Une Nouvelle Voie (Septembre 2018) : Nous fêtons nos 60 ans de pauvreté dans l’esclavage par des colons nègres

Bienvenue à mon bilan du 34e mois de la Condécratie version 2.0. Je continue mon exploration mensuelle des méandres des décisions importantes pour la Nation prises par nos nouveaux chefs en proposant des pistes de réflexions et d’actions qui pourraient être envisagées pour que le « vrai changement » soit effectif.

  1. Echantillon de paroles et pensées présidentielles du mois:
  • « J’aurais pu inviter beaucoup plus de chefs d’états. On a beaucoup d’hôtels mais pas beaucoup de suites présidentielles. Les suites ne sont pas rentables pour les hôteliers parce qu’elles sont occupées rarement. C’est quand l’état construit des hôtels qu’il peut prévoir beaucoup de suites présidentielles. Je suis beaucoup gêné aujourd’hui, pourquoi ? Parce qu’il y a beaucoup de chefs d’états amis que je n’ai pas invités. Je suis obligé de présenter des excuses» (le 02, lors d’une interview avec des journalistes nationaux le jour de la fête d’indépendance).
  • «Est-ce que vous savez que l’aéroport de Paris va être privatisé (rire) ? Est-ce que le peuple français a dit que le gouvernement est en train de bazarder les biens du peuple ? Nous avons discuté avec beaucoup de gens, ils étaient les seuls qui étaient prêts. Le port n’est qu’un prétexte pour des opposants qui ont échoué à s’opposer à l’augmentation du prix du litre de carburant à la pompe » (le 09, lors d’une interview avec la presse nationale, pour justifier la magouille de la vente du port de Conakry à la famille Erdogan de Turquie).
  • « Certains ont fabriqué une cour constitutionnelle à leur mesure pensant qu’ils vont être élus par les magistrats et par les avocats. Dans tout le système français le président de la cour constitutionnelle est nommé par le président… C’est de la folie de dire que le président veut enlever ou soutenir. Quand les gens voient qu’ils perdent du terrain et qu’ils savent qu’ils ne peuvent pas atteindre les objectifs qu’ils voulaient ils inventent du n’importe quoi. Le gouvernement n’a aucun moyen d’influence sur la cour constitutionnelle. Mieux, lorsqu’il y a eu le tirage au sort et que les autres ont dit qu’il faut que le président aussi soit soumis au tirage au sort c’est moi qui ai demandé une consultation à Laurent Fabius en France. Après la consultation j’ai dit à tous les conseillers que vous n’avez pas le droit de dire que le président (de la cour) doit être soumis au tirage au sort. Vraiment les gens n’ont qu’à parler. Lorsque les gens à la CENI ont changé leur président je ne me suis pas mêlé. On dit que c’est pour empêcher, mais une constitution c’est le peuple. Si demain le peuple de Guinée veut changer la constitution, il y a un référendum, mais la cour constitutionnelle ne peut que constater. Allez voir dans la constitution et dans la loi organique si le président ou le président de l’assemblée a un moyen de nommer quelqu’un ou pas. Ceux qui ont fait la constitution on les connait. Certains même rêvaient d’être président de la cour constitutionnelle. C’est la première fois que même les salaires des membres de la cour c’est dans la loi organique. On n’a jamais vu ça nulle part. Dans tous les pays francophones le président de la cour constitutionnelle est nommé par le président. La Guinée est le seul pays où il est élu par ses pairs. Si ses pairs veulent le changer le gouvernement ne se mêle pas. La cour suprême  n’a rien à voir dedans. Dans un premier temps il y a six membres de la cour constitutionnelle qui ont demandé la révocation du président de la cour constitutionnelle. A l’époque je les ai reçu, je leur ai dit : écoutez, la cour vient d’être installée, essayez de trouver une solution. Ils m’ont dit voilà les reproches qu’on fait à notre président. Il a promis de changer. Mais un des conseillers Mounir a dit ‘président, il ne changera pas, je le connais’. Lorsque les conseillers de la cour constitutionnelle ont destitué leur président j’étais en Chine. Mais ce n’est pas vrai, la cour suprême n’a rien à voir dedans. N’importe qui peut faire des commentaires en se faisant spécialiste » (le 09, lors de la même interview avec la presse nationale, pour justifier la destitution illégale du président de la cour constitutionnelle).
  • « RFI a tendance systématiquement à noircir la Guinée, ils sont venus pour ne parler que du 28 septembre 2009. Je ne peux pas accepter qu’on déforme l’histoire de la Guinée… La date du 28 septembre ne peut pas être seulement ramenée au régime militaire, elle symbolise l’indépendance de la Guinée. L’enthousiasme populaire qui a marqué la fête du 02 octobre est une réponse cinglante envers ceux qui avaient appelé au boycott. Chaque homme est libre mais le peuple de Guinée a montré son engagement, c’est ça le plus important. L’unité et l’enthousiasme populaire a frappé les chefs d’états présents. Tout le monde s’est comporté correctement, il n’y a pas eu un seul cri hostile. Cette unité du peuple derrière le gouvernement a frappé. Evidemment quand l’opposition organise des manifestations et envoie 1.000 personnes dans la rue,  RFI dit qu’il y a 50.000. Je sais que les opposants eux-mêmes blessent les gens et tuent pour discréditer le gouvernement. C’est pourquoi j’ai donné les moyens aux agents des forces de l’ordre pour pouvoir de façon civilisée gérer les manifestations. Nous savons très bien que beaucoup d’opposants tirent sur les gens pour qu’il y ait des morts et qu’on mette cela sur le dos des forces de l’ordre. La démocratie a ses obligations. Moi je me suis opposé à la façon dont la Guinée était gérée. J’estime qu’il fallait laisser les gens s’exprimer. Les gens comprendront qu’on ne peut faire la démocratie comme en France ou aux Etats-Unis parce que ces pays ont atteint un certain niveau de développement… Les gens se demandaient si la Guinée avait vraiment une armée, beaucoup de chefs d’états m’ont posé des questions. La population même ignorait qu’on avait des forces spéciales. Toutes les femmes étaient amoureuses de Doumbouya (leur chef). Malheureusement pour elles il est marié» (le 09, lors de la même interview, au sujet de ses envolés ridicules avec des journalistes français lors des festivités du 60e anniversaire).
  • « On va réhabiliter très rapidement cette usine pour installer l’usine de montage de tracteurs, de bus et de camions. On importe aujourd’hui des tracteurs donc ça crée des problèmes de pièces détachées. Ensuite on paie en dollars. Quand une usine est installée ici on n’aura plus de problèmes de pièces détachées. On a beaucoup de vieux magbanas (bus de transports urbains pourris). On va travailler avec les banques pour que les gens remplacent les vieux magbanas par des cars en payant progressivement. On est train de négocier. Pour les camions ce sera la même chose pour que les chauffeurs qui n’ont pas de camions puissent devenir propriétaires » (le 10, en visitant une usine désaffectée de textile à Coyah).
  • « Aujourd’hui n’importe quel paysan du coin le plus reculé de la Guinée peut utiliser son portable. Les tracteurs et moissonneuses-batteuses sont aujourd’hui dotés de GSM. Si un paysan veut louer un tracteur par exemple il prend son téléphone, il loue. S’il veut acheter de l’engrais il n’a pas besoin de se déplacer » (le 16, à Kindia lors de la célébration de la journée mondiale de l’alimentation).
  • « J’ai demandé au gouvernement de vous accompagner parce que je veux mettre fin à la consignation. Quand je suis arrivé j’ai fait des licences (de pêche) sécurisées, aujourd’hui on ne peut pas photocopier une licence. Ces licences sécurisées sont avec moi et non avec le ministre de la pêche. Il faut que je reçoive les papiers montrant effectivement que tel bateau peut avoir la licence. Mais quand je prends les bateaux, 90% sont des chinois. Tous les fonctionnaires qui ont signé des arrêtés alors que c’est réservé aux décrets, ça n’engage pas l’état. Ceux qui ont fait ça seront punis puisque ça ne m’engage pas et ça n’engage pas l’état. Quand quelque chose doit être donné par décret, vous le faites par arrêté, ça ne m’engage. J’ai dit au ministre de supprimer tout et de tout arrêter  » (le 27, lors d’une réunion avec le secteur privé, à propos de la domination totale des chinois dans notre pêche artisanale).
  • Pour : il essaie tant bien que mal de réduire l’impact de son interview ratée et ridicule avec la presse française la veille de la fête d’indépendance. Il aura au moins appris une chose : rêver uniquement de gros titres chez lui en France a surtout de nombreux inconvénients et les interviews avec notre presse locale sont plus safe pour lui. Avec elle il est assuré de soumission et courtisanerie sans égales par tous ceux qui sont sélectionnés méticuleusement pour lui poser des questions. Chez ses maîtres français, ça ce n’est pas possible.
  • Contre : quelle piteuse défense pour se justifier du bordel créé à la cour constitutionnelle. Et oser reconnaître qu’il n’a trouvé que Laurent Fabius pour le conseiller sur comment choisir le président d’une institution nationale, après 60 ans d’indépendance ? C’est vraiment pitoyable. Il n’a eu qu’un seul regret le jour de la fête d’indépendance : le manque de suites présidentielles dans les hôtels privés de Conakry causant une faible participation de ses homologues internationaux – vraiment les soucis de nos rois africains sont bien différents de ceux de leurs sujets. Sacré boss qui nous dit tout fièrement que les licences de bateaux de pêche du pays sont gardées par lui-même et que certains de ses fonctionnaires signent des arrêtés pour contredire ses décrets et qu’il va maintenant les punir, près de 9 ans après sa prise du pouvoir.
  1. Les décisions et actions « positives » du mois :
  • Le 02, le pays a célébré dans une allégresse notre 60e anniversaire : pose de gerbes de fleurs, mamayas grandioses et bruyantes au stade de Conakry et dans les capitales régionales, défilé civil et militaire marrant. Les Guinéens sont sortis en masse pour fêter au moins ce jour-à. Onze Chefs d’Etat étaient présents au côté du président Alpha Condé. Il s’agit de ceux du Mali, du Sénégal, du Congo Brazza, du Gabon, de la Mauritanie, du Niger,  du Burkina Faso, du Togo, Ghana, du Tchad et du Liberia. Chacun est obligé de venir pour obtenir la pareille dans les mois et années à venir. Inutile de détailler ici les centaines de discours d’appel à la paix immédiate, à la fraternité africaine, à l’émergence demain, au travail pour tous demain, à la justice pour tous après-demain, à la solidarité le lendemain…ect – bref, tout ce qui rabâché dans tous les discours sur le continent mais qui n’existe pas chez nous actuellement.
  • Pour : ce fut néanmoins un coup de pub africain réussi pour le PPAC, un petit rappel à ses homologues que lui aussi existait dans le paysage et qu’il fallait penser un peu plus à lui lors de leurs fêtes respectives.
  • Contre : la célébration fut néanmoins un exemple frappant d’une énorme mamaya désordonnée, mal planifiée et organisée comme nous seuls avons le secret et la patente.
  1. Les décisions et actions « négatives » du mois :
  • Le 03, la grève des enseignants promise depuis l’ouverture scolaire par le syndicat des enseignants (SLEG) prend effet avec force dans tout le pays. Les salles de classes sont boudées par les élèves et leurs enseignants qui tiennent à leurs huit millions GNF de salaire mensuel. Le gouvernement ne peut s’en prendre qu’à lui-même car il a posé un lapin aux enseignants : après plusieurs reports non justifiés les négociations prévues sous les auspices de l’inspection du travail devaient redémarrer ce jour-là au ministère de la fonction publique mais personne ne s’est pointé du coté des autorités publiques.
  • Le 03, le PPAC entérine le coup d’état interne à la cour constitutionnelle en confirmant l’élection frauduleuse de Mohamed Lamine Bangoura, le chef des frondeurs, au poste de nouveau président de l’institution. Encore une fois il s’impose par un décret sans aucun respect des procédures légales et constitutionnelles. Il pense sincèrement qu’il peut renvoyer le président d’une institution comme un de ses ministres et directeurs de service ou de société publique – quel Grand Homme d’état ! Comme au bowling, c’était Strike One pour la CENI et Strike Two pour celle-ci. A la moindre protestation ou mauvaise humeur d’un chef il est immédiatement viré honteusement et sans ménagement. A qui le tour parmi les autres institutions avant fin 2020 ?
  • Le 04, le PPAC inaugure en grande pompe l’hôtel Kaloum à deux pas du palais Satanya. C’est un hôtel 5 étoiles appartenant à des investisseurs chinois ce qui ne l’empêche pas de se vanter une nouvelle fois de cette nouvelle grande réalisation de son Sanseman. Mais le plus comique dans tout ça c’est qu’il l’avait déjà inauguré officiellement en septembre 2015, en pleine campagne électorale pour son 2e mandat, justement pour les mêmes raisons de présentation des prouesses de sa gouvernance. J’avais bien indiqué à l’époque que c’était en fait une coquille vide, qu’il avait juste inauguré les façades externes de l’immeuble rafistolées à toutes pompes pour l’occasion mais que l’intérieur de la bâtisse n’était qu’aux premières étapes de finition. Merci de nous le confirmer car il a fallu attendre effectivement plus de 3 années pour pouvoir découvrir notre nouvel hôtel.
  • Le 08, une cérémonie d’installation du nouveau président illégal de la cour constitutionnelle a eu lieu avec un émissaire du PPAC pour le représenter. Bien sur le véritable (mais ex) président a refusé de participer à cette mascarade ce qui est à mon avis une très bonne chose car ce nouveau président restera de fait méprisé par la majorité de ses collègues du système judiciaire et par ses compatriotes. Je sais néanmoins que son boss et lui s’en foutent complètement mais le suspens reste intacte quant à la fin de ce nouveau feuilleton radio-télévisé du Sanseman.
  • Le 09, le PPAC offre une interview à la presse nationale, une réponse/singerie à celle accordée dix jours auparavant, avec pour objectif de rectifier sa sortie ratée devant la presse française. De service pour l’aider dans cet exploit titanesque sont 4 journalistes obséquieux jusqu’à la nausée triés soigneusement dont deux de la RTG, assis béatement autour de lui pour poser des questions dégoulinantes de courtisanerie devant leur idole. On aurait dit des chiots sans crocs devant un os juteux. Triste et pathétique, tout simplement.
  • Le 12, un député de l’opposition à l’assemblée nationale nous dévoile les résultats d’un audit indépendant du fichier électoral national. Ainsi celui qui a servi de base pour l’élection présidentielle de 2015 et les communales de 2018 a été passé au peigne fin par des experts internationaux de l’OIF, l’UE et des USA. Selon ces experts le système mise en place par la société privée créatrice de cette banque de données (GEMALTO) ne permettait pas le contrôle des dates de naissance pour empêcher les personnes ayant moins de 18 ans de se faire enrôler d’où la possibilité d’enregistrer des mineurs sans retenue. Ce qui explique le nombre démesuré de mineurs maintes fois dénoncé lors de toutes ces élections. La liste des autres anomalies critiques, volontaires ou non, est kilométrique, par exemple le fichier est hypertrophié dans certaines zones bien choisies concernant les inscriptions sur la liste. C’est le cas des circonscriptions électorales de Faranah, Kankan et n’Nzérékoré où on constate des sur-inscriptions allant jusqu’à 130 % de la population ayant l’âge de voter alors que des zones comme Labé, Kindia et Boké sont entre 6 et 3 %. Au final il y a 1.350.000 fictifs soit près du quart d’un fichier total d’environ 6 millions.
  • Le 16, une nouvelle ville morte de l’opposition se termine par l’assassinat d’Ibrahim Bah, un jeune homme d’environ 20 ans originaire de la préfecture de Dalaba en Moyenne Guinée. Il a été tué par « balle perdue » dans la matinée à Koloma-marché, dans la commune de Ratoma. Selon les observateurs présents  il a été touché à l’épaule droite par le tir d’un milicien d’état près de la mosquée-marquage et a succombé avant même son transfert vers une structure sanitaire. Bravo aux agents de la BAC-4 (Brigade Anti Criminalité) et à un « béret rouge » de l’armée filmé à son insu dans ce quartier, vous avez une fois encore bien rempli votre mission officielle.
  • Le 18, lors du conseil des ministres présidé par le boss un réajustement des crédits est annoncé pour plusieures institutions. Ainsi la présidence bénéficie d’un petit booster de 103,8 milliards de GNF, après une première hausse de 41 milliards un peu plus tôt cette année. Elle passe ainsi de 367 milliards en 2017 à 512 milliards pour 2018 (hausse d’environ 40%). Pour tous les autres ministères (hôtellerie, hydrocarbure, investissements privés et coopération) c’est entre 2,4 et 7,4 milliards de bonus. Quant aux enseignants et leur demande d’augmentation de leurs salaires le conseil a été tout aussi ferme : on coupera les salaires de tous ceux qui continueront à grever.
  • Le 19, le comité de pilotage pour l’organisation du procès sur le massacre du 28 septembre 2009 se réunit pour la troisième fois pour déterminer le lieu de la tenue du procès ainsi que le budget prévisionnel qui est établi à 087.711.600 GNF soit environ 7,8 millions de d’euros. Officiellement 77% seraient financés par le gouvernement – mais seuls les amnésiques croient à cela. Les 33% demandés aux Big Brother sont assurés d’une croissance exponentielle à mesure que la date du procès approchera. Le message est donc clair aux Big Brothers enquiquineurs : « Chez nous c’est emmerdeur – payeur, aboulez le fric si vous y tenez tant ». Le lieu proposé est le cinéma Liberté à l’entrée de la commune de Kaloum.
  • Le 22, les élèves de la capitale sont de nouveau dans les rues pour jeter des cailloux sur les policiers et gendarmes. C’est une réponse directe à l’annonce mensongère de Don Kass-Kass de la veille où il annonçait un dénouement de la crise et la fin de la grève du principal syndicat des enseignants alors qu’il n’a même pas négocié avec lui. De plus les élèves disent clairement qu’ils refusent de suivre les cours enseignés par des contractuels semi-lettrés recrutés à main levée pour contrer les grévistes. Ceux-ci parlent un français bizarre qu’ils ne comprennent même pas. A force d’intifada renforcée les policiers de service ce jour ont pris leurs jambes à leurs cous pour éviter d’être lynchés par leurs petits-frères et enfants.
  • Le 23, une nouvelle marche pacifique de l’opposition se termine par la mort d’un jeune plombier de 18 ans et plusieurs blessés graves par balle. Encore un jeune sacrifié pour rien parce que bientôt les deux responsables de sa mort se retrouveront pour signer un nouvel accord de calme hebdomadaire sous la table. Demain, après son enterrement, il ne restera plus que sa famille directe pour le pleurer. Le décombre macabre atteint 98 jeunes tués depuis janvier 2011, l’arrivée du PPAC aux commandes. Aussi les pare-brises avant et arrière du véhicule du chef de file de l’opposition sont percés par ce qui pourrait être un coup de fusil. La réplique du porte parole de la police vaut vraiment le coup : « Etant entendu en règle de droit que la preuve de l’accusation incombe à l’accusateur les services de sécurité demandent impérativement à l’opposition républicaine l’ouverture d’une enquête indépendante de son choix et de faire procéder à l’expertise des faits». C’est vraiment le monde à l’envers chez nous.
  • Le 24, une folle rumeur d’agression rebelle provoque la panique dans la préfecture de Coyah, un véritable « conte et légende » typique de notre vieille révolution globale et multiforme : les habitants des villages de Kouyeyah, et de Doniah dans la sous-préfecture de Wonkifong ont été réveillés par de tirs vers 03 heures du matin. Pris de panique ils se sont rués vers la ville de Coyah. Les termes ‘attaque rebelle’ et ‘agression de mercenaires’ si chers aux nombreux paumés et derniers révisionnistes sont rapidement lancés dans les médias, les maquis et salons de Cona-cris. Il s’agissait en réalité de 8 bateaux de pêche semi-pirates chinois (car avec des  autorisations des nababs du ministère de la pêche) totalement rouillés qui remontaient la côte pour revendre le fruit de leur pêche illicite car interdite récemment par le gouvernement pour concurrence déloyale avec les petits pécheurs artisanaux locaux. Bonne aubaine pour notre communiste historique pour essayer de détourner l’opinion nationale sur ses dernières bévues y compris l’accusation de tentative d’assassinat par balle du chef de l’opposition. Le lendemain des journalistes du site Kabaashir.com (I.S. Camara/Jeanne Fofana) résument bien le scenario de récupération de la situation : « La mobilisation est totale sur le terrain. Toutes les entrées de la capitale Conakry sont bloquées par des bérets rouges. Selon nos informations le carrefour de Kagbelen est occupé par un groupe de militaires bien armés qui fouillent toutes les  voitures qui  sont en direction de Conakry. Entre Coyah et km 36 également le même dispositif aussi est mis en place. Au pont 08 novembre aussi un autre groupe de militaires fouille systématiquement les véhicules avant d’arriver au centre ville. Une situation qui a créé un embouteillage terrible ce matin à l’entrée de la commune de Kaloum. Aujourd’hui le régime tangue. Il est estampillé. Pendant ce temps l’ensemble des opposants témoigne à Cellou Dalein Diallo de leur solidarité. Kouyaté, Sydia, Sylla Patronat (UDG), etc. Le domicile du chef de fil de l’opposition est devenu ces dernières 48 heures un lieu de pèlerinage. Chacun réclame justice. Le gouvernement est coincé. Pour ainsi rebondir Alpha Condé trouve la parade : celle de monter une rébellion. Une fausse manœuvre qui vise à détourner l’esprit des Guinéens sur ce qui prévaut : l’assassinat présumé contre Dalein Diallo. Le gouvernement évoque des navires suspects aperçus à Coyah. Alpha Condé crée ainsi une psychose pour mettre en veilleuse toutes les préoccupations du moment ». Tout ca pour quelques barques de pêches pourries ? Ainsi vivent les Guinéens au jour le jour, avec les lubies et reflexes d’un vieux Marxiste-léniniste du XXe siècle.
  • Le 28, les petites visites à l’étranger du boss se poursuivent : après le sommet de la francophonie il y a quelques semaines il s’envole pour Berlin pour un sommet Allemagne-Afrique dénommé « Compact with Africa». Mais chose bizarre notre papy boiteux n’est apparu sur aucune photo officielle ou reportage sur les réunions. Un sommet sans notre PPAC dans la photo officielle ? C’est vraiment une première. Grâce à ce programme le Ghana, la Tunisie et l’Afrique du Sud ont reçu 365 millions d’euros sous forme de prêts financiers bonifiés – pour nous c’est zéro pointé.
  • Le 29, la société minière Rio Tinto annonce l’expiration de l’accord de cession de ses parts dans le projet Simandou à la société chinoise Chinalco. L’accord d’entente non contraignant, initialement signé le 28 octobre 2016 prévoyait que Chinalco acquiert l’intégralité de la participation de Rio Tinto dans le projet. Rio Tinto et Chinalco détiennent respectivement 45,05% et 39,95% des actions alors que la Guinée détient 15%. La date limite de signature était le 28 octobre 2018 d’où l’annonce officielle le lendemain du deadline. Du coup la patate chaude retombe dans les bras de l’envoyeur, un nouveau manque à empocher des sous supplémentaires d’ici 2020. Ils devront donc magouiller ailleurs pour compenser. Décidément quand on a la guigne on a la guigne et c’est vraiment caillou pour s’en sortir.
  • Le 30, une nouvelle marche pacifique est avortée par la force – un nouveau mort par « balle « perdue » à Bambeto dans la banlieue de Conakry ; il s’appelait Mamadou Cellou Diallo (pas l’autre), il avait environ 30 ans. Il y a aussi de nombreux blessés par balles dans les cliniques de quartier et dans les hôpitaux dont certains dans un état critique, ce qui veut dire morts à 95% à court terme chez nous. Quant au chef de file de l’opposition il est séquestré en résidence surveillée dans sa propre maison. Le tout nouveau ministre de la sécurité Otis Keira, en digne d’un criminel notoire de la globale et multiforme nous démontre tout son art hérité et sa stratégie de riposte désormais : il répond au chef de file de l’opposition « Puisque tu dis qu’on te tire dessus quand tu vas en ville alors reste bien au froid chez toi où personne ne pourra plus te tirer dessus ». Avec une cerise sur le gâteau : « On lèvera cette sanction quand la justice aura fini ses enquêtes et aura tranché suite à ta plainte ». Nous savons tous quand cela arrivera chez nous. Le message est clair : « tu vivra désormais en résidence surveillée jusqu’en 2020 ».
  • Le 31, l’organisation de défense des droits de l’homme Amnesty International dans un communiqué de pressetrès sévère affirme que les fameux bérets rouges, les pires tueurs de l’armée, sont présents et armés pendant les manifestations de l’opposition qui se sont soldées par plusieurs morts. Elle écrit : « Par le biais de son service de vérification numérique (réseau de bénévoles formés à la vérification des réseaux sociaux), Amnesty International a authentifié des vidéos et des photos montrant des membres des « bérets rouges », une unité d’élite militaire déjà impliquée dans des violations des droits humains comprenant des homicides illégaux et des violences sexuelles, portant des armes aux côtés de la police lors d’une manifestation le 15 octobre ». Une simple confirmation externe de qui tire sur les enfants désarmés à chaque manifestation.
  • Pour : comme chaque mois, R.A.S…
  • Contre : concernant l’évaluation externe du fichier électoral, selon des sources concordances la nouvelle société (BRITEC, une société Tunisienne) à laquelle ces données auraient été récemment transmises pour nos prochaines élections législatives (2019) et présidentielle (2020) n’a aucune compétence dans ce domaine, ce qui ouvre un nouveau boulevard à encore plus de tripatouillage du fichier électoral. Dans tout autre pays on aurait immédiatement exigé un nouveau recensement avant toute future élection mais chez nous cela aboutira surement à un accord politique secret pour « régler » le problème. A ce titre le dernier accord du genre (le 08 aout) a montré une fois de plus qui était le rusé  de service et qui était le couillon habituel dans ce type de deal : le RPG a attendu que l’UFDG l’applique partout où c’était prévu pour lui pour ensuite refuser de respecter ses obligations. Le jeu politique est vraiment hideux partout mais encore plus chez nous.

 

Tic-tac, Tic-tac, la montre tourne ; aujourd’hui est le 2870e jour de l’ancien « Guinea is back » et du nouveau « changement radical » – déjà 07 ans 10 mois et 10 jours ! Aladji-Professeur-Président voici ma suggestion SMART (Spécifique, Mesurable, Atteignable, Réalisable et Temporellement définie) du mois pour améliorer un peu votre Sanseman : Prési, je pensais que vous ne pouviez plus m’étonner mais je vois que vos capacités créatives sont illimitées. En entérinant officiellement le coup d’état interne de la cour constitutionnelle et en mettant sur son trône un putschiste vous entreprenez un petit jeu très dangereux pour vous et pour vos compatriotes – je vous demande de l’arrêter tout de suite Yandi. Pourquoi ce « over-kill » inutile d’un subordonné pourtant obséquieux (sauf à une seule occasion et même, car il n’a pas écrit ce discours sans les contributions et accords des autres commissaires) mais surtout sans véritable poids de contestation, ce qui va plutôt desservir vos ambitions éventuelles ? Quand la haine et la volonté aveugle de se venger en humiliant son adversaire prend le dessus sur le raisonnement d’un homme politique il se transforme progressivement en…Satan Touré. Une fois encore vous m’avez enfariné car je soutenais avec un peu de confiance depuis un certain temps que vous étiez trop rusé pour faire une erreur aussi grossière. Je soupçonnais plutôt votre volonté de prolongation de 2-3 ans de votre mandat actuel, à la Tandja « pour finir vos grands chantiers » ou comme Gbagbo et Kabila pour sucer un peu plus longtemps le biberon du pouvoir malgré à tous risques mais regarder où ils en sont aujourd’hui. Et puis de grâce cessez de parler désormais devant la presse internationale comme récemment avec vos arguments pseudo-révolutionnaires des années 60, nationalistes minables, démagogiques, désordonnés et pleins de rancœur complexée pour justifier votre incapacité gestionnaire totale – plus vous en parlerez et plus vous vous enfoncerez. Vous pensez donc que vos compatriotes sont tous des lâches et des matés et voulez donc tester jusqu’à quel point il est possible de leur enfoncer la tête dans le tas de fumier de votre Sanseman, ensuite leur frotter le visage dedans et finalement les obliger à l’avaler ? Un résumé pertinent de cette situation nous est offert par un analyste du site Guineenews.org (Amamdou Tham Camara, le 04 octobre) : « Dorénavant pour le parti au pouvoir il existe un boulevard pour avoir la majorité qualifiée des deux tiers des députés lors des élections législatives prévues au premier trimestre de 2019. Cette majorité étant la condition sine qua non pour entamer la révision de la constitution. C’est un pas de géant qui vient donc d’être franchi pour faire sauter le verrou constitutionnel qui bloque le nombre de mandats du président de la république à deux. Surtout qu’en amont le pouvoir semble avoir anticipé sur toutes les velléités de contestation du projet de troisième mandat. Le ministre de l’administration, le général Bourema Condé – un homme qui a la réputation d’avoir réprimé les militants du RPG, alors opposants du régime Lansana Conté quand il était le sous-préfet de Banankoro – a interdit toutes les manifestations jusqu’à nouvel ordre. L’appareil répressif de l’Etat (police et gendarmerie anti-émeute) est doté des équipements du dernier cri qui ont été exhibés lors du défilé du 02 octobre pour mater toute contestation populaire. Pendant ce temps les contre-pouvoirs existants montrent des signes de faiblesse inquiétants. Le syndicat et les organisations de la société civile sont divisés, les empêchant de faire aboutir la moindre initiative. Les deux opposants les plus populaires ont fait des flirts avec le pouvoir ces deux dernières années qui ont déboussolé leurs militants (avantages de chef de file de l’opposition et de haut représentant du président de la république, accords de partage de pouvoir dans les mairies, etc.). Quant au rempart qu’est la presse le traitement présidentiel est différent. Alors que des journalistes s’exprimant en langue nationale sont choyés car parait-il, écoutés par les 80% d’analphabètes, le bétail électoral pour le troisième mandat, au même moment ceux qui s’expriment en français sont soit snobés soit rabroués. Le chemin semble balisé pour le troisième mandat mais toute la question est de savoir si ce peuple qui a souffert de la présidence à vie de Lansana Conté, acceptera une autre présidence à vie ». Franchement j’ai toujours pensé que vous étiez un piètre homme d’état mais un politicien rusé. Mais même dans ce domaine vous commencez à perdre votre « touch » avec le poids de l’âge: 1) Pourquoi liquider et remplacer Kelefa Sall comme cela ? Les textes de loi sont très clairs et vous pouviez aisément les utiliser pour vous en débarrasser « proprement ». 2) Pourquoi vous contraindre volontairement à un bordel désormais permanent jusqu’en 2020 avec tous les radars internationaux braqués sur vous, en particulier ceux de vos protecteurs en France et ailleurs qui sont surement très embarrassés par cette démarche ? Alors que le mettre discrètement en minorité dans tout vote futur de son institution pour un 3e mandat aurait abouti au même résultat ?  Nous avons vécu ces derniers jours une des conséquences indirectes de ce désormais bordel hors-la-loi permanent avec les élections des maires dans tout le pays suite à vos accords illégaux de partage à deux des mairies en contradiction totale avec la loi électorale et la logique sociale : bagarres, morts et blessures de jeunes civils, destruction des bureaux et de maisons y compris celle de la belle-mère de votre principale opposant, une dame pourtant respectée par tous les habitants d’une ville dont tous les leaders religieux et traditionnels avaient exigés que le corps de son mari ne soit pas rapatrié dans son village natal suite à son décès, afin qu’il soit enterré là où il était adulé de toute la population, dans la cour de son hôpital régional de Kindia qui porte d’ailleurs depuis son nom. Les nouveaux « sages » tordus de cette ville qui ont envoyé des casseurs et des voleurs faire ce sale boulot, y compris déchirer tous les albums, documents et photos de son défunt mari ont-ils oubliés que la majorité d’entre eux ainsi que leurs femmes et enfants sont nés et ont été régulièrement soignés dans son hôpital, sous sa protection ? Peuvent-ils se regarder après cela dans le miroir et aller 5 fois par jour à la mosquée pour implorer le bon Dieu ? Hélas oui, c’est ça la nouvelle réalité de la vie sociale entre communautés chez nous !

