Une Nouvelle Voie (Avril 2017) : « Je coupe le cordon ombilical – je blaguais, dèèhh ! »

Bienvenue à mon bilan du 16e mois de la Condécratie version 2.0. Je continue mon exploration mensuelle des méandres des décisions importantes pour la Nation prises par nos nouveaux chefs en proposant des pistes de réflexions et d’actions qui pourraient être envisagées pour que le « vrai changement » soit effectif.

  1. Echantillon de paroles et pensées présidentielles du mois:
  • « En collaboration avec la Chine nous allons construire quatre grandes universités… Il ne sert à rien de former un licencié en droit alors que le pays a besoin d’ingénieurs » (date indéterminée)
  • « Comme j’ai dit à Abidjan dernièrement nous ne pouvons pas vaincre le terrorisme par les armes. Parce que le terrorisme c’est la pauvreté et l’injustice. Pourquoi les terroristes disent à un jeune tiens ça, va mettre une bombe ? C’est parce qu’il n’y a pas de travail. La première nécessité pour vaincre le terrorisme c’est de lutter contre la pauvreté, mais aussi contre l’injustice. Ça veut dire que les ressources du pays doivent être équitablement reparties, particulièrement au niveau des couches les plus vulnérables, les jeunes et les femmes, etc. C’est ça qui peut couper la racine du terrorisme… Quand j’ai dit aux pays francophones coupons le cordon ombilical ça veut dire que lorsque vous avez le cordon ombilical, vous êtes encore un bébé. Or il faut devenir majeur… La population du monde dans les autres continents a vieilli. Voyez la Chine, c’était un enfant, maintenant elle n’est plus un enfant. Alors que nous, nous avons l’avantage inverse. C’est pourquoi nous devons aller très vite. Parce qu’avec la santé, les Africains vivront de plus en plus longtemps. Ça veut dire que progressivement nous tomberons dans les mêmes problèmes que les pays développés. Voilà les défis que nous devons relever » (le 08, à Conakry lors de sa présentation de la feuille de route de  l’U.A. pour son mandat ».
  • « Je crois que pour des Guinéens, voir le drapeau guinéen flotter sur les Champs Élysées c’est quand même un symbole extrêmement important de changement de relations entre la Guinée et la France. Je disais dernièrement que de toutes les anciennes colonies françaises c’est la Guinée qui avait le plus d’avenir tant sur le plan agricole que sur le plan du développement industriel… Je crois que durant sa présidence il (Hollande) l’a beaucoup démontré et surtout les Africains lui sont très reconnaissants pour tout ce qu’il a fait pour l’Afrique. Parce qu’il a montré qu’il n’avait pas un agenda personnel… Nous avons appris à parler d’une seule voix pour l’énergie. Aujourd’hui, c’est ce qui nous a permis de réussir grâce à notre chère amie Ségolène Royal qui nous a beaucoup accompagnés… Je suis très fier de cette visite d’Etat surtout que ce serait la dernière de mon cher ami Hollande en tout cas nous comptons beaucoup sur la coopération avec la France notamment avec l’AFD dont le Président a fait récemment une visite à Conakry. J’espère que notre camarade Michel Sapin suivra la même voie que Royal. Nous devons encore signer un autre accord avec le FMI, pour cela nous comptons sur l’appui de la France afin qu’il nous donne un accord qui puisse permettre à la Guinée d’avoir un accès à des crédits non concessionnels qui peuvent nous permettre de nous développer… En tout cas la délégation guinéenne est très fière de cet accueil exceptionnel et je pense que ceux qui ont connu la période coloniale et autres comme Sidya qui est mon Haut Représentant ou Bah Ousmane, Kassory (!), ils repartent très heureux…J’espère que nous serons toujours ensemble comme nous avons toujours été avant et on le sera après » (le 11, à l’Élysée pour couronner sa visite d’ETAT, la (presque) dernière du frère François).
  • « C’est une nouvelle Afrique qui se réveille, à bon entendeur, salut ! » (le 12, discours au siège de l’Institut du Monde Arabe (IMA) à Paris).
  • « Je n’ai pas à répondre. Ce n’est ni aux journalistes ni aux puissances extérieures de décider… Arrêtons avec cette vision dogmatique de savoir si la bonne chose est un, deux ou trois mandats. Ça dépend de chaque pays et de la volonté de son peuple. Nous ne voulons plus que l’Occident nous dicte ce que nous devons faire. Les pays développés, on ne leur pose pas la question ! Est-ce qu’on pose la question à Singapour par exemple (où le Premier ministre est dans son troisième mandat) ? Pourquoi vous ne posez jamais cette question à Mme Merkel ? Je n’ai pas à répondre. Ce n’est ni aux journalistes ni aux puissances extérieures de déciderEt si on parle d’impunité, je crois qu’il y a dans le monde beaucoup d’exemples pires qu’en Afrique mais dont on ne parle pas. Beaucoup d’autres massacrent leur peuple en toute impunité. C’est ce constat qui guide aussi notre réflexion sur la Cour Pénale Internationale (CPI). Est-ce seulement en Afrique qu’on massacre les gens ? Certains pays tentent de nous imposer des choses alors qu’ils n’ont jamais signé le traité de Rome et échappent donc à la CPI… Nous en avons beaucoup souffert mais en 2016 la croissance économique a atteint 6 % et nous espérons une croissance à deux chiffres à partir de 2018. Les hôtels de Conakry sont fréquentés par des investisseurs français, africains, asiatiques, sud-américains… Nous créons une zone de développement économique, nous fabriquons des logements sociaux, des barrages, il y a des projets routiers, d’alimentation d’eau… Nous en avons assez de cette vision dogmatique de l’Afrique où l’on confond tout le monde, les présidents qui gèrent bien ou mal leur pays. Comme si l’Afrique n’était qu’un seul pays (le 12, lors d’interviews à Paris avec les journaux français Libération, TV5/Le Monde et Euronews).
  • « J’annonce la construction en cours d’une usine de fabrique de livres et de cahiers pour éviter au pays l’importation des livres car on ne peut pas développer la culture guinéenne avec une dépendance à l’extérieur pour la fourniture des livres » (le 23, à l’occasion du lancement de l’année « Conakry capitale mondiale du livre »).
  • « Je réaffirme ma volonté de consolider les relations économiques Sud-Sud, plus particulièrement avec les Émirats Arabes Unis » (le 27, en recevant une délégation d’investisseurs émiratis).
  • Pour : boss votre discours de Conakry sur l’Union Africaine et le terrorisme est (légèrement) plus correct et poli que celui d’Abidjan le mois dernier. Si seulement vous les aviez inversés. Quant à la probabilité de la montée de l‘extrémisme religieux chez nous je constate que vous comprenez bien les causes du danger et les solutions pour l’éviter ou au moins le ralentir – mais alors pourquoi vous faites exactement le contraire en assurant l’arrêt de la corruption et de l’injustice et de l’impunité d’une minorité de vos proches sur 99% des autres Guinéens ?
  • Contre : papy-promesses rajoute une nouvelle couche. Si seulement il se limitait à annoncer une 1e université pour ensuite en construire d’autres si besoin, cela aurait été un peu plus réaliste et crédible mais pour cela il faut avoir déjà géré des grands projets au moins une fois dans sa vie. Vraiment le concept de couper le cordon ombilical avec nos colons est de plus en plus flou pour moi après son discours de l’Elysée : qui faisait la morale à ses pairs africains il y a moins d’un mois sur la nécessité de couper la mendicité avec nos anciens (et actuels) colonisateurs et qu’en plus il assumait ouvertement ses propos ? Il est vrai que rendre visite à un président impopulaire deux semaines avant son départ la tête bien basse du pouvoir est plus un signe de recherche d’une dernière chance de visite d’état chez le « colon au cordon coupé » pour un peu de pub à consommation locale qu’une recherche efficace et crédible d’’assistance financière d’un pays démocratique. C’est même plutôt le contraire, comme le dit si bien la presse française « La diplomatie et les accords changent complètement quand l’administration change. Quand les présidents qui se succèdent ne sont pas du même bord politique tout change ». Quant à se comparer pour être président à vie à un PM d’une dictature militaire (Singapour) et à la chancelière allemande Angela Merkel, tout le monde appréciera le calcul insensé et néfaste de notre apprenti-dictateur. Pour la dernière de papy-promesse du le 23, ce serait une 1e mondiale : un pays où il n’y a même pas une bibliothèque digne de ce nom et qui produit en même temps des livres !
  1. Les décisions et actions « positives » du mois :
  • Le 01, nous apprenons dans la presse que le gouvernement (à travers le ministère de l’administration du territoire et de la décentralisation) et le gouvernement du Royaume de Suède (à travers ses ministères de l’environnement, de l’énergie et de la coordination gouvernementale) ont signé le 31 mars un protocole d’accord portant sur la gestion des ordures ménagères de Conakry. L’accord devrait déboucher sur l’achat d’une quantité importante des déchets générés dans la capitale guinéenne par les entreprises de ce pays qui transformeront ensuite ces ordures en nouvelle source non négligeable (environ 10.000 foyers couverts) d’énergie électrique domestique.
  • Le 08, le Roi du village Afrique nous a présenté à la Blue zone de Bolloré la feuille de route de  notre institution panafricaine sur le thème de son mandat : «Tirer pleinement profit du dividende démographique en investissant dans les jeunes ».
  • Le 09, nous apprenons qu’un jeune bricoleur de Labé a construit son 1e Il explique : « Bon, ces jours-ci, j’ai fait un avion d’une place qui, pour l’instant roule mais ne vole pas d’abord. Ainsi on a compris que c’est la faiblesse du moteur qui l’empêche de décoller. Ce n’est pas parce qu’on ne sait pas comment le faire décoller mais c’est le moteur qu’on utilise qui est faible pour l’avion. En effet, c’est maître Souleymane, un chaudronnier du voisinage qui nous a prêté le moteur en question. C’est un moteur pour moto de marque FDMCO (marque chinoise). On a essayé et on a trouvé que la coque est trop grande pour le moteur-là, alors qu’il nous faut un moteur plus puissant et plus grand que la coque de l’avion afin qu’il puisse décoller. Donc, il nous faut un moteur de voiture pour pouvoir faire voler l’avion. D’ailleurs, si toutefois on trouve ce moteur, on va agrandir l’avion pour en faire un appareil de deux places ». On devrait tous lui envoyer 10,000 GNF afin qu’il finalise son projet au plus vite afin que cette merveille soit désormais l’avion officiel personnel du PPAC dont il rêve depuis 2011 mais pour lequel il n’ose pas demander la permission au FMI. Enfin un jeune Guin-int qui nous offre une solution rapide pour couper le cordon ombilical – avec le PPAC.
  • Le 10, pour limiter de façon drastique les admissions  au BAC unique, le nouveau ministre de l’Éducation pré-universitaire met fin aux « moyennes de cours complaisantes, fantaisistes, commerciales et sexuellement transmissibles » (Moïse Sidibé). Il décide que tout candidat qui n’aura pas 08/20 de moyenne ne pourra plus se présenter au bac. Cela veut donc dire qu’avant cela on pouvait le réussir même avec moins de 08 de moyenne – Allah Akoubar !
  • Pour : concernant l’accord avec les Suédois pour qu’ils ramassent pour nous nos montagnes de déchets domestiques c’est une très bonne nouvelle pour les Conakrykas mais une preuve supplémentaire de l’incapacité totale de nos dirigeants à régler seuls nos problèmes élémentaires de développement. Ça va chauffer quand nous aurons fini de couper nos cordons ombilicaux ! Et pourtant la récente publication par Quantum Global de son indice 2016 d’investissement en Afrique a vu la Guinée se classer parmi les dix premiers pays africains ayant le plus progressé en termes d’attractivité pour les investisseurs internationaux. Le rapport se base sur les critères de croissance, de liquidité, du risque pays, de l’environnement des affaires, de la démographie ainsi que sur la pénétration des médias sociaux. Reste à savoir c’est quel machin ce Quantum Global. En tout cas sa mission selon son site internet est definie comme telle « We strive to build on our reputation as a trusted and recognised partner for investment management, private equity and research across Africa. We seek to consistently deliver quality outcomes for our clients». Autrement dit c’est un « hedge fund », un fonds spéculatif de petits requins avec très peu des considération de la haute finance internationale qui recherchent de nouveaux marchés « faciles et rentables mais à très hauts risques » après quelques flatteries bien placées. C’est donc un peu comme ces « prix d’excellence » distribués à la pelle à nos millionnaires-voleurs locaux par des petits bandits de la diaspora planqués à Paris, Dakar et Abidjan. Beaucoup de flatteries télévisées bien placées et une récompense financière grasse est assurée.
  • Contre : suite à la signature de l’accord avec nos colons nordiques pour qu’ils nettoient notre capitale le chef de délégation suédoise a déclaré : « L’échantillon de déchets qu’on a visité est bon. Il y a des boites de conserve, des cannettes en aluminium, des batteries de voiture, du matériel électronique et électroménager, des gravats de chantiers de construction, des moquettes, etc. Le gouvernement de Suède est très heureux de contribuer à l’assainissement de Conakry. Toutefois, sachez que de notre côté cet accord nous est bénéfique. En effet, par les procédés de la pyrolyse et de la gazéification, les déchets que nous allons très prochainement acheter nous aideront à produire de l’énergie pour 10.000 foyers ». Réponse immédiate de notre ministre de l’administration : « La clairvoyance du chef de l’Etat a été telle qu’on va nous acheter nos ordures. Je crois que c’est une première en Afrique. Même le Rwanda que l’on vantait jusqu’ici n’a pas fait mieux. Et je tiens à remercier le gouvernement du royaume de Suède ». Si seulement nous leurs avions plutôt demandé de nous fournir l’assistance nécessaire pour faire cette transformation chez nous – mais bon c’était trop compliqué tout ça. Une fois encore on fait comme pour la bauxite, on donne pour presque cadeau nos matières premières pourtant rentables si transformées localement à des « partenaires » qui, par des procédés simples en feront de l’énergie électrique domestique pour des milliers de familles. Nous on s’en fout, l’essentiel c’est qu’ils ramassent nos poubelles puisque nous en sommes incapables.
  1. Les décisions et actions « négatives » du mois :
  • Le 06, un rapport de l’U.E. confirme que « Le nombre de décès, l’exploitation et les abus enregistrés sur la route migratoire de la Méditerranée centrale atteignent des records et la Guinée arrive en tête des pays ayant le plus fort taux de départ de migrants en Afrique sub-saharienne ». Pas de doute, c’est grâce au Sanseman que la voie de l’émergence s’éloigne de plus en plus de l’horizon.
  • Le 06, le Forum économique mondial (WEF) a publié son classement mondial de la compétitivité touristique. Sur les 34 pays africains classés notre Guinée ne figure pas. Et dire que nous avons non seulement un ministre mais aussi un directeur de l’office national qui ne peuvent même pas au moins répondre aux questionnaires internationaux qu’ils reçoivent. Mais bon cela nous évite quand même une nouvelle déculottée continentale alors ce doit en fait être un stratagème bien calculé de ces 2 larrons pour protéger encore un peu leurs fauteuils éjectables de la mangeoire nationale.
  • Le 07, la ministre de l’économie dévoile les chiffres du rapport d’audit axé sur la dette intérieure et l’état d’avancement des travaux du comité d’apurement de la dette intérieure (CODI) : « Sur une dette totale pré-identifiée par la Direction Nationale de la Dette de GNF 28 149 milliards, l’audit à l’issue de sa mission a ramené ce montant à GNF 2 194 milliards (!!). L’écart entre le montant initial des dossiers pré-identifiés et ceux retenus pour l’audit s’explique entre autres par : les dossiers non transmis par les structures concernées (ministères et directions), les erreurs de calculs, etc. ».
  • Les 07 et 08, notre PM numérique et ses ministrons organisent une nouvelle retraite gouvernementale pour  se pencher sur le « bilan des réalisations de l’année 2016 et la définition des priorités pour 2017 visant l’amélioration des conditions de vie des populations et la transformation économique de la Guinée dans le cadre de la mise en œuvre du Plan National de Développement Économique et Social (PNDES) 2016-2020 adopté par le Gouvernement en février 2017 » – seulement ! En fait c’est aussi une nouvelle astuce gouvernementale pour vider quelques milliards pour les frais d’organisation à la caisse commune financière du PPAC.
  • Le 10, Mr A-fric débarque à Paris en étant persuadé d’être le dernier roi-nègre qui sera reçu par François Hollande avant son départ de l’Élysée. Hélas le sort ne lui sera une fois encore pas favorable : cet « honneur typiquement africain » reviendra au Président du Burkina. On parle pompeusement dans la presse locale d’une « visite d’Etat » mais pourtant c’est un petit poussin français inconnu, la ministre de la fonction publique, qui est envoyée à l’aéroport pour l’accueillir. Maigre consolation néanmoins,  il restera le président du continent qui aura le plus visité l’Élysée pendant le mandat de son « frère et ami de plus de 30 ans » Hollande.
  • Le 11, notre frère François a gâché la fin de la mamaya Élyséenne par son discours avec un retentissant « La France vis-à-vis de l’Afrique n’intervient pas pour gérer ses propres intérêts. Ce temps-là est terminé. Elle n’intervient pas pour faire infléchir ou faire changer des règles politiques, des régimes électoraux ». Nous sommes tous prévenus, lui, ses troubadours et nous, ses prochaines victimes.
  • Le 11, au cours de sa visite à Paris, il a plaidé « au nom de plusieurs présidents africains » auprès de son homologue français le sort de Laurent Gbagbo détenu à La Haye depuis novembre 2011 et en particulier pour sa mise en liberté provisoire. La réponse logique de Hollande a été immédiate et reprise dans la presse : « La CPI travaille en toute indépendanceHors de question d’intervenir politiquement dans ce dossier judiciaire». Il a du rajouter en off « surtout pas pour un type qui n’a pas hésité à faire bombarder une base militaire française à Bouaké avec plusieurs morts parmi les militaires français en poste ».
  • Le 13, rebelote pour une visite au Maroc, en revenant de Paris, la 3e de l’année. Vraiment après lui plus aucun chef d’état guinéen n’aura d’invitation pour se rendre dans ce royaume pendant au moins 10 ans. Officiellement il va participer à la 12e édition du Salon International (en fait national) de l’Agriculture (SIAM) qui se tient du 18 au 23 Avril dans la ville de Meknès et où il était le seul chef d’état présent. En calculant cela fait 5 jours de vacances préalables à la rencontre et surement quelques supplémentaires à la fin puisqu’il n’assistera comme toujours qu’à la séance inaugurale.
  • Le 24, le boss reçoit à Conacris les grands présidents démon-crates Paul Kagamé du Rwanda et Idriss Débi Itno du Tchad pour des « consultations » et la présentation du rapport sur le projet de réforme des institutions de l’Union Africaine. Principal thème caché de leurs échanges : « comment modifier les constitutions sur tout le continent sans fâcher les donateurs et s’assurer ainsi de présidences à vie ». Notre PPAC profitera beaucoup de cet échange inédit avec ces 2 Usain Bolt en la matière. Franchement que penser d’une organisation d’union qui confie à 2 tricheurs confirmés et un qui y aspire sans plus se cacher, le soin de tracer les grandes lignes de ses reformes qualitatives vers plus de démocratie, de justice et de développement en Afrique ? Qui dans le monde de nos partenaires financiers internationaux peut prendre une telle initiative au sérieux ? Et après ils se plaignent de ne pas être respectés par les Big Brothers et les ONGs internationales alors qu’en fait ce sont encore plus leurs habitants conscients qui les méprisent (en cachette) pour leur mépris et insultes à leurs intelligences.
  • Le 25, pour calmer la jeunesse de la ville de Boké qui marche en colère dans les rues et casse tout sur son passage (bilan : 1 mort par balles, une quarantaine de blessés dont neuf par balles et des dégâts matériels à gogo) en raison avant tout de l’absence presque totale d’eau et d’électricité, le PPAC décrète sur le JT de la RTG une « zone économique spéciale dans la région administrative de Boké, dénommée ZES-Boké ». Sa solution immédiate pour régler cette absence totale de gouvernance dans ce nouvel eldorado chinois en Afrique. Ses envoyés spéciaux pour calmer les jeunes déchainés, des fils du terroir, ont échappé de justesse à un lynchage par intifada dans les rues de la ville. A noter que la région de Boké compte 14 sociétés minières qui pellent et emportent nos cailloux rouges à la vitesse grand V surtout vers les usines chinoises. En plus elles polluent les villes et villages d’un nuage de poussière rouge et écrasent tout passant devant leurs camions sans bâches dans les agglomérations.
  • Le 26, nouvelle ballade d’Etat pour Guinea Solar Impulse, cette fois-ci pour l’Arabie Saoudite puis pour la station balnéaire turque d’Antaria pour participer à une réunion internationale de ministres de l’agriculture – qui est fou ? C’est guinéen qui croit en coupure un jour des cordons ombilicaux.
  • Le 30, nous apprenons que selon l’édition 2017 de l’indice mondial de liberté économique publié par le think tank américain Heritage Foundation et le Wall Street Journal, notre pays fait de nouveau la une – par la queue. Nous sommes dans la catégorie «réprimant la liberté », à la 45e place sur 51 pays africains.
  • Le 30, le Président du Togo Faure Essozimna Gnassingbé débarque à Conakry pour une « visite de travail et d’amitié qui s’inscrit dans le cadre du renforcement des liens d’amitié et de fraternité existants entre la Guinée et le Togo » selon un communiqué du palais Satanya. Il vient surtout pour recopier les notes prises par notre PPAC car il était en retard à la récente formation en « 3e mandat garanti sans risque » offerte gratuitement par les Présidents Deby et Kagamé. Petit malin-va, on te voit venir de loin avec tes gros sabots pourris.
  • Pour : comme chaque mois, R.A.S…
  • Contre : pour le rapport-harakiri de la toute frêle ministre des finances sur l’audit de la dette publique de l’Etat, cette dette est presque entièrement (97%) concentrée sur la dette commerciale née des marchés de travaux publics, des fournitures et prestations de services (86% des titres traités et 48% en valeur) et la dette résultant d’obligations financières suite à des condamnations judiciaires de l’Etat (8% des titres traités et 34% en valeur). Les deux autres catégories de dettes les plus importantes sont les dettes relatives à des dépenses engagées par d’autres entités de l’Etat (SOTELGUI, BCRG, Communes, soit 1% des titres et 7% de valeur) et le contentieux constituant un risque d’endettement pour l’Etat (2% des titres et 6% en valeur). En termes clairs une diminution de près de 92% des montants initiaux avant audit ! Finalement la « caisse unique » du PPAC aura permis au moins une action positive : une meilleure évaluation de l’ampleur de la gabegie dans nos finances publiques. Concernant le plaidoyer pour Laurent Gbagbo, selon Jean-Paul Benoit, l’avocat français du Président Ouattara : « Cette demande des chefs d’Etat me semble inappropriée, car cela apparaîtrait comme une immixtion politique… Il est vrai que les procédures à la CPI sont longues, trop longues. Mais les trois magistrats qui jugent Laurent Gbagbo sont indépendants et n’ont que faire d’une prétendue solidarité socialiste de chefs d’Etat ». Et toc, pour nos rois-nègres ! Notre ministre de la justice a du penser : «  Ah, le bon vieux temps où j’y travaillais encore ». Concernant l’indice de liberté économique, cet indice mesure depuis 1995 celle-ci en se basant sur 12 indicateurs regroupés en quatre catégories : l’Etat de droit (protection de la propriété privée, niveau d’intégrité du gouvernement & lutte contre la corruption, efficacité du système judiciaire), la taille de l’Etat (dépenses du gouvernement, poids des taxes et des impôts, situation du système fiscal), l’efficacité réglementaire (liberté de faire des affaires, degré de libéralisation du travail, situation de la politique monétaire) et l’ouverture des marchés (liberté des échanges commerciaux, liberté d’investissement et dérégulation financière). Il classe les 180 pays étudiés cette année en cinq grandes catégories sur une échelle allant de 100 points (les plus libres) à 0 point (les moins libres). Notre classement « pays réprimant la liberté » correspond à un score entre 40 et 49. Un jeune compatriote a bien résumé notre situation : « Le peuple doit agir sans émotion pour alterner à l’alternance. Il a à faire le choix entre deux générations de cadres du pays. La première est celle qui est issue de la révolution qui est d’ailleurs dépassée et nationaliste très dangereuse, et celle de 1990 qui est libérale, égoïste et corrompue » (Habib Marouane Camara). Un choix cornélien mais finalement pitoyable pour les petits poissons de ce système mafieux.

