ils pour parler de bourrage des urnes ? Selon une première source, la préparation de ces élections locales avait pourtant bien démarré en ce sens que la méthode du nouveau président de la CENI rassurait tous les acteurs… Mais un gros souci : toutes les étapes du processus électoral étaient maitrisées sauf le vote par procuration. Tout un mystère. Ce problème posé, la CENI est accusée d’avoir montré une certaine nonchalance. Jusqu’au samedi 3 février 2018 à 15h (TU), donc la veille du scrutin, le vote par procuration était sur la table mais sans solution. Face à la lenteur de la CENI de trancher la question les délégués politiques ont décidé de bouder les activités pour aller dénoncer l’institution électorale. Tout le monde a plié bagages. C’est la panique. Quand ils se sont rendu compte que les interlocuteurs ne badinaient pas ils les ont aussitôt rappelés et demandé la constitution d’une délégation mixte qui ira poser le problème au président de la CENI…  Pour sauver la face il a été décidé donc de rédiger un communiqué limitant les procurations à cinq par bureau de vote. Le document a été signé par toutes les parties en lice. Curieusement, il était 16h ce samedi 3 février 2018. Un deuxième souci se pose encore : comment faire passer cette directive à la veille du vote ? Décision a donc été prise d’en informer tous les démembrements de la CENI qui détiennent les formulaires de procuration. Le jour du scrutin, contrairement aux précédents, le vote a bien démarré avec moins de problème. Jusqu’à 11h quand le vote par procuration est entré en jeu. Ce problème a été signalé à Conakry, à Manéah, en Haute Guinée et en Guinée Forestière. Selon une source crédible à Siguiri et à Mandiana par exemple, c’est un ancien vice-président de la CENI et son successeur qui auraient été mis en cause. Vers 16h, le vote par procuration s’était calmé. Mais trop tard puisque entre 11h et 16h le jeu était fait… Alerté, un parti de l’opposition fait un test dans une des communes de Conakry pour voir si les chefs de quartier se livrent effectivement à la fraude. Il a délégué certains de ses militants chez un chef de quartier de Dixinn. Le topo c’est de se faire passer pour des militants du RPG. Dès leur arrivée le chef de quartier a mordu à l’hameçon en sortant les carnets de procuration. La mèche est vendue. Cependant ils ont réussi à saisir deux carnets de 2 500 procurations sur le chef de quartier de Bellevue- école contre sept caisses saisies sur le chef de quartier de Hafia Château. Déjà un signal. Et ce n’est pas tout. Comme l’ennemi vient souvent de l’intérieur selon l’adage une source proche du pouvoir aurait conseillé à un chef de l’opposition de veiller sur les chefs de quartier mais sans en dire plus ». Et voila, hélas on est toujours déçu par les tricheurs ou voleurs politiques car il sont incorrigibles, c’est comme des abeilles devant un pot de miel.
  • Le 08, suite au conseil des ministres présidé par le PPAC himself un de ses ministres nous livre à la TV le traditionnel compte-rendu officiel. Pas un mot sur la pagaille postélectorale ni sur le « grillage des sauterelles » dans le pays profond. Les barons du sanseman s’en foutent sûrement.
  • Le 09, les résultats de ces élections commencent à être lâchés au compte-goutte par la CENI qui espère ainsi mieux cacher les fraudes et contenir les contestations selon le principe que dès qu’un résultat est publié officiellement chez nous pour rien au monde il ne sera plus possible de le modifier. Bref un très mauvais calcul pour éviter les bagarres et les balles perdues jusqu’à la présentation des résultats finaux pour les 342 communes urbaines et rurales. Au moins si elle pouvait publier tous les chiffres manuscrits des PVs finaux avant qu’ils ne passent au laboratoire électoral, une création du PDG et du PUP pour s’assurer des « traitements préventifs politiques » habituels, il y aurait déjà beaucoup moins de violences urbaines. Si en plus elle pouvait nous présenter le nombre exact de procurations prises en compte et le nombre de PV annulés par rapport au nombre de P.V. attendus par commune, ceci aurait enfin mis fin immédiatement à tout le reste de ces violences inutiles.
  • Le 12, Le syndicat des enseignants libres et chercheurs de Guinée (SLEG) déclenche une nouvelle grève générale et illimitée sur toute l’étendue du territoire national. Résultats du 1e jour : 1) la grève est largement suivie dans les écoles de Conakry et des principales villes de l’intérieur du pays. 2) deux jeunes manifestants sont de nouveau tués par les miliciens, dont un jeune chauffeur de taxi-moto de 17 ans qui a été écrasé par un véhicule blindé de la gendarmerie qui le poursuivait comme dans les films de gangsters américains. Le 2e était en classe de seconde au collège et avait 16 ans et. Il a reçu une balle anonyme dans le dos. Same old, same old, la devise nationale de nos mœurs politique et syndicale est immuable : grève = matraques = morts d’innocents manifestants. Mais comment donc mettre fin à cette spirale chronique imbécile ?
  • Le 19, nous apprenons qu’un gendarme a perdu la vie dans un affrontement entre manifestants et forces de l’ordre au quartier Koloma en haute-banlieue de Conakry. Les 1e éléments de l’enquête indiquent que le pick-up de la gendarmerie dans laquelle il était est tombé dans une embuscade, un véritable guet-apens de guérilla urbaine et que la victime a été touchée par un projectile en pleine tête lancé par un manifestant. Il semblerait qu’il était spécifiquement visé depuis un certain temps par les loubards de ce quartier. Pendant ce temps toujours pas un mot du PPAC ou de son gouvernement au vu des comptes-rendus officiels des 2 autres conseils de ministres pendant cette période, une semaine après la 1e victime de cette nouvelle crise sociale majeure.
  • Le 21, le 1e fou du Roi, « petit Sow » prouve une fois de plus son coté néfaste digne d’un Iznogoud national. Ce soi-disant ministre des sports, de la culture et du patrimoine historique, le pire homme possible qu’il faut à ce poste, aurait littéralement dit lors d’une mamaya du RPCé à Marella dans la préfecture de Faranah, à propos des opposants dans ce village « Ce que je vous dis là, suivez ça. Si on vous provoque, ripostez ! Cassez-leur la gueule… N’écoutez pas les vieux fainéants, ces soi-disant sages du coin, traitez chacun selon son comportement. Vous aussi levez-vous ! Dites au gouvernement de prendre ses responsabilités. S’il refuse, ripostez ». Ces propos sont en fait un appel irresponsable et dangereux à la haine et à violence dans cette zone rurale. Pour fois un autre membre du gouvernement, le ministre de la citoyenneté, dans une colère noire justifiée dira le lendemain à la presse « Ces propos de Bantama sont graves, encore plus graves de la part d’un représentant de l’Etat. Ces propos sont injustifiables et inacceptables quand on sait à quel point la violence dans notre pays a créé tant de victimes, de tristesses et de douleurs dans les familles et dans le pays avec leur cortège de frustrations et de sentiments d’injustices. Non seulement la justice sera immédiatement saisie par le pool d’avocats mais aussi l’inscription sur le fichier de signalement destiné à l’information auprès de la Cour pénale internationale (CPI) pour ses besoins ultérieurs si nécessaire est automatique et inévitable. Et ce sera fait ». Maintenant ma seule crainte est qu’il ne soit ensuite renvoyé pour « manque de solidarité gouvernementale » et que petit Sow ne soit promu à plus de responsabilités auprès du boss pour enfin devenir son Grand Sow, son rêve le plus cher depuis 2010 et pour lequel il n’hésitera pas à sacrifier toute personne qui se mettrait sur son chemin pour retarder cela.
  • Le 21, l’ONG Transparency International publie son indice annuel de perception de la corruption (IPC) pour 2017. Cet indice est une enquête qui mesure la perception de la corruption des autorités publiques et des partis politiques qui se concentre sur des perceptions et non sur des données réelles et reflète donc les vues d’observateurs expérimentés tels que des analystes-pays et des hommes d’affaires. La Guinée qui a une note de 27 points sur 100 est classée 148e/180 pays dans le monde et 31e/49 en Afrique. Et dire qu’il y a des crétins gouvernementaux ici qui parlent de satisfaction puisque nous aurions fait « des progrès remarquables » depuis le classement précédent. Franchement il y a des gifles magistrales qui se perdent ici.
  • Le 21, le secrétaire d’état belge en charge de l’asile et de la migration lâche sans hésiter lors d’une réunion avec notre PM et ses ministres hypnotisés « Il y a beaucoup de demandeurs d’asile guinéens en Belgique. Il y a à peu près 1.000 par an, un niveau très haut alors que la Guinée n’est pas un pays en guerre. La Guinée est un pays démocratique avec un gouvernement démocratique, sans guerre, sans extrémisme, sans djihadisme. Donc on ne peut pas comparer la Guinée avec  d’autres pays. Selon nos services d’immigration (RTBE) le Pakistan, l’Érythrée, l’Albanie, le Bangladesh, l’Iran et la Guinée constituent les pays d’origine les plus fréquents des demandeurs d’asile ». Il pense que notre pays n’est pas en quasi-guerre civile interne comme les 5 autres ? Plutôt une politesse diplomatique pour faire passer moins douloureusement le suppositoire de honte qu’il venait d’administrer à son auditoire de dirigeants.
  • Le 26, les péripéties journalières du Sanseman aboutissent finalement à l’arrêt total du pays, nous avons en même temps ce jour-là : la 3e semaine de la grève illimitée et totale des enseignants du primaire et du secondaire, le début de la grève illimitée des travailleurs des secteurs public et du privé et une ville morte à Conakry appelée par l’opposition pour exiger l’annulation des résultats des élections communales et qui est très largement suivie, Du coup circuler dans Conakry ressemble ce jour-là à un voyage surréel, tantôt un parcours lunaire style Apollo 11 par ici et par là une tentative désespérée de traverser la bande de Gaza un matin de révolte des enfants palestiniens. Finalement il y a encore un jeune d’une trentaine d’années qui est tué par les balles des miliciens dans le quartier de Dar-es Salam (commune de Ratoma). C’est la 90e victime de l’Alpha-gouvernance depuis 2010. La pression publique nationale et internationale est telle que le PPAC accepte enfin de recevoir le chef du syndicat des enseignants pourtant qualifié depuis 3 semaines d’ennemi public number one. Il enjoint aussi la CENI de bien vouloir « réexaminer » les preuves de triche présentées par l’opposition lors des élections communales malgré que cela soit totalement en contradiction avec le code électoral en vigueur. Ça chauffe pour notre tortue nationale, en plus là où ça fait le plus mal.
  • Pour : comme chaque mois, R.A.S…
  • Contre : concernant nos élections communales voyons maintenant comment diable la CENI va réussir à éliminer maintenant les caisses de procurations et retrouver les cantines de PV volés. Si elle le réussit je lui tirerais mon chapeau mais si elle le rate cela prouvera que les échecs successifs de tous nos processus électoraux sont le fait du « laboratoire électoral national » installé dans un bureau obscur du palais Satanya. Bref, même si on amène Barack Obama pur diriger notre CENI pour les prochaines législatives et présidentielle cela ne servira à rien car notre Al Capone va toujours tricher et peut-être gagner le plus souvent. Concernant cette crise chronique des banlieues de la capitale un soi-disant leader de la société civile, Mr Koureissy Condé, par ailleurs militant zélé de Satan Touré a pour une fois fait une analyse juste de ces crises récurrentes et mortelles, une qui tient vraiment la route pour les causes du Mal guinéen et pour certaines solutions à la chienlit crée par son mentor depuis 1959: « Sur l’axe Bambéto- Cosa vous avez un espace de vie qui n’est pas bien loti, pas d’espaces de loisirs, pas d’école publique ni de bibliothèque, encore moins d’hôpitaux. Les enfants naissent ici chômeurs. Ils se sentent abandonnés et les parents se sentent exclus. Ce mécontentement est sociologique. Et il demande des réponses sociologiques et des solutions économiques. En envoyant tout le temps les forces de maintien d’ordre dans cette zone l’état crée une guérilla urbaine. Donc il faut reprendre le dispositif. Il faut d’abord mettre les policiers et les gendarmes à 400 mètres près, les éloigner des zones d’intervention. Ces jeunes ne doivent même pas les voir. Ensuite dans cette zone il y a des familles, des religieux, des associations de jeunes, de groupements féminins, il faut s’appuyer de cette capacité à l’interne comme à l’externe pour pouvoir canaliser ces jeunes. C’est la même génération qui se jette dans la mer, qui se jette dans le désert, qui est interpelée en Libye ou ailleurs, qui invente un malfaiteur, qui l’attrape, qui l’attache et qui le brûle. Donc nous avons dans les bras une génération de jeunes désorientés, désœuvrés, en panne d’identité, qu’il faut, absolument recadrer et réintégrer ». Et oui, le même scenario que celui des banlieues-ghettos créés par l’état français dans les années 60 ou avant cela les camps de refugiés palestiniens causés par Israël, des no man’s land  qui déclenchent régulièrement des crises de furie et de mort après chaque perception de stigmatisation ou d’injustice ressentie par ces exclus enragés qui de toute façon n’ont rien à perdre.

Tic-tac, Tic-tac, la montre tourne ; aujourd’hui est le 2625e jour de l’ancien « Guinea is back » et du nouveau « changement radical » – déjà 07 ans 02 mois et 10 jours ! Aladji-Professeur-Président voici ma suggestion SMART (Spécifique, Mesurable, Atteignable, Réalisable et Temporellement définie) du mois pour améliorer un peu votre Sanseman : grand manitou national pardon il faut apprendre comment magouiller intelligemment à vos petits faucons égarés et en particulier leur apprendre qu’il ne faut pas qu’ils se basent sur certains articles-buzz à sensation habituels de notre presse pour faire leurs analyses des résultats. Les titres et textes sensationnels mais au fond avec des contenus légers de nombreux articles doivent être lus sereinement et à la lumière de ce que compte obtenir son auteur pour ses contes et légendes griotiques. A ce titre je ne crois jamais une info marquée « urgente » ou « officielle » (soit 60% des titres) sans l’avoir recoupée avec plusieures autres sources pour en confirmer la véracité possible. Rappelez-vous de certains cas célèbres comme ce quidam qui a plongé sur son ordi en sortant d’une réunion au gouvernorat de Conakry (en 2011 ou 2012) en jurant qu’il était assis à coté de Toumba Diakité !! Tous les Guinéens ont sûrement en mémoire d’autres fantasmes journalistes similaires récents ou passés. A mon avis vous devriez aussi leur faire comprendre les cotés inique et comique des mamayas carnavalesques organisées par eux ces 2 derniers mois (idem pour vos adversaires). Cette stratégie où ils appelaient à voter massivement pour leurs chefs respectifs alors qu’il s’agissait d’élections locales et que ce qui intéressait en premier lieu ces électeurs c’était plutôt ce que leur nouveau maire pourrait faire pour améliorer un peu leur vie de misère. Le cas des victoires de certains candidats indépendants dans des bastions politiques jadis imprenables prouve bien l’idiotie de faire parader en T-shirts et casquettes jaune-canari ou autres couleurs variées pour promettre des rêves alors que celui que vous proposez au poste ne représente pas grand chose pour ces habitants des quartiers. Et pire, vous-même avez refusé de mettre les photos de vos candidats proposés comme têtes de liste en leur disant ensuite lors de vos meetings populistes dans leurs fiefs lors de vos passages-express qu’on leur demandait de voter pour le RPCé, pas pour un quidam et que vous pourriez ensuite parachuter un parfait inconnu du coin pour être leur maire, juste pour qu’il puisse ensuite bien magouiller pour vous aux législatives et à la présidentielle qui arrivent à grands pas. Boss, cette fois-ci ils ne votaient pas pour vous les Big boss de la politique nationale – ils votaient plutôt pour les Mamadou ou Bineta qu’ils saluent tous les matins en allant chômer en ville, puis à 17 heures lors du rituel Attaya au grin du coin ou à la table de belotte et finalement avec qui ils papotent en sortant de la prière du soir à la mosquée et l’église du quartier. Après ces élections je vous fais une petite confidence : le prochain combat politique qui vaudra vraiment la peine chez nous sera d’arriver à imposer les candidatures indépendantes pour les prochaines législatives. Puisque la majorité de nos compatriotes cochent pour le moment leur bulletin en regardant avant tout l’emblème des partis ethniques il n’y a hélas presque aucune chance qu’un autre candidat, même 100 fois plus apte à nous gouverner démocratiquement, puisse avoir une chance d’arriver au pouvoir. Alors pourquoi ne pas aborder ce changement à travers des candidats minoritaires différents, les indépendants qui peuvent transcender ces calculs politiciens mesquins ? Nos CNTetards de 2010 choisis précisément et pilotés par  nos forces vives magouilleuses l’avaient bien compris en empêchant toute possibilité de candidatures indépendantes au dessus des communales dans notre nouvelle constitution. Oui, voila maintenant un nouveau bon combat politique à mener et l’unique raison valable de changer cette constitution. Hélas malin comme vous êtes vous en profiterez pour y introduire un article pour permettre votre 3e mandat à vie – et elle serait encore pire que celle que nous subissons actuellement. Comme on le dit chez l’oncle Sam « both ways we’re screwed anyway”. Ces élections communales ont également prouvé que de nombreux Guinéens méritent les chefs qui les font souffrir depuis des décennies : quand je me souviens de toutes les crises sociales bruyantes et violentes en Haute-Guinée et en Guinée Forestière ces 2-3 dernières années pour insulter le PPAC et son régime pour l’absence d’électricité, d’eau, de routes praticables, pour la mise au chômage ou en prison sans préavis de nombreux orpailleurs et planteurs traditionnels, de vente privée de nos forets sacrées..etc. Et après que je constate que ces mêmes électeurs ont voté dans ces 2 régions pour lui offrir leurs postes de maires et maires-adjoints dans la majorité de leurs communes urbaines et rurales, gage assurant du même coup la poursuite de leurs malheurs et de leurs bouffées de colère sporadiques,  je me dis que soit ils sont amnésiques-grave, soit ils sont masochistes, soit ils perdent les pédales et toute logique dès qu’on leur met des gadgets minables et un petit 50.000 GNF pour frais de transport 24 heures avant tous les votes électoraux. Pauvres Guinéens qui ont si peu de chances d’aboutir à l’émergence tant qu’ils ne décideront pas de sortir ensemble de nos ghettos politiques réducteurs – dommage et triste !

Pour finir je vous demande de regarder les situations politiques, sociales et économiques des 15 pays de la CEDEAO que vous visitez régulièrement. Pour 14 d’entre eux le centre du débat actuel est l’émergence du pays avec certes ses obstacles, ses contraintes et les petits succès annuels visibles et reconnus. Pour le 15e, celui que vous dirigez, tout le monde dans et hors du pays ne parle tous les jours que de suprématie à base ethnique avec son lot inévitable de népotisme, de corruption généralisée, de crimes de sang et économiques donc de chaos national bénéfique uniquement à une minuscule mafia locale connue de tous les Guinéens. Si j’avais 18 ans sous votre gouvernance avec aussi peu d’espoir de bonheur et de liberté qu’un jeune de l’axe Bambeto-Cosa, je serais au 1e rang de l’intifada journalière ou alors déjà mort dans le Sahara ou au fond de la Méditerranée. D’après vous qui en paiera finalement le prix dans les livres d’histoires, les dictionnaires et les encyclopédies ? Et demain ces mêmes petits mafieux porteront tous les torts du Sanseman sur vous et cracheront sur votre mémoire, comme ce fut déjà  quatre fois le cas dans notre pays. Pensez-y un peu, Yandi !

 

Publié dans 2018 | Laisser un commentaire

Une Nouvelle Voie (Janvier 2018) : le ménage polygame qui retarde le pays : le RPG, l’EDG et la RTG

Bienvenue à mon bilan du 25e mois de la Condécratie version 2.0. Je continue mon exploration mensuelle des méandres des décisions importantes pour la Nation prises par nos nouveaux chefs en proposant des pistes de réflexions et d’actions qui pourraient être envisagées pour que le « vrai changement » soit effectif.

