Une Nouvelle Voie (Juillet 2017) : le nationalisme désuet et populiste du chef intérimaire du village Afrique

Bienvenue à mon bilan du 19e mois de la Condécratie version 2.0. Je continue mon exploration mensuelle des méandres des décisions importantes pour la Nation prises par nos nouveaux chefs en proposant des pistes de réflexions et d’actions qui pourraient être envisagées pour que le « vrai changement » soit effectif.

  1. Echantillon de paroles et pensées présidentielles du mois:
  • « Je suis optimiste pour l’Afrique, mettons fin à l’afro-pessimisme. Changeons de vocabulaire. N’acceptons plus des vocabulaires qui nous sont imposés par des sociologues occidentaux qui ne correspondent pas à la réalité. L’Afrique doit s’approprier de son vocabulaire, sa démocratie, sa bonne gouvernance… Quand vous parlez de démographie galopante, c’est contre l’Afrique… Les autres continents nous envient notre démographie parce que c’est des peuples vieillissants et nous, la jeunesse est notre avantage… L’Afrique doit maitriser son destin… Nous ne voulons pas l’impunité. Mais nous ne voulons pas d’un tribunal à la Haye qui est un tribunal pour les africains comme si les dictateurs étaient en Afrique seulement. Nous allons créer un tribunal pénal africain parce que si un chef d’Etat malmène un peuple, on doit le juger. Mais ce n’est plus l’extérieur qui doit nous dicter ce qu’on fera… Avant les peuples ne se reconnaissaient pas en l’Union Africaine. On pensait que c’est un syndicat des chefs d’Etat qui ne se préoccupait pas de la population. Nous avons décidé de changer les choses. D’abord, en prenant nos responsabilités financières. Parce que quand vous dépendez de quelqu’un financièrement vous n’êtes pas indépendants… Les règles de la démocratie s’appliquent à une situation concrète. La France a sa situation, les Etats-Unis ont leur situation aussi. Personne ne nous dira ceci ou cela. Seuls les peuples africains sont maitres de leur destin. Nous on ne se mêle pas des élections en Angleterre ou aux Etats-Unis. Nous ne voulons plus d’ambassadeurs proconsuls comme au temps de Rome. Il y avait Rome et les proconsuls qui dirigeaient des provinces. Nous ne sommes pas des provinces, nous sommes un continent libre et indépendant. Nous voulons des partenaires, mais sur la base d’égalité. Nous ne voulons plus des donneurs de leçons surtout qu’ils n’appliquent pas ces leçons chez eux. Quand nous voyons les sondages, ça montre comment beaucoup de gouvernements européens sont coupés de leurs peuples » (le 30, lors de la clôture du forum de la jeunesse à Ndjamena).
  • « Tous les problèmes que l’Afrique connait sont dus à des interventions étrangères… Nous sommes prêts à collaborer avec tout le monde mais l’Afrique est désormais majeure, elle prendra ses décisions sans aucune interférence extérieure, elle respectera les autres, elle fera tout pour mettre fin au terrorisme, à l’immigration qui est une nouvelle forme d’esclavage. La première forme d’esclavage qui a vidé l’Afrique de ses forces vives, nous a empêchés d’être au rendez-vous de la première révolution industrielle. Faisons en sorte que cette deuxième forme d’esclavage que constitue l’immigration ne nous prive pas d’être au rendez-vous de la quatrième révolution industrielle qui est l’économie numérique. Nous avons décidé désormais que les problèmes africains seront résolus par les africains et qu’il n’y ait plus d’ingérence. Nous avons montré que quand l’Afrique parle d’une seule voix on est écouté. Sur chaque problème, il y a un chef d’Etat qui est chargé de parler seul au nom de l’Afrique après que l’Union Africaine ait pris position… Nous ne voulons pas qu’on pense qu’on peut nous acheter en nous divisant pour qu’on prenne des positions. L’Afrique doit définir sa voie de démocratie. C’est vrai qu’il y a des principes universels, mais il est important qu’on laisse les Africains adopter ces principes universels à leur condition… Il n’y aura plus de cacophonie… Quand l’Afrique est unie on gagne. (le 03, à l’ouverture du sommet de l’UA).
  • « Pourquoi l’Afrique a raté la première révolution industrielle, contrairement à l’Europe? A cause de l’esclavage. Parce que l’esclavage, en vidant l’Afrique de ses forces vives, cela n’a pas permis à l’Afrique d’être au rendez-vous de la première révolution industrielle. Aujourd’hui, nous sommes à la quatrième Révolution Industrielle, c’est-à-dire l’économie numérique. Est ce que la nouvelle forme d’esclavage qui est l’immigration va-t-elle nous empêcher d’être au rendez-vous de cette quatrième révolution industrielle ? Non. Pourquoi ? Parce que l’Afrique a pris conscience d’elle même. L’Afrique a décidé de prendre son destin en main. Et, aujourd’hui, nous voyons comment la jeunesse africaine maîtrise les nouvelles technologies… L’Afrique est le continent de l’avenir. La nouvelle Afrique est en marche» (le 06, à Hambourg, en marge du sommet du G20).
  • « Nous avons dit au Président Trump que nous on ne pollue pas mais on est les plus pollués. Il faut qu’on lutte contre le réchauffement de la planète qui occasionne la pauvreté, la migration et terrorisme »  (le 06, suite à un échange avec Donald Trump au sommet G20).
  • « Nous ne voulons plus demander l’avis de la France ou de l’Angleterre pour prendre une décision. C’est pourquoi j’ai dit à Abidjan qu’il faut couper le cordon ombilical. Nous ne voulons plus qu’on nous impose quelque chose. Nous sommes d’accord pour la démocratie qui a des règles universelles. Mais la démocratie en France n’est pas la même en Espagne. Montesquieu (en réalité Blaise Pascal !) disait  ‘vérité en deçà des Pyrénées erreur au-delà’. Nous ne voulons plus qu’on nous dicte qu’est-ce que la démocratie. Nous voulons appliquer nous-mêmes les règles universelles de la démocratie … Madame Merkel va avoir son quatrième mandat. Qui parle ? Personne !… Nous ne voulons plus que des gens nous dictent ce que nous devons faire. Nous voulons appliquer les règles de la démocratie mais dans nos conditions, les réalités de nos pays. La France n’est pas le Cameroun, la Guinée n’est pas l’Angleterre. La démocratie anglaise est différente de celle de la France. La démocratie française est différente aussi de la démocratie Allemande. Donc, il faut qu’on accepte aussi que les règles démocratiques soient adaptées à chaque cas concret… J’ai mis en place la comptabilité-matière. Désormais tout ce qui appartient à l’Etat doit être marqué. Cette mesure vise à éviter que des cadres véreux n’emportent les biens de l’Etat après leur limogeage. Avant, quand un ministre quitte il ramasse tout y compris les climatiseurs. Mais maintenant on a tout marqué. Mieux que ça, avant de faire un remaniement ministériel j’amène des gendarmes devant tous les ministères. Quand le remaniement est fait le ministre sortant ne peut plus rentrer dans son bureau. C’est seulement au moment de la passation de service qu’il peut accéder à son bureau pour distinguer ce qui lui appartient et ce qui appartient à l’Etat… On fait de la pomme de terre et autres, mais on ne veut manger que du riz et de la viande. Or, il y a beaucoup de maladies comme le diabète, les AVC dues à la nourriture. Nous vous voulons être autosuffisants d’ici fin 2018. C’est-à-dire ne plus importer du riz. Le retard que la Guinée a accusé dans le domaine de l’agriculture peut être un avantage  » (le 08, devant des mamayeurs du Sanseman à Hambourg).
  • « Je suis très optimiste pour l’avenir ! Bien sûr que tout le monde ne veut pas le changement surtout les cadres. Il faut dire la vérité, les cadres guinéens ne veulent pas de changement, ce qui les préoccupe c’est l’argent et le poste et puis détruire l’argent. C’est pourquoi nous sommes en train de modifier beaucoup. Nous avons fait un concours des jeunes appelés 518. Nous avons presque tous les DAAF parce que toute la corruption passait par les DAAF, pour mettre en place des jeunes sortis de nos universités, ils n’ont jamais géré donc ils ne connaissent pas ces mauvaises habitudes… Les ministres sont contre eux parce que ces ministres n’arrivent pas à les manipuler. Ils ont des règles précises, si les  règles ne sont pas remplies ils refusent. En Guinée qu’est-ce qu’on  faisait avant ? On signe un contrat avec les Guiter- là (homme d’affaire membre de sa belle-famille) pour fournir 10 véhicules. On paye les véhicules qui n’existent pas. On dit bien que ça été payé mais ça n’existe pas. Il y a une complicité. Ils se partagent l’argent alors qu’il n’y a pas de véhicules. Pour lutter contre ce phénomène nous avons mis un système en place pour lutter contre ce détournement. Maintenant tout ce qui appartient à l’Etat doit être marqué. A la présidence j’ai créé un bureau de stratégie très fort dirigé par Kassory (l’un des plus grands voleurs de tous les temps). Il est  accompagné de jeunes cadres. Ça veut dire que les gens ont des points focaux à la présidence, ils travaillent avec la présidence, c’est nous-mêmes qui prenons les rendez-vous. Par exemple avec les ministres c’est la présidence qui appelle pour prendre les rendez-vous, le ministre sera obligé de recevoir les hommes d’affaires et de faire en sorte que ces derniers ne trainent pas beaucoup… Les universités privées nous coûtent très cher. Tous les ministres qui sont venus, chacun a construit une université privée. Des universités qui ne servent à rien et qui ne forment que des chômeurs. On a constaté après la biométrie qu’il y a des universités où la moitié des étudiants déclarés n’existe pas. Nous ne payerons qu’en fonction des étudiants existants» (le 14, lors d’une de ses mamayas habituelles).
  • « Lorsque nous avons voulu ouvrir les compteurs prépayés, plus avantageux, ils (les travailleurs d’EDG) sont allés mentir aux citoyens afin de continuer à frauder. Mais tout ça doit finir. Ou les travailleurs se redressent, ou nous sommes obligés de les redresser. Ou EDG se redresse, ou nous sommes obligés de redresser EDG. Ou le ministre de l’énergie se redresse ou nous serons obligés de le redresser » (le 20, lors de la cérémonie de lancement des travaux du centre de dispatching électrique national).
  • « Le pays est en marche, le progrès est en cours comme l’a dit Kassory, même si à un moment il fait l’imbécile en étant de l’autre coté…Il y a des bons cadres en Guinée. Aidez-nous à les ressortir parce qu’il y a des gens, des ministres, qui ont peur et qui envoient des gens qui m’envoient souvent des messages pour dire ‘Président, Tibou te trompes, on l’a vu chez tel ; Kassory est comme ça ; si tu nommes tel, nous allons manifester’. Malheureusement quand je vois les messages j’essaie de rappeler mais il se trouve que la personne a enlevé la puce pour la jeter. Donc, ça fait que maintenant je reçois des centaines de messages que je n’ouvre même plus… Il est vrai aussi que nous avons été victimes comme je l’ai dit même ce matin à l’ambassadeur de France que nous avons été victimes de De Gaulle et de certains chefs d’Etat qui ont tout fait pour que la Guinée n’avance pas. Nous avons été victimes de l’obscurité pendant un moment et grâce à Dieu nous avons de l’électricité. Personne en Guinée ni à l’extérieur ne pourra plus ramener la Guinée dans l’obscurité » (le 23, en recevant une délégation de nouveaux mamayeurs du Fouta).
  • Pour : vraiment boss vous avez dit vrai au sujet de l’esclavage du XXIe siècle, l’immigration clandestine, mais vous devriez aussi expliquer que cette fois-ci les vendeurs sont les dictateurs comme vous qui poussez tous ces jeunes à préférer ce risque plutôt que de vivre sous votre gouvernance et les acheteurs sont la Méditerranée et les camps de survivants en Europe.
  • Contre : incroyable comment le PPAC ressort de plus en plus souvent le même 33 tours de sa collection impressionnante de disques FEANFistes anticoloniaux : il répète les mêmes phrases depuis qu’il est Président de l’UA (Union Africaine) en exagérant un peu plus chaque fois comme pour se convaincre lui-même que ses rêves sont maintenant des réalités africaines. Un compatriote avisé (Abdoul Diala Bah) résume bien ce qu’il faut penser des déclarations de ce « coq qui chante sur son tas de fumier » : « Pourquoi 58 ans après « l’indépendance » du pays sommes-nous encore incapables d’assurer le financement de nos consultations électorales. Le pays est devenu un éternel assisté. Il faut que « les partenaires » nous viennent au secours financier à chaque élection. C’est un honte d’entendre de la bouche de nos gouvernants « nous attendons le soutien de tel ou tel bailleur de fonds pour l’organisation des élections ». Avec de telles dépendances financières extérieures, il n’y aura jamais cette indépendance tant souhaitée et réclamée ». Papa-promesses a encore frappé fort ce mois-ci en recevant des étudiants venus lui « demander pardon » à relents révolutionnaires suite à leurs railleries du mois dernier : « nous allons construire une usine de montage de tablettes à Mamou ». Il est capable de nous proposer de construire des ponts même là où il n’y a pas de rivière, sans même un sourire !
  1. Les décisions et actions « positives » du mois :
  • Le 04, le « Président » Bakary Fofana est destitué à la tête de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) par coup d’état interne à l’issue d’une plénière extraordinaire de ses commissaires. Contesté par tout le monde en Guinée il est finalement poignardé dans sa propre maison. Son crime selon ses adjoints n’est pas de détourner presque tout le budget de l’institution mais plutôt de refuser ensuite de le partager équitablement avec eux.
  • Le 06, la cellule de communication du gouvernement annonce que le PPAC a reçu un prix de l’ONG Africa Verein en Allemagne. Selon elle cette distinction est décernée à la personnalité de l’année.
  • Pour : bravo au PPAC pour avoir contredit en coulisse mais sans ménagement les instructions officielles de certains petits faucons excités, comme les maires des communes Kaloum et Matoto et le ministre de l’administration, d’interdire les meetings totalement pacifiques de partis de l’opposition, en espérant ainsi bien cirer les babouches de leur boss. Et pan sur leur bec par leur demi-dieu ! Résultat, ambiance bon enfant entre mili-chiens et militants et aucun dégât humain et matériel, comme cela aurait du être le cas depuis le 1e de ces meetings et marches en 2011. Mais aussi et surtout fin calcul politique et enfarinage en règle de notre boulanger national, avec de nombreuses arrière-pensées évidentes, afin d’arrondir les angles internationaux sur sa tendance dictatoriale exponentielle et ses velléités de plus en plus évidentes de faire modifier la constitution pour un 3e mandat présidentiel.
  • Contre : le plus ravi aujourd’hui de l’expulsion du président de la CENI est le PPAC parce que les revendications d’organisation immédiate des élections communales sont ainsi reportées ad vitam aeternam. Vraiment le boss est trop fort pour nous – impossible pour ses opposants de jouer dans sa 1e division de fourberies. Concernant le prix allemand, selon le site Web de l’ONG elle « encourage l’échange entre les acteurs allemands et africains opérant dans le monde économique et politique. Elle entend ainsi donner une nouvelle image de l’Afrique en Allemagne ». Il s’agit donc d’un autre prix en chocolat pour flatter un pédant africain et préparer de juteux marchés pour l’avenir. Qui est l’idiot dans tout ce cinéma ?
  1. Les décisions et actions « négatives » du mois :
  • Le 01, nous apprenons que la ministre de l’économie et des finances a soumis au dernier conseil des ministres un projet de loi portant validation des comptes des comptables publics de 1958 à 2010. L’élément phare est l’article 3 demandant « la possibilité de poursuivre, le cas échéant, les comptables publics et toute autre personne auteure de fautes de gestion au cours de la période concernée ». Pour ceux d’après 2010, pas de problèmes à l’horizon car ils sont tous des petits saints intouchables.
  • Le 01, ‘Air Guinée One’ décolle de nouveau, cette fois-ci c’est pour Addis-Abeba en Ethiopie pour la 29è session ordinaire du sommet de l’UA. Papy-promesses sera attendu de pied ferme par ses pairs moqueurs après avoir clamé partout où il est passé récemment que l’institution fera peau neuve grâce à lui, comme si un morceau de bois pouvait se transformer en poisson en restant longtemps dans l’eau.
  • Le 06, notre diplomagie-photo fait de nouveaux progrès : le boss débarque à Hambourg en Allemagne pour le sommet du G20 pour essayer de vendre les reliquats chinois du pays aux investisseurs européens. Cette fois-ci sur la photo de famille il est beaucoup plus proche de Donald Trump que pour les 2 précédentes rencontres (Ryad et Sicile). Sur une vidéo on l’aperçoit clairement faire une courbette révérencieuse devant lui alors que son ministre Kerfalla Yansane le salue plus dignement. Comme quoi chacun a quelqu’un devant qui se courber, même l’homme-Etat guinéen.
  • Le 07, selon les analyses des principaux journalistes africains et internationaux l’échec du sommet de l’UA des 03 et 04 semble être le résultat final de la présidence annuelle du PPAC. En voici un exemple dans la presse locale (Moise Sidibé) : « Le 29ème sommet de l’UA est loin d’être un succès, un euphémisme. Non seulement les absents étaient nombreux, peut-être à cause des objectifs fixés de façon peu consensuelle mais volontariste d’un groupuscule composé d’Alpha Condé, de Paul Kagamé et de Idriss Deby, les mousquetaires les plus en vue de ce machin ». Le boss rêvait de mener ses pairs comme il le fait avec son peuple sans savoir qu’il était assis dans cette assemblée avec des bandits mille fois plus forts que lui.
  • Le 10, un journaliste (B. Doumba) nous montre qu’une nouvelle phase du chaos local a été entamée : « Sous haute surveillance pour empêcher la triche des candidats au baccalauréat n’ont pas apprécié l’attitude des surveillants qui étaient contre toute communication suspecte dans les salles d’examen. Enervés par le fait qu’ils n’ont pas pu copier, des candidats à l’école primaire du centre n’ont pas trouvé mieux que de séquestrer les surveillants et délégués. Des véhicules stationnés dans ledit centre ont été caillaissés par ces adeptes de la triche devenue une pratique courante dans les établissements d’enseignement. Aussitôt informé, le ministre Ibrahima Kalil Konaté a annoncé une série de mesures prises par son département : la directrice communale de l’éducation ainsi que le chargé des examens de Kaloum reçoivent un avertissement pour négligence. L’ensemble des candidats affrontant les épreuves à l’école primaire du centre écopent d’un avertissement ». Quelle efficacité de la part de ce septuagénaire, membre du « gouvernement de jeunes cadres dynamiques maitrisant l’outil informatique » selon son boss !
  • Le 15, le PPAC décrète la réquisition du train urbain « Conakry Express » qui appartient à une société privée chinoise (China International Fund} en raison d’un contentieux commercial. Le pire c’est que c’est nous avons une dette impayée de 42 millions USD envers elle mais l’argument selon le directeur des chemins de fer de Guinée est que cette dette date depuis 2010 et donc on ne comprend pas que les chinois ne puissent attendre un peu plus (que 7 ans !) pour être remboursés. Encore une fois la méthode habituelle des voyous populistes, le « tu sais qui je suis ? » national, pour régler un différend commercial. Nous serons surement le 1e pays africain qui aura réussi à faire fuir même les investisseurs-requins chinois, pourtant les pires escrocs économiques de la planète.
  • Pour : comme chaque mois, R.A.S…
  • Contre : je commencerais par l’histoire de l’Honorable député de l’opposition qui a été filmé en flagrant délit de vol de la tablette d’un autre Honoré dans une salle où ils se partageaient en coulisse nos impôts pour leurs frais de carburant. Vrai ou faux, n’ayant pas vu le film, le fait même que la victime ait refusée un dédommagement financier plus important que le prix de cette tablette neuve pour lui fermer la bouche et que donc la tablette ait ensuite été rendue le lendemain plaide effectivement contre cet escroc bien connu par ailleurs pour ses exploits autant en Guinée, au Mali et au Sénégal que quand il était ministre de l’agriculture, où il s’était fait une réputation de grand marchand des engrais de l’Etat. Par ailleurs je pensais bien l’avoir aperçu au milieu des étudiants qui se moquaient du PPAC pour ses promesses de tablettes lors du forum de l’étudiant (humour). Pardon boss, il faut lancer rapidement le programme « un député – une tablette » pour les calmer un peu. Le reste transparait comme un furoncle sur le nez dans tous les points suscités.