Tic-tac, Tic-tac, la montre tourne; aujourd’hui est le 2310e jour de l’ancien « Guinea is back » et du nouveau « changement radical » – déjà 64 mois et 10 jours ! Aladji-Professeur-Président voici ma suggestion SMART (Spécifique, Mesurable, Atteignable, Réalisable et Temporellement définie) du mois pour améliorer un peu votre Sanseman : pardon, il faut cesser de nous ridiculiser partout sur la planète avec votre « coupure du cordon ombilical avec les colons » alors qu’en même temps vous chantez votre fierté (et la notre) de voir notre tricolore flotter pour quelques heures sur les Champs Elysées et demandez l’aide de la France pour nous aider à demander pitié au FMI pour une nouvelle rallonge financière qui ne sera jamais remboursée. En tout cas nous avons déjà fait le bilan de vos prouesses dans la mendicité chez votre frère François. La moisson n’est pas glorieuse : 09 micro-accords dans les domaines de l’énergie renouvelable (solaire et micro-barrages), agriculture et gestion des déchets avec comme seuls détails révélés les noms de ceux qui les ont signé. Pour les montants c’est motus et bouche cousue pour empêcher toutes les comparaisons entre nos petits millions d’euros grappillés et les milliards obtenus récemment par le Mali, la Côte d’Ivoire et le Burkina. Vos incohérences donnent aussi un bel exemple de la mentalité de la majorité de vos partisans inconscients : comment qualifier ceux qui applaudissent Satan Touré et vous pour vos Non à la France-Afrique mais qui vont ensuite cirer les pompes de ses maîtres à l’Elysée et qui ensuite insultent l’écrivain Tierno Monenembo pour avoir dit exactement la même chose mais qui en plus a mis ses actions en harmonie avec ses paroles en refusant ce banquet typique de la France-Afrique ? Moi je dirais de pauvres ethnos qui condamnent uniquement en fonction des noms de famille. Plus intellectuellement malhonnêtes vous seriez foudroyés-cadeau sur le champ, Walahi !

Hélas toute personne sensée ayant passé plus d’un mois d’affilée en Guinée sait au moins une chose de sûre : si le PPAC tente le forcing pour obtenir son 3e mandat, il aura hélas 80% de chances de l’obtenir dans le contexte actuel :

– Il y aura certes de nombreuses petites et moyennes protestations au début, surtout sur les émissions radio à succès (GG et Lynx-FM principalement), de personnes qui pourtant espèrent faire de même lorsqu’ils lui succéderont. Pour les grandes marches en ville avec mort assurée de jeunes, ce sera de plus en plus difficile de mobiliser des foules maintenant.

– Pour une grande partie des autres Guinéens, “le petit peuple à bout de souffle” ce sera surtout une garantie de grandes mamayas immédiatement et bien récompensées financièrement.

– Avez-vous vu ses accueils royaux récents par les populations à Kindia, Nzérékoré, Boké, Kankan et bientôt dans toutes les préfectures du Fouta où il est toujours précédé de ressortissants du coin qui ne parlent que de ce sujet ? Puis le lendemain de son départ les mêmes pleurent, grèvent et cassent tout sur leur passage pour manque total d’eau et électricité dans leurs maisons, de nourriture, de soins de santé et d’écoles dignes de ce nom ? C’est incroyable ce que l’’on peut obtenir d’un opportuniste ou d’un miséreux avec des gadgets ridicules (des T-shirts et des casquettes avec effigie », un sac de riz et une petite enveloppe proportionnelle à l’importance du grignoteur.

Si le holà ne lui est pas mis par la CEDEAO et les Big Brothers, s’il a la capacité physique et la volonté d’y aller, ça passera NET malgré nos jérémiades sur le net. Après tout il nous a prévenu qu’il ne lit pas l’internet, la presse et ne regarde pas la télé ! Comme dit par mon grand frère S. N. Bokoum « Vous avez compris, le troisième mandat c’est le retour à l’authenticité. Déjà Alpha empereur des mines, il suffit d’un pas en moins pour être Empereur. Tout court. ». Ah doyen, tu vois tout du haut de ta retraite spirituelle magique, Walahi !

Posted in 2013 | Leave a comment

Une Nouvelle Voie (Mars 2017) : Toumba le « trépanateur de Dadis » est de retour au pays – ça chauffe déjà Walahi !

Bienvenue à mon bilan du 15e mois de la Condécratie version 2.0. Je continue mon exploration mensuelle des méandres des décisions importantes pour la Nation prises par nos nouveaux chefs en proposant des pistes de réflexions et d’actions qui pourraient être envisagées pour que le « vrai changement » soit effectif.

  1. Echantillon de paroles et pensées présidentielles du mois:
  • « Il est extrêmement important que nous luttions contre les mariages précoces car ils déforment les filles, gâchent leur avenir et les empêchent d’aller à l’école. Quant à l’excision elle diminue la valeur de la femme. Les femmes doivent être les premières sur ce terrain de combat …Le destin de la Guinée est dans vos mains… il est vrai que la Guinée est un pays de rumeurs et de mensonges. Consacrez-vous à vos activités et le gouvernement va vous accompagner s’il plait à Dieu. C’est une promesse et quand je promets, je tiens… Nous allons développer les cultures maraichères. Il faut que les femmes s’engagent dans ce domaine qui permet de baisser les prix des condiments dans nos marchés… Quand ça va mal, l’homme peut immigrer mais la femme ne peut pas…Cette fête ne doit pas être seulement de l’amusement » (le 08, en participant aux festivités de la fête des femmes).
  • « Nous avons décidé d’avoir une coopération stratégique. La Chine va nous accompagner pour les infrastructures routières, portuaires et ferroviaires ainsi que pour le développement de l’agriculture, en contrepartie, nous allons fournir les matières premières à la Chine. Nos amis chinois disent qu’on doit aller étape par étape. Mais la Guinée est très pressée. Nous espérons que nous allons franchir très rapidement ces étapes » (le 22, en recevant le vice premier ministre chinois venu lui mentir pour le faire patienter sur leur pillage programmé).
  • « L’Union Africaine est financée par l’Union Européenne. C’est quelle indépendance ça, mais c’est en train de changer. Coupons le cordon ombilical (avec l’ancienne puissance coloniale) et soyons africainsPendant la période coloniale l’agriculture guinéenne dépassait celle de la Côte d’Ivoire. Nous exploitions à l’époque 200.000 tonnes de bananes. Comment expliquer qu’avec tous ces avantages que nous soyons aujourd’hui l’un des pays les moins développés ? Après mon élection, j’ai demandé au FMI de venir de me faire l’état des lieux. Quand ils ont fini et que j’ai vu la situation, j’ai regretté d’avoir voulu être le président de la Guinée… Sans les infrastructures il ne peut y avoir aucun développement, aucune émergence, ces infrastructures qui soutiennent le développement ce sont les routes mais surtout les chemins de fer. Si la conférence d’Abidjan doit faire une recommandation, c’est de continuer à porter le plaidoyer pour le développement du chemin de fer en Afrique. On ne peut pas se développer sans chemins de fer (le 28, à la cérémonie d’ouverture de la conférence internationale sur l’émergence de l’Afrique).
  • Pour : il a certes dit quelques vérités à ses collègues, mendiants chez les Big Boss mais chicoteurs chez eux, mais quel manque de tact et de diplomatie ! Mais bon, cela ne choque plus personne en Guinée et dans la communauté internationale, tout le monde y est habitué maintenant.
  • Contre : notre « koro-promesses » a fait encore dans l’excès lors de la fête des femmes de 2017. Vraiment je ne sais pas ce qu’il peut nous proposer de plus – un compatriote au sens de l’humour élevé parle déjà d’un canal maritime entre Conakry et Siguiri. En plus il ne peut parler des femmes sans évoquer leurs occupations primaires dans son esprit, le maraichage et la cuisine. Quant à vouloir mettre la pression sur la Chine pour qu’elle aboule le fric immédiatement, c’est encore une preuve qu’il ne lit, regarde et n’écoute pas la presse internationale comme il nous l’avait dit. Espérer réussir à leur tordre le bras et obtenir ce que même les USA, l’UE le FMI et la Banque mondiale n’essaient même plus maintenant est vraiment la preuve que papy-cool continue à voguer sur son petit nuage. Suite à sa bravade contre la France qui l’a pourtant nourri souvent gratuitement depuis qu’il a 15 ans et logé à la citée universitaire de Paris pendant environ 20 ans (quel génie, il a du tripler toutes les classes) le Président Ouattara de Côte d’Ivoire lui a lancé « Merci à tous les présidents présents d’honorer de leur présence cette rencontre. Mais j’ai oublié de dire à Alpha (Condé) que nous étions en direct » ce à quoi celui-ci a immédiatement répondu « Alassane (Ouattara) moi j’assume ce que je dis » sous-entendant donc que ce n’est pas le cas pour son hôte qui a du sûrement apprécier. Vraiment le PPAC devrait se limiter à faire des discours à Kindia et Kankan – partout ailleurs c’est la honte pour tous les Guinéens, en particulier ceux qui s’affublent des titres de professeurs en Guinée. Si seulement le boss avait demandé ce rapport au FMI en 2009 au lieu de 2011, il aurait refusé d’être président de la Guinée – Et bien Mr PPAC, nous aussi. Quelle descente sans fin en enfer suite à votre choix regrettable !
  1. Les décisions et actions « positives » du mois :
  • Le 04, le sommet des chefs d’Etats sur les énergies renouvelables s’ouvre à Conakry avec pour objectif bien ambitieux l’installation de 10 GW d’ici 2020 sur le continent.
  • Le 11, L’opposant congolais Félix Tshisekedi vient rencontrer le Président en exercice du village africain (V.A.) pour l’informer sur la crise actuelle en RDC qui empêche la mise en place d’une véritable plateforme pour aller à une élection présidentielle comme prévu par les accords du 31 décembre 2016.
  • Le 12, Toumba Diakité arrive effectivement vers 19h30 à bord du vol régulier de Bruxelles Airlines, Il parait qu’il aurait voyagé en First, dernier petit cadeau sénégalais avant l’hôtel 5 étoiles du quartier Coronthie. Il a été récupéré au bas de la passerelle par une équipe mixte des forces de l’ordre et escorté sous haute surveillance directement au gnouf. J’espère que ses co-inculpés aussi pourris que lui, surtout les ministres et gouverneur viendront lui rendre visite régulièrement pour lui apporter du riz-sauce pimenté, encore que moi je n’y toucherais jamais vu leur volonté sans aucun doute de lui fermer définitivement la bouche par une de nos « courte maladie » habituelles.
  • Le 14, une fuite dans la presse annonce que les frais de carburant, qui constituent un gros bizness des hauts cadres du gouvernement, ont été gelés depuis plusieurs mois par le PPAC au grand dam et larmes des intéressés. Le boss croit ainsi réduire le train de vie de l’État en vue d’être en conformité avec les recommandations mille fois répétés par le FMI et la BM. Ces derniers ne sont pas dupes de ce cinéma car tout le monde sait que pour démontrer une volonté réelle sur ce sujet il devrait d’abord commencer par ses locations de jets privés et vie de palaces en Occident.
  • Le 27, la Cour Suprême a cassé et annulé purement et simplement les condamnations de madame Fatou Badiar Diallo, commandant Alpha Oumar Boffa Diallo (AOB) et Cie. Des peines allant de 10 ans à la perpétuité (pour 2 d’entre eux) totalement ridicules après l’auto-attentat du plafond de la villa du PPAC en 2011. Une décision professionnelle courageuse et inédite qui m’étonne un peu vu la terreur installée dans l’administration par les faucons du RPCé bien qu’ils ne puissent rien faire contre les membres de cette institution. Maintenant les condamnés vont être présentés de nouveau devant un juge différent – voyons voir si le boss va encore refuser de les libérer.
  • Le 29, il y a eu  l’ouverture des travaux du dialogue politique entre la Guinée et l’Union Européenne au titre de l’article 8 de l’accord de Cotonou signé entre les parties. Selon ses termes de référence « ce dialogue politique qui fait suite à celui tenu en 2014, a pour objectif notamment d’encourager la compréhension mutuelle, de faciliter la définition de priorités et de principes communs afin de renforcer la coopération entre les parties au sein des enceintes internationales ». Il faut rappeler qu’il y a quelques mois déjà le Représentant de l’U.E. en Guinée avait demandé officiellement et en urgence cette réunion en raison de certaines « non conformités » de notre pays aux exigences sur les DDH et en particulier la présence d’inculpés de crimes contre l’humanité dans le gouvernement et la haute administration. Ça va chauffer encore pour notre ministre des affaires étranges dont les comptes-rendus au boss seront assurément les plus vagues et incomplets possibles.
  • Le 29, le PPAC a présidé à l’école nationale de police de Kagbélén (Préfecture de Dubréka) la cérémonie de sortie de la première promotion des agents de police et de protection civile. Ce 1e lot de 304  poulets en culottes courtes ridicules fait parti d’un groupe de 4015 fonctionnaires de police recrutés (par copinage) par le ministère en charge et qui seront progressivement formés grâce à notre aumône professionnelle aux bailleurs de fond sans fonds. Prions maintenant qu’ils ne travailleront jamais avec ceux qui sont déjà en fonction sinon la transmission de leurs mauvaises habitudes et pratiques sera plus rapide qu’une MST (maladie sexuellement transmissible).
  • Pour : pour le sommet sur les énergies renouvelables, la pléiade des bosses attendus à fait faux bond à la dernière minute et il n’y a eu finalement que le précédent dictateur en chef du village A-fric Idriss Deby du Tchad et son digne successeur le PPAC. Par contre la Ségo internationale de la COP21etait là pour distribuer comme d’hab. des félicitations et prix pompeux aux Rois-nègres. Finalement 19 projets répartis sur tout le continent ont été adoptés dont 4 barrages hydro-électriques en Guinée (un dans chaque région naturelle) pour un total de 10 MW, comme promis au départ. Encore une belle promesse mais bon cette fois-ci elle ne vient pas de nos menteurs nationaux habituels (PPAC et ses ministres des transports et de l’énergie) mais des toubabs qui vont mettre (un peu) la main dans le portefeuille alors il y a un peu plus d’espoir que de coutume.
  • Contre : Au sortir de cette rencontre Tshisekedi Jr a dit à la presse « Nous avons toutes les raisons de craindre que cet accord soit passé par pertes et profits. Voilà pourquoi nous venons sensibiliser le Président de l’Union Africaine pour qu’il nous aide à ramener le Congo sur la bonne voie. Aujourd’hui il y a des manœuvres dilatoires tendant à saboter cet accord et voilà pourquoi nous venons tirer cette sonnette d’alarme ». J’espère qu’il ne sera pas aussi déçu que les 11 millions de Guinéens sur ses capacités à régler le moindre problème. Voila le genre de dossier où le boss risque de confirmer aux bailleurs africains, par ses paroles, manières et actes, que s’il est incapable de gérer son petit pays il n’y a que l’U.A. pour lui confier un continent même pour 12 mois. Pour le cas de Toumba vraiment notre Sanseman est incroyable : l’inculpé principal (Dadis) fait tout pour revenir au pays mais il en est empêché même en bloquant ses vols retour mais le second responsable probable (Toumba) fait tout pour ne pas revenir à Conakry mais il est attaché comme un saucisson hallal par demande express de nos mêmes autorités et expédié dans notre tristement célèbre maison centrale. Quant aux 14 autres inculpés, ils se la coulent douce dans ou autour de la mangeoire nationale. Quel bordel ! Moi j’aurais préféré qu’il soit « conservé » à l’extérieur du pays jusqu’à la veille du procès, comme annoncé par le ministre de la justice pour les autres inculpés, mais bon ça leur servira pour calmer et surtout fermer la bouche des victimes, de la CPI, des Big Brothers et des ONG de DDH pendant quelques mois supplémentaires. Que le PPAC et ses faucons le veuillent ou pas, on se rapproche tous les jours un peu plus de la tenue de ce procès. A la place de Toumba j’en voudrais surtout à son avocat autoproclamé sénégalais qui a rappelé par voix de presse dans son pays que le 13 était le deadline après lequel la justice devait le remettre en liberté provisoire à Dakar. S’il n’avait pas ouvert sa grande bouche pour se faire un peu de pub locale gratuite il est clair que notre administration judiciaire aurait oublié ce deadline. 24 heures de plus et l’ami Toumba serait entrain de siroter ses 3 verres d’attaya (thé sénégalais) après chaque repas.
  1. Les décisions et actions « négatives » du mois :
  • Le 01, le ministre en charge de l’éducation universitaire publie les chiffres du recensement biométrique des étudiants guinéens. Tous les étudiants boursiers des secteurs public et privé (hormis ceux qui viennent d’accéder à la 1e année) de l’Etat et leurs encadreurs du secteur public de juillet 2016 à février 2017 ont été enregistré. Sur les 85.855 étudiants déclarés et payés officiellement par les établissements d’enseignement supérieur de Conakry seuls 38.647 ont été biométrisés soit un écart de 46.938 étudiants ou 55% donc plus de fictifs que d’étudiants réels. Pour les universités privées en particulier sur un chiffre officiel de 52.051 étudiants 32.976 seraient des fictifs soit près de 64%. En rajoutant les magouilles prévisibles pendant le processus de recensement on doit bien avoir approximativement 75% de fictifs payés mensuellement dans nos universités ! Suite à cette révélation il n’y aura qu’un seul responsable sur un siège éjectable, ce nouveau ministre qui a osé balancer publiquement cette bombe.
  • Le 11, l’un des caniches du PPAC, son « petit Sow » nous rapproche un peu plus de leur stratégie de « retour à Satan Touré » en balançant à l’A.G. du RPCé : « La politique est très complexe, certains savent qu’ils ne sont pas du RPG, s’ils sont alliés au RPG, ils ne pourront pas nous faire la guerre et nous déstabiliser. Ils sont au sein du RPG, pendant que nous tirons devant, eux ils tirent derrière. C’est ce qu’on appelle la cinquième colonne. Mais si nous acceptons la 5e colonne en notre sein, que le Tout Puissant Allah nous sauve ». Au secours, la révolution criminelle revient de plus en plus.
  • Le 13, Toumba a été présenté à un des procureurs de République qui ne lui a pas expliqué pourquoi ses compagnons de crimes sont toujours ministres et gouverneur alors que lui croupit en tôle. En plus même pas une petite référence officielle à sa tentative d’assassinat du petit dadais Dadis. A mon avis il bénéficiera de circonstances atténuantes pour cela lors du procès à venir, vu que sans lui nous serions toujours sous dictature militaire – dictature civile ce n’est pas bon mais c’est mieux, Walahi !
  • Le 14, il est entendu par le pool des 3 juges chargés du dossier et immédiatement inculpé formellement d’une quinzaine de chefs d’accusation lors du massacre du 28 septembre 2009 dont « faits de meurtres, de viols, de pillages, d’incendies volontaires, de vols à main armée, de coups et blessures volontaires, d’outrages à agents de la force publique, de tortures, d’enlèvements, de séquestrations, d’agressions sexuelles, d’attentats à la pudeur, de responsabilité de commandement des chefs hiérarchiques et militaires et de complicité. Des faits prévus et punis par les dispositions des articles 207,208,268,514,510,373,381,239,664, 232,333,267,271,198,et 19  du code pénal ». Un dynamisme étrange et inhabituel de la part der la justice guinéenne. Il devient ainsi le 15e inculpé dans ce dossier dont 14 se baladent tranquillement en ville et la moitié sont parmi les hauts dirigeants actuels du pays. Espérons qu’il ne sera pas condamné au silence eternel avant le début des explications publiques.
  • Le 14, selon le journal panafricain Jeune Afrique du 24 mars « le cabinet de conseil américain Mercer dévoile son classement annuel des villes qui offrent la meilleure qualité de vie dans le monde. Les 231 villes citées sont rangées selon des critères aussi divers que la sécurité, l’éducation, les infrastructures, la santé publique ou encore la culture. L’étude est destinée aux entreprises et aux institutions afin de les assister dans l’évaluation d’une juste rémunération de leurs collaborateurs à l’étranger. Autrement dit elle est pensée par des experts occidentaux pour les expatriés occidentaux. La grande gagnante étant Vienne, en Autriche, et la dernière du tableau, Bagdad, en Irak ». Notre belle capitale Conakry est 222e, juste devant Kinshasa, Brazzaville, Ndjamena, Khartoum et Banjul pour l’Afrique. Nous sommes vraiment une nouvelle fois en bonne compagnie. Pan sur le bec des initiatives du Sanseman pour attirer les occidentaux remplis de fric à investir. Avec ça seuls les requins internationaux pointeront le bout de leur nez chez nous avec leurs bizness louches toujours florissants dans de tels environnements. Boss, pardon il faut nous faire 2-3 promesses pour ça aussi, Yandi !
  • Le 16, notre pigeon voyageur est reçu en tête à tête par le Roi du Maroc. Puisque celui-ci était chez nous il y a moins d’un mois (le 23 février) il est peut-être parti ramener les babouches que celui-ci avait oublié dans sa suite de Conakry, sinon quoi de neuf à se raconter depuis le mois dernier sur nos deux royaumes ? Il semblerait qu’il revenait d’un bref séjour à Addis-Abeba (Dieu seul quel jour il a donc quitté le bled) pour une soit disant « passation de service » à la tête du village africain avec son prédécesseur à ce poste, Idriss Deby. C’est encore plus marrant pour cette autre visite puisque non seulement ils étaient ensemble lors de ce remplacement il y a moins de deux mois dans la même salle de conférence de l’UA mais qu’en plus ce souverain tropical venait de quitter Conakry la semaine précédente. Ils n’auraient pas pu trouver 10 minutes pour faire cela pendant toutes ces journées passées ensemble ? Les missions-bidons, au nom de l’Afrique mais aux frais des Guinéens, viennent d’être inaugurées.
  • Le 22, l’ex-Président putschiste le Marechal-tigré Konaté balance d’une voix pâteuse d’alcolo une petite bombe qui vient animer un peu le marigot politique national « En 2010, tout le monde sait ce qui s’est passé. La communauté internationale avait contraint le président Cellou Dalein Diallo à reconnaître sa défaite entre guillemets. Pour préserver la paix, pour éviter à ses concitoyens les affres de la guerre civile il a accepté. ». Puis il jette en pâture les noms de plusieurs civils actuellement à Conakry dont certains sont des copains d’enfance. Et oui, tout le monde le savait mais on attendait que vous, le 1e responsable de ce désastre ouvre sa bouche pour le reconnaître. Merci de démontrer en même temps que vous manquez totalement de colonne vertébrale pour n’avoir pas contesté publiquement de tels ordres alors que les contes et légendes locales vous affublent de qualificatifs dithyrambiques tels que héros national intrépide de guerre contre des miliciens armés de coupe-coupes. Moi j’ai toujours été persuadé que le grand déballage sur tout ce dossier se ferait tôt ou tard, vu le niveau intellectuel et moral des principaux responsables – en tout cas, tout va se savoir ! Au fait il faut le prévenir que cela ne le dédouane nullement de cette bévue impardonnable et de sa complicité probable dans le massacre du 28 septembre 2009. Alors qu’il serre bien sa ceinture et son képi de maréchal, le vol qui l’emportera est loin d’avoir atterri sur la piste de l’absolution de ses crimes.
  • Le 24 le ministre de la justice annonce à la RTG « Sauf imprévu majeur, le procès (du 28 septembre) aura lieu d’ici fin 2017. C’est important pour les accusés et pour la justice… Les personnes en fonction seront mises en congés à la veille du procès ou quelques jours avant l’ouverture du procès. C’est une question judiciaire, et non politique». Je ne sais pas sur quels arguments judiciaires il se base pour nous dire que les inculpés doivent être classés en 3 catégories : exilé de luxe dans un pays de la sous-région, ministres/gouverneur et taulard à la prison centrale de Conakry. La moindre des choses devrait être de mettre Toumba en résidence surveillée pour dissimuler un peu ce 3 poids – 3 mesures. Quant à espérer que ces ministres démissionnent d’eux-mêmes avant le début du procès comme dans toute république « normale » ce n’est même pas la peine d’y rêver.
  • Pour : comme chaque mois, R.A.S…
  • Contre : suite à la publication des chiffres réels d’étudiants dans les universités les fondateurs ou commerçants autorisés du savoir au rabais du florissant « bizness-universités privées » crient au putois et menacent d’avoir la tête de l’insolent imprudent, mais aucun d’entre eux n’accepte de donner ses chiffres « exacts »s du nombre et des sommes perçues pour leurs étudiants par an afin de pouvoir démentir le ministre avec des données contradictoires vérifiables. A la guinéenne quoi, tout se joue au culot (au kilo comme on dit chez nous) et plus on crie fort, plus on a des chances d’avoir le dernier mot.