  1. Echantillon de paroles et pensées présidentielles du mois:
  • « Nous avons d’énormes progrès à faire. Mais le plus utile c’est le changement de la mentalité. Car, nous sommes habitués à une très mauvaise gestion, au laxisme. Sous la première république il y avait la discipline. Personne ne se permettait de garer sa voiture en pleine rue pour empêcher les autres de circuler mais aujourd’hui nous avons perdu tout cela. Donc il est important que nous apprenions la discipline, que nous respections nos voisins, que nous respections la loi. Voilà autant de défis que nous devons relever en 2018. Et moi je suis décidé à relever ces défis. J’ai prévenu le gouvernement : ceux qui n’iront pas dans ce sens-là partiront. Tout le monde est utile, personne n’est indispensable. Il faut que nous, les cadres, les dirigeants, essayions d’abord de servir notre peuple en améliorant les conditions du peuple… En 10 ans le président Lula a pu sortir le Brésil de la misère. S’il y a la volonté nous aussi nous pouvons sortir une bonne partie de la population. Lula a réussi, ce n’est pas un Dieu. Nous aussi on peut le faire à condition que nous soyons patriotes… Le deuxième grand point faible de la Guinée, en dehors du nationalisme étroit, c’est l’absence de patriotisme. Nous ne sommes pas patriotes et nous ne voulons pas défendre les intérêts de notre pays. Chacun ne pense qu’à soi et ne veut pas le bonheur de l’autre Or sans patriotisme aucun pays ne peut aller de l’avant… Nous avons voté l’année dernière la loi contre la corruption. Il faut maintenant qu’elle s’applique afin d’améliorer le fonctionnement de notre administration et lutter contre la corruption… Grâce à des cadres africains compétents nous sommes en train de développer notre agriculture. Tous les cadres africains compétents qui peuvent venir ou qui sont à la retraite je leur ferai venir, que cela plaise ou pas… Très souvent les problèmes auxquels nous sommes confrontés sont dus à des ingérences étrangères qui ne nous écoutent pas alors que nous subissons les conséquences de leurs actions. C’est de notre faute parce que nous avons des complexes et nous ne prenons pas notre destin en main. Le retard de l’Afrique est dû en grande partie à des chefs d’Etat africains… Je n’ai pas été présent en Guinée, j’étais souvent absent à cause l’Union Africaine… » (le 02, lors d’une mamaya de vœux à Conakry avec ses 2 gouvernements, les institutions version RPCé et le corps « diplomagique »).
  • « Tout le monde félicite ma présidence de l’Union Africaine sauf les journalistes guinéens… Je suis prêt à collaborer avec la presse mais il faut que chacun commence par balayer devant sa porte, c’est votre rôle d’expliquer et vous ne le faites pas. C’est comme si la presse guinéenne a pour rôle de montrer que ce qui ne va pas et non ce qui va. On a été à Paris et on a obtenu 21 milliards, vous avez saboté cela en supportant Soumah (le secrétaire général adjoint du syndicat des enseignants en grève). Comment voulez-vous que le gouvernement vous accompagne dans ce sens… Ce que les journalistes peuvent faire ici dans un aucun autre pays dit démocratique ils ne peuvent le faire. Je n’ai jamais demandé un droit de réponse. Vos émissions interactives, les gens qui appellent, racontent du n’importe quoi…  Je m’en fous de ce que les gens écrivent, ce ne sont pas eux qui gouvernent la Guinée. Tous ceux qui auront l’intérêt de la Guinée dans leur ligne de mire on va travailler ensemble mais tous ceux-là qui vont travailler contre la Guinée ils me trouveront sur leur chemin…  Comment Cellou (Dalein) peut aller dire à Labé que moi je suis contre les peulhs ? Allez-y en France demander, certains disaient même que j’étais l’instrument des peulhs contre les malinkés… J’ai dit à tous les diplomates, celui qui va s’ingérer dans les affaires de la Guinée je le mettrais dans le premier avion  La Guinée est un pays souverain. C’est vous qui avez le complexe. J’ai dit qu’il est temps que nous prenions notre destin en main… (parlant de ses opposants) Il y a certains qui tiennent des discours pour que je les mette en prison alors qu’ils ne représentent absolument rien. Ils passent leur temps à insulter et après ils m’envoient des messages pensant que je vais les appeler pour leur donner de l’argent. Ce que tu n’as dit pendant que tu étais au gouvernement c’est après ton départ que tu pourrais le dire… Ce qui se passe en Guinée ne se passe nulle part pour les médias, dans les émissions surtout les émissions interactives. Allez-y dans les pays dits démocratiques vous le faites là-bas, le même jour vous partez en prison. Au Sénégal, en Côte d’ivoire, des journalistes y sont arrêtés mais moi j’ai dit depuis que je suis opposant que je ne répondrai pas à un journaliste à plus forte raison l’emprisonner. Dans d’autres pays ces journalistes des « Grandes Gueules » iront tous en prison. Il y en a qui crient et écrivent pour que je les reçoive. Ils n’ont qu’à continuer je ne les recevrai pas tant qu’ils ne changent pas. Il y a d’autres qui m’insultent pour que je leur donne de l’argent ou que je les mette en prison, je comprends leur politique visant à se martyriser pour qu’on dise qu’ils ont été les plus audacieux. C’est des nuls politiques, je suis mille fois plus politique qu’eux. Je regrette qu’on change partout en Afrique sauf les journalistes guinéens. Je me demande parfois si ces journalistes sont des patriotes   » (le 05, lors du déjeuner de nouvel an et de réconciliation (!) avec la presse nationale).
  • « Nous allons construire une usine de canne à sucre à Faranah. La canne à sucre avec la biomasse donne de l’énergie… Nous pouvons développer la culture de manioc, d’arachide et de maïs puis renforcer la production du miel… Le handicap de la Guinée c’est qu’on produisait beaucoup mais nos produits étaient transformés dans les pays voisins, l’essentiel des plus-values ne revenaient pas aux paysans guinéens. C’est pourquoi nous avons décidé de transformer sur place tous nos produits agricoles…  Il y aura des machines qui transforment la pomme de terre en frites congelées, nous pourrons garder nos pommes de terre pendant plusieurs mois. On pourra les vendre à Conakry dans les hôtels et restaurants mais aussi les exporter à l’extérieur. C’est la même chose pour les tomates qui pourrissent rapidement. On aura des machines qui vont les transformer en jus de tomates… Nous sommes très heureux d’annoncer aux populations de Kolaboui et Boké que la société « Winning » a déjà réuni tout le financement pour construire le chemin de fer et démarrer l’usine d’alumine. Cela va non seulement augmenter les revenus mais aussi le nombre d’emplois. L’avenir de la Guinée, ce ne sont pas les mines, seule l’agriculture peut le faire et sortir les Guinéens de la pauvreté’ » (le 09, lors d’un show minier de papy-promesses à Boké).
  • « Les syndicats doivent être responsables. Ils doivent savoir qu’un pays ne peut pas avancer sans sacrifice. S’il n’y a pas de ressources on ne peut pas augmenter les salaires, on ne peut pas améliorer leur condition de vie….  Ça ne sert à rien d’avoir deux millions de francs guinéens si vous pouvez acheter 10 sacs de riz alors qu’avant avec la moitié de cette somme vous pouviez acheter la même quantité de riz donc ce n’est pas seulement le montant du salaire qui compte mais le pouvoir d’achat » (le 11, lors de discussions avec des syndicalistes qui exigent un quadruplement de leurs salaires sous menace de grève illimitée de l’éducation nationale).
  • « Dans l’accord avec la Chine nous avons prévu la construction d’un chemin de fer, pas seulement de Conakry à Kankan, mais Conakry-Kankan-Mandiana-Bamako-Bobo Dioulasso…Il n’y a pas de routes en Guinée, je crois que nos amis diplomates en venant de Conakry à Kankan s’en sont rendu compte. Je leur donne rendez-vous dans 3 ans. Quand vous reprendrez la route Conakry-Kankan, vous verrez la différence. La route Coyah jusqu’à la frontière de la Sierra-Léone, les routes Boké-Kéba, Kankan-Beyla, Kankan-Mandiana, Kindia-Télimélé-Gaoual, grâce à l’accord stratégique que nous avons signé avec la Chine l’année dernière et la coopération avec la Banque africaine de développement et l’Union Européenne, vont aussi être réalisées J’étais à Boké pour réceptionner des moissonneuses-batteuses. On a besoin de temps. Même si nous avons de l’argent nous avons suffisamment besoin de temps pour réaliser notre programme. Avant 2020 Souapiti sera terminé, le barrage de Fomi sera lancé, Koukoutamba sera lancé, Amaria également sera lancé (tous des barrages hydroélectriques), ca sera à l’actif de la troisième République. La route Dabola-Coyah va être commencée cette année, la route Kouroussa-Dabola la même chose, finalement vous n’aurez pas de problèmes en venant à Kankan. D’autres routes également seront retouchées comme de Coyah à la frontière avec la Sierra Leone, la route Kankan-Kérouané-Beyla ou Kankan-Mandiana, la route de Boké-Telimélé-Gaoual. Avant la fin de l’année nous allons avoir une usine de montage de tracteurs, de camions et de bus à Conakry… Les guinéens mangent mal, on mange beaucoup de viande rouge, cela entraine beaucoup de maladies. Nous ne mangeons pas assez de poissons, de poulets et de légumes. Mon administration a décidé d’amener les Guinéens à changer leurs nourritures. Nous avons commencé à développer la pisciculture afin que les Guinéens puissent manger du poisson. Nous avons aussi besoin de manger du poulet. Nous allons commencer l’élevage des poulets. Il va y avoir deux usines d’alimentation de volailles. Avec la coopération marocaine nous allons commencer les cultures maraichères… Nous ne voulons pas être seulement un scandale agricole mais plutôt un grenier. Comment en effet le Mali peut faire 400 à 500  mille tonnes de coton et la Guinée ne fait que 200 mille alors qu’ils ont le même climat et le même paysage… (parlant du gouverneur de la région qui le recevait)  Il n’y a pas de Général dans la police, c’est l’inspecteur général et le contrôleur général. Donc le gouverneur n’est pas Général, il est inspecteur général. Il ne faut pas confondre l’armée à la police… Ce qui avait été prévu par le colonisateur français c’est cet avenir que nous voulons à la Guinée pour qu’elle devienne le pays le plus développé des anciennes colonies françaises » (le 13, lors de la célébration de l’an 59 de l’indépendance du PDG/RPG bien que jusqu’à un nouveau décret celle-ci soit le 02 Octobre).
  • « Dites à Sékou Savané (député du coin) d’être correct sinon je viendrais le rendre correct. Aujourd’hui il est un peu paniqué mais je viendrais lui mettre sur la route. Laissez-le, il me connait, je viendrais lui corriger (rire). C’est pareil pour les cadres qui sont à Conakry, El hadj Tidiane Traoré et sa suite, quand ils viennent à Conakry ils doivent faire le travail de Siguiri. Ce sont des cadres qui ont fait que le Général Lansana Conté n’a pas pu travailler… Les ristournes des sociétés minières seront mises dans un compte et la gestion sera très rigoureuse. Aucun maire ne gérera, c’est très clair et net. Désormais la gestion du contenu local sera transparente… Les gens qui s’agitent en pensant qu’ils seront maires ils se trompent… C’est la même chose pour Kindia, Kérouané, Boffa, Boké, Kamsar. Partout le contenu local sera mis à la disposition de la population, il n’y aura plus de détournements, c’est fini… J’ai vu que les jeunes de Siguiri savent poser le pavé, Alors, Mme la ministre des travaux publics vous allez les inviter afin que toutes les rues de Siguiri soient faites en pavé… La force de la Guinée n’est pas dans l’or, ce n’est pas aussi la bauxite et non plus le fer. La force de la Guinée est dans l’agriculture. Donc je vous invite à cultiver la pomme de terre, le fonio, le sésame… J’ai commandé des machines depuis la Chine qui vont transformer la pomme de terre en chips qu’on va vendre en Arabie Saoudite et autres…Cultivez le fonio, aujourd’hui nous avons importé des machines qui rendent le travail du fonio très facile… Plus de détournements, plus de vols, c’est fini ! On a été trop gentils c’est pourquoi certains sèment la pagaille. Or aucun pays ne peut avancer dans la pagaille… C’est un défi que j’ai lancé au monde entier, la Guinée retrouvera la place de pays de plus développé d’Afrique de l’Ouest francophone » (le 14, lors d’une mamaya à Siguiri pour la suite des festivités de l’an 59 de l’indépendance du pays).
  • « La Guinée veut s’industrialiser or les mines consomment énormément d’énergie, une usine d’alumine consomme plus que la ville de Conakry en énergie, c’est pourquoi en plus des barrages nous sommes obligés de faire une centrale à charbon propre. Les barrages vont servir pour l’industrie légère etc., la centrale à charbon va ravitailler les usines d’aluminium pour arriver à l’alumine » (le 19, lors du lancement des travaux du barrage hydroélectrique d’Amaria à Dubréka).
  • « Le prix d’un ananas et le prix d’un jus d’ananas ne sont pas les mêmes c’est pourquoi nous nous battons pour la construction d’une usine de jus d’ananas. La production de la Côte d’Ivoire en ananas a baissé, nous avons donc la chance de récupérer le marché international mais cela suppose qu’on produise beaucoup… Nous demandons les femmes de cultiver le fonio, le maïs, l’arachide et le manioc, nous allons vous accompagner. Le travail du fonio est très difficile pour les femmes c’est pourquoi nous avons fabriqué des machines qui décortiquent et qui pilent le fonio. Toutes les sous-préfectures qui font le fonio auront des machines pour transformer le fonio et tout le fonio qui sera produit sera acheté par le gouvernement… Cette année nous allons faire la journée de l’élevage à Labé. En Guinée les bœufs sont très maigres et les vaches ne donnent pas beaucoup de lait. Au Maroc vous avez des bœufs qui pèsent jusqu’à une tonne et demie ca veut dire qu’un bœuf au Maroc est égal à dix bœufs en Guinée. C’est pourquoi en accord avec le roi du Maroc nous avons formé des vétérinaires au Maroc pour faire l’insémination c’est-à-dire faire faire des veaux aux vaches en leur donnant l’insémination. Donc les veaux qui vont naître ne donneront pas des bœufs qui font 200 kg mais des bœufs qui feront 700 kg. Ça va mettre fin à la guerre entre les éleveurs et les paysans parce que l’herbe-là n’est pas riche. Par contre avec l’insémination des bétails les bœufs vont devenir plus gros et cela va mettre fin aux vols de bétails… Nous voulons transformer nos produits sur place avant de les exporter. Nos mangues pourrissent ici, nous allons construire un hangar frigorifique à Kindia pour la conservation des mangues. Les tomates aussi pourrissent alors que nous pouvons les transformer en jus de tomates. C’est pourquoi nous allons construire une usine de tomates à Kagbélen ou à Mamou… Nous allons aussi vous accompagner dans la teinture, la savonnerie et autres. Quand j’étais à Kankan je leur ai dit qu’on ne va pas porter des habits venus de l’Occident, nous allons porter du tissu produits à Kindia, cela va encourager les productrices. Si elles produisent et qu’on n’achète pas elles vont se décourager. Nous vous encourageons à produire parce que nous allons acheter… Très souvent nous cultivons avec des bœufs de labour, cela ne peut pas transformer l’agriculture. C’est pourquoi aujourd’hui nous avons commandé beaucoup de tracteurs, de moissonneuses-batteuses, et des rizeries parce que si nous accompagnons les paysans nous sommes certains que la Guinée deviendra le grenier de l’Afrique de l’Ouest. Voilà l’ambition que nous avons… Au cours de l’année 2018 nous allons transformer la pomme de terre en frites congelées et en exporter dans des conteneurs frigorifiques en Europe et dans les pays arabes… Le riz aura plus de valeurs que le pétrole. Nous pouvons produire notre riz, consommer et en exporter. C’est pourquoi, nous allons aider les agriculteurs. Nous avons livré des moissonneuses-batteuses à Boké. Des tracteurs sont en cours de route. Chaque agriculteur pourra les louer via Orange Money. S’ils n’ont de moyens ils vont s’organiser en coopératives. Nous allons installer une rizerie qui produira 5 tonnes de riz par heure. Les jeunes vont s’organiser en groupements, en une seule journée de travail ils pourront transformer une importante quantité de riz paddy en riz décortiqué » (entre le 20 et le 24, lors de mamayas électorales déguisées à Boké, Kindia, Mamou, Dalaba et Pita).
  • « Pour chaque problème c’est un seul chef d’Etat va parler au nom de l’Afrique. Toute ma bataille c’est pour que l’Afrique parle d’une seule voix et que les problèmes africains soient réglés par des africains. Parce que c’est nous qui sommes victimes quand ça ne va pas… Nous devons faire face à nos responsabilités. Si nous critiquons nos partenaires nous devrons reconnaitre que nous avons à jouer notre rôle. Si nous avions créé de l’emploi pour nos jeunes ils n’allaient pas émigrer. Nous ne sommes plus un syndicat de chefs d’Etats qui se protègent les uns les autres. Nous sommes des chefs d’Etats responsables qui ne reculent pas, reconnaissent leurs faiblesses et qui décident à les surmonter » (le 28, discours de fin de présidence lors du sommet de l’UA à Addis-Abeba).
  • « L’opposition guinéenne a une maladie infantile congénitale, ce n’est pas une opposition. Ce sont des gens qui ont été nommés par Conté comme ministres et après avoir quitté le gouvernement ils forment des partis politiques… A partir de cette année nous avons décidé que les marchés publics, les finances ne seront plus chargées des financements des appels d’offres parce qu’il y a beaucoup de problèmes. Chaque ministère fera son appel d’offres avec un système de contrôle. Souvent ce qui se passe, il y a des gens qui sont aux marchés publics et lorsqu’ils ont des marchés ils les redirigent  directement vers leurs propres sociétés. Nous avons des jeunes qui viennent dans la fonction publique qui n’ont pas ce passé, aujourd’hui nous avons ces jeunes DAF (directeur administratif et financier) qui apportent beaucoup à la gestion. Quand je prends l’énergie ces jeunes DAF m’ont aidé à découvrir assez de difficultés, combien d’argent on perd. Vous savez les gens sont maitres dans l’extrapolation sur les factures. Grâce à ces jeunes nous avons découvert ces pratiques. Le scandale à EDG, 2/3 des recettes n’existent pas. Je prends les cas d’une boulangerie à Ratoma qui en deux mois de consommation ne paye que 10.000 GNF ou des gens qui doivent 500.000 GNF qui continuent de recevoir le courant. Ce qui fait que l’Etat perd assez d’argent.  Cette année on a demandé à l’inspection d’Etat de vérifier tous les marchés passés au dernier trimestre par tous les ministères. Est-ce que la marchandise a été livrée ? Est-ce que le travail a été fait ? Il faut que l’on sache. Parce que très souvent certains vont voir des hommes d’affaires pour dire on ne livre pas et on partage, c’est que tu payes et la marchandise n’est pas livrée. Cette année on a dit avant qu’on ne fasse n’importe qu’elle commande en 2018 il faut qu’on sache exactement  l’état de chaque ministère. Si un ministère a commandé et que ce n’est pas livré en ce moment-là on applique la loi anti-corruption… En 2017 je n’ai pas passé une semaine complète en Guinée qui a aussi traversé des moments difficiles. J’ai voulu honorer mon mandat à la tête de l’UA. A travers moi la Guinée s’est investie pour que le continent parvienne à parler d’une seule voix, comme sur les crises du Moyen-Orient ou sur le terrorisme et prenne un peu plus son destin en main»  (le 30, lors de la mission de campagne pour les communales du président du RPCé en Guinée Forestière).
  • Pour : vraiment papy-promesse a fait fort ce mois-ci. S’il fait 10% de toutes ses promesses nous aurons effectivement dépassé la Cote d’Ivoire avant le vote pour le 3e mandat en 2020. En tout cas chaque nuit maintenant je rêve qu’en venant en vacances en décembre 2019 j’aurais la sensation de vivre dans le Singapour africain, Walahi !
  • Contre : tout d’abord au sujet de ses discours triomphalistes à consommation uniquement locale voici une réflexion personnelle sur ses oublis incompréhensibles lors du discours de l’An lu le 31 décembre : pas un mot sur son plan de lutte cohérant et urgent contre la pire chose que l’on ait vu à la telle en 2017, la vente à l’air libre comme du bétail d’Africains par d’autres Africains en Lybie. Comment a-t-il pu parler de succès pour les jeunes Guinéens alors qu’ils sont le 2e contingent en nombre dans les camps de refugiés à Lampedusa et à Bruxelles ? Comme seule action concrète pour l’emploi des jeunes il n’a trouvé que le recrutement de 1600 personnes (surement pistonnés) pour la nouvelle usine militaire du camp Alpha Yaya ! Ensuite pas un mot  sur un programme détaillé pour fêter nos 60 ans d’indépendance bien qu’en effet il n’y ait pas grand-chose à fêter. Pas un mot d’un plan concret pour freiner la corruption, l’impunité et la médiocrité de son gouvernement et de ses miliciens armés dont il est le 1e responsable en tant que président de la République.  Et il a en outre eu le toupet de dire que toutes les institutions constitutionnelles sont maintenant en place alors que la Haute Cour de Justice, la seule qui soit autorisée à le juger avec les autres grands voleurs gouvernementaux est un sujet tabou dont personne n’ose faire cas devant lui sans en subir des conséquences à très court terme. Ensuite ses menaces lassantes, répétitives trop longues et insolentes, dépassant toutes les limites du socialement correct chez nous à notre société d’état « corrupteurs et corrompus S.A. », réchauffées à chaque discours improvisé ont cessé d’effrayer mêmes les cancres peureux de la mangeoire. Ils pensent tous « Cause toujours Bobby, hurle comme tu veux, la caravane passera. Le crachat d’un crapaud ne salit pas une colombe ». Plusieures fois, après les interminables grimaces du ministre conseiller personnel Tibou Kamara, notre Talleyrand national, pour lui demander discrètement de la fermer au bout d’une heure, celui-ci n’a eu d’autre choix que de se lever pour lui déposer discrètement une note écrite obséquieuse bien-sur. Comme j’aurais aimé voir le contenu de cette missive et la savonnade « OMO qui lave plus blanc que blanc » dans les heures qui ont suivi. Et puis c’est triste de constater que jusqu’à présent notre boss n’a encore rien compris de la résolution de la mal-gouvernance de notre continent. Non, tant que la solution d’un problème du continent aura comme négociateur un chef d’état/dictateur incapable de gérer et prédateur reconnu de l’essentiel des ressources de son pays, il ne réglera aucun problème de l’Afrique tout simplement parce que ses interlocuteurs qui pourraient l’y aider écouteront poliment mais iront ensuite vaquer aux problèmes de nations et de leaders plus crédibles et sérieux. Ces derniers savent qu’ils ne peuvent pas demander des conseils à des Madoff tropicaux pour régler des problèmes de la finance mondiale.