 

Tic-tac, Tic-tac, la montre tourne ; aujourd’hui est le 2413e jour de l’ancien « Guinea is back » et du nouveau « changement radical » – déjà 06 ans, 07 mois et 10 jours ! Aladji-Professeur-Président voici ma suggestion SMART (Spécifique, Mesurable, Atteignable, Réalisable et Temporellement définie) du mois pour améliorer un peu votre Sanseman : pardon il faut cesser de vous ridiculiser devant la jeunesse africaine qui subit tous les jours les fausses promesses de nos dictateurs à vie. Qui vous et vos pairs croyez tromper aujourd’hui ? Qui sont les responsables de cette fuite exponentielle vers des horizons théoriquement plus prometteurs, au mépris de tous les risques envisageables. Oui, vous offrez aujourd’hui de l’UA l’image d’un syndicat de mafieux qui ne discutent que de leur maintien à vie au pouvoir en essayant de faire front commun contre tous ceux qui essaieront de leur faire des leçons de bonne gouvernance. Vous jouez aux fiérots entre vous et devant nous mais vous passez la majorité de votre temps à faire le tour du monde toutes les semaines pour tendre la main et dire pleins de « merci patron » à vos hôtes toujours bien choisis. Vraiment vous faites honte et pitié à tous les peuples du continent. Vous nous avez offert encore ce mois-ci un nouveau pétage de plomb mémorable, cette fois-ci à l’étranger, au sommet de l’UA, suite à une altercation grotesque avec la délégation sénégalaise, et pour lequel vous aviez entièrement tort. Voici le compte-rendu de la presse sénégalaise (senemedia.com) : «  le ministre des affaires étrangères sénégalais conclut :vous savez, messieurs les Présidents, le Président Sall a déjà annoncé qu’il n’est pas candidat pour un renouvellement de son mandat après sa réélection à ce poste à l’unanimité. Il a déclaré qu’il ne sera pas candidat pour un nouveau mandat, parce que, par principe, le président Macky Sall n’est pas pour les troisièmes mandats successifs “. C’est cette dernière phrase qui enflamme le président Alpha Condé, piqué au vif, dans un état de colère indescriptible, pensant que le ministre sénégalais faisait allusion à la situation intérieure à la Guinée, avec les intentions qui lui sont prêtées de briguer un troisième mandat. ” Vous allez me donner des leçons, moi professeur Condé, qui ai imposé la démocratie à la Guinée après des décennies de combat ? Allez vous faire f…” a déclaré le président Condé, entres autres gros mots que la décence ne permet pas de relater. Les autres Chefs d’Etat, choqués, atterrés par les bassesses répétées du Guinéen, ont demandé le retrait pur et simple de ce point sorti de nulle part. Le Sénégal finira par obtenir gain de cause. Interrogés, de nombreux chefs de délégation ont insisté sur le fait que ce qui dérange le plus le président Guinéen c’est que, fort de son titre de président du NEPAD, le président Macky Sall est invité partout. Ce que ne supporte pas le président Condé. Et la rencontre à Hambourg, il la voulait sans son jeune voisin Sénégalais. La dissolution du NEPAD aurait en effet eu pour conséquence l’annulation de la visite du président Macky Sall en Allemagne. En réponse la semaine suivante lors du sommet de Hambourg Sall lui aurait balancé un cinglant « Si vous voulez du Sékou Touré – Senghor, je suis prêt ». Ainsi votre mauvaise éducation vient de franchir nos frontières nationales. Pardon, clamez-vous et descendez de votre petit nuage – vous n’êtes qu’un simple mortel et  l’un des pires Guinéens dont les extravagances ne seront jamais oubliées ni pardonnées chez lui.

Posted in 2017 | Leave a comment

Une Nouvelle Voie (Juin 2017) : savez-vous danser le « saut de cabri » ?

Bienvenue à mon bilan du 18e mois de la Condécratie version 2.0. Je continue mon exploration mensuelle des méandres des décisions importantes pour la Nation prises par nos nouveaux chefs en proposant des pistes de réflexions et d’actions qui pourraient être envisagées pour que le « vrai changement » soit effectif.

  1. Echantillon de paroles et pensées présidentielles du mois:
  • «Mesdames et Messieurs les diplomates, je commencerais par vous présenter les excuses suite au comportement de ces étudiants. Ceux qui crient montrent qu’ils sont mal élevés, mal éduqués. Vous n’êtes que des petits excités. On va vous obliger à être bien éduqués. Vous ignorez l’histoire de l’Afrique, ce n’est pas un droit pour les étudiants de les avoir. Vous êtes indignes de l’histoire panafricaine… Je n’ai pas peur des étudiants. Vous ne pouvez pas m’impressionner, j’ai été étudiant avant vous. Alors, j’ai décidé de dire au ministre de l’enseignement supérieur, on suspend les tablettes jusqu’à nouvel ordre (cris de protestation dans la foule). Voilà, pour le moment, on ne mettra pas de tablettes à votre disposition. Ce n’est pas un droit, c’est notre volonté. Vous êtes indignes de ça. On suspend les tablettes jusqu’à nouvel ordre (nouveaux cris de désapprobation). Mais, on va vous obliger à vous redresser. Jusqu’à nouvel, il n’y aura pas de tablettes distribuées. Je veux des étudiants dont la Guinée va être fière parce que la Guinée vient de loin. Vous ne connaissez même pas l’histoire de l’Afrique, vous ne connaissez rien à l’Afrique… Vous avez présenté aujourd’hui un visage exécrable, honteux. Mais, cela sera la dernière fois. Vous n’aurez plus l’occasion. Un Etat doit être respecté (les jeunes crient encore plus). Ce n’est pas la peine de leur dire d’arrêter (s’adressant à ceux qui veulent tempérer les ardeurs des jeunes). C’est vous qui avez peur des étudiants. Moi j’ai été président des étudiants africains. Je n’ai pas peur des étudiants, surtout des petits plaisantins comme ça qui s’agitent. Vous pouvez sauter, crier jusqu’à demain, ça ne me fait ni chaud ni froid. Aucune tablette à partir d’aujourd’hui ne sera mise à votre disposition. Aucune tablette. Je ne vais pas continuer parce que c’est inutile de s’adresser à des gens comme vous, Qui pouvez-vous impressionner ? (c’est là que les étudiants ont répondu en chœur : Vous ou Toi)  » (le 01, suite aux railleries contre  ses fausses promesses de « tablettes pour tous les étudiants » lors de l’ouverture d’un forum de l’étudiant guinéen dans une université de Conakry).
  • « L’Afrique doit faire respecter notre souveraineté pour que nous puissions sans ingérence construire un avenir meilleur pour nos populations… L’Afrique a un seuil de pauvreté très élevé, un chômage massif qui conduit les populations les plus vulnérables notamment les jeunes à prendre des risques en particulier l’aventure à travers le Sahara et la Méditerrané pour rejoindre le vieux continent. Nous devons admettre que c’est une nouvelle forme d’esclavage qui prive l’Afrique de ses forces vives, comme l’esclavage l’avait privé avant(le 08, à Bruxelles lors des journées européennes du développement).
  • «  Je voudrais vous réaffirmer ma disponibilité d’apporter mon intermédiation et d’œuvrer sans relâche avec toutes les bonnes volontés du monde afin de trouver une solution pacifique et rapide à cette crise inopportune entre des frères amis (Saoudiens et Qataris) ». (le 11, lettre au Roi d’Arabie Saoudite suite au récent conflit avec le Qatar).
  • « Il y a des accidents parce que nous sommes très indisciplinés, nous ne respectons pas le code de la route, nous ne respectons pas le nombre de passagers. Un véhicule qui doit prendre 20 personnes on met 50… Il ne suffit pas seulement de faire des ponts, il faut discipliner les conducteurs, il faut discipliner les populations. C’est pourquoi nous avons décidé de faire les états-généraux de la circulation afin d’obliger chacun à respecter les règles… Comme les guinéens ne sont pas disciplinés il faut alors qu’on vous apprenne à être disciplinés, c’est pourquoi nous allons désormais faire des lois, on va obliger tous les transporteurs, les chauffeurs et les cyclistes à respecter le code de la route… D’ici cinq ans nous voulons qu’il n’y ait plus de maisons qui ressemblent à des taudis et que quand on rentre à Coyah, qu’on pense qu’on est rentré dans une ville américaine ou française. Mais cela ne peut pas se faire sans travail. Il faut qu’on accepte de travailler et d’être disciplinés en respectant les lois… S’il plaît à Dieu, j’ai pris l’engagement que dans deux ans on n’importera plus le riz à condition que vous acceptiez de cultiver. Moi-même j’ai donné l’exemple en envoyant un tracteur à Dubreka. Je vais cultiver 400 hectares à Dubreka, 400 hectares à Mandiana. Je vais obliger les préfets, les gouverneurs et les généraux à cultiver aussi… Nous allons obliger les étudiants, l’armée, les gouverneurs à manger les pommes de terre pour être l’exemple afin que toute la population suive ». (le15, lors de l’inauguration du pont de Kaaka).
  • « J’ai prévu des sacs plastiques. C’est très modeste, mais je vous prie de prendre chacun un sac, hein ! Ne refusez pas de prendre. Tibou, à commencer par toi, tu dois prendre parce que c’est ce qui permettra aux autres aussi de prendre, hein… Je vous donne cent millions pour le transport. Voilà ! Mais, il faut partager pour que chacun puisse recevoir sa part, il n’y a pas de grand, il n’y a pas de petit, je vous prie tous de prendre ça » (le 15, lors d’un diner fructueux offert à 132 journalistes locaux).
  • « C’est un grand honneur pour moi que tous les grands imams de ce pays viennent à la présidence. On va prendre le numéro (de téléphone) de tous les inspecteurs régionaux et préfectoraux, de temps en temps on va bavarder. Mais à condition que si je vous appelle vous ne me dites pas Président il n’y a pas de mosquée ici et là. Est-ce qu’on est d’accord ? Si j’appelle pour vous demander comment ça va il ne faut pas me dire de construire une mosquée… L’année dernière les acteurs régionaux et préfectoraux s’étaient plaints. Et qu’avaient-ils dit ? Qu’ils ont beaucoup de déplacements à faire mais n’ont pas de véhicules. Donc on va remettre aux imams régionaux des V8 Fortuner et aux 38 inspecteurs préfectoraux des voitures de marque Grand Vitara. On a déjà fait les cartes grises. Mais il ne faut pas que les khalifes se fâchent en disant qu’on les a oubliés. Les khalifes n’ont pas fait de demandes. Donc pour le moment, c’est pour les inspecteurs régionaux et préfectoraux. On verra l’année prochaine si on peut faire pour d’autres. Le 16, lors d’un diner offert à une bande d’imams triés sur le volet venus de tout le pays).
  • « Les conditions dans lesquelles la Guinée a pris son indépendance a été l’une des causes de notre retard. La Guinée a été le seul pays qui a osé dire non en 1958 au Général De gaulle. Ce dernier a estimé qu’il fallait punir la Guinée pour que ce mauvais exemple ne se répande pas. Après l’indépendance de la Guinée le gouvernement du Général De gaulle a fait partir toutes les archives. La Guinée s’est retrouvée sans mémoire. C’est le Japon qui est venu pour faire une nouvelle cartographie pour la Guinée. Le Ministre Focard avec la complicité de certains chefs d’Etat de l’Afrique de l’Ouest ont mis la Guinée en quarantaine ce qui a fait de Sékou Touré comme un animal dans une cage. Voici l’une des causes du retard de la Guinée, en plus des régimes militaires qui n’ont pas arrangé certaines » (le 24, à Kampala devant un Yoweri Museveni qui dormait à poings fermés).
  • « Aujourd’hui beaucoup d’hommes d’affaires viennent en Guinée, beaucoup d’étrangers viennent, on doit bien les recevoir. On ne doit pas leur demander l’argent à l’aéroport et sur les routes comme le font les policiers. On doit les accueillir très bien, c’est important » (le 27).
  • « L’Union Africaine doit prendre en charge la lutte contre le terrorisme. Il faut que ce soient les Africains eux-mêmes qui assument ce combat étant donné que la présence des casques bleus (de l’ONU) n’a pas donné des résultats. Comment voulez-vous qu’un Pakistanais ou un Bangladais vienne mourir en Afrique ? Ce n’est pas son pays. Il faut désormais que ça soit les Africains eux-mêmes qui assument ce combat qui est le nôtre. Nos partenaires peuvent financer les opérations, apporter la logistique, les moyens matériels et aussi l’aide aux renseignements pour que les pays du G5 (africains) prennent en charge la lutte contre le terrorisme » (le 28, lors d’un sommet des jeunes d’Afrique avec leur grand-père guinéen à Ndjamena).
  • «  Je vous ai invité aujourd’hui pour vous montrer que je ne vous ai pas oublié. Vous avez accepté qu’on vous insulte en me soutenant. Bras Cassé m’a dit qu’il se déplace encore à pieds. Donc, j’ai acheté des voitures pour vous » (le 28, en recevant ses artistes-militants au palais Satanya).
  • Pour : parlant des ballades à l’étranger du boss, un journaliste du site Guineeneews au sens de l’humour particulier (M. Sidibé) nous écrit ce mois-ci « C’est dans ces conditions que le Sisyphe de l’Union Africaine s’est proposé de rencontrer Donald Trump pour chercher à le convaincre de renoncer à son retrait. Les chances de succès de cette entreprise existent mais elles sont minces ». Nous attendons avec impatience de lire ce discours-là.
  • Contre : et voila ce qui arrive lorsqu’on ment aux étudiants en leur promettant des tablettes depuis 2010 –  « un étudiant – une tablette » chantait-il – avec des reports réguliers depuis ça. Aahh, Prési, il ne faut plus mentir aux enfants, Go ! Quand on leur dit que le Roi porte une belle robe dorée alors que c’est faux ils répliquent immédiatement « tu mens, il est nu ». Et personne n’y peut rien car ils ont raison. En plus il est vraiment triste de le voir sauter, baver de rage et faire une démonstration inoubliable de la danse « saut de cabri » devant les caméras de TV et nos hôtes étrangers. A Bruxelles et N’Djamena il a répété très fort ses leitmotivs actuels : donnez-nous votre fric mais ensuite ne vous occupez-pas de comment nous l’utilisons car ça c’est de l’ingérence inacceptable. Et nos enfants fuient et meurent dans le désert ou dans la Méditerranée à cause de la faiblesse de votre perfusion financière et ceci n’est rien d’autre qu’une nouvelle forme d’esclavage des noirs par les blancs. Je vous laisse imaginer son assistance, trop effrayée de dire quoi que ce soit depuis qu’ils ont vu son pétage de plomb devant ses petits-enfants sur le Net. Sacré PPAC qui propose ses services internationaux afin de trouver une solution rapide à une crise inopportune entre monarchies pétrolifères du Golfe d’Arabie ! Pardon pourquoi veut-il tremper notre nez dans ce nouveau combat éternel au Moyen Orient alors qu’il est incapable de le proposer pour les pays en guerre qu’il doit « guider et superviser » cette année (Burundi, Congo, Soudan, Lybie, Somalie…etc.). Quant à moi, j’hésite entre une crise de fou-rire et une crainte de nouvelle provocation inutile d’apprentis terroristes en mal de lieux faciles à faire sauter. C’est quoi cette histoire d’états-généraux de la circulation ? Une nouveauté offerte au continent par l’Homme-Etat ? Pour ses solutions-miracles contre le terrorisme international en Afrique, si la Communauté Internationale le prenait au mot et que ce soit l’UA seule qui en soit chargée – à part le fric et le matos bien sur – alors foncez vite chez vos notaires pour écrire ou revoir vos testaments car le malheur sera désormais à la porte de toutes nos maisons. Mais bon ses Grands savent que ce n’est qu’une blague qu’il leur répète chaque semaine depuis qu’il a été nommé roi du village africain.
  1. Les décisions et actions « positives » du mois :
  • Le 02, 25 parlementaires de l’opposition dite radicale ont introduit à l’Assemblée Nationale une demande de mise en accusation pour haute trahison du Président de la République. Ils lui reprochent les points suivants : violation de  son serment ; violation de la Constitution et d’autres lois de la République ; violations graves et caractérisées des droits humains ; actes attentatoires au maintien d’un environnement sain, durable favorable au développement du pays ; actes attentatoires à la paix et à l’unité nationale ; violation du principe de la séparation des pouvoirs et de la procédure. Et ensuite tout le monde a continué sur les autres faits divers.
  • Le 03, le Boss nous fausse compagnie pour assister au 51e sommet de la CEDEAO à Monrovia et aux travaux de lancement du projet régional d’énergie électrique. Ce projet d’interconnexion des réseaux électriques de la Côte d’Ivoire, du Liberia, de la Sierra Leone et de la Guinée (CLSG) vise la construction d’une ligne haute tension de 225 KV longue de 1.357 km avec 12 postes de transformation et deux centres de contrôle pour relier les quatre réseaux électriques nationaux. Les bénéficiaires directs du projet sont les populations de sa zone d’influence (24 millions d’habitants) qui disposeront d’une électricité fiable et à un coût compétitif (officiellement). Vu que le projet démarre au moment prévu de son achèvement initial (2017) il faudra compter d’autres grands retards pour la suite – souhaitons seulement que nous n’en soyons pas le responsable principal.
  • Le 07, notre ministre de la justice soumet au gouvernement l’examen de l’avant-projet de loi portant prévention, détection et répression de la corruption et des infractions assimilées. Pour lui « l’ampleur du fléau transnational que représentent la corruption et les infractions assimilées et les graves menaces transversales qu’il véhicule justifient l’élaboration de ce projet de loi visant essentiellement la garantie de l’intégrité et de la transparence dans la gestion des affaires publiques, privées et de la société civile ». Les sourires ont été difficiles à maîtriser lors de la présentation du texte en conseil des ministres.
  • Le 15, le tout nouveau « pont de Kaaka » dans la préfecture de Coyah a été inauguré par le boss venu spécialement en Guinée pour y assister.
  • Pour : avec la reconstruction du pont colonial de Kaaka, un des plus dignes symboles de l’échec de nos gouvernements successifs depuis 1958 vient enfin de disparaître et en plus cadeau, sans un sous de notre caisse unique (ou inique). Merci les frères japonais, nous en avons encore beaucoup comme ça à vous proposer, pardon et merci d’avance.
  • Contre : pour la mise en accusation pour haute trahison du PPAC le président de ce groupe parlementaire a déclaré à la presse : « Nous avons envoyé le courrier pour une première fois au Bureau de l’Assemblée Nationale qui n’a pas voulu tenir compte de cette proposition de mise en accusation du Chef de l’Etat ». Bien sur ce texte ira directement à la poubelle parlementaire mais il fallait quand même le tenter au moins une fois, pour que l’histoire retienne cette tentative de notre opposition opposée à tout le monde, y compris à ses propres membres.
  1. Les décisions et actions « négatives » du mois :
  • Le 01, un homme d’affaires opaques local, un protégé du PPAC, le bien nommé Aboubacar Camara est la risée des réseaux sociaux et des médias locaux en se prenant sérieusement pour le Roi de Kaloum. Quelques jours avant cela il avait organisé un carnaval avec tournée loufoque dans les rues du centre-ville (Kaloum) habillé grotesquement comme un roi du peuple Akan perdu en Guinée. Avant cela il se faisait déjà appeler le shériff de Kaloum avec des posters collés sur les baobabs et manguiers des quartiers. Le tout sous les regards admiratifs de notre administration à tous les niveaux du pays.
  • Le 05, suite aux querelles publiques interminables entre les commissaires gourmands de notre CENI, nous apprenons qu’une commission de réflexion interne sur les questions de renforcement de la gouvernance de la CENI vient de faire des propositions de solution pour la correction des dysfonctionnements et l’amélioration des conditions de travail – dans cette vie on n’est jamais aussi bien servi que par soi-même. Si ces propositions arrivaient à être avalisées un commissaire pourrait toucher jusqu’à environ 750.000 GNF par mois (approx.13.000 Euros), ce en fonction des tâches exécutées et des périodes de l’année. Regardez ci-dessous les principales lignes proposées, n’incluant pas les allocations sous la table de rigueur. Et si cela passait sans action urgente pour le stopper on n’en reparlera plus jamais, les avantages acquis étant exclus de toute révision future. Pendant ce temps ils critiquent en majorité les étudiants impolis parce qu’ils demandent des tablettes pour étudier au XXIe siècle. Quelle tristesse !
Prime plénière période non électorale 4.000.000 FG et 2 millions /quinzaine