Tic-tac, Tic-tac, la montre tourne; aujourd’hui est le 2290e jour de l’ancien « Guinea is back » et du nouveau « changement radical » – déjà 63 mois et 10 jours ! Aladji-Professeur-Président voici ma suggestion SMART (Spécifique, Mesurable, Atteignable, Réalisable et Temporellement définie) du mois pour améliorer un peu votre Sanseman : si vous ne mettez pas fin à l’impunité dans ce pays elle finira par vous emporter aussi. Certes elle existait avant votre arrivée à la tête de notre mangeoire mais elle a atteint maintenant un tel point que pour la population la seule manière d’obtenir justice est de se transformer en même temps et immédiatement en procureurs, juges et bourreaux puisque qu’aucun de ces rôles n’est plus assuré par vos fonctionneurs corrompus sauf pour une petite caste de barrons privilégiés et leurs familles. Un exemple flagrant mais devenu hélas presque hebdomadaire dans la préfecture de Yomou en Guinée-Forestière, racontée le 11 du mois par un journaliste local généralement crédible (Facely Konaté) : « Tout a commencé le lundi dernier. Michel, marié à deux femmes et qui accusait  Albert Oulopon Delamou de suivre une de ses femmes a pris son fusil avec lequel il a finalement abattu ce jeune coiffeur. Après avoir accompli sa forfaiture, Michel  est allé se réfugier en brousse. Ce n’est qu’hier jeudi qu’on a pu mettre main sur lui et il a été mis à la disposition de la gendarmerie de Yomou. Les gens ont commencé à s’appeler pour dire qu’on a mis main sur lui et ils sont venus envahir la gendarmerie en demandant de mettre le présumé criminel à leur disposition. Face au refus des responsables de la gendarmerie ils se sont mis à saccager ce lieu qui a été construit lors des festivités du 55e anniversaire de l’indépendance nationale (2013). Ensuite, ils se sont rendu au domicile privé du commandant de la gendarmerie qu’ils ont également mis à terre. Et comme si cela ne suffisait pas, ils se sont transportés au domicile de monsieur le préfet qui s’était déjà rendu au camp (militaire) avec toute sa famille. Ils ont donc profité de l’occasion pour tout saccagé et emporter ses biens. Ils ont tout pris, même le matelas n’a pas été laissé ». Vous vous plaigniez qu’à votre arrivée vous n’avez pas trouvé un Etat mais un pays. Si vous ne faites rien contre ces impunités et cette injustice galopante vous ne laisserez pas un pays mais une jungle humaine – nous y sommes presque d’ailleurs. Dans le même sens, le silence coupable de nos leaders religieux et “sages” cireurs de babouches en disent long sur l’absence devenue presque totale de toute moralité dans notre pays. Chez nous on ne dit plus « made in Guinea » mais plutôt « malade in Guinea ». C’est hélas aussi une des raisons principales de la peur et de la haine croissantes des occidentaux envers surtout les musulmans. Par exemple comment et pourquoi les propos racistes de Trump sur les étrangers et en particulier les musulmans sont applaudis par près de 40% des américains ? Parce que ceux-ci, en particulier la majorité sans éducation minimale (scolaire et familiale) et simples d’esprit pensent que nous sommes tous des terroristes sans cœur. Quand c’est leur tour d’être touchés par « nos terroristes », comme à Nice, Bruxelles ou Berlin, il n’y a jamais de compassion visible et audible face à leurs malheurs. Ils pensent donc « qui ne dit rien consent, un silence complice et satisfait ». Seuls nos voix, paroles et actions sincères et sérieuses, en particulier de tous nos « leaders » auront un peu d’effets contraires.

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Une Nouvelle Voie (Février 2017) : l’éducation nationale était au bord du gouffre – elle vient de faire un pas en avant

Bienvenue à mon bilan du 14e mois de la Condécratie version 2.0. Je continue mon exploration mensuelle des méandres des décisions importantes pour la Nation prises par nos nouveaux chefs en proposant des pistes de réflexions et d’actions qui pourraient être envisagées pour que le « vrai changement » soit effectif.

