“On dii koii, ma chronique mensuelle…” – Décembre 2007

Bamako, le 31 Décembre 2007

 

Les coups de gueule d’un afro-optimiste en colère,

 

·        * Côté perso,  «Le colonisateur d’avant 1958 était mauvais, mais il ne mettait pas ses prisonniers à la diète noire pendant 2-3 semaines pour faire ensuite des prélèvements sataniques de leurs organes; même l’animal sauvage et enragé ne fait pas ça – sauf le dénommé ahmed sékou touré……»

 

        Bamako en décembre et avec Kadi: les nombreuses fêtes de fin d’année ont été très «famille nucléaire» cette année; tant mieux, car ça n’était pas arrivé depuis trop longtemps…

 

      «24  ans Chrono – le chapitre final»: la saga de la bamboula guinéenne…

 

Épisode 12 – les 30 dixièmes jours du Premier Ministre, Chef du Gouvernement, populaire (PM-CG-p):  

 

* Côté Résultats: cette fois-ci il n’a pas le choix, il va lui falloir nous en montrer, même si ça ressemble à un zéro pointé! Pour l’aider un peu il faut absolument qu’il mette sur sa table de chevet l’article de l’Indépendant qui lui a résumé gentiment tout ce qu’il nous avait promis mordicus de faire avant le 31 décembre de cette année. Voici les titres des 5 axes principaux divisés en 16 objectifs prioritaires concoctés lors d’une virée au bord de la mer dans le cadre paradisiaque de Bel Air:

Ø      L’axe 1 faisait espérer la consolidation de l’unité nationale et la préservation de la paix. Depuis 50 ans de gestion gabégique du pays, l’unité nationale  a toujours été spoliée  en permanence; néanmoins pour la deuxième fois l’ethnocratie est (presque) proclamée officiellement par les tenants du pouvoir! Les gouverneurs et préfets pourris par le PUP ont été remplacés par des nouveaux, presque tous pourris par le pdg-rda…Et voila que le complot ethnique re-pointe son nez à l’horizon, comme si c’était la seule recette connue par  nos  nouveaux stratèges (déterrés de la nuit des temps) dès que le bateau commence à couler; après tout, ça avait bien marché en 1976, alors pourquoi pas re-essayer 31 ans après?

Ø      L’axe 2 faisait miroiter la restauration de l’autorité de l’état et la promotion d’une justice indépendante. Les résultats sont aussi mauvais que pour le précèdent, mais la note sera un peu meilleure car les conséquences destructrices pour la Nation n’apparaîtront pas à court terme, mais plutôt à moyen et long terme. Le mot autorité s’applique aujourd’hui à chaque guinéen dans sur un cercle de 10 mètres autour de lui-même; plus loin que cela, c’est l’anarchie totale et permanente! Quand au système judiciaire, il est tellement malade cette fois-ci que même ses avocats ont jeté totalement l’éponge de leur boulot, épuisés qu’ils sont de servir de punching-ball à nos moutons en treillis…Et nous devons tous leur tirer notre chapeau car ils ont tenus bon (pour la première fois) et ils ont obtenu que deux spécimens de ces pourris soient convoqués pour explications devant la cour suprême (sic) avant la fin du mois. Ca ne parait pas grand-chose pour les non avertis mais beaucoup ont compris que cette jurisprudence sera désormais utilisée chaque fois que les forces de désordre s’essayeront de nouveau à leur médiocrité habituelle…

Ø      L’axe 3 faisait prier pour la mobilisation des ressources nécessaires au développement des infrastructures et à la fourniture des services sociaux de base. En tout cas on a entendu beaucoup de promesses, mais comme on dit chez nous, «à beau mentir qui vient de loin». Les robinets sont pleins de ce que je n’ose pas décrire mais vides d’eau et le courant galope toujours aussi vite dans les quartiers, alors que Bamako et Ouaga, capitales en plein Sahel, ne savent presque plus ce que cela veut dire…Et j’espère que le coup de pub ridicule de l’éclairage publique avec des poteaux urbains solaires ne sera pas brandi comme un exemple de réussite et de ce qui nous attend dans un proche avenir.

