Une Nouvelle Voie (Décembre 2018) : un 2e officier saute par-dessus bord du Titanic national

Bienvenue à mon bilan du 36e mois de la Condécratie version 2.0. Je continue mon exploration mensuelle des méandres des décisions importantes pour la Nation prises par nos nouveaux chefs en proposant des pistes de réflexions et d’actions qui pourraient être envisagées pour que le « vrai changement » soit effectif.

  1. Echantillon de paroles et pensées présidentielles du mois:
  • « Je voulais qu’on marche sur les deux pieds. Malheureusement aujourd’hui on marche seulement sur une jambe parce que l’autre jambe c’est ce que les populations ont montré dans leurs capacités d’innovation que j’ai vu à N’Nzérékoré et à Labé. Donc j’avais souhaité que tous ces gens soient représentés  afin que les gens qui viennent sachent que le peuple de Guinée a un génie créateur qui l’a amené à faire des réalisations au nom desquelles ils étaient ahuris. Malheureusement cette 2e jambe n’est pas là aujourd’hui. J’espère que l’année prochaine nous prendrons sérieusement le temps pour que tous ces gens dans les préfectures et qui ont fait des recherches soient là pour qu’on voit ce qu’ils ont réalisé aussi… La première faiblesse que nous avonsc’est la non- maitrise de l’anglais par la plupart de nos étudiants. Et qu’on le veuille ou pas aujourd’hui la première technologie c’est l’anglais. Pourquoi c’est une faiblesse ?… Notre deuxième faiblesse c’est le niveau de nos enseignants. D’où l’importance de développer le VSAT. Il faut qu’on se parle franchement. en 2011 j’ai fait faire un concours avec 750 enseignants de l’école primaire. Une dictée de CE2, pas CM1 et CM2. Nous avons mis 20 fautes. Sur les 750 enseignants 75% n’ont pas trouvé les 20 fautes. Et sur ces 75%, 25% ont ajouté des fautes. Alors comment un enseignant qui ne peut pas corriger une dictée de CE2 peut corriger un élève de CM2 au certificat d’études… On est en train de former des gens qui ne sont pas capables de trouver du travail parce qu’ils n’ont pas de niveau. Une banque de la place nous a offert des bourses à un moment donné pour le Master, quand ils m’ont amené le truc corrigé des  candidats honnêtement j’avais honte parce que des gens qui sont supposés avoir un certain niveau n’étaient même pas capables de faire une page sans fautes… Aujourd’hui tout le monde est conscient que le premier problème des jeunes africains c’est l’emploi. C’est bien beau de critiquer les occidents qui nous ont colonisés mais nous, chefs d’état avons aussi des responsabilités. Quand nos enfants meurent dans la Méditerranée on ne peut pas mettre cela sur le dos des blancs. Avons-nous utilisé l’essentiel de notre budget pour les classes les plus démunies, les jeunes et les femmes ? On ne veut pas que les gens nous dictent ce qu’il faut faire. Mais il ne faut pas non plus rejeter nos responsabilités sur les autres. Ayons confiance en l’Afrique et aux Africains. Il ne faut pas penser tout ce qui vient de l’Europe, de l’Amérique ou de la Chine est mieux. Moi je n’ai pas eu besoin d’aller en Chine pour fabriquer des machines pour le fonio et autres (le 07, lors de la clôture de la semaine africaine des sciences couplée avec la journée nationale de la recherche et de l’innovation ».
  • « Dans chaque sous-préfecture nous allons envoyer des décortiqueuses pour transformer le riz paddy en riz net. Nous avons aussi fait venir des boulangeries-conteneurs. Chaque boulangerie peut produire 4.000 pains par jour, ainsi que des machines de production de jus de fruits. A partir du mois de janvier nous dépêcherons des missions dans les sous-préfectures pour rencontrer les jeunes et les femmes… Croyez-moi n’écoutez les démagogues, pendant 50 ans, ils ont fait quoi ? Quand j’ai été élu on n’avait que le Novotel comme hôtel à Conakry. Mais aujourd’hui les hôtels qu’on a on n’en trouve pas ni à Abidjan ni à Dakar. La Guinée ne produisait que 130 MW de courant électrique. Avant 2020 on aura fait 1000 MW c’est-à-dire 10 fois que les autres en 60 ans. Donc ceux qui s’agitent demandez-leur ce qu’ils ont fait en 50 ans » (le 09, lors de sa mamaya électorale dans la ville de Siguiri pour nous expliquer ce qu’il va faire pour transformer cette région en eldorado en 2 ans).
  • « Je ne suis pas satisfait du fonctionnement d’EDG, je l’ai déjà dit à Kankan. Mais je ne vous permets pas de faire la pagaille. Il n’y a pas de courant mais qui a amené le courant qui est à Nzérékoré ? Pourquoi vous criez s’il n’y a pas de courant dans un quartier ? J’ai dit qu’EDG ne marche pas. Est-ce qu’il y avait de l’électricité avant que je n’arrive au pouvoir ? Pendant 50 ans, qu’ont fait les première et deuxième Républiques ? De 1920 du temps des blancs à mon arrivée au pouvoir la Guinée n’avait que 130 MW de courant. En moins de 4 ans j’ai fait Kaléta qui produit 240 Mégawatts. Souapiti va finir l’année prochaine puis Amaria et Koukoutamba. Donc en 10 ans j’aurai fait 1000 mégawatts. J’ai dit à EDG qu’ils ont promis le courant. Nous allons régler tout ça parce qu’on va changer la direction d’EDG » (le 16, lors de sa mamaya électorale de Nzérékoré suite à des protestations et des pancartes tenues par des jeunes pour se plaindre de l’absence d’électricité dans leur ville).
  • « Il n’y a pas de développement sans énergie. C’est l’énergie qui peut nous permettre d’industrialiser notre pays. Je vous donne la certitude que d’ici 5 ans la Guinée sera le pays le plus électrifié de toute l’Afrique. Je vous donne ma parole. Nous allons industrialiser et vendre nos produits finis dans les autres pays et rien n’empêchera cela. Le train du développement de la Guinée a démarré et rien ne pourra l’arrêter. Ceux qui ne monteront pas à bord resteront sur le quai. Le train lui va continuer sa marche pour qu’ensemble nous surmontions tous les obstacles… Nous avons construit une usine d’anacarde à Conakry. Avec les fruits de l’anacardier nous allons produire du jus et de l’alcool. Mais quand je dis alcool on va me dire ‘Oh, Alpha veut amener de l’alcool en Guinée’. Mais mon ami quand vous avez une plaie et que vous partez à l’hôpital c’est de l’alcool qu’on met là-dessus. L’alcool que nous produirons c’est pour les hôpitaux. Je rassure les imams qu’il ne s’agit pas de faire boire de l’alcool aux Guinéens… Les ministres et préfets sont nommés par décret, ils ont peur du président, ils n’osent pas lui dire la vérité. Si je viens moi-même dans les sous-préfectures la population n’a pas peur, les jeunes et les femmes n’ont pas peur, ils peuvent me dire ce qui ne va pas. Si je reste à Conakry je ne peux pas tout savoir. Les Guinéens de l’intérieur du pays diront que le président s’en fout de nous c’est pourquoi je vais sillonner les préfectures de la Basse Guinée, de la Haute Guinée, du Foutah et de la Forêt. Comme ça j’aurai l’occasion de discuter avec la population… La Guinée est victime de son passé. C’est pourquoi quel que soit le progrès qu’on fait on dira ‘Aah, c’est la Guinée encore’. Pourtant beaucoup de pays qu’on présente comme démocratiques en Afrique, si on les compare à la Guinée on sait ce qui se passe là-bas. Nous  nous sommes patients. Nous sommes confiants. Le peuple de Guinée peut être fier de lui parce qu’il ne reçoit ni d’ordre ni d’injonction de personne. Que cela soit clair pour le monde entier » (les 20 et 21, à Labé et Dalaba lors d’une mamaya identique aux précédentes de ce mois).
  • « Depuis 2010 la démocratie fait partie de notre histoire à l’image de notre indépendance. En 2017 nous avons eu une croissance à deux chiffres de 10%, malheureusement avec les différents troubles le taux actuel sera  entre 6 et 7% » (le 31, discours à la nation pour la nouvelle année).
  • Pour : le boss innove ce mois-ci en tendant ses discours à un des courtisans en sommeil dans les poches son boubou pour les lire à sa place. L’idée en fait n’est pas si bête que ca : primo il fait ainsi moins d’improvisations répétitives et ridicules. Secundo il nous montre qu’il y a autour de lui des cancres bien pires que lui en public et donc qu’on est bien mieux barré avec lui. L’exemple le plus marrant était celui de Boffa où il inaugurait un nouveau chantier minier chinois. Il tend le micro à Bouna Keita, un nain opportuniste célèbre chez nous pour ses carences comiques et ridicules en français qu’il insistait pourtant dans le passé à vouloir nous rappeler régulièrement. Mais cette fois-ci il a refusé avec une expression d’effroi bien de chez nous « SubhanAllahii » qui a bien fait rigoler le taquin PPAC. Je me demande qui lui a suggéré cela, surement un ennemi juré du clown Bouna.
  • Contre : il nous revient avec ses promesses hebdomadaires répétitives mais également avec de nouvelles (notamment les boulangeries/containers, les machines pour cultures vivrières et 4 usines à poisson made in Israël). Ensuite le PM Don Kass-Kass prend bien le relais des discours creux de son mentor en ânonnant lui aussi des propos de plus en plus marrants sur la grandeur de son chef et sur la réussite de son Sanseman. Il se répète même plus que son boss à chaque nouveau discours. Le plus comique c’est de le voir au JT-PPAC dire cela avec conviction et bagout devant nos  partenaires blancs en sachant bien que ces gens ont été largement briefés par les services techniques de leurs ambassades sur la réalité d’investir leurs sous ici actuellement. Ces gens défilent à Conakry principalement pour être reçus pour la 1e fois de leur vie par un président de la république (avec photo officielle à l’appui comme preuve une fois de retour chez eux) et ensuite poser leurs billes pour l’avenir, quand le climat des affaires dans ce pays ne sera plus synonyme de rackets journaliers des fonctionnaires, douaniers, policiers, gendarmes.
  1. Les décisions et actions « positives » du mois :
  • Le 06, le ministre chargé de l’enseignement supérieur (encore lui) annonce des mesures « intelligentes » pour réduire les dépenses fictives dans nos universités et instituts supérieurs de recherche et de formation. Cette reconfiguration institutionnelle de son département permettra surtout le regroupement de la majorité des instituts supérieurs aux universités du pays. Ceci va drastiquement réduire les grignotages financiers journaliers des milliers de gestionnaires bidons d’institutions d’enseignement encore plus bidons, faciliter l’amélioration de la gestion à travers moins d’entités à superviser et auditer. De nombreux marabouts doivent maintenant travailler fort pour mettre fin aux jours de cet emmerdeur national.
  • Le 11, le paysage politique est de nouveau chamboulé : un 2e funambule sur la ligne de démarcation virtuelle entre le pouvoir et l’opposition quitte le bateau du PPAC. Mr Sydia Touré, le président du parti UFR imite l’ancien ministre de la citoyenneté Gassama Diaby en démissionnant avec fracas par un Tweet (la Trumpitude progresse partout) de son poste de haut-représentant du président de la république. Les raisons sont claires, nettes et précisés : aucune considération ou impact de tous ses conseils depuis sa nomination juste après les résultats de l’élection présidentielle de 2015. Voici un petit extrait de ses justifications : «…Près de trois ans après ma nomination au poste de haut représentant force est de constater que  je ne suis pas parvenu à infléchir vos orientations qu’il s’agisse de la gestion économique permettant de créer les conditions d’une prospérité au bénéfice de tous nos concitoyens ou de la mise en place d’un dialogue politique à même de créer un climat de paix dans notre pays, condition sine qua non de tout développement… Les manœuvres et les attitudes politiques auxquelles il nous a été donné d’assister lors des élections communales ont rendu malheureusement la situation sociopolitique encore plus préoccupante… ». Il a essayé de l’aider à contrôler la souricière de Satanya mais le méchant chat a dû fuir pour ne pas se faire manger vivant par les rats qui y pullulent. Il a réussi ainsi à s’extraire de la gouvernance bana-bana du Sanseman avant qu’elle ne s’écroule sur lui.
  • Le 15, le PPAC reçoit une nouvelle fessée politique : les 2 plus grandes communes de la capitale (Matoto et Ratoma), celles pour lesquelles principalement il a fait bloquer la finalisation des élections municipales depuis 10 mois et 10 jours tombent finalement dans les bras de son opposant le plus radical. Il a essayé en vain de magouiller sous la table pour s’assurer l’obtention d’au moins une commune mais au finish lui et son RPCé sont mis à la porte de la gestion des 5 communes de Conakry – la gifle suprême en raison du désamour croissant pour leur gestion de plus en plus dictatoriale et corrompue.
  • Le 31, le boss termine l’année par une bonne action : Mme Fatou Badiar Diallo recouvre sa liberté par grâce présidentielle. Elle avait été condamnée à 15 ans de travaux forcés pour sa soi-disant implication dans l’organisation de l’attaque de la résidence privée du président Alpha Condé, en fait un auto-attentat à la chambre à coucher du PPAC le 19 juillet 2011. Cette pauvre ménagère, néanmoins dévoilée lors du procès comme une commerçante intrigante dans les magouilles financières de l’armée et de la présidence a néanmoins passé 7 années en taule principalement selon certaines sources pour avoir refusé d’épouser en seconde noces l’un des chefs de l’armée, ami de son défunt mari. Deux autres prisonniers dans ce procès sont également graciés, Almamy Aguibou Barry et Mamadou Alpha Diallo, des petits taupes/mouchards des services secrets guinéens qui ont en fait payé pour l’ensemble de leurs autres crimes. Il lui reste maintenant le commandant AOB Diallo et l’infirme Jean Guilavogui à libérer pour qu’il puisse soulager ce qui lui reste de conscience dans ce procès-bidon piloté par lui-même – allez, un petit effort de plus papy-promesses, Yandi.
  • Pour : concernant les reformes dans l’enseignement supérieur désormais l’institut supérieur de l’information et de la communication (ISIC) revient à l’université Général Lansana Conté de Sonfonia. L’université de Sonfonia connait également l’arrivée dans son giron de l’institut supérieur des arts et de Guinée (ISAG) de Dubréka et l’Institut de recherche en linguistique appliquée (IRLA). L’institut supérieur d’architecture et d’urbanisme (ISAU) et l’institut supérieur de recherche et de valorisation des plantes médicinales (IRVPM) sont rattachés à l’université Gamal Abdel Nasser de Conakry. Les centres de recherche et de documentation de l’intérieur du pays sont rattachés aux universités de leurs localités respectives. La grande claque confirmée du RPCé aux élections communales de Conakry est un grand signal de ce qui pourrait se passer en 2020 s’il essaie de rempiler pour un 3e Distribuer des sous pour acheter des voix c’est facile pour lui et tous les Guinéens empocheront cela avec plaisir, danseront la mamaya comme des dératés pendant toute la campagne mais ensuite devant l’urne secrète ils lui feront comprendre qu’ils veulent maintenant voir essayer un autre. Et ça c’est y compris la majorité de ses militants RPCistes.
  • Contre : concernant les bonnes intentions dans le domaine de l’enseignement supérieur il reste néanmoins le plus grand problème, celui de l’amélioration de la qualité de ce qui y est enseigné mais cela prendra beaucoup plus de temps et un système général de destruction et de reconstruction de la gestion dans tous les domaines sectoriels du pays. Façon de dire que ce ministre sera démis de ses fonctions avant que l’on arrive à ce point-là. Le pauvre se bat de toutes ses forces et c’est bien mais il doit savoir qu’il est impossible de danser le twist quand tous ceux autour de lui dansent un slow langoureux. C’est soit on finit par se calmer et danser avec eux, soit on s’auto-décrète vers la sortie au prochain remaniement ou au mieux vers la démission avec fracas, la nouvelle mode. Je parie néanmoins plus sur la 1e option, la plus habituelle au bled.
  1. Les décisions et actions « négatives » du mois :
  • Le 04, le passage des membres du gouvernement pour défendre leurs budgets sectoriels devant l’assemblée nationale démarre laborieusement. Le premier à passer est le ministre de la justice. Malgré les affirmations pompeuses et les autocongratulations pour magnifier son œuvre et celle de son timonier suprême la triste réalité des chiffres ne ment jamais. Il se vante d’une augmentation de 60% de son budget 2019 par rapport à celui de 2018. Malgré tout ce tintamarre démagogique il finit par déplorer que sur les 60 milliards GNF budgétisés seuls 20 milliards GNF sont alloués par le gouvernement pour l’organisation du procès du 28 septembre 2009. Avec les USA qui promettent 13 milliards GNF et l’Union Européenne environ 4,5 milliards GNF on peut donc conclure que le PPAC ne fera strictement RIEN à part tendre sa timbale de mendiant pour que ce procès se tienne avant 2020 – ce que j’ai toujours affirmé dans cette chronique.
  • Le 05, c’est le ministre des affaires étrangères qui vient pour y pleurnicher sur ses misères professionnelles. Il dénonce devant ces dépités impuissants et inutiles l’état de délabrement avancé des ambassades guinéennes à l’étranger et les difficiles conditions de vie de nos diplomates au lieu de le faire devant la seule personne qui pourrait y remédier. En attendant on comprend mieux pourquoi nos ambassades sont réputées pour leurs magouilles de visas, les bakchichs obligatoires pour l’obtention de tout document officiel et l’absence de chauffage et de toilettes décents dans nos chancelleries. Triste, tout simplement !
  • Le 05, un grave accident de circulation entre Faranah et Mamou fait 18 morts et une dizaine de blessés graves (donc quasi-morts dans nos hôpitaux). Le lendemain un autre entre Dabola et Mamou fait 06 morts et 09 blessés graves. La population est émue mais le PPAC et son gouvernement s’en foutent : pas de reconnaissance publique de ces drames, pas un mot de compassion à plus forte raison de deuil national. Mais dès qu’un d’entre eux perd quelqu’un c’est un drame national avec symposium au palais du peuple et enterrement royal. Ici il y a Guinéens et guinéens – ce n’est pas pareil. Finalement, après le tollé sur les réseaux sociaux le gouvernement réagit le 07 avec un de ses textes insipides habituels de « condoléances et enquête rigoureuse et diligente » – juste pour rectifier la forme de sa bourde.
  • Le 08, le président du RPCé entreprend une virée triomphale à l’intérieur du pays. 1e étape en Haute Guinée pour démarrer sa campagne pour une prolongation de son mandat. Les promesses les plus loufoques se succèdent comme un tir de mitraillette de milicien sur l’axe de Bambéto. Première étape, la préfecture de Kouroussa où il parait que l’accueil était loin de celui espéré – les originaires du coin qui rodent à Satanya vont se faire chauffer les oreilles pour justifier les milliards de GNF sortis des caisses du vieux Picsou pour mobiliser toute la population, malades et mourants compris.
  • Le 10, deux projets portant sur la réhabilitation de la voirie urbaine de Conakry et la construction de la route nationale Coyah-Mamou-Dabola sont présentés au vote de l’assemblée nationale. Certains députés de l’opposition ont émis des réserves sur la gestion desdits accords et ils se sont abstenus lors du vote. Sur le coup le président du parlement Kory Kondiano pète les plombs et claironne pompeusement que «« S’abstenir, c’est trahir. Vous êtes des traitres »». Devant le tollé dans la salle il a dû présenter de plates excuses avec une justification vraiment comique : « De temps en temps certains mots viennent de ma bouche pour essayer de détendre l’atmosphère. Donc ce n’est pas par méchanceté. Il faut que vous acceptiez parfois l’humour pour détendre l’atmosphère ». C’est avant tout une confirmation du fond de sa pensée de courtisan démagogue.
  • Le 13, les policiers et gendarmes utilisent une nouvelle arme chimique dix fois plus efficace que les précédentes pour disperser une nouvelle marche de l’opposions. Les picotements habituels de gorge et des yeux des gaz lacrymogènes habituels sont remplacés cette fois-ci par des convulsions, vomissements et même syncopes. Et ils en ont balancé même dans la cour de la maison du chef de file de l’opposition où les leaders s’étaient retranchés pour fuir ce nouveau calvaire. C’est grâce à cette bourde que des étuis vides de ce gaz new look ont pu être récupérés sur lesquels on pouvait lire « Condor – GL 302 » avec la mention en gros et gras « Attention : dangereux si utilisé après la date de validité – date d’expiration août 2017 ». C’est notre modèle tropical d’arme de destruction massive.
  • Le 15, suite à la défaite du RPCé dans la dernière commune de Conakry (Matoto) en lice pour l’élection des maires et devant le risque très probable de sanctions du responsable suprême les chefs RPCistes paniqués délèguent un militant zélé qui a foncé vers la table de dépouillement avant la clôture du décompte pour déchirer les bulletins du vote. Du coup c’est une pagaille monstrueuse dans la salle avec insultes dans tous les sens et formes et interventions des policiers pour arrêter tout le processus. Et le ministre de l’intérieur, l’architecte de toute cette mascarade a beau jeu de venir devant les cameras et micros pour annoncer qu’il faut reprendre le vote alors qu’aucune disposition légale ne lui confère cette autorité mais ça c’est un simple détail ici. Il espère ainsi renforcer une dernière fois ses manœuvres souterraines pour dénicher la seule voix nécessaire pour gagner vu que le score final du vote était de 23/22 en faveur de l’opposition pour un total de 45 conseillers communaux qui votaient. Et dire qu’ils ont préparé cette victoire pendant plus de 10 mois pour arriver à ce résultat final – quelle nullité !
  • Le 15, après la fin de la campagne présidentielle en Haute Guinée le boss suprême arrive dans la région de la Guinée Forestière pour poursuivre ses mamayas gigantesques dans les préfectures de Guéckédou, Lola, Beyla et finalement Nzérékoré. Les promesses et les cadeaux-cash ont arrosé les braves militants qui ont tout compris et applaudi à tout casser – tant pis pour les autres.
  • Le 17, au lendemain de son retour de sa tournée en Guinée Forestière il s’envole pour Vienne (Autriche) pour prendre part le lendemain aux travaux du Forum Europe-Afrique qui regroupe des chefs d’états et de gouvernements européens et africains ainsi que des leaders de grandes entreprises mondiales. Au-delà du défi migratoire auquel les deux continents sont actuellement confrontés ce forum se veut un espace de réflexion pour promouvoir des économies africaines de technologie, l’innovation et la numérisation en tant que catalyseurs importants du développement. Bref notre boss y était surtout pour la photo de famille officielle du 1e jour du sommet.
  • Le 20, c’est l’arrivée triomphale à Labé en Moyenne Guinée, dernière étape du mois de la distribution de premières pierres et promesses farfelues. Il visite ensuite les préfectures de Pita et Dalaba pour continuer à chauffer les foules de badauds et d’amnésiques locaux. Pauvres compatriotes du pays profond qui dansent la journée pour leur bourreau mais rentrent ensuite le soir chez eux pour l’insulter et le maudire pour l’absence de tout chez eux. Finalement ils se méritent bien tous ceux-là.
  • Le 21, il descend à peine de son hélicoptère venant de Dalaba pour monter dans un jet privé direction Abuja (Nigeria) pour un sommeil de la CEDEAO qui est prévu pour le lendemain. Incroyable, sans même passer à la maison pour dire bonjour et au revoir à Madame. Attention sa voyagite aigue a pris un gros coup d’accélérateur ce mois-ci. A ce rythme elle va finir par nous le casser et nous en débarrasser très bientôt. A près de 85 ans si on ne freine pas un peu sur l’accelerateur on s’expose gravement à la « courte maladie » endémique ici.
  • Le 29, l’assemblée nationale a adopté le code civil révisé. En dehors de certaines avancées sur les droits des femmes et des enfants il a fallu comme d’hab. y ajouter une gaffe typiquement guinéenne : il réinstaure le régime de la polygamie qui avait été aboli de fait depuis 1960 par le régime pseudo-révolutionnaire et en termes écrits et clairs dans le code révisé de 1984. Désormais l’homme peut se marier à 4 femmes (maximum) s’il le désire, il doit juste mentionner cela lors de la célébration du premier mariage devant l’état-civil. Et tant pis pour la nouvelle épouse qui osera dire non. En réalité cette polygamie interdite restait pratiquée largement dans le pays, notamment (mais pas seulement) par la majorité de nombreux riches et puissants de cette même assemblée. C’est l’argument stupide utilisé par ceux qui ont voté la loi comme si changer la loi était plus simple que de punir ceux qui ne respectaient pas la loi passée. Encore une marche arrière par rapport aux rares reformes positives du siècle passé, et cela en plein XXIe siècle. Nous sommes incorrigibles ! Notre PPAC, en bon communiste occasionnel, avait promis de refuser de signer quand le projet arriverait à son niveau pour la promulgation de la loi avant son adoption finale par le même parlement. Mais bon parole de PPAC on sait maintenant ce que ça vaut.
  • Pour : comme chaque mois, R.A.S…
  • Contre : le ministre des affaires étrangères dénonce pêle-mêle leurs salaires qui sont non seulement très bas mais avec lesquels ils ne bénéficient ni d’assurance maladie, ni d’allocations pour la scolarisation de leurs enfants. Également le bas niveau du budget de fonctionnement des ambassades empêchant la promotion de l’image de marque du pays. Il en est de même pour les retards dans le paiement des charges et salaires des ambassades et consulats généraux. Pour son ministère à Conakry il a aussi énuméré les difficultés auxquelles il est directement confronté chaque jour en particulier l’inadéquation des besoins exprimés et des allocations budgétaires, la lenteur du système et du circuit financier d’où la nécessité de la mise en place d’une procédure plus simple et plus rapide, la faiblesse de capacité des cadres et diplomates. Bien sur il finit par applaudir son chef éclairé qui nous mène avec toutes ces tares tout droit et sans détour vers des succès diplomatiques remarquables, l’émergence et le bonheur pour tous avant 2020. Pour la virée en Haute Guinée, après Kouroussa les autres villes défilent : Siguiri où la mamaya est plus impressionnante. Le lendemain c’est une visite TGV à Mandiana avant d’arriver au cœur de ses problèmes, la ville de Kankan. Les poses de 1e pierre se font pratiquement tous les kilomètres parce que des ponts, des routes nationales et des buildings sortiront de terre avant la prochaine élection présidentielle. Bienheureux les niais qui croient encore à ça, mais croyez-moi ils sont de moins en moins nombreux dans ce pays. Pour notre nouveau gaz lacrymogène pourri, ainsi au lieu de se faire chopper pour l’utilisation d’armes non conventionnelles contre des manifestants pacifiques le gouvernement préfère maintenant des gaz périmés avec tous leurs effets secondaires dangereux, ce qui explique les réactions sur les marcheurs et tous ceux qui vivent dans les quartiers de passage des marcheurs, y compris des enfants innocents qui jouent chez eux. Bravo au niveau ministre de la sécurité, le tortionnaire junior Otis Keira et son boss direct, Don Kass-Kass qui répète à chaque interview qu’entre l’ordre et la loi il préfère et donc choisit sans aucune hésitation le premier.

Tic-tac, Tic-tac, la montre tourne ; aujourd’hui est le 2931e jour de l’ancien « Guinea is back » et du nouveau « changement radical » – déjà 08 ans et 10 jours ! Aladji-Professeur-Président voici ma suggestion SMART (Spécifique, Mesurable, Atteignable, Réalisable et Temporellement définie) du mois pour améliorer un peu votre Sanseman : grand boss, permettez-moi de vous parler ce mois-ci du blocus et de l’omerta crées autour de vous pour vous empêcher (encore plus) de voir et comprendre ce qui se passe hors de votre tour d’ivoire. Toute info que vous recevez qui passe par leurs filtres démagogiques et révisionnistes est fausse et dangereuse à 99%, Walahi ! Vous savez cher tonton j’ai lu récemment un commentaire d’un compatriote ressortant la rengaine facile habituelle des Guin-Int pour espérer fermer la bouche de tout Guin-Ex critique avec pour seul argument qu’il ne vit pas au pays : « Il est très facile de rester calé dans son salon en Occident et jouer au donneur de leçon ». Pardon ne tombez pas vous aussi dans ce piège primaire, laissez cet argument aux cancres de l’entourage de tous les politiciens du pays qui sont toujours prompts a répondre aussi à tout Guinéen qui vit hors du pays  « Quitte là-bas, vous êtes dans le beurre en Occident donc vous ne savez pas ce qui se passe ici ». Argument qu’ils pensent massue pour rejeter toute critique même constructive. Vous savez, je vis presque la moitié de l’année à Conakry maintenant. Permettez-moi de vous dire que je sais bien mieux que la majorité des gens d’ici ce qui se passe dans cette ville quand je suis dans mon salon à l’étranger qu’en me promenant dans tous les milieux de Cona-cris où c’est surtout des bobards, fanfaronnades, contes et légendes. D’ailleurs actuellement pour savoir s’il y a manif et pneus brûlés donc impossibilité de sortir de chez soi c’est sur le net qu’on peut le savoir chaque matin. Idem aussi pour les bouchons urbains pour les contourner. Tout se passe en coulisse ici et si vous voulez savoir vraiment ce qui s’est passé dans la journée à Conakry : 1) scrutez bien la majorité des sites guinéens. 2) faites la part des choses entre les fake news (80%) et les faits réels/possibles en croisant les infos entre sites partisans, démago et sérieux. 3) si c’est important confirmez par des sources « fiables » parmi vos proches pour avoir une petite idée de la vérité. 4) Considérez comme mensonges et propagandes la majorité de ce que vous entendrez de la bouche des politiciens, haut-fonctionnaires, syndicalistes, pontes de la société civile et certains parents/amis : ils n’en savent pas beaucoup plus que vous mais cherchent principalement à vous convaincre de leur importance dans la vie de la nation, pour se faire mousser avec conviction comme s’ils y étaient à ces moments précis pour faire croire surtout qu’ils sont dans le inner-circle des boss du pouvoir.