  1. Les décisions et actions « positives » du mois :
  • Le 02, le ministron chargé de la justice a eu le courage de dire publiquement « Le code civil est bloqué à l’Assemblée Nationale depuis deux ans. J’essaie de sensibiliser les députés de différents bords politiques pour leur dire qu’il n’y a pas que la polygamie dans cette loi. C’est ce qui bloque un peu. Vous savez que dans notre pays beaucoup de députés et des ministres sont polygames. Ce qui fait qu’on est arc-bouté sur ce point-là alors qu’il y a d’autres points importants. On va essayer de convaincre respectueusement les députés pour leur dire que c’est important, que la population guinéenne serait contente que cette loi soit votée ». Bravo Mr le ministre, vous commencez l’année 2018 en force après tous les rêves judiciaires que vous nous avez vendus en 2016 et 2017. Mais entre les 4 épouses et les 2-3 deuxièmes-bureaux de 80% de son auditoire honoré il n’est pas prêt de réussir ce pari.
  • Le 03, la CENI annonce qu’au terme du dépôt des listes de candidatures elle a enregistré 1302 listes de candidatures dont 1115 listes de partis politiques, 107 listes de coalitions de partis politiques et 98 listes indépendantes. Il y aura donc en tout 29.351 conseillers en lice pour cette nouvelle mangeoire officielle dont 6989 femmes soit 24% (ce qui n’est pas si mal pour ce 1e essai depuis 2005) et 3766 jeunes (moins de 30 ans) soit 13% ce qui est bien trop insuffisant.
  • Le 04, le PPAC prend pour la première fois en 2018 une décision qui va certainement soulager la population, l’exonération de la TVA (taxe sur la valeur ajoutée) sur certains produits de première nécessité que certains ministrons ont voulu imposer pour finir plus rapidement leurs chantiers d’immeubles personnels. Il s’agit du riz, du blé, de la farine et des additifs entrant dans sa production, du pain, des huiles alimentaires, de l’huile de palme, du poisson et du gaz domestique. Une petite compensation pour alléger l’augmentation des retenues sur salaires des fonctionnaires des secteurs publique et privé pour augmenter le budget de la présidence, une nouveauté prévue dans la loi des finances 2018 mais qui ne touchera que les gens d’en haut (nos ministres, députés, haut-fonctionnaires et cadres des banques) qui hurlent dans la presse mais sans grand chez les gens d’en bas, les Vrais-Gens du pays.
  • Le 15 démarre enfin le tant promis – tant reporté procès du colonel Issa Camara et Cie au tribunal de première instance de Labé. Vous vous souvenez, ce bandit-chef d’une bande de Mad Max qui ont distribué généreusement des bastonnades, intimidations et pillages dans la ville de Mali le 17 juillet 2016 parce qu’un jeune chauffeur avait par inadvertance bloqué le passage de sa tournée triomphale matinale dans son royaume militaire. Ce procès a reçu de la presse le surnom bien approprié de « procès des pillards de Mali ». Le mec s’est retrouvé assis tout penaud et le crane rasé devant des juges civils et militaires. Comme quoi même chez nous le cercle de l’impunité se rétrécie un peu plus tous les jours. Je rappelle les principaux faits d’inculpation : pillage, incitation à commettre des actes ne respectant pas la discipline, révolte, vol, coups et blessures volontaires, incendie volontaire, dommage aux animaux et recel. Et il a eu le culot de plaider non coupable et surtout d’oser dire : « Mes agents ont donné 5 coups de fouet à un chauffeur indiscipliné. A Conakry on a fouetté plus de 1000 chauffeurs, pour nous c’est rien du tout. J’estime que si je ne m’étais pas employé pour calmer mes hommes le bilan aurait fait plus que celui du 28 septembre.  Au nom de Dieu je ne suis pas sorti ce jour ».
  • Le 16, enfin une bonne nouvelle pour les 3 derniers prisonniers politiques du PPAC : après la cassation de leur condamnation par la Cour Suprême les accusés de l’affaire dite « attaque du domicile privé du président Alpha Condé, le 19 juillet 2011 », le commandant Alpha Oumar Boffa Diallo (AOB), madame Fatou Badiar Diallo et l‘handicapé Jean Guilavogui sont devant le juge Mangadouba Sow au tribunal de première instance de Dixinn. Le début des débats est houleux avec la partie civile (le PPAC) et le procureur (encore le PPAC) qui font tout pour rejeter en bloc la décision en appel prise par la Cour Suprême de les libérer en raison de leur détention illégale car nettement supérieure aux délais maximums prévus par la loi. Prions tous pour que ces 3 innocents de l’auto-attentat du boss soient enfin libérés et pour que les véritables coupables de crimes de sang, de viols en plein air et de vols de cadavres de victimes enterrés nuitamment dans 3 fosses communes en haute banlieue, puissent les remplacer au gnouf le plus vite possible. Et si Donald Trump en disant « pays de merde » avait plutôt dit « pays avec des régimes de merde » il aurait été applaudi par tous les démocrates africains qui haïssent tous l’injustice, le népotisme et l’impunité dans les dernières médiocraties tropicales comme la nôtre.
  • Pour: vraiment quelques initiatives prometteuses ce mois-ci ce qui indique que la pieuvre s’affaiblit dans certains aspects tous les jours mais on est encore loin d’être sorti de l’auberge. Et puis les « un pas en avant – deux pas en arrière » sont encore trop fréquents pour le moment. Concernant les listes de candidatures à la CENI si ces informations sont véridiques elles seront un bon pas concret dans l’évolution de la démocratie chez nous, un que je ne pensais pas possible un mois auparavant vu des guerres larvées et ouvertes mais surtout l’amateurisme pitoyable de cette même CENI au cours de ce processus d’organisation. Maintenant attendons encore de monitorer le processus jusqu’au bout avant d’applaudir
  • Contre : un seul petit bémol concernant les listes de la CENI : préparons-nous donc à continuer à être gérés à 90% par les anciens vieux magouilleurs nationaux qui ont mis ce pays à genou depuis 60 ans et que toute tentative de les redresser sera équivalente à l’essayer avec du bois mort pourri. Concernant le procès des pillards de Mali il démarre donc bien à la Guinéenne le 1e Finalement le verdict est prononcé le 26 avec hélas une punition là la hauteur de notre système judiciaire pourri « Le lieutenant-colonel Issa Camara est condamné à 6 mois d’emprisonnement avec sursis et 1 million de francs guinéens d’amende… Par rapport à l’action civile le colonel Issa Camara et ses quinze co-accusés sont reconnus coupables et condamnés au paiement de deux milliards GNF». A ce tarif-à  ces milichiens n’hésiteront pas la s’y remettre dans quelques années – et tant pis pour la population violentée et volée de la préfecture de Mali.
  1. Les décisions et actions « négatives » du mois :
  • Le 02, La CENI qui a la charge de l’organisation des élections communales reconnait qu’elle a du mal à distinguer les logos de certains partis politiques ayant déposé leurs listes de candidatures, une complication qui risque de créer un grand cafouillage si une solution n’est pas trouvée. Il faut rappeler que plus de 1000 listes de candidatures ont été déposées sur l’ensemble du territoire. Et c’est seulement à un mois de l’échéance qu’elle se rend compte de cela alors qu’elle prépare ces élections depuis plus de 10 ans. L’amateurisme va nous tuer dans ce pays, Walahi !
  • Le 02, une nouvelle ministre de l’agriculture est installée en grande pompe devant tout le gotha ministériel et la mamaya habituelle. Mme Mariam Camara, l’ancienne directrice générale de la Société Guinéenne de Palmier à Huile et de l’Hévéa (SOGUIPAH) est présentée par ses collègues et par la presse comme l’exemple parfait de la réussite dans le domaine agro-alimentaire et l’unique gestionnaire depuis 20 ans du « fleuron de l’économie nationale ». Une lecture détaillée d’un rapport d’audit du ministère chargé de l’économie et des finances révèle exactement le contraire. Voila le type de cadres et militants discrets mais généreux et bons payeurs qui sont promus au sommet de leurs domaines d’activité, comme bons exemples de notre émergence prochaine, version Sanseman. Et le boss pense sérieusement que les gentils investisseurs qu’il attend en masse en 2018 pour la relance de l’agriculture ne seront pas briefés sur cela même avant de descendre de leurs avions à Conakry ?
  • Le 04, lors du conseil des ministres le pathétique ministre chargé de l’énergie a étalé de nouveau la faiblesse de ses capacités de gestionnaire. Il annonce qu’en raison de créances impayées par l’état notre fournisseur principal de carburant (Star Oil) a réduit drastiquement ses approvisionnements aux différentes centrales thermiques ce qui se traduit par le retour des délestages intempestifs en ville. Et son boss nous parle ensuite d’un taux de croissance pour 2017 de 6,5% avec des prévisions de 8% pour 2018 ! En attendant les jeunes sont redescendus pour protester violemment. A la tombée de la nuit ils ont barré la rue principale Le Prince et déversé des tas d’immondices sur la chaussée en signe de protestation. Certains véhicules ont été caillassés par des protestataires  en colère. Pour rajouter à l’ineptie totale de cette gestion quelques minutes plus tard le courant électrique est revenu dans le quartier d’où une nouvelle justification pour ces jeunes de sortir désormais à chaque coupure car ils ont compris qu’il faut toujours mettre le feu sous la carapace de la tortue présidentielle pour la faire avancer un peu.
  • Le 11, les autorités préfectorales de Siguiri ont décidé de fermer toutes les écoles de la préfecture à partir de ce jour parce que le PPAC doit y faire une visite de quelques heures le dimanche 14. Les médailles d’or de la démagogie et de la bêtise peuvent du coup être attribuées à ces autorités pour ce mois de janvier.
  • Le 12, nous avons la confirmation par le journal Jeune Afrique que les magouilles à la Guinéenne dans le procès des massacres du 28 septembre 2009 ont effectivement démarré : « Selon nos informations, deux hauts-cadres de l’armée guinéenne ont finalement bénéficié d’un non-lieu au grand dam des parties civiles. Le premier est l’actuel gouverneur de la ville de Conakry, le général Mathurin Bangoura. Ancien ministre des Transports il est perçu comme un membre influent du Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD) du nom de la junte militaire au pouvoir entre décembre 2008 et décembre 2010. Ce statut de l’avis de certaines parties civiles l’aurait conduit à prendre part le 27 septembre 2009 à une réunion sur la planification de la répression qui allait causer le lendemain au stade de Conakry 157 morts, 89 disparitions et 109 cas de viols … Le deuxième est Bienvenu Lamah. Toujours selon la FIDH ce capitaine de la gendarmerie était au moment des faits le responsable de la milice stationnée au camp de Kaléah qui se trouve dans la préfecture de Forécariah, à 100 km au sud de Conakry. Plusieurs dizaines de ses recrues en tenue civile et armées d’armes blanches ont participé au massacre… Malgré ces soupçons le pool des juges d’instruction a estimé qu’il n’existait pas de charges suffisantes pour prononcer le renvoi des deux officiers devant un tribunal. Au total treize accusés devraient donc comparaître devant le tribunal de Dixinn au lieu des 15 inculpés originaux. En plus il y a la requalification à la baisse des faits visés dans le dossier, jusque-là qualifiés de « crimes contre l’humanité ». Quelle justification ! Je lai toujours écrit ici ce procès, si le PPAC acceptait de le tenir avant de nous quitter, ce dont je doute depuis 2011, finira par 2 condamnations, celle de Toumba Diakité « qui est le seul coupable de tous ses crimes, viols et vols de cadavres » et celle du chauffeur de Dadis pour avoir brûlé un feu rouge ce jour-là.
  • Le 13, le PPAC célèbre en grande pompe à Kankan l’an 59 de notre indépendance des colons blancs et de notre recolonisation immédiate par des colons locaux depuis 60 ans. Donc en 2018 nous aurons 2 célébrations officielles de la même date mais surement à des dates différentes. Cette fois-ci c’est en fait un petit réchauffement pour le boss, ses ministres, les militants et miliciens du RPCé pour les élections communales prévues dans moins de 2 semaines, petit calcul logique des esprits prévoyants de notre anti-gouvernance. Voici 3 autres exemples typiques de ce Mal national : 1) cette fête en Haute Guinée, son soi-disant fief électoral aura coutée environ 1000 milliards de GNF aux contribuables guinéens. Les 3 précédentes (Nzérékoré pour la Guinée Forestière, Boké pour la Basse Guinée et Mamou pour la Moyenne Guinée) n’ont eu droit chacune qu’à 250 milliards pour les mêmes infrastructures et mamayas. Le pays a bien 4 roues mais  la 1e est une Michelin et les 3 autres sont des « made in Nigeria » alors vous comprenez pourquoi on ne peut pas avancer. 2) Tous les Grands ministres qui n’ont pas eu de place dans le vol présidentiel (soit 100%) ont pris un vol commercial (First of course) pour atterrir à Bamako avant de redescendre sur Kankan en carrosse local. Bien sur les ministrons, chauffeurs et gardes de corps des chars ministériels se sont farci l’enfer routier pour les retrouver et les servir sur place. Ils ne sauront donc jamais ce que les « petits Mamadou » vivent tous les jours sur ces routes pour aller les applaudir. 3) Juste après la fête tous les ministres ont été dépêchés illico dans les 33 préfectures du pays officiellement pour expliquer aux broussards paumés « le nouveau  plan-miracle du PPAC » mais surtout pour leur rappeler les conséquences néfastes s’ils ne votent pour lui ce jour-là.
  • Le 16, le ministre chargé de la jeunesse a pris part à une cérémonie de tirage aléatoire de jeunes diplômés sans emplois pour un stage en entreprise. Selon lui « Cette initiative du gouvernement s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre de la composante 2 du projet « Booster les compétences pour l’employabilité des jeunes dans le cadre du programme Education à l’Employabilité ». Et oui, dans tous les pays du monde on organise des tests écrits et/ou oraux pour choisir les meilleurs étudiants pour leur donner les meilleures chances de réussir leur stage et augmentant ainsi leurs chances de recrutement ultérieur. Chez nous on tire comme au Loto en ayant au préalable bien pipé les dés pour être sur que seuls les pistonnés ou friqués seront recrutés. Imaginez ensuite la suite de leur carrière dans cette entreprise de stage – ou ailleurs.
  • Le 18, le PPAC décrète un 3e gouvernement dans son système de Sanseman dont voici la teneur exacte : « Article premier : il est créé auprès du président de la république un groupe opérationnel de travail chargé de la mise en œuvre et du suivi des conventions sino-guinéennes. Article 2 : Le groupe opérationnel travaillera en coordination avec les ministères sectoriels dans l’identification et le suivi de tous les projets susceptibles de bénéficier d’un financement chinois. Il transmettra les rapports réguliers du comité de suivi de l’accord de partenariat stratégique sino-guinéen à l’attention du président de la république dont une copie sera adressée au premier ministre chef du gouvernement. Article 3 : Les membres du groupe opérationnel sont : 1-Le conseiller économique du président de la république. 2-Le conseiller en charge des infrastructures du président de la République ; 3- Le conseiller en charge des infrastructures de l’ACGPMP. 4-le conseiller en charge de mission du président de la république. 5-Le service juridique du président de la république. Article 4 : Le fonctionnement et la mise à disposition des moyens techniques matériels et financiers sont assurés dans le budget de la présidence de la république». Suivent ensuite 4 noms de « nobody jokers » pour colorer un peu la bande de filous présidentiels et faire semblant de partager un peu des 20 milliards USD avec quelques brouteurs étatiques secondaires. Le système est maintenant bien en place pour le transfert direct ou via Dakar de 80% de ces montants vers Dubaï et Shanghai pour des investissements familiaux dignes de ce nom.
  • Le 19, la campagne pour les élections des mairies est officiellement lancée dans tout le pays et le même jour le PPAC, président à vie du RPCé (et accessoirement de la république) fonce le même matin dans la sous-préfecture de Friguiagbé, préfecture de Kindia pour soutenir ses candidats locaux. De là il continue sa mission-promesse dans de nombreuses villes et bourgades de la Basse-Guinée et de la Moyenne-Guinée, comme si cela était tout à fait normal dans un pays démocratique. Avant chaque arrivée dans un bled les écoles et marchés sont fermés (et parfois même les hôpitaux pour les plus zélés). Tout ce beau monde étant convié – avec pointage rigoureux – aux lieux de mamayas avec des T-shirts et des casquettes jaune-RPCé. Avec un tel avantage ses candidats peuvent déjà confectionner leurs écharpes tricolores de maires. Il ne lui reste plus que 343 communes urbaines et rurales à visiter avant le 04 février et il aura réussi son premier « un coût – KO » de 2018.
  • Le 23, ça y est, le tour du monde mensuel reprend malgré ses promesses précédentes avec la 1e escale annuelle obligatoire, le sommet de Davos 2018. Le même jour il avait fait une rapide escale supersonique à Monrovia pour faire la bise à Mister Georges le jour de son investiture. C’était une obligation, mais bien moins agréable, en tant que chef du village africain pour encore une semaine, pour un voisin si proche de nous. Mais pas question de perdre son temps à participer avec tous ses homologues de la CEDEAO aux cérémonies d’investiture dans un stade alors qu’il avait un diner bien plus important ce soir-là à Davos. Ensuite après une courte escale à Malabo pour voir ses deux meilleurs amis-dictateurs Theodore Obiang Nguema et Yaya Jammeh c’est un vol direct pour Addis-Abeba pour rendre en larmes et sanglots son tablier de chef non renouvelable cette fois-ci. Au fait les principaux conseillers dans son jet cette fois-ci sont Carlos Lopez (du Cap vert), Albert Bourgi (du Liban), Chantal Cole (de personne ne sait d’où précisément), Samba Batchily (du Sénégal) et Mohamed Kagnassy (du Mali/Niger) – c’est donc ça le panafricanisme de notre Sorbonnard Féanfard.
  • Le 25, un forum magouillé vide-vite par notre ministère chargé des affaires étrangères (et étranges) finit dans un fiasco total avec l’invalidation par le PPAC du haut-conseil soit disant élu par des « représentants légaux » de toute la diaspora. Pour une fois les faucons d’état ont totalement raté leur coup bas. Ce qui est triste dans tout ça c’est que les « petits malins » choisis par nos ambassadeurs dans la diaspora et qui pensaient avoir enfin touché le jackpot pour intégrer la mangeoire nationale ne s’arrêteront pas en si bon chemin a cause de ce petit contretemps. Ils seront dans les jours qui suivent à la charge avec un peu plus d’intelligence et finiront par réussir leur coup à moins que toutes les associations guinéennes fonctionnelles dans chaque pays ne se mettent rapidement autour d’une table pour élire de manière transparente et inclusive leur haut-conseil par pays et réussissent ensuite à parler d’une seule voix pour l’imposer à leurs ambassades même si pour cela il faut trouver les moyens pour passer au dessus d’elles pour s’imposer. Pour une fois le pourront-elles ? That’s the real question. Sinon qu’elles sachent qu’elles seront court-circuitées et progressivement écartées totalement et définitivement…
  • Le 30, à peine revenu de son détrôneage au sommet de l’UA le boss file immédiatement pour se consoler vers la Guinée Forestière pour boucler la campagne de son parti politique pour les communales. Ainsi les 4 régions naturelles sont endoctrinées au cours d’un même mois. Les cireurs de pompes régionaux et préfectoraux se sont fendus d’un communiqué typique de chez nous : « Pour  donner à l’événement toute sa dimension les responsables en charge de l’éducation ont décidé de suspendre les cours dans toutes les écoles publiques et privées de la ville et les élèves et enseignants sont invités à prendre part au meeting prévu à la Place des Martyrs ». Et oui, le populisme communiste pour nous mais le capitalisme sauvage pour lui et les siens. Et les Guinéens/moutons d’en bas chantent et dansent en T-shirts jaunes poussin et verts comme une marrée d’abrutis pour le remercier. Franchement à bien y penser on se dit que quelque part la majorité des Guinéens méritent bien notre papy Feanfard.
  • Pour : comme chaque mois, R.A.S…
  • Contre : concernant la nouvelle ministre de l’agriculture voici l’analyse d’un journaliste du site Guineenews en date du 08 janvier : « Si le chiffre d’affaires de la société est passé de GNF 217.032.381.070 en 2015 à GNF 250.384.676.516 en 2016 soit une progression de 15,36%, paradoxalement l’ensemble des charges d’exploitation de l’exercice opposé à l’ensemble des produits d’exploitation donne un résultat net déficitaire de -20.469.187.869 GNF en 2016.Déjà en 2015 la société avait enregistré un résultat négatif de 9.196.684.384 GNF qui s’est fortement aggravé cette année 2016 pour atteindre -20.469.187.869 GNF soit -122,57%. La société publique dont le capital social est de 40.000.000.000 GNF entièrement détenu par l’Etat, a vu ses dépenses augmenter exponentiellement. La dette sociale est passée de 8.298.054.115 GNF en 2015 à 13.766.406.887 GNF en 2016, soit une augmentation exponentielle de 65,89% ; la dette fiscale de 2016 s’élève à GNF 143.077.179 (sous réserve qu’elle fût payée dès le premier trimestre de 2017) ; la dette des fournisseurs s’est accrue de 33.465.269 247 GNF en 2015 à 47.475.573.083 GNF en 2016 soit une progression de 41,86% ». Il paraitrait que la dame aurait également des démêlés depuis quelques années avec la justice belge pour des blanchiments de capitaux extérieurs suspects dans ce royaume, une « affaire de biens mal acquis » tant à la mode en Occident actuellement. Et pourtant les travailleurs de la boite ont prié le PPAC de ne pas la leur reprendre – pas fous les mecs, ils savent qu’avec un nouveau directeur leur recréation financière et leurs bakchichs journaliers risquent de disparaitre pour de bon.