Ø L’axe 4 nous faisait rêver à un assainissement de la gestion économique et financière et au rétablissement des équilibres macro-économiques. Patatras, un nouveau délire; chaque jour précédent est maintenant un peu meilleur que le suivant et on a réussi une fois de plus l’exploit de dénicher un guinéen parmi les 9 millions qui est encore plus rapace que LC Bauer! Impossible de l’arrêter, même le Maréchal est sidéré et se sent blessé de lèse-Majesté, Walahi…

Ø                         L’axe 5 enfin nous avait ébahi par la promotion de la bonne gouvernance et le renforcement des capacités de l’administration. Là aussi, c’est pas beau à voir et selon le bon principe populaire qui veut que le poisson pourrit toujours par la tête, puisque la tête du notre a déjà pourri complément les 26 premières années et que le ventre est en état de décomposition accélérée au cours des 24 ans qui ont suivi, le petit peuple lui aussi bouffe la queue aussi vite qu’il le peut, avec les 2 mains et les 2 pieds, avant qu’il ne reste plus rien de comestible…

 

Nous attendons donc tous avec grande impatience les résultats officiels du «programme maximum d’urgences pour la période juillet – décembre 2007».

 

Au fait on n’entend plus parler des évaluations de ministres, bizarre, bizarre! Ou bien c’est parce que (comme je le craignais) les syndicats et la société civile ont parlé également d’évaluer le premier d’entre eux ??

 

Enfin le 05 Décembre est tombé le tant attendu décret de restructuration des différents ministères et voila que le peu d’acquis obtenus en Mars 2007 volent en éclats avec la remise d’un nouveau PM-CG (impopulaire) à la présidence, pas de cabinet pour notre PM-CG-p et la tirelire nationale (la banque centrale) qui revient à sa base d’antan (la présidence, bien sûr). A mon avis, là ça va vraiment chauffer, dans un sens ou dans l’autre Walahi…Et le peuple de Guinée n’y gagnera, une fois de plus rien du tout – C’est de nouveau le retour à la case départ!!

 

* Côté Mamaya: ce mois-ci  les petits ingrats avec mauvaises langues et jumelles «infra-magouilles» nous ont déniché une visite d’Etat d’environ 20 jours (sur 31) dans les palaces d’Europe et d’Asie pour notre petit boss avec son directeur de cabinet et de campagne (son épouse) et le reste de ses lieutenants! Je pense qu’ils doivent être entrain de vider les dernières devises qui restent dans notre banque centrale pour faire un peu de place pour tous les milliards qu’il a gracieusement récolté pour le peuple de Guinée lors de ses tournées précédentes des milles et une nuits…

 

Décidément on aura tout vu à la tête de ce pays: un mégalo syphilitique pour démarrer qui, sans le vouloir mais grâce à Dieu, a passé la main à un paysan klépto en kaki et qui se prépare maintenant, sans le vouloir également, à la passer à Ali Baba et ses…

 

  • A neuf mois du Cinquantenaire de la Dictature en Guinée – 3e mois de la campagne « je me souviens…de la dictature en Guinée»:

J’ai eu la chance dans une vie précédente, quand j’étais encore un jeune garçon, de beaucoup voyager dans notre sous-région dans les bagages de mon globe-trotter paternel. Je me souviens toujours qu’en quittant Conakry après des vacances annuelles passionnantes sur le plan des relations familiales et amicales (mais éprouvantes pour mon petit confort personnel) nous faisions souvent plusieures escales par les capitales voisines sur le chemin du retour. A l’escale d’Abidjan ou de Dakar, j’avais malgré mon jeune age toujours les larmes aux yeux car je voyais et comprenais le fossé qui existait et qui se creusait tous les ans un peu plus entre ces capitales et la mienne. Puis on passait à Bamako ou Ouagadougou, Cotonou…etc.; brusquement ma bonne humeur revenait car ces villes-là étaient identiques sinon pires que Conakry, Walahi…

 

