Une Nouvelle Voie (Décembre 2017) : bégaiement et ridicule graves à l’Assemblée Nationale

Bienvenue à mon bilan du 24e mois de la Condécratie version 2.0. Je continue mon exploration mensuelle des méandres des décisions importantes pour la Nation prises par nos nouveaux chefs en proposant des pistes de réflexions et d’actions qui pourraient être envisagées pour que le « vrai changement » soit effectif.

  1. Echantillon de paroles et pensées présidentielles du mois:
  • «  (répondant à une question sur son plan de lutte contre le chômage des jeunes) Je vous pose une question : le chômage, c’est seulement en Guinée ? Comment voulez-vous qu’au bout de 5 à 6 ans on transforme complètement la situation, c’est-à-dire mettre fin au chômage ? Vous voulez qu’en 5 ans que je fasse en sorte que tous les Guinéens aient un salaire ? Tous les efforts que nous faisons ne bénéficient pas à tous les guinéens de la même manière. Nous sommes obligés de privilégier les populations les plus vulnérables, mais je ne suis pas un magicien » (le 011, lors d’une interview avec une journaliste d’Africa24).
  • « (parlant aux cordons ombilicaux coupés) C’est bien qu’on fasse des promesses mais le temps est venu de passer des promesses aux réalisations concrètes. Nous avons adopté 19 projets en mars 2017 mais jusqu’à présent aucun projet n’a démarré… Le Président Macron m’a dit que c’est pour montrer qu’on passe à l’action. Nous espérons qu’on nous montrera pas seulement des déclarations, des financements… Notre ambition, c’est l’énergie, l’industrialisation, et que l’Afrique devienne l’usine du monde à la place de Chine. Notre ambition est que l’Afrique soit maitresse de son destin et que les problèmes africains soient résolus par les africains avec l’Union Européenne, les Nations-Unies. Nous ne voulons pas faire de l’Afrique un continent fermé mais lorsqu’il y a des problèmes en Europe ce n’est pas les USA qui viennent les résoudre. Pourquoi alors lorsqu’il y a des problèmes en Afrique on doit venir nous donner des leçons ? Nous ne voulons plus de leçons, nous voulons d’une coopération d’égal à égal en respectant notre souveraineté » (le 11, à Paris lors d’un sommet mondial sur le climat).
  • « Nous (chefs d’Etats du l’UA) ne devons plus être un syndicat des chefs d’Etat couvrant les uns les autres. Si nous utilisons nos maigres ressources au profit des couches les plus vulnérables il y aura moins d’immigration. Si nous gérons au profit d’une minorité les jeunes vont immigrer. Nous sommes majeurs et responsables et nous n’avons pas peur de mettre la main sur nos tares » (le 11, à Paris lors d’une réunion à l’UNESCO sur les énergies renouvelables).
  • « Certains avaient mal interprétés mes propos, j’ai dit que j’ai pris la Guinée là où Sékou Touré l’a laissée. Ce que ça veut dire c’est dire le président Sékou Touré a amené l’indépendance politique à la Guinée, qu’on le veuille ou pas… Moi mon rôle c’est de donner l’indépendance économique. … Nous sommes en train de négocier pour doter l’armée guinéenne de chars et de blindés. Nous avons commandé beaucoup d’armes et de munitions de la Chine qui seront là avant la fin du mois. Ceci pour permettre à notre armée de s’entrainer correctement. Il ne faut pas seulement que ça soit les américains ou autres nations qui nous aident mais pour que nous-même nous puissions faire en sorte que nos armées sur l’ensemble du territoire puissent s’entrainer et être prêtes. Notre armée qui était une des meilleures en Afrique de l’Ouest doit retrouver cette place qu’elle occupait d’antan… Je veux dire à l’armée guinéenne, bien- sûr nous avons traversé des épreuves difficiles, bien-sûr que la situation des militaires n’est pas ce qu’il faut. Mais je dis toujours aux officiers généraux qu’ils doivent veiller aux conditions sociales des soldats. Si le gouvernement veille sur l’armée il est du rôle des officiers aussi de veiller sur les conditions sociales de l’armée » (le 17, lors d’une mamaya pour la pose de la 1e pierre de la rénovation de l’usine militaire).
  • « Si au niveau de l’Afrique, 54 Etats, nous arrivons à parler d’une seule voix aujourd’hui comment un petit pays de 12  millions d’habitants comme la Guinée,  les hommes d’affaires ne peuvent pas être dans une seule organisation  plutôt que d’êtres éparpillés entre de multiples organisations. Certes l’administration a des tares mais les hommes d’affaires en ont plus… Il y a beaucoup d’entreprises irrégulières dans la pêche, dans beaucoup de secteurs et qui sont une mauvaise image de la Guinée. On doit les fermer. Je l’ai dit aux hommes d’affaires, ce n’est pas la peine de m’appeler. Si les services contre la répression ferment des usines, et ils vont fermer beaucoup, ce n’est pas la peine de m’appeler. Toutes celles qui sont dans l’irrégularité on va les fermer. Et on va assainir la situation. Nous avons un casino qui est en train d’être géré par un bandit. Alors soyez moins complices s’il vous plaît de vos partenaires. Si nous voulons assainir on doit assainir totalement. Le gouvernement est décidé à assainir, décidé à lutter contre l’impunité et contre le grand banditisme. Nous n’aurons pas d’état d’âme. Il faut que cela soit clair. La Guinée mérite d’aller plus loin » ( le 20, lors du lancement des activités du Forum Guinée Business, plateforme regroupant les secteurs publique, privé et la société civile ».
  • « Quand je viens ici je vois beaucoup de choses qui me font honte. Mais les élections communales laissez ça au parti. La lutte que le RPG a faite je ne voudrais pas voir les jeunes sortir aujourd’hui pour casser. Arrêtez de vous battre parce que ce n’est pas ceux qui seront élus qui vont diriger le pays » (le 24, lors des obsèques d’un de ses anciens camarades de lutte politique dans la préfecture de Kérouané).
  • « En 2018, après mon mandat à la tête de l’Union Africaine, je voyagerais moins. Je vais m’occuper de la politique intérieure et suivre l’ensemble des projets et accords signés avec les partenaires…» (promesse semi-confidentielle faite à un de ses amis au cours du mois).
  • « Vous avez évoqué l’indépendance de la justice vis-à-vis du pouvoir politique mais vous avez oublié un point important qui est celui de l’indépendance de la justice vis-à-vis du pouvoir d’argent. Beaucoup de vos  magistrats rendent des jugements scandaleux. Certains jugements sont rendus parce que des gens ont payé de l’argent. Monsieur le ministre vous êtes avocat c’est pourquoi vous avez peut-être voulu protéger vos amis en oubliant qu’il y a la corruption… Actuellement Sima (le président de la Cour Suprême) qui est chargé de la discipline, soyez un plus sévère, soyez moins gentil. Vous êtes trop gentil. Là où vous êtes vous devez être intransigeant sinon les investisseurs qui viennent seront découragés… (s’adressant à l’un des plus grands voleurs du pays) Avant d’être président de la Cour des Comptes vous avez été directeur du budget, puis ministre des finances, vous savez dans quelle situation nous avons trouvé ce pays (le 27, lors de l’inauguration du nouveau siège flambant neuf du ministère de la justice au centre-ville).
  • « Je suis fier de partager avec vous la célébration de cette période de notre histoire au moment où je m’apprête à transmettre le flambeau de la présidence en exercice de l’Union Africaine…. L’année 2017 s’achève avec un bilan économique prometteur pour notre pays. En plus des changements économiques un cadre attractif a été créé pour favoriser les investissements extérieurs… Notre programme national de développement économique et social s’exerce aujourd’hui dans un contexte politique serein. Cette gouvernance confirme notre ancrage dans la démocratie qui est la base de notre stabilité politique. A ce jour toutes les institutions prévues par la constitution, ont été mises en place » (le 31, extraits du discours de bilan et vœux surréels du PPAC à ses victimes résignées).
  • Pour : bravo pour les propos réalistes à l’UNESCO et pour les vœux pieux concernant ses potes de ce club trop bien connu par l’auditoire du jour. J’aimerais bien voir maintenant ce qu’ils lui répondront en coulisse lors de votre prochaine rencontre. Ils doivent d’ailleurs tous être pressés de le voir partir dans quelques jours du perchoir africain vu ses libertés régulières de parler en leurs noms sans aucune consultation préalable. Il reconnait aussi enfin qu’il avait fait une bourde inacceptable et incroyable en fin 2010 en disant reprendre le pays là où Satan Touré l’avait laissé. Hélas sa nouvelle justification est aussi nulle que sa première affirmation – hopeless ! Bravo aussi pour la promesse de moins voyager en 2018. Pour rappel rien que ce mois-ci il a visité la Côte d’Ivoire, l’Egypte, la France, la Turquie et le Nigeria – qui dit mieux, Messieurs les derniers dictateurs du continent ?
  • Contre : notre coupeur de cordon ombilical semble oublier ses bravades chaque fois qu’il revoit des blancs friqués en Occident. Il fait exactement le contraire de ce que son homologue Ghanéen avait dit au même Macron à Accra en début de mois : cessons de mendier sans honte alors que nous-mêmes prouvons faire beaucoup de choses tous seuls chez nous. La complainte habituelle sur la malhonnêteté chronique des hommes d’affaires et des fonctionnaires du pays et sur son règlement imminent par l’assainissement du milieu et la sévérité dans l’action n’a plus été applaudie même pas ses mamayeurs maintenant. Finalement il faut vraiment avoir du cran pour prendre à témoin de son combat l’un des plus grands vautours financiers et maitre incontesté de l’anti-gouvernance nationale qu’il a malgré tous ses dégâts économiques passés nommé au poste de président de la Cour des Comptes qui est chargée justement du contrôle de la gestion financière de l’Etat – quelle hypocrisie sans aucune gène ni respect minimal pour les victimes de sa gabegie !
  1. Les décisions et actions « positives » du mois :
  • Le 04, le PPAC décrète que les élections communales auront lieu 4 février 2018 dans les 342 communes urbaines et rurales du pays. Vous me direz que c’est ce qui était prévu depuis les derniers accords politiques mais une simple confirmation de date est un miracle chez nous. Il faut quand même rappeler que les dernières élections des maires datent de 2005, sous le régime de Lansana Conté et que le boss avait promis de les tenir en 2011.
  • Le 08, le ministre chargé de la défense nationale, donc ministre du plus grand bordel national, annonce que les prévisions financières pour son ministère pour l’année 2018  prévoient une diminution de 15% par rapport à son budget 2017. Enfin nos militaires sont rassasiés et laissent un peu plus pour les autres.
  • Le 12, un nouveau signe important semble franchi dans la perspective de la tenue d’un procès dans le dossier des massacres du 28 septembre 2009. Selon une source généralement bien informée (le site Africaguinee.com) « Le Procureur de la République près le tribunal de Dixinn (en charge du dossier) a retourné aux juges d’instruction ce jour le dossier des infractions commises le 28 septembre 2009 à Conakry au stade du même nom. Le parquet a accompagné ses réquisitions définitives. Dans les prochains jours le pool des juges en charge du dossier sera amené à rendre l’ordonnance de clôture de l’enquête. Le représentant du ministère public dans ledit dossier a fait connaitre la position de la société. Il appartiendra désormais aux juges de prendre souverainement leur décision. C’est un très grand pas sur la voie du procès du 28 septembre ». On croise les doigts malgré tout notre pessimisme.
  • Le 20, le PPAC lance les travaux du Guinée Business Forum (GBF), une plateforme nationale de dialogue entre l’Etat, le secteur privé et la société civile. Il vise à améliorer l’environnement des affaires et entamer la transformation structurelle de l’économie guinéenne. Il devrait officiellement permettre de décider des reformes à mettre en œuvre pour assurer un développement inclusif et durable pour les 2 secteurs-clés du développement national (économique et social). Une bonne initiative en théorie – maintenant on attend de voir comment nos Haut-cadres vont tout mettre en œuvre pour la saloper à leurs avantages égoïstes comme d’hab.
  • Le 20, le ministre chargé de l’enseignement supérieur fait une présentation de son bilan 2017 et les activités prévues pour 2018 devant l’Assemblée Nationale (AN). Parmi les points à féliciter en 2017, son annonce de grandes économies par l’arrêt de certaines vannes de détournement dans les bourses données aux universités pour prendre en charge leurs étudiants. Par ailleurs il a annoncé plusieurs actions prévues pour 2018 parmi lesquelles la création d’écoles d’excellence en santé, mines, la bancarisation des bourses des étudiants, l’harmonisation des diplômes, la construction et l’extension de l’université de Sonfonia et le recrutement d’enseignants étrangers et de guinéens résidant à l’étranger. Espérons qu’il ira plus loin que son lip service habituel dont vous aurez un bel exemple dans le chapitre suivant.
  • Pour: le ministre chargé de l’enseignement supérieur a déclaré : « Le recensement biométrique qui nous a permis d’économiser aujourd’hui environ 141 milliards 971 millions de francs guinéens qui se reflète dans la loi de finances rectificative de 2017. Ca c’est juste au niveau du privé mais au niveau du public il y a eu des réductions très importantes, nous avons épargné ça peut dépasser plus de 150 milliards de francs guinéens ». Dommage qu’il n’ait pas donné aussi les chiffres des crises cardiaques et décès inexplicables de tous les membres de la chaine alimentaire ainsi interrompue.
  • Contre : . concernant le ministre de l’enseignement universitaire il est clair qu’il prend ses rêves pour des réalités s’il croit vraiment faire tout cela en un an dans le contexte actuel – ou alors il ment comme tous ses collègues pour se faire apprécier par le Boss. Mais il est quand même l’un des très rares ministres actuels qui ait une vision claire de certains aspects indispensables pour remettre un peu d’ordre dans son domaine stratégique national.
  1. Les décisions et actions « négatives » du mois :
  • Le 01, les distributeurs clandestins de Canal + dans les quartiers de Conakry ont organisé un sit-in suivi d’une marche de protestation parce que leurs branchements illégaux ont été débranchés et leur matériel confisqué par la police sur injonction de la société et de la justice. Sacré pays où même les tricheurs organisent des marches de protestation maintenant, un nouvel indicateur de la détérioration avancée de la morale et de l’étique dans le bled.
  • Le 07, encore un nouveau prêt malgré nos 41 milliards USD de l’année : le conseil d’administration de la BAD (Banque Africaine de Développement) a approuvé un prêt de 100 millions de dollars US. Il s’agit d’une contribution pour un projet de 1,4 milliard de dollars US porté par la Guinea alumina corporation (GAC, filiale de Emirates Global Aluminium). Les fonds participeront à la construction de la mine, d’un terminal d’exportation au Port de Kamsar et à la rénovation d’un chemin de fer de 143 km reliant le site minier au port. Tous ces travaux sont prévus de prendre fin en 2020 et les abrutis présents ont applaudi à tout rompre.
  • Le 08, soit 72 heures après son retour d’Abidjan il redécolle. Cette fois-ci c’est pour l’Egypte, puis Paris (obligatoirement) et la Turquie, le tout pour encore une fois diversifier et colorer les photos officielles d’ouverture de plusieures rencontres internationales. Il reviendra nous voir pour quelques jours le 16.
  • Le 08, le directeur national des unités d’intervention de police (Ansoumane Camara AKA Bafoé) est décrété « Général » pour les bons services de matage rendus contre les manifestants pacifiques de Conakry. Et bonjour l’apologie de l’impunité nationale.
  • Le 10, c’est une cérémonie haute en couleur au siège du RPCé pour le baptême d’un nouveau mouvement RPCiste « Atéwala, après lui c’est lui ». Aux dires de son boss béni des Dieux du coin « Le mouvement a pour objectif d’intervenir dans les médias publics et privés surtout à travers les émissions interactives avec responsabilité de défendre les acquis du parti RPG Arc-en-ciel et de son Président le Pr Alpha Condé dans l’intérêt supérieur de la Guinée ». Mai il rajoute sans aucun gène : « la Cellule de communication du mouvement « Atéwala, après lui c’est lui » est confronté à d’énormes difficultés dont la méconnaissance de leur mouvement par le président Alpha Condé, le manque criard des moyens financiers et matériels pour la réalisation de leur plan d’action. Egalement l’inaccessibilité aux informations relatives au projet de société du président Condé et de son gouvernement et des problèmes relatifs à l’amélioration du niveau d’étude et de formation de certains de leurs membres pour faciliter la réalisation rapide de leurs objectifs. Une volonté clairement exprimée de créer un cordon ombilical en béton armé avec les bosses du moment. Mamayas et GNF sont indispensables pour la boum électorale prévue dès le 02 janvier 2018.
  • Le 11, la menace du PPAC contre les radios privées guinéennes est lancée par ses faucons : 4 radios sont fermées sauvagement. Deux motifs officiels sont invoqués, le renouvellement annuel des licences et le paiement des redevances de 25 millions GNF par an. L’autorité de régulation des postes et télécommunications (ARPT) somme ainsi 47 radios et télés de payer plus de six milliards de GNF, la facture cumulée des arriérés qui remontent depuis 2009. Au total seules deux radios seraient en règle (CIS Médias et le Groupe Chérie radio-télé). Il aura donc fallu attendre 8 ans pour sévir ou bien c’est juste un prétexte qui tombe à point pour toutes celles qui dénoncent de mieux en mieux notre anti-gouvernance ?
  • Le 11, on nous annonce un nouveau programme historique avec le FMI ! Il est historique parce qu’il inclut une enveloppe de prêts non-concessionnels de 650 millions de dollars US en complément d’autres financements identifiés sur la période 2018-2020. Les blancs-là vont nous tuer avec toutes leurs promesses farfelues car irréalisables à court terme. Leur seul but est de nous gaver de prêts et nous on ne fait qu’ouvrir grandes nos bouches insatiables.
  • Le 12, la nouvelle loi des finances 2018 est adoptée à l’unanimité par l’AN et avec applaudissements retentissants des opposants-opposés. Ceux qui espéraient une réduction du train de vie du Sanseman en ont eu plein les yeux : le budget de la présidence qui était de 367 milliards GNF en 2017 passe à 408 milliards en 2018 soit une hausse de plus de 41 milliards GNF. Le milliard journalier n’était plus suffisant car ils avaient oublié au départ le 13e mois de services en fin d’année. De même les crédits accordés en 2018 à plusieurs ministères et institutions ont connu une hausse, passant au total de 15 mille milliards à 20 mille milliards GNF. Ainsi la primature a vu son budget baisser de 79 milliards à 64 milliards Également le ministère de l’économie et des finances qui avait bénéficié de 440 milliards en 2017 se contentera de 312 milliards. Pour payer toutes ces hausses « indispensables et urgentes » il est donc introduit une augmentation de la RTS (retenue sur salaire) des pauvres fonctionnaires du secteur public ! Et oui, pour augmenter à droite il faut bien diminuer quelque part et de préférence à gauche – c’est mathématique, tout simplement.
  • Le 14, le tour cycliste de Guinée est lancé avec un tracé de 300 km.  Tout va bien jusque là, mais le hic et l’incompréhension de son organisation viennent du fait que le montant prévu pour le vainqueur du tour s’élève à 5 millions GNF (560 dollars US). Au même moment, la prime de qualification par étape pour les footballeurs est passée cette année de 5.000 à 10.000 USD par joueur et par membre du staff technique. Et au dessus de ceux-ci, notre maillot jaune perpétuel, le PPAC a eu droit à un bonus du vainqueur du tour 2017 de 41 milliards GNF supplémentaires. Morale de l’histoire : notre pays est l’un des deniers au monde où on a plus de chances d’être milliardaire en faisant de la politique qu’en faisant du sport de haut niveau, surtout hors du football. Le ridicule était tellement pathétique lors de la cérémonie de clôture qu’un gentil commerçant du pouvoir a immédiatement doublé les primes pour sécher les larmes de vainqueurs et de leurs familles.
  • Le 14, la recherche démesurée de nouveaux financements externes pour notre plan de développement national atteint le surréel : le conseil d’administration du FMI approuve un accord triennal au titre de la Facilité Elargie de Crédit (FEC) d’un montant de 170 millions $ en faveur de la Guinée. Selon les gentils donateurs « Le programme triennal au titre de la  FEC appuiera le plan national de développement économique et social 2016-2020, pour favoriser une croissance plus élevée et plus inclusive tout en préservant la stabilité macroéconomique ». J’espère qu’ils ont aussi prévu de nous construire de nouveaux coffres forts inviolables à la Banque centrale. Je ne demande quand est-ce que le boss dira à ses ministres d’arrêter de mendier parce qu’ils en ont assez récolté et qu’il faut maintenant ingurgiter et digérer ces fonds. A moins que ceux qui récoltent aient immédiatement leurs pourcentages personnels à chaque nouvelle prise je ne comprends vraiment pas leur logique.
  • Le 16, le PPAC lance la reconstruction de l’usine militaire du Camp Alpha Yaya afin de doter nos forces armées d’équipements ultramodernes sur financement turque. Cette usine qui était fermée depuis 24 ans aura une capacité de 720 000 tenues militaires par an ! Les mots tenues scolaires sont aussi cités une fois pour donner un léger contenu social à cette nouvelle dépense militaire inutile. L’usine comprendra un bloc de tissage, deux blocs de coupe et confection, un bloc de fabrication de chaussures et un laboratoire pour le contrôle du tissu. Environ 1.600 nouveaux emplois seront créés. Aucun détail public bien sur concernant les milliards ainsi engloutis et en partie détournés. Le délai des travaux est officiellement de 3 mois mais vu que le chef de l’entreprise est une vielle connaissance nationale nuisible. Avec ce requin du passé bien connu pour ses œuvres basses et récemment revenu au pays après son exil volontaire et compréhensible avec son ripoux de neveu tigré Maréchal Sékouba Konaté, il y a beaucoup de chances que le budget et les délais soient triplés, voir même plus.
  • Le 18, c’est le début du procès du meurtre par balle du jeune Hamidou Diallo lors d’une marche pacifique et autorisée de l’opposition guinéenne le 18 Aout 2016. A la barre du tribunal de Dixinn l’accusé a nié être à l’origine du tir et a lâche ensuite une bombe : il précise qu’il n’était pas le seul policier à sortir ce jour-là avec une arme de guerre pour aller à la manifestation : « Ce jour le commandant Ibrahima Sory Dioubaté qui est le chef d’unité, le capitaine Mohamed Lamine Soumah, le commandant Soriba Soumah et moi-même sont tous sortis avec chacun une arme. L’instruction de sortir avec ces armes a été donné dans l’enceinte de la compagnie mobile d’intervention et de sécurité (CMIS) de Bambeto ». Pour la première fois un milicien nous dit la vérité sur ce secret de polichinelle d’Etat. Encore un autre qui sera victime d’une courte maladie fatale le lendemain de sa sortie du tribunal.
  • Le 20, nous apprenons que Mr I. S. Condé, haut cadre du ministère du budget, condamné par contumace à dix ans de prison dans l’affaire retentissante du détournement des treize milliards à la Banque centrale en 2012, a repris tranquillement son poste au ministère du budget sans avoir purgé sa peine, comme si de rien n’était. Il a été pourtant démontré lors du procès qu’il était le cerveau de cette malversation. Imaginez les comptes rendus des missions diplomatiques externes sur place aux nouveaux hommes d’affaires qui viendront se briefer chez eux sur les opportunités d’investissements sérieux chez nous ! Pour nos bandits en col blanc, le bon nom de famille, la bonne carte de parti et la participation assidue aux mamayas du samedi sont des free pass totales pour tous les crimes.
  • Le 20, le ministre chargé de l’enseignement supérieur annonce l’obligation prochaine pour tous nos étudiants finissants d’obtenir un « certificat de services civique et militaire ». C’est l’une des conditions qu’il leur faudra pour obtenir leurs diplômes de fin d’études universitaires. Il espère mettre ceci en œuvre dès l’année scolaire 2018. Officiellement ce service comprendra trois phases. La première étape sera consacrée à la pédagogie, donc à la théorie. Elle sera suivie d’une formation militaire de 45 jours dans les garnisons militaires du pays. La troisième phase consistera à l’insertion socioprofessionnelle des étudiants en effectuant des actions communautaires pendant six mois. Selon ce ministre démagogue devant l’Eternel « Lors des actions communautaires aucun étudiant ne sera déployé dans sa région d’origine afin de permettre à chacun de s’intégrer dans la communauté qui n’est pas la sienne… C’est pour que les gens apprennent mieux à se connaitre». Incroyable pour ce « jeune » cadre supérieur avec une bonne formation dans des universités étrangères respectables et ancien numéro 2 de la banque centrale mais qui ne trouve rien de mieux pour « innover » et plaire à son boss trotskyste-impérialiste qu’il soit indispensable de nous ramener au XXIe siècle le service milicien obligatoire à la fin des études supérieures en Guinée ! Et pourtant il était l’un des rares de ses collègues du gouvernement  capable de fournir des idées et propositions intelligentes dans son domaine de responsabilité mais là il plonge vraiment dans sa médiocrité environnementale. Après juste quelques années dans la mangeoire il ose dire « Quand vous allez dans les entreprises on vous demande si vous avez l’expérience. Mais quand vous avez fait le service militaire ils savent ce que vous avez appris, ce que vous avez fait sur le terrain ». Je me demande bien où il a pu voir des chefs d’entreprises et DRH qui raisonnent encore ainsi, être militaire étant plutôt un facteur d’exclusion habituel. J’aurais compris cela d’autres ministres, dont plusieurs sont des politicards semi-lettrés et préhistoriques, mais vraiment venant de lui c’est très décevant pour moi. Comme quoi le « Guinéen nouveau » de Satan Touré sommeille encore dans de trop nombreux compatriotes.
  • Le 26, le ministre chargé de l’administration du territoire a indiqué qu’au terme d’une enquête réalisée par ses services pendant 4 mois, seule une trentaine de partis politiques ont pu être localisés sur les 153 agréés par son ministère. Il a promis de sévir énergiquement et très bientôt en les supprimant mais je pense plutôt qu’il va bientôt s’enrichir énormément en acceptant de fermer les yeux sur certaines cabines téléphoniques bien garnies.
  • Le 27, on apprend qu’Oleg Deripaska, l’oligarque et PDG de la société minière Rusal, a reçu du PPAC notre haute distinction de l’ordre national du mérite. Officiellement c’est pour son rôle majeur joué dans le cadre de la lutte contre la maladie à virus Ebola en Guinée. En réalité c’est plutôt une partie du remboursement pour ses prêts « gracieux » de ses jets privés mis à sa disposition depuis 2011, vu qu’on est à quelques jours de la fin du mandat de chef du village Afrique. C’est bien de penser à solder certains petits comptes de temps en temps.
  • Le 29, le ministre chargé de la justice annonce tout fier la fin de l΄instruction de l’épineux dossier des massacres du 28 septembre. « L’ordonnance de renvoi a été prise aujourd’hui. L’instruction est donc entièrement terminée ». Il avait juré publiquement en début d’année (et avant) que le procès aurait lieu avant la fin de 2017 mais vu qu’il ne restait plus que 2 jours pour cela, il lui fallait obligatoirement comme clean avant son réveillon. Le pauvre craignait que la presse locale revancharde ne gâche ses réjouissances prévues en janvier 2018. Il oublie pourtant qu’il fait partie du carré d’as des plus grands prometteurs/menteurs du pays avec son boss et ses collègues ministres du transport et de l’énergie. Ils peuvent raconter tout ce qu’ils veulent, de toutes façons plus personne ne les croient, mêmes leurs oncles et cousins germains.
  • Pour : comme chaque mois, R.A.S…
  • Contre : concernant ce retour ridicule au préhistorique service militaire révolutionnaire de Satan Touré voici ce qu’en dit un analyste local avisé, objectif, jamais démagogue et avec une belle plume (Mohamed Mara) : « Si l’idée enchante les anciens qui y voit un socle de socialisation de nos jeunes et l’apprentissage de la citoyenneté, cette mesure en tout point précipité reste hypothétique voire utopique. L’Etat doit prendre le temps de mûrir ce projet avant qu’il ne devienne un autre éléphant blanc pour les finances publiques… La professionnalisation de nos forces armées et la suppression du service militaire ont été parmi les mesures adoptées sous le régime du Général Lansana Conté. Un retour à cette pratique pour les jeunes guinéens signifierait forcément un changement de cap très important. Devenons-nous une nation militaire ?… La nécessité de la réinstauration du service militaire obligatoire reste à prouver et les moyens pour sa mise à exécution doivent être réunis. Or un tel projet est loin de figurer dans la loi de programmation militaire en vigueur. Il est curieux de constater que l’annonce d’un projet aussi stratégique ne soit pas faite par le commandant en chef des forces armées mais simplement par un ministre de l’enseignement comme si cette activité si elle est réinstaurée relèverait de son département. C’est à la limite une imposture et une usurpation des fonctions du ministère de la défense nationale. De nombreux préalables doivent forcément être envisagés avant l’adoption de cette mesure. D’abord il faudrait rétablir une meilleure image de l’armée aux yeux de la Nation, particulièrement des jeunes. Notre histoire récente tumultueuse rend ce chantier fastidieux. Les rapports civilo-militaires doivent nécessairement être repensés dans notre pays. Mais comment peut-on contraindre des milliers de jeunes à un engagement citoyen ? Comme dans l’humanitaire et l’associatif le service militaire doit relever du volontariat. Enfin l’argument selon lequel l’affectation des jeunes diplômés dans d’autres régions du pays facilitera leur intégration ne tient pas la route. Cette mission siérait mieux à la fonction publique, plus organisée et plus stable dans la durée. Comment un jeune s’intégrerait-il dans une autre culture en seulement six mois ? Le service militaire tel qu’envisagé actuellement est une perte de temps intellectuelle inouïe pour des jeunes qui attendent de l’Etat davantage de moyens pour qualifier notre système éducatif. Si le gouvernement tient à consolider les liens entre l’armée et la Nation qu’il s’attelle plutôt à lutter contre les discriminations, les injustices et les discours politiques de plus en plus nocifs pour le tissu social. Que le droit soit la boussole de notre pacte national et qu’on refuse la culture de la médiocrité au détriment de l’effort et de l’excellence ». Jeune homme tu as tout dit vrai-vrai là, Walahi !