et 2 millions sur compte

Prime de plénière en période électorale 15.000.000 FG/ mois
Sécurité des commissaires 1.500.000 fg/mois
Prime de conduite des commissaires 1.000.000 FG/mois
Entretien véhicule 1.500.000 FG/mois
Vidange 700.000 FG/mois
Revalorisation carburant 7.200.000FG/ mois
Assurance Santé le couple et 2 enfants
Prime de mission à l’intérieur 1.500.000 FG/jour
Prime de risques de mission 700.000 FG/jour
Prime de missions à l’extérieur 250€/300$
Prime d’organisation d’une élection 100.000.000 FG
Prime du 13e mois salaire d’un mois
Prime des commissions Techniques 300.000 FG/ jour
missions Prise en charge en fonction du besoin 
  • Le 06, notre cabri national saute à Bruxelles pour prendre part à la 11e édition des journées européennes du développement les 07 et 08. Vraiment, il ne sait même plus quel prétexte utiliser pour fuir Conakry. Vraiment laissons les toubabs gérer seuls leurs problèmes de développement et concentrons-nous plutôt sur les nôtres.
  • Le 07, nous apprenons qu’une mission de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) séjourne à Conakry pour « aider la Guinée à installer une nouvelle CENI correspondant aux aspirations des politiques ». Ainsi on reprend les mêmes qui ont occasionné un désastre national en 2010 et on espère un résultat meilleur pour nos prochaines élections ? Mine de rien, le cordon ombilical est vraiment dur à trancher. Mais c’est bien vu aussi par notre grand enfarineur car elle sera une nouvelle fois un bon bouc émissaire pour expliquer et justifier le bordel électoral de 2020.
  • Le 07, encore des manifestations de la jeunesse, cette fois-ci de la ville minière de Kamsar (préfecture de Boké) pour protester contre le manque total d’électricité pendant plus de 3 jours. Cette intifada nous offre un petit aperçu de la situation sécuritaire à l’intérieur du pays : les journalistes ont demandé au sous-préfet si elle est allée sur place pour discuter avec eux pour les calmer. Elle leur répondit du tic au tac : «  ils ont de l’essence et des allumettes, je n’ose pas ». Le bilan final est d’un mort (un élève de 16 ans), une douzaine de blessés (civils, gendarmes et policiers), la mairie et le commissariat de police pillés et cassés presque entièrement. Avec comme d’habitude des barricades sur les rues principales, des véhicules et motos de pauvres civils brûlés-cadeau.
  • Le 08, malgré tout ce qui précède le boss s’envole vers Rome et ensuite plusieures autres escales avant le 18 vers Tokyo ! Les détails précis de toutes les escales présidentielles entre ces deux dates sont secret défense. En tous cas plusieures sont prévues chez lui, Place d’Italie et à l’hôtel Raphaël de Paris et chez nous, à Conakry.
  • Le 12, notre jet royal se pose à Berlin pour une rencontre sur le partenariat G20 – Afrique. Malgré tous les tam-tams hurlants du palais Satanya, le rapport final de la rencontre souligne : « Dans le cadre du partenariat du G20 avec l’Afrique, le ministère allemand de la coopération et du développement a choisi lundi les trois premiers pays africains qui vont bénéficier du programme « Investir pour un avenir commun » : la Côte d’Ivoire, le Ghana et la Tunisie. Des pays qualifiés de réformateurs notamment par la Banque mondiale (BM), le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque africaine de développement (BAD). L’implication de ces institutions financières internationales consistera à aider les pays du continent à prendre en charge l’assurance des risques qui inquiètent les investisseurs privés ». Oups, la secrétaire a oublié quelqu’un ! Voila ce qu’on appelle du concret suite à une visite officielle chez un gentil bailleur, pas une panoplie de photos avec les bosses rencontrés.
  • Le 14, à l’occasion d’une plénière de l’Assemblée nationale le géant du perchoir a encore prouvé toute son utilité : lors des débats un député a appelé ses collègues à observer une minute de silence à la mémoire de trois soldats guinéens tués le jeudi 08 juin au nord du Mali. Visiblement surpris par cette «  nouvelle » le Président de l’AN. marqua son étonnement. Il s’est donc rabattu sur celui assis à sa droite pour demander des précisions sur ce mystère pour lui. Malheureusement son micro n’était pas fermé et nous avons ainsi compris que la 2e personnalité du pays, le successeur du chef de l’Etat en cas de vacance du pouvoir était totalement déconnecté de l’actualité dramatique de son pays. Trop occupé à compter les résultats financiers de ses petits bizness dès qu’il sort du bureau sans doute.
  • Le 14, le ministre des affaires étrangères français Jean Yves Le Drian fait une escale expresse de quelques heures à Conakry avant de continuer sur Dakar où il passera la nuit. Sûrement pour calmer les bouderies de notre mégalo parce que le Président Macron avait refusé de le recevoir en tête à tête privé à Bruxelles et Paris la semaine précédente. A Dakar Le Drian a tenu sa conférence de presse finale avec son homologue sénégalais alors que chez nous c’était avec le président de l’Union Africaine, son homologue guinéen. A chacun ses héros et zéros !
  • Le 15, nous apprenons que le ministre en charge de l’administration et de la décentralisation a présenté en conseil des ministres l’état d’avancement de la professionnalisation de la gestion des déchets solides à Conakry. En conclusion on peut retenir qu’il faudra attendre le dernier trimestre 2017 pour procéder au lancement des appels d’offres et le recrutement de l’entreprise chargée du transfert et de la mise en stockage des déchets solides à la décharge de la minière. Ensuite il faudra attendre le premier trimestre 2018 pour le démarrage des activités de l’entreprise retenue. En résumé il ne faut rien espérer dans ce secteur aussi d’ici la fin du Sanseman 2.0 en 2020.
  • Le 16, les troubadours du chef inaugurent 2 statues métalliques géantes à l’entrée de Kaloum, le centre-ville. La 1e qui représente Nelson Mandela mesure 3 mètres de hauteur. La seconde qui mesure 6 mètres et pèse 6.5 tonnes a plusieurs facettes. La 1e n’est autre qu’une portait géant du PPAC ricanant, la 2e représente la statue Nimba, symbole national de la fertilité et la 3e facette un livre ouvert avec des citations d’auteurs français du passé et les paroles prophétiques du pasteur M.L. King I have a dream !! Il faut préciser que le cadeau vient d’une fondation privée minière Libano-PPACienne qui fait justement son beurre dans la préfecture de Boké secouée depuis plus de deux mois par le ras-le-bol généralisé dans ses villes en raison de l’absence presque totale d’eau courante, d’électricité et de retombées visibles des bizness miniers locaux – sauf pour un petit groupe de bénis politiques et administratifs.
  • Le 16, le ministre de l’énergie nous trouve une nouvelle explication pour les coupures devenues presque généralisées de l’électricité à Conakry : « c’est les fortes pluies et les orages » ! Vraiment notre pays est grave, quand c’est la saison sèche d’étiage on n’a pas de courant par absence d’eau dans les barrages et ensuite quand il pleut c’est encore la même chose par excès d’eau dans les barrages. Le barrage de Kaleta est vraiment le plus grand joke du siècle en Guinée.
  • Le 16, le PPAC décrète le directeur général de la police comme conseiller à la Présidence avec rang ministre. On se souviendra qu’en novembre 2016 il a été parmi les 1e mamayeurs à parler de 3e mandat à vie pour son boss. Il gagne donc la médaille d’or de la démagogie nationale et la course est maintenant bien lancée pour les 2 autres médailles. Petit désavantage pour lui quand même : il rejoint le cimetière des cadres de la présidence et perd du coup les retombées très juteuses des rapines de notre flicaille. Il semble même que son supérieur hiérarchique, le ministre de la sécurité publique aurait offert un banquet privé pour fêter sa mise à la casse nationale. On ne peut quand même pas gagner de tous les cotés.
  • Le 18, c’est sayonara vers le Japon où il va rencontrer son frère de la FEANF et ami de 60 ans, l’Empereur Akihito. Petite consolation pour nous : il a voyagé dans le vol régulier d’Air France, petit retard de trésorerie de Dubaï sans doute. Il va enfin avoir une photo au mont Fuji-Yama, une des rares qui manquait dans son bureau.
  • Le 24, il participe à son 1e safari à Kampala en Ouganda pour bien se moquer de notre misère. Avant c’était des voyages mensuels, maintenant ils sont hebdomadaires.
  • Le 27, le secrétaire d’état américain dévoile le « rapport 2017 sur le trafic d’être humain ». Il fait une liste noire des pays ne combattant pas suffisamment le trafic d’êtres humains, qui compte 23 pays dont la Syrie, la Chine, la Corée du Nord et la Russie, La RDC, le Congo-Brazzaville, le Mali ….ET notre Guinée chérie. Selon la presse américaine trois d’entre eux, dont nous, font donc leur entrée dans le « tier 3 », au plus bas de l’échelle. Ils peuvent donc faire l’objet de sanctions allant de restrictions dans l’assistance américaine à l’arrêt des échanges culturels ou éducatifs. Il semblerait en réalité, selon les détails du rapport que la Guinée se retrouve sur cette liste noire pas parce qu’elle utilise des enfants soldats mais parce que partent illégalement de chez nous de nombreux mineurs vers les pays de la sous-région (Sénégal, Gambie, Mauritanie) et vers les pays du Golfe ce qui est bien documenté avec des données chiffrées. Les Américains n’auraient pas apprécié le laxisme de l’Etat à lutter efficacement contre ce fléau en dehors du lip service On apprend parfois dans la presse locale que certains trafiquants se sont faits pincer par nos bandits en treillis mais comme toujours chez nous les présumés coupables, très friquées grâce à leur bizness, sont relâchés après une visite de courtoisie à la case prison.
  • Le 27, nous apprenons que selon le « Natrural Resource Gouvernance Institute » (NRGI) américain, l’indice de gouvernance des ressources naturelles 2017 (données de 2015 et 2016) a classé le secteur minier de la Guinée en 63e position parmi les 89 évaluations réalisées dans le monde et en 20e position parmi les 31 évaluations effectuées en Afrique subsaharienne. Cet indice évalue la façon dont les pays riches en ressources naturelles gèrent leurs richesses pétrolières, gazières et minérales. Nous culminons au dessus des pires cancres du continent avec une note de 38 points sur 100 (ou 8 sur 20 en termes plus clairs pour les cadres du ministère). Pour la composante de gestion des revenus de l’indice nous sommes classés 78è sur les 89 réalisées ; pour la composante « conditions générales de gouvernance » nous obtenons 37 points sur 100, une moyenne légèrement inférieure à celle de l’Afrique Subsaharienne (39 points) ; pour une sous-composante de l’indice en matière d’octroi des licences nous obtenons notre plus haute note avec 62 points sur 100. Et toc pour la reforme réussie du nouveau code minier et le redressement spectaculaire de ce secteur grâce au Sanseman.
  • Le 28, encore une virée, cette fois-ci c’est à N’Djamena au Tchad et, croyez-moi ou pas, pour participer à un forum africain de la jeunesse. A plus de 80 ans il fera tache dans cette rave. En fait c’était juste pour consolider son nouveau record Guinness : 7 visites officielles à l’étranger (Liberia, Belgique, Italie, Allemagne, Japon, Uganda et Tchad) en 1 mois (soit une moyenne légèrement supérieure à une tous les 4 jours) avec 10 passages par Paris !
  • Pour : comme chaque mois, R.A.S…
  • Contre : pour l’affaire Bobodi tout a commencé le 28 mai lorsqu’une fondation ivoirienne obscure mais rusée avait décerné au guignol le « prix africain pour le développement, meilleur artisan des œuvres sociales » et l’avait couronné « Roi Nana Kouassi Bobody 1er, Roi de l’Afrique ». Résultat il fait depuis ce qu’il veut en ville. L’anarchie de la jungle est bien installée maintenant, raison pour laquelle des jeunes peuvent brûler des présumés voleurs en plein jour et en plein ramadan sans aucune réaction sérieuse de nos leaders. Cette affaire sert néanmoins de Dadis-show pour détendre un peu l’humeur morose des milliers de miséreux et paumés particulièrement en plein mois de carême. Dans le cadre de la mobilisation de la société civile pour la prochaine campagne du 3e mandat, les distributions de prix du Sanseman s’accélèrent ce mois-ci : 750.000 GNF par journaliste choisi sur le volet pour venir dîner avec le boss au palais Satanya, puis des 4×4 rutilantes pour un groupe bien choisi d’imams venus de tout le pays et enfin quelques voitures et de l’argent de poche pour les artistes-militants RPCistes. Les réponses de nos seuls artistes à audience internationale tels Takana Zion et Ali Kamano ont été immediates : « Même si vous donnez 100 voitures à chaque imam, une villa à chaque journaliste, 10 sacs de riz à chaque mendiant, nous combattrons ce régime partial qui de jour en jour tombe dans la dictature » et « Dites-lui d’octroyer des limousines ou des Jaguars, des Bentley ou des Mercedes, des Wranglers ou des BMW aux artistes qui n’ont aucunement pas de crédibilité aux yeux du peuple… Dites à Alpha que les peuples c’est comme de l’eau, quand ça dort, tu peux en abuser, mais quand elle se réveille, elle ravage tout sur son passage ». Quant au flic-mamayeur qui avait exigé un mandat à vie il est, certes en retard, nommé ministre. La course à la bassesse est bien lancée maintenant. Au fait puisque nous sommes officiellement un pays laïque, nos prêtres chrétiens et anglicans devraient eux aussi organiser une grève et une marche sur l’axe de la liberté s’ils veulent eux aussi des carrosses de la république.

 

Tic-tac, Tic-tac, la montre tourne ; aujourd’hui est le 2382e jour de l’ancien « Guinea is back » et du nouveau « changement radical » – déjà 06 ANS, 06 mois et 10 jours ! Aladji-Professeur-Président voici ma suggestion SMART (Spécifique, Mesurable, Atteignable, Réalisable et Temporellement définie) du mois pour améliorer un peu votre Sanseman : il faut cesser d’insulter le monde autour de vous, y compris en public devant les cameras qui enregistrent pour l’avenir vos gaffes historiques. Les insultes n’y feront rien, il faut plutôt cesser votre affaire de promesses-bidon. Sinon ça va barder de plus en plus chaque fois que vous ouvrirez la bouche. Nos enfants ne sont pas comme nous : dès qu’on décorne devant eux ils réagissent au quart de tour, Walahi ! Tristes effets secondaires : le recteur d’une université de la capitale et le vice-recteur d’une autre ont sur le coup fait des malaises cardiaques sur la tribune et ont du être évacués par les services sanitaires d’urgence. L’un des deux n’y a pas survécu ! Le plus inoubliable était votre gestuelle, gambadant sur la scène entouré de vos gorilles comme un fou devant une bande d’ados excités qui répondaient directement à vos invectives. Puis sautillant sur place les poings fermés, exhibant ainsi pour la postérité votre talent incontesté de professeur de la danse du « saut de cabri », une digne réponse nationale au dombolo et mapouka congolais ainsi qu’au coupé-décalé ivoirien. Sachez que même en Guinée le chef suprême doit respecter sa parole donnée. Qui plus est, quoi de pire que de faire miroiter à de pauvres universitaires de tablettes qu’ils devront quand même acheter à 50 US$ dont un pourcentage sera évidemment reversé à vos seconds-couteaux en charge de leur formation gratuite. Partout ailleurs ils rêvent d’universités d’excellence avec des labos de pointe, de partenariats et d’échanges universitaires avec l’élite mondiale comme dans presque tous les pays de la CEDEAO maintenant. Mais chez nous ils sont poussés à rêver de tablettes ! Comme vous l’a si bien écrit un de ces étudiants si mal formés selon vous « un homme fort c’est quelqu’un qui sait maitriser sa colère. Quelque soit la situation il n’avait pas le droit de tomber si bas ». Et pourtant lui n’a pas fait la Sorbonne comme vous. Mr le PPAC finalement je vous renvoie votre balle : c’est vous qui êtes mal élevé, mal éduqué et indigne de ces enfants et de nous tous. Un ou deux « pétage de plombs » pareils et vous ferez un A.V.C. sur la scène, alors courage les jeunes. Quant à votre petite démonstration de la danse du « saut de cabri » sur de la photo officielle du sommet de Berlin (le 12 juin) il ne faut plus jamais refaire ça, yandi !

Posted in 2013 | Leave a comment

Une Nouvelle Voie (Mai 2017) : distribution des prix 2017 du Sanseman – les petits budgets de fonctionnement sous la table

Bienvenue à mon bilan du 17e mois de la Condécratie version 2.0. Je continue mon exploration mensuelle des méandres des décisions importantes pour la Nation prises par nos nouveaux chefs en proposant des pistes de réflexions et d’actions qui pourraient être envisagées pour que le « vrai changement » soit effectif.

