Une Nouvelle Voie (Mars 2019) : « vous n’êtes pas des étrangers ? Alors je vais raser vos maisons et il n’y aura pas d’état d’âme »

Bienvenue à mon bilan du 39e mois de la Condécratie version 2.0. Je continue mon exploration mensuelle des méandres des décisions importantes pour la Nation prises par nos nouveaux chefs en proposant des pistes de réflexions et d’actions qui pourraient être envisagées pour que le « vrai changement » soit effectif.

  1. Echantillon de paroles et pensées présidentielles du mois:
  • « Les gens vont jusqu’à construire sur la mangrove. Et lorsque j’ai cassé les maisons dans la forêt les gens ont commencé à crier. Mais un mois après il y a eu mille morts à Freetown. Et on a repêché des corps jusqu’au port de Conakry. Parce que l’indiscipline les emmène à construire là où il y a les marécages. Or on sait très bien que si vous construisez là, en saison des pluies la maison va partir. La deuxième République a dégagé Kaporo-rails à 60%. Il restait un peu. Mais là aussi les gens sont venus occuper de nouveau et de façon illégale. Il n’y aura pas d’état d’âme pour tous ceux qui occuperont les domaines de l’État. Et toute autorité qui revendra un domaine de l’état sera sanctionnée et on récupérera… Désormais personne ne verra l’espèce. Jusqu’à 10 millions ça sera par monnaie électronique. Au-delà de 10 millions par virement bancaire. Parce que la Guinée a la spécialité, même les chèques barrés n’ont pas de valeur. Mon cher frère de la Banque mondiale, même les chèques barrés on annule. Ensuite désormais celui qui ne paie pas les impôts ne peut pas importer. L’autre faiblesse de l’Etat c’est la lenteur, la bureaucratie. Ce qu’on doit faire en deux ou trois jours, en Guinée, on fait une semaine ou un mois pour le faire… Parfois il arrive même qu’il n’y ait pas une certaine liaison directe entre les impôts, le trésor et la banque centrale alors que nous sommes à l’ère de l’informatisation. Voilà tout un ensemble de cas au niveau de l’état qui freinent notre développement économique. Au niveau du privé la première chose c’est qu’il n’y a pas de privé en Guinée. Vous avez au moins trois structures patronales. Et plus souvent ce ne sont pas des industriels. C’est le secteur du commerce qui se réunit. Deuxième faiblesse, les hommes d’affaires ne savent pas présenter des dossiers bancables. Or ce n’est pas l’argent qui manque… Pendant longtemps le secteur privé guinéen a été dominé par le commerce, c’est plus facile, d’autant plus que quand des conteneurs venaient c’est écrit dessus PRG (présidence de la république de Guinée) ou AG (armée Guinée) ; donc on ne payait ni douane ni taxe et rien d’autre. Voilà comment beaucoup de personnes se sont enrichies dans la facilité parce que même le dernier des imbéciles il deviendra milliardaire dans ce cas » (le 02, lors d’une mamaya de séminaire sur le partenariat public – privé, parlant du déguerpissement inhumain et violent des habitants de Kaporo Rails).
  • « Vous avez fait des réunions mais monsieur le ministre est-ce qu’il n’était pas plus correct de me transmettre ce document pour que j’en prenne connaissance avant que je ne vienne ici ? Comment vous allez me donner un document ici alors qu’il y a un certain nombre de choses auxquelles on doit répondre y compris des choses que je trouve inexactes ? Nous avons donc décidé désormais qu’il y ait un compte à la banque centrale où systématiquement l’argent de la TVA sera versé parce que c’est l’argent que l’état utilise indûment. Et c’est ce qui fait qu’aujourd’hui nos recettes minières sont faibles » (le 02, lors d’un diner de travail initié par le ministère du budget suite à un discours mamayique de celui-ci qui essayait de le convaincre qu’il était entrain de sauver le pays de l’abîme).
  • « Je préviens les commerçants, nous allons envoyer des inspecteurs dans tous les marchés du pays. Tout commerçant qui sera pris en train de vendre des pagnes de contrefaçon sera arrêté, emprisonnés et verra ses biens saisis. Nous ne voulons pas que le travail de nos femmes qui se battent sous la pluie et le soleil pour fabriquer des pagnes indigo soit écrasé par des gens qui importent des pagnes indigo. Tout pagne qui sera une imitation des pagnes de Guinée, le commerçant non seulement ses biens seront saisis, il sera aussi condamné. Cela doit être très clair » (le 08, lors de la journée de la femme Guinéenne sous le thème ‘3e mandat et plus pour notre sauveur PPAC’).
  • «  Il n’y avait pas d’entreprises, nous étions un pays qui importait tout. Nous avions une seule usine de ciment qui produisait aussi du ciment de mauvaise qualité. Donc nous n’avions pas l’esprit entrepreneurial. Le premier régime était un régime de captage, c’est-à-dire que c’est quelques personnes qui captaient l’économie et qui s’enrichissaient au dos de la population. Donc il fallait créer cet esprit au niveau des hommes d’affaires pour qu’ils acceptent de prendre des risques afin de créer des entreprises. Dieu merci nous avons commencé à avancer » (le 12, lors du lancement de la 1e édition du salon des entrepreneurs de Guinée, SADEN).
  • « Il faut absolument régler le problème des déchets  pour que Conakry soit une ville propre. Nous sommes heureux que la société Albarak (famille Erdogan deTurquie) nous ait envoyé des bacs à ordures. On aura donc des bacs à ordures modernes dans tous les quartiers. On va bien les protéger pour que personnes  ne jette des saletés dehors. Tout le monde devra mettre là-dedans. Toute personne qui jettera des saletés dehors sera punie par une amende. Quand on va mettre des bacs à ordures partout chacun devra mettre les saletés là-dedans pour que les camions viennent ramasser pour que d’ici la fin de l’année Conakry soit  une ville totalement propre » Le 19, en réceptionnant des camions-poubelles offerts par la famille Erdogan, en échange du contrôle exclusif de notre port autonome par cette mafia turque).
  • « J’ai été président de la FEANF, si je dois venir quelque part mais les gens peuvent faire la pagaille et insulter, je m’en fous. Pourquoi je vais avoir peur de la contestation ? Moi je suis président, si je dois aller quelque part les gens n’ont qu’à menacer, insulter et faire de la pagaille, moi j’en fous. J’irai dans toutes les universités pour organiser des débats avec les étudiants. Ceux qui pensent qu’ils peuvent m’effrayer avec des pancartes  de ‘à bas ceci ou cela’, ils se trompent, moi je n‘ai pas peur de la contestation » (Le 22, lors de la réception d’un doctorat honoris causa d’une université de Conakry).
  • « Je suis venu vous dire  je laisse mon manteau de président de côté. Je prends mon manteau de militant car maintenant je suis prêt à la bataille contre ces gens qui veulent nous distraire (rire hystérique). Nous n’allons plus permettre que des gens prennent le peuple en otage par des mensonges. Je suis très calme c’est pourquoi je laisse les gens s’agiter mais ils ne trompent personne. La grève des enseignants l’année dernière il y avait quelque chose derrière. C’était des gens qui pensaient qu’ils peuvent renverser le gouvernement en s’appuyant sur certains militaires. En tête SANOH (Abdourahmane) de la PCUD (plate-forme des citoyens unis pour le développement), un petit bandit comme ça-là qui exploite ses travailleurs et qui ne les payent pas. Et qui après n’a pas honte de m’écrire ‘président pardon aide-moi’. Voilà quelqu’un qui se présente comme combattant et qui, dès qu’il y a un petit problème, court pour demander pardon. On dit chez nous plus le singe monte  plus on voit son derrière. Il faut éviter en Guinée que le débat soit politico-politicien. Si les gens sont prêts pour le débat politique soyez prêts et s’ils sont prêts pour l’affrontement soyez prêts aussi, c’est cela la réalité. Quand tu danses avec un aveugle il faut le piétiner qu’il sache qu’il n’est seul sur la piste. Si tu organises une manifestation, s’il y a casse c’est toi qui va payer.  Ne vous laissez pas intimider. On va vous donner les arguments qu’il faut pour organiser les débats et que les masques tombent. Y en marre de ces politiciens corrompus. Maintenant ce n’est pas le président de la république qui sort, c’est le militant. Je suis prêt à la bataille politique. Est-ce que vous êtes prêts ? Alors, ne craignez personne. N’ayez peur de personne, pas de violences, pas d’injures, c’est le débat démocratique. Personne en Guinée ne m’empêchera d’aller devant le peuple pour lui demander ce qu’il veut et faire sa volonté. Le temps du silence est fini. S’ils sont sûrs d’eux on n’a qu’à aller devant le peuple, il va trancher, c’est lui qui dira ce qu’il veut. N’insultez aucun leader politique, ne faites pas de violences mais n’acceptez pas non plus qu’on vous marche sur les pieds.  Si c’est le débat politique soyez prêts, si c’est pour vous marcher sur les pieds soyez prêts à marcher sur leurs pieds pour qu’ils sachent que vous n’avez peur de rien. Désormais, je serai à votre siège comme un simple militant et nous ferons face à ces nains politiques. Des voleurs, des bandits qui se présentent comme leaders du peuple. Quand je viens ici  désormais, ça ne sera plus le président de la République, ça sera Alpha Condé militant. Le débat est libre. Je n’ai jamais  insulté un président de la république. Quiconque m’insulte sera arrêté le même  jour par le procureur de la république. Désormais quand ils vont m’envoyer des SMS je vais renvoyer à tout le monde… Nous allons renforcer  des PA (point armé) dans tous les quartiers où les gens veulent faire la pagaille. Plus de violence ni du côté de la mouvance ni de l’opposition. Si c’est la mouvance on matera et si c’est l’opposition on matera aussi. Qu’il soit clair pour tout le monde » (le 24, lors d’une mamaya au siège de son parti inique RPCé).
  • Pour : au moins cette fois-ci il a rompu son silence hypocrite. Il n’arrive plus à dissimuler le fond de sa pensée de pouvoir à vie. Il rêve effectivement toutes les nuits de ses nouveaux 1e et 2e mandats basés sur une nouvelle constitution car la modification de la précédente est quasi-impossible à faire gober à ses mentors français et même à nos moutons locaux. Et moi, le naïf incorrigible depuis le siècle dernier, je lui donnais jusqu’à ce jour le bénéfice du doute sur sa participation active à ce complot mais je dois conclure qu’il n’y a effectivement rien de positif à attendre de papy-promesses.
  • Contre : c’est vraiment sidérant qu’un grand économiste et juriste de la Sorbonne et Science Po (universités de la ville de Baro ?) ne sache pas que pour lutter efficacement contre les copies et contrefaçons on ne menace pas les petits commerçants qui sont partout dans le monde prêts à tout pour se faire un franc. C’est pour cela qu’ont été créés des brevets intellectuels, des patentes et autres « appellations d’origine contrôlée » car ensuite on peut trainer en justice tous ceux qui y contreviennent. Mais j’oubliais – il n’y a pas de justice chez nous ! C’est à se demander ce qu’il y a de pire pour un pays, un boss entre cadavéré comme Bouteflika qui ne peut plus articuler une phrase ou notre PPAC qui ne sait plus faire le tri entre ce qui se dit en public ou non.
  1. Les décisions et actions « positives » du mois :
  • Le 08, une grande fête des mamayeuses habituelles du 3e mandat est perturbée et ridiculisée sur l’esplanade du palais du peuple par une bande joyeuse de jeunes filles et garçons avec des slogans hurlés et des pancartes disant ‘Non au 3e mandat’ et ’2 mandats merci mais ça suffit’. Vive les sursauts sporadiques de la société civile désorganisée.
  • Le 14, un autre groupe de jeunes de la société civile (peu être les mêmes ?), dignes héritiers de ceux qui avaient réussi à presque renverser Lansana Conté, font une nouvelle fois honneur aux patriotes nationaux. Une nouvelle mamaya gigantesque est organisée dans la grande salle interne du crime précédant par les mêmes petits courtisans affamés en service commandé d’en haut pour réclamer des sous pour exiger (verbalement) une nouvelle constitution, la nouvelle astuce pour réclamer en fait un 3e Ces jeunes se sont levés comme un seul homme en pleine réunion politi-chienne avec des pancartes disant ‘Non à un 3e mandat’ et en criant leur désapprobation et leur rage dans tous les micros qui trainaient dans le coin. Pris au dépourvu et paniqués les mamayeurs qui de toutes façons avaient déjà empoché leur ‘motivation financière’ pour venir chanter et danser ont filé immédiatement à l’anglaise en évitant particulièrement les journalistes présents.
  • Le 16, la résistance pacifique de la société civile contre le 3e mandat se fait encore plus visible. Cette fois-ci c’est rebelote à Kankan. Le site Kababachir.com (Cheick Bérété) nous faire revivre cette autre déculottée des RPCistes affamés qui sont prêts à tout pour obtenir leur part des fonds inépuisables pour les soutiens au 3e mandat : « Une manifestation de soutien des femmes favorables à un éventuel troisième mandat du chef de l’état s’est tenue dans l’enceinte de la maison des jeunes de Kankan en présence des autorités locales. Mais elle a été boycottée par un groupe de jeunes opposés à ce projet. Ces femmes issues des différentes sections du RPG ainsi des groupements féminins de la place se sont réunies sous la coordination de la nouvelle inspectrice régionale de l’action sociale, de la promotion féminine et de l’enfance Mme Aminata Bérété. L’objectif était pour elles de se regrouper, ensuite marcher à travers la ville pour signifier leur adhésion totale à cet hypothétique projet de troisième mandat du président de la république. Finalement les choses ne se sont pas déroulées comme elles avaient souhaité parce qu’un groupe de jeunes issus du parti PEDN sans être invité s’est incrusté dans la danse. Ces jeunes au nombre de sept brandissaient une pancarte et scandaient « Non au troisième mandat ». C’est ainsi que les autorités auraient donné l’ordre de les arrêter. Six se seraient enfuis tandis qu’un fut arrêté ». Pourvu que ça dure et que ces gosses ne soient pas bastonnés sauvagement par les faucons de service pour leurs ‘idées révisionnistes’.
  • Le 20, on nous annonce que le démagogues mamayeur accessoirement ambassadeur de la fédération de Russie en Guinée (Alexandre Bregadzé) est rappelé à Moscou. Il n’y a que très peu de doutes que ce soit (entre autres) en raison de sa sortie qui avait suscité des chuchotements locaux au mois de janvier dernier mais surtout des protestations véhémentes des autres diplomates étrangers devant leurs supérieurs qui ont dû transmettre le message à son chef. Lors d’une cérémonie de présentation des vœux de nouvel an au chef de l’état, ce bouffon de palais de la fédération de Russie avait en effet soutenu qu’une révision constitutionnelle était bien possible en Guinée, en rappelant de passage que la constitution n’est pas un dogme ou encore un livre saint. Ses collègues de l’ambassade ont beau s’égosiller depuis dans la presse locale pour dire qu’il n’y avait aucun lien avec son rappel il est clair que son excès de zèle ne pouvait plaire nulle part, même auprès de ses chefs du ministère des affaires étrangères. Allez Ouste et bon débarras.
  • Pour : concernant les nombreux coups de force des jeunes de la société civile nous voyons enfin revenir sur la scène politique la seule véritable force sociale du pays (les jeunes) qui pourrait combattre efficacement toute tentative de tripatouillage constitutionnel. Un bel exemple nous est montré tous les jours de ce mois en Algérie.
  • Contre : hélas comme ces jeunes patriotes sont tellement pauvres sur tous les plans (la formation de base, l’organisation de leur combat, le soutien technique, politique et les ressources pour leur lutte), comme en 2007 leur récupération sera quasi-inévitable par les autres structures mieux organisées mais totalement pourries de la société civile et des syndicats qui auront une nouvelle fois le dernier mot. Prions qu’ils puissent tenir compte de toutes les leçons passées en particulier 2006-2007 pour mieux s’organiser dans cette lutte.
  1. Les décisions et actions « négatives » du mois :
  • Le 04, les promesses farfelues des ministrons du Sanseman se poursuivent : lors de son passage devant la presse (comme pour tous ses collègues depuis le depuis de l’année pour vanter les réussites extraordinaires de l’Homme-Etat), le ministre de la jeunesse frappe fort. Il lance dans une de ses envolées : « Le projet présidentiel ‘un tailleur-une machine à coudre’ prend corps. Il y a une centaine de machines modernes qui ont été importées. Un centre a été aménagé pour l’occasion dans l’enceinte de la maison des jeunes à Taouyah et c’est du concret ». Lors du passage prochain de la ministre des affaires sociales je ne serais pas étonné qu’elle nous annonce le démarrage prochain du programme ‘Un Guinéen – une femme » qui sera suivi de ‘Un Guinéen – 2 femmes’ et ainsi de suite jusqu’à 4 femmes puisque c’est ce que souhaite la majorité des dépités nationaux.
  • Le 04, le ministre-casseur de la ville et de la désurbanisation (A. Kourouma), encouragé par les propos belliqueux et pleins de haine de son chef pointe officiellement les prochains quartiers-cibles à démolir très bientôt par ses bulldozers. Le site Africaguinee.com (Oumar Bady Diallo) résume bien ce nouveau fait d’arme du ministron : « Ce lundi 4 mars 2019 plusieurs habitants d’une des zones de la cité Soloprimo (Koloma/Kaporo rails) ont été surpris par des agents de l’habitat qui sont venus mettre des croix sur leurs habitations. Accompagnés des éléments des forces de l’ordre ces émissaires ont mis des croix rouges sur plusieures maisons, signe qu’elles sont les prochaines cibles des autorités. Le chagrin mêlé au sentiment d’injustice était à son comble. Larmes aux yeux, les occupants ont assisté impuissants à cette scène presque insupportable. Certains habitants soutiennent que cette zone n’avait pas été touchée en 1998. D’où leur surprise. D’autres cherchent déjà à sauver certains biens avant l’arrivée des bulldozers ». Et oui, c’est facile d’écraser les économies des vies de labeur des pauvres et faibles avec des bulldozers et encore plus facile de laisser ces terrains récupérés pour « usage public » en montagnes de ruines pendant plus de 20 ans, comme cela avait été le cas pour le quartier de Kaporo Rails en début 1998. Si seulement on pouvait voir une liste indépendante des propriétés luxueuses construites sur des domaines publics de l’état par tous ceux qui sont derrière cette méchanceté gratuite je suis sur qu’ils en auraient honte en public, si c’est encore possible pour ces gens-là.
  • Le 05, l’humanité de notre prési est de nouveau étalée sur la place publique : alors que les déguerpis de Kaporo-rails dorment sur leurs gravats ou dans les mosquées voisines après la démolition de leurs maisons le boss vole au secours de déplacés sierra-léonais refugiés chez nous dans la préfecture de Forécariah suite à des conflits communautaires internes chez eux,
  • Le 12, les bulldozers du ministre de la ville foncent maintenant sur le quartier Kipé 2, comme 2 semaines auparavant dans le quartier voisin de Kaporo-rails, sous les pleurs et cris de femmes et d’enfants et les bras en l’air de chefs de familles désemparés. Un jour les noms des faucons haineux du RPG qui tirent les ficelles derrière ces actes inhumains seront jetés sur la place publique – c’est toujours le cas partout dans le monde. Mais bon, ceux de Kaporo-rails en 1998 se la coulent douce aujourd’hui donc finalement ils n’auront pas trop à craindre chez nous.
  • Le 20, l’ONG ‘Balai Citoyen’ publie la liste des ministres du gouvernement actuel qui n’ont toujours pas fourni leur déclaration de biens depuis leur prise de fonction bien que cela soit une exigence de l’article 36 de notre constitution. Ils sont 12 sur 36 (33%) qui trainent les pieds et pas les moindres : le ministre d’état chargé des affaires présidentielles et ministre de la défense nationale (le vice-calife Iznogoud) ; le ministre de la santé (le vieux périmé et malade) ; le ministre de l’administration du territoire et de la décentralisation (le faucon en chef) ; le ministre des affaires étrangères et des guinéens de l’étranger (qui déteste les critiques) ; la ministre du plan et du développement économique (pourtant elle nous arrive directement de la BAD et de la BM !) ; le ministre des travaux publics (mister buzz médiatique) ; le ministre des sports, de la culture et du patrimoine historique (le roquet du chef) ; la ministre de l’action sociale, de la promotion féminine et de l’enfance (la funambule de la bande) ; le ministre de l’éducation nationale et de l’alphabétisation (le dernier de la classe) ; la ministre de l’agriculture (wanted in Belgium) ; le ministre de l’environnement (un coq sur son tas) et le secrétaire général en charge des Affaires Religieuses (Allah Akoubar !). Bref une belle brochette parmi ceux qui gèrent directement les bonnes et grosses magouilles financières de l’état. Une autre liste des bons élèves est divulguée quelques jours après, parmi lesquels le PPAC et ses PM, mais on verra bien combien il en restera parce qu’ils devront le faire également à leurs départs après plusieures années de bons et loyaux services personnels pour leurs poches. Avec une telle bande de leaders pas étonnant que nous en soyons encore là après 09 ans de Sanseman.
  • Le 21, nous apprenons que le groupe familial Albayrak/Erdogan met en œuvre avec empressement son contrat d’exclusivité signé le 10 août dernier pour une concession pour la gestion du port autonome de Conakry. Les hauts responsables de ce groupe sont en Guinée pour les derniers réglages. Bien sur tout ce pognon c’est pour le boss et sa nébuleuse. Pour nous autres ils sont venus avec une trentaine de camions poubelles et camions balayeurs recyclés (regardez les jantes des roues) proprement repeints en jaune et blanc, ainsi que des bacs métalliques à ordures, pour nous aider à dégager les ordures devant nos maisons. Ça pour toute la ville de Conakry qui compte environ 2 millions d’habitants ! Mais c’est néanmoins un petit bénéfice réel pour les gens-d’en-bas dans ce deal digne de la mafia napolitaine, championne de la gestion des ordures urbaines.
  • Le 26, Lansana Camara, directeur de publication de Conakrylive.info et correspondant en Guinée du journal Chine-Nouvelle est convoqué à la direction centrale de la police judiciaire (DPJ) pour ‘’diffamation par voie de presse’’ suite à une plainte du ministre des affaires étrangères et des Guinéens de l’étranger. Il y est longuement auditionné puis présenté à un juge qui le place immédiatement sous mandat de dépôt. Il lui est reproché un article de presse faisant état d’un présumé détournement de deux milliards de FG dans la gestion du carburant affecté au département. Or comme le rappelle justement le journaliste Amadou Tham Camara, le président de l’AGUIPEL (association de la presse en ligne) : « Il s’agit d’un délit de presse. Et on le sait tous que le délit de presse est dépénalisé. La sanction ce n’est pas une privation de la liberté, c’est une sanction financière. En aucun cas un journaliste ne doit aller en prison pour ce genre de délits-là. C’est une violation grave sur la liberté de la presse et même de la constitution guinéenne. Et ceci est d’autant plus inquiétant maintenant que chaque fois que c’est un ministre qui est mis en cause le journaliste va systématiquement en prison, ça n’arrive pas avec les autres citoyens. Le délit de presse chaque fois que c’est un ministre de la république il y a du zèle, il y a privation de liberté pour le journaliste. Nous condamnons avec la plus grande fermeté et nous ne nous laisserons pas faire », Impossible de ne pas voir dans les nombreux cas similaires récents (4 en 2 mois) une manière d’intimider les journalistes pour les effrayer et leur clouer le bac. La « paranoïa du 3e mandat » et la terreur qu’il faut imposer à toute la presse privée pour l’obtenir est bien en marche.
  • Le 31, les forces de sécurité ont interpellé lors d’un meeting dimanche à Coyah trois personnes qui étaient munies d’une banderole pour afficher leur opposition à un 3e mandat pour le président de la république. Selon le site visionguinee.info (Ciré Bah) « Mohamed Conté, Abdoulaye Sylla et Djibril Kanny Bangoura ont été appréhendés par les services de maintien de l’ordre et conduits au commissariat central de Coyah ». Depuis aucune précision sur leur sort après la bastonnade/humiliation sauvage de rigueur à l’arrivée. Nous sommes prévenus : « Non au 3e = Prison directe ». Et ils nous bassinent ensuite de referendum transparent pour déterminer le libre-choix du ‘peuple ».
  • Pour : comme chaque mois, R.A.S…
  • Contre : concernant la destruction de la cité Kipé 2 le site Guineenews.org (Alhassane Bah) décrit pathétiquement ce désastre : « Après Kaporo Rails, Kipé 2 tombe. Ce mardi 12 mars 2019, les maisons s’écroulent les unes après les autres dans ce quartier de la commune de Ratoma sous le regard impuissant de leurs occupants. Garages, gargotes, boutiques, ont été rasés par les Caterpillar du génie militaire. Des lits, chaises, des fauteuils, des valises, des congélateurs, des habits attachés dans des pagnes sont posés çà et là. Pendant que le Caterpillar démolit la maison des jeunes cherchent à arracher le portail de la cour, d’autres s’occupent à charger les affaires dans une camionnette. Des curieux, des garagistes, ou même des propriétaires des maisons en démolition observent la scène de destruction de leurs biens, des économies amassées des années durant s’écroulent en un rien de temps. Ils n’ont que leurs yeux pour pleurer. Après Kaporo Rails, Kipé 2 tombe. Récemment ces habitants de Kipé 2 avaient porté plainte au tribunal de Dixinn afin que la justice annule la décision de déguerpissement de la zone qu’ils jugent illégale. Malheureusement pour eux ils ont perdu cette ultime bataille judiciaire et se sont vus condamnés par la justice au paiement de 500 millions GNF à l’état ». Pour le projet de vente de notre port de Conakry d’après le journal Jeune Afrique «  « Le contrat d’une durée de vingt-cinq ans avec le conglomérat turc Albayrak pour la gestion de la partie conventionnelle du port autonome de Conakry concerne les marchandises qui ne sont pas mises en conteneurs. En contrepartie de cet accord conclu de gré à gré avec les autorités guinéennes, l’entreprise turque s’est engagée à investir 200 millions de dollars (173 millions d’euros) sur deux ans et 500 millions de dollars à terme ».

Tic-tac, Tic-tac, la montre tourne ; aujourd’hui est le 3021e jour de l’ancien « Guinea is back » et du nouveau « changement radical » – déjà 08 ans, 03 mois et 10 jours ! Aladji-Professeur-Président voici ma suggestion SMART (Spécifique, Mesurable, Atteignable, Réalisable et Temporellement définie) du mois pour améliorer un peu votre Sanseman : cher pro-fesseur je commence d’abord par vous dire à quel point je suis encore plus déçu de votre gouvernance chaque fois que je repense à ce que vivent certains de vos compatriotes depuis que vous avez lancé vos molosses métalliques sur  les quartiers de Kaporo-rails et Kipé 2. On pourrait comprendre pour les gargotes, garages d’autos, petites échoppes d’artisans et cimetières de ferrailles rouillées qui constituent la majorité de ces quartiers. Mais des habitations où vivent des familles entières depuis des décennies ? Pire, le 02 du mois vous vous en êtes vanté de cela et avez juré de faire encore plus très bientôt, sans un seul mot de compassion pour ces familles dans la rue ce qui prouve surtout que personne de vos proches n’a été touché par cette catastrophe humaine. Prési, vous devez des excuses publiques à ces familles et à nous tous pour cela. Et on ne veut pas celles de votre ministron excité et ridicule devant la presse qui n’est rien d’autre que le haut-parleur grésillant de son maitre. Personne de sensé et sans intérêt personnel affirme en fait que l’état a tort de vouloir récupérer ses domaines publics mais le faire avec une telle vengeance et inhumanité ne vous fait certainement pas honneur. Où sont les premiers signes de démarrage de vos promesses de projets immobiliers pour nous montrer ‘l’utilité publique’ de cette démarche ? On fait comme par le passé à Kaporo-rails en début 1998 : on casse tout sauvagement et depuis il n’y a que 3 immeubles sortis du sol dans le quartier: l’ambassade des USA construite sur ses propres fonds, la RTG cadeau 100% gratuit de la Chine et les tours jumelles d’un mafieux chinois construites avec l’argent de la revente criminelle de nos derniers massifs forestiers par la frontière ivoirienne. Pour juste cela devait-on raser kaporo-Rails il y a plus de 20 ans ? Je reviens tout juste de Lomé. Entre Lomé I (la vieille ville) et Lomé II (la nouvelle avec des immeubles administratifs et privés et des chantiers impressionnants) il y a aussi un domaine public de l’état togolais. Certes les petits ferrailleurs, garagistes et gargotiers envahissent toujours les coins pareils au bout de 3-4 ans sans aucune action gouvernementale et c’est compréhensible même si c’est illégal vu les petits commerces informels de proximité dont vivent leurs familles et leurs clients qui n’ont nulle part d’autre où aller pour des services de base. Mais non seulement il y a des plaques de l’état pour le leur rappeler mais en plus des inspecteurs qui  sillonnent la zone régulièrement. Et chaque fois que l’état a un plan précis pour construire une nouvelle parcelle ils sont déguerpis immédiatement sans contestation et sans bruit – en quoi est-ce impossible chez nous ? Le constat final pour moi est clair : certains de nos dirigeants sont heureux et fiers de nous prouver leur toute puissance en créant nos propres réfugiés autour de leurs belles villas qui sont elles aussi souvent construites sur des parcelles de l’état. Et chaque dernier samedi du mois ils portent des gilets jaunes pour nettoyer les gravas qu’ils ont rajouté à nos poubelles urbaines au cours du mois. Sacrée Guinée, alors qu’en France les gilets jaunes sont le symbole des ‘vrais gens’ qui veulent nettoyer la pourriture du pouvoir, chez nous c’est le pouvoir qui se pavane en gilets jaunes pour nettoyer la pourriture des ‘vrais gens’.