  1. Echantillon de paroles et pensées présidentielles du mois:
  • « Je sais que l’enthousiasme que vous m’avez montré de l’aéroport jusqu’ici est une preuve que le peuple de Guinée est prêt pour le combat. Ce combat commence par la transformation de la ville de Conakry. Comment pouvons-nous faire des réunions de tous les chefs d’Etat africains si nous avons de saletés dans les rues ? L’enthousiasme doit vous amener à changer votre comportement pour que si les chefs d’Etat viennent ici, la Guinée n’ait pas honte. Votre premier défi n’est pas de m’accompagner pour l’Union Africaine, c’est de faire en sorte que la Guinée soit réellement la capitale de l’Afrique » (le 02, devant ces fanas en délire au retour de sa nomination comme chef du village Afrique à Addis-Abeba).
  • « Ceux qui vont dans les mines faire l’exploitation clandestine iront en prison… A ceux qui s’agitent à Conakry, la Haute Guinée est là, vous avez donné une réponse cinglante. Alors, je ne vous remercierais jamais assez…  On ne va plus se foutre de l’Etat en Guinée. Les gens sauront maintenant qu’il y a un Etat… Monsieur le premier ministre et le ministre des mines, j’ai pris des engagements, vous avez donc l’obligation de faire respecter ces engagements, si ce n’est pas respecté alors il y aura des remaniements ministériels. J’ai dit aux gouverneurs, préfets et sous-préfets que je n’accepterai pas des comportements indélicats. Je n’accepterai plus le copinage  » (le 05, lors d’une mamaya organisée à Kankan précisément par ces mêmes exploitants clandestins).
  • « Les cadres ont tous une ambition, les postes. Soit ils veulent être ministre ou préfet, en laissant l’intérêt commun et celui du peuple. Tout cadre qui fait la pagaille saura que c’est moi qui signe les décrets » (le 09, lors d’une mamaya suivante à Siguiri).
  • «  Je suis convaincu que nous allons résoudre les problèmes de la Libye. Car seule l’Afrique peut les résoudre. Nous allons démontrer nos capacités. Il y aura un gouvernement d’union nationale accepté par tout le peuple libyen » (le 14, pour fêter de nouveau son intronisation comme chef du village Afrique).
  • « Moi je suis prêt à faire un pacte avec vous, à vous accompagner mais vous aussi à vous engager à avoir une presse d’information et d’éducation. Alors comme j’ai fait avec les paysans et les orpailleurs à Kankan, si vous voulez on peut faire aussi une journée de la presse où chacun viendra parler, à la fin on sort avec une feuille de route… Vous ne m’accuserez plus de faire des interviews à l’extérieur non pas à l’intérieur… Pour que la presse puisse bien communiquer il faut qu’elle soit bien informée. Il faut que les ministres communiquent, c’est pourquoi j’ai pris Tibou Camara comme conseiller personnel pour essayer d’améliorer la communication personnelle du gouvernement et avec la presse parce que très souvent des désaccords sont basés sur des malentendus. Il est dévolu à la presse de dire au peuple ce qui ne va pas et de dire à ce peuple d’où nous venons et où nous allons… Aujourd’hui nous avons de très grandes responsabilités… Jamais la Guinée n’a été aussi haute sur le plan international même du temps du président Sékou Touré. C’est à l’avantage de tout le monde » (le 17, lors d’une rencontre informelle avec les agences de presse nationales).
  • « Nous allons commencer par nous doter de laboratoires car actuellement il n’est pas possible pour le gouvernement de connaitre exactement les quantités exploitées et la teneur. Nous sommes tributaires des  entreprises qui nous disent ce qu’elles veulent. Nous ne sommes pas capables de vérifier. Donc au cours de l’année nous nous doterons de laboratoires et de bateaux  grâce au partenariat avec certains pays pour qu’en fin nous soyons en mesure de vérifier à chaque départ combien de tonnes partent et la qualité » (le 21, lors de l’ouverture de la Nième table-ronde sur le secteur minier depuis 6 ans).
  • « Le peuple de Guinée a montré son amour pour le Roi du Maroc en restant dans la rue de 15 heures jusqu’à 20 heures et vous venez d’entendre ce que le Roi est venu faire pour la Guinée. … Conakry change mais on ne voit pas ce changement à cause de l’assainissement et de voiries. Lorsque j’avais un projet de cité verte, le ministre des affaires étrangères du Maroc m’a dit que cela va intéresser le Roi. Et lorsque le Roi m’a appelé il m’a dit que le peuple n’a pas besoin de cité verte à Conakry. Qu’il a plutôt besoin d’assainissement et des voiries urbaines… Certains ne voulaient pas que ce voyage ait lieu. Ils ont mis des voyous dans la rue, mais Dieu aime la Guinée et le peuple de Guinée sait aujourd’hui que ceux qui ne veulent pas que le pays avance ont échoué...  Quand le président Erdogan est venu il a dit que Conakry n’est pas une ville. Grâce au Roi quand le président Erdogan reviendra prochainement il dira que Conakry est une ville du Maroc… Le train du changement en Guinée a démarré. Ceux qui ne monteront pas, resteront au bord de la route » (le 23, lors d’une cérémonie de cirage en règle des babouches de M6 à Conakry).
  • Pour : pas grand-chose, rien que du griotisme et des fausses promesses. Il est vraiment le père et le modèle à copier de tous les mamayeurs du pays.
  • Contre : justement les promesses hilarantes à chaque meeting continuent de plus belle : « la compagnie Air Guinée viendra au mois de mars prochain ; au mois de mai une usine de montage de bus et de tracteur sera lancée ; nous allons tout faire pour que d’ici 2018 la Guinée n’importe plus du riz, que nous mangions le riz que nous produisons et en 2020 nous vendrons du riz à l’extérieur ; nous produisons beaucoup de riz mais les femmes ne peuvent pas transformer tout le riz paddy en riz net. Nous avons commandé des rizeries à installer dans toutes les préfectures qui produisent du riz afin de transformer le riz paddy en riz net pour qu’elles puissent le commercialiser ; je vais mettre des poissons dans tous les fleuves de la Haute Guinée afin que les mareyeuses de la savane soient indépendantes de celles de Conakry »– Allah Akoubar ! La prochaine fois ce sera sûrement une usine de construction d’avions et de sous-marins à Baro, son village d’origine non contrôlée.
  1. Les décisions et actions « positives » du mois :
  • Le 04, le boss préside au barrage de Kaléta le lancement des travaux de l’interconnexion du Projet Energie de l’organisation pour la mise en valeur du fleuve Gambie (OMVG) qui reliera les réseaux électriques des quatre pays membres de l’OMVG, ceux de l’OMVS et de TRANSCO Côte d’Ivoire, Libéria, Sierra-Léone, Guinée et la liaison Guinée-Mali. Pendant ce temps la capitale et la majorité des villes du pays ont de moins en moins d’électricité domestique depuis janvier, comme au bon vieux temps avant tous nos barrages électoraux. Pourvu que le flux soit exclusivement d’eux à nous sinon nous serons mis à la porte du deal dans 2 ans.
  • Le 17, la tentative de rabibochage avec la presse nationale est une bonne tentative pour diminuer les coups de matraque de celle-ci sur son vieux crâne déjà douloureux. Initiée par son tout nouveau ministre d’Etat Tibou Kamara qui intervenu en M.C. comme d’hab. pour encenser son boss pour « son  combat  historique et héroïque pour la démocratisation du pays ». D’après  lui son papy-patron sera désormais « près des journalistes et ceux-ci doivent être au service de la République ». Répondant  au discours pathétique de Tibou, il a dit ne pas garder des rancunes contre la presse, même ceux qui le brocardent. Que ce soit Tibou Camara à la manœuvre n’étonnera personne en Guinée – notre Talleyrand national est de retour dans la cour des grands pilleurs du pays.
  • Le 23, notre boss réussit l’exploit de recevoir le Roi du Maroc dans notre capitale juste 2 jours après l’intifada des jeunes sur ses miliciens en ville. Imaginez la promptitude dégagée pour remettre en place tous les portraits arrachés des 2 souverains le long du chemin historique du passage royal. Sans parler du nettoyage express des cailloux, pneus brulés, commerces et pompes d’essence calcinés et autres stigmates du lendemain de ce casse-la-gueule mortel.
  • Le 25, le PPAC inaugure une nouvelle compagnie aérienne appelée Guinea Airlines. Heureusement que c’est une compagnie privée avec aucune participation de l’Etat à son capital donc il est possible qu’elle puisse survivre jusqu’en 2018. Par contre le « partenaire français » du deal a une réputation déjà sulfureuse et de longue date au Gabon, au Cameroun et au Congo Brazza selon une certaine presse de ces pays – réalité ou règlements de comptes entre truands – l’avenir nous le dira bientôt. Cela n’empêche pas nos ministres et la presse locale de jaser sur ce nouvel exploit du Sanseman. C’est comme dire que les hôtels Camayenne, Noun et Sheraton sont des « hôtels guinéens ». Et comme il est aisé de tout faire gober aux braves populations ce succès du boss figurera sans aucun doute dans son bilan 2017 comme une nouvelle réalisation historique. En tout cas si l’entretien et la qualité du service sont au rendez-vous c’est une très bonne initiative pour les environ 5% de Guinéens assez friqués pour pouvoir acheter un billet sans crédit. Et si l’Etat n’a pas un mot à dire dans sa gestion c’est encore une meilleure nouvelle.
  • Le 27, le PPAC réagit enfin à la grave crise du système éducatif de la semaine précédente qui a entrainée 7 (ou 8) morts civils tués par des « balles perdues » : il limoge 3 ministres dont les deux directement responsables de cette bévue, celui de l’enseignement pré-universitaire et celui de la fonction publique. Si seulement il pouvait punir tous ceux qui font des bêtises autour de lui, mais bon il faudrait qu’il commence par lui-même pour convaincre qui que ce soit en Guinée.
  • Pour : presque rien à son actif personnel. Tout juste une lueur d’intelligence et de bons conseils pour comprendre qu’il n’y a pas pire bêtise pour un homme au pouvoir que de se mettre toute la presse sur le dos. Il lui a fallu presque 7 ans pour comprendre cela alors il reste encore un peu d’espoir pour « 45 », le nouveau Président Donald Trump.
  • Contre : franchement l’absence totale d’empathie pour les familles de ses compatriotes tués ou ayant tout perdu la veille et la tenue sans aucun état d’âme d’une visite officielle le lendemain sont de vrais indicateurs de la dégradation mentale de notre PPAC. Pour le remaniement ministériel, les éjectés sont remplacés par un de ses conseillers principaux à la présidence (aussi responsable de ce gâchis que celui qu’il remplace) et un mamayeur zélé du RPCé qui cirait en douce les pompes des faucons depuis longtemps pour être ministre. Ainsi va la Guinée : on dit changement mais rien ne s’améliore au pays.
  1. Les décisions et actions « négatives » du mois :
  • Le 02, c’est enfin reparti pour les accueils folkloriques PDGistes du nouvel Homme-Etat par « le glorieux peuple du 28 septembre 1958 ». Pourtant les mamayeurs le long du « l’autoroute Fidel Castro, route infinie de l’histoire » chantent et dansent en petits groupes isolés et tristounets. Par contre la situation était très tendue sur « l’Axe du Changement », les quartiers de haute banlieue où la jeunesse déchainée par l’injustice et l’impunité du pouvoir (hélas infiltrée par des voyous et casseurs professionnels) avait osé braver Lansana Conté en 2007 et l’obliger à mettre un peu d’eau dans sa gabegie exponentielle. Des jeunes garçons et filles barricadent les routes et jettent des cailloux sur les forces de désordre composées de gendarmes, de policiers et même de militaires bérets rouges de la présidence. Les courses/poursuites dans les dédalles des bidonvilles sont de retour sous un soleil de plomb à Conakry. Pour un « retour triomphal à la Satan Touré » c’est raté, les gars ! Mais comme d’hab. presque aucune tête ne tombera pour si peu, juste quelques milliards de GNF à partager entre les organisateurs et autres « grilleurs d’arachides » (impossible d’en griller pour d’autres sans penser à en mettre une partie dans sa propre bouche) bien connus du RPCé.
  • Le 02, le ministère de l’enseignement pré-universitaire décide de mettre tous les élèves du pays immédiatement en congés jusqu’au 12 février. Ceci, « pour lui permettre de faire face au manque d’enseignants dans les différents établissements scolaires ». Lui et ses directeurs avaient surement complètement oublié de le faire pendant les très grandes vacances précédentes (de Juillet 2016 à janvier 2017) car les cours venaient de reprendre il y a un mois dans la majorité des écoles. Quelle justification originale pour renvoyer les élèves et en particulier ceux en classes d’examens sur le pavé pour des manifestations journalières.
  • Le 03, big boss préside le lancement des travaux de la société Alufer Bel Air Mining, une nouvelle PMI spécialisée dans l’exportation des cilloux et poussière rouges par camions sans bâches jusqu’au niveau de quelques barges plates qui les déposeront ensuite en haute mer sur de vrais bateaux minéraliers en partance vers d’autres pays plus bénis, y compris africains. Ceux-ci en feront de l’alumine et ensuite des tôles en aluminium que nous achèterons l’an prochain à 100 fois notre prix de vente pour ne plus dormir les pieds dans l’eau dans nos maisons qui coulent toutes en saison des pluies tropicales. Le fruit d’un bizness men anglais (fondateur de la société minière Alufer) et de son « partenaire guinéen ». Chauffé à bloc le PPAC nous balance une nouvelle bombe : « Pour accompagner les sociétés minières, nous sommes en train de négocier avec société de Dubaï pour la construction d’une centrale à gaz de 200 mégawatts à  Kamsar afin que nous les accompagnions dans la transformation de la bauxite en alumine ». Encore une nouvelle promesse !
  • Le 05, enfin une nouvelle exploration des confins du pays pour notre pigeon voyageur, cette fois-ci à Haute Guinée, son plus grand fief électoral pour le 3e Officiellement c’est pour participer à la journée nationale de l’orpaillage – dont le PPAC avait officiellement interdit l’exploitation artisanale il y a 2 ou 3 ans. Les fidèles chrétiens ont même été priés de renoncer à la prière du dimanche à l’église pour participer à l’accueil. Les hauts d’en haut du RPCé reconnaissent officiellement avoir décaissé 1, 25 milliards GNF pour l’organisation de la « bamboula in the savane » donc le chiffre réel doit être entre 10 et 12 milliards.
  • Le 06, il se cache de nouveau et file en douce à Dubaï pour régler quelques petits bizness personnels inconnus pour le moment. Planquez-vous comme vous le pensez patron, mais on le saura toujours, même si vous continuez à voyager à 03 heures du matin. Et puis rappelez-vous que c’est comme cela que Satan Touré avait filé en douce et en pleine nuit pour Cleveland aux USA mais son retour avait été plutôt catastrophique pour lui et les siens.
  • Le 13, La crise semble s’accentuer au sien du système éducatif guinéen après la suspension des cours dans l’enseignement pré-universitaire et techniques publics pour des raisons d’affectation des nouveaux formateurs. Le front se durcit à travers leurs syndicats. Le mot d’ordre de grève est bien suivi ce jour-là dans tout le pays et du coup les élèves sortent encore dans les rues pour exiger des profs mais surtout pour caillasser du bidasse. Comble du ridicule, le 12, le gouvernement et les syndicalistes avaient annoncé officiellement qu’une solution avait été trouvée avec les syndicats mais ceux-ci lui répondent tout aussi officiellement que c’est un mensonge. La honte, Walahi ! Conakry est de nouveau à la veille du feu et des flammes mais le chef du village Afrique s’en fout, il prépare la visite de son frère Mohamed VI du Maroc prévue le 16 pour couronner son couronnement.
  • Le 13, la réaction du gouvernement est étonnante : un communiqué télévisé prolongeant le congé forcé de 12 jours des élèves du pays dans toutes les institutions  d’enseignement (pré-universitaire, supérieur, technique et professionnel). L’argument-choc est « Cette mesure vise à éviter des troubles dans la cité et à sécuriser les élèves et étudiants ainsi que les constructions scolaires et universitaires ». Aucune nouvelle date n’a été fixée pour la reprise des cours. Le ministre en charge de l’enseignement professionnelle a indiqué que les cours reprendront à la fin des négociations avec les centrales syndicales. Quel bras de fer stupide, en plus sur le dos des pauvres élèves déjà paumés du pays.
  • Le 14, le PPAC est obligé de couper ses vacances juteuses à Dubaï pour venir calmer ces « petits bandicons » de syndicalistes qui osent l’empêcher de dormir en paix. En effet la grève est de plus en plus ponctuée de violences et saccages par les élèves et surtout des voyous/casseurs de rue. Il les convoque le 15 pour une de ses séances habituelles de caresses/chicottes mais cette fois-ci ça ne marche pas. Les syndicalistes lui balancent qu’ils ne peuvent accepter qu’un gros militaire ignare comme Lansana Conté monte le point indiciaire de leur salaires à 1030 GNF en 2007 et qu’un soi-disant professeur d’université vienne ensuite le réduire à 750 GNF en 2016. D’autant plus que lui ne vit que d’avantages acquis depuis qu’il ne touche plus le RMI en France donc il devrait quand même les comprendre !
  • Le 17, comme si c’était l’urgence du moment le PPAC nous balance 5 nouveaux décrets : la création de Centres de gestion agréée (CGA), du Comité national de lutte contre la traite des personnes et pratiques assimilées (CNLTPPA), la fixation des statuts de l’Office guinéen des chargeurs, la révision à la hausse du taux du minimum vital en vigueur et l’ouverture d’une procédure d’appel d’offres pour l’attribution des permis d’exploitation et de recherche sur la mine d’or de Kiniero (préfecture de Kouroussa). Comme ce doit être doux de vivre sur un petit nuage sans se soucier de la cata que l’on entretient plus bas.
  • Le 19, comme s’il n’avait pas assez de problèmes comme cela, le gouvernement fait interpeller une vedette nationale de la jeunesse, le reggaeman « General » Elie Kamano par la gendarmerie. Il est mis aux arrêts pour affirmer qu’il manifestera dans les rues avec les élèves le 20 février pour exiger la réouverture immédiate des salles de classes. Il est ramassé par la flicaille dans la soirée à son domicile et placé en garde à vue à l’escadron Mobile de la gendarmerie. Du coup, ses « soldats » deviennent encore plus déchainés et ceci renforce leur volonté de sortir pour protester – mais hélas aussi pour tout casser – dans les rues le lendemain. Un bon coup de pub pour un artiste en déclin et une violation flagrante des DDH par une arrestation avant même qu’un « crime » ne soit commis. Comme si bien dit par un blogueur humoriste (Tabouna Sylla) : « Très facile d’être méga-star dans ce pays, un simple bluff et hop ! ». Imaginez si tous ceux qui lançaient des menaces en public étaient directement jetés en prison même Air PPAC serai une annexe de la maison centrale de Coronthie aujourd’hui. Franchement c’est à la fois la panique à Satanya et la bêtise humaine au pouvoir en Guinée. Comprenant mais trop tard sa bévue le pouvoir finit par ordonner sa mise en liberté sous contrôle judiciaire dans la matinée du lundi, après l’avoir fait auditionné par le Parquet de Mafanco.
  • Le 20, la jeunesse de Conakry tient promesse et fout le bordel dans le pays. La circulation sur les deux principaux axes qui relient la haute banlieue au centre-ville de Kaloum est paralysée avec intifada des manifestants et réplique habituelle des forces de désordre. Des marches d’enseignants, d’élèves et de leurs parents sont également signalées dans des villes de l’intérieur du pays comme Labé et Kamsar. Les jeunes sont sortis dans les rues officiellement pour exiger la réouverture immédiate de leurs classes, mais surtout pour exprimer leur ras-le-bol face à l’injustice, l’impunité et l’arrogance de la pieuvre au pouvoir. Une occasion rêvée pour exprimer de toutes les frustrations sociales. Le gouvernement fait lui-même le bilan macabre des 2 jours de guérilla urbaine : au moins 7 jeunes morts dont6 par balles (une mère de famille enceinte et un élève écrasé par un char de la gendarmerie), une cinquantaine de blessés, une douzaine d’interpellations et des dégâts matériels à gogo dans tous les quartiers de la capitale. Le chiffre officieux est de 8 morts.
  • Le 21, le PPAC mauvais perdant devant l’eternel, pourtant chef du village Afrique et dernier chef d’Etat à avoir visité la Gambie sous Yaya Jammeh, ne s’est pas présenté à Banjul pour participer à la fête de l’indépendance et surtout à la 2e investiture du nouveau Président Adama Barrow. Son copain-coquin dans la dernière tentative de maintenir au pouvoir le troufion détraqué Jammeh, le Président Mauritanien Ould Abdel Aziz est lui venu en coup de vent mais vu l’accueil glacial qu’il a reçu, est reparti chez lui sur la pointe des pieds avant même la fin du discours du nouveau Président. Au fait il faut préciser que le PPAC et Aziz sont les seuls chefs d’États de la sous-région (CEDEAO) qui magouillent pour se faire « plébisciter par le peuple » pour un 3e Encore deux has-been qui ne comprendront les réalités politiques du 21e siècle qu’avec le feu sous leurs carapaces de tortues.
  • Le 22, le rapport annuel 2016 de l’ONG internationale des DDH Amnesty International est divulgué à la presse internationale. Le constat pour la Guinée est toujours aussi désespérant : « En 2016, les droits humains n’ont pas nécessairement progressé en Guinée. Au cours de l’année dernière les forces de sécurité ont encore fait usage d’une force excessive contre des manifestants qui protestaient pacifiquement et ont harcelé des personnes qui exprimaient des opinions dissidentes. Des cas de torture et de mauvais traitements ont été également signalés. De même que les membres des forces de sécurité impliqués dans des violations des droits humains ont continué à jouir de l’impunité ». Encore une nouvelle incitation pour tous les investisseurs sérieux de nous effacer de leurs listes de visites exploratoires en 2017. Par contre les truands internationaux spécialisés sur l’Afrique seront rassurés que les bonnes affaires vont continuer sans aucun problème.
  • Le 22, comme si rien ne s’était passé les jours précédents à Conakry, le PPAC reçoit les artistes nationaux dans son palais pour rigoler et passer un peu de bon temps ensemble.
  • Le 23, le nouveau code électoral est finalement adopté à l’Assemblée nationale. Le texte a été voté à l’écrasante majorité des députés présents à l’hémicycle, composée essentiellement des deux grands groupes parlementaires (pouvoir et opposition) plus copains et coquins que jamais quand il s’agit de couillonner les autres politiciens du pays. Au moins maintenant il n’y aura plus de non-dits politiques. Il n’y aura plus à terme que 2 partis politiques réels en Guinée, de la Présidence jusqu’aux quartiers et villages : l’un ethno-malinké et l’autre ethno-peul. Tant pis pour les autres et en avant avec notre démon-cratie.
  • Le 23, le PPAC et ses fanas reçoivent le Roi du Maroc « M6 » pour fêter le retour de son pays au sein du village africain, son nouveau royaume à lui tout seul. Pas un mot de compassion pour les morts civils de la semaine, pas de drapeaux en berne, pas de sanction immédiate des ministres pourtant responsables de ce gâchis national. Son dépité en chef a même refusé de se lever pour une minute de silence en leur mémoire à l’Assemblée nationale. Dur-dur d’être un martyr en Guinée depuis notre indépendance. A part Mbalia Camara en Février 1955 personne n’a eu cette reconnaissance officielle pour le moment.
  • Pour : comme chaque mois : R.A.S. (Rien A Signaler)…
  • Contre : la folie du nouveau titre est suivie comme prévu de nombreuses promesses farfelues et d’échecs prévisibles : il est persuadé de réussir à résoudre la crise libyenne en un an. Pourquoi pas ensuite celles du Burundi, de la RDC et même le conflit israélo-palestinien tant qu’on y est. Concernant la marche du 20, un journaliste local décrit bien la situation : « Contrairement aux émeutes passées les jeunes de l’autoroute ‘’Fidel Castro’’ sont plus chauds que ceux de ‘’Le Prince’’. De l’aéroport au rond-point de Gbessia, les jeunes, en très grand nombre, affrontent les forces de l’ordre composées de gendarmes et de policiers en leur lançant des pierres. Des tirs de sommation ont été entendus (10h35). Sur la chaussée, les policiers avec l’appui des gendarmes, essayent de dégager la route en y enlevant les barricades. Mais les jeunes massivement mobilisés n’en démordent pas. Par moment, ils arrivent à chasser les agents. Devant eux, ils lancent des slogans hostiles au président Alpha Condé ». Pauvre pays dirigé par un professeur de droit sorti de la Sorbonne mais qui tue des élèves et leurs parents parce qu’ils manifestent dans les rues pour réclamer la réouverture des salles de classes dans le contexte actuel de gabegie financière au sommet de l’Etat. C’est ça que moi j’appelle dans mes chroniques de l’anti-gouvernance ! Pour la rencontre avec les artistes nationaux une journaliste avisée (Jeanne Fofana) résume bien cette mamaya : « Au lieu de faire une déclaration responsable dans les médias, pour appeler au calme des jeunes et à la retenue des gendarmes, policiers et bérets rouges, tout en invitant les ministres du secteur éducatifs de prendre toutes les dispositions idoines pour la bonne reprise des cours, le Président rencontre les artistes et parle de tout et de rien. Alpha Condé prouve encore à suffisance jusqu’où les Guinéens tués comptent pour lui, comptent pour la République. C’est tout simplement une prime accordée à l’impunité. Une caution accordée à la vengeance et à l’atmosphère tendue entre forces de l’ordre et population. C’est manifestement une grosse erreur de casting du Président. Quitte à ajourner cette rencontre avec les artistes, le temps de soulager les familles endeuillées. Dans la plus grande impunité entretenue par le pouvoir en place. C’est manifestement écœurant de voir Alpha Condé et sa colonne d’artistes dont le choix laissait à désirer, en train de rire et d’alterner le français et la langue nationale soussou. Il est en réalité le premier à bafouer l’autorité de l’Etat. Qu’est ce qui lui coûtait de taper du poing sur la table pour faire diligenter des enquêtes sur la grève des 72 heures bien chaudes et soldées, on le sait par des morts d’hommes ? ».

Tic-tac, Tic-tac, la montre tourne; aujourd’hui est le 2259e jour de l’ancien « Guinea is back » et du nouveau « changement radical » – déjà 62 mois et 10 jours ! Aladji-Professeur-Président voici ma suggestion SMART (Spécifique, Mesurable, Atteignable, Réalisable et Temporellement définie) du mois pour améliorer un peu votre Sanseman : je vous conseille de bouger vite et intelligemment sinon 2017 sera encore pire que 2016 pour vous. Vous êtes passé à deux pas du sort de vos 2 meilleurs amis Blaise Compaoré et Yaya Jammeh si vos soldats avaient massacrés plus d’élèves dans les rues. Il y a deux dossiers brûlants devant vous : le 1e concerne la tentative de vouloir faire passer en camouflage une réduction du point indiciaire des pauvres enseignants alors que vous en êtes parait-il un. Ceci d’autant plus que vos miliciens en ont bénéficiés le mois précédent après quelques coups de mitraillettes en l’air (20% pour tous les militaires). Quelle erreur de gawa ! Le 2e dossier est celui des agents contractuels non recrutés car bien qu’il y ait des mensonges et des incompétents notoires parmi eux, les principaux responsables de ce gâchis sont les ministères chargés de la fonction publique et de l’éducation pré-universitaire où les seules règles en vigueur sont les arrangements ethnocentriques, les magouilles et l’impunité totale. Je dis bien les ministères, pas juste les ministres car ceux en dessous d’eux sont encore pires et gèrent en fait presque entièrement ce bordel organisé scientifiquement. Déjà vous avez fait un 1e pas en vidant les deux ministres principaux responsables de ce gâchis pourtant prévisible mais cela ne suffira et ne tiendra pas très longtemps pour sauver votre système de mal-gouvernance chronique. A force de se ficher de la tronche de tous en organisant des mamayas en milliards pour le 3e mandat, en voyageant tous les weekends en jets privés, en augmentant les salaires des vos soldats, la colère et l’envie de tout casser du petit peuple monte de plus en plus et elles sont maintenant prête à exploser à tout moment. Comme le dit si bien un de mes jeunes frères avisés (M. Saliou Wann) : « Vous (les élèves et étudiants du pays) voyez bien que les dirigeants de notre pays préfèrent vous sacrifier sur l’autel de leurs intérêts sordides. Faites en sorte qu’ils ne jouissent pas en toute tranquillité de leurs pillages. Organisez des protestations massives sur l’ensemble du pays. Obligez Alpha Condé à trouver des réponses urgentes à vos problèmes. Voyez vous, quelques tirs au camp Alfa Yaya ont suffi pour obtenir une augmentation de 20% du salaire des militaires, vous vous êtes capables de paralyser tout le pays pour obtenir gain de cause… C’est maintenant qu’il faut se battre pour un enseignement de qualité. Demandez à vos députés qu’ils vous disent combien nous coûtent les 4×4 et les tickets de carburant des dirigeants du pays, leurs groupes électrogènes, leurs voyages inutiles, ça vous édifiera sur votre bon droit de manifester pour vos études… Mobilisez vous, battez vous pour votre bien, jeunes de Guinée. Je suis révolté à votre place. N’ayez pas peur, les enfants des militaires, des gendarmes et des policiers sont parmi vous, victimes comme vous de l’oligarchie corrompue et incompétente qui met en péril le présent et l’avenir de notre pays… Il n’a donc pas le droit de traiter par le mépris la revendication légitime des élèves en fermant les écoles, tout en distribuant des milliards pour sa gloire dans la région de Kankan. Et sitôt rentré à Conakry, il reprend son jet privé (son confort personnel nous coûte très cher) pour continuer son tour du monde, loin de vos problèmes. Organisez de puissantes manifestations sur toute la Guinée pour qu’il descende sur terre pour s’occuper de vos problèmes. ». Mignan, tu as tout dis à cette jeunesse en péril et en perdition, Walahi !