  1. Echantillon de paroles et pensées présidentielles du mois:
  • «Pour ma part, je reste convaincu que malgré les efforts à fournir encore, les difficultés et incidents de parcours parfois pour accéder à une presse libre, responsable et citoyenne partout dans le monde, en Guinée la Presse est libre. Elle est plus libre aujourd’hui qu’hier et le sera davantage demain si elle ne cède rien de son indépendance et de ses droits, mais ne se dérobe pas non plus à ses devoirs, notamment celui de concilier le pouvoir qui lui est reconnu avec l’exigence de responsabilité, de citoyenneté et de patriotisme… Pour moi qui ai consacré ma vie au combat pour la liberté et la démocratie ici et ailleurs dans le monde, je me réjouis que personne sous ma présidence ne soit poursuivi pour délit d’opinion, qu’aucun journaliste ne se retrouve en prison pour avoir fait son travail comme par le passé. Les rares violences faites encore aux journalistes ne sont pas le fait de l’Etat et des pouvoirs publics. (le 03, lors de la journée nationale de la presse)
  • « La moitié des diplômes en Guinée sont des faux et sont faits en complicité avec les enseignants, il faut le dire. J’ai découvert aussi qu’on peut avoir le bac en Guinée avec une moyenne de 07 (sur 20). Ça n’existe nulle part. Ce qui favorise toutes sortes de trafics. Un élève qui a 10 de moyenne, on met 15, quand il a 07 au bac, il a la moyenne… Ça ne sert à rien de dire qu’on est licencié quand on ne peut pas faire une phrase sans aucune faute. Puisque nous sommes un pays minier et énergétique nous pouvons former beaucoup de gens dans le domaine des mines et de l’énergie parce qu’on va commencer à construire des barrages. Si vous ne formez que des gens en lettres et en droit comment voulez-vous qu’ils aient du travail ? Il faut que la formation corresponde aux besoins du marché. Aujourd’hui nous sommes en train d’exploiter nos mines et de construire des barrages. Donc nous avons besoin d’ingénieurs des mines et au niveau de l’énergie. Ça ne sert à rien d’avoir un master quand ça ne correspond même pas au bac dans les autres pays » (le 05, en recevant des élèves ayant participé à la première édition du sport en milieu universitaire et scolaire ».
  • « Notre vision est de faire de la Guinée un pays émergent à travers une croissance économique accélérée, diversifiée et inclusive. Pour ce faire nous avons réformé le cadre macroéconomique et assaini la gestion des finances publiques, des progrès notables ont été réalisés dans la réforme des forces de défense et de sécurité pour créer un environnement favorable pour les investisseurs… Nous souhaitons que tous ceux qui exploitent la bauxite en Guinée, à partir d’un certain tonnage construisent une usine d’alumine. On ne peut pas accepter que nous soyons seulement fournisseurs de bauxite sans avoir de plus-value … Nous ne pouvons pas accepter que des gens prennent des engagements qu’ils ne respectent pas, en Guinée n’avons pas de partenariat privilégié » (le 09, à l’ouverture des travaux de la 5ème édition du symposium Mines de Guinée).
  • « Tout le monde dit que nous sommes le deuxième réservoir mondial de bauxite, nous avons du fer pour plus de 60 ans d’exploitation, nous avons l’or et le diamant qui sont déjà exploités. Le développement de la Guinée se fera dans l’agro-industrie car nous ne sommes pas maîtres. Les prix sont fixés à Londres ou à Ottawa. C’est pourquoi nous avons fait de l’agro-industrie la priorité pour le développement de la Guinée. La deuxième priorité c’est l’énergie. La Guinée est le château d’eau de l’Afrique. Nous avons plus de 6.000 MW de possibilité.., Mais tout cela est basé sur l’enseignement et la santé » (le 23, devant un parterre d’hommes d’affaires égyptiens).
  • « Les imams doivent aussi contribuer à l’amélioration des conditions de vie de nos femmes. Il y a trop de mariages pré Il y des jeunes qui filles se marient avant l’âge de la puberté. Ça les empêche non seulement d’étudier mais aussi ça les déforme. La Guinée est très en retard dans ce domaine. L’excision aussi nous sommes très en retard. Donc monsieur le secrétaire général quand vous dites que la religion musulmane se porte bien en Guinée, je ne suis pas sûr que vous ayez raison. Ayons le courage de nous regarder en face, reconnaitre nos torts. C’est quand nous voyons nos tares que nous pouvons les corriger. Alors donnons-nous la main pour lutter contre ces tares qui gangrènent aujourd’hui la religion musulmane en Guinée» (le 31, lors du lancement d’un concours de lecture du Coran).
  • Pour : je suis toujours sidéré par la capacité du boss à décrire chaque fois avec précision la pourriture de son système de gouvernance (et des précédents) mais qu’ensuite il ne fasse rien de concret et visible pour mettre fin à ces dysfonctionnements. Un vrai cas d’école dont nous parleront encore pendant des décennies après son départ du pouvoir.
  • Contre : j’imagine les sentiments ressentis par nos journalistes comme certains patrons de radios locales de Conakry, Kankan et les dizaines de reporteurs bastonnés fréquemment par les miliciens d’Etat quand ils veulent filmer une manifestation dans les rues ou la réunion hebdomadaire des RPCistes. Le pire c’est que le boss les regardait droit dans les yeux en lisant ce discours, sans aucun gène – sacré politicien communiste. Il pourrait même nous dire que ses opposants sont des blancs aux cheveux blonds et aux yeux bleus et son audience continuerait à applaudir – sacrés Conakrykas. C’est un peu comme Trump aux USA avec ses rednecks semi-lettrés qui jurent sur la bible que toutes ses inepties sont des vérités. Pour le discours du Caire devant les businessmen égyptiens, ils ont certainement bien rigolé en comparant son bla-bla habituel avec les informations préalables reçues de leur ambassade en Guinée.
  1. Les décisions et actions « positives » du mois :
  • Le 08, nous apprenons que le gouvernement guinéen, en collaboration avec les autorités françaises, vient d’expédier plus de 150 tonnes de déchets toxiques vers la France pour destruction. Selon l’agence de presse officielle chinoise (Xinhua) « Ces produits étaient stockés dans les locaux du port autonome de Conakry depuis plusieurs années. Ces déchets liquides, pour l’essentiel des boues rouges, qui constituaient une véritable menace pour la santé et pour l’environnement seront acheminés dans des conditions sanitaires de haut niveau. En France ils seront conditionnés, traités et détruits. Les déchets de cette nature comprenant des métaux lourds, de l’arsenic et de la soude caustique, sont très toxiques pour les humains et les animaux. Ces substances dangereuses seraient issues de la transformation d’alumine dans l’usine Friguia à Fria ». Je me demande qui a eu cette brillante idée de « Pardon patron, au secours ! ».
  • Le 08, notre PPAC se joint à l’ensemble de ses pairs mondiaux pour féliciter son « frère et ami de 30 ans » Emmanuel Macron. Le service de presse de l’Élysée a dû supprimer certains mots dans la lettre (comme FEANF, panafricanisme, Lébola) pour que ce dernier puisse déchiffrer le message.
  • Le 26, le ministre du budget nous annonce que les perspectives de croissance économique réelle sont rehaussées des 5% prévues à 6,7% pour 2017. Ceci est « confirmé » diplomatiquement par le chef de la mission du FMI (Mme Albertin) : « Après le ralentissement enregistré en raison de l’épidémie de fièvre a virus Ebola l’activité économique a rebondi en 2016, avec un taux de croissance réelle du PIB estimée à 6.6 pourcent, grâce notamment à une production minière en augmentation du fait du démarrage des nouveaux projets, un accroissement de la production agricole et de la production d’électricité. (Néanmoins) l’inflation moyenne est restée modérée à 8,2 pour cent en 2016 ». En mots couverts cela veut dire que malgré tout, le pauvre Guinéen sera toujours un peu plus pauvre chaque jour. Pas mal pour un pays où tout le monde s’accorde à reconnaître un blocage économique récemment accentué et l’absence actuelle d’investisseurs sérieux et crédibles dans le pays. Ne dit-on pas que plus le mensonge est gros, plus il a des chances de passer ?
  • Pour : merci au FMI pour son appréciation et ses éloges – de loin – des progrès insolents du Sanseman. Néanmoins j’aimerais bien voir le rapport interne confidentiel de fin de mission.
  • Contre : je me demande comment nos petits dictateurs tropicaux pourront discuter avec les jeunes leaders du XXIe siècle comme Trudeau et Macron lors des rencontres individuelles et sommets de l’UA où 80% des membres sont soit séniles soit grabataires et bourrés de stimulants physiques et mentaux. De quoi vont-ils bien pouvoir parler en dehors des prises en charges médicales chez eux ? Vous imaginez les fous-rires lorsqu’ils leur parleront de « couper le cordon ombilical » ? Eux n’ont pas reçu la formation hypocrite des Tonton Mitterrand, Chirac ou Hollande.
  1. Les décisions et actions « négatives » du mois :
  • Le 08, en conférence de presse le collectif des avocats en charge de Toumba Diakité a annoncé la suspension de son assistance à leur client dans le dossier sur le massacre du 28 septembre. Les avocats résument le motif de leur décision par « Le manque de volonté politique et le manque de courage des magistrats. Nous pensons que le moment est venu d’attirer l’attention des communautés nationale et internationale sur la discrimination dont notre client est victime ainsi que la violation de ses droits les plus élémentaires…La raison d’être d’un avocat dans ce dossier c’est de faire évoluer la procédure. En l’état actuel, la procédure n’avance pas. Et puisqu’elle n’avance pas nous n’avons pas notre raison d’être. Il faut éviter d’être là pour cautionner une parodie de justice ». Ca va chauffer – hélas pour Toumba seulement.
  • Le 09, le ministre de la jeunesse annonce dans un communiqué le lancement du processus de création du conseil national des jeunes de Guinée (CNJG) qui se veut « Un cadre d’échange, de concertation et d’action en vue de la participation responsable des jeunes au développement de leur pays ». Quand on pense qu’il est considéré comme le porte-drapeau de la jeune génération de cadres qui assurera la relève des vieux incompétents et malhonnêtes qui pourrissent  le système de gouvernance des 60 dernières années ! La démagogie negro-communiste de Satan Touré est devenue génétique chez nous-pays.
  • Le 09, le PPAC décrète la création de l’agence guinéenne de l’électrification rurale (AGER). La société de gestion de l’électricité urbaine est pratiquement inexistante depuis plus de 6 mois, sans aucune solution mais il rajoute quand même une nouvelle structure pour le milieu rural où même les infrastructures de base n’existent pas encore. Son péché mignon habituel de croire tromper la masse avec de l’espoir bidon. C’est devenu tellement répétitif chez papy-promesses que cela ne dit plus rien à personne.
  • Le 12, le ministre de l’unité nationale et de la citoyenneté déclare lors d’une conférence devant les élèves d’un lycée de la capitale : « Le message que j’ai à lancer c’est le message de responsabilité, il faut qu’on appelle dans notre pays un chat, un chat. Nous sommes à un stade où ça fait 60 années de lâcheté, 60 années de déni de réalité, 60 années de mensonge, 60 années de démagogie, 60 années de clientélisme, 60 années de communautarisme, 60 années de faux fuyant, 60 années de paresse intellectuelle, 60 années de dénigrement, 60 années de piège ». Après cela il est remonté avec ses gardes de corps dans son char 4×4 climatisé pour ensuite possiblement aller rejoindre ses potes du gouvernement dans un des restaurants huppés de la capitale. Quelle belle leçon de franchise venant d’un type qui nage pourtant dans ce système si bien décrit par lui-même depuis 7 années maintenant. Et les pauvres élèves et maîtres ont approuvé comme des moutons le jour de la fête de Tabaski.
  • Le 20, notre boss s’envole pour le sommet arabo-islamique-américain de Ryad en Arabie Saoudite qui aura lieu le lendemain. Quand notre PPAC rencontre Donald Trump – le monde ne sera plus jamais pareil !
  • Le 23, ensuite une petite virée en Egypte sans doute pour visiter les pyramides – ça manquait dans son album de photos présidentielles.
  • Le 25, pendant qu’il se ballade très loin de nous il trouve quand même une manière bien « guinéenne » pour fermer la bouche aux gueulards de plus en plus nombreux de la préfecture de Boké : en lieu et place de leur fournir l’eau courante et l’électricité journalière exigées il a envoyé une délégation gouvernementale pour annoncer le don de soixante-dix (70) camions neufs aux principaux responsables et « sages » locaux. Comme des sucettes bien sucrées pour des bambins en colère. Depuis c’est le calme assuré – pour quelques semaines de plus.
  • Le 26, une virée expresse à la réunion de G7 en Sicile en tant que Président de l’UA, pas de la Guinée bien sur. C’était surtout pour prendre une photo de famille avec Donald Duck où il est le plus proche de ses pairs africains à ses cotés en « costard Mao Tse Toung » préhistorique. Et il nous fait des grands saluts de la main, le seul sur la prise de vue, comme pour nous dire « Vous avez vu parents, je suis là, Walahi ! ». Enfin la photo centrale de sa galerie de portraits personnels à voir obligatoirement en visitant le palais Satanya. Il y a aussi celle où il est fièrement aux cotés de sa sœur Mélania Trump qui est à mourir de rire.
  • Le 28, la croisade de notre pèlerin impénitent le mène ensuite à Khartoum pour 2 jours afin d’y apprendre comment dribbler efficacement la justice internationale. Comme si bien justifié sur sa page Facebook «Je suis arrivé à Khartoum sur invitation du président Hassan Omar El Béchir… L’unité africaine n’a pas de prix ».
  • Le 29, le boss nous envoie un message de soutien de Khartoum. Il nous fait dire par un de ses haut-parleurs de service au palais Satanya : « Le Président de la République est un homme très préoccupé par la grève des banquiers. Il suit avec beaucoup d’attention la situation dans le pays. Il a fait un appel fort aux syndicats et patrons de banques pour une sortie heureuse de la crise ». Dieu merci, il pense quand même un peu à nous pendant ses longues absences injustifiées. La dernière phrase du message a du être effacée par son service de presse : «  Et maintenant fichez-moi la paix jusqu’à mon retour, Yandi ! ».
  • Le 30, un fait divers presque hebdomadaire en Guinée raconté par les journalistes de deux sites web (Guineematin.com et AfricaGuinee.com) : « Le bandit aurait sorti une arme blanche et intimé le conducteur de moto taxi de descendre de la moto. C’est en ce moment qu’une bagarre s’en est suivie entre les deux hommes. Et, lorsque le bandit a compris que la foule venait au secours du propriétaire de la moto, il a pris la fuite pour se refugier dans la cour de l’université UNIC. Mais, les étudiants lui ont barré la route. Et, c’est en ce moment que la foule s’est mise sur lui et l’a brûlé vif. A rappeler que plusieurs guinéens de Conakry et de l’intérieur du pays ne croient plus à la justice. Ils préfèrent se rendre justice dès qu’ils prennent un malfaiteur à cause de la corruption des agents de la sécurité et de la justice ; et surtout, le risque que certains malfaiteurs, qui ne durent pas en détention, reviennent se venger… Ensuite une bataille sans merci a éclaté entre forces de l’ordre et jeunes badauds mobilisés en grand nombre alors qu’une équipe des pompiers évacuait le corps du jeune accusé du vol de moto. On ne connait pas le bilan, mais les échauffourées ont été violentes. Retranchés dans le quartier les jeunes lançaient des projectiles sur les forces de l’ordre qui répliquaient par des tirs de gaz lacrymogènes… Le lendemain, les amis d’A dama Oularé (la victime), très connu et qui habitait le quartier Kinifi (en haute banlieue de Conakry) ont décidé de se faire justice en s’attaquant aux taxis-motards. Ces derniers sont pourchassés dans les ruelles du quartier durant toute la matinée. Des motos sont calcinées et des barricades érigées, perturbant sérieusement la circulation. Selon un des amis de la victime d’hier, monsieur Oularé était tout sauf un malfrat. Ils l’ont tué à tort. Notre ami venait juste de finir les études. Ce conducteur de taxi-moto qui a occasionné tout ça lui devait de l’argent. C’est quand il l’a aperçu qu’il est venu saisir sa moto et la bagarre a commencé. Ce dernier a appelé au secours et ses amis sont venus l’abattre. Voyant la furie des taxis motards, il a voulu fuir. Mais, ils ont eu raison de lui ». Tout ceci en plein mois de ramadan ! Une journée « normale » à Conakry – un nouvel exemple des niveaux de déliquescence sociale et de sauvagerie atteints dans nos zones urbaines et rurales.
  • Le 30, malgré tout ce qui se passe « chez lui » le boss atterrit néanmoins à Bobo Dioulasso au Burkina pour une visite privée. Eh Allah, comment allons-nous faire pour attacher ses ailes folles en Guinée ?
  • Pour : comme chaque mois, R.A.S…
  • Contre : concernant le cas de démission des avocats de Toumba, leur décision fait suite au rejet par le tribunal de toutes leurs requêtes. Par ailleurs, ils ont indiqué que certaines de ces requêtes n’ont même pas été examinées, dont la demande d’audition du PPAC comme témoin au départ. « Ce dossier ne peut pas être traité en l’absence du chef de l’Etat. Alpha Condé ne peut opposer une quelconque immunité dans cette affaire parce que nous sommes en matière de crimes, de génocide… nous souhaitons qu’il soit inculpé ». La situation se corse et sa solution semble de plus en plus s’éloigner à l’horizon. On peut légitimement craindre que ce procès n’ait lieu qu’après le départ du boss du palais, à moins que les Big Brothers ne mettent le feu sous sa carapace de tortue préhistorique. La nouvelle génération de leaders comme Macron et Trudeau et les derniers vieux bandits comme Trump n’hésiteront pas longtemps, au moins diplomatiquement, j’en suis sur.

 

Tic-tac, Tic-tac, la montre tourne; aujourd’hui est le 2352e jour de l’ancien « Guinea is back » et du nouveau « changement radical » – déjà 06 ans, 05 mois et 10 jours ! Aladji-Professeur-Président voici ma suggestion SMART (Spécifique, Mesurable, Atteignable, Réalisable et Temporellement définie) du mois pour améliorer un peu votre Sanseman : boss il faut cesser vos tentatives d’acheter tous les politiciens du pays, même vos plus farouches opposants. C’est bien joué sur le plan de l’enfarinage politique mais c’est mauvais pour nous les gens d’en bas, les LVG (Les Vrais Gens) de Radio Espace. Vous savez pertinemment que refuser une valisette de milliards de GNF est pratiquement impossible, surtout chez nous où c’est plutôt des signes de grande réussite, d’intelligence et de fierté, mais pour nous la certitude que vos successeurs ne seront jamais différents de vous une fois à la mangeoire nationale. J’ai aussi une petite réflexion à partager avec ceux qui applaudissent « ces coups de maitre » de leurs champions : je trouve que soutenir son leader politique en public est tout a fait logique et une bonne chose mais ne pas pouvoir reconnaître une erreur évidente de transparence de sa part n’aide ni lui, ni l’avenir de son parti. Sans cela cette erreur se répétera encore, même quand il sera au sommet de l’Etat. Je me demande sincèrement pourquoi leurs inconditionnels aveuglés, y compris les intellectuels conscients de notre diaspora, se battent à coups de plumes pour défendre ces pratiques. Ce n’est pas les montants qui posent problème, c’est les processus de l’obtention et de la divulgation en cachette, y compris de la majorité des cadres de son propre parti. Mettons-nous un peu à leur place – bien qu’ils auraient tous fait pareil…Quelle tristesse d’entendre les justifications du genre « Pourquoi pas, les autres d’en face font pire que cela » ! Quand ces budgets n’ont  jamais été discutés et adoptés au parlement et qu’ils sont offerts au pifomètre, sans fiche de budget avec des allocations par lignes de dépenses connues par tous ses pairs, c’est en fait l’équivalent de cadeaux financiers. A la limite je peux comprendre ce soutien aveugle des partisans qui n’ont jamais connu un autre système de gouvernance que celui en vigueur au pays. Mais pour nous de la diaspora qui savons la gravité potentielle de ce type de comportements, ne pas les dénoncer, au moins en interne dans l’opposition réunie, est une faute grave. Pas uniquement dans les « comités-directeurs, conseils politiques, centraux et autres » où les idées contraires sont synonymes d’expulsion à court ou à moyen terme. Certes ici les torts sont partagés entre ceux qui détournent pour corrompre et ceux qui acceptent en coulisse – en droit, les receleurs sont toujours trimbalés en justice avec le voleur.

Eh Allah, nous foutus pour hier, aujourd’hui, demain, et même après-demain, Walahi !

Posted in 2017 | Leave a comment

Une Nouvelle Voie (Avril 2017) : « Je coupe le cordon ombilical – je blaguais, dèèhh ! »

Bienvenue à mon bilan du 16e mois de la Condécratie version 2.0. Je continue mon exploration mensuelle des méandres des décisions importantes pour la Nation prises par nos nouveaux chefs en proposant des pistes de réflexions et d’actions qui pourraient être envisagées pour que le « vrai changement » soit effectif.