Tic-tac, Tic-tac, la montre tourne ; aujourd’hui est le 2566e jour de l’ancien « Guinea is back » et du nouveau « changement radical » – déjà 07 ans et 10 jours ! Aladji-Professeur-Président voici ma suggestion SMART (Spécifique, Mesurable, Atteignable, Réalisable et Temporellement définie) du mois pour améliorer un peu votre Sanseman : vraiment il faut revoir un peu la liste de vos ministres. Ce mois-ci la perle revient à votre ministre chargé de l’enseignement primaire et secondaire qui a eu le malheur de présenter lui-même son programme 2018 devant nos dépités. Il a été incapable de lire son budget en milliards et la panique aidant, il s’est noyé dans le ridicule proportionnellement aux exclamations et moqueries de ses auditeurs. Voici littéralement ses propos : Le présent budget qui vous est soumis s’élève à mille …, à, …mille cent trente… C’est un enseignant qui parle hein, je suis pas beaucoup affronté aux montants…  A mille cent trente trois …  A un million cent trente trois milliards neuf cent mille cinq cent quarante cinq mille…  Monsieur Fodé Oussou, tu me diras pas le contraire ! Mille milliards quatre cent soixante seize, mille quatre cent soixante seize milliards, sept cent vingt neuf millions, huit cent soixante douze millions,  repartis comme suit… »,  le tout ponctué des sourires benêts du nigaud et d’un vacarme de fous-rires et d’applaudissements moqueurs à chaque tentative malheureuse, y compris de ses camarades de parti. Et dire que son surnom est « K² » mathématique. Le type a dès le lendemain eu droit à un hashtag continental qui a inspiré les humoristes de Côte d’Ivoire, du Benin et même du Cameroun, ce qui franchement n’honore ni vous ni nous. Bon pour rajouter à la comédie ambiante, rééquilibrer un peu et mieux partager notre bêtise nationale, quelques jours plus tard c’est l’un de vos principaux opposants, l’un de ceux qui s’était le plus payé la tête du cancre et qui justement avait été interpelé par lui pendant son naufrage, le bien nommé Fodé Oussou, qui se frotte lui aussi aux « montants ». Il s’en sort à peine mieux à la plus grande joie bruyante de vos supporteurs cette fois-ci. Comme la vie est belle et pleine de rigolades dans votre parlement du Sanseman ! Nous savons que notre Toto national a depuis honte et une peur bleue en public mais pardon dites-lui de cesser de se ridiculiser davantage en disant aux journalistes « Désormais n’appelez plus K² au téléphone pour lui demander quoique ce soit sur l’éducation. Le chargé de communication département sera là pour ça, mon département a un chargé de communication. J’aurai voulu que vous vous adressiez à lui ». Surtout quand en plus le numéro de téléphone qu’il a fourni pour cela n’est même pas fonctionnel.

Finalement un petit « Bon Ané – Bon Santé » de Conakry où je suis en immersion totale depuis la mi-décembre après une année d’absence. Que vous dire de ce que mon œil extérieur, toujours sans complaisance ni giottisme, voit autour de lui : croyez moi ou pas mais franchement je trouve que la désorganisation chronique habituelle est un peu plus organisée dans la majorité des domaines de la vie de tous les jours. Les routes goudronnées sont beaucoup moins cabossées et donc plus rouables à Conakry et à l’intérieur du pays – pour la majorité c’est du rafistolage rapide comme d’hab. mais c’est quand même un progrès qui tiendra je l’espère au moins jusqu’à mon départ. Les rares feux de circulation, bien placés pour séduire nos partenaires et frères-investisseurs, fonctionnent encore presque tous et maintenant environ 50% des chauffards les comprennent et respectent. Les policiers dans les rues sont moins ripoux et plus efficaces pour bloquer les Mad Max locaux donc les bouchons de circulation délirants, causés parfois même par 2 motos, sont plus rares et n’ont rien à voir avec ceux du passé. Parfois des barrières physiques métalliques sont mises en place dans certains lieux critiques pour empêcher les taxi-maitres d’accomplir leurs rodéos urbains. Quelques rares ministres et hauts d’en haut n’utilisent plus leurs sirènes hurlantes pour forcer leur passage mais leurs miliciens assis sur le fauteuil avant de leurs chars officiels hurlent presque aussi fort pour leur frayer leur passage supérieur. Parmi les points sombres persistent la roublardise fainéante, la malhonnêteté congénitale de la majorité de vos interlocuteurs du secteur public et les coupures intempestives d’électricité qui sont de retour en force. Pour ceux qui comptent venir visiter le bled n’oubliez surtout pas vos torches, piles Duracell Ultra et bougies en venant, ceci jusqu’au lancement de la dernière farce électorale du PPAC en 2020, « le barrage de Souapiti qui éclairera même ceux qui ne le voudront pas ». Ainsi va notre pays bien-aimé en fin 2017 – attachez vos ceintures pour 2018…

 

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Publié dans 2017 | Laisser un commentaire

Une Nouvelle Voie (Novembre 2017) : haro sur les journalistes du privé, les nouveaux « comploteurs du Sanseman »

Bienvenue à mon bilan du 23e mois de la Condécratie version 2.0. Je continue mon exploration mensuelle des méandres des décisions importantes pour la Nation prises par nos nouveaux chefs en proposant des pistes de réflexions et d’actions qui pourraient être envisagées pour que le « vrai changement » soit effectif.

  1. Echantillon de paroles et pensées présidentielles du mois:
  • «Ce qui préoccupe les Guinéens qui m’ont élu ce n’est pas le 28 septembre, c’est l’eau, l’électricité, les transports et le panier de la ménagère… Soyons clairs, il n’y aura pas d’impunité mais je refuse qu’on instrumentalise ce drame à des fins politiques… (parlant des inculpés planqués dans son administration) Etre inculpé ne veut pas dire être coupable. Certains d’entre eux n’étaient même pas à Conakry quand le massacre s’est produit  » (le 31 octobre, en parlant de l’hypothétique procès des responsables des crimes du 28 septembre 2011 au journal Jeune Afrique).
  • « C’est bien que nous parlions aux usagers mais tournons-nous vers les ministres de la sécurité et des transports, le changement commence chez vous. Non seulement au niveau de vos ministères mais aussi au niveau de vos personnels et de vos services… Désormais monsieur le ministre de la sécurité, tout camion qui ne respecte pas les normes doit être mis Out. Il en est de même pour les camions citernes… Puisque nous avons une police militaire qui surveille le comportement des militaires il est important de faire la même chose en mettant une brigade chargée de suivre le comportement des policiers. Car très souvent les policiers demandent l’argent aux gens s’ils sont en faute, ils les laissent passer… Si les états généraux doivent aboutir à un résultat concret c’est d’abord le changement de comportement de la police, particulièrement la police routière… Il faut associer les chefs religieux pour qu’ils expliquent qu’on ne doit pas surcharger les véhicules, les passagers aussi ne doivent pas accepter aussi d’être surchargés. Si les chauffeurs le font il faut signaler à la police (le 06, à la cérémonie d’ouverture des états généraux de la circulation routière).
  • « On mange mal chez nous, notre huile est mal raffinée. J’ai négocié pour qu’on ait une raffinerie d’huile pour qu’on n’importe plus l’huile et aussi pour qu’on ait une usine de sucre afin qu’on n’importe plus du sucre… On a essayé d’accompagner le secteur privé mais si vous n’apparaissez pas, comment voulez-vous qu’on vous aide ?… Le développement de la Guinée, c’est l’agro-industrie. Dès mon arrivée j’ai dit que je ne soutiendrais pas les commerçants. Les gens n’ont qu’à se recycler dans l’industrie que je soutiendrais. Le commerce ne fait pas avancer le pays. En plus, ça nous coûte cher en devises » (le 07, au cours d’une rencontre avec un groupement de femmes du secteur privé).
  • « L’Union africaine (UA) est bien parvenue à faire taire les armes au cours des trois dernières années. L’énumération des conflits qui sont en cours actuellement fait clairement apparaître cette donnée… Si l’économie de nos pays est vue comme à l’époque coloniale, essentiellement en termes d’échanges avec l’extérieur, ces échanges étant vus surtout en fonction de la valeur des matières premières exportées, il est évident que nous allons continuer à dépendre des aléas de la demande internationale et des cours des prix que nous ne contrôlons pas… Nous n’acceptons plus que les problèmes africains soient réglés de l’extérieur car l’Afrique dispose de toutes les potentialités nécessaires pour prendre son destin en main et mener à bien son développement » (le 08, lors de la cérémonie d’ouverture du 10ème Forum MEDays de Tanger).
  • « L’Europe s’est développée en appauvrissant l’Afrique. Il n’est donc pas normal de se débarrasser de nos enfants en demandant que nous signions leur retour en Afrique au risque de limiter les visas » (le 15, à la COP 23 à Bonn (Allemagne) lors de la rencontre « Africa Day »)
  • « On ne fait pas de l’alternance pour l’alternance. On fait de l’alternance lorsque les peuples le veulent. Pourquoi voulez-vous qu’il y ait une alternance quand un président gère bien son pays avec l’accord de son peuple ? c’est quand il y a un bilan négatif ou bien quarante années au pouvoir sans résultat que l’on peut parler de nécessité d’alternance. L’alternance amène très souvent une chasse aux sorcières. Si l’on prend le cas de la Gambie, l’UA, la CEDEAO, l’ONU ont signé un communiqué commun donnant des garanties à Yahya Jammeh. A la suite de cela il est parti mais si après on le poursuit, on saisit ses biens, il est évident que cela n’encourage pas les présidents à accepter un départ. C’était la même chose avec Charles Taylor alors qu’en France quand un chef d’Etat quitte le pouvoir il a son bureau, du personnel. Si la démocratie marche dans les autres pays c’est parce que le président qui part sait qu’il bénéficiera de certains avantages. l’Europe a mis des siècles pour cela et que la démocratie est encore jeune en Afrique… Depuis que je suis président on n’a pas mis un seul journaliste en prison, mais dès qu’on arrête des journalistes c’est le tollé. Pendant ce temps des pays qu’on considère comme démocratiques arrêtent des journalistes tous les jours et on ne dit rien » (le 16, interview à Paris avec RFI et l’AFP).
  • « Mugabé a été un très grand combattant, un héros africain. C’est dommage qu’il sorte par la petite porte et qu’il soit désavoué par le parlement. Nous sommes très heureux qu’il ait accepté de démissionner. J’avais dit que nous n’accepterons pas un coup d’Etat… Du fait que la Zanu (son parti) a demandé au président de démissionner c’est une solution politique qui respecte la constitution et qui sauvegarde la dignité du président Mugabé qui démissionne lui-même avec toutes les garanties et qui reste encore un héros mais avec toutes les garanties de vivre en paix. Nous sommes très heureux de cette issue… (concernant la grève des enseignants chez lui) Les forces de l’ordre doivent faire une gestion civilisée des manifestations, grenades lacrymogènes non pas en tirant à balles réelles. Nous allons savoir ce qui se passe mais aussi il faut savoir dans quelle condition parce que si un policier ou un militaire se trouve encerclé, menacé dans sa vie, il faut qu’il réagisse. Bon, il faut savoir dans quelle condition ça s’est passé… (concernant la bastonnade des journalistes par les policiers) Nous avons demandé des enquêtes pour établir les responsabilités et savoir si c’est une volonté de saboter le gouvernement. Ceux qui ont fait ça veulent peut-être saboter le gouvernement» (le 21, sur France24 de sa maison familiale, l’hôtel Raphaël de Paris).
  • «Nous pensons que nos amis de l’UE n’ont pas eu raison de demander à la Libye de garder les migrants car elle n’a pas les moyens. En Libye il n’y a pas de gouvernement donc l’UE ne peut pas choisir un pays en voie de développement pour demander à ce pays de retenir des réfugiés… On sait qu’en Libye il n’y a pas de moyens » (le 22, sur le perron de l’Elysée suite à sa 1e rencontre officielle avec le Président Macron).
  • « (concernant la grève des enseignants dans tout le pays) Il ne faut exagérer, il y a eu deux morts… Je rentre demain et nous allons voir comment trouver la solution » (le 22, en conférence de presse post-Élyséenne à Paris).
  • « Cet après-midi je vais rencontrer les syndicats, les parents d’élèves et les patrons des radios. Nous avons signé avec les syndicats, on est tombé d’accord sur tout. Comment quelqu’un peut se lever pour faire la rébellion ? Mais ce qui est encore plus grave, il y a des radios qui diffusent. Or quand quelqu’un fait la rébellion, tu diffuses, tu es complice. Je viens  d’informer que désormais toute radio qui diffusera des communiqués de Soumah (le syndicaliste meneur des grévistes) sera fermée parce qu’elle sera complice de la rébellion… C’est au moment où les bailleurs de fonds veulent venir en Guinée que certains profitent pour semer la pagaille. Ce qui fait que même ce qu’on gagne est paralysé par des mouvements comme ça. La Guinée est devenue aujourd’hui un pays sans Etat où chacun fait ce qu’il veut… Je suis en bonne santé, je ne suis pas malade, je ne suis pas mort. Et je vous ai dit que je vivrais cent ans s’il plaît à Dieu… Nous allons commencer par remercier la troupe (folklorique) qui accompagne le RPG tous les samedis. Pour les encourager nous allons leur remettre 200 millions (GNF). Aux artistes qui nous ont rejoints on va leur remettre 200 millions eux aussi. On va remettre 100 millions à la fanfare. Mais si vous ne recevez pas vos 100 millions c’est que Tidiane Traoré (conseiller à la présidence) aura détourné. Il faut le suivre » (le 25, lors d’une participation exceptionnelle à la mamaya hebdomadaire de son parti le RPCé à son siège).
  • « Il y a des radios qui diffusent or quand quelqu’un aide la rébellion il est complice. Je viens d’informer lors de la réunion (de son parti) qui s’est tenue que désormais toute radio qui diffusera le communiqué de Soumah Aboubacar sera fermée parce qu’elle sera complice de la rébellion » (le 26, lors d’une rencontre d’intimidation des syndicats, du patronat, des groupes de presse et des associations de parents d’élèves dans son palais Satanya).
  • « Nous sommes heureux de renouer de nouveau avec la tradition du festival national car nous renouons avec le passé le plus glorieux de notre peuple après l’indépendance. C’est à la culture  que nous pouvons le mieux transmettre aux générations futures. Il n’est pas normal qu’on laisse un seul pas de la culture guinéenne disparaître… Voilà le challenge que vous avez à lever.  Mais pour cela il faut être plus généreux. Quand vous donnez 30 millions aux vainqueurs vous ne les encourager pas. Comme M. Bantama Sow (ministre de la culture) est mon fils, le père doit rectifier les erreurs de son fils. Alors nous allons donner 200 millions aux vainqueurs, 100 millions la seconde place et 50 millions à la troisième place. Car les autres feront tout pour gagner l’année prochaine » (le 27, lors du lancement officiel de la 16ème édition du festival national des arts et de la culture (FENAC), une bonne vieille tradition de notre révolution satanique des années 60-80).
  • «Il est vrai que nous avons été habitués à beaucoup de promesses qui n’étaient pas tenues, mais il faut savoir que cette page est tournée. Comme le disait Mme Merkel, bien sûr l’Europe est responsable du sous-développement mais lorsque la femme d’un chef d’Etat va faire ses courses sur les Champs Elysées ça contribue à l’immigration… Il faut dégager les journalistes, mais ils sont têtus ces photographes-là. Mettez-les dehors. S’il vous plaît les journalistes quittez ! » (le 29, à l’ouverture du sommet UE-UA à Abidjan).
  • « Nous allons soutenir la jeunesse, créer des emplois en attendant que l’Afrique se développe afin que les jeunes ne migrent plus s’il plaît à Dieu » (le 30, interview à Abidjan).
  • Pour : merci au boss pour cette explication on ne peut plus claire sur ses pensées profondes concernant l’alternance souhaitée du pouvoir africain et de ce qu’il attend de nous après son départ en 2020 mais là il vous plante grave et on le lui rappellera en temps voulu « s’il plaît à Dieu » aussi. Nous aurions eu peur de le comparer ouvertement à Taylor et Jammeh mais comme c’est lui-même qui le sous-entend ouvertement alors merci.
  • Contre : des promesses encore de nouvelles promesses, depuis les usines de fried chips à Pita et de trempettes de tomates à Mamou promises en 2012. Les propos sur la chute de Mugabé sont aussi un bon indicateur de ce qu’il pense des « privilèges » dus à sa caste de demi-dieux. Pourquoi est-il si difficile d’accepter qu’après 2 mandats au pouvoir c’est Out, point barre, aucune discussion possible ? Les Guinéens lui montreront que c’est possible chez nous comme récemment au Zimbabwe, en Gambie et au Burkina. Concernant cette crise des enseignants il reconnait en plus que rien ne peut se régler au pays sans lui et donc que la solution ne sera trouvée qu’avec son retour. C’est rare de voir plus micro-manager que ça. Et en même temps qu’il parle des cris de désespoirs de ces crève-la-fin mangeurs de craie, il distribue deux fois de suite un demi-milliard aux griots qui chantent ses louanges ! En menaçant les médias privés qui oseraient donner la parole au syndicaliste Soumah, un responsable reconnu par son syndicat et qui jouit donc de tous ses droits il atteint un nouveau niveau à la fois inquiétant et ridicule. Maintenant tous les médias et journalistes du secteur privé sont victimes quotidiennement d’insultes, de brimades, d’exaction physiques, de bris de leurs équipements professionnels, de punitions et mêmes de poursuites judiciaires. J’attends maintenant de voir comment il va bloquer les sites du net car ils sont les plus consultés tous les jours y compris en Guinée. Que penser d’un leader politique revendiquant plus de 40 ans de lutte pour la démocratie, y compris une participation active aux grèves estudiantines de Mai 68 en France au coté de Daniel Cohn-Bendit et qui menace aujourd’hui de fermer des radios privées chez lui qui relaient des manifestations sociales, les seuls baromètres qui restent de la santé démocratique de son pays ? un opportuniste et un gauchiste à mi-temps.
  1. Les décisions et actions « positives » du mois :
  • Le 07, la FIDH annonce officiellement que les trois juges d’instruction chargés de l’enquête sur le massacre du 28 septembre 2009 ont notifié la veille aux parties impliquées la fin de l’information judiciaire. En fait, selon le ministère de la justice, la clôture de l’instruction interviendra après les réquisitions du procureur de la République. L’ouverture d’un procès est donc désormais possible. Un petit pas de plus mais toujours un océan à franchir avant le 1e jour d’audience. A mon avis il faudra quand même attendre le départ du PPAC du pouvoir pour espérer voir ce jour-là arriver.
  • Le 07, à l’initiative de toutes les associations et syndicats de la presse privée, la majorité des journalistes ont marché dans les rues de Conakry pour protester contre ce qu’ils appellent « les nombreuses atteintes graves à la liberté de la presse ». Parmi les slogans les plus hurlés il y avait « Sans liberté de presse, pas de démocratie, pas d’Etat de droit ! Les commissaires de la HAC dehors ! Nous ne sommes pas des gibiers pour les services de défense et de sécurité ».
  • Le 16, la cellule com. du PPAC nous annonce fièrement : « Le gouvernement de la République de Guinée réunit jusqu’à demain les partenaires économiques et financiers du pays dans le cadre de son groupe consultatif organisé à Paris. À cette occasion, le gouvernement guinéen a récolté plus de 21 milliards de dollars d’engagements visant à soutenir les projets phares du Plan National de Développement Economique et Social (PNDES) 2016-2020, dépassant ainsi largement l’objectif initial des 14,5 milliards. Le PNDES guinéen bénéficie de l’appui inconditionnel de l’ensemble de la communauté internationale, autour des partenaires bilatéraux et multilatéraux du développement et des investisseurs privés ».
  • Le 21, la présidente de la HAC (Haute Autorité de la Communication) essaie de sauver un peu la face après toutes les bévues récentes concernant la presse privée. Elle a fermement condamné par communiqué officiel les propos du ministre de l’éducation nationale (Mr I.K. Konaté) pour avoir dévoilé la veille l’identité d’une mineure victime d’un viol par son enseignant au cours de la grève en cours (nom, prénom, âge, nom des parents et domicile). Elle a aussi adressé un avertissement à la RT-PPAC pour avoir relayé les propos outrageants du ministre. Comme pour prouver qu’elle peut condamner tout le monde – de toutes les façons « tout le même monde » s’en fout complètement de ses propos.
  • Le 22, c’est une date historique pour le PPAC, le RPCé et nos 2 gouvernements (présidence et primature) : papy-promesses est enfin reçu par Emanuel Macron à l’Élysée. Tous les précités sont aux bords de l’extase. Une maigre consolation puisque les jours suivants le petit frère survolera plusieures fois son palais pour aller visiter presque tous ses pays voisins.
  • Le 24, à peine revenu pour une visite de courtoisie au pays, le boss s’est rendu aux domiciles des familles des deux jeunes tués pendant la grève scolaire par les forces de l’ordre pour présenter ses condoléances. C’est une nouveauté qu’il se rende lui-même au chevet des familles endeuillées par les balles de ses miliciens, en fait la première fois, après plus de 80 jeunes morts dans des circonstances quasi-identiques. Enfin un peu de compassion directe du 1e responsable indirect de ces crimes. Il leur a même donné l’assurance que cette fois-ci les auteurs et les commanditaires seront identifiés, arrêtés, jugés et condamnés. On attend de voir pour y croire.
  • Le 27, la Présidente de la HAC, décidément déchaînée ce mois-ci, rappelle qu’officiellement la seule policière des médias c’est elle, ceci juste après les menaces publiques du PPAC. Il lui a fallu 2 jours quand même pour prendre son courage à deux mains, surtout en raison de l’ordre exécuté avec zèle par les laveurs de babouches habituels éparpillés dans l’administration publique, cette fois-ci au service de régulation des radios et TV et au gouvernorat de la région de Labé qui l’ont mis en pratique immédiatement, avant le chant des coqs planqués derrière leurs chambres à coucher. Une baffe au boss qui est pourtant l’Homme-Etat. Elle risque gros, peut-être même un décret de promotion au garage de la République, à moins que l’ordre ne vienne en fait de lui-même pour calmer justement ses petits faucons toujours excités à faire des pneumonies chaque fois que lui éternue. Du coup le gouverneur zélé a honteusement levé sa sanction dare-dare ce qui a bien fait rigoler tous ses administrés.
  • Le 28, en réponse aux menaces et répressions sur leurs médias les patrons des radios organisent une émission synchronisée sur la liberté de la presse. Ainsi leurs auditeurs n’entendront que cette émission conjointe sur toutes les radios du pays. Ils ont décidé en plus de faire de la journée suivante une journée sans radio sur toute l’étendue du territoire. Dommage qu’ils n’aient pas eu le courage de faire passer ce sacré Soumah en synchronisation sur toutes les chaines, juste pour faire péter les plombs du boss et de ses zélés. Là on se serait vraiment marré à les voir essayer de sévir partout.
  • Le 28, petite virée à Abidjan en tant que chef du village Afrique pour assister au 5e sommet Union Africaine-Union Européenne axé sur l’investissement dans la jeunesse pour un développement durable qui s’ouvre le lendemain. Pas question de rater une seule de ces rencontres du « tiens petit » et du « merci patron ». Fini le temps des Sankara et Konaré qui osaient dire non à ce genre de rencontres. Aujourd’hui c’est le conformisme africaniste, il faut absolument y être, pour parler de couper le cordon ombilical sans toucher au pognon.
  • Pour : pour la nouvelle manne financière il y a en fait 12,6 milliards de dollars d’engagements fermes dont 7 milliards de dollars émanant du secteur privé. Il faut préciser néanmoins que la majorité des budgets promis (Chine, UE, groupe BM et agences arabes) sont en fait déjà dans le pipeline budgétaire national existant, la moitié venant de nos frères chinois. Bref un deuxième 20 milliard USD de promesses financières la main sur le cœur mais pas de si tôt dans notre banque centrale ni nos ministères. Pour cela il faudra des projets banquables solides avec des administrateurs et gestionnaires pour les préparer, les réaliser et les monitorer au standard requis par ces gentils donateurs. Et ça c’est une toute autre histoire.
  • Contre : concernant la visite aux familles des victimes, pourquoi maintenant alors qu’il aurait du commencer à le faire depuis l’assassinat de la 1e victime le 03 Avril 2011 (Djakariaou Diallo) et des trop nombreuses suivantes des marches et grèves de réclamations pacifiques pour une amélioration des conditions de vie. Pourquoi pas pour M. Diaouné, Mme Boiro, le chef de la section motard de l’UFDG, les centaines de tueries en Guinée forestière ? Vraiment chaque fois que l’on compte du positif chez notre Prési on doit ensuite empiler tous les négatifs qui gâtent au finish sa sauce.
  1. Les décisions et actions « négatives » du mois :
  • Le 01, Le PPAC et son homologue du Togo Faure Gnassimbé étaient à Monrovia (Liberia) pour tenter de sauver le processus électoral en panne de ce dernier. Franchement comment voulez-vous que la communauté internationale ait la moindre considération pour l’UA et la CEDEAO quand elles envoient pour régler un tel conflit deux dictateurs africains connus pour n’avoir jamais organisé des élections libres et transparentes chez eux ?
  • Le 01, le bureau de l’Assemblée Nationale (AN) a soumis aux députés le premier projet de chronogramme de la session budgétaire. Le hic c’est que la session a débuté le 05 octobre dernier et doit normalement prendre fin le 31 décembre, soit 90 jours. Nos braves députés ont commencé par un mois de congés, tous frais payés par l’Etat. C’est ça aussi l’anti-gouvernance chronique dans notre bled.
  • Le 02, la HAC décidément imprévisible suspend la plus écoutée des radios privées (Espace FM) pour 7 jours après avoir décidé que l’émission « Les Grandes Gueules » a diffusé la veille des informations « susceptibles de porter atteinte à la sécurité de l’Etat et de saper le moral des forces armées et de l’ordre public ». Certaines sources internes disent que c’est parce que l’un des animateurs de l’émission avait révélé les graves problèmes qui minent la grande muette actuellement. On y fait cas d’un certain nombre de comportements des hommes de troupe qui confirmerait des fortes résistances à la « réforme » en cours depuis 2010.
  • Le 03, le PPAC décrète qu’à compter de ce  jour le contrôle technique des véhicules automobiles est obligatoire en Guinée. Le hic c’est qu’il n’existe aucun centre de contrôle technique opérationnel à Conakry et à l’intérieur du pays. La seule société existante (SIVITA) a réussi depuis plus de 20 ans à obtenir l’exclusivité dans le secteur grâce à des appuis bien placés mais n’a jamais eu l’assise financière pour le réaliser. Bref il aurait du décréter d’abord la fin de ce monopole s’il voulait vraiment régler ce problème. Mais bon, comme il le dit souvent, il ne connait rien à propos de son pays d’adoption.
  • Le 07, Guinea-Impulse décolle de nouveau, cette fois-ci pour Tanger (Maroc), Bonn (Allemagne), Paris (chez lui) et enfin Amman (Jordanie). Il faut faire vite-vite avant la fin de son mandat de chef du village Afrique en Janvier 2018. Je n’ai même pas fini de lui faire des compliments pour ses efforts d’octobre que hop il est reparti ! Au fait les autres invités de marque à Tanger sont d’anciens dignitaires oubliés de tous, quelques ministres, des dirigeants de PME/PMI et des universitaires. Pitoyable pour lui – honteux pour nous. Il ne revient finalement au bled que le 24 soit 17 jours après pour repartir quatre jours pour trois jours à Abidjan – il est vraiment incorrigible.
  • Le 09, le ministre de l’énergie et de l’hydraulique démonte un mensonge du PPAC sur les miracles prévus avec le barrage de Kaléta : « Vous allez constater  que pendant la période sèche (Novembre à Mai) le niveau  d’eau ayant baissé, le productif de Kaléta va baisser. (le barrage) Garafiri va se retrouver à 40 mW et Kaléta  à une moyenne  de 60. Donc les 2 barrages vont produire 100 mégawatts.  Pour compenser  ces pertes il faut donc mettre en marches les centrales thermiques pour avoir les 200 à 250mW d’énergie (minimum nécessaire)». Un cadre de l’EDG reconnait sous couvert de l’anonymat que le thermique fournit en fait un maximum de 100 MW, sans tenir compte des 50% de pertes sur le réseau.  On sait au moins clairement ce à quoi il faut s’attendre en obscurité avant que le barrage de Souapiti soit opérationnel vers 2022. Conakrykas, nettoyez vos lampes tempêtes.
  • Le 09, les émeutes de la colère reprennent dans la préfecture de Boké, en particulier dans la ville de Kamsar. Les raisons de démarrage sont toujours les mêmes (coupures d’électricité et d’eau courante) mais personne ne croit plus maintenant à ces arguments. Les bâtiments et domiciles de l’administration, le matériel des compagnies minières sont de nouveau détruits par des jeunes déchainés. La police réplique comme d’hab. avec gaz lacrymogène et matraques. Finalement les arrestations et blessés, y compris par balles se comptent par dizaines et toutes les écoles et boutiques sont fermées. Tout ça ne pourra plus continuer encore très longtemps – un jour il y aura une grosse bavure suivie d’un Big bang social.
  • Le 10, au cours d’un forum international sur les finances publiques organisé à Conakry pour confirmer que nous sommes sur la bonne voie le chef économiste de la région Afrique de la Banque Mondiale (Albert Zeufack) gâche la célébration avec un discours assassin qu’il conclut avec « La gestion des institutions en Guinée est au-dessous de la moyenne en Afrique subsaharienne ». Quel briseur d’ambiance – il ne sera plus jamais invité chez nous, promis.
  • Le 13, le soulèvement des élèves dans plusieurs écoles de Conakry avec des affrontements sporadiques entre élèves et police anti-émeute qui ont repris tous les jours dégénère finalement comme craint le 20. Deux jeunes entre 16 et 20 ans (un collégien et un apprenti-mécanicien) sont tués par balles, une fillette de 10 ans est violée par un de ses professeurs en grève et une autre de 14 ans perd un œil suite à un choc avec un projectile. Encore ces « balles perdues » de nos milichiens d’Etat ?
  • Le 24, le PPAC décrète la création du comité de suivi de l’accord de partenariat stratégique sino-guinéen, l’affaire des premiers 20 milliards-là. Le comité a pour mission « de coordonner les actions nécessaires en vue de lever toutes les contraintes à la mise en œuvre des projets sélectionnés, de coordonner la sélection en liaison avec les départements ministériels des projets qui seront soumis pour une instruction au titre de l’accord stratégique, de suivre avec le coordinateur chinois l’approbation des projets par la partie chinoise et la mise à disposition du financement, de suivre en relation avec le ministère des mines l’attribution des concessions minières aux entreprises chinoises et la mise en œuvre des projets concédés, de suivre à travers le maître d’œuvre public l’étude et l’exécution des projets inscrits dans l’accord stratégique ». Du coup une guerre sans pitié est lancée entre les faucons pour l’obtention d’un des strapontins tant attendu depuis l’annonce de cette méga-magouille. C’est la naissance d’une nouvelle race qui se profile à l’horizon, les Goldens Pirates de la manne chinoise – le sang des grignoteurs nationaux coule déjà à flot, Walahi !
  • Le 26, l’homme d’affaires libanais représentant officieux des intérêts du PPAC dans le consortium minier de Boké (SMB-Winning avec des chinois) annonce la construction d’une raffinerie d’aluminium et d’un chemin de fer de pour le désenclavement du corridor minier Boké-Boffa en 2018 ! Il prend du coup la tête du carré d’as des plus grands prometteurs-menteurs du pays, devant le PPAC, le ministre des transports et le ministre de l’énergie.
  • Le 30, il décolle d’Abidjan pour atterrir….de nouveau à Amman (Jordanie) pour discuter avec le Roi ! Il y était déjà il y a une dizaine de jours donc en fait il avait sûrement oublié son inséparable mallette dans sa chambre à coucher royale.
  • Pour : comme chaque mois, R.A.S…
  • Contre : pour la suspension d’Espace Radio les animateurs de l’émission auraient également flétri le manque de suivi psycho-social pour nos soldats déployés sur les terrains d’opération de la MINUSMA au Mali après leur retour au pays. En plus la HAC accuse « Moussa Moïse Sylla, le directeur général d’Espace TV d’avoir fait la lecture d’un courrier anonyme adressé à la radio ».Il sera même jugé très bientôt pour ce crime affreux. Le directeur du groupe Hadafo Média, propriétaire de la radio résume ainsi toutes ces accusations : « Nous sommes suspendus pour avoir simplement rappelé que l’armée manquait de moyens et d’équipements et que cela pourrait être compliqué en cas de crise ». Et oui, oser dire à haute voix que nos avions de guerre ne décollent plus depuis des années – le dernier avait fini tête première sur le toit de la RTG – et que nos blindés sont tous sur cale sèche et rouillés sont de graves crimes chez nous. Un petit progrès quand même car au temps de Satan Touré ça leur aurait valu un séjour direct au Camp Boiro suivi d’une « diète noire » terminale. Ces journalistes peuvent donc quand même remercier le net et FaceBook pour leur bonne fortune.