Mais le pire c’est ce que vous avez fait quelques jours après. Le site Visionguinee.info (Boussouriou Domba) nous donne les détails : « C’est le ministre de l’administration du territoire et de la décentralisation le général Bouréma Condé qui s’est rendu en personne le mardi 5 mars à Kaleyiré, une localité frontalière relevant de la sous-préfecture de Benty. Au nom du chef de l’état et du gouvernement selon la cellule de communication de son département il y a apporté des vivres et de l’argent aux déplacés sierra-léonais qui ont trouvé refuge suite à un conflit opposant deux villages autour de la construction d’un centre de santé. La cellule de communication de préciser que depuis le 26 février 2019, suite à un différend entre les villages sierra-léonais de Mapotolon et de Menkia autour de la construction d’un centre de santé la localité guinéenne de Kaleyiré a reçu 983 déplacés venus de l’autre côté de la frontière. Parmi eux il y a 308 femmes et de nombreux enfants. Une situation qui ne peut laissé indifférentes les autorités guinéennes précise le communiqué rendu public ce mercredi 06 mars. C’est sur instruction du président de la république Alpha Condé et du premier ministre Kassory Fofana que le général Bouréma Condé, à la tête d’une délégation s’est ainsi rendu sur les lieux pour, dit-on, apporter le soutien moral et matériel de la Guinée aux déplacés sierra-léonais. Au total 20 tonnes de riz et la somme de 30 millions de francs guinéens ont été présentés au nom du chef de l’état et de son gouvernement. Il était aussi question pour la délégation conduite par le général Condé d’échanger avec les autorités sierra-léonaises sur les dispositions pratiques à prendre pour que ces derniers regagnent dans les meilleurs délais leurs villages respectifs ». Les réfugiés du Liberia et de la Sierra Leone sont maintenant mieux traités que leurs égaux Guinéens dans leur propre pays ! Pour vous ‘ce qui est bon pour voisin n’est pas bon pour parent’ ? c’est bien dommage et pitoyable d’oser faire ces 2 actions à moins d’une semaine d’intervalle. Votre humanisme bizarre ne sera jamais oublié dans notre pays. Et dire qu’un jeune commerçant, tout en reconnaissant le droit de l’état à récupérer ses terrains, néanmoins par compassion humaine naturelle pour ces familles démunies jetées à la rue, a offert des petites parcelles individuelles à chaque famille sur ses terres personnelles dans la préfecture limitrophe de Coyah afin d’y rebâtir leurs foyers et même pour cela, surement sous vos ordres vos sbires lui mettent des bâtons dans les roues pour l’empêcher de le faire ! Pourquoi n’y avez-vous pas pensé au moins pour ceux qui détenaient des papiers officiels même magouillés par vos fonctionnaires à tous les niveaux de votre administration de rapaces ? Et dire que certains veulent vous aider à nous offrir 5 années de plus de tout ça ! Vraiment les pires ennemis des Guineens-d’en-bas ce sont les Guineens-d’en-haut.

Boss, j’appréhende déjà votre discours de vœux annuels de fin 2020, le soir du 31 décembre 2019. Votre bilan social sera encore une fois plus triste que les précédents. Alors que Macky Sall parlera chez lui de construction de trains régionaux et de nouvelles habitations de type social pour les plus démunis, Ouattara chez lui parlera de démarrage de la couverture médicale universelle (CMU), de construction de nouveaux hôpitaux et autoroutes. Pour vous on pourra retenir le nombre impressionnant de maisons de pauvres rasées et de quartiers ressemblant comme deux gouttes d’eau aux villes d’Alep et Baghouz en Syrie. Prési, je ne peux vous quitter ce mois-ci sans vous dire que je prie tous les soirs le Bon Dieu pour qu’il nous débarrasse enfin du « Système G » (Guinée) qui pourrit la vie des Guinéens depuis plus de 60 ans. Ce système qui représente toute la laideur du pouvoir en Guinée et qui est fait de corruption, délinquance généralisée pour chacun qui broute sans retenue à l’image de tous ses supérieurs là où il est attaché, népotisme, injustice, impunité des puissants, écrasement de tous les autres, absence de travail et de solidarité, gargarisassions démagogiques, pédanteries comiques, hypocrisie communautaire et courtisanerie sociale. En dehors de vous et des mafiosis du ‘System G’ il n’y a plus que des morts-vivants dans notre pays, Walahi !

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Publié dans 2019 | Laisser un commentaire

Une Nouvelle Voie (Février 2019) : « entrainement électoral à Matoto avant la présidentielle – ça crie, ça menace mais finalement ça passe-Net – comme en 2020 ? »

Bienvenue à mon bilan du 38e mois de la Condécratie version 2.0. Je continue mon exploration mensuelle des méandres des décisions importantes pour la Nation prises par nos nouveaux chefs en proposant des pistes de réflexions et d’actions qui pourraient être envisagées pour que le « vrai changement » soit effectif.

  1. Echantillon de paroles et pensées présidentielles du mois:
  • « C’était clair pendant la première république la terre appartenait à l’état. Mais aujourd’hui nous sommes dans une  situation totalement ubuesque : on ne sait plus à qui appartient la terre. Il est nécessaire que nous ayons une nouvelle réforme foncière. Comment voulez-vous que les gens viennent construire, après vous vous dites que la terre appartient à vos grand-pères. Aucun préfet n’a le droit de faire un bail a plus forte raison vendre un terrain. Nous avons constaté que certains préfets et maires ont vendu les terres de l’état.  Nous sommes en train de mener les enquêtes, tout terrain vendu de façon illégale sera repris par le gouvernement sans indemnisation. Par contre si le terrain est vendu légalement par un fonctionnaire nous allons procéder à l’indemnisation et poursuivre en justice le fonctionnaire qui a vendu le terrain. Les gens se battent pour être maires en pensant qu’ils vont vendre les terrains et s’enrichir, ce n’est pas possible. Quiconque vend un terrain sera poursuivi sans aucun état d’âme. Vos élections à la tête des exécutifs communaux confirment à tous les niveaux que le choix du peuple de Guinée repose substantiellement sur les fondements et des principes démocratiques. Ce ne sont pas les ONG et des individus qui sont les porte-paroles du peuple alors que personne ne les a élus, ils ne représentent qu’eux-mêmes. Evidemment l’évolution du monde est en train de nous donner raison. Ceux qui soutenaient ces ONG qui ne présentent rien sont en train d’être confrontés au même problème chez eux. Sans compromission j’ai consacré tout mon  temps à défendre les vertus cardinales pour que les fils et filles de Guinée puissent exercer leur droit et se sentir égaux dans la jouissance des normes consacrées par notre constitution. La mauvaise gouvernance n’est pas seulement au niveau central mais aussi dans les décentralisations. Combien de responsables locaux ont détourné les ristournes minières ? L’incompréhension sociopolitique durant ces dernières années ponctuée dans une période de deux ans de maladie à virus Ebola m’ont empêché d’apporter des réponses adéquates aux demandes sans cesse et croissantes des populations… Dès que tu lui donnes un petit pouvoir le Guinéen pense qu’il est au-dessus de tout le monde. Pourtant ‘Quand tu t’élèves, Dieu t’abaisse. Quand tu t’abaisses, Dieu te relève’. Nous sommes des musulmans mais très souvent nous oublions cela. On doit être modestes, simples, accessibles et être à la disposition de la population. Si les autorités ne sont pas accessibles comment pourront-elles connaitre les préoccupations des populations ? Nous, notre rôle sera de chercher des moyens pour répondre aux attentes des populations » (le 14, devant les nouveaux élus locaux lors de l’ouverture des états généraux de la décentralisation et du développement local).
  • « Les Guinéennes sont belles. Je veux qu’elles restent belles. Comme le fonio est très difficile à travailler j’ai dit que je ne veux pas que les femmes aient des calles dans les mains. Grâce aux artisans de Faranah nous avons fabriqué des machines, une qui décortique, une qui pile et une autre qui lave » (le 16, en parlant de la filière fonio en Guinée).
  • Pour : il n’y a vraiment rien de potable ce mois-ci dans tout ce charabia presidentiel.
  • Contre : encore des menaces mais tout le monde s’en fout et rigole en coulisses, ce disque rayé n’effrayant plus un seul guinéen, surtout les fonctionnaires, depuis de longues années maintenant. Et il va du coq à l’âne sans aucun gène chaque fois qu’il prend la parole.
  1. Les décisions et actions « positives » du mois :
  • Le 03, le ministre des travaux publics Moustapha Naité, le roi du buzz médiatique dans ce gouvernement de bras cassés, fait une confidence d’une franchise toute à son honneur : « Il y a une solidarité infranchissable des médiocres qui se mettent ensemble. Ils savent qu’ils n’ont pas de compétences. Ils se mettent ensemble et disent ‘On n’a pas le niveau, on n’est pas bons, mettons-nous ensemble pour attaquer l’autre qui est tellement bon, qui est bon. Puisque nous sommes ensemble c’est la loi du nombre qui compte. On va donc le déstabilise’. C’est comme ça malheureusement dans notre pays ». Il a regroupé ainsi une majorité des hauts cadres qui gèrent ce pays actuellement, son gouvernement, son parti, ses partis ‘ennemis’ et les principaux cercles d’influence du pouvoir. C’est ça la médiocratie Guinéenne. Maintenant vous faites quoi dans ce bateau, Mr le ministron ? Ah oui, remplir vos poches et celles de vos proches.
  • Le 04, c’est une grande première dans le système judiciaire guinéen : un officier des forces d’insécurité est condamné à de la prison ferme pour avoir tué un militant civil qui ne manifestait même pas ce jour-là. Hélas il a fallu plus de 100 morts parmi les manifestants pacifiques pour qu’un milicien criminel soit condamné – mais bon comme on dit chez nos cousins toubab ‘Mieux vaut tard que jamais’. J’espère surtout que cet avertissement fera mouche dans les baraques de ses collègues et sous-fifres policiers et gendarmes et fera passer le message que les crimes sont imprescriptibles, y compris pour eux. La justice c’est comme une bonne sauce africaine, c’est plus succulent lorsqu’elle est réchauffée après un séjour au congélateur.
  • Le 05, le sale temps pour nos farces de dépenses et d’insécurité se poursuit. Un 2e criminel en kaki est condamné pour l’ensemble ses œuvres : le tribunal criminel de Dixinn a rendu son verdict dans le procès du commandant de la BAC n°8 de Kakimbo (Conakry), poursuivi pour tortures d’un détenu. Le soi-disant commandant Salifou Walto Soumaoro a été reconnu coupable et condamné à 6 ans d’emprisonnement plus le paiement d’une amende de 10 millions de francs. Autant donc donner ce mois-ci un satisfecit au ministre de la justice vu que tout le monde sait que tous les juges du pays prennent directement leurs verdicts sur ordre de l’exécutif.
  • Le 14, lors du conseil des ministres le PPAC a donné des instructions ‘fermes’ interdisant formellement l’utilisation de militaires pour assurer la sécurité personnelle (garde-corps) de citoyens privés. « En dehors de cas exceptionnels reconnus par l’Autorité tout contrevenant ainsi que les supérieurs hiérarchiques ayant autorisé ou toléré cette pratique seront sévèrement sanctionnés. Il est aussi rappelé les directives relatives à l’utilisation des sirènes par les véhicules de l’état. Seuls les véhicules dûment autorisés par la réglementation en vigueur sont habilités à user d’avertisseurs sonores spéciaux dans le cadre de mission officielle ». Et oui chers amis, il n’y a pas besoin d’être un Pablo Escobar pour avoir 2 gorilles menaçants avec bérets dans son char de commandement, 1 motard casqué et 1 jeep de molosses avec sirènes assourdissantes devant et derrière. Il suffit juste de 100.000 francs guinéens par tête de pipe et le tour est joué.
  • Le 16, une usine de transformation d’anacardes a été inaugurée à Kankan. C’est l’une des premières unités de transformation du pays depuis 8 ans de Sanseman avec une capacité de production annuelle de 10.000 tonnes. Cette usine est le fruit d’un investissement de la société privée « Diaouné Agro Industrie », une filiale de la société « Diaouné et Frères ». Selon le matamore de notre Sanseman la production annuelle du pays a déjà atteint 70.000 tonnes en 2018 et elle sera supérieure à 200.000 tonnes d’ici 2025 grâce à son programme d’appui et de distribution de semences. Le personnel entièrement national est composé de 500 personnes dont 80% de femmes. Maintenant attendons 12 mois pour voir si ça marche toujours malgré les vautours de l’environnement direct et indirect de cette PME : le gouvernorat, la mairie, Tiegboro et ses sbires affamés, les agents corrompus des impôts commerciaux et de la douane et tous les autres vautours qui réussissent presque chaque fois à décourager toutes les bonnes volontés nationales ou étrangères voulant investir dans ce pays. En tout cas merci au gouvernement de n’avoir pas boycotté ces entrepreneurs locaux pendant le montage et le démarrage de leur projet et bonne chance aux frères Diouné – vous en aurez vraiment beaucoup besoin. J’espère aussi pour vous que vous avez de solides protecteurs au palais Satanya, pré-condition indispensable pour venir dépenser des millions ici.
  • Le 27, finalement le ministère de la ville et de l’aménagement du territoire met un frein à la folie destructrice des petits fonctionnaires véreux, policiers et gendarmes sur les habitations des pauvres gens dans les quartiers de Kaporo Rails et de Kipé 2. Il rappelle par un communiqué officiel que les opérations de déguerpissement portent uniquement sur les 169,8 hectares du site du quartier Koloma appelé communément ‘centre directionnel’ qui est dédié aux services administratifs. Seules ces opérations de récupération continueront leur cours normal. Il fallait ça pour mettre fin aux exactions commanditées par ces fonctionnaires zélés, véritables vampires enragés qui salivent devant le spectacle dégoutant de grues et bulldozers qui écrasent sans pitié les réalisations immobilières, fruits des économies de dizaines d’années de dur labeur de milliers de pauvres gens-d’en-bas. Finalement c’est le soulagement total pour toutes les familles qui attendaient avec leurs bagages devant la porte d’entrée l’arrivée des monstres métalliques de destruction. Quant à celles qui ont tout perdu avant que le bon sens ne revienne dans le gouvernement ce sera tant pis pour eux – ils deviennent de simples dégâts collatéraux du Sanseman.
  • Pour : concernant le militaire condamné pour le meurtre du jeune lors d’une marche de l’opposition voici un résumé du site Africaguinee.com (Boubacar Bah Loudah) : « Le capitaine Kaly Diallo accusé dans le meurtre d’un militant de l’opposition a été condamné ce lundi 4 février par le tribunal de Dixinn.  L’acte s’est produit en août 2016 à Bambéto en marge d’une manifestation de l’opposition. L’officier de police a été condamné par le tribunal de Dixinn à dix ans de réclusion criminelle et au payement de 50 millions de francs guinéens à titre de dommages et intérêts  à la partie civile. Au cours de son procès ce haut gradé de la police avait nié les faits qui lui sont reproché. Il avait cependant reconnu que les forces de polices sortaient avec des armes létales lors des certaines opérations de maintien d’ordre alors que les autorités actuelles ont toujours nié ça.  ‘ Ce jour, le 16 août 2016, c’est le commandant adjoint Soriba Soumah qui nous a autorisés à sortir avec les armes. Tous les officiers étaient autorisés à sortir ce jour avec les armes. Je portais mon arme PMAK qui prend 30 balles. Mais ce jour, mon arme avait dans son chargeur 13 munitions et je n’ai tiré aucune balle. Je suis sorti avec les 13 munitions dans mon chargeur, et je suis rentré avec les 13 balles’. Thierno Hamidou Diallo, commerçant âgé de 25 ans avait été mortellement touché par une balle mortelle au cou à Bambéto, en marge de la manifestation de l’opposition à Conakry. Ce meurtre avait embarrassé les autorités d’autant plus que cette manifestation était autorisée ». Pour le 2e bidasse condamné, celui qui torturait ses victimes sans savoir qu’il était filmé (sûrement par un de ses hommes) le site Guineematin.com (Saidou Hady Diallo) donne des précisions : « Cette affaire remonte à 2016. Dans la nuit du 04 mars de cette année, une équipe de la BAC n°8 basée à Kakimbo dans la commune de Ratoma, s’est rendue au domicile d’Ibrahima Diogo Sow, un jeune marchand, accusé de vol à mains armées. Ils ont défoncé sa porte et ont mis main sur lui et sa compagne avec laquelle il se trouvait à la maison. Les deux ont été conduits immédiatement à Kakimbo où Diogo Sow a été soumis à des traitements inhumains et dégradants. Une personne non identifiée a réussi à filmer la scène et a posté la vidéo sur les réseaux sociaux. Ces actes de tortures ont ému plus d’un et ont amené un collectif d’avocats (des défenseurs des droits de l’Homme) à se constituer partie civile pour poursuivre le commandant de cette Brigade Anti-Criminalité, accusé d’avoir donné l’ordre à ses agents de torturer le jeune homme. Le Commandant Salifou Walto Soumaoro a été arrêté et placé sous mandat depuis le 30 janvier 2017 ».
  • Contre : concernant l’arrêt des Mad Max dans les rues de Conakry malheureusement la détermination présidentielle a disparu à la sortie de la réunion donc rien à craindre pour nos petits bosses locaux. Il nous avait déjà juré en mai 2016 que ces pratiques étaient finies à Conakry mais un mois plus tard c’était reparti de plus belle, sur instigation des faucons de son entourage, les premiers bénéficiaires de ce traitement VIP made in Guinea.
  1. Les décisions et actions « négatives » du mois :
  • Le 01, j’apprends que le boss a encore frappé un grand coup contre la bonne gouvernance au pays : pour contrôler les recettes des communes il a mis en place  une commission chargée de  recouvrir les impôts de toutes les collectivités locales. Elle est dirigée par l’ancien ministre de l’administration du territoire et de la décentralisation, Alhassane Condé aujourd’hui conseiller à la Présidence. Cette réforme vise  à ‘accompagner les collectivités locales pour mieux mobiliser les recettes en vue des les aider à exécuter leur programme’ selon leur justification tirée par les cheveux, même pour nous Guinéens. Comme bien souligné par un des chefs de l’opposition, ex-très Haut conseillé du PPAC : « Un an après le vote, pas d’exécutifs communaux en Guinée. Au contraire on travaille à rogner les attributions financières des collectivités locales au profit de la PRÉSIDENCE. Résultat : une accumulation de crises à répétition bloquant le fonctionnement de l’état. Guinée is down ». Il est vrai que ce pognon était auparavant dilapidé par ces chefs gestionnaires officiels affamés de ces communes mais une amélioration de cette gestion ne viendra surement pas en confiant sa gestion à d’autres aussi affamés du palais Satanya – au contraire car si les premiers bouffaient leurs petits budgets locaux avec des cuillères à café, ces derniers eux utiliseront des pelles à chaque plongée dans le pot de confiture commun qui sera mis en place au niveau national.
  • Le 01, on annonce la création de la « Mission d’Appui à la Mobilisation des Ressources Internes (MAMRI) », une nouvelle structure décrétée sur papier par le boss depuis le 31 janvier, qui est placée sous l’autorité du premier ministre et qui n’est autre qu’une substitution/remplacement des organes de prélèvement des impôts et taxes en Guinée. Les explications farfelues pour justifier tous les bénéfices pour le ‘peuple de Guinée’, en comparant cette structure à des structures identiques au Rwanda, Togo, Ouganda et Ghana, ne font pas mouche pour tout observateur averti car le contexte général d’anti-gouvernance chez nous est incomparable à celui de tous ces pays cités. Les beaux textes de loi sont légions au pays mais nos dirigeants les contournent dès qu’ils sont mis en vigueur. C’est la même magouille que la commission précédente, regrouper les petits montants détournés dans tous les niveaux inférieurs de la gabegie financière pour les placer au niveau de nouvelles ‘caisses uniques’ au seul profit de nos chefs supérieurs et de leurs bandes de receleurs. Quelle tristesse !
  • Le 06, Air Guinée One décolle de nouveau, cette fois-ci pour une « visite d’état » de 3 jours en Ethiopie, en prélude au 32e sommeil annuel des chefs de villages de l’Union Africaine (UA).
  • Le 07, le boss confirme que la loi en Guinée c’est LUI seul, comme avec Fory Coco. Après que la cour suprême ait reconnue que le ministre de l’administration du territoire n’avait pas le droit de faire reprendre le vote du maire de la commune de Matoto tout simplement parce que le candidat de son parti avait échoué au 1e coup d’essai il lui ordonne quand même de foncer dans le tas de piailleurs et fait reprendre l’élection pour s’assurer cette fois-ci une victoire à 100% du style ‘un coût – chaos’. Le candidat de l’opposition avait gagné la première élection le 15 décembre 2018 en récoltant 23 voix sur les 45 conseillers-électeurs. Mais après deux décompte un cadre du parti au pouvoir (Moussa Keita), constatant que leur candidat avait perdu la bataille avait perturbé le processus en déchirant les bulletins de son parti. Ceci avait permis au ministre de l’administration d’annuler l’élection et de la faire reprendre autrement (mieux) le 07 Février pour faire gagner son candidat. Il a fait quadriller les accès de la mairie de Matoto le jour du 2e Les journalistes ont été repoussés le plus loin possible et les lieux ont été encerclés par des policiers et gendarmes. De même les conseillers-électeurs ont vu leurs téléphones retirés pour entrer dans la salle du vote. Au lieu de 45 élus ce sont en fait une trentaine qui a imposé le bien né Toss Camara et ses adjoints. Il devient donc le 1e maire élu par décret présidentiel !
  • Le 07, nous découvrons une nouvelle magouille du RPG et du ministère de la fonction publique. Elle est étalée au grand jour dans la presse. Voici un résumé du topo rappelé par le site Africaguinee.com : « Le département de la fonction publique, de la réforme de l’Etat et de la modernisation de l’administration, est au cœur d’un nouveau scandale. Plusieurs fonctionnaires qui étaient sous la tutelle du ministère de l’Education Nationale et de l’Alphabétisation (MENA) ont été mutés par vague dans d’autres départements ministériels. Plusieurs jeunes communicants qui font la propagande du RPG arc-en-ciel sur les réseaux sociaux font partie des personnes mutées. L’on ne sait par quel miracle, la plupart d’entre eux ont été enrôlés dans les effectifs de la fonction publique. C’est un secret de polichinelle, le département de l’éducation est le boulevard d’entrée favori de plusieurs fonctionnaires recrutés souvent dans des conditions peu vertueuses. Au moins 54 fonctionnaires ont été mutés dans divers département ministériels. L’acte a été signé par le ministre de la fonction publique, Billy Nankouma Doumbouya le 21 janvier dernier. Dans le visa de l’arrêté, il est par exemple mentionné « demande de mutation de cinquante quatre enseignants dans divers départements ». Seulement voilà, certains sont de « vrais-faux enseignants ». Ils émargeaient au compte du département de l’Education Nationale, mais ils ne dispensent pas de cours et ne l’ont jamais fait d’ailleurs. En effet, les fonctionnaires de l’Education bénéficient d’un traitement salarial particulier avec notamment le point d’indice supérieur à l’administration générale et d’autres faveurs accordées aux enseignants. Ces fonctionnaires étaient « gracieusement » payés pour un travail qui n’est jamais fait. Certains sont très connus sur les réseaux sociaux.  Ils font la propagande du RPG arc-en-ciel et de certains cadres hauts placés dont ils mangent sous les râteliers. Pour éviter d’être démasqués dans la vaste opération de chasse aux fictifs exigés par les syndicats de l’Education, les autorités ont trouvé l’astuce de les dispatcher dans les différents ministères. La ruse tordue a éclaté au grand jour. Interrogé sur ces mouvements suspects de fonctionnaires, un travailleur du département de la fonction publique a déclaré que c’est une affaire très forte qui dépasse « les petits Mamadou ».  « C’est plus fort que nous. L’acte a été légalement signé sur instruction du haut lieu. Ce sont des gens qui sont nommés à différentes structures dans différents départements. Leurs salaires vont suivre ». Voici une petite photographie du fonctionnement journalier de notre administration.
  • Le 14, notre système judiciaire nous démontre une fois de plus que son principal ordonnateur est notre PPAC : le tribunal confirme l’élection du candidat du pouvoir (Mamadouba Toss Camara) à la tête de la commune de Matoto. Le candidat de l’opposition UFDG (Kalemodou Yansané) qui avait porté cette affaire au tribunal est ainsi débouté. Le plus marrant est que les « ennemis » de l’opposition n’ont plus aucune autre instance judiciaire à saisir pour faire accepter leurs arguments car en matière de contentieux électoraux la loi électorale stipule que les tribunaux de première instance sont les seuls à trancher en première et dernière instance. C’est ce qui est spécifiquement noté dans cette toute nouvelle la loi concoctée sous la table par les 2 principaux partis (RPG et UFDG) pour s’assurer le partage quasi-exclusif des mairies du pays. On peut donc en conclure que finalement ce parti d’opposition s’était en fait tiré ce jour-là une balle dans le pied et il ne peut donc que s’en prendre qu’à lui-même. Moi en tout cas je ne verserais pas une seule larme pour lui.
  • Le 17, Des heurts ont éclaté sur l’axe Hamdallaye-Bambéto entre les farces de sécurité et les militants du principal parti d’opposition (UFDG) à l’occasion d’un retour de son chef qui revenait d’un long séjour hors du pays. Le cortège de véhicules de Cellou Dalein Diallo a été proprement gazé, cogné et même défoncé par un char ‘Mamba’ de police nationale alors qu’il se dirigeait vers son domicile accompagné d’une joyeuse bande de ses militants venus l’accueillir à l’aéroport. Mais une chose reste certaine, il y a quelques semaines le maire de l’UFDG de la commune de Dixinn avait refusé une marche de la société civile sous prétexte que toute manifestions sur la place publique était interdite par le gouverneur de la ville. Si ce parti applique ça aux autres marcheurs du pays alors c’est du coup valable également pour lui-même. Pas de marche dans les rues pour les autres = pas de marche pour lui aussi, c’est tout.
  • Le 20, des gendarmes ont procédé à des arrestations et saisies de matériels de certains pirates d’images de la chaîne cryptée Canal+. En réaction et pour se faire entendre publiquement les plaignants regroupés sous le sigle pompeux « Association des Diffuseurs des Images Câblées de Guinée » (ADICAG) s’est réunie le lendemain pour écrire un mémorandum au Haut Commandant de la Gendarmerie, directeur de la justice militaire dans lequel ils accusent la société Canal+ de les empêcher de diffuser les images. Le hic et plus marrant dans tout ça c’est que cette association est composée et représente les intérêts de tous les magouilleurs qui piratent le signal de Canal+ dans tous les quartiers de la ville pour ensuite revendre à moindre coût ses programmes, assurant ainsi une diffusion à tous ceux qui ne peuvent pas s’abonner. Je comprends leur frustration de voleurs-volés mais de là à aller porter sur la place publique leur plainte contre l’arrêt de leur magouille, on ne voit cela que dans les états en faillite complète comme la Guinée où souvent voler et tricher ne sont forcement considérés comme des crimes punissables par nos dirigeants et nos juges. Les marabouts de ces jeunes tricheurs n’ont pas encre trouvé la faille pour relancer leur business mais cela ne saurait tarder.
  • Le 21, Nicolas Sarkozy boucle le ballet de la semaine chez nous des anciens présidents méprisés chez eux. Avant lui c’était François Hollande l’ex-chef mou de la France et Abdoulaye Wade, le sénile pyromane du Sénégal. Maintenant c’est Mr bling-bling dont le boss disait devant les cameras le lendemain de sa chute en France « Enfin je vais pouvoir mieux dormir » ! Rappelons aussi que l’ancien président français est confronté à une tempête judiciaire dans son pays. Il est en plein dans une tourmente infernale qui lui a valu l’an dernier une garde à vue dans l’enquête sur le financement libyen de sa campagne de 2007. Humilié aux primaires de la droite en 2016 il est aussi sous la menace de deux autres procès : « l’affaire Bygmalion » sur le financement de sa campagne de 2012 et « l’affaire des écoutes » sur sa corruption présumée de certains juges. Mais à Conakry c’est le tapis rouge qu’il n’avait plus aperçu que de loin depuis 2012. C’est vraiment triste : tous nos voisins reçoivent les chefs actuels du monde (Merkel, Macron, Xi Jinping…ect). Nous on déroule tout le protocole pour des has-been en mal d’invitations même chez eux. Et le pire c’est que notre boss est péniblement debout à l’aéroport avec moult bisous autant à leur arrivée qu’à leur départ. L’agenda du PPAC doit vraiment être dégagé ces jours-là.
  • Le 25, en plein délire de grandeur et de démagogie le ministre de l’industrie nous annonce l’ouverture très prochaine d’une ‘usine de raffinerie d’huile’ (!) au site ‘’Le Petit Bateau’’ en plein centre-ville, dans la commune de Kaloum comme s’il n’y avait aucun autre endroit en Guinée pour la construire que ce bidonville rempli de poissonneries, de véhicules d’occasion et de ferraille rouillée. Et il parle en mémé temps d’une nouvelle zone industrielle en banlieue de Conakry ! Selon lui il s’agira d’une raffinerie de fractionnement d’huile de palme, d’arachide et de soja d’une capacité de production de 50 tonnes par jour soit 3 fois les besoins nationaux. C’est quand même incroyable que la plupart de nos gros menteurs finissent toujours par des exagérations, des châteaux en Espagne et  des éléphants blancs.
  • Pour : comme chaque mois, R.A.S…
  • Contre : concernant l’attaque du véhicule du chef de file de l’opposition, selon ce patron des ‘ennemis’ du boss : « Les policiers ont lancé des gaz lacrymogènes contre mon véhicule qui a été endommagé. J’ai été pris en sandwich par six policiers qui ont continué à lancer des gaz lacrymogènes. J’ai perdu connaissance avant d’être évacué par mes militants ». Mais selon Mamadou Camara le porte-parole de la police : « les forces de sécurité ont utilisé des grenages et gaz lacrymogènes pour disperser les militants de Cellou Dalein Diallo qui voulaient manifester à Conakry alors qu’ils n’avaient aucune autorisation ». Finalement on compte une trentaine de blessés, quelques interpelés et le beau carrosse du boss endommagé, une opportunité pour lui de pouvoir acheter le dernier modèle sorti d’usine en 2019. Il y a surement un peu de vrai et beaucoup de faux dans ces deux déclarations-buzz typiques de nos politiciens locaux.