Tic-tac, Tic-tac, la montre tourne ; aujourd’hui est le 2597e jour de l’ancien « Guinea is back » et du nouveau « changement radical » – déjà 07 ans 01 mois et 10 jours ! Aladji-Professeur-Président voici ma suggestion SMART (Spécifique, Mesurable, Atteignable, Réalisable et Temporellement définie) du mois pour améliorer un peu votre Sanseman : grand boss, pardon il faut nous inventer des solutions durables à notre inconscience chronique et à notre insouciance morbide. En voici un bon exemple, fourni par les journalistes du site d’information AfricaGuinee.com, l’un des plus sérieux du pays. Il nous livre le 04 les résultats d’une enquête investigatrice troublante sous vos yeux. « A la gare routière de Bambéto à Conakry les passagers à destination des pays voisins n’ont aucun mal à se doter d’un carnet de vaccination pour franchir tranquillement les frontières. Ce document qui est exigé au niveau des frontières de beaucoup de pays est délivré à tout demandeur sans qu’aucune dose de vaccin ne lui soit administrée. Ce carnet de vaccination de couleur jaune s’obtient sans encombre en déboursant seulement un montant forfaitaire qui varie entre 25.000 et 30.000 GNF soit environ 2.5 euros. Sur ce carnet de 12 pages vous retrouvez au moins 4 cachets rectangulaires de la division prévention estampillés « Le Chef de Division Prévention et Vaccination Internationale ». Un responsable syndical précise « Présentez-vous juste devant les lignes qui sortent du pays comme la Sierra Léone, le Liberia, le Sénégal. Les syndicalistes vont vous donner mais je ne connais pas le prix actuel. J’avais l’habitude de chercher pour des voyageurs c’est entre 20.000 et 25.000 francs guinéens. Mais à ce jour j’ignore le prix, ils collaborent avec le service médical qui fournit ça, c’est valable pour les vignettes aussi ». Il nous indique le coin du livreur. Arrivé, ce dernier demande 25.000 et la pièce d’identité avec laquelle le demandeur voyage, il prend le passeport et sort un carnet jaune des tiroirs avec des cachets et des pré-signatures. Il s’éclipse pendant un moment, le temps pour lui de remplir le formulaire. Bien que nous sommes le 02 janvier 2018 il met sur le carnet 25 décembre 2017 et nous le rend. Si l’on insiste pour être vacciné également la réponse est immédiate « c’est un papier que tu as demandé tu l’as eu, si tu parles de piqures ou autre rends-le nous et va te vacciner. C’est les médecins qui ont envoyé ces documents pour aider tout le monde. Donc c’est légal, à vous entendre vous faites un doute. Mais c’est légal ce document, partout où vous passez, c’est le même qu’on vous donnera, ce n’est pas Bambéto seulement, c’est dans toutes les gares, quand c’est fini, les médecins vont envoyer encore, voyez les cachets on les fait avant de les envoyer, ici on ne fait que remplir juste l’identité de la personne ». Vos sbires n’ont rien appris après la catastrophe nationale du virus Ebola – nous sommes donc ouverts à tous les prochains serial-killers-cadeau du monde : peste, fièvre de Lassa ou de Marbourg  et même pourquoi pas les 1e cas de Chicoungounia dans la sous-région ! Et après vous insultez officiellement vos homologues parce que tous nos pays voisins qui exigent des carnets de vaccination aux Guinéens depuis l’épidémie d’Ebola mettent la plus part de ces faux documents grossièrement falsifiés directement dans leurs poubelles de bureau de frontière. Et les enquêteurs de rappeler en conclusion qu’en Guinée l’obtention des documents dans l’illégalité est monnaie courante. Des permis de conduire, des certificats de visite et contre visite, des passeports, des faux avis de recherche livrés par certains tribunaux du pays pour des gens en quête d’asile à l’étranger sont des problèmes journaliers en Guinée. Patron, c’est vrai que nous étions au bord d’un grand précipice quand vous êtes venus au pouvoir comme un messie en décembre 2010 pour nous faire espérer de nouveau – depuis hélas nous ne faisons que des grands pas en avant !