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Une Nouvelle Voie (Septembre 2018) :  les stéréotypes ethniques, les mépris inter-communautaires et le bordel institutionnel forment le trépied du Sanseman

Bienvenue à mon bilan du 33e mois de la Condécratie version 2.0. Je continue mon exploration mensuelle des méandres des décisions importantes pour la Nation prises par nos nouveaux chefs en proposant des pistes de réflexions et d’actions qui pourraient être envisagées pour que le « vrai changement » soit effectif.

  1. Echantillon de paroles et pensées présidentielles du mois:
  • « L’Afrique est en train de se vider de ses forces vives. C’est une nouvelle forme d’esclavage. Je souhaite que l’Afrique ne rate pas la quatrième révolution industrielle. Nous ne pouvons pas le faire sans maîtriser les technologies. L’industrialisation est fondamentale pour l’Afrique qui regorge de matières premières agricoles et minières mais elle a été condamnée par la colonisation à être exportatrice de matières premières et déversoir de produits finis » (le 05, dans une interview avec la presse chinoise lors d’un forum à Pékin).
  • « Je ne vais pas prononcer un discours académique. Les ministres souvent écrivent des discours mais moi je suis un intellectuel. Mais un discours écrit dans un bureau, qu’est-ce que ça à voir avec la réaction populaire ? Voilà Monsieur le ministre ! Il faut qu’ils comprennent, nous devons communier avec les artistes qui sont là pour qu’ils sachent que nous sommes à leurs côtés, leur dire que nous sommes fiers des jeux de kora, de nos gnamakala, de nos hommes-oiseaux, etc. » (le 12, lors de la présentation de notre nouvelle politique culturelle nationale (!)).
  • « Les médecins ne font pas leur travail. Ils savent qu’à partir de 40 à 50 ans la viande rouge n’est pas bonne pour la santé mais ils ne conseillent pas cela aux malades. Quand quelqu’un est atteint  du diabète, il peut vivre 100 ans s’il accepte de changer son régime alimentaire. S’il ne l’accepte pas il y aura beaucoup de conséquences. S’il a des plaies on va être obligé de l’amputer et il va finir par devenir aveugle. Ils doivent avoir des émissions dans des radios pour régulièrement dire aux Guinéens ce qui est bon pour la santé ou pas. Mais s’ils ne font pas  leur travail, il faut dire qu’ils ne font pas leur travail » (le 16, lors d’une visite des mouroirs sanitaires de la capitale).
  • « Les Français doivent savoir que si la Guinée a été en retard, il y a la responsabilité des chefs d’état guinéens mais aussi la responsabilité de la France de l’époque. Ce n’est pas à RFI ou au Monde, que les guinéens ne connaissent même pas, que je vais expliquer ça.  Je suis en contact avec mon peuple, c’est avec lui que je dialogue. Ce n’est pas à RFI que je vais parler de mon bilan, c’est devant mon peuple. S’il y a des gens qui ont le complexe de vous, ce n’est pas mon cas, c’est à mon peuple que je m’adresse.  C’est mon peuple qui jugera mon bilan et non RFI. Je n’ai aucun complexe, je m’adresse à mon peuple dans sa langue… L’histoire de la Guinée ne se ramène pas à la violence. Vous êtes venus avec des idées arrêtées. Je suis choqué de vous entendre dire que la Guinée n’a pas émergé, je suis choqué, franchement. Je suis choqué. ce n’est pas la peine de venir en Guinée, restez en France alors si vous dites que la Guinée n’a pas décollé. Vous êtes très contents d’être au Millenium, à Sheraton, au Palm hôtel ou bien à Kaloum. Aujourd’hui vous êtes très contents d’avoir des hôtels où vous pouvez dormir comme à Paris et vous venez nous dire que la Guinée n’a pas décollé. Mais non Madame, si vous êtes venus avec des idées arrêtées pour présenter une mauvaise image de la Guinée, partez avec elles. Vous êtes venus déformer l’histoire de la Guinée. De toute façon Madame je vais vous dire : ce n’est ni TV5, ni RFI qui va décider du destin du peuple de la Guinée. Vous pensez que peut-être parce qu’il y a beaucoup de chef d’état qui vous courent après, moi le peuple de Guinée sait ce qui se passe chez lui. Je n’ai aucun complexe des journaux français, américains ou chinois, il faut que ça soit très clair » (le 30, interview avec un panel de journalistes français de RFI, TV5 et le Monde à la veille des festivités du 60e anniversaire de l’indépendance).
  • Pour : ça y est, c’est parti pour les conseils et sanitaires et ordonnances médicales du 1e médecin-chef du pays, docteur et professeur de la Sorbonne. Pour le moment les conseils sont corrects même s’ils sont dits dans le langage habituel des garçons de salle hospitaliers.
  • Contre : c’est quand même incroyable de continuer à faire porter les principales causes de notre retard à la colonisation, soixante ans après. En prototype des vieux marxistes parigots des années 60 il est sincèrement incapable de penser à autre chose et ce n’est pas en raisonnant ainsi qu’il aura une chance de ne pas rater la 4e révolution industrielle qu’il nous souhaite tant. Mais le championnat des mensonges d’état du mois semble être remporté par Don Kass-Kass qui nous dit lors du bilan de ses 100 premiers jours au pouvoir : «En terme de reforme on a été classé comme cinquième pays le plus réformateur du monde, ça veut dire qu’en terme de programme de reforme nous avançons, nos lois s’améliorent, nos cadres institutionnels s’améliorent ». Ce type est pire que Donald Trump, Walahi !
  1. Les décisions et actions « positives » du mois :
  • Le 13, le ministre de l’unité nationale et de la citoyenneté a remis les deux premiers « prix national du civisme et de la paix » crée pour l’occasion par le PPAC au caporal  chef Cheick Moussa Soumah et au civil Youssouf Soumah. La semaine précédente ils avaient sauvé la vie d’un enfant de trois ans lors de l’incendie d’un appartement au quartier Yimbaya en haute banlieue de Conakry. C’est toujours une bonne chose de féliciter publiquement les bonnes actions, surtout venant d’un militaire guinéen qui est entré dans une maison sans chercher avant tout à la piller, ce qui est plutôt la norme chez nous.
  • Le 25, un ouvrage collectif de journalistes et chercheurs est présenté officiellement à Conakry et diffusé gratuitement dans les presses nationale et internationale. Il décrit en détail la violence politique permanente qui a rythmé l’histoire de la Guinée de 1954 à 2010 en documentant les faits et analysant les causes et conséquences. L’objectif : ouvrir le débat sur l’histoire du pays. Selon le je journal Jeune Afrique du 25 septembre : « Des exactions commises sous le règne de Sékou Touré au massacre du 28 septembre 2009 en passant par la prise de pouvoir du capitaine Moussa Dadis Camara ‘ Mémoire Collective – Une histoire plurielle des violences politiques en Guinée s’attache à retracer dans ses moindres détails les drames ayant entaché les décennies qui ont suivi l’indépendance du seul pays africain à avoir dit « Non » à De Gaulle le 28 septembre 1958. Archives, témoignages inédits – de bourreaux comme de victimes – photographies, analyses, reportages, reconstitutions… L’ouvrage publié le 25 septembre 2018 et disponible en intégralité sur internet est le fruit d’un travail au long cours mené par des journalistes de RFI, des chercheurs de la fédération internationale des ligues des droits de l’homme (FIDH) ainsi que des universitaires guinéens français et américain, sous la coordination de Laurent Correau, rédacteur en chef Afrique à RFI ». Enfin une action concrète et positive de notre société civile, le seul pouvoir qui puisse encore résister au PPAC en Guinée.
  • Pour : concernant ce livre sur les violences nationales, puisque entre nous Guinéens c’est toujours les visières et les analyses émotives et biaisées, bien que ceux qui défendent encore nos dictatures ne représentent plus rien sur l’échiquier politique national, il est bien quand même que ce travail soit coordonné et mis en page par des universitaires étrangers sans intérêt personnel direct à nos misères nationales. Le même petit groupe habituel de grognards, composé de la demi-douzaine de dinosaures grabataires, des dizaines d’enfants et petits-enfants de tortionnaires et princes de la révolution et d’une petite bande d’indécrottables extrémistes révisionnistes à visées hégémoniques, ont beau crier et pleurer sur certains médias locaux, tout s’est passé comme sur des roulettes à Conakry. Il ne leur reste plus maintenant qu’à écrire leur livre de démenti historique, si bien sur ils peuvent trouver au moins un seul d’entre eux capable d’écrire plus qu’un commentaire de quelques phrases approximatives sur un site d’information.
  • Contre : concernant nos 2 premiers médaillers du civisme les prix consistaient en un drapeau national et une petite enveloppe de francs glissants. Les pauvres auraient nettement préféré l’obtention directe de la nationalité française et un boulot garanti chez les pompiers de Paris mais c’était quand même un peu trop demander. Et pourtant le malabar en treillis ressemble comme un frère à « Spiderman Gassama » de Paris mais bon, nous on a déjà coupé le cordon ombilical (non financier) avec les colons donc cela n’a pas été possible.
  1. Les décisions et actions « négatives » du mois :
  • Le 03, le volet recettes de la loi des finances rectificative 2018 est adopté par notre assemblée nationale. Parmi ses spécificités typiquement guinéennes on constate le renouvellement des lignes budgétaires réservées pour la haute cour de justice et le haut conseil des collectivités locales (2,5 milliards GNF pour la première et 3,5 milliards GNF le pour le second). Le problème c’est que ces 2 institutions n’existent toujours pas et ne sont pas près de l’être surtout la 1e qui est la seule institution capable de juger notre président et ses ministres. Bref encore une bonne affaire pour ceux qui ont réussi à imposer une nouvelle fois cette saignée financière garantie 100%.
  • Le 03, le HRC publie un rapport sur l’immigration irrégulière en Europe où la Guinée fait de nouveau parler d’elle : sur la « route »espagnole où les arrivées sur les côtes ont bondi de 130% sur les sept premiers mois de l’année par rapport à la même période l’an dernier (27.600 personnes contre 12.100), les pays d’origine les plus représentés sont la Guinée (3.100), le Maroc (2.600), le Mali (2.200), la Côte d’Ivoire (1.200) et la Syrie (1.000). En pourcentage de la population totale nous sommes nettement le premier exportateur de la misère des enfants du continent.
  • Le 04, nous apprenons sur la radio Espace FM que 21 millions USD ont été détourné  à la banque centrale (BCRG) selon une source interne (et anonyme bien sur). Ces fonds proviendraient  de ponctions régulières faites sur les montants à transférer par la compagnie privée MSS (appartenant à un mauritanien pote du boss et associé au fils du ministre de l’administration du territoire) aux Citibank et Standard bank à Dubaï. Il semblerait que cet argent aurait en partie servi entre autres à financer une autre société privée spécialisée dans la production d’or basée en Haute Guinée. Une enquête plus détaillée a été publiée par le journal en ligne spécialisé français LDC (Lettre Du Continent).
  • Le 04, un redoutable complice religieux du PPAC, l’autoproclamé chef de la Basse Guinée Sekhouna soumah se fait le relais de la pensée profonde de ses mentors actuels qui lui remettent parfois des enveloppes financières de subsistance ces jours-ci: Il ose dire devant la presse locale : « Je vous dis tout d’abord que le choix fait à Kindia pour le maire n’est pas dans la logique, la loi n’a pas dit d’arranger un vote entre des protagonistes. Si tel a été le cas le gouvernement s’est trompé. En second lieu Kindia est la capitale de la Basse-Guinée, point commun de tous les soussous. Si le gouvernement indique qu’un peulh doit diriger cette commune sans faire l’inverse à Labé ou à Kankan cela prête à la confusion.  Peut-être s’il peut y avoir un arrangement c’est pour une autre commune et non pour la capitale de la Basse-Guinée ». La course aux propos éthiques haineux en public prend un nouveau coup d’accélérateur. Le lendemain d’ailleurs le coordinateur de la coordination peule (Halli Pular) décroche sa salve visant directement la nationalité « usurpée » du PPAC. Pour les nombreuses coordinations mamayesques de la Haute Guinée c’est déjà une norme établie depuis longtemps. Dommage qu’il n’y ait presque plus de « sages » et de chefs religieux respectables dans notre pays.
  • Le 06, les vérités sur les magouilles électorales systématiques et cachées du pouvoir commencent à sortir, comme toujours à moyen terme dans des cas pareils. Le directeur des opérations de la CENI, Etienne Soropogui, sentant surement son éviction très prochaine de cette mangeoire, révèle ses petits secrets de polichinelle : « Les magistrats ont reçu assez de pression pour annuler les résultats par endroits. Tout ça n’est pas bien, on ne peut pas revenir après pour parler de paix et stabilité quand à un moment donné on ne prend pas de la hauteur pour laisser les gens faire leur travail. Les magistrats ont été assez menacés et la pression venait du pouvoir en place. On sait comment ça fonctionne, on a demandé aux magistrats de faire des choses qui n’étaient pas bien par endroits. Certainement il ne fallait pas le dire mais le moment est venu de le dire. Ils ont été assez bousculés. Finalement ils ont fait des réaménagements par endroits. Nous sommes devant cette situation, 5 à 6 mois après les élections communales nous ne sommes pas capables d’installer les conseils communaux. Je crois que ce n’est pas bien pour notre pays ». Merci quand même pour cette confirmation tardive de la pourriture de votre CENI et du système judiciaire dans le Sanseman du PPAC.
  • Le 06, lors d’une interview sur la RTG pour faire le bilan de ses 100 premiers jours Don Kass nous donne une justification intéressante sur le dossier de la disparition de 21 millions USD de la banque centrale : « J’ai lu un papier prétendant qu’il y a eu un scandale financier à la BCRG. La BCRG ne peut pas se comporter de cette façon qu’on vous a décrite. Pour des raisons données les banques suisses ont décidé d’arrêter leurs relations avec certains pays d’Afrique dont la Guinée. Donc il fallait trouver des partenaires pour transporter notre argent ». Quelle argumentation convaincante venant d’un type ayant obtenu 2 doctorats en 3 ans aux USA ! La question principale maintenant est de savoir pourquoi les banques suisses ont décidé d’arrêter complètement toutes relations avec les autorités guinéennes ?
  • Le 07, un journaliste demande au ministre chargé de l’administration les raisons du retard de l’installation des conseillers communaux élus depuis février dernier ? Sa réponse est à couper le souffle : « Le PM a dit que ce retard est dû au retour des pèlerins de la Mecque ». Don Kass-Kass  lui aurait dit qu’il y a des candidats aux postes de maires de certaines localités qui sont allés à la Mecque pour accomplir leur pèlerinage ! Et Don Kass-Kass en rajoute une couche : « D’abord je voudrais vous faire observer que même si l’approche est cavalière et la méthode est mauvaise on peut se réjouir du fait que  ça fait des économies de morts, économies des blessés, ça fait des économies de casses de maisons, casses de magasins. Pour moi c’est cela l’important ». On est vraiment mal barrés avec ces 2 farceurs au sommet de notre administration.
  • Le 07, le ministère de la fonction publique publie les résultats provisoires du recensement et de l’identification biométrique additionnelle des fonctionnaires. Selon son porte-parole « 35.293 fonctionnaires, pensionnés civils et agents contractuels temporaires sont introuvables. Sur un total présumé de 91.095 seuls 55.802 ont été retrouvés. Pourtant ils perçoivent régulièrement leurs salaires ». Et ça ce sont les résultats après le 6e recensement/identification biométrique des fonctionnaires depuis 2011. Imaginez donc la situation réelle dans la masse pléthorique totale de fonctionnaires de l’administration.
  • Le 12, après leur lettre de défiance à leur chef de la semaine dernière, les huit conseillers de la cour constitutionnelle annoncent la destitution de leur président Kéléfa Sall dans un document de trois pages d’une légèreté abyssale de justifications légales. Ce document a été remis à l’assemblée nationale avec copies aux médias. Interrogés sur la légalité de leur texte ils répondent : « C’est la majorité souveraine qui s’est exprimée ». Ceci est leur 2e tentative de le faire, la première ayant lamentablement échouée il y a quelques mois. Il faut quand même préciser que parmi ses « crimes » leur ex-président avait osé dire publiquement le 14 décembre 2015 lors de la 2e intronisation pour le dernier mandat du PPAC: « Ne nous entourons pas d’extrémistes, ils sont nuisibles à l’unité nationale. Évitez toujours les dérapages vers les chemins interdits en démocratie et en bonne gouvernance. Gardez-vous de succomber à la mélodie des sirènes révisionnistes car si le peuple de Guinée vous a donné et renouvelé sa confiance il demeure cependant légitimement vigilant ». Il venait de signer le démarrage d’une haine maladive et d’une promesse de vengeance humiliante du PPAC suffisante pour expliquer son silence et son plaisir actuel dans cette crise. Néanmoins ne faisons pas de cette nouvelle pagaille juridique un facteur pour faire de Kéléfa un héros national : il a accepté sans dire un mot les résultats truqués de toutes les élections depuis qu’il a été nommé. Par exemple il savait parfaitement les pressions lors des communales faites sur tous les magistrats qu’il connait bien personnellement. Si Soropogui qui n’est pas magistrat le savait, à plus forte raison lui. Pourquoi n’a-t-il pris alors son courage a deux mains, surtout que le PPAC ne peut pas le toucher avant son départ, pour rejeter les résultats (comme au Kenya) ou démissionner pour marquer le coup et l’histoire ? Alors là on aurait pu lui tresser des couronnes. De plus même si le PPAC décidait de se présenter de nouveau Kéléfa ne serait qu’une voix parmi 9 commissaires de la cour et selon la loi son vote n’est pas éliminatoire. Donc en cas de tentative de révision de la constitution son seul choix aurait été de démissionner et on a déjà vu sa détermination dans les cas passés. La question fondamentale qui mérite une réponse professionnelle est donc : juridiquement Kéléfa Sall peut-il tout seul empêcher l’assemblée nationale majoritairement RPGiste d’appeler à une révision constitutionnelle et de l’obtenir ensuite par référendum interne ou général, sachant bien qu’il ne démissionnera surement pas ?
  • Le 14, une manifestation des jeunes de la préfecture de Mandiana tourne une nouvelle fois au drame humain. Une petite bande de jeunes et d’adolescents en colère contre le non tenue des promesses présidentielles au sujet de l’enclavement de leur préfecture ont pris d’assaut les rues dès 06 heures du matin. Ils manifestaient contre la dégradation des routes et réclamaient la reconstruction de leur « maison de jeunes ». Le préfet leur répond en lâchant ses miliciens armés et au final on compte un mort et une dizaine de blessés par balles. En réponse les jeunes pillent et brûlent la résidence du préfet et incendient un véhicule dans sa cour. Et pourtant au départ ils ne faisaient que hurler des slogans anti-Sanseman et brûler des T-shirt du RPG. Toujours ces mesures disproportionnées pour de simples protestations pourtant justifiées. Et dire que les mêmes étaient entrain de chanter et danser avec Don Kass-Kass deux semaines auparavant pour applaudir les merveilles réalisées par ce Sanseman ! Il est vrai que quelques petites enveloppes de 50-100.000 GNF distribuées largement la veille des visites officielles refroidissent toujours les ardeurs belliqueuses de nos protestataires affamés et paumés.
  • Le 20, nous apprenons sur plusieurs sites d’information locaux qu’un leader politique allié du pouvoir et cireur de pompes du PPAC et son épouse ont été inculpés officiellement à Dallas (Texas) de cinq chefs d’accusations par le procureur du district fédéral nord du ministère de la justice des États-Unis. Ils sont inculpés pour « travail forcé, hébergement illégal d’étranger pour des gains financiers et complot en vue de commettre des travaux forcés et d’abriter des étrangers en situation illégale ». Il est également accusé d’avoir menti au FBI en faisant de fausses déclarations à un agent fédéral. Selon le communiqué du ministère américain de la justice « S’ils sont reconnus coupables de travail forcé les accusés encourent une peine maximale de 20 ans de prison, une amende de 250 000 dollars et une restitution obligatoire. S’ils sont reconnus coupables d’hébergement d’étrangers en situation illégale, les accusés encourent une peine maximale de 10 ans d’emprisonnement et une amende de 250 000 dollars ». Pas étonnant vu qu’il est le leader d’un parti qui prône la lutte pour la pauvreté dans l’esclavage. Une bonne chose quand même pour la jeunesse qui n’aura plus à l’écouter s’égosiller et se ridiculiser publiquement sur les TV et radios locales.
  • Le 21, c’est une brève escapade pour le boss à Bamako pour participer au 58e anniversaire de l’indépendance du Mali. Et pour nous présenter en même temps son nouveau jet Gulfstream mis à sa disposition par ses nouveaux partenaires en affaires turcs Erdogan/Albayrak. Un petit remerciement pour l’offre généreuse sans commune mesure de notre port national sous la table ?
  • Le 25, au mépris de la constitution et de tous les articles de loi de la république les 8 commissaires frondeurs  (en fait 7 car un de ceux cités dans la lettre n’a pas signé le 1e document) élisent en cachette leur ancien vice-président (Mohamed Lamine Bangoura) au poste de nouveau président de la cour constitutionnelle. Sans la présence du président destitué par eux il y a deux semaines ni le greffier en chef de la cour (Daye Kaba), tous deux non invités à cette réunion. Les frondeurs ont passé outre les dispositions pertinentes de la loi qui disent que la condition sine qua non pour la destitution d’un membre de la cour constitutionnelle est la commission d’un parjure, d’un crime ou d’un délit. Donc ils se sont de fait comportés en accusateurs, procureurs, juges et exécuteurs de leur procès contre leur chef hiérarchique ! Il est évident que ceci ne peut avoir été fait sans l’aval au minimum verbal des présidents de la république, de la cour suprême et de l’assemblée nationale sinon ils auraient tous dormi en taule cette nuit-à.  Ensuite ils ont obtenu le retrait de sa garde personnelle honorifique (5 chimpanzés avec des bérets rouges). Tout le monde attend maintenant la suite : la conférence de presse le 01 octobre du président déchu et surtout la cerise finale sur le gâteau : le PPAC prendra-t-il un décret comme le prévoit l’article 3 de la loi organique de cette cour pour confirmer l’élection du nouveau président de la cour constitutionnelle ? Le bordel du Sanseman prend encore un sérieux coup d’accélérateur et tous les observateurs de la fin de règne se lèchent déjà les babines à regarder tous ces loups s’entre-bouffer sans plus aucune retenue.
  • Pour : comme chaque mois, R.A.S…
  • Contre : extrait de l’article du journal LDC : « Rédigé par le colonel Moussa Tiégboro Camara, patron de la répression des crimes économiques et du grand banditisme ce document confidentiel dont nous avons pris connaissance met directement en cause la haute hiérarchie de la banque centrale (BCRG) ainsi que la société Managed Security Services-Sarl (MSS-Sarl), chargée de convoyer vers Dubaï les devises en dollars de la Guinée pour le compte de la BCRG. Le rapport évoque l’existence d’un circuit parallèle qui permettait à certains de placer les dollars de la BCRG sur des comptes privés, où ils généraient des intérêts significatifs. L’argent ainsi dégagé était utilisé pendant plusieurs mois pour alimenter des investissements privés, notamment dans le commerce de l’or, avant d’être reversé, en totalité ou en partie, sur les comptes officiels de la BCRG. MSS-Sarl a ainsi investi plusieurs millions $ dans une mine d’or à Mandiana. Le passif de ces opérations s’élève pour l’Etat à près de 20 millions $ (17,3 millions €), non restitués à la BCRG par les convoyeurs de fonds et leurs complices. Créé le 14 mars 2013 à Conakry, MSS-Sarl est détenu à 90% par un homme d’affaires mauritanien, Yacoub Abdallahi Sidya, qui a quitté précipitamment la Guinée, mi-août ainsi que par le commerçant guinéen Amadou Dioum (7%) et un étudiant de 24 ans, Namory Condé (3%), qui n’est autre que le fils de l’actuel ministre de l’administration du territoire et de la décentralisation, le général Boureima Condé». Ainsi des petits malins locaux ont réussi à voler notre voleur national, le PPAC. J’imagine déjà sa colère et ce qui va se passer s’il les attrape. Il n’y a rien qui fasse plus mal à un voleur que de se faire prendre à son propre jeu. Ceci confirme une nouvelle fois ce qui se passe dans la gestion opaque des finances publiques mais où personne n’y peut rien. Un compatriote bien informé (Rahim, le 10 sur Guineenews.com) nous donne certaines précisions : « Pour avoir un marché en Guinée les entrepreneurs promettent 10 à 20% du montant du projet aux décideurs. Les entrepreneurs se réservent une marge de bénéfice de 30% du montant du projet. Une fois le projet signé et afin que les ‘‘décideurs’’ puissent récupérer leurs 10 à 20% une autorisation de paiement pour démarrage est émise sans aucun avis d’ouverture de chantier. C’est pourquoi tous les projets en Guinée sont soit bâclés si l’entrepreneur est ‘‘sérieux’’ soit arrêtés ». On va où avec ça ? Concernant la crise à la cour constitutionnelle je suis persuadé que le PPAC est ravi de ce coup d’état interne surtout parce qu’il connu pour être très vindicatif. Il attendait de lui rendre sa monnaie d’humiliation publique depuis 2016. Mais penser qu’il avait besoin de ça pour le neutraliser est à mon avis exagéré. Par ailleurs Kéléfa n’a pas la réputation d’une colombe immaculée dans le système judiciaire national. Son seul fait d’arme a été sa phrase judicieuse sur les « sirènes révisionnistes » en décembre 2015. Avant cela et après je n’ai pas entendu parler d’un seul autre fait remarquable, plutôt le contraire. Il faut bien le dire car de trop nombreux compatriotes, en particulier des vrais patriotes de la diaspora, affirment avec conviction mais à tort que Kéléfa est le seul magistrat « propre » du pays qui va à lui tout seul empêcher un 3e mandat du PPAC. Il est important de le leur rappeler par exemple que le tiers des commissaires sont des tricheurs sur leur âge, le minimum légal pour occuper cette fonction étant de 45 ans, mais il a pourtant accepté de siéger plusieures fois en plénière avec eux. Il est donc en partie responsable de ce qui lui arrive de leur part. Je ne parle même pas de son autorisation complice  des pires contournements de la loi par le PPAC et en particulier la nouvelle loi électorale qui va fausser toute les élections à venir au profit démesuré du RPG et de l’UFDG.