Tic-tac, Tic-tac, la montre tourne ; aujourd’hui est le 2990e jour de l’ancien « Guinea is back » et du nouveau « changement radical » – déjà 08 ans, 02 mois et 10 jours ! Aladji-Professeur-Président voici ma suggestion SMART (Spécifique, Mesurable, Atteignable, Réalisable et Temporellement définie) du mois pour améliorer un peu votre Sanseman : Grand Homme-Peuple vraiment vous devriez commencer à offrir des séminaires des formations, d’abord pour tous les politiciens du pays et ensuite pour les milliers de quidams qui sont persuadés qu’ils ont toutes les aptitudes pour diriger le pays mais ne savent pas comment nous le faire croire. Vraiment vous êtes le roi des coups-bas politiques donc on pourrait appeler le cours « l’art de couillonner politiquement ». L’affaire de la mairie de Matoto est un bel exemple dans ce sens : le jour du 1e vote il y a presque 2 mois déjà, lorsque vous avez fait envoyer un loubard déchirer les bulletins après que vous aviez perdu le poste de maire vous n’avez pas hésité ensuite à envoyer votre commis chargé de dérégler notre administration pour exiger la reprise de l’élection alors que légalement il n’en n’avait pas le droit. Bien sur les volés ont crié, pleuré, menacé de tout casser dans le pays y compris vous mais vous avez tenu bon. La cour suprême a siégé sur le sujet et a conclu comme chaque fois qu’elle a été consultée à chaud qu’elle était incompétente mais aussi  que selon les lois en vigueur non seulement votre ministron n’avait pas le droit de faire reprendre l’élection et que ce dossier devrait être renvoyé dans un simple tribunal dont dépendaient les différends électoraux. Hésitations de votre part ? Pas un sous ! Vous avez foncé comme un buffle dans un troupeau de moutons pour faire reprendre le vote mais après avoir transformé le lieu du vote en camp militaire renforcé avec chars, gaz lacrymo périmés, canons à eau chaude et tout le high-tech offert par vos partenaires au développement de l’injustice en Guinée. Et votre poulain est donc passé avec 100% des votants alors qu’il avait été chicoté électoralement quelques semaines auparavant. C’était quand même marrant d’écouter vos ennemis pleurer, crier, se victimiser et jurer qu’il faudrait marcher sur leurs cadavres avant de reprendre cette élection et que le pays serait à feu et à sang si vous osiez essayer mais le jour du vote eux et leurs militants sont restés enfermés dans la cour de leur candidat, très loin de votre arsenal toxique.

Prèsi on a compris, tout ceci c’était un petit réchauffement, un galop d’essai avant l’élection présidentielle de 2020 et je dois dire qu’il est assez bien réussi. De plus vos opposants-opposés ont mangé votre fruit empoisonné en acceptant le glissement de leur mandat expiré alors vous aurez bon dos maintenant, et raison, de leur imposer la même chose et ils n’y pourront RIEN, comme cette fois-ci. Ils menacent de marcher dans les rues pour protester ? C’est devenu impossible car même leurs maires élus interdiront comme à Dixinn toute marche pacifique dans leurs communes pour suivre à la lettre vos lois anticonstitutionnelles. Ils risquent même de chicoter leurs chefs de partis si ceux-ci essayaient désormais de sortir en masse dans les rues. Et la meilleure explication de cette cacophonie vient du 1e vice-maire d’une des ces communes, élu du 3e parti politique du pays (UFR) Sakoba Kéita qui a dit devant les micros : « Il ya un véritable faux débat sur la question. Le RPG et l’UFDG sont au centre de tous les maux qui tournent autour de cette élection communale. La loi a été votée par le RPG et l’UFDG concernant l’élection communale. Les deux partis ont applaudi sur tous les toits leur victoire. Nous on était contre. On a dit que la loi là, elle n’est pas bonne. Aujourd’hui s’il y a contentieux, qu’ils règlent ça. Les problèmes c’est eux. Ce sont les deux partis. C’est eux qui sont en train de fatiguer le pays ». Finalement il vous donne raison, vos ‘ennemis’ ont joué à malin-malin et demie avec vous, comme s’ils ne vous connaissaient pas depuis 8 ans de petits coups-bas répétitifs. Une fois de plus vous les avez chicoté – koudos pour vous. Et Dieu merci il n’y a pas eu de jeunes écervelés fanatisés pour aller se faire massacrer par vos miliciens pour si peu. Ce sont leurs mamans qui sont les plus heureuses du dénouement à moindre frais de cette commedia dell’arte.

Publié dans 2019 | Laisser un commentaire

Une Nouvelle Voie (Janvier 2019) : « je fais ‘glissement’ (de mandat) pour toi aujourd’hui et tu fais ‘glissement’ pour moi demain – Agnon ! »

Bienvenue à mon bilan du 37e mois de la Condécratie version 2.0. Je continue mon exploration mensuelle des méandres des décisions importantes pour la Nation prises par nos nouveaux chefs en proposant des pistes de réflexions et d’actions qui pourraient être envisagées pour que le « vrai changement » soit effectif.

  1. Echantillon de paroles et pensées présidentielles du mois:
  • « Disons-nous la vérité, nous Guinéens nous ne pouvons pas le faire marcher. Si nous nous obstinons à le gérer ça ne va pas marcher. Avant l’enceinte était sale, il n’y avait pas d’accesseurs, 10 à 20 personnes pouvaient se retrouver dans une même salle. Aujourd’hui il y a des ascenseurs partout, au maximum quatre personnes par chambre. Il faut l’entretien et nous ne pouvons pas l’entretien. Regardez la ville de Conakry combien elle est sale. En plus beaucoup de machines arrivent, ce sont des machines que nous ne savons pas manipuler » (le 09, parlant de la gestion du CHU de Donka rénové, lors de l’inauguration d’une machine IRM à la caisse nationale de sécurité sociale).
  • « Monsieur le premier ministre nous avons la sédentarisation des fonctionnaires. Comment voulez-vous qu’un receveur qui était sous la 2ème République, le CNDD, gère autrement ? Il ne peut le faire car il est habitué à voler, il est habitué à trafiquer, comment voulez-vous qu’il change ? La sédentarisation est l’un des grands problèmes que nous avons. Un fonctionnaire ne doit pas rester sur place plus de 5 ans. Mais vous avez peur d’enlever les fonctionnaires, il va aller alerter son village ou sa préfecture pour venir dire maintenant qu’on a enlevé son fils. Si on veut bien gérer on doit avoir la force de faire face à la population. Si quelqu’un de Dubréka gère mal on doit avoir le courage de dire et il doit partir parce qu’il gère mal, ainsi de suite. Il n’a qu’à aller mobiliser la population, on leur dira la vérité. On est là pour gérer les biens de l’état pour protéger la population. Parce que si aujourd’hui nous faisons le recensement des belles villas à Nongo et autres on sera très surpris. Ceux qui crient le plus à la corruption on verra qu’ils ont quatre, cinq ou six immeubles. Alors messieurs les diplomates je peux lancer un défi. Nous allons faire le recensement de très belles villas, des immeubles au bord de la mer. Mais ceux qui violent la loi en faisant les remblayages vous serez très surpris de voir qui sont les propriétaires. Et beaucoup de gens qui crient aujourd’hui vont fuir de honte parce que nous savons comment ils ont géré ce pays, comment ils ont pillé. Si vous regardez la Guinée à partir de l’hélicoptère vous vous demandez si vous êtes en Guinée, vous voyez des immeubles partout. Alors dernièrement lorsque le chef de file de l’opposition du Burkina était là on a été voir les femmes au Boulevard Diallo Telli. Mais je lui ai dit je ne comprends pas où les Guinéens prennent l’argent pour construire les immeubles 6 à 8 étages. Il m’a dit ‘président c’est la main invisible du libéralisme. Quand les gens n’ont pas confiance ils cachent l’argent, quand ils ont confiance l’argent sort. Alors ne soit pas surpris qu’il y ait des immeubles partout’. Je préfère avertir les ministres, aujourd’hui à partir de la présidence je suis capable de suivre tous les paiements d’impôt. J’ai un tableau qui me permet tous les matins de regarder qui a payé qui n’a pas payé, il n’y a plus de possibilité de se cacher. Avant les gens passent de bureau en bureau, les fonctionnaires volent, ils distribuent un peu. C’est pourquoi ils disent que je suis pingre, je ne donne pas l’argent.  Ce n’est pas les réseaux sociaux qui font la Guinée, ce ne sont pas les journaux non plus. L’essentiel de la population sont dans les campagnes. Ces gens  savent quelle est leur situation de vie. Alors que des gens alimentaires s’agitent qui pensent que la politique c’est seulement venir au gouvernement pour piller, voler » (le 23, parlant des fonctionnaires guinéens lors du lancement officiel du numéro d’identification Fiscal Permanent (NIFP) à la direction nationale des impôts ».
  • « Les gens doivent travailler dans un même sens et non chercher à s’imposer les uns sur les autres. Il faut que tout le monde conjugue leurs efforts et éviter de se mettre les bâtons dans les roues. Il n’y a pas deux agendas ou trois agendas, il n’y a que l’agenda du président, tout le monde doit travailler dans ce sens. Donc il n’y a pas de raison que les gens se marchent sur les pieds sur le terrain. Tout le monde sait que la région forestière est le grenier de la Guinée, c’est la principale région agricole, c’est pourquoi nous voulons donner la force à l’agriculture. Je compte sur vous afin qu’on se donne la main et qu’on aille ensemble. Parce que quand on ne donne pas la main on favorise l’ennemi. Parce que très souvent aujourd’hui les opposants ne sont pas des opposants, ce sont des ennemis. Sinon quand on est opposant on cherche à ce que le pays aille de l’avant pour pouvoir hériter d’une bonne situation et non pas détruire » (le 28, lors d’une mamaya dans son palais avec des batteurs de tamtam de la préfecture de Guéckédou venus le prier de poursuivre son œuvre surhumaine pour le pays).
  • Pour : il n’a pas tort quand il décrit notre impossibilité actuelle de gérer convenablement ce CHU tout neuf au vu des pratiques de gestion dans 100% de son administration mais qu’il nous laisse, nous les aigris et déçus, dire cela, pas lui qui est justement élu pour mettre fin à toutes nos carences gestionnaires.
  • Contre : au lieu de nous dire « maintenant je vais monter une équipe spéciale de managers et d’inspecteurs pour surveiller tout ce qui se passe dans la gestion du nouvel hôpital afin pour qu’il soit conforme aux normes internationales dans tous les domaines » il préfère comme d’hab. ses solutions de facilité basées surtout sur son mépris profond des capacités intellectuelles et morales de ses compatriotes avec un « vous êtes tous des cancres alors je vais faire venir des cubains ou chinois pour gérer à votre place ». C’est cela sa stratégie de gouvernance pour l’émergence en 2020. Quant aux propriétaires des 5-6 immeubles et des châteaux familiaux sur remblais en bord de mer là où il est interdit de construire (pour les petits guinéens) qu’il n’oublie pas de rechercher sur cette liste les noms de son fils, de ses femmes et de tous ses potes du palais. Et en fin de mois il a enfin lâché le mot que tout le monde soupçonnait mais qu’il n’avait jamais encore prononcé : les opposants sont devenus des ennemis du peuple, ils ne sont plus des adversaires politiques à son régime. Notre PPAC est tellement prévisible que c’en est devenu risible.
  1. Les décisions et actions « positives » du mois :
  • Le 04, le PPAC tient une de ses promesses pour une très rare fois, il coupe court à la polémique générale lancée par un grand groupe de dépités polygames ou libidineux sur le nouveau code de la famille concernant leurs clauses pour réintroduire la polygamie. Il leur a tout simplement renvoyé leur chiffon à l’assemblée nationale pour une révision.
  • Le 10, le gouvernement et le SLECG (syndicat libre des enseignants et chercheurs de Guinée) ont finalement signé un protocole d’accord au palais du peuple mettant ainsi fin à la grève qui a paralysé presque tout le système éducatif pendant plus de trois mois. Enfin les enfants et leurs maîtres vont pouvoir retourner dans leurs classes où de toute façon hélas ils n’apprennent pas grand-chose. Les egos surdimensionnés, les concours de bras-de-fer et les demandes farfelues ont finalement laissé la place à des concessions minimales des 2 cotés. Ceci est un point positif pour le PPAC et Don Kass-Kass mais mon Dieu pourquoi tout ce temps perdu pour arriver à un accord aussi simple et logique ? C’est ce que les américains appellent un pissing contest où chacun apparaît finalement ridicule une fois que le calme est revenu.
  • Le 14, le PPAC décrète enfin la liste complète des nouveaux membres de la commission électorale nationale indépendante (CENI).Les 17 membres (au lieu de 25 dans la précédente) se repartissent en 7 pour la mouvance présidentielle, 7 pour les diverses oppositions, 2 pour la société civile et 1 pour le ministère de l’administration du territoire. Bref nous sommes au 1e pas réel vers les prochaines élections législatives et présidentielles – juste des baby steps avant la fin du processus.
  • Le 21, l’ancien président de la CENI, en place depuis juillet 2017 est reconduit lors d’une élection interne à l’institution. La loi exige qu’il soit choisi parmi les représentants de la société civile et comme ils ne sont que deux, autant que ce soit celui qui sait au moins ce que signifie l’acronyme de son institution. On sait donc aussi à quoi s’attendre avec ce vieux machin électoral relooké.
  • Pour : concernant son rejet de cette tentative sournoise de ramener officiellement la polygamie dans nos lois il l’a fait par un courrier envoyé au président de l’assemblée où il rappelle l’article 079 de la constitution (l’égalité entre hommes et femmes) pour demander au parlement de « procéder  à une nouvelle délibération sur le code civil, en l’occurrence la disposition relative à la polygamie et la monogamie ». Il semble tenir bon sur ce coup-ci – pour le moment. Nous attendons donc le prochain round car le combat est loin d’être fini et il a en face de lui des has-been déterminés dont plusieurs ont de multiples épouses dont ils sont très fiers, sous le couvert de la religion et des traditions séculaires surtout quand ça les arrange. Concernant le protocole d’accord entre gouvernement et syndicat des enseignants, parmi les résolutions positives et constructives je retiens en particulier « Le dégel exceptionnel des salaires des enseignants pendant la période de grève, octobre, novembre et décembre 2018, la création à compter du lundi 21 janvier 2019 d’une commission mixte gouvernement-SLECG-USTG en vue de procéder à l’assainissement du fichier des fonctionnaires enseignants, les économies réalisées après cet assainissement seront affectées sur le salaire de base sans aucune incidence financière et sans que cela ne traduise une augmentation de la masse salariale, le rétablissement des enseignants mutés ou demis de leurs fonctions pour fait de grève dans les institutions d’enseignement supérieur et du ministère de l’éducation nationale et de l’alphabétisation, les parties s’accordent que nul ne sera poursuivi ou sanctionné pour fait de grève, Le SLECG s’engage à organiser les cours de rattrapage à tous les niveaux pour combler le retard accusé dans le calendrier scolaire ». Maintenant attendons de voir la mise en application.
  • Contre : concernant la nouvelle CENI, en fin de cérémonie les 17 ont tous proclamé à haute voix des « je jure de ne pas mentir, tricher et voler le budget » avec enthousiasme et sourires en coin devant le président de la cour constitutionnelle, y compris les représentants de l’opposition qui avaient juré il y a quelques mois de ne jamais reconnaitre celui-ci que je surnomme « Maitre sirène révisionniste » comme chef de cette institution. Dès qu’on est choisi pour la mangeoire ici et que le prize money est dans le champ de vision, du coup on adore tout le monde comme « même mère, même père ».
  1. Les décisions et actions « négatives » du mois :
  • Le 02, un journaliste de Guineews.com (Amadou Tham Camara) nous rappelle qu’en réalité nos chers dépités qui crient tant contre l’éventuel 3e mandat du PPAC sont eux-mêmes « expirés » de leurs strapontins. Si le repère de fin de mandat est la date de publication des résultats définitifs des dernières élections législatives elles auraient dû être reprises avant le 25 novembre 2018 car la cour suprême de Guinée les avait publiés le 25 novembre 2013. Si leur date d’expiration est comptée à partir de l’entrée en fonction des députés dans ce cas ce sera  dans 10 jours, car c’est  le 13 janvier 2014 que l’actuelle assemblée s’était réunie pour sa première séance plénière. Dans tous les cas la prochaine session des lois d’avril 2019 trouvera que leur mandat est caduc depuis belle lurette.
  • Le 07, le boss décrète une ribambelle de haut-gradés de sa milice nationale aux postes d’ambassadeurs. Ces généraux-TGV sont issus de l’armée de terre, de la gendarmerie et de la police. Parmi eux l’un des derniers militaires Guinéens qui sache s’exprimer correctement dans un français compréhensible. Imaginez donc ces zozos dans les cocktails et diners diplomatiques, ils vont faire plonger notre image internationale encore plus profondément qu’actuellement. Par ailleurs le lendemain il chamboule discrètement toute la hiérarchie de la grande muette : à l’exception du chef d’état major des armées, de son adjoint et du haut commandant de la gendarmerie nationale tous les autres chefs d’états majors ont été remplacés par le chef suprême de nos armées. Tout ceci confirme un peu les rumeurs de bruissements au sommet des casernes dans les dernières semaines de 2018 suivis de dispositifs préventifs particuliers devant les portes de tous les camps militaires le 31 décembre. Avec la campagne de 2020 qui approche on n’est jamais trop prudent, surtout pour un enfarineur comme notre boss bien mal-aimé.
  • Le 09, lors d’une conférence de presse organisée par l’ambassade de Belgique le directeur général de l’office belge des étrangers nous fournit des informations qui font froid dans le dos : « La Guinée et la Belgique ont en commun cette préoccupation majeure. Ainsi en 2018 les autorités belges ont enregistré 1125 demandes d’asile introduites par des Guinéens. Ces chiffres placent la Guinée dans le TOP-5 des pays pourvoyeurs de demandeurs d’asile en Belgique aux côtés de pays en guerre tels que la Syrie, la Palestine, l’Afghanistan et l’Irak. Le constat est alarmant d’autant plus que bon nombre de ces demandes sont injustifiées ou composéede fausses déclarations. L’utilisation très fréquente de documents faux ou falsifiés est très répandue mais cette pratique se retournera systématiquement contre le fraudeur grâce à une vérification approfondie et systématique des dossiers… Néanmoins, poussés par la pauvreté ou le manque d’opportunités et de perspectives économiques des milliers de jeunes Guinéens continuent à quitter leur pays à la recherche de conditions de vie meilleure ». Et pourtant cette mauvaise-langue a été reçu ensuite par le boss à Satanya – il s’ennuie ferme dans ses lambris donc il reçoit tout les toubabs qui arrivent à l’aéroport.
  • Le 09, lors de la présentation des vœux du corps diplomatique l’ambassadeur de Russie, doyen de ce corps nous a montré que le monopole de la démagogie et de la courtisanerie au pays n’était pas forcement Guinéen. Ce pantin communiste n’a eu aucune honte à dire devant les TV et radios : «Sous les yeux des ambassadeurs la Guinée devient le premier pays exportateur de la bauxite au monde. Sous nos yeux la Guinée devient le pays le plus électrifié de l’Afrique de l’Ouest… A quoi ça sert une alternance si tout va bien ? C’est la culture de ‘c’est notre tour’, c’est forcément notre tour qui crée des problèmes, Rien n’est statique… Même dans la Bible il y a eu l’ancien testament et ensuite le nouveau testament. C’est à la constitution de s’adapter aux réalités, ce ne sont pas aux réalités de s’adapter à la constitution. On ne change pas un cheval au milieu de la rivière ». Même le boss a été surpris de tant de mamayisme venant même maintenant des étrangers qui le servent. Dans sa réponse il n’a pas hésité à « inviter les diplomates à chercher à connaitre le pays avant d’en faire un jugement et que le pays ne restera pas dans l’anarchie ». Et pan sur le bec du courtisan mielleux ! En tout cas ça va chauffer pour cet ambassadeur quand il va se retrouver en tête à tête avec les autres ambassadeurs des big brothers à la sortie de cette rencontre. Camarade Poutine peut être fier de son ambassadeur, il a dû le former lui-même.
  • Le 10, le PPAC décrète un général de brigade (Mohamed Lamine Diarra) comme conseiller près le cabinet de la présidence de la république. Le général était le commandant du BATA (brigade autonome de troupes aéroportées), l’un des bataillons d’élite de la milice nationale. Le hic ici c’est qu’en 2014 il s’était fait connaitre de tous ses compatriotes lors d’un procès civil où il avait été condamné pour outrage à magistrat. Il avait osé prendre au collet le juge en plein tribunal pour lui prouver que ‘le pays est commandé’. Il avait écopé de 6 mois de prison dont trois avec sursis. Il avait certes interjeté appel et l’affaire est toujours en cours dans les tribunaux. Bref un sacré ajout au zoo humain du palais de Satanya, un nouveau faux démocrate respectueux de la séparation des pouvoirs. Tout ça pour mieux préparer 2020 ?
  • Le 11, le PPAC décrète que « l’assemblée nationale est habilitée à continuer à assumer les fonctions législatives jusqu’à l’installation de la nouvelle institution parlementaire ». Il dit avoir pris cette décision en se basant sur des dispositions (très vagues et interprétables selon les besoins) de la constitution, des lois organiques sur les élections et sur le règlement intérieur de l’assemblée nationale. C’est à croire qu’il y a une véritable complicité entre ces dépités, en particulier ceux de l’opposition et le PPAC, comme s’il leur avait dit en cachette : « Vous pouvez crier un peu mais pas trop quand même car nous sommes embarqués après tout dans la même barque du pouvoir et pour aussi longtemps que possible ». Et ça marche bien pour le moment, avec beaucoup de bégaiements et d’atermoiements de leur part sur leur choix de siéger ou pas. En acceptant de siéger ‘hors-la-loi’ ils offriront la jurisprudence rêvée au PPAC qui se l’appliquera immédiatement pour l’élection présidentielle quand les conditions de celle-ci ne seront pas remplies en décembre 2019. Inutile de dire que la jurisprudence ainsi établie offre un bonus indéterminé aux députés qui se feront très discrets sur le sujet en espérant que nous l’oublierons très vite. Sacré PPAC, c’est du « Je fais pour toi – tu fais pour moi ». Et le travail de laminage systématique de toutes les institutions du pays en dehors de la sienne évolue à merveille – il est vraiment trop fort pour eux ce sacré opposant hystérique.
  • Le 12, le boss limoge la directrice du port autonome de Conakry selon certaines indiscrétions du palais pour ‘faute lourde’ : elle est une amie proche de l’épouse du chef de file de l’opposition. Et pourtant elle avait été nommée il y a moins de 4 mois soit des décennies après cette « amitié sacrilège » ce qui montre la qualité des enquêtes préalables avant toute nomination des hauts cadres de l’administration. Mais le plus marrant est qu’elle est remplacée par l’ex-directrice adjointe du même port qui s’était ridiculisée il y a moins de 6 mois devant tous les Guinéens pour sa justification de la vente du port à la famille Erdogan, à tel point que tout le monde l’a surnommée « (j’ai) Cacheté ». La directrice générale de l’époque, actrice principale de ce comedy-show a elle été surnommée « (j’ai) Signé ». Celle-ci est bombardée le même jour comme présidente du conseil d’administration de la SOGEAC, la société de gestion de notre aéroport international, là où elle aura beaucoup de signatures de business louches tous les matins. La leçon dans tout ça : quand tu gères pour notre boss il faut déconner, détourner et voler en milliards, un peu moins que lui quand même – et il va t’adorer et ne plus jamais te lâcher, tu vas grimper l’échelle en 4X4.
  • Le 14, c’est un nouveau chef d’une institution nationale qui démissionne, le président de l’institution nationale indépendante des droits de l’Homme (INIDH). Selon le site d’information Guineematin.com : « contrairement à son prédécesseur qui a expédié sa lettre de démission aux médias le même jour le président démissionnaire de l’INIDH a préféré remettre discrètement sa lettre au ministre conseiller du président de la république chargé des relations avec les institutions et il est resté plus de dix jours avant de sortir du pays. Et depuis deux semaines cette démission était gardée secrète puisqu’on chercherait à convaincre Alia Diaby à revenir sur sa décision.. Si l’argument du démissionnaire est la recherche d’un titre de professorat beaucoup de Guinéens parlent (plutôt) de faibles moyens accordés à cette institution républicaine. Mais en réalité c’est le régime Alpha Condé qui voit sa crédibilité s’effriter au moment où les velléités du chef de l’état à s’accrocher au pouvoir après son deuxième et dernier mandat ne font plus de doute. Seulement, il importe de préciser que contrairement au ministre Khalifa Gassama Diaby le Dr. Alia Diaby n’était pas critique contre le régime Alpha Condé. Il semblait plutôt être un des agents qu’on a placé pour empêcher l’avènement d’un président de cette institution proche du peuple ». Bref pas de quoi s’enthousiasmer – c’est juste un mamayeur de moins, surement déçu des promesses de gros sous non tenus et donc d’annulation forcée de nombreux chantiers personnels.
  • Le 16, hop il est reparti – cette fois-ci pour un sommet extraordinaire de l’U.A à Addis-Abeba sur la crise électorale en RDC et ensuite laa Antatanarivo pour participer à l’intronisation d’Andry Rajoelina, le nouveau dictateur de Madagascar. Ses retrouvailles avec tous ses homologues du Sud et de l’Est du continent sera surement marrante pour nous à suivre sur la TV-PPAC. Et surtout le plus important – la grande photo de famille avec tous les pontes invités pour garnir un peu plus les murs des salons de notre chef.
  • Le 17, malgré les pantalonnades de l’ambassadeur de Russie, de Don Kass-Kass et de leur mentor/boss qui affirment pompeusement que « Sous nos yeux la Guinée est devenu en 8 années le pays le plus électrifié d’Afrique » le tout récent rapport ‘Doing Business 2019’ de la Banque mondiale donne des chiffres bien différents : « la Guinée est classée dans ce rapport 146e pays en matière de raccordement à l’électricité et 26e pays africain juste après les Comores et la Côte d’Ivoire. Elle affiche un score de 55,84/100 en obtention d’électricité et un score de 0/8 en matière de fiabilité de l’offre et de transparence des tarifs ». A votre avis, qui dit la vérité dans cette affaire-là ?
  • Le 19, une certaine plateforme nationale du mouvement citoyen “Ma Cause” a organisé une conférence-débat autour de la constitution guinéenne. Cette rencontre d’échange et d’information a réuni des députés, des représentants de partis politiques, de la société civile et des citoyens des cinq communes de la capitale. Selon les organisateurs « made in Sanseman »:  « Ils entendent créer un espace d’échange sur toutes les dimensions citoyennes de la constitution guinéenne de 2010 ; porter un regard critique et citoyen sur les faiblesses de la constitution actuelle ; capitaliser les expériences et tirer les leçons sur les crises liées aux vices du cadre normatif ; approfondir la réflexion et proposer des réponses triptyques ; faire des propositions sur les orientations à soumettre aux citoyens dans le cadre de l’approfondissement et de l’adoption de l’option choisie ». Les débats étaient dégoulinants de cirage de pompes, démagogie éhontée et courtisanerie typiquement Guinéenne – la ficelle pour ‘légaliser’ le 3e mandat’ est plus grosse que ma jambe. Parmi la conclusion et les leçons finales la principale est que « le Peuple » exige la modification de la constitution et qu’on ne peut rien refuser au Peuple ». Et  ils sont persuadés que cela suffit, que le tour sera joué, qu’une majorité de Guinéens abêtis, rendus amnésiques et aveugles par 61 années du PDGisme dans ses différentes versions vont applaudir et danser. Le pire c’est que ça pourrait effectivement marcher – c’est aussi ça la Guinée. Mmes et Mrs, accrochez-vous, nous nous dirigeons tout droit vers une révision de notre constitution puisque vous le Peuple l’exigez, même sans le savoir.
  • Le 28 lors de la présentation de son bilan de l’année 2018 devant la presse, le nouveau comedy-club local des cancres de la république imposée par le PPAC, la 3e à passer est sa ministre de l’agriculture et elle a fait très fort dans ce nouvel art pour elle. Après une présentation laborieuse et inconsistante de près d’une heure par une présentatrice effrayée par autant de micros et de cameras branchés pour la 1e fois de sa vie sur elle, elle a eu une réponse effarante à la question suivante d’un journaliste : « pourquoi l’agriculture malgré les efforts cités lors de sa conférenc, n’arrive pas à nourrir la population ? ». Voici sa réponse in extenso : « « La question de la sécurité alimentaire, elle est réelle,  quand on dit nourrir tous les Guinéens, cela c’est entre griffes. Vous savez bien, nous sommes nourris, que ce problème d’autosuffisance est une réalité et que toutes les dispositions sont prises, tout ce qui a été énuméré ici, c’est encore une réalité. La production du riz, on vous a dit tout de suite que c’est passé de un million et poussière à plus de deux millions. Donc je pense que c’est atteint (l’autosuffisance alimentaire, ndlr) et que je peux dire qu’il y a une surproduction, mais qu’est-ce qui se passe ? Le riz guinéen, si nous prenons exemple sur cette céréale, il est prisé, la méthode de transformation, par exemple l’étuvage, intéresse bien les gens, qui donne une certaine qualité au riz, la saveur et tout ce qui fait que ce riz est demandé même par les voisins. Et comme il y a des accords il y a une partie qui va de ce côté. Mais c’est quand on a fini de manger qu’on vend le reste. Donc il y a à manger… ». Si l’un de vous comprend ce charabia digne de son mentor, prière de m’envoyer une traduction en français.
  • Le 29, le tristement célèbre Ibrahima Kalil Konaté dit « K carré », ancien ministre de l’éducation qui avait été incapable de lire les chiffres en milliards de son budget annuel devant la télé nationale avec comme pitoyable défense « Je me suis pas beaucoup frotté au chiffres » est décrété par le boss comme président du conseil d’administration de la LONGUI, la société publique de loterie – Ehh Dieu, il n’y a donc aucune limite à la médiocrité aux commandes du Sanseman. Les gagnants en millions sont sûrs d’empocher des milliards maintenant.
  • Le 31, La cour suprême se prononce enfin sur le recours en annulation pour excès de pouvoir introduit par le député de l’opposition spolié de sa victoire à l’élection au poste de maire de la commune de Matoto par une décision le 16 décembre 2018 du ministre de l’administration du territoire qui ordonnait la reprise de l’élection pour une pagaille organisée par lui lors du vote. La cour s’est déclarée incompétente même si elle reconnait que la requête est recevable. Selon elle la décision du ministre d’annuler le vote est indissociable du processus électoral d’où les raisons de son incompétence à connaitre de cette affaire. Ce que j’aime bien avec cette institution nationale c’est qu’elle reconnait elle-même chaque fois qu’elle est consultée sur le moindre dossier juridique qu’elle est incompétente parce que composée d’une joyeuse bande d’incompétents. Elle nous gâche tout le plaisir de le dire et de le prouver à sa place.
  • – Le 31, les nouveaux décrets tous les soirs au JT de 20h atteignent un nouveau sommet : plus de 100 nouveaux ‘hauts cadres’ sont nommés ou inter-changés dans les différents ministères et c’est le même processus tous les soirs depuis le début de la semaine. A moins de 2 ans de la présidentielle le message est clair : des militants zélés sont placés partout pour assurer la victoire.
  • Pour : comme chaque mois, R.A.S…
  • Contre : concernant la prolongation du mandat des députés cette fois-ci la plus grande honte vient de la réaction de ceux de l’opposition qui chantent partout qu’ils sont contre celle du PPAC au delà de son terme mais ne veulent pas appliquer la même chose pour eux. Leurs leaders parlent, parlent, dénoncent, critiquent, manifestent et créent de nouvelles victimes tous les mois mais aucun ne dit qu’en conséquence de cela ils vont refuser de siéger, ce qu’ils auraient du faire le même jour. Sans sacrifices ils valideront tout sur leurs intentions réelles dans cette assemblée : le fric et autres avantages. Et en dehors de quelques grosses pontes aux poches profondes parmi eux tous les autres n’accepteront jamais de se faire un harakiri financier sans y être forcés et ça leurs chefs le savent alors c’est à eux d’oser l’exiger de leurs petits poissons. Quant au prétexte de dire que s’ils partent le PPAC pourra faire ce qu’il veut par ordonnances, qu’ils cessent de nous faire rire : n’est-ce pas déjà le cas depuis qu’ils sont là ?  Qu’ils me citent une seule fois où sa volonté a été contrecarrée par eux.