  1. Echantillon de paroles et pensées présidentielles du mois:
  • « En collaboration avec la Chine nous allons construire quatre grandes universités… Il ne sert à rien de former un licencié en droit alors que le pays a besoin d’ingénieurs » (date indéterminée)
  • « Comme j’ai dit à Abidjan dernièrement nous ne pouvons pas vaincre le terrorisme par les armes. Parce que le terrorisme c’est la pauvreté et l’injustice. Pourquoi les terroristes disent à un jeune tiens ça, va mettre une bombe ? C’est parce qu’il n’y a pas de travail. La première nécessité pour vaincre le terrorisme c’est de lutter contre la pauvreté, mais aussi contre l’injustice. Ça veut dire que les ressources du pays doivent être équitablement reparties, particulièrement au niveau des couches les plus vulnérables, les jeunes et les femmes, etc. C’est ça qui peut couper la racine du terrorisme… Quand j’ai dit aux pays francophones coupons le cordon ombilical ça veut dire que lorsque vous avez le cordon ombilical, vous êtes encore un bébé. Or il faut devenir majeur… La population du monde dans les autres continents a vieilli. Voyez la Chine, c’était un enfant, maintenant elle n’est plus un enfant. Alors que nous, nous avons l’avantage inverse. C’est pourquoi nous devons aller très vite. Parce qu’avec la santé, les Africains vivront de plus en plus longtemps. Ça veut dire que progressivement nous tomberons dans les mêmes problèmes que les pays développés. Voilà les défis que nous devons relever » (le 08, à Conakry lors de sa présentation de la feuille de route de  l’U.A. pour son mandat ».
  • « Je crois que pour des Guinéens, voir le drapeau guinéen flotter sur les Champs Élysées c’est quand même un symbole extrêmement important de changement de relations entre la Guinée et la France. Je disais dernièrement que de toutes les anciennes colonies françaises c’est la Guinée qui avait le plus d’avenir tant sur le plan agricole que sur le plan du développement industriel… Je crois que durant sa présidence il (Hollande) l’a beaucoup démontré et surtout les Africains lui sont très reconnaissants pour tout ce qu’il a fait pour l’Afrique. Parce qu’il a montré qu’il n’avait pas un agenda personnel… Nous avons appris à parler d’une seule voix pour l’énergie. Aujourd’hui, c’est ce qui nous a permis de réussir grâce à notre chère amie Ségolène Royal qui nous a beaucoup accompagnés… Je suis très fier de cette visite d’Etat surtout que ce serait la dernière de mon cher ami Hollande en tout cas nous comptons beaucoup sur la coopération avec la France notamment avec l’AFD dont le Président a fait récemment une visite à Conakry. J’espère que notre camarade Michel Sapin suivra la même voie que Royal. Nous devons encore signer un autre accord avec le FMI, pour cela nous comptons sur l’appui de la France afin qu’il nous donne un accord qui puisse permettre à la Guinée d’avoir un accès à des crédits non concessionnels qui peuvent nous permettre de nous développer… En tout cas la délégation guinéenne est très fière de cet accueil exceptionnel et je pense que ceux qui ont connu la période coloniale et autres comme Sidya qui est mon Haut Représentant ou Bah Ousmane, Kassory (!), ils repartent très heureux…J’espère que nous serons toujours ensemble comme nous avons toujours été avant et on le sera après » (le 11, à l’Élysée pour couronner sa visite d’ETAT, la (presque) dernière du frère François).
  • « C’est une nouvelle Afrique qui se réveille, à bon entendeur, salut ! » (le 12, discours au siège de l’Institut du Monde Arabe (IMA) à Paris).
  • « Je n’ai pas à répondre. Ce n’est ni aux journalistes ni aux puissances extérieures de décider… Arrêtons avec cette vision dogmatique de savoir si la bonne chose est un, deux ou trois mandats. Ça dépend de chaque pays et de la volonté de son peuple. Nous ne voulons plus que l’Occident nous dicte ce que nous devons faire. Les pays développés, on ne leur pose pas la question ! Est-ce qu’on pose la question à Singapour par exemple (où le Premier ministre est dans son troisième mandat) ? Pourquoi vous ne posez jamais cette question à Mme Merkel ? Je n’ai pas à répondre. Ce n’est ni aux journalistes ni aux puissances extérieures de déciderEt si on parle d’impunité, je crois qu’il y a dans le monde beaucoup d’exemples pires qu’en Afrique mais dont on ne parle pas. Beaucoup d’autres massacrent leur peuple en toute impunité. C’est ce constat qui guide aussi notre réflexion sur la Cour Pénale Internationale (CPI). Est-ce seulement en Afrique qu’on massacre les gens ? Certains pays tentent de nous imposer des choses alors qu’ils n’ont jamais signé le traité de Rome et échappent donc à la CPI… Nous en avons beaucoup souffert mais en 2016 la croissance économique a atteint 6 % et nous espérons une croissance à deux chiffres à partir de 2018. Les hôtels de Conakry sont fréquentés par des investisseurs français, africains, asiatiques, sud-américains… Nous créons une zone de développement économique, nous fabriquons des logements sociaux, des barrages, il y a des projets routiers, d’alimentation d’eau… Nous en avons assez de cette vision dogmatique de l’Afrique où l’on confond tout le monde, les présidents qui gèrent bien ou mal leur pays. Comme si l’Afrique n’était qu’un seul pays (le 12, lors d’interviews à Paris avec les journaux français Libération, TV5/Le Monde et Euronews).
  • « J’annonce la construction en cours d’une usine de fabrique de livres et de cahiers pour éviter au pays l’importation des livres car on ne peut pas développer la culture guinéenne avec une dépendance à l’extérieur pour la fourniture des livres » (le 23, à l’occasion du lancement de l’année « Conakry capitale mondiale du livre »).
  • « Je réaffirme ma volonté de consolider les relations économiques Sud-Sud, plus particulièrement avec les Émirats Arabes Unis » (le 27, en recevant une délégation d’investisseurs émiratis).
  • Pour : boss votre discours de Conakry sur l’Union Africaine et le terrorisme est (légèrement) plus correct et poli que celui d’Abidjan le mois dernier. Si seulement vous les aviez inversés. Quant à la probabilité de la montée de l‘extrémisme religieux chez nous je constate que vous comprenez bien les causes du danger et les solutions pour l’éviter ou au moins le ralentir – mais alors pourquoi vous faites exactement le contraire en assurant l’arrêt de la corruption et de l’injustice et de l’impunité d’une minorité de vos proches sur 99% des autres Guinéens ?
  • Contre : papy-promesses rajoute une nouvelle couche. Si seulement il se limitait à annoncer une 1e université pour ensuite en construire d’autres si besoin, cela aurait été un peu plus réaliste et crédible mais pour cela il faut avoir déjà géré des grands projets au moins une fois dans sa vie. Vraiment le concept de couper le cordon ombilical avec nos colons est de plus en plus flou pour moi après son discours de l’Elysée : qui faisait la morale à ses pairs africains il y a moins d’un mois sur la nécessité de couper la mendicité avec nos anciens (et actuels) colonisateurs et qu’en plus il assumait ouvertement ses propos ? Il est vrai que rendre visite à un président impopulaire deux semaines avant son départ la tête bien basse du pouvoir est plus un signe de recherche d’une dernière chance de visite d’état chez le « colon au cordon coupé » pour un peu de pub à consommation locale qu’une recherche efficace et crédible d’’assistance financière d’un pays démocratique. C’est même plutôt le contraire, comme le dit si bien la presse française « La diplomatie et les accords changent complètement quand l’administration change. Quand les présidents qui se succèdent ne sont pas du même bord politique tout change ». Quant à se comparer pour être président à vie à un PM d’une dictature militaire (Singapour) et à la chancelière allemande Angela Merkel, tout le monde appréciera le calcul insensé et néfaste de notre apprenti-dictateur. Pour la dernière de papy-promesse du le 23, ce serait une 1e mondiale : un pays où il n’y a même pas une bibliothèque digne de ce nom et qui produit en même temps des livres !
  1. Les décisions et actions « positives » du mois :
  • Le 01, nous apprenons dans la presse que le gouvernement (à travers le ministère de l’administration du territoire et de la décentralisation) et le gouvernement du Royaume de Suède (à travers ses ministères de l’environnement, de l’énergie et de la coordination gouvernementale) ont signé le 31 mars un protocole d’accord portant sur la gestion des ordures ménagères de Conakry. L’accord devrait déboucher sur l’achat d’une quantité importante des déchets générés dans la capitale guinéenne par les entreprises de ce pays qui transformeront ensuite ces ordures en nouvelle source non négligeable (environ 10.000 foyers couverts) d’énergie électrique domestique.
  • Le 08, le Roi du village Afrique nous a présenté à la Blue zone de Bolloré la feuille de route de  notre institution panafricaine sur le thème de son mandat : «Tirer pleinement profit du dividende démographique en investissant dans les jeunes ».
  • Le 09, nous apprenons qu’un jeune bricoleur de Labé a construit son 1e Il explique : « Bon, ces jours-ci, j’ai fait un avion d’une place qui, pour l’instant roule mais ne vole pas d’abord. Ainsi on a compris que c’est la faiblesse du moteur qui l’empêche de décoller. Ce n’est pas parce qu’on ne sait pas comment le faire décoller mais c’est le moteur qu’on utilise qui est faible pour l’avion. En effet, c’est maître Souleymane, un chaudronnier du voisinage qui nous a prêté le moteur en question. C’est un moteur pour moto de marque FDMCO (marque chinoise). On a essayé et on a trouvé que la coque est trop grande pour le moteur-là, alors qu’il nous faut un moteur plus puissant et plus grand que la coque de l’avion afin qu’il puisse décoller. Donc, il nous faut un moteur de voiture pour pouvoir faire voler l’avion. D’ailleurs, si toutefois on trouve ce moteur, on va agrandir l’avion pour en faire un appareil de deux places ». On devrait tous lui envoyer 10,000 GNF afin qu’il finalise son projet au plus vite afin que cette merveille soit désormais l’avion officiel personnel du PPAC dont il rêve depuis 2011 mais pour lequel il n’ose pas demander la permission au FMI. Enfin un jeune Guin-int qui nous offre une solution rapide pour couper le cordon ombilical – avec le PPAC.
  • Le 10, pour limiter de façon drastique les admissions  au BAC unique, le nouveau ministre de l’Éducation pré-universitaire met fin aux « moyennes de cours complaisantes, fantaisistes, commerciales et sexuellement transmissibles » (Moïse Sidibé). Il décide que tout candidat qui n’aura pas 08/20 de moyenne ne pourra plus se présenter au bac. Cela veut donc dire qu’avant cela on pouvait le réussir même avec moins de 08 de moyenne – Allah Akoubar !
  • Pour : concernant l’accord avec les Suédois pour qu’ils ramassent pour nous nos montagnes de déchets domestiques c’est une très bonne nouvelle pour les Conakrykas mais une preuve supplémentaire de l’incapacité totale de nos dirigeants à régler seuls nos problèmes élémentaires de développement. Ça va chauffer quand nous aurons fini de couper nos cordons ombilicaux ! Et pourtant la récente publication par Quantum Global de son indice 2016 d’investissement en Afrique a vu la Guinée se classer parmi les dix premiers pays africains ayant le plus progressé en termes d’attractivité pour les investisseurs internationaux. Le rapport se base sur les critères de croissance, de liquidité, du risque pays, de l’environnement des affaires, de la démographie ainsi que sur la pénétration des médias sociaux. Reste à savoir c’est quel machin ce Quantum Global. En tout cas sa mission selon son site internet est definie comme telle « We strive to build on our reputation as a trusted and recognised partner for investment management, private equity and research across Africa. We seek to consistently deliver quality outcomes for our clients». Autrement dit c’est un « hedge fund », un fonds spéculatif de petits requins avec très peu des considération de la haute finance internationale qui recherchent de nouveaux marchés « faciles et rentables mais à très hauts risques » après quelques flatteries bien placées. C’est donc un peu comme ces « prix d’excellence » distribués à la pelle à nos millionnaires-voleurs locaux par des petits bandits de la diaspora planqués à Paris, Dakar et Abidjan. Beaucoup de flatteries télévisées bien placées et une récompense financière grasse est assurée.
  • Contre : suite à la signature de l’accord avec nos colons nordiques pour qu’ils nettoient notre capitale le chef de délégation suédoise a déclaré : « L’échantillon de déchets qu’on a visité est bon. Il y a des boites de conserve, des cannettes en aluminium, des batteries de voiture, du matériel électronique et électroménager, des gravats de chantiers de construction, des moquettes, etc. Le gouvernement de Suède est très heureux de contribuer à l’assainissement de Conakry. Toutefois, sachez que de notre côté cet accord nous est bénéfique. En effet, par les procédés de la pyrolyse et de la gazéification, les déchets que nous allons très prochainement acheter nous aideront à produire de l’énergie pour 10.000 foyers ». Réponse immédiate de notre ministre de l’administration : « La clairvoyance du chef de l’Etat a été telle qu’on va nous acheter nos ordures. Je crois que c’est une première en Afrique. Même le Rwanda que l’on vantait jusqu’ici n’a pas fait mieux. Et je tiens à remercier le gouvernement du royaume de Suède ». Si seulement nous leurs avions plutôt demandé de nous fournir l’assistance nécessaire pour faire cette transformation chez nous – mais bon c’était trop compliqué tout ça. Une fois encore on fait comme pour la bauxite, on donne pour presque cadeau nos matières premières pourtant rentables si transformées localement à des « partenaires » qui, par des procédés simples en feront de l’énergie électrique domestique pour des milliers de familles. Nous on s’en fout, l’essentiel c’est qu’ils ramassent nos poubelles puisque nous en sommes incapables.
  1. Les décisions et actions « négatives » du mois :
  • Le 06, un rapport de l’U.E. confirme que « Le nombre de décès, l’exploitation et les abus enregistrés sur la route migratoire de la Méditerranée centrale atteignent des records et la Guinée arrive en tête des pays ayant le plus fort taux de départ de migrants en Afrique sub-saharienne ». Pas de doute, c’est grâce au Sanseman que la voie de l’émergence s’éloigne de plus en plus de l’horizon.
  • Le 06, le Forum économique mondial (WEF) a publié son classement mondial de la compétitivité touristique. Sur les 34 pays africains classés notre Guinée ne figure pas. Et dire que nous avons non seulement un ministre mais aussi un directeur de l’office national qui ne peuvent même pas au moins répondre aux questionnaires internationaux qu’ils reçoivent. Mais bon cela nous évite quand même une nouvelle déculottée continentale alors ce doit en fait être un stratagème bien calculé de ces 2 larrons pour protéger encore un peu leurs fauteuils éjectables de la mangeoire nationale.
  • Le 07, la ministre de l’économie dévoile les chiffres du rapport d’audit axé sur la dette intérieure et l’état d’avancement des travaux du comité d’apurement de la dette intérieure (CODI) : « Sur une dette totale pré-identifiée par la Direction Nationale de la Dette de GNF 28 149 milliards, l’audit à l’issue de sa mission a ramené ce montant à GNF 2 194 milliards (!!). L’écart entre le montant initial des dossiers pré-identifiés et ceux retenus pour l’audit s’explique entre autres par : les dossiers non transmis par les structures concernées (ministères et directions), les erreurs de calculs, etc. ».
  • Les 07 et 08, notre PM numérique et ses ministrons organisent une nouvelle retraite gouvernementale pour  se pencher sur le « bilan des réalisations de l’année 2016 et la définition des priorités pour 2017 visant l’amélioration des conditions de vie des populations et la transformation économique de la Guinée dans le cadre de la mise en œuvre du Plan National de Développement Économique et Social (PNDES) 2016-2020 adopté par le Gouvernement en février 2017 » – seulement ! En fait c’est aussi une nouvelle astuce gouvernementale pour vider quelques milliards pour les frais d’organisation à la caisse commune financière du PPAC.
  • Le 10, Mr A-fric débarque à Paris en étant persuadé d’être le dernier roi-nègre qui sera reçu par François Hollande avant son départ de l’Élysée. Hélas le sort ne lui sera une fois encore pas favorable : cet « honneur typiquement africain » reviendra au Président du Burkina. On parle pompeusement dans la presse locale d’une « visite d’Etat » mais pourtant c’est un petit poussin français inconnu, la ministre de la fonction publique, qui est envoyée à l’aéroport pour l’accueillir. Maigre consolation néanmoins,  il restera le président du continent qui aura le plus visité l’Élysée pendant le mandat de son « frère et ami de plus de 30 ans » Hollande.
  • Le 11, notre frère François a gâché la fin de la mamaya Élyséenne par son discours avec un retentissant « La France vis-à-vis de l’Afrique n’intervient pas pour gérer ses propres intérêts. Ce temps-là est terminé. Elle n’intervient pas pour faire infléchir ou faire changer des règles politiques, des régimes électoraux ». Nous sommes tous prévenus, lui, ses troubadours et nous, ses prochaines victimes.
  • Le 11, au cours de sa visite à Paris, il a plaidé « au nom de plusieurs présidents africains » auprès de son homologue français le sort de Laurent Gbagbo détenu à La Haye depuis novembre 2011 et en particulier pour sa mise en liberté provisoire. La réponse logique de Hollande a été immédiate et reprise dans la presse : « La CPI travaille en toute indépendanceHors de question d’intervenir politiquement dans ce dossier judiciaire». Il a du rajouter en off « surtout pas pour un type qui n’a pas hésité à faire bombarder une base militaire française à Bouaké avec plusieurs morts parmi les militaires français en poste ».
  • Le 13, rebelote pour une visite au Maroc, en revenant de Paris, la 3e de l’année. Vraiment après lui plus aucun chef d’état guinéen n’aura d’invitation pour se rendre dans ce royaume pendant au moins 10 ans. Officiellement il va participer à la 12e édition du Salon International (en fait national) de l’Agriculture (SIAM) qui se tient du 18 au 23 Avril dans la ville de Meknès et où il était le seul chef d’état présent. En calculant cela fait 5 jours de vacances préalables à la rencontre et surement quelques supplémentaires à la fin puisqu’il n’assistera comme toujours qu’à la séance inaugurale.
  • Le 24, le boss reçoit à Conacris les grands présidents démon-crates Paul Kagamé du Rwanda et Idriss Débi Itno du Tchad pour des « consultations » et la présentation du rapport sur le projet de réforme des institutions de l’Union Africaine. Principal thème caché de leurs échanges : « comment modifier les constitutions sur tout le continent sans fâcher les donateurs et s’assurer ainsi de présidences à vie ». Notre PPAC profitera beaucoup de cet échange inédit avec ces 2 Usain Bolt en la matière. Franchement que penser d’une organisation d’union qui confie à 2 tricheurs confirmés et un qui y aspire sans plus se cacher, le soin de tracer les grandes lignes de ses reformes qualitatives vers plus de démocratie, de justice et de développement en Afrique ? Qui dans le monde de nos partenaires financiers internationaux peut prendre une telle initiative au sérieux ? Et après ils se plaignent de ne pas être respectés par les Big Brothers et les ONGs internationales alors qu’en fait ce sont encore plus leurs habitants conscients qui les méprisent (en cachette) pour leur mépris et insultes à leurs intelligences.
  • Le 25, pour calmer la jeunesse de la ville de Boké qui marche en colère dans les rues et casse tout sur son passage (bilan : 1 mort par balles, une quarantaine de blessés dont neuf par balles et des dégâts matériels à gogo) en raison avant tout de l’absence presque totale d’eau et d’électricité, le PPAC décrète sur le JT de la RTG une « zone économique spéciale dans la région administrative de Boké, dénommée ZES-Boké ». Sa solution immédiate pour régler cette absence totale de gouvernance dans ce nouvel eldorado chinois en Afrique. Ses envoyés spéciaux pour calmer les jeunes déchainés, des fils du terroir, ont échappé de justesse à un lynchage par intifada dans les rues de la ville. A noter que la région de Boké compte 14 sociétés minières qui pellent et emportent nos cailloux rouges à la vitesse grand V surtout vers les usines chinoises. En plus elles polluent les villes et villages d’un nuage de poussière rouge et écrasent tout passant devant leurs camions sans bâches dans les agglomérations.
  • Le 26, nouvelle ballade d’Etat pour Guinea Solar Impulse, cette fois-ci pour l’Arabie Saoudite puis pour la station balnéaire turque d’Antaria pour participer à une réunion internationale de ministres de l’agriculture – qui est fou ? C’est guinéen qui croit en coupure un jour des cordons ombilicaux.
  • Le 30, nous apprenons que selon l’édition 2017 de l’indice mondial de liberté économique publié par le think tank américain Heritage Foundation et le Wall Street Journal, notre pays fait de nouveau la une – par la queue. Nous sommes dans la catégorie «réprimant la liberté », à la 45e place sur 51 pays africains.
  • Le 30, le Président du Togo Faure Essozimna Gnassingbé débarque à Conakry pour une « visite de travail et d’amitié qui s’inscrit dans le cadre du renforcement des liens d’amitié et de fraternité existants entre la Guinée et le Togo » selon un communiqué du palais Satanya. Il vient surtout pour recopier les notes prises par notre PPAC car il était en retard à la récente formation en « 3e mandat garanti sans risque » offerte gratuitement par les Présidents Deby et Kagamé. Petit malin-va, on te voit venir de loin avec tes gros sabots pourris.
  • Pour : comme chaque mois, R.A.S…
  • Contre : pour le rapport-harakiri de la toute frêle ministre des finances sur l’audit de la dette publique de l’Etat, cette dette est presque entièrement (97%) concentrée sur la dette commerciale née des marchés de travaux publics, des fournitures et prestations de services (86% des titres traités et 48% en valeur) et la dette résultant d’obligations financières suite à des condamnations judiciaires de l’Etat (8% des titres traités et 34% en valeur). Les deux autres catégories de dettes les plus importantes sont les dettes relatives à des dépenses engagées par d’autres entités de l’Etat (SOTELGUI, BCRG, Communes, soit 1% des titres et 7% de valeur) et le contentieux constituant un risque d’endettement pour l’Etat (2% des titres et 6% en valeur). En termes clairs une diminution de près de 92% des montants initiaux avant audit ! Finalement la « caisse unique » du PPAC aura permis au moins une action positive : une meilleure évaluation de l’ampleur de la gabegie dans nos finances publiques. Concernant le plaidoyer pour Laurent Gbagbo, selon Jean-Paul Benoit, l’avocat français du Président Ouattara : « Cette demande des chefs d’Etat me semble inappropriée, car cela apparaîtrait comme une immixtion politique… Il est vrai que les procédures à la CPI sont longues, trop longues. Mais les trois magistrats qui jugent Laurent Gbagbo sont indépendants et n’ont que faire d’une prétendue solidarité socialiste de chefs d’Etat ». Et toc, pour nos rois-nègres ! Notre ministre de la justice a du penser : «  Ah, le bon vieux temps où j’y travaillais encore ». Concernant l’indice de liberté économique, cet indice mesure depuis 1995 celle-ci en se basant sur 12 indicateurs regroupés en quatre catégories : l’Etat de droit (protection de la propriété privée, niveau d’intégrité du gouvernement & lutte contre la corruption, efficacité du système judiciaire), la taille de l’Etat (dépenses du gouvernement, poids des taxes et des impôts, situation du système fiscal), l’efficacité réglementaire (liberté de faire des affaires, degré de libéralisation du travail, situation de la politique monétaire) et l’ouverture des marchés (liberté des échanges commerciaux, liberté d’investissement et dérégulation financière). Il classe les 180 pays étudiés cette année en cinq grandes catégories sur une échelle allant de 100 points (les plus libres) à 0 point (les moins libres). Notre classement « pays réprimant la liberté » correspond à un score entre 40 et 49. Un jeune compatriote a bien résumé notre situation : « Le peuple doit agir sans émotion pour alterner à l’alternance. Il a à faire le choix entre deux générations de cadres du pays. La première est celle qui est issue de la révolution qui est d’ailleurs dépassée et nationaliste très dangereuse, et celle de 1990 qui est libérale, égoïste et corrompue » (Habib Marouane Camara). Un choix cornélien mais finalement pitoyable pour les petits poissons de ce système mafieux.