Boss, concernant le « ça m’étonne » que votre haut-rep. vous a joué ce mois-ci vous devriez vraiment vous casser les méninges pour mieux décortiquer cette affaire-là et ses conséquences pour vous deux. Je pense surtout que pour éviter d’être en partie comptable de votre bilan décennal catastrophique il a fait le choix judicieux et sage de sauter de votre navire en perdition 2 ans avant l’apothéose finale et d’explorer de nouveau l’environnement local sans bien savoir pour le moment comment il va pouvoir améliorer son score aux prochaines législatives prévues en 2019 (mais déjà impossibles à tenir vu le calendrier minimum indispensable pour les organiser) et surtout pour être notre prochain président en décembre 2020. Il joue ainsi une nouvelle fois la carte de la 3e voie, celle du candidat anti-ethnique, celui du « Ni RPG / Ni UFDG ». La triste réalité politique est qu’il est originaire d’une minorité ethnique et que dans le contexte politique pourri actuel un président de la république ne pourra gagner que s’il est choisi dans les camps RPG ou UFDG vu que les candidatures indépendantes ne sont pas autorisées. Pour qu’il le devienne il faudrait donc qu’il soit adoubé pour cette élection soit par l’un soit par l’autre et cela est hélas une épreuve presque surhumaine. L’expérience de la présidentielle de 2015 a bien indiqué que cela a était impossible avec l’UFDG en raison surtout de ses militants à courte vue,  fanatisés et aveuglés par le trône devant eux. Il a voulu donc essayer avec vous, je pense qu’il a cru qu’en se rapprochant jusqu’à vous coller « ton pied – mon pied » vous pourriez à deux couillonner votre parti par ailleurs dirigé justement par une majorité de couillons courtisans mais il a fini par comprendre que cela ne marcherait jamais avec vous non plus. Il a donc préféré récupérer ses ailes pour pouvoir redécoller vers 2020. A ce titre je regrette sincèrement que cette bipolarisation monopolistique du jeu politique chez nous risque de réduire pendant encore très longtemps les chances de voir venir une véritable alternative différente capable de mettre en place une équipe de vrais technocrates pour sauver notre pays. Il ne reste qu’une seule solution de déblocage à mon avis : un Rawlings ou un Abeii Ahmed à la sauce Guinéenne mais ça je n’en vois pas encore à l’horizon. Quant aux politiciens de la diaspora qui en auraient le courage et l’envie réelle leur seule chance possible sera de venir plonger pendant quelques années dans le marigot politique local – comme Sydia et Faya et plusieurs autres l’ont fait – pour se faire un nom avant d’espérer la moindre chance d’obtenir 1% des votes lors de toute élection nationale. Voila à quoi nous sommes réduits aujourd’hui. En tout cas je finis en vous souhaitant « Bon Anné – bon Santé ». On est ensemble et je ne vous lâcherais pas surtout avec mes petits conseils mensuels jusqu’à votre départ, inch Allah – promis-juré !

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Publié dans 2018 | Laisser un commentaire

Une Nouvelle Voie (Novembre 2018) : Prési bougez-vous Yandi, votre pays est en ébullition

Bienvenue à mon bilan du 35e mois de la Condécratie version 2.0. Je continue mon exploration mensuelle des méandres des décisions importantes pour la Nation prises par nos nouveaux chefs en proposant des pistes de réflexions et d’actions qui pourraient être envisagées pour que le « vrai changement » soit effectif.

  1. Echantillon de paroles et pensées présidentielles du mois:
  • « Guinéennes, Guinéens, il y a 60 ans, ce 1ernovembre 2018 que notre pays s’est doté d’une grande armée qui, par son sens du devoir, de l’honneur et du sacrifice à toute épreuve et dans toutes les circonstances, fait notre fierté et contribue ainsi à la grandeur de notre jeune nation. Depuis 60 ans, notre Armée, soudée à son peuple, défend avec courage, patriotisme et professionnalisme, la dignité et l’honneur de notre pays, notre liberté et notre indépendance chèrement acquises… La réforme des forces de défense et de sécurité de notre pays est considérée aujourd’hui comme un modèle de réussite. Je voudrais à titre personnel assurer qu’en tant que commandant en chef des forces armées je veillerais à ce qu’elle ait à sa disposition les moyens d’accomplir ses missions républicaines (le 01, discours à nos militaires à l’occasion du 60e anniversaire de leurs massacres systématiques sur les civils Guinéens).
  • « Quand j’ai été élu j’ai dit que j’ai hérité d’un pays, pas d’un état parce que tout était priorité et tout était à refaire. Quand j’étais élu le Sénégal avait atteint l’initiative pays pauvres très endettés (PPTE), nous on ne l’avait pas obtenue. Il a fallu qu’on se concentre sur les réformes macroéconomiques avec le Fonds monétaire international (FMI). Et grâce à Dieu, en 2 ans nous avons pu le PPTE. Nous avons engagé des réformes extrêmement importantes. Nous avons fait la réforme de l’armée. Nos partenaires disent que ce n’est pas une réforme, mais une révolution. Comment la Guinée avec autant de potentialités minières et agricoles était si en retard ? Pour changer la donne nous avons fait assez de réformes. Nous commençons maintenant à attirer des investisseurs dans le domaine des mines ou dans l’agrobusiness. 70% des guinéens relèvent de l’agriculture. La seule façon de diminuer la pauvreté c’est l’agro-business. Aujourd’hui un paysan guinéen va sur son Orange Money s’il veut réserver un tracteur et de l’engrais. Comme beaucoup sont analphabètes donc sur leurs téléphones c’est les dessins du tracteur et des moissonneuses (!!)» (le 09, au cours d’un panel de discussion lors du Africa Invest Forum de Johannesburg).
  • « Nous sommes derrière vous. Si vous gagnez j’aurais une surprise pour vous. Si vous perdez, on va vous amener à la présidence et je vais chicoter chacun de vous. Je ne blague pas hein. Vous avez intérêt à gagner ! » (le 16, en recevant l’équipe nationale de football qui devait jouer deux jours après contre la Cote d’Ivoire).
  • « Il y a des moments dans un pays où il faut sortir de la démagogie, dire la vérité. Où on doit se parler franchement, se dire la vérité. Les jeunes n’étaient pas nés mais beaucoup d’entre  vous étaient là : de 1958 à 2010, 52 ans, où vous étiez ? Faut que les sages, hommes et femmes de Boké osent dire la vérité aux jeunes » (le 21, lors de l’inauguration d’une route en pavés de 17 km offerte par une société minière chinoise en échange d’un gisement colossal de bauxite).
  • Pour : rien à noter ce mois-ci, que des répétitions des mêmes discours depuis 2011, de la démagogie PPTE et des rêves sur les possibilités infinies d’Orange Money.
  • Contre : franchement je n’arrive toujours pas à déterminer s’il croit réellement ce qu’il dit annone ou s’il se moque en fait de nous en parlant de ses miliciens en treillis qui font la fierté du pays dans le monde mais qui sont responsables de plusieures centaines de morts et blessés depuis qu’il est au pouvoir ainsi que de l’ensemble de leur œuvre néfaste et criminelle depuis sa création le 01 novembre 1960. Quant aux propos de Johannesburg, les participants ont bien nous plaindre en entendant le niveau analytique du 1e gestionnaire de notre pays. A l’étranger désormais les gens l’écoutent poliment et en souriant, en sachant souvent mieux que lui l’ampleur du gâchis d’un pays qui a pourtant le potentiel (minier, géographique et climatique au moins) d’être un leader dans sa région.
  1. Les décisions et actions « positives » du mois :
  • Le 02, le PM Don Kass-Kass surement pas encore bien réveillé reconnait dans un discours « Malgré tous les efforts fournis par le gouvernement de la République afin d’améliorer le bien-être de la population à travers la mise en œuvre de ces différents documents stratégiques, la pauvreté persiste. C’est une évidence. La preuve en est que pour rappel, l’incidence de cette pauvreté est passée de 49,1% en 2002-2003 à 55,2%  en 2012. Telles sont les dernières statistiques disponibles à la matière avec tout son lot de conséquences négatives sur la paix et la cohésion sociale que notre pays vit ». C’était lors de la cérémonie de validation du plan d’actions prioritaires de la politique nationale de la protection sociale. Ensuite il a retrouvé ses esprits et recommencé ses mensonges habituels notamment en promettant 50 milliards GNF en 2019 pour régler définitivement ces problèmes – et les fanas dans la salle ont applaudi à tout rompre.
  • Le 06, le secrétariat d’état américain publie le rapport annuel sur la traite des personnes (TIP) qui mesure les progrès annuels réalisés par les pays à travers le monde dans la lutte contre la traite des personnes.  Cette année il a reclassé la Guinée dans la deuxième catégorie constituée des états qui expriment une volonté de combattre le phénomène pour avoir partiellement mis en œuvre les recommandations formulées dans le précédent rapport. Nous étions l’an dernier dans la 3e catégorie, les cancres qui ne font rien contre ces crimes abdominaux. Le plus dur maintenant est de rester dans cette catégorie lors de la prochaine évaluation en 2019 – une tache insurmontable dans un pays où il est quasi-impossible d’arrêter la circulation des véhicules pendant une demi-journée par mois pour ramasser les montagnes d’ordures dans la capitale. Je ne parle même pas des mendiants devant la grande mosquée et des vendeurs ambulants à la sauvette dans tous les carrefours, tous chassés violemment avant leur retour comme si de rien n’était moins de 2 semaines après.
  • Le 09, le ministre de la justice fait une annonce pour nous réchauffer un peu le cœur : « Ceux qui disent que les forces de l’ordre ne sont pas poursuivies, actuellement on a un capitaine de police qui est prison. Il est poursuivi pour assassinat. Il a été découvert que c’était lui qui a tué un jeune. Il a été inculpé et il est en détention ». Et pourtant lors de la même conférence de presse, juste avant lui son homologue de la sécurité avait juré que tous ses agents étaient fouillés au corps avant de sortir en mission de tabassage public et qu’ils étaient donc tous blancs comme neige. Et ce dernier, pur-produit d’un célèbre tortionnaire du camp Boiro de la révolution satanique ajoute tout fièrement devant les cameras que : « Je peux vous affirmer sans risque de me tromper que les cas malheureux de morts d’hommes enregistrées lors des opérations de maintien d’ordre menées par les unités de police sont des cas anodins dont nous ne connaissons pas encore les auteurs ». Un cas typique de « tel père – tel fils ».
  • Le 14, le ministre de l’unité nationale et de la citoyenneté Khalifa Gassama Diaby présente sa lettre de démission au président de la république à travers la presse online. Ce « phénomène atypique » du gouvernement qui ne ratait jamais une occasion pour dénoncer de manière soft les dérives de son chef et de ses faucons a enfin pris son courage à deux mains. Il leur a fait « une Chevènement », en passant du simple lip service qui le rendait d’ailleurs plutôt ridicule à l’action somme toute logique suite à de tels convictions et propos. Mais plus que tout il ne s’adresse pas seulement au PPAC et à son gouvernement d’affairistes incompétents, il envoie ce même message de dégoût à toute la classe politique, aux leaders syndicaux et de la société civile. Et là aussi je lui tire mon chapeau, il est la 1e souris à sauter du bateau qui prend l’eau de toutes parts et qui coule doucement et je suis sûr que cela lui sera reconnu demain. On n’est pas prêt de l’oublier au pays pour cela.
  • Pour : concernant notre classement dans l’évaluation PIP, ceci récompense les efforts du gouvernement pour se mettre en conformité avec les normes internationales notamment à travers la création par décret en 2017 du comité national de lutte contre la traite des personnes et pratiques assimilées, l’organisation des séances de sensibilisation à Koundara-centre et à la zone frontalière sur la prévention des actes de traite des femmes et des enfants, la prise en charge de 150 enfants victimes de mendicité forcée au Sénégal (dans la zone de Koundara-Labé). Bref beaucoup de blabla sans action visible mais bon si on n’encourage pas les cancres il est impossible de les faire évoluer vers le niveau médiocre au moins. Bravo donc à la ministre de l’action sociale qui coordonne ce programme national – comme dit notre PPAC « Quand on chauffe le derrière de la tortue elle avance plus vite » surtout si cela concerne des obtentions de visas pour vacances/shopping des madames et de leurs enfants.
  • Contre : la lettre de démission du ministre est néanmoins comme toujours avec lui pompeuse, pédante et un brin démago à la Guinéenne mais avec quand même un peu de piment fort pour son ex-boss : « Je formule ici mes vœux ardents que notre pays retrouve le chemin et les vertus de la justice, de la liberté, de l’égalité de tous devant la loi, de la légalité républicaine et la sérénité démocratique. Que notre pays renonce à la violence d’état, les violences politiques et sociales ainsi qu’à toutes les formes d’injustices, d’exclusions et de mépris qui forment les ingrédients explosifs de la haine, de la violence, de la division et de notre destruction collective. lorsqu’on a définitivement acquis la certitude que le combat que l’on mène avec le cœur, l’honnêteté et l’engagement éthique, n’est plus manifestement, clairement, une préoccupation et une priorité majeure ni pour le gouvernement auquel on appartient, ni pour les acteurs politiques nationaux, ni dans le jeu politique et institutionnel, on se retire. C’est avec le cœur brisé et l’âme triste pour mon pays et les valeurs humanistes et démocratiques que je défends, que je suis arrivé à cette conclusion inéluctable et indispensable. Je n’ai et je n’ai jamais eu qu’un seul parti en Guinée, c’est le parti du citoyen guinéen; le parti de la légalité, de la justice, de la liberté et de l’égalité de tous devant la loi; le parti de l’humanisme démocratique; le parti du respect de la dignité et de l’intégrité de tout être humain, le parti de la fraternité républicaine. Le chemin de notre fierté nationale et de notre stabilité sociopolitique passera inéluctablement par l’instauration d’un réel et véritable état de droit et de justice, par la promotion d’une réelle culture de civisme, par la lutte contre la pauvreté et la misère qui étrangle notre peuple, et par la préservation de l’intégrité, de la dignité et de l’honneur de chaque guinéen et de chaque guinéenne »
  1. Les décisions et actions « négatives » du mois :
  • Le 01, nous apprenons dans la presse écrite que l’équipe « Doing Business» de la Banque mondiale a présenté la veille lors d’une vidéoconférence le rapport annuel évaluant la qualité de l’environnement des affaires dans 190 économies du monde. Le gouvernement se gargarise immédiatement après avec de nouvelles chimères, des détails sans importance du rapport : la Guinée est avec la Côte d’Ivoire et le Togo l’un des trois pays qui ont réalisé le plus de réformes en Afrique subsaharienne francophone (soit 5 reformes), comme si c’est la quantité de reformes qui était plus importante que la qualité de leur mise en œuvre. En attendant le pays n’a progressé que d’une seule place, de la 153e place à la 152e ! En attendant le Togo et le Kenya progressent de 19 points et la Cote d’Ivoire de 17 points pour environ le même nombre de reformes ce qui donne une idée assez claire sur l’efficacité et l’impact des nôtres. Voila ce qu’on appelle ici des progrès indéniables félicités partout dans le monde. En attendant ce qu’il faut retenir de ce rapport c’est que dans l’ensemble les pays d’Afrique subsaharienne ont établi un nouveau record avec 314 réformes réalisées. Pour que nous puissions dominer ce classement il faudrait demander à la banque de créer un nouvel indicateur dans le classement annuel intitulé « Doing Corruption ».
  • Le 01, L’état guinéen est visé par une nouvelle plainte internationale : face aux nombreux cas de tueries enregistrés lors des manifestations politiques à Conakry l’opposition a décidé de se bouger enfin concrètement en se tournant vers la Cour de justice de la CEDEAO. Un recours contre la république de Guinée a été déposé au bureau-pays de la commission basée à Conakry. L’opposition espère ainsi obtenir des sanctions contre l’état guinéen pour les nombreuses violations des droits de l’homme depuis huit ans avec notamment des centaines de personnes tués à Conakry mais aussi dans toutes les autres régions lors des manifestations politiques ou sociales de revendications. Ceci parce la justice guinéenne s’est montrée « volontairement incapable » de trouver des coupables (commanditaires et exécutants) et de les condamner. Dommage seulement que ces opposants n’y pensent que maintenant, en désespoir de cause de leurs petits arrangements sous la table avec le RPG qui chaque fois démontrent à quel point ce sont tous des nains politiques. La cour de la CEDEAO est lente à agir mais elle a prouvé déjà de nombreuses fois sa justesse et son courage, y compris pour des cas personnels d’individus spoliés par l’état Guinéen. Et de toute façon elle fera assurément plus que notre justice nationale tant sur les plans judiciaire que médiatique à consommation internationale.
  • Le 03, le boss nous offre un parfait exemple de ses singeries communistes des années 60 : lors de l’assemblée générale de son parti ses faucons annoncent arrogamment qu’ils vont organiser une grande marche de soutien aux œuvres du grand timonier à travers toute la ville. Bien sur sans tenir compte du fait que le gouvernement a interdit toute marche dans les rues de Conakry. Mais rien de mieux pour les militants surchauffés qu’un peu de fièvre supplémentaire, de suspens et surtout de détournements de sommes colossales pour préparer cette grande mamaya politique. Ensuite le 06, le gouverneur de ville annonce pompeusement que la marche est interdite conformément aux instructions officielles. Et le tour est joué : montrer aux observateurs étrangers que cette règle stricte s’applique à tous et donc du coup qu’elle est équitable et juste. Le site Ledjeli.com (Boubacar Sanso Barry) décrit parfaitement la stratégie ridicule du boss « Tout cela pour un seul objectif : tenter de faire croire que l’interdiction de manifestation n’est pas dirigée que contre les opposants et les activistes syndicaux et de la société civile. Indirectement, via cette démarche, la mouvance présidentielle, en tant qu’entité politique, essayait de se distinguer de l’Etat. Et que les décisions prises par ce dernier s’imposent à tout le monde, y compris à ceux qui lui sont proches ». Le topo a-t-il marché ? Surement Non, à 99% pour les non-amnésiques.
  • Le 07, une nouvelle « ville morte » appelée par l’opposition finit avec deux nouveaux morts par balles, des jeunes d’une vingtaine d’années (Mamadou Alimou Baldé et Mamadou Bella Baldé) dans le quartier Wanindara. Un autre aurait eu des blessures très graves et serait hospitalisé. Vu que ceci se serait passé vers 19h00 les détails du drame sont flous et croyez-moi qu’ils le resteront pour toujours. En tout cas la barre des 100 jeunes marcheurs tués pour avoir essayé d’exercer leur droit constitutionnel est maintenant atteint – bravo papy PPAC pour votre façon de traiter vos petits-enfants depuis 8 ans maintenant.
  • Le 07, comme si de rien n’était le boss se rend en Afrique du Sud pour l’AIF (Africa Investment Forum) qui se tient du 07 au 09 novembre au palais des congrès de Sandton à Johannesburg. Son message est donc clair : « Débrouillez-vous là-bas, moi j’ai mieux à faire ». De là il s’envole vers Paris pour participer aux célébrations du centenaire de l’armistice. Vraiment son histoire de fuite avant et pendant tous les crimes de ses sbires au pays doit être un syndrome médical qui mérite d’être mieux exploré et devrait d’ailleurs porter son nom. Et il est vraiment culotté : il a même participé aux 1e loges au Forum Mondial sur la Paix à Paris, alors que son pays vit une crise politique exponentielle avec des manifestations quasi-journalière des enseignants, des élèves, des commerçants et des « autres » politiciens avec de nombreuses pertes en vies humaines et des dégâts matériels importants. De ce fait et grâce à lui notre pays fait partie de ceux qui ont le moins de paix en Afrique.
  • Le 07, le brigadier-chef Bakary Camara, en service à la Compagnie mobile d’intervention et de sécurité (CMIS) numéro 3 est lynché par une foule de jeunes déchainés vers 09 heures du matin et il a rendu l’âme dans un hôpital militaire dans la matinée. Comme il fallait s’y attendre, le lendemain suite à la mort de leur compagnon les forces de l’ordre ont opéré une véritable expédition punitive sur certains citoyens et leurs maisons dans ce quartier martyrisé par la mort tragique de deux jeunes juste avant. Le site africaguinee.com (Oumar Bady Diallo, le 09) donne des précisions : « Les représailles ont laissé des traces indélébiles. Certains citoyens ont fui leurs habitations de peur d’être violentés. Pillages, vols, brigandages, les policiers se sont livrés à toute sorte d’exactions sur des habitants de Wanindara. Ce quartier situé en haute banlieue de la capitale guinéenne a connu toutes sortes d’abus. Ils accusent la police guinéenne d’être à l’origine de ces violences depuis la mort de l’un des leurs. Ces sont des citoyens terrorisés que nous avons interrogés. Des maisons saccagées, leur contenu emporté, des boutiques vandalisées, des motos brûlées, des voitures caillassées et des personnes blessées. Le tableau est presquw indescriptible par les victimes ».
  • Le 13, les autorités policières présentent à la télévision un groupe de 25 personnes responsables du meurtre du policier la semaine précédente dans le quartier de Wanindara. On retrouve dans ce groupe des mineurs, une femme et l’un des muezzins de la mosquée du quartier. Tous ont évidement nié devant les cameras, en particulier le muezzin qui dit avoir été arrêté alors qu’il se rendait à sa mosquée pour préparer la prière suivante (vrai ou faux ?). Par contre aucune arrestation pour le meurtre des 2 jeunes tués la veille. Pour cela il faudrait arrêter tout les états-majors de la police et de la gendarmerie ainsi que les principaux responsables du ministère la sécurité. Existerait-il désormais une minorité des Guinéens d’une « classe supérieure » ayant tous leurs droits à respecter, et d’autres de « classe inférieure » qui leur servent de pigeons au tir ? C’est ça la justice à géométrie variable crée depuis Satan Touré en 1959.
  • Le 14, nous apprenons que le Forum économique mondial, la principale organisation internationale sur la coopération publique/privée a publié en mi-octobre 2018 la liste des pays les plus dangereux au monde en termes de crime organisé, fiabilité des forces de police, insécurité économique, taux d’homicides et terrorisme. Une fois encore notre pays brille : nous sommes 17e (par la queue bien sur). Même le Tchad est mieux classé que nous, Walahi ! Ne font pire que les cancres sécuritaires de la planète comme les Mali, RDC, Mexique, Brésil, Pakistan, Afrique du Sud, Colombie, Yémen, Nigeria, Venezuela et Salvador. Je suppose que des pays comme l’Afghanistan, la Syrie et le Soudan du Sud n’ont pas été pris en compte dans l’évaluation pour une raison que j’ignore. En tout cas nous sommes en bonne compagnie et c’est aussi un bon indicateur des réalisations et acquis de 08 ans de Sanseman.
  • Le 16, la violence urbaine a encore frappé en pleine journée à Conakry. Des jeunes surexcités revenant de l’enterrement de leurs amis tués à Wanindara s’en sont pris à un béret rouge,  le capitaine Vivien Gérard (duBataillon Autonome des Troupes Aéroportées, BATA) qui roulait à moto dans leur quartier en tenue militaire et béret rouge, en parfait inconscient. Entre bastonnade et lynchage ils l’ont abandonné pratiquement dans le coma. Il a su jouer au mort pour sauver sa vie et certains adultes du coin sont intervenus pour l’exfiltrer. Le lendemain les jeunes du quartier Kipé où il habite sont sortis dans les rues pour protester et bloquer la circulation, avec à l’esprit de se venger. C’est juste la nouvelle ritournelle de la bamboula urbaine journalière.
  • Le 16, le voila reparti dans les airs pour un sommeil de l’UA à Addis-Abeba. Ce sommet extraordinaire des 17-18 novembre devait statuer sur un projet de réforme institutionnelle de l’organisation panafricaine, porté depuis deux ans par le président rwandais Paul Kagamé. Ca doit être marrant de voir une cinquantaine de types somnolents et bedonnants parler d’un sujet dont la grande majorité hait même ces mots (réforme et institutions). Les organisateurs auraient dû plutôt organiser un séminaire de formation sur les sujets pour eux.
  • Le 19, le gouvernement déclare par la voix du porte-parole de la police avoir « entendu l’appel des citoyens pour le renforcement de leur sécurité et de leurs biens, la lutte contre la criminalité et le grand banditisme principalement dans la ville de Conakry et environs ». Pour y répondre il décide donc de la mise en place immédiate d’un dispositif de sécurisation exagéré dans la capitale : « A cette occasion des patrouilles mixtes Police, Gendarmerie et Armée s’effectueront sur les principaux axes de la ville de Conakry. Pour réussir notre mission de sécurité nous comptons sur la collaboration de chacun et de tous. La contribution des citoyens dans la lutte contre la recrudescence du grand banditisme, de la criminalité et du vandalisme qui portent atteinte à l’unité de la nation et aux libertés fondamentales, est vivement souhaitée ». Ainsi il annonce en filigrane le retour des militaires armés dans les quartiers avec leur réputation bien établie de profilage ethnique, bastonnades et rackets dans les concessions familiales. Quand on utilise des canons pour tuer des moustiques on peut aisément imaginer la suite.
  • Le 29, nous découvrons les résultats du rapport 2018 du « The Millennium Challenge Corporation, MCC » (une agence américaine d’aide étrangère), une évaluation des performances des pays en matière bonne gouvernance pour lui permettre d’allouer des fonds d’assistance estimés à plusieurs centaines de milliards d’USD pour les aider à lutter contre la pauvreté. Ce cadeau américain profite largement à nos voisins (en particulier Cote d’Ivoire, Sénégal, Mali, Liberia, Sierra Leone). Une fois de plus nous sommes sur le dernier banc de la classe. Là où nous pêchons le plus sont les domaines de la santé infantile, l’éducation de la jeune fille, le système de santé, le système éducatif, la justice, l’état de droit, l’accès à l’information, les libertés publiques, la lutte contre la corruption, l’effectivité d’une bonne gouvernance. A part ça, tout va bien chez nous ! Plus question donc de compter sur ces fonds-cadeau pour impulser l’émergence du Sanseman en 2020. Mais bon comme un mendiant ne peut pas faire le difficile, on va dire « pardon », la boucler en priant et attendre les « peut-être que » du rattrapage.
  • Le 30, nous apprenons qu’un pan du mur de l’aéroport international de Conakry-Gbessia, qui était devenu la décharge officielle des riverains et des PME de collecte des ordures du quartier Yimbaya-permanence, s’est effondré depuis quelques semaines sous le poids de ces ordures. Ce sont les femmes qui vendent des pastèques normalement en bordure de route qui forment désormais la nouvelle clôture de notre aéroport international avec accès direct à la piste d’atterrissage des avions. Les images sont effroyables et mes craintes aussi : serons-nous le 1e pays au monde où les avions devront zigzaguer pour éviter les tas d’ordures sur l’unique piste d’atterrissage ? Une prévision effarante mais hélas possible chez nous.
  • Pour : comme chaque mois, R.A.S…
  • Contre : concernant la plainte de l’opposition à la cour de justice de la CEDEAO la Guinée est effectivement défaillante en ce qui concerne le respect de ses engagements communautaires et des normes de la CEDEAO en matière de promotion et de protection des droits de l’homme et du respect des principes démocratiques et de l’Etat de Droit vu que notre nous avons ratifié ces traités et conventions et que nous sommes tenus de respecter. Selon le texte « On demande au président de la commission de constater les manquements que nous avons signalés, ensuite inviter la République de Guinée à se mettre en conformité. Si l’état de Guinée ne se met pas en conformité, que le président de la commission demande à la conférence des Chefs d’état de prononcer des sanctions contre la République de Guinée ou à défaut de saisir la Cour de justice de CEDEAO pour un recours en manquement »

Tic-tac, Tic-tac, la montre tourne ; aujourd’hui est le 2900e jour de l’ancien « Guinea is back » et du nouveau « changement radical » – déjà 07 ans 11 mois et 10 jours ! Aladji-Professeur-Président voici ma suggestion SMART (Spécifique, Mesurable, Atteignable, Réalisable et Temporellement définie) du mois pour améliorer un peu votre Sanseman : boss, vraiment vous n’avez rien fait de potable ce mois-ci. Il faut vous bouger un peu ! Plus ça crie autour de vous, hommes, femmes et enfants à l’unisson, et plus vous vous enfermez dans un silence devenu maintenant assourdissant. Vous tournez en rond dans votre palais, coupé de tous sauf votre inner circle de faucons surexcités et déterminés à vous isoler totalement de nos problèmes. Même pas un discours avec de nouvelles promesses mirobolantes pour nous faire rêver ? Ou bien vous-même n’y croyez plus ? Aucune action positive venant de vous et des dizaines d’actions méga-négatives en moins de 30 jours – où avez-vous ça, même en Guinée ? Vous sortez rarement, 2 ou 3 fois par semaine pour inaugurer des premières (et dernières) pierres, ouvrir des séminaires et rencontres inutiles pour le développement du pays. Vous recevez des hôtes étrangers y compris un président-dictateur (le poulain de Mugabe) et vous l’emmenez visiter des chantiers chinois en vous vantant de vos réalisations comme si c’était votre fils qui était l’architecte, l’ingénieur et le chef de chantier. Et surtout vous arpentez le chemin de l’aéroport même les yeux fermés maintenant tant vous le pratiquer chaque semaine depuis près de 8 ans. Ne sentez-vous ce que tout le monde voit où vous nous menez avec toutes ces crises sociales violentes quasi-journalières qui créent le doute, la peur et le désespoir chez tous aujourd’hui ? L’ancien PM Lansana Kouyaté qui a mené de nombreuses missions de résolutions de crises africaines pour l’ONU, la CEDEAO et l’UA vous l’a bien rappelé (interview du 12 sur le site guinee7.com) : « J’ai vu des crimes qui commencent comme ça et qui aboutissent à des horreurs, à des moments donnés où tout le monde se dit comment on en est arrivé là ? ». Il parle ainsi à tous ses compatriotes et à nos « partenaires » externes – personne ne pourra dire demain qu’il n’a pas vu se développer progressivement devant ses yeux et dans ses oreilles une catastrophe annoncée. D’ailleurs la 1e souris à déjà sauté à l’eau, hors de votre navire en perdition : votre ministre de l’unité et de la citoyenneté a jeté l’éponge avec fracas en détaillant pourquoi il préfère s’éloigner de la cata que vous nous organisez. Pas fou le mec, il fait ainsi un excellent investissement sur son avenir en Guinée, étant l’un des rares « jeunes » de ce gouvernement actuel a avoir des vrais diplômes universitaires et les capacités intellectuelles et morales suffisantes pour pouvoir rebondir après votre départ en 2020 – Good for him.