Tic-tac, Tic-tac, la montre tourne ; aujourd’hui est le 2962e jour de l’ancien « Guinea is back » et du nouveau « changement radical » – déjà 08 ans, 01 mois et 10 jours ! Aladji-Professeur-Président voici ma suggestion SMART (Spécifique, Mesurable, Atteignable, Réalisable et Temporellement définie) du mois pour améliorer un peu votre Sanseman : grand boss, tout d’abord BRAVO pour votre nouvelle trouvaille de glissement du mandat des dépités du peuple. Vous leur avez joué avec brio le « Je fais le glissement pour vous aujourd’hui et vous faites le glissement pour moi demain – Agnon ! » et du coup vous avez obtenu les balbutiements publics et la gêne coupable de vos ‘ennemis’ devant leurs militants non fanatisés et surtout devant tous les autres Guinéens sur leurs intentions parlementaires principales : les salaires et autres avantages de fonction. Un seul député a osé protester en demandant qu’ils se fassent tous harakiri mais tous les autres ont bien rigolé et ne lui ont même pas répondu – là encore à votre plus grande joie. Maintenant à vous de les attendre au tournant en fin 2019. Et votre reclassification ces jours-ci de l’appellation habituelle « opposants de mon régime » en « ennemis du peuple » ne manque pas elle aussi de piquant politique – vraiment vos racines communistes Feanfardes ne sont jamais très loin dès qu’on gratte un peu sur votre carapace de vieux crocodile. Les seuls vrais perdants dans tout ça ? Nous vos pauvres administrés, coincés comme des souris au milieu d’un combat d’éléphants.

Cher tonton, il faut nous expliquer un peu plus votre affaire de « généraliser » notre diplomatie déjà si mal en point. Il semblerait que vous avez en fait choisi de vous débarrasser de certains des officiers supérieurs nommés par vos prédécesseurs qui avaient la réputation d’être des barons bien établis dans leurs services respectifs que ce soit au ministère de la défense, à l’état-major général des armées et dans les dispositifs de commandement de la police et de la gendarmerie. Quatre généraux-TGV du pays dans quatre postes « pourris » puisqu’il y a peu de possibilité pour du bizness lucratif dans ces pays en faillite : Cuba, Mali, Guinée Bissau et Angola. Un seul veinard et c’est la seule femme (contrôleur général de la police) qui hérite du Sénégal qui est vraiment un poste de rêve pour elle qui sort des bureaux crasseux de la police nationale à Conakry. Néanmoins c’est bien de diminuer la pléthore de kakis bardés de décorations en chocolat « made in Fory Coco / petit dadais / maréchal tigré » mais pardon il ne faut pas nous ridiculiser davantage devant nos partenaires dans leurs pays. Imaginez leur calvaire et notre honte devant vos homologues et leurs télévisions quand ils vont trébucher sur les mots et suer à grosses gouttes malgré la climatisation pour lire un discours de 2 pages. Je ne vous parle même pas des cocktails et diners diplomatiques où ils seront les nouvelles sensations pour les potins et bon mots/maux qui seront distillés en sourdine dans leurs dos. Nous avons appris qu’il y a eu des bruits de botte dans les casernes en fin décembre mais votre solution pour tuer une révolte éventuelle dans l’œuf n’est pas la meilleure : proposez-les plutôt gratuitement ou pour 1 franc symbolique au prince MBS de royaume Saoudien pour les mettre au front au Yémen ou en Syrie. N’importe où mais pas dans nos ambassades déjà si mal en point, Yandi ! J’ai écouté un comique raconter qu’en fait ce jour-là, quand vous avez mis France24 et que vous y avez vu des putschistes en bérets verts annoncer qu’ils renversaient leur président pour incapacité de gérer son pays vous avez au départ cru que c’était ici alors que c’était plutôt au Gabon. Immédiatement il semblerait qu’après vos premiers tremblements passés vous avez ordonné de dégager tous les chefs-kaki avec des bérets verts du pays. Il faut cesser d’avoir peur comme cela, surtout à votre âge-là maintenant. A l’époque vous pouviez encore grimper les murs de stade au 1e coup de feu mais ça c’est terminé maintenant alors « doye-doye  » comme on le dit chez nous dans des cas de panique comme ça. Un journaliste du site Kababashir.com (Ibrahima Sory Camara ) résume bien ce que de nombreux Guinéens réfléchis pensent de votre dernière manœuvre politico-politicienne : « Ces nominations des officiers supérieurs de l’armée intervenues le jour même du coup de force avorté au Gabon et au moment où le mandat des députés tire à sa fin suscite des interrogations. Nécessité de service ou agenda caché ? En tout état de cause, bon nombre d’observateurs y voient de cette nomination des officiers des forces armées dans la diplomatie, une manière d’éloigner certains hauts gradés dont on aurait des craintes et en prévision d’un éventuel putsch, au cas où président Alpha Condé, tenterait de modifier la Constitution pour s’octroyer un troisième mandat…  S ‘agit-il d’une réorganisation de l’armée ? Pourquoi envoyer des officiers supérieurs ayant pris une part active dans la reforme des forces de défense et de la sécurité, garant de la démocratie et des institutions républicaines,  comme représentants diplomatiques ? Un analyste politique va jusqu’à se demander si « La diplomatie guinéenne est si FORTEMENT en crise qu’il est devenu URGENT de faire appel à des cadres des Forces de Défense et de Sécurité pour sauver les meubles. Ou bien il faut fabriquer rapidement des diplomates pour les envoyer aux quatre coins de la planète pour « sauver » l’image de la Guinée à l’étranger et en même temps, c’est le plus important, déstabiliser et débarrasser l’armée de ses FORTES TÊTES.  Il est question de faire de pas moins de quatre hauts gradés de l’armée guinéenne des diplomates dans des pays qui ne requièrent nullement une relation militaire particulière avec la Guinée. Voilà tant de questions que l’on se pose aujourd’hui et dont seul le locataire du palais Sékhoutouréyah pourrait apporter une réponse claire et précise à ces préoccupations ». Et oui, camarade PPAC il faut nous dire la vérité-vraie, pas celle du boulanger national. Et puis 3e mandat c’est Niet, un point, un trait. N’essayer même pas, on ne mordra jamais à cette hameçon-là, même quand vous nous l’enfoncerez de force dans la gorge.

Publié dans 2019 | Laisser un commentaire

Une Nouvelle Voie (Décembre 2018) : un 2e officier saute par-dessus bord du Titanic national

Bienvenue à mon bilan du 36e mois de la Condécratie version 2.0. Je continue mon exploration mensuelle des méandres des décisions importantes pour la Nation prises par nos nouveaux chefs en proposant des pistes de réflexions et d’actions qui pourraient être envisagées pour que le « vrai changement » soit effectif.

  1. Echantillon de paroles et pensées présidentielles du mois:
  • « Je voulais qu’on marche sur les deux pieds. Malheureusement aujourd’hui on marche seulement sur une jambe parce que l’autre jambe c’est ce que les populations ont montré dans leurs capacités d’innovation que j’ai vu à N’Nzérékoré et à Labé. Donc j’avais souhaité que tous ces gens soient représentés  afin que les gens qui viennent sachent que le peuple de Guinée a un génie créateur qui l’a amené à faire des réalisations au nom desquelles ils étaient ahuris. Malheureusement cette 2e jambe n’est pas là aujourd’hui. J’espère que l’année prochaine nous prendrons sérieusement le temps pour que tous ces gens dans les préfectures et qui ont fait des recherches soient là pour qu’on voit ce qu’ils ont réalisé aussi… La première faiblesse que nous avonsc’est la non- maitrise de l’anglais par la plupart de nos étudiants. Et qu’on le veuille ou pas aujourd’hui la première technologie c’est l’anglais. Pourquoi c’est une faiblesse ?… Notre deuxième faiblesse c’est le niveau de nos enseignants. D’où l’importance de développer le VSAT. Il faut qu’on se parle franchement. en 2011 j’ai fait faire un concours avec 750 enseignants de l’école primaire. Une dictée de CE2, pas CM1 et CM2. Nous avons mis 20 fautes. Sur les 750 enseignants 75% n’ont pas trouvé les 20 fautes. Et sur ces 75%, 25% ont ajouté des fautes. Alors comment un enseignant qui ne peut pas corriger une dictée de CE2 peut corriger un élève de CM2 au certificat d’études… On est en train de former des gens qui ne sont pas capables de trouver du travail parce qu’ils n’ont pas de niveau. Une banque de la place nous a offert des bourses à un moment donné pour le Master, quand ils m’ont amené le truc corrigé des  candidats honnêtement j’avais honte parce que des gens qui sont supposés avoir un certain niveau n’étaient même pas capables de faire une page sans fautes… Aujourd’hui tout le monde est conscient que le premier problème des jeunes africains c’est l’emploi. C’est bien beau de critiquer les occidents qui nous ont colonisés mais nous, chefs d’état avons aussi des responsabilités. Quand nos enfants meurent dans la Méditerranée on ne peut pas mettre cela sur le dos des blancs. Avons-nous utilisé l’essentiel de notre budget pour les classes les plus démunies, les jeunes et les femmes ? On ne veut pas que les gens nous dictent ce qu’il faut faire. Mais il ne faut pas non plus rejeter nos responsabilités sur les autres. Ayons confiance en l’Afrique et aux Africains. Il ne faut pas penser tout ce qui vient de l’Europe, de l’Amérique ou de la Chine est mieux. Moi je n’ai pas eu besoin d’aller en Chine pour fabriquer des machines pour le fonio et autres (le 07, lors de la clôture de la semaine africaine des sciences couplée avec la journée nationale de la recherche et de l’innovation ».
  • « Dans chaque sous-préfecture nous allons envoyer des décortiqueuses pour transformer le riz paddy en riz net. Nous avons aussi fait venir des boulangeries-conteneurs. Chaque boulangerie peut produire 4.000 pains par jour, ainsi que des machines de production de jus de fruits. A partir du mois de janvier nous dépêcherons des missions dans les sous-préfectures pour rencontrer les jeunes et les femmes… Croyez-moi n’écoutez les démagogues, pendant 50 ans, ils ont fait quoi ? Quand j’ai été élu on n’avait que le Novotel comme hôtel à Conakry. Mais aujourd’hui les hôtels qu’on a on n’en trouve pas ni à Abidjan ni à Dakar. La Guinée ne produisait que 130 MW de courant électrique. Avant 2020 on aura fait 1000 MW c’est-à-dire 10 fois que les autres en 60 ans. Donc ceux qui s’agitent demandez-leur ce qu’ils ont fait en 50 ans » (le 09, lors de sa mamaya électorale dans la ville de Siguiri pour nous expliquer ce qu’il va faire pour transformer cette région en eldorado en 2 ans).
  • « Je ne suis pas satisfait du fonctionnement d’EDG, je l’ai déjà dit à Kankan. Mais je ne vous permets pas de faire la pagaille. Il n’y a pas de courant mais qui a amené le courant qui est à Nzérékoré ? Pourquoi vous criez s’il n’y a pas de courant dans un quartier ? J’ai dit qu’EDG ne marche pas. Est-ce qu’il y avait de l’électricité avant que je n’arrive au pouvoir ? Pendant 50 ans, qu’ont fait les première et deuxième Républiques ? De 1920 du temps des blancs à mon arrivée au pouvoir la Guinée n’avait que 130 MW de courant. En moins de 4 ans j’ai fait Kaléta qui produit 240 Mégawatts. Souapiti va finir l’année prochaine puis Amaria et Koukoutamba. Donc en 10 ans j’aurai fait 1000 mégawatts. J’ai dit à EDG qu’ils ont promis le courant. Nous allons régler tout ça parce qu’on va changer la direction d’EDG » (le 16, lors de sa mamaya électorale de Nzérékoré suite à des protestations et des pancartes tenues par des jeunes pour se plaindre de l’absence d’électricité dans leur ville).
  • « Il n’y a pas de développement sans énergie. C’est l’énergie qui peut nous permettre d’industrialiser notre pays. Je vous donne la certitude que d’ici 5 ans la Guinée sera le pays le plus électrifié de toute l’Afrique. Je vous donne ma parole. Nous allons industrialiser et vendre nos produits finis dans les autres pays et rien n’empêchera cela. Le train du développement de la Guinée a démarré et rien ne pourra l’arrêter. Ceux qui ne monteront pas à bord resteront sur le quai. Le train lui va continuer sa marche pour qu’ensemble nous surmontions tous les obstacles… Nous avons construit une usine d’anacarde à Conakry. Avec les fruits de l’anacardier nous allons produire du jus et de l’alcool. Mais quand je dis alcool on va me dire ‘Oh, Alpha veut amener de l’alcool en Guinée’. Mais mon ami quand vous avez une plaie et que vous partez à l’hôpital c’est de l’alcool qu’on met là-dessus. L’alcool que nous produirons c’est pour les hôpitaux. Je rassure les imams qu’il ne s’agit pas de faire boire de l’alcool aux Guinéens… Les ministres et préfets sont nommés par décret, ils ont peur du président, ils n’osent pas lui dire la vérité. Si je viens moi-même dans les sous-préfectures la population n’a pas peur, les jeunes et les femmes n’ont pas peur, ils peuvent me dire ce qui ne va pas. Si je reste à Conakry je ne peux pas tout savoir. Les Guinéens de l’intérieur du pays diront que le président s’en fout de nous c’est pourquoi je vais sillonner les préfectures de la Basse Guinée, de la Haute Guinée, du Foutah et de la Forêt. Comme ça j’aurai l’occasion de discuter avec la population… La Guinée est victime de son passé. C’est pourquoi quel que soit le progrès qu’on fait on dira ‘Aah, c’est la Guinée encore’. Pourtant beaucoup de pays qu’on présente comme démocratiques en Afrique, si on les compare à la Guinée on sait ce qui se passe là-bas. Nous  nous sommes patients. Nous sommes confiants. Le peuple de Guinée peut être fier de lui parce qu’il ne reçoit ni d’ordre ni d’injonction de personne. Que cela soit clair pour le monde entier » (les 20 et 21, à Labé et Dalaba lors d’une mamaya identique aux précédentes de ce mois).
  • « Depuis 2010 la démocratie fait partie de notre histoire à l’image de notre indépendance. En 2017 nous avons eu une croissance à deux chiffres de 10%, malheureusement avec les différents troubles le taux actuel sera  entre 6 et 7% » (le 31, discours à la nation pour la nouvelle année).
  • Pour : le boss innove ce mois-ci en tendant ses discours à un des courtisans en sommeil dans les poches son boubou pour les lire à sa place. L’idée en fait n’est pas si bête que ca : primo il fait ainsi moins d’improvisations répétitives et ridicules. Secundo il nous montre qu’il y a autour de lui des cancres bien pires que lui en public et donc qu’on est bien mieux barré avec lui. L’exemple le plus marrant était celui de Boffa où il inaugurait un nouveau chantier minier chinois. Il tend le micro à Bouna Keita, un nain opportuniste célèbre chez nous pour ses carences comiques et ridicules en français qu’il insistait pourtant dans le passé à vouloir nous rappeler régulièrement. Mais cette fois-ci il a refusé avec une expression d’effroi bien de chez nous « SubhanAllahii » qui a bien fait rigoler le taquin PPAC. Je me demande qui lui a suggéré cela, surement un ennemi juré du clown Bouna.
  • Contre : il nous revient avec ses promesses hebdomadaires répétitives mais également avec de nouvelles (notamment les boulangeries/containers, les machines pour cultures vivrières et 4 usines à poisson made in Israël). Ensuite le PM Don Kass-Kass prend bien le relais des discours creux de son mentor en ânonnant lui aussi des propos de plus en plus marrants sur la grandeur de son chef et sur la réussite de son Sanseman. Il se répète même plus que son boss à chaque nouveau discours. Le plus comique c’est de le voir au JT-PPAC dire cela avec conviction et bagout devant nos  partenaires blancs en sachant bien que ces gens ont été largement briefés par les services techniques de leurs ambassades sur la réalité d’investir leurs sous ici actuellement. Ces gens défilent à Conakry principalement pour être reçus pour la 1e fois de leur vie par un président de la république (avec photo officielle à l’appui comme preuve une fois de retour chez eux) et ensuite poser leurs billes pour l’avenir, quand le climat des affaires dans ce pays ne sera plus synonyme de rackets journaliers des fonctionnaires, douaniers, policiers, gendarmes.
  1. Les décisions et actions « positives » du mois :
  • Le 06, le ministre chargé de l’enseignement supérieur (encore lui) annonce des mesures « intelligentes » pour réduire les dépenses fictives dans nos universités et instituts supérieurs de recherche et de formation. Cette reconfiguration institutionnelle de son département permettra surtout le regroupement de la majorité des instituts supérieurs aux universités du pays. Ceci va drastiquement réduire les grignotages financiers journaliers des milliers de gestionnaires bidons d’institutions d’enseignement encore plus bidons, faciliter l’amélioration de la gestion à travers moins d’entités à superviser et auditer. De nombreux marabouts doivent maintenant travailler fort pour mettre fin aux jours de cet emmerdeur national.
  • Le 11, le paysage politique est de nouveau chamboulé : un 2e funambule sur la ligne de démarcation virtuelle entre le pouvoir et l’opposition quitte le bateau du PPAC. Mr Sydia Touré, le président du parti UFR imite l’ancien ministre de la citoyenneté Gassama Diaby en démissionnant avec fracas par un Tweet (la Trumpitude progresse partout) de son poste de haut-représentant du président de la république. Les raisons sont claires, nettes et précisés : aucune considération ou impact de tous ses conseils depuis sa nomination juste après les résultats de l’élection présidentielle de 2015. Voici un petit extrait de ses justifications : «…Près de trois ans après ma nomination au poste de haut représentant force est de constater que  je ne suis pas parvenu à infléchir vos orientations qu’il s’agisse de la gestion économique permettant de créer les conditions d’une prospérité au bénéfice de tous nos concitoyens ou de la mise en place d’un dialogue politique à même de créer un climat de paix dans notre pays, condition sine qua non de tout développement… Les manœuvres et les attitudes politiques auxquelles il nous a été donné d’assister lors des élections communales ont rendu malheureusement la situation sociopolitique encore plus préoccupante… ». Il a essayé de l’aider à contrôler la souricière de Satanya mais le méchant chat a dû fuir pour ne pas se faire manger vivant par les rats qui y pullulent. Il a réussi ainsi à s’extraire de la gouvernance bana-bana du Sanseman avant qu’elle ne s’écroule sur lui.
  • Le 15, le PPAC reçoit une nouvelle fessée politique : les 2 plus grandes communes de la capitale (Matoto et Ratoma), celles pour lesquelles principalement il a fait bloquer la finalisation des élections municipales depuis 10 mois et 10 jours tombent finalement dans les bras de son opposant le plus radical. Il a essayé en vain de magouiller sous la table pour s’assurer l’obtention d’au moins une commune mais au finish lui et son RPCé sont mis à la porte de la gestion des 5 communes de Conakry – la gifle suprême en raison du désamour croissant pour leur gestion de plus en plus dictatoriale et corrompue.
  • Le 31, le boss termine l’année par une bonne action : Mme Fatou Badiar Diallo recouvre sa liberté par grâce présidentielle. Elle avait été condamnée à 15 ans de travaux forcés pour sa soi-disant implication dans l’organisation de l’attaque de la résidence privée du président Alpha Condé, en fait un auto-attentat à la chambre à coucher du PPAC le 19 juillet 2011. Cette pauvre ménagère, néanmoins dévoilée lors du procès comme une commerçante intrigante dans les magouilles financières de l’armée et de la présidence a néanmoins passé 7 années en taule principalement selon certaines sources pour avoir refusé d’épouser en seconde noces l’un des chefs de l’armée, ami de son défunt mari. Deux autres prisonniers dans ce procès sont également graciés, Almamy Aguibou Barry et Mamadou Alpha Diallo, des petits taupes/mouchards des services secrets guinéens qui ont en fait payé pour l’ensemble de leurs autres crimes. Il lui reste maintenant le commandant AOB Diallo et l’infirme Jean Guilavogui à libérer pour qu’il puisse soulager ce qui lui reste de conscience dans ce procès-bidon piloté par lui-même – allez, un petit effort de plus papy-promesses, Yandi.
  • Pour : concernant les reformes dans l’enseignement supérieur désormais l’institut supérieur de l’information et de la communication (ISIC) revient à l’université Général Lansana Conté de Sonfonia. L’université de Sonfonia connait également l’arrivée dans son giron de l’institut supérieur des arts et de Guinée (ISAG) de Dubréka et l’Institut de recherche en linguistique appliquée (IRLA). L’institut supérieur d’architecture et d’urbanisme (ISAU) et l’institut supérieur de recherche et de valorisation des plantes médicinales (IRVPM) sont rattachés à l’université Gamal Abdel Nasser de Conakry. Les centres de recherche et de documentation de l’intérieur du pays sont rattachés aux universités de leurs localités respectives. La grande claque confirmée du RPCé aux élections communales de Conakry est un grand signal de ce qui pourrait se passer en 2020 s’il essaie de rempiler pour un 3e Distribuer des sous pour acheter des voix c’est facile pour lui et tous les Guinéens empocheront cela avec plaisir, danseront la mamaya comme des dératés pendant toute la campagne mais ensuite devant l’urne secrète ils lui feront comprendre qu’ils veulent maintenant voir essayer un autre. Et ça c’est y compris la majorité de ses militants RPCistes.
  • Contre : concernant les bonnes intentions dans le domaine de l’enseignement supérieur il reste néanmoins le plus grand problème, celui de l’amélioration de la qualité de ce qui y est enseigné mais cela prendra beaucoup plus de temps et un système général de destruction et de reconstruction de la gestion dans tous les domaines sectoriels du pays. Façon de dire que ce ministre sera démis de ses fonctions avant que l’on arrive à ce point-là. Le pauvre se bat de toutes ses forces et c’est bien mais il doit savoir qu’il est impossible de danser le twist quand tous ceux autour de lui dansent un slow langoureux. C’est soit on finit par se calmer et danser avec eux, soit on s’auto-décrète vers la sortie au prochain remaniement ou au mieux vers la démission avec fracas, la nouvelle mode. Je parie néanmoins plus sur la 1e option, la plus habituelle au bled.
  1. Les décisions et actions « négatives » du mois :
  • Le 04, le passage des membres du gouvernement pour défendre leurs budgets sectoriels devant l’assemblée nationale démarre laborieusement. Le premier à passer est le ministre de la justice. Malgré les affirmations pompeuses et les autocongratulations pour magnifier son œuvre et celle de son timonier suprême la triste réalité des chiffres ne ment jamais. Il se vante d’une augmentation de 60% de son budget 2019 par rapport à celui de 2018. Malgré tout ce tintamarre démagogique il finit par déplorer que sur les 60 milliards GNF budgétisés seuls 20 milliards GNF sont alloués par le gouvernement pour l’organisation du procès du 28 septembre 2009. Avec les USA qui promettent 13 milliards GNF et l’Union Européenne environ 4,5 milliards GNF on peut donc conclure que le PPAC ne fera strictement RIEN à part tendre sa timbale de mendiant pour que ce procès se tienne avant 2020 – ce que j’ai toujours affirmé dans cette chronique.
  • Le 05, c’est le ministre des affaires étrangères qui vient pour y pleurnicher sur ses misères professionnelles. Il dénonce devant ces dépités impuissants et inutiles l’état de délabrement avancé des ambassades guinéennes à l’étranger et les difficiles conditions de vie de nos diplomates au lieu de le faire devant la seule personne qui pourrait y remédier. En attendant on comprend mieux pourquoi nos ambassades sont réputées pour leurs magouilles de visas, les bakchichs obligatoires pour l’obtention de tout document officiel et l’absence de chauffage et de toilettes décents dans nos chancelleries. Triste, tout simplement !
  • Le 05, un grave accident de circulation entre Faranah et Mamou fait 18 morts et une dizaine de blessés graves (donc quasi-morts dans nos hôpitaux). Le lendemain un autre entre Dabola et Mamou fait 06 morts et 09 blessés graves. La population est émue mais le PPAC et son gouvernement s’en foutent : pas de reconnaissance publique de ces drames, pas un mot de compassion à plus forte raison de deuil national. Mais dès qu’un d’entre eux perd quelqu’un c’est un drame national avec symposium au palais du peuple et enterrement royal. Ici il y a Guinéens et guinéens – ce n’est pas pareil. Finalement, après le tollé sur les réseaux sociaux le gouvernement réagit le 07 avec un de ses textes insipides habituels de « condoléances et enquête rigoureuse et diligente » – juste pour rectifier la forme de sa bourde.
  • Le 08, le président du RPCé entreprend une virée triomphale à l’intérieur du pays. 1e étape en Haute Guinée pour démarrer sa campagne pour une prolongation de son mandat. Les promesses les plus loufoques se succèdent comme un tir de mitraillette de milicien sur l’axe de Bambéto. Première étape, la préfecture de Kouroussa où il parait que l’accueil était loin de celui espéré – les originaires du coin qui rodent à Satanya vont se faire chauffer les oreilles pour justifier les milliards de GNF sortis des caisses du vieux Picsou pour mobiliser toute la population, malades et mourants compris.
  • Le 10, deux projets portant sur la réhabilitation de la voirie urbaine de Conakry et la construction de la route nationale Coyah-Mamou-Dabola sont présentés au vote de l’assemblée nationale. Certains députés de l’opposition ont émis des réserves sur la gestion desdits accords et ils se sont abstenus lors du vote. Sur le coup le président du parlement Kory Kondiano pète les plombs et claironne pompeusement que «« S’abstenir, c’est trahir. Vous êtes des traitres »». Devant le tollé dans la salle il a dû présenter de plates excuses avec une justification vraiment comique : « De temps en temps certains mots viennent de ma bouche pour essayer de détendre l’atmosphère. Donc ce n’est pas par méchanceté. Il faut que vous acceptiez parfois l’humour pour détendre l’atmosphère ». C’est avant tout une confirmation du fond de sa pensée de courtisan démagogue.
  • Le 13, les policiers et gendarmes utilisent une nouvelle arme chimique dix fois plus efficace que les précédentes pour disperser une nouvelle marche de l’opposions. Les picotements habituels de gorge et des yeux des gaz lacrymogènes habituels sont remplacés cette fois-ci par des convulsions, vomissements et même syncopes. Et ils en ont balancé même dans la cour de la maison du chef de file de l’opposition où les leaders s’étaient retranchés pour fuir ce nouveau calvaire. C’est grâce à cette bourde que des étuis vides de ce gaz new look ont pu être récupérés sur lesquels on pouvait lire « Condor – GL 302 » avec la mention en gros et gras « Attention : dangereux si utilisé après la date de validité – date d’expiration août 2017 ». C’est notre modèle tropical d’arme de destruction massive.
  • Le 15, suite à la défaite du RPCé dans la dernière commune de Conakry (Matoto) en lice pour l’élection des maires et devant le risque très probable de sanctions du responsable suprême les chefs RPCistes paniqués délèguent un militant zélé qui a foncé vers la table de dépouillement avant la clôture du décompte pour déchirer les bulletins du vote. Du coup c’est une pagaille monstrueuse dans la salle avec insultes dans tous les sens et formes et interventions des policiers pour arrêter tout le processus. Et le ministre de l’intérieur, l’architecte de toute cette mascarade a beau jeu de venir devant les cameras et micros pour annoncer qu’il faut reprendre le vote alors qu’aucune disposition légale ne lui confère cette autorité mais ça c’est un simple détail ici. Il espère ainsi renforcer une dernière fois ses manœuvres souterraines pour dénicher la seule voix nécessaire pour gagner vu que le score final du vote était de 23/22 en faveur de l’opposition pour un total de 45 conseillers communaux qui votaient. Et dire qu’ils ont préparé cette victoire pendant plus de 10 mois pour arriver à ce résultat final – quelle nullité !
  • Le 15, après la fin de la campagne présidentielle en Haute Guinée le boss suprême arrive dans la région de la Guinée Forestière pour poursuivre ses mamayas gigantesques dans les préfectures de Guéckédou, Lola, Beyla et finalement Nzérékoré. Les promesses et les cadeaux-cash ont arrosé les braves militants qui ont tout compris et applaudi à tout casser – tant pis pour les autres.
  • Le 17, au lendemain de son retour de sa tournée en Guinée Forestière il s’envole pour Vienne (Autriche) pour prendre part le lendemain aux travaux du Forum Europe-Afrique qui regroupe des chefs d’états et de gouvernements européens et africains ainsi que des leaders de grandes entreprises mondiales. Au-delà du défi migratoire auquel les deux continents sont actuellement confrontés ce forum se veut un espace de réflexion pour promouvoir des économies africaines de technologie, l’innovation et la numérisation en tant que catalyseurs importants du développement. Bref notre boss y était surtout pour la photo de famille officielle du 1e jour du sommet.
  • Le 20, c’est l’arrivée triomphale à Labé en Moyenne Guinée, dernière étape du mois de la distribution de premières pierres et promesses farfelues. Il visite ensuite les préfectures de Pita et Dalaba pour continuer à chauffer les foules de badauds et d’amnésiques locaux. Pauvres compatriotes du pays profond qui dansent la journée pour leur bourreau mais rentrent ensuite le soir chez eux pour l’insulter et le maudire pour l’absence de tout chez eux. Finalement ils se méritent bien tous ceux-là.
  • Le 21, il descend à peine de son hélicoptère venant de Dalaba pour monter dans un jet privé direction Abuja (Nigeria) pour un sommeil de la CEDEAO qui est prévu pour le lendemain. Incroyable, sans même passer à la maison pour dire bonjour et au revoir à Madame. Attention sa voyagite aigue a pris un gros coup d’accélérateur ce mois-ci. A ce rythme elle va finir par nous le casser et nous en débarrasser très bientôt. A près de 85 ans si on ne freine pas un peu sur l’accelerateur on s’expose gravement à la « courte maladie » endémique ici.
  • Le 29, l’assemblée nationale a adopté le code civil révisé. En dehors de certaines avancées sur les droits des femmes et des enfants il a fallu comme d’hab. y ajouter une gaffe typiquement guinéenne : il réinstaure le régime de la polygamie qui avait été aboli de fait depuis 1960 par le régime pseudo-révolutionnaire et en termes écrits et clairs dans le code révisé de 1984. Désormais l’homme peut se marier à 4 femmes (maximum) s’il le désire, il doit juste mentionner cela lors de la célébration du premier mariage devant l’état-civil. Et tant pis pour la nouvelle épouse qui osera dire non. En réalité cette polygamie interdite restait pratiquée largement dans le pays, notamment (mais pas seulement) par la majorité de nombreux riches et puissants de cette même assemblée. C’est l’argument stupide utilisé par ceux qui ont voté la loi comme si changer la loi était plus simple que de punir ceux qui ne respectaient pas la loi passée. Encore une marche arrière par rapport aux rares reformes positives du siècle passé, et cela en plein XXIe siècle. Nous sommes incorrigibles ! Notre PPAC, en bon communiste occasionnel, avait promis de refuser de signer quand le projet arriverait à son niveau pour la promulgation de la loi avant son adoption finale par le même parlement. Mais bon parole de PPAC on sait maintenant ce que ça vaut.
  • Pour : comme chaque mois, R.A.S…
  • Contre : le ministre des affaires étrangères dénonce pêle-mêle leurs salaires qui sont non seulement très bas mais avec lesquels ils ne bénéficient ni d’assurance maladie, ni d’allocations pour la scolarisation de leurs enfants. Également le bas niveau du budget de fonctionnement des ambassades empêchant la promotion de l’image de marque du pays. Il en est de même pour les retards dans le paiement des charges et salaires des ambassades et consulats généraux. Pour son ministère à Conakry il a aussi énuméré les difficultés auxquelles il est directement confronté chaque jour en particulier l’inadéquation des besoins exprimés et des allocations budgétaires, la lenteur du système et du circuit financier d’où la nécessité de la mise en place d’une procédure plus simple et plus rapide, la faiblesse de capacité des cadres et diplomates. Bien sur il finit par applaudir son chef éclairé qui nous mène avec toutes ces tares tout droit et sans détour vers des succès diplomatiques remarquables, l’émergence et le bonheur pour tous avant 2020. Pour la virée en Haute Guinée, après Kouroussa les autres villes défilent : Siguiri où la mamaya est plus impressionnante. Le lendemain c’est une visite TGV à Mandiana avant d’arriver au cœur de ses problèmes, la ville de Kankan. Les poses de 1e pierre se font pratiquement tous les kilomètres parce que des ponts, des routes nationales et des buildings sortiront de terre avant la prochaine élection présidentielle. Bienheureux les niais qui croient encore à ça, mais croyez-moi ils sont de moins en moins nombreux dans ce pays. Pour notre nouveau gaz lacrymogène pourri, ainsi au lieu de se faire chopper pour l’utilisation d’armes non conventionnelles contre des manifestants pacifiques le gouvernement préfère maintenant des gaz périmés avec tous leurs effets secondaires dangereux, ce qui explique les réactions sur les marcheurs et tous ceux qui vivent dans les quartiers de passage des marcheurs, y compris des enfants innocents qui jouent chez eux. Bravo au niveau ministre de la sécurité, le tortionnaire junior Otis Keira et son boss direct, Don Kass-Kass qui répète à chaque interview qu’entre l’ordre et la loi il préfère et donc choisit sans aucune hésitation le premier.