Publié dans 2018 | Laisser un commentaire

Une Nouvelle Voie (Décembre 2017) : bégaiement et ridicule graves à l’Assemblée Nationale

Bienvenue à mon bilan du 24e mois de la Condécratie version 2.0. Je continue mon exploration mensuelle des méandres des décisions importantes pour la Nation prises par nos nouveaux chefs en proposant des pistes de réflexions et d’actions qui pourraient être envisagées pour que le « vrai changement » soit effectif.

  1. Echantillon de paroles et pensées présidentielles du mois:
  • «  (répondant à une question sur son plan de lutte contre le chômage des jeunes) Je vous pose une question : le chômage, c’est seulement en Guinée ? Comment voulez-vous qu’au bout de 5 à 6 ans on transforme complètement la situation, c’est-à-dire mettre fin au chômage ? Vous voulez qu’en 5 ans que je fasse en sorte que tous les Guinéens aient un salaire ? Tous les efforts que nous faisons ne bénéficient pas à tous les guinéens de la même manière. Nous sommes obligés de privilégier les populations les plus vulnérables, mais je ne suis pas un magicien » (le 011, lors d’une interview avec une journaliste d’Africa24).
  • « (parlant aux cordons ombilicaux coupés) C’est bien qu’on fasse des promesses mais le temps est venu de passer des promesses aux réalisations concrètes. Nous avons adopté 19 projets en mars 2017 mais jusqu’à présent aucun projet n’a démarré… Le Président Macron m’a dit que c’est pour montrer qu’on passe à l’action. Nous espérons qu’on nous montrera pas seulement des déclarations, des financements… Notre ambition, c’est l’énergie, l’industrialisation, et que l’Afrique devienne l’usine du monde à la place de Chine. Notre ambition est que l’Afrique soit maitresse de son destin et que les problèmes africains soient résolus par les africains avec l’Union Européenne, les Nations-Unies. Nous ne voulons pas faire de l’Afrique un continent fermé mais lorsqu’il y a des problèmes en Europe ce n’est pas les USA qui viennent les résoudre. Pourquoi alors lorsqu’il y a des problèmes en Afrique on doit venir nous donner des leçons ? Nous ne voulons plus de leçons, nous voulons d’une coopération d’égal à égal en respectant notre souveraineté » (le 11, à Paris lors d’un sommet mondial sur le climat).
  • « Nous (chefs d’Etats du l’UA) ne devons plus être un syndicat des chefs d’Etat couvrant les uns les autres. Si nous utilisons nos maigres ressources au profit des couches les plus vulnérables il y aura moins d’immigration. Si nous gérons au profit d’une minorité les jeunes vont immigrer. Nous sommes majeurs et responsables et nous n’avons pas peur de mettre la main sur nos tares » (le 11, à Paris lors d’une réunion à l’UNESCO sur les énergies renouvelables).
  • « Certains avaient mal interprétés mes propos, j’ai dit que j’ai pris la Guinée là où Sékou Touré l’a laissée. Ce que ça veut dire c’est dire le président Sékou Touré a amené l’indépendance politique à la Guinée, qu’on le veuille ou pas… Moi mon rôle c’est de donner l’indépendance économique. … Nous sommes en train de négocier pour doter l’armée guinéenne de chars et de blindés. Nous avons commandé beaucoup d’armes et de munitions de la Chine qui seront là avant la fin du mois. Ceci pour permettre à notre armée de s’entrainer correctement. Il ne faut pas seulement que ça soit les américains ou autres nations qui nous aident mais pour que nous-même nous puissions faire en sorte que nos armées sur l’ensemble du territoire puissent s’entrainer et être prêtes. Notre armée qui était une des meilleures en Afrique de l’Ouest doit retrouver cette place qu’elle occupait d’antan… Je veux dire à l’armée guinéenne, bien- sûr nous avons traversé des épreuves difficiles, bien-sûr que la situation des militaires n’est pas ce qu’il faut. Mais je dis toujours aux officiers généraux qu’ils doivent veiller aux conditions sociales des soldats. Si le gouvernement veille sur l’armée il est du rôle des officiers aussi de veiller sur les conditions sociales de l’armée » (le 17, lors d’une mamaya pour la pose de la 1e pierre de la rénovation de l’usine militaire).
  • « Si au niveau de l’Afrique, 54 Etats, nous arrivons à parler d’une seule voix aujourd’hui comment un petit pays de 12  millions d’habitants comme la Guinée,  les hommes d’affaires ne peuvent pas être dans une seule organisation  plutôt que d’êtres éparpillés entre de multiples organisations. Certes l’administration a des tares mais les hommes d’affaires en ont plus… Il y a beaucoup d’entreprises irrégulières dans la pêche, dans beaucoup de secteurs et qui sont une mauvaise image de la Guinée. On doit les fermer. Je l’ai dit aux hommes d’affaires, ce n’est pas la peine de m’appeler. Si les services contre la répression ferment des usines, et ils vont fermer beaucoup, ce n’est pas la peine de m’appeler. Toutes celles qui sont dans l’irrégularité on va les fermer. Et on va assainir la situation. Nous avons un casino qui est en train d’être géré par un bandit. Alors soyez moins complices s’il vous plaît de vos partenaires. Si nous voulons assainir on doit assainir totalement. Le gouvernement est décidé à assainir, décidé à lutter contre l’impunité et contre le grand banditisme. Nous n’aurons pas d’état d’âme. Il faut que cela soit clair. La Guinée mérite d’aller plus loin » ( le 20, lors du lancement des activités du Forum Guinée Business, plateforme regroupant les secteurs publique, privé et la société civile ».
  • « Quand je viens ici je vois beaucoup de choses qui me font honte. Mais les élections communales laissez ça au parti. La lutte que le RPG a faite je ne voudrais pas voir les jeunes sortir aujourd’hui pour casser. Arrêtez de vous battre parce que ce n’est pas ceux qui seront élus qui vont diriger le pays » (le 24, lors des obsèques d’un de ses anciens camarades de lutte politique dans la préfecture de Kérouané).
  • « En 2018, après mon mandat à la tête de l’Union Africaine, je voyagerais moins. Je vais m’occuper de la politique intérieure et suivre l’ensemble des projets et accords signés avec les partenaires…» (promesse semi-confidentielle faite à un de ses amis au cours du mois).
  • « Vous avez évoqué l’indépendance de la justice vis-à-vis du pouvoir politique mais vous avez oublié un point important qui est celui de l’indépendance de la justice vis-à-vis du pouvoir d’argent. Beaucoup de vos  magistrats rendent des jugements scandaleux. Certains jugements sont rendus parce que des gens ont payé de l’argent. Monsieur le ministre vous êtes avocat c’est pourquoi vous avez peut-être voulu protéger vos amis en oubliant qu’il y a la corruption… Actuellement Sima (le président de la Cour Suprême) qui est chargé de la discipline, soyez un plus sévère, soyez moins gentil. Vous êtes trop gentil. Là où vous êtes vous devez être intransigeant sinon les investisseurs qui viennent seront découragés… (s’adressant à l’un des plus grands voleurs du pays) Avant d’être président de la Cour des Comptes vous avez été directeur du budget, puis ministre des finances, vous savez dans quelle situation nous avons trouvé ce pays (le 27, lors de l’inauguration du nouveau siège flambant neuf du ministère de la justice au centre-ville).
  • « Je suis fier de partager avec vous la célébration de cette période de notre histoire au moment où je m’apprête à transmettre le flambeau de la présidence en exercice de l’Union Africaine…. L’année 2017 s’achève avec un bilan économique prometteur pour notre pays. En plus des changements économiques un cadre attractif a été créé pour favoriser les investissements extérieurs… Notre programme national de développement économique et social s’exerce aujourd’hui dans un contexte politique serein. Cette gouvernance confirme notre ancrage dans la démocratie qui est la base de notre stabilité politique. A ce jour toutes les institutions prévues par la constitution, ont été mises en place » (le 31, extraits du discours de bilan et vœux surréels du PPAC à ses victimes résignées).
  • Pour : bravo pour les propos réalistes à l’UNESCO et pour les vœux pieux concernant ses potes de ce club trop bien connu par l’auditoire du jour. J’aimerais bien voir maintenant ce qu’ils lui répondront en coulisse lors de votre prochaine rencontre. Ils doivent d’ailleurs tous être pressés de le voir partir dans quelques jours du perchoir africain vu ses libertés régulières de parler en leurs noms sans aucune consultation préalable. Il reconnait aussi enfin qu’il avait fait une bourde inacceptable et incroyable en fin 2010 en disant reprendre le pays là où Satan Touré l’avait laissé. Hélas sa nouvelle justification est aussi nulle que sa première affirmation – hopeless ! Bravo aussi pour la promesse de moins voyager en 2018. Pour rappel rien que ce mois-ci il a visité la Côte d’Ivoire, l’Egypte, la France, la Turquie et le Nigeria – qui dit mieux, Messieurs les derniers dictateurs du continent ?
  • Contre : notre coupeur de cordon ombilical semble oublier ses bravades chaque fois qu’il revoit des blancs friqués en Occident. Il fait exactement le contraire de ce que son homologue Ghanéen avait dit au même Macron à Accra en début de mois : cessons de mendier sans honte alors que nous-mêmes prouvons faire beaucoup de choses tous seuls chez nous. La complainte habituelle sur la malhonnêteté chronique des hommes d’affaires et des fonctionnaires du pays et sur son règlement imminent par l’assainissement du milieu et la sévérité dans l’action n’a plus été applaudie même pas ses mamayeurs maintenant. Finalement il faut vraiment avoir du cran pour prendre à témoin de son combat l’un des plus grands vautours financiers et maitre incontesté de l’anti-gouvernance nationale qu’il a malgré tous ses dégâts économiques passés nommé au poste de président de la Cour des Comptes qui est chargée justement du contrôle de la gestion financière de l’Etat – quelle hypocrisie sans aucune gène ni respect minimal pour les victimes de sa gabegie !
  1. Les décisions et actions « positives » du mois :
  • Le 04, le PPAC décrète que les élections communales auront lieu 4 février 2018 dans les 342 communes urbaines et rurales du pays. Vous me direz que c’est ce qui était prévu depuis les derniers accords politiques mais une simple confirmation de date est un miracle chez nous. Il faut quand même rappeler que les dernières élections des maires datent de 2005, sous le régime de Lansana Conté et que le boss avait promis de les tenir en 2011.
  • Le 08, le ministre chargé de la défense nationale, donc ministre du plus grand bordel national, annonce que les prévisions financières pour son ministère pour l’année 2018  prévoient une diminution de 15% par rapport à son budget 2017. Enfin nos militaires sont rassasiés et laissent un peu plus pour les autres.
  • Le 12, un nouveau signe important semble franchi dans la perspective de la tenue d’un procès dans le dossier des massacres du 28 septembre 2009. Selon une source généralement bien informée (le site Africaguinee.com) « Le Procureur de la République près le tribunal de Dixinn (en charge du dossier) a retourné aux juges d’instruction ce jour le dossier des infractions commises le 28 septembre 2009 à Conakry au stade du même nom. Le parquet a accompagné ses réquisitions définitives. Dans les prochains jours le pool des juges en charge du dossier sera amené à rendre l’ordonnance de clôture de l’enquête. Le représentant du ministère public dans ledit dossier a fait connaitre la position de la société. Il appartiendra désormais aux juges de prendre souverainement leur décision. C’est un très grand pas sur la voie du procès du 28 septembre ». On croise les doigts malgré tout notre pessimisme.
  • Le 20, le PPAC lance les travaux du Guinée Business Forum (GBF), une plateforme nationale de dialogue entre l’Etat, le secteur privé et la société civile. Il vise à améliorer l’environnement des affaires et entamer la transformation structurelle de l’économie guinéenne. Il devrait officiellement permettre de décider des reformes à mettre en œuvre pour assurer un développement inclusif et durable pour les 2 secteurs-clés du développement national (économique et social). Une bonne initiative en théorie – maintenant on attend de voir comment nos Haut-cadres vont tout mettre en œuvre pour la saloper à leurs avantages égoïstes comme d’hab.
  • Le 20, le ministre chargé de l’enseignement supérieur fait une présentation de son bilan 2017 et les activités prévues pour 2018 devant l’Assemblée Nationale (AN). Parmi les points à féliciter en 2017, son annonce de grandes économies par l’arrêt de certaines vannes de détournement dans les bourses données aux universités pour prendre en charge leurs étudiants. Par ailleurs il a annoncé plusieurs actions prévues pour 2018 parmi lesquelles la création d’écoles d’excellence en santé, mines, la bancarisation des bourses des étudiants, l’harmonisation des diplômes, la construction et l’extension de l’université de Sonfonia et le recrutement d’enseignants étrangers et de guinéens résidant à l’étranger. Espérons qu’il ira plus loin que son lip service habituel dont vous aurez un bel exemple dans le chapitre suivant.
  • Pour: le ministre chargé de l’enseignement supérieur a déclaré : « Le recensement biométrique qui nous a permis d’économiser aujourd’hui environ 141 milliards 971 millions de francs guinéens qui se reflète dans la loi de finances rectificative de 2017. Ca c’est juste au niveau du privé mais au niveau du public il y a eu des réductions très importantes, nous avons épargné ça peut dépasser plus de 150 milliards de francs guinéens ». Dommage qu’il n’ait pas donné aussi les chiffres des crises cardiaques et décès inexplicables de tous les membres de la chaine alimentaire ainsi interrompue.
  • Contre : . concernant le ministre de l’enseignement universitaire il est clair qu’il prend ses rêves pour des réalités s’il croit vraiment faire tout cela en un an dans le contexte actuel – ou alors il ment comme tous ses collègues pour se faire apprécier par le Boss. Mais il est quand même l’un des très rares ministres actuels qui ait une vision claire de certains aspects indispensables pour remettre un peu d’ordre dans son domaine stratégique national.
  1. Les décisions et actions « négatives » du mois :
  • Le 01, les distributeurs clandestins de Canal + dans les quartiers de Conakry ont organisé un sit-in suivi d’une marche de protestation parce que leurs branchements illégaux ont été débranchés et leur matériel confisqué par la police sur injonction de la société et de la justice. Sacré pays où même les tricheurs organisent des marches de protestation maintenant, un nouvel indicateur de la détérioration avancée de la morale et de l’étique dans le bled.
  • Le 07, encore un nouveau prêt malgré nos 41 milliards USD de l’année : le conseil d’administration de la BAD (Banque Africaine de Développement) a approuvé un prêt de 100 millions de dollars US. Il s’agit d’une contribution pour un projet de 1,4 milliard de dollars US porté par la Guinea alumina corporation (GAC, filiale de Emirates Global Aluminium). Les fonds participeront à la construction de la mine, d’un terminal d’exportation au Port de Kamsar et à la rénovation d’un chemin de fer de 143 km reliant le site minier au port. Tous ces travaux sont prévus de prendre fin en 2020 et les abrutis présents ont applaudi à tout rompre.
  • Le 08, soit 72 heures après son retour d’Abidjan il redécolle. Cette fois-ci c’est pour l’Egypte, puis Paris (obligatoirement) et la Turquie, le tout pour encore une fois diversifier et colorer les photos officielles d’ouverture de plusieures rencontres internationales. Il reviendra nous voir pour quelques jours le 16.
  • Le 08, le directeur national des unités d’intervention de police (Ansoumane Camara AKA Bafoé) est décrété « Général » pour les bons services de matage rendus contre les manifestants pacifiques de Conakry. Et bonjour l’apologie de l’impunité nationale.
  • Le 10, c’est une cérémonie haute en couleur au siège du RPCé pour le baptême d’un nouveau mouvement RPCiste « Atéwala, après lui c’est lui ». Aux dires de son boss béni des Dieux du coin « Le mouvement a pour objectif d’intervenir dans les médias publics et privés surtout à travers les émissions interactives avec responsabilité de défendre les acquis du parti RPG Arc-en-ciel et de son Président le Pr Alpha Condé dans l’intérêt supérieur de la Guinée ». Mai il rajoute sans aucun gène : « la Cellule de communication du mouvement « Atéwala, après lui c’est lui » est confronté à d’énormes difficultés dont la méconnaissance de leur mouvement par le président Alpha Condé, le manque criard des moyens financiers et matériels pour la réalisation de leur plan d’action. Egalement l’inaccessibilité aux informations relatives au projet de société du président Condé et de son gouvernement et des problèmes relatifs à l’amélioration du niveau d’étude et de formation de certains de leurs membres pour faciliter la réalisation rapide de leurs objectifs. Une volonté clairement exprimée de créer un cordon ombilical en béton armé avec les bosses du moment. Mamayas et GNF sont indispensables pour la boum électorale prévue dès le 02 janvier 2018.
  • Le 11, la menace du PPAC contre les radios privées guinéennes est lancée par ses faucons : 4 radios sont fermées sauvagement. Deux motifs officiels sont invoqués, le renouvellement annuel des licences et le paiement des redevances de 25 millions GNF par an. L’autorité de régulation des postes et télécommunications (ARPT) somme ainsi 47 radios et télés de payer plus de six milliards de GNF, la facture cumulée des arriérés qui remontent depuis 2009. Au total seules deux radios seraient en règle (CIS Médias et le Groupe Chérie radio-télé). Il aura donc fallu attendre 8 ans pour sévir ou bien c’est juste un prétexte qui tombe à point pour toutes celles qui dénoncent de mieux en mieux notre anti-gouvernance ?
  • Le 11, on nous annonce un nouveau programme historique avec le FMI ! Il est historique parce qu’il inclut une enveloppe de prêts non-concessionnels de 650 millions de dollars US en complément d’autres financements identifiés sur la période 2018-2020. Les blancs-là vont nous tuer avec toutes leurs promesses farfelues car irréalisables à court terme. Leur seul but est de nous gaver de prêts et nous on ne fait qu’ouvrir grandes nos bouches insatiables.
  • Le 12, la nouvelle loi des finances 2018 est adoptée à l’unanimité par l’AN et avec applaudissements retentissants des opposants-opposés. Ceux qui espéraient une réduction du train de vie du Sanseman en ont eu plein les yeux : le budget de la présidence qui était de 367 milliards GNF en 2017 passe à 408 milliards en 2018 soit une hausse de plus de 41 milliards GNF. Le milliard journalier n’était plus suffisant car ils avaient oublié au départ le 13e mois de services en fin d’année. De même les crédits accordés en 2018 à plusieurs ministères et institutions ont connu une hausse, passant au total de 15 mille milliards à 20 mille milliards GNF. Ainsi la primature a vu son budget baisser de 79 milliards à 64 milliards Également le ministère de l’économie et des finances qui avait bénéficié de 440 milliards en 2017 se contentera de 312 milliards. Pour payer toutes ces hausses « indispensables et urgentes » il est donc introduit une augmentation de la RTS (retenue sur salaire) des pauvres fonctionnaires du secteur public ! Et oui, pour augmenter à droite il faut bien diminuer quelque part et de préférence à gauche – c’est mathématique, tout simplement.
  • Le 14, le tour cycliste de Guinée est lancé avec un tracé de 300 km.  Tout va bien jusque là, mais le hic et l’incompréhension de son organisation viennent du fait que le montant prévu pour le vainqueur du tour s’élève à 5 millions GNF (560 dollars US). Au même moment, la prime de qualification par étape pour les footballeurs est passée cette année de 5.000 à 10.000 USD par joueur et par membre du staff technique. Et au dessus de ceux-ci, notre maillot jaune perpétuel, le PPAC a eu droit à un bonus du vainqueur du tour 2017 de 41 milliards GNF supplémentaires. Morale de l’histoire : notre pays est l’un des deniers au monde où on a plus de chances d’être milliardaire en faisant de la politique qu’en faisant du sport de haut niveau, surtout hors du football. Le ridicule était tellement pathétique lors de la cérémonie de clôture qu’un gentil commerçant du pouvoir a immédiatement doublé les primes pour sécher les larmes de vainqueurs et de leurs familles.
  • Le 14, la recherche démesurée de nouveaux financements externes pour notre plan de développement national atteint le surréel : le conseil d’administration du FMI approuve un accord triennal au titre de la Facilité Elargie de Crédit (FEC) d’un montant de 170 millions $ en faveur de la Guinée. Selon les gentils donateurs « Le programme triennal au titre de la  FEC appuiera le plan national de développement économique et social 2016-2020, pour favoriser une croissance plus élevée et plus inclusive tout en préservant la stabilité macroéconomique ». J’espère qu’ils ont aussi prévu de nous construire de nouveaux coffres forts inviolables à la Banque centrale. Je ne demande quand est-ce que le boss dira à ses ministres d’arrêter de mendier parce qu’ils en ont assez récolté et qu’il faut maintenant ingurgiter et digérer ces fonds. A moins que ceux qui récoltent aient immédiatement leurs pourcentages personnels à chaque nouvelle prise je ne comprends vraiment pas leur logique.
  • Le 16, le PPAC lance la reconstruction de l’usine militaire du Camp Alpha Yaya afin de doter nos forces armées d’équipements ultramodernes sur financement turque. Cette usine qui était fermée depuis 24 ans aura une capacité de 720 000 tenues militaires par an ! Les mots tenues scolaires sont aussi cités une fois pour donner un léger contenu social à cette nouvelle dépense militaire inutile. L’usine comprendra un bloc de tissage, deux blocs de coupe et confection, un bloc de fabrication de chaussures et un laboratoire pour le contrôle du tissu. Environ 1.600 nouveaux emplois seront créés. Aucun détail public bien sur concernant les milliards ainsi engloutis et en partie détournés. Le délai des travaux est officiellement de 3 mois mais vu que le chef de l’entreprise est une vielle connaissance nationale nuisible. Avec ce requin du passé bien connu pour ses œuvres basses et récemment revenu au pays après son exil volontaire et compréhensible avec son ripoux de neveu tigré Maréchal Sékouba Konaté, il y a beaucoup de chances que le budget et les délais soient triplés, voir même plus.
  • Le 18, c’est le début du procès du meurtre par balle du jeune Hamidou Diallo lors d’une marche pacifique et autorisée de l’opposition guinéenne le 18 Aout 2016. A la barre du tribunal de Dixinn l’accusé a nié être à l’origine du tir et a lâche ensuite une bombe : il précise qu’il n’était pas le seul policier à sortir ce jour-là avec une arme de guerre pour aller à la manifestation : « Ce jour le commandant Ibrahima Sory Dioubaté qui est le chef d’unité, le capitaine Mohamed Lamine Soumah, le commandant Soriba Soumah et moi-même sont tous sortis avec chacun une arme. L’instruction de sortir avec ces armes a été donné dans l’enceinte de la compagnie mobile d’intervention et de sécurité (CMIS) de Bambeto ». Pour la première fois un milicien nous dit la vérité sur ce secret de polichinelle d’Etat. Encore un autre qui sera victime d’une courte maladie fatale le lendemain de sa sortie du tribunal.
  • Le 20, nous apprenons que Mr I. S. Condé, haut cadre du ministère du budget, condamné par contumace à dix ans de prison dans l’affaire retentissante du détournement des treize milliards à la Banque centrale en 2012, a repris tranquillement son poste au ministère du budget sans avoir purgé sa peine, comme si de rien n’était. Il a été pourtant démontré lors du procès qu’il était le cerveau de cette malversation. Imaginez les comptes rendus des missions diplomatiques externes sur place aux nouveaux hommes d’affaires qui viendront se briefer chez eux sur les opportunités d’investissements sérieux chez nous ! Pour nos bandits en col blanc, le bon nom de famille, la bonne carte de parti et la participation assidue aux mamayas du samedi sont des free pass totales pour tous les crimes.
  • Le 20, le ministre chargé de l’enseignement supérieur annonce l’obligation prochaine pour tous nos étudiants finissants d’obtenir un « certificat de services civique et militaire ». C’est l’une des conditions qu’il leur faudra pour obtenir leurs diplômes de fin d’études universitaires. Il espère mettre ceci en œuvre dès l’année scolaire 2018. Officiellement ce service comprendra trois phases. La première étape sera consacrée à la pédagogie, donc à la théorie. Elle sera suivie d’une formation militaire de 45 jours dans les garnisons militaires du pays. La troisième phase consistera à l’insertion socioprofessionnelle des étudiants en effectuant des actions communautaires pendant six mois. Selon ce ministre démagogue devant l’Eternel « Lors des actions communautaires aucun étudiant ne sera déployé dans sa région d’origine afin de permettre à chacun de s’intégrer dans la communauté qui n’est pas la sienne… C’est pour que les gens apprennent mieux à se connaitre». Incroyable pour ce « jeune » cadre supérieur avec une bonne formation dans des universités étrangères respectables et ancien numéro 2 de la banque centrale mais qui ne trouve rien de mieux pour « innover » et plaire à son boss trotskyste-impérialiste qu’il soit indispensable de nous ramener au XXIe siècle le service milicien obligatoire à la fin des études supérieures en Guinée ! Et pourtant il était l’un des rares de ses collègues du gouvernement  capable de fournir des idées et propositions intelligentes dans son domaine de responsabilité mais là il plonge vraiment dans sa médiocrité environnementale. Après juste quelques années dans la mangeoire il ose dire « Quand vous allez dans les entreprises on vous demande si vous avez l’expérience. Mais quand vous avez fait le service militaire ils savent ce que vous avez appris, ce que vous avez fait sur le terrain ». Je me demande bien où il a pu voir des chefs d’entreprises et DRH qui raisonnent encore ainsi, être militaire étant plutôt un facteur d’exclusion habituel. J’aurais compris cela d’autres ministres, dont plusieurs sont des politicards semi-lettrés et préhistoriques, mais vraiment venant de lui c’est très décevant pour moi. Comme quoi le « Guinéen nouveau » de Satan Touré sommeille encore dans de trop nombreux compatriotes.
  • Le 26, le ministre chargé de l’administration du territoire a indiqué qu’au terme d’une enquête réalisée par ses services pendant 4 mois, seule une trentaine de partis politiques ont pu être localisés sur les 153 agréés par son ministère. Il a promis de sévir énergiquement et très bientôt en les supprimant mais je pense plutôt qu’il va bientôt s’enrichir énormément en acceptant de fermer les yeux sur certaines cabines téléphoniques bien garnies.
  • Le 27, on apprend qu’Oleg Deripaska, l’oligarque et PDG de la société minière Rusal, a reçu du PPAC notre haute distinction de l’ordre national du mérite. Officiellement c’est pour son rôle majeur joué dans le cadre de la lutte contre la maladie à virus Ebola en Guinée. En réalité c’est plutôt une partie du remboursement pour ses prêts « gracieux » de ses jets privés mis à sa disposition depuis 2011, vu qu’on est à quelques jours de la fin du mandat de chef du village Afrique. C’est bien de penser à solder certains petits comptes de temps en temps.
  • Le 29, le ministre chargé de la justice annonce tout fier la fin de l΄instruction de l’épineux dossier des massacres du 28 septembre. « L’ordonnance de renvoi a été prise aujourd’hui. L’instruction est donc entièrement terminée ». Il avait juré publiquement en début d’année (et avant) que le procès aurait lieu avant la fin de 2017 mais vu qu’il ne restait plus que 2 jours pour cela, il lui fallait obligatoirement comme clean avant son réveillon. Le pauvre craignait que la presse locale revancharde ne gâche ses réjouissances prévues en janvier 2018. Il oublie pourtant qu’il fait partie du carré d’as des plus grands prometteurs/menteurs du pays avec son boss et ses collègues ministres du transport et de l’énergie. Ils peuvent raconter tout ce qu’ils veulent, de toutes façons plus personne ne les croient, mêmes leurs oncles et cousins germains.
  • Pour : comme chaque mois, R.A.S…
  • Contre : concernant ce retour ridicule au préhistorique service militaire révolutionnaire de Satan Touré voici ce qu’en dit un analyste local avisé, objectif, jamais démagogue et avec une belle plume (Mohamed Mara) : « Si l’idée enchante les anciens qui y voit un socle de socialisation de nos jeunes et l’apprentissage de la citoyenneté, cette mesure en tout point précipité reste hypothétique voire utopique. L’Etat doit prendre le temps de mûrir ce projet avant qu’il ne devienne un autre éléphant blanc pour les finances publiques… La professionnalisation de nos forces armées et la suppression du service militaire ont été parmi les mesures adoptées sous le régime du Général Lansana Conté. Un retour à cette pratique pour les jeunes guinéens signifierait forcément un changement de cap très important. Devenons-nous une nation militaire ?… La nécessité de la réinstauration du service militaire obligatoire reste à prouver et les moyens pour sa mise à exécution doivent être réunis. Or un tel projet est loin de figurer dans la loi de programmation militaire en vigueur. Il est curieux de constater que l’annonce d’un projet aussi stratégique ne soit pas faite par le commandant en chef des forces armées mais simplement par un ministre de l’enseignement comme si cette activité si elle est réinstaurée relèverait de son département. C’est à la limite une imposture et une usurpation des fonctions du ministère de la défense nationale. De nombreux préalables doivent forcément être envisagés avant l’adoption de cette mesure. D’abord il faudrait rétablir une meilleure image de l’armée aux yeux de la Nation, particulièrement des jeunes. Notre histoire récente tumultueuse rend ce chantier fastidieux. Les rapports civilo-militaires doivent nécessairement être repensés dans notre pays. Mais comment peut-on contraindre des milliers de jeunes à un engagement citoyen ? Comme dans l’humanitaire et l’associatif le service militaire doit relever du volontariat. Enfin l’argument selon lequel l’affectation des jeunes diplômés dans d’autres régions du pays facilitera leur intégration ne tient pas la route. Cette mission siérait mieux à la fonction publique, plus organisée et plus stable dans la durée. Comment un jeune s’intégrerait-il dans une autre culture en seulement six mois ? Le service militaire tel qu’envisagé actuellement est une perte de temps intellectuelle inouïe pour des jeunes qui attendent de l’Etat davantage de moyens pour qualifier notre système éducatif. Si le gouvernement tient à consolider les liens entre l’armée et la Nation qu’il s’attelle plutôt à lutter contre les discriminations, les injustices et les discours politiques de plus en plus nocifs pour le tissu social. Que le droit soit la boussole de notre pacte national et qu’on refuse la culture de la médiocrité au détriment de l’effort et de l’excellence ». Jeune homme tu as tout dit vrai-vrai là, Walahi !

Tic-tac, Tic-tac, la montre tourne ; aujourd’hui est le 2566e jour de l’ancien « Guinea is back » et du nouveau « changement radical » – déjà 07 ans et 10 jours ! Aladji-Professeur-Président voici ma suggestion SMART (Spécifique, Mesurable, Atteignable, Réalisable et Temporellement définie) du mois pour améliorer un peu votre Sanseman : vraiment il faut revoir un peu la liste de vos ministres. Ce mois-ci la perle revient à votre ministre chargé de l’enseignement primaire et secondaire qui a eu le malheur de présenter lui-même son programme 2018 devant nos dépités. Il a été incapable de lire son budget en milliards et la panique aidant, il s’est noyé dans le ridicule proportionnellement aux exclamations et moqueries de ses auditeurs. Voici littéralement ses propos : Le présent budget qui vous est soumis s’élève à mille …, à, …mille cent trente… C’est un enseignant qui parle hein, je suis pas beaucoup affronté aux montants…  A mille cent trente trois …  A un million cent trente trois milliards neuf cent mille cinq cent quarante cinq mille…  Monsieur Fodé Oussou, tu me diras pas le contraire ! Mille milliards quatre cent soixante seize, mille quatre cent soixante seize milliards, sept cent vingt neuf millions, huit cent soixante douze millions,  repartis comme suit… »,  le tout ponctué des sourires benêts du nigaud et d’un vacarme de fous-rires et d’applaudissements moqueurs à chaque tentative malheureuse, y compris de ses camarades de parti. Et dire que son surnom est « K² » mathématique. Le type a dès le lendemain eu droit à un hashtag continental qui a inspiré les humoristes de Côte d’Ivoire, du Benin et même du Cameroun, ce qui franchement n’honore ni vous ni nous. Bon pour rajouter à la comédie ambiante, rééquilibrer un peu et mieux partager notre bêtise nationale, quelques jours plus tard c’est l’un de vos principaux opposants, l’un de ceux qui s’était le plus payé la tête du cancre et qui justement avait été interpelé par lui pendant son naufrage, le bien nommé Fodé Oussou, qui se frotte lui aussi aux « montants ». Il s’en sort à peine mieux à la plus grande joie bruyante de vos supporteurs cette fois-ci. Comme la vie est belle et pleine de rigolades dans votre parlement du Sanseman ! Nous savons que notre Toto national a depuis honte et une peur bleue en public mais pardon dites-lui de cesser de se ridiculiser davantage en disant aux journalistes « Désormais n’appelez plus K² au téléphone pour lui demander quoique ce soit sur l’éducation. Le chargé de communication département sera là pour ça, mon département a un chargé de communication. J’aurai voulu que vous vous adressiez à lui ». Surtout quand en plus le numéro de téléphone qu’il a fourni pour cela n’est même pas fonctionnel.