Quelle est la triste finalité de ce mois au pays : 2 jeunes civils fusillés et un jeune policier lapidé et poignardé, morts pour quelle cause noble et digne de martyr ?  Et un autre jeune militaire tellement bastonné qu’il en gardera surement des séquelles importantes pour le reste de sa vie. Qui sont finalement les perdants de ce gâchis et qui restera-t-il pour les pleurer ou même parler d’eux dès que les médias sensationnalistes passeront le lundi suivant au prochain buzz ? Je ne le répéterais jamais assez : il n’y a que deux ethnies qui s’affrontent dans les rues de Guinée : les centaines de puissants et riches du sommet et les millions de pauvres gens du reste de la pyramide sociale. Et toutes les victimes ne sont en réalité que de la simple chair à canon pour assouvir les rêves de puissance et d’éternité des premiers. Ce n’est que quand elles le comprendront qu’elles cesseront de se compter par centaines.

Et puis c’est quoi cette nouvelle affaire d’état d’urgence officieux que vous imposez à certains quartiers bien ciblés de la capitale ? Vous et vos faucons décidez maintenant de mettre des militaires armés dans les rues de jour et de nuit, des P.A. et patrouilles mixtes militaires ? Et le porte-parole de vos miliciens qui ose justifier cela en disant devant la presse : « Dans des circonstances exceptionnelles et sur réquisition, les forces armées peuvent intervenir en dernier ressort pour appuyer les forces de sécurité pour une période limitée dans le temps. La présente opération de sécurisation de la ville de Conakry vise exclusivement à lutter contre la criminalité et le grand banditisme, tout en permettant la libre circulation des personnes et des biens ». Mais c’est exactement ça la définition de « l’état d’urgence nationale » partout dans le monde alors pourquoi ne pas le dire tout simplement ?? Boss, je vous suggère juste une autre option tellement plus simple et logique : pourquoi ne pas tout simplement laisser ces personnes marcher dans la rue sous ce soleil brûlant pendant une demi-journée, laisser leurs chefs faire leurs discours longs, répétitifs et incompris de la majorité des marcheurs et ensuite les observer de loin rentrer épuisés chez eux ? Tout simplement les rendre responsables de créer leurs propres cordons de sécurité pour empêcher tout débordement sinon ils en seront responsables ? Cela a été tenté quelques rares fois dans cette zone dans le passé et il n’y a eu ni dégâts, ni blessés ni morts. Souvenez-vous de ces rares marches véritablement pacifiques d’il y a quelques années ? La volonté d’en découdre et de mater arrogamment « parce qu’on est plus fort » n’est en fait qu’un piège pour vous qui aviez fait du retour de l’armée dans les casernes votre 1e priorité en 2011, voir une obsession depuis votre époque d’opposant historique. C’est le plan machiavélique d’une petite bande de barons semi-incultes haineux, cyniques à la nausée, et ethnocentriques menés par un mythomane nommé Damaro Camara, le champion national des propos irresponsables et anti-démocratiques dont le plus célèbre fait d’arme est d’avoir trahi ses copains militaires putschistes en 1985. Et demain ils n’en porteront pas la responsabilité car il y a un idiot couillonnable (vous) au dessus d’eux qui portera tous les torts sur sa tête – eux seront tout simplement recyclés dans le prochain pouvoir, comme toujours depuis 60 ans. Souvenez-vous du cas de Fory Coco et des répercussions de son état d’urgence en février 2007 ? Et aujourd’hui l’histoire ne retient qu’un seul responsable de cette cata nationale et de ses répercussions : lui-même, le General-paysan semi-lettré. Lui avait au moins cette excuse-là – ce qui ne sera pas votre cas. Le site kababashir.com (Jeanne Fofana du 09/11) décrit parfaitement tel que vous nous paraissez aujourd’hui : « Il n’est ni à sa première expérience, ni à sa deuxième, encore moins à sa troisième expérience faite de mépris. Alpha Condé s’en fout si les Guinéens s’entretuent. Il n’en parle pas. Il abandonne son pays pour aller rire aux éclats parmi ses pairs dans des fora sans suite pour la Guinée. Il préfère aller bavarder sur le panafricanisme et faire autres rêves que de rassembler les Guinéens, faire taire les dissensions et tenir des discours responsables au lieu de souffler sur les braises. Lorsque des Guinéens étaient la cible de tirs de militaires à Zogota, Soiaro en région forestière, Alpha était entre deux avions. Aucun mot si ce n’est d’organiser un procès à la va-vite. Des Guinéens sont morts suite à un accident de route sur l’axe de Boké, une dizaine, Alpha Condé ne s’est pas débarrassé de ses voyages intempestifs. En pleine période d’Ebola il a fait la même chose, mais, là Obama l’avait chassé pour qu’il rentre s’occuper de l’épidémie. Aujourd’hui encore, incorrigible à souhait, il s’en va à Johannesburg pendant que des Guinéens, les mêmes se font zigouiller sur l’Axe, chez eux, après la ville morte appelée par les opposants. Alpha Condé y est allé pour un séjour d’une semaine environ pour parler d’investissement dans un pays instable (?).  Incohérences sur incohérences. Allons donc ! ». Ou bien vous avez tellement peur des Guinéens maintenant que vous voulez vous tenir le plus loin possible d’eux ? Mais pourtant la solution est vraiment simple Prési : partez ! Allez-vous planquer à Dubaï pour passer vos derniers années de vie dans l’opulence, le déni de tous vos crimes directs et ceux commis en votre nom en Guinée. Au début on regrettera que vous vous en soyez tiré si facilement mais ensuite, en bons Guinéens amnésiques, on oubliera et on passera sans broncher à notre 6e dictateur national.

Publié dans 2018 | Laisser un commentaire

Une Nouvelle Voie (Septembre 2018) : Nous fêtons nos 60 ans de pauvreté dans l’esclavage par des colons nègres

Bienvenue à mon bilan du 34e mois de la Condécratie version 2.0. Je continue mon exploration mensuelle des méandres des décisions importantes pour la Nation prises par nos nouveaux chefs en proposant des pistes de réflexions et d’actions qui pourraient être envisagées pour que le « vrai changement » soit effectif.

  1. Echantillon de paroles et pensées présidentielles du mois:
  • « J’aurais pu inviter beaucoup plus de chefs d’états. On a beaucoup d’hôtels mais pas beaucoup de suites présidentielles. Les suites ne sont pas rentables pour les hôteliers parce qu’elles sont occupées rarement. C’est quand l’état construit des hôtels qu’il peut prévoir beaucoup de suites présidentielles. Je suis beaucoup gêné aujourd’hui, pourquoi ? Parce qu’il y a beaucoup de chefs d’états amis que je n’ai pas invités. Je suis obligé de présenter des excuses» (le 02, lors d’une interview avec des journalistes nationaux le jour de la fête d’indépendance).
  • «Est-ce que vous savez que l’aéroport de Paris va être privatisé (rire) ? Est-ce que le peuple français a dit que le gouvernement est en train de bazarder les biens du peuple ? Nous avons discuté avec beaucoup de gens, ils étaient les seuls qui étaient prêts. Le port n’est qu’un prétexte pour des opposants qui ont échoué à s’opposer à l’augmentation du prix du litre de carburant à la pompe » (le 09, lors d’une interview avec la presse nationale, pour justifier la magouille de la vente du port de Conakry à la famille Erdogan de Turquie).
  • « Certains ont fabriqué une cour constitutionnelle à leur mesure pensant qu’ils vont être élus par les magistrats et par les avocats. Dans tout le système français le président de la cour constitutionnelle est nommé par le président… C’est de la folie de dire que le président veut enlever ou soutenir. Quand les gens voient qu’ils perdent du terrain et qu’ils savent qu’ils ne peuvent pas atteindre les objectifs qu’ils voulaient ils inventent du n’importe quoi. Le gouvernement n’a aucun moyen d’influence sur la cour constitutionnelle. Mieux, lorsqu’il y a eu le tirage au sort et que les autres ont dit qu’il faut que le président aussi soit soumis au tirage au sort c’est moi qui ai demandé une consultation à Laurent Fabius en France. Après la consultation j’ai dit à tous les conseillers que vous n’avez pas le droit de dire que le président (de la cour) doit être soumis au tirage au sort. Vraiment les gens n’ont qu’à parler. Lorsque les gens à la CENI ont changé leur président je ne me suis pas mêlé. On dit que c’est pour empêcher, mais une constitution c’est le peuple. Si demain le peuple de Guinée veut changer la constitution, il y a un référendum, mais la cour constitutionnelle ne peut que constater. Allez voir dans la constitution et dans la loi organique si le président ou le président de l’assemblée a un moyen de nommer quelqu’un ou pas. Ceux qui ont fait la constitution on les connait. Certains même rêvaient d’être président de la cour constitutionnelle. C’est la première fois que même les salaires des membres de la cour c’est dans la loi organique. On n’a jamais vu ça nulle part. Dans tous les pays francophones le président de la cour constitutionnelle est nommé par le président. La Guinée est le seul pays où il est élu par ses pairs. Si ses pairs veulent le changer le gouvernement ne se mêle pas. La cour suprême  n’a rien à voir dedans. Dans un premier temps il y a six membres de la cour constitutionnelle qui ont demandé la révocation du président de la cour constitutionnelle. A l’époque je les ai reçu, je leur ai dit : écoutez, la cour vient d’être installée, essayez de trouver une solution. Ils m’ont dit voilà les reproches qu’on fait à notre président. Il a promis de changer. Mais un des conseillers Mounir a dit ‘président, il ne changera pas, je le connais’. Lorsque les conseillers de la cour constitutionnelle ont destitué leur président j’étais en Chine. Mais ce n’est pas vrai, la cour suprême n’a rien à voir dedans. N’importe qui peut faire des commentaires en se faisant spécialiste » (le 09, lors de la même interview avec la presse nationale, pour justifier la destitution illégale du président de la cour constitutionnelle).
  • « RFI a tendance systématiquement à noircir la Guinée, ils sont venus pour ne parler que du 28 septembre 2009. Je ne peux pas accepter qu’on déforme l’histoire de la Guinée… La date du 28 septembre ne peut pas être seulement ramenée au régime militaire, elle symbolise l’indépendance de la Guinée. L’enthousiasme populaire qui a marqué la fête du 02 octobre est une réponse cinglante envers ceux qui avaient appelé au boycott. Chaque homme est libre mais le peuple de Guinée a montré son engagement, c’est ça le plus important. L’unité et l’enthousiasme populaire a frappé les chefs d’états présents. Tout le monde s’est comporté correctement, il n’y a pas eu un seul cri hostile. Cette unité du peuple derrière le gouvernement a frappé. Evidemment quand l’opposition organise des manifestations et envoie 1.000 personnes dans la rue,  RFI dit qu’il y a 50.000. Je sais que les opposants eux-mêmes blessent les gens et tuent pour discréditer le gouvernement. C’est pourquoi j’ai donné les moyens aux agents des forces de l’ordre pour pouvoir de façon civilisée gérer les manifestations. Nous savons très bien que beaucoup d’opposants tirent sur les gens pour qu’il y ait des morts et qu’on mette cela sur le dos des forces de l’ordre. La démocratie a ses obligations. Moi je me suis opposé à la façon dont la Guinée était gérée. J’estime qu’il fallait laisser les gens s’exprimer. Les gens comprendront qu’on ne peut faire la démocratie comme en France ou aux Etats-Unis parce que ces pays ont atteint un certain niveau de développement… Les gens se demandaient si la Guinée avait vraiment une armée, beaucoup de chefs d’états m’ont posé des questions. La population même ignorait qu’on avait des forces spéciales. Toutes les femmes étaient amoureuses de Doumbouya (leur chef). Malheureusement pour elles il est marié» (le 09, lors de la même interview, au sujet de ses envolés ridicules avec des journalistes français lors des festivités du 60e anniversaire).
  • « On va réhabiliter très rapidement cette usine pour installer l’usine de montage de tracteurs, de bus et de camions. On importe aujourd’hui des tracteurs donc ça crée des problèmes de pièces détachées. Ensuite on paie en dollars. Quand une usine est installée ici on n’aura plus de problèmes de pièces détachées. On a beaucoup de vieux magbanas (bus de transports urbains pourris). On va travailler avec les banques pour que les gens remplacent les vieux magbanas par des cars en payant progressivement. On est train de négocier. Pour les camions ce sera la même chose pour que les chauffeurs qui n’ont pas de camions puissent devenir propriétaires » (le 10, en visitant une usine désaffectée de textile à Coyah).
  • « Aujourd’hui n’importe quel paysan du coin le plus reculé de la Guinée peut utiliser son portable. Les tracteurs et moissonneuses-batteuses sont aujourd’hui dotés de GSM. Si un paysan veut louer un tracteur par exemple il prend son téléphone, il loue. S’il veut acheter de l’engrais il n’a pas besoin de se déplacer » (le 16, à Kindia lors de la célébration de la journée mondiale de l’alimentation).
  • « J’ai demandé au gouvernement de vous accompagner parce que je veux mettre fin à la consignation. Quand je suis arrivé j’ai fait des licences (de pêche) sécurisées, aujourd’hui on ne peut pas photocopier une licence. Ces licences sécurisées sont avec moi et non avec le ministre de la pêche. Il faut que je reçoive les papiers montrant effectivement que tel bateau peut avoir la licence. Mais quand je prends les bateaux, 90% sont des chinois. Tous les fonctionnaires qui ont signé des arrêtés alors que c’est réservé aux décrets, ça n’engage pas l’état. Ceux qui ont fait ça seront punis puisque ça ne m’engage pas et ça n’engage pas l’état. Quand quelque chose doit être donné par décret, vous le faites par arrêté, ça ne m’engage. J’ai dit au ministre de supprimer tout et de tout arrêter  » (le 27, lors d’une réunion avec le secteur privé, à propos de la domination totale des chinois dans notre pêche artisanale).
  • Pour : il essaie tant bien que mal de réduire l’impact de son interview ratée et ridicule avec la presse française la veille de la fête d’indépendance. Il aura au moins appris une chose : rêver uniquement de gros titres chez lui en France a surtout de nombreux inconvénients et les interviews avec notre presse locale sont plus safe pour lui. Avec elle il est assuré de soumission et courtisanerie sans égales par tous ceux qui sont sélectionnés méticuleusement pour lui poser des questions. Chez ses maîtres français, ça ce n’est pas possible.
  • Contre : quelle piteuse défense pour se justifier du bordel créé à la cour constitutionnelle. Et oser reconnaître qu’il n’a trouvé que Laurent Fabius pour le conseiller sur comment choisir le président d’une institution nationale, après 60 ans d’indépendance ? C’est vraiment pitoyable. Il n’a eu qu’un seul regret le jour de la fête d’indépendance : le manque de suites présidentielles dans les hôtels privés de Conakry causant une faible participation de ses homologues internationaux – vraiment les soucis de nos rois africains sont bien différents de ceux de leurs sujets. Sacré boss qui nous dit tout fièrement que les licences de bateaux de pêche du pays sont gardées par lui-même et que certains de ses fonctionnaires signent des arrêtés pour contredire ses décrets et qu’il va maintenant les punir, près de 9 ans après sa prise du pouvoir.
  1. Les décisions et actions « positives » du mois :
  • Le 02, le pays a célébré dans une allégresse notre 60e anniversaire : pose de gerbes de fleurs, mamayas grandioses et bruyantes au stade de Conakry et dans les capitales régionales, défilé civil et militaire marrant. Les Guinéens sont sortis en masse pour fêter au moins ce jour-à. Onze Chefs d’Etat étaient présents au côté du président Alpha Condé. Il s’agit de ceux du Mali, du Sénégal, du Congo Brazza, du Gabon, de la Mauritanie, du Niger,  du Burkina Faso, du Togo, Ghana, du Tchad et du Liberia. Chacun est obligé de venir pour obtenir la pareille dans les mois et années à venir. Inutile de détailler ici les centaines de discours d’appel à la paix immédiate, à la fraternité africaine, à l’émergence demain, au travail pour tous demain, à la justice pour tous après-demain, à la solidarité le lendemain…ect – bref, tout ce qui rabâché dans tous les discours sur le continent mais qui n’existe pas chez nous actuellement.
  • Pour : ce fut néanmoins un coup de pub africain réussi pour le PPAC, un petit rappel à ses homologues que lui aussi existait dans le paysage et qu’il fallait penser un peu plus à lui lors de leurs fêtes respectives.
  • Contre : la célébration fut néanmoins un exemple frappant d’une énorme mamaya désordonnée, mal planifiée et organisée comme nous seuls avons le secret et la patente.
  1. Les décisions et actions « négatives » du mois :
  • Le 03, la grève des enseignants promise depuis l’ouverture scolaire par le syndicat des enseignants (SLEG) prend effet avec force dans tout le pays. Les salles de classes sont boudées par les élèves et leurs enseignants qui tiennent à leurs huit millions GNF de salaire mensuel. Le gouvernement ne peut s’en prendre qu’à lui-même car il a posé un lapin aux enseignants : après plusieurs reports non justifiés les négociations prévues sous les auspices de l’inspection du travail devaient redémarrer ce jour-là au ministère de la fonction publique mais personne ne s’est pointé du coté des autorités publiques.
  • Le 03, le PPAC entérine le coup d’état interne à la cour constitutionnelle en confirmant l’élection frauduleuse de Mohamed Lamine Bangoura, le chef des frondeurs, au poste de nouveau président de l’institution. Encore une fois il s’impose par un décret sans aucun respect des procédures légales et constitutionnelles. Il pense sincèrement qu’il peut renvoyer le président d’une institution comme un de ses ministres et directeurs de service ou de société publique – quel Grand Homme d’état ! Comme au bowling, c’était Strike One pour la CENI et Strike Two pour celle-ci. A la moindre protestation ou mauvaise humeur d’un chef il est immédiatement viré honteusement et sans ménagement. A qui le tour parmi les autres institutions avant fin 2020 ?
  • Le 04, le PPAC inaugure en grande pompe l’hôtel Kaloum à deux pas du palais Satanya. C’est un hôtel 5 étoiles appartenant à des investisseurs chinois ce qui ne l’empêche pas de se vanter une nouvelle fois de cette nouvelle grande réalisation de son Sanseman. Mais le plus comique dans tout ça c’est qu’il l’avait déjà inauguré officiellement en septembre 2015, en pleine campagne électorale pour son 2e mandat, justement pour les mêmes raisons de présentation des prouesses de sa gouvernance. J’avais bien indiqué à l’époque que c’était en fait une coquille vide, qu’il avait juste inauguré les façades externes de l’immeuble rafistolées à toutes pompes pour l’occasion mais que l’intérieur de la bâtisse n’était qu’aux premières étapes de finition. Merci de nous le confirmer car il a fallu attendre effectivement plus de 3 années pour pouvoir découvrir notre nouvel hôtel.
  • Le 08, une cérémonie d’installation du nouveau président illégal de la cour constitutionnelle a eu lieu avec un émissaire du PPAC pour le représenter. Bien sur le véritable (mais ex) président a refusé de participer à cette mascarade ce qui est à mon avis une très bonne chose car ce nouveau président restera de fait méprisé par la majorité de ses collègues du système judiciaire et par ses compatriotes. Je sais néanmoins que son boss et lui s’en foutent complètement mais le suspens reste intacte quant à la fin de ce nouveau feuilleton radio-télévisé du Sanseman.
  • Le 09, le PPAC offre une interview à la presse nationale, une réponse/singerie à celle accordée dix jours auparavant, avec pour objectif de rectifier sa sortie ratée devant la presse française. De service pour l’aider dans cet exploit titanesque sont 4 journalistes obséquieux jusqu’à la nausée triés soigneusement dont deux de la RTG, assis béatement autour de lui pour poser des questions dégoulinantes de courtisanerie devant leur idole. On aurait dit des chiots sans crocs devant un os juteux. Triste et pathétique, tout simplement.
  • Le 12, un député de l’opposition à l’assemblée nationale nous dévoile les résultats d’un audit indépendant du fichier électoral national. Ainsi celui qui a servi de base pour l’élection présidentielle de 2015 et les communales de 2018 a été passé au peigne fin par des experts internationaux de l’OIF, l’UE et des USA. Selon ces experts le système mise en place par la société privée créatrice de cette banque de données (GEMALTO) ne permettait pas le contrôle des dates de naissance pour empêcher les personnes ayant moins de 18 ans de se faire enrôler d’où la possibilité d’enregistrer des mineurs sans retenue. Ce qui explique le nombre démesuré de mineurs maintes fois dénoncé lors de toutes ces élections. La liste des autres anomalies critiques, volontaires ou non, est kilométrique, par exemple le fichier est hypertrophié dans certaines zones bien choisies concernant les inscriptions sur la liste. C’est le cas des circonscriptions électorales de Faranah, Kankan et n’Nzérékoré où on constate des sur-inscriptions allant jusqu’à 130 % de la population ayant l’âge de voter alors que des zones comme Labé, Kindia et Boké sont entre 6 et 3 %. Au final il y a 1.350.000 fictifs soit près du quart d’un fichier total d’environ 6 millions.
  • Le 16, une nouvelle ville morte de l’opposition se termine par l’assassinat d’Ibrahim Bah, un jeune homme d’environ 20 ans originaire de la préfecture de Dalaba en Moyenne Guinée. Il a été tué par « balle perdue » dans la matinée à Koloma-marché, dans la commune de Ratoma. Selon les observateurs présents  il a été touché à l’épaule droite par le tir d’un milicien d’état près de la mosquée-marquage et a succombé avant même son transfert vers une structure sanitaire. Bravo aux agents de la BAC-4 (Brigade Anti Criminalité) et à un « béret rouge » de l’armée filmé à son insu dans ce quartier, vous avez une fois encore bien rempli votre mission officielle.
  • Le 18, lors du conseil des ministres présidé par le boss un réajustement des crédits est annoncé pour plusieures institutions. Ainsi la présidence bénéficie d’un petit booster de 103,8 milliards de GNF, après une première hausse de 41 milliards un peu plus tôt cette année. Elle passe ainsi de 367 milliards en 2017 à 512 milliards pour 2018 (hausse d’environ 40%). Pour tous les autres ministères (hôtellerie, hydrocarbure, investissements privés et coopération) c’est entre 2,4 et 7,4 milliards de bonus. Quant aux enseignants et leur demande d’augmentation de leurs salaires le conseil a été tout aussi ferme : on coupera les salaires de tous ceux qui continueront à grever.
  • Le 19, le comité de pilotage pour l’organisation du procès sur le massacre du 28 septembre 2009 se réunit pour la troisième fois pour déterminer le lieu de la tenue du procès ainsi que le budget prévisionnel qui est établi à 087.711.600 GNF soit environ 7,8 millions de d’euros. Officiellement 77% seraient financés par le gouvernement – mais seuls les amnésiques croient à cela. Les 33% demandés aux Big Brother sont assurés d’une croissance exponentielle à mesure que la date du procès approchera. Le message est donc clair aux Big Brothers enquiquineurs : « Chez nous c’est emmerdeur – payeur, aboulez le fric si vous y tenez tant ». Le lieu proposé est le cinéma Liberté à l’entrée de la commune de Kaloum.
  • Le 22, les élèves de la capitale sont de nouveau dans les rues pour jeter des cailloux sur les policiers et gendarmes. C’est une réponse directe à l’annonce mensongère de Don Kass-Kass de la veille où il annonçait un dénouement de la crise et la fin de la grève du principal syndicat des enseignants alors qu’il n’a même pas négocié avec lui. De plus les élèves disent clairement qu’ils refusent de suivre les cours enseignés par des contractuels semi-lettrés recrutés à main levée pour contrer les grévistes. Ceux-ci parlent un français bizarre qu’ils ne comprennent même pas. A force d’intifada renforcée les policiers de service ce jour ont pris leurs jambes à leurs cous pour éviter d’être lynchés par leurs petits-frères et enfants.
  • Le 23, une nouvelle marche pacifique de l’opposition se termine par la mort d’un jeune plombier de 18 ans et plusieurs blessés graves par balle. Encore un jeune sacrifié pour rien parce que bientôt les deux responsables de sa mort se retrouveront pour signer un nouvel accord de calme hebdomadaire sous la table. Demain, après son enterrement, il ne restera plus que sa famille directe pour le pleurer. Le décombre macabre atteint 98 jeunes tués depuis janvier 2011, l’arrivée du PPAC aux commandes. Aussi les pare-brises avant et arrière du véhicule du chef de file de l’opposition sont percés par ce qui pourrait être un coup de fusil. La réplique du porte parole de la police vaut vraiment le coup : « Etant entendu en règle de droit que la preuve de l’accusation incombe à l’accusateur les services de sécurité demandent impérativement à l’opposition républicaine l’ouverture d’une enquête indépendante de son choix et de faire procéder à l’expertise des faits». C’est vraiment le monde à l’envers chez nous.
  • Le 24, une folle rumeur d’agression rebelle provoque la panique dans la préfecture de Coyah, un véritable « conte et légende » typique de notre vieille révolution globale et multiforme : les habitants des villages de Kouyeyah, et de Doniah dans la sous-préfecture de Wonkifong ont été réveillés par de tirs vers 03 heures du matin. Pris de panique ils se sont rués vers la ville de Coyah. Les termes ‘attaque rebelle’ et ‘agression de mercenaires’ si chers aux nombreux paumés et derniers révisionnistes sont rapidement lancés dans les médias, les maquis et salons de Cona-cris. Il s’agissait en réalité de 8 bateaux de pêche semi-pirates chinois (car avec des  autorisations des nababs du ministère de la pêche) totalement rouillés qui remontaient la côte pour revendre le fruit de leur pêche illicite car interdite récemment par le gouvernement pour concurrence déloyale avec les petits pécheurs artisanaux locaux. Bonne aubaine pour notre communiste historique pour essayer de détourner l’opinion nationale sur ses dernières bévues y compris l’accusation de tentative d’assassinat par balle du chef de l’opposition. Le lendemain des journalistes du site Kabaashir.com (I.S. Camara/Jeanne Fofana) résument bien le scenario de récupération de la situation : « La mobilisation est totale sur le terrain. Toutes les entrées de la capitale Conakry sont bloquées par des bérets rouges. Selon nos informations le carrefour de Kagbelen est occupé par un groupe de militaires bien armés qui fouillent toutes les  voitures qui  sont en direction de Conakry. Entre Coyah et km 36 également le même dispositif aussi est mis en place. Au pont 08 novembre aussi un autre groupe de militaires fouille systématiquement les véhicules avant d’arriver au centre ville. Une situation qui a créé un embouteillage terrible ce matin à l’entrée de la commune de Kaloum. Aujourd’hui le régime tangue. Il est estampillé. Pendant ce temps l’ensemble des opposants témoigne à Cellou Dalein Diallo de leur solidarité. Kouyaté, Sydia, Sylla Patronat (UDG), etc. Le domicile du chef de fil de l’opposition est devenu ces dernières 48 heures un lieu de pèlerinage. Chacun réclame justice. Le gouvernement est coincé. Pour ainsi rebondir Alpha Condé trouve la parade : celle de monter une rébellion. Une fausse manœuvre qui vise à détourner l’esprit des Guinéens sur ce qui prévaut : l’assassinat présumé contre Dalein Diallo. Le gouvernement évoque des navires suspects aperçus à Coyah. Alpha Condé crée ainsi une psychose pour mettre en veilleuse toutes les préoccupations du moment ». Tout ca pour quelques barques de pêches pourries ? Ainsi vivent les Guinéens au jour le jour, avec les lubies et reflexes d’un vieux Marxiste-léniniste du XXe siècle.
  • Le 28, les petites visites à l’étranger du boss se poursuivent : après le sommet de la francophonie il y a quelques semaines il s’envole pour Berlin pour un sommet Allemagne-Afrique dénommé « Compact with Africa». Mais chose bizarre notre papy boiteux n’est apparu sur aucune photo officielle ou reportage sur les réunions. Un sommet sans notre PPAC dans la photo officielle ? C’est vraiment une première. Grâce à ce programme le Ghana, la Tunisie et l’Afrique du Sud ont reçu 365 millions d’euros sous forme de prêts financiers bonifiés – pour nous c’est zéro pointé.
  • Le 29, la société minière Rio Tinto annonce l’expiration de l’accord de cession de ses parts dans le projet Simandou à la société chinoise Chinalco. L’accord d’entente non contraignant, initialement signé le 28 octobre 2016 prévoyait que Chinalco acquiert l’intégralité de la participation de Rio Tinto dans le projet. Rio Tinto et Chinalco détiennent respectivement 45,05% et 39,95% des actions alors que la Guinée détient 15%. La date limite de signature était le 28 octobre 2018 d’où l’annonce officielle le lendemain du deadline. Du coup la patate chaude retombe dans les bras de l’envoyeur, un nouveau manque à empocher des sous supplémentaires d’ici 2020. Ils devront donc magouiller ailleurs pour compenser. Décidément quand on a la guigne on a la guigne et c’est vraiment caillou pour s’en sortir.
  • Le 30, une nouvelle marche pacifique est avortée par la force – un nouveau mort par « balle « perdue » à Bambeto dans la banlieue de Conakry ; il s’appelait Mamadou Cellou Diallo (pas l’autre), il avait environ 30 ans. Il y a aussi de nombreux blessés par balles dans les cliniques de quartier et dans les hôpitaux dont certains dans un état critique, ce qui veut dire morts à 95% à court terme chez nous. Quant au chef de file de l’opposition il est séquestré en résidence surveillée dans sa propre maison. Le tout nouveau ministre de la sécurité Otis Keira, en digne d’un criminel notoire de la globale et multiforme nous démontre tout son art hérité et sa stratégie de riposte désormais : il répond au chef de file de l’opposition « Puisque tu dis qu’on te tire dessus quand tu vas en ville alors reste bien au froid chez toi où personne ne pourra plus te tirer dessus ». Avec une cerise sur le gâteau : « On lèvera cette sanction quand la justice aura fini ses enquêtes et aura tranché suite à ta plainte ». Nous savons tous quand cela arrivera chez nous. Le message est clair : « tu vivra désormais en résidence surveillée jusqu’en 2020 ».
  • Le 31, l’organisation de défense des droits de l’homme Amnesty International dans un communiqué de pressetrès sévère affirme que les fameux bérets rouges, les pires tueurs de l’armée, sont présents et armés pendant les manifestations de l’opposition qui se sont soldées par plusieurs morts. Elle écrit : « Par le biais de son service de vérification numérique (réseau de bénévoles formés à la vérification des réseaux sociaux), Amnesty International a authentifié des vidéos et des photos montrant des membres des « bérets rouges », une unité d’élite militaire déjà impliquée dans des violations des droits humains comprenant des homicides illégaux et des violences sexuelles, portant des armes aux côtés de la police lors d’une manifestation le 15 octobre ». Une simple confirmation externe de qui tire sur les enfants désarmés à chaque manifestation.
  • Pour : comme chaque mois, R.A.S…
  • Contre : concernant l’évaluation externe du fichier électoral, selon des sources concordances la nouvelle société (BRITEC, une société Tunisienne) à laquelle ces données auraient été récemment transmises pour nos prochaines élections législatives (2019) et présidentielle (2020) n’a aucune compétence dans ce domaine, ce qui ouvre un nouveau boulevard à encore plus de tripatouillage du fichier électoral. Dans tout autre pays on aurait immédiatement exigé un nouveau recensement avant toute future élection mais chez nous cela aboutira surement à un accord politique secret pour « régler » le problème. A ce titre le dernier accord du genre (le 08 aout) a montré une fois de plus qui était le rusé  de service et qui était le couillon habituel dans ce type de deal : le RPG a attendu que l’UFDG l’applique partout où c’était prévu pour lui pour ensuite refuser de respecter ses obligations. Le jeu politique est vraiment hideux partout mais encore plus chez nous.