 

Tic-tac, Tic-tac, la montre tourne ; aujourd’hui est le 2839e jour de l’ancien « Guinea is back » et du nouveau « changement radical » – déjà 07 ans 09 mois et 10 jours ! Aladji-Professeur-Président voici ma suggestion SMART (Spécifique, Mesurable, Atteignable, Réalisable et Temporellement définie) du mois pour améliorer un peu votre Sanseman : Prési,  depuis 2010 vous avez réussi à réveiller tous les vieux démons des mépris inter-communautaires de votre mentor Satan Touré. Nous ne vous oublierons jamais pour cela. Certains de ses thèmes ethnocentriques qui étaient de nature à compromettre la quiétude parmi nos communautés sont de retour, d’abord dans votre bouche et depuis dans celles de nombreux politiciens et imams tordus. Vous savez la manière habituelle de raisonner chez nous : «  le chef a fait pour lui, alors pourquoi pas moi aussi ? ». Faites un peu pour diminuer votre crédit historique dans ce domaine, Yandi ! Un compatriote anonyme sur le site Kababashir.com décrit parfaitement votre comportement nuisible : « Il est le géniteur tout désigné des clivages ethniques en Guinée. Il a distillé les semences depuis son arrivée au pouvoir en 2010. Depuis, rien ne s’arrête. Aujourd’hui c’est Kindia qui polarise toutes les attentions. Les acteurs ? L’imam de Tafory et le Sékhouna Soumah. Il est temps, grand temps pour l’élite basse-côtière d’intervenir avant qu’il ne soit tard. Le patriarche de Tanénè dit que Kindia est la capitale de la Basse Côte, c’est pourquoi on ne peut pas accepter qu’un peul y soit maire. Il n’a rien compris ni de la géographie ni de la démocratie : Kindia étant une ville frontalière de la Basse-Côte et du Fouta, il y a des villages entiers peuls et des villages entiers soussous qui appartiennent à cette région administrative de Basse Côte. Il y a des peuls originaires de cette région comme des soussous originaires de cette région. Le Kountigui lui-même a dit qu’en convoquant toutes les localités de la Basse Côte, Télémilé également y était. Or Télémilé est une ville du Fouta. Elle a juste été rattachée administrativement à la Basse Guinée, comme Dabola et Dinguiraye sont aujourd’hui rattachées à la Haute Guinée administrativement alors qu’elles sont essentiellement peules. Mais Alpha Condé a tout bonnement violé son serment : respecter, faire respecter et appliquer la constitution et les lois de la république. C’est pourquoi chacun parle au nom de la justice, au nom du président, au nom de ci et de çà. C’est bien cela une république en lambeaux ! ». Vous n’avez pas le droit de laisser dire impunément de telles inepties par quelques vieux grognards connus même dans leurs quartiers pour leur opportunisme et leur manque de moralité sans les appeler à la raison et au silence immédiatement et énergiquement.  Les laisser mobiliser quelques centaines de jeunes surexcités grâce à des enveloppes financières aura des résultats finaux calamiteux dans nos villes urbaines et rurales ? La seule preuve que nous pourrions comprendre (sans l’accepter pour autant) serait que la grande majorité des Kindiakas rejette le nouveau maire, que la population sorte par dizaines de milliers pour refuser son investiture. Et ça ne sera surement pas le cas car ce sont eux qui l’ont élu à la majorité des voix de la ville et qu’il la dirigeait déjà  avec ce machin de délégation spéciale depuis plusieures années sans aucune réaction épidermique d’origine communautaire. Vous comprenez maintenant l’escalade potentiellement catastrophique que vous laissez se développer doucement avant votre départ en 2020 ? Alors il faut absolument y mettre fin avant cela. Ce sera une réalisation 1000 fois plus importante pour le pays et pour vous-même que votre promesse de barrage Souapiti qui sera forcement bâclé comme précédemment pour le barrage Kaléta si vous  forcez démesurément la cadence pour des objectifs uniquement pré-électoraux avant cette date-là. Boss, un de mes compatriotes a bien défini votre Sanseman ce mois-ci : «  Dans tous les pays au monde, il y a une mafia mais en Guinée c’est la mafia qui a un pays  ». Ayez pitié un peu de nous maintenant, pardon !

 

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Une Nouvelle Voie (Août 2018) : youpi, on aura bientôt nos nouveaux maires – le pays est sauvé !

Bienvenue à mon bilan du 32e mois de la Condécratie version 2.0. Je continue mon exploration mensuelle des méandres des décisions importantes pour la Nation prises par nos nouveaux chefs en proposant des pistes de réflexions et d’actions qui pourraient être envisagées pour que le « vrai changement » soit effectif.

  1. Echantillon de paroles et pensées présidentielles du mois:
  • « Il faut qu’on se dise la vérité, le RPG Arc-en-ciel a perdu un peu de sa superbe, il est un peu affaibli. Pourtant le parti est comme la colonne vertébrale, s’il n’existe pas il n’y aura personne. Il faut qu’on intègre les jeunes de 20 à 30 ans dans le parti. Si vous vous êtes battus pour le parti aujourd’hui votre âge ne vous permet pas de travailler comme par le passé, il est mieux que vous passiez le témoin à votre enfant… Mais les gens se battent pour avoir des postes de décision. J’ai dit que je me battrai pour sortir les femmes dans la pauvreté. Je n’ai pas dit que je ferais de tous vos enfants des ministres, des directeurs, des préfets  et autres. On va restructurer le parti pour qu’on aille au congrès. Alors battons nous pour donner la force à notre parti. Ceux qui parlent aujourd’hui qu’ils sont malinkés, où ils étaient quand on battait les malinkés. Ceux qui parlent aujourd’hui qu’ils sont soussous, où ils étaient quand on battait les soussous. Ils étaient tous dans des trous. Comme ils détournaient hier, le fait qu’on ait mis fin  à cela c’est pourquoi ils sont en train de crier. Jamais le RPG n’a été plus fort que quand j’étais en prison. Tout cela c’est grâce aux femmes et les jeunes aussi doivent pendre exemple mais ils sont trop pressés » (le 11, lors de la mamaya hebdomadaire de son parti).
  • « Quelle est la situation du port ? Le chainage est à 9 mètres 50, ça veut dire que les gros bateaux sont obligés de faire le transport à Dakar ou à Abidjan pour mettre dans les petits bateaux pour venir ici. Pourquoi notre port est plus cher que Cotonou et Abidjan alors qu’ils sont plus loin ? A chaque fois on m’appelle pour me dire président mon bateau est bloqué, on l’a sorti, on a fait rentrer un bateau de fer, un bateau à béton – non ! On a fait rentrer un bateau de farine. Voilà les vérités qu’on ne vous dit pas sur la réalité du port parce que beaucoup de personnes ne veulent pas que la Guinée aille de l’avant puisque ce qui les intéresse c’est de piller le pays à leur profit et ils s’en foutent de ce qui est bien pour le pays. Le marché que les Turcs ont envoyé fait 90 millions de dollars et leurs grues peuvent prendre 100 tonnes, les remorqueurs de 30 tonnes. Vos grues ont combien de tonnes ici, remorqueurs combien de tonnes ? Alors d’ici trois ans notre port n’aura rien à envier au port d’Abidjan ou celui de Dakar. Lorsque nous avons fait venir la centrale thermique ici il a fallu que Bolloré aille emprunter une grue à Abidjan pour venir lever. Aujourd’hui pour faire le transport de vos remorqueurs vous êtes obligés de les envoyer à Freetown. Est-ce que Freetown est plus que nous ? Voici les vérités que vous cachez à la population avec des faux types qui ont mis ce pays à terre. Il y a tout au port, n’importe qui vient, c’est pire qu’un marché alors que le port doit être discipliné. Tout le monde a vu comment était l’aéroport en 2010 et comment il est aujourd’hui. Alors c’est le même changement qui se fera pour le port… D’ici trois ans, la Haute-Guinée, le Foutah, la Forêt n’achèteront plus le poisson à Conakry mais mangeront le poisson produit sur place. Tout ce que nous ferons c’est d’améliorer le système sanitaire pour pouvoir exporter notre poisson en Europe pour que nous obtenions des devises » (le 28, lors d’une brève escale à Conakry, à l’occasion d’une cérémonie de remise de gilets de sauvetage aux pêcheurs artisanaux et aux mareyeuses du port de Boulbinet).
  • Pour : enfin il retrouve la parole et en plus il nous distille des propos à la ADO en nous disant qu’il est vraiment temps que ses amis de combat du parti – mais en s’oubliant – aillent se reposer et jouer avec leurs arrière-petits-enfants. Continuera-t-il comme ADO en profitant du discours de fête nationale du 02 Octobre pour annoncer enfin son départ en 2020 ? Wait and see ! Par ailleurs il y a beaucoup de vrai dans ce qu’il a dit sur la médiocrité et l’absence de capacité et de vision de la mafia qui gérait notre port depuis notre indépendance des Français (mais pas de certains Guinéens).
  • Contre : mais pas un mot par contre sur la procédure mafieuse utilisée pour céder ce port à une autre nébuleuse étatique mais cette fois-ci étrangère. Il suppose que ça ce n’est pas nos affaires – c’est uniquement lui, l’homme-état, qui décide de tout dans son royaume. Le promessomètre présidentiel fait un nouveau bond en avant : la Haute Guinée, la Moyenne Guinée et la Guinée Forestière n’auront plus besoin du poisson venant de Conakry dans 3 ans parce qu’elles « produiront » leur propre poisson ? Vu l’assèchement des cours d’eau dans tout le pays les seules possibilités pour cela seront qu’il prolonge l’Atlantique jusqu’à Kankan, Labé et Nzérékoré ou qu’il nous importe des usines de fabrication de poissons. Mais avec un président qui prononce des phrases comme « le marché que les turcs ont envoyé », comme un commerçant banabana du marché Madina, il ne faut rien espérer de bien pour notre pays.
  1. Les décisions et actions « positives » du mois :
  • Le 08, tard dans la nuit les 2 seuls acteurs politiques qui comptent sur l’échiquier sont parvenus à un accord politique qui permettra ainsi de sortir de la crise politique et sociale dans laquelle le pays était plongé depuis la tenue des élections locales du 04 février 2018. Je classe cette décision à la fois dans les actions positives et négatives. Le principal point positif est une mini paix sociale pour quelques mois supplémentaires, les pauvres populations civiles de Conakry et des principales capitales régionales seront épargnées temporairement du racket quasi-journalier des loubards désœuvrés des banlieues. Le 1e exemple est que la marche de l’opposition du lendemain est supprimée à la grande joie des 2 parties : pour le pouvoir parce qu’il échappe à de nouvelles bavures de ses milichiens incontrôlables lorsqu’ils sont lâchés sans laisse dans les rues et pour l’opposition parce qu’elle aurait surement eu droit à une mobilisation honteuse des Conakrykas pour les accompagner dans l’obtention de leurs petits intérêts strictement personnels.
  • Le 09, une convention de concession pour la réhabilitation, l’extension, la gestion, l’exploitation et l’entretien du port de Conakry est signée entre l’état et l’entreprise turque Albayrak Turizm Seyahat Insaat Ticaret SA. Là aussi il y a des effets positifs et négatifs : le coté positif pour les Guinéens d’en bas est que dans le contexte actuel de gestion de toutes les entités publiques et vu notre incapacité quasi-congénitale à gérer toute entreprise génératrice de revenus, la seule solution pour permettre un peu de justice sociale pour la majorité et remettre un peu d’ordre est la signature de concessions à des sociétés privées crédibles et expérimentées MAIS dans le cadre de partenariats public-privé sains et propres. On peut hélas douter que ce soit le cas ici.
  • Pour : l’accord politique du 08 comprend les points suivants : le parti au pouvoir a décidé de concéder à l’opposition la désignation des présidents des conseils de quartier  dans les 26 quartiers et districts réclamés par elle.  Les deux parties se sont également entendues pour la désignation par l’opposition du maire de la commune urbaine de Kindia et des maires de 6 communes rurales insignifiantes (Wondekenema, Dinamou, Djasso, Tchindoye, Mafara et Bissikirima). Par contre la désignation du maire de Dubréka revient à la mouvance présidentielle. Pour les autres communes d’intérêt national qui font aussi objet de litiges (Matoto, Matam, Ratoma et Dixinn) les maires seront élus conformément aux dispositions légales. Concernant le point sur  l’indemnisation des victimes des manifestations politiques, la délégation gouvernementale a informé l’opposition de l’existence dans la loi de finances 2018 de crédits destinés à l’assistance des victimes et « Les deux parties ont convenu de diligenter la mise en œuvre effective de cette assistance » c’est à dire quand les poules auront des dents quoi. Du coup il ne reste plus comme gueulards que les syndicalistes mais ceux-ci vont aussi très bientôt la fermer avec quelques promesses de postes et de francs glissants sous la table des négociations. Les vrais perdants sont les centaines de leaders de partis politiques quasi familiaux qui pullulent pour rien dans notre paysage politique et ça c’est vraiment une bonne chose. Concernant le port de Conakry je ne sais pas si vous avez déjà eu affaire avec ce coupe-gorge national – moi si ! Pourquoi pensez-vous que les deux qui crient le plus sont le DAAF et de DRH ? C’est parce qu’ils sont les premiers perdants financiers de ce deal dans leurs dos car leurs business mafieux sur les pauvres guinéens vont prendre fin. Quant au chef du syndicat du port il justifie sa rage bêtement devant la presse : « En principe si vous devez faire une concession, comme dans les autres pays chaque travailleur a une maison, des voitures et plus un montant ». Il démontre ainsi quel sont ses frustrations et objectifs réels dans toute cette affaire. Autant il est évident que tout le monde a des doutes sérieux sur où ce nouveau contrat nous mènera il est clair que la gestion précédente était pire que tout. Les ports de Tema et Lomé ont fait une grande partie de leur croissance grâce à la réputation répugnante du port de Conakry pour tous les importateurs des pays enclavés, en particulier du Mali et ceci ne sera jamais combattu à plus forte raison résolu par la direction actuelle. Renseignez-vous sur l’évaluation actuelle des professionnels maritimes guinéens sur la gestion du port container depuis que Bolloré est en place : tous disent que certes ça coûte plus cher mais qu’ils n’ont aucun regret par rapport au bordel professionnel dans lequel ils évoluaient avec nos gestionnaires locaux précédents. Idem pour l’aéroport de Gbessia et nous le constatons tous en l’utilisant aujourd’hui. Est-ce que la société française ADP s’en met plein les poches ? Surement, mais je préfère cela totalement à la situation précédente.
  • Contre : concernant l’accord entre mouvance et opposition c’est comme la fin d’une dispute de recréation entre petits cousins gâtés dans l’école privée de leur grand-père acariâtre. Ce qui est le plus triste c’est que toutes ces décisions si évidentes depuis la proclamation des résultats en fin février auraient pu être prises sans aucun blessé, ruiné et sans dégâts matériels pendant tout ce temps d’attente. Mais les intérêts politiques secrets des deux complices étaient ailleurs, tres loin des nôtres. Concernant le contrat du port de Conakry, le chef de file de l’opposition a donné des détails sur cette autre magouille présidentielle (CDD, le 16) : « Monsieur le président a envoyé son conseiller conduire une mission d’expertise au port autonome en décembre dernier pour leur donner des instructions de livrer tous les documents et de faire visiter l’ensemble des installations du port. Ces gens sont venus, ils ont eu accès à tous les documents, ils ont visité tous les sites et évalué toutes les machines et après ils ont fait une offre. Le 20 mai 2018, lorsque le président est rentré de la Turquie il a ordonné à titre conservatoire le transfert de tous les montants détenus par le port dans les banques commerciales à la banque centrale de la République. Alors de manière très directive ces comptes ont été transférés à l’insu même pratiquement du port autonome et le 9 août dernier Monsieur Alpha Condé a organisé la signature sans délai par le port du contrat de concession du port à Albayrak. Et le 10 août, donc 24 heures après, sous ses  instructions, à 15 heures, sans aucun examen préalable par les services du port le contrat a été signé. Ce que je déplore c’est cette manière opaque, c’est dans les mêmes conditions que le contrat Asperbras a été passé, c’est dans les mêmes conditions que beaucoup d’autres contrats dans le secteur de l’énergie ont été passés. Ce sont des instructions qu’on donne et les marchés sont passés sans aucun appel d’offre, sans aucune transparence ». Vraiment notre PPAC est incorrigible.
  1. Les décisions et actions « négatives » du mois :
  • Le 03, les populations de Siguiri sont de nouveau fâchées avec le PPAC et Don Kass : dans le cadre de l’initiative présidentielle qui consiste à offrir de chèvres rousses venues de Maradi au Niger aux éleveurs guinéens pour les aider à faire plus de rentabilité elles n’ont reçu que 12 chèvres au lieu des 20 promises et en plus en très mauvais état physique en raison des nombreux arrêts prolongés (pour méchouis improvisés ?) avant d’arriver à leur destination finale. C’est vraiment pitoyable que mêmes pour le transport officiel des chèvres présidentielles entre Conakry et leur lieu de destination à moins de 700 km que près de la moitié d’entre elles aient été volées. A chaque arrêt principal les petits boss locaux se débrouillent et détournent une ou deux sans gène, en sachant ne rien craindre ensuite.
  • Le 06, nous découvrons un nouvel exploit du Sanseman : la récente édition de l’indice de perception de la corruption de l’ONG Transparency International montre le classement mondial 2017 de l’équité à travers le monde. L’index utilise une échelle de 0 à 100, où 0 correspond à très corrompu et 100 à très vertueux. 120 des 180 pays évalués ont obtenu une note inférieure à 50 et plus de 50 pays ont obtenu une note inférieure à 30. Les données sont issues d’analyses émanant d’hommes d’affaires, de journalistes et d’organisations civiques. Nous sommes classés 20e en Afrique et 148e au monde – par la queue bien sûr avec une note de 27. Ne réussissent à nous battre que des états en faillite ou en guerre civile ouverte ou larvée.
  • Le 06, un acteur des forces sociales de Guinée, Mr Oumar Sylla balance sur les ondes de évasion TV lors du journal de 20 heures que Don Kas-kas lui aurait proposé 40.000.000 GNF pour qu’il l’aide à saboter le mouvement de l’intérieur. Il est la 2e personne au cours de ce mois à dire publiquement la même chose ce qui fait peser de moins en moins de doutes sur cette pratique surtout quand on connait la réputation légendaire de moralité de l’accusé. Ceci confirme aussi qu’il y a une multitude de « défenseurs du peuple opprimé » dans la société civile et les syndicats qui rôdent les nuits dans les salons des faucons du pouvoir uniquement pour essayer d’empocher du fric et trahir leurs proches – qui d’ailleurs font exactement la même chose chez d’autres bosses. Voilà ce qui arrive quand on recycle les barons de la kleptocratie ploutocrate de Fory Coco dans la gestion ultérieure du pays.
  • Le 07, nous apprenons sur un forum en ligne (Guinepresse.info) que la justice du Mozambique a fait pour nous ce que la notre est incapable chez nous. Un hurluberlu du nom de Oumar Oulada Souaré qui est un guinéen qui vit à Nampula au Mozambique et qui publie régulièrement des enregistrements vidéos ethnocentristes haineuses sur le Net a finalement été réduit au silence dans son pays de crimes. Selon mon analyse il faut surtout dire merci à la justice mozambicaine car ce genre de dénonciations a lieu tous les jours en Guinée mais rares sont ceux qui les amènent en justice. Ceux qui s’y sont hasardés s’en sont sortis perdants, ruinés et endettés à vie par leurs avocats et ensuite les juges des tribunaux dont le seul code est de s’en mettre plein les poches au lieu de condamner les coupables.
  • Le 08, concernant cet accord politique voyons maintenant les aspects négatifs. Il a été obtenu lors d’une réunion informelle et secrète entre les 2 partis politiques qui se partagent exclusivement le pouvoir, sans même inviter à la table de discussion les autres membres du comité de suivi de ces revendications électorales. Ils confirment ainsi qu’ils ont décidé de partager désormais à deux tout nouveau gâteau qui adviendra. On peut donc résumer que c’est un deal entre coquins qui ont fumé le calumet de la paix des complices en duperies. C’est également une confirmation que le consensus est devenu la règle principale de gestion politique, au dessus de la loi qui ne sera utilisée que de manière exceptionnelle.
  • Le 09, avec le décret élevant la directrice de cabinet et un conseiller de Don Kass au rang de ministres de la république le décompte est maintenant de 60 ministres soit 35 au gouvernement et 25 entre la présidence et la primature. Multipliez cela par 15 millions GNF par mois (pour les entrants), carburant à volonté pour toute la famille, gestion exclusive (avec son cousin DAAF) des « dépenses diverses ou prestations diverses non ventilées » du budget annuel du ministère, factures d’eau et d’électricité et abonnements cellulaires gratuits, bolides neufs tous les 2 ans, billets d’avion en business au besoin pour toute la famille et vous comprendrez pourquoi les caisses sont vides et le SMIG à 440.000 GNF (44 euros) par mois.
  • Le 09, pour la convention de concession du port de Conakry voyons maintenant les aspects négatifs : elle est signée entre l’état et la société personnelle du ministre des finances et gendre du président-dictateur Erdogan tout ceci dans l’opacité totale sans cahier de charge publique et sans mise en concurrence officielle. Vu la réputation des gestionnaires principaux du pouvoir d’état turc le partage du butin se fera désormais exclusivement entre les bandes de truands du PPAC et du Sultan Erdogan. Le ministre du transport essaie de justifier bêtement ce contrat sous la table : « Si on devait élaborer un DAO (Dossier d’Appel d’Offres) et un cahier des charges complets pour une installation aussi complexe que le port de Conakry, tenez-vous bien, lancer un DAO, recruter une société d’ingénieurs conseils, sélectionner un adjudicateur, négocier le contrat, discuter les conditions dans lesquelles les financements puissent être mis en œuvre, nous serions partis pour une bonne année. Or nous avons pensé que c’était urgent pour sortir le plus rapidement que possible le Port de Conakry de sa léthargie. Aucune disposition du Code des marchés publics n’interdit le marché de gré à gré. Une société intéressée s’est présentée dans le cadre des relations privilégiées et de confiance qui est entre la Guinée et la Turquie. Donc il était tout à fait normal qu’on signe cette convention ». Son porte-parole justifie le gré à gré de manière encore plus comique : « La présence dans ce secteur de camp et d’équipements militaires ne saurait commander une exigence d’un appel à concurrence qui aurait permis à des entreprises venues de toute part d’y mettre le nez et obtenir des informations qui pourraient nuire à la sûreté extérieure de l’État ». Je n’avais jamais lu un argument aussi ridicule, il parle ici de 5 ou 6 corvettes (en fait des épaves recyclées) offertes il y a belle lurette (sauf pour 2) par nos amis russes et français mais rouillées et inopérationnelles et qui sont protégées par deux tanks militaires sur cale.
  • Le 16, nous apprenons que le nouveau ministre des travaux publics a obtenu le jackpot dans les 100 premiers jours de son magistère : pour un marché portant sur le curage des caniveaux ordinaires et spécifiques, le curage des avaloirs et le transfèrement des produits de curage à la décharge Conakry il a fait cracher 9 milliards 600 millions GNF à nos partenaires européens. Par ailleurs encore par le procédé d’un contrat d’entente directe, un de gré à gré obscure comme une grotte thaïlandaise et en dehors de toutes les procédures normales de passation des marchés publics. Et le résultat est encore plus incroyable, tous les immondices qui remplissaient les fossés ont été transférés pour le moment sur les trottoirs en pleine saison de pluie. Ses coups de pub pour se faire mousser sur Face Book sont habituels mais il oublie de préciser qu’il n’est en fait que le chef de l’équipe d’éboueurs locaux recrutés par la délégation locale de l’UE car elle en a marre de devoir vivre dans notre crasse repoussante.
  • Le 16, tard dans la nuit et en pleine crise sociale renforcée ces jours-ci par le bail du port de Conakry, le boss s’envole pour Ankara sans doute pour rassurer la famille du Sultan Erdogan qui tout était réglé comme prévu et lui remettre en main propre le contrat concocté chez nous. Officiellement il y est pour participer au congrès de son parti AKP (allez savoir pourquoi !).
  • Le 23, le ministre de la défense a inauguré une nouvelle usine d’explosifs et d’armes à usage civil à Boké avec les prévisions (officielles) de production suivantes : « cette usine d’une capacité de production annuelle de 000 tonnes d’émulsions explosives, de 10.000 tonnes d’Anfo, de 3.000.000 de pièces de détonateurs qui donnera lieu à la création de plus de 200 emplois directs et indirects. D’autre part elle permettra aux pays limitrophes de bénéficier d’une offre compétitive en profitant de la présence de cette usine en Guinée. En plus d’être le fruit de la coopération gagnant-gagnant qui caractérise les relations sino-guinéennes cette usine est un exemple concret de la volonté du président de la république de promouvoir l’industrialisation de notre pays. Elle pourrait également résorber certains besoins militaires de notre pays si nécessaire dans le cadre de la défense de l’intégrité du territoire ». Un nouveau cadeau empoisonné chinois mais à la grande satisfaction de tous les bandits de grands chemins et loubards de la région CEDEAO qui poussent comme des mauvaises herbes partout. Finis les fusils de chasse et petits calibres de fabrication artisanale locale – maintenant ce sera bâtons et mèches de dynamite. Et pourquoi pas en coulisses produire des PMAK et autres spécialités communistes chinoises ? Ça va chauffer encore plus dans nos quartiers très bientôt.
  • Le 23, le PPAC débarque dans la station balnéaire huppée de Saly Portudal, à 73 km de Dakar au Sénégal pour quelques jours de vacances estivales peu méritées. Financées sur son budget spécial de la présidence ou sur les 1e retombées financières de ses nouvelles affaires turques ? En tout cas bon repos Presi mais sachez que vos compatriotes continueront à décher au pays en vous attendant de bon pied.
  • Le 24, en mission de promotion du Sanseman en Haute Guinée le PM Don Kass pose la 1e pierre du nouveau centre de danse de la mamaya annuelle à Kankan. Son 1e exemple des grands chantiers promis avec lesquels il nous mènera vers l’émergence en 2020. Il est vrai qu’il est un grand expert reconnu dans ce domaine très particulier de la politique guinéenne. Il devrait aussi reconstruire celui du siège de RPCé qui fonctionne à fond tous les samedis.
  • Le 24, le volet recettes de la loi des finances rectificative 2018 est adopté à la majorité des voix, RPG et UFDG en harmonie totale. Un seul groupe parlementaire, qui a un pied dans les deux tendances politiques, s’est abstenu. Et pourtant, la nouveauté est qu’il montre une baisse générale des recettes de l’état de plus de 10% : contre une prévision initiale de 18.537 milliards GNF les recettes révisées sont estimées à 16.627 milliards soit une diminution d’environ 1.910 milliards. La chute est générale dans toutes les régies : impôts, douane, trésor et secteur minier (!). Bien sur aucun détail chiffré sur les régies privées du PPAC : ARPT (télécoms), OGP (publicité), OGC (chargeurs), port autonome, port conteneur, marine marchande et autres encore mieux cachées comme les redevances des contrats internationaux de pêche maritime et des infrastructures de l’ANAIM (infrastructures minières), les ventes de documents administratifs, les cessions d’action, les autres impôts non ventilables, etc. Ainsi ils creusent et exportent tous les jours plus de nos cailloux rouges et augmentent le prix du carburant de 25% mais l’état fait de moins en moins de recettes – allez-y comprendre quelque chose.
  • Le 27, nous découvrons le rapport 2018 sur la qualité du débit internet sur la toile, un classement publié par la « Worldwide Broadband Speed League ». Il compare la vitesse de téléchargement via des tests réalisés par plusieures institutions et compilés par l’entreprise britannique Cable. Cette fois-ci nous sommes carrément avant-dernier du continent africain et donc du monde, juste avant la Somalie ! Nous avons les moyennes suivantes : vitesse de download pour 2018 de 0,65 (contre une vitesse pour 2017 de 0,85) ; temps de téléchargement d’un film HD de 5 GB de 17h28mn (!) ; évolution de notre classement depuis 2017 : recul de 21 places (!). Le monde avance même lentement partout, sauf chez nous. Selon RFI : « Les experts consultés s’accordent pour dire que l’accumulation de taxes dissuade les opérateurs d’améliorer le réseau. Le gouvernement devrait considérer les communications comme un levier de développement et non une source de revenus ». Allez chercher à convaincre nos responsables locaux qui n’en n’ont rien à cirer et qui ne pensent qu’à s’en mettre plus et le plus rapidement possible dans les poches et les comptes bancaires à l’étranger avant le coulage prochain du navire du Sanseman qui est déjà à l’agonie.
  • Le 29, soit moins de 24h après le retour de ses vacances sénégalaises il repart pour Pékin pour assister à un forum sino-africain. C’est encore une nouvelle preuve de son manque d’orgueil, si typique d’un mendiant : Xi Jinping nous a survolé les 20 et 22 juillet derniers lors de sa visite dans les pays voisins qui comptent vraiment pour la Chine, sans même faire escale pour faire le plein de son jet. A la télé nationale le boss en a pleuré et prié le pauvre ambassadeur chinois local mais celui-ci n’a surement même pas osé en informer son ministre de tutelle de peur de se faire rappeler pour une demande si insignifiante.
  • Le 29, la chancelière allemande Angela Merkel entame sa 2e tournée à forte consonance économique en Afrique de l’Ouest, ce qui du coup nous exclut immédiatement. Les pays visités cette fois-ci seront le Sénégal, le Ghana et le Nigeria. La précédente mission en octobre 2016 l’avait menée au Mali, au Niger et en Éthiopie. L’Allemagne cherche à renforcer sa présence en Afrique en général et en particulier dans la CEDEAO mais uniquement là où des résultats visibles pour ses compatriotes sont possibles, pas où ils sont obligés de financer même le nettoyage des poubelles de la capitale. Personne ne perd son temps à aller voir le cancre flanqué au fond de la classe.
  • Pour : comme chaque mois, R.A.S…
  • Contre : concernant le cretin raciste d’Angola, selon ce site : « Le vendredi 21 juillet deux jeunes peuls attaquent physiquement Oumar Oulada Souaré au marché mais il réussit à prendre la fuite. La tension monte de plus en plus que les gens sont informés de ce qui s’est passé. Après la prière de vendredi la foule se dirige directement chez Oumar pour le lyncher. Il n’est pas trouvé chez lui mais sa femme et ses enfants innocents ne subiront rien de mal de la part de la foule en colère qui est restée sereine. Les responsables de la communauté guinéenne toutes ethnies confondues se donnent la main pour saisir la police contre Oumar Souaré. Avec le concours des responsables malinkés Oumar est finalement localisé et arrêté à 20h et conduit en prison. Vendredi 27 juillet à 10h locales, Oumar Oulada Souaré est entendu par la justice mozambicaine. Après 4 h de temps le verdict tombe : Oumar Oulada Souaré est condamné à 11 mois de prison ferme et au paiement d’une amende d’environ 2.500 dollars ». J’ai eu récemment affaire au pays à un compatriote sans scrupules qui m’a fait une injustice qui plus est inutile pour lui. Après consultation avec des proches avertis des pratiques locales leurs réponses ont été unanime : laisse tomber c’est mieux pour toi car non seulement tu paieras des millions mais en plus tu perdras en justice car il l’a tient dans sa paume graisseuse. En plus il va te discréditer et te salir socialement par ses mensonges devant tout le monde ici. Dégoûté et encore plus révolté j’ai décidé de laisser tomber !