Je vis maintenant depuis 4 ans à Bamako et je vais parfois à Ouaga et dans ces autres villes et croyez-moi j’ai de nouveau envie de pleurer à chaudes larmes, car elles sont devenues de vraies capitales qui grouillent comme des fourmilières et où on sent cette volonté manifeste des gouvernants et de tous les habitants de les faire avancer. Et pourtant la mal-gouvernance et la gestion folklorique sont également présentes (parfois autant qu’en Guinée) mais il y a une différence fondamentale que nous devons acquérir afin de sortir enfin la Guinée de notre trou historique: ils ont pu créer leur «éthos national du développement», leur volonté intrinsèque, envers et contre tout, pour développer leur pays.

 

Si j’ai insisté sur ceci plus haut c’est parce que je crois que le Cinquantenaire qui arrive dans 9 mois peut et doit devenir notre chance à nous aussi – SI NOUS LE VOULONS VRAIMENT ET TOUS – de tirer un grand trait sur toutes nos tares du passé afin de créer nous aussi, les conditions minimales pour ENFIN entreprendre notre décollage national.

 

La première condition pour cela néanmoins est qu’il faudrait dès à présent revoir la composition du comité national d’organisation de ce cinquantenaire afin qu’il soit le reflet réel de la Guinée d’aujourd’hui. Doivent y siéger avec les gouvernants actuels tous les représentants de la Guinée de 2008 et en particulier les partis politiques, toute la société civile, les victimes et les bourreaux des 2 dictatures au pouvoir depuis 1958, la jeunesse désœuvrée et apolitique, les femmes apolitiques, les «vrais sages» et même les vieux cons restants, comme le sangui(naire)ana…

 

J’ai toujours pensé jusqu’à récemment que la Guinée n’était pas encore prête pour cela, mais ce cinquantenaire est une occasion inespérée et un événement propice à ce genre de «révolution des esprits» qui n’est pas prêt de se renouveler de si tôt; je crois aussi qu’il existe aujourd’hui une classe d’arbitres «justes» de tout le Mal qui a été fait dans ce pays: cette jeunesse de 30 ans et moins qui ne connaît rien de la Guinée de la 1ère République, mais qui est adulte aujourd’hui et qui sait ce qu’elle veut – elle l’a bien prouvé en juin 2006 et janvier-février 2007 en hurlant  «Y’en a marre de toute cette pourriture au dessus de nous qui bloque notre horizon et notre avenir!»

Et puis ceux qui sont directement impliqués, les bourreaux, les rescapés et les familles des victimes sont entrain de disparaître un par un mais à grande vitesse, grâce aux «courtes maladies» engendrées par la médiocrité nationale; il faut donc faire vite…

 

Alors mettons TOUT sur la table du cinquantenaire et prenons-les comme juges-arbitres pour tirer finalement ce trait sur toutes nos faiblesses et nos torts – et commençons enfin à travailler pour reprendre la place que nous méritons normalement dans notre région…

 

·         Le livre de Gomez: je l’ai terminé ce mois-ci (un exploit car je lis un bouquin normalement en 6 mois) car je l’ai vraiment apprécié; de tous les livres de la «littérature de la douleur guinéenne» comme l’a nommé J.T. Niane je pense que c’est celui qui est le plus accessible à la jeunesse d’aujourd’hui car il est écrit dans un style jeune, très proche de ce qu’ils lisent actuellement. On dirait un scénario pour film de notre époque où malgré le drame et la souffrance décrites, il y a une narration simple avec des phrases et des chapitres courts, une intrigue qui défile avec suspense et un fil conducteur, de l’humour malgré le contexte macabre et finalement je dirais presque un regard final d’incompréhension mais pas de haine, comme dans les superproductions de Hollywood – Rambo ou Rocky ne sont jamais haineux à la fin car ils ont botté les f…. à quelques méchants bandit-chefs, alors ils s’en foutent si après le système les bouffera quand même…. ».