Tic-tac, Tic-tac, la montre tourne ; aujourd’hui est le 2535e jour de l’ancien « Guinea is back » et du nouveau « changement radical » – déjà 06 ans, 11 mois et 10 jours ! Aladji-Professeur-Président voici ma suggestion SMART (Spécifique, Mesurable, Atteignable, Réalisable et Temporellement définie) du mois pour améliorer un peu votre Sanseman : Prési, avant de nous quitter, très bientôt s’il plait à Dieu, il faut mobiliser l’UA que vous présidez et vos parents français pour trouver un médicament contre le Mal guinéen, cet ensemble de parasites et bactéries qui nous brûlent à grand feu. En effet depuis 60 ans nous sommes paralysés par plusieures maladies chroniques. Elles s’appellent l’ASTonécrophilie, la Forycocoboulimie, la Dadisdélirie, la Konatéthylie et la PPAChristocolombie avec des symptômes inconnus hors de chez nous, ceux qui me viennent immédiatement en tête sont l’Ebola, la Bantamafolie, la Damaroethnicie, la Siakatmacronie, la Gaoualexcitie – mais la liste sera beaucoup plus longue si vous consultez vos concitoyens locaux, des meilleures victimes que moi de ce fleau. Tout ça et notre seul traitement pour le moment est de dire « ce n’est pas grave, c’était la volonté de Dieu » juste avant de mourir, nos corps ensevelis sous nos montagnes d’ordures. C’est ça aussi notre RPG (Rassemblement Populiste Gaffeur) de Guinée. Bon, nous savons que toutes ces maladies sont dues en partie à vos prédécesseurs mais là où on diffère c’est que pour vous ils se nomment Cellou Dalein, Lansana Kouyaté et Sydia Touré. Ceux-ci ne sont en fait que des second-couteaux, des sous-produits inévitables d’un système et de son environnement  qui pourrissent tout et tous sur leur passage, qui a commencé en trombe avec votre modèle Satan Touré et qui a été amélioré ensuite par tous ses élèves-successeurs jusqu’à vous qui avez promis en fin 2010 de remettre nos pendules à Avril 1984. Un de mes amis (Haroun Gandhi) écrivait ce mois-ci que « L’un des paradoxes de la Guinée c’est que les haut-cadres considèrent qu’à cause de leur fonction ils sont forcement compétents alors que partout ailleurs c’est plutôt l’inverse ». Allez espérer l’émergence avec de tels génies dans la cabine de pilotage d’un pays ! En tout cas suite à vos exploits internationaux de dénicheur hors-pair de milliards il faudra obligatoirement soigner toutes ces épidémies et faire le ménage au karcher de notre maison basse avant d’inviter des étrangers friqués à venir y rajouter un 2e et un 3e étage. Tant que nous ne montrerons pas de réels efforts internes pour réorganiser et gérer proprement notre pays, en particulier sa justice et le reste de son administration, je ne vois pas comment un investisseur sérieux pourra même y penser. Il enverra juste quelques émissaires avec des cartes de visites recto-verso pour assister aux réunions de programmation locale en leur disant « Répétez les gros chiffres promis pour qu’ils soient contents puis revenez vite au bureau pour qu’on passe aux choses sérieuses – de toutes façons en 2020 on se retrouvera encore à Paris pour dire les mêmes choses ».

Enfin, boss j’aimerais vous apprendre qu’un grand démocrate Guinéen, le Dr Bakary Diakité que vous avez bien connu (et vice versa) lors de votre long séjour à Paris nous a quitté le dimanche 12. Je le fais car je doute que les troubadours qui vous entourent ne vous signalent une information aussi inutile à leurs petits objectifs personnels. Nous perdons ainsi un ardent défenseur du débat contradictoire civilisé que j’appréciais beaucoup. Vous auriez dû en dire un mot dans l’un de vos discours toujours ennuyeux et répétitifs, pour le remercier de son soutien sincère à cette époque cruciale pour votre présence au pouvoir aujourd’hui. En tout cas ce qui me chagrine le plus c’est de voir partir une autre Guinéen avisé (feu Ansoumane Doré, un autre du même calibre qui nous a quitté l’an dernier) qui aurait sans aucun doute servi de mentor discret aux plus jeunes compatriotes qui seront au pouvoir demain et qui chercheront à relancer notre pays dans le bon sens. Nous disposons en notre seing de toutes les capacités humaines nécessaires pour ce travail indispensable. Ils étaient tous les deux des exemples parfaits de vrais militants pour le changement en Guinée. Leurs plumes étaient leurs armes et elles étaient bien plus puissantes que les simagrées locales de nombreux diaspos dont le principal objectif est de s’immerger à tout prix dans la mangeoire. J’écris ceci pour ceux qui pensent, disent et écrivent souvent « au lieu d’écrire pourquoi ils ne retournent pas pour se battre sur le terrain au pays ? » Souvent, si on veut faire œuvre vraiment utile et éthique on rêve plutôt de jouer un rôle d’observateur averti, d’analyste et de conseiller pour ceux qui en valent la peine, ce qui hélas est si rare chez nous. En tout cas c’est ce que moi je pense en me rappelant le souvenir de ces 2 aînés que j’ai tant admiré pour notre combat commun.

Publié dans 2017 | Laisser un commentaire

Une Nouvelle Voie (Octobre 2017) : 20 jours sans mission hors du pays – Bravo Mr le PPAC

Bienvenue à mon bilan du 22e mois de la Condécratie version 2.0. Je continue mon exploration mensuelle des méandres des décisions importantes pour la Nation prises par nos nouveaux chefs en proposant des pistes de réflexions et d’actions qui pourraient être envisagées pour que le « vrai changement » soit effectif.

  1. Echantillon de paroles et pensées présidentielles du mois:
  • «La quiétude actuelle qui prévaut en Guinée est un bel acquis que nous ne permettrons à personne de le détruire. Nous ne pouvons pas sacrifier notre principe d’une société d’harmonie ethnique et religieuse sur l’autel de la politique politicienne… Je voudrais, avant de terminer témoigner ma reconnaissance au peuple guinéen pour son soutien quotidien dans le cadre de mes charges au niveau de l’Union Africaine en qualité de Président de cette institution. Ces charges prouvent à suffisance que la Guinée est de retour sur la scène internationale… Je vous informe que les festivités de l’indépendance auront lieu à Kankan en décembre (le 01, discours à la Nation à la veille du 59e anniversaire de l’indépendance de la Guinée des colons blancs et de sa dépendance aux colons locaux).
  • « J’ai déjà expliqué les 20 milliards donc je ne vais pas revenir là-dessus. Mais il y a deux choses qui sont fondamentales en Guinée : je n’ai jamais accepté de troc, voilà un milliard donne-moi une mine, voilà deux millions, une mine. Et deuxièmement je n’ai jamais accepté d’hypothéquer une mine. Les entreprises chinoises qui vont exploiter pour être remboursées auront les possessions dans les mêmes conditions que les autres. Mais les réserves de Kamsar sont plus importantes que toutes les réserves qu’on va donner aux Chinois. Donc nous avons tous les pays ici et nous voulons attirer d’autres pays. Qu’on nous dise vous êtes en train de tous donner aux chinois… Moi, je veux développer les ressources de la Guinée ; quand je suis arrivé on faisait 13 millions de tonnes de bauxite alors que nous avons plus de la moitié de la réserve mondiale. A quoi cela sert de dire ‘’scandale géologique’’ si c’est sous terre ? Alors tous les gens, même s’ils viennent de la planète Mars, qui sont prêts à venir exploiter le minerai avec nous, je vais le faire ! Parce que c’est ce qui va nous permettre d’avancer. Ceux qui sont les griots de certaines  sociétés minières n’ont qu’à crier, c’est leur problème… Maintenant les gens qui parlent de mauvaise gestion, le temps est venu de parler de leur gestion devant le peuple. Ceux qui s’agitent je vais m’occuper d’eux. Quand on a un gouverneur de la Banque centrale qui place l’argent dans une ONG alors qu’on place l’argent dans une banque centrale et les gens qui se pavanent-là et qui ont construit plus de 2 millions de dollars dans leurs villages mais on va voir où est parti… (il n’a pas achevé la phrase). Les ministres et les premiers ministres qui vendent les maisons de l’Etat on a vu ça nulle part sauf en Guinée. Tout ça on va demander au peuple de Guinée. J’en n’ai marre que les gens parlent alors qu’ils ont été dirigeants dans ce pays-là et on a vu ce qu’ils ont fait. Alors, il faut que la jeunesse sache la vérité sur qui est qui. Mais on s’est tué pendant longtemps pour s’occuper du développement du pays mais le moment est venu de parler pour montrer qui est qui. Parce qu’on dit que quand tu danses avec un aveugle de temps en temps il faut lui monter sur le pied pour dire qu’il n’est pas le seul. Le moment est venu de communiquer au peuple et dire qu’est-ce qu’ils ont fait. Ils ont été au gouvernement, le président Conté disait ‘moi je ne connais pas si c’est bon, faites pour le pays ’. Moi (Alpha Condé, ndlr) je dis que le Président Lansana Conté n’a aucune responsabilité dans le retard de la Guinée… Je suis le seul Président en Afrique Francophone qui n’a jamais été premier ministre ou président de l’Assemblée. Pendant 40 ans j’étais opposant. Sortez-moi un seul président dans l’Afrique Francophone qui avant d’être président n’a pas été premier ministre ou président de l’Assemblée c’est-à-dire qui n’a pas géré. Moi je n’ai jamais géré, j’ai refusé pendant 40 ans… D’ici à 2 ans, on ne va plus importer du riz. On va manger notre riz local» (le 05, lors de la commémoration de la 50ème journée mondiale des enseignants).
  • « Le malheur de la Guinée c’est qu’il y a de bons cadres mais on fait tout pour que je ne les connaisse pas. Mais je commence à les connaître. Au début je ne connaissais pas parce que je vivais dehors, j’étais un exilé et je ne connais pas les cadres… Cessez de fabriquer l’alcool frelaté qui détruit nos jeunes et nos familles. Si vous ne cessez pas de vous-mêmes je serais obligé d’utiliser la force. J’enverrai des gendarmes et militaires pour qu’ils cassent toutes les usines qui fabriquent l’alcool frelaté… Nous sommes en train d’installer deux usines à Conakry pour la raffinerie parce que l’huile de palme que nous consommons est mal raffinée et ça amène beaucoup de maladies. Quelqu’un est assis, après on vous dit qu’il a un AVC parce qu’on mange mal en Guinée. Alors que nous avons tout, contrairement aux autres pays africains. Nous allons aussi développer des mini-fabrications de transformation d’huile de palme pour qu’on ait l’huile de palme saine. Il faut qu’on se dise la vérité. Tout ça empoisonne et ça engendre des maladies alors que nous avons la possibilité de faire de l’huile plus saine» (le 07, lors d’une inauguration d’un centre de santé à Nzérékoré).
  • « Nous avons bien-sûr le schéma directeur que nous sommes en train de faire avec l’Union Européenne qui comprend le grand-Conakry qui va jusqu’à Kindia mais dans le cas de ce projet de Grand-Conakry, nous allons attacher un cachet particulier à Kaloum. Il s’agit donc de transformer Kaloum et les îles. Mais pour ce faire il faut d’abord transformer les voiries. Le député Baidy Aribot m’a accompagné pour sensibiliser les populations actuelles de Kaloum pour leur faire comprendre que nous allons construire des maisons sociales pour qu’ils puissent déménager afin qu’on casse là où ils sont. Ensuite nous allons construire des immeubles, ils auront droit en fonction de la superficie réelle de leur terrain un appartement selon la superficie du territoire qu’ils occupent. Ils auront à la fois leurs maisons sociales soit à Lambanyi ou à Keitaya (haute banlieue de Conakry) ou peut être à Coléah et ensuite après la construction de leurs immeubles ils auront de nouveau leurs appartements à Kaloum… Notre objectif est de raccourcir ce délai. Ce qui est à moyen terme le ramener à court terme et le long le réduire à moyen terme pour que l’essentiel se fasse avant 2040 parce qu’on ne peut pas construire une ville dans l’anarchie, il faut qu’il y ait un plan de développement… Avant de commencer les travaux j’attendrais que les populations visitent ce schéma directeur afin de recueillir leurs remarques et suggestions » (le 12, lors du lancement du plan directeur de réaménagement de Kaloum et des îles de Loos 2040).
  • « J’ai vu un bœuf qui a une tonne et demie alors que nos bœufs ne pèsent même pas 200 kilos. Cela ne peut pas assurer l’autosuffisance alimentaire et l’exploitation. C’est pourquoi nous avons décidé de mettre en place ce programme d’insémination afin d’avoir des bœufs plus gros mais aussi des vaches qui fournissent beaucoup plus de lait. Nous avons deux usines d’alimentation de bétail qui vont entrer bientôt en fonction. C’est ce que nous attendions pour faire la journée de l’élevage au Fouta au mois de décembre » (le 25, lors d’une rencontre avec des stagiaires guinéens revenus du Maroc).
  • « Mais je ne comprends pas. Moi, je dormais et on m’appelle de partout. Il parait qu’il y a une radio qui a dit que je suis mort…Je crois que vous avez vu hier non quand j’ai rendu visite aux gens. J’ai toujours dit, depuis j’étais opposant que le crachat d’un crapaud ne peut pas entacher la blancheur d’une colombe. Je n’ai pas changé. Ça reste toujours mon point de vue… Bon OK merci beaucoup…» (le 30, suite à une rumeur folle partie d’une radio privée la veille).
  • Pour : enfin il reconnaît publiquement qu’avant d’être Président de la Guinée il n’avait jamais rien géré ! On le savait tous mais c’est rassurant de savoir qu’il en est conscient aussi.
  • Contre : le discours de la fête d’indépendance prouve encore une fois que le chef ne sait vraiment pas ce qui se passe dans le pays. On devrait l’attacher au fà son bureau pour qu’il reste un peu plus au pays et comprenne enfin les réalités du pays profond. Un chef de parti d’opposition (A. Sylla) a même proposé qu’il « souhaite que des prières soient faites pour que le professeur Alpha Condé soit un peu plus présent en République de Guinée ». Néanmoins notre serial traveller présidentiel a fait un petit effort ce mois-ci : pas de voyage pendant 20 jours – un nouveau record national. Quant à la gestion des discours présidentiels c’est une pagaille totale qui y règne maintenant : son discours à l’occasion du 2 octobre s’est retrouvé sur les réseaux sociaux bien avant sa diffusion par les médias d’Etat. Depuis un certain temps les journalistes reçoivent dans leurs boites-mails des communiqués de la Présidence qui n’émanent pas du bureau de presse mais d’individus qui n’ont aucune fonction officielle à la Présidence. Le pauvre directeur adjoint du bureau de presse a du envoyer un courriel à toute la presse pour les informer que toutes les informations officielles de la Présidence doivent être transmises par lui à travers ses mails et de ne considérer aucun autre canal. Décidément les justifications du troc des 20 milliards aux chinois pèsent beaucoup sur le subconscient du boss et à force de vouloir le justifier chaque fois un peu plus maladroitement il s’enfonce progressivement. Son « Je serais obligé d’utiliser la force. J’enverrai des gendarmes et militaires pour qu’ils cassent toutes les usines » est vraiment une bonne confirmation de ses pensées de solutions devant tout conflit chez lui. Et c’est aussi une preuve de sa responsabilité dans les ordres lors des crimes de jeunes par ses miliciens au cours des manifestations pacifiques à Conakry. Par ailleurs boss votre affirmation sur les présidents francophones qui n’ont jamais été premier ministre ou président chez eux est fausse. Sans trop chercher je citerais Ali Bongo au Gabon, Faure Gnassimbé au Togo et Patrice Talon au Benin. Check your facts please avant de vous ridiculiser en public.
  1. Les décisions et actions « positives » du mois :
  • Le 04, nous assistons à une gentille marche pacifique de l’opposition dans les rues de Conakry avec même encore une fois des félicitations et bisous entre le chef de l’opposition et le chef des miliciens du pouvoir.
  • Le 24, nous apprenons par la FIDH que plusieurs militaires dont le général Nouhou Thiam (ex-mateur de la République) et le commandant Sékou Resco Camara (ex-chérif de Conakry) vont être entendus le 13 novembre prochain au tribunal de Dixinn suite à une plainte déposée par 15 victimes (des artisans et commerçants) travaillant aux abords d’une route où le cortège du Général Sékouba Konaté avait été caillassé. Ils sont poursuivis pour des tortures infligées dans la gendarmerie de Hamdalaye le 23 octobre 2010 suite à leurs arrestations arbitraires. Espérons que cela aboutira une belle claque à la culture de l’impunité militaire chronique. Mais bon, c’est en Guinée donc pour le moment c’est plutôt Wait and See.
  • Pour : la veille la section « zélés inconscients » du chef avait vigoureusement interdit la marche en pensant ainsi lui faire plaisir mais la même nuit à 23h30 le boss les drible en autorisant la marche avec une légère modification du trajet, ce que les opposants acceptent avec joie, la gifle aux lèche-bottes étant déjà une victoire pour eux. Dur-dur de faire plaisir à un boss aussi versatile et qui adore tant ridiculiser son entourage pour le rabaisser encore plus. Mais c’est bien fait pour leurs tronches.
  • Contre : en attendant on s’attaque aux petits poissons mais on refuse toujours de parler des éléphants dans la maison, leurs chefs criminels du 28 septembre 2009. Ceux-ci sont trop occupés à se piffrer à Satanya, à part leur bouc émissaire Toumba, en attendant tranquillement leurs retraites dorées. Sauf si…
  1. Les décisions et actions « négatives » du mois :
  • Le 07, le serial flyer dirige ses voiles vers l’intérieur du pays, en Haute Guinée (son fief politique parait-il) et en Guinée Forestière. Au menu, inauguration de 2 centres de santé. La campagne pour le 3e mandat démarre sans finesse. Du coup les rêves les plus fous recommencent à germer chez ces pauvres populations presque à genoux : routes goudronnées, eau et électricité, transformation de leurs sous-préfectures en préfectures…etc. Ses réponses sont cinglantes, claires et précises, du genre « construction d’une maison des jeunes dans moins de 2 mois ».
  • Le 10, le Président Faure Gnassimbé du Togo fait un aller-retour à Conakry pour une rencontre discrète avec son oncle PPAC, l’ex-protégé de son père. Il est venu sans doute pour apprendre comment survivre au pouvoir dans le désordre et la violence sociale dans un contexte de recherche à peine voilée de 3e mandat présidentiel. Il a bien choisi son mentor !
  • Le 11, à l’occasion de la « Journée internationale de la fille », instaurée par l’agence ONU-Femmes il y a 6 ans, l’ONG One (cofondée par le chanteur Bono) a publié un rapport alarmant sur l’accès à l’éducation des filles dans le monde. Intitulé « Accès des filles à l’éducation dans le monde : les mauvais élèves ». Dans ce classement parmi les dix plus mauvais élèves neuf se situent en Afrique : le Soudan du Sud, la République Centrafricaine, le Niger, le Tchad, le Mali, le Liberia, le Burkina Faso, l’Ethiopie et comme d’hab. notre chère Guinée. Et oui, encore une fois dans les têtes de classements – par la queue – dans toutes les évaluations des secteurs basiques du développement. Après près de 7 années ininterrompues du Sanseman du PPAC ça veut dire ce que ça veut dire.
  • Le 11, c’est la reprise des manifestations populaires à l’intérieur du pays, cette fois-ci dans la préfecture de Kérouané, en Haute Guinée. La population exige entre-autres les promesses présidentielles de bitumage de la route Kankan- Kérouané (environ 120 kilomètres) et de construction d’un pont reliant la sous-préfecture de Banankoro à la ville de Kérouané. Elle occupe les sentiers poussiéreux de la ville et tous les services et commerces ont été fermés. Ensuite c’est l’échec des premiers pourparlers menés par deux députés-mamayeurs originaires du coin venus pour calmer la rage locale. Finalement le calme revient après plusieurs jours de pagaille généralisée.
  • Le 12, le boss nous présente tout fièrement son schéma directeur d’aménagement de la commune de Kaloum et des Îles de Loos  « vision 2040 » qu’il fait exposer pendant plusieurs jours au palais du peuple à Conakry pour tous les rêveurs et amnésiques nationaux. Et oui, il veut donc construire un petit Singapour au dessus de nos ordures urbaines – après tout dans ses calculs pourquoi ne pas sauter l’étape du nettoyage ?
  • Le 14, lors de la mamaya hebdomadaire des RPCistes l’un de ses pires bouffons dénommé Malick Sankhon qui est par ailleurs directeur général de la caisse de sécurité sociale (!!) a proposé sa solution radicale contre les protestations régulières des travailleurs du secteur privé sous sa fenêtre pour leur absence totale de couverture sanitaire malgré leurs cotisations mensuelles obligatoires. Il informe tout fièrement l’assistance : « Je prends à témoin le parti, quiconque désormais s’amusera à venir à la caisse pour troubler la quiétude des travailleurs, c’est moi qui le dis, je vous jure, tu ne sortiras par indemne. Qui que tu sois. Depuis hier j’ai reconstitué 2500 à 3000 jeunes dans Conakry. Quiconque s’amuse à nous provoquer, je vous jure, on lui marchera dessus ». Son ancienne milice les « chevaliers de la République » célèbre puis démantelée pour ses exactions passées sur des opposants est donc de retour. On peut quand même lui reconnaître le courage de dire tout haut ce que la majorité des participants dans l’assistance pensait, vu le tonnerre d’applaudissement suite à ses propos.
  • Le 18, ce sont les jeunes de la ville de Beyla en région forestière qui imitent leurs cousins de Boké et Kérouané. L’un des organisateurs de la manifestation populaire explique qu’ils en ont tous marre des promesses mirobolantes lors du précédent passage du PPAC : « La population revendique, entre autres l’amélioration des conditions de l’éducation des enfants de Beyla, l’amélioration des conditions sanitaires, le bitumage de la route entre la frontière avec la Côte d’Ivoire et la région administrative de Kankan, l’achèvement des infrastructures allouées à Beyla lors du cinquantenaire de l’Indépendance organisé en Forêt, la réalisation de la promesse d’octroyer un terrain de football par l’Etat à la jeunesse de Beyla… A bas les promesses fallacieuses ». Les marcheurs bien organisés avec leur propre service d’ordre sont accueillis par des miliciens armés de gaz lacrymogène et de matraques. De l’autre coté c’est l’intifada habituelle qui s’organise. Le bilan du 1e jour s’élève à deux blessés, une case brûlée, des dégâts matériels sur les fenêtres des édifices publiques préfectoraux et l’interpellation d’une douzaine de jeunes qui sont déférés à Nzérékoré pour matage et reformatage en règle.
  • Le 18, lors du conseil des ministres le PPAC a insisté pour que le ministre du transport lui fasse un état d’avancement des discussions sur le projet « Métrobus » de Conakry ! Sacré papy-promesse, il n’a pas son pareil au monde.
  • Le 19, le boss débarque à Istanbul en Turquie pour 3 jours pour observer le Sommet du D8 (8 en développement par opposition au G8 !) au côté du Bengladesh, de l’Égypte, de l’Indonésie, de l’Iran, de la Malaisie, du Nigeria, du Pakistan et de la Turquie.
  • Le 23, nous apprenons que deux programmes de financements ont été accordés à la Guinée par l’Union Européenne. Le second concerne un programme de développement et d’assainissement urbain (SANITA) pour un montant de 60 millions et il est axé sur la gouvernance urbaine et l’assainissement des villes de Conakry et Kindia. Encore un projet pour nettoyer Conakry après les 400 millions USD des chinois promis pour cela le mois dernier ? C’est à ne plus rien comprendre dans cette bouffonnerie de projets redondants et juxtaposés. Depuis 7 ans, chaque année il y a au moins 2 projets sur financement extérieur pour assainir Conakry alors que certains meurent écrasés dans leurs maisons par des montagnes de poubelles.
  • Le 30, suite à une rumeur folle sur son décès dans son palais la veille, le PPAC organise une mamaya folklorique dans le centre-ville entouré de ses courtisans pour nous rassurer qu’il est encore vivant pour le moment. Pour bien faire « à la guinéenne » quatre travailleurs de la radio Gangan FM ont été interpellés le lendemain en tant que boucs émissaires de la fausse nouvelle et leur directeur général passera 24 heures en détention avant d’être libéré provisoirement. Pour un crime aussi grave que de prédire que le Prési va mourir un jour il risque une lourde peine de prison. Le lendemain tous les journalistes de la ville viennent le soutenir moralement à son lieu de détention mais ils en sont chassés par les miliciens du coin à des coups de matraque et de chicottes. Plusieurs sont blessés et leur matériel de travail est détruit. Vives protestations le lendemain par toutes les associations de presse mais comme d’hab. c’est « San fou la mor » pour les autorités militaires et judiciaires. Quant au boss c’est la 2e fois qu’il est déclaré mort en 2 ans (à Tunis et à Conakry) – jamais deux sans trois ?
  • Pour : comme chaque mois, R.A.S…
  • Contre : pour les événements de Kérouané les populations qui battaient encore le pavé le 12 exigent la présence du chef de l’Etat pour calmer leurs ardeurs. Des vidéos amateurs montrent qu’un des députés haut d’en haut a échappé de justesse à une fessée publique magistrale digne des bandits en col blanc de son acabit. Il a été forcé hors de son carrosse et on a pu l’admirer traversant sa haie d’honneur d’accueil dans la ville, à l’image de celle de la série américaine Game of Thrones avec moqueries, insultes (Zéro, Maboule, quitte-la-bas) et autres descriptifs peu flatteurs mais corrects ainsi que jets de sachets d’eau et de la belle poussière qui recouvre la ville. Concernant le plan directeur de Kaloum il est toujours aussi surprenant de constater que personne n’ait éclaté de rire devant ce nouveau show de papy-promesses. Lui-même doit se demander ce qu’il devra bien faire pour que les gens lui disent un jour STOP. La seule promesse que nous voulons c’est qu’il nous débarrasse des montagnes de poubelles. Ce serait au moins un pas concret dans la bonne direction. Nous serions bien plus heureux s’il nous montrait une maquette géante de « Conakry ville propre en 2018 ».