Tic-tac, Tic-tac, la montre tourne ; aujourd’hui est le 2931e jour de l’ancien « Guinea is back » et du nouveau « changement radical » – déjà 08 ans et 10 jours ! Aladji-Professeur-Président voici ma suggestion SMART (Spécifique, Mesurable, Atteignable, Réalisable et Temporellement définie) du mois pour améliorer un peu votre Sanseman : grand boss, permettez-moi de vous parler ce mois-ci du blocus et de l’omerta crées autour de vous pour vous empêcher (encore plus) de voir et comprendre ce qui se passe hors de votre tour d’ivoire. Toute info que vous recevez qui passe par leurs filtres démagogiques et révisionnistes est fausse et dangereuse à 99%, Walahi ! Vous savez cher tonton j’ai lu récemment un commentaire d’un compatriote ressortant la rengaine facile habituelle des Guin-Int pour espérer fermer la bouche de tout Guin-Ex critique avec pour seul argument qu’il ne vit pas au pays : « Il est très facile de rester calé dans son salon en Occident et jouer au donneur de leçon ». Pardon ne tombez pas vous aussi dans ce piège primaire, laissez cet argument aux cancres de l’entourage de tous les politiciens du pays qui sont toujours prompts a répondre aussi à tout Guinéen qui vit hors du pays  « Quitte là-bas, vous êtes dans le beurre en Occident donc vous ne savez pas ce qui se passe ici ». Argument qu’ils pensent massue pour rejeter toute critique même constructive. Vous savez, je vis presque la moitié de l’année à Conakry maintenant. Permettez-moi de vous dire que je sais bien mieux que la majorité des gens d’ici ce qui se passe dans cette ville quand je suis dans mon salon à l’étranger qu’en me promenant dans tous les milieux de Cona-cris où c’est surtout des bobards, fanfaronnades, contes et légendes. D’ailleurs actuellement pour savoir s’il y a manif et pneus brûlés donc impossibilité de sortir de chez soi c’est sur le net qu’on peut le savoir chaque matin. Idem aussi pour les bouchons urbains pour les contourner. Tout se passe en coulisse ici et si vous voulez savoir vraiment ce qui s’est passé dans la journée à Conakry : 1) scrutez bien la majorité des sites guinéens. 2) faites la part des choses entre les fake news (80%) et les faits réels/possibles en croisant les infos entre sites partisans, démago et sérieux. 3) si c’est important confirmez par des sources « fiables » parmi vos proches pour avoir une petite idée de la vérité. 4) Considérez comme mensonges et propagandes la majorité de ce que vous entendrez de la bouche des politiciens, haut-fonctionnaires, syndicalistes, pontes de la société civile et certains parents/amis : ils n’en savent pas beaucoup plus que vous mais cherchent principalement à vous convaincre de leur importance dans la vie de la nation, pour se faire mousser avec conviction comme s’ils y étaient à ces moments précis pour faire croire surtout qu’ils sont dans le inner-circle des boss du pouvoir.

Boss, concernant le « ça m’étonne » que votre haut-rep. vous a joué ce mois-ci vous devriez vraiment vous casser les méninges pour mieux décortiquer cette affaire-là et ses conséquences pour vous deux. Je pense surtout que pour éviter d’être en partie comptable de votre bilan décennal catastrophique il a fait le choix judicieux et sage de sauter de votre navire en perdition 2 ans avant l’apothéose finale et d’explorer de nouveau l’environnement local sans bien savoir pour le moment comment il va pouvoir améliorer son score aux prochaines législatives prévues en 2019 (mais déjà impossibles à tenir vu le calendrier minimum indispensable pour les organiser) et surtout pour être notre prochain président en décembre 2020. Il joue ainsi une nouvelle fois la carte de la 3e voie, celle du candidat anti-ethnique, celui du « Ni RPG / Ni UFDG ». La triste réalité politique est qu’il est originaire d’une minorité ethnique et que dans le contexte politique pourri actuel un président de la république ne pourra gagner que s’il est choisi dans les camps RPG ou UFDG vu que les candidatures indépendantes ne sont pas autorisées. Pour qu’il le devienne il faudrait donc qu’il soit adoubé pour cette élection soit par l’un soit par l’autre et cela est hélas une épreuve presque surhumaine. L’expérience de la présidentielle de 2015 a bien indiqué que cela a était impossible avec l’UFDG en raison surtout de ses militants à courte vue,  fanatisés et aveuglés par le trône devant eux. Il a voulu donc essayer avec vous, je pense qu’il a cru qu’en se rapprochant jusqu’à vous coller « ton pied – mon pied » vous pourriez à deux couillonner votre parti par ailleurs dirigé justement par une majorité de couillons courtisans mais il a fini par comprendre que cela ne marcherait jamais avec vous non plus. Il a donc préféré récupérer ses ailes pour pouvoir redécoller vers 2020. A ce titre je regrette sincèrement que cette bipolarisation monopolistique du jeu politique chez nous risque de réduire pendant encore très longtemps les chances de voir venir une véritable alternative différente capable de mettre en place une équipe de vrais technocrates pour sauver notre pays. Il ne reste qu’une seule solution de déblocage à mon avis : un Rawlings ou un Abeii Ahmed à la sauce Guinéenne mais ça je n’en vois pas encore à l’horizon. Quant aux politiciens de la diaspora qui en auraient le courage et l’envie réelle leur seule chance possible sera de venir plonger pendant quelques années dans le marigot politique local – comme Sydia et Faya et plusieurs autres l’ont fait – pour se faire un nom avant d’espérer la moindre chance d’obtenir 1% des votes lors de toute élection nationale. Voila à quoi nous sommes réduits aujourd’hui. En tout cas je finis en vous souhaitant « Bon Anné – bon Santé ». On est ensemble et je ne vous lâcherais pas surtout avec mes petits conseils mensuels jusqu’à votre départ, inch Allah – promis-juré !

Publié dans 2018 | Laisser un commentaire

Une Nouvelle Voie (Novembre 2018) : Prési bougez-vous Yandi, votre pays est en ébullition

Bienvenue à mon bilan du 35e mois de la Condécratie version 2.0. Je continue mon exploration mensuelle des méandres des décisions importantes pour la Nation prises par nos nouveaux chefs en proposant des pistes de réflexions et d’actions qui pourraient être envisagées pour que le « vrai changement » soit effectif.