 

Tic-tac, Tic-tac, la montre tourne ; aujourd’hui est le 2870e jour de l’ancien « Guinea is back » et du nouveau « changement radical » – déjà 07 ans 10 mois et 10 jours ! Aladji-Professeur-Président voici ma suggestion SMART (Spécifique, Mesurable, Atteignable, Réalisable et Temporellement définie) du mois pour améliorer un peu votre Sanseman : Prési, je pensais que vous ne pouviez plus m’étonner mais je vois que vos capacités créatives sont illimitées. En entérinant officiellement le coup d’état interne de la cour constitutionnelle et en mettant sur son trône un putschiste vous entreprenez un petit jeu très dangereux pour vous et pour vos compatriotes – je vous demande de l’arrêter tout de suite Yandi. Pourquoi ce « over-kill » inutile d’un subordonné pourtant obséquieux (sauf à une seule occasion et même, car il n’a pas écrit ce discours sans les contributions et accords des autres commissaires) mais surtout sans véritable poids de contestation, ce qui va plutôt desservir vos ambitions éventuelles ? Quand la haine et la volonté aveugle de se venger en humiliant son adversaire prend le dessus sur le raisonnement d’un homme politique il se transforme progressivement en…Satan Touré. Une fois encore vous m’avez enfariné car je soutenais avec un peu de confiance depuis un certain temps que vous étiez trop rusé pour faire une erreur aussi grossière. Je soupçonnais plutôt votre volonté de prolongation de 2-3 ans de votre mandat actuel, à la Tandja « pour finir vos grands chantiers » ou comme Gbagbo et Kabila pour sucer un peu plus longtemps le biberon du pouvoir malgré à tous risques mais regarder où ils en sont aujourd’hui. Et puis de grâce cessez de parler désormais devant la presse internationale comme récemment avec vos arguments pseudo-révolutionnaires des années 60, nationalistes minables, démagogiques, désordonnés et pleins de rancœur complexée pour justifier votre incapacité gestionnaire totale – plus vous en parlerez et plus vous vous enfoncerez. Vous pensez donc que vos compatriotes sont tous des lâches et des matés et voulez donc tester jusqu’à quel point il est possible de leur enfoncer la tête dans le tas de fumier de votre Sanseman, ensuite leur frotter le visage dedans et finalement les obliger à l’avaler ? Un résumé pertinent de cette situation nous est offert par un analyste du site Guineenews.org (Amamdou Tham Camara, le 04 octobre) : « Dorénavant pour le parti au pouvoir il existe un boulevard pour avoir la majorité qualifiée des deux tiers des députés lors des élections législatives prévues au premier trimestre de 2019. Cette majorité étant la condition sine qua non pour entamer la révision de la constitution. C’est un pas de géant qui vient donc d’être franchi pour faire sauter le verrou constitutionnel qui bloque le nombre de mandats du président de la république à deux. Surtout qu’en amont le pouvoir semble avoir anticipé sur toutes les velléités de contestation du projet de troisième mandat. Le ministre de l’administration, le général Bourema Condé – un homme qui a la réputation d’avoir réprimé les militants du RPG, alors opposants du régime Lansana Conté quand il était le sous-préfet de Banankoro – a interdit toutes les manifestations jusqu’à nouvel ordre. L’appareil répressif de l’Etat (police et gendarmerie anti-émeute) est doté des équipements du dernier cri qui ont été exhibés lors du défilé du 02 octobre pour mater toute contestation populaire. Pendant ce temps les contre-pouvoirs existants montrent des signes de faiblesse inquiétants. Le syndicat et les organisations de la société civile sont divisés, les empêchant de faire aboutir la moindre initiative. Les deux opposants les plus populaires ont fait des flirts avec le pouvoir ces deux dernières années qui ont déboussolé leurs militants (avantages de chef de file de l’opposition et de haut représentant du président de la république, accords de partage de pouvoir dans les mairies, etc.). Quant au rempart qu’est la presse le traitement présidentiel est différent. Alors que des journalistes s’exprimant en langue nationale sont choyés car parait-il, écoutés par les 80% d’analphabètes, le bétail électoral pour le troisième mandat, au même moment ceux qui s’expriment en français sont soit snobés soit rabroués. Le chemin semble balisé pour le troisième mandat mais toute la question est de savoir si ce peuple qui a souffert de la présidence à vie de Lansana Conté, acceptera une autre présidence à vie ». Franchement j’ai toujours pensé que vous étiez un piètre homme d’état mais un politicien rusé. Mais même dans ce domaine vous commencez à perdre votre « touch » avec le poids de l’âge: 1) Pourquoi liquider et remplacer Kelefa Sall comme cela ? Les textes de loi sont très clairs et vous pouviez aisément les utiliser pour vous en débarrasser « proprement ». 2) Pourquoi vous contraindre volontairement à un bordel désormais permanent jusqu’en 2020 avec tous les radars internationaux braqués sur vous, en particulier ceux de vos protecteurs en France et ailleurs qui sont surement très embarrassés par cette démarche ? Alors que le mettre discrètement en minorité dans tout vote futur de son institution pour un 3e mandat aurait abouti au même résultat ?  Nous avons vécu ces derniers jours une des conséquences indirectes de ce désormais bordel hors-la-loi permanent avec les élections des maires dans tout le pays suite à vos accords illégaux de partage à deux des mairies en contradiction totale avec la loi électorale et la logique sociale : bagarres, morts et blessures de jeunes civils, destruction des bureaux et de maisons y compris celle de la belle-mère de votre principale opposant, une dame pourtant respectée par tous les habitants d’une ville dont tous les leaders religieux et traditionnels avaient exigés que le corps de son mari ne soit pas rapatrié dans son village natal suite à son décès, afin qu’il soit enterré là où il était adulé de toute la population, dans la cour de son hôpital régional de Kindia qui porte d’ailleurs depuis son nom. Les nouveaux « sages » tordus de cette ville qui ont envoyé des casseurs et des voleurs faire ce sale boulot, y compris déchirer tous les albums, documents et photos de son défunt mari ont-ils oubliés que la majorité d’entre eux ainsi que leurs femmes et enfants sont nés et ont été régulièrement soignés dans son hôpital, sous sa protection ? Peuvent-ils se regarder après cela dans le miroir et aller 5 fois par jour à la mosquée pour implorer le bon Dieu ? Hélas oui, c’est ça la nouvelle réalité de la vie sociale entre communautés chez nous !

Publié dans 2018 | Laisser un commentaire

Une Nouvelle Voie (Septembre 2018) :  les stéréotypes ethniques, les mépris inter-communautaires et le bordel institutionnel forment le trépied du Sanseman

Bienvenue à mon bilan du 33e mois de la Condécratie version 2.0. Je continue mon exploration mensuelle des méandres des décisions importantes pour la Nation prises par nos nouveaux chefs en proposant des pistes de réflexions et d’actions qui pourraient être envisagées pour que le « vrai changement » soit effectif.

  1. Echantillon de paroles et pensées présidentielles du mois:
  • « L’Afrique est en train de se vider de ses forces vives. C’est une nouvelle forme d’esclavage. Je souhaite que l’Afrique ne rate pas la quatrième révolution industrielle. Nous ne pouvons pas le faire sans maîtriser les technologies. L’industrialisation est fondamentale pour l’Afrique qui regorge de matières premières agricoles et minières mais elle a été condamnée par la colonisation à être exportatrice de matières premières et déversoir de produits finis » (le 05, dans une interview avec la presse chinoise lors d’un forum à Pékin).
  • « Je ne vais pas prononcer un discours académique. Les ministres souvent écrivent des discours mais moi je suis un intellectuel. Mais un discours écrit dans un bureau, qu’est-ce que ça à voir avec la réaction populaire ? Voilà Monsieur le ministre ! Il faut qu’ils comprennent, nous devons communier avec les artistes qui sont là pour qu’ils sachent que nous sommes à leurs côtés, leur dire que nous sommes fiers des jeux de kora, de nos gnamakala, de nos hommes-oiseaux, etc. » (le 12, lors de la présentation de notre nouvelle politique culturelle nationale (!)).
  • « Les médecins ne font pas leur travail. Ils savent qu’à partir de 40 à 50 ans la viande rouge n’est pas bonne pour la santé mais ils ne conseillent pas cela aux malades. Quand quelqu’un est atteint  du diabète, il peut vivre 100 ans s’il accepte de changer son régime alimentaire. S’il ne l’accepte pas il y aura beaucoup de conséquences. S’il a des plaies on va être obligé de l’amputer et il va finir par devenir aveugle. Ils doivent avoir des émissions dans des radios pour régulièrement dire aux Guinéens ce qui est bon pour la santé ou pas. Mais s’ils ne font pas  leur travail, il faut dire qu’ils ne font pas leur travail » (le 16, lors d’une visite des mouroirs sanitaires de la capitale).
  • « Les Français doivent savoir que si la Guinée a été en retard, il y a la responsabilité des chefs d’état guinéens mais aussi la responsabilité de la France de l’époque. Ce n’est pas à RFI ou au Monde, que les guinéens ne connaissent même pas, que je vais expliquer ça.  Je suis en contact avec mon peuple, c’est avec lui que je dialogue. Ce n’est pas à RFI que je vais parler de mon bilan, c’est devant mon peuple. S’il y a des gens qui ont le complexe de vous, ce n’est pas mon cas, c’est à mon peuple que je m’adresse.  C’est mon peuple qui jugera mon bilan et non RFI. Je n’ai aucun complexe, je m’adresse à mon peuple dans sa langue… L’histoire de la Guinée ne se ramène pas à la violence. Vous êtes venus avec des idées arrêtées. Je suis choqué de vous entendre dire que la Guinée n’a pas émergé, je suis choqué, franchement. Je suis choqué. ce n’est pas la peine de venir en Guinée, restez en France alors si vous dites que la Guinée n’a pas décollé. Vous êtes très contents d’être au Millenium, à Sheraton, au Palm hôtel ou bien à Kaloum. Aujourd’hui vous êtes très contents d’avoir des hôtels où vous pouvez dormir comme à Paris et vous venez nous dire que la Guinée n’a pas décollé. Mais non Madame, si vous êtes venus avec des idées arrêtées pour présenter une mauvaise image de la Guinée, partez avec elles. Vous êtes venus déformer l’histoire de la Guinée. De toute façon Madame je vais vous dire : ce n’est ni TV5, ni RFI qui va décider du destin du peuple de la Guinée. Vous pensez que peut-être parce qu’il y a beaucoup de chef d’état qui vous courent après, moi le peuple de Guinée sait ce qui se passe chez lui. Je n’ai aucun complexe des journaux français, américains ou chinois, il faut que ça soit très clair » (le 30, interview avec un panel de journalistes français de RFI, TV5 et le Monde à la veille des festivités du 60e anniversaire de l’indépendance).
  • Pour : ça y est, c’est parti pour les conseils et sanitaires et ordonnances médicales du 1e médecin-chef du pays, docteur et professeur de la Sorbonne. Pour le moment les conseils sont corrects même s’ils sont dits dans le langage habituel des garçons de salle hospitaliers.
  • Contre : c’est quand même incroyable de continuer à faire porter les principales causes de notre retard à la colonisation, soixante ans après. En prototype des vieux marxistes parigots des années 60 il est sincèrement incapable de penser à autre chose et ce n’est pas en raisonnant ainsi qu’il aura une chance de ne pas rater la 4e révolution industrielle qu’il nous souhaite tant. Mais le championnat des mensonges d’état du mois semble être remporté par Don Kass-Kass qui nous dit lors du bilan de ses 100 premiers jours au pouvoir : «En terme de reforme on a été classé comme cinquième pays le plus réformateur du monde, ça veut dire qu’en terme de programme de reforme nous avançons, nos lois s’améliorent, nos cadres institutionnels s’améliorent ». Ce type est pire que Donald Trump, Walahi !
  1. Les décisions et actions « positives » du mois :
  • Le 13, le ministre de l’unité nationale et de la citoyenneté a remis les deux premiers « prix national du civisme et de la paix » crée pour l’occasion par le PPAC au caporal  chef Cheick Moussa Soumah et au civil Youssouf Soumah. La semaine précédente ils avaient sauvé la vie d’un enfant de trois ans lors de l’incendie d’un appartement au quartier Yimbaya en haute banlieue de Conakry. C’est toujours une bonne chose de féliciter publiquement les bonnes actions, surtout venant d’un militaire guinéen qui est entré dans une maison sans chercher avant tout à la piller, ce qui est plutôt la norme chez nous.
  • Le 25, un ouvrage collectif de journalistes et chercheurs est présenté officiellement à Conakry et diffusé gratuitement dans les presses nationale et internationale. Il décrit en détail la violence politique permanente qui a rythmé l’histoire de la Guinée de 1954 à 2010 en documentant les faits et analysant les causes et conséquences. L’objectif : ouvrir le débat sur l’histoire du pays. Selon le je journal Jeune Afrique du 25 septembre : « Des exactions commises sous le règne de Sékou Touré au massacre du 28 septembre 2009 en passant par la prise de pouvoir du capitaine Moussa Dadis Camara ‘ Mémoire Collective – Une histoire plurielle des violences politiques en Guinée s’attache à retracer dans ses moindres détails les drames ayant entaché les décennies qui ont suivi l’indépendance du seul pays africain à avoir dit « Non » à De Gaulle le 28 septembre 1958. Archives, témoignages inédits – de bourreaux comme de victimes – photographies, analyses, reportages, reconstitutions… L’ouvrage publié le 25 septembre 2018 et disponible en intégralité sur internet est le fruit d’un travail au long cours mené par des journalistes de RFI, des chercheurs de la fédération internationale des ligues des droits de l’homme (FIDH) ainsi que des universitaires guinéens français et américain, sous la coordination de Laurent Correau, rédacteur en chef Afrique à RFI ». Enfin une action concrète et positive de notre société civile, le seul pouvoir qui puisse encore résister au PPAC en Guinée.
  • Pour : concernant ce livre sur les violences nationales, puisque entre nous Guinéens c’est toujours les visières et les analyses émotives et biaisées, bien que ceux qui défendent encore nos dictatures ne représentent plus rien sur l’échiquier politique national, il est bien quand même que ce travail soit coordonné et mis en page par des universitaires étrangers sans intérêt personnel direct à nos misères nationales. Le même petit groupe habituel de grognards, composé de la demi-douzaine de dinosaures grabataires, des dizaines d’enfants et petits-enfants de tortionnaires et princes de la révolution et d’une petite bande d’indécrottables extrémistes révisionnistes à visées hégémoniques, ont beau crier et pleurer sur certains médias locaux, tout s’est passé comme sur des roulettes à Conakry. Il ne leur reste plus maintenant qu’à écrire leur livre de démenti historique, si bien sur ils peuvent trouver au moins un seul d’entre eux capable d’écrire plus qu’un commentaire de quelques phrases approximatives sur un site d’information.
  • Contre : concernant nos 2 premiers médaillers du civisme les prix consistaient en un drapeau national et une petite enveloppe de francs glissants. Les pauvres auraient nettement préféré l’obtention directe de la nationalité française et un boulot garanti chez les pompiers de Paris mais c’était quand même un peu trop demander. Et pourtant le malabar en treillis ressemble comme un frère à « Spiderman Gassama » de Paris mais bon, nous on a déjà coupé le cordon ombilical (non financier) avec les colons donc cela n’a pas été possible.
  1. Les décisions et actions « négatives » du mois :
  • Le 03, le volet recettes de la loi des finances rectificative 2018 est adopté par notre assemblée nationale. Parmi ses spécificités typiquement guinéennes on constate le renouvellement des lignes budgétaires réservées pour la haute cour de justice et le haut conseil des collectivités locales (2,5 milliards GNF pour la première et 3,5 milliards GNF le pour le second). Le problème c’est que ces 2 institutions n’existent toujours pas et ne sont pas près de l’être surtout la 1e qui est la seule institution capable de juger notre président et ses ministres. Bref encore une bonne affaire pour ceux qui ont réussi à imposer une nouvelle fois cette saignée financière garantie 100%.
  • Le 03, le HRC publie un rapport sur l’immigration irrégulière en Europe où la Guinée fait de nouveau parler d’elle : sur la « route »espagnole où les arrivées sur les côtes ont bondi de 130% sur les sept premiers mois de l’année par rapport à la même période l’an dernier (27.600 personnes contre 12.100), les pays d’origine les plus représentés sont la Guinée (3.100), le Maroc (2.600), le Mali (2.200), la Côte d’Ivoire (1.200) et la Syrie (1.000). En pourcentage de la population totale nous sommes nettement le premier exportateur de la misère des enfants du continent.
  • Le 04, nous apprenons sur la radio Espace FM que 21 millions USD ont été détourné  à la banque centrale (BCRG) selon une source interne (et anonyme bien sur). Ces fonds proviendraient  de ponctions régulières faites sur les montants à transférer par la compagnie privée MSS (appartenant à un mauritanien pote du boss et associé au fils du ministre de l’administration du territoire) aux Citibank et Standard bank à Dubaï. Il semblerait que cet argent aurait en partie servi entre autres à financer une autre société privée spécialisée dans la production d’or basée en Haute Guinée. Une enquête plus détaillée a été publiée par le journal en ligne spécialisé français LDC (Lettre Du Continent).
  • Le 04, un redoutable complice religieux du PPAC, l’autoproclamé chef de la Basse Guinée Sekhouna soumah se fait le relais de la pensée profonde de ses mentors actuels qui lui remettent parfois des enveloppes financières de subsistance ces jours-ci: Il ose dire devant la presse locale : « Je vous dis tout d’abord que le choix fait à Kindia pour le maire n’est pas dans la logique, la loi n’a pas dit d’arranger un vote entre des protagonistes. Si tel a été le cas le gouvernement s’est trompé. En second lieu Kindia est la capitale de la Basse-Guinée, point commun de tous les soussous. Si le gouvernement indique qu’un peulh doit diriger cette commune sans faire l’inverse à Labé ou à Kankan cela prête à la confusion.  Peut-être s’il peut y avoir un arrangement c’est pour une autre commune et non pour la capitale de la Basse-Guinée ». La course aux propos éthiques haineux en public prend un nouveau coup d’accélérateur. Le lendemain d’ailleurs le coordinateur de la coordination peule (Halli Pular) décroche sa salve visant directement la nationalité « usurpée » du PPAC. Pour les nombreuses coordinations mamayesques de la Haute Guinée c’est déjà une norme établie depuis longtemps. Dommage qu’il n’y ait presque plus de « sages » et de chefs religieux respectables dans notre pays.
  • Le 06, les vérités sur les magouilles électorales systématiques et cachées du pouvoir commencent à sortir, comme toujours à moyen terme dans des cas pareils. Le directeur des opérations de la CENI, Etienne Soropogui, sentant surement son éviction très prochaine de cette mangeoire, révèle ses petits secrets de polichinelle : « Les magistrats ont reçu assez de pression pour annuler les résultats par endroits. Tout ça n’est pas bien, on ne peut pas revenir après pour parler de paix et stabilité quand à un moment donné on ne prend pas de la hauteur pour laisser les gens faire leur travail. Les magistrats ont été assez menacés et la pression venait du pouvoir en place. On sait comment ça fonctionne, on a demandé aux magistrats de faire des choses qui n’étaient pas bien par endroits. Certainement il ne fallait pas le dire mais le moment est venu de le dire. Ils ont été assez bousculés. Finalement ils ont fait des réaménagements par endroits. Nous sommes devant cette situation, 5 à 6 mois après les élections communales nous ne sommes pas capables d’installer les conseils communaux. Je crois que ce n’est pas bien pour notre pays ». Merci quand même pour cette confirmation tardive de la pourriture de votre CENI et du système judiciaire dans le Sanseman du PPAC.
  • Le 06, lors d’une interview sur la RTG pour faire le bilan de ses 100 premiers jours Don Kass nous donne une justification intéressante sur le dossier de la disparition de 21 millions USD de la banque centrale : « J’ai lu un papier prétendant qu’il y a eu un scandale financier à la BCRG. La BCRG ne peut pas se comporter de cette façon qu’on vous a décrite. Pour des raisons données les banques suisses ont décidé d’arrêter leurs relations avec certains pays d’Afrique dont la Guinée. Donc il fallait trouver des partenaires pour transporter notre argent ». Quelle argumentation convaincante venant d’un type ayant obtenu 2 doctorats en 3 ans aux USA ! La question principale maintenant est de savoir pourquoi les banques suisses ont décidé d’arrêter complètement toutes relations avec les autorités guinéennes ?
  • Le 07, un journaliste demande au ministre chargé de l’administration les raisons du retard de l’installation des conseillers communaux élus depuis février dernier ? Sa réponse est à couper le souffle : « Le PM a dit que ce retard est dû au retour des pèlerins de la Mecque ». Don Kass-Kass  lui aurait dit qu’il y a des candidats aux postes de maires de certaines localités qui sont allés à la Mecque pour accomplir leur pèlerinage ! Et Don Kass-Kass en rajoute une couche : « D’abord je voudrais vous faire observer que même si l’approche est cavalière et la méthode est mauvaise on peut se réjouir du fait que  ça fait des économies de morts, économies des blessés, ça fait des économies de casses de maisons, casses de magasins. Pour moi c’est cela l’important ». On est vraiment mal barrés avec ces 2 farceurs au sommet de notre administration.
  • Le 07, le ministère de la fonction publique publie les résultats provisoires du recensement et de l’identification biométrique additionnelle des fonctionnaires. Selon son porte-parole « 35.293 fonctionnaires, pensionnés civils et agents contractuels temporaires sont introuvables. Sur un total présumé de 91.095 seuls 55.802 ont été retrouvés. Pourtant ils perçoivent régulièrement leurs salaires ». Et ça ce sont les résultats après le 6e recensement/identification biométrique des fonctionnaires depuis 2011. Imaginez donc la situation réelle dans la masse pléthorique totale de fonctionnaires de l’administration.
  • Le 12, après leur lettre de défiance à leur chef de la semaine dernière, les huit conseillers de la cour constitutionnelle annoncent la destitution de leur président Kéléfa Sall dans un document de trois pages d’une légèreté abyssale de justifications légales. Ce document a été remis à l’assemblée nationale avec copies aux médias. Interrogés sur la légalité de leur texte ils répondent : « C’est la majorité souveraine qui s’est exprimée ». Ceci est leur 2e tentative de le faire, la première ayant lamentablement échouée il y a quelques mois. Il faut quand même préciser que parmi ses « crimes » leur ex-président avait osé dire publiquement le 14 décembre 2015 lors de la 2e intronisation pour le dernier mandat du PPAC: « Ne nous entourons pas d’extrémistes, ils sont nuisibles à l’unité nationale. Évitez toujours les dérapages vers les chemins interdits en démocratie et en bonne gouvernance. Gardez-vous de succomber à la mélodie des sirènes révisionnistes car si le peuple de Guinée vous a donné et renouvelé sa confiance il demeure cependant légitimement vigilant ». Il venait de signer le démarrage d’une haine maladive et d’une promesse de vengeance humiliante du PPAC suffisante pour expliquer son silence et son plaisir actuel dans cette crise. Néanmoins ne faisons pas de cette nouvelle pagaille juridique un facteur pour faire de Kéléfa un héros national : il a accepté sans dire un mot les résultats truqués de toutes les élections depuis qu’il a été nommé. Par exemple il savait parfaitement les pressions lors des communales faites sur tous les magistrats qu’il connait bien personnellement. Si Soropogui qui n’est pas magistrat le savait, à plus forte raison lui. Pourquoi n’a-t-il pris alors son courage a deux mains, surtout que le PPAC ne peut pas le toucher avant son départ, pour rejeter les résultats (comme au Kenya) ou démissionner pour marquer le coup et l’histoire ? Alors là on aurait pu lui tresser des couronnes. De plus même si le PPAC décidait de se présenter de nouveau Kéléfa ne serait qu’une voix parmi 9 commissaires de la cour et selon la loi son vote n’est pas éliminatoire. Donc en cas de tentative de révision de la constitution son seul choix aurait été de démissionner et on a déjà vu sa détermination dans les cas passés. La question fondamentale qui mérite une réponse professionnelle est donc : juridiquement Kéléfa Sall peut-il tout seul empêcher l’assemblée nationale majoritairement RPGiste d’appeler à une révision constitutionnelle et de l’obtenir ensuite par référendum interne ou général, sachant bien qu’il ne démissionnera surement pas ?
  • Le 14, une manifestation des jeunes de la préfecture de Mandiana tourne une nouvelle fois au drame humain. Une petite bande de jeunes et d’adolescents en colère contre le non tenue des promesses présidentielles au sujet de l’enclavement de leur préfecture ont pris d’assaut les rues dès 06 heures du matin. Ils manifestaient contre la dégradation des routes et réclamaient la reconstruction de leur « maison de jeunes ». Le préfet leur répond en lâchant ses miliciens armés et au final on compte un mort et une dizaine de blessés par balles. En réponse les jeunes pillent et brûlent la résidence du préfet et incendient un véhicule dans sa cour. Et pourtant au départ ils ne faisaient que hurler des slogans anti-Sanseman et brûler des T-shirt du RPG. Toujours ces mesures disproportionnées pour de simples protestations pourtant justifiées. Et dire que les mêmes étaient entrain de chanter et danser avec Don Kass-Kass deux semaines auparavant pour applaudir les merveilles réalisées par ce Sanseman ! Il est vrai que quelques petites enveloppes de 50-100.000 GNF distribuées largement la veille des visites officielles refroidissent toujours les ardeurs belliqueuses de nos protestataires affamés et paumés.
  • Le 20, nous apprenons sur plusieurs sites d’information locaux qu’un leader politique allié du pouvoir et cireur de pompes du PPAC et son épouse ont été inculpés officiellement à Dallas (Texas) de cinq chefs d’accusations par le procureur du district fédéral nord du ministère de la justice des États-Unis. Ils sont inculpés pour « travail forcé, hébergement illégal d’étranger pour des gains financiers et complot en vue de commettre des travaux forcés et d’abriter des étrangers en situation illégale ». Il est également accusé d’avoir menti au FBI en faisant de fausses déclarations à un agent fédéral. Selon le communiqué du ministère américain de la justice « S’ils sont reconnus coupables de travail forcé les accusés encourent une peine maximale de 20 ans de prison, une amende de 250 000 dollars et une restitution obligatoire. S’ils sont reconnus coupables d’hébergement d’étrangers en situation illégale, les accusés encourent une peine maximale de 10 ans d’emprisonnement et une amende de 250 000 dollars ». Pas étonnant vu qu’il est le leader d’un parti qui prône la lutte pour la pauvreté dans l’esclavage. Une bonne chose quand même pour la jeunesse qui n’aura plus à l’écouter s’égosiller et se ridiculiser publiquement sur les TV et radios locales.
  • Le 21, c’est une brève escapade pour le boss à Bamako pour participer au 58e anniversaire de l’indépendance du Mali. Et pour nous présenter en même temps son nouveau jet Gulfstream mis à sa disposition par ses nouveaux partenaires en affaires turcs Erdogan/Albayrak. Un petit remerciement pour l’offre généreuse sans commune mesure de notre port national sous la table ?
  • Le 25, au mépris de la constitution et de tous les articles de loi de la république les 8 commissaires frondeurs  (en fait 7 car un de ceux cités dans la lettre n’a pas signé le 1e document) élisent en cachette leur ancien vice-président (Mohamed Lamine Bangoura) au poste de nouveau président de la cour constitutionnelle. Sans la présence du président destitué par eux il y a deux semaines ni le greffier en chef de la cour (Daye Kaba), tous deux non invités à cette réunion. Les frondeurs ont passé outre les dispositions pertinentes de la loi qui disent que la condition sine qua non pour la destitution d’un membre de la cour constitutionnelle est la commission d’un parjure, d’un crime ou d’un délit. Donc ils se sont de fait comportés en accusateurs, procureurs, juges et exécuteurs de leur procès contre leur chef hiérarchique ! Il est évident que ceci ne peut avoir été fait sans l’aval au minimum verbal des présidents de la république, de la cour suprême et de l’assemblée nationale sinon ils auraient tous dormi en taule cette nuit-à.  Ensuite ils ont obtenu le retrait de sa garde personnelle honorifique (5 chimpanzés avec des bérets rouges). Tout le monde attend maintenant la suite : la conférence de presse le 01 octobre du président déchu et surtout la cerise finale sur le gâteau : le PPAC prendra-t-il un décret comme le prévoit l’article 3 de la loi organique de cette cour pour confirmer l’élection du nouveau président de la cour constitutionnelle ? Le bordel du Sanseman prend encore un sérieux coup d’accélérateur et tous les observateurs de la fin de règne se lèchent déjà les babines à regarder tous ces loups s’entre-bouffer sans plus aucune retenue.
  • Pour : comme chaque mois, R.A.S…
  • Contre : extrait de l’article du journal LDC : « Rédigé par le colonel Moussa Tiégboro Camara, patron de la répression des crimes économiques et du grand banditisme ce document confidentiel dont nous avons pris connaissance met directement en cause la haute hiérarchie de la banque centrale (BCRG) ainsi que la société Managed Security Services-Sarl (MSS-Sarl), chargée de convoyer vers Dubaï les devises en dollars de la Guinée pour le compte de la BCRG. Le rapport évoque l’existence d’un circuit parallèle qui permettait à certains de placer les dollars de la BCRG sur des comptes privés, où ils généraient des intérêts significatifs. L’argent ainsi dégagé était utilisé pendant plusieurs mois pour alimenter des investissements privés, notamment dans le commerce de l’or, avant d’être reversé, en totalité ou en partie, sur les comptes officiels de la BCRG. MSS-Sarl a ainsi investi plusieurs millions $ dans une mine d’or à Mandiana. Le passif de ces opérations s’élève pour l’Etat à près de 20 millions $ (17,3 millions €), non restitués à la BCRG par les convoyeurs de fonds et leurs complices. Créé le 14 mars 2013 à Conakry, MSS-Sarl est détenu à 90% par un homme d’affaires mauritanien, Yacoub Abdallahi Sidya, qui a quitté précipitamment la Guinée, mi-août ainsi que par le commerçant guinéen Amadou Dioum (7%) et un étudiant de 24 ans, Namory Condé (3%), qui n’est autre que le fils de l’actuel ministre de l’administration du territoire et de la décentralisation, le général Boureima Condé». Ainsi des petits malins locaux ont réussi à voler notre voleur national, le PPAC. J’imagine déjà sa colère et ce qui va se passer s’il les attrape. Il n’y a rien qui fasse plus mal à un voleur que de se faire prendre à son propre jeu. Ceci confirme une nouvelle fois ce qui se passe dans la gestion opaque des finances publiques mais où personne n’y peut rien. Un compatriote bien informé (Rahim, le 10 sur Guineenews.com) nous donne certaines précisions : « Pour avoir un marché en Guinée les entrepreneurs promettent 10 à 20% du montant du projet aux décideurs. Les entrepreneurs se réservent une marge de bénéfice de 30% du montant du projet. Une fois le projet signé et afin que les ‘‘décideurs’’ puissent récupérer leurs 10 à 20% une autorisation de paiement pour démarrage est émise sans aucun avis d’ouverture de chantier. C’est pourquoi tous les projets en Guinée sont soit bâclés si l’entrepreneur est ‘‘sérieux’’ soit arrêtés ». On va où avec ça ? Concernant la crise à la cour constitutionnelle je suis persuadé que le PPAC est ravi de ce coup d’état interne surtout parce qu’il connu pour être très vindicatif. Il attendait de lui rendre sa monnaie d’humiliation publique depuis 2016. Mais penser qu’il avait besoin de ça pour le neutraliser est à mon avis exagéré. Par ailleurs Kéléfa n’a pas la réputation d’une colombe immaculée dans le système judiciaire national. Son seul fait d’arme a été sa phrase judicieuse sur les « sirènes révisionnistes » en décembre 2015. Avant cela et après je n’ai pas entendu parler d’un seul autre fait remarquable, plutôt le contraire. Il faut bien le dire car de trop nombreux compatriotes, en particulier des vrais patriotes de la diaspora, affirment avec conviction mais à tort que Kéléfa est le seul magistrat « propre » du pays qui va à lui tout seul empêcher un 3e mandat du PPAC. Il est important de le leur rappeler par exemple que le tiers des commissaires sont des tricheurs sur leur âge, le minimum légal pour occuper cette fonction étant de 45 ans, mais il a pourtant accepté de siéger plusieures fois en plénière avec eux. Il est donc en partie responsable de ce qui lui arrive de leur part. Je ne parle même pas de son autorisation complice  des pires contournements de la loi par le PPAC et en particulier la nouvelle loi électorale qui va fausser toute les élections à venir au profit démesuré du RPG et de l’UFDG.