 

28 Février 2017

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Une Nouvelle Voie (Janvier 2017) : la chronique se simplifie ce mois-ci en attendant son prochain narrateur

. Chers lecteurs,

Cet épisode sera le dernier de la version AOT de la chronique mensuelle « Une Nouvelle Voie » sur votre site. A partir de février 2017 un successeur prendra la relève (inch Allah) avec courage et détermination. Je ne vous dirais pas qui est cette personne car il/elle le fera où et quand il/elle le voudra. Je dirais seulement que c’est un/une « blogueur pré-millenium ». Ses réflexions et analyses devraient donc donner une nouvelle dynamique à cette chronique, ce qui me plait bien car elles seront différentes de celles d’un diaspo blazzé même s’il restera toujours un observateur attentif.

Bien sur pour lui laisser de l’espace pour « grandir son projet » et éviter des répétitions mensuelles inutiles sur les mêmes sites je ne publierais plus ma chronique sur mes sites guinéens préférés. Je voudrais à ce titre remercier sincèrement tous les webmasters qui ont su m’appuyer et me donner des critiques pour l’améliorer. J’ai toujours aimé les critiques, en fait plus les critiques négatives que les positives, car elles m’obligent à toujours y rechercher les vérités et suggestions constructives et celles provenant des frustrations, complexes d’infériorité et relents ethniques qui stressent les habitants de notre petit village d’irréductibles trolls nationaux. Je demande à tous ces sites de bien vouloir fournir le même type d’appui à mon successeur pour lui permettre d’apprendre progressivement de ses succès et erreurs comme moi au long de ce parcours passionnant. Idem pour tous les commentateurs pour leurs contributions constructives pour permettre des améliorations progressives.

Mes plus grandes fierté et satisfaction ont été de la tenir sans interruption de Janvier 2007 à Janvier 2017 (121 épisodes) et en respectant à 98% les deadlines de les corriger et publier au plus tard le dernier jour de chaque mois. Seul trois fois je n’ai pu le faire le dernier jour du mois, toutes lors de séjours à Conakry pour les raisons que vous pouvez imaginer aisément. Je ne sais si vous percevez tous les tracasseries, petits sacrifices, sueur et stress permanents pour tenir absolument ce deadline ! Manie de micro-manager perfectionniste sans aucun doute mais je pense que c’est assez pour moi sur ce projet. J’ai pu en extraire un premier livre sur la transition militaire (2007 à 2010) et un deuxième en préparation sur la Condécratie Vers. 1.0. J’ai hâte de démarrer d’autres projets aussi intéressants et j’espère utiles plus tard à nos petits et arrières-petits enfants, ceux qui vivront dans une Guinée enfin différente de l’état en faillite totale sur tous les plans que notre pays est devenu et hélas restera encore à court et moyen terme.

Je continuerais néanmoins à stocker ma banque de données sur le 2e (et dernier) mandat du PPAC uniquement sur mon blog (https://aotdiallo.wordpress.com/) mais dans un style plus succinct, court et peut-être avec une périodicité différente. La chronique de ce mois en est un 1e aperçu qui sera encore progressivement amélioré avec vos critiques. Ce site est bien sur ouvert à tous et vous pouvez vous-y abonner, en haut de 1e page, pour recevoir un courriel d’alerte chaque fois qu’un nouveau post sera publié, ce qui simplifiera ainsi le partage éventuel pour vous et pour moi.

NB : Attention, les Kotto Balla, K-Ba, Bashir et autres affranchis récents, je suis toujours  là et je vous ai à l’œil…

Awa Agnon (bon c’est fini…pour aujourd’hui)

 

AOT

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 Bienvenue à mon bilan du 13e mois de la Condécratie version 2.0. Je continue mon exploration mensuelle des méandres des décisions importantes pour la Nation prises par nos nouveaux chefs en proposant des pistes de réflexions et d’actions qui pourraient être envisagées pour que le « vrai changement » soit effectif.

  1. Echantillon de paroles et pensées présidentielles du mois:
  • « Nous avons nos partenaires qui disent qu’on doit protéger nos espèces. Nous voulons faire le barrage de Koukoutamba, mais on a retardé l’appel d’offres. Les partenaires ont dit qu’on doit résoudre le problème des chimpanzés à Tougué. On leur a dit qu’on va travailler pour les déplacer, mais ils ont répondu qu’ils ne croient pas qu’on peut le faire. Ils disent que la zone de Tougué est la zone la plus naturelle pour les chimpanzés en Afrique de l’Ouest. Mais est-ce que les guinéens vont croire qu’on ne peut pas construire un barrage simplement pour protéger des chimpanzés ?… (à la question de savoir pourquoi il confie la construction des barrages hydroélectriques uniquement aux entreprises chinoises) C’est parce que je ne veux pas qu’on m’impose des conditions. Il y a des sociétés, dès qu’une ONG dit il y a ça ici, elles arrêtent le travail. Dès qu’on leur dit qu’il y a un singe qui est menacé, elles arrêtent de travailler (rires)… Quand je devais construire le barrage de Kaléta, on m’a dit qu’on ne peut pas le faire là-bas parce qu’il y a des diables sur les lieux. Les chinois ont donc vaincu le diable puisqu’on a construit le barrage et personne n’est mort » (lors d’une explication savante sur sa stratégie hydroélectrique).
  • « Quand vous survolez la Guinée, vous voyez partout des gratte-ciels mais malheureusement à côté vous avez des taudis. Il y a un manque d’harmonie. A côté d’un immeuble de 8 étages vous avez un taudis. C’est pourquoi nous avons demandé à la société qui a fait le plan de Singapour de nous faire le plan de Conakry en 2040. Nous allons avoir ce plan d’ici la fin de ce trimestre. Ce qui veut dire que nous n’allons pas reconstruire Conakry de façon aveugle et désordonnée, mais c’est à partir d’un plan donné … Partout dans monde, c’est le premier ministre et le ministre de la défense qui ont des sirènes, mais ici les ministres, les chefs de services et n’importe qui se dotent des sirènes. Si on prend quelqu’un dans ça on met sa voiture à la fourrière. (et pour signifier tout le sérieux qu’il accorde à sa décision) Monsieur le Premier ministre vous veillerez à ce que les ministres n’utilisent pas de sirènes parce qu’ils ne sont pas au-dessus des citoyens. Si les citoyens sont victimes des embouteillages les ministres aussi doivent l’être » (le 11, à l’occasion de la cérémonie de présentation officielle des vœux des membres du gouvernement, du corps diplomatique et consulaire ainsi que d’autres organisations nationales et internationales).
  • « J’ai été clair, si les universités privées veulent faire des grèves, elles n’ont qu’à faire des grèves.  Si elles veulent descendre dans la rue, ça ne me fait ni chaud ni froid. La Guinée va aller de l’avant… J’ai été scandalisé quand j’ai mis une commission en place pour réfléchir sur l’enseignement de savoir qu’on peut avoir le bac avec 7 sur 20. Il est inadmissible d’avoir le bac avec 7 ou 8 de moyenne, nous allons changer… Que les étudiants soient d’accord ou pas nous allons orienter désormais. On ne va pas vous laisser choisir librement, on va d’abord vous conseiller pédagogiquement et vous orienter si vous n’acceptez pas. Quand un gouvernement n’a pas le courage d’orienter les étudiants ce n’est pas un gouvernement parce qu’il a peur des étudiants et moi je n’ai pas peur des étudiants. Pour votre bien on va vous orienter en fonction de vos capacités… On ne doit plus gaspiller l’argent de l’Etat en finançant des universités qui nous trompent, c’est pourquoi il y a le contrôle biométrique. Quand ils ont 100 étudiants, ils nous disent qu’ils ont 300 donc on gaspille en payant pour 200 étudiants qui n’existent pas et cela va dans les poches des gens » (le 11, lors d’une rencontre avec les étudiants guinéens lors de la cérémonie de lancement du projet « Initiative Présidentielle pour la Connexion des Ecoles » (IPCE), en réalité un simple cybercafé universitaire).
  • Nous demandons aux gens de ne pas vendre les terrains parce que nous allons construire un aéroport ici (le 25, devant ses fanas en transe dans la sous-préfecture de Maferiniah).
  • Pour : pas mal pour la remise à l’ordre de nos des Mad Max folkloriques de Conakry et de l’intérieur du pays. Est-ce la fin des rodéos des hauts d’en haut, de leur descendants et de leurs haut d’en bas ? Imaginez que souvent après avoir déposé pompeusement à la maison son patron, puis madame, puis les enfants, le chauffeur du boss met aussi la sirène pour rentrer chez lui.
  • Contre : les commentaires du « Président de la planète pour l’environnement » vont surement ravir ses adjoints des COP 21 et 22 sur sa vision de la protection de cette planète. Bien fait pour Ségolène Royal (et pour la France) qui distribue démagogiquement des titres pompeux à des rois-nègres incultes dans ce domaine avant de venir voir ce qu’ils fabriquent en réalité pour leur environnement national. Et moi qui croyait que le PPAC avait plus d’estime pour les chimpanzés que pour ses cadres fonctionnaires – en fait il les met tous dans le même panier. Et nos pauvres singes vont maintenant eux aussi commencer la longue traversée du Sahara et de la Méditerranée en espérant finir dans des zoos de toubabs avec 3 repas par jour aux frais de l’Etat.

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  1. Les décisions et actions « positives » du mois :
  • Le 08, les auditions des prévenus concernant le dossier des exactions de l’armée dans la ville de Mali sont closes pour une vingtaine de mili-chiens et qu’ils seraient tous inculpés et placés sous contrôle judiciaire. Les juges se sont ensuite immédiatement rendus dans cette ville pour auditionner leurs victimes. Il semblerait même que leur boss, le colonel Issa Camara serait déjà inculpé et placé sous contrôle judiciaire depuis quelques semaines à Conakry. Tout ceci semble trop beau pour être vrai et derrière l’effet d’annonce il faut déjà rechercher les ruses et acrobaties en cours pour éteindre en coulisse ce dossier. Après tout des inculpés pour crimes contre l’humanité sont encore ministres et gouverneur, alors Issa Camara et ses loubards qui chicotent des jeunes et pillent des commerçants sont vraiment des enfants de chœur par rapport à eux.
  • Le 10, le ministre de la Justice confirme que la chambre d’accusation de la Cour d’appel de Dakar par sa cour de cassation a ordonné l’extradition en Guinée de Toumba Diakité. Néanmoins le suspect ne pourra être extradé que par un décret du Président de la République du Sénégal. La messe n’est pas encore dite pour Toumba-Toumba car je me demande si Macky Sall pourra juridiquement et moralement extrader un prévenu dans un pays où la peine de mort n’a pas encore été abolie. Au Sénégal ce n’est pas le bordel dans la justice comme chez nous, Dieu merci.
  • Le 19, le PPAC arrive en Gambie accompagné de son homologue mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz pour une médiation de la dernière chance avant la chicotte publique, auprès du mégalomane gambien Yahya Jammeh qui refuse toujours de quitter le pouvoir. En cas d’échec la CEDEAO a promis de faire recours à la force – Pour une 1e fois les chefs d’Etat de l’Afrique de l’Ouest font honneur aux peuples africains qui souffrent, pas à leurs dictateurs qui les massacrent.
  • Le 30, notre PPAC est nommé Président de l’U.A. (l’Organisation politique de protection d’une majorité des grands pilleurs du continent) pour un an non renouvelable– pas Président de l’Afrique comme il semble le penser. Décidément il est abonné aux Présidences pour un an depuis la FEANF. En tout cas c’est une grande victoire pour lui, le rêve de toute sa vie et une petite victoire pour la Guinée s’il sait l’utiliser à bon escient pour faciliter quelques dossiers importants du continent malgré ses 80 berges. Mais faut craindre que ce soit une honte mondiale pour les Guinéens car le monde entier verra maintenant à la TV et en direct ce que nous écoutons et subissons tous les jours à Conakry. Par exemple, connaissant son goût immodéré des jets privés et palaces occidentaux, il y a beaucoup de risques qu’il se déplace à toutes pompes même pour régler les problèmes conjugaux de ses homologues. En attendant ses services de communication ont pris toutes les précautions pour nous cacher que traditionnellement toutes les charges et dépenses pour cet « honneur » seront payés par la Guinée, par nos pauvres taxes et impôts.
  • Pour : enfin un message qui va faire réfléchir les derniers petits dictateurs de la CEDEAO. Aziz le maure lui-même, Faure le togolais et Bongo le gabonais sont prévenus : c’est passé la dernière fois mais la prochaine il y aura au minimum 50% de chances qu’ils rejoignent Jammeh au mieux ou Taylor et Gbagbo au pire. Et cette tendance va ensuite atteindre l’Afrique Centrale, le pire nid de pourris au pouvoir. Ce sont la Gambie et les Gambiens qui sortent plus forts et plus confiants car ce qui s’est passé pendant 22 ans chez eux ne sera plus jamais accepté par eux. Comme quand le PPAC et ses faucons ont cru au départ en 2010 qu’ils pourraient ramener la terreur révolutionnaire au pouvoir en Guinée mais ils ont vite fait marche arrière quand ils ont compris qu’ils devraient tuer des milliers de Guinéens pour cela. Quand au bouffon « ami intime et de confiance du PPAC », il a fui comme tous les lâches au lieu de se battre jusqu’à la mort dans son palais – tout les leaders africains ne sont pas des Thomas Sankara. Quand à la soit disant amnistie qui lui a été accordée par le PPAC et Aziz, elle n’enlèvera rien au droit international qui garantie que les crimes de sang sont imprescriptibles – or Jammeh n’a baigné que dans ça depuis plus de 20 ans. Encore une fois quand un dictateur, d’où qu’il vienne, finit en procès à la CPI avec une peine de 50 ans minimum, c’est lui seul qui est concerné car il l’a mérité. Il n’y a et n’aura jamais aucune honte pour son peuple, bien au contraire, car chaque nouvel exemple est une leçon gravée dans le crane malade de tous les aspirants à ce modèle de gouvernance. Le nationalisme et le souverainisme désuets des derniers coqs africains locaux et de la diaspora, sur les tas de cadavres ou de fumier crées par leurs héros de la lutte contre la néo-colonisation, n’auront aucun impact sur cet acquis concret et visible pour tous les peuples meurtris de la globalisation.
  • Contre : pour le sacre continental de papy, les mamayeurs RPCistes sont aux anges : un résultat extraordinaire du Sanseman, une justification en béton armé pour ses voyages à l’étranger en 2017 et surtout une obligation nationale désormais pour un 3e mandat bien mérité. Sacrée presse démagogique guinéenne un article, en plus d’un site privé reconnu crédible par les Guinéens, titre le jour-même « Fumée blanche à Addis-Abeba, le PPAC officiellement intronisé…Il trône majestueusement désormais sur le toit de l’Union Africaine… A peine sa tunique de nouveau président de l’UA enfilée, Alpha Condé a montré qu’il attache du prix à la rigueur en rappelant à l’intention de tous les participants à ce sommet que les travaux seront effectivement repris à 16 heures, heure locale soit 13 heures de Conakry. ». Honte à votre démagogie surannée Mr le journaleux alimentaire, ce sont des tirades ridicules comme celles-ci qui ont tournées les têtes et transformées Sékou Touré, Lansana Conté, Moussa Dadis Camara et Sékouba Konaté en dictateurs au dessus de tous leurs compatriotes. Vous auriez eu des circonstances atténuantes en 1960 – aujourd’hui cela prouve juste que vous êtes un bon « guinéen nouveau » du responsable extrême de la révolution et un véritable danger public pour la Guinée de demain. Et oui mes chers, le pape africain Deby est mort – vive son digne successeur, le papy PPAC chéri. Concernant le sauvetage de « Sheikh Professor Alhaji Doctor Yahya Abdul-Aziz Jemus Junkung Jammeh Nasirul Deen Babili Mansa » le PPAC a enfin entrepris (avec de nombreux autres acteurs) une entreprise qui a finie avec un petit succès personnel mais à écouter la presse guinéenne c’est l’œuvre quasi-exclusive du PPAC – pas étonnant venant de bouffons RPCistes. Mais toute autre personne réfléchie sait que c’est avant tout son lâchage total par son armée de trafiquants et la menace de la force de la CEDEAO avec des ordres du genre « de tirer à vue s’il résiste » qui l’ont convaincu que cette fois-ci il était mort-foutu pour toujours. C’est le genre qui s’en fout complètement des autres, il cherche uniquement à sauver sa peau. Sans cela ce clown mortifère serait encore entrain de pagailler dans son pays. Ceci est d’ailleurs confirmé le 22 par le nouveau Président de Gambie Adama Barrow : « Si Jammeh a accepté de partir ce n’est pas du fait de la médiation des Présidents de la Guinée et de la Mauritanie Alpha Condé et Mohamed Ould Abdel Aziz, mais parce que l’armée de la CDEAO était prête à le déloger ». Et pan sur le bec de nos faucons balourds RPCistes. Par ailleurs le PPAC et son homologue mauritanien introduisent en douce un document appelant à une amnistie pour ce criminel et tous ses hommes de main sans préciser que c’est en fait un pur-produit des élucubrations du dictateur. Le site officiel de la CEDEAO ne cite nulle part ce document et le ministre des A.E. du Sénégal Mankeur N’Diaye enfonce un clou de plus dans le cercueil de notre boss : « le président Jammeh et son équipe avaient concocté une déclaration pour être endossée par la CEDEAO, les Nations-Unies et l’Union Africaine qui lui accordait toutes les garanties voire l’impunité. Cette déclaration n’a été signée par personne. Le Président Barrow, lui-même n’était pas au courant ». Finalement le seul « exploit » du PPAC et de son jumeau politique mauritanien a été de sauver la peau d’un des pires dictateurs restants de l’humiliation suprême d’être mis aux arrêts en guenilles (à la Laurent et Simone Gbagbo) devant sa population en liesse. Pour moi les 3 principaux héros de la chute et du départ définitif de Jammeh, hélas avec toutes les caisses d’argent et ses véhicules de luxe grâce à la complicité du despote Idriss Deby, sont bien Macky Sall, Ellen Jonhson Sirleaf et Muhamadou Bouhari qui ont foutu une telle trousse à ses miliciens qu’ils ont sorti le  drapeau blanc avant le début de leur bastonnade mémorable.