 

Je me suis demandé néanmoins, comme plusieurs sur la Net-Presse, pourquoi il n’a pas tiré plus des leçons de tout ceci quand il a été dans les fonctions qu’il a occupé ensuite lors de la 2ème dictature guinéenne. Et je compte bien le lui demander si je le rencontrerai un jour…

 

Je pense que ce livre devait être très largement diffusé partout en Guinée et dans notre région, dans le cadre de ce cinquantenaire et en particulier auprès:

 

Ø            De tous les jeunes guinéens (et maliens entre autres qui y découvriront les noms de plusieures victimes de leur pays respectifs) qui n’ont pas connu notre glorieuse révolution car en des mots simples et sans passion excessive il raconte le goulag journalier de tous les guinéens et la folie meurtrière d’une bande de dégénérés…Il montre très bien qu’en fait pendant toutes ces années  la Guinée s’était transformée progressivement en une prison D’Abou Graïb nationale où le Camp Boiro n’était qu’un petit laboratoire d’expérimentations et de démonstration des nouveautés en création dans les domaines de la cruauté et de la bestialité humaine…

Ø            Dans les cours d’histoires du primaire et du secondaire pour que les plus jeunes encore, ceux qui ne seront finalement victimes sévères d’aucune des deux dictatures guinéennes comprennent que beaucoup de Mal a été fait dans le passé chez nous mais que nous avons tout mis en place pour « Plus Jamais ça… »

Ø            De tous les rescapés (et pourquoi pas) des bourreaux encore vivants des 2 dictatures pour que chacun d’entre eux soulagent au plus vite leurs mémoires et consciences  en mettant tout ce qu’ils savent encore (et que nous ne savons pas) sur papier ou sur des cassettes, pour nous permettre à tous enfin de pardonner et d’avancer sur nos autres problèmes de développement. Courte maladie vient si vite….

Ø            Et finalement du comité de préparation du cinquantenaire de notre indépendance, où un chapitre devrait être lu au début de chaque réunion plénière pour que ces acteurs importants de l’avenir de notre pays comprennent exactement de quoi ils sont entrain de préparer la célébration avec tambours et trompettes…

 

v     Côté boulot,

 

On ferme tranquillement 2007 (et beaucoup d’autres choses) ce mois-ci…

 

v      Côté «restes du monde»,

 

– Bravo à personne  ce mois-ci, les cancres au fond de la salle de classe de la Démocratie et des Droits de l’Homme mènent le show régional pour leur dernier baroud d’honneur de l’année 2007…

 

– Yako au Cameroun qui a fêté dans l’allégresse nationale le mois dernier les 25 ans de «l’ Homme-Lion» à la tête du mangeoire. Il s’est largement auto-félicité de ses résultats obtenus dans tous les domaines en affirmant notamment «le Cameroun nage dans la joie, le bonheur et la prospérité et mon bilan est largement positif car la démocratie se consolide, l’économie retrouve le chemin de la croissance accélérée et la lutte contre la corruption mobilise tous les efforts du gouvernement…nous avons beaucoup fait mais il nous reste encore beaucoup plus à faire… ». Tous ces lapsus dans le but de préparer l’opinion nationale à la reconduction infinie du Guide au pouvoir! Les appels solennels en faveur de la modification de la Constitution et en particulier la suppression du fâcheux article 6.2 qui limite le nombre de mandats présidentiels ont fusé immédiatement de toutes parts et avec forces larmes des Grands de la Nation (ministres et sections du RDPC). Grand démocrate soucieux de ménager la douleur de son peuple, Paulo n’a quand même pas encore répondu à tous ces touchants cris du cœur; mais dans une interview suivante sur télé Elysée (France 24) il a poétiquement signalé que «les constitutions ne sont pas faites ne varietur» ce qui veut dire en français facile que la constitution camerounaise est faite pour être modifiée…Ils y a eu (comme toujours depuis quelques années) quelques petits ingrats et mesquins pour protester de la prospérité nationale en particulier dans les régions de l’Est et du Sud-Ouest, mais ils ont été rapidement et proprement arrosés à la kalache, faisant au moins 4 jeunes manifestants morts et de nombreux blessés…

 

Au mois  prochain, Inch Allah….

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About A.O.T. Diallo

Un quinqua hédoniste qui plane sur le Web...
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