Tic-tac, Tic-tac, la montre tourne; aujourd’hui est le 2321e jour de l’ancien « Guinea is back » et du nouveau « changement radical » – déjà 06 ans, 04 mois et 10 jours ! Aladji-Professeur-Président voici ma suggestion SMART (Spécifique, Mesurable, Atteignable, Réalisable et Temporellement définie) du mois pour améliorer un peu votre Sanseman : pardon, il faut cesser de nous ridiculiser partout sur la planète avec votre « coupure du cordon ombilical avec les colons » alors qu’en même temps vous chantez votre fierté (et la notre) de voir notre tricolore flotter pour quelques heures sur les Champs Elysées et demandez l’aide de la France pour nous aider à demander pitié au FMI pour une nouvelle rallonge financière qui ne sera jamais remboursée. En tout cas nous avons déjà fait le bilan de vos prouesses dans la mendicité chez votre frère François. La moisson n’est pas glorieuse : 09 micro-accords dans les domaines de l’énergie renouvelable (solaire et micro-barrages), agriculture et gestion des déchets avec comme seuls détails révélés les noms de ceux qui les ont signé. Pour les montants c’est motus et bouche cousue pour empêcher toutes les comparaisons entre nos petits millions d’euros grappillés et les milliards obtenus récemment par le Mali, la Côte d’Ivoire et le Burkina. Vos incohérences donnent aussi un bel exemple de la mentalité de la majorité de vos partisans inconscients : comment qualifier ceux qui applaudissent Satan Touré et vous pour vos Non à la France-Afrique mais qui vont ensuite cirer les pompes de ses maîtres à l’Elysée et qui ensuite insultent l’écrivain Tierno Monenembo pour avoir dit exactement la même chose mais qui en plus a mis ses actions en harmonie avec ses paroles en refusant ce banquet typique de la France-Afrique ? Moi je dirais de pauvres ethnos qui condamnent uniquement en fonction des noms de famille. Plus intellectuellement malhonnêtes vous seriez foudroyés-cadeau sur le champ, Walahi !

Hélas toute personne sensée ayant passé plus d’un mois d’affilée en Guinée sait au moins une chose de sûre : si le PPAC tente le forcing pour obtenir son 3e mandat, il aura hélas 80% de chances de l’obtenir dans le contexte actuel :

– Il y aura certes de nombreuses petites et moyennes protestations au début, surtout sur les émissions radio à succès (GG et Lynx-FM principalement), de personnes qui pourtant espèrent faire de même lorsqu’ils lui succéderont. Pour les grandes marches en ville avec mort assurée de jeunes, ce sera de plus en plus difficile de mobiliser des foules maintenant.

– Pour une grande partie des autres Guinéens, “le petit peuple à bout de souffle” ce sera surtout une garantie de grandes mamayas immédiatement et bien récompensées financièrement.

– Avez-vous vu ses accueils royaux récents par les populations à Kindia, Nzérékoré, Boké, Kankan et bientôt dans toutes les préfectures du Fouta où il est toujours précédé de ressortissants du coin qui ne parlent que de ce sujet ? Puis le lendemain de son départ les mêmes pleurent, grèvent et cassent tout sur leur passage pour manque total d’eau et électricité dans leurs maisons, de nourriture, de soins de santé et d’écoles dignes de ce nom ? C’est incroyable ce que l’’on peut obtenir d’un opportuniste ou d’un miséreux avec des gadgets ridicules (des T-shirts et des casquettes avec effigie », un sac de riz et une petite enveloppe proportionnelle à l’importance du grignoteur.

Si le holà ne lui est pas mis par la CEDEAO et les Big Brothers, s’il a la capacité physique et la volonté d’y aller, ça passera NET malgré nos jérémiades sur le net. Après tout il nous a prévenu qu’il ne lit pas l’internet, la presse et ne regarde pas la télé ! Comme dit par mon grand frère S. N. Bokoum « Vous avez compris, le troisième mandat c’est le retour à l’authenticité. Déjà Alpha empereur des mines, il suffit d’un pas en moins pour être Empereur. Tout court. ». Ah doyen, tu vois tout du haut de ta retraite spirituelle magique, Walahi !

Posted in 2013 | Leave a comment

Une Nouvelle Voie (Mars 2017) : Toumba le « trépanateur de Dadis » est de retour au pays – ça chauffe déjà Walahi !

Bienvenue à mon bilan du 15e mois de la Condécratie version 2.0. Je continue mon exploration mensuelle des méandres des décisions importantes pour la Nation prises par nos nouveaux chefs en proposant des pistes de réflexions et d’actions qui pourraient être envisagées pour que le « vrai changement » soit effectif.

  1. Echantillon de paroles et pensées présidentielles du mois:
  • « Il est extrêmement important que nous luttions contre les mariages précoces car ils déforment les filles, gâchent leur avenir et les empêchent d’aller à l’école. Quant à l’excision elle diminue la valeur de la femme. Les femmes doivent être les premières sur ce terrain de combat …Le destin de la Guinée est dans vos mains… il est vrai que la Guinée est un pays de rumeurs et de mensonges. Consacrez-vous à vos activités et le gouvernement va vous accompagner s’il plait à Dieu. C’est une promesse et quand je promets, je tiens… Nous allons développer les cultures maraichères. Il faut que les femmes s’engagent dans ce domaine qui permet de baisser les prix des condiments dans nos marchés… Quand ça va mal, l’homme peut immigrer mais la femme ne peut pas…Cette fête ne doit pas être seulement de l’amusement » (le 08, en participant aux festivités de la fête des femmes).
  • « Nous avons décidé d’avoir une coopération stratégique. La Chine va nous accompagner pour les infrastructures routières, portuaires et ferroviaires ainsi que pour le développement de l’agriculture, en contrepartie, nous allons fournir les matières premières à la Chine. Nos amis chinois disent qu’on doit aller étape par étape. Mais la Guinée est très pressée. Nous espérons que nous allons franchir très rapidement ces étapes » (le 22, en recevant le vice premier ministre chinois venu lui mentir pour le faire patienter sur leur pillage programmé).
  • « L’Union Africaine est financée par l’Union Européenne. C’est quelle indépendance ça, mais c’est en train de changer. Coupons le cordon ombilical (avec l’ancienne puissance coloniale) et soyons africainsPendant la période coloniale l’agriculture guinéenne dépassait celle de la Côte d’Ivoire. Nous exploitions à l’époque 200.000 tonnes de bananes. Comment expliquer qu’avec tous ces avantages que nous soyons aujourd’hui l’un des pays les moins développés ? Après mon élection, j’ai demandé au FMI de venir de me faire l’état des lieux. Quand ils ont fini et que j’ai vu la situation, j’ai regretté d’avoir voulu être le président de la Guinée… Sans les infrastructures il ne peut y avoir aucun développement, aucune émergence, ces infrastructures qui soutiennent le développement ce sont les routes mais surtout les chemins de fer. Si la conférence d’Abidjan doit faire une recommandation, c’est de continuer à porter le plaidoyer pour le développement du chemin de fer en Afrique. On ne peut pas se développer sans chemins de fer (le 28, à la cérémonie d’ouverture de la conférence internationale sur l’émergence de l’Afrique).
  • Pour : il a certes dit quelques vérités à ses collègues, mendiants chez les Big Boss mais chicoteurs chez eux, mais quel manque de tact et de diplomatie ! Mais bon, cela ne choque plus personne en Guinée et dans la communauté internationale, tout le monde y est habitué maintenant.
  • Contre : notre « koro-promesses » a fait encore dans l’excès lors de la fête des femmes de 2017. Vraiment je ne sais pas ce qu’il peut nous proposer de plus – un compatriote au sens de l’humour élevé parle déjà d’un canal maritime entre Conakry et Siguiri. En plus il ne peut parler des femmes sans évoquer leurs occupations primaires dans son esprit, le maraichage et la cuisine. Quant à vouloir mettre la pression sur la Chine pour qu’elle aboule le fric immédiatement, c’est encore une preuve qu’il ne lit, regarde et n’écoute pas la presse internationale comme il nous l’avait dit. Espérer réussir à leur tordre le bras et obtenir ce que même les USA, l’UE le FMI et la Banque mondiale n’essaient même plus maintenant est vraiment la preuve que papy-cool continue à voguer sur son petit nuage. Suite à sa bravade contre la France qui l’a pourtant nourri souvent gratuitement depuis qu’il a 15 ans et logé à la citée universitaire de Paris pendant environ 20 ans (quel génie, il a du tripler toutes les classes) le Président Ouattara de Côte d’Ivoire lui a lancé « Merci à tous les présidents présents d’honorer de leur présence cette rencontre. Mais j’ai oublié de dire à Alpha (Condé) que nous étions en direct » ce à quoi celui-ci a immédiatement répondu « Alassane (Ouattara) moi j’assume ce que je dis » sous-entendant donc que ce n’est pas le cas pour son hôte qui a du sûrement apprécier. Vraiment le PPAC devrait se limiter à faire des discours à Kindia et Kankan – partout ailleurs c’est la honte pour tous les Guinéens, en particulier ceux qui s’affublent des titres de professeurs en Guinée. Si seulement le boss avait demandé ce rapport au FMI en 2009 au lieu de 2011, il aurait refusé d’être président de la Guinée – Et bien Mr PPAC, nous aussi. Quelle descente sans fin en enfer suite à votre choix regrettable !
  1. Les décisions et actions « positives » du mois :
  • Le 04, le sommet des chefs d’Etats sur les énergies renouvelables s’ouvre à Conakry avec pour objectif bien ambitieux l’installation de 10 GW d’ici 2020 sur le continent.
  • Le 11, L’opposant congolais Félix Tshisekedi vient rencontrer le Président en exercice du village africain (V.A.) pour l’informer sur la crise actuelle en RDC qui empêche la mise en place d’une véritable plateforme pour aller à une élection présidentielle comme prévu par les accords du 31 décembre 2016.
  • Le 12, Toumba Diakité arrive effectivement vers 19h30 à bord du vol régulier de Bruxelles Airlines, Il parait qu’il aurait voyagé en First, dernier petit cadeau sénégalais avant l’hôtel 5 étoiles du quartier Coronthie. Il a été récupéré au bas de la passerelle par une équipe mixte des forces de l’ordre et escorté sous haute surveillance directement au gnouf. J’espère que ses co-inculpés aussi pourris que lui, surtout les ministres et gouverneur viendront lui rendre visite régulièrement pour lui apporter du riz-sauce pimenté, encore que moi je n’y toucherais jamais vu leur volonté sans aucun doute de lui fermer définitivement la bouche par une de nos « courte maladie » habituelles.
  • Le 14, une fuite dans la presse annonce que les frais de carburant, qui constituent un gros bizness des hauts cadres du gouvernement, ont été gelés depuis plusieurs mois par le PPAC au grand dam et larmes des intéressés. Le boss croit ainsi réduire le train de vie de l’État en vue d’être en conformité avec les recommandations mille fois répétés par le FMI et la BM. Ces derniers ne sont pas dupes de ce cinéma car tout le monde sait que pour démontrer une volonté réelle sur ce sujet il devrait d’abord commencer par ses locations de jets privés et vie de palaces en Occident.
  • Le 27, la Cour Suprême a cassé et annulé purement et simplement les condamnations de madame Fatou Badiar Diallo, commandant Alpha Oumar Boffa Diallo (AOB) et Cie. Des peines allant de 10 ans à la perpétuité (pour 2 d’entre eux) totalement ridicules après l’auto-attentat du plafond de la villa du PPAC en 2011. Une décision professionnelle courageuse et inédite qui m’étonne un peu vu la terreur installée dans l’administration par les faucons du RPCé bien qu’ils ne puissent rien faire contre les membres de cette institution. Maintenant les condamnés vont être présentés de nouveau devant un juge différent – voyons voir si le boss va encore refuser de les libérer.
  • Le 29, il y a eu  l’ouverture des travaux du dialogue politique entre la Guinée et l’Union Européenne au titre de l’article 8 de l’accord de Cotonou signé entre les parties. Selon ses termes de référence « ce dialogue politique qui fait suite à celui tenu en 2014, a pour objectif notamment d’encourager la compréhension mutuelle, de faciliter la définition de priorités et de principes communs afin de renforcer la coopération entre les parties au sein des enceintes internationales ». Il faut rappeler qu’il y a quelques mois déjà le Représentant de l’U.E. en Guinée avait demandé officiellement et en urgence cette réunion en raison de certaines « non conformités » de notre pays aux exigences sur les DDH et en particulier la présence d’inculpés de crimes contre l’humanité dans le gouvernement et la haute administration. Ça va chauffer encore pour notre ministre des affaires étranges dont les comptes-rendus au boss seront assurément les plus vagues et incomplets possibles.
  • Le 29, le PPAC a présidé à l’école nationale de police de Kagbélén (Préfecture de Dubréka) la cérémonie de sortie de la première promotion des agents de police et de protection civile. Ce 1e lot de 304  poulets en culottes courtes ridicules fait parti d’un groupe de 4015 fonctionnaires de police recrutés (par copinage) par le ministère en charge et qui seront progressivement formés grâce à notre aumône professionnelle aux bailleurs de fond sans fonds. Prions maintenant qu’ils ne travailleront jamais avec ceux qui sont déjà en fonction sinon la transmission de leurs mauvaises habitudes et pratiques sera plus rapide qu’une MST (maladie sexuellement transmissible).
  • Pour : pour le sommet sur les énergies renouvelables, la pléiade des bosses attendus à fait faux bond à la dernière minute et il n’y a eu finalement que le précédent dictateur en chef du village A-fric Idriss Deby du Tchad et son digne successeur le PPAC. Par contre la Ségo internationale de la COP21etait là pour distribuer comme d’hab. des félicitations et prix pompeux aux Rois-nègres. Finalement 19 projets répartis sur tout le continent ont été adoptés dont 4 barrages hydro-électriques en Guinée (un dans chaque région naturelle) pour un total de 10 MW, comme promis au départ. Encore une belle promesse mais bon cette fois-ci elle ne vient pas de nos menteurs nationaux habituels (PPAC et ses ministres des transports et de l’énergie) mais des toubabs qui vont mettre (un peu) la main dans le portefeuille alors il y a un peu plus d’espoir que de coutume.
  • Contre : Au sortir de cette rencontre Tshisekedi Jr a dit à la presse « Nous avons toutes les raisons de craindre que cet accord soit passé par pertes et profits. Voilà pourquoi nous venons sensibiliser le Président de l’Union Africaine pour qu’il nous aide à ramener le Congo sur la bonne voie. Aujourd’hui il y a des manœuvres dilatoires tendant à saboter cet accord et voilà pourquoi nous venons tirer cette sonnette d’alarme ». J’espère qu’il ne sera pas aussi déçu que les 11 millions de Guinéens sur ses capacités à régler le moindre problème. Voila le genre de dossier où le boss risque de confirmer aux bailleurs africains, par ses paroles, manières et actes, que s’il est incapable de gérer son petit pays il n’y a que l’U.A. pour lui confier un continent même pour 12 mois. Pour le cas de Toumba vraiment notre Sanseman est incroyable : l’inculpé principal (Dadis) fait tout pour revenir au pays mais il en est empêché même en bloquant ses vols retour mais le second responsable probable (Toumba) fait tout pour ne pas revenir à Conakry mais il est attaché comme un saucisson hallal par demande express de nos mêmes autorités et expédié dans notre tristement célèbre maison centrale. Quant aux 14 autres inculpés, ils se la coulent douce dans ou autour de la mangeoire nationale. Quel bordel ! Moi j’aurais préféré qu’il soit « conservé » à l’extérieur du pays jusqu’à la veille du procès, comme annoncé par le ministre de la justice pour les autres inculpés, mais bon ça leur servira pour calmer et surtout fermer la bouche des victimes, de la CPI, des Big Brothers et des ONG de DDH pendant quelques mois supplémentaires. Que le PPAC et ses faucons le veuillent ou pas, on se rapproche tous les jours un peu plus de la tenue de ce procès. A la place de Toumba j’en voudrais surtout à son avocat autoproclamé sénégalais qui a rappelé par voix de presse dans son pays que le 13 était le deadline après lequel la justice devait le remettre en liberté provisoire à Dakar. S’il n’avait pas ouvert sa grande bouche pour se faire un peu de pub locale gratuite il est clair que notre administration judiciaire aurait oublié ce deadline. 24 heures de plus et l’ami Toumba serait entrain de siroter ses 3 verres d’attaya (thé sénégalais) après chaque repas.
  1. Les décisions et actions « négatives » du mois :
  • Le 01, le ministre en charge de l’éducation universitaire publie les chiffres du recensement biométrique des étudiants guinéens. Tous les étudiants boursiers des secteurs public et privé (hormis ceux qui viennent d’accéder à la 1e année) de l’Etat et leurs encadreurs du secteur public de juillet 2016 à février 2017 ont été enregistré. Sur les 85.855 étudiants déclarés et payés officiellement par les établissements d’enseignement supérieur de Conakry seuls 38.647 ont été biométrisés soit un écart de 46.938 étudiants ou 55% donc plus de fictifs que d’étudiants réels. Pour les universités privées en particulier sur un chiffre officiel de 52.051 étudiants 32.976 seraient des fictifs soit près de 64%. En rajoutant les magouilles prévisibles pendant le processus de recensement on doit bien avoir approximativement 75% de fictifs payés mensuellement dans nos universités ! Suite à cette révélation il n’y aura qu’un seul responsable sur un siège éjectable, ce nouveau ministre qui a osé balancer publiquement cette bombe.
  • Le 11, l’un des caniches du PPAC, son « petit Sow » nous rapproche un peu plus de leur stratégie de « retour à Satan Touré » en balançant à l’A.G. du RPCé : « La politique est très complexe, certains savent qu’ils ne sont pas du RPG, s’ils sont alliés au RPG, ils ne pourront pas nous faire la guerre et nous déstabiliser. Ils sont au sein du RPG, pendant que nous tirons devant, eux ils tirent derrière. C’est ce qu’on appelle la cinquième colonne. Mais si nous acceptons la 5e colonne en notre sein, que le Tout Puissant Allah nous sauve ». Au secours, la révolution criminelle revient de plus en plus.
  • Le 13, Toumba a été présenté à un des procureurs de République qui ne lui a pas expliqué pourquoi ses compagnons de crimes sont toujours ministres et gouverneur alors que lui croupit en tôle. En plus même pas une petite référence officielle à sa tentative d’assassinat du petit dadais Dadis. A mon avis il bénéficiera de circonstances atténuantes pour cela lors du procès à venir, vu que sans lui nous serions toujours sous dictature militaire – dictature civile ce n’est pas bon mais c’est mieux, Walahi !
  • Le 14, il est entendu par le pool des 3 juges chargés du dossier et immédiatement inculpé formellement d’une quinzaine de chefs d’accusation lors du massacre du 28 septembre 2009 dont « faits de meurtres, de viols, de pillages, d’incendies volontaires, de vols à main armée, de coups et blessures volontaires, d’outrages à agents de la force publique, de tortures, d’enlèvements, de séquestrations, d’agressions sexuelles, d’attentats à la pudeur, de responsabilité de commandement des chefs hiérarchiques et militaires et de complicité. Des faits prévus et punis par les dispositions des articles 207,208,268,514,510,373,381,239,664, 232,333,267,271,198,et 19  du code pénal ». Un dynamisme étrange et inhabituel de la part der la justice guinéenne. Il devient ainsi le 15e inculpé dans ce dossier dont 14 se baladent tranquillement en ville et la moitié sont parmi les hauts dirigeants actuels du pays. Espérons qu’il ne sera pas condamné au silence eternel avant le début des explications publiques.
  • Le 14, selon le journal panafricain Jeune Afrique du 24 mars « le cabinet de conseil américain Mercer dévoile son classement annuel des villes qui offrent la meilleure qualité de vie dans le monde. Les 231 villes citées sont rangées selon des critères aussi divers que la sécurité, l’éducation, les infrastructures, la santé publique ou encore la culture. L’étude est destinée aux entreprises et aux institutions afin de les assister dans l’évaluation d’une juste rémunération de leurs collaborateurs à l’étranger. Autrement dit elle est pensée par des experts occidentaux pour les expatriés occidentaux. La grande gagnante étant Vienne, en Autriche, et la dernière du tableau, Bagdad, en Irak ». Notre belle capitale Conakry est 222e, juste devant Kinshasa, Brazzaville, Ndjamena, Khartoum et Banjul pour l’Afrique. Nous sommes vraiment une nouvelle fois en bonne compagnie. Pan sur le bec des initiatives du Sanseman pour attirer les occidentaux remplis de fric à investir. Avec ça seuls les requins internationaux pointeront le bout de leur nez chez nous avec leurs bizness louches toujours florissants dans de tels environnements. Boss, pardon il faut nous faire 2-3 promesses pour ça aussi, Yandi !
  • Le 16, notre pigeon voyageur est reçu en tête à tête par le Roi du Maroc. Puisque celui-ci était chez nous il y a moins d’un mois (le 23 février) il est peut-être parti ramener les babouches que celui-ci avait oublié dans sa suite de Conakry, sinon quoi de neuf à se raconter depuis le mois dernier sur nos deux royaumes ? Il semblerait qu’il revenait d’un bref séjour à Addis-Abeba (Dieu seul quel jour il a donc quitté le bled) pour une soit disant « passation de service » à la tête du village africain avec son prédécesseur à ce poste, Idriss Deby. C’est encore plus marrant pour cette autre visite puisque non seulement ils étaient ensemble lors de ce remplacement il y a moins de deux mois dans la même salle de conférence de l’UA mais qu’en plus ce souverain tropical venait de quitter Conakry la semaine précédente. Ils n’auraient pas pu trouver 10 minutes pour faire cela pendant toutes ces journées passées ensemble ? Les missions-bidons, au nom de l’Afrique mais aux frais des Guinéens, viennent d’être inaugurées.
  • Le 22, l’ex-Président putschiste le Marechal-tigré Konaté balance d’une voix pâteuse d’alcolo une petite bombe qui vient animer un peu le marigot politique national « En 2010, tout le monde sait ce qui s’est passé. La communauté internationale avait contraint le président Cellou Dalein Diallo à reconnaître sa défaite entre guillemets. Pour préserver la paix, pour éviter à ses concitoyens les affres de la guerre civile il a accepté. ». Puis il jette en pâture les noms de plusieurs civils actuellement à Conakry dont certains sont des copains d’enfance. Et oui, tout le monde le savait mais on attendait que vous, le 1e responsable de ce désastre ouvre sa bouche pour le reconnaître. Merci de démontrer en même temps que vous manquez totalement de colonne vertébrale pour n’avoir pas contesté publiquement de tels ordres alors que les contes et légendes locales vous affublent de qualificatifs dithyrambiques tels que héros national intrépide de guerre contre des miliciens armés de coupe-coupes. Moi j’ai toujours été persuadé que le grand déballage sur tout ce dossier se ferait tôt ou tard, vu le niveau intellectuel et moral des principaux responsables – en tout cas, tout va se savoir ! Au fait il faut le prévenir que cela ne le dédouane nullement de cette bévue impardonnable et de sa complicité probable dans le massacre du 28 septembre 2009. Alors qu’il serre bien sa ceinture et son képi de maréchal, le vol qui l’emportera est loin d’avoir atterri sur la piste de l’absolution de ses crimes.
  • Le 24 le ministre de la justice annonce à la RTG « Sauf imprévu majeur, le procès (du 28 septembre) aura lieu d’ici fin 2017. C’est important pour les accusés et pour la justice… Les personnes en fonction seront mises en congés à la veille du procès ou quelques jours avant l’ouverture du procès. C’est une question judiciaire, et non politique». Je ne sais pas sur quels arguments judiciaires il se base pour nous dire que les inculpés doivent être classés en 3 catégories : exilé de luxe dans un pays de la sous-région, ministres/gouverneur et taulard à la prison centrale de Conakry. La moindre des choses devrait être de mettre Toumba en résidence surveillée pour dissimuler un peu ce 3 poids – 3 mesures. Quant à espérer que ces ministres démissionnent d’eux-mêmes avant le début du procès comme dans toute république « normale » ce n’est même pas la peine d’y rêver.
  • Pour : comme chaque mois, R.A.S…
  • Contre : suite à la publication des chiffres réels d’étudiants dans les universités les fondateurs ou commerçants autorisés du savoir au rabais du florissant « bizness-universités privées » crient au putois et menacent d’avoir la tête de l’insolent imprudent, mais aucun d’entre eux n’accepte de donner ses chiffres « exacts »s du nombre et des sommes perçues pour leurs étudiants par an afin de pouvoir démentir le ministre avec des données contradictoires vérifiables. A la guinéenne quoi, tout se joue au culot (au kilo comme on dit chez nous) et plus on crie fort, plus on a des chances d’avoir le dernier mot.