 

Tic-tac, Tic-tac, la montre tourne ; aujourd’hui est le 2839e jour de l’ancien « Guinea is back » et du nouveau « changement radical » – déjà 07 ans 09 mois et 10 jours ! Aladji-Professeur-Président voici ma suggestion SMART (Spécifique, Mesurable, Atteignable, Réalisable et Temporellement définie) du mois pour améliorer un peu votre Sanseman : Prési,  depuis 2010 vous avez réussi à réveiller tous les vieux démons des mépris inter-communautaires de votre mentor Satan Touré. Nous ne vous oublierons jamais pour cela. Certains de ses thèmes ethnocentriques qui étaient de nature à compromettre la quiétude parmi nos communautés sont de retour, d’abord dans votre bouche et depuis dans celles de nombreux politiciens et imams tordus. Vous savez la manière habituelle de raisonner chez nous : «  le chef a fait pour lui, alors pourquoi pas moi aussi ? ». Faites un peu pour diminuer votre crédit historique dans ce domaine, Yandi ! Un compatriote anonyme sur le site Kababashir.com décrit parfaitement votre comportement nuisible : « Il est le géniteur tout désigné des clivages ethniques en Guinée. Il a distillé les semences depuis son arrivée au pouvoir en 2010. Depuis, rien ne s’arrête. Aujourd’hui c’est Kindia qui polarise toutes les attentions. Les acteurs ? L’imam de Tafory et le Sékhouna Soumah. Il est temps, grand temps pour l’élite basse-côtière d’intervenir avant qu’il ne soit tard. Le patriarche de Tanénè dit que Kindia est la capitale de la Basse Côte, c’est pourquoi on ne peut pas accepter qu’un peul y soit maire. Il n’a rien compris ni de la géographie ni de la démocratie : Kindia étant une ville frontalière de la Basse-Côte et du Fouta, il y a des villages entiers peuls et des villages entiers soussous qui appartiennent à cette région administrative de Basse Côte. Il y a des peuls originaires de cette région comme des soussous originaires de cette région. Le Kountigui lui-même a dit qu’en convoquant toutes les localités de la Basse Côte, Télémilé également y était. Or Télémilé est une ville du Fouta. Elle a juste été rattachée administrativement à la Basse Guinée, comme Dabola et Dinguiraye sont aujourd’hui rattachées à la Haute Guinée administrativement alors qu’elles sont essentiellement peules. Mais Alpha Condé a tout bonnement violé son serment : respecter, faire respecter et appliquer la constitution et les lois de la république. C’est pourquoi chacun parle au nom de la justice, au nom du président, au nom de ci et de çà. C’est bien cela une république en lambeaux ! ». Vous n’avez pas le droit de laisser dire impunément de telles inepties par quelques vieux grognards connus même dans leurs quartiers pour leur opportunisme et leur manque de moralité sans les appeler à la raison et au silence immédiatement et énergiquement.  Les laisser mobiliser quelques centaines de jeunes surexcités grâce à des enveloppes financières aura des résultats finaux calamiteux dans nos villes urbaines et rurales ? La seule preuve que nous pourrions comprendre (sans l’accepter pour autant) serait que la grande majorité des Kindiakas rejette le nouveau maire, que la population sorte par dizaines de milliers pour refuser son investiture. Et ça ne sera surement pas le cas car ce sont eux qui l’ont élu à la majorité des voix de la ville et qu’il la dirigeait déjà  avec ce machin de délégation spéciale depuis plusieures années sans aucune réaction épidermique d’origine communautaire. Vous comprenez maintenant l’escalade potentiellement catastrophique que vous laissez se développer doucement avant votre départ en 2020 ? Alors il faut absolument y mettre fin avant cela. Ce sera une réalisation 1000 fois plus importante pour le pays et pour vous-même que votre promesse de barrage Souapiti qui sera forcement bâclé comme précédemment pour le barrage Kaléta si vous  forcez démesurément la cadence pour des objectifs uniquement pré-électoraux avant cette date-là. Boss, un de mes compatriotes a bien défini votre Sanseman ce mois-ci : «  Dans tous les pays au monde, il y a une mafia mais en Guinée c’est la mafia qui a un pays  ». Ayez pitié un peu de nous maintenant, pardon !

 

Publié dans 2018 | Laisser un commentaire

Une Nouvelle Voie (Août 2018) : youpi, on aura bientôt nos nouveaux maires – le pays est sauvé !

Bienvenue à mon bilan du 32e mois de la Condécratie version 2.0. Je continue mon exploration mensuelle des méandres des décisions importantes pour la Nation prises par nos nouveaux chefs en proposant des pistes de réflexions et d’actions qui pourraient être envisagées pour que le « vrai changement » soit effectif.

  1. Echantillon de paroles et pensées présidentielles du mois:
  • « Il faut qu’on se dise la vérité, le RPG Arc-en-ciel a perdu un peu de sa superbe, il est un peu affaibli. Pourtant le parti est comme la colonne vertébrale, s’il n’existe pas il n’y aura personne. Il faut qu’on intègre les jeunes de 20 à 30 ans dans le parti. Si vous vous êtes battus pour le parti aujourd’hui votre âge ne vous permet pas de travailler comme par le passé, il est mieux que vous passiez le témoin à votre enfant… Mais les gens se battent pour avoir des postes de décision. J’ai dit que je me battrai pour sortir les femmes dans la pauvreté. Je n’ai pas dit que je ferais de tous vos enfants des ministres, des directeurs, des préfets  et autres. On va restructurer le parti pour qu’on aille au congrès. Alors battons nous pour donner la force à notre parti. Ceux qui parlent aujourd’hui qu’ils sont malinkés, où ils étaient quand on battait les malinkés. Ceux qui parlent aujourd’hui qu’ils sont soussous, où ils étaient quand on battait les soussous. Ils étaient tous dans des trous. Comme ils détournaient hier, le fait qu’on ait mis fin  à cela c’est pourquoi ils sont en train de crier. Jamais le RPG n’a été plus fort que quand j’étais en prison. Tout cela c’est grâce aux femmes et les jeunes aussi doivent pendre exemple mais ils sont trop pressés » (le 11, lors de la mamaya hebdomadaire de son parti).
  • « Quelle est la situation du port ? Le chainage est à 9 mètres 50, ça veut dire que les gros bateaux sont obligés de faire le transport à Dakar ou à Abidjan pour mettre dans les petits bateaux pour venir ici. Pourquoi notre port est plus cher que Cotonou et Abidjan alors qu’ils sont plus loin ? A chaque fois on m’appelle pour me dire président mon bateau est bloqué, on l’a sorti, on a fait rentrer un bateau de fer, un bateau à béton – non ! On a fait rentrer un bateau de farine. Voilà les vérités qu’on ne vous dit pas sur la réalité du port parce que beaucoup de personnes ne veulent pas que la Guinée aille de l’avant puisque ce qui les intéresse c’est de piller le pays à leur profit et ils s’en foutent de ce qui est bien pour le pays. Le marché que les Turcs ont envoyé fait 90 millions de dollars et leurs grues peuvent prendre 100 tonnes, les remorqueurs de 30 tonnes. Vos grues ont combien de tonnes ici, remorqueurs combien de tonnes ? Alors d’ici trois ans notre port n’aura rien à envier au port d’Abidjan ou celui de Dakar. Lorsque nous avons fait venir la centrale thermique ici il a fallu que Bolloré aille emprunter une grue à Abidjan pour venir lever. Aujourd’hui pour faire le transport de vos remorqueurs vous êtes obligés de les envoyer à Freetown. Est-ce que Freetown est plus que nous ? Voici les vérités que vous cachez à la population avec des faux types qui ont mis ce pays à terre. Il y a tout au port, n’importe qui vient, c’est pire qu’un marché alors que le port doit être discipliné. Tout le monde a vu comment était l’aéroport en 2010 et comment il est aujourd’hui. Alors c’est le même changement qui se fera pour le port… D’ici trois ans, la Haute-Guinée, le Foutah, la Forêt n’achèteront plus le poisson à Conakry mais mangeront le poisson produit sur place. Tout ce que nous ferons c’est d’améliorer le système sanitaire pour pouvoir exporter notre poisson en Europe pour que nous obtenions des devises » (le 28, lors d’une brève escale à Conakry, à l’occasion d’une cérémonie de remise de gilets de sauvetage aux pêcheurs artisanaux et aux mareyeuses du port de Boulbinet).
  • Pour : enfin il retrouve la parole et en plus il nous distille des propos à la ADO en nous disant qu’il est vraiment temps que ses amis de combat du parti – mais en s’oubliant – aillent se reposer et jouer avec leurs arrière-petits-enfants. Continuera-t-il comme ADO en profitant du discours de fête nationale du 02 Octobre pour annoncer enfin son départ en 2020 ? Wait and see ! Par ailleurs il y a beaucoup de vrai dans ce qu’il a dit sur la médiocrité et l’absence de capacité et de vision de la mafia qui gérait notre port depuis notre indépendance des Français (mais pas de certains Guinéens).
  • Contre : mais pas un mot par contre sur la procédure mafieuse utilisée pour céder ce port à une autre nébuleuse étatique mais cette fois-ci étrangère. Il suppose que ça ce n’est pas nos affaires – c’est uniquement lui, l’homme-état, qui décide de tout dans son royaume. Le promessomètre présidentiel fait un nouveau bond en avant : la Haute Guinée, la Moyenne Guinée et la Guinée Forestière n’auront plus besoin du poisson venant de Conakry dans 3 ans parce qu’elles « produiront » leur propre poisson ? Vu l’assèchement des cours d’eau dans tout le pays les seules possibilités pour cela seront qu’il prolonge l’Atlantique jusqu’à Kankan, Labé et Nzérékoré ou qu’il nous importe des usines de fabrication de poissons. Mais avec un président qui prononce des phrases comme « le marché que les turcs ont envoyé », comme un commerçant banabana du marché Madina, il ne faut rien espérer de bien pour notre pays.
  1. Les décisions et actions « positives » du mois :
  • Le 08, tard dans la nuit les 2 seuls acteurs politiques qui comptent sur l’échiquier sont parvenus à un accord politique qui permettra ainsi de sortir de la crise politique et sociale dans laquelle le pays était plongé depuis la tenue des élections locales du 04 février 2018. Je classe cette décision à la fois dans les actions positives et négatives. Le principal point positif est une mini paix sociale pour quelques mois supplémentaires, les pauvres populations civiles de Conakry et des principales capitales régionales seront épargnées temporairement du racket quasi-journalier des loubards désœuvrés des banlieues. Le 1e exemple est que la marche de l’opposition du lendemain est supprimée à la grande joie des 2 parties : pour le pouvoir parce qu’il échappe à de nouvelles bavures de ses milichiens incontrôlables lorsqu’ils sont lâchés sans laisse dans les rues et pour l’opposition parce qu’elle aurait surement eu droit à une mobilisation honteuse des Conakrykas pour les accompagner dans l’obtention de leurs petits intérêts strictement personnels.
  • Le 09, une convention de concession pour la réhabilitation, l’extension, la gestion, l’exploitation et l’entretien du port de Conakry est signée entre l’état et l’entreprise turque Albayrak Turizm Seyahat Insaat Ticaret SA. Là aussi il y a des effets positifs et négatifs : le coté positif pour les Guinéens d’en bas est que dans le contexte actuel de gestion de toutes les entités publiques et vu notre incapacité quasi-congénitale à gérer toute entreprise génératrice de revenus, la seule solution pour permettre un peu de justice sociale pour la majorité et remettre un peu d’ordre est la signature de concessions à des sociétés privées crédibles et expérimentées MAIS dans le cadre de partenariats public-privé sains et propres. On peut hélas douter que ce soit le cas ici.
  • Pour : l’accord politique du 08 comprend les points suivants : le parti au pouvoir a décidé de concéder à l’opposition la désignation des présidents des conseils de quartier  dans les 26 quartiers et districts réclamés par elle.  Les deux parties se sont également entendues pour la désignation par l’opposition du maire de la commune urbaine de Kindia et des maires de 6 communes rurales insignifiantes (Wondekenema, Dinamou, Djasso, Tchindoye, Mafara et Bissikirima). Par contre la désignation du maire de Dubréka revient à la mouvance présidentielle. Pour les autres communes d’intérêt national qui font aussi objet de litiges (Matoto, Matam, Ratoma et Dixinn) les maires seront élus conformément aux dispositions légales. Concernant le point sur  l’indemnisation des victimes des manifestations politiques, la délégation gouvernementale a informé l’opposition de l’existence dans la loi de finances 2018 de crédits destinés à l’assistance des victimes et « Les deux parties ont convenu de diligenter la mise en œuvre effective de cette assistance » c’est à dire quand les poules auront des dents quoi. Du coup il ne reste plus comme gueulards que les syndicalistes mais ceux-ci vont aussi très bientôt la fermer avec quelques promesses de postes et de francs glissants sous la table des négociations. Les vrais perdants sont les centaines de leaders de partis politiques quasi familiaux qui pullulent pour rien dans notre paysage politique et ça c’est vraiment une bonne chose. Concernant le port de Conakry je ne sais pas si vous avez déjà eu affaire avec ce coupe-gorge national – moi si ! Pourquoi pensez-vous que les deux qui crient le plus sont le DAAF et de DRH ? C’est parce qu’ils sont les premiers perdants financiers de ce deal dans leurs dos car leurs business mafieux sur les pauvres guinéens vont prendre fin. Quant au chef du syndicat du port il justifie sa rage bêtement devant la presse : « En principe si vous devez faire une concession, comme dans les autres pays chaque travailleur a une maison, des voitures et plus un montant ». Il démontre ainsi quel sont ses frustrations et objectifs réels dans toute cette affaire. Autant il est évident que tout le monde a des doutes sérieux sur où ce nouveau contrat nous mènera il est clair que la gestion précédente était pire que tout. Les ports de Tema et Lomé ont fait une grande partie de leur croissance grâce à la réputation répugnante du port de Conakry pour tous les importateurs des pays enclavés, en particulier du Mali et ceci ne sera jamais combattu à plus forte raison résolu par la direction actuelle. Renseignez-vous sur l’évaluation actuelle des professionnels maritimes guinéens sur la gestion du port container depuis que Bolloré est en place : tous disent que certes ça coûte plus cher mais qu’ils n’ont aucun regret par rapport au bordel professionnel dans lequel ils évoluaient avec nos gestionnaires locaux précédents. Idem pour l’aéroport de Gbessia et nous le constatons tous en l’utilisant aujourd’hui. Est-ce que la société française ADP s’en met plein les poches ? Surement, mais je préfère cela totalement à la situation précédente.
  • Contre : concernant l’accord entre mouvance et opposition c’est comme la fin d’une dispute de recréation entre petits cousins gâtés dans l’école privée de leur grand-père acariâtre. Ce qui est le plus triste c’est que toutes ces décisions si évidentes depuis la proclamation des résultats en fin février auraient pu être prises sans aucun blessé, ruiné et sans dégâts matériels pendant tout ce temps d’attente. Mais les intérêts politiques secrets des deux complices étaient ailleurs, tres loin des nôtres. Concernant le contrat du port de Conakry, le chef de file de l’opposition a donné des détails sur cette autre magouille présidentielle (CDD, le 16) : « Monsieur le président a envoyé son conseiller conduire une mission d’expertise au port autonome en décembre dernier pour leur donner des instructions de livrer tous les documents et de faire visiter l’ensemble des installations du port. Ces gens sont venus, ils ont eu accès à tous les documents, ils ont visité tous les sites et évalué toutes les machines et après ils ont fait une offre. Le 20 mai 2018, lorsque le président est rentré de la Turquie il a ordonné à titre conservatoire le transfert de tous les montants détenus par le port dans les banques commerciales à la banque centrale de la République. Alors de manière très directive ces comptes ont été transférés à l’insu même pratiquement du port autonome et le 9 août dernier Monsieur Alpha Condé a organisé la signature sans délai par le port du contrat de concession du port à Albayrak. Et le 10 août, donc 24 heures après, sous ses  instructions, à 15 heures, sans aucun examen préalable par les services du port le contrat a été signé. Ce que je déplore c’est cette manière opaque, c’est dans les mêmes conditions que le contrat Asperbras a été passé, c’est dans les mêmes conditions que beaucoup d’autres contrats dans le secteur de l’énergie ont été passés. Ce sont des instructions qu’on donne et les marchés sont passés sans aucun appel d’offre, sans aucune transparence ». Vraiment notre PPAC est incorrigible.
  1. Les décisions et actions « négatives » du mois :
  • Le 03, les populations de Siguiri sont de nouveau fâchées avec le PPAC et Don Kass : dans le cadre de l’initiative présidentielle qui consiste à offrir de chèvres rousses venues de Maradi au Niger aux éleveurs guinéens pour les aider à faire plus de rentabilité elles n’ont reçu que 12 chèvres au lieu des 20 promises et en plus en très mauvais état physique en raison des nombreux arrêts prolongés (pour méchouis improvisés ?) avant d’arriver à leur destination finale. C’est vraiment pitoyable que mêmes pour le transport officiel des chèvres présidentielles entre Conakry et leur lieu de destination à moins de 700 km que près de la moitié d’entre elles aient été volées. A chaque arrêt principal les petits boss locaux se débrouillent et détournent une ou deux sans gène, en sachant ne rien craindre ensuite.
  • Le 06, nous découvrons un nouvel exploit du Sanseman : la récente édition de l’indice de perception de la corruption de l’ONG Transparency International montre le classement mondial 2017 de l’équité à travers le monde. L’index utilise une échelle de 0 à 100, où 0 correspond à très corrompu et 100 à très vertueux. 120 des 180 pays évalués ont obtenu une note inférieure à 50 et plus de 50 pays ont obtenu une note inférieure à 30. Les données sont issues d’analyses émanant d’hommes d’affaires, de journalistes et d’organisations civiques. Nous sommes classés 20e en Afrique et 148e au monde – par la queue bien sûr avec une note de 27. Ne réussissent à nous battre que des états en faillite ou en guerre civile ouverte ou larvée.
  • Le 06, un acteur des forces sociales de Guinée, Mr Oumar Sylla balance sur les ondes de évasion TV lors du journal de 20 heures que Don Kas-kas lui aurait proposé 40.000.000 GNF pour qu’il l’aide à saboter le mouvement de l’intérieur. Il est la 2e personne au cours de ce mois à dire publiquement la même chose ce qui fait peser de moins en moins de doutes sur cette pratique surtout quand on connait la réputation légendaire de moralité de l’accusé. Ceci confirme aussi qu’il y a une multitude de « défenseurs du peuple opprimé » dans la société civile et les syndicats qui rôdent les nuits dans les salons des faucons du pouvoir uniquement pour essayer d’empocher du fric et trahir leurs proches – qui d’ailleurs font exactement la même chose chez d’autres bosses. Voilà ce qui arrive quand on recycle les barons de la kleptocratie ploutocrate de Fory Coco dans la gestion ultérieure du pays.
  • Le 07, nous apprenons sur un forum en ligne (Guinepresse.info) que la justice du Mozambique a fait pour nous ce que la notre est incapable chez nous. Un hurluberlu du nom de Oumar Oulada Souaré qui est un guinéen qui vit à Nampula au Mozambique et qui publie régulièrement des enregistrements vidéos ethnocentristes haineuses sur le Net a finalement été réduit au silence dans son pays de crimes. Selon mon analyse il faut surtout dire merci à la justice mozambicaine car ce genre de dénonciations a lieu tous les jours en Guinée mais rares sont ceux qui les amènent en justice. Ceux qui s’y sont hasardés s’en sont sortis perdants, ruinés et endettés à vie par leurs avocats et ensuite les juges des tribunaux dont le seul code est de s’en mettre plein les poches au lieu de condamner les coupables.
  • Le 08, concernant cet accord politique voyons maintenant les aspects négatifs. Il a été obtenu lors d’une réunion informelle et secrète entre les 2 partis politiques qui se partagent exclusivement le pouvoir, sans même inviter à la table de discussion les autres membres du comité de suivi de ces revendications électorales. Ils confirment ainsi qu’ils ont décidé de partager désormais à deux tout nouveau gâteau qui adviendra. On peut donc résumer que c’est un deal entre coquins qui ont fumé le calumet de la paix des complices en duperies. C’est également une confirmation que le consensus est devenu la règle principale de gestion politique, au dessus de la loi qui ne sera utilisée que de manière exceptionnelle.
  • Le 09, avec le décret élevant la directrice de cabinet et un conseiller de Don Kass au rang de ministres de la république le décompte est maintenant de 60 ministres soit 35 au gouvernement et 25 entre la présidence et la primature. Multipliez cela par 15 millions GNF par mois (pour les entrants), carburant à volonté pour toute la famille, gestion exclusive (avec son cousin DAAF) des « dépenses diverses ou prestations diverses non ventilées » du budget annuel du ministère, factures d’eau et d’électricité et abonnements cellulaires gratuits, bolides neufs tous les 2 ans, billets d’avion en business au besoin pour toute la famille et vous comprendrez pourquoi les caisses sont vides et le SMIG à 440.000 GNF (44 euros) par mois.
  • Le 09, pour la convention de concession du port de Conakry voyons maintenant les aspects négatifs : elle est signée entre l’état et la société personnelle du ministre des finances et gendre du président-dictateur Erdogan tout ceci dans l’opacité totale sans cahier de charge publique et sans mise en concurrence officielle. Vu la réputation des gestionnaires principaux du pouvoir d’état turc le partage du butin se fera désormais exclusivement entre les bandes de truands du PPAC et du Sultan Erdogan. Le ministre du transport essaie de justifier bêtement ce contrat sous la table : « Si on devait élaborer un DAO (Dossier d’Appel d’Offres) et un cahier des charges complets pour une installation aussi complexe que le port de Conakry, tenez-vous bien, lancer un DAO, recruter une société d’ingénieurs conseils, sélectionner un adjudicateur, négocier le contrat, discuter les conditions dans lesquelles les financements puissent être mis en œuvre, nous serions partis pour une bonne année. Or nous avons pensé que c’était urgent pour sortir le plus rapidement que possible le Port de Conakry de sa léthargie. Aucune disposition du Code des marchés publics n’interdit le marché de gré à gré. Une société intéressée s’est présentée dans le cadre des relations privilégiées et de confiance qui est entre la Guinée et la Turquie. Donc il était tout à fait normal qu’on signe cette convention ». Son porte-parole justifie le gré à gré de manière encore plus comique : « La présence dans ce secteur de camp et d’équipements militaires ne saurait commander une exigence d’un appel à concurrence qui aurait permis à des entreprises venues de toute part d’y mettre le nez et obtenir des informations qui pourraient nuire à la sûreté extérieure de l’État ». Je n’avais jamais lu un argument aussi ridicule, il parle ici de 5 ou 6 corvettes (en fait des épaves recyclées) offertes il y a belle lurette (sauf pour 2) par nos amis russes et français mais rouillées et inopérationnelles et qui sont protégées par deux tanks militaires sur cale.
  • Le 16, nous apprenons que le nouveau ministre des travaux publics a obtenu le jackpot dans les 100 premiers jours de son magistère : pour un marché portant sur le curage des caniveaux ordinaires et spécifiques, le curage des avaloirs et le transfèrement des produits de curage à la décharge Conakry il a fait cracher 9 milliards 600 millions GNF à nos partenaires européens. Par ailleurs encore par le procédé d’un contrat d’entente directe, un de gré à gré obscure comme une grotte thaïlandaise et en dehors de toutes les procédures normales de passation des marchés publics. Et le résultat est encore plus incroyable, tous les immondices qui remplissaient les fossés ont été transférés pour le moment sur les trottoirs en pleine saison de pluie. Ses coups de pub pour se faire mousser sur Face Book sont habituels mais il oublie de préciser qu’il n’est en fait que le chef de l’équipe d’éboueurs locaux recrutés par la délégation locale de l’UE car elle en a marre de devoir vivre dans notre crasse repoussante.
  • Le 16, tard dans la nuit et en pleine crise sociale renforcée ces jours-ci par le bail du port de Conakry, le boss s’envole pour Ankara sans doute pour rassurer la famille du Sultan Erdogan qui tout était réglé comme prévu et lui remettre en main propre le contrat concocté chez nous. Officiellement il y est pour participer au congrès de son parti AKP (allez savoir pourquoi !).
  • Le 23, le ministre de la défense a inauguré une nouvelle usine d’explosifs et d’armes à usage civil à Boké avec les prévisions (officielles) de production suivantes : « cette usine d’une capacité de production annuelle de 000 tonnes d’émulsions explosives, de 10.000 tonnes d’Anfo, de 3.000.000 de pièces de détonateurs qui donnera lieu à la création de plus de 200 emplois directs et indirects. D’autre part elle permettra aux pays limitrophes de bénéficier d’une offre compétitive en profitant de la présence de cette usine en Guinée. En plus d’être le fruit de la coopération gagnant-gagnant qui caractérise les relations sino-guinéennes cette usine est un exemple concret de la volonté du président de la république de promouvoir l’industrialisation de notre pays. Elle pourrait également résorber certains besoins militaires de notre pays si nécessaire dans le cadre de la défense de l’intégrité du territoire ». Un nouveau cadeau empoisonné chinois mais à la grande satisfaction de tous les bandits de grands chemins et loubards de la région CEDEAO qui poussent comme des mauvaises herbes partout. Finis les fusils de chasse et petits calibres de fabrication artisanale locale – maintenant ce sera bâtons et mèches de dynamite. Et pourquoi pas en coulisses produire des PMAK et autres spécialités communistes chinoises ? Ça va chauffer encore plus dans nos quartiers très bientôt.
  • Le 23, le PPAC débarque dans la station balnéaire huppée de Saly Portudal, à 73 km de Dakar au Sénégal pour quelques jours de vacances estivales peu méritées. Financées sur son budget spécial de la présidence ou sur les 1e retombées financières de ses nouvelles affaires turques ? En tout cas bon repos Presi mais sachez que vos compatriotes continueront à décher au pays en vous attendant de bon pied.
  • Le 24, en mission de promotion du Sanseman en Haute Guinée le PM Don Kass pose la 1e pierre du nouveau centre de danse de la mamaya annuelle à Kankan. Son 1e exemple des grands chantiers promis avec lesquels il nous mènera vers l’émergence en 2020. Il est vrai qu’il est un grand expert reconnu dans ce domaine très particulier de la politique guinéenne. Il devrait aussi reconstruire celui du siège de RPCé qui fonctionne à fond tous les samedis.
  • Le 24, le volet recettes de la loi des finances rectificative 2018 est adopté à la majorité des voix, RPG et UFDG en harmonie totale. Un seul groupe parlementaire, qui a un pied dans les deux tendances politiques, s’est abstenu. Et pourtant, la nouveauté est qu’il montre une baisse générale des recettes de l’état de plus de 10% : contre une prévision initiale de 18.537 milliards GNF les recettes révisées sont estimées à 16.627 milliards soit une diminution d’environ 1.910 milliards. La chute est générale dans toutes les régies : impôts, douane, trésor et secteur minier (!). Bien sur aucun détail chiffré sur les régies privées du PPAC : ARPT (télécoms), OGP (publicité), OGC (chargeurs), port autonome, port conteneur, marine marchande et autres encore mieux cachées comme les redevances des contrats internationaux de pêche maritime et des infrastructures de l’ANAIM (infrastructures minières), les ventes de documents administratifs, les cessions d’action, les autres impôts non ventilables, etc. Ainsi ils creusent et exportent tous les jours plus de nos cailloux rouges et augmentent le prix du carburant de 25% mais l’état fait de moins en moins de recettes – allez-y comprendre quelque chose.
  • Le 27, nous découvrons le rapport 2018 sur la qualité du débit internet sur la toile, un classement publié par la « Worldwide Broadband Speed League ». Il compare la vitesse de téléchargement via des tests réalisés par plusieures institutions et compilés par l’entreprise britannique Cable. Cette fois-ci nous sommes carrément avant-dernier du continent africain et donc du monde, juste avant la Somalie ! Nous avons les moyennes suivantes : vitesse de download pour 2018 de 0,65 (contre une vitesse pour 2017 de 0,85) ; temps de téléchargement d’un film HD de 5 GB de 17h28mn (!) ; évolution de notre classement depuis 2017 : recul de 21 places (!). Le monde avance même lentement partout, sauf chez nous. Selon RFI : « Les experts consultés s’accordent pour dire que l’accumulation de taxes dissuade les opérateurs d’améliorer le réseau. Le gouvernement devrait considérer les communications comme un levier de développement et non une source de revenus ». Allez chercher à convaincre nos responsables locaux qui n’en n’ont rien à cirer et qui ne pensent qu’à s’en mettre plus et le plus rapidement possible dans les poches et les comptes bancaires à l’étranger avant le coulage prochain du navire du Sanseman qui est déjà à l’agonie.
  • Le 29, soit moins de 24h après le retour de ses vacances sénégalaises il repart pour Pékin pour assister à un forum sino-africain. C’est encore une nouvelle preuve de son manque d’orgueil, si typique d’un mendiant : Xi Jinping nous a survolé les 20 et 22 juillet derniers lors de sa visite dans les pays voisins qui comptent vraiment pour la Chine, sans même faire escale pour faire le plein de son jet. A la télé nationale le boss en a pleuré et prié le pauvre ambassadeur chinois local mais celui-ci n’a surement même pas osé en informer son ministre de tutelle de peur de se faire rappeler pour une demande si insignifiante.
  • Le 29, la chancelière allemande Angela Merkel entame sa 2e tournée à forte consonance économique en Afrique de l’Ouest, ce qui du coup nous exclut immédiatement. Les pays visités cette fois-ci seront le Sénégal, le Ghana et le Nigeria. La précédente mission en octobre 2016 l’avait menée au Mali, au Niger et en Éthiopie. L’Allemagne cherche à renforcer sa présence en Afrique en général et en particulier dans la CEDEAO mais uniquement là où des résultats visibles pour ses compatriotes sont possibles, pas où ils sont obligés de financer même le nettoyage des poubelles de la capitale. Personne ne perd son temps à aller voir le cancre flanqué au fond de la classe.
  • Pour : comme chaque mois, R.A.S…
  • Contre : concernant le cretin raciste d’Angola, selon ce site : « Le vendredi 21 juillet deux jeunes peuls attaquent physiquement Oumar Oulada Souaré au marché mais il réussit à prendre la fuite. La tension monte de plus en plus que les gens sont informés de ce qui s’est passé. Après la prière de vendredi la foule se dirige directement chez Oumar pour le lyncher. Il n’est pas trouvé chez lui mais sa femme et ses enfants innocents ne subiront rien de mal de la part de la foule en colère qui est restée sereine. Les responsables de la communauté guinéenne toutes ethnies confondues se donnent la main pour saisir la police contre Oumar Souaré. Avec le concours des responsables malinkés Oumar est finalement localisé et arrêté à 20h et conduit en prison. Vendredi 27 juillet à 10h locales, Oumar Oulada Souaré est entendu par la justice mozambicaine. Après 4 h de temps le verdict tombe : Oumar Oulada Souaré est condamné à 11 mois de prison ferme et au paiement d’une amende d’environ 2.500 dollars ». J’ai eu récemment affaire au pays à un compatriote sans scrupules qui m’a fait une injustice qui plus est inutile pour lui. Après consultation avec des proches avertis des pratiques locales leurs réponses ont été unanime : laisse tomber c’est mieux pour toi car non seulement tu paieras des millions mais en plus tu perdras en justice car il l’a tient dans sa paume graisseuse. En plus il va te discréditer et te salir socialement par ses mensonges devant tout le monde ici. Dégoûté et encore plus révolté j’ai décidé de laisser tomber !