Tic-tac, Tic-tac, la montre tourne ; aujourd’hui est le 2809e jour de l’ancien « Guinea is back » et du nouveau « changement radical » – déjà 07 ans 08 mois et 10 jours ! Aladji-Professeur-Président voici ma suggestion SMART (Spécifique, Mesurable, Atteignable, Réalisable et Temporellement définie) du mois pour améliorer un peu votre Sanseman : grand mangué (chef), prenez exemple sur deux de vos modèles politiques en Afrique, les présidents ADO de Côte d’Ivoire et Jo Kabila de la RDC qui ont promis de ne plus écouter les sirènes révisionnistes négatives qui les entourent. Laissez cette affaire pourrie de 3e mandat car de moins en moins de gens ne vous soutiendra dans ce business. Même le fou furieux du Burundi, Pierre Nkurunziza l’a promis lui aussi ce mois-ci alors c’est vraiment la preuve que cette magouille n’a plus aucun avenir sur le continent. Le blogueur Alpha Mady (Guinee7.com du 08 Août) résume parfaitement la situation actuelle sur notre continent : « Les deux chefs d’état de ces deux pays viennent de lancer des messages forts sur le continent africain. Désormais le virus de la violation de la constitution est sous une menace forte d’extinction venant d’hommes décidés à rentrer dans l’histoire par la grande porte. « Nous devons laisser la place aux jeunes qui ont reçu une bonne formation, comme nous auprès de nos aînés » a dit Alhassane Ouattara à l’occasion de son traditionnel discours de la fête de l’indépendance de la Côte d’Ivoire. Après un suspense qui n’aura que trop duré et des sorties parfois qui laissaient croire qu’ADO aurait des intentions de briguer un troisième mandat qui aurait été inconstitutionnel le président Ouattara ne sera pas candidat en 2020. En RDC c’est au dernier jour du dépôt de candidature pour la présidentielle de décembre que le porte-parole de la majorité présidentielle Lambert Mendé a annoncé la grande nouvelle : le nom du candidat du pouvoir aux élections et ce n’est évidemment pas Kabila. « Il s’agit du camarade Emmanuel Ramazani Shadary, secrétaire permanent du PPRD, né en 1960 à Kabambare, dans la province du Maniema, secrétaire général adjoint, puis actuellement secrétaire permanent du PPRD… »  a-t-il fait savoir à la presse locale et internationale à l’issue de plusieurs jours de concertations. Deux actes majeurs, d’abord pour la réconciliation dans ces deux pays mais aussi pour l’exemplarité dans le respect des principes démocratiques. Si Blaise Compaoré a été contraint au départ en 2014 ces deux chefs d’états décident par eux-mêmes de ne pas faire couler le sang chez eux et de procéder à un changement générationnel dans la gestion de la chose publique. L’un dans l’autre si Alpha Condé tient à ce projet, deux voire trois obstacles se présentent face à lui : l’opposition, la société civile et la pression internationale. En réalité, le numéro 1 guinéen ne pourra pas avoir pour argument « Ouattara est candidat, pourquoi pas moi ? » / « Kabila l’a fait, pourquoi pas moi ? ». Sans oublier les bailleurs de fonds qui ont compris qu’ils n’ont plus de temps à perdre en soutenant les régimes inconstitutionnels dans un monde en perpétuelle évolution. Rendez-vous peut-être le 02 octobre, date anniversaire de l’indépendance de la Guinée, pour savoir ce qu’en pense Alpha Condé ». Boss, lisez bien ce message d’un de vos petits-enfants et pensez-y en faisant écrire votre discours pour cette occasion. Le 02 Octobre sera l’une de vos dernières opportunités de sortir sans trop de bobos de vos 10 ans de gestion amateuriste du pays. Rappelez-vous que le jour de cette indépendance vous aviez déjà plus de 20 ans – sincèrement vous ne pensez pas qu’il est temps d’aller vous reposer ? Boss, il faut chicoter et enfermer tous les grands escrocs qui vous y poussent allégrement à cela. Ils ne font que profiter de votre amour immodéré du pouvoir et de ses facilitées et jouent donc sur cela et sur l’état de vos capacités analytiques qui se réduisent de jour en jour. Tiken Jah Fakoly les décrit bien aussi : « Le meilleur métier aujourd’hui en Côte d’Ivoire et en Afrique c’est la politique. Quand tu soutiens le parti au pouvoir tu reviens le lendemain ou une semaine après avec un véhicule au quartier. En Afrique de l’Ouest ici cela peut être difficile de faire un troisième mandat. Nous allons tout faire pour empêcher de toutes les façons cette initiative. Parce qui si ça commence quelque part cela contaminera les autres. Nous ne sommes contre qui que ce soit, notre souhait est qu’il y ait l’alternance ». Finalement les menaces, quelles soient le lip-service actuel ou les vraies à venir, des Big Brothers seront intenables et soit vous céderez, soit vous décéderez-cadeau, Walahi ! Papy-prési, pardon il faut partir maintenant, sous sommes fatiguuués ! Ce mois-ci on a vu sur les médias nationaux des pauvres parents qui ont perdu leurs 2 enfants de 16 et 3 ans, écrasés par un véhicule de police qui roulait à tombeau ouvert et à sens contraire de la normale. Ensuite il a immédiatement pris la fuite et depuis il est caché et protégé par vos autorités civiles et militaires. Leur seule option possible a été de faire le tour des mosquées pour maudire les assassins de leurs enfants, n’ayant aucune chance de trouver justice devant vos autorités administratives, sécuritaires et judiciaires – juste des montants faramineux à débourser à chaque rencontre avec au final aucune chance de voir la moindre inculpation de ces criminels de sang. La majorité des Guinéens ont une nouvelle devise pour décrire votre Sanseman : « chaque jour nous faisons deux pas en avant vers le Gondwana de Président-Fondateur et trois pas en arrière du Wakanda de Black Panther ». Partez maintenant pardon, laissez-nous souffler un peu avant l’arrivée de notre prochain dictateur…

Publié dans 2018 | Laisser un commentaire

Une Nouvelle Voie (Juillet 2018) : le chinois est mort Yooooh – nous sommes foutus, Walahi !

Bienvenue à mon bilan du 31e mois de la Condécratie version 2.0. Je continue mon exploration mensuelle des méandres des décisions importantes pour la Nation prises par nos nouveaux chefs en proposant des pistes de réflexions et d’actions qui pourraient être envisagées pour que le « vrai changement » soit effectif.

  1. Echantillon de paroles et pensées présidentielles du mois:
  • « ….. »
  • Pour : le PPAC préfère ce mois-ci laisser son nouvel adjoint sortir les perles à sa place. Et pour ça le PM Don Kass est en passe de le surpasser totalement. Elles sont tellement énormes qu’elles mériteraient également une rubrique dans cette chronique, du genre « Notre champion, le Professeur Alpha Condé travaille pour la Guinée. Les Guinéens le regretteront. Ils le sauront après lui. Je ne suis pas un démagogue. Je ne suis pas dans le besoin. le Pr Alpha Condé a sorti la Guinée de l’ombre, il veut en faire un bijou, mais on veut l’en empêcher». Ou bien encore « La Guinée a du potentiel. Nous avons un président qui a vendu très bien la Guinée auprès des partenaires. Nous avons un volume de financement qu’aucun pays de la région ne dispose ». Ou encore « Nous allons établir l’ordre public en Guinée. Entre la loi et l’ordre public qui est la sécurité des citoyens et de leurs biens, je choisis l’ordre public ». Mais la meilleure je vous la garde pour plus bas – on va bien rigoler avec lui aussi.
  • Contre : notre PPAC semble de plus en plus angoissé, fatigué et à court de nouvelles promesses mais Dieu merci (pour lui) Don Kass se positionne de plus en plus comme son dauphin y compris en mensonges fantaisistes et marrants.
  1. Les décisions et actions « positives » du mois :
  • Le 05, la loi organique L016 portant composition de la CENI est amendée par les députés, officiellement à la majorité des présents moins une voix mais en réalité avec 5 voix contre. Dans sa nouvelle mouture elle passe de 25 à 17 membres dont sept de la mouvance, sept de l’opposition, deux de la société civile et un de l’administration. Selon les nouvelles dispositions les partis politiques habilités à désigner des commissaires à cette nouvelle CENI doivent avoir participé aux deux dernières élections nationales (législative et présidentielle) précédant  la mise en place de la CENI et avoir au moins  deux députés à l’Assemblée nationale. Du coup toutes les particules politiques sont éliminées de ce débat. Il ne reste donc que le RPG, l’UFDG et l’UFR. Quel est le bénéfice pour le Guinéen lambda ? On aura 8 magouilleurs en moins pour nous piller officiellement.
  • Le 10, la société civile déclenche une marche pacifique de protestation contre la hausse du prix du carburant sur toute l’étendue du territoire national. Pour la 1e fois depuis des lustres ses démembrements éparpillés semblent avoir réussi à s’entendre et à parler le même langage au même moment d’où leur nouveau surnom de « marche pour la survie organisée par les Forces Sociales de Guinée ». Mais comme d’habitude cette nouvelle entente ne tiendra pas plus de 2 semaines. Il faut signaler qu’en même temps une marche similaire a été organisée à Kindia, Fria (sauf les travailleurs de l’usine bien sur) et d’autres plus petites villes préfectorales mais là il n’y avait aucune force de désordre dans les parages et donc aucun incident lors du parcours et après.
  • Le 23, les forces sociales font taire le ministre de l’administration du territoire et de la décentralisation, Bouréma Condé. Il annonce son intention d’interdire les manifestations sur toute l’étendue du territoire national jusqu’à nouvel ordre. Il l’a dit à la télévision mais je n’ai trouvé aucun texte écrit officiel (arrêté ou décret) à ce sujet – il n’a pas osé aller jusqu’à là. Néanmoins la volée de bois vert a été immédiate non seulement des manifestants (syndicats et société civile) mais aussi des opposants et mieux de son collègue ministre chargé des droits de l’homme et des libertés. Du coup on ne l’a plus vu ni entendu sur ce sujet – il sait jouer au coq dans la basse-cour mais sait aussi que le couteau l’attend s’il essaie de passer à l’acte sur ce sujet.
  • Le 24, la directrice régionale de l’OMS, en faisant le bilan de la fin de la récente épidémie d’Ebola en RDC a lancé des fleurs à l’assistance technique guinéenne dans cette victoire contre la maladie : « Ensemble nous avons vaincu Ebola en moins de deux mois en ayant recours à de nouveaux outils tels que la vaccination des personnes qui couraient le risque d’être infectées par le virus et la mise à disposition de nouveaux médicaments. Le vaccin s’est avéré efficace pour assurer une protection contre le virus Ebola lors d’un essai réalisé en Guinée en 2015. Fort de cette expérience, 34 agents de santé du ministère guinéen de la santé sont venus en RDC apporter une aide aux 50 agents congolais formés par l’OMS dans le cadre de la vaccination dite « en anneau ».  Il y a eu un important transfert de compétences. La Guinée a déployé des dizaines d’experts qui ont travaillé en collaboration avec leurs homologues de la RDC et partagé leur expertise, ce qui a permis à Kinshasa d’organiser une riposte efficace tant à l’intérieur de ses frontières qu’au-delà de celles-ci ». Comme quoi des fonctionnaires sérieux, compétents et expérimentés existent bien au pays mais ils ne peuvent le prouver hélas qu’une fois à l’extérieur. Chez nous ils sont plutôt craints et mis à la touche par les incompétents qui nous gèrent depuis 60 ans.
  • Pour : une des nouveautés de cette loi sur la CENI est que les futurs commissaires devront avoir au minimum un Bac+3, être âgés au moins de 30 ans et avoir une expérience électorale (!). Par ailleurs selon le nouveau texte le ministère de l’administration du territoire et de la décentralisation s’occupera désormais de la partie matérielle de l’institution : matériel roulant et informatique, achat des urnes, isoloirs et autres équipements. La vache laitière des commissaires de la CENI est donc récupérée par le gouvernement, ce qui du coup va rendre ces postes beaucoup moins attractifs pour nos débrouillards locaux. La structure des démembrements a aussi été modifiée pour une meilleure représentativité non seulement au niveau des communes urbaines et rurales mais aussi dans les ambassades à l’étranger. Un chef de particule politique a hurlé sa déception et sa colère dans la presse, surtout parce qu’il a compris que sa femme sera éjectée très bientôt de son siège dans cette institution et qu’en plus il a très peu de chance d’être réélu député en fin d’année. Un député du RPCé le lui a rappelé malicieusement « le parasitage politique c’est fini maintenant »
  • Contre : concernant les marches, villes mortes et grèves générales qui ont animé le pays pendant tout le mois il y aurait surement quelques leçons à tirer de cela. Pour certains quartiers de la haute banlieue de Conakry la situation actuelle de Far West est telle que ces stratégies de protestation sont devenues contre productives en raison des provocations et exactions violentes et permanentes commises sur tout citoyen civil honnête qui s’y aventure. Syndicats et société civile ne posent pas sur la table de négociation le véritable problème qui est l’exportation exponentielle du carburant chez nos voisins parce que nos prix sont inférieurs aux leurs. Pour cela tout le monde connait les responsables : les militaires et les fonctionnaires dans toutes nos préfectures frontalières avec des soutiens qui remontent jusqu’à l’état-major de l’armée et à Satanya à Conakry. C’est hélas l’argument choc du FMI et de Banque mondiale et donc de la communauté internationale pour régler définitivement ce problème qui en plus pénalise et exaspère tous nos pays frontaliers. Leur plaidoyer chez nos big brothers a finalement marché. En somme c’est comme nous dire « puisque vous ne voulez et pouvez pas empêcher vos subalternes de tricher et de voler alors démerdez-vous avec vos habitants mais nous en tout cas nous ne financerons plus cela ». Et à leur place j’aurais fait absolument pareil puisque le pouvoir ferme effectivement les yeux et refuse de mettre fin à cette hémorragie. Encore une fois ce problème et sa solution ne sont qu’un autre signe de la déliquescence avancée du pouvoir en Guinée. Quant à la fumisterie mensongère de « subvention de 760 milliards GNF au peuple depuis 2 ans » du PM et de ses ministres elle est bien expliquée par mon ami Alpha Saliou Wann (20 juillet) : « Il faut savoir d’abord que l’Etat n’importe pas le carburant, ce sont les filiales des multinationales pétrolières de la place qui s’en chargent. Ainsi, selon la structure des prix des produits pétroliers de l’office national du pétrole du mois de juin 2018, les prix d’un litre d’essence et de gasoil rendu au port de Conakry sont respectivement de 5.199 francs et 5.345 francs. L’Etat fixe les marges des distributeurs et des détaillants, ainsi que la péréquation transport. Sur chaque litre vendu, le distributeur gagne 495 francs et le détaillant 285 francs, la péréquation transport est de 440 francs, ce sont des montants forfaitaires. Je rappelle que ce sont les distributeurs et les détaillants qui prennent tous les risques, notamment les investissements, les salaires, les frais bancaires etc. Par contre, l’Etat s’octroie la part du lion avec 1.581 francs/litre pour l’essence et 1.435 francs/litre pour le gasoil. Qui peut parler de subvention, lorsque l’Etat gagne sur chaque litre vendu 1.581 francs pour l’essence et 1.435 francs pour le gasoil? Comme le dit l’adage, « gouverner, c’est prévoir », mais malheureusement, nos dirigeants ne gouvernent pas, ils font le pilotage à vue. Quand les cours du pétrole étaient au plus bas, l’Etat a engrangé des recettes colossales, mais elles étaient exceptionnelles, il fallait donc prévoir leur baisse à la remontée des cours. Ils ont dilapidé ces revenus sans retenue. C’est l’erreur souvent commise par les gouvernements africains, en période de vaches grasses, ils ne font pas des investissements d’avenir, ni ne préparent la période des vaches maigres. L’essence et le gasoil étaient livrés au port pour respectivement 2.982 francs et 2.347 francs, les marges distributeurs, détaillants et péréquation transport restants inchangés, soit 495, 285 et 440 francs par litre. L’Etat gagnait donc 3.798 francs/litre pour l’essence et 4.433 francs/litre pour le gasoil. De juin 2014 à septembre 2017, le gouvernement a largement profité de la forte baisse des cours du pétrole. Comme ils sont habitués à la facilité, avec l’absence de toute réflexion stratégique, ils sont désarmés face au retournement de conjoncture. Maintenant, Ils veulent coûte que coûte faire supporter à la population le fardeau de leur incurie. Ils considèrent comme un acquis définitif le niveau des taxes sur le carburant à minimum 3.500 francs par litre et donc pour eux, toute baisse de ce montant est une subvention accordée généreusement aux Guinéens ». Les mensonges du PM et de ses ministres sur la subvention et donc leur cadeau fait au peuple pendant des années sont ainsi totalement démontés. Ce que je ne peux comprendre c’est pourquoi ce n’est pas le principal argument utilisé par les forces sociales et les syndicats pour s’attaquer à ce problème de manière plus efficace car dans ce cas des solutions existent vraiment : que l’état diminue ses bénéfices directs sur cette vente d’un produit pour lequel il n’a en réalité absolument rien fait et n’a dépensé aucun centime pour l’obtenir. Notre amateurisme légendaire sans doute.
  1. Les décisions et actions « négatives » du mois :
  • Le 02, comme prévu dans ma chronique précédente, la pagaille générale reprend 2 jours après l’annonce de l’augmentation de 25% du prix du carburant à la pompe. Des bagarres violentes éclatent dans la commune de Ratoma entre les jeunes désœuvrés et loubards d’une part et les forces du désordre de l’autre. Déjà la veille dans les quartiers de Sonfonia, Koloma et Petit-Simbaya les mêmes étaient dans les rues pour entamer les réchauffements préliminaires. Par ailleurs nos chefs syndicaux repus des bénéfices personnels engrangés avec Fory coco et le PPAC pour leur fermer la bouche montent au créneau en espérant redorer un peu leurs blasons devant les moutons syndiqués. Résultat ils exigent le retour du prix du litre à 8.000 GNF (très peu probable) sinon ce sera la terreur en ville (grève générale illimitée sans services minimums, marches semi-pacifiques et villes mortes et affamée). Ils ont même le culot de vouloir nous faire croire que le PPAC n’était pas au courant et qu’il est « fâché » avec son nouveau PM pour avoir osé le faire sans son aval. Bien joué cher PPAC – rien de mieux qu’un adjoint punching ball Depuis, 2-3 fois par semaine ce sera effectivement gourdins contre cailloux, gaz lacrymogènes toxiques (plusieurs hospitalisés) et eau chaude des miliciens et rançonnage de tout ce qui bouge par des jeunes loubards dans les banlieues – la routine de Conakry quoi !
  • Le 02, nous apprenons dans la presse belge (le site Leco.be) que l’actuelle ministre de l’agriculture, Mme Mariama Camara est condamnée à 20 mois de prison avec sursis et 12.000 euros d’amende ainsi que de la confiscation d’une partie de ses sous planqués dans des banques du royaume soit plus de 300.000 Euros. Egalement le tribunal correctionnel de Bruxelles a condamné Hubert Fabri, le patron du groupe industriel belge SOCFIN et quatre de ses hauts cadres à des peines avec sursis de 12 mois de prison et 6.000 euros d’amende. Tous ont été déclarés coupables de corruption active dans le dossier de la galaxie mafieuse de SOCFIN, y compris en Guinée. Ils avaient mis en place et organisé un système de corruption pour s’attirer les faveurs des autorités publiques guinéennes dans les années 2000. Concernant notre ministre le tribunal a retenu que « en sa qualité de fonctionnaire publique elle a sollicité auprès du groupe SOCFIN une rémunération et que SOCFIN a proposé un schéma de paiement ». L’ancienne patronne de la filiale locale du groupe (Soguipah) s’occupant du caoutchouc et de l’huile de palme recevait donc 6% du prix d’achat du caoutchouc qui étaient transférés sur son compte via la société WAT (West African Trading), une société-écran basée à Guernesey et détentrice des contrats de commercialisation entre les plantations du groupe. Donc il est évident que les sommes dans ses comptes en Belgique ne sont que des peanuts dans ses avoirs réels planqués. Pour le tribunal « les actes de corruption ont été dissimulés par la convention qui est entièrement fausse ». Il y a une longue brochette de grands corrompus de l’état qui l’accompagnent dans ce jugement et en particulier notre ministre des finances de l’époque, un certain Kassory Fofana, notre Don Kass national, qui aurait entre autre bénéficié (au moins une fois avec preuves écrites) d’un petit cadeau de 50.000 Euros pour couvrir la magouille !
  • Le 09, suite à l’appel du vendredi 06 de l’inter-centrale syndicale CNTG-USTG à une « grève perlée » (!) pour demander la baisse du prix du carburant l’anarchie envahit de nouveau Conakry, cette fois-ci jusqu’à au marché Madina et l’autoroute Fidel Castro soit pratiquement le centre de la capitale. La situation est similaire dans les villes de Labé et Boké. Toujours les mêmes modus operandi et problèmes : des bandes de loubards qui érigent des barricades et exigent des rançons financières pour permettre le passage de quiconque sinon c’est toutes les vitres du véhicule qui explosent sous les projectiles. Du coup les commerçants ferment leurs boutiques par crainte des pillages qui suivent régulièrement. Les policiers et gendarmes se font les plus discrets possibles pour éviter de nouvelles grosses bavures mortelles mais ils doivent néanmoins réagir à certains moments pour justifier leur dure journée de labeur.
  • Le 10, la RTG nous diffuse avec fierté quelques images d’une usine de fabrication d’explosifs et d’armes légères est en cours de construction par une société chinoise dans la commune urbaine de Boffa. Les travaux ont été lancés depuis près d’un an et le chantier évolue à la satisfaction de nos autorités militaires. Bâtie sur une superficie de 9,5 ha, l’usine aura une capacité de production de 60 à 70 tonnes par jour, soit un total de 20.000 tonnes par an. Vraiment nos chefs et journalistes aiment se gargariser de hauts faits nationaux même s’ils ne font pas notre fierté : des chinois viennent ouvrir une usine de fabrication d’armes chez nous tout simplement pour être plus proches de leurs acheteurs mafieux locaux et régionaux et parce que personne d’autre n’est assez idiot pour l’accepter dans ce monde globalisé d’aujourd’hui. De plus ces trafiquants internationaux d’armes savent qu’ils n’ont rien à craindre comme contrôle ou supervision et donc qu’ils pourront doubler voire tripler la production et y tester des armes « sales » pourvu qu’ils arrosent bien quelques poches du pouvoir. D’ailleurs notre ministre de la défense n’a pas manqué de souligner fièrement « en plus cela va permettre de réduire le nombre d’exportations explosives en Guinée » ! Nous serons donc bientôt qualifiés de 1e pays Ouest-Africain fabricant d’armes, une autre 1e place peu enviable. Les milliers de jeunes délinquants et braqueurs du pays devraient organiser une marche de remerciements au PPAC et à Don Kass pour avoir facilité grandement leurs sources et coûts d’approvisionnement de matières premières indispensables à leurs entreprises.
  • Le 14, en plein milieu de la crise sociale généralisée le PPAC s’échappe de nouveau vers New-York pour accompagner les vrais chefs d’états qui vont participer au forum politique de haut niveau pour le développement durable au Nations Unies. Il s’agit d’évaluer les 17 objectifs du développement durable (ODD) qui devraient permettre de construire le futur des 8,5 milliards d’habitants attendus sur la planète dans quinze ans et ainsi de mettre fin à la pauvreté d’ici à 2030. Nous on y va pour les photos d’ouverture et pour les cocktails car nous n’avons en fait démarré aucun d’entre eux.
  • Le 15, l’initiative présidentielle pour relancer l’élevage en Guinée est finalement une réalité : les préfectures de Labé, Lélouma et Gaoual reçoivent chacune 12 chèvres et 4 boucs venus de Maradi au Niger. C’est la concrétisation de la promesse du PPAC de moderniser notre élevage. La remise officielle en grande pompe a été présidée par le gouverneur de la région qui a recommandé aux heureux bénéficiaires d’en faire bon usage.
  • Le 16, Le Gouvernement publie les résultats du baccalauréat unique 2018 avec des chiffres consternants : un taux national de réussite d’environ 27%. Selon le ministère de l’éducation nationale le plus faible taux d’admission a été constaté en Sciences Sociales avec un pourcentage d’admis de 15,70% (5.846 admis dont 1.730 filles sur les 41.336 candidats dont 15.170 filles). Pour l’option Sciences Mathématiques c’est 39,40%, (9.934 admis dont 2.881 filles sur les 27.557 candidats dont 9.427 filles). Pour l’option Sciences Expérimentales c’est 28,06% (5.211 admis dont 1.743 filles sur les 20.335 candidats inscrits dont 8.427 filles). Les pourcentages dans la majorité des préfectures sont inferieurs à 20% (17% pour la région de Boké, l’eldorado minier et de l’émergence d’ici 2020). Je pense que ces résultats parlent d’eux-mêmes sur la situation dans le domaine de l’éducation dans le pays, c’est une véritable photographie panoramique de cet autre gâchis. Quant aux causes vous les devinez aisément et les remettre sur papier nécessiterait une chronique entière avec de nombreuses répétitions.
  • Le 23, le ton se durcit et la répression s’intensifie sur les manifestants contre la hausse du prix du carburant. La marche des forces sociales est de nouveau dispersée violemment avec gaz lacrymogène, eau bouillante et bastonnades. Le siège du syndicat des travailleurs est envahi par des bérets rouges (tiens les revoilà) et l’un des leaders grand gueulard est molesté sur place. De nombreux manifestants sont arrêtés sans ménagement et enfermés par les policiers dans les commissariats de la ville.
  • Le 23, Don Kass nous balance à la télé le meilleur fou-rire du mois : «Il y a cinq ans des Chinois et Coréens étaient partis à Kankan pour l’énergie solaire. Malheureusement tout était prévu, ils ont même trouvé du terrain qu’ils ont déblayé, le chinois est mort. C’était un investissement privé. Ça a tué trois années d’efforts. Sinon Kankan serait dans la lumière aujourd’hui. C’est ça la vérité. Le programme couvrait cinq villes de la Haute-Guinée. C’est moi qui l’avais négocié. 10 mégawatts à Kankan, 2 mégawatts à Dabola, 3 mégawatts à Faranah etc. Toute la Haute-Guinée était couverte. Malheureusement à la dernière seconde le chinois est mort. C’était un investissement privé, les partenaires n’ont pas pu continuer »  Ce buzz nécrologico-comique (Julien Glez, Jeune Afrique du 26/07) est bien moqué sur les plans national et international : « Le Chinois est mort. Depuis son décès la Guinée enregistre une recrudescence de malheurs et de crises sans précédent. Toutes mes condoléances au gouvernement et au peuple de Guinée. Vivement l’arrivée d’un nouveau Chinois pour mettre fin au calvaire des Guinéens ».  Vraiment ce sacré chinois nous a eu et en plus on ne peut rien lui faire car il est déjà mort ! Un hahstag est apparu sur Twitter pour se moquer de notre capo di tutti capi local (#LeChinoisEstMort). Au fait il s’agissait d’un Coréen du Sud, pas d’un Chinois mais pour notre PM, par ailleurs parrain de la coopération Guinée-Chine, toute personne friquée et avec des yeux bridés est forcement chinois.
  • Le 25, nous découvrons le rapport du département d’état des États-Unis consacré au climat de l’investissement dans le monde. Cette année il passe en revue les économies de la RDC, de la Guinée, de l’Algérie et du Maroc. Le chapitre consacré à notre pays résume bien le message qui est désormais envoyé au monde des affaires américains et occidentaux : « le département d’état américain se montre critique vis-à-vis de l’environnement des affaires guinéennes. Premièrement, bien que les lois guinéennes soient en faveur de la libre-entreprise et la concurrence, le gouvernement manque souvent de transparence dans l’application de la loi ce qui laisse de l’espace pour la corruption.  Il n’y a pas actuellement de mécanisme indépendant permettant le recouvrement des créances sur l’état guinéen. Nous doutons en outre de la capacité de la Guinée à appliquer ses lois plus favorables aux investisseurs compromises par un système judiciaire faible et peu fiable ». Imaginez maintenant l’attitude envers notre pays d’une entreprise sérieuse après avoir lu un tel rapport. Je me demande si le PPAC et Don Kass s’en rendent compte en nous promettant l’émergence à court terme ou s’ils se moquent n fait de nous à longueur de discours.
  • Le 29, l’aigle reprend son envol, cette fois-ci vers Lomé, la capitale togolaise. Il doit y prendre part le lendemain au premier sommet conjoint des chefs d’état de la communauté économique des états de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et de la communauté économique des états de l’Afrique Centrale (CEEAC). Le sommet est axé sur la paix, la sécurité, la radicalisation et l’extrémisme violent en Afrique. Les dirigeants du continent devront aussi adopter une déclaration sur la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent. Bref comme d’habitude beaucoup du lip service pour nos rois nègres mais surtout une opportunité en or pour discuter de leurs petits business personnels.
  • Le 31, nous découvrons avec horreur les premières photos aériennes du nouveau pont de Linsan, l’un des plus importants du pays qui relie Conakry et la Basse-Guinée au reste du pays. J’ai l’impression de voir un des montages de légos de mon petit-fils. Les trous et les angles tordus sont si ridicules à voir qu’ils font les délices des amateurs mondiaux du «  #LeChinoisEstMort ». Tout le monde sait que les Chinois sont les plus grands bâtisseurs de ponts à couper le souffle et celui-ci en fera partie, mais dans le pire sens possible. Comme ils le disent si bien chez eux « petit argent – petit pont ». Pas étonnant qu’il ait été réalisé en moins de 3 mois.
  • Pour : comme chaque mois, R.A.S…
  • Contre : Concernant la crise du prix du carburant à la pompe Il faut juste rappeler ici l’argument facile des fuites incontrôlées de carburant par nos frontières que notre gouvernement a offert au FMI et à la Communauté Internationale pour exiger cette hausse de prix. Et je suis sur que cela a été fortement encouragé en coulisse par nos pays voisins qui eux y voient un manque à gagner pour leurs caisses. Ceci n’est bien sûr qu’une des conséquences internationales de la gabegie totale de notre gouvernance. Comme l’a souligné le leader social Sanoh (PCUD), si l’état (donc ses agents) trichait et volait moins il pourrait effectivement subventionner au moins en partie le prix du carburant vu les recettes qui devraient rentrer dans nos caisses et qui devraient être de loin supérieures à celles de la majorité de nos pays voisins. Et d’entendre le ministre du budget dire sans aucune honte à l’AG du RPCé quelques jours après que le gouvernement l’a fait justement pour lutter contre cette fraude aux frontières dont ils sont pourtant les premiers responsables et bénéficiaires, il y a de quoi s’arracher les cheveux. Pendant ce temps que fait notre PPAC ? Il est en visite en Turquie depuis le 08 pour assister au nouveau couronnement du sultan Erdogan.