  1. Echantillon de paroles et pensées présidentielles du mois:
  • « Guinéennes, Guinéens, il y a 60 ans, ce 1ernovembre 2018 que notre pays s’est doté d’une grande armée qui, par son sens du devoir, de l’honneur et du sacrifice à toute épreuve et dans toutes les circonstances, fait notre fierté et contribue ainsi à la grandeur de notre jeune nation. Depuis 60 ans, notre Armée, soudée à son peuple, défend avec courage, patriotisme et professionnalisme, la dignité et l’honneur de notre pays, notre liberté et notre indépendance chèrement acquises… La réforme des forces de défense et de sécurité de notre pays est considérée aujourd’hui comme un modèle de réussite. Je voudrais à titre personnel assurer qu’en tant que commandant en chef des forces armées je veillerais à ce qu’elle ait à sa disposition les moyens d’accomplir ses missions républicaines (le 01, discours à nos militaires à l’occasion du 60e anniversaire de leurs massacres systématiques sur les civils Guinéens).
  • « Quand j’ai été élu j’ai dit que j’ai hérité d’un pays, pas d’un état parce que tout était priorité et tout était à refaire. Quand j’étais élu le Sénégal avait atteint l’initiative pays pauvres très endettés (PPTE), nous on ne l’avait pas obtenue. Il a fallu qu’on se concentre sur les réformes macroéconomiques avec le Fonds monétaire international (FMI). Et grâce à Dieu, en 2 ans nous avons pu le PPTE. Nous avons engagé des réformes extrêmement importantes. Nous avons fait la réforme de l’armée. Nos partenaires disent que ce n’est pas une réforme, mais une révolution. Comment la Guinée avec autant de potentialités minières et agricoles était si en retard ? Pour changer la donne nous avons fait assez de réformes. Nous commençons maintenant à attirer des investisseurs dans le domaine des mines ou dans l’agrobusiness. 70% des guinéens relèvent de l’agriculture. La seule façon de diminuer la pauvreté c’est l’agro-business. Aujourd’hui un paysan guinéen va sur son Orange Money s’il veut réserver un tracteur et de l’engrais. Comme beaucoup sont analphabètes donc sur leurs téléphones c’est les dessins du tracteur et des moissonneuses (!!)» (le 09, au cours d’un panel de discussion lors du Africa Invest Forum de Johannesburg).
  • « Nous sommes derrière vous. Si vous gagnez j’aurais une surprise pour vous. Si vous perdez, on va vous amener à la présidence et je vais chicoter chacun de vous. Je ne blague pas hein. Vous avez intérêt à gagner ! » (le 16, en recevant l’équipe nationale de football qui devait jouer deux jours après contre la Cote d’Ivoire).
  • « Il y a des moments dans un pays où il faut sortir de la démagogie, dire la vérité. Où on doit se parler franchement, se dire la vérité. Les jeunes n’étaient pas nés mais beaucoup d’entre  vous étaient là : de 1958 à 2010, 52 ans, où vous étiez ? Faut que les sages, hommes et femmes de Boké osent dire la vérité aux jeunes » (le 21, lors de l’inauguration d’une route en pavés de 17 km offerte par une société minière chinoise en échange d’un gisement colossal de bauxite).
  • Pour : rien à noter ce mois-ci, que des répétitions des mêmes discours depuis 2011, de la démagogie PPTE et des rêves sur les possibilités infinies d’Orange Money.
  • Contre : franchement je n’arrive toujours pas à déterminer s’il croit réellement ce qu’il dit annone ou s’il se moque en fait de nous en parlant de ses miliciens en treillis qui font la fierté du pays dans le monde mais qui sont responsables de plusieures centaines de morts et blessés depuis qu’il est au pouvoir ainsi que de l’ensemble de leur œuvre néfaste et criminelle depuis sa création le 01 novembre 1960. Quant aux propos de Johannesburg, les participants ont bien nous plaindre en entendant le niveau analytique du 1e gestionnaire de notre pays. A l’étranger désormais les gens l’écoutent poliment et en souriant, en sachant souvent mieux que lui l’ampleur du gâchis d’un pays qui a pourtant le potentiel (minier, géographique et climatique au moins) d’être un leader dans sa région.
  1. Les décisions et actions « positives » du mois :
  • Le 02, le PM Don Kass-Kass surement pas encore bien réveillé reconnait dans un discours « Malgré tous les efforts fournis par le gouvernement de la République afin d’améliorer le bien-être de la population à travers la mise en œuvre de ces différents documents stratégiques, la pauvreté persiste. C’est une évidence. La preuve en est que pour rappel, l’incidence de cette pauvreté est passée de 49,1% en 2002-2003 à 55,2%  en 2012. Telles sont les dernières statistiques disponibles à la matière avec tout son lot de conséquences négatives sur la paix et la cohésion sociale que notre pays vit ». C’était lors de la cérémonie de validation du plan d’actions prioritaires de la politique nationale de la protection sociale. Ensuite il a retrouvé ses esprits et recommencé ses mensonges habituels notamment en promettant 50 milliards GNF en 2019 pour régler définitivement ces problèmes – et les fanas dans la salle ont applaudi à tout rompre.
  • Le 06, le secrétariat d’état américain publie le rapport annuel sur la traite des personnes (TIP) qui mesure les progrès annuels réalisés par les pays à travers le monde dans la lutte contre la traite des personnes.  Cette année il a reclassé la Guinée dans la deuxième catégorie constituée des états qui expriment une volonté de combattre le phénomène pour avoir partiellement mis en œuvre les recommandations formulées dans le précédent rapport. Nous étions l’an dernier dans la 3e catégorie, les cancres qui ne font rien contre ces crimes abdominaux. Le plus dur maintenant est de rester dans cette catégorie lors de la prochaine évaluation en 2019 – une tache insurmontable dans un pays où il est quasi-impossible d’arrêter la circulation des véhicules pendant une demi-journée par mois pour ramasser les montagnes d’ordures dans la capitale. Je ne parle même pas des mendiants devant la grande mosquée et des vendeurs ambulants à la sauvette dans tous les carrefours, tous chassés violemment avant leur retour comme si de rien n’était moins de 2 semaines après.
  • Le 09, le ministre de la justice fait une annonce pour nous réchauffer un peu le cœur : « Ceux qui disent que les forces de l’ordre ne sont pas poursuivies, actuellement on a un capitaine de police qui est prison. Il est poursuivi pour assassinat. Il a été découvert que c’était lui qui a tué un jeune. Il a été inculpé et il est en détention ». Et pourtant lors de la même conférence de presse, juste avant lui son homologue de la sécurité avait juré que tous ses agents étaient fouillés au corps avant de sortir en mission de tabassage public et qu’ils étaient donc tous blancs comme neige. Et ce dernier, pur-produit d’un célèbre tortionnaire du camp Boiro de la révolution satanique ajoute tout fièrement devant les cameras que : « Je peux vous affirmer sans risque de me tromper que les cas malheureux de morts d’hommes enregistrées lors des opérations de maintien d’ordre menées par les unités de police sont des cas anodins dont nous ne connaissons pas encore les auteurs ». Un cas typique de « tel père – tel fils ».
  • Le 14, le ministre de l’unité nationale et de la citoyenneté Khalifa Gassama Diaby présente sa lettre de démission au président de la république à travers la presse online. Ce « phénomène atypique » du gouvernement qui ne ratait jamais une occasion pour dénoncer de manière soft les dérives de son chef et de ses faucons a enfin pris son courage à deux mains. Il leur a fait « une Chevènement », en passant du simple lip service qui le rendait d’ailleurs plutôt ridicule à l’action somme toute logique suite à de tels convictions et propos. Mais plus que tout il ne s’adresse pas seulement au PPAC et à son gouvernement d’affairistes incompétents, il envoie ce même message de dégoût à toute la classe politique, aux leaders syndicaux et de la société civile. Et là aussi je lui tire mon chapeau, il est la 1e souris à sauter du bateau qui prend l’eau de toutes parts et qui coule doucement et je suis sûr que cela lui sera reconnu demain. On n’est pas prêt de l’oublier au pays pour cela.
  • Pour : concernant notre classement dans l’évaluation PIP, ceci récompense les efforts du gouvernement pour se mettre en conformité avec les normes internationales notamment à travers la création par décret en 2017 du comité national de lutte contre la traite des personnes et pratiques assimilées, l’organisation des séances de sensibilisation à Koundara-centre et à la zone frontalière sur la prévention des actes de traite des femmes et des enfants, la prise en charge de 150 enfants victimes de mendicité forcée au Sénégal (dans la zone de Koundara-Labé). Bref beaucoup de blabla sans action visible mais bon si on n’encourage pas les cancres il est impossible de les faire évoluer vers le niveau médiocre au moins. Bravo donc à la ministre de l’action sociale qui coordonne ce programme national – comme dit notre PPAC « Quand on chauffe le derrière de la tortue elle avance plus vite » surtout si cela concerne des obtentions de visas pour vacances/shopping des madames et de leurs enfants.
  • Contre : la lettre de démission du ministre est néanmoins comme toujours avec lui pompeuse, pédante et un brin démago à la Guinéenne mais avec quand même un peu de piment fort pour son ex-boss : « Je formule ici mes vœux ardents que notre pays retrouve le chemin et les vertus de la justice, de la liberté, de l’égalité de tous devant la loi, de la légalité républicaine et la sérénité démocratique. Que notre pays renonce à la violence d’état, les violences politiques et sociales ainsi qu’à toutes les formes d’injustices, d’exclusions et de mépris qui forment les ingrédients explosifs de la haine, de la violence, de la division et de notre destruction collective. lorsqu’on a définitivement acquis la certitude que le combat que l’on mène avec le cœur, l’honnêteté et l’engagement éthique, n’est plus manifestement, clairement, une préoccupation et une priorité majeure ni pour le gouvernement auquel on appartient, ni pour les acteurs politiques nationaux, ni dans le jeu politique et institutionnel, on se retire. C’est avec le cœur brisé et l’âme triste pour mon pays et les valeurs humanistes et démocratiques que je défends, que je suis arrivé à cette conclusion inéluctable et indispensable. Je n’ai et je n’ai jamais eu qu’un seul parti en Guinée, c’est le parti du citoyen guinéen; le parti de la légalité, de la justice, de la liberté et de l’égalité de tous devant la loi; le parti de l’humanisme démocratique; le parti du respect de la dignité et de l’intégrité de tout être humain, le parti de la fraternité républicaine. Le chemin de notre fierté nationale et de notre stabilité sociopolitique passera inéluctablement par l’instauration d’un réel et véritable état de droit et de justice, par la promotion d’une réelle culture de civisme, par la lutte contre la pauvreté et la misère qui étrangle notre peuple, et par la préservation de l’intégrité, de la dignité et de l’honneur de chaque guinéen et de chaque guinéenne »
  1. Les décisions et actions « négatives » du mois :
  • Le 01, nous apprenons dans la presse écrite que l’équipe « Doing Business» de la Banque mondiale a présenté la veille lors d’une vidéoconférence le rapport annuel évaluant la qualité de l’environnement des affaires dans 190 économies du monde. Le gouvernement se gargarise immédiatement après avec de nouvelles chimères, des détails sans importance du rapport : la Guinée est avec la Côte d’Ivoire et le Togo l’un des trois pays qui ont réalisé le plus de réformes en Afrique subsaharienne francophone (soit 5 reformes), comme si c’est la quantité de reformes qui était plus importante que la qualité de leur mise en œuvre. En attendant le pays n’a progressé que d’une seule place, de la 153e place à la 152e ! En attendant le Togo et le Kenya progressent de 19 points et la Cote d’Ivoire de 17 points pour environ le même nombre de reformes ce qui donne une idée assez claire sur l’efficacité et l’impact des nôtres. Voila ce qu’on appelle ici des progrès indéniables félicités partout dans le monde. En attendant ce qu’il faut retenir de ce rapport c’est que dans l’ensemble les pays d’Afrique subsaharienne ont établi un nouveau record avec 314 réformes réalisées. Pour que nous puissions dominer ce classement il faudrait demander à la banque de créer un nouvel indicateur dans le classement annuel intitulé « Doing Corruption ».
  • Le 01, L’état guinéen est visé par une nouvelle plainte internationale : face aux nombreux cas de tueries enregistrés lors des manifestations politiques à Conakry l’opposition a décidé de se bouger enfin concrètement en se tournant vers la Cour de justice de la CEDEAO. Un recours contre la république de Guinée a été déposé au bureau-pays de la commission basée à Conakry. L’opposition espère ainsi obtenir des sanctions contre l’état guinéen pour les nombreuses violations des droits de l’homme depuis huit ans avec notamment des centaines de personnes tués à Conakry mais aussi dans toutes les autres régions lors des manifestations politiques ou sociales de revendications. Ceci parce la justice guinéenne s’est montrée « volontairement incapable » de trouver des coupables (commanditaires et exécutants) et de les condamner. Dommage seulement que ces opposants n’y pensent que maintenant, en désespoir de cause de leurs petits arrangements sous la table avec le RPG qui chaque fois démontrent à quel point ce sont tous des nains politiques. La cour de la CEDEAO est lente à agir mais elle a prouvé déjà de nombreuses fois sa justesse et son courage, y compris pour des cas personnels d’individus spoliés par l’état Guinéen. Et de toute façon elle fera assurément plus que notre justice nationale tant sur les plans judiciaire que médiatique à consommation internationale.
  • Le 03, le boss nous offre un parfait exemple de ses singeries communistes des années 60 : lors de l’assemblée générale de son parti ses faucons annoncent arrogamment qu’ils vont organiser une grande marche de soutien aux œuvres du grand timonier à travers toute la ville. Bien sur sans tenir compte du fait que le gouvernement a interdit toute marche dans les rues de Conakry. Mais rien de mieux pour les militants surchauffés qu’un peu de fièvre supplémentaire, de suspens et surtout de détournements de sommes colossales pour préparer cette grande mamaya politique. Ensuite le 06, le gouverneur de ville annonce pompeusement que la marche est interdite conformément aux instructions officielles. Et le tour est joué : montrer aux observateurs étrangers que cette règle stricte s’applique à tous et donc du coup qu’elle est équitable et juste. Le site Ledjeli.com (Boubacar Sanso Barry) décrit parfaitement la stratégie ridicule du boss « Tout cela pour un seul objectif : tenter de faire croire que l’interdiction de manifestation n’est pas dirigée que contre les opposants et les activistes syndicaux et de la société civile. Indirectement, via cette démarche, la mouvance présidentielle, en tant qu’entité politique, essayait de se distinguer de l’Etat. Et que les décisions prises par ce dernier s’imposent à tout le monde, y compris à ceux qui lui sont proches ». Le topo a-t-il marché ? Surement Non, à 99% pour les non-amnésiques.
  • Le 07, une nouvelle « ville morte » appelée par l’opposition finit avec deux nouveaux morts par balles, des jeunes d’une vingtaine d’années (Mamadou Alimou Baldé et Mamadou Bella Baldé) dans le quartier Wanindara. Un autre aurait eu des blessures très graves et serait hospitalisé. Vu que ceci se serait passé vers 19h00 les détails du drame sont flous et croyez-moi qu’ils le resteront pour toujours. En tout cas la barre des 100 jeunes marcheurs tués pour avoir essayé d’exercer leur droit constitutionnel est maintenant atteint – bravo papy PPAC pour votre façon de traiter vos petits-enfants depuis 8 ans maintenant.
  • Le 07, comme si de rien n’était le boss se rend en Afrique du Sud pour l’AIF (Africa Investment Forum) qui se tient du 07 au 09 novembre au palais des congrès de Sandton à Johannesburg. Son message est donc clair : « Débrouillez-vous là-bas, moi j’ai mieux à faire ». De là il s’envole vers Paris pour participer aux célébrations du centenaire de l’armistice. Vraiment son histoire de fuite avant et pendant tous les crimes de ses sbires au pays doit être un syndrome médical qui mérite d’être mieux exploré et devrait d’ailleurs porter son nom. Et il est vraiment culotté : il a même participé aux 1e loges au Forum Mondial sur la Paix à Paris, alors que son pays vit une crise politique exponentielle avec des manifestations quasi-journalière des enseignants, des élèves, des commerçants et des « autres » politiciens avec de nombreuses pertes en vies humaines et des dégâts matériels importants. De ce fait et grâce à lui notre pays fait partie de ceux qui ont le moins de paix en Afrique.
  • Le 07, le brigadier-chef Bakary Camara, en service à la Compagnie mobile d’intervention et de sécurité (CMIS) numéro 3 est lynché par une foule de jeunes déchainés vers 09 heures du matin et il a rendu l’âme dans un hôpital militaire dans la matinée. Comme il fallait s’y attendre, le lendemain suite à la mort de leur compagnon les forces de l’ordre ont opéré une véritable expédition punitive sur certains citoyens et leurs maisons dans ce quartier martyrisé par la mort tragique de deux jeunes juste avant. Le site africaguinee.com (Oumar Bady Diallo, le 09) donne des précisions : « Les représailles ont laissé des traces indélébiles. Certains citoyens ont fui leurs habitations de peur d’être violentés. Pillages, vols, brigandages, les policiers se sont livrés à toute sorte d’exactions sur des habitants de Wanindara. Ce quartier situé en haute banlieue de la capitale guinéenne a connu toutes sortes d’abus. Ils accusent la police guinéenne d’être à l’origine de ces violences depuis la mort de l’un des leurs. Ces sont des citoyens terrorisés que nous avons interrogés. Des maisons saccagées, leur contenu emporté, des boutiques vandalisées, des motos brûlées, des voitures caillassées et des personnes blessées. Le tableau est presquw indescriptible par les victimes ».
  • Le 13, les autorités policières présentent à la télévision un groupe de 25 personnes responsables du meurtre du policier la semaine précédente dans le quartier de Wanindara. On retrouve dans ce groupe des mineurs, une femme et l’un des muezzins de la mosquée du quartier. Tous ont évidement nié devant les cameras, en particulier le muezzin qui dit avoir été arrêté alors qu’il se rendait à sa mosquée pour préparer la prière suivante (vrai ou faux ?). Par contre aucune arrestation pour le meurtre des 2 jeunes tués la veille. Pour cela il faudrait arrêter tout les états-majors de la police et de la gendarmerie ainsi que les principaux responsables du ministère la sécurité. Existerait-il désormais une minorité des Guinéens d’une « classe supérieure » ayant tous leurs droits à respecter, et d’autres de « classe inférieure » qui leur servent de pigeons au tir ? C’est ça la justice à géométrie variable crée depuis Satan Touré en 1959.
  • Le 14, nous apprenons que le Forum économique mondial, la principale organisation internationale sur la coopération publique/privée a publié en mi-octobre 2018 la liste des pays les plus dangereux au monde en termes de crime organisé, fiabilité des forces de police, insécurité économique, taux d’homicides et terrorisme. Une fois encore notre pays brille : nous sommes 17e (par la queue bien sur). Même le Tchad est mieux classé que nous, Walahi ! Ne font pire que les cancres sécuritaires de la planète comme les Mali, RDC, Mexique, Brésil, Pakistan, Afrique du Sud, Colombie, Yémen, Nigeria, Venezuela et Salvador. Je suppose que des pays comme l’Afghanistan, la Syrie et le Soudan du Sud n’ont pas été pris en compte dans l’évaluation pour une raison que j’ignore. En tout cas nous sommes en bonne compagnie et c’est aussi un bon indicateur des réalisations et acquis de 08 ans de Sanseman.
  • Le 16, la violence urbaine a encore frappé en pleine journée à Conakry. Des jeunes surexcités revenant de l’enterrement de leurs amis tués à Wanindara s’en sont pris à un béret rouge,  le capitaine Vivien Gérard (duBataillon Autonome des Troupes Aéroportées, BATA) qui roulait à moto dans leur quartier en tenue militaire et béret rouge, en parfait inconscient. Entre bastonnade et lynchage ils l’ont abandonné pratiquement dans le coma. Il a su jouer au mort pour sauver sa vie et certains adultes du coin sont intervenus pour l’exfiltrer. Le lendemain les jeunes du quartier Kipé où il habite sont sortis dans les rues pour protester et bloquer la circulation, avec à l’esprit de se venger. C’est juste la nouvelle ritournelle de la bamboula urbaine journalière.
  • Le 16, le voila reparti dans les airs pour un sommeil de l’UA à Addis-Abeba. Ce sommet extraordinaire des 17-18 novembre devait statuer sur un projet de réforme institutionnelle de l’organisation panafricaine, porté depuis deux ans par le président rwandais Paul Kagamé. Ca doit être marrant de voir une cinquantaine de types somnolents et bedonnants parler d’un sujet dont la grande majorité hait même ces mots (réforme et institutions). Les organisateurs auraient dû plutôt organiser un séminaire de formation sur les sujets pour eux.
  • Le 19, le gouvernement déclare par la voix du porte-parole de la police avoir « entendu l’appel des citoyens pour le renforcement de leur sécurité et de leurs biens, la lutte contre la criminalité et le grand banditisme principalement dans la ville de Conakry et environs ». Pour y répondre il décide donc de la mise en place immédiate d’un dispositif de sécurisation exagéré dans la capitale : « A cette occasion des patrouilles mixtes Police, Gendarmerie et Armée s’effectueront sur les principaux axes de la ville de Conakry. Pour réussir notre mission de sécurité nous comptons sur la collaboration de chacun et de tous. La contribution des citoyens dans la lutte contre la recrudescence du grand banditisme, de la criminalité et du vandalisme qui portent atteinte à l’unité de la nation et aux libertés fondamentales, est vivement souhaitée ». Ainsi il annonce en filigrane le retour des militaires armés dans les quartiers avec leur réputation bien établie de profilage ethnique, bastonnades et rackets dans les concessions familiales. Quand on utilise des canons pour tuer des moustiques on peut aisément imaginer la suite.
  • Le 29, nous découvrons les résultats du rapport 2018 du « The Millennium Challenge Corporation, MCC » (une agence américaine d’aide étrangère), une évaluation des performances des pays en matière bonne gouvernance pour lui permettre d’allouer des fonds d’assistance estimés à plusieurs centaines de milliards d’USD pour les aider à lutter contre la pauvreté. Ce cadeau américain profite largement à nos voisins (en particulier Cote d’Ivoire, Sénégal, Mali, Liberia, Sierra Leone). Une fois de plus nous sommes sur le dernier banc de la classe. Là où nous pêchons le plus sont les domaines de la santé infantile, l’éducation de la jeune fille, le système de santé, le système éducatif, la justice, l’état de droit, l’accès à l’information, les libertés publiques, la lutte contre la corruption, l’effectivité d’une bonne gouvernance. A part ça, tout va bien chez nous ! Plus question donc de compter sur ces fonds-cadeau pour impulser l’émergence du Sanseman en 2020. Mais bon comme un mendiant ne peut pas faire le difficile, on va dire « pardon », la boucler en priant et attendre les « peut-être que » du rattrapage.
  • Le 30, nous apprenons qu’un pan du mur de l’aéroport international de Conakry-Gbessia, qui était devenu la décharge officielle des riverains et des PME de collecte des ordures du quartier Yimbaya-permanence, s’est effondré depuis quelques semaines sous le poids de ces ordures. Ce sont les femmes qui vendent des pastèques normalement en bordure de route qui forment désormais la nouvelle clôture de notre aéroport international avec accès direct à la piste d’atterrissage des avions. Les images sont effroyables et mes craintes aussi : serons-nous le 1e pays au monde où les avions devront zigzaguer pour éviter les tas d’ordures sur l’unique piste d’atterrissage ? Une prévision effarante mais hélas possible chez nous.
  • Pour : comme chaque mois, R.A.S…
  • Contre : concernant la plainte de l’opposition à la cour de justice de la CEDEAO la Guinée est effectivement défaillante en ce qui concerne le respect de ses engagements communautaires et des normes de la CEDEAO en matière de promotion et de protection des droits de l’homme et du respect des principes démocratiques et de l’Etat de Droit vu que notre nous avons ratifié ces traités et conventions et que nous sommes tenus de respecter. Selon le texte « On demande au président de la commission de constater les manquements que nous avons signalés, ensuite inviter la République de Guinée à se mettre en conformité. Si l’état de Guinée ne se met pas en conformité, que le président de la commission demande à la conférence des Chefs d’état de prononcer des sanctions contre la République de Guinée ou à défaut de saisir la Cour de justice de CEDEAO pour un recours en manquement »

Tic-tac, Tic-tac, la montre tourne ; aujourd’hui est le 2900e jour de l’ancien « Guinea is back » et du nouveau « changement radical » – déjà 07 ans 11 mois et 10 jours ! Aladji-Professeur-Président voici ma suggestion SMART (Spécifique, Mesurable, Atteignable, Réalisable et Temporellement définie) du mois pour améliorer un peu votre Sanseman : boss, vraiment vous n’avez rien fait de potable ce mois-ci. Il faut vous bouger un peu ! Plus ça crie autour de vous, hommes, femmes et enfants à l’unisson, et plus vous vous enfermez dans un silence devenu maintenant assourdissant. Vous tournez en rond dans votre palais, coupé de tous sauf votre inner circle de faucons surexcités et déterminés à vous isoler totalement de nos problèmes. Même pas un discours avec de nouvelles promesses mirobolantes pour nous faire rêver ? Ou bien vous-même n’y croyez plus ? Aucune action positive venant de vous et des dizaines d’actions méga-négatives en moins de 30 jours – où avez-vous ça, même en Guinée ? Vous sortez rarement, 2 ou 3 fois par semaine pour inaugurer des premières (et dernières) pierres, ouvrir des séminaires et rencontres inutiles pour le développement du pays. Vous recevez des hôtes étrangers y compris un président-dictateur (le poulain de Mugabe) et vous l’emmenez visiter des chantiers chinois en vous vantant de vos réalisations comme si c’était votre fils qui était l’architecte, l’ingénieur et le chef de chantier. Et surtout vous arpentez le chemin de l’aéroport même les yeux fermés maintenant tant vous le pratiquer chaque semaine depuis près de 8 ans. Ne sentez-vous ce que tout le monde voit où vous nous menez avec toutes ces crises sociales violentes quasi-journalières qui créent le doute, la peur et le désespoir chez tous aujourd’hui ? L’ancien PM Lansana Kouyaté qui a mené de nombreuses missions de résolutions de crises africaines pour l’ONU, la CEDEAO et l’UA vous l’a bien rappelé (interview du 12 sur le site guinee7.com) : « J’ai vu des crimes qui commencent comme ça et qui aboutissent à des horreurs, à des moments donnés où tout le monde se dit comment on en est arrivé là ? ». Il parle ainsi à tous ses compatriotes et à nos « partenaires » externes – personne ne pourra dire demain qu’il n’a pas vu se développer progressivement devant ses yeux et dans ses oreilles une catastrophe annoncée. D’ailleurs la 1e souris à déjà sauté à l’eau, hors de votre navire en perdition : votre ministre de l’unité et de la citoyenneté a jeté l’éponge avec fracas en détaillant pourquoi il préfère s’éloigner de la cata que vous nous organisez. Pas fou le mec, il fait ainsi un excellent investissement sur son avenir en Guinée, étant l’un des rares « jeunes » de ce gouvernement actuel a avoir des vrais diplômes universitaires et les capacités intellectuelles et morales suffisantes pour pouvoir rebondir après votre départ en 2020 – Good for him.

Quelle est la triste finalité de ce mois au pays : 2 jeunes civils fusillés et un jeune policier lapidé et poignardé, morts pour quelle cause noble et digne de martyr ?  Et un autre jeune militaire tellement bastonné qu’il en gardera surement des séquelles importantes pour le reste de sa vie. Qui sont finalement les perdants de ce gâchis et qui restera-t-il pour les pleurer ou même parler d’eux dès que les médias sensationnalistes passeront le lundi suivant au prochain buzz ? Je ne le répéterais jamais assez : il n’y a que deux ethnies qui s’affrontent dans les rues de Guinée : les centaines de puissants et riches du sommet et les millions de pauvres gens du reste de la pyramide sociale. Et toutes les victimes ne sont en réalité que de la simple chair à canon pour assouvir les rêves de puissance et d’éternité des premiers. Ce n’est que quand elles le comprendront qu’elles cesseront de se compter par centaines.

Et puis c’est quoi cette nouvelle affaire d’état d’urgence officieux que vous imposez à certains quartiers bien ciblés de la capitale ? Vous et vos faucons décidez maintenant de mettre des militaires armés dans les rues de jour et de nuit, des P.A. et patrouilles mixtes militaires ? Et le porte-parole de vos miliciens qui ose justifier cela en disant devant la presse : « Dans des circonstances exceptionnelles et sur réquisition, les forces armées peuvent intervenir en dernier ressort pour appuyer les forces de sécurité pour une période limitée dans le temps. La présente opération de sécurisation de la ville de Conakry vise exclusivement à lutter contre la criminalité et le grand banditisme, tout en permettant la libre circulation des personnes et des biens ». Mais c’est exactement ça la définition de « l’état d’urgence nationale » partout dans le monde alors pourquoi ne pas le dire tout simplement ?? Boss, je vous suggère juste une autre option tellement plus simple et logique : pourquoi ne pas tout simplement laisser ces personnes marcher dans la rue sous ce soleil brûlant pendant une demi-journée, laisser leurs chefs faire leurs discours longs, répétitifs et incompris de la majorité des marcheurs et ensuite les observer de loin rentrer épuisés chez eux ? Tout simplement les rendre responsables de créer leurs propres cordons de sécurité pour empêcher tout débordement sinon ils en seront responsables ? Cela a été tenté quelques rares fois dans cette zone dans le passé et il n’y a eu ni dégâts, ni blessés ni morts. Souvenez-vous de ces rares marches véritablement pacifiques d’il y a quelques années ? La volonté d’en découdre et de mater arrogamment « parce qu’on est plus fort » n’est en fait qu’un piège pour vous qui aviez fait du retour de l’armée dans les casernes votre 1e priorité en 2011, voir une obsession depuis votre époque d’opposant historique. C’est le plan machiavélique d’une petite bande de barons semi-incultes haineux, cyniques à la nausée, et ethnocentriques menés par un mythomane nommé Damaro Camara, le champion national des propos irresponsables et anti-démocratiques dont le plus célèbre fait d’arme est d’avoir trahi ses copains militaires putschistes en 1985. Et demain ils n’en porteront pas la responsabilité car il y a un idiot couillonnable (vous) au dessus d’eux qui portera tous les torts sur sa tête – eux seront tout simplement recyclés dans le prochain pouvoir, comme toujours depuis 60 ans. Souvenez-vous du cas de Fory Coco et des répercussions de son état d’urgence en février 2007 ? Et aujourd’hui l’histoire ne retient qu’un seul responsable de cette cata nationale et de ses répercussions : lui-même, le General-paysan semi-lettré. Lui avait au moins cette excuse-là – ce qui ne sera pas votre cas. Le site kababashir.com (Jeanne Fofana du 09/11) décrit parfaitement tel que vous nous paraissez aujourd’hui : « Il n’est ni à sa première expérience, ni à sa deuxième, encore moins à sa troisième expérience faite de mépris. Alpha Condé s’en fout si les Guinéens s’entretuent. Il n’en parle pas. Il abandonne son pays pour aller rire aux éclats parmi ses pairs dans des fora sans suite pour la Guinée. Il préfère aller bavarder sur le panafricanisme et faire autres rêves que de rassembler les Guinéens, faire taire les dissensions et tenir des discours responsables au lieu de souffler sur les braises. Lorsque des Guinéens étaient la cible de tirs de militaires à Zogota, Soiaro en région forestière, Alpha était entre deux avions. Aucun mot si ce n’est d’organiser un procès à la va-vite. Des Guinéens sont morts suite à un accident de route sur l’axe de Boké, une dizaine, Alpha Condé ne s’est pas débarrassé de ses voyages intempestifs. En pleine période d’Ebola il a fait la même chose, mais, là Obama l’avait chassé pour qu’il rentre s’occuper de l’épidémie. Aujourd’hui encore, incorrigible à souhait, il s’en va à Johannesburg pendant que des Guinéens, les mêmes se font zigouiller sur l’Axe, chez eux, après la ville morte appelée par les opposants. Alpha Condé y est allé pour un séjour d’une semaine environ pour parler d’investissement dans un pays instable (?).  Incohérences sur incohérences. Allons donc ! ». Ou bien vous avez tellement peur des Guinéens maintenant que vous voulez vous tenir le plus loin possible d’eux ? Mais pourtant la solution est vraiment simple Prési : partez ! Allez-vous planquer à Dubaï pour passer vos derniers années de vie dans l’opulence, le déni de tous vos crimes directs et ceux commis en votre nom en Guinée. Au début on regrettera que vous vous en soyez tiré si facilement mais ensuite, en bons Guinéens amnésiques, on oubliera et on passera sans broncher à notre 6e dictateur national.

Publié dans 2018 | Laisser un commentaire

Une Nouvelle Voie (Septembre 2018) : Nous fêtons nos 60 ans de pauvreté dans l’esclavage par des colons nègres

Bienvenue à mon bilan du 34e mois de la Condécratie version 2.0. Je continue mon exploration mensuelle des méandres des décisions importantes pour la Nation prises par nos nouveaux chefs en proposant des pistes de réflexions et d’actions qui pourraient être envisagées pour que le « vrai changement » soit effectif.