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  1. Les décisions et actions « négatives » du mois :
  • Le 04, le PPAC décrète les membres de la commission nationale des Mines. Le seul problème ici est que ses termes de références indiquent clairement « la Commission des Mines, créée en mars 2012 en application du code minier, a pour mission de participer à l’examen des dossiers d’attribution, de prorogation, de renouvellement, d’amélioration et de retrait des titres miniers. Elle examine les dossiers relevant de ses attributions en vue de s’assurer que les dispositions du code minier, de ses textes d’application ainsi que les textes légaux sont conformes à l’activité minière en Guinée ». Allez savoir comment et où tous les dossiers de contrats miniers mensuels entre mars 2012 et le 04 Janvier 2017 ont été traités. Franchement le ridicule ne tue plus à Satanya.
  • Le 04, nos honorables dépités honorés de la majorité et complices ont adopté les textes relatifs à un Nième contrat de fourniture d’énergie électrique d’une capacité de 50 MW dans la ville de Conakry. Toutefois cette compagnie qui veut installer ces 50 MW s’engage aussi à installer 50 autres MW en solaire et à réhabiliter certains de nos vieux barrages en nous vendant l’énergie à 10 centimes (de quoi?) le MW. Si seulement elle avait pu nous donner 100 MW en solaire puisqu’avec Kaléta et Souapiti on nous a promis qu’on en vendrait même l’excédent à toute la sous-région.
  • le 04, lors de la clôture de la session budgétaire ordinaire 2016 de notre hémicycle rectangulaire, le code électoral, le clou attendu du spectacle de nos dépités a été retiré du vote. Il le sera lors de la session extraordinaire prévue en février 2017 et les élections elles-mêmes vers 2020 ou plutôt lors du 3e
  • Le 12, notre Vasco de Gama sort les voiles de nouveau pour participer à l’ouverture du dernier sommet entre la France de frère François et ses colonies africaines, le 27ème sommet Afrique-France, dont les travaux démarrent le 13 janvier à Bamako. Il poursuit immédiatement par une série de visites (personnelles surtout) qui le conduiront notamment au Vatican le 16 janvier, puis au Forum économique de Davos en Suisse où pourtant personne ne l’a vu en images tout au long de la rencontre, ce qui n’était pas le cas chaque année précédente depuis 5 ans maintenant. Il ne manquerait plus qu’il nous annonce sur RFI en sortant de chez le pape François qu’ils sont en fait des amis de plus de 30 ans, un grand panafricaniste avec qui il a luté lorsqu’il était le CEO de la société FEANF Illimitée. Son disque se raye tellement souvent ces temps-ci que je m’attends à tout de lui maintenant.
  • Le 13, le ministre de l’enseignement supérieur Parlant de ses chantiers phares de l’année 2017 a annoncé la  réinstauration des services militaro-civiques qui sera constitué en partie par une formation militaire et l’autre civique « comme il se faisait dans le temps ». C’est incroyable comme nos ministres perdent la tête et oublient le triste passé de leur pauvre pays dès qu’ils sont bien installés à la mangeoire nationale. Il ne peut même pas payer les misérables bourses mensuelles des étudiants mais nous annonce quand même un nouveau projet budgétivore sans nous présenter le moindre élément technique et financier. A moins que ce soit en fait bien calculé, un nouveau bizness d’épargne inventé pour le petit boss et ses petits, en attendant le prochain remaniement ministériel. Qui est fou ?
  • Le 25, l’ONG leader dans la lutte contre la corruption Transparency International publie l’édition 2016 de son rapport sur la corruption dans le monde. Le rapport de cette année met en exergue la relation entre la corruption et les inégalités qui se nourrissent mutuellement pour créer un cercle vicieux ; entre la corruption, l’inégale répartition du pouvoir dans la société et la répartition inégale de la richesse – une photo panoramique de notre pays, quoi. Un grand moment pour une pléiade de pays africains qui peuvent ainsi démontrer qu’on peut maintenant faire des affaires économiques sérieuses avec elles. Un calvaire pour la dernière bande de corrupteurs/corrompus qui tirent encore le continent en queue de peloton du développement humain. Un bon exemple, comme toujours, est notre Guinée Chérie qui, en dépit des tableaux idylliques et promesses comiques du PPAC, est 142e/176 au monde et 29e/44 en Afrique avec un score de 27 points/100. La moyenne mondiale est de 43 points/100. Je vous rappelle que le score maximum est 100 et que les pires cancres sont en dessous de 30. Il faut cependant selon nos autorités remarquer une « progression non négligeable » car en 2015, selon le rapport précédent, nous avions un score de 25 points/100 et étions 145ème/175 dans le monde  et 35ème/47 en Afrique. Et oui, faute de sa mère le bébé doit téter sa tante ou sa grand-mère. Et surtout ne n’insistez pas pour voir la liste des 18 pays plus mal classés que nous – ça risque de gâcher votre weekend.
  • Le 28, le principal fou du roi du RPCé annonce sans honte « le Gouvernement doit déclarer le jeudi 2 février 2017 journée chômée et payée et les Guinéens doivent se mobiliser en blanc avec un mouchoir blanc pour accueillir le Président de la République, Président de l’UA, en provenance d’Addis Abeba en Éthiopie. Ainsi chaque section du parti est appelée à mobiliser au minimum 3 000 personnes. Des contrôles seront faits et au moins 700 motards sont sollicités pour le cortège présidentiel ». Le travail de sape démagogique révolutionnaire de Satan Touré est profondément ancré dans les gènes de trop nombreux politiciens guinéens, même ceux qui sont nés après son départ vers l’enfer – pendant ce temps il n’y a pas d’électricité dans mon quartier depuis 3 jours (et je compte) – tout simplement pitoyable et triste.
  • Pour : comme chaque mois : R.A.S. (Rien A Signaler)…
  • Contre : lors de la séance de clôture de la session parlementaire les députés du principal parti d’opposition se sont retirés peu après l’ouverture de la session. Pour le vice-président de ce parti « ce programme ne respecte pas le chronogramme adopté en séance plénière. Il devait plutôt y avoir la clôture de la session budgétaire puisque la loi limite les sessions à 90 jours. Ce délai est déjà dépassé et tout texte adopté en dehors de ce cadre légal devient illégal ». La déception semblait totale  mais en fait elle était surtout feinte parmi les dépités car ils bénéficieront ainsi d’une session extraordinaire dans 1 mois, arrosée financièrement comme de coutume, pour finir la job. Pour le nouveau contrat de groupes électrogènes par contre ça chlingue très fort les coups fourrés habituels dans le domaine, des styles K-Energy et Aggreko. Mais pas de secrets chez nous, si c’est le cas ca va puer très vite sur la place publique, promis.

 

Tic-tac, Tic-tac, la montre tourne; aujourd’hui est le 2231e jour de l’ancien « Guinea is back » et du nouveau « changement radical » – déjà 61 mois et 10 jours !  Aladji-Professeur-Président je termine en vous proposant une suggestion SMART (Spécifique, Mesurable, Atteignable, Réalisable et Temporellement définie) pour améliorer un peu votre Sanseman le mois prochain. J’ai constaté en effet depuis 6 ans que dès que je vous en donne plus d’une vous mélangez tout et faites pire ensuite. Donc cette fois-ci je vous demande de faire très attention quand vous nous représenterez à l’étranger en tant que « chef du village Afrique » car vous serez désormais encore plus traqué par les cameramen de toutes les TV mondiales qui raffolent de scoops et de gaffes marrantes, style jeu des 7 erreurs. Vous remplacerez maintenant Yayi Bonny puisqu’il est en retraite presque forcée. Vous ne pourrez jamais éditer ou empêcher la diffusion de leurs images, comme vos sbires le font si mal à Conakry. Par exemple ce mois-ci la télé publique malienne (ORTM) vous a filmé marchant avec vos homologues vers l’entrée du sommet France-Afrique. Alors que l’atmosphère était cérémoniale comme il se doit on vous aperçoit au 2e rang entrain d’attraper votre voisin de gauche par le cou avec force et ricanements si caractéristiques chez vous. La scène était tellement ridicule que certaines de mes connaissances l’ont enregistré pour la partager ensuite. Eh boss, pitié pardon – il faut cesser de verser nos figures par terre comme cela et de me faire honte devant mes beaux ! Retournez de grâce rapidement Place d’Italie pour rejoindre votre bande de joyeux lurons au zinc du bistrot du coin, vous y serez plus à vos place et aise pour faire ce genre de clowneries de gâteux en public. Quant à l’évolution journalière de mon pays, aujourd’hui le débat politique et leurs transcriptions dans la presse guinéenne sont devenus tellement répétitifs et plats, entre adversaires qui de toutes les façons se valent tous, que cela ne donne même plus envie de les lire entièrement et surtout de les commenter.  Dommage qu’il n’y ait plus grand chose de nouveau à apprendre, à dire et à proposer pour ce pays en faillite sur tous les plans. Finalement ce sont les pourris qui gagnent car et c’est exactement ce qu’ils recherchent pour s’éterniser au pouvoir.

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Une Nouvelle Voie (Décembre 2016) : le PPAC et son biographe sont en vacances annuelles obligatoires

Bienvenue à mon bilan du 12e mois de la Condécratie version 2.0, un  modèle de démocratie stalinienne avec très peu de travail, justice et solidarité ; un subtil mélange de communisme à la  FEANF et d’affairisme sans scrupules. Je continue donc mon exploration mensuelle des méandres des décisions importantes pour la Nation prises par nos nouveaux chefs en proposant des pistes de réflexions et d’actions qui pourraient être envisagées pour que le « vrai changement » soit effectif.

  1. Echantillon de paroles et pensées présidentielles du mois: « « La Guinée est un pays très touristique. Avant Conakry s’appelait la perle de la corne de l’Afrique de l’Ouest. Moi quand j’étais petit il y avait des flamboyants, tout était vert, il n’y avait même pas le soleil. C’était très joli, mais les touristes ne venaient pas alors que nous avons le pays le plus touristique d’Afrique de l’Ouest… Quel était notre handicap ? C’est parce qu’on n’avait pas d’hôtels. Vous savez très bien dans quelles conditions était Novotel. Si un touriste vient il passe une nuit là-bas, il ne peut pas rester. Nous sommes en train de rattraper ce retard. Et d’ici un an nous aurons plus d’hôtels que Dakar. Le deuxième handicap c’est les routes. C’est fondamental de résoudre ce problème si on veut développer le tourisme » (le 06, lors d’une mamaya hebdomadaire devenue rituelle pour ses fanas) ;  « Je serai en bonne santé pendant 100 ans… A bas les menteurs, à bas les ethnocentristes » (le 10, lors de l’inauguration d’un marché privé) ; « Comment voulez-vous qu’on construise des usines si vous vendez les terres qui appartiennent à l’Etat ? J’ai prévenu, tous les terrains vendus illégalement, nous allons les récupérer pour servir le Gouvernement, pour servir le pays… Nous allons vérifier point par point, tout ce qui a été acquis illégalement, on va reprendre ! Je m’en fous que ce soit Barry, Condé, Diallo, Soumah, Bangoura etc. » (le 21, lors d’une énorme mamaya à Kindia pour fêter ses 2 élections truquées et lancer officieusement le plébiscite « national » pour le 3e mandat – les faucons et fanas sont lâchés maintenant). « Le grand problème qu’on a en Afrique c’est qu’il faut qu’on assure. Quand quelqu’un perd le pouvoir, il faut qu’on le rassure. C’est-à-dire qu’on ne va pas le poursuivre, poursuivre ses partisans ou sa famille. Tant qu’on ne donne pas de garanties aux chefs d’Etat qui partent, ils ont peur qu’il y ait une chasse aux sorcièresTout le monde sait que moi j’ai d’excellentes relations avec le Président Yahya Jammeh. Il l’a dit dans Jeune Afrique qu’il n’a que deux amis en Afrique: le président Mugabe et moi… J’espère que le moment venu nous allons discuter avec lui pour qu’on essaie de trouver une solution. Je ne crois pas que l’intervention militaire soit une bonne solution. L’intervention militaire entraîne toujours des morts. J’espère qu’on pourra l’éviter par le dialogue… Moi, je suis un peu comme mon frère et ami, le président Erdogan. Nous sommes très pragmatiques. Je n’hésite pas quand les hommes d’affaires viennent parce que vous savez en Afrique plus particulièrement en Guinée, on aime souvent jouer à la bureaucratie… Nous nous organisons à la Présidence pour casser cette bureaucratie et faire en sorte que quand vous venez en une journée vous puissiez rencontrer tous les ministres que vous voulez rencontrer et les hommes d’affaires » (le 27, à la télé turc et sur la BBC pour essayer de sauver le soldat Jammeh) ; « copier-coller 2010 – 2015 avec une petite nouveauté : j’engage l’Etat à équiper notre administration de produits mobiliers fabriqués par les créateurs guinéens » (le 31, vœux présidentiels pour la nouvelle année – de Conakry ou bien un montage TV à partir d’Istanbul ou de l’hôtel Raphael à Paris ?).
  • Pour : rien de positif dans tout ce qu’il a dit lors de ses visites de plus en plus courtes en Guinée.
  • Contre : moyen-moyen mais sans aucune finesse pour sa tentative d’acheter en avance sa non-poursuite judiciaire le lendemain de son départ du pouvoir en voulant sauver aujourd’hui son 2e meilleur ami Jammeh (après Mugabe, quelle équipe !). Hélas c’est peine perdue pour eux deux alors circulez, vous finirez tous les deux devant les juges, essayer plutôt de vous préparer en conséquences au lieu de gesticuler grotesquement. Nous sommes en 2017, les passe-droits pour dictateurs tropicaux à immunité permanente c’est fini ça maintenant. Pour le cas de la défense insensée du soldat Jammeh rejeté par tous ses pairs sauf lui, il se tire en plus un coup de canon dans le pied : voyons-voir comment il aura le soutien de sa propre région (CEDEAO) pour devenir le prochain Président de l’U.A. au sommet africain en janvier 2017. En plus il a toujours ce sens inné pour l’exagération : « on ne voyait pas le soleil à Conakry dans les années 50 » ou « dans un an nous aurons plus d’hôtels que Dakar (et Abidjan un autre jour) ». Il ne se rend même pas compte que ces exagérations et promesses infantiles le décrédibilise un peu plus à chaque sortie et montrent surtout ses carences effrayantes en matière de prévisions réalistes et de gestion du pays. En ce mois réservé à ses vacances annuelles on voit réapparaitre sa frénésie de promesses démagogiques à n’en plus finir destinées surtout à lui permettre de mieux dormir la nuit : l’autosuffisance en riz, la réhabilitation de toutes les usines de la 1e République en faillite et fermées depuis les années 70, le développement de la culture du café au Fouta, la récupération de tous les terrains appartenant à l’Etat, la transformation du port de Kamsar en port de transbordage pour les ports de la sous-région, l’installation d’une usine de montage de bus, de cars et de tracteurs à Conakry , la construction rapide de plusieures citées HLM et le rasage des habitations de la commune de Kaloum pour la reconstruire totalement avec les sous d’Erdogan et la meilleure pour la fin, la construction rapide d’une autoroute inter-pays à péage alors que les rues autour de son palais rejoignent maintenant la liste des plus défoncées de la capitale ! Vraiment le boss a eu en 2016 une vitesse dégradation intellectuelle (due au 3e âge ?) exponentielle qui doit effrayer maintenant même ses pires faucons.

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  1. Les décisions et actions « positives » du mois : le 02, les nouveaux code électoral et code des collectivités sont déposés comme promis par le PPAC au bureau de l’Assemblée nationale avant la fin de la session budgétaire en cours. Ainsi un 1e point (le plus simple) du dernier accord politique est engagé – mais loin d’être encore finalisé. Le vote de ces deux textes devrait permettre théoriquement de tenir les élections locales en février 2017, mais avec beaucoup de « si » ; le 02, le PPAC sort le carton rouge à propos de l’implication des chinois dans le secteur de la pêche en Guinée. Il ne veut plus qu’ils soient présents dans la filière distribution, ce volet revenant exclusivement et depuis toujours aux mareyeuses de Conakry qui n’ont pas hésité à le lui rappeler bruyamment autour de son bunker. Il n’a aucune envie de se les mettre en plus sur le dos par les temps qui courent ; le 20, la police sénégalaise annonce l’arrestation du « trépanateur » du petit dadais en décembre 2009, le colonel Aboubacar Sidiki Toumba Diakité ; le 23, la direction générale de la police nationale a déployé 1000 agents supplémentaires  au niveau des 150 carrefours de la capitale. Une initiative dont l’objectif est de renforcer le dispositif sécuritaire de la capitale pendant les fêtes de fin d’année et par la même occasion rendre la circulation plus fluide ; le 27, une vingtaine de militaires soudards sous les ordres du colonel Issa Camara, le fou furieux qui avait joué à « Mad Max & family » dans la ville de Mali, sont présentés enfin devant un pool de juges dans la ville de Labé suite à leurs tristes exploits du  mois de juin dernier que je vous avais décrit en détail à l’époque. Comme toujours chez nous le principal accusé n’est pas encore sur le 1e banc des méchants, Dieu et PPAC seuls savent pourquoi – viva Impunita in Guinea !
  • Pour : concernant le rappel à l’ordre des pêcheurs chinois, il a proprement remonté les bretelles en public aux ministres de la pêche et du commerce, initiateurs et responsables directs de cette nouvelle magouille, pour bien  se faire applaudir à tout rompre devant les caméras nationales par les mamayeuses vengeresses. En effet les opérateurs chinois jouissent officiellement du droit de faire aussi ce commerce de produits marins, conformément à un arrêté officiel délivré par une institution judiciaire guinéenne le 20 janvier 2015. Mieux, pour une durée de près de 100 ans à partir de la date d’immatriculation de la société au Registre de Commerce et de Crédit Immobilier (RCCM). Maintenant attendons la réaction des Chinois qui se savent propriétaires exclusifs de notre pays depuis sa dernière visite officielle à Pékin. Concernant le Toumba-Gate, la prochaine patate chaude dans les mains du PPAC, si je suis choisi comme membre du jury de son procès il aura des circonstances atténuantes pour son crime vu qu’il nous a tous sauvés de 30 ans de dadisme sans limites. Bon je ne sais quel deal il a signé avec nos Big  Brothers vu que c’est eux qui l’avaient confiés aux cousins Gorguis où il vivait à leurs nez et barbes depuis près de 7 ans déjà mais en tout cas c’est un pas positif de plus vers le procès et la taule probable pour cette bande de criminels contre l’humanité en liberté totale depuis le 28 septembre 2009. Le plus marrant dans tout ça c’est si le PPAC demande son extradition en Guinée pour l’enfermer alors que ses complices des crimes sont encore ministres et gouverneur. La pression monte sur les épaules et les jambes déjà flageolantes de notre opposant hystérique. Concernant les nouveaux policiers pour réguler les Conakrykas indisciplinés et inconscients seuls les agents  stagiaires dans les casernes de la brigade de répression du banditisme (BRB), de la brigade anti-criminalité, des compagnies mobiles d’intervention (CMIS) et de la protection civile sont concernés. Sur le terrain ce surplus d’agents est facilement identifiable : ils portent un T-shirt bleu sur lequel on peut lire « police stagiaire » et un képi bleu avec un pantalon noir. Ils sont en charge de la sécurisation des personnes et des biens dans les quartiers. Selon  le directeur central de la sécurité routière sur le plan opérationnel trois brigades vont évoluer de manière rotative dans chaque quartier selon les tranches horaires suivantes : 6h45 à 12h ; 12h à 17h et 17h à 22h. Bonne chance à eux, avec cet accoutrement ca va être dur-dur pour exiger « prix de café ou de cigarette » aux automobilistes et cyclistes qu’ils contrôleront. Pourvu que ça dure !
  • Contre : quelques actions positives mais aucune au crédit direct du PPAC qui est en réalité en vacances de ski annuelles comme tous les mois de décembre et janvier depuis 6 ans maintenant.

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  1. Les décisions et actions « négatives » du mois : le 06, on est interloqué d’apprendre que le projet du code électoral qui a été déposé au bureau du Parlement n’est pas conforme à l’accord politique signé par les deux mouvances complices. Sacré boulanger national, il a une nouvelle fois roulé dans la farine son seul véritable adversaire politique au pays. Encore heureux que celui-ci ait pris la peine pour une fois de faire lire entièrement le texte proposé avant de l’approuver à l’Assemblée nationale. Le lendemain l’auteur de cette « erreur », le Président du dialogue a le culot de dire qu’en fait il s’est trompé de version du document en l’envoyant au parlement – vraiment, l’argument est aussi ridicule que lui-même. Et une fois encore le coup de force est réussi car la majorité présidentielle (RPG et vendus divers planqués parmi les indépendants) le votera à une écrasante majorité des honorables présents dans la salle ; le 06, Colomb-Condé retourne chez lui à Paris pour revoir ses potes et toubibs pour bien démarrer ses vacances. Le Président de la planète pour l’énergie n’a été reçu cette fois-ci que par son adjointe planétaire, Ségolène Royale ; le 09, la Guinée célèbre avec fracas la journée internationale de lutte contre la corruption. Une rencontre nationale a permis de constater que nous sommes le seul pays de la sous-région a ne pas avoir une loi anti-corruption – allez savoir pourquoi. Le constat détaillé fait encore plus peur : « Il n’y a aucun dispositif judiciaire mis en place pour lutter spécialement contre la corruption. Il n’y a pas de tribunaux ni de système carcéral approprié et les détournements de deniers publics sont traités comme des délits ordinaires alors qu’il s’agit d’un véritable cancer qui gangrène le pays » rappelle un opposant lui-même ancien ministre une ou deux fois dans ses vies précédentes. L’ONG Transparency international classe la Guinée au rang de 37e sur 52 pays en Afrique et 139e sur 167 pays dans le monde pour 2015. Qui dit mieux ? ; le 25, rebelote de notre Colomb-Condé en Turquie avec son jet pour lui et sa bande de copains/coquins et des vols commerciaux en classe économique pour une centaine de hauts cadres civils et militaires désœuvrés à Conakry. Et dire qu’il y était déjà novembre dernier ! En marge de cette rencontre, les autorités turques ont remis des timbres et des stylos avec les nom et effigie de notre PPAC chéri en guise de signe de fraternité et de remerciements pour son soutien au peuple turc lors de l’auto-attentat de leur Président – bref les turcs ont payés les droits d’auteur à notre Boss pour l’original de l’auto-attentat made in Guinea en 2011. Et le mythe de l’opposant inoubliable en prend une couche de peinture supplémentaire – la vie est vraiment belle en Guinée pour chambellans, courtisans, fous du Roi, hauts représentants et partenaires du palais Satanya ; le 27, le constat est enfin clair et net et la CENI confesse pitoyablement : les élections communales ne pourront pas avoir lieu en février 2017, comme indiqué dans l’accord politique ; le 27, à 3 jours de la fin de l’année et avec le PPAC toujours en ballade à l’étranger il est maintenant clair que contrairement à l’annonce faite par les autorités qui nous avaient jurées que Kankan, la capitale de la Haute-Guinée allait abriter les festivités de la fête glissante de l’indépendance au cours de ce mois de décembre, il ne se passera strictement rien de nouveau dans cet autre coin paumé du pays cette année. Et pourtant, la commission d’organisation qui avait été mise en place discrètement par le Gouvernement et pour laquelle d’importantes sommes d’argent ont été débloquées continue de travailler d’arrache-pied pour justifier tous les milliards de GNF décaissés.
  • Pour : comme chaque mois : R.A.S. (Rien A Signaler)…
  • Contre : concernant le retard inéluctable des prochaines élections locales les raisons sont simplement arithmétiques : après l’adoption du nouveau code électoral en janvier 2017 (ou après) il faudra que le texte soit renvoyé à la Présidence de la République qui le transmettra ensuite à la Cour constitutionnelle.  Après avoir donné son aval, celle-ci devra renvoyer le texte à la Présidence pour sa promulgation. Ensuite pour convoquer le corps électoral le Président devra le faire au minimum 60 jours avant le scrutin. A vos doigts ou calculettes les amis. Enfin pour la fête d’indépendance de nouveau avortée de Kankan le bon coup habituel est par contre bien réussi : on décaisse quelques milliards de GNF en vitesse, on bâcle le boulot pour en mettre 80% dans les poches déjà pleines des hauts d’en hauts et de « leurs petits » et ensuite on joue à l’autruche le temps que la rage médiatique se dissipe. C’est tellement classique chez nous que c’est devenu banal et n’émeut plus personne sauf ceux qui ont été dribblés lors du partage du gâteau.