Tic-tac, Tic-tac, la montre tourne ; aujourd’hui est le 2778e jour de l’ancien « Guinea is back » et du nouveau « changement radical » – déjà 07 ans 07 mois et 10 jours ! Aladji-Professeur-Président voici ma suggestion SMART (Spécifique, Mesurable, Atteignable, Réalisable et Temporellement définie) du mois pour améliorer un peu votre Sanseman : grand boss, tout d’abord Bravo, vous avez enfin compris que la seule manière d’être un chef d’état peinard en Afrique est d’avoir quelques bons fusibles à offrir au peuple-mouton dès que ça chauffe. Et vous avez trouvé l’élu parfait en Don Kass : il fonce comme un taureau dans une salle de porcelaine sociale, intimide et menace inutilement (et contre la loi pour le syndicalistes) tous ceux qui ne pensent pas comme lui, soit 99% des Guinéens. Il n’a pas compris que la chicotte du temps de Satan Touré et de Fory coco ne marchera plus jamais face à la jeunesse actuelle qui ne sait même pas qui sont ses références en la matière. Du coup il ramasse plus d’insultes orales et écrites que vous maintenant. Les jeunes et adultes déchainés dans les rues hurlent plus des « Kassory Zéro, Kassory Démission » que des « Alpha Zéro » – good for you ! Vous auriez même eu le culot de nous faire dire qu’il aurait fait cette hausse sans vous en avoir parlé et que vous alliez donc lui tirer les oreilles – bien joué ! Finis les number 2 mollos, insignifiants et paralysés de peur comme ses deux prédécesseurs que personne ne pouvait designer comme fautifs ou responsables de quoi que ce soit à part de s’être faits les plus transparents possibles devant vous et nous. Malheureusement pour lui sa crédibilité internationale vient d’en prendre un sacré coup avec les révélations judiciaires en Belgique de ses pots-de-vin financiers dans nos projets internationaux, mais bon ce genre de détail ne vous a jamais empêché tous les deux de dormir du sommeil des Justes. Patron, il faut mettre des fusibles excités comme Don Kass partout dans le pays et vous pourrez ainsi vous la couler douce jusqu’en 2020, même si par ailleurs le pays brule en même temps.  Mais il faut faire vite car le ras-le-bol actuel est bien résumé par un jeune bloggeur de talent (Alimou Sow, le 10 juillet) : « Ces dernières années la Guinée est connue pour être non pas comme une simple cocotte-minute, mais un volcan actif avec des mini-éruptions régulières. Cette fois, la conjonction de plusieurs facteurs fait craindre une plus grande explosion avec des coulées de lave dévastatrice. Je touche du bois. C’est que la coupe est pleine ! Le pays se retrouve sous les feux croisés de plusieurs crises, conjoncturelles pour certaines, structurelles pour d’autres, mais toujours avec le même effet sur la population : elles sont exaspérantes. Pour prendre la température de la situation, il suffit de consulter les réseaux sociaux. Sur Twitter et surtout Facebook, les habituelles photos de mariages clinquants et les selfies dégoulinants de narcissisme compulsif ont fait place à des publications plus engagées. Chacun y va de son commentaire sanguin pour dénoncer la crise du moment : l’augmentation du prix du carburant…. Toutes ces crises qui étranglent la Guinée se résument en une seule : la crise de confiance à tous les niveaux. Crise de confiance entre la classe politique, entre mouvance et opposition, entre gouvernants et gouvernés, entre présidence et gouvernement, entre militants et leaders, entre patrons et employés, entre élèves et maitres, entre chanteurs et mélomanes, entre chauffeurs et passagers, entre vendeurs et acheteurs, entre père et fils, entre mari et femme, entre copain et copine… ». Même les diplomates n’hésitent plus à le dire publiquement, à l’image de l’ambassadeur de l’UE qui a déclaré à la clôture des travaux d’une nouvelle réunion sur notre anti-gouvernance financière : « La Guinée peut même devenir indépendante de l’aide des partenaires avec une meilleure gestion des finances publiques. Même si vous écoutez les arguments des forces sociales actuellement, qui agissent contre l’augmentation du prix du carburant, c’est par rapport à la qualité de la gouvernance, la qualité de la gestion des affaires publiques. Quelqu’un a parlé de personnels non postés, je pense qu’il y a encore un bon vivier  de cadres compétents dans l’administration, qui sont sous utilisés… ». Il n’est pas fou, il doit quitter très bientôt définitivement son poste au pays et n’y reviendra surement jamais. Et oui, nous vivons dans un sacré foutoir sans portes ni fenêtres et c’est tout simplement révoltant. Mais bon, tout est clair maintenant : le chinois est mort, tout ça c’est sa faute, il a gâté notre pays et nous sommes foutus, Walahi !

Publié dans 2017 | Laisser un commentaire

Une Nouvelle Voie (Juin 2018) : Oyé-Olé a enfariné notre boulanger

Bienvenue à mon bilan du 30e mois de la Condécratie version 2.0. Je continue mon exploration mensuelle des méandres des décisions importantes pour la Nation prises par nos nouveaux chefs en proposant des pistes de réflexions et d’actions qui pourraient être envisagées pour que le « vrai changement » soit effectif.

  1. Echantillon de paroles et pensées présidentielles du mois:
  • « Je m’adresse aux femmes qui ne sont pas contentes parce qu’elles ne sont pas suffisamment représentées dans le gouvernement. J’ai dit que j’ai confiance aux femmes parce qu’elles savent garder mieux l’argent. J’ai dit au premier ministre dans les prochaines nominations de privilégier entièrement les femmes en les confiants les grands postes de responsabilité. Moi-même je veillerais que cela soit systématiquement respecté. On va mettre des femmes à des postes où elles seront l’œil du président pour que le ministre soit en règle et qu’il gère dans l’intérêt du pays et non pour sa poche. En nommant des femmes secrétaires générales elles veilleront au grain sur la gestion. Je l’ai déjà dit au premier ministre qu’il y a beaucoup de dilapidations des ressources dans l’administration. Les femmes vont être mon œil pour surveiller les ministres afin qu’aucun d’entre eux ne puisse faire le détournement… Ce que les militants du RPG doivent savoir, pendant longtemps le gouvernement n’a pas communiqué. Tout le monde sait ce qu’on a fait pendant 4 ans. Parce que pendant deux ans l’opposition a mis des enfants dans la rue et nous avons traversé aussi deux ans d’Ebola. Donc nous n’avons eu que 4 ans. En quatre ans ce que nous avons fait est plus que 50 ans. Le rôle des militants est d’être sur le terrain, expliquer à la population ce que gouvernement a fait et ce qu’il veut faire… N’acceptons pas certains cadres qui n’ont pas été ministres, on ne peut pas former un gouvernement de 200 ministres. Tout le monde ne peut pas être ministre au même moment. Il y a des cadres qui s’agitent parce qu’ils ne sont pas au gouvernement. J’ai prévenu tout le monde qu’on n’acceptera plus de pagaille en Guinée. Qu’elle soit de l’opposition ou qu’elle soit de la mouvance, toute personne qui empêchera une structure de marcher sera sanctionnée. Donc je préviens, toute personne qui dira qu’il va fermer ici (le siège du RPG) il se retrouvera à la gendarmerie. Il n y a pas de mouvance, il n’y a pas d’opposition, le respect de la loi s’applique à tout le monde, quiconque viole la loi sera sanctionné. Même s’il a fait 20 ans ou 30 ans au RPG, s’il viole la loi il sera sanctionné. Je préviens tout le monde, la pagaille qu’il y a eu il y a un an, deux ans, est finie… La force du RPG c’est le RPCé. Sans le RPCé il n’y a pas de RPG. Le RPCé peut exister sans le RPG mais le RPG ne peut pas exister sans le RPCé. C’est un parti des plus pauvres mais qui aiment le pays et qui veulent que le pays-là avance, c’est n’est pas un parti de cadres. Il y a des cadres mais c’est un parti populaire qui tire sa force du fond du pays, dans chaque village. Le RPG a des militants qui se battent dans des villages, qui n’ont même pas eu la chance de me voir (!)… Le gouvernement sait, tout ministre qui ne fera pas son travail et qui ne sera pas sur le terrain, il peut partir. Donc votre rôle c’est de sensibiliser, de mobiliser et d’être au travail. Il ne faut seulement aller voir les militants quand il y a des élections. Ça c’est se foutre des militants, il faut être à coté des militants 24 heures sur 24. Messieurs les ministres à bon entendeur, salut ! Notre parti durera longtemps parce qu’il n’est pas lié à un homme. Il  tire sa source du peuple » (le 02, en présidant la mamaya hebdomadaire de son parti RPCé).
  • « Je ne vois pas pourquoi un satisfecit peut m’être décerné. Les hommages que m’avez rendus c’est plus politiques que religieux. Le président de la république et le premier ministre sont plus politiques. Etant dans le domaine de la religion nous devons rendre hommage à ceux qui ont contribué à l’instauration de l’islam en Guinée. A ma connaissance Kassory et moi n’avons pas contribué à cela. Laissons la politique de côté, allons véritablement vers la religion… La meilleure façon de lutter contre les actions de terrorisme, afin qu’elles ne puissent pas entraîner nos enfants, il faut que ces derniers maîtrisent très bien les saintes écritures. L’islam est une religion de paix, de fraternité, de concorde. Je n’ai pas entendu le prix de l’interprétation. Moi je me rappelle quand j’ai fait l’école coranique j’entonnais bêtement, comme un âne. Je récitais sans comprendre ce que je disais. Il faut que l’élève puisse interpréter le coran » (le 02, à Conakry lors de la clôture du concours national de lecture et de mémorisation du Coran).
  • «  J’ai fait mes enquêtes avant de venir. Le contenu local monsieur le ministre (Abdoulaye Magassouba, ministre des Mines) n’est pas appliqué, il y a de très grands scandales. Un certain Alpha Yaya Kaba qui n’a que 19 camions utilise 630 camions à lui seul. On va mettre fin à ça. Les 630 camions seront distribués aux autres opérateurs économiques et aux jeunes du groupement d’intérêt économique, c’est très clair. Deuxièmement, la société UMS (appartenant à Fadi Wazni, un courtisan du PPAC et son homme de main parmi les actionnaires de la compagnie minière SMB) ne peut pas avoir le monopole de transports. Lui, ses camions vont diminuer. Le contenu local, il s’agit de donner des emplois aux Guinéens et aux jeunes mais pas pour permettre à certains par complicité.  Je vais prévenir UMS que cette pagaille est finie.  Ce monsieur Alpha Yaya Kaba n’utilise que 8 personnes pour le carburant. De qui se fout-on ? Messieurs les gouverneur et préfet vous êtes là mais comment de telles choses peuvent être possibles alors qu’une simple enquête peut se faire pour connaître cela ? Messieurs le gouverneur et préfet, dans un mois si les 600 camions d’Alpha Yaya Kaba ne sont pas mis à la disposition des populations et des groupements d’intérêt économique des jeunes nous allons arrêter tous ses camions. Est-ce que c’est bien compris messieurs le gouverneur et préfet ? Parce que vous n’avez pas fait votre travail, c’est vous qui auriez dû faire cette enquête et nous dire ce qui ne va pas. Comment voulez-vous que les populations ne soient pas mécontentes quand il y a chômage jeune et qu’un seul monopolise 600 camions, est-ce que 600 camions peuvent permettre à plus de 10 000 jeunes à trouver du travail et d’être autonome ?  Pourquoi ?  Alors désormais nous allons tout suivre et vérifier, on n’acceptera plus que les populations qui subissent les impacts n’aient pas les avantages et que ce soit quelques aventuriers qui par complicité avec certaines personnes ont le monopole… Aussi il y a des postes qui peuvent revenir aux Guinéens, pourquoi dans certaines sociétés toutes les directions des ressources humaines sont aux mains des étrangers ? Pourquoi ?  Est-ce qu’il n’y a pas de Guinéens qui peuvent faire ces fonctions ? Comment voulez-vous que les gens puissent travailler et comprendre les populations ?  C’est un cadre guinéen qui peut mieux comprendre le Guinéen. Les ressources humaines doivent revenir à des Guinéens. Cela doit être clair pour toutes les sociétés minières. Alors messieurs les ministres, puisque chacun de vous n’a pas fait son travail,  moi je l’ai fait à votre place. Nous allons donc veiller à ce que les autorités locales veillent à l’application correcte du contenu local. Messieurs les gouverneurs, messieurs les préfets, à bon entendeur salut. » (le 19, à Boké lors du démarrage de l’exportation de cailloux d’un nouveau projet du gentil préteur de jets privés, Oleg Deripaska).
  • « Je m’exprime aujourd’hui avec un grand plaisir pour la relance de l’usine de Fria. Les syndicats qui étaient là, ce qu’ils ont fait n’était pas bien. Nous leur avions dit d’éviter la grève, ils n’ont pas voulu comprendre. Ils étaient avertis, avec la grève l’usine allait être fermée. Ils sont allés en grève, l’usine a été fermée par les russes. Ils n’avaient pas raison de faire la grève mais ils se sont entêtés. Tout le monde savait que Fria (la ville) dépendait de l’usine. L’usine a été fermée, c’est toute la population qui a souffert de cette fermeture. Le gouvernement guinéen était obligé de se substituer à Rusal pour que Fria ne soit pas dans l’obscurité… Les populations ont des raisons de revendiquer mais pas de casser. On va faire une table-ronde pour solutionner à ça, je vais renforcer les forces de l’ordre partout. Quiconque fera la pagaille maintenant sera arrêté, emprisonné, il y aura pas de grâce, il faut que ça soit très clair pour tout le monde. Quant à mes détracteurs c’est comme des tortues, il faut mettre le feu derrière » (le 20, à Fria lors de la réouverture officielle de l’usine d’alumine).
  • «Nous allons révolutionner l’élevage au Fouta. Nos bœufs sont maigres, ils ne pèsent pas plus de 200 kilogrammes. Alors nous voulons que nos bœufs pèsent 500, 600, 700 kilogrammes. Nos vaches donnent  entre 3 et 4 litres de lait. Nous voulons qu’elles donnent 11 à 12 litres. C’est pourquoi nous avons convoqué les journées de l’élevage à Labé. Nous devons remercier le Roi Mohamed VI, le peuple et le gouvernement Marocains parce que ce sont eux qui nous ont accompagnés en nous accordant les moyens pour faire l’insémination… Laisser les vaches aller brouter ne peut pas leur donner suffisamment de poids parce que l’herbe n’est pas assez riche pour donner aux vaches le poids souhaité. D’où la nécessité d’avoir des usines d’alimentation du bétail. Nous avons déjà deux usines d’alimentation de bétails, c’est d’abord l’usine d’El Hadj Kégnéko et l’usine Tafagui. Nos amis Israéliens vont faire aussi leur usine… Je veux prendre le cas des éleveurs, le gouverneur a dit dans son discours que  le  Fouta  n’a  pas  d’or. Monsieur  le  gouverneur utilisez l’histoire et la géographie. Quel est  l’or du  Brésil, de  l’Argentine au  début ? C’est  l’élevage. Vous avez  l’or, c’est  l’élevage. Cela  suppose  que  vous changez  vos mentalités  et  vos  façons  d’agir, pas élever  la  vache en disant « Fatoumata  suis  moi, suis  moi, suis  moi »… Dans les films cowboys que voit-on avec les éleveurs ? Ils ont des fils de fer barbelés où se trouvent leurs bœufs. C’est pourquoi on les appelle des ranchers et non des éleveurs… Les MUFA (mutuelles féminines) sont faites afin de permettre à toutes les femmes qui n’ont pas de moyens d’être accompagnées. Il faut qu’on fasse un effort de sensibilisation non seulement à l’égard des femmes de la commune mais aussi des sous-préfectures. Car, notre objectif est d’encourager les femmes à développer l’agriculture et l’élevage. La dernière fois, je vous ai donné 100 millions, aujourd’hui, je vais vous donner 300 millions GNF. Les jeunes je vais mettre 100 millions à votre compte pour vous obliger à cotiser… Monsieur le ministre de l’élevage vous avez un grand travail, vous verrez que votre ministère sera l’un des plus importants après l’agriculture, demain la plupart des ministres vont vous envier… Il y a deux autres révolutions qui vont s’ajouter à l’élevage : c’est celui des poussins. Nous avons mis en place un programme qui va nous permettre de ne plus importer de poulets mais aussi pour que tout le monde puisse consommer du poulet, ce sera essentiellement le travail des femmes. La troisième révolution c’est la pisciculture. Lors de mon dernier voyage en France je me suis mis d’accord avec l’AFD pour qu’ils accompagnent la Guinée pour la pisciculture, nous avons aussi envoyé une délégation en Israël parce qu’elle a une bonne culture de la pisciculture » (le 23, à Labé lors de l’inauguration des journées nationales de l’élevage).
  • « Nous avons déjà accompagné les femmes de Mamou avec une contribution financière. Maintenant il s’agit de leur donner les moyens pour travailler en mettant à leur disposition des appareils devant leur faciliter le travail. Nous avons commencé par le fonio. Tout le fonio produit par les femmes sera acheté par nous. Nous avons signé un accord avec Dubaï pour acheter notre miel. C’est la même chose pour le beurre de Karité et le Moringa. Au Fouta on produit beaucoup de pommes de terre, nous avons acheté quatre usines que nous allons installer à Timbi Madina et à Soumbalako. C’est la transformation industrielle qui donne du prix à nos produits. Je demande aux femmes de s’organiser dans les MUFA. Nous avons fait venir des boulangeries-centenaires pour les jeunes qui peuvent faire 4.000 pains par jour. Nous avons fait venir des petites machines pour faire des jus de fruit, des machines pour transformer le riz paddy. Nous allons accompagner tout le monde… Nous encourageons les femmes à produire du fonio, le fonio est un des aliments les plus recherchés aujourd’hui dans le monde parce qu’il est bon pour tout le monde, particulièrement pour les diabétiques et ceux qui souffrent de l’hypertension. J’ai nommé un conseiller commercial à Washington, son rôle c’est de prendre les échantillons de fonio pour aller les montrer dans les autres états parce que nous sommes membre de l’AGORA ; nous pouvons vendre nos produits aux États-Uniens sans payer de taxes» (le 26, à Mamou lors d’une escale-mamaya après son séjour à Labé).
  • Pour : vraiment j’ai beaucoup cherché mais je n’ai rien trouvé de potable dans ce charabia sorbonnard ce mois-ci.
  • Contre : la leçon sur les bonnes règles de management offertes à tous les miniers, aux ministres, gouverneurs et préfets est vraiment de toute beauté sur le plan de la qualité et de la densité de son analyse. Et il veut nous faire croire qu’il découvre maintenant les magouilles et le bout de l’iceberg de la gabegie minière qui se passe de haut en bas de la région de Boké ? Il résume tout ses problèmes de gestion par la phrase suivante ; « Alors Messieurs les ministres, puisque chacun de vous n’a pas fait son travail moi je l’ai fait à votre place ». En tout cas les promesses ont coulé plus que les premières pluies ce mois-ci. Pour le boss la meilleure façon de lutter contre le terrorisme est de mettre les enfants à l’école coranique ! Attendons maintenant qu’il propose cela ce weekend au prochain sommet de l’UA et quelle sera la réponse des pays qui sont sur le front de ce combat et qui ne savent plus comment contrôler ces institutions devenus trop souvent des écoles supérieures du djihadisme. Ils lui rappelleront surement deux de ses phrases précédentes « Etant dans le domaine de la religion nous devons rendre hommage à ceux qui ont contribué à l’instauration de l’islam en Guinée. A ma connaissance Kassory et moi n’avons pas contribué à cela et Moi je me rappelle quand j’ai fait l’école coranique j’entonnais bêtement comme un âne ». Concernant la relance de Fria je ne sais plus comment lui faire comprendre et accepter une fois pour toute que ce n’est pas la responsabilité de Russal de fournir l’eau et l’électricité à toute la ville de Fria. Nous savons tous que les réserves de ces mines seront bientôt épuisées et après on fait quoi ?
  1. Les décisions et actions « positives » du mois :
  • Le 06, six ans après sa fermeture pour grève illégale des travailleurs reconnue même par les tribunaux locaux, la raffinerie d’alumine de Friguia reprend du service. Ainsi les vingt-trois premiers wagons d’alumine calcinée sont convoyés de la ville de Fria au port de Conakry. Il semblerait que 95% des anciens travailleurs encore volontaires ont récupéré leurs postes. Espérons que la leçon aura servi et que ces travailleurs promptes à insulter et séquestrer leurs patrons par formatage révolutionnaire, reliquat néfaste de notre lutte démagogique contre l’impérialisme, auront compris que dans le monde globalisé d’aujourd’hui si tu insultes ton patron soit il te vire immédiatement soit il ferme sa boutique et va l’ouvrir ailleurs où les gens cherchent désespérément du travail. En tout cas voici enfin le 1e exemple positif d’un projet minier avec des plus-values nationales réelles supérieures à la primitive vente de cailloux rouges.
  • Le 07, 2 gros faucons du RPCé mordent la poussière grâce à un décret de leur boss sur recommandation du nouveau PM. Il s’agit du patron de l’office guinéen de la publicité (OGP) Paul Moussa Diawara et du patron de l’office guinéen des chargeurs (OGC) Sékou Camara. Ils sont limogés suite à des audits de leurs entreprises et l’agent judicaire de l’état est chargé en plus de les poursuivre en justice. Les rapports d’audits de l’inspection générale d’état (IGE) et d’un cabinet d’expertise comptable privé arrivent aux mêmes conclusions : les malversations financières sont non seulement colossales mais aussi simplistes voir stupides. Il y aura donc deux grands RPCistes en moins dans le paysage politique mais de là à en faire une « grande victoire  du nouveau PM et la preuve que la corruption vit ses derniers jours en Guinée » c’est tout aussi simpliste et stupide, surtout quand on sait que ces deux sont des petits poissons en comparaison avec leur pourfendeur du moment.
  • Le 20, l’usine d’alumine de Fria est ré-inaugurée officiellement par le PPAC à la grande joie de la population de cette ville et de tous les Guinéens. Le patron a profité de l’occasion pour déverser toute sa bile et en même temps menacer sans gants les travailleurs et la population du coin. En fait les russes pourraient même exiger aux travailleurs un minimum de 50 pompes à 06 heures du matin sans que personne n’ose protester.
  • Le 26, le FMI annonce dans un communiqué qu’elle « a achevé la première revue de la performance économique de la Guinée dans le cadre du programme soutenu par une facilité élargie de crédit (FEC) et que cet examen permet le décaissement immédiat de 24,3 millions de USD ». Ainsi une petite bouffée d’oxygène est offerte à Don Kass pour qu’il puisse lui prouver qu’il peut faire mieux que ses 2 prédécesseurs. Mais bon, avec 25 millions USD on ne peut pas faire grand-chose, juste boucher quelques petits trous personnels et payer les salaires des fonctionnaires pour quelques mois supplémentaires. Le problème est qu’en échange le FMI et la Banque mondiale exigent la fin des subventions au secteur des produits pétroliers et donc du coup l’augmentation du prix du carburant à la pompe et des tarifs de l’électricité domestique. Bref le pire cadeau empoisonné possible, une véritable bombe sociale dans les jours suivants.
  • Le 27, le PPAC et son homologue ghanéen (Nana Akufo Addo) se rendent à Lomé au Togo pour présider les négociations entre le pouvoir de Faure Gnassingbé et son opposition pour un dénouement de la crise politique que traverse ce pays depuis de décennies. En avril la communauté économique des états de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) avait renouvelé sa confiance en ces 2 présidents pour leur rôle de facilitation dans cette crise. Et à la fin de ce 4e round du dialogue le pouvoir et l’opposition se sont félicités de l’avancée substantielle faite avec les deux facilitateurs. Un bon point pour l’image régionale de notre pays qui pourra être capitalisé dans le futur quand nous aurons un démocrate crédible au pouvoir. Quant aux bénéfices directs pour notre PPAC, on saura  rapidement s’il y aura appris une ou deux choses sur les risques qui l’attendent au cas où il tenterait de reboloter pour un  3e  mandat au pouvoir.
  • Pour: concernant le limogeage du directeur de l’OGP, j’en suis arrivé à la conclusion que ce fanfaron a été jeté dans la poubelle principalement pour des raisons politiques. Ses mamayas tapageuses financées sur les recettes de sa direction avaient finies par exaspérer ses bailleurs, le PPAC en premier. Donc en faire un « exemple » de la nouvelle lutte contre la corruption avait un double bénéfice : s’en débarrasser physiquement et envoyer en même temps un signal de fin de recréation aux représentants des bailleurs étrangers. Quant à pleurer sur son pauvre sort je pense qu’il n’y aura que ceux qui bénéficiaient directement des miettes qui tombaient de sa pelle de détournements. Bon débarras donc. Le processus ayant abouti à ces preuves de détournements avait démarré plusieurs mois auparavant, bien avant l’arrivée du nouveau justicier, alors vouloir en faire une preuve patente de sa rigueur financière est tout simplement ridicule. Tout au plus peut-on mettre à son crédit de ne pas avoir enterré le dossier dès sa réception dans un des tiroirs de son bureau, surtout comme monnaie d’échange future pour une fidélité absolue. On se souviendra des résultats de la dernière évaluation globale des marchés publics réalisés par la précédente ministre des finances : « Sur les 146 marchés octroyés par le gouvernement récemment, rares sont ceux qui sont conformes au code des marchés publics. Si vous prenez 68 marchés  audités d’une valeur de 12.000 milliards GNF et sur ce montant également vous prenez 16 marchés sur 68 d’une valeur de 3.000 milliards GNF, le constat est que 13% seulement des marchés sont conformes à la loi sur les marchés publics qu’on appelle code des marchés publics. 63% sont non conformes et il y a 24% qui ne sont même pas ‘’auditables’’. C’est-à-dire qu’il n’y a même pas de documents de base corrects, sincères pour dire qu’ils sont préjugés. Donc grosso-modo, 87% des marchés sont hors normes. Et dans ce lot également 92% de ces marchés sont dé gré à gré ». Don Kass aura donc besoin de beaucoup plus pour nous convaincre.
  • Contre : pour la relance de l’usine de Friguia, le boss comme d’hab. a en même temps confié tous les services sociaux de la ville de Fria à la société Russal, en commençant par la fourniture d’électricité, d’eau et des soins de santé de qualité. Vraiment nous n’apprendrons jamais rien de nos erreurs passées. il est clair pour tous que cette société ne restera pas éternellement pour gérer les services sociaux de cette ville. Quelle bande de planificateurs incapables de planifier notre avenir au delà de 2020, comme pour nous dire « après nous on s’en fout, vous vous débrouillerez alors ». Que les Friakas se préparent déjà dans un futur pas si lointain, comme ils l’ont vécu les 2 dernières années, à leur retour définitif au XVIIIe siècle.
  1. Les décisions et actions « négatives » du mois :
  • Le 03, nous avons droit au 2e remaniement du gouvernement en moins de 10 jours : Mr Oyé Guilavogui, un bouffeur discret du régime qui avait refusé le poste minable pour son ego et ses business de ministre de l’élevage (l’un des derniers de la liste) est nommé ministre d’état de l’environnement, des eaux et forêts. Le « bleu » Patrick Millimouno qui était au poste récupère donc le ministère maudit mais reste néanmoins très reconnaissant pour cette promotion à la porte de la mangeoire. Sacré pays où on célèbre les prometteurs-menteurs sur la place publique. Les membres de la communauté ethnique (Kissi) du ministre « spolié » lui ont demandé de refuser ce changement et de démissionner sinon il serait « exclu » de leur communauté. Bien-sur il les a envoyé balader. Les bons Guinéens peuvent aisément deviner la teneur de sa réponse : « fichez-moi la paix yandi – qui est maudit ? Toi aussi va démissionner si tu veux. Village baah – communauté baah, moi çà m’en fout. C’est vous qui construirez mon immeuble, ma villa au village et payerez les études de mes enfants chez les blancs ? Je ne vais nulle part, vous êtes tous jaloux seulement !
  • Le 06, les bonnes vieilles habitudes reprennent : quatre des ministres limogés lors de la formation du nouveau gouvernement sont promus à la présidence comme ministre-conseiller dont un avec le titre pompeux de ministre d’état. Ainsi la plupart des 17 mis à la porte du gouvernement du PM vont progressivement revenir dans le gouvernement de la présidence. Le PPAC est devenu tellement prévisible que ce n’est même plus marrant de le suivre.
  • Le 08, La Guinée signe avec CHALCO (filiale du Groupe CHINALCO) une convention pour la réalisation d’un projet intégré Bauxite-Alumine. Dans les éléments du communiqué final de la rencontre on lit que ce n’est que lors d’une phase II que le mot « alumine » sera prononcé, après une étude de faisabilité sans calendrier précis de présentation. En clair ça veut dire que nous allons continuer à augmenter nos exportations de cailloux rouges avec investissement minimal (tapis roulant, barques sur un port fluvial, transbordement et exportation par tankers en haute mer sans aucun contrôle guinéen réel sur les quantités réellement exportées. Avec cela une promesse hypothétique et non datée de la transformation d’une partie en alumine. En plus c’est le coup d’envoi du remboursement de la promesse de 20 milliards USD du gouvernement chinois pour laquelle la seule action visible est le bouchage des trous sur le chemin goudronné entre Coyah et Mamou, non compris les ponts pourris qui s’écroulent maintenant un par un. Vraiment notre nouveau PM, principal acteur et bénéficiaire de cette coopération avec l’empire du milieu est trop fort pour ses compatriotes.
  • Le 08, nous découvrons dans la presse locale le classement du magazine américain Forbes sur la propreté des villes du monde publié en janvier 2018. Conakry occupe le 11èmerang (sur 15) en Afrique et 19ème  rang au plan mondial – par le bas bien sur. Imaginez donc la situation de celles qui sont plus mal classées que nous sur le continent : Nouakchott, Niamey, Luanda et Maputo. En tout cas n’y allez surtout pas en vacances avec vos enfants et petits-enfants.
  • Le 10, le gouvernement lance un programme d’urgence d’assainissement de la capitale mais il le fait une fois encore typiquement « à la Guinéenne ». Un parti de l’opposition (PEDN) décrit parfaitement la nouvelle mamaya en cours « L’assainissement n’est pas un jeu démagogique. Ce n’est pas une question à politiser. Ce  n’est pas la présence du premier ministre sur le terrain avec un balai pour nettoyer une portion de la capitale qui va rendre la ville propre ». C’est toujours la même manière de faire depuis la révolution démagogique de Satan Touré, beaucoup de bruit et d’actions d’éclats pendant un mois puis c’est business as usual jusqu’à ce que le boss s’en souvienne los d’une prochaine crise sociale sur le sujet. Tant que les problèmes techniques aussi complexes ne seront pas confiés à des experts indépendants de toute influence du pouvoir, expérimentés qui mettront en place un programme sur le long terme avec des objectifs, stratégies et plans d’action annuels basés sur des connaissances éprouvées, nous n’aurons que des actions de relations publiques servant uniquement à la promotion de nouveaux chefs politiques en mal de notoriété locale. Mais des d’intérêts financiers personnels colossaux sont en jeu et empêchent de raisonner et agir dans ce sens-là.
  • Le 13, un nouveau constat accablant de notre Sanseman est publié dans la presse : les responsables de l’association des blogueurs de Guinée (ABLOGUI), une plateforme qui monitore et évalue les promesses électorales du PPAC et de son gouvernement présentent leur 3e rapport d’évaluation partielle de ses promesses notamment cette fois-ci dans les secteurs des mines et de la santé. Ce rapport montre que seulement 21% sur un total de 78 promesses du gouvernement ont été réalisées. Selon son porte-parole (Mamadou Alpha Diallo) : « Sur 20 promesses dans le secteur de la santé publique seulement 4 sont tenues et dans le secteur minier 2 promesses sur 9 ont été réalisées. Nous avons eu des difficultés liées à l’accès à l’information publique. Nous avons une méthodologie appelé fast cheking qui consiste à confronter des sources officielles à des sources non officielles et cela impacte beaucoup sur notre travail parce que ça nous ralentit. Donc ça nous a coûté beaucoup de temps ».  Il conclut hélas sur un rêve « « Nous espérons déjà que les départements évalués auront accès à ce rapport et prendront en compte des critiques et recommandations que nous avons mises dans le rapport. Nous espérons qu’il y aura un débat public sur le niveau de réalisation des promesses du président de la république… ». On va bien se marrer quand ils évalueront bientôt les promesses du discours de politique générale de Don Kass qui a commencé très fort en nous promettant de dépasser la croissance de la Cote d’Ivoire, qui est actuellement de l’ordre de 8%, avant 2020 pour garantir le 3e mandat de son patron.
  • Le 13, nous apprenons que la ccandidature du Maroc à l’organisation du Mondial 2026 a été rejetée face à celle du trio USA- Mexique- Canada. Il fallait s’y attendre vu les menaces sans nuances de Donald Trump mais également pour des raisons objectives selon les spécialistes ayant évalué les 2 dossiers. La stupéfaction vient néanmoins du fait que 11 pays africains sur 53 ont voté contre le Maroc et devinez qui en particulier ? Notre bien chère Guinée alors que nous mangeons dans leur main tous les jours, que le PPAC décolle rarement de Gbessia sans faire escale à l’aller ou au retour dans le royaume mais surtout parce que notre boss a piloté le village Afrique pendant toute l’année 2017. Même l’Algérie, ennemie héréditaire du Maroc depuis la création de l’état Sahraouie, a voté pour le Maroc. Ceci ne fait vraiment pas honneur à l’UA et à l’Afrique.
  • Le 14, on apprend dans le communiqué final du 1e conseil des ministres de Don Kass que 63 dépôts anarchiques d’ordures ont été identifiés à Conakry et que l’UE ne soutiendra la Guinée que dans le traitement de 30. Façon de dire que les 33 autres quartiers n’auront qu’à souffrir en silence en attendant qu’un autre « gentil donneur » se pointe à l’horizon. Vraiment nos chefs sont pitoyables, ils nous répètent en permanence que nous sommes le 3e plus grand exportateur d’une ressource minière capitale et que notre croissance est sur le point d’exploser mais nous ne sommes même pas capables de nous débarrasser de nos ordures urbaines sans financement de l’extérieur. Et pour couronner le tout notre gouvernement laïc décide sur le coup d’ériger un dimanche par mois de 6h à 11h à la salubrité publique dans tout le pays avec interdiction de toute circulation. Au mépris de nos compatriotes catholiques qui se recueillent dans leurs églises pour prier ce jour précis depuis des millénaires – qu’ils y aillent effectivement ou pas. A moins que la nouvelle activité d’éboueurs forcés soit réservée exclusivement aux musulmans et aux athées. Finalement le bon sens revient et le 19, un communiqué du gouvernement ramène cette nouvelle galère mensuelle au samedi pour « prendre en compte la célébration de la messe hebdomadaire du dimanche et la nécessité de faciliter une importante participation des fidèles chrétiens à ce programme ». Ils ne pouvaient pas y penser avant ?
  • Le 18, le journal Le Monde Diplomatique publie le calvaire vécu par un journaliste étranger venu faire un reportage à Conakry. Le pauvre Raphaël Godechot a été placé 48 heures en garde à vue et accusé de terrorisme. Enfermé dans un commissariat il découvre le racket orchestré par les officiers supérieurs du coin. Il sera finalement mis en prison pour « pratique illégale du métier de journalisme » ! Il nous raconte tout avec moult détails sur ses nombreux interrogatoires. Il y a des commentaires croustillants comme « Nous allons voir ça. Vous êtes Français ? – Oui Monsieur. – Vous n’avez pas l’air Français. Vos parents sont Français ? – Euh oui monsieur, les deux. – Et c’est quoi ça ? »(désignant un visa pour l’Arménie tamponné sur mon passeport ouvert),  L’Arménie, Humm. » Il saisit alors une grosse loupe qui traîne sur son bureau et regarde une carte du monde accrochée au mur. Je crois bien qu’il cherche à situer l’Arménie. – Vous êtes déjà allez en Syrie, c’est pas si loin de l’Arménie ? – Euh non jamais. – Vous êtes musulman ? – Non. –  Moi je suis musulman. Mais un bon musulman, pas comme ces fondamentalistes qui vont faire le djihad. Vous êtes un espion arménien, rien ne prouve que tu es un journaliste ! ». Les noms des loubards de service ce jour-là sont également offerts : commissaire Kaba, « Senghor » et finalement leur grand chef, le colonel Tiegboro, le même qui dirigeait une des équipes chargées de répandre la terreur lors du génocide du 28 septembre 2009. La description de son comportement donne une idée de ses ordres probables lors de ce jour inoubliable de l’histoire nationale. Enfin, après 30 heures dans ce goulag tropical lui et son guide/ami sont libérés grâce à l’intervention tardive et molle de la consule de France après la confiscation des maigres euros qu’il avait dans ses poches. Inutile de dire qu’il a cherché immédiatement le 1e vol pour sortir de ce bled pourri. Pour avoir moi-même vecu une histoire similaire aux mains des hommes de Tiegboro tout simplement parce que ma voiture était tombée en panne devant son domicile je peux vous confirmer que ces comportements sont réels et typiques de ces énergumènes.
  • Le 20, on constate l’effondrement du pont de Linsan sur la route nationale numéro 1, entre les villes de Mamou et Kindia, donc une barrière totale entre la Basse et la Moyenne Guinée. Tous ceux qui connaissent cette route peuvent imaginer le chaos et les difficultés énormes conséquentes pour les voyageurs et les transporteurs de biens et de services. Cette catastrophe sur ce pont construit en 1932 et jamais rénové depuis était attendue de tous et dénoncée régulièrement dans la presse depuis le temps de Lansana Conté. Les seules solutions proposées ont été des bricolages minables qui repoussaient chaque fois cette chute de quelques années supplémentaires. Pire encore, le lendemain c’est un autre camion qui tombe en panne et bloque totalement la déviation coupe-gorge qui avait été mise en place rapidement pour permettre un passage risqué en attendant la réparation du pont, Maintenant la nouvelle solution de l’équipe du nouveau PM est d’amener un pont mobile qui pourrissait depuis des années à Nzérékoré. Dieu merci il n’y a pas eu de morts lors de cette chute mais la solution prévue maintenant risque hélas de combler rapidement ce vide.
  • Le 26, lors de sa déclaration de politique générale devant le parlement le nouveau PM reconnait sans ciller : « Forte, l’administration guinéenne est devenue hors de contrôle. Des pans entiers en son sein se sont soustraits de fait à leur obligation de servir l’intérêt général, pour se mettre au service d’intérêts particuliers. Le train de vie indécent de certains cadres de l’État est devenu choquant. L’administration est le miroir de la société. Le temps de l’impunité est terminé. Les agents publics qui se rendront coupables de faits de corruption auront à en répondre devant les juridictions de notre pays et subir la rigueur de nos lois ». Parmi les autres promesses sa volonté inébranlable d’en finir avec les hauts cadres qui parrainent les centaines de mamayas politiques et sociales organisées toujours avec des fonds publics. Seulement nulle part dans le discours on entend parler de la mise en place immédiate de la Haute Cour de Justice (HCJ), la seule institution capable de traduire devant les tribunaux les ministres indélicats et tous les autres hauts perchés de la république en commençant par le 1e d’entre eux. Comment compte-t-il donc mettre fin à l’impunité sans qu’il puisse leur faire subir les rigueurs de la loi ? De plus il a oublié de parler dans son long speech confus de « détails pour lui » comme l’immigration des jeunes et les domaines de la culture et des sports. Franchement il faut lui reconnaitre un certain culot et du panache. Je suis sur que les applaudissements d’admiration étaient retentissants dans la salle en particulier de tous les voleurs en col blanc qui écoutaient religieusement celui qui venait ainsi de leur promettre une quasi-certitude d’impunité au pays.
  • Le 29, c’est un des pires exemples du pouvoir en Afrique qui se pointe chez nous : le président ougandais Yoweri Museveni, dictateur absolu dans son pays depuis 1986 avec à la clé un 5e mandat de cinq ans depuis 2016. Il débarque, en escale avant de rejoindre le sommeil de l’UA en Mauritanie, pour une visite qui s’inscrit selon le bureau de presse de la présidence « dans le cadre du renforcement des liens d’amitié et de fraternité existant entre la Guinée et l’Ouganda ». Une très mauvaise fréquentation pour notre boss car elle risque d’exacerber les rêves d’éternité au pouvoir de notre octogénaire insatiable.
  • Le 30, un communiqué du gouvernement est publié tard dans la nuit : le prix du carburant passe de 8.000 GNF à 10.000 GNF. Ça va chauffer grave dans le pays pendant le mois de juillet.
  • Pour : comme chaque mois, R.A.S…
  • Contre : concernant l’élimination du Maroc, la FIFA confirme les résultats du vote dans la presse en précisant qu’il n’y a eu aucun problème technique à son niveau et que la liste des votes individuels est disponible sur son site. Elle précise par ailleurs n’avoir reçu aucune réclamation concernant la procédure de vote. Cela n’empêche pas les cris d’orfraie ridicules de celui qui a voté en notre nom, le président de la fédération nationale de football et ensuite du gouvernement. On doit parler ici d’un vrai coup de poignard footballistique dans le dos du seul pays qui avait pourtant offert ses stades pour permettre au Syli national de se préparer et ensuite de recevoir ses adversaires pendant toute l’épidémie à virus Ebola, alors que la Guinée était stigmatisée partout ailleurs sur le continent et à travers le monde. Agir ainsi envers un tel ami est d’une hypocrisie qui n’honore pas la Guinée et encore moins l’Afrique. En analysant cette trahison qui ne sera surement pas pardonnée par le Roi qui était attendu dans les semaines à venir pour venir inaugurer un nouveau paquet de mendicité à notre pays je ne vois que 3 explications possibles : soit une gaffe de notre représentant qui a appuyé sur le mauvais bouton après avoir confondu les noms inscrits dessus (peu probable), soit une promesse d’ascendeur direct prochain pour un poste au sein de la FIFA pour lui (possible), soit un ordre direct du PPAC pour une raison pour le moment inexpliquée (très probable). Mais c’est la Guinée, on saura bientôt pourquoi.