Tic-tac, Tic-tac, la montre tourne ; aujourd’hui est le 2505e jour de l’ancien « Guinea is back » et du nouveau « changement radical » – déjà 06 ans, 10 mois et 10 jours ! Aladji-Professeur-Président voici ma suggestion SMART (Spécifique, Mesurable, Atteignable, Réalisable et Temporellement définie) du mois pour améliorer un peu votre Sanseman : patron je commence par vous féliciter, trois semaines non-stop au pays et 27 jours sur 31 au cours d’un même mois, c’est un vrai exploit pour vous. Il faut continuer les efforts dans ce sens, résistez à vos démangeaisons aériennes et fixez-vous un nouveau défi : restez deux mois entiers avec nous dans votre capharnaüm. L’appétit vient en mangeant, ensuite se sera 3 mois, puis 4 et ainsi de suite – jusqu’à l’exit en beauté en décembre 2020. C’est vrai que nous n’y sommes pas habitués – certains en ont même conclu que vous étiez mort dans votre palais à force d’être resté si longtemps sans voyager ! Mais tout est bien qui finit bien et il vous reste donc un peu plus de 2 ans pour parachever votre Sanseman, inch Allah bien sûr. Par ailleurs dans votre deal du siècle avec les chinois, plus le temps passe, plus nous voyions du brouillard dans cette nouvelle magouille. Un analyste politique (Haroun Gandhi Barry) nous a offert ce mois-ci une remarque intéressante : « Les Chinois ramassent tout, sans tri. Qui a vérifié que les terres qu’ils emportent ne contiennent pas d’or, de cobalt, d’uranium ou que sais-je encore ? » C’est un très bon point dont on n’a jamais discuté clairement et qui pourtant aura des conséquences fâcheuses pour tous quand vous ne serez plus là pour les partager avec nous. Et si cet acharnement à ne vouloir exporter que de la terre brute, sans aucun traitement ni contrôle au départ, n’était en réalité qu’une opportunité d’exporter en même temps d’autres richesses du sous-sol puisque nous sommes d’après vous un « scandale géologique » ? Après tout si nous les couillons n’y voyons que de la terre rouge, eux ils savent ce qu’ils exportent et pourquoi. Je me souviens de la fois où pendant la révolution satanique une cargaison d’ananas de l’OBK en partance pour la Russie avait été contrôlée inopinément par la douane guinéenne. Dans certains fruits étaient dissimulés des diamants bruts. Bien sur après un peu de bruit à Conakry quelques bons bakchichs bien placés avaient fait l’affaire et on n’en a plus jamais entendu parler. Les chinois doivent se dire « comme c’est doux de faire du bizness avec des primitifs du développement – c’est comme les miroirs décorés qui servaient pour le troc avec les richesses des indiens d’Amérique ». Autre question et non des moindres : combien de tonnes de cailloux vont-ils exporter pour ces 20 milliards $ USD ? Les plus optimistes parlent de 6 milliards de tonnes et les plus septiques comme moi pensent plutôt 20 milliards, vu nos capacités managériales à pouvoir contrôler leurs exportations. Donc la tonne entre 1 et 4 $ USD alors que la CBG nous l’achète autour de 10  $ USD pour de la bauxite pourtant asséchée chez nous avant exportation– vraiment le deal du siècle ! Vraiment plus on y réfléchit, plus on comprend que ce contrat risque d’être mille fois pire que les magouilles de Rio Tinto et BSGR réunies, avec toujours les mêmes dindons de la farce minière guinéenne – nous.

Boss, je vous adresse aussi ce petit conseil que j’ai partagé avec un autre compatriote adepte de certains concepts honteux pour nous en tant que Nation. Comment par exemple défendre intellectuellement ce dégoûtant « tous coupables – tous victimes » ? Nulle part ailleurs qu’en Guinée cette idée persiste aujourd’hui, uniquement en raison d’une petite bande de révisionnistes qui l’utilisent pour essayer maladroitement de « blanchir » Satan Touré et pour insulter la mémoire des victimes de son  système ? La « conférence nationale » telle qu’envisagée actuellement n’apportera aucune solution permanente à la colère des victimes et à la malédiction guinéenne car la majorité de ceux qui l’organisent n’ont qu’une seule finalité en tête : exiger le pardon et sa réhabilitation. En échange vous proposez de balayer tous ces crimes sous le tapis et de rebâtir notre pays sur ces charniers cachés et ces plaies ouvertes ? Nous voulons tous la reconstruction de notre pays – pas pour nous car je pense que c’est trop tard pour cela – mais pour nos petits-enfants qui n’ont pas besoin de connaitre la douleur et la rage par lesquelles nous sommes passés. Mais vous espérez y arriver en refermant rapidement et cachant sous votre lit le livre où est inscrit pour toujours tout le Mal que nous avons subi individuellement et en tant que Nation ? Finalement cela me fait effectivement penser que vous luttez vous-aussi pour une réhabilitation forcée de la mémoire de Satan Touré. Et pour cela sachez une fois pour toute qu’une écrasante majorité de guinéens d’aujourd’hui et demain ne se donneront jamais la main pour reconstruire notre pays avec ce subterfuge.

Enfin je partage avec vous un extrait de la lettre de démission ce mois-ci du ministre de la culture du Burkina Faso (Tahirou Barry) : « J’en ai assez de voir notre capitaine s’abonner à la fontaine de réaction, à des actions sans axes en lieu et place d’actions axées sur la satisfaction durable des aspirations des masses. Ces réactions de vieux cowboy désespéré ont mis au rouge tous nos indicateurs avec un plan de développement PNDS qui a lui-même besoin d’un plan d’urgence de sauvetage dans un océan sans rivage ». Ça vous rappelle quelqu’un et quelque part ? La question que je me pose est de savoir quand est-ce que nous aurons dans notre pays un petit marmiton qui osera parler ainsi à  son boulanger de patron ?

Publié dans 2018 | Laisser un commentaire

Une Nouvelle Voie (Septembre 2017) : nouvelle prouesse présidentielle : bailler le pays à la Chine pour 20 ans et foutre le camp dans 2 ans

Bienvenue à mon bilan du 21e mois de la Condécratie version 2.0. Je continue mon exploration mensuelle des méandres des décisions importantes pour la Nation prises par nos nouveaux chefs en proposant des pistes de réflexions et d’actions qui pourraient être envisagées pour que le « vrai changement » soit effectif.