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4.     Formations, séminaires, ateliers, colloques et  autres « rendez-vous du donner et du recevoir » du mois : atelier public-privé sur le thème «Problématique de l’accès au service de la fiscalité et aux infrastructures d’accueil des investissements privés » ; atelier de formation des journalistes dans la couverture médiatique en période électorale (!) ; journées nationales de concertation sur le processus d’élaboration d’une nouvelle politique culturelle nationale ; rencontre sous-régionale d’échanges sur le développement du secteur de l’Energie dans l’espace CEDEAO, particulièrement sur l’accès aux services énergétiques, la régulation du secteur de l’électricité, le développement du secteur du gaz naturel et des hydrocarbures, le développement des énergies renouvelables et les projets prioritaires de production et de transport de l’énergie électrique (wow !) ; 21e session du Comité des Experts de l’Organisation Mondiale de la Douane –OMD ; forum régional sur la protection sociale ; rencontre régionale de discussion des défis et des enjeux liés à l’électrification de la CEDEAO ; atelier de planification stratégique du Plan Cadre de Coopération (UNDAF) Guinée (2018-2020) ; atelier de validation des résultats des consultations nationales sur les Etats généraux des droits de l’homme ; journées de réflexions les institutions constitutionnelles de la Guinée.

  • Pour : le séminaire-bizness semble lui aussi en vacances ce mois-ci (10) mais attention c’est surtout parce que plusieurs « rendez-vous du recevoir » n’ont pas pu être notés, vacances annuelles de votre serviteur obligent. Pas de soucis, en fait tout marche comme d’hab.
  • Contre : la mode en fin d’année c’est d’organiser des séminaires régionaux, pratique habituelle de nos partenaires, agences régionales et internationales pour améliorer un peu leurs capacités de décaissement avant les rapports annuels d’activités et des finances obligatoires. Nous on s’en fout, tant que les perdiems, sandwichs et frais de déplacement coulent comme un grand fleuve tranquille que personne ne viendra jamais perturber ici.

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  1. Pour conclure quelques suggestions SMART (Spécifiques, Mesurables, Atteignables, Réalisables, Temporellement définies) pour changer le changement :

Mr le Pharaon de la pyramide Satanya j’ai remarqué que chaque mois de décembre, depuis 6 ans que je vous suis sous mon microscope, vous prenez vos vacances annuelles françaises comme tous vos parents de la métropole. Vous pensez le faire en cachette mais c’est peine perdue, on a tous compris. Il faut juste le dire publiquement pour que nous fassions tous pareils. En effet selon les droits acquis et donc irréversibles issus des us et coutumes bénis de nos ancêtres les gaulois tous les fonctionnaires, cheminots et pilotes de lignes ont droit à un mois de congé annuel, indispensable pour maintenir leur bonne santé et légalement obligatoire. Les conséquences physiques des longues soirées de fêtes et banquets de fin d’année sont largement suffisantes pour justifier tout ce repos. De belles grasses matinées, quelques discours improvisés pleins de promesses ridicules et des voyages discrets entre Paris et chez tous les amis dictateurs de la planète – et le tour est joué sans finesse. On vous demande seulement de nous dire à partir d’où vous nous avez rejoué le CD de votre discours de vœux annuels que nous connaissons par chœur maintenant. Tant pis pour vos faucons qui ne prennent pas leur vacances en même temps que vous tant ils sont occupés à se gaver sur le gâteau national – tout le monde n’est pas maudit en Guinée, Dieu merci ! En tout cas moi je fais comme vous patron, je prendrais tous les ans en décembre, en tant que fonctionnaire à la retraite, mon mois de congés annuels sans salaire (comme tout le reste de mon boulot d’ailleurs) mais obligatoire. Ce sera donc service minimum et farniente certainement mieux mérités que les vôtres. Si par hasard vous vous en plaignez je vous préviens que j’organiserais une marche de tous les retraités guinéens – ceux qui peuvent encore marcher un peu – de la porte principale de la BCRG (banque centrale) aux grilles du palais Satanya où nous organiserons un sit-in avec grève de la fin (depuis le début) jusqu’à ce que nous soyons reçu par VOUS qui n’êtes en fait, même si vous faites semblant de l’ignorer, que le Président des retraités fatigués guinéens. Agnon ! (j’ai fini).

Tic-tac, Tic-tac, la montre tourne; aujourd’hui est le 375e jour du « nouveau changement radical » et de l’ancien « Guinea is back » devenu en 2016 « Guinea is really in back », déjà 12 mois et 10 jours ! Je l’ai déjà écrit plusieures fois et je le répète encore avec insistance aujourd’hui : j’ai vraiment besoin de l’appui d’un ou deux jeunes volontaires motivés pour poursuivre mais surtout « rajeunir » cette chronique en adaptant mieux que moi la circulation de toutes ses informations importantes à mes yeux aux « générations post-millenium » qui dirigeront le monde démocratique dans la prochaine décennie. La chronique actuelle couvre à mon avis un public cible important qui me tient particulièrement à cœur –  ma génération de baba-cool attentifs mais blasés de la pourriture locale et celles juste avant et après elle – mais je sais en parcourant la toile du matin au soir que des améliorations peuvent et doivent être apportées pour une meilleure pénétration vers une population cible encore plus importante pour moi, cette jeunesse montante qui grâce a une  meilleure formation de base que celle de tous ces zozos qui nous dirigent depuis 1984, comprendra qu’elle ne pourra jamais parler sérieusement de construire un avenir solide pour notre pays sans au préalable lire de manière attentive et détaillée tous les pages de son passé et de son présent car aucun immeuble ne peut tenir sans des fondations bien calculées et construites. J’ai pu couvrir à ma satisfaction les principales péripéties positives et négatives de la transition militaire (2007 à 2010) et du 1e mandat du PPAC (2010 – 2015) mais je crois sincèrement que ce 2e mandat doit être couvert de la même manière détaillée pour poursuivre avant toute cette banque de données qui sera d’un grand apport pour tous demain mais dan un format plus « branché » pour que cette passion du détail, de l’analyse et du débat contradictoire politique et sociale continue à prospérer en Guinée.

Jeunes journalistes en ligne et blogueurs motivés et passionnés par le décollage prochain de la Guinée – je vous espère nombreux à me lire – je vous invite donc à me contacter sur mon courriel personnel (aotdiallo@gmail.com) afin que nous puissions en discuter, partager sans aucun tabou mes trucs et astuces pour noter, vérifier et éliminer autant que possible les contes et légendes guinéennes habituelles avant de corriger au mieux et publier en fin de mois. Un travail de fourmi pour moi au détriment de 2 autres projets encore plus importants et intéressants que je n’arrive pas à démarrer comme je le devrais actuellement or le Tic-tac, Tic-tac ce n’est pas seulement pour le PPAC, c’est pour moi aussi et au fait c’est pour vous  tous aussi qui me lisez. J’ai compris dans mon expérience personnelle que les seuls qui peuvent communiquer efficacement avec « la génération Internet » sont ceux de cette même génération. Alors tous ceux qui ne savent taper qu’avec les index des 2 mains, ceux qui passent le dimanche matin à cirer leurs cheveux et moustaches au cirage noir-poivré (comme le Boss et ses ministres) ou au cirage noir-fluorescent (comme notre Président de l’Assemblée nationale et ses honorés) sont priés de ne pas s’engager dans ce projet svp ! Je promets que tous les messages reçus seront lus en détail et répondus dans le cadre d’un échange d’idées pour l’amélioration continue de cette chronique. Les candidatures féminines seront fortement appréciées (déformation  professionnelle oblige).

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Une Nouvelle Voie (Novembre 2016) : les chinoiseries opaques du PPAC

Bienvenue à mon bilan du 11e mois de la Condécratie version 2.0, un  modèle de démocratie stalinienne avec très peu de travail, justice et solidarité ; un subtil mélange de communisme à la  FEANF et d’affairisme sans scrupules. Je continue donc mon exploration mensuelle des méandres des décisions importantes pour la Nation prises par nos nouveaux chefs en proposant des pistes de réflexions et d’actions qui pourraient être envisagées pour que le « vrai changement » soit effectif.

  1. Echantillon de paroles et pensées présidentielles du mois: « Le changement commence par la prise de conscience. Nous sommes certains. Le gouvernement va désormais s’atteler à un changement effectif commençant par les membres du gouvernement eux-mêmes qui doivent montrer l’exemple du civisme. Cela est valable aussi pour la classe politiqueles cadres de notre pays et les dirigeants politiques et économiques n’ont pas pitié du peuple. Ils n’ont que leurs intérêts en vue. Ils ne pensent qu’à l’argent et lorsque son intérêt personnel n’est pas satisfait, il mobilise son ethnie alors qu’il s’en fout de son ethnieBeaucoup de gens font semblant d’oublier d’où nous venons, dans quelles conditions était la Guinée. Ils étaient responsables, mais la prise de conscience d’une tare est le début du changement ». (le 08, à la clôture de la mamaya de la citoyenneté) ; « Notre défaut est que nous ne réfléchissons pas. Nous attendons que le Fonds Monétaire International le fasse à notre place alors que c’est nous qui devons réfléchir et aller vers le FMI. Si c’est à eux de réfléchir à notre place finalement on ne pourrait pas faire avancer le pays. Mais le Guinéen manque le courage économique et politique. Quelqu’un ne peut pas dire ce qui est bien pour la Guinée. Ce sont les Guinéens qui pourront définir ce qui est bien pour la Guinée. Si nous ne faisons pas un bon diagnostic nous ne pourrions pas mobiliser les ressources internes. Il est nécessaire de faire de bons diagnostics. Cela veut dire qu’il faut avoir le courage de mettre le couteau dans la plaie…Une des tares de la Guinée, c’est encore la sédentarisation des cadres. Il y a des cadres au ministère de l’économie qui sont sur place depuis 20 ans. Alors comment voulez-vous qu’on avance avec un cadre qui a fait vingt ans ? Il a traversé tous les régimes et tous les systèmes de corruption….Comment ces gens puissent apporter le changement ? C’est le manque de courage des ministres de demander qu’on change ces gens parce qu’ils ont peur que telle ethnie dira on a enlevé mon frère et telle autre dira mon cousin. Mais on a peur parce qu’on se dit « il y a les élections » etc. Si c’est comme ça, la Guinée n’ira jamais de l’avant.  Donc, face à cela ils ont peur qu’on fasse des reformes. D’ailleurs c’est ce qui fait aujourd’hui que ces gens ont toutes les mauvaises habitudes. Pourtant, la Guinée a une population jeune, il y a des jeunes cadres brillants qui peuvent complètement changer  lorsqu’ils sont introduits dans le gouvernement… la Guinée ne peut pas être un scandale géologique et que nos mines ne soient exploitées que par des étrangers. Nous nous sommes mis d’accord (avec les Chinois) que des Guinéens aient des blocs même si ce sont des petits blocs. Ils seront préfinancés pour que dans le secteur minier qu’on ait des Guinéens aussi.… Notre grand défaut, nous avons peur de nous endetter. Mais malheureusement, s’endetter pour les dépenses de fonctionnement est totalement inopérant et même dangereux. Cependant, s’endetter pour les dépenses d’investissement c’est ce qui peut faire avancer le pays. Nous avons été en Chine. Elle a annulé la dette que nous avions contractée. Cette dette n’était pas énorme. Imaginez, si on s’était beaucoup endetté la Chine allait annuler aussi (rire) ». (le 10, à l’ouverture d’un forum international sur la mobilisation des ressources internes) ; « Au niveau de la bauxite, la Guinée  est en train de devenir un véritable serviteur de la Chine » (le 11, devant le Ministre français des A.E. en visite à Conakry) ; « Si nous voulons que la Guinée poursuive son décollage et que les investissements viennent la clé de tout c’est la paix civile, la paix démocratique. Cellou est un homme sérieux. Il est de bonne volonté, je le crois sincère ». (le 13, confidences laa Jeune Afrique le principal outil de promotion du Sanseman).
  • Pour : comme c’est beau de lire la déclaration d’amour du boss pour son nouveau Haut partenaire – j’en ai eu une larme à l’œil. Des sourires et bisous cinématographiques la journée – des aiguisements de poignards et des préparations de talismans maléfiques toute la nuit. Ici on appelle cela de grands stratèges politiques. Gainsbourg serait flatté de notre version tropicale de son tube « je t’aime, moi non plus ».
  • Contre : c’est quand même incroyable, chaque qu’il fois qu’il cite les cadres pourris qui gèrent la mafia du pouvoir il s’oublie lui-même. Boss il est inadmissible de faire de tels constats et ne rien faire pour y mettre fin alors que vous êtes le 1e responsable de la gouvernance nationale donc ce sont cela votre responsabilité et votre boulot principaux. Ce disque est vraiment rayé pour tous les Guinéens, même ceux qui applaudissent parce qu’ils n’ont pas d’autres choix. De grâce ne rajoutez pas la moquerie à nos frustrations journalières. J’imagine tous ces financiers internationaux écoutant ahuris un chef d’Etat africain flinguant sans aucune retenue la pourriture des subordonnés qu’il a lui-même choisi pour gérer son pays. Nous avons créé le 1e modèle de Président-opposant auto-flagellateur. Ça me fait penser à un domestique de maison qui rentre dans la maison et dit « vraiment patron, la maison-là est trop sale ».

 

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  1. Les décisions et actions « positives » du mois : le 02, le Président chinois Xi Jing Ping; reçoit enfin le PPAC, madame et la cour mamayique. Ouf de soulagement, j’avais peur qu’après plus de 10 jours de serrage des pinces de tous les second-couteaux provinciaux qu’on nous les réexpédient sans la photo historique indispensable à toute mission réussie. Merci Mr Xi de nous avoir évité cette nouvelle honte ; le 06, nous assistons à une nouveauté, un casse-la-gueule entre les militants de l’opposition (NFD et UFDG selon certaines sources fiables) pour la candidature prochaine à la mairie de Ratoma. « Heureusement » nos gendarmes-policiers ont pu étouffer les ardeurs guerrières dès le début des hostilités. Vraiment notre pays est incroyable, comme les gabelous ne tabassent plus les opposants, ils le font entre eux et ensuite ils appellent les botteurs d’hier pour les séparer ; le 07, le PPAC revient sur la pointe des pieds dans la soirée alors que je m’attendais à un retour triomphal suite à sa prise réussie de la Chine ; le 11, nous voyons à la télé la pose de la première pierre de l’Institut Pasteur de Guinée et d’un centre de Recherche et de Formation sur les Maladies Infectieuses de Guinée (CRFMIG). L’Institut Pasteur de Guinée sera le 33e d’un réseau international évoluant dans vingt six pays sur cinq continents. Bientôt on n’aura plus besoin d’envoyer des labos par avion-cargo pour savoir ce qui nous tue – on le saura rapidement et sur place ; le 16, PPAC qui avait déjà été nommé par ses pairs l’an dernier au poste de coordonnateur des énergies renouvelables en Afrique est le récipiendaire unique du « 1e trophée de la planète » reçu des mains de Ségolène Royal ;  le 16, une dizaine d’officiers supérieurs de l’armée guinéenne avec en tête le colonel-fou Issa Camara a été inculpée et placée sous contrôle judiciaire par un pool de juges constitué pour statuer sur les violences commises au mois de juin dans la préfecture de Mali ; le 22, Air PPAC Non-stop décolle de nouveau pour la Guinée Equatoriale pour un sommeil semi-arabo-africain entrecoupé de mamayas et autres frivolités. Notre boss est vraiment une force de la nature, incroyable qu’après 6 années de jet-lag, d’indigestions alimentaires qui accompagnent toujours les banquets, les nuits sans sommeil sur des matelas à chaque fois différents, tout ceci à près de 80 ans, qu’il n’en ait pas encore des séquelles visibles. A ce rythme il a des chances d’établir un dernier record Guinness : 1e Président de la République à rendre l’âme en somnolant dans sa suite présidentielle ou son fauteuil de jet privé ;
  • Pour : selon les premières fuites  des interrogatoires des miliciens fous de Mali ils se sont déroulés au siège du tribunal militaire pendant plusieurs heures. Le Colonel et ses miliciens ont également été sommés de rendre tous leurs effets militaires en attendant qu’un verdict soit prononcé dans cette affaire. Leurs documents de voyage allants des passeports aux permis de conduire ont également été saisis. En tout huit conditions drastiques de contrôle judiciaire serrées ont été imposées au Colonel Issa Camara et à ses Hommes. Il faut maintenant prier pour que la sanction finale ne soit pas une promotion au rang de ministre à la Présidence comme pour leurs copains criminels du 28 septembre 2009, Claude Pivi et Tiegboro Camara.
  • Contre : selon la justification peu convaincante de la ministre française de l’environnement, la distinction est une reconnaissance des efforts que le chef de l’Etat fournirait en faveur de la promotion des énergies renouvelables en Afrique. On se demande si ce jury avait envoyé des missions d’exploration au préalable dans tous les pays en lice et si c’est le cas j’aimerais bien voir ceux que nous avons battus sur le fil.