Tic-tac, Tic-tac, la montre tourne ; aujourd’hui est le 2747e jour de l’ancien « Guinea is back » et du nouveau « changement radical » – déjà 07 ans 05 mois et 10 jours ! Aladji-Professeur-Président voici ma suggestion SMART (Spécifique, Mesurable, Atteignable, Réalisable et Temporellement définie) du mois pour améliorer un peu votre Sanseman : boss, vous êtes encore une fois la risée de tous pour votre affaire d’Oyé-Olé, celui qui vous a fait plier en public parce que vouliez lui enlever le biberon de l’argent public de la bouche. Pardon il faut tout faire pour essayer de vous rattraper un peu sur ça, si vous le pouvez encore. Il vous a fait un véritable chantage en coulisse, vous imposant de signer un décret et ensuite un contre-décret quelques jours après comme au bon vieux temps de Fory Coco. Votre gaffe est parfaitement décrite par un journaliste du site Guinee7.com (Ibrahima S. Traoré, le 04/06/2018) : « En refusant le poste de ministre de l’élevage Oyé n’a pas fait que défier le président de la république. Il l’a humilié et a montré aux autres Guinéens le chemin de la rébellion vis-à-vis du chef de l’état. Oyé ne sait apparemment pas plonger ses mains – déjà sales ? – dans les affaires d’un ministère à ‘‘petits budgets’’ (élevage) mais oh combien utile pour le pays ! Et l’a fait savoir à Alpha Condé qui a bien entendu et compris les caprices du ministre qui à l’époque de Lansana Conté aurait eu maille à partir avec les assainisseurs des comptes publics (!!!!). Alpha Condé a courbé l’échine et a donné à Oyé quelque chose de plus important : le ministère de l’environnement, des eaux et forêts. Oyé sort gagnant du combat. Alpha lui s’en sort groggy. L’opinion sent une ambiance de fin chaotique de pouvoir. Un président qui craque face à un homme au passé trouble et surtout au poids politique pas plus épais qu’un billet de monnaie ». Et oui, comme il dit ça sent la fin de règne mais c’est aussi une nouvelle preuve de votre velléité de 3e mandat quand on se rappelle son zèle exceptionnel dans sa préfecture d’adoption (Kindia) à chaque magouille électorale depuis 2010. Boss, Oyé-Olé méritait d’être viré et même vous le pensiez en faisant votre 1e décret, avant le réveil des systèmes mafieux qu’il a utilisés pour revenir. Ce monsieur nous avait prouvé dans tous ses précédents postes ministériels qu’il était avant tout un prometteur-menteur invétéré puisqu’il n’a jamais tenu une seule de ses promesses sérieuses aux Guinéens, juste de la poudre aux yeux oubliée le lendemain. J’ai de la peine pour vous surtout quand je pense aux fous-rires et ensuite aux notes confidentielles envoyées par vos « partenaires techniques et financiers » locaux à ceux chez qui vous accourez inlassablement pour tendre votre tasse de mendiant pour vous et un peu pour nous aussi. Patron, le retour d’Oyé de cette façon dans votre gouvernement est une TRES mauvaise chose pour vous. Et en plus au lieu de se taire, faire profil bas en rasant les murs et fuir les micros et cameras, au contraire il tente de s’en vanter publiquement en vous ridiculisant encore plus. Il justifie fièrement son refus d’occuper la tête d’un ministère minable par sa prétendue contribution à la victoire du RPG à Kindia, sa ville d’adoption, alors que celle-ci fait partie des douze circonscriptions qui font l’objet de litiges à l’issue des élections communales et qu’en toute logique vous devriez y perdre le poste de maire au profit de votre opposition. Donc en réalité il méritait encore plus son limogeage si vous vous basiez sur ses prouesses électorales. Il faut avoir le courage de reconnaître et de dénoncer à haute voix une tare pour avoir une chance de la corriger demain : la grande majorité des responsables politiques, religieux et administratifs du pays sont des courtisans obséquieux et cela leur a été inculqué dès le plus jeune âge à la maison et/ou à l’école par certains de nos us, coutumes et traditions. On entend et pratique trop souvent « le chef est envoyé par Dieu donc il a toujours raison » ou alors c’est « le chef connait plus que tout le monde, il peut tout nous faire et on doit tout accepter car il ne peut avoir tort ». Cela est la norme dans nos communautés et se répercute ensuite en dessous, en particulier vers « les gens d’en bas » qui l’acceptent avec résignation soit en raison des stigmates héréditaires de la terreur des chefs lors de la maudite époque révolutionnaire soit par opportunisme personnel. Et tout ceci est aussi à la base de la chute de la moralité dans notre société que nous voyons s’intensifier tous les jours dans notre pays.

Pour conclure si celui/celle qui vous remplacera ne commence pas son mandat par interdire l’accès de ces intrigants de coordinations ethniques communautaristes et religieuses dans son palais dans les 10 premiers jours de son mandat il/elle deviendra du coup leur otage pour le reste de son mandat, quelque soit par ailleurs ses qualités gestionnaires et démocratiques préalables. Leur destitution et leur interdiction totale dans leurs formes et pratiques actuelles sera une action de salut public pour la nation.

 

Publié dans 2018 | Laisser un commentaire

Une Nouvelle Voie (Mai 2018) : le PPAC a Kassé le pays – pauvres de nous !

Bienvenue à mon bilan du 29e mois de la Condécratie version 2.0. Je continue mon exploration mensuelle des méandres des décisions importantes pour la Nation prises par nos nouveaux chefs en proposant des pistes de réflexions et d’actions qui pourraient être envisagées pour que le « vrai changement » soit effectif.