Finalement un petit « Bon Ané – Bon Santé » de Conakry où je suis en immersion totale depuis la mi-décembre après une année d’absence. Que vous dire de ce que mon œil extérieur, toujours sans complaisance ni giottisme, voit autour de lui : croyez moi ou pas mais franchement je trouve que la désorganisation chronique habituelle est un peu plus organisée dans la majorité des domaines de la vie de tous les jours. Les routes goudronnées sont beaucoup moins cabossées et donc plus rouables à Conakry et à l’intérieur du pays – pour la majorité c’est du rafistolage rapide comme d’hab. mais c’est quand même un progrès qui tiendra je l’espère au moins jusqu’à mon départ. Les rares feux de circulation, bien placés pour séduire nos partenaires et frères-investisseurs, fonctionnent encore presque tous et maintenant environ 50% des chauffards les comprennent et respectent. Les policiers dans les rues sont moins ripoux et plus efficaces pour bloquer les Mad Max locaux donc les bouchons de circulation délirants, causés parfois même par 2 motos, sont plus rares et n’ont rien à voir avec ceux du passé. Parfois des barrières physiques métalliques sont mises en place dans certains lieux critiques pour empêcher les taxi-maitres d’accomplir leurs rodéos urbains. Quelques rares ministres et hauts d’en haut n’utilisent plus leurs sirènes hurlantes pour forcer leur passage mais leurs miliciens assis sur le fauteuil avant de leurs chars officiels hurlent presque aussi fort pour leur frayer leur passage supérieur. Parmi les points sombres persistent la roublardise fainéante, la malhonnêteté congénitale de la majorité de vos interlocuteurs du secteur public et les coupures intempestives d’électricité qui sont de retour en force. Pour ceux qui comptent venir visiter le bled n’oubliez surtout pas vos torches, piles Duracell Ultra et bougies en venant, ceci jusqu’au lancement de la dernière farce électorale du PPAC en 2020, « le barrage de Souapiti qui éclairera même ceux qui ne le voudront pas ». Ainsi va notre pays bien-aimé en fin 2017 – attachez vos ceintures pour 2018…

 

Publié dans 2017 | Laisser un commentaire

Une Nouvelle Voie (Novembre 2017) : haro sur les journalistes du privé, les nouveaux « comploteurs du Sanseman »

Bienvenue à mon bilan du 23e mois de la Condécratie version 2.0. Je continue mon exploration mensuelle des méandres des décisions importantes pour la Nation prises par nos nouveaux chefs en proposant des pistes de réflexions et d’actions qui pourraient être envisagées pour que le « vrai changement » soit effectif.

  1. Echantillon de paroles et pensées présidentielles du mois:
  • «Ce qui préoccupe les Guinéens qui m’ont élu ce n’est pas le 28 septembre, c’est l’eau, l’électricité, les transports et le panier de la ménagère… Soyons clairs, il n’y aura pas d’impunité mais je refuse qu’on instrumentalise ce drame à des fins politiques… (parlant des inculpés planqués dans son administration) Etre inculpé ne veut pas dire être coupable. Certains d’entre eux n’étaient même pas à Conakry quand le massacre s’est produit  » (le 31 octobre, en parlant de l’hypothétique procès des responsables des crimes du 28 septembre 2011 au journal Jeune Afrique).
  • « C’est bien que nous parlions aux usagers mais tournons-nous vers les ministres de la sécurité et des transports, le changement commence chez vous. Non seulement au niveau de vos ministères mais aussi au niveau de vos personnels et de vos services… Désormais monsieur le ministre de la sécurité, tout camion qui ne respecte pas les normes doit être mis Out. Il en est de même pour les camions citernes… Puisque nous avons une police militaire qui surveille le comportement des militaires il est important de faire la même chose en mettant une brigade chargée de suivre le comportement des policiers. Car très souvent les policiers demandent l’argent aux gens s’ils sont en faute, ils les laissent passer… Si les états généraux doivent aboutir à un résultat concret c’est d’abord le changement de comportement de la police, particulièrement la police routière… Il faut associer les chefs religieux pour qu’ils expliquent qu’on ne doit pas surcharger les véhicules, les passagers aussi ne doivent pas accepter aussi d’être surchargés. Si les chauffeurs le font il faut signaler à la police (le 06, à la cérémonie d’ouverture des états généraux de la circulation routière).
  • « On mange mal chez nous, notre huile est mal raffinée. J’ai négocié pour qu’on ait une raffinerie d’huile pour qu’on n’importe plus l’huile et aussi pour qu’on ait une usine de sucre afin qu’on n’importe plus du sucre… On a essayé d’accompagner le secteur privé mais si vous n’apparaissez pas, comment voulez-vous qu’on vous aide ?… Le développement de la Guinée, c’est l’agro-industrie. Dès mon arrivée j’ai dit que je ne soutiendrais pas les commerçants. Les gens n’ont qu’à se recycler dans l’industrie que je soutiendrais. Le commerce ne fait pas avancer le pays. En plus, ça nous coûte cher en devises » (le 07, au cours d’une rencontre avec un groupement de femmes du secteur privé).
  • « L’Union africaine (UA) est bien parvenue à faire taire les armes au cours des trois dernières années. L’énumération des conflits qui sont en cours actuellement fait clairement apparaître cette donnée… Si l’économie de nos pays est vue comme à l’époque coloniale, essentiellement en termes d’échanges avec l’extérieur, ces échanges étant vus surtout en fonction de la valeur des matières premières exportées, il est évident que nous allons continuer à dépendre des aléas de la demande internationale et des cours des prix que nous ne contrôlons pas… Nous n’acceptons plus que les problèmes africains soient réglés de l’extérieur car l’Afrique dispose de toutes les potentialités nécessaires pour prendre son destin en main et mener à bien son développement » (le 08, lors de la cérémonie d’ouverture du 10ème Forum MEDays de Tanger).
  • « L’Europe s’est développée en appauvrissant l’Afrique. Il n’est donc pas normal de se débarrasser de nos enfants en demandant que nous signions leur retour en Afrique au risque de limiter les visas » (le 15, à la COP 23 à Bonn (Allemagne) lors de la rencontre « Africa Day »)
  • « On ne fait pas de l’alternance pour l’alternance. On fait de l’alternance lorsque les peuples le veulent. Pourquoi voulez-vous qu’il y ait une alternance quand un président gère bien son pays avec l’accord de son peuple ? c’est quand il y a un bilan négatif ou bien quarante années au pouvoir sans résultat que l’on peut parler de nécessité d’alternance. L’alternance amène très souvent une chasse aux sorcières. Si l’on prend le cas de la Gambie, l’UA, la CEDEAO, l’ONU ont signé un communiqué commun donnant des garanties à Yahya Jammeh. A la suite de cela il est parti mais si après on le poursuit, on saisit ses biens, il est évident que cela n’encourage pas les présidents à accepter un départ. C’était la même chose avec Charles Taylor alors qu’en France quand un chef d’Etat quitte le pouvoir il a son bureau, du personnel. Si la démocratie marche dans les autres pays c’est parce que le président qui part sait qu’il bénéficiera de certains avantages. l’Europe a mis des siècles pour cela et que la démocratie est encore jeune en Afrique… Depuis que je suis président on n’a pas mis un seul journaliste en prison, mais dès qu’on arrête des journalistes c’est le tollé. Pendant ce temps des pays qu’on considère comme démocratiques arrêtent des journalistes tous les jours et on ne dit rien » (le 16, interview à Paris avec RFI et l’AFP).
  • « Mugabé a été un très grand combattant, un héros africain. C’est dommage qu’il sorte par la petite porte et qu’il soit désavoué par le parlement. Nous sommes très heureux qu’il ait accepté de démissionner. J’avais dit que nous n’accepterons pas un coup d’Etat… Du fait que la Zanu (son parti) a demandé au président de démissionner c’est une solution politique qui respecte la constitution et qui sauvegarde la dignité du président Mugabé qui démissionne lui-même avec toutes les garanties et qui reste encore un héros mais avec toutes les garanties de vivre en paix. Nous sommes très heureux de cette issue… (concernant la grève des enseignants chez lui) Les forces de l’ordre doivent faire une gestion civilisée des manifestations, grenades lacrymogènes non pas en tirant à balles réelles. Nous allons savoir ce qui se passe mais aussi il faut savoir dans quelle condition parce que si un policier ou un militaire se trouve encerclé, menacé dans sa vie, il faut qu’il réagisse. Bon, il faut savoir dans quelle condition ça s’est passé… (concernant la bastonnade des journalistes par les policiers) Nous avons demandé des enquêtes pour établir les responsabilités et savoir si c’est une volonté de saboter le gouvernement. Ceux qui ont fait ça veulent peut-être saboter le gouvernement» (le 21, sur France24 de sa maison familiale, l’hôtel Raphaël de Paris).
  • «Nous pensons que nos amis de l’UE n’ont pas eu raison de demander à la Libye de garder les migrants car elle n’a pas les moyens. En Libye il n’y a pas de gouvernement donc l’UE ne peut pas choisir un pays en voie de développement pour demander à ce pays de retenir des réfugiés… On sait qu’en Libye il n’y a pas de moyens » (le 22, sur le perron de l’Elysée suite à sa 1e rencontre officielle avec le Président Macron).
  • « (concernant la grève des enseignants dans tout le pays) Il ne faut exagérer, il y a eu deux morts… Je rentre demain et nous allons voir comment trouver la solution » (le 22, en conférence de presse post-Élyséenne à Paris).
  • « Cet après-midi je vais rencontrer les syndicats, les parents d’élèves et les patrons des radios. Nous avons signé avec les syndicats, on est tombé d’accord sur tout. Comment quelqu’un peut se lever pour faire la rébellion ? Mais ce qui est encore plus grave, il y a des radios qui diffusent. Or quand quelqu’un fait la rébellion, tu diffuses, tu es complice. Je viens  d’informer que désormais toute radio qui diffusera des communiqués de Soumah (le syndicaliste meneur des grévistes) sera fermée parce qu’elle sera complice de la rébellion… C’est au moment où les bailleurs de fonds veulent venir en Guinée que certains profitent pour semer la pagaille. Ce qui fait que même ce qu’on gagne est paralysé par des mouvements comme ça. La Guinée est devenue aujourd’hui un pays sans Etat où chacun fait ce qu’il veut… Je suis en bonne santé, je ne suis pas malade, je ne suis pas mort. Et je vous ai dit que je vivrais cent ans s’il plaît à Dieu… Nous allons commencer par remercier la troupe (folklorique) qui accompagne le RPG tous les samedis. Pour les encourager nous allons leur remettre 200 millions (GNF). Aux artistes qui nous ont rejoints on va leur remettre 200 millions eux aussi. On va remettre 100 millions à la fanfare. Mais si vous ne recevez pas vos 100 millions c’est que Tidiane Traoré (conseiller à la présidence) aura détourné. Il faut le suivre » (le 25, lors d’une participation exceptionnelle à la mamaya hebdomadaire de son parti le RPCé à son siège).
  • « Il y a des radios qui diffusent or quand quelqu’un aide la rébellion il est complice. Je viens d’informer lors de la réunion (de son parti) qui s’est tenue que désormais toute radio qui diffusera le communiqué de Soumah Aboubacar sera fermée parce qu’elle sera complice de la rébellion » (le 26, lors d’une rencontre d’intimidation des syndicats, du patronat, des groupes de presse et des associations de parents d’élèves dans son palais Satanya).
  • « Nous sommes heureux de renouer de nouveau avec la tradition du festival national car nous renouons avec le passé le plus glorieux de notre peuple après l’indépendance. C’est à la culture  que nous pouvons le mieux transmettre aux générations futures. Il n’est pas normal qu’on laisse un seul pas de la culture guinéenne disparaître… Voilà le challenge que vous avez à lever.  Mais pour cela il faut être plus généreux. Quand vous donnez 30 millions aux vainqueurs vous ne les encourager pas. Comme M. Bantama Sow (ministre de la culture) est mon fils, le père doit rectifier les erreurs de son fils. Alors nous allons donner 200 millions aux vainqueurs, 100 millions la seconde place et 50 millions à la troisième place. Car les autres feront tout pour gagner l’année prochaine » (le 27, lors du lancement officiel de la 16ème édition du festival national des arts et de la culture (FENAC), une bonne vieille tradition de notre révolution satanique des années 60-80).
  • «Il est vrai que nous avons été habitués à beaucoup de promesses qui n’étaient pas tenues, mais il faut savoir que cette page est tournée. Comme le disait Mme Merkel, bien sûr l’Europe est responsable du sous-développement mais lorsque la femme d’un chef d’Etat va faire ses courses sur les Champs Elysées ça contribue à l’immigration… Il faut dégager les journalistes, mais ils sont têtus ces photographes-là. Mettez-les dehors. S’il vous plaît les journalistes quittez ! » (le 29, à l’ouverture du sommet UE-UA à Abidjan).
  • « Nous allons soutenir la jeunesse, créer des emplois en attendant que l’Afrique se développe afin que les jeunes ne migrent plus s’il plaît à Dieu » (le 30, interview à Abidjan).
  • Pour : merci au boss pour cette explication on ne peut plus claire sur ses pensées profondes concernant l’alternance souhaitée du pouvoir africain et de ce qu’il attend de nous après son départ en 2020 mais là il vous plante grave et on le lui rappellera en temps voulu « s’il plaît à Dieu » aussi. Nous aurions eu peur de le comparer ouvertement à Taylor et Jammeh mais comme c’est lui-même qui le sous-entend ouvertement alors merci.
  • Contre : des promesses encore de nouvelles promesses, depuis les usines de fried chips à Pita et de trempettes de tomates à Mamou promises en 2012. Les propos sur la chute de Mugabé sont aussi un bon indicateur de ce qu’il pense des « privilèges » dus à sa caste de demi-dieux. Pourquoi est-il si difficile d’accepter qu’après 2 mandats au pouvoir c’est Out, point barre, aucune discussion possible ? Les Guinéens lui montreront que c’est possible chez nous comme récemment au Zimbabwe, en Gambie et au Burkina. Concernant cette crise des enseignants il reconnait en plus que rien ne peut se régler au pays sans lui et donc que la solution ne sera trouvée qu’avec son retour. C’est rare de voir plus micro-manager que ça. Et en même temps qu’il parle des cris de désespoirs de ces crève-la-fin mangeurs de craie, il distribue deux fois de suite un demi-milliard aux griots qui chantent ses louanges ! En menaçant les médias privés qui oseraient donner la parole au syndicaliste Soumah, un responsable reconnu par son syndicat et qui jouit donc de tous ses droits il atteint un nouveau niveau à la fois inquiétant et ridicule. Maintenant tous les médias et journalistes du secteur privé sont victimes quotidiennement d’insultes, de brimades, d’exaction physiques, de bris de leurs équipements professionnels, de punitions et mêmes de poursuites judiciaires. J’attends maintenant de voir comment il va bloquer les sites du net car ils sont les plus consultés tous les jours y compris en Guinée. Que penser d’un leader politique revendiquant plus de 40 ans de lutte pour la démocratie, y compris une participation active aux grèves estudiantines de Mai 68 en France au coté de Daniel Cohn-Bendit et qui menace aujourd’hui de fermer des radios privées chez lui qui relaient des manifestations sociales, les seuls baromètres qui restent de la santé démocratique de son pays ? un opportuniste et un gauchiste à mi-temps.
  1. Les décisions et actions « positives » du mois :
  • Le 07, la FIDH annonce officiellement que les trois juges d’instruction chargés de l’enquête sur le massacre du 28 septembre 2009 ont notifié la veille aux parties impliquées la fin de l’information judiciaire. En fait, selon le ministère de la justice, la clôture de l’instruction interviendra après les réquisitions du procureur de la République. L’ouverture d’un procès est donc désormais possible. Un petit pas de plus mais toujours un océan à franchir avant le 1e jour d’audience. A mon avis il faudra quand même attendre le départ du PPAC du pouvoir pour espérer voir ce jour-là arriver.
  • Le 07, à l’initiative de toutes les associations et syndicats de la presse privée, la majorité des journalistes ont marché dans les rues de Conakry pour protester contre ce qu’ils appellent « les nombreuses atteintes graves à la liberté de la presse ». Parmi les slogans les plus hurlés il y avait « Sans liberté de presse, pas de démocratie, pas d’Etat de droit ! Les commissaires de la HAC dehors ! Nous ne sommes pas des gibiers pour les services de défense et de sécurité ».
  • Le 16, la cellule com. du PPAC nous annonce fièrement : « Le gouvernement de la République de Guinée réunit jusqu’à demain les partenaires économiques et financiers du pays dans le cadre de son groupe consultatif organisé à Paris. À cette occasion, le gouvernement guinéen a récolté plus de 21 milliards de dollars d’engagements visant à soutenir les projets phares du Plan National de Développement Economique et Social (PNDES) 2016-2020, dépassant ainsi largement l’objectif initial des 14,5 milliards. Le PNDES guinéen bénéficie de l’appui inconditionnel de l’ensemble de la communauté internationale, autour des partenaires bilatéraux et multilatéraux du développement et des investisseurs privés ».
  • Le 21, la présidente de la HAC (Haute Autorité de la Communication) essaie de sauver un peu la face après toutes les bévues récentes concernant la presse privée. Elle a fermement condamné par communiqué officiel les propos du ministre de l’éducation nationale (Mr I.K. Konaté) pour avoir dévoilé la veille l’identité d’une mineure victime d’un viol par son enseignant au cours de la grève en cours (nom, prénom, âge, nom des parents et domicile). Elle a aussi adressé un avertissement à la RT-PPAC pour avoir relayé les propos outrageants du ministre. Comme pour prouver qu’elle peut condamner tout le monde – de toutes les façons « tout le même monde » s’en fout complètement de ses propos.
  • Le 22, c’est une date historique pour le PPAC, le RPCé et nos 2 gouvernements (présidence et primature) : papy-promesses est enfin reçu par Emanuel Macron à l’Élysée. Tous les précités sont aux bords de l’extase. Une maigre consolation puisque les jours suivants le petit frère survolera plusieures fois son palais pour aller visiter presque tous ses pays voisins.
  • Le 24, à peine revenu pour une visite de courtoisie au pays, le boss s’est rendu aux domiciles des familles des deux jeunes tués pendant la grève scolaire par les forces de l’ordre pour présenter ses condoléances. C’est une nouveauté qu’il se rende lui-même au chevet des familles endeuillées par les balles de ses miliciens, en fait la première fois, après plus de 80 jeunes morts dans des circonstances quasi-identiques. Enfin un peu de compassion directe du 1e responsable indirect de ces crimes. Il leur a même donné l’assurance que cette fois-ci les auteurs et les commanditaires seront identifiés, arrêtés, jugés et condamnés. On attend de voir pour y croire.
  • Le 27, la Présidente de la HAC, décidément déchaînée ce mois-ci, rappelle qu’officiellement la seule policière des médias c’est elle, ceci juste après les menaces publiques du PPAC. Il lui a fallu 2 jours quand même pour prendre son courage à deux mains, surtout en raison de l’ordre exécuté avec zèle par les laveurs de babouches habituels éparpillés dans l’administration publique, cette fois-ci au service de régulation des radios et TV et au gouvernorat de la région de Labé qui l’ont mis en pratique immédiatement, avant le chant des coqs planqués derrière leurs chambres à coucher. Une baffe au boss qui est pourtant l’Homme-Etat. Elle risque gros, peut-être même un décret de promotion au garage de la République, à moins que l’ordre ne vienne en fait de lui-même pour calmer justement ses petits faucons toujours excités à faire des pneumonies chaque fois que lui éternue. Du coup le gouverneur zélé a honteusement levé sa sanction dare-dare ce qui a bien fait rigoler tous ses administrés.
  • Le 28, en réponse aux menaces et répressions sur leurs médias les patrons des radios organisent une émission synchronisée sur la liberté de la presse. Ainsi leurs auditeurs n’entendront que cette émission conjointe sur toutes les radios du pays. Ils ont décidé en plus de faire de la journée suivante une journée sans radio sur toute l’étendue du territoire. Dommage qu’ils n’aient pas eu le courage de faire passer ce sacré Soumah en synchronisation sur toutes les chaines, juste pour faire péter les plombs du boss et de ses zélés. Là on se serait vraiment marré à les voir essayer de sévir partout.
  • Le 28, petite virée à Abidjan en tant que chef du village Afrique pour assister au 5e sommet Union Africaine-Union Européenne axé sur l’investissement dans la jeunesse pour un développement durable qui s’ouvre le lendemain. Pas question de rater une seule de ces rencontres du « tiens petit » et du « merci patron ». Fini le temps des Sankara et Konaré qui osaient dire non à ce genre de rencontres. Aujourd’hui c’est le conformisme africaniste, il faut absolument y être, pour parler de couper le cordon ombilical sans toucher au pognon.
  • Pour : pour la nouvelle manne financière il y a en fait 12,6 milliards de dollars d’engagements fermes dont 7 milliards de dollars émanant du secteur privé. Il faut préciser néanmoins que la majorité des budgets promis (Chine, UE, groupe BM et agences arabes) sont en fait déjà dans le pipeline budgétaire national existant, la moitié venant de nos frères chinois. Bref un deuxième 20 milliard USD de promesses financières la main sur le cœur mais pas de si tôt dans notre banque centrale ni nos ministères. Pour cela il faudra des projets banquables solides avec des administrateurs et gestionnaires pour les préparer, les réaliser et les monitorer au standard requis par ces gentils donateurs. Et ça c’est une toute autre histoire.
  • Contre : concernant la visite aux familles des victimes, pourquoi maintenant alors qu’il aurait du commencer à le faire depuis l’assassinat de la 1e victime le 03 Avril 2011 (Djakariaou Diallo) et des trop nombreuses suivantes des marches et grèves de réclamations pacifiques pour une amélioration des conditions de vie. Pourquoi pas pour M. Diaouné, Mme Boiro, le chef de la section motard de l’UFDG, les centaines de tueries en Guinée forestière ? Vraiment chaque fois que l’on compte du positif chez notre Prési on doit ensuite empiler tous les négatifs qui gâtent au finish sa sauce.
  1. Les décisions et actions « négatives » du mois :
  • Le 01, Le PPAC et son homologue du Togo Faure Gnassimbé étaient à Monrovia (Liberia) pour tenter de sauver le processus électoral en panne de ce dernier. Franchement comment voulez-vous que la communauté internationale ait la moindre considération pour l’UA et la CEDEAO quand elles envoient pour régler un tel conflit deux dictateurs africains connus pour n’avoir jamais organisé des élections libres et transparentes chez eux ?
  • Le 01, le bureau de l’Assemblée Nationale (AN) a soumis aux députés le premier projet de chronogramme de la session budgétaire. Le hic c’est que la session a débuté le 05 octobre dernier et doit normalement prendre fin le 31 décembre, soit 90 jours. Nos braves députés ont commencé par un mois de congés, tous frais payés par l’Etat. C’est ça aussi l’anti-gouvernance chronique dans notre bled.
  • Le 02, la HAC décidément imprévisible suspend la plus écoutée des radios privées (Espace FM) pour 7 jours après avoir décidé que l’émission « Les Grandes Gueules » a diffusé la veille des informations « susceptibles de porter atteinte à la sécurité de l’Etat et de saper le moral des forces armées et de l’ordre public ». Certaines sources internes disent que c’est parce que l’un des animateurs de l’émission avait révélé les graves problèmes qui minent la grande muette actuellement. On y fait cas d’un certain nombre de comportements des hommes de troupe qui confirmerait des fortes résistances à la « réforme » en cours depuis 2010.
  • Le 03, le PPAC décrète qu’à compter de ce  jour le contrôle technique des véhicules automobiles est obligatoire en Guinée. Le hic c’est qu’il n’existe aucun centre de contrôle technique opérationnel à Conakry et à l’intérieur du pays. La seule société existante (SIVITA) a réussi depuis plus de 20 ans à obtenir l’exclusivité dans le secteur grâce à des appuis bien placés mais n’a jamais eu l’assise financière pour le réaliser. Bref il aurait du décréter d’abord la fin de ce monopole s’il voulait vraiment régler ce problème. Mais bon, comme il le dit souvent, il ne connait rien à propos de son pays d’adoption.
  • Le 07, Guinea-Impulse décolle de nouveau, cette fois-ci pour Tanger (Maroc), Bonn (Allemagne), Paris (chez lui) et enfin Amman (Jordanie). Il faut faire vite-vite avant la fin de son mandat de chef du village Afrique en Janvier 2018. Je n’ai même pas fini de lui faire des compliments pour ses efforts d’octobre que hop il est reparti ! Au fait les autres invités de marque à Tanger sont d’anciens dignitaires oubliés de tous, quelques ministres, des dirigeants de PME/PMI et des universitaires. Pitoyable pour lui – honteux pour nous. Il ne revient finalement au bled que le 24 soit 17 jours après pour repartir quatre jours pour trois jours à Abidjan – il est vraiment incorrigible.
  • Le 09, le ministre de l’énergie et de l’hydraulique démonte un mensonge du PPAC sur les miracles prévus avec le barrage de Kaléta : « Vous allez constater  que pendant la période sèche (Novembre à Mai) le niveau  d’eau ayant baissé, le productif de Kaléta va baisser. (le barrage) Garafiri va se retrouver à 40 mW et Kaléta  à une moyenne  de 60. Donc les 2 barrages vont produire 100 mégawatts.  Pour compenser  ces pertes il faut donc mettre en marches les centrales thermiques pour avoir les 200 à 250mW d’énergie (minimum nécessaire)». Un cadre de l’EDG reconnait sous couvert de l’anonymat que le thermique fournit en fait un maximum de 100 MW, sans tenir compte des 50% de pertes sur le réseau.  On sait au moins clairement ce à quoi il faut s’attendre en obscurité avant que le barrage de Souapiti soit opérationnel vers 2022. Conakrykas, nettoyez vos lampes tempêtes.
  • Le 09, les émeutes de la colère reprennent dans la préfecture de Boké, en particulier dans la ville de Kamsar. Les raisons de démarrage sont toujours les mêmes (coupures d’électricité et d’eau courante) mais personne ne croit plus maintenant à ces arguments. Les bâtiments et domiciles de l’administration, le matériel des compagnies minières sont de nouveau détruits par des jeunes déchainés. La police réplique comme d’hab. avec gaz lacrymogène et matraques. Finalement les arrestations et blessés, y compris par balles se comptent par dizaines et toutes les écoles et boutiques sont fermées. Tout ça ne pourra plus continuer encore très longtemps – un jour il y aura une grosse bavure suivie d’un Big bang social.
  • Le 10, au cours d’un forum international sur les finances publiques organisé à Conakry pour confirmer que nous sommes sur la bonne voie le chef économiste de la région Afrique de la Banque Mondiale (Albert Zeufack) gâche la célébration avec un discours assassin qu’il conclut avec « La gestion des institutions en Guinée est au-dessous de la moyenne en Afrique subsaharienne ». Quel briseur d’ambiance – il ne sera plus jamais invité chez nous, promis.
  • Le 13, le soulèvement des élèves dans plusieurs écoles de Conakry avec des affrontements sporadiques entre élèves et police anti-émeute qui ont repris tous les jours dégénère finalement comme craint le 20. Deux jeunes entre 16 et 20 ans (un collégien et un apprenti-mécanicien) sont tués par balles, une fillette de 10 ans est violée par un de ses professeurs en grève et une autre de 14 ans perd un œil suite à un choc avec un projectile. Encore ces « balles perdues » de nos milichiens d’Etat ?
  • Le 24, le PPAC décrète la création du comité de suivi de l’accord de partenariat stratégique sino-guinéen, l’affaire des premiers 20 milliards-là. Le comité a pour mission « de coordonner les actions nécessaires en vue de lever toutes les contraintes à la mise en œuvre des projets sélectionnés, de coordonner la sélection en liaison avec les départements ministériels des projets qui seront soumis pour une instruction au titre de l’accord stratégique, de suivre avec le coordinateur chinois l’approbation des projets par la partie chinoise et la mise à disposition du financement, de suivre en relation avec le ministère des mines l’attribution des concessions minières aux entreprises chinoises et la mise en œuvre des projets concédés, de suivre à travers le maître d’œuvre public l’étude et l’exécution des projets inscrits dans l’accord stratégique ». Du coup une guerre sans pitié est lancée entre les faucons pour l’obtention d’un des strapontins tant attendu depuis l’annonce de cette méga-magouille. C’est la naissance d’une nouvelle race qui se profile à l’horizon, les Goldens Pirates de la manne chinoise – le sang des grignoteurs nationaux coule déjà à flot, Walahi !
  • Le 26, l’homme d’affaires libanais représentant officieux des intérêts du PPAC dans le consortium minier de Boké (SMB-Winning avec des chinois) annonce la construction d’une raffinerie d’aluminium et d’un chemin de fer de pour le désenclavement du corridor minier Boké-Boffa en 2018 ! Il prend du coup la tête du carré d’as des plus grands prometteurs-menteurs du pays, devant le PPAC, le ministre des transports et le ministre de l’énergie.
  • Le 30, il décolle d’Abidjan pour atterrir….de nouveau à Amman (Jordanie) pour discuter avec le Roi ! Il y était déjà il y a une dizaine de jours donc en fait il avait sûrement oublié son inséparable mallette dans sa chambre à coucher royale.
  • Pour : comme chaque mois, R.A.S…
  • Contre : pour la suspension d’Espace Radio les animateurs de l’émission auraient également flétri le manque de suivi psycho-social pour nos soldats déployés sur les terrains d’opération de la MINUSMA au Mali après leur retour au pays. En plus la HAC accuse « Moussa Moïse Sylla, le directeur général d’Espace TV d’avoir fait la lecture d’un courrier anonyme adressé à la radio ».Il sera même jugé très bientôt pour ce crime affreux. Le directeur du groupe Hadafo Média, propriétaire de la radio résume ainsi toutes ces accusations : « Nous sommes suspendus pour avoir simplement rappelé que l’armée manquait de moyens et d’équipements et que cela pourrait être compliqué en cas de crise ». Et oui, oser dire à haute voix que nos avions de guerre ne décollent plus depuis des années – le dernier avait fini tête première sur le toit de la RTG – et que nos blindés sont tous sur cale sèche et rouillés sont de graves crimes chez nous. Un petit progrès quand même car au temps de Satan Touré ça leur aurait valu un séjour direct au Camp Boiro suivi d’une « diète noire » terminale. Ces journalistes peuvent donc quand même remercier le net et FaceBook pour leur bonne fortune.

