“ON DII KOI, ma chronique mensuelle…” Octobre 2009

Conakry, le 30 Octobre 2009

Mais à Conakry, aucun délai ne peut être respecté!

 

Les coups de gueule d’un afro-optimiste en colère,

 

·        Côté perso,   «L`armée guinéenne a appris à tuer de 1958 à 1984 avec sékou touré, puis elle a appris à voler de 1984 à 2008 avec Lansana Conté; résultat elle tue et elle vole depuis 2009 avec Dadis Camara… (Alimou Camara / adaptation libre de AOTD »

 

v « 3e transition vers la 3e République»  – la 3e Télé-Novéla guinéenne!

 

Yes people, ce mois-ci votre dévoué chroniqueur est (temporairement) dans le «no country for old men», le Dadistan! Au cœur de la tempête et de la bêtise humaine chronique au pouvoir, quoi…

 

  • Finis (temporairement) le cinoche hebdomaire, le cardio-cycle, le spinning et le yoga;

 

  • Bonjour (temporairement) les moustiques, la chaleur, l`humidité, Moise le Terrible et son CNDD (Concertation Nationale pour le Départ de Dadis).

 

Aujourd`hui la question principale n`est plus comment s`en sortir avec ces bouchers incultes, mais plutôt de réfléchir à la reconstruction nationale après leur départ très prochain du monde civilisé du XXIème siècle…

Épisode 08  – La Pardon et la Réconciliation en Guinée …

(Document pilote)

 

Contexte et justification :

 

Aujourd`hui nous pouvons tous convenir que  l`objectif principal de la majorité des guinéens est d`obtenir un avenir radieux pour notre pays la Guinée pour le bénéfice ultime des jeunes générations (nos enfants et nos petits-enfants). Pour ce faire, les guinéens et les guinéennes devront  saisir la 3ème chance qui leur est offerte  de monter sur le train du développement afin de ne pas encore une fois manquer cette chance.

 

La Guinée fut le seul pays de toute l’Afrique francophone à rejeter la proposition du général de Gaulle concernant l’intégration des colonies de l’Afrique occidentale française au sein d’une éventuelle Communauté française. La Guinée accéda ainsi à l’indépendance le 2 octobre 1958 dans une concorde et une fierté nationales.  Notre pays devenait ainsi le symbole de la «dignité africaine retrouvée».  Très vite, l’espoir suscité sera déçu. Le régime autoritaire de Sékou Touré s’est rapidement transformé en dictature et a provoqué, au cours des ans, de nombreuses victimes innocentes dans le pays et l’exil de plus de deux millions de personnes sur les six millions d’habitants existants alors. Des milliers de membres de ses gouvernements,  des hauts cadres et citoyens anonymes furent  torturés, exécutés,  par pendaison ou fusillade et d’autres moururent en détention par privation de nourriture et de soins.

 

Après la mort de Sékou Touré en 1984, un Comité Militaire de Redressement National (CMRN) porta au pouvoir le colonel Lansana Conté. Les nouvelles autorités promirent une rupture avec l’ancien régime en s’engageant dans une série de reformes qui ont conduit le pays dans un système mercantiliste reposant sur le laxisme et la corruption. Dès 1985 les démons du passé se réveillèrent, la junte au pouvoir s’est précipitée de liquider les dignitaires du régime défunt – pour la plupart membres de la famille de Sékou Touré, à la faveur d’un coup d’Etat manqué, conduit par le Colonel Diarra Traoré, les privant ainsi d’un procès juste et équitable. Cette situation a favorisé  la pratique du régionalisme et de l’ethno-stratégie comme moyens politiques de maintien ou de conquête du pouvoir en Guinée  constituant un grand risque de conflit qui pourrait compromettre dangereusement l’unité nationale et la stabilité politique de la Guinée. Les événements tragiques de janvier et février 2007 qui ont endeuillé la Guinée en causant de nombreuses pertes en vies humaines et des dégâts matériels importants, sont le reflet de la frustration accumulée sur plusieurs années par une population qui aspire massivement à un changement radical de comportement dans la vie de la société et des institutions de l’Etat.

 

Quelques heures après la mort de Général Lansana Conté en décembre 2008, le Capitaine Moussa Dadis Camara s’autoproclama Président de la République de Guinée sous la houlette du  Conseil National pour la Démocratie et le Développement (CNDD). Une fois encore, un espoir fou est né chez les guinéens (la 3ème chance) mais les dérapages fréquents enregistrés dans la gestion de l’Etat aux yeux de plusieurs acteurs de la société guinéenne,  n’induisent pas une rupture avec le passé, compromettant ainsi l’espoir des populations suscité par la prise du pouvoir à nouveau par l’armée.

 

Le moment est venu pour nous tous de nous concentrer en priorité sur notre plus petit commun dénominateur c`est à dire sur le seul point sur lequel tous les guinéens sont au moins d`accord: les 3 pouvoirs successifs que notre pays a connu ont produit un nombre trop important, inadmissible, de victimes innocentes. Il faut maintenant se concentrer sur la reconnaissance, la justice et la paix de l`âme de ces pauvres victimes!