  1. Echantillon de paroles et pensées présidentielles du mois:
  • « J’aurais pu inviter beaucoup plus de chefs d’états. On a beaucoup d’hôtels mais pas beaucoup de suites présidentielles. Les suites ne sont pas rentables pour les hôteliers parce qu’elles sont occupées rarement. C’est quand l’état construit des hôtels qu’il peut prévoir beaucoup de suites présidentielles. Je suis beaucoup gêné aujourd’hui, pourquoi ? Parce qu’il y a beaucoup de chefs d’états amis que je n’ai pas invités. Je suis obligé de présenter des excuses» (le 02, lors d’une interview avec des journalistes nationaux le jour de la fête d’indépendance).
  • «Est-ce que vous savez que l’aéroport de Paris va être privatisé (rire) ? Est-ce que le peuple français a dit que le gouvernement est en train de bazarder les biens du peuple ? Nous avons discuté avec beaucoup de gens, ils étaient les seuls qui étaient prêts. Le port n’est qu’un prétexte pour des opposants qui ont échoué à s’opposer à l’augmentation du prix du litre de carburant à la pompe » (le 09, lors d’une interview avec la presse nationale, pour justifier la magouille de la vente du port de Conakry à la famille Erdogan de Turquie).
  • « Certains ont fabriqué une cour constitutionnelle à leur mesure pensant qu’ils vont être élus par les magistrats et par les avocats. Dans tout le système français le président de la cour constitutionnelle est nommé par le président… C’est de la folie de dire que le président veut enlever ou soutenir. Quand les gens voient qu’ils perdent du terrain et qu’ils savent qu’ils ne peuvent pas atteindre les objectifs qu’ils voulaient ils inventent du n’importe quoi. Le gouvernement n’a aucun moyen d’influence sur la cour constitutionnelle. Mieux, lorsqu’il y a eu le tirage au sort et que les autres ont dit qu’il faut que le président aussi soit soumis au tirage au sort c’est moi qui ai demandé une consultation à Laurent Fabius en France. Après la consultation j’ai dit à tous les conseillers que vous n’avez pas le droit de dire que le président (de la cour) doit être soumis au tirage au sort. Vraiment les gens n’ont qu’à parler. Lorsque les gens à la CENI ont changé leur président je ne me suis pas mêlé. On dit que c’est pour empêcher, mais une constitution c’est le peuple. Si demain le peuple de Guinée veut changer la constitution, il y a un référendum, mais la cour constitutionnelle ne peut que constater. Allez voir dans la constitution et dans la loi organique si le président ou le président de l’assemblée a un moyen de nommer quelqu’un ou pas. Ceux qui ont fait la constitution on les connait. Certains même rêvaient d’être président de la cour constitutionnelle. C’est la première fois que même les salaires des membres de la cour c’est dans la loi organique. On n’a jamais vu ça nulle part. Dans tous les pays francophones le président de la cour constitutionnelle est nommé par le président. La Guinée est le seul pays où il est élu par ses pairs. Si ses pairs veulent le changer le gouvernement ne se mêle pas. La cour suprême  n’a rien à voir dedans. Dans un premier temps il y a six membres de la cour constitutionnelle qui ont demandé la révocation du président de la cour constitutionnelle. A l’époque je les ai reçu, je leur ai dit : écoutez, la cour vient d’être installée, essayez de trouver une solution. Ils m’ont dit voilà les reproches qu’on fait à notre président. Il a promis de changer. Mais un des conseillers Mounir a dit ‘président, il ne changera pas, je le connais’. Lorsque les conseillers de la cour constitutionnelle ont destitué leur président j’étais en Chine. Mais ce n’est pas vrai, la cour suprême n’a rien à voir dedans. N’importe qui peut faire des commentaires en se faisant spécialiste » (le 09, lors de la même interview avec la presse nationale, pour justifier la destitution illégale du président de la cour constitutionnelle).
  • « RFI a tendance systématiquement à noircir la Guinée, ils sont venus pour ne parler que du 28 septembre 2009. Je ne peux pas accepter qu’on déforme l’histoire de la Guinée… La date du 28 septembre ne peut pas être seulement ramenée au régime militaire, elle symbolise l’indépendance de la Guinée. L’enthousiasme populaire qui a marqué la fête du 02 octobre est une réponse cinglante envers ceux qui avaient appelé au boycott. Chaque homme est libre mais le peuple de Guinée a montré son engagement, c’est ça le plus important. L’unité et l’enthousiasme populaire a frappé les chefs d’états présents. Tout le monde s’est comporté correctement, il n’y a pas eu un seul cri hostile. Cette unité du peuple derrière le gouvernement a frappé. Evidemment quand l’opposition organise des manifestations et envoie 1.000 personnes dans la rue,  RFI dit qu’il y a 50.000. Je sais que les opposants eux-mêmes blessent les gens et tuent pour discréditer le gouvernement. C’est pourquoi j’ai donné les moyens aux agents des forces de l’ordre pour pouvoir de façon civilisée gérer les manifestations. Nous savons très bien que beaucoup d’opposants tirent sur les gens pour qu’il y ait des morts et qu’on mette cela sur le dos des forces de l’ordre. La démocratie a ses obligations. Moi je me suis opposé à la façon dont la Guinée était gérée. J’estime qu’il fallait laisser les gens s’exprimer. Les gens comprendront qu’on ne peut faire la démocratie comme en France ou aux Etats-Unis parce que ces pays ont atteint un certain niveau de développement… Les gens se demandaient si la Guinée avait vraiment une armée, beaucoup de chefs d’états m’ont posé des questions. La population même ignorait qu’on avait des forces spéciales. Toutes les femmes étaient amoureuses de Doumbouya (leur chef). Malheureusement pour elles il est marié» (le 09, lors de la même interview, au sujet de ses envolés ridicules avec des journalistes français lors des festivités du 60e anniversaire).
  • « On va réhabiliter très rapidement cette usine pour installer l’usine de montage de tracteurs, de bus et de camions. On importe aujourd’hui des tracteurs donc ça crée des problèmes de pièces détachées. Ensuite on paie en dollars. Quand une usine est installée ici on n’aura plus de problèmes de pièces détachées. On a beaucoup de vieux magbanas (bus de transports urbains pourris). On va travailler avec les banques pour que les gens remplacent les vieux magbanas par des cars en payant progressivement. On est train de négocier. Pour les camions ce sera la même chose pour que les chauffeurs qui n’ont pas de camions puissent devenir propriétaires » (le 10, en visitant une usine désaffectée de textile à Coyah).
  • « Aujourd’hui n’importe quel paysan du coin le plus reculé de la Guinée peut utiliser son portable. Les tracteurs et moissonneuses-batteuses sont aujourd’hui dotés de GSM. Si un paysan veut louer un tracteur par exemple il prend son téléphone, il loue. S’il veut acheter de l’engrais il n’a pas besoin de se déplacer » (le 16, à Kindia lors de la célébration de la journée mondiale de l’alimentation).
  • « J’ai demandé au gouvernement de vous accompagner parce que je veux mettre fin à la consignation. Quand je suis arrivé j’ai fait des licences (de pêche) sécurisées, aujourd’hui on ne peut pas photocopier une licence. Ces licences sécurisées sont avec moi et non avec le ministre de la pêche. Il faut que je reçoive les papiers montrant effectivement que tel bateau peut avoir la licence. Mais quand je prends les bateaux, 90% sont des chinois. Tous les fonctionnaires qui ont signé des arrêtés alors que c’est réservé aux décrets, ça n’engage pas l’état. Ceux qui ont fait ça seront punis puisque ça ne m’engage pas et ça n’engage pas l’état. Quand quelque chose doit être donné par décret, vous le faites par arrêté, ça ne m’engage. J’ai dit au ministre de supprimer tout et de tout arrêter  » (le 27, lors d’une réunion avec le secteur privé, à propos de la domination totale des chinois dans notre pêche artisanale).
  • Pour : il essaie tant bien que mal de réduire l’impact de son interview ratée et ridicule avec la presse française la veille de la fête d’indépendance. Il aura au moins appris une chose : rêver uniquement de gros titres chez lui en France a surtout de nombreux inconvénients et les interviews avec notre presse locale sont plus safe pour lui. Avec elle il est assuré de soumission et courtisanerie sans égales par tous ceux qui sont sélectionnés méticuleusement pour lui poser des questions. Chez ses maîtres français, ça ce n’est pas possible.
  • Contre : quelle piteuse défense pour se justifier du bordel créé à la cour constitutionnelle. Et oser reconnaître qu’il n’a trouvé que Laurent Fabius pour le conseiller sur comment choisir le président d’une institution nationale, après 60 ans d’indépendance ? C’est vraiment pitoyable. Il n’a eu qu’un seul regret le jour de la fête d’indépendance : le manque de suites présidentielles dans les hôtels privés de Conakry causant une faible participation de ses homologues internationaux – vraiment les soucis de nos rois africains sont bien différents de ceux de leurs sujets. Sacré boss qui nous dit tout fièrement que les licences de bateaux de pêche du pays sont gardées par lui-même et que certains de ses fonctionnaires signent des arrêtés pour contredire ses décrets et qu’il va maintenant les punir, près de 9 ans après sa prise du pouvoir.
  1. Les décisions et actions « positives » du mois :
  • Le 02, le pays a célébré dans une allégresse notre 60e anniversaire : pose de gerbes de fleurs, mamayas grandioses et bruyantes au stade de Conakry et dans les capitales régionales, défilé civil et militaire marrant. Les Guinéens sont sortis en masse pour fêter au moins ce jour-à. Onze Chefs d’Etat étaient présents au côté du président Alpha Condé. Il s’agit de ceux du Mali, du Sénégal, du Congo Brazza, du Gabon, de la Mauritanie, du Niger,  du Burkina Faso, du Togo, Ghana, du Tchad et du Liberia. Chacun est obligé de venir pour obtenir la pareille dans les mois et années à venir. Inutile de détailler ici les centaines de discours d’appel à la paix immédiate, à la fraternité africaine, à l’émergence demain, au travail pour tous demain, à la justice pour tous après-demain, à la solidarité le lendemain…ect – bref, tout ce qui rabâché dans tous les discours sur le continent mais qui n’existe pas chez nous actuellement.
  • Pour : ce fut néanmoins un coup de pub africain réussi pour le PPAC, un petit rappel à ses homologues que lui aussi existait dans le paysage et qu’il fallait penser un peu plus à lui lors de leurs fêtes respectives.
  • Contre : la célébration fut néanmoins un exemple frappant d’une énorme mamaya désordonnée, mal planifiée et organisée comme nous seuls avons le secret et la patente.
  1. Les décisions et actions « négatives » du mois :
  • Le 03, la grève des enseignants promise depuis l’ouverture scolaire par le syndicat des enseignants (SLEG) prend effet avec force dans tout le pays. Les salles de classes sont boudées par les élèves et leurs enseignants qui tiennent à leurs huit millions GNF de salaire mensuel. Le gouvernement ne peut s’en prendre qu’à lui-même car il a posé un lapin aux enseignants : après plusieurs reports non justifiés les négociations prévues sous les auspices de l’inspection du travail devaient redémarrer ce jour-là au ministère de la fonction publique mais personne ne s’est pointé du coté des autorités publiques.
  • Le 03, le PPAC entérine le coup d’état interne à la cour constitutionnelle en confirmant l’élection frauduleuse de Mohamed Lamine Bangoura, le chef des frondeurs, au poste de nouveau président de l’institution. Encore une fois il s’impose par un décret sans aucun respect des procédures légales et constitutionnelles. Il pense sincèrement qu’il peut renvoyer le président d’une institution comme un de ses ministres et directeurs de service ou de société publique – quel Grand Homme d’état ! Comme au bowling, c’était Strike One pour la CENI et Strike Two pour celle-ci. A la moindre protestation ou mauvaise humeur d’un chef il est immédiatement viré honteusement et sans ménagement. A qui le tour parmi les autres institutions avant fin 2020 ?
  • Le 04, le PPAC inaugure en grande pompe l’hôtel Kaloum à deux pas du palais Satanya. C’est un hôtel 5 étoiles appartenant à des investisseurs chinois ce qui ne l’empêche pas de se vanter une nouvelle fois de cette nouvelle grande réalisation de son Sanseman. Mais le plus comique dans tout ça c’est qu’il l’avait déjà inauguré officiellement en septembre 2015, en pleine campagne électorale pour son 2e mandat, justement pour les mêmes raisons de présentation des prouesses de sa gouvernance. J’avais bien indiqué à l’époque que c’était en fait une coquille vide, qu’il avait juste inauguré les façades externes de l’immeuble rafistolées à toutes pompes pour l’occasion mais que l’intérieur de la bâtisse n’était qu’aux premières étapes de finition. Merci de nous le confirmer car il a fallu attendre effectivement plus de 3 années pour pouvoir découvrir notre nouvel hôtel.
  • Le 08, une cérémonie d’installation du nouveau président illégal de la cour constitutionnelle a eu lieu avec un émissaire du PPAC pour le représenter. Bien sur le véritable (mais ex) président a refusé de participer à cette mascarade ce qui est à mon avis une très bonne chose car ce nouveau président restera de fait méprisé par la majorité de ses collègues du système judiciaire et par ses compatriotes. Je sais néanmoins que son boss et lui s’en foutent complètement mais le suspens reste intacte quant à la fin de ce nouveau feuilleton radio-télévisé du Sanseman.
  • Le 09, le PPAC offre une interview à la presse nationale, une réponse/singerie à celle accordée dix jours auparavant, avec pour objectif de rectifier sa sortie ratée devant la presse française. De service pour l’aider dans cet exploit titanesque sont 4 journalistes obséquieux jusqu’à la nausée triés soigneusement dont deux de la RTG, assis béatement autour de lui pour poser des questions dégoulinantes de courtisanerie devant leur idole. On aurait dit des chiots sans crocs devant un os juteux. Triste et pathétique, tout simplement.
  • Le 12, un député de l’opposition à l’assemblée nationale nous dévoile les résultats d’un audit indépendant du fichier électoral national. Ainsi celui qui a servi de base pour l’élection présidentielle de 2015 et les communales de 2018 a été passé au peigne fin par des experts internationaux de l’OIF, l’UE et des USA. Selon ces experts le système mise en place par la société privée créatrice de cette banque de données (GEMALTO) ne permettait pas le contrôle des dates de naissance pour empêcher les personnes ayant moins de 18 ans de se faire enrôler d’où la possibilité d’enregistrer des mineurs sans retenue. Ce qui explique le nombre démesuré de mineurs maintes fois dénoncé lors de toutes ces élections. La liste des autres anomalies critiques, volontaires ou non, est kilométrique, par exemple le fichier est hypertrophié dans certaines zones bien choisies concernant les inscriptions sur la liste. C’est le cas des circonscriptions électorales de Faranah, Kankan et n’Nzérékoré où on constate des sur-inscriptions allant jusqu’à 130 % de la population ayant l’âge de voter alors que des zones comme Labé, Kindia et Boké sont entre 6 et 3 %. Au final il y a 1.350.000 fictifs soit près du quart d’un fichier total d’environ 6 millions.
  • Le 16, une nouvelle ville morte de l’opposition se termine par l’assassinat d’Ibrahim Bah, un jeune homme d’environ 20 ans originaire de la préfecture de Dalaba en Moyenne Guinée. Il a été tué par « balle perdue » dans la matinée à Koloma-marché, dans la commune de Ratoma. Selon les observateurs présents  il a été touché à l’épaule droite par le tir d’un milicien d’état près de la mosquée-marquage et a succombé avant même son transfert vers une structure sanitaire. Bravo aux agents de la BAC-4 (Brigade Anti Criminalité) et à un « béret rouge » de l’armée filmé à son insu dans ce quartier, vous avez une fois encore bien rempli votre mission officielle.
  • Le 18, lors du conseil des ministres présidé par le boss un réajustement des crédits est annoncé pour plusieures institutions. Ainsi la présidence bénéficie d’un petit booster de 103,8 milliards de GNF, après une première hausse de 41 milliards un peu plus tôt cette année. Elle passe ainsi de 367 milliards en 2017 à 512 milliards pour 2018 (hausse d’environ 40%). Pour tous les autres ministères (hôtellerie, hydrocarbure, investissements privés et coopération) c’est entre 2,4 et 7,4 milliards de bonus. Quant aux enseignants et leur demande d’augmentation de leurs salaires le conseil a été tout aussi ferme : on coupera les salaires de tous ceux qui continueront à grever.
  • Le 19, le comité de pilotage pour l’organisation du procès sur le massacre du 28 septembre 2009 se réunit pour la troisième fois pour déterminer le lieu de la tenue du procès ainsi que le budget prévisionnel qui est établi à 087.711.600 GNF soit environ 7,8 millions de d’euros. Officiellement 77% seraient financés par le gouvernement – mais seuls les amnésiques croient à cela. Les 33% demandés aux Big Brother sont assurés d’une croissance exponentielle à mesure que la date du procès approchera. Le message est donc clair aux Big Brothers enquiquineurs : « Chez nous c’est emmerdeur – payeur, aboulez le fric si vous y tenez tant ». Le lieu proposé est le cinéma Liberté à l’entrée de la commune de Kaloum.
  • Le 22, les élèves de la capitale sont de nouveau dans les rues pour jeter des cailloux sur les policiers et gendarmes. C’est une réponse directe à l’annonce mensongère de Don Kass-Kass de la veille où il annonçait un dénouement de la crise et la fin de la grève du principal syndicat des enseignants alors qu’il n’a même pas négocié avec lui. De plus les élèves disent clairement qu’ils refusent de suivre les cours enseignés par des contractuels semi-lettrés recrutés à main levée pour contrer les grévistes. Ceux-ci parlent un français bizarre qu’ils ne comprennent même pas. A force d’intifada renforcée les policiers de service ce jour ont pris leurs jambes à leurs cous pour éviter d’être lynchés par leurs petits-frères et enfants.
  • Le 23, une nouvelle marche pacifique de l’opposition se termine par la mort d’un jeune plombier de 18 ans et plusieurs blessés graves par balle. Encore un jeune sacrifié pour rien parce que bientôt les deux responsables de sa mort se retrouveront pour signer un nouvel accord de calme hebdomadaire sous la table. Demain, après son enterrement, il ne restera plus que sa famille directe pour le pleurer. Le décombre macabre atteint 98 jeunes tués depuis janvier 2011, l’arrivée du PPAC aux commandes. Aussi les pare-brises avant et arrière du véhicule du chef de file de l’opposition sont percés par ce qui pourrait être un coup de fusil. La réplique du porte parole de la police vaut vraiment le coup : « Etant entendu en règle de droit que la preuve de l’accusation incombe à l’accusateur les services de sécurité demandent impérativement à l’opposition républicaine l’ouverture d’une enquête indépendante de son choix et de faire procéder à l’expertise des faits». C’est vraiment le monde à l’envers chez nous.
  • Le 24, une folle rumeur d’agression rebelle provoque la panique dans la préfecture de Coyah, un véritable « conte et légende » typique de notre vieille révolution globale et multiforme : les habitants des villages de Kouyeyah, et de Doniah dans la sous-préfecture de Wonkifong ont été réveillés par de tirs vers 03 heures du matin. Pris de panique ils se sont rués vers la ville de Coyah. Les termes ‘attaque rebelle’ et ‘agression de mercenaires’ si chers aux nombreux paumés et derniers révisionnistes sont rapidement lancés dans les médias, les maquis et salons de Cona-cris. Il s’agissait en réalité de 8 bateaux de pêche semi-pirates chinois (car avec des  autorisations des nababs du ministère de la pêche) totalement rouillés qui remontaient la côte pour revendre le fruit de leur pêche illicite car interdite récemment par le gouvernement pour concurrence déloyale avec les petits pécheurs artisanaux locaux. Bonne aubaine pour notre communiste historique pour essayer de détourner l’opinion nationale sur ses dernières bévues y compris l’accusation de tentative d’assassinat par balle du chef de l’opposition. Le lendemain des journalistes du site Kabaashir.com (I.S. Camara/Jeanne Fofana) résument bien le scenario de récupération de la situation : « La mobilisation est totale sur le terrain. Toutes les entrées de la capitale Conakry sont bloquées par des bérets rouges. Selon nos informations le carrefour de Kagbelen est occupé par un groupe de militaires bien armés qui fouillent toutes les  voitures qui  sont en direction de Conakry. Entre Coyah et km 36 également le même dispositif aussi est mis en place. Au pont 08 novembre aussi un autre groupe de militaires fouille systématiquement les véhicules avant d’arriver au centre ville. Une situation qui a créé un embouteillage terrible ce matin à l’entrée de la commune de Kaloum. Aujourd’hui le régime tangue. Il est estampillé. Pendant ce temps l’ensemble des opposants témoigne à Cellou Dalein Diallo de leur solidarité. Kouyaté, Sydia, Sylla Patronat (UDG), etc. Le domicile du chef de fil de l’opposition est devenu ces dernières 48 heures un lieu de pèlerinage. Chacun réclame justice. Le gouvernement est coincé. Pour ainsi rebondir Alpha Condé trouve la parade : celle de monter une rébellion. Une fausse manœuvre qui vise à détourner l’esprit des Guinéens sur ce qui prévaut : l’assassinat présumé contre Dalein Diallo. Le gouvernement évoque des navires suspects aperçus à Coyah. Alpha Condé crée ainsi une psychose pour mettre en veilleuse toutes les préoccupations du moment ». Tout ca pour quelques barques de pêches pourries ? Ainsi vivent les Guinéens au jour le jour, avec les lubies et reflexes d’un vieux Marxiste-léniniste du XXe siècle.
  • Le 28, les petites visites à l’étranger du boss se poursuivent : après le sommet de la francophonie il y a quelques semaines il s’envole pour Berlin pour un sommet Allemagne-Afrique dénommé « Compact with Africa». Mais chose bizarre notre papy boiteux n’est apparu sur aucune photo officielle ou reportage sur les réunions. Un sommet sans notre PPAC dans la photo officielle ? C’est vraiment une première. Grâce à ce programme le Ghana, la Tunisie et l’Afrique du Sud ont reçu 365 millions d’euros sous forme de prêts financiers bonifiés – pour nous c’est zéro pointé.
  • Le 29, la société minière Rio Tinto annonce l’expiration de l’accord de cession de ses parts dans le projet Simandou à la société chinoise Chinalco. L’accord d’entente non contraignant, initialement signé le 28 octobre 2016 prévoyait que Chinalco acquiert l’intégralité de la participation de Rio Tinto dans le projet. Rio Tinto et Chinalco détiennent respectivement 45,05% et 39,95% des actions alors que la Guinée détient 15%. La date limite de signature était le 28 octobre 2018 d’où l’annonce officielle le lendemain du deadline. Du coup la patate chaude retombe dans les bras de l’envoyeur, un nouveau manque à empocher des sous supplémentaires d’ici 2020. Ils devront donc magouiller ailleurs pour compenser. Décidément quand on a la guigne on a la guigne et c’est vraiment caillou pour s’en sortir.
  • Le 30, une nouvelle marche pacifique est avortée par la force – un nouveau mort par « balle « perdue » à Bambeto dans la banlieue de Conakry ; il s’appelait Mamadou Cellou Diallo (pas l’autre), il avait environ 30 ans. Il y a aussi de nombreux blessés par balles dans les cliniques de quartier et dans les hôpitaux dont certains dans un état critique, ce qui veut dire morts à 95% à court terme chez nous. Quant au chef de file de l’opposition il est séquestré en résidence surveillée dans sa propre maison. Le tout nouveau ministre de la sécurité Otis Keira, en digne d’un criminel notoire de la globale et multiforme nous démontre tout son art hérité et sa stratégie de riposte désormais : il répond au chef de file de l’opposition « Puisque tu dis qu’on te tire dessus quand tu vas en ville alors reste bien au froid chez toi où personne ne pourra plus te tirer dessus ». Avec une cerise sur le gâteau : « On lèvera cette sanction quand la justice aura fini ses enquêtes et aura tranché suite à ta plainte ». Nous savons tous quand cela arrivera chez nous. Le message est clair : « tu vivra désormais en résidence surveillée jusqu’en 2020 ».
  • Le 31, l’organisation de défense des droits de l’homme Amnesty International dans un communiqué de pressetrès sévère affirme que les fameux bérets rouges, les pires tueurs de l’armée, sont présents et armés pendant les manifestations de l’opposition qui se sont soldées par plusieurs morts. Elle écrit : « Par le biais de son service de vérification numérique (réseau de bénévoles formés à la vérification des réseaux sociaux), Amnesty International a authentifié des vidéos et des photos montrant des membres des « bérets rouges », une unité d’élite militaire déjà impliquée dans des violations des droits humains comprenant des homicides illégaux et des violences sexuelles, portant des armes aux côtés de la police lors d’une manifestation le 15 octobre ». Une simple confirmation externe de qui tire sur les enfants désarmés à chaque manifestation.
  • Pour : comme chaque mois, R.A.S…
  • Contre : concernant l’évaluation externe du fichier électoral, selon des sources concordances la nouvelle société (BRITEC, une société Tunisienne) à laquelle ces données auraient été récemment transmises pour nos prochaines élections législatives (2019) et présidentielle (2020) n’a aucune compétence dans ce domaine, ce qui ouvre un nouveau boulevard à encore plus de tripatouillage du fichier électoral. Dans tout autre pays on aurait immédiatement exigé un nouveau recensement avant toute future élection mais chez nous cela aboutira surement à un accord politique secret pour « régler » le problème. A ce titre le dernier accord du genre (le 08 aout) a montré une fois de plus qui était le rusé  de service et qui était le couillon habituel dans ce type de deal : le RPG a attendu que l’UFDG l’applique partout où c’était prévu pour lui pour ensuite refuser de respecter ses obligations. Le jeu politique est vraiment hideux partout mais encore plus chez nous.

 

Tic-tac, Tic-tac, la montre tourne ; aujourd’hui est le 2870e jour de l’ancien « Guinea is back » et du nouveau « changement radical » – déjà 07 ans 10 mois et 10 jours ! Aladji-Professeur-Président voici ma suggestion SMART (Spécifique, Mesurable, Atteignable, Réalisable et Temporellement définie) du mois pour améliorer un peu votre Sanseman : Prési, je pensais que vous ne pouviez plus m’étonner mais je vois que vos capacités créatives sont illimitées. En entérinant officiellement le coup d’état interne de la cour constitutionnelle et en mettant sur son trône un putschiste vous entreprenez un petit jeu très dangereux pour vous et pour vos compatriotes – je vous demande de l’arrêter tout de suite Yandi. Pourquoi ce « over-kill » inutile d’un subordonné pourtant obséquieux (sauf à une seule occasion et même, car il n’a pas écrit ce discours sans les contributions et accords des autres commissaires) mais surtout sans véritable poids de contestation, ce qui va plutôt desservir vos ambitions éventuelles ? Quand la haine et la volonté aveugle de se venger en humiliant son adversaire prend le dessus sur le raisonnement d’un homme politique il se transforme progressivement en…Satan Touré. Une fois encore vous m’avez enfariné car je soutenais avec un peu de confiance depuis un certain temps que vous étiez trop rusé pour faire une erreur aussi grossière. Je soupçonnais plutôt votre volonté de prolongation de 2-3 ans de votre mandat actuel, à la Tandja « pour finir vos grands chantiers » ou comme Gbagbo et Kabila pour sucer un peu plus longtemps le biberon du pouvoir malgré à tous risques mais regarder où ils en sont aujourd’hui. Et puis de grâce cessez de parler désormais devant la presse internationale comme récemment avec vos arguments pseudo-révolutionnaires des années 60, nationalistes minables, démagogiques, désordonnés et pleins de rancœur complexée pour justifier votre incapacité gestionnaire totale – plus vous en parlerez et plus vous vous enfoncerez. Vous pensez donc que vos compatriotes sont tous des lâches et des matés et voulez donc tester jusqu’à quel point il est possible de leur enfoncer la tête dans le tas de fumier de votre Sanseman, ensuite leur frotter le visage dedans et finalement les obliger à l’avaler ? Un résumé pertinent de cette situation nous est offert par un analyste du site Guineenews.org (Amamdou Tham Camara, le 04 octobre) : « Dorénavant pour le parti au pouvoir il existe un boulevard pour avoir la majorité qualifiée des deux tiers des députés lors des élections législatives prévues au premier trimestre de 2019. Cette majorité étant la condition sine qua non pour entamer la révision de la constitution. C’est un pas de géant qui vient donc d’être franchi pour faire sauter le verrou constitutionnel qui bloque le nombre de mandats du président de la république à deux. Surtout qu’en amont le pouvoir semble avoir anticipé sur toutes les velléités de contestation du projet de troisième mandat. Le ministre de l’administration, le général Bourema Condé – un homme qui a la réputation d’avoir réprimé les militants du RPG, alors opposants du régime Lansana Conté quand il était le sous-préfet de Banankoro – a interdit toutes les manifestations jusqu’à nouvel ordre. L’appareil répressif de l’Etat (police et gendarmerie anti-émeute) est doté des équipements du dernier cri qui ont été exhibés lors du défilé du 02 octobre pour mater toute contestation populaire. Pendant ce temps les contre-pouvoirs existants montrent des signes de faiblesse inquiétants. Le syndicat et les organisations de la société civile sont divisés, les empêchant de faire aboutir la moindre initiative. Les deux opposants les plus populaires ont fait des flirts avec le pouvoir ces deux dernières années qui ont déboussolé leurs militants (avantages de chef de file de l’opposition et de haut représentant du président de la république, accords de partage de pouvoir dans les mairies, etc.). Quant au rempart qu’est la presse le traitement présidentiel est différent. Alors que des journalistes s’exprimant en langue nationale sont choyés car parait-il, écoutés par les 80% d’analphabètes, le bétail électoral pour le troisième mandat, au même moment ceux qui s’expriment en français sont soit snobés soit rabroués. Le chemin semble balisé pour le troisième mandat mais toute la question est de savoir si ce peuple qui a souffert de la présidence à vie de Lansana Conté, acceptera une autre présidence à vie ». Franchement j’ai toujours pensé que vous étiez un piètre homme d’état mais un politicien rusé. Mais même dans ce domaine vous commencez à perdre votre « touch » avec le poids de l’âge: 1) Pourquoi liquider et remplacer Kelefa Sall comme cela ? Les textes de loi sont très clairs et vous pouviez aisément les utiliser pour vous en débarrasser « proprement ». 2) Pourquoi vous contraindre volontairement à un bordel désormais permanent jusqu’en 2020 avec tous les radars internationaux braqués sur vous, en particulier ceux de vos protecteurs en France et ailleurs qui sont surement très embarrassés par cette démarche ? Alors que le mettre discrètement en minorité dans tout vote futur de son institution pour un 3e mandat aurait abouti au même résultat ?  Nous avons vécu ces derniers jours une des conséquences indirectes de ce désormais bordel hors-la-loi permanent avec les élections des maires dans tout le pays suite à vos accords illégaux de partage à deux des mairies en contradiction totale avec la loi électorale et la logique sociale : bagarres, morts et blessures de jeunes civils, destruction des bureaux et de maisons y compris celle de la belle-mère de votre principale opposant, une dame pourtant respectée par tous les habitants d’une ville dont tous les leaders religieux et traditionnels avaient exigés que le corps de son mari ne soit pas rapatrié dans son village natal suite à son décès, afin qu’il soit enterré là où il était adulé de toute la population, dans la cour de son hôpital régional de Kindia qui porte d’ailleurs depuis son nom. Les nouveaux « sages » tordus de cette ville qui ont envoyé des casseurs et des voleurs faire ce sale boulot, y compris déchirer tous les albums, documents et photos de son défunt mari ont-ils oubliés que la majorité d’entre eux ainsi que leurs femmes et enfants sont nés et ont été régulièrement soignés dans son hôpital, sous sa protection ? Peuvent-ils se regarder après cela dans le miroir et aller 5 fois par jour à la mosquée pour implorer le bon Dieu ? Hélas oui, c’est ça la nouvelle réalité de la vie sociale entre communautés chez nous !

Publié dans 2018 | Laisser un commentaire

Une Nouvelle Voie (Septembre 2018) :  les stéréotypes ethniques, les mépris inter-communautaires et le bordel institutionnel forment le trépied du Sanseman

Bienvenue à mon bilan du 33e mois de la Condécratie version 2.0. Je continue mon exploration mensuelle des méandres des décisions importantes pour la Nation prises par nos nouveaux chefs en proposant des pistes de réflexions et d’actions qui pourraient être envisagées pour que le « vrai changement » soit effectif.