  1. Echantillon de paroles et pensées présidentielles du mois:
  • « Quand il y a des étrangers en Guinée vous avez des journalistes qui posent certaines questions, vous ne souhaitez même pas qu’ils le fassent. Quand ils posent des questions on se demande s’il n’était pas mieux qu’ils le fassent en soussou, malinké ou pular plutôt qu’en français. Parfois j’ai honte quand vous posez des questions… Je pense que vous ne contribuez pas à améliorer l’image de la Guinée. Vous êtes  responsables de ce classement… Je pense, avant de me demander de vous aider, qu’est ce que vous avez fait pour discréditer l’image de ce pays. Tous les progrès qu’on a faits depuis 2011 sont passés sous silence comme si on était dans un pays où on maltraitait les journalistes. Pourtant aucun journaliste n’a été encore été arrêté par le gouvernement et dans les pays voisins comme la Mauritanie je vois que des journalistes sont arrêtés. Pourquoi eux ils sont classés 54e et nous 104e ? C’est parce que vous présentez une image de la presse en Guinée qui ne correspond pas à la réalité. Alors comment voulez-vous qu’on vous appuie quand vous faites en sorte que tous les efforts en faveur de la liberté de la presse sont étouffés et dès qu’il y a moindre malentendu vous faites du bruit, parce que des gendarmes ont convoqué des gens vous faites du boucan ? Donc moi je ne peux pas prendre des engagements devant vous quand vous continuez à piétiner tous les progrès que nous effectuons pour la liberté de La Presse. Posez-vous la question de savoir qui est responsable de ce classement. Vous parlez de Reporters Sans Frontière mais ce n’est pas le meilleur exemple en France. Est-ce que depuis que je suis président un journaliste a été emprisonné ? Est ce que j’ai poursuivi un journaliste depuis que je suis président ? Alors comment la Guinée peut être classée 104e ? C’est parce que vous continuez à vendre une image du pays qui est contraire à la réalité du pays. Vous vous levez le matin pour dire « Aah, le président a tiré sur quelqu’un à Sékhoutouréyah » et vous balancez. Vous ne cherchez même pas à savoir si c’est vrai. Voilà comment vous vous comportez, pire que radiotrottoir. Aujourd’hui vous me faites lever pour honorer la mémoire d’un journaliste qui a été tué mais ce journaliste qui est mort est-ce que c’est le gouvernement qui l’a tué ? Est-ce qu’il a été tué dans un ministère ? Est-ce qu’un seul journaliste a été tué dans un ministère ou par des agents des forces de l’ordre ? Avant de balancer une information il faut vérifier. Si j’appliquais la loi la moitié d’entre vous seraient arrêtés pour diffamation ou injures au chef de l’Etat. Si on appliquait la loi beaucoup d’entre vous ne seraient pas dans cette salle ?… Nous ne voulons pas nous retrouver dans le cas de la « radio Mille collines », sinon nous avons des radios en Guinée qui frisent la « radio Mille Collines » qui sans aucune information balancent des nouvelles… C’est vrai que mon conseiller n’est pas d’accord avec moi, il m’a demandé d’être indulgent mais on ne peut pas être indulgent quand des gens piétinent le pays … Dans l’affaire Bolloré qui a cherché à savoir ? Qui a enquêté ? Aucun de vous n’a cherché à savoir quelle est la vérité. Nous allons dire la vérité à Paris. Et je vais porter plainte en France pour dénonciation calomnieuse. J’ai dit à mon avocat de porter plainte. Mais vous qu’est-ce que vous faites ? Vous continuez à casser l’image du pays. Jamais vous n’avez protesté quand des gens racontent des histoires sur le pays. Et vous continuez à désinformer la population » (le 03, suite à une question sur le recul du pays dans le classement 2017 de RSF, lors de la célébration de la journée mondiale de la liberté de la presse)
  • « J’ai été assez gentil, c’est pourquoi j’ai enlevé le procureur général parce qu’il n’était pas capable ni à la hauteur. Il ne peut pas ne pas être là et ne pas poursuivre les gens qui violent la loi. Désormais la justice va faire son travail et j’ai prévenu que je ne serais pas en droit de gracier quelqu’un qui est condamné. S’il s’avère que la personne est condamnée elle sera en prison. Il ne faut plus compter sur moi pour dire de gracier quelqu’un, que ça soit clair puisque personne n’est au-dessus de la loi… Vous avez crié parce qu’on a vu vos copains qui ont fait des déclarations incitant à la haine. Ils doivent être en prison, ce n’est parce qu’ils sont du RPG. Si tu es de la mouvance et que tu violes la loi ou tu tiens des propos incitant à la haine ou la violence tu vas aller en prison comme n’importe qui… (concernant la corruption) d’abord la première chose ce sont les pyromanes qui se font pompiers, c’est-à-dire ceux qui ont le plus volé, qui sont les plus mauvais gestionnaires qui parlent d’impunité, qui parlent de corruption ; ça c’est le premier point. Le deuxième, c’est la complicité très souvent entre les différentes structures particulièrement à la fonction publique : le ministère des finances, le ministère du budget… j’ai toujours dit que la corruption en Afrique est difficile à combattre parce que celui qui signe est prêt à faire perdre des milliards à son pays uniquement pour gagner 100 millions ou 200 millions de plus… Comment voulez-vous informatiser l’administration publique quand ceux qui sont là ne savent pas manier l’ordinateur, les outils informatiques ? En allant encore beaucoup plus loin sur 10 fonctionnaires guinéens combien parlent l’anglais ? Voilà un certain nombre d’handicaps que nous avons en Guinée, en ajoutant aussi la sédentarisation… Nous allons faire  le recensement des maisons pour déterminer telle ou telle maison appartient à qui ? Vous serez surpris des résultats car beaucoup de belles maisons appartiennent à des fonctionnaires. Ils ont pris l’argent là où ? Ceux qui crient et parlent de corruption, où ont-ils pris l’argent pour construire ces maisons ? Alors comment voulez-vous monsieur le ministre du budget que ces cadres vous aident à identifier les maisons quand eux-mêmes ils sont propriétaires de ces maisons ? J’ai confié cette mission aux services spéciaux de lutte contre la drogue qui vont nous montrer à qui appartiennent ces maisons et immeubles… Quelqu’un m’a envoyé un message pour me dire que les bœufs et les moutons vont porter plainte contre moi parce qu’ils sont devenus trop chers. Ne perdez pas votre temps, ceux qui font du maraboutage perdent leur temps. Vous pouvez mettre des poulets ou tout ce que vous voulez sur mon chemin, cela n’a pas d’importance. Si ce sont les marabouts qui devraient faire de quelqu’un président moi je ne serai jamais président. J’ai quitté la France quand j’avais 50 ans, quel marabout a travaillé pour moi ? Vous pouvez aller voir chez le plus grand marabout, ça ne fera pas bouger un décret. J’ai vécu toute ma vie sans que les marabouts n’aient fait quelque chose pour moi. Je suis musulman et je crois en Dieu… Demandez à Kassory Fofana. quand j’ai été élu le FMI a fait l’état des lieux, j’ai dit que je regrette d’avoir été élu président. La lutte contre la corruption n’est pas facile » (le 05, lors d’une conférence-débat sur le thème « Impact de la corruption sur le développement en Guinée », organisée par une association de griots du RPCé « Jeunes Acteurs pour le Changement » (JAC).
  • « Le rôle des communicateurs traditionnels et des chefs religieux est extrêmement important surtout lorsque nous souffrons d’un certain nombre de choses dont l’ignorance. Mais cette ignorance n’est pas une vraie ignorance. L’ignorance c’est par rapport au français et à l’anglais. On dit qu’on est ignorant parce qu’on ne parle ni français ni anglais. Mais cela ne veut pas dire qu’on est ignorant. Donc si nous voulons mieux éduquer pour montrer qu’on n’est pas ignorant c’est à travers les communicateurs traditionnels et les chefs religieux… Il y a aussi le rôle des gouvernements, nous devons vous aider à passer de la tradition orale à la tradition écrite. Quelqu’un qui parle bien maninka ou wolof connait bien sa langue. Il suffit seulement qu’il ait l’alphabet en langue. S’il a ça il peut lire n’importe quoi. Il n’a pas besoin du français ou de l’anglais. Donc c’est à nous de faire en sorte que nos langues aient des alphabets qui permettent à nos citoyens d’avoir accès à toutes sortes d’écrits… En Guinée la loi dit qu’on ne doit pas se marier avant 17 ans. J’ai dit aux chefs qu’ils ont leur part de responsabilité, ils sont célébrés chez les chefs religieux. Ce sont ces mêmes chefs religieux qui épousent les petites filles. S’ils veulent nous aider à lutter contre les mariages précoces il faut donner l’exemple. Quand je fais des tournées à l’intérieur du pays je vois de petites filles qui ont des enfants, c’est vraiment pénible. Ça les déforme et elles ne vont plus à l’école. J’ai discuté avec un commerçant très riche qui a envoyé ses enfants au Maroc. Il m’a dit qu’en les laissant ici sa famille va lui mettre la pression pour que ses filles se marient. Il y a des choses qui sont bonnes et d’autres non. Vous (les communicateurs traditionnels) devez faire comprendre à la population ce qui est positif dans notre culture et qui peut nous faire avancer… J’ai dit en conseil des ministres, on a actuellement un débat au parlement qui m’oppose aux députés. Depuis en Guinée c’est la monogamie. Mais comme beaucoup de députés sont polygames ils veulent modifier, j’ai dit que je n’accepterais pas… Comment la Guinée peut dire monogamie en 1960 et en 2018 dire polygamie ? C’est extrêmement grave d’autant plus que ce n’est pas respecté. En tout cas j’ai dit aux députés si vous modifiez je ne signerais pas » (le 09, lors de la clôture d’un séminaire de formation des communicateurs religieux et traditionnels sur le thème « voies et moyens de trouver la réponse aux problèmes de santé sexuelle, à  la transition démographique et à la capture du dividende démographique ».
  • « Les femmes de Nzérékoré ont montré qu’on doit les accompagner. Je vais leur donner un milliard. Ensuite on va demander à la mairie de les héberger provisoirement, en attendant on va les aider à construire leur propre siège. Yomou n’est pas très grand mais elles ont cotisé 300 millions, nous allons leur donner aussi 300 millions. Les femmes de Lola n’ont pas fourni beaucoup d’efforts parce que qu’elles n’ont donné que 200 millions mais on va leur donner 200 millions pour les encourager. Les femmes de Guékédou n’ont donné que 100 millions, on ne va leur donner aussi que 100 millions, ça les apprendra à cotiser d’avantage. Je vais faire venir de Chine et du Brésil, des machines pour faire le savon, décortiquer le riz, et élever les poussins. Nous mettrons ces machines à leur disposition » (le 13, lors du lancement de la journée du paysan à Nzérékoré).
  • « Nous sommes prêts à ne plus accepter que les syndicats imposent au peuple de Guinée leurs revendications. Est-ce qu’on doit prendre en otage le pays ? Aucun enseignant ne sera recruté s’il ne sort pas de l’ENI ou de l’ISSEG. On ne va plus nous imposer le recrutement de petits chômeurs qui n’ont aucun niveau pour faire plaisir aux syndicats. Chacun doit accepter d’être à sa place au lieu de gagner de l’argent sans rien faire. Nous sommes en train de faire le recensement biométrique des enseignants, après cela on fera un test. L’année prochaine aucun enseignant n’enseignera s’il n’a pas réussi le test. S’ils (les syndicalistes) veulent la bagarre je suis prêt pour la bagarre. Si on a fait l’ISSEG et l’ENI c’est pour former les gens. Donc l’état prendra ses responsabilités et ne craint pas d’affronter n’importe quelle couche sociale… N’est-il pas mieux d’avoir une année blanche et de recruter des enseignants sortis de l’ISSEG et de l’ENI que d’avoir des enseignants qui n’ont aucun niveau et qui forment des chômeurs ? Vous gaspillez de l’argent pour envoyer les enfants à l’école, ils n’ont aucun niveau. Voici le débat qu’on doit faire » (le 19, à l’ouverture de la 2e édition du salon de l’étudiant guinéen).
  • Pour : bravo pour votre constat absolument véridique sur la responsabilité primaire des chefs traditionnels et religieux concernant les mariages précoces des filles et des pratiques moyenâgeuses comme les MGF (mutilations génitales féminines), tous des pratiques coutumières dont ils sont les complices communautaires sinon pire. Par contre dès qu’on parle de séminaires avec perdiems à Conakry ou de missions d’échange d’expériences à l’étranger nos braves barbus deviennent immédiatement les principaux soldats et les porte-paroles de la lutte contre ces fléaux sociétaux. Il y a chez nous trop de petits mécréants hypocrites en caftans et turbans qui ne ratent jamais les 5 piliers religieux au cours de la journée ni les vices de quartiers la nuit. Leurs exemples de moralité et d’éthique sont toxiques pour les populations surtout analphabètes majoritaires du pays rendant le retour de ces vertus cardinales très difficiles chez nous.
  • Contre : concernant le dernier classement de RSF et son coup de sang inutile il oublie que ce classement n’est pas fait par la cellule de communication nichée dans son palais. Si la Mauritanie est classée 54e et nous 104e, au lieu d’insulter les innocents journalistes de son auditoire il aurait plutôt dû plutôt demander les pourquoi et comment. C’est cela qu’un manager intelligent, qui plus est chef d’un état qui se dit démocratique aurait fait partout dans le monde.
  1. Les décisions et actions « positives » du mois :
  • Le 17, Mamady Youla le « jeune PM numérique «  du PPAC présente enfin la démission de son gouvernement (nommé en décembre 2016) à la fin du conseil des ministres. Le boss a pris acte de cette démission collective et leur a demandé d’assurer la gestion des affaires courantes jusqu’à la mise en place d’un nouveau gouvernement, alors que partout ailleurs se sont les secrétaires généraux des ministères qui assurent cet intérim pour éviter que les ministres sortants ne profitent de ce répit final pour vider les caisses. Le plus marrant c’est que le boss l’a exigé du pauvre type juste avant leur rentrée dans la salle de conseil de sorte que les ministres ne l’ont appris que quelques minutes avant nous.
  • Le 17, le boss reprend enfin ses virées à l’étranger, il se rend à Istanbul pour prendre part au sommet extraordinaire de l’Organisation de la Conférence Islamique consacré au dernier carnage perpétré contre des palestiniens. Il laisse la pagaille totale chez lui pour aller s’occuper de celle des autres sur un autre continent. La tournée ensuite se poursuit chez lui en France et au Burkina Faso jusqu’à la fin du mois.
  • Le 29, les membres du nouveau Gouvernement guinéen, le PM en tête, ont procédé à la déclaration de leurs biens avant leur prise de fonction conformément à l’article 36 de la Constitution guinéenne. Vu qu’il s’agit d’une déclaration sur l’honneur devant la cour constitutionnelle qui ne sera jamais publiée il ne faut pas en attendre grand-chose mais au moins c’est une première au niveau d’un gouvernement guinéen depuis 1958.
  • Pour: concernant le sommet d’Istanbul c’est une participation de notre pays qui pour une rare fois se justifie pleinement.
  • Contre : pour la démission du gouvernement il faut rappeler qu’il avait promis un remaniement depuis le 8 mars dernier (soit 70 jours) et que la liste du nouveau gouvernement n’a été donnée qu’environ 10 jours après ce qui prouve que ses choix sur le sujet n’étaient pas clairs au bout de 2 mois de réflexions. Quant à savoir ce qui sera déclaré par nos nouveaux chefs, le public devra attendre la publication du prochain journal officiel de la république – c’est à dire jamais.
  1. Les décisions et actions « négatives » du mois :
  • Le 02, le FMI une fois de retour au siège à Washington dévoile la réalité crue de son évaluation de la situation financière suite à sa mission du 03 au 15 avril à Conakry. La représentante pour la Guinée commence son laïus comme d’hab. par quelques belles paroles diplomatiques et simplistes, notamment qu’il y a plus de croissance tout simplement parce que nous vendons plus de cailloux rouges (avec une plus-value minimale pour le pays) mais avec quand même une inflation supérieure à cette croissance : « La croissance réelle était supérieure à 8% en 2017 et devrait atteindre environ 6 % en 2018. L’inflation globale est augmentée à 8,9 % en 2017 ». Puis le couperet tomba sans merci : « Les déséquilibres budgétaires de la Guinée se sont détériorés au cours de 2017, enregistrant un déficit budgétaire de base de 1,1% du PIB. Des investissements publics plus importants que budgétisés et des recettes insuffisantes ont affaibli la performance budgétaire. Préserver la stabilité macroéconomique et générer une croissance plus inclusive et plus partagée est nécessaire pour réduire la pauvreté et améliorer le niveau de vie de la population. Améliorer la situation budgétaire de la Guinée est nécessaire pour préserver la stabilité et la viabilité à moyen terme. Accumuler davantage de réserves de change renforcera les réserves externes… L’amélioration du climat des affaires et de la gouvernance ainsi que l’inclusion financière sont essentielles pour favoriser le développement du secteur privé et parvenir à une croissance plus partagée ». Cela confirme bien mes réserves du mois passé sur le communiqué dithyrambique de la cellule de communication du gouvernement après la conférence de presse de clôture de l’évaluation à Conakry, comme quoi des mensonges publiques à Conakry ne deviendront jamais des vérités à Washington sauf pour les cireurs de pompes, les amnésiques et les analphabètes du pays..
  • Le 02, comme je l’avais aussi prédit le mois dernier, le boss commence les inspections dans les marchés de Conakry. Accompagné de plusieurs commerçants-militants, du ministre du commerce et de faucons du RPCé il a inauguré une banque dédiée aux femmes du marché d’Avaria. Comme son nom l’indique cette zone commerciale est spécialisée en produits avariés et en friperies importées d’Europe et des USA. Même ça il ne peut pas le confier à un de ses ministres, en particulier le premier d’entre eux qui ne fait pourtant strictement rien pour mériter son salaire mensuel.
  • Le 08, le boss reconnait sans aucune excuse publique le fait d’avoir violé les lois qui réglementent la justice du pays : tout excité comme d’hab. au cours d’un nouveau discours improvisé lors d’une mamaya sur la corruption il destitue le procureur général de la république pour « incompétence et il ne fait pas le travail que j’attends de lui ». Malheureusement pour lui selon les dispositions de l’article 109 de la Constitution : « Les magistrats du siège, les magistrats de parquet et ceux de l’administration centrale de la justice sont nommés et acceptés par le président de la république. Cette nomination se fait sur proposition du ministre de la justice après avis conforme du conseil supérieur de la magistrature ». Une nouvelle preuve qu’il est persuadé d’être au dessus des lois du pays comme ses 4 prédécesseurs, allez savoir pourquoi c’est la règle chez nous. Mais cette fois-ci la réaction de ce conseil et de tout le corps judiciaire pour le remettre à sa place a été immédiate. Il a donc été forcé de prendre le lendemain un deuxième décret pour annuler le précédent et corriger sa bourde, mais en même temps il en prend un troisième pour reconfirmer son nouveau poulain nommé la veille. Cela prouve aussi suite à la fréquence de ses bourdes à quel point il n’est entouré dans son palais que de personnes incompétentes qui ne font aucun travail professionnel minimum de préparation et de corrections des textes avant de les soumettre à sa signature – à moins qu’il les terrorise tant qu’ils n’osent même pas le faire.
  • Le 09, le PPAC fait un voyage bien curieux : il va de Conakry à Nzérékoré avec des escales intermédiaires en Sierra Leone et au Liberia. A Freetown il va participer à l’investiture du nouveau président et à Monrovia pour on ne sait vraiment pas pourquoi. Il y va pour lancer la « journée du paysan » dans la capitale de la Guinée Forestière.
  • Le 14, suite au blocage total des négociations entre le pouvoir et son opposition les « journées ville-morte » reprennent cette fois à Conakry et dans certaines villes de l’intérieur du pays. Les loubards des quartiers de banlieue brûlent des pneus, s’en prennent aux conducteurs et motards innocents et balancent des remarques savantes aux micros des journalistes du genre « les motards ne sont pas au dessus de la loi. Ces jeunes motards sont nos petits, ils vivent dans le quartier avec nous. Donc quand on dit ville morte ils n’ont qu’à garer leurs engins. C’est pourquoi on leur a interdit de circuler ». Ainsi chaque quartier a maintenant sa « loi » à respecter. On constate aussi une nouvelle forme de terreur des gosses dans les carrefours : ils bloquent les voitures, exigent une rançon financière pour laisser passer (sinon…) et ensuite lèvent leur barrage. Et l’état n’y peut rien, juste constater de loin sans trop se montrer pour éviter l’intifada immédiate. Mais au final cette ville-morte est quand même un flop total pour ses organisateurs – la population en a vraiment marre de tous ces politiciens qui sont des ennemis féroces la journée mais des copains-coquins après 21 heures.
  • Le 21, dans la nuit le PPAC parachève son œuvre de destruction de la nation : il nomme Kassory Fofana, notre « Don Kass » comme PM. Ainsi après le « gouvernement de large consensus» en 2007, le « gouvernement de large ouverture » en 2008 et le « gouvernement d’union nationale » en 2010 nous avons le « gouvernement de 3e mandat » en 2018. Se rend-il seulement compte qu’il a rentré le pire loup du pays dans sa bergerie et qu’il vient de lancer sans s’en rendre compte le début de la guerre pour sa succession qui pourrait se retourner contre lui ? En tout cas par cet acte il envoie un  message très clair à la jeunesse : « il n y a rien de mal à voler et à retourner sa veste régulièrement et si vous les faites en milliards et avec zèle vous pourrez grâce à cela vous hisser sans trop de problèmes au sommet de l’état ».
  • Le 26, on nous offre enfin la liste des ministères et celle des membres du nouveau gouvernement que j’ai surnommé « gouvernement du 3e mandat ». Première bavure, les deux ne sont pas identiques : les ministères de l’élevage et des hydrocarbures ne se retrouvent pas sur les deux. Quant au grand remaniement en profondeur promis on le cherche encore : sur un total de 33 membres 17 sont reconduits et pas les plus brillants, un total de 4 femmes soit moins que le précédent, l’arrivée d’un dinosaure pur et dur sans état d’âme (il le dit lui-même) du cercle rapproché de Lansana Conté au ministère de la sécurité et de deux micro-opposants qui ciraient les pompes du chef depuis plusieurs mois déjà. On constate aussi le départ de la majorité des « jeunes cadres dynamiques importés qui connaissent l’internet » de la précédente équipe. Bref, on est bien loin du « gouvernement plus proche du peuple » promis il y a deux mois. Last but not least nous avons maintenant un ministère des hydrocarbures dans un pays où toutes les tentatives de forages pour rechercher du pétrole ont été infructueuses – bref encore un nouveau gouvernement pléthorique pour un pays sans réserves financières pour payer ses enseignants !
  • Le 26, juste après son « crime » gouvernemental le PPAC s’envole pour Paris et ensuite Strasbourgs pour une rencontre au niveau du parlement européen. Une petite amélioration quand même, il ne s’est pas débiné la veille de son coup tordu comme il avait l’habitude de le faire même avant d’être élu en décembre 2010. Le plus triste est que l’objectif de sa visite au parlement européen est pour faire le bilan de sa présidence de l’UA devant ses vrais patrons, « présenter les réformes initiées par l’Union Africaine sous son leadership en 2017 incluant l’accord de libre échange panafricain et réclamer la continuation du plan Marshall pour l’Afrique de l’Allemagne, la COP21 et le Plan d’Investissement Externe » – il est reviendra ensuite en Afrique nous parler de « couper le cordon ombilical ». Puis c’est retour à la maison au Burkina pour une rencontre fantaisiste dont lui seul a le secret.
  • Le 31, le ministre de la justice confirmé prend l’arrêté (n°/2018/3173/MJ/CAB) pour créer un comité de pilotage pour le jugement des crimes commis lors des événements du 28 septembre 2009. La bonne vielle pratique nationale de mettre en place un comité ou une commission nationale pilotée par des ministres et autres hauts responsables administratifs pour être sur de bloquer toutes futures décisions et actions sur un sujet brûlant. Mais ils perdent leur temps, cette méthode rabâchée depuis 1958 n’impressionne plus grand monde. De toute façon nous avons compris que rien ne sera fait dans ce dossier avant le départ du PPAC en 2020.
  • Pour : comme chaque mois, R.A.S…
  • Contre : concernant le rapport final du FMI, il doit maintenant être soumis au conseil d’administration du FMI en juin 2018 et ensuite ce sera la fessée habituelle et surement une réduction des miettes qui nous sont offerts tous les ans. Une chose est sure néanmoins, et cela ne va pas plaire aux Guinéens, les subventions de l’état concernant les produits pétroliers pour l’électricité et pour les carburants automobiles vivent leurs derniers jours et la vérité des prix va surement faire très mal à la paix sociale et au sommeil du boss et de sa bande de prédateurs autorisés

Tic-tac, Tic-tac, la montre tourne ; aujourd’hui est le 2717e jour de l’ancien « Guinea is back » et du nouveau « changement radical » – déjà 07 ans 05 mois et 10 jours ! Aladji-Professeur-Président voici ma suggestion SMART (Spécifique, Mesurable, Atteignable, Réalisable et Temporellement définie) du mois pour améliorer un peu votre Sanseman : grand boss, faites attention et tirez bien avec votre Junior Palladino toutes les leçons de la déculottée internationale qui a jeté le fils de votre mentor dans la boue et va le trainer dans les bas-fonds de l’histoire de notre pays. Sachez que la mise sur la place publique de sa pratique d’esclavage familial hélas fréquente chez nous mais impardonnable pour un soit disant « leader révolutionnaire » a fait le job pour la majorité des Guinéens qui haïssent tant ce systèmes criminel, bien mieux qu’aucun de nous n’aurait pu le faire. Il devient désormais difficile pour les derniers admirateurs de Satan Touré de nier la probabilité d’une gabegie financière perpétrée par le régime des camarades. Cette bavure idiote a planté deux clous supplémentaires dans le cercueil du parti-maudit : 1) de nombreux militants amnésiques ou brainwash-ignorants mais zélés vont être de plus en plus sceptiques sur leur sort journalier dans la misère locale ambiante alors que leur gourou vit une bamboula princière dès qu’il les quitte pour rentrer chez lui en famille chez les pires impérialistes 2) on n’est plus prêt de l’entendre venir réciter ses sornettes publiques sur  «la  liberté dans la pauvreté » à Conakry. Vos êtes donc prévenus – tirez-en vos propres conclusions pour l’après 2020.  Apprenez surtout à votre fiston de savoir rester discret, poli et respectueux de tous ceux que vous avez spolié et dont vous avez détruit la vie pendant votre séjour au sommet de votre foutoir. Rares seront ceux qui lui en voudront et ne pourront pas avoir une relation au moins civilisée avec lui tout simplement parce qu’il est votre fils et qu’il refuse de vous plonger encore plus dans votre trou historique, comme tout bon fils devrait le faire – en tout cas pas moi comme c’est le cas pour ceux de certains ex-tortionnaires du pays. Mais s’il se hasarde à l’insolence, au manque de respect et de considération pour le martyr de ses compatriotes par la faute de son paternel alors il nous trouvera sur son chemin et tous ses coups tordus – ainsi que les vôtres – seront encore plus balancés sur la place publique pour vous faire honnir, comme pour le rejeton révisionniste et impoli de Satan Touré. Vous voila tous les deux prévenus – à bonne entendeur, salut !

Concernant votre nouveau PM vous avez posé ainsi vos dernières cartes sur la table politique du pays et votre folie de tentative de changement de la constitution pour un 3e mandat est de plus en plus évidente. Je pense que vous devriez pourtant faire très attention parce que vous avez rentré un vrai loup dans votre bergerie. Son CV qu’il nous a fait servir le lendemain est d’un tel ridicule qu’il est même inutile de le détailler. Néanmoins prétendre avoir obtenu 2 doctorats en 5 ans dans une université américaine est un mensonge qui n’est consommable que chez nous. Je pense que votre choix de Don Kass fait en réalité partie d’un autre coup tordu bien mûri et comme d’hab.  certains de vos opposants ne le comprendront qu’après que le mal aura été complet. Vous jouez ainsi à votre jeu politique favori : travailler pour l’enlisement du dialogue politique afin de gagner quelques mois de répit supplémentaires – après vous verrez bien, de toutes façons le temps joue toujours en votre faveur dans votre système bien huilé depuis 8 ans maintenant. Vous avez choisi comme fusible le mentor politique et « l’ami discret » de votre principal opposant, le seul qui pourrait le convaincre d’atténuer la rage de ses troupes de la rue lors des combines électorales à venir. Il avait d’ailleurs réussi à obtenir sa promesse de ne pas envoyer ses militants pour tout casser en ville à l’annonce de sa nomination comme pour son pote Eugène Camara en février 2007. Ainsi lorsque ce petit boss de l’opposition a adoubé Don Kass sur toutes les radios et sites d’infos, même avec de petites réserves cosmétiques, comme tous les autres opposants vous avez réussi à confirmer aux observateurs sérieux – Guinéens et Communauté Internationale – qu’ils sont tous pareils et ne représentent pas une solution pour sortir le pays du gouffre de la mal-gouvernance et de l’impunité. Avec comme conclusion logique pourquoi pas vous reconduite pour 5 ans supplémentaires, le temps que presque tous ceux-ci soient trop fatigués pour concourir ? Vous avez en partie raison, ils font tous partie du problème, pas de la solution du gâchis guinéen. Maintenant nous attendons de lire la déclaration officielle de ses biens comme requis par notre constitution dans un hypothétique journal officiel de la république qui ne sera probablement jamais publié. On peut prédire déjà, s’il n’a rien « oublié » de mentionner, qu’il sera encore plus volumineux et impressionnant que son CV et ça c’est pas peu dire. Finalement pas-merci donc pour votre cadeau final à la nation, votre « Kass du siècle » dont tout le monde attend maintenant les prochains épisodes  de ce feuilleton haletant.

Publié dans 2018 | Laisser un commentaire

Une Nouvelle Voie (Avril 2018) : « après ville morte c’est pays-mort ?

Bienvenue à mon bilan du 28e mois de la Condécratie version 2.0. Je continue mon exploration mensuelle des méandres des décisions importantes pour la Nation prises par nos nouveaux chefs en proposant des pistes de réflexions et d’actions qui pourraient être envisagées pour que le « vrai changement » soit effectif.