Tic-tac, Tic-tac, la montre tourne ; aujourd’hui est le 2809e jour de l’ancien « Guinea is back » et du nouveau « changement radical » – déjà 07 ans 08 mois et 10 jours ! Aladji-Professeur-Président voici ma suggestion SMART (Spécifique, Mesurable, Atteignable, Réalisable et Temporellement définie) du mois pour améliorer un peu votre Sanseman : grand mangué (chef), prenez exemple sur deux de vos modèles politiques en Afrique, les présidents ADO de Côte d’Ivoire et Jo Kabila de la RDC qui ont promis de ne plus écouter les sirènes révisionnistes négatives qui les entourent. Laissez cette affaire pourrie de 3e mandat car de moins en moins de gens ne vous soutiendra dans ce business. Même le fou furieux du Burundi, Pierre Nkurunziza l’a promis lui aussi ce mois-ci alors c’est vraiment la preuve que cette magouille n’a plus aucun avenir sur le continent. Le blogueur Alpha Mady (Guinee7.com du 08 Août) résume parfaitement la situation actuelle sur notre continent : « Les deux chefs d’état de ces deux pays viennent de lancer des messages forts sur le continent africain. Désormais le virus de la violation de la constitution est sous une menace forte d’extinction venant d’hommes décidés à rentrer dans l’histoire par la grande porte. « Nous devons laisser la place aux jeunes qui ont reçu une bonne formation, comme nous auprès de nos aînés » a dit Alhassane Ouattara à l’occasion de son traditionnel discours de la fête de l’indépendance de la Côte d’Ivoire. Après un suspense qui n’aura que trop duré et des sorties parfois qui laissaient croire qu’ADO aurait des intentions de briguer un troisième mandat qui aurait été inconstitutionnel le président Ouattara ne sera pas candidat en 2020. En RDC c’est au dernier jour du dépôt de candidature pour la présidentielle de décembre que le porte-parole de la majorité présidentielle Lambert Mendé a annoncé la grande nouvelle : le nom du candidat du pouvoir aux élections et ce n’est évidemment pas Kabila. « Il s’agit du camarade Emmanuel Ramazani Shadary, secrétaire permanent du PPRD, né en 1960 à Kabambare, dans la province du Maniema, secrétaire général adjoint, puis actuellement secrétaire permanent du PPRD… »  a-t-il fait savoir à la presse locale et internationale à l’issue de plusieurs jours de concertations. Deux actes majeurs, d’abord pour la réconciliation dans ces deux pays mais aussi pour l’exemplarité dans le respect des principes démocratiques. Si Blaise Compaoré a été contraint au départ en 2014 ces deux chefs d’états décident par eux-mêmes de ne pas faire couler le sang chez eux et de procéder à un changement générationnel dans la gestion de la chose publique. L’un dans l’autre si Alpha Condé tient à ce projet, deux voire trois obstacles se présentent face à lui : l’opposition, la société civile et la pression internationale. En réalité, le numéro 1 guinéen ne pourra pas avoir pour argument « Ouattara est candidat, pourquoi pas moi ? » / « Kabila l’a fait, pourquoi pas moi ? ». Sans oublier les bailleurs de fonds qui ont compris qu’ils n’ont plus de temps à perdre en soutenant les régimes inconstitutionnels dans un monde en perpétuelle évolution. Rendez-vous peut-être le 02 octobre, date anniversaire de l’indépendance de la Guinée, pour savoir ce qu’en pense Alpha Condé ». Boss, lisez bien ce message d’un de vos petits-enfants et pensez-y en faisant écrire votre discours pour cette occasion. Le 02 Octobre sera l’une de vos dernières opportunités de sortir sans trop de bobos de vos 10 ans de gestion amateuriste du pays. Rappelez-vous que le jour de cette indépendance vous aviez déjà plus de 20 ans – sincèrement vous ne pensez pas qu’il est temps d’aller vous reposer ? Boss, il faut chicoter et enfermer tous les grands escrocs qui vous y poussent allégrement à cela. Ils ne font que profiter de votre amour immodéré du pouvoir et de ses facilitées et jouent donc sur cela et sur l’état de vos capacités analytiques qui se réduisent de jour en jour. Tiken Jah Fakoly les décrit bien aussi : « Le meilleur métier aujourd’hui en Côte d’Ivoire et en Afrique c’est la politique. Quand tu soutiens le parti au pouvoir tu reviens le lendemain ou une semaine après avec un véhicule au quartier. En Afrique de l’Ouest ici cela peut être difficile de faire un troisième mandat. Nous allons tout faire pour empêcher de toutes les façons cette initiative. Parce qui si ça commence quelque part cela contaminera les autres. Nous ne sommes contre qui que ce soit, notre souhait est qu’il y ait l’alternance ». Finalement les menaces, quelles soient le lip-service actuel ou les vraies à venir, des Big Brothers seront intenables et soit vous céderez, soit vous décéderez-cadeau, Walahi ! Papy-prési, pardon il faut partir maintenant, sous sommes fatiguuués ! Ce mois-ci on a vu sur les médias nationaux des pauvres parents qui ont perdu leurs 2 enfants de 16 et 3 ans, écrasés par un véhicule de police qui roulait à tombeau ouvert et à sens contraire de la normale. Ensuite il a immédiatement pris la fuite et depuis il est caché et protégé par vos autorités civiles et militaires. Leur seule option possible a été de faire le tour des mosquées pour maudire les assassins de leurs enfants, n’ayant aucune chance de trouver justice devant vos autorités administratives, sécuritaires et judiciaires – juste des montants faramineux à débourser à chaque rencontre avec au final aucune chance de voir la moindre inculpation de ces criminels de sang. La majorité des Guinéens ont une nouvelle devise pour décrire votre Sanseman : « chaque jour nous faisons deux pas en avant vers le Gondwana de Président-Fondateur et trois pas en arrière du Wakanda de Black Panther ». Partez maintenant pardon, laissez-nous souffler un peu avant l’arrivée de notre prochain dictateur…

Publié dans 2018 | Laisser un commentaire

Une Nouvelle Voie (Juillet 2018) : le chinois est mort Yooooh – nous sommes foutus, Walahi !

Bienvenue à mon bilan du 31e mois de la Condécratie version 2.0. Je continue mon exploration mensuelle des méandres des décisions importantes pour la Nation prises par nos nouveaux chefs en proposant des pistes de réflexions et d’actions qui pourraient être envisagées pour que le « vrai changement » soit effectif.

  1. Echantillon de paroles et pensées présidentielles du mois:
  • « ….. »
  • Pour : le PPAC préfère ce mois-ci laisser son nouvel adjoint sortir les perles à sa place. Et pour ça le PM Don Kass est en passe de le surpasser totalement. Elles sont tellement énormes qu’elles mériteraient également une rubrique dans cette chronique, du genre « Notre champion, le Professeur Alpha Condé travaille pour la Guinée. Les Guinéens le regretteront. Ils le sauront après lui. Je ne suis pas un démagogue. Je ne suis pas dans le besoin. le Pr Alpha Condé a sorti la Guinée de l’ombre, il veut en faire un bijou, mais on veut l’en empêcher». Ou bien encore « La Guinée a du potentiel. Nous avons un président qui a vendu très bien la Guinée auprès des partenaires. Nous avons un volume de financement qu’aucun pays de la région ne dispose ». Ou encore « Nous allons établir l’ordre public en Guinée. Entre la loi et l’ordre public qui est la sécurité des citoyens et de leurs biens, je choisis l’ordre public ». Mais la meilleure je vous la garde pour plus bas – on va bien rigoler avec lui aussi.
  • Contre : notre PPAC semble de plus en plus angoissé, fatigué et à court de nouvelles promesses mais Dieu merci (pour lui) Don Kass se positionne de plus en plus comme son dauphin y compris en mensonges fantaisistes et marrants.
  1. Les décisions et actions « positives » du mois :
  • Le 05, la loi organique L016 portant composition de la CENI est amendée par les députés, officiellement à la majorité des présents moins une voix mais en réalité avec 5 voix contre. Dans sa nouvelle mouture elle passe de 25 à 17 membres dont sept de la mouvance, sept de l’opposition, deux de la société civile et un de l’administration. Selon les nouvelles dispositions les partis politiques habilités à désigner des commissaires à cette nouvelle CENI doivent avoir participé aux deux dernières élections nationales (législative et présidentielle) précédant  la mise en place de la CENI et avoir au moins  deux députés à l’Assemblée nationale. Du coup toutes les particules politiques sont éliminées de ce débat. Il ne reste donc que le RPG, l’UFDG et l’UFR. Quel est le bénéfice pour le Guinéen lambda ? On aura 8 magouilleurs en moins pour nous piller officiellement.
  • Le 10, la société civile déclenche une marche pacifique de protestation contre la hausse du prix du carburant sur toute l’étendue du territoire national. Pour la 1e fois depuis des lustres ses démembrements éparpillés semblent avoir réussi à s’entendre et à parler le même langage au même moment d’où leur nouveau surnom de « marche pour la survie organisée par les Forces Sociales de Guinée ». Mais comme d’habitude cette nouvelle entente ne tiendra pas plus de 2 semaines. Il faut signaler qu’en même temps une marche similaire a été organisée à Kindia, Fria (sauf les travailleurs de l’usine bien sur) et d’autres plus petites villes préfectorales mais là il n’y avait aucune force de désordre dans les parages et donc aucun incident lors du parcours et après.
  • Le 23, les forces sociales font taire le ministre de l’administration du territoire et de la décentralisation, Bouréma Condé. Il annonce son intention d’interdire les manifestations sur toute l’étendue du territoire national jusqu’à nouvel ordre. Il l’a dit à la télévision mais je n’ai trouvé aucun texte écrit officiel (arrêté ou décret) à ce sujet – il n’a pas osé aller jusqu’à là. Néanmoins la volée de bois vert a été immédiate non seulement des manifestants (syndicats et société civile) mais aussi des opposants et mieux de son collègue ministre chargé des droits de l’homme et des libertés. Du coup on ne l’a plus vu ni entendu sur ce sujet – il sait jouer au coq dans la basse-cour mais sait aussi que le couteau l’attend s’il essaie de passer à l’acte sur ce sujet.
  • Le 24, la directrice régionale de l’OMS, en faisant le bilan de la fin de la récente épidémie d’Ebola en RDC a lancé des fleurs à l’assistance technique guinéenne dans cette victoire contre la maladie : « Ensemble nous avons vaincu Ebola en moins de deux mois en ayant recours à de nouveaux outils tels que la vaccination des personnes qui couraient le risque d’être infectées par le virus et la mise à disposition de nouveaux médicaments. Le vaccin s’est avéré efficace pour assurer une protection contre le virus Ebola lors d’un essai réalisé en Guinée en 2015. Fort de cette expérience, 34 agents de santé du ministère guinéen de la santé sont venus en RDC apporter une aide aux 50 agents congolais formés par l’OMS dans le cadre de la vaccination dite « en anneau ».  Il y a eu un important transfert de compétences. La Guinée a déployé des dizaines d’experts qui ont travaillé en collaboration avec leurs homologues de la RDC et partagé leur expertise, ce qui a permis à Kinshasa d’organiser une riposte efficace tant à l’intérieur de ses frontières qu’au-delà de celles-ci ». Comme quoi des fonctionnaires sérieux, compétents et expérimentés existent bien au pays mais ils ne peuvent le prouver hélas qu’une fois à l’extérieur. Chez nous ils sont plutôt craints et mis à la touche par les incompétents qui nous gèrent depuis 60 ans.
  • Pour : une des nouveautés de cette loi sur la CENI est que les futurs commissaires devront avoir au minimum un Bac+3, être âgés au moins de 30 ans et avoir une expérience électorale (!). Par ailleurs selon le nouveau texte le ministère de l’administration du territoire et de la décentralisation s’occupera désormais de la partie matérielle de l’institution : matériel roulant et informatique, achat des urnes, isoloirs et autres équipements. La vache laitière des commissaires de la CENI est donc récupérée par le gouvernement, ce qui du coup va rendre ces postes beaucoup moins attractifs pour nos débrouillards locaux. La structure des démembrements a aussi été modifiée pour une meilleure représentativité non seulement au niveau des communes urbaines et rurales mais aussi dans les ambassades à l’étranger. Un chef de particule politique a hurlé sa déception et sa colère dans la presse, surtout parce qu’il a compris que sa femme sera éjectée très bientôt de son siège dans cette institution et qu’en plus il a très peu de chance d’être réélu député en fin d’année. Un député du RPCé le lui a rappelé malicieusement « le parasitage politique c’est fini maintenant »
  • Contre : concernant les marches, villes mortes et grèves générales qui ont animé le pays pendant tout le mois il y aurait surement quelques leçons à tirer de cela. Pour certains quartiers de la haute banlieue de Conakry la situation actuelle de Far West est telle que ces stratégies de protestation sont devenues contre productives en raison des provocations et exactions violentes et permanentes commises sur tout citoyen civil honnête qui s’y aventure. Syndicats et société civile ne posent pas sur la table de négociation le véritable problème qui est l’exportation exponentielle du carburant chez nos voisins parce que nos prix sont inférieurs aux leurs. Pour cela tout le monde connait les responsables : les militaires et les fonctionnaires dans toutes nos préfectures frontalières avec des soutiens qui remontent jusqu’à l’état-major de l’armée et à Satanya à Conakry. C’est hélas l’argument choc du FMI et de Banque mondiale et donc de la communauté internationale pour régler définitivement ce problème qui en plus pénalise et exaspère tous nos pays frontaliers. Leur plaidoyer chez nos big brothers a finalement marché. En somme c’est comme nous dire « puisque vous ne voulez et pouvez pas empêcher vos subalternes de tricher et de voler alors démerdez-vous avec vos habitants mais nous en tout cas nous ne financerons plus cela ». Et à leur place j’aurais fait absolument pareil puisque le pouvoir ferme effectivement les yeux et refuse de mettre fin à cette hémorragie. Encore une fois ce problème et sa solution ne sont qu’un autre signe de la déliquescence avancée du pouvoir en Guinée. Quant à la fumisterie mensongère de « subvention de 760 milliards GNF au peuple depuis 2 ans » du PM et de ses ministres elle est bien expliquée par mon ami Alpha Saliou Wann (20 juillet) : « Il faut savoir d’abord que l’Etat n’importe pas le carburant, ce sont les filiales des multinationales pétrolières de la place qui s’en chargent. Ainsi, selon la structure des prix des produits pétroliers de l’office national du pétrole du mois de juin 2018, les prix d’un litre d’essence et de gasoil rendu au port de Conakry sont respectivement de 5.199 francs et 5.345 francs. L’Etat fixe les marges des distributeurs et des détaillants, ainsi que la péréquation transport. Sur chaque litre vendu, le distributeur gagne 495 francs et le détaillant 285 francs, la péréquation transport est de 440 francs, ce sont des montants forfaitaires. Je rappelle que ce sont les distributeurs et les détaillants qui prennent tous les risques, notamment les investissements, les salaires, les frais bancaires etc. Par contre, l’Etat s’octroie la part du lion avec 1.581 francs/litre pour l’essence et 1.435 francs/litre pour le gasoil. Qui peut parler de subvention, lorsque l’Etat gagne sur chaque litre vendu 1.581 francs pour l’essence et 1.435 francs pour le gasoil? Comme le dit l’adage, « gouverner, c’est prévoir », mais malheureusement, nos dirigeants ne gouvernent pas, ils font le pilotage à vue. Quand les cours du pétrole étaient au plus bas, l’Etat a engrangé des recettes colossales, mais elles étaient exceptionnelles, il fallait donc prévoir leur baisse à la remontée des cours. Ils ont dilapidé ces revenus sans retenue. C’est l’erreur souvent commise par les gouvernements africains, en période de vaches grasses, ils ne font pas des investissements d’avenir, ni ne préparent la période des vaches maigres. L’essence et le gasoil étaient livrés au port pour respectivement 2.982 francs et 2.347 francs, les marges distributeurs, détaillants et péréquation transport restants inchangés, soit 495, 285 et 440 francs par litre. L’Etat gagnait donc 3.798 francs/litre pour l’essence et 4.433 francs/litre pour le gasoil. De juin 2014 à septembre 2017, le gouvernement a largement profité de la forte baisse des cours du pétrole. Comme ils sont habitués à la facilité, avec l’absence de toute réflexion stratégique, ils sont désarmés face au retournement de conjoncture. Maintenant, Ils veulent coûte que coûte faire supporter à la population le fardeau de leur incurie. Ils considèrent comme un acquis définitif le niveau des taxes sur le carburant à minimum 3.500 francs par litre et donc pour eux, toute baisse de ce montant est une subvention accordée généreusement aux Guinéens ». Les mensonges du PM et de ses ministres sur la subvention et donc leur cadeau fait au peuple pendant des années sont ainsi totalement démontés. Ce que je ne peux comprendre c’est pourquoi ce n’est pas le principal argument utilisé par les forces sociales et les syndicats pour s’attaquer à ce problème de manière plus efficace car dans ce cas des solutions existent vraiment : que l’état diminue ses bénéfices directs sur cette vente d’un produit pour lequel il n’a en réalité absolument rien fait et n’a dépensé aucun centime pour l’obtenir. Notre amateurisme légendaire sans doute.
  1. Les décisions et actions « négatives » du mois :
  • Le 02, comme prévu dans ma chronique précédente, la pagaille générale reprend 2 jours après l’annonce de l’augmentation de 25% du prix du carburant à la pompe. Des bagarres violentes éclatent dans la commune de Ratoma entre les jeunes désœuvrés et loubards d’une part et les forces du désordre de l’autre. Déjà la veille dans les quartiers de Sonfonia, Koloma et Petit-Simbaya les mêmes étaient dans les rues pour entamer les réchauffements préliminaires. Par ailleurs nos chefs syndicaux repus des bénéfices personnels engrangés avec Fory coco et le PPAC pour leur fermer la bouche montent au créneau en espérant redorer un peu leurs blasons devant les moutons syndiqués. Résultat ils exigent le retour du prix du litre à 8.000 GNF (très peu probable) sinon ce sera la terreur en ville (grève générale illimitée sans services minimums, marches semi-pacifiques et villes mortes et affamée). Ils ont même le culot de vouloir nous faire croire que le PPAC n’était pas au courant et qu’il est « fâché » avec son nouveau PM pour avoir osé le faire sans son aval. Bien joué cher PPAC – rien de mieux qu’un adjoint punching ball Depuis, 2-3 fois par semaine ce sera effectivement gourdins contre cailloux, gaz lacrymogènes toxiques (plusieurs hospitalisés) et eau chaude des miliciens et rançonnage de tout ce qui bouge par des jeunes loubards dans les banlieues – la routine de Conakry quoi !
  • Le 02, nous apprenons dans la presse belge (le site Leco.be) que l’actuelle ministre de l’agriculture, Mme Mariama Camara est condamnée à 20 mois de prison avec sursis et 12.000 euros d’amende ainsi que de la confiscation d’une partie de ses sous planqués dans des banques du royaume soit plus de 300.000 Euros. Egalement le tribunal correctionnel de Bruxelles a condamné Hubert Fabri, le patron du groupe industriel belge SOCFIN et quatre de ses hauts cadres à des peines avec sursis de 12 mois de prison et 6.000 euros d’amende. Tous ont été déclarés coupables de corruption active dans le dossier de la galaxie mafieuse de SOCFIN, y compris en Guinée. Ils avaient mis en place et organisé un système de corruption pour s’attirer les faveurs des autorités publiques guinéennes dans les années 2000. Concernant notre ministre le tribunal a retenu que « en sa qualité de fonctionnaire publique elle a sollicité auprès du groupe SOCFIN une rémunération et que SOCFIN a proposé un schéma de paiement ». L’ancienne patronne de la filiale locale du groupe (Soguipah) s’occupant du caoutchouc et de l’huile de palme recevait donc 6% du prix d’achat du caoutchouc qui étaient transférés sur son compte via la société WAT (West African Trading), une société-écran basée à Guernesey et détentrice des contrats de commercialisation entre les plantations du groupe. Donc il est évident que les sommes dans ses comptes en Belgique ne sont que des peanuts dans ses avoirs réels planqués. Pour le tribunal « les actes de corruption ont été dissimulés par la convention qui est entièrement fausse ». Il y a une longue brochette de grands corrompus de l’état qui l’accompagnent dans ce jugement et en particulier notre ministre des finances de l’époque, un certain Kassory Fofana, notre Don Kass national, qui aurait entre autre bénéficié (au moins une fois avec preuves écrites) d’un petit cadeau de 50.000 Euros pour couvrir la magouille !
  • Le 09, suite à l’appel du vendredi 06 de l’inter-centrale syndicale CNTG-USTG à une « grève perlée » (!) pour demander la baisse du prix du carburant l’anarchie envahit de nouveau Conakry, cette fois-ci jusqu’à au marché Madina et l’autoroute Fidel Castro soit pratiquement le centre de la capitale. La situation est similaire dans les villes de Labé et Boké. Toujours les mêmes modus operandi et problèmes : des bandes de loubards qui érigent des barricades et exigent des rançons financières pour permettre le passage de quiconque sinon c’est toutes les vitres du véhicule qui explosent sous les projectiles. Du coup les commerçants ferment leurs boutiques par crainte des pillages qui suivent régulièrement. Les policiers et gendarmes se font les plus discrets possibles pour éviter de nouvelles grosses bavures mortelles mais ils doivent néanmoins réagir à certains moments pour justifier leur dure journée de labeur.
  • Le 10, la RTG nous diffuse avec fierté quelques images d’une usine de fabrication d’explosifs et d’armes légères est en cours de construction par une société chinoise dans la commune urbaine de Boffa. Les travaux ont été lancés depuis près d’un an et le chantier évolue à la satisfaction de nos autorités militaires. Bâtie sur une superficie de 9,5 ha, l’usine aura une capacité de production de 60 à 70 tonnes par jour, soit un total de 20.000 tonnes par an. Vraiment nos chefs et journalistes aiment se gargariser de hauts faits nationaux même s’ils ne font pas notre fierté : des chinois viennent ouvrir une usine de fabrication d’armes chez nous tout simplement pour être plus proches de leurs acheteurs mafieux locaux et régionaux et parce que personne d’autre n’est assez idiot pour l’accepter dans ce monde globalisé d’aujourd’hui. De plus ces trafiquants internationaux d’armes savent qu’ils n’ont rien à craindre comme contrôle ou supervision et donc qu’ils pourront doubler voire tripler la production et y tester des armes « sales » pourvu qu’ils arrosent bien quelques poches du pouvoir. D’ailleurs notre ministre de la défense n’a pas manqué de souligner fièrement « en plus cela va permettre de réduire le nombre d’exportations explosives en Guinée » ! Nous serons donc bientôt qualifiés de 1e pays Ouest-Africain fabricant d’armes, une autre 1e place peu enviable. Les milliers de jeunes délinquants et braqueurs du pays devraient organiser une marche de remerciements au PPAC et à Don Kass pour avoir facilité grandement leurs sources et coûts d’approvisionnement de matières premières indispensables à leurs entreprises.
  • Le 14, en plein milieu de la crise sociale généralisée le PPAC s’échappe de nouveau vers New-York pour accompagner les vrais chefs d’états qui vont participer au forum politique de haut niveau pour le développement durable au Nations Unies. Il s’agit d’évaluer les 17 objectifs du développement durable (ODD) qui devraient permettre de construire le futur des 8,5 milliards d’habitants attendus sur la planète dans quinze ans et ainsi de mettre fin à la pauvreté d’ici à 2030. Nous on y va pour les photos d’ouverture et pour les cocktails car nous n’avons en fait démarré aucun d’entre eux.
  • Le 15, l’initiative présidentielle pour relancer l’élevage en Guinée est finalement une réalité : les préfectures de Labé, Lélouma et Gaoual reçoivent chacune 12 chèvres et 4 boucs venus de Maradi au Niger. C’est la concrétisation de la promesse du PPAC de moderniser notre élevage. La remise officielle en grande pompe a été présidée par le gouverneur de la région qui a recommandé aux heureux bénéficiaires d’en faire bon usage.
  • Le 16, Le Gouvernement publie les résultats du baccalauréat unique 2018 avec des chiffres consternants : un taux national de réussite d’environ 27%. Selon le ministère de l’éducation nationale le plus faible taux d’admission a été constaté en Sciences Sociales avec un pourcentage d’admis de 15,70% (5.846 admis dont 1.730 filles sur les 41.336 candidats dont 15.170 filles). Pour l’option Sciences Mathématiques c’est 39,40%, (9.934 admis dont 2.881 filles sur les 27.557 candidats dont 9.427 filles). Pour l’option Sciences Expérimentales c’est 28,06% (5.211 admis dont 1.743 filles sur les 20.335 candidats inscrits dont 8.427 filles). Les pourcentages dans la majorité des préfectures sont inferieurs à 20% (17% pour la région de Boké, l’eldorado minier et de l’émergence d’ici 2020). Je pense que ces résultats parlent d’eux-mêmes sur la situation dans le domaine de l’éducation dans le pays, c’est une véritable photographie panoramique de cet autre gâchis. Quant aux causes vous les devinez aisément et les remettre sur papier nécessiterait une chronique entière avec de nombreuses répétitions.
  • Le 23, le ton se durcit et la répression s’intensifie sur les manifestants contre la hausse du prix du carburant. La marche des forces sociales est de nouveau dispersée violemment avec gaz lacrymogène, eau bouillante et bastonnades. Le siège du syndicat des travailleurs est envahi par des bérets rouges (tiens les revoilà) et l’un des leaders grand gueulard est molesté sur place. De nombreux manifestants sont arrêtés sans ménagement et enfermés par les policiers dans les commissariats de la ville.
  • Le 23, Don Kass nous balance à la télé le meilleur fou-rire du mois : «Il y a cinq ans des Chinois et Coréens étaient partis à Kankan pour l’énergie solaire. Malheureusement tout était prévu, ils ont même trouvé du terrain qu’ils ont déblayé, le chinois est mort. C’était un investissement privé. Ça a tué trois années d’efforts. Sinon Kankan serait dans la lumière aujourd’hui. C’est ça la vérité. Le programme couvrait cinq villes de la Haute-Guinée. C’est moi qui l’avais négocié. 10 mégawatts à Kankan, 2 mégawatts à Dabola, 3 mégawatts à Faranah etc. Toute la Haute-Guinée était couverte. Malheureusement à la dernière seconde le chinois est mort. C’était un investissement privé, les partenaires n’ont pas pu continuer »  Ce buzz nécrologico-comique (Julien Glez, Jeune Afrique du 26/07) est bien moqué sur les plans national et international : « Le Chinois est mort. Depuis son décès la Guinée enregistre une recrudescence de malheurs et de crises sans précédent. Toutes mes condoléances au gouvernement et au peuple de Guinée. Vivement l’arrivée d’un nouveau Chinois pour mettre fin au calvaire des Guinéens ».  Vraiment ce sacré chinois nous a eu et en plus on ne peut rien lui faire car il est déjà mort ! Un hahstag est apparu sur Twitter pour se moquer de notre capo di tutti capi local (#LeChinoisEstMort). Au fait il s’agissait d’un Coréen du Sud, pas d’un Chinois mais pour notre PM, par ailleurs parrain de la coopération Guinée-Chine, toute personne friquée et avec des yeux bridés est forcement chinois.
  • Le 25, nous découvrons le rapport du département d’état des États-Unis consacré au climat de l’investissement dans le monde. Cette année il passe en revue les économies de la RDC, de la Guinée, de l’Algérie et du Maroc. Le chapitre consacré à notre pays résume bien le message qui est désormais envoyé au monde des affaires américains et occidentaux : « le département d’état américain se montre critique vis-à-vis de l’environnement des affaires guinéennes. Premièrement, bien que les lois guinéennes soient en faveur de la libre-entreprise et la concurrence, le gouvernement manque souvent de transparence dans l’application de la loi ce qui laisse de l’espace pour la corruption.  Il n’y a pas actuellement de mécanisme indépendant permettant le recouvrement des créances sur l’état guinéen. Nous doutons en outre de la capacité de la Guinée à appliquer ses lois plus favorables aux investisseurs compromises par un système judiciaire faible et peu fiable ». Imaginez maintenant l’attitude envers notre pays d’une entreprise sérieuse après avoir lu un tel rapport. Je me demande si le PPAC et Don Kass s’en rendent compte en nous promettant l’émergence à court terme ou s’ils se moquent n fait de nous à longueur de discours.
  • Le 29, l’aigle reprend son envol, cette fois-ci vers Lomé, la capitale togolaise. Il doit y prendre part le lendemain au premier sommet conjoint des chefs d’état de la communauté économique des états de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et de la communauté économique des états de l’Afrique Centrale (CEEAC). Le sommet est axé sur la paix, la sécurité, la radicalisation et l’extrémisme violent en Afrique. Les dirigeants du continent devront aussi adopter une déclaration sur la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent. Bref comme d’habitude beaucoup du lip service pour nos rois nègres mais surtout une opportunité en or pour discuter de leurs petits business personnels.
  • Le 31, nous découvrons avec horreur les premières photos aériennes du nouveau pont de Linsan, l’un des plus importants du pays qui relie Conakry et la Basse-Guinée au reste du pays. J’ai l’impression de voir un des montages de légos de mon petit-fils. Les trous et les angles tordus sont si ridicules à voir qu’ils font les délices des amateurs mondiaux du «  #LeChinoisEstMort ». Tout le monde sait que les Chinois sont les plus grands bâtisseurs de ponts à couper le souffle et celui-ci en fera partie, mais dans le pire sens possible. Comme ils le disent si bien chez eux « petit argent – petit pont ». Pas étonnant qu’il ait été réalisé en moins de 3 mois.
  • Pour : comme chaque mois, R.A.S…
  • Contre : Concernant la crise du prix du carburant à la pompe Il faut juste rappeler ici l’argument facile des fuites incontrôlées de carburant par nos frontières que notre gouvernement a offert au FMI et à la Communauté Internationale pour exiger cette hausse de prix. Et je suis sur que cela a été fortement encouragé en coulisse par nos pays voisins qui eux y voient un manque à gagner pour leurs caisses. Ceci n’est bien sûr qu’une des conséquences internationales de la gabegie totale de notre gouvernance. Comme l’a souligné le leader social Sanoh (PCUD), si l’état (donc ses agents) trichait et volait moins il pourrait effectivement subventionner au moins en partie le prix du carburant vu les recettes qui devraient rentrer dans nos caisses et qui devraient être de loin supérieures à celles de la majorité de nos pays voisins. Et d’entendre le ministre du budget dire sans aucune honte à l’AG du RPCé quelques jours après que le gouvernement l’a fait justement pour lutter contre cette fraude aux frontières dont ils sont pourtant les premiers responsables et bénéficiaires, il y a de quoi s’arracher les cheveux. Pendant ce temps que fait notre PPAC ? Il est en visite en Turquie depuis le 08 pour assister au nouveau couronnement du sultan Erdogan.