  1. Echantillon de paroles et pensées présidentielles du mois:
  • « Les pays des BRICS et nous avons le même fond de développement ; les pays émergents et les pays en développement peuvent apprendre du développement des pays des BRICS et nous attendons avec impatience les plans spécifiques de financement et autres que les pays des BRICS peuvent fournir aux pays en développement. C’est une attente particulière que nous avons envers la réunion de Xiamen. Renforcer la coopération Sud-Sud, en particulier avec la Chine, est d’une importance primordiale » (le 03, à la veille du sommet des BRICS de Xiamen en Chine)
  • « Malheureusement les conditions dans lesquelles nous avons pris l’indépendance, le Général De Gaulle a estimé qu’il fallait punir la Guinée.  Il l’a fait en complicité avec les Présidents Félix Houphouët Boigny de la Côte d’Ivoire et Léopold Sedar Senghor du Sénégal. C’est ce qui a causé le retard de la Guinée… Depuis 2010, la Guinée a repris sa marche vers l’avant. Si aujourd’hui nous sommes le pays le moins développé de l’Afrique de l’Ouest, nous pouvons être le premier à l’arrivée » (le 03, à la veille du sommet de Xiamen).
  • « Le contenu local, lorsqu’il y a eu les premières manifestations en avril, je me suis penché sur la situation. J’ai convoqué les miniers. Le contenu local veut qu’on emploie d’abord les gens de la région. Mais quand je vois la liste des prestataires je n’ai pas vu un Somparé, un Koumbassa, un Kanté (…). Même si on doit prendre un Condé ou un Diallo mais il faut commencer d’abord par eux. J’ai exigé cela. Les miniers avaient à l’époque décidé à la suite d’une rencontre au palais présidentiel de mettre (à la disposition de Boké) 50 camions. Je leur ai dit qu’il faut monter à 70. Ces camions devaient être utilisés pour transporter la bauxite et générer des revenus permettant leur remboursement. J’ai convoqué mes parents de Boké et leur ai demandé d’aller voir comment exploiter les camions et former des coopératives de jeunes… Il faudrait créer des coopératives qui permettraient aux jeunes d’avoir du boulot… Les ministres des mines, de la sécurité et de l’énergie vont faire une communication pour annoncer les mesures qui ont été prises » (le 16, pour se justifier par rapport la révolte de la population de Boké, lors d’une rencontre avec la presse à Conakry).
  • « Je ne vais jamais accepter le troc, c’est-à-dire argent contre mines. Pourquoi ? Parce qu’on vous donne et que la valeur des mines soit supérieure à un milliard donc vous perdez… Cet argent ce ne sera pas dans les caisses de l’Etat, ce ne sera pas utilisé pour acheter des voitures, ce sera utiliser à bon escient… Au lieu de fantasmer tout patriote devrait en être fier. Pour la première fois, pendant 20 ans la Guinée aura des fonds qui sont consacrés aux infrastructures (routes, chemins de fer)… En aucun cas je ne permettrai que les ressources minières de la Guinée soient bazardées… Conakry n’est pas une capitale. J’ai commencé à discuter avec les habitants de Conakry pour qu’ils acceptent de déménager dans les maisons sociales. On casse, on reconstruit après on leur donne un appartement là où ils étaient parce que le prix de la terre à Kaloum est plus cher pour une maison sociale. Nous allons vous présenter bientôt la maquette de Conakry en 2040… On a mis des bacs à ordures mais au lieu de mettre la saleté dedans vous mettez sur la chaussée. Vous aimez vivre dans la saleté… Déjà, nous avons travaillé avec une société de Singapour qui a transformé ce pays. C’est cette société qui nous a fait le plan de Conakry en 2040. On va bientôt exposer ledit plan au palais du peuple. Ensuite, nous avons le plan de ‘’Grande Conakry’’ qui va jusqu’à Kindia. C’est en fonction de ce plan que nous allons construire la Guinée » (le 16, sur la promesse d’un miracle guinéen permanent pour très bientôt grâce aux 20 milliards USD chinois, lors de la même rencontre avec la presse).
  • « Vous racontez du n’importe quoi ! C’est quand même grave ! Vous allez sur France 24 pour raconter des conneries comme ça. C’est grave ! Comment on peut dire qu’on a cédé. C’est nous qui avons décidé dans le nouveau code minier que toute personne qui aura une concession minière doit donner 15% gratuit au gouvernement guinéen si c’est la bauxite. Si c’est transformé en alumine, alors c’est 7% pour encourager la transformation. Mais on peut prendre les 15 % comme on peut les remplacer par un financement… Pardon s’il vous plaît monsieur. Je n’aime l’impolitesse ici ! Que ce soit la dernière fois sinon vous sortez ! Il ne faut pas raconter d’histoires, adressez-vous au ministère des mines. C’est comme ça que vous discréditez le pays en se mettant à raconter des conneries sur France 24 alors que vous pouvez vous adresser au ministère des mines. Comment pouvez-vous faire des enquêtes si vous n’allez pas au ministère des mines ? Soyez moins prétentieux et allons à l’information, soyez modestes » (le 16, en réponse au correspondant de France 24 et d’un collègue guinéen suite à des questions sur le flou qui entoure l’attribution d’une autre magouille bauxitique à Boké à la nébuleuse société française AMR (Alliance Minière Responsable).
  • « les gens n’accepteront jamais que les problèmes africains soient gérés par des africains. C’est à nous d’imposer cela. Nous sommes pour la démocratie, les droits de l’homme. Montesquieu a dit « vérité en deçà des Pyrénées, erreur au-delà». On ne peut pas nous imposer la démocratie française ou américaine. Les dirigeants africains doivent accepter de se dire la vérité. Les faibles ressources que nous avons nous devons les mettre au service des populations les plus déshéritées c’est-à-dire les femmes et jeunes, non pas au profit d’une minorité… Si nous critiquons les autres il faut qu’on se critique aussi. Il y a la responsabilité de ceux qui nous ont dominés et retardés mais aussi la nôtre. C’est un langage franc que nous parlons. Nous ne sommes plus un syndicat de chefs d’Etat complices mais des chefs d’Etat responsables qui se disent la vérité pour que l’Afrique avance (le 20, lors d’une rencontre avec le personnel africain des Nations Unies).
  • « Les gens ont la mémoire courte. Pendant 2 ans l’opposition a mis des gens dans la rue pour nous empêcher de travailler. Ils l’ont fait pour empêcher la Guinée d’avancer. il faut se dire la vérité. Dès qu’on voit des manifestations sur France 24 les hommes d’affaires se disent ça ne va pas dans ce pays… Aujourd’hui, quand vous venez en Guinée vous verrez. Ce qu’on a fait en 5 ans aucun n’a fait ça en 40 ans, c’est concret… Quand un investisseur venait en Guinée, il fait une nuit au Novotel, le lendemain il repart. Parce que non seulement il n’y avait pas de téléphone mais les draps sont sales, il n’y a pas de climatiseur. Nous avons plus d’hôtels que le Sénégal. Et d’ici 2 ans, nous aurons plus d’hôtels que la Côte d’Ivoire. Demandez aux hôtesses (de l’air), tout le monde veut aller en Guinée (le 28, à Moscou, en recevant les étudiants guinéens dans ce pays).
  • Pour : l’élément positif ce mois-ci est que le boss nous explique le lendemain d’une nouvelle découverte du monde moderne ce qu’il a « obtenu » pour lui et pour nous. Bien sur dans sa sauce gombo habituelle faite d’amateurisme, d’incompétence, d’insouciance, de populisme et de prétention ridicules mais ça on s’y attendait déjà.
  • Contre : il exprime enfin clairement sa vision : il veut couper le cordon ombilical avec l’Occident mais le remplacer par un double cordon, à l’ombilic et à la gorge avec la Chine. En effet, les cinq principes-clés définis de cette nouvelle coopération sont « Le respect mutuel de la souveraineté et de l’intégrité territoriale, la non-agression mutuelle, la non-ingérence dans les affaires intérieures, l’égalité et le bénéfice mutuel de chacun et la coexistence pacifique ». En franco-PPACien cela se résume en « pas de problèmes pour le 3e et même le 4e mandat ». Son explication des causes et solutions pour arrêter la crise sociale de Boké est pitoyable et indique à quel point il est complètement à coté de la plaque guinéenne en ce qui concerne la situation explosive du pays. Franchement il est même pire que Trump quand on lui tend un micro. Et son griot de service (Bantama chaud-show) lâche lors d’une des mamayas RPCiste hebdomadaires « Le Président n’a qu’à nous laisser avec ces gens-là pour quelques jours. Parce qu’ils n’entendront que la voix de la violence ». Et dire que ce type est ministre de la jeunesse, de la culture et du patrimoine historique ! La Guinée nage de plus en plus dans un délire typique des fins de règne de tous les despotes tropicaux du continent. Pour conclure sur les citations du mois je voudrais rappeler celle du Cardinal Robert Sarah, « préfet de la congrégation pour le culte divin et la discipline du sacrement » au Vatican, à Rome. Ce super ministre du Pape François est avant tout une des personnalités les plus respectées par les Guinéens. Il était en vacances chez lui en Guinée et a été interrogé lors d’une conférence de presse sur sa vision de la vie de la nation guinéenne : « Lorsque vous partez de l’aéroport pour rejoindre votre résidence ce qui attriste ce sont les saletés. Je ne sais pas, c’est comme si l’on a perdu le sens de la dignité. Quand un étranger vient et qu’il voit notre ville, est-ce qu’on n’a pas honte ? J’ai vu même les gens qui laissent leurs poubelles au milieu de la rue. Mais moi je n’ai vu dans aucune ville du monde un tel comportement. Alors qu’il n’y a pas longtemps vous avez vécu une tragédie avec Ebola… Alors naturellement cette saleté physique représente les saletés peut-être intérieures, la saleté qui est dans notre corps… Parce que sans moralité, sans discipline, sans travail et le travail demande la sueur, il n’y a aucun progrès. Si l’égoïsme accapare notre vie, notre existence, et bien l’égoïsme accentuera notre pauvreté, notre retard. Pas seulement matériels, parce que Dieu nous a tout donné : la pluie, la pluie qui tombe ici ne tombe pas au Sénégal, ni au Mali. Mais regardez le Mali, le Sénégal, ayons honte de la Guinée.  Nous avons tout ici, nous avons le diamant, nous avons l’or, nous avons la pluie, nous avons une terre riche. Mais nous ne progressons jamais. Si nous ne faisons pas un effort moral, si nous n’avons pas une discipline, si nous n’avons pas un règlement, si nous ne distinguons pas le Mal du Bien et que chacun fasse son travail là où il est, on n’ira nulle part. On a perdu le sens de la dignité ». C’est le sentiment commun de tous ceux qui retrouvent notre capitale après une absence de plus de six mois. Il a néanmoins tort de mettre la population dans le même sac que les autorités locales et nationales dans la responsabilité de cette catastrophe. Il a vu il y a quelques années à quoi ressemblait la ville de Naples en Italie quand les éboueurs avaient fait une grève prolongée. Sans éboueurs les habitants ne peuvent pas avaler leurs ordures quand même, ils n’ont que 2 options, les stocker et les brûler dans leur maison ou les jeter devant chez eux dans la rue. Laquelle choisirait-il pour chez lui Mais mon cher Cardinal mais j’ai une petite suggestion à vous faire : vous l’exprimeriez mieux pour tous en évitant à chaque visite d’aller faire des sourires, bises et salamalecs aux principaux responsables, nos chefs politiques et leaders religieux, devant la TV-PPAC. Refuser poliment de les rencontrer serait pour nous le meilleur indicateur que vous êtes resté toujours aussi intransigeant qu’avant de rejoindre les arcanes diplomagiques du Vatican. Il faut mettre fin, ce qui est beaucoup plus facile à votre niveau, à la pratique satanique créé par Satan Touré  d’aller remercier le chef chaque fois qu’on vient au pays, même quand on désapprouve le « Mal » cité par vous qu’il fait a vos frères et sœurs. Vous voulez dire à haute voix que les Guinéens ont perdu en 60 années presque toute leur dignité et morale ? Faites-le vraiment en ne fréquentant plus les principaux responsables de cette descente sans fin aux enfers et ce jusqu’à ce qu’ils vous convainquent par leurs actes qu’ils ont compris et changé.
  1. Les décisions et actions « positives » du mois :
  • Le 08, le ministre de l’enseignement universitaire annonce des reformes positives dans le sens de l’amélioration de la gestion transparente de son domaine de responsabilité : tous les enregistrements d’étudiants se feront désormais sur un site internet simple et ouvert à tous. Leurs bourses financières seront payées électroniquement dans leurs comptes personnels. Les magouilleurs de son ministère, de celui des finances et des universités privées et publiques sont inconsolables. De plus il annonce que le gouvernement ne donnera plus de bourses qu’aux étudiants du public. Vu la pratique guinéenne de gonflage démesuré du nombre de boursiers c’est une excellente chose pour le futur. Au mieux des primes d’excellence pour la prise en charge partielle des frais universitaires dans l’enseignement privé pourraient être envisagées dans le futur.
  • Le 20, nous apprenons que Mme Fatou Badiar Diallo, le commandant AOB et cinq autres innocents condamnés pour l’auto-attentat contre la chambre à coucher vide du PPAC en juillet 2011 vont être rejugés le 16 octobre prochain par le tribunal criminel de Dixinn. Il faut rappeler que depuis le 27 mars la Cour Suprême avait cassé et annulé l’arrêt du 13 juillet 2013 les condamnant mais que depuis le boss leur refusait même une mise en liberté provisoire comme il l’avait fait pour plusieurs de ses ministres présumés/vrais criminels. Mauvaise humeur et allergie aux noms Diallo et Barry sans doute.  Avec un peu de chances ils reverront la lumière du jour avant son départ du pouvoir en 2020 – s’ils sont encore vivants.
  • Le 25, la CENI fixe une nouvelle date pour les élections communales : le 04 février 2018. Enfin une date fixée même si personne n’y croit vraiment mais bon ça met un peu de baume aux cœurs des politiciens et miséreux rêveurs du bled.
  • Le 26, Les victimes du 28 septembre 2009 portent plainte contre le général Sékouba Konaté au bureau du procureur de la République près le Tribunal de Première Instance de Dixinn territorialement compétent pour cette affaire. Normalement celui-ci a 48 heures pour y répondre (l’accepter ou la classer). Hélas pourquoi avoir attendu 8 ans pour le faire ? Pourquoi une plainte simple sans constitution de partie civile ? Pourquoi n’y avoir pas inscrit en même temps les noms de ceux qui nous narguent du haut de leurs postes ministériels ? C’est ça le problème des Guinéens, ils ne font jamais les choses de manière systématique et entière. En attendant cela va calmer notre tigre édenté parisien qui nous casse les oreilles avec ses griots du net pour se créer une image de sauveur de la Nation en oubliant de rappeler ses prouesses de voleur et de criminel de la Nation. Et cela pourra faciliter et accélérer l’action de la justice tant Guinéenne qu’internationale contre lui. Voila ce qui arrive quand un criminel veut faire le buzz permanent dans la presse au lieu de s’enterrer dans un trou bien sombre en essayant de se faire oublier de ses victimes – allons toun !
  • Le 28, date du 8e anniversaire du massacre et de viols de plus de 150 innocents au stade du même nom, une nouvelle « avancée » du dossier est promise. Suite à une rencontre le 27 entre le ministre de la justice et les associations FIDH, AVIPA et OGDH, Mme Asmaou Diallo, Présidente de l’AVIPA, l’association des victimes, annonce à la presse : « Mr Le ministre de la justice a assuré à nos organisations que l’instruction judiciaire serait clôturée avant la fin du mois d’octobre. Les victimes ne peuvent plus attendre et demandent à la justice guinéenne qu’elle tienne cet engagement après plusieurs promesses non tenues ».  Mais puisque ce ministre est lui aussi gentiment surnommé le « tonton-promesses » du gouvernement à l’image de son boss « papy-promesses », nos saurons très bientôt s’il a encore menti. Avant la fin de cette chronique mensuelle.
  • Pour : un peu d’humour PPACien pour débuter : le 14, un buzz indéterminé sur le net local a affirmé qu’une importante somme de devises étrangères avait été piquée de la chambre à coucher du boss dans son palais. Un de ses proches conseillers dément aussitôt : « Je vous dis tout de suite que ce n’est pas vrai. On me dit que l’argent a été pris dans la mallette du Président en son absence. C’est incohérent, il voyage toujours avec sa mallette ». Voleurs de tous les pays, vous êtes maintenant prévenus pour chacune de ses très prochaines escales chez vous. Les blagueurs racontent que quand le PPAC a été informé de la catastrophe alors qu’il était à près de 600 km (Kankan) pour assister aux funérailles d’une personnalité du coin, il aurait hurlé « Ehhh Allah, ces bandicons on volé mon larsan (l’argent) » et il aurait couru comme un dératé vers son hélicoptère en oubliant tout protocole, pour aller évaluer les dégâts encourus.
  • Contre : ce ministre de l’enseignement supérieur essaie vraiment de ramener la gestion de nos universités aux normes du XXIe siècle donc il se trouve de fait sur un siège éjectable au prochain remaniement. Personne n’a le droit de toucher aux intérêts acquis, surtout ceux des voleurs professionnels de notre administration publique. Et il y a 90% de probabilité que le business as usual reviendra le lendemain de son départ. Finalement nous sommes le 30 septembre et pas un mot de « tonton promesses » sur la clôture promise et assurée aux associations de l’instruction judiciaire sur les crimes du 28 septembre 2009. Il nous dira lundi qu’il ne savait pas que ce jour était non ouvrable ou alors qu’il voulait dire le 31 septembre et qu’il attend toujours cette date dans le calendrier. L’un ou l’autre, lui aussi est devenu en très peu d’années un pur fils du PPAC.
  1. Les décisions et actions « négatives » du mois :
  • Le 01, c’est reparti : la navette interplanétaire Condé-02 repart cette fois-ci vers Xiamen (Chine) pour le sommet de la BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et South Africa). Nous attendons avec impatience l’unique résultat de notre participation à ce sommet : la photo officielle du 1e Petite consolation quand même : il a quitté Conakry par le vol régulier Air France.
  • Le 05, le PPAC a finalement osé le faire signer et annoncer officiellement par son Madoff national. Lui et sa bande de requins insaisissables ont signé avec le gouvernement chinois le contrat de leur vie. Sur le plan personnel 20 milliards US avec les commissions virées directement à Shanghai et Dubaï. Pour nous ce sera des projets cheap en qualité, surfacturés à 500% et avec main d’œuvre cadre à 90% de bagnards bannis chinois et mort progressive de l’environnement du pays (agriculture, rivières et pêche artisanale). Le tout  en échange de tous les cailloux et terres rouges des préfectures de Boké, Boffa et Gaoual.
  • Le 08, papy-promesses fait encore plus fort : il fait annoncer un prochain métro-bus à Conakry ! Le projet est le fruit d’une prochaine coopération Guinéo-Turque, financé par eux seuls bien sur. Le tronçon Kaloum-ENTAG (haute banlieue) devrait constituer la première phase du plan. Il faut prier pour que le matériel soit un peu plus neuf que le récent don de bus du même pays (17 ans d’ancienneté mais avec peinture métallique neuve) et que ce métro sera souterrain et aérien pour contourner les montagnes de poubelles sur nos rues goudronnées.
  • Le 09, le boss débarque à Astana au Kazakhstan pour participer au 1e sommet pour la science et la technologie de l’organisation de la coopération islamique (OCI) ! Il doit être le premier officiel guinéen à y mettre les pieds. Il fait vraiment tout pour ne pas retourner à Conakry. De là c’est un vol direct chez lui, à Paris. Vu son discours de Xiamen où il n’a pas hésité à pérorer du haut d’une tribune officielle que « La France est en partie responsable du retard de son pays » l’escale de Paris c’est surtout pour dire un gros « pardon patron, je blaguais seulement ». Je rappelle qu’il a quitté Conakry depuis le 01 septembre.
  • Le 11, les manifestations urbaines contre les pénuries d’électricité (en pleine saison des pluies) reprennent plus violemment à Boké, vous savez la préfecture d’où part presque toute la terre rouge de Guinée. Les jeunes organisent des manifestations un peu partout à travers la ville, brûlent des pneus et  érigent des barricades avec des gros troncs d’arbres sur  les principales artères  pour empêcher la circulation des engins en particulier les camions des compagnies minières de la place. En plus ils scandent des slogans hostiles au pouvoir et aux forces de l’ordre. Le bureau de la gendarmerie est saccagé par des jeunes en furie. Comme d’hab. il fait envoyer ses miliciens qui tirent à balles réelles sur les manifestants. Ces pauvres gens sont pillés 24h/24 mais il voudrait les voir la fermer et dormir avec des lampes tempête. Au finish c’est de nouveau 2 morts et une soixantaine de blessés dont des dizaines par balles « perdues ». Finalement son bizness de 20 milliards sur le dos des Guinéens et en premier ceux de Boké risque d’être la gourmandise de trop et le démarrage de la chute de son système mafieux. Ce sont les excès de confiance et de foutaises qui l’emporteront comme avant lui Hissein Habré, Bokassa, Idi Amin, Gbagbo et plus récemment son complice en crimes guinéens Blaise Compaoré, avec chaque fois la chute du chef et de son régime pourri.
  • Le 13, on peut lire sur le site de l’ambassade des USA à Conakry : « A compter du 13 septembre 2017, l’ambassade des Etats-Unis met un terme à la délivrance des visas B, F, J, et M aux officiels Guinéens ainsi qu’aux membres de leurs familles proches, avec quelques exceptions limitées.  Selon l’article 243 (d) de la Loi sur l’Immigration et la Nationalité, à la requête du Secrétaire à la Sécurité Intérieure pour cause de refus d’un pays en particulier d’accepter ou de retarder de manière déraisonnable le retour de ses ressortissants, le Secrétaire d’Etat doit ordonner aux officiers consulaires de suspendre la délivrance des visas jusqu’à ce que le Secrétaire à la Sécurité Intérieure l’informe que le pays en question a accepté le retour ces individus ». Je vous en parlais le mois dernier – ils sont passés à l’acte. Voila ce qu’on appelle taper là où ça fait vraiment mal, leurs intérêts personnels. Maintenant même nos compatriotes qui n’ont aucun problème aux USA obtiendront des visas d’expulsion si Trump le demande.
  • Le 15, à Boké c’est ensuite le siège préfectoral du RPCé qui est saccagé par les manifestants. Le 1e responsable a échappé de justesse au braisage national et à la mise à sac totale de sa belle résidence. Toutes les écoles sont fermées, toutes les sociétés minières sont aux arrêts et la ville ressemble à la bande de Gaza les mauvais jours israéliens. Le nombre de blessés et de dégâts matériels augmente par dizaines. Les « sages et autorités morales » demandent le retrait immédiat de la ville des milichiens du pouvoir pour éviter la déflagration finale. Ce qui est pourri finit toujours par sentir…
  • Le 16, c’est un nouveau lancement réussi de notre navette pour New York pour participer à la 72e assemblée générale des Nations Unies. Le pays peut bruler, lui il a plus important à faire, revoir ses potes (qu’il a quitté il y a moins d’une semaine) et participer à leur fête annuelle aux USA.
  • Le 20, les milichiens permettent une nouvelle marche pacifique des opposants sans kalaches et autres engins de mort. Malheureusement des incidents éclatent au retour entre les manifestants et les agents de la sécurité aux ronds-points de Hamdalaye et Bambéto et rebelote le lendemain. Le bilan final est donc de 2 jeunes élèves tués par balles inconnues et près de 70 blessés dont une douzaine également par balles. Et oui, il pleut des balles à presque chaque marche à Conakry – déjà plus de 80 enfants accompagnés au cimetière. Il n’y a eu que 2 ou 3 exceptions à cette règle stricte du pouvoir. Pourtant plusieures sources sérieuses avaient signalé que les policiers et gendarmes n’étaient pas armés en quittant leurs bases le matin. Il faut reconnaître que plusieures vidéo montrent clairement les provocations excessives et dangereuses habituelles par des bandes de casseurs délinquants et drogués, des mineurs écervelés et cette dangereuse « section motard » lâchée sans contrôle par les opposants lors de ces marches. Néanmoins la réponse adéquate à ces provocations n’est sûrement pas des coups de kalache. Et le pire c’est que dans la presque totalité des cas les dégâts de ces écervelés se font sur les personnes, véhicules et boutiques des supporteurs de leur cause, preuve qu’il s’agit plus de loubards désœuvrés que de vrais militants de l’opposition qui n’arrive pas en réalité à contenir ces hordes qui cassent tout en son nom sur leur passage. Un journaliste indépendant a même décrit « Des citoyens revenus de la Mecque qui ont eu recours à leur turban pour que des jeunes visiblement drogués les laissent passer » Allah Akoubar !
  • Le 25, nouveau décollage réussi de notre navette planétaire, cette fois-ci pour Luanda (Angola) pour participer au couronnement du petit nouveau membre du club des Rois africains. Sur la photo-souvenir ils sont tous présents au 1e rang de la tribune officielle. De là c’est cap Moscou pour vendre ce qui reste de mon pays. Ehh Allah, il ne reste plus que le terrain sous la case de ma grand-mère à Yembering à vendre ! Petit sourire : le jet privé gracieusement affrété par le Président Poutine était estampillé en large sur le cockpit « République de Guinée » avec le drapeau national en logo. Vraiment il sait comment caresser l’ego de nos dictateurs tropicaux avant de les dépouiller de leurs richesses – et ça marche à chaque fois, depuis notre « indépendance » il y a près de 60 ans.
  • Pour : comme chaque mois, R.A.S…
  • Contre : concernant la grosse magouille financière chinoise lisez les détails hallucinants de ce deal révélés par sa cheville ouvrière, le ministre conseiller aux affaires chinoises Kassory Fofana : « La réunion d’aujourd’hui aboutit à la conclusion d’un programme de 20 milliards de dollars américains de 2017 à 2036. Vingt milliards de dollars contre la mise à disposition progressive de nos ressources minières. Les entreprises chinoises qui se verront attribuer des permis et des conventions aideront à rembourser à même les revenus pour la Guinée de ces ressources minières, ce grand programme de financement. Dans l’immédiat, ce programme de financement pour cette année et l’année prochaine concerne une enveloppe de 1 milliard 200 millions de dollars pour les projets de route Coyah-Mamou-Dabola, pour l’assainissement et les voiries de Conakry pour lesquels on va mettre quelque 250 millions de dollars, pour la réhabilitation et l’extension d’une grande université pour cette année et l’année prochaine. Parlons d’un paquet de quatre universités sur les quatre régions naturelles de la Guinée pour plus de 300 millions de dollars et enfin la ligne de transmission Linsan-Fomi de manière à permettre à la Haute Guinée d’accéder aux ressources énergétiques de SouapitiTrois milliards de dollars à décaisser immédiatement. Cette enveloppe est un mixte de dons et de prêts. Les dons concernent notamment la construction du parlement guinéen. L’accord vient d’être signé. Nos députés vont avoir leur nouveau bâtiment digne de nom. Il y a des dons qui concernent l’extension de l’hôpital sino-guinéen, du matériel agricole et des petites aides concernant le protocole, les véhicules, les ambulances, etc.». Et pour justifier il nous lance en nous prenant pour des couillons : « La meilleure option c’est de travailler avec l’argent des autres, vous rentabilisez les capitaux et vous remboursez vos dettes. C’est un principe connu en matière de finance ». Mais le lendemain les gourous de la Présidence à Conakry publient un texte rectificatif où on nous présente une liste détaillée et des montants spécifiques des projets prévus en 2018 qui ne sont pas les mêmes que ceux de la veille ! Ils s’en foutent de toutes façons car ils ne seront pas la pour rembourser. J’ai tout lu et relu mais je ne suis toujours pas clair sur les détails de ce qui nous attend. Nulle part ne ressort les garanties de check & balance, des sociétés privées inconnues et choisies unilatéralement par les Chinois donc sûrement des vaches à lait de leur gouvernement. Rajouter les mots « société occidentale de contrôle » sans aucun détail ça veut bonne gestion assurée ?  Les contrat et appels d’offres seront donc approuvés uniquement par des banques chinoises sous contrôle du Kassory Compagnie SARL ? Aucune gestion financière des prêts par la Guinée ? A l’administration guinéenne de se débrouiller pour se montrer efficiente pour gérer 20 milliards USD alors qu’elle est incapable de le faire pour les projets développement en cours (inferieurs à 50 millions USD) qui ont un taux de décaissement moyen autour de 30% ? Aucun mot sur la capacité d’absorption de tous ces financements ? J’avais plutôt l’impression d’écouter Mister Madoff qui essayait de justifier la validité de son Ponzi scheme. Selon le site financier africain FINANCIAL.AFRIK du 08 septembre : « Contrairement aux autres sociétés installées en Guinée comme CBG ou RUSAL qui elles font des opérations de la chaine avec un processus de transformation préalable (concassage, broyage, séchage avant l’expédition) la SMB chinoise se contente de transporter tout sans aucun traitement préalable donc au passage des milliers d’emplois sont perdus pour le pays. Mais ce qui est incompréhensible et peut-être inacceptable pour tous c’est le prix de la tonne vendue aux sociétés chinoises (4 USD par tonne) par rapport à ce que les autres compagnies payent à l’Etat Guinéen  (10 USD) ». Ils se vantent en plus que pas un seul sous ne transitera dans les comptes publics nationaux car nos cadres sont des malhonnêtes incontrôlables capables uniquement de commander des Land Cruiser, et donc tous les décaissements iront directement dans des « comptes spéciaux ouverts quelque part d’autre ». Les emmerdes des audits futurs sont du coup déjà pris en compte et prévenues. On comprend mieux maintenant ce que le PPAC voulait dire en lançant la ZES de Boké en Chine, on pensait naïvement que cela voulait dire Zone Economique Spéciale mais en fait il voulait dire Zone Explosive Sociale. Penser que le problème de Boké est uniquement dû à l’absence d’électricité et d’eau courante est vraiment d’une naïveté incommensurable. Comme solution définitive pour empêcher toute nouvelle crise il pense vraiment que quelques groupes électrogènes feront l’affaire ? Tant que le fond du problème ne sera pas discuté franchement et résolu – le pillage des habitants par des sociétés minières qui empochent des milliards et passent tous les jours à parler sur le net et à la TV du « contenu local » de leurs projets avec des réhabilitations d’une école, d’un centre de santé, d’une mosquée et quelques millions GNF donnés aux responsables voleurs – et bien ils n’auront pas de mois sans nouvelle crise dans le coin. Ils veulent la paix pour longtemps, ils devront y mettre le prix réel de ces échanges, pas des sparadraps sur des frustrations justifiées. Quelqu’un pourrait-il expliquer cela aux libanais, Emiratis et leurs secondes mains locales qui gèrent toutes ces affaires fumeuses du PPAC a Boké ? Imaginez par ex. une société minière comme Rio Tinto qui proposerait ce contenu local aux populations qui avoisinent les mines qu’elle exploite au Queensland et à Pilbara en Australie ! Mais comme nos chefs sont des nigauds cupides ces requins vont toujours essayer de faire des profits à moindre coût comme toutes les sociétés capitalistes du monde et encore plus en Guinée. Un compatriote avisé (K. Ba) a bien résumé la situation ce mois-ci : « La manifestation dans la région de Boké n’est qu’une partie infime et visible de l’Iceberg en ce qui concerne l’exploitation de nos mines en Guinée par les multinationales. La revendication territoriale, l’environnement et l’emploi constituent les principaux enjeux pour les jeunes diplômés sans-emplois et les futures générations. Car l’enjeu principal de l’eau et l’électricité en termes de revendications ne sont que primaires. Ils (les jeunes de Boké en particulier) vont bientôt réclamer la politique de récompense minière, le plein emploi, les logements sociaux, le bon état des lieux et des routes, l’accès facile à la mer pour la pêche artisanale, etc. Enfin de compte, un développement durable économiquement parlant dans tous les domaines, sinon c’est très facile de bloquer l’évacuation des minerais de bauxite et autres ressources naturelles de la région. Même l’armée ne pourra rien faire contre la pauvreté ou misère pour les arrêter. Un effet multiplicateur risque fort bien de se reproduire dans d’autres grandes villes minières du pays : effets d’entraînement ou imitation». Hélas comme au Burkina où c’est la rue qui a viré Compaoré du pouvoir, ses plus proches complices et potes, plus malins que lui, avaient eu la finesse de le quitter la veille pour hurler encore plus fort le jour J que les vrais victimes de leur système de gouvernance. Du coup c’est eux qui dirigent le pays aujourd’hui. Les griots des Kassory, Sydia, Makanera, Papa Koly, Sylla Futurelec, Baidi et autres toupies politiques locales savent bien qu’en fin de compte ce sont peut-être leurs chefs qui prendront le pouvoir après le départ du PPAC. On les voit progressivement sauter du navire RPCiste avant que la coque ne cède sous les coups répétés de l’iceberg social – et dans ce domaine ce sont des pros.

 

Tic-tac, Tic-tac, la montre tourne ; aujourd’hui est le 2474e jour de l’ancien « Guinea is back » et du nouveau « changement radical » – déjà 06 ans, 09 mois et 10 jours ! Aladji-Professeur-Président voici ma suggestion SMART (Spécifique, Mesurable, Atteignable, Réalisable et Temporellement définie) du mois pour améliorer un peu votre Sanseman : Koro Prési il faut dire à votre ministre des mines de cesser de nous insulter à la télé. Il a eu le culot de dire, suite à la présentation de votre opaque projet « troc de bauxite contre infrastructures peut-être » avec des requins politiques et financiers chinois : « C’est juste pour dire qu’aujourd’hui nous avons posé des bases d’une diversification véritable de l’économie guinéenne. Quand nous arriverons à réaliser en tant qu’Etat tous ces investissements-là dans les infrastructures et dans tous les autres secteurs économiques sociaux prioritaires, l’économie sera moins dépendante des mines et ça sera l’objectif final. Il s’agit alors d’aller vers cet objectif commun de diversification. Je serai très certainement le plus heureux où que je serais en ce moment quand les mines représenteront une partie infime d’une économie largement plus grande que celle que nous avons aujourd’hui ». Avez-vous tous les deux lu la série de rapports écrits dans la presse spécialisée sur les catastrophes économiques et sociales produites par ce genre de montages en Asie et en Afrique en particulier au Congo Brazza, en Angola et au Mozambique ? Savez-vous qu’il n’existe aucune success story dans ce domaine et que tous ces pays qui s’y sont aventurées ont fait demi-tour trop tard après beaucoup de larmes, d’insultes et de procès à leur ex-partenaire chinois ? Citez un seul exemple de réussite de ce genre de montage dans un pays en développement. Bon Dieu si vous ne lisez pas demandez alors des notes résumées en une page aux 50 ministres d’Etat-conseillers de votre garage présidentiel. Il y est vrai que, vu les bonnes affaires personnelles qu’ils espèrent engranger il n’y que peu de chance que leurs conseils soient avisés. Boss, avec ce nouveau machin vous avez vous-même planté les derniers clous dans votre cercueil de pire Président de la Guinée du XXIe siècle, ce sans même connaitre vos successeurs. Je sais que c’est le cadet de vos soucis et que dans 3 ans vous rigolerez en nous traitant de dégénérés naïfs et incurables depuis votre palais de Dubaï mais franchement je n’aimerais pas être votre fils Junior Palladino qui dira probablement adieu en même temps que vous à notre pauvre pays en décembre 2020. Bon débarras ! Si au moins vous aviez consacré cette somme à la préparation et l’organisation de la CAN 2023 (stades, hôtels, aéroports, routes, équipements lourds, communications…) j’aurais eu un petit espoir que ce serait au moins dans le cadre d’un vrai investissement porteur de résultats garantis y compris sur le plan économique. J’ai vu le Mali avant et après sa CAN et croyez-moi ce projet bien intégré de développement a changé radicalement l’image et la vision d’avenir de notre voisin. Mais une route chinoise qui sera sûrement amenée par morceaux découpés dans des containers de Pékin et qui sera de nouveau un champ de patates dans 10 ans, un palais pour l’Assemblée Nationale alors que les députés qui y siègent n’atteignent que rarement 60% de quorum, un 14e projet « nettoyer Conakry » (deux tous les ans depuis 2011) alors que même les Suédois ont promis il y a quelques mois de venir ramasser gratuitement nos poubelles pour en faire de l’argent chez eux et quatre universités du peuple style Lénine toutes neuves mais sans électricité et eau dans 5 ans, sans enseignants de qualité internationale, avec des labos pillés au bout de 2-3 ans par les élèves et leurs profs et avec des bacheliers à 60% illettrés – vraiment dites à vos porte-paroles que nous ne sommes pas un troupeau de moutons aveugles à qui on peut oser débiter cette liste en nous regardant droit dans les yeux.