  1. Echantillon de paroles et pensées présidentielles du mois:
  • « L’usine d’alimentation de bétails est fondamentale parce que la Guinée est un pays d’élevage mais on n’en bénéficie pas parce que nos vaches sont maigres. Grâce au Maroc nous allons faire l’insémination à partir du mois de juin. Le vau qui va naitre pèsera 500 kilos au lieu 150. Ensuite la vache qui donne trois litres de lait donnera désormais dix à douze litres de lait. C’est pour cela on a besoin aussi de l’alimentation des bétails…  Nous allons faire aussi la journée de l’élevage à Labé pour encourager les éleveurs à faire des enclos pour que les bœufs ne sortent plus aller détruire les champs. Ce qui va mettre fin aussi à la grande bagarre que nous connaissons entre les éleveurs et les agriculteurs, ce qui va mettre fin au vol de bétail… On va vendre aux femmes un poussin à 1000 francs, au bout de 35 jours il va avoir un poulet de 2 kilos qui coûtera 20.000 Francs. Nous allons également faire des fermes à Boké où on aura 400 vaches au moins pour que le gouvernement même fasse l’insémination afin d’encourager les paysans… Nous produisons beaucoup de pommes de terre mais les Guinéens ne veulent pas en manger c’est pourquoi on en vendait au Sénégal. Nous avons commandé 4 machines qui seront là au mois de mai et qui transforment les pommes de terre en frites congelées et emballées. On aura une à Timbi Madina, une à Soumbalako dans Mamou, une à Conakry et une autre à Siguiri qui fait de grosses pommes de terre» (le 10, lors d’une visite aux PMI locales de ciment et de pain).
  • « Nous allons montrer aux femmes qu’elles ont eu raison de nous faire confiance. Je vous assure d’ici deux ans nous allons sortir un million de femmes de la pauvreté. Tous ceux qui pensent qu’ils vont retarder la Guinée en envoyant les enfants dans les rues, en jetant des pierres pour décourager les investisseurs, ils se trompent. Les investisseurs viennent parce que la Guinée inspire confiance. Mon objectif est de faire en sorte qu’aucun produit cultivé en Guinée ne pourrisse plus (mangues, oranges, pommes de terre…)… J’ai commandé des machines de conditionnement et d’emballages en Chine, ces machines seront là d’ici le mois de mai. Dans les deux ans à venir notre objectif c’est de sortir 1 million de femmes de la pauvreté et de la misère. Cela est possible… Nous les hommes nous sommes ancrés dans notre ambition personnelle qui fait que nous manipulons les gens. Alors que les femmes et les jeunes ce qui les intéresse c’est comment agir pour faire avancer le pays. Je suis certain avec l’engagement des femmes et des jeunes Guinéens la Guinée finira par ne plus savoir qui est peuhl, qui est malinké, soussous. Ils seront Guinéens et c’est ce qui assure l’avenir de la Guinée. Notre génération est maintenant dépassée, nous sommes ancrés dans l’histoire d’ethnocentrisme… Je demande aux femmes de ne plus accepter que les hommes disent que toutes les terres leur appartiennent. Dès que vous retournez dites-leur que vous voulez cultiver. Ne laissez plus les hommes vous dire que vous n’avez pas la force requise pour faire ce type d’activités. Comment peut-on le dire en pular ?… Si on veut s’en sortir il faut qu’on travaille, pas en allant de bureau en bureau pour quémander. Les Guinéens ont été habitués à mendier. Les ministres volent et donnent l’argent. Les directeurs généraux volent, ils donnent. Vous êtes habitués à cela, ça  ne peut pas faire avancer un pays. Pour que le pays avance il faut que chacun accepte de travailler. Les jeunes de Boulbinet, Dixinn, Matam doivent accepter qu’on leur donne des pirogues pour qu’ils aillent pêcher et vivre d’eux-mêmes au lieu de quémander… Quand on est en train d’accompagner les cordonniers de Dalaba qui fabriquent de meilleures paires de chaussures il ne faut pas que les ministres disent qu’il leur faut des chaussures italiennes. Il faut que le gouvernement à commencer par le président, tout le monde porte des chaussures fabriquées à Dalaba. Les gens aiment imiter le président. Depuis que je fais des cols de chemise comme ça tout le monde m’imite (rire ridicule). Donc quand je vais commencer à porter des chaussures fabriquées par les cordonniers de Dalaba la semaine d’après tout le monde va m’imiter. Il faut qu’on accepte d’accompagner nos artisans… Je vous annonce la construction d’une usine de sucre, Eximbank est prête à financer donc on n’importera plus de sucre. Maintenant nous ne voulons plus importer du sucre et de l’huile. D’ici 2019 nous allons tout produire et consommer sur place. Nous n’allons plus gaspiller nos devises pour acheter à l’étranger » (le 10, lors d’une grande mamaya messianique dans un palace de Conakry).
  • « D’abord j’ai constaté qu’il y a des travailleurs qui travaillent sans gants, là le sous-traitant n’est pas sérieux. Certains ont des gants et d’autres n’en ont pas. Or ils travaillent sur des pointes. Donc nous allons voir tout ça parce qu’avec l’Inspection du travail nous allons voir la situation de tous les travailleurs. D’abord qu’ils soient bien protégés. Vous ne pouvez pas travailler sur des pointes sans avoir des gants parce que ça peut vous piquer (le 17, lors de la visite d’une petite unité de fabrication de clous et pointes en périphérie de Conakry).
  • « J’ai lu dans le livre du président Xi Jinping qu’il faut aider l’oisillon le plus faible à être le premier à prendre son envol. La Guinée à cause de son retard est le pays le plus faible de l’Afrique de l’Ouest. Nous espérons qu’en nous inspirant du président Xi Jinping dans son livre ‘Vaincre la pauvreté’ la Chine fera en sorte que la Guinée qui est l’oisillon le plus faible va prendre son envol. Il a dit qu’on doit aller vite et ne pas marcher comme des femmes qui ont les pieds attachés. Donc si nous voulons aller vite il faut que nous prenions exemple sur ce qu’il a dit… Il est temps que le peuple de Guinée connaisse la réalité sur son enseignement. Quand je dis l’enseignement guinéen est malade cela est une réalité. Alors le peuple de Guinée va connaître qui est qui. Les gens qui nous fatiguent et crient qui ne sont même pas capables de parler le français eux-mêmes. Comment voulez-vous qu’ils enseignent nos enfants quand ils ne sont capables de faire une dictée de CE2… C’est pourquoi nous allons faire les états généraux de l’enseignement. Et tous ceux qui ont l’accès à l’enseignement par méthode frauduleuse, copinage et qui n’ont pas de niveau nous allons faire des tests pour qu’enfin nos enfants aient des enseignants capables de leur permettre d’avoir accès à la connaissance. Il y a beaucoup de gens qui se disent enseignants et qui sont assis et touchent des soldes d’enseignants. Il faut que le peuple de Guinée sache que son éducation est malade. Monsieur le premier ministre Souaré, vous qui faites la promotion des enseignements ayez le courage de dire au peuple de Guinée que son école est malade… Heureusement les nouvelles technologies de l’information avec e-écoles vont nous permettre de passer cette étape momentanément car avec la nouvelle technologie et l’e-école nos jeunes pourront suivre des cours qui sont donnés à Paris, à Ankara, à Pékin, à Washington etc.… Donc cela leur permettra de dépasser momentanément les carences des enseignants incapables, qui n’ont pas le niveau, qui ne font que la pagaille… Vive l’e-école, vive l’e-école qui va permettre à la jeunesse guinéenne d’avoir accès à la connaissance. La première fois que j’ai dit à Nzérékoré qu’un enfant peut suivre les cours en même temps qu’un enfant à Paris on m’a dit « Ah président c’est faux ! ».  Je dis bon quand le Barcelone joue contre le Réal de Madrid à Barcelone est-ce que vous suivez le match en même temps que les gens qui sont à Barcelone ?  Donc vous voyez le peuple peut comprendre rapidement à condition qu’on lui parle le langage du peuple. Intellectuels Guinéens faites votre mea-culpa, soyez moins prétentieux, moins sûrs de vous, moins méprisants. Vous sortez de ce peuple, sans ce peuple vous n’auriez pas eu ces diplômes. Alors retournez en vous mettant à leurs écoles, en leur permettant de maîtriser le savoir particulièrement dans la langue nationale » (le 22, lors de la clôture de l’année « Conakry capitale mondiale du livre »).
  • « La première des choses c’est la rénovation des anciens bâtiments. Vous avez vu l’ancien bâtiment, il était très vieux. Il y avait des rats, des souris, etc. On a pu rénover cet ancien bâtiment mais le plus important c’est qu’il fallait mettre les câbles, les installations pour pouvoir mettre VSAT dans ce bâtiment. VSAT veut dire que les malades peuvent suivre la télévision nationale et même internationale. Ensuite, surtout désormais les étudiants n’ont plus besoin de venir à l’hôpital à côté du chirurgien. Ils peuvent être en classe et suivre comment le médecin opère. Ensuite si le chirurgien est bloqué par exemple il ne sait pas comment faire alors il peut appeler un collègue qui se trouve à Paris ou ailleurs qui va lui dire comment faire. Donc celui-là va le guider. Donc c’est pourquoi on a installé le VSAT » (le 25, lors de la visite du chantier de rénovation du CHU Donka).
  •  Pour : merci papy-promesses – grâce à vous on dort plein de rêves de bonheur avant la fin de l’année tous les soirs après le JT-PPAC. Ensuite au réveil on se faufile de bonne heure hors de la maison pour ne pas avoir à laisser le prix de la popote journalière à madame et on va s’assoir au bureau pour vous insulter avec nos collègues jusqu’au départ pour la maison vers 15h00 en espérant que la maman a pu se débrouiller pour mettre un bol de riz de coté pour nous.
  • Contre : franchement il s’est vraiment payé la tête des enseignants du pays sans même avoir la décence de donner les causes profondes de cette situation, cette mafia au pouvoir depuis 60 ans qui a littéralement massacré chez nous l’éducation en général et le français en particulier. Un vrai chef, après un tel constat analyse immédiatement toutes les causes du mal et annonce des mesures radicales qui seront prises pour y remédier avec un deadline certes « politique » mais réaliste pour encourager, pas se moquer et décourager nos enseignants qui ne sont pas des « nuls » parce qu’ils l’ont désiré mais par la faute du pouvoir guinéen, lui y compris. Il est président de la république depuis décembre 2010 mais c’est en avril 2018 qu’il fait cette remarque – en fait toute cette haine c’est pour se venger publiquement de l’affront que leur syndicat lui avait fait subir le mois précédent – quelle petite personne mesquine, vraiment ! Entre Trump et notre PPAC je me demande souvent qui les historiens retiendront après nous comme le président le plus nul du XXIe siècle Le plus grave est que le prototype de ces enseignants-cancres et malhonnêtes qu’il décrit si bien est notre ministre-militant zélé de l’éducation nationale « K divisé par 2 » choisi par le PPAC lui-même, celui qui a expliqué sans honte à l’Assemblée nationale son incapacité à lire correctement les chiffres de son budget annuel par un retentissant « il faut excuser, je suis pas trop frotté aux montants ». Finalement celui dont le boss s’est le plus foutu de la gueule ce jour-là par ses propos maladroits c’est lui-même et ses gouvernements depuis 2011, Walahi…
  1. Les décisions et actions « positives » du mois :
  • Le 02, le PPAC invite le chef de file de son opposition à venir bavarder de tout et de rien dans son palais. Leur dernier tête-à-tête remonte à septembre 2016 et avait abouti à une photo officielle pour le JT de la TV-PPAC. Les conclusions de la rencontre, notamment la relance d’un comité de suivi de leur accord politique d’octobre 2016 qui a été incapable depuis de faire un seul pas en avant est franchement une insulte à l’intelligence de tous les Guinéens et en particulier aux familles de tous ceux qui sont morts finalement pour rien.
  • Le 13, nous apprenons par un communiqué de la FIDH que le ministre de la justice leur a annoncé la création du comité de pilotage pour l’organisation du procès du massacre du 28 septembre 2009. Ce ministre n’a même pas eu la délicatesse et le bon sens de nous en réserver la primeur ce qui indique bien qu’il leur a fait cette promesse malgré lui, probablement sur imposition discrète de la CPI et des Big Brothers. Cette structure était attendue par toutes les parties prenantes en particulier les survivants, les familles des décédés et les ONG de défense des DDH depuis la clôture de l’instruction judiciaire en novembre 2017. Enfin un nouveau signe annonciateur de l’ouverture probable du procès en 2018 comme ce ministre et ses prédécesseurs s’y sont engagés depuis 2010.
  • Pour: le Comité de pilotage du futur procès est composé de 13 membres dont des représentants d’institutions nationales et internationales, notamment le Haut Commissariat des Nations-unies aux droits de l’Homme.  En revanche on n’y compte qu’un seul représentant de la société civile et la FIDH demande au ministère de la justice de veiller à ce qu’il soit issu d’une association de victimes afin de garantir la prise en compte de leurs préoccupations. Ce comité est chargé de l’organisation, de la sécurisation et du financement (il est spécifiquement souligné les perdiems !) du procès et l’arrêté prévoit qu’il se réunira une fois par semaine dès son installation. Maintenant c’est du wait and see sans trop d’illusions sur la date de démarrage effectif, juste pour ne pas réveiller nos ulcères chroniques de stress et de misère morale.
  • Contre : pour la retrouvaille des bosses du 02 les sentiments sont presque unanimes après cette nouvelle rencontre : tous les Guinéens savent que l’opposant s’est encore fait rouler dans la farine et que le boss ne respectera rien comme d’hab. Il aura juste obtenu un petit répit des manifestations dans Conakry pour offrir un petit repos réparateur à ses miliciens épuisés par les bastonnades journalières des enfants de l’Axe.
  1. Les décisions et actions « négatives » du mois :
  • Le 05, démarrent les travaux de la session des lois, normalement la dernière de la troisième législature depuis l’arrivée au pourvoir du PPAC. Dans son discours d’ouverture le président de l’Assemblée nationale lance une bombe « A ce jour nous avons reçu 30 textes dont 6 seulement remplissent toutes les conditions de recevabilité ». Et pourtant le gouvernement a eu 12 mois pour préparer ces documents depuis la session précédente. Par ailleurs depuis le dernier conseil des ministres nous apprenons que le boss a ordonné en off que tous les ministres soient sevrés de dépenses sur leurs budget de fonctionnement et qu’ils cessent de prendre tout nouvel arrêté ministériel. Certains accusent les 40% supplémentaires de hausse de salaire des enseignants et la dernière fessée du FMI en raison des dépenses grotesques et injustifiées dans tous les secteurs de notre administration.
  • Le 06, la justice guinéenne nous donne un nouvel aperçu de son fonctionnement journalier : Mr Mohamed Bangoura est condamné à trois mois d’emprisonnement pour vol en flagrant délit. Le problème est que ce jeune homme désœuvré venait de passer plus de trois ans à la prison civile de Conakry. Et pourtant le ministre de l justice nous chante à chaque interview que notre pays est tout à fait capable de juger les coupables d’un massacre de la taille de celui du 28 septembre. Et son auditoire de moutons amnésiques applaudit à chaque fois après ses promesses.
  • Le 09, la justice guinéenne a condamné un militant du principal parti d’opposition (Ibrahima Sory Camara) à 18 mois, de prison ferme et à deux millions de francs guinéens d’amende. Ce militant a été reconnu « coupable d’injure, d’outrage et de diffamation à l’endroit du chef de l’État ». Ce personnage haut en couleur est certes violent dans ses prises de positions sur les medias publiques Il était accusé (à juste titre) d’avoir posté une vidéo sur Facebook où il dénonçait une réunion secrète qui aurait été tenue au palais présidentiel présidée par le boss lui-même pour incendier les principaux marchés de la capitale dont le plus grand, celui de Madina. Or le lendemain un incendie s’est propagé dans ce même marché. Il s’en sort quand même bien par rapport au sort que lui aurait réservé par la révolution de Satan Touré dans les années 60-70. Ce qui est vraiment choquant dans cette histoire c’est qu’il y a des mecs autant sinon pires, les « communicants » extrémistes du RPCé qui s’adonnent tous les jours aux mêmes pratiques sur le net. Au moins ce procès a beaucoup baissé la propagande extrémiste dangereuse socialement dans les 2 camps mais si la même chose n’est pas faite pour l’autre camp ce sera ni plus ni moins un nouveau procès politique contre le principal parti d’opposition pour espérer intimider et fermer la bouche à ses militants enragés à juste titre par l’anti-gouvernance actuelle.
  • Le 10, soit 5 jours après son ouverture officielle, la séance plénière de l’Assemblée nationale prévue à 10 heures a été suspendue par son président pour manque de quorum requis pour tenir la réunion conformément à son règlement intérieur. Sur les 113 inscrits seuls 40 ont répondu présents. Il y avait donc 61 absents et 12 excusés. Mais ne vous inquiétez pas pour nos chers Honorés tous « en missions à l’étranger » pour dépenser nos sous, Mais de soucis pour eux, leurs jetons de présence et salaires étaient gardés bien au chaud en attendant leur retour. Pauvre pays qui espère sortir de sa poisse avec une telle institution chargée de voter ses lois.
  • Le 14, nous apprenons qu’une mission dite de pré-évaluation du FMI à Conakry a attribué la note D (c’est à dire complètement à défaut) à la Guinée au titre de sa note souveraine. Cette note est attribuée sur la base des réponses qui ont été données à un questionnaire du FMI. La mission reprocherait au gouvernement le non respect des procédures de paiement des fournisseurs de service et la non conformité aux critères établis avec le FMI ce qui pourrait avoir des conséquences graves sur l’avenir des financements extérieurs du pays. Il faut préciser que  plus la note de l’émetteur est faible plus ses conditions d’accès aux marchés sont difficiles car les taux d’intérêt qu’il doit accepter pour se financer sont importants, les investisseurs exigeant une prime de risque plus élevée. On peut dire bye-bye aux 20 milliards USD obtenus à Paris en fin d’année dernière car ce rapport doit déjà être sur la table de tous les investisseurs qui espéraient avec beaucoup d’hésitations tenter leur chance chez nous. Bref, le PPAC vient de prendre une nouvelle fois une bonne baffe et les résultats promis d’ici 2020 viennent de s’éloigner beaucoup plus encore.
  • Le 24, ça recommence à puer grave pour la crédibilité du boss, le « grand pourfendeur des magouilles et précurseur de la lutte mondiale contre la corruption dans le secteur minier » selon ses multiples discours locaux et à l’étranger sur le sujet. Après avoir pris pour exemple principal de sa croisade le milliardaire israélien Beny Steinmetz nous découvrons à la Une de la presse française le Bollorégate, un remake exact du dossier BSGR, version PPAC. Selon les informations du site journal français « lemonde.fr » de la veille: « le milliardaire français Vincent Bolloré a été placé en garde à vue dans le cadre d’une information judiciaire ouverte notamment pour « corruption d’agents publics étrangers » et portant sur les conditions d’obtention en 2010 de deux des seize terminaux à conteneurs opérés par le groupe Bolloré sur le continent africain, l’un à Lomé au Togo, l’autre à Conakry en Guinée. Les magistrats soupçonnent les dirigeants du groupe d’avoir utilisé leur filiale de communication Havas pour faciliter l’arrivée au pouvoir de dirigeants africains en assurant des missions de conseil et de communication sous-facturées. Et ce dans un seul objectif : obtenir les concessions portuaires des lucratifs terminaux à conteneurs. Plusieurs autres cadres du groupe étaient eux aussi en garde à vue ce mardi : le directeur général du groupe Bolloré, Gilles Alix et Jean-Philippe Dorent, responsable du pôle international de l’agence de communication Havas. M. Dorent s’est ainsi occupé d’une partie de la campagne présidentielle guinéenne en 2010 pour le compte du candidat Alpha Condé rentré de son long exil parisien au cours duquel il s’était lié d’amitié avec Vincent Bolloré. Selon nos informations la police a saisi de nombreux documents à l’occasion de perquisitions réalisées en avril 2016 au siège du groupe Bolloré à Puteaux (Hauts-de-Seine). Ceux-ci laissent apparaître les pratiques du groupe Bolloré au Togo et en Guinée et corroborent l’hypothèse d’une sous-facturation des prestations d’Havas au bénéfice des dirigeants de ces deux pays ». Cette garde la vue a ensuite été prolongée le lendemain et il est finalement mis en examen sans contrôle judiciaire pour « corruption d’agent étranger, complicité d’abus de confiance et  faux et usage de faux dans l’obtention de concessions portuaires en Guinée et au Togo ». Dans un premier temps cela ne changera rien pour le PPAC lui-même car il dispose d’une immunité présidentielle jusqu’en fin 2020 mais après il redevient simple citoyen Français – comme Sarkozy. Et oui, finis les plans de retraite de rêve chez lui à Paris avec ses soirées de bistrots en bande à la Place d’Italie et peut-être même de moins en moins de missions mensuelles à Paris sans garantie de protection signé de Macron – on n’est jamais trop prudent avec ces juges européens impolis qui pourraient lui faire une « Pinochet ». Quant à Bolloré il s’en fout en fait beaucoup car à près de 70 piges un procès éventuel prendra au minimum 08-10 ans avant un verdict final et il sera très difficile de prouver la corruption juridiquement sans preuves écrites – alors d’ici là. Celui qui doit bien rigoler et boire du champagne aujourd’hui c’est bien Beny Steinmetz. Il est facile de crier partout que les précédents businessmen en Guinée étaient tous des corrupteurs-voleurs (ce qui n’est pas totalement faux) mais ensuite il faut avoir l’intelligence de ne pas faire exactement la même chose. Les Rio Tinto, BSGR, SMD, Russal, GAC et tous les nouveaux juniors miniers depuis 7 ans sont tous pareils, ils sont installés et protégés grâce à des corrupteurs professionnels qui passent par l’arrosage des babines de groupes organisés de corrompus au sein du pouvoir pour se faire des milliards – pas un qui soit meilleur que l’autre, de Satan Touré au PPAC en passant par ces militaires ignares et corrompus qui ont dirigé la Guinée de 2008 à 2010. Le PPAC aurait donc mieux fait de la fermer en 2011 car aujourd’hui le plus ridicule c’est bien lui, le justicier arroseur-arrosé.
  • Le 25, nous apprenons par le site Africaguinee.com que l’état guinéen vient d’être condamné par la Cour de justice de la CEDEAO. Il est reconnu coupable dans une affaire concernant la torture et la mort en 2011 d’un réfugié libérien (Jallah Morris) alors qu’il était sous la garde de la police guinéenne. Les plaignants reprochent aussi à l’état de n’avoir pas enquêté, poursuivi et puni les auteurs desdites violations.  Elle a condamné l’état à payer à la famille de la victime une indemnité de 45.000.000 FCFA (quarante-cinq millions de francs CFA, soit environ 84.000 USD) et à poursuivre en justice les responsables de son décès. L’affaire a été déposée devant la Cour de la CEDEAO en septembre 2016 par l’Institut des Droits de l’Homme et du Développement en Afrique (IHRDA) et son partenaire guinéen, l’ONG Mêmes Droits pour Tous (MDT) pour le compte de Bintou Cissé, représentant la famille de la victime. Les autorités guinéennes ont aussi admis la possibilité d’homicide mais n’ont pas ordonné une autopsie sur la dépouille de la victime. Elles n’ont pas pris de mesures adéquates pour enquêter sur l’incident et poursuivre les agents impliqués. C’est dommage et pitoyable que tous les avocats des victimes civiles de l’état, qu’elles soient de l’opposition ou de simples « petit Mamadou », ne trouvent pas également le courage de porter plainte en dehors du système judiciaire local pourri alors que des options sous-régionales compétentes existent et obtiennent de plus en plus souvent des résultats concrets C’est tout simplement une énigme que je n’arrive toujours pas à élucider.
  • Le 25, l’ONG internationale Reporteurs Sans Frontières (RSF) présente l’édition 2018 du classement mondial sur la liberté de la presse dans le monde. L’ONG relève que « de plus en plus de chefs d’état démocratiquement élus voient la presse non plus comme un fondement de la démocratie mais comme un adversaire». Une légère progression dans le classement est observée par rapport à 2017 principalement en Afrique sub-saharienne (le Ghana, la Namibie, l’Afrique du Sud et le Cap-Vert devancent dans le classement l’Espagne, la France et le Royaume Uni)  mais  la Guinée recule de 3 places, passant du 101ème au 104e rang sur un total de 180 pays. Cette chute se justifie par les menaces sur la presse par les autorités guinéennes avec des journalistes de la presse privée qui ont été inquiétés et l’un d’entre eux est même poursuivi en justice pour diffusion de « secrets de défense nationale » comiques au cours de son émission journalière « les Grandes Gueules ».
  • Le 26, la police et la justice américaine mettent à nu les bassesses d’un des derniers dinosaures du PDG-ST. CNN annonce avec fracas dans ses émissions en prime time et sur son site que Mohamed Touré, le fils du président Sékou Touré et son épouse ont été inculpés de travaux forcés après qu’une jeune femme qu’ils avaient asservie depuis plus de 16 ans ait réussi à échapper de leur domicile à Southlake au Texas grâce à l’aide de leurs voisins. La mug-shot de détention au commissariat de police de ce révisionniste insolent et inconscient inonde la presse à mon plus grand plaisir. Dommage qu’elle ne soit pas en noir et blanc et qu’il ne tienne pas une ardoise avec son nom écrit maladroitement à la craie. Selon le communiqué du ministère américain de la justice « Ils auraient amené la victime de la Guinée au Texas en 2000 alors qu’elle n’avait que 5 an. Ils auraient alors forcé la jeune fille à faire le ménage et à prendre soin de leurs enfants, la soumettant à des abus physiques et émotionnels. Bien que la victime ait été proche de l’âge des enfants les accusés lui ont refusé l’accès à l’école et les autres opportunités offertes à leurs enfants. Dans le cadre de leur plan coercitif visant à contraindre le travail de la victime les accusés ont pris ses documents et l’ont fait rester illégalement aux USA après l’expiration de son visa. Ils l’ont davantage isolée de sa famille et des autres et l’ont abusée physiquement et émotionnellement. Elle a été forcée de dormir par terre pendant des années et n’a été emmenée chez un professionnel de la santé qu’une fois. La plainte allègue également des incidents troublants d’abus physique commis par Cros-Touré qui aurait battu la victime parfois avec une ceinture ou un cordon électrique. Dans un incident la victime a allégué qu’une boucle d’oreille avait été arrachée de son oreille par Cros-Touré avec une telle force qu’elle lui a déchirée le lobe de l’oreille, laissant une cicatrice visible. La victime aurait également fréquemment été cinglée ou expulsée de la maison sans argent, sans papiers ni possibilité de communiquer en anglais. Une fois la victime a été découverte dans un parc par un policier et est retournée dans la famille Touré en fuite. Finalement en août 2016 la victime a échappé aux accusés avec l’aide de plusieurs anciens voisins. L’affaire a fait l’objet d’une enquête par le service de sécurité diplomatique du Département d’état (américain) qui est souvent impliqué dans des affaires pénales ayant une dimension internationale ». Vraiment les temps sont de plus en plus durs pour les « Haut d’en haut » qui pillent impunément dans notre pays (et dans les autres pays en faillite) pour aller planquer cela pour leurs vacances et pour leurs enfants en Occident. Il y a depuis quelques années un effort concerté et coordonné des services de lutte contre la corruption et le blanchiment d’argent dans l’UE et aux USA contre les hommes de pouvoir pourris des pays sous-développés. Une autre révélation dans la plainte est que Satan Jr. qui n’a aucune activité professionnelle connue aurait un revenu annuel de 200.000 dollars venant de « l’étranger» d’où de probables poursuites du fisc américain en vue. Il pensait que l’impunité honteuse mise en place par son paternel lui serait accordée partout dans le monde. Imaginez une succursale du camp Boiro dans une communauté friquée du Texas ! Vous penserez peut-être en quoi cela concerne la gouvernance du PPAC ? Je vous dirais qu’il nous avait promis en décembre 2010 qu’il reprendrait la Guinée là où Satan Touré l’avait laissée en 1984. Et bien en voila un bon exemple de ce que cela voulait dire et il serait judicieux que la police de son véritable pays la France vienne vérifier si cet esclavage de mineurs ne se pratique pas également dans les caves de son nouvel appartement de luxe à Paris.
  • Le 28, notre faucon a enfin redécollé – on va pouvoir souffler un peu pendant ses nouvelles absences du pays. Le PPAC se rend à Brazzaville pour deviner quoi ? Le premier sommet des chefs d’état de la commission climat du Bassin du Congo et du Fonds bleu !! Selon le comité d’organisation « le Fonds bleu pour le Bassin du Congo est un fonds international de développement visant à permettre aux États riverains du fleuve Congo de passer d’une économie liée à l’exploitation des forêts à une économie s’appuyant davantage sur les ressources issues de la gestion des eaux du fleuve ». Mais bon Dieu on a quoi à voir dans cette affaire-là ? A moins qu’en marge de cette rencontre se tienne en réalité l’assemblée annuelle de la grande loge internationale des maçons-dictateurs du continent dont son pote Sassou est effectivement l’un des grands bosses actuels du continent
  • Pour : comme chaque mois, R.A.S…
  • Contre : concernant la dernière revue du FMI la notation de la dette souveraine renvoie dans les faits à la totalité de l’endettement d’un état. Elle englobe l’ensemble des déficits cumulés de l’Etat auquel on ajoute l’ensemble des dettes contractées par les institutions qui en dépendent (les collectivités locales, les établissements publics,…). Un haut fonctionnaire, sous le couvert de l’anonymat bien sûr, a donné quelques explications sur les dérapages abyssaux : « Il y a eu trop d’autorisation de paiement (AP) en 2017. En réalité quelques jours après sa nomination la ministre de l’économie et des finances avait sorti une note circulaire interdisant les AP. Mais cette note circulaire n’a servi à rien, au contraire au lieu qu’elles ne diminuent elles ont augmenté de façon vertigineuse. Ce qui a abouti à l’endettement du trésor public vis-à-vis de la banque centrale (BCRG).  Au 31 janvier 2018, date de clôture de la première revue de l’année, le trésor public ne devrait pas dépasser 600 milliards de GNF de paiement dans le cadre des dépenses extrabudgétaires (AP). Mais hélas ce niveau a été largement dépassé de sorte que l’Etat était obligé de puiser dans les recettes d’une agence de régie avant l’arrivée de la mission du FMI pour dit-on boucher les trous. Un autre point d’achoppement qui a été débattu selon nos sources est l’endettement du trésor public vis-à-vis de la BCRG. Le FMI a suggéré une gestion saine et efficace de la trésorerie mais surtout recommandé d’éviter l’accumulation du stock de la dette intérieure qui est estimée à plus de 14 mille milliards de nos francs, environ ». Pour le Bollorégate on comprend mieux maintenant que le bon ami de 30 ans ait créé la surprise la semaine dernière en cédant la présidence du conseil de surveillance de Vivendi à son fils Yannick, patron du groupe de publicité, un bon repli stratégique pour attendre les coups de la justice en limitant au maximum les dégâts pour son empire financier. Mais on sait comment cela finit toujours : il plongera surement et il entrainera dans la déchéance son image pour l’histoire et son vieux copain PPAC. Concernant l’affaire du Satan Jr. au Texas hélas cette pratique est encore fréquente chez plusieurs compatriotes à l’étranger moins heureusement ne se voit presque plus avec ceux de moins 40 ans. Qu’ils sachent tous qu’en Occident ils ne seront plus jamais à l’abri de l’humiliation publique, la taule et ensuite le rejet et l’obligation de déménager en pleine nuit de leurs belles villas très souvent mal acquises. Mais en attendant, pour celui qui s’est pincer cette fois-ci malgré pourtant une alerte précédente de la police locale on ne peut que constater que voilà comment se comporte le fils spirituel de Satan Touré dès qu’il sort se planquer au USA. Comme dit par un des voisins « Je ne pouvais pas imaginer que cela existait encore, encore plus chez mon voisin ». Il faut vraiment se foutre des Guinéens pour insulter tous les jours en Guinée l’impérialisme et le néo-colonisation et promettre comme papa suprême « la liberté dans la pauvreté pour tout le peuple »  alors qu’on monte discrètement et régulièrement dans un jet pour aller rejoindre sa famille planquée depuis plus de 30 ans dans une villa cossue des quartiers chics des USA avec des centaines de milliers de dollars offerts justement par des truands impérialistes partenaires de son paternel. Mais surtout en faisant vivre « l’esclavage dans l’opulence » à une autre compatriote mineure et sans défense. Seule une véritable ordure est capable de faire ça sans raser ensuite les murs pour le reste de sa vie !

Tic-tac, Tic-tac, la montre tourne ; aujourd’hui est le 2686e jour de l’ancien « Guinea is back » et du nouveau « changement radical » – déjà 07 ans 04 mois et 10 jours ! Aladji-Professeur-Président voici ma suggestion SMART (Spécifique, Mesurable, Atteignable, Réalisable et Temporellement définie) du mois pour améliorer un peu votre Sanseman : boss il faut vous bouger un peu, à force d’entendre tous les jours le mot « mort » comme dans ville morte, morts de femmes et d’enfants dans les rues, gouvernement mort, administration morte, secteur privé agonisant, secteur économique en deuil…etc. maintenant c’est carrément pays-mort ! Pardon voyagez un peu Yandi, juste pour nous rassurer que vous n’êtes pas devenu totalement gâteux. Finalement on s’ennuie de plus en plus de votre surplace depuis janvier 2018 et on s’’inquiète pour vos nouvelles activités locales depuis que vous n’avez plus d’invitations à l’étranger ou de jets privés gratuits pour y aller. C’est quoi encore cette lubie journalière d’inspecteur du travail dans toutes les PME, PMI et chantiers immobiliers pharaoniques (par exemple 20.000 logements sociaux d’un seul coup en 3 ans), de curage des caniveaux et de reconstruction des rues et autres voiries de Conakry ? Vous nous aviez habitués aux 1e pierres et coupures de rubans y compris pour des nouveaux bus mais là c’est trop ! Maintenant tous les commerçants ont peur de vous voir débarquer un matin pour inspecter leurs boutiques des marchés Madina, Niger et Matoto. En plus toute personne qui débarque maintenant à Gbessia et qui porte un costume sombre avec cravate est directement mis dans une 4×4 pour vous rencontrer au palais Satanya, même des croquemorts asiatiques – c’est rien que de la mamaya démagogique ça, ce n’est pas pour ça que vous avez été mal élu dèèh ! Vous savez si ça continue vous allez encore innover dans ce domaine : ailleurs dans les autres pays du tiers-monde les peuples excédés et déchainés chassent de plus en plus souvent leurs dictateurs pour leurs crimes de sang et économiques, corruption et népotisme. Pour vous ce sera surtout pour ennui national avec ensuite tous ces autres motifs pertinents.

Quant à votre « tête à tête » du 02 avril avec votre chef de file de l’opposition vous devriez éviter de continuer ce genre de cinéma car vous ne trompez plus personne, tant en Guinée qu’à l’extérieur du pays. Un journaliste en langue nationale bien futé de la radio locale Espace Fouta (Alpha Ousmane Bah) a bien résumé cette rencontre le lendemain pour nous : « Le vieux trompeur sait que le trompé est bien conscient qu’il est un trompeur. Le constamment-roulé dans la farine de son côté sait pertinemment que celui avec lequel il traite est un trompeur et que c’est lui qui est à tromper. 2013, 2015, 2016, 17 et 18, personne ne dira qu’il ne sait pas : ils tapent et dansent au tamtam un mois durant, ils font des aller et retours, des victimes pour obtenir une rencontre de 30 minutes sans importance qui n’apporte rien. Cette fois-ci encore koto Cellou et Karamoko Alpha de Siguiri se sont retrouvés dans le but de ne pas faire ce que tout le monde sait qu’ils ne feront pas : une résolution responsable, trouver la solution qui n’est pas dans leurs intérêts à eux-mêmes. Le grand problème chez Alpha et Cellou est que chacun d’eux a des partisans qui soutiennent que leurs leaders ne se trompent pas, qu’il ne font rien d’anormal et qu’ils ont toujours raison. Tous sont devenus aveugles. Mais dans la réalité tout est cinéma avec ces deux.  Ils recommencent tout à zéro parce que la solution envisagée précédemment n’en était aucune. La maison qu’ils construisent depuis toujours n’avance point. Après chaque longue séance de travail ils se quittent au niveau du soubassement sans aucune solidité. Quand ils se retrouvent une prochaine fois le soubassement est déjà emporté par des eaux de ruissellement. Ils doivent donc recommencer au point zéro comme la précédente fois. Comme toujours cette fois-ci encore ils n’ont fait que repousser les problèmes dans le temps. Les mois prochains aussi on se croisera dans la rue, des pneus seront brûlés, des personnes seront arrêtées, des cailloux jetés et des cadavres ramassés. Tout cela parce que personne ne sait pourquoi ils ont peur du chemin de la loi. Ils la contournent pour s’entendre et partager entre eux, chacun sa part. Dès que ça crie sachez qu’une des parties s’est vue prendre sa petite part conclue entre eux. Dans ce cas le lésé dans ses revendications montera au créneau pour dire que son but est pour que le pays marche, c’est l’intérêt national alors qu’en réalité chacun des deux ne pensent qu’à sa part personnelle et tous deux prenant les autres pour des moutons ». Arrêtez ces tragi-comédies cycliques sans jamais d’avancée – on en a marre et on est fatigué de vous tous, nos politiciens-menteurs nationaux.

Publié dans 2018 | Laisser un commentaire