Tic-tac, Tic-tac, la montre tourne ; aujourd’hui est le 2778e jour de l’ancien « Guinea is back » et du nouveau « changement radical » – déjà 07 ans 07 mois et 10 jours ! Aladji-Professeur-Président voici ma suggestion SMART (Spécifique, Mesurable, Atteignable, Réalisable et Temporellement définie) du mois pour améliorer un peu votre Sanseman : grand boss, tout d’abord Bravo, vous avez enfin compris que la seule manière d’être un chef d’état peinard en Afrique est d’avoir quelques bons fusibles à offrir au peuple-mouton dès que ça chauffe. Et vous avez trouvé l’élu parfait en Don Kass : il fonce comme un taureau dans une salle de porcelaine sociale, intimide et menace inutilement (et contre la loi pour le syndicalistes) tous ceux qui ne pensent pas comme lui, soit 99% des Guinéens. Il n’a pas compris que la chicotte du temps de Satan Touré et de Fory coco ne marchera plus jamais face à la jeunesse actuelle qui ne sait même pas qui sont ses références en la matière. Du coup il ramasse plus d’insultes orales et écrites que vous maintenant. Les jeunes et adultes déchainés dans les rues hurlent plus des « Kassory Zéro, Kassory Démission » que des « Alpha Zéro » – good for you ! Vous auriez même eu le culot de nous faire dire qu’il aurait fait cette hausse sans vous en avoir parlé et que vous alliez donc lui tirer les oreilles – bien joué ! Finis les number 2 mollos, insignifiants et paralysés de peur comme ses deux prédécesseurs que personne ne pouvait designer comme fautifs ou responsables de quoi que ce soit à part de s’être faits les plus transparents possibles devant vous et nous. Malheureusement pour lui sa crédibilité internationale vient d’en prendre un sacré coup avec les révélations judiciaires en Belgique de ses pots-de-vin financiers dans nos projets internationaux, mais bon ce genre de détail ne vous a jamais empêché tous les deux de dormir du sommeil des Justes. Patron, il faut mettre des fusibles excités comme Don Kass partout dans le pays et vous pourrez ainsi vous la couler douce jusqu’en 2020, même si par ailleurs le pays brule en même temps.  Mais il faut faire vite car le ras-le-bol actuel est bien résumé par un jeune bloggeur de talent (Alimou Sow, le 10 juillet) : « Ces dernières années la Guinée est connue pour être non pas comme une simple cocotte-minute, mais un volcan actif avec des mini-éruptions régulières. Cette fois, la conjonction de plusieurs facteurs fait craindre une plus grande explosion avec des coulées de lave dévastatrice. Je touche du bois. C’est que la coupe est pleine ! Le pays se retrouve sous les feux croisés de plusieurs crises, conjoncturelles pour certaines, structurelles pour d’autres, mais toujours avec le même effet sur la population : elles sont exaspérantes. Pour prendre la température de la situation, il suffit de consulter les réseaux sociaux. Sur Twitter et surtout Facebook, les habituelles photos de mariages clinquants et les selfies dégoulinants de narcissisme compulsif ont fait place à des publications plus engagées. Chacun y va de son commentaire sanguin pour dénoncer la crise du moment : l’augmentation du prix du carburant…. Toutes ces crises qui étranglent la Guinée se résument en une seule : la crise de confiance à tous les niveaux. Crise de confiance entre la classe politique, entre mouvance et opposition, entre gouvernants et gouvernés, entre présidence et gouvernement, entre militants et leaders, entre patrons et employés, entre élèves et maitres, entre chanteurs et mélomanes, entre chauffeurs et passagers, entre vendeurs et acheteurs, entre père et fils, entre mari et femme, entre copain et copine… ». Même les diplomates n’hésitent plus à le dire publiquement, à l’image de l’ambassadeur de l’UE qui a déclaré à la clôture des travaux d’une nouvelle réunion sur notre anti-gouvernance financière : « La Guinée peut même devenir indépendante de l’aide des partenaires avec une meilleure gestion des finances publiques. Même si vous écoutez les arguments des forces sociales actuellement, qui agissent contre l’augmentation du prix du carburant, c’est par rapport à la qualité de la gouvernance, la qualité de la gestion des affaires publiques. Quelqu’un a parlé de personnels non postés, je pense qu’il y a encore un bon vivier  de cadres compétents dans l’administration, qui sont sous utilisés… ». Il n’est pas fou, il doit quitter très bientôt définitivement son poste au pays et n’y reviendra surement jamais. Et oui, nous vivons dans un sacré foutoir sans portes ni fenêtres et c’est tout simplement révoltant. Mais bon, tout est clair maintenant : le chinois est mort, tout ça c’est sa faute, il a gâté notre pays et nous sommes foutus, Walahi !

Publié dans 2017 | Laisser un commentaire

Une Nouvelle Voie (Juin 2018) : Oyé-Olé a enfariné notre boulanger

Bienvenue à mon bilan du 30e mois de la Condécratie version 2.0. Je continue mon exploration mensuelle des méandres des décisions importantes pour la Nation prises par nos nouveaux chefs en proposant des pistes de réflexions et d’actions qui pourraient être envisagées pour que le « vrai changement » soit effectif.