Publié dans 2017 | Laisser un commentaire

Une Nouvelle Voie (Août 2017) : vacances présidentielles italiennes au dessus d’une décharge d’ordures mortelle

Bienvenue à mon bilan du 20e mois de la Condécratie version 2.0. Je continue mon exploration mensuelle des méandres des décisions importantes pour la Nation prises par nos nouveaux chefs en proposant des pistes de réflexions et d’actions qui pourraient être envisagées pour que le « vrai changement » soit effectif.

  1. Echantillon de paroles et pensées présidentielles du mois:
  • « Les mariages précoces sont très fréquents ; ça les déforme et les empêche d’étudier. Lorsque j’ai rencontré les imams ici je les ai interpellés parce que ces mariages ne se font pas à mairie, mais au niveau des imams. Très souvent ce sont les imams eux-mêmes qui épousent ces petites filles » (le 01, lors d’une des mamayas hebdomadaires au palais du peuple)
  • «  Il est important, tout en apportant un soutien total de l’Union Africaine (UA), d’agir auprès de nos partenaires en particulier la France pour qu’on accélère le G5 pour que l’Afrique reste en première position pour défendre la sécurité de nos citoyens. Nous demandons à nos partenaires de faire les efforts requis pour que les troupes du G5 soient opérationnelles dans les plus brefs délais notamment en mobilisant les 400 millions de dollars de financement. Aujourd’hui, les terroristes, ce ne sont pas seulement les Touaregs, il y a aussi les Mandings, les Peuls, les Mossis» (le 14, parlant sur France 24 suite à l’attentat terroriste de Ouagadougou survenu la veille).
  • « Vous savez il y a une réponse immédiate qui est l’organisation militaire mais la réponse définitive est la lutte contre la pauvreté et l’injustice car si le terrorisme se développe c’est parce qu’il y a de la pauvreté. Nos frères des cinq pays ont fait une contribution financière nous allons voir également à l’UA ce que nous pouvons faire mais il faut renforcer la plaidoirie auprès de nos amis. Pas seulement nos amis occidentaux mais nos amis des pays arabes et de l’Asie, etc. Pour que chacun comprenne que le terrorisme est un phénomène mondial » (le 17, à Ouagadougou lors d’une visite de soutien suite à l’attentat).
  • « Je suis un peu Burkinabè » (le 17, interview avec la BBC).
  • « Il est évident que c’est nous seulement Africains qui pouvons assurer la sécurité de nos pays. Vous ne pouvez pas demander à des Asiatiques ou des Pakistanais de venir mourir chez nous. On voit un peu ce qui se passe avec les casques bleus qui sont plus de 20.000 au Congo Kinshasa depuis des années mais il y a toujours autant d’insécurité. Les terroristes attaquent à des endroits où il y a beaucoup d’expatriés afin d’avoir un grand écho. Malheureusement nos amis (occidentaux) ont des réactions qui ne sont pas correctes. Parce que s’ils demandent à leurs citoyens de ne pas venir (chez nous) ils enfoncent davantage nos économies. Quand il y a eu des attaques (terroristes) en France on a été solidaire. On n’a jamais demandé à nos citoyens de ne pas aller chez eux » (le 17, interview à Ouagadougou).
  • « Tous les problèmes en Afrique sont dus à des ingérences de l’étranger. Il est important qu’on continue de parler d’une seule voix même si certains états africains ont des réserves. Mais nous allons dépasser ces considérations et nous soutenir » (le 19, à Kigali lors de l’intronisation de Kagamé pour un 3e mandat présidentiel).
  • « Il est extrêmement important qu’on mette de l’ordre dans l’habitat à Conakry afin d’éviter d’autres drames comme celui de Dar-Es-Salam. Plus jamais des maisons ne seront construites dans des endroits accidentés. On ne peut accepter qu’il y ait des maisons situées dans des endroits marécageux ou autres. Mais on va prendre des dispositions au niveau du gouvernement parce que des drames comme ça peuvent être beaucoup plus graves si on ne prend pas des dispositions rapides » (le 23, suite à une visite sur le site du décès de 9 personnes lors de l’éboulement d’une décharge de détritus en pleine capitale).
  • Pour : en tout cas il a dit vrai concernant une clique importante de nos imams : c’est eux qui marient les filles de moins de 16 ans, les épousent régulièrement, leurs font parfois la cour la nuit dans les quartiers et ne manquent pas de justifier l’excision et le port de la burqa dans leurs prêches. Mais dès qu’il s’agit de voyager à l’étranger et assister à des séminaires bien garnis pour la lutte contre ces fléaux ils sont toujours sur les 1e rangs au journal télévisé. Imaginez que nous sommes 2e pays au monde par la queue pour la pratique de l’excision avec près de 97% de filles qui le sont encore !
  • Contre : vraiment le boss est incroyable : il supplie les européens et éventuellement nos frères asiatiques et arabes de nous offrir d’ici la fin de l’année 400 millions d’Euros pour lutter contre le terrorisme au Sahel alors qu’il nous disait les semaines précédentes qu’il avait déjà acheté les ciseaux pour couper net et sans bavure le cordon ombilical qui nous lie à nos bienfaiteurs. Ou bien le cordon-là n’inclut pas leur pognon ? Quant au drame de la décharge d’ordures mortelles de Ratoma le 22, il nous balance le lendemain un discours creux avec aucune action punitive prise contre les vrais responsables de la catastrophe que sont les chefs du gouvernorat, de la mairie et du quartier. Juste quelques promesses vagues que tout sera fait (par ses prières) pour que ceci n’arrive plus jamais à l’avenir.
  1. Les décisions et actions « positives » du mois :
  • Le 02, la marche pacifique de l’opposition se déroule effectivement de manière bon-enfant avec même des éloges du boss des gabelous au chef des opposants pour être descendu de son 4×4 à leur niveau pour leur serrer les mains.
  • Le 15, notre PPAC l’Africain fait un aller/retour vite fait à Freetown pour soutenir la Sierra Leone après la catastrophe des torrents de boue et d’eau qui ont fait plus de 300 morts dans la capitale. Il y était pour présenter nos sincères condoléances au gouvernement et au peuple léonais suite à cette stratégie. Enfin, un bel exemple, si rare chez lui, de compréhension de ce que devraient être les rapports et liens entre pays de la CEDEAO. Demandez au Sénégal, à la Cote d’Ivoire et au Liberia de vous en dire plus sur sa méconnaissance du sujet.
  • Le 16, l’association des victimes, parents et amis du 28 septembre 2009, (AVIPA) a lancé un atelier de concertation sur la saisine de la Cour de justice de la CEDEAO. Elle envisage maintenant de saisir les juridictions supranationales en vue d’accélérer le traitement judiciaire de ce drame national. Bravo mais dommage qu’elle ait attendu 8 années pour le faire. Cela soufflera sans doute sur les braises dormantes sous la carapace de notre vielle tortue qui ralentit volontairement ce procès de crimes contre l’humanité jusqu’à son départ du pouvoir.
  • Le 17, le boss fonce de nouveau à Ouagadougou pour présenter nos condoléances aux Burkinabè après l’attentat terroriste du café Istanbul.
  • Pour : concernant la marche de l’opposition le service d’ordre dans les points les plus chauds du parcours était enfin assuré exclusivement par les associations de l’opposition, ceci justifiant cela. Il y a eu néanmoins 1 mort et 3 blessés mais uniquement suite aux excès d’acrobaties des hordes de motards et un journaliste molesté par des personnes non identifiées officiellement. Bref, la preuve qu’une marche pacifique est bien possible en Guinée – il suffit juste que le PPAC tienne ses miliciens sauvages par une laisse serrée avec des promesses fermes de chicottes en cas de dérapage et ça tout le monde le dit depuis 2011. Le Président Trump a passé une sacrée savonnette au club des mafieux de l’UA suite à la question pleurnicheuse habituelle d’un journaliste-mendiant africain, du genre « combien tu vas nous donner ?» lors d’une interview aux USA : « Ces dirigeants veulent simplement avoir toute la liberté d’opprimer leurs propres peuples. Ils veulent que personne ne leur pose la question. Ils sont trop gourmands et ne se soucient pas du peuple. Ce qui les intéresse, c’est d’accumuler la richesse des contribuables. Ils manquent de discipline et de cœur ». Il sait de quoi il parle dans ce franc-parler entre dictateurs intercontinentaux. Après cela le PPAC sait ce qui l’attend désormais : pas de cadeaux financiers discrets, pas d’invitation de si tôt à la Maison Blanche et une promesse ferme de coup de poing au menton en cas de velléités confirmées de 3e Suffisant pour le décourager ?
  • Contre : pour les missions de condoléances internationales c’était acceptable au début mais attention il commence déjà à exagérer comme d’hab. Bientôt ce sera même pour les accidents de circulation dans la sous-région. Et dire qu’il ne l’avait jamais fait avant ces 2 cas pour les morts massives infligées par ses miliciens (Zogota et Womey par exemple) et sur nos routes au niveau de son propre pays.
  1. Les décisions et actions « négatives » du mois :
  • Le 01, nouvelle mission-bidon en Arabie Saoudite. Tout juste pour ne pas être là le lendemain pour la manifestation de ses opposants – coup classique depuis 2009, avant même qu’il ne soit Président. Egalement pour fuir le pire de la saison des pluies avec la puanteur des poubelles de Conakry. La liste des personnes qui l’ont accueilli à Ryad cette fois-ci n’inclut que des seconds-couteaux (ministre de l’agriculture entouré d’une panoplie de quelques princes désœuvrés de service). Les hauts d’en haut du bled en ont marre maintenant d’aller le recevoir tous les mois chez eux.
  • Le 03, c’est un PPAC à deux doigts du surmenage qui débarque en Italie (Pérouse selon certaines sources) pour des vacances dorées indispensables pour lui – mais également pour nous. Au programme : cures thermales, remise en forme physique et lifting d’après certaines indiscrétions. Retour prévu vers le 15, si nous nous sommes enfin calmés de nos manifestations bruyantes. Du coup tous les ministrons foncent eux aussi à l’étranger pour des vacances, sauf notre PM transparent.
  • Le 15, la presse en ligne (mediaguinee.com) nous signale que « des experts guinéens sous la conduite de l’Agence nationale de lutte contre la corruption (ANLC) sont réunis en atelier depuis le 14 à Conakry pour (préparer) l’examen préalable du Botswana contre la corruption. Ces experts venus des services chargés de l’application de la loi en Guinée notamment, la Justice, l’Office de répression des délits économiques et financiers doivent examiner durant trois jours le rapport fourni par le Botswana sur la corruption afin de transmettre les conclusions au plus tard, le vendredi, 18 août 2017 au secrétariat de l’Office des Nations-Unies pour la lutte contre la drogue et le crime (UNODC)… Ce comité doit travailler sur les mesures préventives, les actions à entreprendre, la localisation et la confiscation des biens mal acquis au Botswana, selon les critères définis par les Nations-Unie ». Franchement j’ai honte pour cette foutaise au Botswana : être évalué en matière de corruption par nos ‘fonctionneurs’ – plus que ça et tu meurs-cadeau ! Il est vrai quand même que nos experts nationaux sont de classe internationale dans ce domaine mais ils sont achetables aussi facilement et pour pas grand chose.
  • Le 16, nous apprenons que la compagnie chinoise Chinalco (encore elle malgré toutes ses casseroles !!) prévoit d’investir 500 millions USD pour développer un projet de bauxite dans la région de Boffa. Il faut rappeler qu’elle est déjà l’unique bailleur et futur propriétaire quasi-exclusif du gisement de fer de Simandou. Comme d’hab. ce sera cailloux et terre rouges de la mine aux barges plates par camions mortels d’ici fin 2018. Ensuite alumine et aluminium promis pour « dans le futur ». Du coup le patron de Chinalco devient officieusement le vice-président la République Démocratique de Guinée.
  • Le 16, le PPAC nous sort un tout nouveau – tout beau groupe de travail interministériel entre les ministères des mines et de la géologie, de l’économie et des finances et du budget dont « l’objectif est d’assurer une coordination efficace et un échange d’informations entre ces différents départements pour arriver à un meilleur suivi des recettes issues des activités extractives afin de mobiliser, accroître et sécuriser les recettes de l’État ». Cette task-force interministérielle a été baptisée « Mines et Revenus » (TFMR). Et moi qui pensait tout ce temps que c’était justement ça le boulot du « jeune PM dynamique » et des cracs de sa primature mais on m’informe qu’il est en fait chargé uniquement des cérémonies officielles d’ouverture, 1e pierre et de condoléances. La finalité de ce groupe de travail est claire et classique chez nous : créer une commission nationale pour désormais mieux partager les fruits de la vente (grandissante à vitesse exponentielle depuis 2016) de nos ressources en bauxite.
  • Le 16, le ministre des Transports a donné des détails sur la qualité des bus offerts par la Turquie dans le cadre du jumelage entre les villes d’Istanbul et Conakry. Il annonce à la presse « A l’époque, on pensait que c’était des bus neufs. C’est à notre grande surprise qu’on voit débarquer à Conakry des bus utilisés de près de 17 ans par Istanbul. Même l’usine fabricante ne fonctionne plus ». Franchement nos chefs sont impossibles : ils mendient à travers le monde et ensuite ils crachent sur l’aumône reçue. On verra la réaction du Sultan lors de la prochaine escale mensuelle du boss chez lui.
  • Le 19, visite à Kigali au Rwanda pour l’intronisation de son pote Kagamé pour le premier de ses 3e Une sorte d’entraînement préalable à son expérience personnelle.
  • Le21, le ministre de l’enseignement pré-universitaire prend son courage à deux mains pour pondre un arrêté informant expressément tous les Inspections régionales (IRE), directions préfectorales et communales de l’éducation (DPE/DCE) du pays qu’il est désormais formellement interdit de procéder, à compter de cette date, à la vente des diplômes du Brevet d’Études du Premier Cycle (BEPC) et du Baccalauréat unique (Bac) aux admis. Pas besoin de se demander ce qui se passait avant cette date, surtout pour ceux qui avaient ratés leurs examens mais avaient les poches pleines – vive les diplômes guinéens !
  • Le 22, la décharge publique dans la commune urbaine de Ratoma, une montagne de détritus dont tout le monde sensé attendait l’écroulement, s’est finalement déversée sur les nombreux habitants qui vivaient juste à son flanc. Imaginez l’horreur : ces habitants avaient construits toute une cité d’habitations collée au pied de l’unique décharge de la ville. Ils ont donc été ensevelis sous les ordures qui ont même écrasées trois maisons. Partout dans le monde des éboulements et coulées mortelles existent mais partout ailleurs les causes sont soit des eaux de pluies, de la boue, de la glace, de la lave ou des rochers détachés par l’érosion. Mais chez nous c’est par nos poubelles domestiques accumulées en pleine ville !! Résultats : 9 morts (officiellement) et 10 blessés graves. Et pire le PPAC a promis le lendemain des mesures énergiques post-catastrophe. Nous sommes donc sûrs que cela se répétera sous peu. Suite à cela la Confédération Africaine de Football (CAF) va conclure rapidement sur le maintien ou non de la Coupe d’Afrique de football dans cette ville avant le 22e siècle.
  • Le 22, nous apprenons le limogeage de 2 ministres inutiles (Affaires-Etranges et Pêche-magouilles). Deux nouveaux sont promus et promis aux mêmes destinées. Ce sont plutôt ceux de la ville, de l’habitat, de l’environnement, de la sécurité civile et de l’administration qui méritaient cette mise au placard après les morts inutiles de la décharge de Ratoma.
  • Le 23, c’est le tour de 3 autres ministres inutiles de retrouver le cimetière des anciens haut-cadres guinéens. Mais le pire c’est le remplacement de deux d’entre eux par d’anciens ministres parmi les pires du Sanseman. L’un a été qualifié du détournement de plus de 40 milliards GNF par le PPAC lui-même et l’autre est le principal fou du Roi du pays, un écervelé hystérique qui débite des grossièretés et des âneries tous les samedis aux mamayas hebdomadaires du RPCé. Si tout ça c’était pour détourner l’attention et faire oublier la responsabilité directe de son gouvernement dans le drame de la décharge ?
  • Le 24, le porte-parole du ministère américain de la sécurité intérieure déclare que l’administration Trump imposera désormais des sanctions sur les visas pour quatre pays (Cambodge, Érythrée, Guinée et Sierra Leone) constituant la queue de la liste récurrente de pays « récalcitrants » parce qu’ils refuseraient ou retarderaient le rapatriement de leurs citoyens sortis des prisons américaines après que les USA aient essayés de les expulser. Ces pays risquent des sanctions sévères allant jusqu’à la restriction de visas pour les officiels de leurs gouvernement respectifs et leurs familles, ce qui les empêcheraient d’entrer aux États-Unis. Petit-Mamadou local s’en fout éperdument mais les Haut d’en-Haut sont en larmes. Comme ils sont cette fois directement visés nos compatriotes en stand-by reviendront très vite, même s’il faudra louer un vol Air Guinée-Expresse. Les Yankees sont trop malins – ils savent où taper pour leur faire très mal, Walahi !
  • Le 24, l’aigle guinéen s’envole de nouveau, cette fois-ci pour Ouagadougou pour participer aux funérailles du Président de leur A.N. selon lui au nom de la Guinée et de l’Union Africaine. Comme si son homologue guinéen ne pouvait pas nous représenter pour cela. Je vous disais un peu plus haut qu’il allait rapidement exagérer dans ses missions de condoléances et c’est déjà le cas. Ce type va nous ruiner !
  • Le 28, pendant que certains de ses collègues en crimes Mouhamadou Youssoufou du Niger et Idriss Deby du Tchad négocient avec Emmanuel Macron pour trouver des solutions pratiques à la crise migratoire en Europe dont la Guinée est l’un des plus grands fournisseurs, notre PPAC fonce jeter son ancre à Abou Dhabi. Officiellement c’est pour chercher des nouveaux investissements pour la Guinée mais on peut douter que ce soit plutôt pour consolider ses investissements dans le golfe persique.
  • Le 29, l’ex-ministre des Affaires Etranges fait le bilan de son mandat de 18 mois en ces termes : « Aujourd’hui, je suis fière de vous recevoir dans cette belle salle que j’ai fait rénover pour y abriter des cérémonies solennelles à  l’image de celle de cette après-midi. Il vous souviendra Mesdames et Messieurs,  chers diplomates, que j’ai pris service sous les tentes.  Que nous avons bénéficié de trois grands bus, convoitise de beaucoup de Ministères. Que deux véhicules de fonction ont été attribués à deux chefs de service. Que des motos ont été données aux coursiers pour la rapidité dans le dispatching du courrier. Dans mon discours de prise de fonctions j’avais requis de chaque fonctionnaire de ce ministère de maitriser l’anglais et l’outil informatique.  Pour y arriver j’ai fait organiser au sein du ministère des cours d’anglais pour tous les volontaires qui en avaient besoin ». Un bilan 100% Sanseman mais bon Dieu pourquoi limoger un tel ministre des affaires étrangères ?
  • Pour : comme chaque mois, R.A.S…
  • Contre : concernant les nouvelles vacances présidentielles, un de ses anciens griots et maintenant grand ténor de l’opposition (P.K. Kourouma) les justifient avec humour : «  Les vacances c’est un droit dans la mesure où il a travaillé toute l’année. Nos routes sont bien faites, les problèmes d’électricité, d’eau sont réglés, les populations n’ont pas faim, donc il se doit de prendre des vacances (rires) il s’en fout de ce qui se passe ici. Quand on est Président, au moment où l’opposition est en train de dénoncer et c’est à ce moment-là que vous prenez l’avion pour partir en vacances, c’est de la fuite. S’il se plaît dans ça, qu’il aille en vacances mais je ne pense pas que ce soit des vacances paisibles  » Il a oublié juste de préciser qu’il lui-même est un des acteurs-clés de ce désastre et de bien d’autres.

 

Tic-tac, Tic-tac, la montre tourne ; aujourd’hui est le 2444e jour de l’ancien « Guinea is back » et du nouveau « changement radical » – déjà 06 ans, 08 mois et 10 jours ! Aladji-Professeur-Président voici ma suggestion SMART (Spécifique, Mesurable, Atteignable, Réalisable et Temporellement définie) du mois pour améliorer un peu votre Sanseman : boss, en tant que président en exercice de l’UA pour encore quelques mois à qui pensez-vous pouvoir donner des leçons aujourd’hui ? Vous pensez que personne ne sait ce qui se passe entre vos frontières ou bien vous ne vous rendez même pas compte du tout de la situation réelle du chaos que vous avez renforcé ? Quant à la modification de notre constitution vous êtes maintenant prévenus : même si vous arriviez à clouer le bec à nous les faibles et pauvres Guinéens, ce dont je doute de plus en plus tous les jours, c’est Donald Trump lui-même qui promet vous faire la peau, et lui ne blague jamais sur ça depuis son célèbre You’re fired » de son émission télé et qu’il applique tous les jours depuis qu’il est à la Maison Blanche. Quant à vos ministres et conseillers vraiment il faut faire un effort pour nettoyer le poulailler de votre palais, ce dont je doute de plus en plus. Prenons le cas de votre ministre d’Etat conseillé personnel pour les coups tordus dans la presse nationale. Ce personnage de l’ombre est convoqué par la justice pour donner sa version sur les faits précédents et suivants le massacre du 28 septembre 2009. Quoi de plus normal puisqu’il était dans pratiquement les mêmes fonctions auprès du dadais Dadis et avant lui de Lansana Conté ? Il nous balance immédiatement dans la presse un plaidoyer pitoyable pour sa défense, une insulte à nous les victimes au lieu de le faire devant qui de droit, qui le convoque justement pour cela. Par ce texte  prétentieux et inutile il prouve une fois de plus qu’il sait écrire correctement le français mais qu’il n’a pas le niveau d’analyse d’un universitaire de 1e année. Crier au putois pour espérer ainsi faire annuler une convocation en justice ! Je vous rappelle comme exemple de ses affirmations farfelues sa conférence de presse pour nous dire que L. Conté se portait comme un charme lors qu’il était déjà dans le coma et mourra quelques heures après.

La Guinée ne change vraiment pas depuis 60 ans : Satan Touré, notre 1e Président créait des complots tous les ans pour occuper et terroriser les esprits des Guinéens. Aujourd’hui le PPAC le singe une nouvelle fois. Il utilise ses décrets-bidons de nominations de ministres polémiques pour nous distraire et détourner l’attention sur sa responsabilité dans notre anti-gouvernance systémique. Même technique communiste malhonnête mais périodes historiques différentes grâce aux NTIC qui inondent même le pays. Sinon je suis sur que l’élève aurait fait autant sinon pire que son mentor – mais aujourd’hui « Tout va se savoir ! ».

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Une Nouvelle Voie (Juillet 2017) : le nationalisme désuet et populiste du chef intérimaire du village Afrique

Bienvenue à mon bilan du 19e mois de la Condécratie version 2.0. Je continue mon exploration mensuelle des méandres des décisions importantes pour la Nation prises par nos nouveaux chefs en proposant des pistes de réflexions et d’actions qui pourraient être envisagées pour que le « vrai changement » soit effectif.