Tic-tac, Tic-tac, la montre tourne; aujourd’hui est le 2291e jour de l’ancien « Guinea is back » et du nouveau « changement radical » – déjà 06 ans, 03 mois et 10 jours ! Aladji-Professeur-Président voici ma suggestion SMART (Spécifique, Mesurable, Atteignable, Réalisable et Temporellement définie) du mois pour améliorer un peu votre Sanseman : si vous ne mettez pas fin à l’impunité dans ce pays elle finira par vous emporter aussi. Certes elle existait avant votre arrivée à la tête de notre mangeoire mais elle a atteint maintenant un tel point que pour la population la seule manière d’obtenir justice est de se transformer en même temps et immédiatement en procureurs, juges et bourreaux puisque qu’aucun de ces rôles n’est plus assuré par vos fonctionneurs corrompus sauf pour une petite caste de barrons privilégiés et leurs familles. Un exemple flagrant mais devenu hélas presque hebdomadaire dans la préfecture de Yomou en Guinée-Forestière, racontée le 11 du mois par un journaliste local généralement crédible (Facely Konaté) : « Tout a commencé le lundi dernier. Michel, marié à deux femmes et qui accusait  Albert Oulopon Delamou de suivre une de ses femmes a pris son fusil avec lequel il a finalement abattu ce jeune coiffeur. Après avoir accompli sa forfaiture, Michel  est allé se réfugier en brousse. Ce n’est qu’hier jeudi qu’on a pu mettre main sur lui et il a été mis à la disposition de la gendarmerie de Yomou. Les gens ont commencé à s’appeler pour dire qu’on a mis main sur lui et ils sont venus envahir la gendarmerie en demandant de mettre le présumé criminel à leur disposition. Face au refus des responsables de la gendarmerie ils se sont mis à saccager ce lieu qui a été construit lors des festivités du 55e anniversaire de l’indépendance nationale (2013). Ensuite, ils se sont rendu au domicile privé du commandant de la gendarmerie qu’ils ont également mis à terre. Et comme si cela ne suffisait pas, ils se sont transportés au domicile de monsieur le préfet qui s’était déjà rendu au camp (militaire) avec toute sa famille. Ils ont donc profité de l’occasion pour tout saccagé et emporter ses biens. Ils ont tout pris, même le matelas n’a pas été laissé ». Vous vous plaigniez qu’à votre arrivée vous n’avez pas trouvé un Etat mais un pays. Si vous ne faites rien contre ces impunités et cette injustice galopante vous ne laisserez pas un pays mais une jungle humaine – nous y sommes presque d’ailleurs. Dans le même sens, le silence coupable de nos leaders religieux et “sages” cireurs de babouches en disent long sur l’absence devenue presque totale de toute moralité dans notre pays. Chez nous on ne dit plus « made in Guinea » mais plutôt « malade in Guinea ». C’est hélas aussi une des raisons principales de la peur et de la haine croissantes des occidentaux envers surtout les musulmans. Par exemple comment et pourquoi les propos racistes de Trump sur les étrangers et en particulier les musulmans sont applaudis par près de 40% des américains ? Parce que ceux-ci, en particulier la majorité sans éducation minimale (scolaire et familiale) et simples d’esprit pensent que nous sommes tous des terroristes sans cœur. Quand c’est leur tour d’être touchés par « nos terroristes », comme à Nice, Bruxelles ou Berlin, il n’y a jamais de compassion visible et audible face à leurs malheurs. Ils pensent donc « qui ne dit rien consent, un silence complice et satisfait ». Seuls nos voix, paroles et actions sincères et sérieuses, en particulier de tous nos « leaders » auront un peu d’effets contraires.

Posted in 2013 | Leave a comment

Une Nouvelle Voie (Février 2017) : l’éducation nationale était au bord du gouffre – elle vient de faire un pas en avant

Bienvenue à mon bilan du 14e mois de la Condécratie version 2.0. Je continue mon exploration mensuelle des méandres des décisions importantes pour la Nation prises par nos nouveaux chefs en proposant des pistes de réflexions et d’actions qui pourraient être envisagées pour que le « vrai changement » soit effectif.