  1. Echantillon de paroles et pensées présidentielles du mois:
  • « Je m’adresse aux femmes qui ne sont pas contentes parce qu’elles ne sont pas suffisamment représentées dans le gouvernement. J’ai dit que j’ai confiance aux femmes parce qu’elles savent garder mieux l’argent. J’ai dit au premier ministre dans les prochaines nominations de privilégier entièrement les femmes en les confiants les grands postes de responsabilité. Moi-même je veillerais que cela soit systématiquement respecté. On va mettre des femmes à des postes où elles seront l’œil du président pour que le ministre soit en règle et qu’il gère dans l’intérêt du pays et non pour sa poche. En nommant des femmes secrétaires générales elles veilleront au grain sur la gestion. Je l’ai déjà dit au premier ministre qu’il y a beaucoup de dilapidations des ressources dans l’administration. Les femmes vont être mon œil pour surveiller les ministres afin qu’aucun d’entre eux ne puisse faire le détournement… Ce que les militants du RPG doivent savoir, pendant longtemps le gouvernement n’a pas communiqué. Tout le monde sait ce qu’on a fait pendant 4 ans. Parce que pendant deux ans l’opposition a mis des enfants dans la rue et nous avons traversé aussi deux ans d’Ebola. Donc nous n’avons eu que 4 ans. En quatre ans ce que nous avons fait est plus que 50 ans. Le rôle des militants est d’être sur le terrain, expliquer à la population ce que gouvernement a fait et ce qu’il veut faire… N’acceptons pas certains cadres qui n’ont pas été ministres, on ne peut pas former un gouvernement de 200 ministres. Tout le monde ne peut pas être ministre au même moment. Il y a des cadres qui s’agitent parce qu’ils ne sont pas au gouvernement. J’ai prévenu tout le monde qu’on n’acceptera plus de pagaille en Guinée. Qu’elle soit de l’opposition ou qu’elle soit de la mouvance, toute personne qui empêchera une structure de marcher sera sanctionnée. Donc je préviens, toute personne qui dira qu’il va fermer ici (le siège du RPG) il se retrouvera à la gendarmerie. Il n y a pas de mouvance, il n’y a pas d’opposition, le respect de la loi s’applique à tout le monde, quiconque viole la loi sera sanctionné. Même s’il a fait 20 ans ou 30 ans au RPG, s’il viole la loi il sera sanctionné. Je préviens tout le monde, la pagaille qu’il y a eu il y a un an, deux ans, est finie… La force du RPG c’est le RPCé. Sans le RPCé il n’y a pas de RPG. Le RPCé peut exister sans le RPG mais le RPG ne peut pas exister sans le RPCé. C’est un parti des plus pauvres mais qui aiment le pays et qui veulent que le pays-là avance, c’est n’est pas un parti de cadres. Il y a des cadres mais c’est un parti populaire qui tire sa force du fond du pays, dans chaque village. Le RPG a des militants qui se battent dans des villages, qui n’ont même pas eu la chance de me voir (!)… Le gouvernement sait, tout ministre qui ne fera pas son travail et qui ne sera pas sur le terrain, il peut partir. Donc votre rôle c’est de sensibiliser, de mobiliser et d’être au travail. Il ne faut seulement aller voir les militants quand il y a des élections. Ça c’est se foutre des militants, il faut être à coté des militants 24 heures sur 24. Messieurs les ministres à bon entendeur, salut ! Notre parti durera longtemps parce qu’il n’est pas lié à un homme. Il  tire sa source du peuple » (le 02, en présidant la mamaya hebdomadaire de son parti RPCé).
  • « Je ne vois pas pourquoi un satisfecit peut m’être décerné. Les hommages que m’avez rendus c’est plus politiques que religieux. Le président de la république et le premier ministre sont plus politiques. Etant dans le domaine de la religion nous devons rendre hommage à ceux qui ont contribué à l’instauration de l’islam en Guinée. A ma connaissance Kassory et moi n’avons pas contribué à cela. Laissons la politique de côté, allons véritablement vers la religion… La meilleure façon de lutter contre les actions de terrorisme, afin qu’elles ne puissent pas entraîner nos enfants, il faut que ces derniers maîtrisent très bien les saintes écritures. L’islam est une religion de paix, de fraternité, de concorde. Je n’ai pas entendu le prix de l’interprétation. Moi je me rappelle quand j’ai fait l’école coranique j’entonnais bêtement, comme un âne. Je récitais sans comprendre ce que je disais. Il faut que l’élève puisse interpréter le coran » (le 02, à Conakry lors de la clôture du concours national de lecture et de mémorisation du Coran).
  • «  J’ai fait mes enquêtes avant de venir. Le contenu local monsieur le ministre (Abdoulaye Magassouba, ministre des Mines) n’est pas appliqué, il y a de très grands scandales. Un certain Alpha Yaya Kaba qui n’a que 19 camions utilise 630 camions à lui seul. On va mettre fin à ça. Les 630 camions seront distribués aux autres opérateurs économiques et aux jeunes du groupement d’intérêt économique, c’est très clair. Deuxièmement, la société UMS (appartenant à Fadi Wazni, un courtisan du PPAC et son homme de main parmi les actionnaires de la compagnie minière SMB) ne peut pas avoir le monopole de transports. Lui, ses camions vont diminuer. Le contenu local, il s’agit de donner des emplois aux Guinéens et aux jeunes mais pas pour permettre à certains par complicité.  Je vais prévenir UMS que cette pagaille est finie.  Ce monsieur Alpha Yaya Kaba n’utilise que 8 personnes pour le carburant. De qui se fout-on ? Messieurs les gouverneur et préfet vous êtes là mais comment de telles choses peuvent être possibles alors qu’une simple enquête peut se faire pour connaître cela ? Messieurs le gouverneur et préfet, dans un mois si les 600 camions d’Alpha Yaya Kaba ne sont pas mis à la disposition des populations et des groupements d’intérêt économique des jeunes nous allons arrêter tous ses camions. Est-ce que c’est bien compris messieurs le gouverneur et préfet ? Parce que vous n’avez pas fait votre travail, c’est vous qui auriez dû faire cette enquête et nous dire ce qui ne va pas. Comment voulez-vous que les populations ne soient pas mécontentes quand il y a chômage jeune et qu’un seul monopolise 600 camions, est-ce que 600 camions peuvent permettre à plus de 10 000 jeunes à trouver du travail et d’être autonome ?  Pourquoi ?  Alors désormais nous allons tout suivre et vérifier, on n’acceptera plus que les populations qui subissent les impacts n’aient pas les avantages et que ce soit quelques aventuriers qui par complicité avec certaines personnes ont le monopole… Aussi il y a des postes qui peuvent revenir aux Guinéens, pourquoi dans certaines sociétés toutes les directions des ressources humaines sont aux mains des étrangers ? Pourquoi ?  Est-ce qu’il n’y a pas de Guinéens qui peuvent faire ces fonctions ? Comment voulez-vous que les gens puissent travailler et comprendre les populations ?  C’est un cadre guinéen qui peut mieux comprendre le Guinéen. Les ressources humaines doivent revenir à des Guinéens. Cela doit être clair pour toutes les sociétés minières. Alors messieurs les ministres, puisque chacun de vous n’a pas fait son travail,  moi je l’ai fait à votre place. Nous allons donc veiller à ce que les autorités locales veillent à l’application correcte du contenu local. Messieurs les gouverneurs, messieurs les préfets, à bon entendeur salut. » (le 19, à Boké lors du démarrage de l’exportation de cailloux d’un nouveau projet du gentil préteur de jets privés, Oleg Deripaska).
  • « Je m’exprime aujourd’hui avec un grand plaisir pour la relance de l’usine de Fria. Les syndicats qui étaient là, ce qu’ils ont fait n’était pas bien. Nous leur avions dit d’éviter la grève, ils n’ont pas voulu comprendre. Ils étaient avertis, avec la grève l’usine allait être fermée. Ils sont allés en grève, l’usine a été fermée par les russes. Ils n’avaient pas raison de faire la grève mais ils se sont entêtés. Tout le monde savait que Fria (la ville) dépendait de l’usine. L’usine a été fermée, c’est toute la population qui a souffert de cette fermeture. Le gouvernement guinéen était obligé de se substituer à Rusal pour que Fria ne soit pas dans l’obscurité… Les populations ont des raisons de revendiquer mais pas de casser. On va faire une table-ronde pour solutionner à ça, je vais renforcer les forces de l’ordre partout. Quiconque fera la pagaille maintenant sera arrêté, emprisonné, il y aura pas de grâce, il faut que ça soit très clair pour tout le monde. Quant à mes détracteurs c’est comme des tortues, il faut mettre le feu derrière » (le 20, à Fria lors de la réouverture officielle de l’usine d’alumine).
  • «Nous allons révolutionner l’élevage au Fouta. Nos bœufs sont maigres, ils ne pèsent pas plus de 200 kilogrammes. Alors nous voulons que nos bœufs pèsent 500, 600, 700 kilogrammes. Nos vaches donnent  entre 3 et 4 litres de lait. Nous voulons qu’elles donnent 11 à 12 litres. C’est pourquoi nous avons convoqué les journées de l’élevage à Labé. Nous devons remercier le Roi Mohamed VI, le peuple et le gouvernement Marocains parce que ce sont eux qui nous ont accompagnés en nous accordant les moyens pour faire l’insémination… Laisser les vaches aller brouter ne peut pas leur donner suffisamment de poids parce que l’herbe n’est pas assez riche pour donner aux vaches le poids souhaité. D’où la nécessité d’avoir des usines d’alimentation du bétail. Nous avons déjà deux usines d’alimentation de bétails, c’est d’abord l’usine d’El Hadj Kégnéko et l’usine Tafagui. Nos amis Israéliens vont faire aussi leur usine… Je veux prendre le cas des éleveurs, le gouverneur a dit dans son discours que  le  Fouta  n’a  pas  d’or. Monsieur  le  gouverneur utilisez l’histoire et la géographie. Quel est  l’or du  Brésil, de  l’Argentine au  début ? C’est  l’élevage. Vous avez  l’or, c’est  l’élevage. Cela  suppose  que  vous changez  vos mentalités  et  vos  façons  d’agir, pas élever  la  vache en disant « Fatoumata  suis  moi, suis  moi, suis  moi »… Dans les films cowboys que voit-on avec les éleveurs ? Ils ont des fils de fer barbelés où se trouvent leurs bœufs. C’est pourquoi on les appelle des ranchers et non des éleveurs… Les MUFA (mutuelles féminines) sont faites afin de permettre à toutes les femmes qui n’ont pas de moyens d’être accompagnées. Il faut qu’on fasse un effort de sensibilisation non seulement à l’égard des femmes de la commune mais aussi des sous-préfectures. Car, notre objectif est d’encourager les femmes à développer l’agriculture et l’élevage. La dernière fois, je vous ai donné 100 millions, aujourd’hui, je vais vous donner 300 millions GNF. Les jeunes je vais mettre 100 millions à votre compte pour vous obliger à cotiser… Monsieur le ministre de l’élevage vous avez un grand travail, vous verrez que votre ministère sera l’un des plus importants après l’agriculture, demain la plupart des ministres vont vous envier… Il y a deux autres révolutions qui vont s’ajouter à l’élevage : c’est celui des poussins. Nous avons mis en place un programme qui va nous permettre de ne plus importer de poulets mais aussi pour que tout le monde puisse consommer du poulet, ce sera essentiellement le travail des femmes. La troisième révolution c’est la pisciculture. Lors de mon dernier voyage en France je me suis mis d’accord avec l’AFD pour qu’ils accompagnent la Guinée pour la pisciculture, nous avons aussi envoyé une délégation en Israël parce qu’elle a une bonne culture de la pisciculture » (le 23, à Labé lors de l’inauguration des journées nationales de l’élevage).
  • « Nous avons déjà accompagné les femmes de Mamou avec une contribution financière. Maintenant il s’agit de leur donner les moyens pour travailler en mettant à leur disposition des appareils devant leur faciliter le travail. Nous avons commencé par le fonio. Tout le fonio produit par les femmes sera acheté par nous. Nous avons signé un accord avec Dubaï pour acheter notre miel. C’est la même chose pour le beurre de Karité et le Moringa. Au Fouta on produit beaucoup de pommes de terre, nous avons acheté quatre usines que nous allons installer à Timbi Madina et à Soumbalako. C’est la transformation industrielle qui donne du prix à nos produits. Je demande aux femmes de s’organiser dans les MUFA. Nous avons fait venir des boulangeries-centenaires pour les jeunes qui peuvent faire 4.000 pains par jour. Nous avons fait venir des petites machines pour faire des jus de fruit, des machines pour transformer le riz paddy. Nous allons accompagner tout le monde… Nous encourageons les femmes à produire du fonio, le fonio est un des aliments les plus recherchés aujourd’hui dans le monde parce qu’il est bon pour tout le monde, particulièrement pour les diabétiques et ceux qui souffrent de l’hypertension. J’ai nommé un conseiller commercial à Washington, son rôle c’est de prendre les échantillons de fonio pour aller les montrer dans les autres états parce que nous sommes membre de l’AGORA ; nous pouvons vendre nos produits aux États-Uniens sans payer de taxes» (le 26, à Mamou lors d’une escale-mamaya après son séjour à Labé).
  • Pour : vraiment j’ai beaucoup cherché mais je n’ai rien trouvé de potable dans ce charabia sorbonnard ce mois-ci.
  • Contre : la leçon sur les bonnes règles de management offertes à tous les miniers, aux ministres, gouverneurs et préfets est vraiment de toute beauté sur le plan de la qualité et de la densité de son analyse. Et il veut nous faire croire qu’il découvre maintenant les magouilles et le bout de l’iceberg de la gabegie minière qui se passe de haut en bas de la région de Boké ? Il résume tout ses problèmes de gestion par la phrase suivante ; « Alors Messieurs les ministres, puisque chacun de vous n’a pas fait son travail moi je l’ai fait à votre place ». En tout cas les promesses ont coulé plus que les premières pluies ce mois-ci. Pour le boss la meilleure façon de lutter contre le terrorisme est de mettre les enfants à l’école coranique ! Attendons maintenant qu’il propose cela ce weekend au prochain sommet de l’UA et quelle sera la réponse des pays qui sont sur le front de ce combat et qui ne savent plus comment contrôler ces institutions devenus trop souvent des écoles supérieures du djihadisme. Ils lui rappelleront surement deux de ses phrases précédentes « Etant dans le domaine de la religion nous devons rendre hommage à ceux qui ont contribué à l’instauration de l’islam en Guinée. A ma connaissance Kassory et moi n’avons pas contribué à cela et Moi je me rappelle quand j’ai fait l’école coranique j’entonnais bêtement comme un âne ». Concernant la relance de Fria je ne sais plus comment lui faire comprendre et accepter une fois pour toute que ce n’est pas la responsabilité de Russal de fournir l’eau et l’électricité à toute la ville de Fria. Nous savons tous que les réserves de ces mines seront bientôt épuisées et après on fait quoi ?
  1. Les décisions et actions « positives » du mois :
  • Le 06, six ans après sa fermeture pour grève illégale des travailleurs reconnue même par les tribunaux locaux, la raffinerie d’alumine de Friguia reprend du service. Ainsi les vingt-trois premiers wagons d’alumine calcinée sont convoyés de la ville de Fria au port de Conakry. Il semblerait que 95% des anciens travailleurs encore volontaires ont récupéré leurs postes. Espérons que la leçon aura servi et que ces travailleurs promptes à insulter et séquestrer leurs patrons par formatage révolutionnaire, reliquat néfaste de notre lutte démagogique contre l’impérialisme, auront compris que dans le monde globalisé d’aujourd’hui si tu insultes ton patron soit il te vire immédiatement soit il ferme sa boutique et va l’ouvrir ailleurs où les gens cherchent désespérément du travail. En tout cas voici enfin le 1e exemple positif d’un projet minier avec des plus-values nationales réelles supérieures à la primitive vente de cailloux rouges.
  • Le 07, 2 gros faucons du RPCé mordent la poussière grâce à un décret de leur boss sur recommandation du nouveau PM. Il s’agit du patron de l’office guinéen de la publicité (OGP) Paul Moussa Diawara et du patron de l’office guinéen des chargeurs (OGC) Sékou Camara. Ils sont limogés suite à des audits de leurs entreprises et l’agent judicaire de l’état est chargé en plus de les poursuivre en justice. Les rapports d’audits de l’inspection générale d’état (IGE) et d’un cabinet d’expertise comptable privé arrivent aux mêmes conclusions : les malversations financières sont non seulement colossales mais aussi simplistes voir stupides. Il y aura donc deux grands RPCistes en moins dans le paysage politique mais de là à en faire une « grande victoire  du nouveau PM et la preuve que la corruption vit ses derniers jours en Guinée » c’est tout aussi simpliste et stupide, surtout quand on sait que ces deux sont des petits poissons en comparaison avec leur pourfendeur du moment.
  • Le 20, l’usine d’alumine de Fria est ré-inaugurée officiellement par le PPAC à la grande joie de la population de cette ville et de tous les Guinéens. Le patron a profité de l’occasion pour déverser toute sa bile et en même temps menacer sans gants les travailleurs et la population du coin. En fait les russes pourraient même exiger aux travailleurs un minimum de 50 pompes à 06 heures du matin sans que personne n’ose protester.
  • Le 26, le FMI annonce dans un communiqué qu’elle « a achevé la première revue de la performance économique de la Guinée dans le cadre du programme soutenu par une facilité élargie de crédit (FEC) et que cet examen permet le décaissement immédiat de 24,3 millions de USD ». Ainsi une petite bouffée d’oxygène est offerte à Don Kass pour qu’il puisse lui prouver qu’il peut faire mieux que ses 2 prédécesseurs. Mais bon, avec 25 millions USD on ne peut pas faire grand-chose, juste boucher quelques petits trous personnels et payer les salaires des fonctionnaires pour quelques mois supplémentaires. Le problème est qu’en échange le FMI et la Banque mondiale exigent la fin des subventions au secteur des produits pétroliers et donc du coup l’augmentation du prix du carburant à la pompe et des tarifs de l’électricité domestique. Bref le pire cadeau empoisonné possible, une véritable bombe sociale dans les jours suivants.
  • Le 27, le PPAC et son homologue ghanéen (Nana Akufo Addo) se rendent à Lomé au Togo pour présider les négociations entre le pouvoir de Faure Gnassingbé et son opposition pour un dénouement de la crise politique que traverse ce pays depuis de décennies. En avril la communauté économique des états de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) avait renouvelé sa confiance en ces 2 présidents pour leur rôle de facilitation dans cette crise. Et à la fin de ce 4e round du dialogue le pouvoir et l’opposition se sont félicités de l’avancée substantielle faite avec les deux facilitateurs. Un bon point pour l’image régionale de notre pays qui pourra être capitalisé dans le futur quand nous aurons un démocrate crédible au pouvoir. Quant aux bénéfices directs pour notre PPAC, on saura  rapidement s’il y aura appris une ou deux choses sur les risques qui l’attendent au cas où il tenterait de reboloter pour un  3e  mandat au pouvoir.
  • Pour: concernant le limogeage du directeur de l’OGP, j’en suis arrivé à la conclusion que ce fanfaron a été jeté dans la poubelle principalement pour des raisons politiques. Ses mamayas tapageuses financées sur les recettes de sa direction avaient finies par exaspérer ses bailleurs, le PPAC en premier. Donc en faire un « exemple » de la nouvelle lutte contre la corruption avait un double bénéfice : s’en débarrasser physiquement et envoyer en même temps un signal de fin de recréation aux représentants des bailleurs étrangers. Quant à pleurer sur son pauvre sort je pense qu’il n’y aura que ceux qui bénéficiaient directement des miettes qui tombaient de sa pelle de détournements. Bon débarras donc. Le processus ayant abouti à ces preuves de détournements avait démarré plusieurs mois auparavant, bien avant l’arrivée du nouveau justicier, alors vouloir en faire une preuve patente de sa rigueur financière est tout simplement ridicule. Tout au plus peut-on mettre à son crédit de ne pas avoir enterré le dossier dès sa réception dans un des tiroirs de son bureau, surtout comme monnaie d’échange future pour une fidélité absolue. On se souviendra des résultats de la dernière évaluation globale des marchés publics réalisés par la précédente ministre des finances : « Sur les 146 marchés octroyés par le gouvernement récemment, rares sont ceux qui sont conformes au code des marchés publics. Si vous prenez 68 marchés  audités d’une valeur de 12.000 milliards GNF et sur ce montant également vous prenez 16 marchés sur 68 d’une valeur de 3.000 milliards GNF, le constat est que 13% seulement des marchés sont conformes à la loi sur les marchés publics qu’on appelle code des marchés publics. 63% sont non conformes et il y a 24% qui ne sont même pas ‘’auditables’’. C’est-à-dire qu’il n’y a même pas de documents de base corrects, sincères pour dire qu’ils sont préjugés. Donc grosso-modo, 87% des marchés sont hors normes. Et dans ce lot également 92% de ces marchés sont dé gré à gré ». Don Kass aura donc besoin de beaucoup plus pour nous convaincre.
  • Contre : pour la relance de l’usine de Friguia, le boss comme d’hab. a en même temps confié tous les services sociaux de la ville de Fria à la société Russal, en commençant par la fourniture d’électricité, d’eau et des soins de santé de qualité. Vraiment nous n’apprendrons jamais rien de nos erreurs passées. il est clair pour tous que cette société ne restera pas éternellement pour gérer les services sociaux de cette ville. Quelle bande de planificateurs incapables de planifier notre avenir au delà de 2020, comme pour nous dire « après nous on s’en fout, vous vous débrouillerez alors ». Que les Friakas se préparent déjà dans un futur pas si lointain, comme ils l’ont vécu les 2 dernières années, à leur retour définitif au XVIIIe siècle.
  1. Les décisions et actions « négatives » du mois :
  • Le 03, nous avons droit au 2e remaniement du gouvernement en moins de 10 jours : Mr Oyé Guilavogui, un bouffeur discret du régime qui avait refusé le poste minable pour son ego et ses business de ministre de l’élevage (l’un des derniers de la liste) est nommé ministre d’état de l’environnement, des eaux et forêts. Le « bleu » Patrick Millimouno qui était au poste récupère donc le ministère maudit mais reste néanmoins très reconnaissant pour cette promotion à la porte de la mangeoire. Sacré pays où on célèbre les prometteurs-menteurs sur la place publique. Les membres de la communauté ethnique (Kissi) du ministre « spolié » lui ont demandé de refuser ce changement et de démissionner sinon il serait « exclu » de leur communauté. Bien-sur il les a envoyé balader. Les bons Guinéens peuvent aisément deviner la teneur de sa réponse : « fichez-moi la paix yandi – qui est maudit ? Toi aussi va démissionner si tu veux. Village baah – communauté baah, moi çà m’en fout. C’est vous qui construirez mon immeuble, ma villa au village et payerez les études de mes enfants chez les blancs ? Je ne vais nulle part, vous êtes tous jaloux seulement !
  • Le 06, les bonnes vieilles habitudes reprennent : quatre des ministres limogés lors de la formation du nouveau gouvernement sont promus à la présidence comme ministre-conseiller dont un avec le titre pompeux de ministre d’état. Ainsi la plupart des 17 mis à la porte du gouvernement du PM vont progressivement revenir dans le gouvernement de la présidence. Le PPAC est devenu tellement prévisible que ce n’est même plus marrant de le suivre.
  • Le 08, La Guinée signe avec CHALCO (filiale du Groupe CHINALCO) une convention pour la réalisation d’un projet intégré Bauxite-Alumine. Dans les éléments du communiqué final de la rencontre on lit que ce n’est que lors d’une phase II que le mot « alumine » sera prononcé, après une étude de faisabilité sans calendrier précis de présentation. En clair ça veut dire que nous allons continuer à augmenter nos exportations de cailloux rouges avec investissement minimal (tapis roulant, barques sur un port fluvial, transbordement et exportation par tankers en haute mer sans aucun contrôle guinéen réel sur les quantités réellement exportées. Avec cela une promesse hypothétique et non datée de la transformation d’une partie en alumine. En plus c’est le coup d’envoi du remboursement de la promesse de 20 milliards USD du gouvernement chinois pour laquelle la seule action visible est le bouchage des trous sur le chemin goudronné entre Coyah et Mamou, non compris les ponts pourris qui s’écroulent maintenant un par un. Vraiment notre nouveau PM, principal acteur et bénéficiaire de cette coopération avec l’empire du milieu est trop fort pour ses compatriotes.
  • Le 08, nous découvrons dans la presse locale le classement du magazine américain Forbes sur la propreté des villes du monde publié en janvier 2018. Conakry occupe le 11èmerang (sur 15) en Afrique et 19ème  rang au plan mondial – par le bas bien sur. Imaginez donc la situation de celles qui sont plus mal classées que nous sur le continent : Nouakchott, Niamey, Luanda et Maputo. En tout cas n’y allez surtout pas en vacances avec vos enfants et petits-enfants.
  • Le 10, le gouvernement lance un programme d’urgence d’assainissement de la capitale mais il le fait une fois encore typiquement « à la Guinéenne ». Un parti de l’opposition (PEDN) décrit parfaitement la nouvelle mamaya en cours « L’assainissement n’est pas un jeu démagogique. Ce n’est pas une question à politiser. Ce  n’est pas la présence du premier ministre sur le terrain avec un balai pour nettoyer une portion de la capitale qui va rendre la ville propre ». C’est toujours la même manière de faire depuis la révolution démagogique de Satan Touré, beaucoup de bruit et d’actions d’éclats pendant un mois puis c’est business as usual jusqu’à ce que le boss s’en souvienne los d’une prochaine crise sociale sur le sujet. Tant que les problèmes techniques aussi complexes ne seront pas confiés à des experts indépendants de toute influence du pouvoir, expérimentés qui mettront en place un programme sur le long terme avec des objectifs, stratégies et plans d’action annuels basés sur des connaissances éprouvées, nous n’aurons que des actions de relations publiques servant uniquement à la promotion de nouveaux chefs politiques en mal de notoriété locale. Mais des d’intérêts financiers personnels colossaux sont en jeu et empêchent de raisonner et agir dans ce sens-là.
  • Le 13, un nouveau constat accablant de notre Sanseman est publié dans la presse : les responsables de l’association des blogueurs de Guinée (ABLOGUI), une plateforme qui monitore et évalue les promesses électorales du PPAC et de son gouvernement présentent leur 3e rapport d’évaluation partielle de ses promesses notamment cette fois-ci dans les secteurs des mines et de la santé. Ce rapport montre que seulement 21% sur un total de 78 promesses du gouvernement ont été réalisées. Selon son porte-parole (Mamadou Alpha Diallo) : « Sur 20 promesses dans le secteur de la santé publique seulement 4 sont tenues et dans le secteur minier 2 promesses sur 9 ont été réalisées. Nous avons eu des difficultés liées à l’accès à l’information publique. Nous avons une méthodologie appelé fast cheking qui consiste à confronter des sources officielles à des sources non officielles et cela impacte beaucoup sur notre travail parce que ça nous ralentit. Donc ça nous a coûté beaucoup de temps ».  Il conclut hélas sur un rêve « « Nous espérons déjà que les départements évalués auront accès à ce rapport et prendront en compte des critiques et recommandations que nous avons mises dans le rapport. Nous espérons qu’il y aura un débat public sur le niveau de réalisation des promesses du président de la république… ». On va bien se marrer quand ils évalueront bientôt les promesses du discours de politique générale de Don Kass qui a commencé très fort en nous promettant de dépasser la croissance de la Cote d’Ivoire, qui est actuellement de l’ordre de 8%, avant 2020 pour garantir le 3e mandat de son patron.
  • Le 13, nous apprenons que la ccandidature du Maroc à l’organisation du Mondial 2026 a été rejetée face à celle du trio USA- Mexique- Canada. Il fallait s’y attendre vu les menaces sans nuances de Donald Trump mais également pour des raisons objectives selon les spécialistes ayant évalué les 2 dossiers. La stupéfaction vient néanmoins du fait que 11 pays africains sur 53 ont voté contre le Maroc et devinez qui en particulier ? Notre bien chère Guinée alors que nous mangeons dans leur main tous les jours, que le PPAC décolle rarement de Gbessia sans faire escale à l’aller ou au retour dans le royaume mais surtout parce que notre boss a piloté le village Afrique pendant toute l’année 2017. Même l’Algérie, ennemie héréditaire du Maroc depuis la création de l’état Sahraouie, a voté pour le Maroc. Ceci ne fait vraiment pas honneur à l’UA et à l’Afrique.
  • Le 14, on apprend dans le communiqué final du 1e conseil des ministres de Don Kass que 63 dépôts anarchiques d’ordures ont été identifiés à Conakry et que l’UE ne soutiendra la Guinée que dans le traitement de 30. Façon de dire que les 33 autres quartiers n’auront qu’à souffrir en silence en attendant qu’un autre « gentil donneur » se pointe à l’horizon. Vraiment nos chefs sont pitoyables, ils nous répètent en permanence que nous sommes le 3e plus grand exportateur d’une ressource minière capitale et que notre croissance est sur le point d’exploser mais nous ne sommes même pas capables de nous débarrasser de nos ordures urbaines sans financement de l’extérieur. Et pour couronner le tout notre gouvernement laïc décide sur le coup d’ériger un dimanche par mois de 6h à 11h à la salubrité publique dans tout le pays avec interdiction de toute circulation. Au mépris de nos compatriotes catholiques qui se recueillent dans leurs églises pour prier ce jour précis depuis des millénaires – qu’ils y aillent effectivement ou pas. A moins que la nouvelle activité d’éboueurs forcés soit réservée exclusivement aux musulmans et aux athées. Finalement le bon sens revient et le 19, un communiqué du gouvernement ramène cette nouvelle galère mensuelle au samedi pour « prendre en compte la célébration de la messe hebdomadaire du dimanche et la nécessité de faciliter une importante participation des fidèles chrétiens à ce programme ». Ils ne pouvaient pas y penser avant ?
  • Le 18, le journal Le Monde Diplomatique publie le calvaire vécu par un journaliste étranger venu faire un reportage à Conakry. Le pauvre Raphaël Godechot a été placé 48 heures en garde à vue et accusé de terrorisme. Enfermé dans un commissariat il découvre le racket orchestré par les officiers supérieurs du coin. Il sera finalement mis en prison pour « pratique illégale du métier de journalisme » ! Il nous raconte tout avec moult détails sur ses nombreux interrogatoires. Il y a des commentaires croustillants comme « Nous allons voir ça. Vous êtes Français ? – Oui Monsieur. – Vous n’avez pas l’air Français. Vos parents sont Français ? – Euh oui monsieur, les deux. – Et c’est quoi ça ? »(désignant un visa pour l’Arménie tamponné sur mon passeport ouvert),  L’Arménie, Humm. » Il saisit alors une grosse loupe qui traîne sur son bureau et regarde une carte du monde accrochée au mur. Je crois bien qu’il cherche à situer l’Arménie. – Vous êtes déjà allez en Syrie, c’est pas si loin de l’Arménie ? – Euh non jamais. – Vous êtes musulman ? – Non. –  Moi je suis musulman. Mais un bon musulman, pas comme ces fondamentalistes qui vont faire le djihad. Vous êtes un espion arménien, rien ne prouve que tu es un journaliste ! ». Les noms des loubards de service ce jour-là sont également offerts : commissaire Kaba, « Senghor » et finalement leur grand chef, le colonel Tiegboro, le même qui dirigeait une des équipes chargées de répandre la terreur lors du génocide du 28 septembre 2009. La description de son comportement donne une idée de ses ordres probables lors de ce jour inoubliable de l’histoire nationale. Enfin, après 30 heures dans ce goulag tropical lui et son guide/ami sont libérés grâce à l’intervention tardive et molle de la consule de France après la confiscation des maigres euros qu’il avait dans ses poches. Inutile de dire qu’il a cherché immédiatement le 1e vol pour sortir de ce bled pourri. Pour avoir moi-même vecu une histoire similaire aux mains des hommes de Tiegboro tout simplement parce que ma voiture était tombée en panne devant son domicile je peux vous confirmer que ces comportements sont réels et typiques de ces énergumènes.
  • Le 20, on constate l’effondrement du pont de Linsan sur la route nationale numéro 1, entre les villes de Mamou et Kindia, donc une barrière totale entre la Basse et la Moyenne Guinée. Tous ceux qui connaissent cette route peuvent imaginer le chaos et les difficultés énormes conséquentes pour les voyageurs et les transporteurs de biens et de services. Cette catastrophe sur ce pont construit en 1932 et jamais rénové depuis était attendue de tous et dénoncée régulièrement dans la presse depuis le temps de Lansana Conté. Les seules solutions proposées ont été des bricolages minables qui repoussaient chaque fois cette chute de quelques années supplémentaires. Pire encore, le lendemain c’est un autre camion qui tombe en panne et bloque totalement la déviation coupe-gorge qui avait été mise en place rapidement pour permettre un passage risqué en attendant la réparation du pont, Maintenant la nouvelle solution de l’équipe du nouveau PM est d’amener un pont mobile qui pourrissait depuis des années à Nzérékoré. Dieu merci il n’y a pas eu de morts lors de cette chute mais la solution prévue maintenant risque hélas de combler rapidement ce vide.
  • Le 26, lors de sa déclaration de politique générale devant le parlement le nouveau PM reconnait sans ciller : « Forte, l’administration guinéenne est devenue hors de contrôle. Des pans entiers en son sein se sont soustraits de fait à leur obligation de servir l’intérêt général, pour se mettre au service d’intérêts particuliers. Le train de vie indécent de certains cadres de l’État est devenu choquant. L’administration est le miroir de la société. Le temps de l’impunité est terminé. Les agents publics qui se rendront coupables de faits de corruption auront à en répondre devant les juridictions de notre pays et subir la rigueur de nos lois ». Parmi les autres promesses sa volonté inébranlable d’en finir avec les hauts cadres qui parrainent les centaines de mamayas politiques et sociales organisées toujours avec des fonds publics. Seulement nulle part dans le discours on entend parler de la mise en place immédiate de la Haute Cour de Justice (HCJ), la seule institution capable de traduire devant les tribunaux les ministres indélicats et tous les autres hauts perchés de la république en commençant par le 1e d’entre eux. Comment compte-t-il donc mettre fin à l’impunité sans qu’il puisse leur faire subir les rigueurs de la loi ? De plus il a oublié de parler dans son long speech confus de « détails pour lui » comme l’immigration des jeunes et les domaines de la culture et des sports. Franchement il faut lui reconnaitre un certain culot et du panache. Je suis sur que les applaudissements d’admiration étaient retentissants dans la salle en particulier de tous les voleurs en col blanc qui écoutaient religieusement celui qui venait ainsi de leur promettre une quasi-certitude d’impunité au pays.
  • Le 29, c’est un des pires exemples du pouvoir en Afrique qui se pointe chez nous : le président ougandais Yoweri Museveni, dictateur absolu dans son pays depuis 1986 avec à la clé un 5e mandat de cinq ans depuis 2016. Il débarque, en escale avant de rejoindre le sommeil de l’UA en Mauritanie, pour une visite qui s’inscrit selon le bureau de presse de la présidence « dans le cadre du renforcement des liens d’amitié et de fraternité existant entre la Guinée et l’Ouganda ». Une très mauvaise fréquentation pour notre boss car elle risque d’exacerber les rêves d’éternité au pouvoir de notre octogénaire insatiable.
  • Le 30, un communiqué du gouvernement est publié tard dans la nuit : le prix du carburant passe de 8.000 GNF à 10.000 GNF. Ça va chauffer grave dans le pays pendant le mois de juillet.
  • Pour : comme chaque mois, R.A.S…
  • Contre : concernant l’élimination du Maroc, la FIFA confirme les résultats du vote dans la presse en précisant qu’il n’y a eu aucun problème technique à son niveau et que la liste des votes individuels est disponible sur son site. Elle précise par ailleurs n’avoir reçu aucune réclamation concernant la procédure de vote. Cela n’empêche pas les cris d’orfraie ridicules de celui qui a voté en notre nom, le président de la fédération nationale de football et ensuite du gouvernement. On doit parler ici d’un vrai coup de poignard footballistique dans le dos du seul pays qui avait pourtant offert ses stades pour permettre au Syli national de se préparer et ensuite de recevoir ses adversaires pendant toute l’épidémie à virus Ebola, alors que la Guinée était stigmatisée partout ailleurs sur le continent et à travers le monde. Agir ainsi envers un tel ami est d’une hypocrisie qui n’honore pas la Guinée et encore moins l’Afrique. En analysant cette trahison qui ne sera surement pas pardonnée par le Roi qui était attendu dans les semaines à venir pour venir inaugurer un nouveau paquet de mendicité à notre pays je ne vois que 3 explications possibles : soit une gaffe de notre représentant qui a appuyé sur le mauvais bouton après avoir confondu les noms inscrits dessus (peu probable), soit une promesse d’ascendeur direct prochain pour un poste au sein de la FIFA pour lui (possible), soit un ordre direct du PPAC pour une raison pour le moment inexpliquée (très probable). Mais c’est la Guinée, on saura bientôt pourquoi.

Tic-tac, Tic-tac, la montre tourne ; aujourd’hui est le 2747e jour de l’ancien « Guinea is back » et du nouveau « changement radical » – déjà 07 ans 05 mois et 10 jours ! Aladji-Professeur-Président voici ma suggestion SMART (Spécifique, Mesurable, Atteignable, Réalisable et Temporellement définie) du mois pour améliorer un peu votre Sanseman : boss, vous êtes encore une fois la risée de tous pour votre affaire d’Oyé-Olé, celui qui vous a fait plier en public parce que vouliez lui enlever le biberon de l’argent public de la bouche. Pardon il faut tout faire pour essayer de vous rattraper un peu sur ça, si vous le pouvez encore. Il vous a fait un véritable chantage en coulisse, vous imposant de signer un décret et ensuite un contre-décret quelques jours après comme au bon vieux temps de Fory Coco. Votre gaffe est parfaitement décrite par un journaliste du site Guinee7.com (Ibrahima S. Traoré, le 04/06/2018) : « En refusant le poste de ministre de l’élevage Oyé n’a pas fait que défier le président de la république. Il l’a humilié et a montré aux autres Guinéens le chemin de la rébellion vis-à-vis du chef de l’état. Oyé ne sait apparemment pas plonger ses mains – déjà sales ? – dans les affaires d’un ministère à ‘‘petits budgets’’ (élevage) mais oh combien utile pour le pays ! Et l’a fait savoir à Alpha Condé qui a bien entendu et compris les caprices du ministre qui à l’époque de Lansana Conté aurait eu maille à partir avec les assainisseurs des comptes publics (!!!!). Alpha Condé a courbé l’échine et a donné à Oyé quelque chose de plus important : le ministère de l’environnement, des eaux et forêts. Oyé sort gagnant du combat. Alpha lui s’en sort groggy. L’opinion sent une ambiance de fin chaotique de pouvoir. Un président qui craque face à un homme au passé trouble et surtout au poids politique pas plus épais qu’un billet de monnaie ». Et oui, comme il dit ça sent la fin de règne mais c’est aussi une nouvelle preuve de votre velléité de 3e mandat quand on se rappelle son zèle exceptionnel dans sa préfecture d’adoption (Kindia) à chaque magouille électorale depuis 2010. Boss, Oyé-Olé méritait d’être viré et même vous le pensiez en faisant votre 1e décret, avant le réveil des systèmes mafieux qu’il a utilisés pour revenir. Ce monsieur nous avait prouvé dans tous ses précédents postes ministériels qu’il était avant tout un prometteur-menteur invétéré puisqu’il n’a jamais tenu une seule de ses promesses sérieuses aux Guinéens, juste de la poudre aux yeux oubliée le lendemain. J’ai de la peine pour vous surtout quand je pense aux fous-rires et ensuite aux notes confidentielles envoyées par vos « partenaires techniques et financiers » locaux à ceux chez qui vous accourez inlassablement pour tendre votre tasse de mendiant pour vous et un peu pour nous aussi. Patron, le retour d’Oyé de cette façon dans votre gouvernement est une TRES mauvaise chose pour vous. Et en plus au lieu de se taire, faire profil bas en rasant les murs et fuir les micros et cameras, au contraire il tente de s’en vanter publiquement en vous ridiculisant encore plus. Il justifie fièrement son refus d’occuper la tête d’un ministère minable par sa prétendue contribution à la victoire du RPG à Kindia, sa ville d’adoption, alors que celle-ci fait partie des douze circonscriptions qui font l’objet de litiges à l’issue des élections communales et qu’en toute logique vous devriez y perdre le poste de maire au profit de votre opposition. Donc en réalité il méritait encore plus son limogeage si vous vous basiez sur ses prouesses électorales. Il faut avoir le courage de reconnaître et de dénoncer à haute voix une tare pour avoir une chance de la corriger demain : la grande majorité des responsables politiques, religieux et administratifs du pays sont des courtisans obséquieux et cela leur a été inculqué dès le plus jeune âge à la maison et/ou à l’école par certains de nos us, coutumes et traditions. On entend et pratique trop souvent « le chef est envoyé par Dieu donc il a toujours raison » ou alors c’est « le chef connait plus que tout le monde, il peut tout nous faire et on doit tout accepter car il ne peut avoir tort ». Cela est la norme dans nos communautés et se répercute ensuite en dessous, en particulier vers « les gens d’en bas » qui l’acceptent avec résignation soit en raison des stigmates héréditaires de la terreur des chefs lors de la maudite époque révolutionnaire soit par opportunisme personnel. Et tout ceci est aussi à la base de la chute de la moralité dans notre société que nous voyons s’intensifier tous les jours dans notre pays.

Pour conclure si celui/celle qui vous remplacera ne commence pas son mandat par interdire l’accès de ces intrigants de coordinations ethniques communautaristes et religieuses dans son palais dans les 10 premiers jours de son mandat il/elle deviendra du coup leur otage pour le reste de son mandat, quelque soit par ailleurs ses qualités gestionnaires et démocratiques préalables. Leur destitution et leur interdiction totale dans leurs formes et pratiques actuelles sera une action de salut public pour la nation.

 

Publié dans 2018 | Laisser un commentaire