  1. Echantillon de paroles et pensées présidentielles du mois:
  • « Je suis optimiste pour l’Afrique, mettons fin à l’afro-pessimisme. Changeons de vocabulaire. N’acceptons plus des vocabulaires qui nous sont imposés par des sociologues occidentaux qui ne correspondent pas à la réalité. L’Afrique doit s’approprier de son vocabulaire, sa démocratie, sa bonne gouvernance… Quand vous parlez de démographie galopante, c’est contre l’Afrique… Les autres continents nous envient notre démographie parce que c’est des peuples vieillissants et nous, la jeunesse est notre avantage… L’Afrique doit maitriser son destin… Nous ne voulons pas l’impunité. Mais nous ne voulons pas d’un tribunal à la Haye qui est un tribunal pour les africains comme si les dictateurs étaient en Afrique seulement. Nous allons créer un tribunal pénal africain parce que si un chef d’Etat malmène un peuple, on doit le juger. Mais ce n’est plus l’extérieur qui doit nous dicter ce qu’on fera… Avant les peuples ne se reconnaissaient pas en l’Union Africaine. On pensait que c’est un syndicat des chefs d’Etat qui ne se préoccupait pas de la population. Nous avons décidé de changer les choses. D’abord, en prenant nos responsabilités financières. Parce que quand vous dépendez de quelqu’un financièrement vous n’êtes pas indépendants… Les règles de la démocratie s’appliquent à une situation concrète. La France a sa situation, les Etats-Unis ont leur situation aussi. Personne ne nous dira ceci ou cela. Seuls les peuples africains sont maitres de leur destin. Nous on ne se mêle pas des élections en Angleterre ou aux Etats-Unis. Nous ne voulons plus d’ambassadeurs proconsuls comme au temps de Rome. Il y avait Rome et les proconsuls qui dirigeaient des provinces. Nous ne sommes pas des provinces, nous sommes un continent libre et indépendant. Nous voulons des partenaires, mais sur la base d’égalité. Nous ne voulons plus des donneurs de leçons surtout qu’ils n’appliquent pas ces leçons chez eux. Quand nous voyons les sondages, ça montre comment beaucoup de gouvernements européens sont coupés de leurs peuples » (le 30, lors de la clôture du forum de la jeunesse à Ndjamena).
  • « Tous les problèmes que l’Afrique connait sont dus à des interventions étrangères… Nous sommes prêts à collaborer avec tout le monde mais l’Afrique est désormais majeure, elle prendra ses décisions sans aucune interférence extérieure, elle respectera les autres, elle fera tout pour mettre fin au terrorisme, à l’immigration qui est une nouvelle forme d’esclavage. La première forme d’esclavage qui a vidé l’Afrique de ses forces vives, nous a empêchés d’être au rendez-vous de la première révolution industrielle. Faisons en sorte que cette deuxième forme d’esclavage que constitue l’immigration ne nous prive pas d’être au rendez-vous de la quatrième révolution industrielle qui est l’économie numérique. Nous avons décidé désormais que les problèmes africains seront résolus par les africains et qu’il n’y ait plus d’ingérence. Nous avons montré que quand l’Afrique parle d’une seule voix on est écouté. Sur chaque problème, il y a un chef d’Etat qui est chargé de parler seul au nom de l’Afrique après que l’Union Africaine ait pris position… Nous ne voulons pas qu’on pense qu’on peut nous acheter en nous divisant pour qu’on prenne des positions. L’Afrique doit définir sa voie de démocratie. C’est vrai qu’il y a des principes universels, mais il est important qu’on laisse les Africains adopter ces principes universels à leur condition… Il n’y aura plus de cacophonie… Quand l’Afrique est unie on gagne. (le 03, à l’ouverture du sommet de l’UA).
  • « Pourquoi l’Afrique a raté la première révolution industrielle, contrairement à l’Europe? A cause de l’esclavage. Parce que l’esclavage, en vidant l’Afrique de ses forces vives, cela n’a pas permis à l’Afrique d’être au rendez-vous de la première révolution industrielle. Aujourd’hui, nous sommes à la quatrième Révolution Industrielle, c’est-à-dire l’économie numérique. Est ce que la nouvelle forme d’esclavage qui est l’immigration va-t-elle nous empêcher d’être au rendez-vous de cette quatrième révolution industrielle ? Non. Pourquoi ? Parce que l’Afrique a pris conscience d’elle même. L’Afrique a décidé de prendre son destin en main. Et, aujourd’hui, nous voyons comment la jeunesse africaine maîtrise les nouvelles technologies… L’Afrique est le continent de l’avenir. La nouvelle Afrique est en marche» (le 06, à Hambourg, en marge du sommet du G20).
  • « Nous avons dit au Président Trump que nous on ne pollue pas mais on est les plus pollués. Il faut qu’on lutte contre le réchauffement de la planète qui occasionne la pauvreté, la migration et terrorisme »  (le 06, suite à un échange avec Donald Trump au sommet G20).
  • « Nous ne voulons plus demander l’avis de la France ou de l’Angleterre pour prendre une décision. C’est pourquoi j’ai dit à Abidjan qu’il faut couper le cordon ombilical. Nous ne voulons plus qu’on nous impose quelque chose. Nous sommes d’accord pour la démocratie qui a des règles universelles. Mais la démocratie en France n’est pas la même en Espagne. Montesquieu (en réalité Blaise Pascal !) disait  ‘vérité en deçà des Pyrénées erreur au-delà’. Nous ne voulons plus qu’on nous dicte qu’est-ce que la démocratie. Nous voulons appliquer nous-mêmes les règles universelles de la démocratie … Madame Merkel va avoir son quatrième mandat. Qui parle ? Personne !… Nous ne voulons plus que des gens nous dictent ce que nous devons faire. Nous voulons appliquer les règles de la démocratie mais dans nos conditions, les réalités de nos pays. La France n’est pas le Cameroun, la Guinée n’est pas l’Angleterre. La démocratie anglaise est différente de celle de la France. La démocratie française est différente aussi de la démocratie Allemande. Donc, il faut qu’on accepte aussi que les règles démocratiques soient adaptées à chaque cas concret… J’ai mis en place la comptabilité-matière. Désormais tout ce qui appartient à l’Etat doit être marqué. Cette mesure vise à éviter que des cadres véreux n’emportent les biens de l’Etat après leur limogeage. Avant, quand un ministre quitte il ramasse tout y compris les climatiseurs. Mais maintenant on a tout marqué. Mieux que ça, avant de faire un remaniement ministériel j’amène des gendarmes devant tous les ministères. Quand le remaniement est fait le ministre sortant ne peut plus rentrer dans son bureau. C’est seulement au moment de la passation de service qu’il peut accéder à son bureau pour distinguer ce qui lui appartient et ce qui appartient à l’Etat… On fait de la pomme de terre et autres, mais on ne veut manger que du riz et de la viande. Or, il y a beaucoup de maladies comme le diabète, les AVC dues à la nourriture. Nous vous voulons être autosuffisants d’ici fin 2018. C’est-à-dire ne plus importer du riz. Le retard que la Guinée a accusé dans le domaine de l’agriculture peut être un avantage  » (le 08, devant des mamayeurs du Sanseman à Hambourg).
  • « Je suis très optimiste pour l’avenir ! Bien sûr que tout le monde ne veut pas le changement surtout les cadres. Il faut dire la vérité, les cadres guinéens ne veulent pas de changement, ce qui les préoccupe c’est l’argent et le poste et puis détruire l’argent. C’est pourquoi nous sommes en train de modifier beaucoup. Nous avons fait un concours des jeunes appelés 518. Nous avons presque tous les DAAF parce que toute la corruption passait par les DAAF, pour mettre en place des jeunes sortis de nos universités, ils n’ont jamais géré donc ils ne connaissent pas ces mauvaises habitudes… Les ministres sont contre eux parce que ces ministres n’arrivent pas à les manipuler. Ils ont des règles précises, si les  règles ne sont pas remplies ils refusent. En Guinée qu’est-ce qu’on  faisait avant ? On signe un contrat avec les Guiter- là (homme d’affaire membre de sa belle-famille) pour fournir 10 véhicules. On paye les véhicules qui n’existent pas. On dit bien que ça été payé mais ça n’existe pas. Il y a une complicité. Ils se partagent l’argent alors qu’il n’y a pas de véhicules. Pour lutter contre ce phénomène nous avons mis un système en place pour lutter contre ce détournement. Maintenant tout ce qui appartient à l’Etat doit être marqué. A la présidence j’ai créé un bureau de stratégie très fort dirigé par Kassory (l’un des plus grands voleurs de tous les temps). Il est  accompagné de jeunes cadres. Ça veut dire que les gens ont des points focaux à la présidence, ils travaillent avec la présidence, c’est nous-mêmes qui prenons les rendez-vous. Par exemple avec les ministres c’est la présidence qui appelle pour prendre les rendez-vous, le ministre sera obligé de recevoir les hommes d’affaires et de faire en sorte que ces derniers ne trainent pas beaucoup… Les universités privées nous coûtent très cher. Tous les ministres qui sont venus, chacun a construit une université privée. Des universités qui ne servent à rien et qui ne forment que des chômeurs. On a constaté après la biométrie qu’il y a des universités où la moitié des étudiants déclarés n’existe pas. Nous ne payerons qu’en fonction des étudiants existants» (le 14, lors d’une de ses mamayas habituelles).
  • « Lorsque nous avons voulu ouvrir les compteurs prépayés, plus avantageux, ils (les travailleurs d’EDG) sont allés mentir aux citoyens afin de continuer à frauder. Mais tout ça doit finir. Ou les travailleurs se redressent, ou nous sommes obligés de les redresser. Ou EDG se redresse, ou nous sommes obligés de redresser EDG. Ou le ministre de l’énergie se redresse ou nous serons obligés de le redresser » (le 20, lors de la cérémonie de lancement des travaux du centre de dispatching électrique national).
  • « Le pays est en marche, le progrès est en cours comme l’a dit Kassory, même si à un moment il fait l’imbécile en étant de l’autre coté…Il y a des bons cadres en Guinée. Aidez-nous à les ressortir parce qu’il y a des gens, des ministres, qui ont peur et qui envoient des gens qui m’envoient souvent des messages pour dire ‘Président, Tibou te trompes, on l’a vu chez tel ; Kassory est comme ça ; si tu nommes tel, nous allons manifester’. Malheureusement quand je vois les messages j’essaie de rappeler mais il se trouve que la personne a enlevé la puce pour la jeter. Donc, ça fait que maintenant je reçois des centaines de messages que je n’ouvre même plus… Il est vrai aussi que nous avons été victimes comme je l’ai dit même ce matin à l’ambassadeur de France que nous avons été victimes de De Gaulle et de certains chefs d’Etat qui ont tout fait pour que la Guinée n’avance pas. Nous avons été victimes de l’obscurité pendant un moment et grâce à Dieu nous avons de l’électricité. Personne en Guinée ni à l’extérieur ne pourra plus ramener la Guinée dans l’obscurité » (le 23, en recevant une délégation de nouveaux mamayeurs du Fouta).
  • Pour : vraiment boss vous avez dit vrai au sujet de l’esclavage du XXIe siècle, l’immigration clandestine, mais vous devriez aussi expliquer que cette fois-ci les vendeurs sont les dictateurs comme vous qui poussez tous ces jeunes à préférer ce risque plutôt que de vivre sous votre gouvernance et les acheteurs sont la Méditerranée et les camps de survivants en Europe.
  • Contre : incroyable comment le PPAC ressort de plus en plus souvent le même 33 tours de sa collection impressionnante de disques FEANFistes anticoloniaux : il répète les mêmes phrases depuis qu’il est Président de l’UA (Union Africaine) en exagérant un peu plus chaque fois comme pour se convaincre lui-même que ses rêves sont maintenant des réalités africaines. Un compatriote avisé (Abdoul Diala Bah) résume bien ce qu’il faut penser des déclarations de ce « coq qui chante sur son tas de fumier » : « Pourquoi 58 ans après « l’indépendance » du pays sommes-nous encore incapables d’assurer le financement de nos consultations électorales. Le pays est devenu un éternel assisté. Il faut que « les partenaires » nous viennent au secours financier à chaque élection. C’est un honte d’entendre de la bouche de nos gouvernants « nous attendons le soutien de tel ou tel bailleur de fonds pour l’organisation des élections ». Avec de telles dépendances financières extérieures, il n’y aura jamais cette indépendance tant souhaitée et réclamée ». Papa-promesses a encore frappé fort ce mois-ci en recevant des étudiants venus lui « demander pardon » à relents révolutionnaires suite à leurs railleries du mois dernier : « nous allons construire une usine de montage de tablettes à Mamou ». Il est capable de nous proposer de construire des ponts même là où il n’y a pas de rivière, sans même un sourire !
  1. Les décisions et actions « positives » du mois :
  • Le 04, le « Président » Bakary Fofana est destitué à la tête de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) par coup d’état interne à l’issue d’une plénière extraordinaire de ses commissaires. Contesté par tout le monde en Guinée il est finalement poignardé dans sa propre maison. Son crime selon ses adjoints n’est pas de détourner presque tout le budget de l’institution mais plutôt de refuser ensuite de le partager équitablement avec eux.
  • Le 06, la cellule de communication du gouvernement annonce que le PPAC a reçu un prix de l’ONG Africa Verein en Allemagne. Selon elle cette distinction est décernée à la personnalité de l’année.
  • Pour : bravo au PPAC pour avoir contredit en coulisse mais sans ménagement les instructions officielles de certains petits faucons excités, comme les maires des communes Kaloum et Matoto et le ministre de l’administration, d’interdire les meetings totalement pacifiques de partis de l’opposition, en espérant ainsi bien cirer les babouches de leur boss. Et pan sur leur bec par leur demi-dieu ! Résultat, ambiance bon enfant entre mili-chiens et militants et aucun dégât humain et matériel, comme cela aurait du être le cas depuis le 1e de ces meetings et marches en 2011. Mais aussi et surtout fin calcul politique et enfarinage en règle de notre boulanger national, avec de nombreuses arrière-pensées évidentes, afin d’arrondir les angles internationaux sur sa tendance dictatoriale exponentielle et ses velléités de plus en plus évidentes de faire modifier la constitution pour un 3e mandat présidentiel.
  • Contre : le plus ravi aujourd’hui de l’expulsion du président de la CENI est le PPAC parce que les revendications d’organisation immédiate des élections communales sont ainsi reportées ad vitam aeternam. Vraiment le boss est trop fort pour nous – impossible pour ses opposants de jouer dans sa 1e division de fourberies. Concernant le prix allemand, selon le site Web de l’ONG elle « encourage l’échange entre les acteurs allemands et africains opérant dans le monde économique et politique. Elle entend ainsi donner une nouvelle image de l’Afrique en Allemagne ». Il s’agit donc d’un autre prix en chocolat pour flatter un pédant africain et préparer de juteux marchés pour l’avenir. Qui est l’idiot dans tout ce cinéma ?
  1. Les décisions et actions « négatives » du mois :
  • Le 01, nous apprenons que la ministre de l’économie et des finances a soumis au dernier conseil des ministres un projet de loi portant validation des comptes des comptables publics de 1958 à 2010. L’élément phare est l’article 3 demandant « la possibilité de poursuivre, le cas échéant, les comptables publics et toute autre personne auteure de fautes de gestion au cours de la période concernée ». Pour ceux d’après 2010, pas de problèmes à l’horizon car ils sont tous des petits saints intouchables.
  • Le 01, ‘Air Guinée One’ décolle de nouveau, cette fois-ci c’est pour Addis-Abeba en Ethiopie pour la 29è session ordinaire du sommet de l’UA. Papy-promesses sera attendu de pied ferme par ses pairs moqueurs après avoir clamé partout où il est passé récemment que l’institution fera peau neuve grâce à lui, comme si un morceau de bois pouvait se transformer en poisson en restant longtemps dans l’eau.
  • Le 06, notre diplomagie-photo fait de nouveaux progrès : le boss débarque à Hambourg en Allemagne pour le sommet du G20 pour essayer de vendre les reliquats chinois du pays aux investisseurs européens. Cette fois-ci sur la photo de famille il est beaucoup plus proche de Donald Trump que pour les 2 précédentes rencontres (Ryad et Sicile). Sur une vidéo on l’aperçoit clairement faire une courbette révérencieuse devant lui alors que son ministre Kerfalla Yansane le salue plus dignement. Comme quoi chacun a quelqu’un devant qui se courber, même l’homme-Etat guinéen.
  • Le 07, selon les analyses des principaux journalistes africains et internationaux l’échec du sommet de l’UA des 03 et 04 semble être le résultat final de la présidence annuelle du PPAC. En voici un exemple dans la presse locale (Moise Sidibé) : « Le 29ème sommet de l’UA est loin d’être un succès, un euphémisme. Non seulement les absents étaient nombreux, peut-être à cause des objectifs fixés de façon peu consensuelle mais volontariste d’un groupuscule composé d’Alpha Condé, de Paul Kagamé et de Idriss Deby, les mousquetaires les plus en vue de ce machin ». Le boss rêvait de mener ses pairs comme il le fait avec son peuple sans savoir qu’il était assis dans cette assemblée avec des bandits mille fois plus forts que lui.
  • Le 10, un journaliste (B. Doumba) nous montre qu’une nouvelle phase du chaos local a été entamée : « Sous haute surveillance pour empêcher la triche des candidats au baccalauréat n’ont pas apprécié l’attitude des surveillants qui étaient contre toute communication suspecte dans les salles d’examen. Enervés par le fait qu’ils n’ont pas pu copier, des candidats à l’école primaire du centre n’ont pas trouvé mieux que de séquestrer les surveillants et délégués. Des véhicules stationnés dans ledit centre ont été caillaissés par ces adeptes de la triche devenue une pratique courante dans les établissements d’enseignement. Aussitôt informé, le ministre Ibrahima Kalil Konaté a annoncé une série de mesures prises par son département : la directrice communale de l’éducation ainsi que le chargé des examens de Kaloum reçoivent un avertissement pour négligence. L’ensemble des candidats affrontant les épreuves à l’école primaire du centre écopent d’un avertissement ». Quelle efficacité de la part de ce septuagénaire, membre du « gouvernement de jeunes cadres dynamiques maitrisant l’outil informatique » selon son boss !
  • Le 15, le PPAC décrète la réquisition du train urbain « Conakry Express » qui appartient à une société privée chinoise (China International Fund} en raison d’un contentieux commercial. Le pire c’est que c’est nous avons une dette impayée de 42 millions USD envers elle mais l’argument selon le directeur des chemins de fer de Guinée est que cette dette date depuis 2010 et donc on ne comprend pas que les chinois ne puissent attendre un peu plus (que 7 ans !) pour être remboursés. Encore une fois la méthode habituelle des voyous populistes, le « tu sais qui je suis ? » national, pour régler un différend commercial. Nous serons surement le 1e pays africain qui aura réussi à faire fuir même les investisseurs-requins chinois, pourtant les pires escrocs économiques de la planète.
  • Pour : comme chaque mois, R.A.S…
  • Contre : je commencerais par l’histoire de l’Honorable député de l’opposition qui a été filmé en flagrant délit de vol de la tablette d’un autre Honoré dans une salle où ils se partageaient en coulisse nos impôts pour leurs frais de carburant. Vrai ou faux, n’ayant pas vu le film, le fait même que la victime ait refusée un dédommagement financier plus important que le prix de cette tablette neuve pour lui fermer la bouche et que donc la tablette ait ensuite été rendue le lendemain plaide effectivement contre cet escroc bien connu par ailleurs pour ses exploits autant en Guinée, au Mali et au Sénégal que quand il était ministre de l’agriculture, où il s’était fait une réputation de grand marchand des engrais de l’Etat. Par ailleurs je pensais bien l’avoir aperçu au milieu des étudiants qui se moquaient du PPAC pour ses promesses de tablettes lors du forum de l’étudiant (humour). Pardon boss, il faut lancer rapidement le programme « un député – une tablette » pour les calmer un peu. Le reste transparait comme un furoncle sur le nez dans tous les points suscités.

 

Tic-tac, Tic-tac, la montre tourne ; aujourd’hui est le 2413e jour de l’ancien « Guinea is back » et du nouveau « changement radical » – déjà 06 ans, 07 mois et 10 jours ! Aladji-Professeur-Président voici ma suggestion SMART (Spécifique, Mesurable, Atteignable, Réalisable et Temporellement définie) du mois pour améliorer un peu votre Sanseman : pardon il faut cesser de vous ridiculiser devant la jeunesse africaine qui subit tous les jours les fausses promesses de nos dictateurs à vie. Qui vous et vos pairs croyez tromper aujourd’hui ? Qui sont les responsables de cette fuite exponentielle vers des horizons théoriquement plus prometteurs, au mépris de tous les risques envisageables. Oui, vous offrez aujourd’hui de l’UA l’image d’un syndicat de mafieux qui ne discutent que de leur maintien à vie au pouvoir en essayant de faire front commun contre tous ceux qui essaieront de leur faire des leçons de bonne gouvernance. Vous jouez aux fiérots entre vous et devant nous mais vous passez la majorité de votre temps à faire le tour du monde toutes les semaines pour tendre la main et dire pleins de « merci patron » à vos hôtes toujours bien choisis. Vraiment vous faites honte et pitié à tous les peuples du continent. Vous nous avez offert encore ce mois-ci un nouveau pétage de plomb mémorable, cette fois-ci à l’étranger, au sommet de l’UA, suite à une altercation grotesque avec la délégation sénégalaise, et pour lequel vous aviez entièrement tort. Voici le compte-rendu de la presse sénégalaise (senemedia.com) : «  le ministre des affaires étrangères sénégalais conclut :  » vous savez, messieurs les Présidents, le Président Sall a déjà annoncé qu’il n’est pas candidat pour un renouvellement de son mandat après sa réélection à ce poste à l’unanimité. Il a déclaré qu’il ne sera pas candidat pour un nouveau mandat, parce que, par principe, le président Macky Sall n’est pas pour les troisièmes mandats successifs « . C’est cette dernière phrase qui enflamme le président Alpha Condé, piqué au vif, dans un état de colère indescriptible, pensant que le ministre sénégalais faisait allusion à la situation intérieure à la Guinée, avec les intentions qui lui sont prêtées de briguer un troisième mandat.  » Vous allez me donner des leçons, moi professeur Condé, qui ai imposé la démocratie à la Guinée après des décennies de combat ? Allez vous faire f… » a déclaré le président Condé, entres autres gros mots que la décence ne permet pas de relater. Les autres Chefs d’Etat, choqués, atterrés par les bassesses répétées du Guinéen, ont demandé le retrait pur et simple de ce point sorti de nulle part. Le Sénégal finira par obtenir gain de cause. Interrogés, de nombreux chefs de délégation ont insisté sur le fait que ce qui dérange le plus le président Guinéen c’est que, fort de son titre de président du NEPAD, le président Macky Sall est invité partout. Ce que ne supporte pas le président Condé. Et la rencontre à Hambourg, il la voulait sans son jeune voisin Sénégalais. La dissolution du NEPAD aurait en effet eu pour conséquence l’annulation de la visite du président Macky Sall en Allemagne. En réponse la semaine suivante lors du sommet de Hambourg Sall lui aurait balancé un cinglant « Si vous voulez du Sékou Touré – Senghor, je suis prêt ». Ainsi votre mauvaise éducation vient de franchir nos frontières nationales. Pardon, clamez-vous et descendez de votre petit nuage – vous n’êtes qu’un simple mortel et  l’un des pires Guinéens dont les extravagances ne seront jamais oubliées ni pardonnées chez lui.

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Une Nouvelle Voie (Juin 2017) : savez-vous danser le « saut de cabri » ?

Bienvenue à mon bilan du 18e mois de la Condécratie version 2.0. Je continue mon exploration mensuelle des méandres des décisions importantes pour la Nation prises par nos nouveaux chefs en proposant des pistes de réflexions et d’actions qui pourraient être envisagées pour que le « vrai changement » soit effectif.