Tic-tac, Tic-tac, la montre tourne ; aujourd’hui est le 2535e jour de l’ancien « Guinea is back » et du nouveau « changement radical » – déjà 06 ans, 11 mois et 10 jours ! Aladji-Professeur-Président voici ma suggestion SMART (Spécifique, Mesurable, Atteignable, Réalisable et Temporellement définie) du mois pour améliorer un peu votre Sanseman : Prési, avant de nous quitter, très bientôt s’il plait à Dieu, il faut mobiliser l’UA que vous présidez et vos parents français pour trouver un médicament contre le Mal guinéen, cet ensemble de parasites et bactéries qui nous brûlent à grand feu. En effet depuis 60 ans nous sommes paralysés par plusieures maladies chroniques. Elles s’appellent l’ASTonécrophilie, la Forycocoboulimie, la Dadisdélirie, la Konatéthylie et la PPAChristocolombie avec des symptômes inconnus hors de chez nous, ceux qui me viennent immédiatement en tête sont l’Ebola, la Bantamafolie, la Damaroethnicie, la Siakatmacronie, la Gaoualexcitie – mais la liste sera beaucoup plus longue si vous consultez vos concitoyens locaux, des meilleures victimes que moi de ce fleau. Tout ça et notre seul traitement pour le moment est de dire « ce n’est pas grave, c’était la volonté de Dieu » juste avant de mourir, nos corps ensevelis sous nos montagnes d’ordures. C’est ça aussi notre RPG (Rassemblement Populiste Gaffeur) de Guinée. Bon, nous savons que toutes ces maladies sont dues en partie à vos prédécesseurs mais là où on diffère c’est que pour vous ils se nomment Cellou Dalein, Lansana Kouyaté et Sydia Touré. Ceux-ci ne sont en fait que des second-couteaux, des sous-produits inévitables d’un système et de son environnement  qui pourrissent tout et tous sur leur passage, qui a commencé en trombe avec votre modèle Satan Touré et qui a été amélioré ensuite par tous ses élèves-successeurs jusqu’à vous qui avez promis en fin 2010 de remettre nos pendules à Avril 1984. Un de mes amis (Haroun Gandhi) écrivait ce mois-ci que « L’un des paradoxes de la Guinée c’est que les haut-cadres considèrent qu’à cause de leur fonction ils sont forcement compétents alors que partout ailleurs c’est plutôt l’inverse ». Allez espérer l’émergence avec de tels génies dans la cabine de pilotage d’un pays ! En tout cas suite à vos exploits internationaux de dénicheur hors-pair de milliards il faudra obligatoirement soigner toutes ces épidémies et faire le ménage au karcher de notre maison basse avant d’inviter des étrangers friqués à venir y rajouter un 2e et un 3e étage. Tant que nous ne montrerons pas de réels efforts internes pour réorganiser et gérer proprement notre pays, en particulier sa justice et le reste de son administration, je ne vois pas comment un investisseur sérieux pourra même y penser. Il enverra juste quelques émissaires avec des cartes de visites recto-verso pour assister aux réunions de programmation locale en leur disant « Répétez les gros chiffres promis pour qu’ils soient contents puis revenez vite au bureau pour qu’on passe aux choses sérieuses – de toutes façons en 2020 on se retrouvera encore à Paris pour dire les mêmes choses ».

Enfin, boss j’aimerais vous apprendre qu’un grand démocrate Guinéen, le Dr Bakary Diakité que vous avez bien connu (et vice versa) lors de votre long séjour à Paris nous a quitté le dimanche 12. Je le fais car je doute que les troubadours qui vous entourent ne vous signalent une information aussi inutile à leurs petits objectifs personnels. Nous perdons ainsi un ardent défenseur du débat contradictoire civilisé que j’appréciais beaucoup. Vous auriez dû en dire un mot dans l’un de vos discours toujours ennuyeux et répétitifs, pour le remercier de son soutien sincère à cette époque cruciale pour votre présence au pouvoir aujourd’hui. En tout cas ce qui me chagrine le plus c’est de voir partir une autre Guinéen avisé (feu Ansoumane Doré, un autre du même calibre qui nous a quitté l’an dernier) qui aurait sans aucun doute servi de mentor discret aux plus jeunes compatriotes qui seront au pouvoir demain et qui chercheront à relancer notre pays dans le bon sens. Nous disposons en notre seing de toutes les capacités humaines nécessaires pour ce travail indispensable. Ils étaient tous les deux des exemples parfaits de vrais militants pour le changement en Guinée. Leurs plumes étaient leurs armes et elles étaient bien plus puissantes que les simagrées locales de nombreux diaspos dont le principal objectif est de s’immerger à tout prix dans la mangeoire. J’écris ceci pour ceux qui pensent, disent et écrivent souvent « au lieu d’écrire pourquoi ils ne retournent pas pour se battre sur le terrain au pays ? » Souvent, si on veut faire œuvre vraiment utile et éthique on rêve plutôt de jouer un rôle d’observateur averti, d’analyste et de conseiller pour ceux qui en valent la peine, ce qui hélas est si rare chez nous. En tout cas c’est ce que moi je pense en me rappelant le souvenir de ces 2 aînés que j’ai tant admiré pour notre combat commun.

Publié dans 2017 | Laisser un commentaire

Une Nouvelle Voie (Octobre 2017) : 20 jours sans mission hors du pays – Bravo Mr le PPAC

Bienvenue à mon bilan du 22e mois de la Condécratie version 2.0. Je continue mon exploration mensuelle des méandres des décisions importantes pour la Nation prises par nos nouveaux chefs en proposant des pistes de réflexions et d’actions qui pourraient être envisagées pour que le « vrai changement » soit effectif.