  1. Echantillon de paroles et pensées présidentielles du mois:
  • « Je sais que l’enthousiasme que vous m’avez montré de l’aéroport jusqu’ici est une preuve que le peuple de Guinée est prêt pour le combat. Ce combat commence par la transformation de la ville de Conakry. Comment pouvons-nous faire des réunions de tous les chefs d’Etat africains si nous avons de saletés dans les rues ? L’enthousiasme doit vous amener à changer votre comportement pour que si les chefs d’Etat viennent ici, la Guinée n’ait pas honte. Votre premier défi n’est pas de m’accompagner pour l’Union Africaine, c’est de faire en sorte que la Guinée soit réellement la capitale de l’Afrique » (le 02, devant ces fanas en délire au retour de sa nomination comme chef du village Afrique à Addis-Abeba).
  • « Ceux qui vont dans les mines faire l’exploitation clandestine iront en prison… A ceux qui s’agitent à Conakry, la Haute Guinée est là, vous avez donné une réponse cinglante. Alors, je ne vous remercierais jamais assez…  On ne va plus se foutre de l’Etat en Guinée. Les gens sauront maintenant qu’il y a un Etat… Monsieur le premier ministre et le ministre des mines, j’ai pris des engagements, vous avez donc l’obligation de faire respecter ces engagements, si ce n’est pas respecté alors il y aura des remaniements ministériels. J’ai dit aux gouverneurs, préfets et sous-préfets que je n’accepterai pas des comportements indélicats. Je n’accepterai plus le copinage  » (le 05, lors d’une mamaya organisée à Kankan précisément par ces mêmes exploitants clandestins).
  • « Les cadres ont tous une ambition, les postes. Soit ils veulent être ministre ou préfet, en laissant l’intérêt commun et celui du peuple. Tout cadre qui fait la pagaille saura que c’est moi qui signe les décrets » (le 09, lors d’une mamaya suivante à Siguiri).
  • «  Je suis convaincu que nous allons résoudre les problèmes de la Libye. Car seule l’Afrique peut les résoudre. Nous allons démontrer nos capacités. Il y aura un gouvernement d’union nationale accepté par tout le peuple libyen » (le 14, pour fêter de nouveau son intronisation comme chef du village Afrique).
  • « Moi je suis prêt à faire un pacte avec vous, à vous accompagner mais vous aussi à vous engager à avoir une presse d’information et d’éducation. Alors comme j’ai fait avec les paysans et les orpailleurs à Kankan, si vous voulez on peut faire aussi une journée de la presse où chacun viendra parler, à la fin on sort avec une feuille de route… Vous ne m’accuserez plus de faire des interviews à l’extérieur non pas à l’intérieur… Pour que la presse puisse bien communiquer il faut qu’elle soit bien informée. Il faut que les ministres communiquent, c’est pourquoi j’ai pris Tibou Camara comme conseiller personnel pour essayer d’améliorer la communication personnelle du gouvernement et avec la presse parce que très souvent des désaccords sont basés sur des malentendus. Il est dévolu à la presse de dire au peuple ce qui ne va pas et de dire à ce peuple d’où nous venons et où nous allons… Aujourd’hui nous avons de très grandes responsabilités… Jamais la Guinée n’a été aussi haute sur le plan international même du temps du président Sékou Touré. C’est à l’avantage de tout le monde » (le 17, lors d’une rencontre informelle avec les agences de presse nationales).
  • « Nous allons commencer par nous doter de laboratoires car actuellement il n’est pas possible pour le gouvernement de connaitre exactement les quantités exploitées et la teneur. Nous sommes tributaires des  entreprises qui nous disent ce qu’elles veulent. Nous ne sommes pas capables de vérifier. Donc au cours de l’année nous nous doterons de laboratoires et de bateaux  grâce au partenariat avec certains pays pour qu’en fin nous soyons en mesure de vérifier à chaque départ combien de tonnes partent et la qualité » (le 21, lors de l’ouverture de la Nième table-ronde sur le secteur minier depuis 6 ans).
  • « Le peuple de Guinée a montré son amour pour le Roi du Maroc en restant dans la rue de 15 heures jusqu’à 20 heures et vous venez d’entendre ce que le Roi est venu faire pour la Guinée. … Conakry change mais on ne voit pas ce changement à cause de l’assainissement et de voiries. Lorsque j’avais un projet de cité verte, le ministre des affaires étrangères du Maroc m’a dit que cela va intéresser le Roi. Et lorsque le Roi m’a appelé il m’a dit que le peuple n’a pas besoin de cité verte à Conakry. Qu’il a plutôt besoin d’assainissement et des voiries urbaines… Certains ne voulaient pas que ce voyage ait lieu. Ils ont mis des voyous dans la rue, mais Dieu aime la Guinée et le peuple de Guinée sait aujourd’hui que ceux qui ne veulent pas que le pays avance ont échoué...  Quand le président Erdogan est venu il a dit que Conakry n’est pas une ville. Grâce au Roi quand le président Erdogan reviendra prochainement il dira que Conakry est une ville du Maroc… Le train du changement en Guinée a démarré. Ceux qui ne monteront pas, resteront au bord de la route » (le 23, lors d’une cérémonie de cirage en règle des babouches de M6 à Conakry).
  • Pour : pas grand-chose, rien que du griotisme et des fausses promesses. Il est vraiment le père et le modèle à copier de tous les mamayeurs du pays.
  • Contre : justement les promesses hilarantes à chaque meeting continuent de plus belle : « la compagnie Air Guinée viendra au mois de mars prochain ; au mois de mai une usine de montage de bus et de tracteur sera lancée ; nous allons tout faire pour que d’ici 2018 la Guinée n’importe plus du riz, que nous mangions le riz que nous produisons et en 2020 nous vendrons du riz à l’extérieur ; nous produisons beaucoup de riz mais les femmes ne peuvent pas transformer tout le riz paddy en riz net. Nous avons commandé des rizeries à installer dans toutes les préfectures qui produisent du riz afin de transformer le riz paddy en riz net pour qu’elles puissent le commercialiser ; je vais mettre des poissons dans tous les fleuves de la Haute Guinée afin que les mareyeuses de la savane soient indépendantes de celles de Conakry »– Allah Akoubar ! La prochaine fois ce sera sûrement une usine de construction d’avions et de sous-marins à Baro, son village d’origine non contrôlée.
  1. Les décisions et actions « positives » du mois :
  • Le 04, le boss préside au barrage de Kaléta le lancement des travaux de l’interconnexion du Projet Energie de l’organisation pour la mise en valeur du fleuve Gambie (OMVG) qui reliera les réseaux électriques des quatre pays membres de l’OMVG, ceux de l’OMVS et de TRANSCO Côte d’Ivoire, Libéria, Sierra-Léone, Guinée et la liaison Guinée-Mali. Pendant ce temps la capitale et la majorité des villes du pays ont de moins en moins d’électricité domestique depuis janvier, comme au bon vieux temps avant tous nos barrages électoraux. Pourvu que le flux soit exclusivement d’eux à nous sinon nous serons mis à la porte du deal dans 2 ans.
  • Le 17, la tentative de rabibochage avec la presse nationale est une bonne tentative pour diminuer les coups de matraque de celle-ci sur son vieux crâne déjà douloureux. Initiée par son tout nouveau ministre d’Etat Tibou Kamara qui intervenu en M.C. comme d’hab. pour encenser son boss pour « son  combat  historique et héroïque pour la démocratisation du pays ». D’après  lui son papy-patron sera désormais « près des journalistes et ceux-ci doivent être au service de la République ». Répondant  au discours pathétique de Tibou, il a dit ne pas garder des rancunes contre la presse, même ceux qui le brocardent. Que ce soit Tibou Camara à la manœuvre n’étonnera personne en Guinée – notre Talleyrand national est de retour dans la cour des grands pilleurs du pays.
  • Le 23, notre boss réussit l’exploit de recevoir le Roi du Maroc dans notre capitale juste 2 jours après l’intifada des jeunes sur ses miliciens en ville. Imaginez la promptitude dégagée pour remettre en place tous les portraits arrachés des 2 souverains le long du chemin historique du passage royal. Sans parler du nettoyage express des cailloux, pneus brulés, commerces et pompes d’essence calcinés et autres stigmates du lendemain de ce casse-la-gueule mortel.
  • Le 25, le PPAC inaugure une nouvelle compagnie aérienne appelée Guinea Airlines. Heureusement que c’est une compagnie privée avec aucune participation de l’Etat à son capital donc il est possible qu’elle puisse survivre jusqu’en 2018. Par contre le « partenaire français » du deal a une réputation déjà sulfureuse et de longue date au Gabon, au Cameroun et au Congo Brazza selon une certaine presse de ces pays – réalité ou règlements de comptes entre truands – l’avenir nous le dira bientôt. Cela n’empêche pas nos ministres et la presse locale de jaser sur ce nouvel exploit du Sanseman. C’est comme dire que les hôtels Camayenne, Noun et Sheraton sont des « hôtels guinéens ». Et comme il est aisé de tout faire gober aux braves populations ce succès du boss figurera sans aucun doute dans son bilan 2017 comme une nouvelle réalisation historique. En tout cas si l’entretien et la qualité du service sont au rendez-vous c’est une très bonne initiative pour les environ 5% de Guinéens assez friqués pour pouvoir acheter un billet sans crédit. Et si l’Etat n’a pas un mot à dire dans sa gestion c’est encore une meilleure nouvelle.
  • Le 27, le PPAC réagit enfin à la grave crise du système éducatif de la semaine précédente qui a entrainée 7 (ou 8) morts civils tués par des « balles perdues » : il limoge 3 ministres dont les deux directement responsables de cette bévue, celui de l’enseignement pré-universitaire et celui de la fonction publique. Si seulement il pouvait punir tous ceux qui font des bêtises autour de lui, mais bon il faudrait qu’il commence par lui-même pour convaincre qui que ce soit en Guinée.
  • Pour : presque rien à son actif personnel. Tout juste une lueur d’intelligence et de bons conseils pour comprendre qu’il n’y a pas pire bêtise pour un homme au pouvoir que de se mettre toute la presse sur le dos. Il lui a fallu presque 7 ans pour comprendre cela alors il reste encore un peu d’espoir pour « 45 », le nouveau Président Donald Trump.
  • Contre : franchement l’absence totale d’empathie pour les familles de ses compatriotes tués ou ayant tout perdu la veille et la tenue sans aucun état d’âme d’une visite officielle le lendemain sont de vrais indicateurs de la dégradation mentale de notre PPAC. Pour le remaniement ministériel, les éjectés sont remplacés par un de ses conseillers principaux à la présidence (aussi responsable de ce gâchis que celui qu’il remplace) et un mamayeur zélé du RPCé qui cirait en douce les pompes des faucons depuis longtemps pour être ministre. Ainsi va la Guinée : on dit changement mais rien ne s’améliore au pays.
  1. Les décisions et actions « négatives » du mois :
  • Le 02, c’est enfin reparti pour les accueils folkloriques PDGistes du nouvel Homme-Etat par « le glorieux peuple du 28 septembre 1958 ». Pourtant les mamayeurs le long du « l’autoroute Fidel Castro, route infinie de l’histoire » chantent et dansent en petits groupes isolés et tristounets. Par contre la situation était très tendue sur « l’Axe du Changement », les quartiers de haute banlieue où la jeunesse déchainée par l’injustice et l’impunité du pouvoir (hélas infiltrée par des voyous et casseurs professionnels) avait osé braver Lansana Conté en 2007 et l’obliger à mettre un peu d’eau dans sa gabegie exponentielle. Des jeunes garçons et filles barricadent les routes et jettent des cailloux sur les forces de désordre composées de gendarmes, de policiers et même de militaires bérets rouges de la présidence. Les courses/poursuites dans les dédalles des bidonvilles sont de retour sous un soleil de plomb à Conakry. Pour un « retour triomphal à la Satan Touré » c’est raté, les gars ! Mais comme d’hab. presque aucune tête ne tombera pour si peu, juste quelques milliards de GNF à partager entre les organisateurs et autres « grilleurs d’arachides » (impossible d’en griller pour d’autres sans penser à en mettre une partie dans sa propre bouche) bien connus du RPCé.
  • Le 02, le ministère de l’enseignement pré-universitaire décide de mettre tous les élèves du pays immédiatement en congés jusqu’au 12 février. Ceci, « pour lui permettre de faire face au manque d’enseignants dans les différents établissements scolaires ». Lui et ses directeurs avaient surement complètement oublié de le faire pendant les très grandes vacances précédentes (de Juillet 2016 à janvier 2017) car les cours venaient de reprendre il y a un mois dans la majorité des écoles. Quelle justification originale pour renvoyer les élèves et en particulier ceux en classes d’examens sur le pavé pour des manifestations journalières.
  • Le 03, big boss préside le lancement des travaux de la société Alufer Bel Air Mining, une nouvelle PMI spécialisée dans l’exportation des cilloux et poussière rouges par camions sans bâches jusqu’au niveau de quelques barges plates qui les déposeront ensuite en haute mer sur de vrais bateaux minéraliers en partance vers d’autres pays plus bénis, y compris africains. Ceux-ci en feront de l’alumine et ensuite des tôles en aluminium que nous achèterons l’an prochain à 100 fois notre prix de vente pour ne plus dormir les pieds dans l’eau dans nos maisons qui coulent toutes en saison des pluies tropicales. Le fruit d’un bizness men anglais (fondateur de la société minière Alufer) et de son « partenaire guinéen ». Chauffé à bloc le PPAC nous balance une nouvelle bombe : « Pour accompagner les sociétés minières, nous sommes en train de négocier avec société de Dubaï pour la construction d’une centrale à gaz de 200 mégawatts à  Kamsar afin que nous les accompagnions dans la transformation de la bauxite en alumine ». Encore une nouvelle promesse !
  • Le 05, enfin une nouvelle exploration des confins du pays pour notre pigeon voyageur, cette fois-ci à Haute Guinée, son plus grand fief électoral pour le 3e Officiellement c’est pour participer à la journée nationale de l’orpaillage – dont le PPAC avait officiellement interdit l’exploitation artisanale il y a 2 ou 3 ans. Les fidèles chrétiens ont même été priés de renoncer à la prière du dimanche à l’église pour participer à l’accueil. Les hauts d’en haut du RPCé reconnaissent officiellement avoir décaissé 1, 25 milliards GNF pour l’organisation de la « bamboula in the savane » donc le chiffre réel doit être entre 10 et 12 milliards.
  • Le 06, il se cache de nouveau et file en douce à Dubaï pour régler quelques petits bizness personnels inconnus pour le moment. Planquez-vous comme vous le pensez patron, mais on le saura toujours, même si vous continuez à voyager à 03 heures du matin. Et puis rappelez-vous que c’est comme cela que Satan Touré avait filé en douce et en pleine nuit pour Cleveland aux USA mais son retour avait été plutôt catastrophique pour lui et les siens.
  • Le 13, La crise semble s’accentuer au sien du système éducatif guinéen après la suspension des cours dans l’enseignement pré-universitaire et techniques publics pour des raisons d’affectation des nouveaux formateurs. Le front se durcit à travers leurs syndicats. Le mot d’ordre de grève est bien suivi ce jour-là dans tout le pays et du coup les élèves sortent encore dans les rues pour exiger des profs mais surtout pour caillasser du bidasse. Comble du ridicule, le 12, le gouvernement et les syndicalistes avaient annoncé officiellement qu’une solution avait été trouvée avec les syndicats mais ceux-ci lui répondent tout aussi officiellement que c’est un mensonge. La honte, Walahi ! Conakry est de nouveau à la veille du feu et des flammes mais le chef du village Afrique s’en fout, il prépare la visite de son frère Mohamed VI du Maroc prévue le 16 pour couronner son couronnement.
  • Le 13, la réaction du gouvernement est étonnante : un communiqué télévisé prolongeant le congé forcé de 12 jours des élèves du pays dans toutes les institutions  d’enseignement (pré-universitaire, supérieur, technique et professionnel). L’argument-choc est « Cette mesure vise à éviter des troubles dans la cité et à sécuriser les élèves et étudiants ainsi que les constructions scolaires et universitaires ». Aucune nouvelle date n’a été fixée pour la reprise des cours. Le ministre en charge de l’enseignement professionnelle a indiqué que les cours reprendront à la fin des négociations avec les centrales syndicales. Quel bras de fer stupide, en plus sur le dos des pauvres élèves déjà paumés du pays.
  • Le 14, le PPAC est obligé de couper ses vacances juteuses à Dubaï pour venir calmer ces « petits bandicons » de syndicalistes qui osent l’empêcher de dormir en paix. En effet la grève est de plus en plus ponctuée de violences et saccages par les élèves et surtout des voyous/casseurs de rue. Il les convoque le 15 pour une de ses séances habituelles de caresses/chicottes mais cette fois-ci ça ne marche pas. Les syndicalistes lui balancent qu’ils ne peuvent accepter qu’un gros militaire ignare comme Lansana Conté monte le point indiciaire de leur salaires à 1030 GNF en 2007 et qu’un soi-disant professeur d’université vienne ensuite le réduire à 750 GNF en 2016. D’autant plus que lui ne vit que d’avantages acquis depuis qu’il ne touche plus le RMI en France donc il devrait quand même les comprendre !
  • Le 17, comme si c’était l’urgence du moment le PPAC nous balance 5 nouveaux décrets : la création de Centres de gestion agréée (CGA), du Comité national de lutte contre la traite des personnes et pratiques assimilées (CNLTPPA), la fixation des statuts de l’Office guinéen des chargeurs, la révision à la hausse du taux du minimum vital en vigueur et l’ouverture d’une procédure d’appel d’offres pour l’attribution des permis d’exploitation et de recherche sur la mine d’or de Kiniero (préfecture de Kouroussa). Comme ce doit être doux de vivre sur un petit nuage sans se soucier de la cata que l’on entretient plus bas.
  • Le 19, comme s’il n’avait pas assez de problèmes comme cela, le gouvernement fait interpeller une vedette nationale de la jeunesse, le reggaeman « General » Elie Kamano par la gendarmerie. Il est mis aux arrêts pour affirmer qu’il manifestera dans les rues avec les élèves le 20 février pour exiger la réouverture immédiate des salles de classes. Il est ramassé par la flicaille dans la soirée à son domicile et placé en garde à vue à l’escadron Mobile de la gendarmerie. Du coup, ses « soldats » deviennent encore plus déchainés et ceci renforce leur volonté de sortir pour protester – mais hélas aussi pour tout casser – dans les rues le lendemain. Un bon coup de pub pour un artiste en déclin et une violation flagrante des DDH par une arrestation avant même qu’un « crime » ne soit commis. Comme si bien dit par un blogueur humoriste (Tabouna Sylla) : « Très facile d’être méga-star dans ce pays, un simple bluff et hop ! ». Imaginez si tous ceux qui lançaient des menaces en public étaient directement jetés en prison même Air PPAC serai une annexe de la maison centrale de Coronthie aujourd’hui. Franchement c’est à la fois la panique à Satanya et la bêtise humaine au pouvoir en Guinée. Comprenant mais trop tard sa bévue le pouvoir finit par ordonner sa mise en liberté sous contrôle judiciaire dans la matinée du lundi, après l’avoir fait auditionné par le Parquet de Mafanco.
  • Le 20, la jeunesse de Conakry tient promesse et fout le bordel dans le pays. La circulation sur les deux principaux axes qui relient la haute banlieue au centre-ville de Kaloum est paralysée avec intifada des manifestants et réplique habituelle des forces de désordre. Des marches d’enseignants, d’élèves et de leurs parents sont également signalées dans des villes de l’intérieur du pays comme Labé et Kamsar. Les jeunes sont sortis dans les rues officiellement pour exiger la réouverture immédiate de leurs classes, mais surtout pour exprimer leur ras-le-bol face à l’injustice, l’impunité et l’arrogance de la pieuvre au pouvoir. Une occasion rêvée pour exprimer de toutes les frustrations sociales. Le gouvernement fait lui-même le bilan macabre des 2 jours de guérilla urbaine : au moins 7 jeunes morts dont6 par balles (une mère de famille enceinte et un élève écrasé par un char de la gendarmerie), une cinquantaine de blessés, une douzaine d’interpellations et des dégâts matériels à gogo dans tous les quartiers de la capitale. Le chiffre officieux est de 8 morts.
  • Le 21, le PPAC mauvais perdant devant l’eternel, pourtant chef du village Afrique et dernier chef d’Etat à avoir visité la Gambie sous Yaya Jammeh, ne s’est pas présenté à Banjul pour participer à la fête de l’indépendance et surtout à la 2e investiture du nouveau Président Adama Barrow. Son copain-coquin dans la dernière tentative de maintenir au pouvoir le troufion détraqué Jammeh, le Président Mauritanien Ould Abdel Aziz est lui venu en coup de vent mais vu l’accueil glacial qu’il a reçu, est reparti chez lui sur la pointe des pieds avant même la fin du discours du nouveau Président. Au fait il faut préciser que le PPAC et Aziz sont les seuls chefs d’États de la sous-région (CEDEAO) qui magouillent pour se faire « plébisciter par le peuple » pour un 3e Encore deux has-been qui ne comprendront les réalités politiques du 21e siècle qu’avec le feu sous leurs carapaces de tortues.
  • Le 22, le rapport annuel 2016 de l’ONG internationale des DDH Amnesty International est divulgué à la presse internationale. Le constat pour la Guinée est toujours aussi désespérant : « En 2016, les droits humains n’ont pas nécessairement progressé en Guinée. Au cours de l’année dernière les forces de sécurité ont encore fait usage d’une force excessive contre des manifestants qui protestaient pacifiquement et ont harcelé des personnes qui exprimaient des opinions dissidentes. Des cas de torture et de mauvais traitements ont été également signalés. De même que les membres des forces de sécurité impliqués dans des violations des droits humains ont continué à jouir de l’impunité ». Encore une nouvelle incitation pour tous les investisseurs sérieux de nous effacer de leurs listes de visites exploratoires en 2017. Par contre les truands internationaux spécialisés sur l’Afrique seront rassurés que les bonnes affaires vont continuer sans aucun problème.
  • Le 22, comme si rien ne s’était passé les jours précédents à Conakry, le PPAC reçoit les artistes nationaux dans son palais pour rigoler et passer un peu de bon temps ensemble.
  • Le 23, le nouveau code électoral est finalement adopté à l’Assemblée nationale. Le texte a été voté à l’écrasante majorité des députés présents à l’hémicycle, composée essentiellement des deux grands groupes parlementaires (pouvoir et opposition) plus copains et coquins que jamais quand il s’agit de couillonner les autres politiciens du pays. Au moins maintenant il n’y aura plus de non-dits politiques. Il n’y aura plus à terme que 2 partis politiques réels en Guinée, de la Présidence jusqu’aux quartiers et villages : l’un ethno-malinké et l’autre ethno-peul. Tant pis pour les autres et en avant avec notre démon-cratie.
  • Le 23, le PPAC et ses fanas reçoivent le Roi du Maroc « M6 » pour fêter le retour de son pays au sein du village africain, son nouveau royaume à lui tout seul. Pas un mot de compassion pour les morts civils de la semaine, pas de drapeaux en berne, pas de sanction immédiate des ministres pourtant responsables de ce gâchis national. Son dépité en chef a même refusé de se lever pour une minute de silence en leur mémoire à l’Assemblée nationale. Dur-dur d’être un martyr en Guinée depuis notre indépendance. A part Mbalia Camara en Février 1955 personne n’a eu cette reconnaissance officielle pour le moment.
  • Pour : comme chaque mois : R.A.S. (Rien A Signaler)…
  • Contre : la folie du nouveau titre est suivie comme prévu de nombreuses promesses farfelues et d’échecs prévisibles : il est persuadé de réussir à résoudre la crise libyenne en un an. Pourquoi pas ensuite celles du Burundi, de la RDC et même le conflit israélo-palestinien tant qu’on y est. Concernant la marche du 20, un journaliste local décrit bien la situation : « Contrairement aux émeutes passées les jeunes de l’autoroute ‘’Fidel Castro’’ sont plus chauds que ceux de ‘’Le Prince’’. De l’aéroport au rond-point de Gbessia, les jeunes, en très grand nombre, affrontent les forces de l’ordre composées de gendarmes et de policiers en leur lançant des pierres. Des tirs de sommation ont été entendus (10h35). Sur la chaussée, les policiers avec l’appui des gendarmes, essayent de dégager la route en y enlevant les barricades. Mais les jeunes massivement mobilisés n’en démordent pas. Par moment, ils arrivent à chasser les agents. Devant eux, ils lancent des slogans hostiles au président Alpha Condé ». Pauvre pays dirigé par un professeur de droit sorti de la Sorbonne mais qui tue des élèves et leurs parents parce qu’ils manifestent dans les rues pour réclamer la réouverture des salles de classes dans le contexte actuel de gabegie financière au sommet de l’Etat. C’est ça que moi j’appelle dans mes chroniques de l’anti-gouvernance ! Pour la rencontre avec les artistes nationaux une journaliste avisée (Jeanne Fofana) résume bien cette mamaya : « Au lieu de faire une déclaration responsable dans les médias, pour appeler au calme des jeunes et à la retenue des gendarmes, policiers et bérets rouges, tout en invitant les ministres du secteur éducatifs de prendre toutes les dispositions idoines pour la bonne reprise des cours, le Président rencontre les artistes et parle de tout et de rien. Alpha Condé prouve encore à suffisance jusqu’où les Guinéens tués comptent pour lui, comptent pour la République. C’est tout simplement une prime accordée à l’impunité. Une caution accordée à la vengeance et à l’atmosphère tendue entre forces de l’ordre et population. C’est manifestement une grosse erreur de casting du Président. Quitte à ajourner cette rencontre avec les artistes, le temps de soulager les familles endeuillées. Dans la plus grande impunité entretenue par le pouvoir en place. C’est manifestement écœurant de voir Alpha Condé et sa colonne d’artistes dont le choix laissait à désirer, en train de rire et d’alterner le français et la langue nationale soussou. Il est en réalité le premier à bafouer l’autorité de l’Etat. Qu’est ce qui lui coûtait de taper du poing sur la table pour faire diligenter des enquêtes sur la grève des 72 heures bien chaudes et soldées, on le sait par des morts d’hommes ? ».

Tic-tac, Tic-tac, la montre tourne; aujourd’hui est le 2260e jour de l’ancien « Guinea is back » et du nouveau « changement radical » – déjà 06 ans, 02 mois et 10 jours ! Aladji-Professeur-Président voici ma suggestion SMART (Spécifique, Mesurable, Atteignable, Réalisable et Temporellement définie) du mois pour améliorer un peu votre Sanseman : je vous conseille de bouger vite et intelligemment sinon 2017 sera encore pire que 2016 pour vous. Vous êtes passé à deux pas du sort de vos 2 meilleurs amis Blaise Compaoré et Yaya Jammeh si vos soldats avaient massacrés plus d’élèves dans les rues. Il y a deux dossiers brûlants devant vous : le 1e concerne la tentative de vouloir faire passer en camouflage une réduction du point indiciaire des pauvres enseignants alors que vous en êtes parait-il un. Ceci d’autant plus que vos miliciens en ont bénéficiés le mois précédent après quelques coups de mitraillettes en l’air (20% pour tous les militaires). Quelle erreur de gawa ! Le 2e dossier est celui des agents contractuels non recrutés car bien qu’il y ait des mensonges et des incompétents notoires parmi eux, les principaux responsables de ce gâchis sont les ministères chargés de la fonction publique et de l’éducation pré-universitaire où les seules règles en vigueur sont les arrangements ethnocentriques, les magouilles et l’impunité totale. Je dis bien les ministères, pas juste les ministres car ceux en dessous d’eux sont encore pires et gèrent en fait presque entièrement ce bordel organisé scientifiquement. Déjà vous avez fait un 1e pas en vidant les deux ministres principaux responsables de ce gâchis pourtant prévisible mais cela ne suffira et ne tiendra pas très longtemps pour sauver votre système de mal-gouvernance chronique. A force de se ficher de la tronche de tous en organisant des mamayas en milliards pour le 3e mandat, en voyageant tous les weekends en jets privés, en augmentant les salaires des vos soldats, la colère et l’envie de tout casser du petit peuple monte de plus en plus et elles sont maintenant prête à exploser à tout moment. Comme le dit si bien un de mes jeunes frères avisés (M. Saliou Wann) : « Vous (les élèves et étudiants du pays) voyez bien que les dirigeants de notre pays préfèrent vous sacrifier sur l’autel de leurs intérêts sordides. Faites en sorte qu’ils ne jouissent pas en toute tranquillité de leurs pillages. Organisez des protestations massives sur l’ensemble du pays. Obligez Alpha Condé à trouver des réponses urgentes à vos problèmes. Voyez vous, quelques tirs au camp Alfa Yaya ont suffi pour obtenir une augmentation de 20% du salaire des militaires, vous vous êtes capables de paralyser tout le pays pour obtenir gain de cause… C’est maintenant qu’il faut se battre pour un enseignement de qualité. Demandez à vos députés qu’ils vous disent combien nous coûtent les 4×4 et les tickets de carburant des dirigeants du pays, leurs groupes électrogènes, leurs voyages inutiles, ça vous édifiera sur votre bon droit de manifester pour vos études… Mobilisez vous, battez vous pour votre bien, jeunes de Guinée. Je suis révolté à votre place. N’ayez pas peur, les enfants des militaires, des gendarmes et des policiers sont parmi vous, victimes comme vous de l’oligarchie corrompue et incompétente qui met en péril le présent et l’avenir de notre pays… Il n’a donc pas le droit de traiter par le mépris la revendication légitime des élèves en fermant les écoles, tout en distribuant des milliards pour sa gloire dans la région de Kankan. Et sitôt rentré à Conakry, il reprend son jet privé (son confort personnel nous coûte très cher) pour continuer son tour du monde, loin de vos problèmes. Organisez de puissantes manifestations sur toute la Guinée pour qu’il descende sur terre pour s’occuper de vos problèmes. ». Mignan, tu as tout dis à cette jeunesse en péril et en perdition, Walahi !

 

28 Février 2017

Posted in 2017 | 1 Comment