  1. Echantillon de paroles et pensées présidentielles du mois:
  • «Mesdames et Messieurs les diplomates, je commencerais par vous présenter les excuses suite au comportement de ces étudiants. Ceux qui crient montrent qu’ils sont mal élevés, mal éduqués. Vous n’êtes que des petits excités. On va vous obliger à être bien éduqués. Vous ignorez l’histoire de l’Afrique, ce n’est pas un droit pour les étudiants de les avoir. Vous êtes indignes de l’histoire panafricaine… Je n’ai pas peur des étudiants. Vous ne pouvez pas m’impressionner, j’ai été étudiant avant vous. Alors, j’ai décidé de dire au ministre de l’enseignement supérieur, on suspend les tablettes jusqu’à nouvel ordre (cris de protestation dans la foule). Voilà, pour le moment, on ne mettra pas de tablettes à votre disposition. Ce n’est pas un droit, c’est notre volonté. Vous êtes indignes de ça. On suspend les tablettes jusqu’à nouvel ordre (nouveaux cris de désapprobation). Mais, on va vous obliger à vous redresser. Jusqu’à nouvel, il n’y aura pas de tablettes distribuées. Je veux des étudiants dont la Guinée va être fière parce que la Guinée vient de loin. Vous ne connaissez même pas l’histoire de l’Afrique, vous ne connaissez rien à l’Afrique… Vous avez présenté aujourd’hui un visage exécrable, honteux. Mais, cela sera la dernière fois. Vous n’aurez plus l’occasion. Un Etat doit être respecté (les jeunes crient encore plus). Ce n’est pas la peine de leur dire d’arrêter (s’adressant à ceux qui veulent tempérer les ardeurs des jeunes). C’est vous qui avez peur des étudiants. Moi j’ai été président des étudiants africains. Je n’ai pas peur des étudiants, surtout des petits plaisantins comme ça qui s’agitent. Vous pouvez sauter, crier jusqu’à demain, ça ne me fait ni chaud ni froid. Aucune tablette à partir d’aujourd’hui ne sera mise à votre disposition. Aucune tablette. Je ne vais pas continuer parce que c’est inutile de s’adresser à des gens comme vous, Qui pouvez-vous impressionner ? (c’est là que les étudiants ont répondu en chœur : Vous ou Toi)  » (le 01, suite aux railleries contre  ses fausses promesses de « tablettes pour tous les étudiants » lors de l’ouverture d’un forum de l’étudiant guinéen dans une université de Conakry).
  • « L’Afrique doit faire respecter notre souveraineté pour que nous puissions sans ingérence construire un avenir meilleur pour nos populations… L’Afrique a un seuil de pauvreté très élevé, un chômage massif qui conduit les populations les plus vulnérables notamment les jeunes à prendre des risques en particulier l’aventure à travers le Sahara et la Méditerrané pour rejoindre le vieux continent. Nous devons admettre que c’est une nouvelle forme d’esclavage qui prive l’Afrique de ses forces vives, comme l’esclavage l’avait privé avant(le 08, à Bruxelles lors des journées européennes du développement).
  • «  Je voudrais vous réaffirmer ma disponibilité d’apporter mon intermédiation et d’œuvrer sans relâche avec toutes les bonnes volontés du monde afin de trouver une solution pacifique et rapide à cette crise inopportune entre des frères amis (Saoudiens et Qataris) ». (le 11, lettre au Roi d’Arabie Saoudite suite au récent conflit avec le Qatar).
  • « Il y a des accidents parce que nous sommes très indisciplinés, nous ne respectons pas le code de la route, nous ne respectons pas le nombre de passagers. Un véhicule qui doit prendre 20 personnes on met 50… Il ne suffit pas seulement de faire des ponts, il faut discipliner les conducteurs, il faut discipliner les populations. C’est pourquoi nous avons décidé de faire les états-généraux de la circulation afin d’obliger chacun à respecter les règles… Comme les guinéens ne sont pas disciplinés il faut alors qu’on vous apprenne à être disciplinés, c’est pourquoi nous allons désormais faire des lois, on va obliger tous les transporteurs, les chauffeurs et les cyclistes à respecter le code de la route… D’ici cinq ans nous voulons qu’il n’y ait plus de maisons qui ressemblent à des taudis et que quand on rentre à Coyah, qu’on pense qu’on est rentré dans une ville américaine ou française. Mais cela ne peut pas se faire sans travail. Il faut qu’on accepte de travailler et d’être disciplinés en respectant les lois… S’il plaît à Dieu, j’ai pris l’engagement que dans deux ans on n’importera plus le riz à condition que vous acceptiez de cultiver. Moi-même j’ai donné l’exemple en envoyant un tracteur à Dubreka. Je vais cultiver 400 hectares à Dubreka, 400 hectares à Mandiana. Je vais obliger les préfets, les gouverneurs et les généraux à cultiver aussi… Nous allons obliger les étudiants, l’armée, les gouverneurs à manger les pommes de terre pour être l’exemple afin que toute la population suive ». (le15, lors de l’inauguration du pont de Kaaka).
  • « J’ai prévu des sacs plastiques. C’est très modeste, mais je vous prie de prendre chacun un sac, hein ! Ne refusez pas de prendre. Tibou, à commencer par toi, tu dois prendre parce que c’est ce qui permettra aux autres aussi de prendre, hein… Je vous donne cent millions pour le transport. Voilà ! Mais, il faut partager pour que chacun puisse recevoir sa part, il n’y a pas de grand, il n’y a pas de petit, je vous prie tous de prendre ça » (le 15, lors d’un diner fructueux offert à 132 journalistes locaux).
  • « C’est un grand honneur pour moi que tous les grands imams de ce pays viennent à la présidence. On va prendre le numéro (de téléphone) de tous les inspecteurs régionaux et préfectoraux, de temps en temps on va bavarder. Mais à condition que si je vous appelle vous ne me dites pas Président il n’y a pas de mosquée ici et là. Est-ce qu’on est d’accord ? Si j’appelle pour vous demander comment ça va il ne faut pas me dire de construire une mosquée… L’année dernière les acteurs régionaux et préfectoraux s’étaient plaints. Et qu’avaient-ils dit ? Qu’ils ont beaucoup de déplacements à faire mais n’ont pas de véhicules. Donc on va remettre aux imams régionaux des V8 Fortuner et aux 38 inspecteurs préfectoraux des voitures de marque Grand Vitara. On a déjà fait les cartes grises. Mais il ne faut pas que les khalifes se fâchent en disant qu’on les a oubliés. Les khalifes n’ont pas fait de demandes. Donc pour le moment, c’est pour les inspecteurs régionaux et préfectoraux. On verra l’année prochaine si on peut faire pour d’autres. Le 16, lors d’un diner offert à une bande d’imams triés sur le volet venus de tout le pays).
  • « Les conditions dans lesquelles la Guinée a pris son indépendance a été l’une des causes de notre retard. La Guinée a été le seul pays qui a osé dire non en 1958 au Général De gaulle. Ce dernier a estimé qu’il fallait punir la Guinée pour que ce mauvais exemple ne se répande pas. Après l’indépendance de la Guinée le gouvernement du Général De gaulle a fait partir toutes les archives. La Guinée s’est retrouvée sans mémoire. C’est le Japon qui est venu pour faire une nouvelle cartographie pour la Guinée. Le Ministre Focard avec la complicité de certains chefs d’Etat de l’Afrique de l’Ouest ont mis la Guinée en quarantaine ce qui a fait de Sékou Touré comme un animal dans une cage. Voici l’une des causes du retard de la Guinée, en plus des régimes militaires qui n’ont pas arrangé certaines » (le 24, à Kampala devant un Yoweri Museveni qui dormait à poings fermés).
  • « Aujourd’hui beaucoup d’hommes d’affaires viennent en Guinée, beaucoup d’étrangers viennent, on doit bien les recevoir. On ne doit pas leur demander l’argent à l’aéroport et sur les routes comme le font les policiers. On doit les accueillir très bien, c’est important » (le 27).
  • « L’Union Africaine doit prendre en charge la lutte contre le terrorisme. Il faut que ce soient les Africains eux-mêmes qui assument ce combat étant donné que la présence des casques bleus (de l’ONU) n’a pas donné des résultats. Comment voulez-vous qu’un Pakistanais ou un Bangladais vienne mourir en Afrique ? Ce n’est pas son pays. Il faut désormais que ça soit les Africains eux-mêmes qui assument ce combat qui est le nôtre. Nos partenaires peuvent financer les opérations, apporter la logistique, les moyens matériels et aussi l’aide aux renseignements pour que les pays du G5 (africains) prennent en charge la lutte contre le terrorisme » (le 28, lors d’un sommet des jeunes d’Afrique avec leur grand-père guinéen à Ndjamena).
  • «  Je vous ai invité aujourd’hui pour vous montrer que je ne vous ai pas oublié. Vous avez accepté qu’on vous insulte en me soutenant. Bras Cassé m’a dit qu’il se déplace encore à pieds. Donc, j’ai acheté des voitures pour vous » (le 28, en recevant ses artistes-militants au palais Satanya).
  • Pour : parlant des ballades à l’étranger du boss, un journaliste du site Guineeneews au sens de l’humour particulier (M. Sidibé) nous écrit ce mois-ci « C’est dans ces conditions que le Sisyphe de l’Union Africaine s’est proposé de rencontrer Donald Trump pour chercher à le convaincre de renoncer à son retrait. Les chances de succès de cette entreprise existent mais elles sont minces ». Nous attendons avec impatience de lire ce discours-là.
  • Contre : et voila ce qui arrive lorsqu’on ment aux étudiants en leur promettant des tablettes depuis 2010 –  « un étudiant – une tablette » chantait-il – avec des reports réguliers depuis ça. Aahh, Prési, il ne faut plus mentir aux enfants, Go ! Quand on leur dit que le Roi porte une belle robe dorée alors que c’est faux ils répliquent immédiatement « tu mens, il est nu ». Et personne n’y peut rien car ils ont raison. En plus il est vraiment triste de le voir sauter, baver de rage et faire une démonstration inoubliable de la danse « saut de cabri » devant les caméras de TV et nos hôtes étrangers. A Bruxelles et N’Djamena il a répété très fort ses leitmotivs actuels : donnez-nous votre fric mais ensuite ne vous occupez-pas de comment nous l’utilisons car ça c’est de l’ingérence inacceptable. Et nos enfants fuient et meurent dans le désert ou dans la Méditerranée à cause de la faiblesse de votre perfusion financière et ceci n’est rien d’autre qu’une nouvelle forme d’esclavage des noirs par les blancs. Je vous laisse imaginer son assistance, trop effrayée de dire quoi que ce soit depuis qu’ils ont vu son pétage de plomb devant ses petits-enfants sur le Net. Sacré PPAC qui propose ses services internationaux afin de trouver une solution rapide à une crise inopportune entre monarchies pétrolifères du Golfe d’Arabie ! Pardon pourquoi veut-il tremper notre nez dans ce nouveau combat éternel au Moyen Orient alors qu’il est incapable de le proposer pour les pays en guerre qu’il doit « guider et superviser » cette année (Burundi, Congo, Soudan, Lybie, Somalie…etc.). Quant à moi, j’hésite entre une crise de fou-rire et une crainte de nouvelle provocation inutile d’apprentis terroristes en mal de lieux faciles à faire sauter. C’est quoi cette histoire d’états-généraux de la circulation ? Une nouveauté offerte au continent par l’Homme-Etat ? Pour ses solutions-miracles contre le terrorisme international en Afrique, si la Communauté Internationale le prenait au mot et que ce soit l’UA seule qui en soit chargée – à part le fric et le matos bien sur – alors foncez vite chez vos notaires pour écrire ou revoir vos testaments car le malheur sera désormais à la porte de toutes nos maisons. Mais bon ses Grands savent que ce n’est qu’une blague qu’il leur répète chaque semaine depuis qu’il a été nommé roi du village africain.
  1. Les décisions et actions « positives » du mois :
  • Le 02, 25 parlementaires de l’opposition dite radicale ont introduit à l’Assemblée Nationale une demande de mise en accusation pour haute trahison du Président de la République. Ils lui reprochent les points suivants : violation de  son serment ; violation de la Constitution et d’autres lois de la République ; violations graves et caractérisées des droits humains ; actes attentatoires au maintien d’un environnement sain, durable favorable au développement du pays ; actes attentatoires à la paix et à l’unité nationale ; violation du principe de la séparation des pouvoirs et de la procédure. Et ensuite tout le monde a continué sur les autres faits divers.
  • Le 03, le Boss nous fausse compagnie pour assister au 51e sommet de la CEDEAO à Monrovia et aux travaux de lancement du projet régional d’énergie électrique. Ce projet d’interconnexion des réseaux électriques de la Côte d’Ivoire, du Liberia, de la Sierra Leone et de la Guinée (CLSG) vise la construction d’une ligne haute tension de 225 KV longue de 1.357 km avec 12 postes de transformation et deux centres de contrôle pour relier les quatre réseaux électriques nationaux. Les bénéficiaires directs du projet sont les populations de sa zone d’influence (24 millions d’habitants) qui disposeront d’une électricité fiable et à un coût compétitif (officiellement). Vu que le projet démarre au moment prévu de son achèvement initial (2017) il faudra compter d’autres grands retards pour la suite – souhaitons seulement que nous n’en soyons pas le responsable principal.
  • Le 07, notre ministre de la justice soumet au gouvernement l’examen de l’avant-projet de loi portant prévention, détection et répression de la corruption et des infractions assimilées. Pour lui « l’ampleur du fléau transnational que représentent la corruption et les infractions assimilées et les graves menaces transversales qu’il véhicule justifient l’élaboration de ce projet de loi visant essentiellement la garantie de l’intégrité et de la transparence dans la gestion des affaires publiques, privées et de la société civile ». Les sourires ont été difficiles à maîtriser lors de la présentation du texte en conseil des ministres.
  • Le 15, le tout nouveau « pont de Kaaka » dans la préfecture de Coyah a été inauguré par le boss venu spécialement en Guinée pour y assister.
  • Pour : avec la reconstruction du pont colonial de Kaaka, un des plus dignes symboles de l’échec de nos gouvernements successifs depuis 1958 vient enfin de disparaître et en plus cadeau, sans un sous de notre caisse unique (ou inique). Merci les frères japonais, nous en avons encore beaucoup comme ça à vous proposer, pardon et merci d’avance.
  • Contre : pour la mise en accusation pour haute trahison du PPAC le président de ce groupe parlementaire a déclaré à la presse : « Nous avons envoyé le courrier pour une première fois au Bureau de l’Assemblée Nationale qui n’a pas voulu tenir compte de cette proposition de mise en accusation du Chef de l’Etat ». Bien sur ce texte ira directement à la poubelle parlementaire mais il fallait quand même le tenter au moins une fois, pour que l’histoire retienne cette tentative de notre opposition opposée à tout le monde, y compris à ses propres membres.
  1. Les décisions et actions « négatives » du mois :
  • Le 01, un homme d’affaires opaques local, un protégé du PPAC, le bien nommé Aboubacar Camara est la risée des réseaux sociaux et des médias locaux en se prenant sérieusement pour le Roi de Kaloum. Quelques jours avant cela il avait organisé un carnaval avec tournée loufoque dans les rues du centre-ville (Kaloum) habillé grotesquement comme un roi du peuple Akan perdu en Guinée. Avant cela il se faisait déjà appeler le shériff de Kaloum avec des posters collés sur les baobabs et manguiers des quartiers. Le tout sous les regards admiratifs de notre administration à tous les niveaux du pays.
  • Le 05, suite aux querelles publiques interminables entre les commissaires gourmands de notre CENI, nous apprenons qu’une commission de réflexion interne sur les questions de renforcement de la gouvernance de la CENI vient de faire des propositions de solution pour la correction des dysfonctionnements et l’amélioration des conditions de travail – dans cette vie on n’est jamais aussi bien servi que par soi-même. Si ces propositions arrivaient à être avalisées un commissaire pourrait toucher jusqu’à environ 750.000 GNF par mois (approx.13.000 Euros), ce en fonction des tâches exécutées et des périodes de l’année. Regardez ci-dessous les principales lignes proposées, n’incluant pas les allocations sous la table de rigueur. Et si cela passait sans action urgente pour le stopper on n’en reparlera plus jamais, les avantages acquis étant exclus de toute révision future. Pendant ce temps ils critiquent en majorité les étudiants impolis parce qu’ils demandent des tablettes pour étudier au XXIe siècle. Quelle tristesse !
Prime plénière période non électorale 4.000.000 FG et 2 millions /quinzaine

et 2 millions sur compte

Prime de plénière en période électorale 15.000.000 FG/ mois
Sécurité des commissaires 1.500.000 fg/mois
Prime de conduite des commissaires 1.000.000 FG/mois
Entretien véhicule 1.500.000 FG/mois
Vidange 700.000 FG/mois
Revalorisation carburant 7.200.000FG/ mois
Assurance Santé le couple et 2 enfants
Prime de mission à l’intérieur 1.500.000 FG/jour
Prime de risques de mission 700.000 FG/jour
Prime de missions à l’extérieur 250€/300$
Prime d’organisation d’une élection 100.000.000 FG
Prime du 13e mois salaire d’un mois
Prime des commissions Techniques 300.000 FG/ jour
missions Prise en charge en fonction du besoin 
  • Le 06, notre cabri national saute à Bruxelles pour prendre part à la 11e édition des journées européennes du développement les 07 et 08. Vraiment, il ne sait même plus quel prétexte utiliser pour fuir Conakry. Vraiment laissons les toubabs gérer seuls leurs problèmes de développement et concentrons-nous plutôt sur les nôtres.
  • Le 07, nous apprenons qu’une mission de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) séjourne à Conakry pour « aider la Guinée à installer une nouvelle CENI correspondant aux aspirations des politiques ». Ainsi on reprend les mêmes qui ont occasionné un désastre national en 2010 et on espère un résultat meilleur pour nos prochaines élections ? Mine de rien, le cordon ombilical est vraiment dur à trancher. Mais c’est bien vu aussi par notre grand enfarineur car elle sera une nouvelle fois un bon bouc émissaire pour expliquer et justifier le bordel électoral de 2020.
  • Le 07, encore des manifestations de la jeunesse, cette fois-ci de la ville minière de Kamsar (préfecture de Boké) pour protester contre le manque total d’électricité pendant plus de 3 jours. Cette intifada nous offre un petit aperçu de la situation sécuritaire à l’intérieur du pays : les journalistes ont demandé au sous-préfet si elle est allée sur place pour discuter avec eux pour les calmer. Elle leur répondit du tic au tac : «  ils ont de l’essence et des allumettes, je n’ose pas ». Le bilan final est d’un mort (un élève de 16 ans), une douzaine de blessés (civils, gendarmes et policiers), la mairie et le commissariat de police pillés et cassés presque entièrement. Avec comme d’habitude des barricades sur les rues principales, des véhicules et motos de pauvres civils brûlés-cadeau.
  • Le 08, malgré tout ce qui précède le boss s’envole vers Rome et ensuite plusieures autres escales avant le 18 vers Tokyo ! Les détails précis de toutes les escales présidentielles entre ces deux dates sont secret défense. En tous cas plusieures sont prévues chez lui, Place d’Italie et à l’hôtel Raphaël de Paris et chez nous, à Conakry.
  • Le 12, notre jet royal se pose à Berlin pour une rencontre sur le partenariat G20 – Afrique. Malgré tous les tam-tams hurlants du palais Satanya, le rapport final de la rencontre souligne : « Dans le cadre du partenariat du G20 avec l’Afrique, le ministère allemand de la coopération et du développement a choisi lundi les trois premiers pays africains qui vont bénéficier du programme « Investir pour un avenir commun » : la Côte d’Ivoire, le Ghana et la Tunisie. Des pays qualifiés de réformateurs notamment par la Banque mondiale (BM), le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque africaine de développement (BAD). L’implication de ces institutions financières internationales consistera à aider les pays du continent à prendre en charge l’assurance des risques qui inquiètent les investisseurs privés ». Oups, la secrétaire a oublié quelqu’un ! Voila ce qu’on appelle du concret suite à une visite officielle chez un gentil bailleur, pas une panoplie de photos avec les bosses rencontrés.
  • Le 14, à l’occasion d’une plénière de l’Assemblée nationale le géant du perchoir a encore prouvé toute son utilité : lors des débats un député a appelé ses collègues à observer une minute de silence à la mémoire de trois soldats guinéens tués le jeudi 08 juin au nord du Mali. Visiblement surpris par cette «  nouvelle » le Président de l’AN. marqua son étonnement. Il s’est donc rabattu sur celui assis à sa droite pour demander des précisions sur ce mystère pour lui. Malheureusement son micro n’était pas fermé et nous avons ainsi compris que la 2e personnalité du pays, le successeur du chef de l’Etat en cas de vacance du pouvoir était totalement déconnecté de l’actualité dramatique de son pays. Trop occupé à compter les résultats financiers de ses petits bizness dès qu’il sort du bureau sans doute.
  • Le 14, le ministre des affaires étrangères français Jean Yves Le Drian fait une escale expresse de quelques heures à Conakry avant de continuer sur Dakar où il passera la nuit. Sûrement pour calmer les bouderies de notre mégalo parce que le Président Macron avait refusé de le recevoir en tête à tête privé à Bruxelles et Paris la semaine précédente. A Dakar Le Drian a tenu sa conférence de presse finale avec son homologue sénégalais alors que chez nous c’était avec le président de l’Union Africaine, son homologue guinéen. A chacun ses héros et zéros !
  • Le 15, nous apprenons que le ministre en charge de l’administration et de la décentralisation a présenté en conseil des ministres l’état d’avancement de la professionnalisation de la gestion des déchets solides à Conakry. En conclusion on peut retenir qu’il faudra attendre le dernier trimestre 2017 pour procéder au lancement des appels d’offres et le recrutement de l’entreprise chargée du transfert et de la mise en stockage des déchets solides à la décharge de la minière. Ensuite il faudra attendre le premier trimestre 2018 pour le démarrage des activités de l’entreprise retenue. En résumé il ne faut rien espérer dans ce secteur aussi d’ici la fin du Sanseman 2.0 en 2020.
  • Le 16, les troubadours du chef inaugurent 2 statues métalliques géantes à l’entrée de Kaloum, le centre-ville. La 1e qui représente Nelson Mandela mesure 3 mètres de hauteur. La seconde qui mesure 6 mètres et pèse 6.5 tonnes a plusieurs facettes. La 1e n’est autre qu’une portait géant du PPAC ricanant, la 2e représente la statue Nimba, symbole national de la fertilité et la 3e facette un livre ouvert avec des citations d’auteurs français du passé et les paroles prophétiques du pasteur M.L. King I have a dream !! Il faut préciser que le cadeau vient d’une fondation privée minière Libano-PPACienne qui fait justement son beurre dans la préfecture de Boké secouée depuis plus de deux mois par le ras-le-bol généralisé dans ses villes en raison de l’absence presque totale d’eau courante, d’électricité et de retombées visibles des bizness miniers locaux – sauf pour un petit groupe de bénis politiques et administratifs.
  • Le 16, le ministre de l’énergie nous trouve une nouvelle explication pour les coupures devenues presque généralisées de l’électricité à Conakry : « c’est les fortes pluies et les orages » ! Vraiment notre pays est grave, quand c’est la saison sèche d’étiage on n’a pas de courant par absence d’eau dans les barrages et ensuite quand il pleut c’est encore la même chose par excès d’eau dans les barrages. Le barrage de Kaleta est vraiment le plus grand joke du siècle en Guinée.
  • Le 16, le PPAC décrète le directeur général de la police comme conseiller à la Présidence avec rang ministre. On se souviendra qu’en novembre 2016 il a été parmi les 1e mamayeurs à parler de 3e mandat à vie pour son boss. Il gagne donc la médaille d’or de la démagogie nationale et la course est maintenant bien lancée pour les 2 autres médailles. Petit désavantage pour lui quand même : il rejoint le cimetière des cadres de la présidence et perd du coup les retombées très juteuses des rapines de notre flicaille. Il semble même que son supérieur hiérarchique, le ministre de la sécurité publique aurait offert un banquet privé pour fêter sa mise à la casse nationale. On ne peut quand même pas gagner de tous les cotés.
  • Le 18, c’est sayonara vers le Japon où il va rencontrer son frère de la FEANF et ami de 60 ans, l’Empereur Akihito. Petite consolation pour nous : il a voyagé dans le vol régulier d’Air France, petit retard de trésorerie de Dubaï sans doute. Il va enfin avoir une photo au mont Fuji-Yama, une des rares qui manquait dans son bureau.
  • Le 24, il participe à son 1e safari à Kampala en Ouganda pour bien se moquer de notre misère. Avant c’était des voyages mensuels, maintenant ils sont hebdomadaires.
  • Le 27, le secrétaire d’état américain dévoile le « rapport 2017 sur le trafic d’être humain ». Il fait une liste noire des pays ne combattant pas suffisamment le trafic d’êtres humains, qui compte 23 pays dont la Syrie, la Chine, la Corée du Nord et la Russie, La RDC, le Congo-Brazzaville, le Mali ….ET notre Guinée chérie. Selon la presse américaine trois d’entre eux, dont nous, font donc leur entrée dans le « tier 3 », au plus bas de l’échelle. Ils peuvent donc faire l’objet de sanctions allant de restrictions dans l’assistance américaine à l’arrêt des échanges culturels ou éducatifs. Il semblerait en réalité, selon les détails du rapport que la Guinée se retrouve sur cette liste noire pas parce qu’elle utilise des enfants soldats mais parce que partent illégalement de chez nous de nombreux mineurs vers les pays de la sous-région (Sénégal, Gambie, Mauritanie) et vers les pays du Golfe ce qui est bien documenté avec des données chiffrées. Les Américains n’auraient pas apprécié le laxisme de l’Etat à lutter efficacement contre ce fléau en dehors du lip service On apprend parfois dans la presse locale que certains trafiquants se sont faits pincer par nos bandits en treillis mais comme toujours chez nous les présumés coupables, très friquées grâce à leur bizness, sont relâchés après une visite de courtoisie à la case prison.
  • Le 27, nous apprenons que selon le « Natrural Resource Gouvernance Institute » (NRGI) américain, l’indice de gouvernance des ressources naturelles 2017 (données de 2015 et 2016) a classé le secteur minier de la Guinée en 63e position parmi les 89 évaluations réalisées dans le monde et en 20e position parmi les 31 évaluations effectuées en Afrique subsaharienne. Cet indice évalue la façon dont les pays riches en ressources naturelles gèrent leurs richesses pétrolières, gazières et minérales. Nous culminons au dessus des pires cancres du continent avec une note de 38 points sur 100 (ou 8 sur 20 en termes plus clairs pour les cadres du ministère). Pour la composante de gestion des revenus de l’indice nous sommes classés 78è sur les 89 réalisées ; pour la composante « conditions générales de gouvernance » nous obtenons 37 points sur 100, une moyenne légèrement inférieure à celle de l’Afrique Subsaharienne (39 points) ; pour une sous-composante de l’indice en matière d’octroi des licences nous obtenons notre plus haute note avec 62 points sur 100. Et toc pour la reforme réussie du nouveau code minier et le redressement spectaculaire de ce secteur grâce au Sanseman.
  • Le 28, encore une virée, cette fois-ci c’est à N’Djamena au Tchad et, croyez-moi ou pas, pour participer à un forum africain de la jeunesse. A plus de 80 ans il fera tache dans cette rave. En fait c’était juste pour consolider son nouveau record Guinness : 7 visites officielles à l’étranger (Liberia, Belgique, Italie, Allemagne, Japon, Uganda et Tchad) en 1 mois (soit une moyenne légèrement supérieure à une tous les 4 jours) avec 10 passages par Paris !
  • Pour : comme chaque mois, R.A.S…
  • Contre : pour l’affaire Bobodi tout a commencé le 28 mai lorsqu’une fondation ivoirienne obscure mais rusée avait décerné au guignol le « prix africain pour le développement, meilleur artisan des œuvres sociales » et l’avait couronné « Roi Nana Kouassi Bobody 1er, Roi de l’Afrique ». Résultat il fait depuis ce qu’il veut en ville. L’anarchie de la jungle est bien installée maintenant, raison pour laquelle des jeunes peuvent brûler des présumés voleurs en plein jour et en plein ramadan sans aucune réaction sérieuse de nos leaders. Cette affaire sert néanmoins de Dadis-show pour détendre un peu l’humeur morose des milliers de miséreux et paumés particulièrement en plein mois de carême. Dans le cadre de la mobilisation de la société civile pour la prochaine campagne du 3e mandat, les distributions de prix du Sanseman s’accélèrent ce mois-ci : 750.000 GNF par journaliste choisi sur le volet pour venir dîner avec le boss au palais Satanya, puis des 4×4 rutilantes pour un groupe bien choisi d’imams venus de tout le pays et enfin quelques voitures et de l’argent de poche pour les artistes-militants RPCistes. Les réponses de nos seuls artistes à audience internationale tels Takana Zion et Ali Kamano ont été immediates : « Même si vous donnez 100 voitures à chaque imam, une villa à chaque journaliste, 10 sacs de riz à chaque mendiant, nous combattrons ce régime partial qui de jour en jour tombe dans la dictature » et « Dites-lui d’octroyer des limousines ou des Jaguars, des Bentley ou des Mercedes, des Wranglers ou des BMW aux artistes qui n’ont aucunement pas de crédibilité aux yeux du peuple… Dites à Alpha que les peuples c’est comme de l’eau, quand ça dort, tu peux en abuser, mais quand elle se réveille, elle ravage tout sur son passage ». Quant au flic-mamayeur qui avait exigé un mandat à vie il est, certes en retard, nommé ministre. La course à la bassesse est bien lancée maintenant. Au fait puisque nous sommes officiellement un pays laïque, nos prêtres chrétiens et anglicans devraient eux aussi organiser une grève et une marche sur l’axe de la liberté s’ils veulent eux aussi des carrosses de la république.

 

Tic-tac, Tic-tac, la montre tourne ; aujourd’hui est le 2382e jour de l’ancien « Guinea is back » et du nouveau « changement radical » – déjà 06 ANS, 06 mois et 10 jours ! Aladji-Professeur-Président voici ma suggestion SMART (Spécifique, Mesurable, Atteignable, Réalisable et Temporellement définie) du mois pour améliorer un peu votre Sanseman : il faut cesser d’insulter le monde autour de vous, y compris en public devant les cameras qui enregistrent pour l’avenir vos gaffes historiques. Les insultes n’y feront rien, il faut plutôt cesser votre affaire de promesses-bidon. Sinon ça va barder de plus en plus chaque fois que vous ouvrirez la bouche. Nos enfants ne sont pas comme nous : dès qu’on décorne devant eux ils réagissent au quart de tour, Walahi ! Tristes effets secondaires : le recteur d’une université de la capitale et le vice-recteur d’une autre ont sur le coup fait des malaises cardiaques sur la tribune et ont du être évacués par les services sanitaires d’urgence. L’un des deux n’y a pas survécu ! Le plus inoubliable était votre gestuelle, gambadant sur la scène entouré de vos gorilles comme un fou devant une bande d’ados excités qui répondaient directement à vos invectives. Puis sautillant sur place les poings fermés, exhibant ainsi pour la postérité votre talent incontesté de professeur de la danse du « saut de cabri », une digne réponse nationale au dombolo et mapouka congolais ainsi qu’au coupé-décalé ivoirien. Sachez que même en Guinée le chef suprême doit respecter sa parole donnée. Qui plus est, quoi de pire que de faire miroiter à de pauvres universitaires de tablettes qu’ils devront quand même acheter à 50 US$ dont un pourcentage sera évidemment reversé à vos seconds-couteaux en charge de leur formation gratuite. Partout ailleurs ils rêvent d’universités d’excellence avec des labos de pointe, de partenariats et d’échanges universitaires avec l’élite mondiale comme dans presque tous les pays de la CEDEAO maintenant. Mais chez nous ils sont poussés à rêver de tablettes ! Comme vous l’a si bien écrit un de ces étudiants si mal formés selon vous « un homme fort c’est quelqu’un qui sait maitriser sa colère. Quelque soit la situation il n’avait pas le droit de tomber si bas ». Et pourtant lui n’a pas fait la Sorbonne comme vous. Mr le PPAC finalement je vous renvoie votre balle : c’est vous qui êtes mal élevé, mal éduqué et indigne de ces enfants et de nous tous. Un ou deux « pétage de plombs » pareils et vous ferez un A.V.C. sur la scène, alors courage les jeunes. Quant à votre petite démonstration de la danse du « saut de cabri » sur de la photo officielle du sommet de Berlin (le 12 juin) il ne faut plus jamais refaire ça, yandi !

Publié dans 2018 | Laisser un commentaire