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3. Les décisions et actions « négatives » du mois : le 01, nous apprenons que la veille, suite à l’accord sur les principes de cession des parts de Rio Tinto à Chinalco dans le projet Simandou Sud, le Gouvernement et Chinalco ont conclu un protocole d’accord fixant le cadre de coopération pour la reprise du Projet Simandou Sud par Chinalco, et la réalisation d’autres investissements de Chinalco en République de Guinée. Le tout a été présenté à la va-vite par la TV-PPAC, sans toutes les clauses sécrètes comme les deux gros gisements de bauxite qui leurs seront « offertes » avant toute poursuite des négociations. Il faut rappeler que Chinalco est une société spécialisée dans le commerce mondial de l’alumine – et non dans le fer où elle tâtonnera et sous-traitera comme nous. En attendant bienvenue aux charters d’ouvriers et à l’invasion accélérée de nos plaines agricoles et marchés. Hi-han la chinoiserie guinéenne ; le 02, démarrage de la semaine nationale de la citoyenneté et de la paix dans tout le pays. Le brave ministron se bat comme un beau diable pour nous faire danser en ordre mais c’est un doux rêveur : à l’image du pays nous assistons au ballet incessant habituel de démagogie ; le 02, la voix de la révolution (surnommée RTG depuis 1984) nous présente une interview d’un des derniers tortionnaires encore vivants de la 1e  République. Elle a été pilotée par le directeur général de notre télévision publique nationale, cette  voix immuable des maitres des Guinéens depuis son baptême. Ceci est un très mauvais signal envoyé directement aux familles des victimes de cet État sur la sincérité et volonté du pouvoir actuel d’agir avec une réelle impartialité pour aboutir à une réconciliation nationale. Parler dans tous les discours de réconcilier les Guinéens, mettre en place une commission nationale avec l’appui des Nations-Unies et en même temps encourager sournoisement des journalistes officiels à inviter des criminels retraités pour remuer leurs couteaux dans les plaies encore ouvertes de leurs victimes en dit long sur où et comment l’on veut nous mener dans ce dossier. Pas au pardon et à la réparation mais à la moquerie et finalement un balayage de tout notre passé douloureux sous le tapis des bourreaux. Si au moins cela avait été diffusé sur une chaine privée on aurait pu croire que cela venait d’une de leurs succursales en ville et n’était pas en fait le reflet de la pensée présidentielle ;  le 04, les médias publics annoncent fièrement que le  Venezuela vient d’octroyer 5 millions USD en faveur de 10 pays de l’Afrique au sud du Sahara dont la Guinée pour développer le secteur agricole dans ces pays. Les frères, suivez n’importe quelle chaine de télévision internationale et vous apprendrez que les habitants de ce pays font la queue pour une acheter une miche de pain ou traversent à pieds la frontière avec la Colombie tous les jours pour manger ! Non seulement avec de telles annonces vous prouvez que vous êtes des couillons mais pire vous pensez que nous le sommes aussi ; le 04, la 1e magouille des chinoiseries opaques du PPAC est dévoilée sur la place publique : la nébuleuse mafieuse China Harbor Engineering Company (CHEC), une filiale de la China Communications Construction Company (CCCC) a bénéficié à Conakry d’un contrat d’Etat de 774 millions de dollars pour la construction de routes et d’autres infrastructures au port de Conakry. Selon les sites spécialisés internationaux, depuis 2009 cette société fait l’objet de sanction de la Banque Mondiale pour des faits de corruption. La BM interdit aux entreprises inscrites sur sa liste « rouge » de bénéficier de contrats financés ou exécutés par cette institution de Breton Woods. Encore une belle raclée diplomatique en vue mais bon les virements de bakchichs seront déjà encaissés donc la mise au piquet ne sera pas très douloureuse pour nos négociateurs guinéens ; le 09, un nouveau piment chaud atterrit dans la sauce du PPAC : Rio Tinto annonce dans un communiqué discret qu’elle venait de suspendre de ses fonctions un de ses hauts responsables et indique avoir alerté les autorités légales américaines, britanniques et australiennes. Il faut dire qu’en aout dernier le journal d’investigation Mediapart avec publié un échange d’e-mails prouvant que le géant minier a accepté en 2011 de verser 10,5 millions de dollars US à Mr François de Combret, ami et conseiller du président guinéen, ancien secrétaire général adjoint de l’Élysée et ex-associé de la banque Lazard. ; le 14, hop – il saute de nouveau dans son bureau volant pour Marrakech après une courte visite officielle d’une semaine en Guinée. Il a été reçu à son arrivée par le ministre de l’éducation – manière diplomatique limite pour lui faire comprendre qu’ils en ont marre d’aller l’accueillir tous les mois de l’année ; le 14, nous apprenons que « l’affaire Palladino » a pris fin aux USA par un arrangement à l’amiable entre les autorités américaines et la firme Och Ziff, qui selon les autorités américaines a corrompu des personnalités proches du président Condé et des hauts fonctionnaires guinéens pour sécuriser des contrats miniers en Guinée en 2011 après la victoire programmée du PPAC. Och-Ziff a payé un total de 412 millions USD d’amendes dont 223 millions au département américain de la justice et 199 millions à la bourse de New York sans « admission de culpabilité » au gendarme boursier de Wall Street chargé de maintenir la confiance des investisseurs dans le système boursier et de combattre la corruption. Trois personnagesclés sont cités (sans être nommés) dans le transcrit du ministère de la justice américaine : Mohamed Condé (Junior Palladino pour les intimes), le fils du président, Samuel Mébiane, l’intermédiaire entre des intérêts sud-africains et le nouveau pouvoir guinéen issu des élections de 2010 et Walter Henning, le millionnaire sud-africain fondateur de la firme Palladino. Ne ratez surtout pas le rapport complet du FBI titré « Transactions utilisées pour financer la corruption dans les mines en Guinée » disponible sur les sites spécialisés. Un petit avant-goût d’un best-seller Hollywoodien qui sortira dans quelques années ; le 15, les petits secrets de l’accord avec Chinalco pour la reprise du projet Simandou sont confirmés par la voix de son Maitre (Jeune Afrique) : « En parallèle des négociations les chinois ont insisté pour des pourparlers autour d’un accord de développement des blocs de bauxite de Boffa et Santou au bénéfice de Chinalco. Certains de ces blocs étaient précédemment contrôlés par BHP Billiton, le numéro un mondial des mines qui a quitté la Guinée il y a plusieurs années. C’est seulement une fois que le groupe chinois aura sécurisé une offre ferme sur ces permis de bauxite qu’il s’engagera à assister la Guinée dans toute demande officielle de prêts concessionnels auprès de la Chine en vue du financement d’infrastructures diverses, y compris pour le Simandou ». C’est ça même que j’appelle les chinoiseries louches des chinois et nos pauvres couillons n’avaient pas d’autre choix que de faire des cadeaux imposés en fin de mission pour ne pas revenir la tête entre les pattes à Conakry ; le 14, le représentant de l’Union Européenne (UE)  a remonté les bretelles de notre ministre des Affaires étrangères. Il a exigé diplomatiquement la tenue d’un dialogue pour le 24 Novembre entre la Guinée et l’institution européenne, dans le cadre de la rencontre périodique autour d’un dialogue politique global, institué selon les dispositions prévues par l’accord de Cotonou, signé entre les pays de l’UE et les États d’Afrique, des Caraïbe et du Pacifique (ACP). Il a en particulier insisté sur le contexte du dialogue notamment dans son article 96 relatif au viol de l’accord de Cotonou et l’inculpation de 5 hauts cadres guinéens dans le dossier du 28 Septembre 2009, tout en soulignant aussi d’autres consultations en cours avec les autorités guinéennes. Il a tempéré légèrement en voyant le visage de notre ministre qui se décomposait au fur et à la mesure qu’il parlait. Elle a juré que Walahi ce n’était sa faute et qu’elle passerait le message au responsable suprême de cette violation. L’étau se resserre autour du cou des « présumés innocents » car entre l’arrêt de l’aide budgétaire qui paie nos salaires et l’envoi de ces criminels en justice le boss n’aura aucun état d’âme et aucune prière ne sera bientôt plus acceptée. Quand je pense que presque tous nos politicards des 160 officines considèrent la Communauté Internationale (CI) comme la 1e responsable de nos magouilles politiques, moi je sais que c’est elle seule qui se battra jusqu’au bout, même en utilisant le gant de velours de rigueur, pour envoyer ces voyous rejoindre Charles Taylor et Laurent Gbagbo avec billets gratos et tous frais payés pour séjourner sans visa pour plus de 20 ans en Europe ; le 24, le sérieux de notre reforme des forces de dépenses et d’insécurité est de nouveau prouvée à leurs pauvres bénéficiaires. Même ceux qui sont  les mieux « protégés » du pays passent par le même grill. Le préfet de Coyah, celui qui est chargé par le PPAC d’assurer la sécurité de ses administrés est devenu la principale victime de l’insécurité galopante du mois. Une dizaine d’hommes en tenues militaires et armés jusqu’aux dents se sont introduits dans sa maison tard la nuit pour le tabasser et le voler. Le pauvre a dû être évacué le lendemain par son Boss sur une clinique de Dakar pour recoller ce qui était encore récupérable sur lui. Bon, il parait qu’il était le maillon central de toutes les magouilles foncières du coin, en particulier les expropriations donc la liste de ses ennemis en ligne pour lui faire la peau est encore très longue ; le 24, le directeur général de la police, Bangaly Kourouma balance devant les militants du parti présidentiel à Nzérékoré  que «« Tant qu’Alpha Condé est en vie, il sera le président de la Guinée. Je crois fermement que je resterais  à mon poste tant que le président Condé dirigera aux destinés de la Guinée, et seul la mort de ce dernier pourrait m’y évincer ». Pas un mot de reproche de ses supérieurs bien sur. Je lui souhaite le même succès et la même fin que son prédécesseur qui s’était lancé en 2009 avec « Dadis ou la mort » car il est aujourd’hui plus à plaindre que le petit dadais ;

  • Pour : comme chaque mois : R.A.S. (Rien A Signaler)…
  • Contre : l’idée d’une semaine de la citoyenneté aurait pu être intéressante mais hélas elle a été transformée comme chaque fois en kermesse du donner et du recevoir : dès que les mots « fête, semaine, caravane » sont prononcés ici nous sommes immédiatement inondés sur les TV/ radios / sites et journaux de la nauséabonde démagogie habituelle. C’est avant tout un nouveau prétexte rêvé de nos fonctionneurs et débrouillards locaux pour détourner des budgets gonflés et mamayer dans nos rues et carrefours défoncés. Dans ce nouveau dossier des amis de plus de 30 ans du PPAC Mediapart analyse ce dossier : « suite à nos questions, Rio Tinto a annoncé la suspension d’un de ses hauts dirigeants et a alerté les autorités américaines, britanniques et australiennes. L’échange d’e-mails que nous dévoilons est, il est vrai, limpide. Le 10 mai 2011, Tom Albanese, alors directeur général de Rio Tinto, Sam Walsh, le responsable de la branche minerais, et Alan Davies, responsable des opérations internationales, discutent par messagerie interposée. Ils tombent d’accord pour verser 10,5 millions de dollars à l’ancien banquier d’affaires français François de Combret, leur intermédiaire auprès du président guinéen Alpha Condé, qui vient de leur assurer le contrôle de deux des quatre lots qui composent le gisement de Simandou ». Justification d’Alan Davies, le grand boss de la boite « Je sais que c’est beaucoup d’argent. Mais je souligne que le résultat que nous avons obtenu a été significativement amélioré par la contribution de François, ses services, uniques et inimitables, et sa proximité avec le président ». Il décrit les « services » comme une « assurance extrêmement précieuse que les choses iront tranquillement pendant que nous clôturons l’accord »  autour de Simandou ». Au fil de la conversation, on apprend que François de Combret avait dans un premier temps demandé 15 millions de dollars, et qu’il a accepté de baisser ses exigences.

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4.     Formations, séminaires, ateliers, colloques et  autres « rendez-vous du donner et du recevoir » du mois : atelier régional (G. Forestière) de réflexion sur les mutilations génitales féminines /excision, la pérennisation des mesures d’hygiène et la fréquentation des structure sanitaire ; formation sur le rôle de la société civile dans un processus de justice transitionnelle ; 2e atelier du ministère des mines sur l’initiative pour le développement minier responsable (IDMR) ; formation de trois mois avant la mise en service des agents de la sécurité de l’armée ; assises nationales de pré-validation du plan national de développement économique et social (PNDES) pour la période allant de 2016 à 2020 ;  forum sur la compétitivité de la mangue guinéenne sur le marché international ; formation de la 3e promotion des agents de l’Agence du Service Civique d’Action pour le Développement (ASCAD) en hébergement, cuisine, pâtisserie, restaurant-bar et agents de protection et de sécurité ; formation de1610 agents officiers de police judiciaire et de la gendarmerie sur la reforme du secteur de la défense et de la sécurité ; atelier régional de formation des agents, chefs de centre et poste de santé sur les soins obstétricaux et néonataux de base (SONUB) et l’application de l’accouchement sans risque ; concours national de plaidoirie en Droit International Humanitaire (DIH) ; table-ronde nationale sur l’initiative nationale sur le developpement minier responsable (INDM) ; rencontre sous-régionale sur la mise en œuvre du projet de protection des populations riveraines du fleuve Niger et lutter contre l’ensablement dudit cours d’eau ; atelier technique sanitaire intitulé « spécification du module de surveillance épidémiologique dans le DHIS 2 en Guinée » ;  1e forum international sur la mobilisation et l’utilisation efficace des ressources internes du pays ; atelier de réflexion axé sur le développement de la santé communautaire en Guinée ; états généraux de la culture ; atelier de lancement des activités de vulgarisation de la Loi organique ; 4e congrès international sur le diabète ; atelier sous-régional de discussion des paramètres liés à la mise en œuvre du projet de protection des populations riveraines du fleuve Niger et la lutte contre l’ensablement dudit cours d’eau ; 4e congrès mondial contre le diabète ; formation de 60 pharmaciens, médecins, microbiologistes, virologues et bactériologistes chercheurs sur le diagnostic des maladies infectieuses et la maîtrise des techniques modernes de laboratoire ; 3e rencontre sur l’initiative pour un développement d’une politique minière responsable ; atelier sur le thème « le droit alimentaire de l’Union Européenne et les éléments spécifiques relatifs à l’exportation des produits de la pêche et les principes de certification ».

  • Pour : le séminaire-bizness reprend quelques couleurs ce mois-ci (22). Une embellie qui est surement liée à proximité des achats de cadeaux de noël et du nouvel an.
  • Contre : il y a trop de formations de militaires depuis quelques mois – attention aux coups d’état, boss car si nos soudards apprennent en plus la lecture on peut déjà imaginer leurs lectures préférées. Le titre complet du séminaire sur la mobilisation des ressources internes du pays aurait du finir par « pour la finalisation des chantiers des cadres des directions du ministère des finances ». Les cadres des finances organisateurs prennent les autres Guinéens pour des idiots mais tant qu’ils ne proposeront pas en premier de vrais solutions à leurs magouilles internes et que nous ne verront pas que nos sous seront effectivement utilisés uniquement pour financer nos services de base améliorés, ils perdent leur temps – on va continuer à tricher – net !

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5. Pour conclure quelques suggestions SMART (Spécifiques, Mesurables, Atteignables, Réalisables, Temporellement définies) pour changer le changement :

Mr le père de la mouvance et de l’opposition, vous jouez inconsciemment avec le feu, celui de la dignité et du respect dus aux victimes de l’Etat depuis 1959 et de leurs familles, mes frères et sœurs meurtris mais debout en face de tous ceux qui veulent nous ridiculiser publiquement. J’exprime à votre chargé de mission Madifing Diané et à vous-même notre mépris et notre pitié pour votre contribution singulière à la semaine nationale de la citoyenneté et de la paix.  Sachez que les déchets comme Madifing Diané sont facilement recyclables. Ils disparaissent par biodégradation naturelle c’est à dire qu’ils pourrissent doucement et redeviennent poussière comme avant leur arrivée sur terre. Sa jalousie mesquine, ses complexes d’infériorité mais surtout son aigreur de fin de vie dans le dénuement et la misère sur tous les plans disparaitront très bientôt. Ensuite comme tous ses prédécesseurs il disparaitra de la mémoire de tous, y compris d’une grande partie de sa famille. La preuve en a été fournie par certains de ses neveux qui ont témoigné par écrit que leur père l’avait toujours considéré comme un farfelu et un faux type. Et l’histoire Guinéenne réécrite par des vrais historiens glorifiera leurs victimes innocentes et les transformeront en  martyrs nationaux alors qu’eux seront classés dans la longue liste mondiale des petits-bras des dictateurs qui ne trouvaient du plaisir que dans  la torture jusqu’à ce que mort s’en suive d’hommes et des femmes nus et attachés. Ainsi chacun sera identifié et récompensé à sa juste valeur pour sa contribution personnelle à l’édification de la Nation guinéenne. Vous savez très bien que le bon Dieu finit toujours par rattraper et punir les méchants. Voici un pauvre type qui vit mal sa fin de vie dans une déchéance pitoyable et qui par dépit décide de faire un dernier baroud d’honneur pour se faire mousser devant les caméras de la voix de la révolution. Au lieu de rester terré dans le secret de son anonymat bien mérité le voila qui se rappelle à nos mauvais souvenirs en se pointant à nous. Nous n’aurons hélas jamais un procès public du PDG en Guinée – cela aurait été possible en 1985-1986 mais le système pdgiste toujours au pouvoir a bloqué le processus. Par contre le prochain procès international de Dadis sera une opportunité en or pour revenir sur ces hommes/femmes qui ont crées de tels monstres et qui les ont élevés si haut dans notre pays.  Une cour professionnelle ne pourra pas le juger sans remonter à leur grand-père (Satan Touré) et à leur père (Lansana Conté) qui ont façonné toute sa bande à leur image. Préparons-nous donc pour que ce procès soit en même temps et autant que possible celui de tout le système mafieux mis en place depuis 1959 et qui n’a jamais été bousculé depuis. Travaillons à monter une équipe de partie civile professionnelle (juristes, historiens, psychologues) pour tirer un maximum d’avantages de ce procès à venir. Alors seulement tous ces révisionnistes minables comprendront que l’histoire de la Guinée, celle qui sera enseignée dans 20-30 ans à nos descendants ne retiendra rien des témoignages, insolences et immoralités déversés par d’anciens criminels. Nul part cela ne s’est vu et ça ne commencera sûrement pas en Guinée. Nous ne sommes pas engagés comme eux bêtement dans une course de vitesse mais dans un marathon avec de nombreux obstacles – comme pour Hissein Habré – et seuls les champions couperont le cordon final.

Mon ami Gandhi a bien résumé la nouvelle politique de développement du Sanseman jusqu’en fin 2020 : « Que va faire la Chine ? Construire des infrastructures de A à Z, pendant que les Guinéens regardent, mais n’apprendront rien. C’est la Chine qui rappelait dans les années 60, qu’il faut apprendre à pêcher plutôt que de recevoir du poisson ». Qui plus est, nous avons des exemples frappants de la qualité et de la moralité actuelles des travaux des sociétés chinois en Guinée :
– Les routes récemment reconstruites (durée de vie de 2 ans max.) et en particulier la route entre le Km 24 et Coyah (soit le Km 50), en rade depuis plus de 3 ans.
– Les forages d’eau réalisés lamentablement (plus de 40% négatifs) à l’intérieur du pays.

– Une partie du nouveau stade arraché par une forte pluie avant même son inauguration.

– Les grossistes-distributeurs chinois de poissons frais qui ravitaillent normalement nos mareyeuses pour qu’elles fassent un petit bénef par la vente au détail dans les marchés passent dans leur dos avec des complicités de criminels du ministère du commerce pour casser les prix de détail en revendant directement sur des étales dans certains marchés.

C’est fini les travaux comme le palais du peuple et le stade du 28 sept du XXe siècle – pour les chinois du XXIe siècle la règle principale des affaires est toujours très claire au démarrage des travaux : petit argent et petit contrôle = petits résultats. Ce n’est pas pour rien que toutes les agences financières internationales ont une division spéciale pour leurs négociations avec la Chine – le FMI leur a même réservé un immeuble entier. Mais chez nous la philosophie économique est toute autre comme bien résumée par un autre compatriote ce mois-ci (A. Dem) : « Nous on n’a pas peur des dettes, faites nous des gros ouvrages bien solides, on payera tout avec toutes les générations d’avenir. L’homme ne doit pas avoir peur des dettes, si tu ne peux pas payer, ton fils va payer. Est ce qu’il y a problème dans ça ? ».

Tic-tac, Tic-tac, la montre tourne; aujourd’hui est le 344e jour du « nouveau changement radical » et de l’ancien « Guinea is back » devenu en 2016 « Guinea is really in back », déjà 11 mois et 10 jours ! Une personne dont je n’ai pas reconnu le patronyme (Mr ou Mme Richer) m’a envoyé un message fort aimable qui résume pour moi pourquoi je continue, parfois malgré moi, à scruter à la loupe tous les jours, même les dimanches, la presse en ligne, écrite, télévisée et audio de notre République bananière. Il commente sur un forum populaire : « Les analyses et observations de A.O.T Diallo sont les plus pertinentes et les plus instructives que je puisse lire sur l’ensemble des sites guinéens. Merci et bon courage pour ce fils du pays. La Guinée aura besoin de beaucoup de cadres comme lui pour espérer un véritable changement dans les prochaines années ». Comme je l’avais déjà écrit dans le passé l’une de mes plus grandes frustrations a toujours été de ne pas savoir précisément quelles bévues majeures et catastrophiques pour notre futur et quand ont été faites par Satan Touré en février 1961 (simple exemple) ou Fory Coco en Mai 1986 (autre exemple). J’ai entrepris donc cette chronique pour éviter que nous refassions la même erreur pour le petit dadais, le maréchal tigré et le PPAC. Plus tard de vrais spécialistes écriront « la vérité historique » sur rôle de chaque responsable guinéen dans ce triste gâchis avec en plus des faits et paroles précis. C’est ça ma principale motivation à poursuivre tant que je le pourrais en espérant surtout que d’autres plus jeunes et dynamiques continueront après 2020. Moi je prendrais alors ma retraite avec mon PPAC adoré – pas de 3e mandat pour lui et moi, promis…

Posted in 2016 | Leave a comment