  1. Echantillon de paroles et pensées présidentielles du mois:
  • « L’Afrique est en train de se vider de ses forces vives. C’est une nouvelle forme d’esclavage. Je souhaite que l’Afrique ne rate pas la quatrième révolution industrielle. Nous ne pouvons pas le faire sans maîtriser les technologies. L’industrialisation est fondamentale pour l’Afrique qui regorge de matières premières agricoles et minières mais elle a été condamnée par la colonisation à être exportatrice de matières premières et déversoir de produits finis » (le 05, dans une interview avec la presse chinoise lors d’un forum à Pékin).
  • « Je ne vais pas prononcer un discours académique. Les ministres souvent écrivent des discours mais moi je suis un intellectuel. Mais un discours écrit dans un bureau, qu’est-ce que ça à voir avec la réaction populaire ? Voilà Monsieur le ministre ! Il faut qu’ils comprennent, nous devons communier avec les artistes qui sont là pour qu’ils sachent que nous sommes à leurs côtés, leur dire que nous sommes fiers des jeux de kora, de nos gnamakala, de nos hommes-oiseaux, etc. » (le 12, lors de la présentation de notre nouvelle politique culturelle nationale (!)).
  • « Les médecins ne font pas leur travail. Ils savent qu’à partir de 40 à 50 ans la viande rouge n’est pas bonne pour la santé mais ils ne conseillent pas cela aux malades. Quand quelqu’un est atteint  du diabète, il peut vivre 100 ans s’il accepte de changer son régime alimentaire. S’il ne l’accepte pas il y aura beaucoup de conséquences. S’il a des plaies on va être obligé de l’amputer et il va finir par devenir aveugle. Ils doivent avoir des émissions dans des radios pour régulièrement dire aux Guinéens ce qui est bon pour la santé ou pas. Mais s’ils ne font pas  leur travail, il faut dire qu’ils ne font pas leur travail » (le 16, lors d’une visite des mouroirs sanitaires de la capitale).
  • « Les Français doivent savoir que si la Guinée a été en retard, il y a la responsabilité des chefs d’état guinéens mais aussi la responsabilité de la France de l’époque. Ce n’est pas à RFI ou au Monde, que les guinéens ne connaissent même pas, que je vais expliquer ça.  Je suis en contact avec mon peuple, c’est avec lui que je dialogue. Ce n’est pas à RFI que je vais parler de mon bilan, c’est devant mon peuple. S’il y a des gens qui ont le complexe de vous, ce n’est pas mon cas, c’est à mon peuple que je m’adresse.  C’est mon peuple qui jugera mon bilan et non RFI. Je n’ai aucun complexe, je m’adresse à mon peuple dans sa langue… L’histoire de la Guinée ne se ramène pas à la violence. Vous êtes venus avec des idées arrêtées. Je suis choqué de vous entendre dire que la Guinée n’a pas émergé, je suis choqué, franchement. Je suis choqué. ce n’est pas la peine de venir en Guinée, restez en France alors si vous dites que la Guinée n’a pas décollé. Vous êtes très contents d’être au Millenium, à Sheraton, au Palm hôtel ou bien à Kaloum. Aujourd’hui vous êtes très contents d’avoir des hôtels où vous pouvez dormir comme à Paris et vous venez nous dire que la Guinée n’a pas décollé. Mais non Madame, si vous êtes venus avec des idées arrêtées pour présenter une mauvaise image de la Guinée, partez avec elles. Vous êtes venus déformer l’histoire de la Guinée. De toute façon Madame je vais vous dire : ce n’est ni TV5, ni RFI qui va décider du destin du peuple de la Guinée. Vous pensez que peut-être parce qu’il y a beaucoup de chef d’état qui vous courent après, moi le peuple de Guinée sait ce qui se passe chez lui. Je n’ai aucun complexe des journaux français, américains ou chinois, il faut que ça soit très clair » (le 30, interview avec un panel de journalistes français de RFI, TV5 et le Monde à la veille des festivités du 60e anniversaire de l’indépendance).
  • Pour : ça y est, c’est parti pour les conseils et sanitaires et ordonnances médicales du 1e médecin-chef du pays, docteur et professeur de la Sorbonne. Pour le moment les conseils sont corrects même s’ils sont dits dans le langage habituel des garçons de salle hospitaliers.
  • Contre : c’est quand même incroyable de continuer à faire porter les principales causes de notre retard à la colonisation, soixante ans après. En prototype des vieux marxistes parigots des années 60 il est sincèrement incapable de penser à autre chose et ce n’est pas en raisonnant ainsi qu’il aura une chance de ne pas rater la 4e révolution industrielle qu’il nous souhaite tant. Mais le championnat des mensonges d’état du mois semble être remporté par Don Kass-Kass qui nous dit lors du bilan de ses 100 premiers jours au pouvoir : «En terme de reforme on a été classé comme cinquième pays le plus réformateur du monde, ça veut dire qu’en terme de programme de reforme nous avançons, nos lois s’améliorent, nos cadres institutionnels s’améliorent ». Ce type est pire que Donald Trump, Walahi !
  1. Les décisions et actions « positives » du mois :
  • Le 13, le ministre de l’unité nationale et de la citoyenneté a remis les deux premiers « prix national du civisme et de la paix » crée pour l’occasion par le PPAC au caporal  chef Cheick Moussa Soumah et au civil Youssouf Soumah. La semaine précédente ils avaient sauvé la vie d’un enfant de trois ans lors de l’incendie d’un appartement au quartier Yimbaya en haute banlieue de Conakry. C’est toujours une bonne chose de féliciter publiquement les bonnes actions, surtout venant d’un militaire guinéen qui est entré dans une maison sans chercher avant tout à la piller, ce qui est plutôt la norme chez nous.
  • Le 25, un ouvrage collectif de journalistes et chercheurs est présenté officiellement à Conakry et diffusé gratuitement dans les presses nationale et internationale. Il décrit en détail la violence politique permanente qui a rythmé l’histoire de la Guinée de 1954 à 2010 en documentant les faits et analysant les causes et conséquences. L’objectif : ouvrir le débat sur l’histoire du pays. Selon le je journal Jeune Afrique du 25 septembre : « Des exactions commises sous le règne de Sékou Touré au massacre du 28 septembre 2009 en passant par la prise de pouvoir du capitaine Moussa Dadis Camara ‘ Mémoire Collective – Une histoire plurielle des violences politiques en Guinée s’attache à retracer dans ses moindres détails les drames ayant entaché les décennies qui ont suivi l’indépendance du seul pays africain à avoir dit « Non » à De Gaulle le 28 septembre 1958. Archives, témoignages inédits – de bourreaux comme de victimes – photographies, analyses, reportages, reconstitutions… L’ouvrage publié le 25 septembre 2018 et disponible en intégralité sur internet est le fruit d’un travail au long cours mené par des journalistes de RFI, des chercheurs de la fédération internationale des ligues des droits de l’homme (FIDH) ainsi que des universitaires guinéens français et américain, sous la coordination de Laurent Correau, rédacteur en chef Afrique à RFI ». Enfin une action concrète et positive de notre société civile, le seul pouvoir qui puisse encore résister au PPAC en Guinée.
  • Pour : concernant ce livre sur les violences nationales, puisque entre nous Guinéens c’est toujours les visières et les analyses émotives et biaisées, bien que ceux qui défendent encore nos dictatures ne représentent plus rien sur l’échiquier politique national, il est bien quand même que ce travail soit coordonné et mis en page par des universitaires étrangers sans intérêt personnel direct à nos misères nationales. Le même petit groupe habituel de grognards, composé de la demi-douzaine de dinosaures grabataires, des dizaines d’enfants et petits-enfants de tortionnaires et princes de la révolution et d’une petite bande d’indécrottables extrémistes révisionnistes à visées hégémoniques, ont beau crier et pleurer sur certains médias locaux, tout s’est passé comme sur des roulettes à Conakry. Il ne leur reste plus maintenant qu’à écrire leur livre de démenti historique, si bien sur ils peuvent trouver au moins un seul d’entre eux capable d’écrire plus qu’un commentaire de quelques phrases approximatives sur un site d’information.
  • Contre : concernant nos 2 premiers médaillers du civisme les prix consistaient en un drapeau national et une petite enveloppe de francs glissants. Les pauvres auraient nettement préféré l’obtention directe de la nationalité française et un boulot garanti chez les pompiers de Paris mais c’était quand même un peu trop demander. Et pourtant le malabar en treillis ressemble comme un frère à « Spiderman Gassama » de Paris mais bon, nous on a déjà coupé le cordon ombilical (non financier) avec les colons donc cela n’a pas été possible.
  1. Les décisions et actions « négatives » du mois :
  • Le 03, le volet recettes de la loi des finances rectificative 2018 est adopté par notre assemblée nationale. Parmi ses spécificités typiquement guinéennes on constate le renouvellement des lignes budgétaires réservées pour la haute cour de justice et le haut conseil des collectivités locales (2,5 milliards GNF pour la première et 3,5 milliards GNF le pour le second). Le problème c’est que ces 2 institutions n’existent toujours pas et ne sont pas près de l’être surtout la 1e qui est la seule institution capable de juger notre président et ses ministres. Bref encore une bonne affaire pour ceux qui ont réussi à imposer une nouvelle fois cette saignée financière garantie 100%.
  • Le 03, le HRC publie un rapport sur l’immigration irrégulière en Europe où la Guinée fait de nouveau parler d’elle : sur la « route »espagnole où les arrivées sur les côtes ont bondi de 130% sur les sept premiers mois de l’année par rapport à la même période l’an dernier (27.600 personnes contre 12.100), les pays d’origine les plus représentés sont la Guinée (3.100), le Maroc (2.600), le Mali (2.200), la Côte d’Ivoire (1.200) et la Syrie (1.000). En pourcentage de la population totale nous sommes nettement le premier exportateur de la misère des enfants du continent.
  • Le 04, nous apprenons sur la radio Espace FM que 21 millions USD ont été détourné  à la banque centrale (BCRG) selon une source interne (et anonyme bien sur). Ces fonds proviendraient  de ponctions régulières faites sur les montants à transférer par la compagnie privée MSS (appartenant à un mauritanien pote du boss et associé au fils du ministre de l’administration du territoire) aux Citibank et Standard bank à Dubaï. Il semblerait que cet argent aurait en partie servi entre autres à financer une autre société privée spécialisée dans la production d’or basée en Haute Guinée. Une enquête plus détaillée a été publiée par le journal en ligne spécialisé français LDC (Lettre Du Continent).
  • Le 04, un redoutable complice religieux du PPAC, l’autoproclamé chef de la Basse Guinée Sekhouna soumah se fait le relais de la pensée profonde de ses mentors actuels qui lui remettent parfois des enveloppes financières de subsistance ces jours-ci: Il ose dire devant la presse locale : « Je vous dis tout d’abord que le choix fait à Kindia pour le maire n’est pas dans la logique, la loi n’a pas dit d’arranger un vote entre des protagonistes. Si tel a été le cas le gouvernement s’est trompé. En second lieu Kindia est la capitale de la Basse-Guinée, point commun de tous les soussous. Si le gouvernement indique qu’un peulh doit diriger cette commune sans faire l’inverse à Labé ou à Kankan cela prête à la confusion.  Peut-être s’il peut y avoir un arrangement c’est pour une autre commune et non pour la capitale de la Basse-Guinée ». La course aux propos éthiques haineux en public prend un nouveau coup d’accélérateur. Le lendemain d’ailleurs le coordinateur de la coordination peule (Halli Pular) décroche sa salve visant directement la nationalité « usurpée » du PPAC. Pour les nombreuses coordinations mamayesques de la Haute Guinée c’est déjà une norme établie depuis longtemps. Dommage qu’il n’y ait presque plus de « sages » et de chefs religieux respectables dans notre pays.
  • Le 06, les vérités sur les magouilles électorales systématiques et cachées du pouvoir commencent à sortir, comme toujours à moyen terme dans des cas pareils. Le directeur des opérations de la CENI, Etienne Soropogui, sentant surement son éviction très prochaine de cette mangeoire, révèle ses petits secrets de polichinelle : « Les magistrats ont reçu assez de pression pour annuler les résultats par endroits. Tout ça n’est pas bien, on ne peut pas revenir après pour parler de paix et stabilité quand à un moment donné on ne prend pas de la hauteur pour laisser les gens faire leur travail. Les magistrats ont été assez menacés et la pression venait du pouvoir en place. On sait comment ça fonctionne, on a demandé aux magistrats de faire des choses qui n’étaient pas bien par endroits. Certainement il ne fallait pas le dire mais le moment est venu de le dire. Ils ont été assez bousculés. Finalement ils ont fait des réaménagements par endroits. Nous sommes devant cette situation, 5 à 6 mois après les élections communales nous ne sommes pas capables d’installer les conseils communaux. Je crois que ce n’est pas bien pour notre pays ». Merci quand même pour cette confirmation tardive de la pourriture de votre CENI et du système judiciaire dans le Sanseman du PPAC.
  • Le 06, lors d’une interview sur la RTG pour faire le bilan de ses 100 premiers jours Don Kass nous donne une justification intéressante sur le dossier de la disparition de 21 millions USD de la banque centrale : « J’ai lu un papier prétendant qu’il y a eu un scandale financier à la BCRG. La BCRG ne peut pas se comporter de cette façon qu’on vous a décrite. Pour des raisons données les banques suisses ont décidé d’arrêter leurs relations avec certains pays d’Afrique dont la Guinée. Donc il fallait trouver des partenaires pour transporter notre argent ». Quelle argumentation convaincante venant d’un type ayant obtenu 2 doctorats en 3 ans aux USA ! La question principale maintenant est de savoir pourquoi les banques suisses ont décidé d’arrêter complètement toutes relations avec les autorités guinéennes ?
  • Le 07, un journaliste demande au ministre chargé de l’administration les raisons du retard de l’installation des conseillers communaux élus depuis février dernier ? Sa réponse est à couper le souffle : « Le PM a dit que ce retard est dû au retour des pèlerins de la Mecque ». Don Kass-Kass  lui aurait dit qu’il y a des candidats aux postes de maires de certaines localités qui sont allés à la Mecque pour accomplir leur pèlerinage ! Et Don Kass-Kass en rajoute une couche : « D’abord je voudrais vous faire observer que même si l’approche est cavalière et la méthode est mauvaise on peut se réjouir du fait que  ça fait des économies de morts, économies des blessés, ça fait des économies de casses de maisons, casses de magasins. Pour moi c’est cela l’important ». On est vraiment mal barrés avec ces 2 farceurs au sommet de notre administration.
  • Le 07, le ministère de la fonction publique publie les résultats provisoires du recensement et de l’identification biométrique additionnelle des fonctionnaires. Selon son porte-parole « 35.293 fonctionnaires, pensionnés civils et agents contractuels temporaires sont introuvables. Sur un total présumé de 91.095 seuls 55.802 ont été retrouvés. Pourtant ils perçoivent régulièrement leurs salaires ». Et ça ce sont les résultats après le 6e recensement/identification biométrique des fonctionnaires depuis 2011. Imaginez donc la situation réelle dans la masse pléthorique totale de fonctionnaires de l’administration.
  • Le 12, après leur lettre de défiance à leur chef de la semaine dernière, les huit conseillers de la cour constitutionnelle annoncent la destitution de leur président Kéléfa Sall dans un document de trois pages d’une légèreté abyssale de justifications légales. Ce document a été remis à l’assemblée nationale avec copies aux médias. Interrogés sur la légalité de leur texte ils répondent : « C’est la majorité souveraine qui s’est exprimée ». Ceci est leur 2e tentative de le faire, la première ayant lamentablement échouée il y a quelques mois. Il faut quand même préciser que parmi ses « crimes » leur ex-président avait osé dire publiquement le 14 décembre 2015 lors de la 2e intronisation pour le dernier mandat du PPAC: « Ne nous entourons pas d’extrémistes, ils sont nuisibles à l’unité nationale. Évitez toujours les dérapages vers les chemins interdits en démocratie et en bonne gouvernance. Gardez-vous de succomber à la mélodie des sirènes révisionnistes car si le peuple de Guinée vous a donné et renouvelé sa confiance il demeure cependant légitimement vigilant ». Il venait de signer le démarrage d’une haine maladive et d’une promesse de vengeance humiliante du PPAC suffisante pour expliquer son silence et son plaisir actuel dans cette crise. Néanmoins ne faisons pas de cette nouvelle pagaille juridique un facteur pour faire de Kéléfa un héros national : il a accepté sans dire un mot les résultats truqués de toutes les élections depuis qu’il a été nommé. Par exemple il savait parfaitement les pressions lors des communales faites sur tous les magistrats qu’il connait bien personnellement. Si Soropogui qui n’est pas magistrat le savait, à plus forte raison lui. Pourquoi n’a-t-il pris alors son courage a deux mains, surtout que le PPAC ne peut pas le toucher avant son départ, pour rejeter les résultats (comme au Kenya) ou démissionner pour marquer le coup et l’histoire ? Alors là on aurait pu lui tresser des couronnes. De plus même si le PPAC décidait de se présenter de nouveau Kéléfa ne serait qu’une voix parmi 9 commissaires de la cour et selon la loi son vote n’est pas éliminatoire. Donc en cas de tentative de révision de la constitution son seul choix aurait été de démissionner et on a déjà vu sa détermination dans les cas passés. La question fondamentale qui mérite une réponse professionnelle est donc : juridiquement Kéléfa Sall peut-il tout seul empêcher l’assemblée nationale majoritairement RPGiste d’appeler à une révision constitutionnelle et de l’obtenir ensuite par référendum interne ou général, sachant bien qu’il ne démissionnera surement pas ?
  • Le 14, une manifestation des jeunes de la préfecture de Mandiana tourne une nouvelle fois au drame humain. Une petite bande de jeunes et d’adolescents en colère contre le non tenue des promesses présidentielles au sujet de l’enclavement de leur préfecture ont pris d’assaut les rues dès 06 heures du matin. Ils manifestaient contre la dégradation des routes et réclamaient la reconstruction de leur « maison de jeunes ». Le préfet leur répond en lâchant ses miliciens armés et au final on compte un mort et une dizaine de blessés par balles. En réponse les jeunes pillent et brûlent la résidence du préfet et incendient un véhicule dans sa cour. Et pourtant au départ ils ne faisaient que hurler des slogans anti-Sanseman et brûler des T-shirt du RPG. Toujours ces mesures disproportionnées pour de simples protestations pourtant justifiées. Et dire que les mêmes étaient entrain de chanter et danser avec Don Kass-Kass deux semaines auparavant pour applaudir les merveilles réalisées par ce Sanseman ! Il est vrai que quelques petites enveloppes de 50-100.000 GNF distribuées largement la veille des visites officielles refroidissent toujours les ardeurs belliqueuses de nos protestataires affamés et paumés.
  • Le 20, nous apprenons sur plusieurs sites d’information locaux qu’un leader politique allié du pouvoir et cireur de pompes du PPAC et son épouse ont été inculpés officiellement à Dallas (Texas) de cinq chefs d’accusations par le procureur du district fédéral nord du ministère de la justice des États-Unis. Ils sont inculpés pour « travail forcé, hébergement illégal d’étranger pour des gains financiers et complot en vue de commettre des travaux forcés et d’abriter des étrangers en situation illégale ». Il est également accusé d’avoir menti au FBI en faisant de fausses déclarations à un agent fédéral. Selon le communiqué du ministère américain de la justice « S’ils sont reconnus coupables de travail forcé les accusés encourent une peine maximale de 20 ans de prison, une amende de 250 000 dollars et une restitution obligatoire. S’ils sont reconnus coupables d’hébergement d’étrangers en situation illégale, les accusés encourent une peine maximale de 10 ans d’emprisonnement et une amende de 250 000 dollars ». Pas étonnant vu qu’il est le leader d’un parti qui prône la lutte pour la pauvreté dans l’esclavage. Une bonne chose quand même pour la jeunesse qui n’aura plus à l’écouter s’égosiller et se ridiculiser publiquement sur les TV et radios locales.
  • Le 21, c’est une brève escapade pour le boss à Bamako pour participer au 58e anniversaire de l’indépendance du Mali. Et pour nous présenter en même temps son nouveau jet Gulfstream mis à sa disposition par ses nouveaux partenaires en affaires turcs Erdogan/Albayrak. Un petit remerciement pour l’offre généreuse sans commune mesure de notre port national sous la table ?
  • Le 25, au mépris de la constitution et de tous les articles de loi de la république les 8 commissaires frondeurs  (en fait 7 car un de ceux cités dans la lettre n’a pas signé le 1e document) élisent en cachette leur ancien vice-président (Mohamed Lamine Bangoura) au poste de nouveau président de la cour constitutionnelle. Sans la présence du président destitué par eux il y a deux semaines ni le greffier en chef de la cour (Daye Kaba), tous deux non invités à cette réunion. Les frondeurs ont passé outre les dispositions pertinentes de la loi qui disent que la condition sine qua non pour la destitution d’un membre de la cour constitutionnelle est la commission d’un parjure, d’un crime ou d’un délit. Donc ils se sont de fait comportés en accusateurs, procureurs, juges et exécuteurs de leur procès contre leur chef hiérarchique ! Il est évident que ceci ne peut avoir été fait sans l’aval au minimum verbal des présidents de la république, de la cour suprême et de l’assemblée nationale sinon ils auraient tous dormi en taule cette nuit-à.  Ensuite ils ont obtenu le retrait de sa garde personnelle honorifique (5 chimpanzés avec des bérets rouges). Tout le monde attend maintenant la suite : la conférence de presse le 01 octobre du président déchu et surtout la cerise finale sur le gâteau : le PPAC prendra-t-il un décret comme le prévoit l’article 3 de la loi organique de cette cour pour confirmer l’élection du nouveau président de la cour constitutionnelle ? Le bordel du Sanseman prend encore un sérieux coup d’accélérateur et tous les observateurs de la fin de règne se lèchent déjà les babines à regarder tous ces loups s’entre-bouffer sans plus aucune retenue.
  • Pour : comme chaque mois, R.A.S…
  • Contre : extrait de l’article du journal LDC : « Rédigé par le colonel Moussa Tiégboro Camara, patron de la répression des crimes économiques et du grand banditisme ce document confidentiel dont nous avons pris connaissance met directement en cause la haute hiérarchie de la banque centrale (BCRG) ainsi que la société Managed Security Services-Sarl (MSS-Sarl), chargée de convoyer vers Dubaï les devises en dollars de la Guinée pour le compte de la BCRG. Le rapport évoque l’existence d’un circuit parallèle qui permettait à certains de placer les dollars de la BCRG sur des comptes privés, où ils généraient des intérêts significatifs. L’argent ainsi dégagé était utilisé pendant plusieurs mois pour alimenter des investissements privés, notamment dans le commerce de l’or, avant d’être reversé, en totalité ou en partie, sur les comptes officiels de la BCRG. MSS-Sarl a ainsi investi plusieurs millions $ dans une mine d’or à Mandiana. Le passif de ces opérations s’élève pour l’Etat à près de 20 millions $ (17,3 millions €), non restitués à la BCRG par les convoyeurs de fonds et leurs complices. Créé le 14 mars 2013 à Conakry, MSS-Sarl est détenu à 90% par un homme d’affaires mauritanien, Yacoub Abdallahi Sidya, qui a quitté précipitamment la Guinée, mi-août ainsi que par le commerçant guinéen Amadou Dioum (7%) et un étudiant de 24 ans, Namory Condé (3%), qui n’est autre que le fils de l’actuel ministre de l’administration du territoire et de la décentralisation, le général Boureima Condé». Ainsi des petits malins locaux ont réussi à voler notre voleur national, le PPAC. J’imagine déjà sa colère et ce qui va se passer s’il les attrape. Il n’y a rien qui fasse plus mal à un voleur que de se faire prendre à son propre jeu. Ceci confirme une nouvelle fois ce qui se passe dans la gestion opaque des finances publiques mais où personne n’y peut rien. Un compatriote bien informé (Rahim, le 10 sur Guineenews.com) nous donne certaines précisions : « Pour avoir un marché en Guinée les entrepreneurs promettent 10 à 20% du montant du projet aux décideurs. Les entrepreneurs se réservent une marge de bénéfice de 30% du montant du projet. Une fois le projet signé et afin que les ‘‘décideurs’’ puissent récupérer leurs 10 à 20% une autorisation de paiement pour démarrage est émise sans aucun avis d’ouverture de chantier. C’est pourquoi tous les projets en Guinée sont soit bâclés si l’entrepreneur est ‘‘sérieux’’ soit arrêtés ». On va où avec ça ? Concernant la crise à la cour constitutionnelle je suis persuadé que le PPAC est ravi de ce coup d’état interne surtout parce qu’il connu pour être très vindicatif. Il attendait de lui rendre sa monnaie d’humiliation publique depuis 2016. Mais penser qu’il avait besoin de ça pour le neutraliser est à mon avis exagéré. Par ailleurs Kéléfa n’a pas la réputation d’une colombe immaculée dans le système judiciaire national. Son seul fait d’arme a été sa phrase judicieuse sur les « sirènes révisionnistes » en décembre 2015. Avant cela et après je n’ai pas entendu parler d’un seul autre fait remarquable, plutôt le contraire. Il faut bien le dire car de trop nombreux compatriotes, en particulier des vrais patriotes de la diaspora, affirment avec conviction mais à tort que Kéléfa est le seul magistrat « propre » du pays qui va à lui tout seul empêcher un 3e mandat du PPAC. Il est important de le leur rappeler par exemple que le tiers des commissaires sont des tricheurs sur leur âge, le minimum légal pour occuper cette fonction étant de 45 ans, mais il a pourtant accepté de siéger plusieures fois en plénière avec eux. Il est donc en partie responsable de ce qui lui arrive de leur part. Je ne parle même pas de son autorisation complice  des pires contournements de la loi par le PPAC et en particulier la nouvelle loi électorale qui va fausser toute les élections à venir au profit démesuré du RPG et de l’UFDG.

 

Tic-tac, Tic-tac, la montre tourne ; aujourd’hui est le 2839e jour de l’ancien « Guinea is back » et du nouveau « changement radical » – déjà 07 ans 09 mois et 10 jours ! Aladji-Professeur-Président voici ma suggestion SMART (Spécifique, Mesurable, Atteignable, Réalisable et Temporellement définie) du mois pour améliorer un peu votre Sanseman : Prési,  depuis 2010 vous avez réussi à réveiller tous les vieux démons des mépris inter-communautaires de votre mentor Satan Touré. Nous ne vous oublierons jamais pour cela. Certains de ses thèmes ethnocentriques qui étaient de nature à compromettre la quiétude parmi nos communautés sont de retour, d’abord dans votre bouche et depuis dans celles de nombreux politiciens et imams tordus. Vous savez la manière habituelle de raisonner chez nous : «  le chef a fait pour lui, alors pourquoi pas moi aussi ? ». Faites un peu pour diminuer votre crédit historique dans ce domaine, Yandi ! Un compatriote anonyme sur le site Kababashir.com décrit parfaitement votre comportement nuisible : « Il est le géniteur tout désigné des clivages ethniques en Guinée. Il a distillé les semences depuis son arrivée au pouvoir en 2010. Depuis, rien ne s’arrête. Aujourd’hui c’est Kindia qui polarise toutes les attentions. Les acteurs ? L’imam de Tafory et le Sékhouna Soumah. Il est temps, grand temps pour l’élite basse-côtière d’intervenir avant qu’il ne soit tard. Le patriarche de Tanénè dit que Kindia est la capitale de la Basse Côte, c’est pourquoi on ne peut pas accepter qu’un peul y soit maire. Il n’a rien compris ni de la géographie ni de la démocratie : Kindia étant une ville frontalière de la Basse-Côte et du Fouta, il y a des villages entiers peuls et des villages entiers soussous qui appartiennent à cette région administrative de Basse Côte. Il y a des peuls originaires de cette région comme des soussous originaires de cette région. Le Kountigui lui-même a dit qu’en convoquant toutes les localités de la Basse Côte, Télémilé également y était. Or Télémilé est une ville du Fouta. Elle a juste été rattachée administrativement à la Basse Guinée, comme Dabola et Dinguiraye sont aujourd’hui rattachées à la Haute Guinée administrativement alors qu’elles sont essentiellement peules. Mais Alpha Condé a tout bonnement violé son serment : respecter, faire respecter et appliquer la constitution et les lois de la république. C’est pourquoi chacun parle au nom de la justice, au nom du président, au nom de ci et de çà. C’est bien cela une république en lambeaux ! ». Vous n’avez pas le droit de laisser dire impunément de telles inepties par quelques vieux grognards connus même dans leurs quartiers pour leur opportunisme et leur manque de moralité sans les appeler à la raison et au silence immédiatement et énergiquement.  Les laisser mobiliser quelques centaines de jeunes surexcités grâce à des enveloppes financières aura des résultats finaux calamiteux dans nos villes urbaines et rurales ? La seule preuve que nous pourrions comprendre (sans l’accepter pour autant) serait que la grande majorité des Kindiakas rejette le nouveau maire, que la population sorte par dizaines de milliers pour refuser son investiture. Et ça ne sera surement pas le cas car ce sont eux qui l’ont élu à la majorité des voix de la ville et qu’il la dirigeait déjà  avec ce machin de délégation spéciale depuis plusieures années sans aucune réaction épidermique d’origine communautaire. Vous comprenez maintenant l’escalade potentiellement catastrophique que vous laissez se développer doucement avant votre départ en 2020 ? Alors il faut absolument y mettre fin avant cela. Ce sera une réalisation 1000 fois plus importante pour le pays et pour vous-même que votre promesse de barrage Souapiti qui sera forcement bâclé comme précédemment pour le barrage Kaléta si vous  forcez démesurément la cadence pour des objectifs uniquement pré-électoraux avant cette date-là. Boss, un de mes compatriotes a bien défini votre Sanseman ce mois-ci : «  Dans tous les pays au monde, il y a une mafia mais en Guinée c’est la mafia qui a un pays  ». Ayez pitié un peu de nous maintenant, pardon !

 

Publié dans 2018 | Laisser un commentaire