  1. Echantillon de paroles et pensées présidentielles du mois:
  • «La quiétude actuelle qui prévaut en Guinée est un bel acquis que nous ne permettrons à personne de le détruire. Nous ne pouvons pas sacrifier notre principe d’une société d’harmonie ethnique et religieuse sur l’autel de la politique politicienne… Je voudrais, avant de terminer témoigner ma reconnaissance au peuple guinéen pour son soutien quotidien dans le cadre de mes charges au niveau de l’Union Africaine en qualité de Président de cette institution. Ces charges prouvent à suffisance que la Guinée est de retour sur la scène internationale… Je vous informe que les festivités de l’indépendance auront lieu à Kankan en décembre (le 01, discours à la Nation à la veille du 59e anniversaire de l’indépendance de la Guinée des colons blancs et de sa dépendance aux colons locaux).
  • « J’ai déjà expliqué les 20 milliards donc je ne vais pas revenir là-dessus. Mais il y a deux choses qui sont fondamentales en Guinée : je n’ai jamais accepté de troc, voilà un milliard donne-moi une mine, voilà deux millions, une mine. Et deuxièmement je n’ai jamais accepté d’hypothéquer une mine. Les entreprises chinoises qui vont exploiter pour être remboursées auront les possessions dans les mêmes conditions que les autres. Mais les réserves de Kamsar sont plus importantes que toutes les réserves qu’on va donner aux Chinois. Donc nous avons tous les pays ici et nous voulons attirer d’autres pays. Qu’on nous dise vous êtes en train de tous donner aux chinois… Moi, je veux développer les ressources de la Guinée ; quand je suis arrivé on faisait 13 millions de tonnes de bauxite alors que nous avons plus de la moitié de la réserve mondiale. A quoi cela sert de dire ‘’scandale géologique’’ si c’est sous terre ? Alors tous les gens, même s’ils viennent de la planète Mars, qui sont prêts à venir exploiter le minerai avec nous, je vais le faire ! Parce que c’est ce qui va nous permettre d’avancer. Ceux qui sont les griots de certaines  sociétés minières n’ont qu’à crier, c’est leur problème… Maintenant les gens qui parlent de mauvaise gestion, le temps est venu de parler de leur gestion devant le peuple. Ceux qui s’agitent je vais m’occuper d’eux. Quand on a un gouverneur de la Banque centrale qui place l’argent dans une ONG alors qu’on place l’argent dans une banque centrale et les gens qui se pavanent-là et qui ont construit plus de 2 millions de dollars dans leurs villages mais on va voir où est parti… (il n’a pas achevé la phrase). Les ministres et les premiers ministres qui vendent les maisons de l’Etat on a vu ça nulle part sauf en Guinée. Tout ça on va demander au peuple de Guinée. J’en n’ai marre que les gens parlent alors qu’ils ont été dirigeants dans ce pays-là et on a vu ce qu’ils ont fait. Alors, il faut que la jeunesse sache la vérité sur qui est qui. Mais on s’est tué pendant longtemps pour s’occuper du développement du pays mais le moment est venu de parler pour montrer qui est qui. Parce qu’on dit que quand tu danses avec un aveugle de temps en temps il faut lui monter sur le pied pour dire qu’il n’est pas le seul. Le moment est venu de communiquer au peuple et dire qu’est-ce qu’ils ont fait. Ils ont été au gouvernement, le président Conté disait ‘moi je ne connais pas si c’est bon, faites pour le pays ’. Moi (Alpha Condé, ndlr) je dis que le Président Lansana Conté n’a aucune responsabilité dans le retard de la Guinée… Je suis le seul Président en Afrique Francophone qui n’a jamais été premier ministre ou président de l’Assemblée. Pendant 40 ans j’étais opposant. Sortez-moi un seul président dans l’Afrique Francophone qui avant d’être président n’a pas été premier ministre ou président de l’Assemblée c’est-à-dire qui n’a pas géré. Moi je n’ai jamais géré, j’ai refusé pendant 40 ans… D’ici à 2 ans, on ne va plus importer du riz. On va manger notre riz local» (le 05, lors de la commémoration de la 50ème journée mondiale des enseignants).
  • « Le malheur de la Guinée c’est qu’il y a de bons cadres mais on fait tout pour que je ne les connaisse pas. Mais je commence à les connaître. Au début je ne connaissais pas parce que je vivais dehors, j’étais un exilé et je ne connais pas les cadres… Cessez de fabriquer l’alcool frelaté qui détruit nos jeunes et nos familles. Si vous ne cessez pas de vous-mêmes je serais obligé d’utiliser la force. J’enverrai des gendarmes et militaires pour qu’ils cassent toutes les usines qui fabriquent l’alcool frelaté… Nous sommes en train d’installer deux usines à Conakry pour la raffinerie parce que l’huile de palme que nous consommons est mal raffinée et ça amène beaucoup de maladies. Quelqu’un est assis, après on vous dit qu’il a un AVC parce qu’on mange mal en Guinée. Alors que nous avons tout, contrairement aux autres pays africains. Nous allons aussi développer des mini-fabrications de transformation d’huile de palme pour qu’on ait l’huile de palme saine. Il faut qu’on se dise la vérité. Tout ça empoisonne et ça engendre des maladies alors que nous avons la possibilité de faire de l’huile plus saine» (le 07, lors d’une inauguration d’un centre de santé à Nzérékoré).
  • « Nous avons bien-sûr le schéma directeur que nous sommes en train de faire avec l’Union Européenne qui comprend le grand-Conakry qui va jusqu’à Kindia mais dans le cas de ce projet de Grand-Conakry, nous allons attacher un cachet particulier à Kaloum. Il s’agit donc de transformer Kaloum et les îles. Mais pour ce faire il faut d’abord transformer les voiries. Le député Baidy Aribot m’a accompagné pour sensibiliser les populations actuelles de Kaloum pour leur faire comprendre que nous allons construire des maisons sociales pour qu’ils puissent déménager afin qu’on casse là où ils sont. Ensuite nous allons construire des immeubles, ils auront droit en fonction de la superficie réelle de leur terrain un appartement selon la superficie du territoire qu’ils occupent. Ils auront à la fois leurs maisons sociales soit à Lambanyi ou à Keitaya (haute banlieue de Conakry) ou peut être à Coléah et ensuite après la construction de leurs immeubles ils auront de nouveau leurs appartements à Kaloum… Notre objectif est de raccourcir ce délai. Ce qui est à moyen terme le ramener à court terme et le long le réduire à moyen terme pour que l’essentiel se fasse avant 2040 parce qu’on ne peut pas construire une ville dans l’anarchie, il faut qu’il y ait un plan de développement… Avant de commencer les travaux j’attendrais que les populations visitent ce schéma directeur afin de recueillir leurs remarques et suggestions » (le 12, lors du lancement du plan directeur de réaménagement de Kaloum et des îles de Loos 2040).
  • « J’ai vu un bœuf qui a une tonne et demie alors que nos bœufs ne pèsent même pas 200 kilos. Cela ne peut pas assurer l’autosuffisance alimentaire et l’exploitation. C’est pourquoi nous avons décidé de mettre en place ce programme d’insémination afin d’avoir des bœufs plus gros mais aussi des vaches qui fournissent beaucoup plus de lait. Nous avons deux usines d’alimentation de bétail qui vont entrer bientôt en fonction. C’est ce que nous attendions pour faire la journée de l’élevage au Fouta au mois de décembre » (le 25, lors d’une rencontre avec des stagiaires guinéens revenus du Maroc).
  • « Mais je ne comprends pas. Moi, je dormais et on m’appelle de partout. Il parait qu’il y a une radio qui a dit que je suis mort…Je crois que vous avez vu hier non quand j’ai rendu visite aux gens. J’ai toujours dit, depuis j’étais opposant que le crachat d’un crapaud ne peut pas entacher la blancheur d’une colombe. Je n’ai pas changé. Ça reste toujours mon point de vue… Bon OK merci beaucoup…» (le 30, suite à une rumeur folle partie d’une radio privée la veille).
  • Pour : enfin il reconnaît publiquement qu’avant d’être Président de la Guinée il n’avait jamais rien géré ! On le savait tous mais c’est rassurant de savoir qu’il en est conscient aussi.
  • Contre : le discours de la fête d’indépendance prouve encore une fois que le chef ne sait vraiment pas ce qui se passe dans le pays. On devrait l’attacher au fà son bureau pour qu’il reste un peu plus au pays et comprenne enfin les réalités du pays profond. Un chef de parti d’opposition (A. Sylla) a même proposé qu’il « souhaite que des prières soient faites pour que le professeur Alpha Condé soit un peu plus présent en République de Guinée ». Néanmoins notre serial traveller présidentiel a fait un petit effort ce mois-ci : pas de voyage pendant 20 jours – un nouveau record national. Quant à la gestion des discours présidentiels c’est une pagaille totale qui y règne maintenant : son discours à l’occasion du 2 octobre s’est retrouvé sur les réseaux sociaux bien avant sa diffusion par les médias d’Etat. Depuis un certain temps les journalistes reçoivent dans leurs boites-mails des communiqués de la Présidence qui n’émanent pas du bureau de presse mais d’individus qui n’ont aucune fonction officielle à la Présidence. Le pauvre directeur adjoint du bureau de presse a du envoyer un courriel à toute la presse pour les informer que toutes les informations officielles de la Présidence doivent être transmises par lui à travers ses mails et de ne considérer aucun autre canal. Décidément les justifications du troc des 20 milliards aux chinois pèsent beaucoup sur le subconscient du boss et à force de vouloir le justifier chaque fois un peu plus maladroitement il s’enfonce progressivement. Son « Je serais obligé d’utiliser la force. J’enverrai des gendarmes et militaires pour qu’ils cassent toutes les usines » est vraiment une bonne confirmation de ses pensées de solutions devant tout conflit chez lui. Et c’est aussi une preuve de sa responsabilité dans les ordres lors des crimes de jeunes par ses miliciens au cours des manifestations pacifiques à Conakry. Par ailleurs boss votre affirmation sur les présidents francophones qui n’ont jamais été premier ministre ou président chez eux est fausse. Sans trop chercher je citerais Ali Bongo au Gabon, Faure Gnassimbé au Togo et Patrice Talon au Benin. Check your facts please avant de vous ridiculiser en public.
  1. Les décisions et actions « positives » du mois :
  • Le 04, nous assistons à une gentille marche pacifique de l’opposition dans les rues de Conakry avec même encore une fois des félicitations et bisous entre le chef de l’opposition et le chef des miliciens du pouvoir.
  • Le 24, nous apprenons par la FIDH que plusieurs militaires dont le général Nouhou Thiam (ex-mateur de la République) et le commandant Sékou Resco Camara (ex-chérif de Conakry) vont être entendus le 13 novembre prochain au tribunal de Dixinn suite à une plainte déposée par 15 victimes (des artisans et commerçants) travaillant aux abords d’une route où le cortège du Général Sékouba Konaté avait été caillassé. Ils sont poursuivis pour des tortures infligées dans la gendarmerie de Hamdalaye le 23 octobre 2010 suite à leurs arrestations arbitraires. Espérons que cela aboutira une belle claque à la culture de l’impunité militaire chronique. Mais bon, c’est en Guinée donc pour le moment c’est plutôt Wait and See.
  • Pour : la veille la section « zélés inconscients » du chef avait vigoureusement interdit la marche en pensant ainsi lui faire plaisir mais la même nuit à 23h30 le boss les drible en autorisant la marche avec une légère modification du trajet, ce que les opposants acceptent avec joie, la gifle aux lèche-bottes étant déjà une victoire pour eux. Dur-dur de faire plaisir à un boss aussi versatile et qui adore tant ridiculiser son entourage pour le rabaisser encore plus. Mais c’est bien fait pour leurs tronches.
  • Contre : en attendant on s’attaque aux petits poissons mais on refuse toujours de parler des éléphants dans la maison, leurs chefs criminels du 28 septembre 2009. Ceux-ci sont trop occupés à se piffrer à Satanya, à part leur bouc émissaire Toumba, en attendant tranquillement leurs retraites dorées. Sauf si…
  1. Les décisions et actions « négatives » du mois :
  • Le 07, le serial flyer dirige ses voiles vers l’intérieur du pays, en Haute Guinée (son fief politique parait-il) et en Guinée Forestière. Au menu, inauguration de 2 centres de santé. La campagne pour le 3e mandat démarre sans finesse. Du coup les rêves les plus fous recommencent à germer chez ces pauvres populations presque à genoux : routes goudronnées, eau et électricité, transformation de leurs sous-préfectures en préfectures…etc. Ses réponses sont cinglantes, claires et précises, du genre « construction d’une maison des jeunes dans moins de 2 mois ».
  • Le 10, le Président Faure Gnassimbé du Togo fait un aller-retour à Conakry pour une rencontre discrète avec son oncle PPAC, l’ex-protégé de son père. Il est venu sans doute pour apprendre comment survivre au pouvoir dans le désordre et la violence sociale dans un contexte de recherche à peine voilée de 3e mandat présidentiel. Il a bien choisi son mentor !
  • Le 11, à l’occasion de la « Journée internationale de la fille », instaurée par l’agence ONU-Femmes il y a 6 ans, l’ONG One (cofondée par le chanteur Bono) a publié un rapport alarmant sur l’accès à l’éducation des filles dans le monde. Intitulé « Accès des filles à l’éducation dans le monde : les mauvais élèves ». Dans ce classement parmi les dix plus mauvais élèves neuf se situent en Afrique : le Soudan du Sud, la République Centrafricaine, le Niger, le Tchad, le Mali, le Liberia, le Burkina Faso, l’Ethiopie et comme d’hab. notre chère Guinée. Et oui, encore une fois dans les têtes de classements – par la queue – dans toutes les évaluations des secteurs basiques du développement. Après près de 7 années ininterrompues du Sanseman du PPAC ça veut dire ce que ça veut dire.
  • Le 11, c’est la reprise des manifestations populaires à l’intérieur du pays, cette fois-ci dans la préfecture de Kérouané, en Haute Guinée. La population exige entre-autres les promesses présidentielles de bitumage de la route Kankan- Kérouané (environ 120 kilomètres) et de construction d’un pont reliant la sous-préfecture de Banankoro à la ville de Kérouané. Elle occupe les sentiers poussiéreux de la ville et tous les services et commerces ont été fermés. Ensuite c’est l’échec des premiers pourparlers menés par deux députés-mamayeurs originaires du coin venus pour calmer la rage locale. Finalement le calme revient après plusieurs jours de pagaille généralisée.
  • Le 12, le boss nous présente tout fièrement son schéma directeur d’aménagement de la commune de Kaloum et des Îles de Loos  « vision 2040 » qu’il fait exposer pendant plusieurs jours au palais du peuple à Conakry pour tous les rêveurs et amnésiques nationaux. Et oui, il veut donc construire un petit Singapour au dessus de nos ordures urbaines – après tout dans ses calculs pourquoi ne pas sauter l’étape du nettoyage ?
  • Le 14, lors de la mamaya hebdomadaire des RPCistes l’un de ses pires bouffons dénommé Malick Sankhon qui est par ailleurs directeur général de la caisse de sécurité sociale (!!) a proposé sa solution radicale contre les protestations régulières des travailleurs du secteur privé sous sa fenêtre pour leur absence totale de couverture sanitaire malgré leurs cotisations mensuelles obligatoires. Il informe tout fièrement l’assistance : « Je prends à témoin le parti, quiconque désormais s’amusera à venir à la caisse pour troubler la quiétude des travailleurs, c’est moi qui le dis, je vous jure, tu ne sortiras par indemne. Qui que tu sois. Depuis hier j’ai reconstitué 2500 à 3000 jeunes dans Conakry. Quiconque s’amuse à nous provoquer, je vous jure, on lui marchera dessus ». Son ancienne milice les « chevaliers de la République » célèbre puis démantelée pour ses exactions passées sur des opposants est donc de retour. On peut quand même lui reconnaître le courage de dire tout haut ce que la majorité des participants dans l’assistance pensait, vu le tonnerre d’applaudissement suite à ses propos.
  • Le 18, ce sont les jeunes de la ville de Beyla en région forestière qui imitent leurs cousins de Boké et Kérouané. L’un des organisateurs de la manifestation populaire explique qu’ils en ont tous marre des promesses mirobolantes lors du précédent passage du PPAC : « La population revendique, entre autres l’amélioration des conditions de l’éducation des enfants de Beyla, l’amélioration des conditions sanitaires, le bitumage de la route entre la frontière avec la Côte d’Ivoire et la région administrative de Kankan, l’achèvement des infrastructures allouées à Beyla lors du cinquantenaire de l’Indépendance organisé en Forêt, la réalisation de la promesse d’octroyer un terrain de football par l’Etat à la jeunesse de Beyla… A bas les promesses fallacieuses ». Les marcheurs bien organisés avec leur propre service d’ordre sont accueillis par des miliciens armés de gaz lacrymogène et de matraques. De l’autre coté c’est l’intifada habituelle qui s’organise. Le bilan du 1e jour s’élève à deux blessés, une case brûlée, des dégâts matériels sur les fenêtres des édifices publiques préfectoraux et l’interpellation d’une douzaine de jeunes qui sont déférés à Nzérékoré pour matage et reformatage en règle.
  • Le 18, lors du conseil des ministres le PPAC a insisté pour que le ministre du transport lui fasse un état d’avancement des discussions sur le projet « Métrobus » de Conakry ! Sacré papy-promesse, il n’a pas son pareil au monde.
  • Le 19, le boss débarque à Istanbul en Turquie pour 3 jours pour observer le Sommet du D8 (8 en développement par opposition au G8 !) au côté du Bengladesh, de l’Égypte, de l’Indonésie, de l’Iran, de la Malaisie, du Nigeria, du Pakistan et de la Turquie.
  • Le 23, nous apprenons que deux programmes de financements ont été accordés à la Guinée par l’Union Européenne. Le second concerne un programme de développement et d’assainissement urbain (SANITA) pour un montant de 60 millions et il est axé sur la gouvernance urbaine et l’assainissement des villes de Conakry et Kindia. Encore un projet pour nettoyer Conakry après les 400 millions USD des chinois promis pour cela le mois dernier ? C’est à ne plus rien comprendre dans cette bouffonnerie de projets redondants et juxtaposés. Depuis 7 ans, chaque année il y a au moins 2 projets sur financement extérieur pour assainir Conakry alors que certains meurent écrasés dans leurs maisons par des montagnes de poubelles.
  • Le 30, suite à une rumeur folle sur son décès dans son palais la veille, le PPAC organise une mamaya folklorique dans le centre-ville entouré de ses courtisans pour nous rassurer qu’il est encore vivant pour le moment. Pour bien faire « à la guinéenne » quatre travailleurs de la radio Gangan FM ont été interpellés le lendemain en tant que boucs émissaires de la fausse nouvelle et leur directeur général passera 24 heures en détention avant d’être libéré provisoirement. Pour un crime aussi grave que de prédire que le Prési va mourir un jour il risque une lourde peine de prison. Le lendemain tous les journalistes de la ville viennent le soutenir moralement à son lieu de détention mais ils en sont chassés par les miliciens du coin à des coups de matraque et de chicottes. Plusieurs sont blessés et leur matériel de travail est détruit. Vives protestations le lendemain par toutes les associations de presse mais comme d’hab. c’est « San fou la mor » pour les autorités militaires et judiciaires. Quant au boss c’est la 2e fois qu’il est déclaré mort en 2 ans (à Tunis et à Conakry) – jamais deux sans trois ?
  • Pour : comme chaque mois, R.A.S…
  • Contre : pour les événements de Kérouané les populations qui battaient encore le pavé le 12 exigent la présence du chef de l’Etat pour calmer leurs ardeurs. Des vidéos amateurs montrent qu’un des députés haut d’en haut a échappé de justesse à une fessée publique magistrale digne des bandits en col blanc de son acabit. Il a été forcé hors de son carrosse et on a pu l’admirer traversant sa haie d’honneur d’accueil dans la ville, à l’image de celle de la série américaine Game of Thrones avec moqueries, insultes (Zéro, Maboule, quitte-la-bas) et autres descriptifs peu flatteurs mais corrects ainsi que jets de sachets d’eau et de la belle poussière qui recouvre la ville. Concernant le plan directeur de Kaloum il est toujours aussi surprenant de constater que personne n’ait éclaté de rire devant ce nouveau show de papy-promesses. Lui-même doit se demander ce qu’il devra bien faire pour que les gens lui disent un jour STOP. La seule promesse que nous voulons c’est qu’il nous débarrasse des montagnes de poubelles. Ce serait au moins un pas concret dans la bonne direction. Nous serions bien plus heureux s’il nous montrait une maquette géante de « Conakry ville propre en 2018 ».

Tic-tac, Tic-tac, la montre tourne ; aujourd’hui est le 2505e jour de l’ancien « Guinea is back » et du nouveau « changement radical » – déjà 06 ans, 10 mois et 10 jours ! Aladji-Professeur-Président voici ma suggestion SMART (Spécifique, Mesurable, Atteignable, Réalisable et Temporellement définie) du mois pour améliorer un peu votre Sanseman : patron je commence par vous féliciter, trois semaines non-stop au pays et 27 jours sur 31 au cours d’un même mois, c’est un vrai exploit pour vous. Il faut continuer les efforts dans ce sens, résistez à vos démangeaisons aériennes et fixez-vous un nouveau défi : restez deux mois entiers avec nous dans votre capharnaüm. L’appétit vient en mangeant, ensuite se sera 3 mois, puis 4 et ainsi de suite – jusqu’à l’exit en beauté en décembre 2020. C’est vrai que nous n’y sommes pas habitués – certains en ont même conclu que vous étiez mort dans votre palais à force d’être resté si longtemps sans voyager ! Mais tout est bien qui finit bien et il vous reste donc un peu plus de 2 ans pour parachever votre Sanseman, inch Allah bien sûr. Par ailleurs dans votre deal du siècle avec les chinois, plus le temps passe, plus nous voyions du brouillard dans cette nouvelle magouille. Un analyste politique (Haroun Gandhi Barry) nous a offert ce mois-ci une remarque intéressante : « Les Chinois ramassent tout, sans tri. Qui a vérifié que les terres qu’ils emportent ne contiennent pas d’or, de cobalt, d’uranium ou que sais-je encore ? » C’est un très bon point dont on n’a jamais discuté clairement et qui pourtant aura des conséquences fâcheuses pour tous quand vous ne serez plus là pour les partager avec nous. Et si cet acharnement à ne vouloir exporter que de la terre brute, sans aucun traitement ni contrôle au départ, n’était en réalité qu’une opportunité d’exporter en même temps d’autres richesses du sous-sol puisque nous sommes d’après vous un « scandale géologique » ? Après tout si nous les couillons n’y voyons que de la terre rouge, eux ils savent ce qu’ils exportent et pourquoi. Je me souviens de la fois où pendant la révolution satanique une cargaison d’ananas de l’OBK en partance pour la Russie avait été contrôlée inopinément par la douane guinéenne. Dans certains fruits étaient dissimulés des diamants bruts. Bien sur après un peu de bruit à Conakry quelques bons bakchichs bien placés avaient fait l’affaire et on n’en a plus jamais entendu parler. Les chinois doivent se dire « comme c’est doux de faire du bizness avec des primitifs du développement – c’est comme les miroirs décorés qui servaient pour le troc avec les richesses des indiens d’Amérique ». Autre question et non des moindres : combien de tonnes de cailloux vont-ils exporter pour ces 20 milliards $ USD ? Les plus optimistes parlent de 6 milliards de tonnes et les plus septiques comme moi pensent plutôt 20 milliards, vu nos capacités managériales à pouvoir contrôler leurs exportations. Donc la tonne entre 1 et 4 $ USD alors que la CBG nous l’achète autour de 10  $ USD pour de la bauxite pourtant asséchée chez nous avant exportation– vraiment le deal du siècle ! Vraiment plus on y réfléchit, plus on comprend que ce contrat risque d’être mille fois pire que les magouilles de Rio Tinto et BSGR réunies, avec toujours les mêmes dindons de la farce minière guinéenne – nous.

Boss, je vous adresse aussi ce petit conseil que j’ai partagé avec un autre compatriote adepte de certains concepts honteux pour nous en tant que Nation. Comment par exemple défendre intellectuellement ce dégoûtant « tous coupables – tous victimes » ? Nulle part ailleurs qu’en Guinée cette idée persiste aujourd’hui, uniquement en raison d’une petite bande de révisionnistes qui l’utilisent pour essayer maladroitement de « blanchir » Satan Touré et pour insulter la mémoire des victimes de son  système ? La « conférence nationale » telle qu’envisagée actuellement n’apportera aucune solution permanente à la colère des victimes et à la malédiction guinéenne car la majorité de ceux qui l’organisent n’ont qu’une seule finalité en tête : exiger le pardon et sa réhabilitation. En échange vous proposez de balayer tous ces crimes sous le tapis et de rebâtir notre pays sur ces charniers cachés et ces plaies ouvertes ? Nous voulons tous la reconstruction de notre pays – pas pour nous car je pense que c’est trop tard pour cela – mais pour nos petits-enfants qui n’ont pas besoin de connaitre la douleur et la rage par lesquelles nous sommes passés. Mais vous espérez y arriver en refermant rapidement et cachant sous votre lit le livre où est inscrit pour toujours tout le Mal que nous avons subi individuellement et en tant que Nation ? Finalement cela me fait effectivement penser que vous luttez vous-aussi pour une réhabilitation forcée de la mémoire de Satan Touré. Et pour cela sachez une fois pour toute qu’une écrasante majorité de guinéens d’aujourd’hui et demain ne se donneront jamais la main pour reconstruire notre pays avec ce subterfuge.

Enfin je partage avec vous un extrait de la lettre de démission ce mois-ci du ministre de la culture du Burkina Faso (Tahirou Barry) : « J’en ai assez de voir notre capitaine s’abonner à la fontaine de réaction, à des actions sans axes en lieu et place d’actions axées sur la satisfaction durable des aspirations des masses. Ces réactions de vieux cowboy désespéré ont mis au rouge tous nos indicateurs avec un plan de développement PNDS qui a lui-même besoin d’un plan d’urgence de sauvetage dans un océan sans rivage ». Ça vous rappelle quelqu’un et quelque part ? La question que je me pose est de savoir quand est-ce que nous aurons dans notre pays un petit marmiton qui osera parler ainsi à  son boulanger de patron ?

Publié dans 2018 | Laisser un commentaire