 

 

A mon avis un processus sérieux de Vérité-Justice-Pardon-Réconciliation national sera indispensable pour recoller tous les morceaux blessés et séparés du pays afin de permettre que chacun puisse mettre les rancœurs et les douleurs de côté au profit du développement économique national. La reconstruction de la Nation par la mise en place d`un tel processus est a mon avis la première et la plus urgente priorité actuellement pour nous permettre à tous de vider nos cœurs et nos têtes pour accepter de nous pardonner tous et pour permettre enfin le début de la reconstruction nationale du pays. Au delà même des bénéfices directs des familles de toutes les victimes innocentes du pays,  cette réconciliation va entrainer de très nombreux bénéfices associés à tous les guinéens: retour plus important des exilés politiques et économiques, retour des diplômés et des experts guinéens de l’extérieur sans crainte pour leur sécurité et celle de leurs familles, essor de l’immobilier dans tout le pays, plus grande et plus durable stabilité politique entrainant plus d’investissements donc plus de travail dans les secteurs public et privé, plus de taxes pour l’Etat et donc moins de chômage et de frustrations. Ce processus devra être mis en œuvre de la manière la plus efficiente et rapide possible sans néanmoins rien bâcler pour cacher des fautes majeures et mineures.

 

Ce processus de réconciliation concerne aussi et avant tout  les fautes de l`Etat guinéen pour tous les torts qu`il a commis envers ses citoyens au cours du demi-siècle passé et tant qu`il ne le reconnaitra pas et ne demandera pas Pardon à tous les guinéens, il restera un Etat «coupable», détecté par tous mais pas encore jugé et condamné. Tant que ce processus ne sera pas mis correctement en œuvre, la crédibilité de notre Etat restera une simple utopie qui nous entrainera dans un «sur-place» équivalent à celui que nous vivons aujourd`hui…

 

Par ailleurs je reste persuadé que notre mosaïque ethnique et culturelle nationale est l`une des plus grandes bénédictions que Dieu nous ait offert, mais qu`elle a été instrumentalisée par des malins et des méchants pour opposer les faibles, certains intellectuels et non-instruits. Nous devons être fiers de nos ethnies et de la diversité qu`elles offrent à notre pays. Chacune d`elle doit s’arranger pour s`organiser afin de s`épanouir concrètement et se choisir de bons chefs, mais en même temps les chefs et leurs ouailles doivent être convaincus que nous ne sommes forts que lorsque nous formons une équipe globale soudée, avec toutes nos différences et toutes nos similarités qui feront notre puissance. Il faut qu`ils soient convaincus que les guinéens ne pourrons réussir qu`ensemble et qu`individuellement aucune de nos ethnies n’a grand-chose de viable au 21e siècle. Les USA et le Canada ont réussi à faire de la diversité  leur plus grande force en encourageant de plus en  plus l’immigration de qualité pour renforcer leurs «melting-pots» gagnants.

 

Mon rêve est de voir tous les guinéens réconciliés. J`ai été marqué dans ma vie adulte par les derniers mots confiés par mon père à Mr Porthos Diallo : «il faut réconcilier tous les guinéens quand tu sortiras… ».  Je pense que ceci est la chose la plus importante aujourd’hui pour notre pays et je ressens profondément que je dois cela à mon père et à  tous ses frères et sœurs martyrs, afin qu`ils ne soient pas morts pour rien. Je compte me battre avec toute mon énergie à aider à mettre en place et à rendre opérationnelle une nouvelle commission nationale de préparation du Pardon et de la Réconciliation Nationaux des guinéens dans un processus clair et simple, limpide et bien géré dans un temps bien défini. Pour cela, un savant mélange de tous les types et modèles de guinéens et d`amis de la Guinée avec l`appui technique d`une expertise réelle (nationale et internationale) sera indispensable pour réconcilier la Guinée, les guinéennes et les guinéens avec eux-mêmes. 

 

L`équipe de la commission nationale :

 

Je voudrais proposer  un groupe restreint de personnes dynamiques pour une efficacité maximale; ils devront tous être de moralité professionnelle et financière sans reproches pour tous les guinéens. Ils devront avoir déjà réussi leurs carrières personnelle et professionnelle car ils seront tous des bénévoles, sans salaires fixes pour le travail demandé. Ils seront donc des vrais patriotes, passionnés et dévoués à cette cause et au but recherché, jusqu`au sacrifice personnel, seule crédibilité au plans national et international du travail qui devra être accompli. Il faut absolument éviter les «mange-mils» nationaux et de la diaspora qui ne verront que le profit financier rapide ou le tremplin politique dans cette démarche… Chaque membre aura des termes de référence précis et des extrants et effets à présenter au comité aux différentes étapes de leurs responsabilités et plans de travail respectifs.

 

Voici une proposition pour une représentativité nationale la plus large possible:

 

          Un (ou deux max.)  enfant de victime de la 1ère République;

          Un (ou deux max.) enfant de victime de la 2èrm République;

          Un (ou deux max.) enfant de victime de la transition actuelle;

          Une (ou deux max.) personnalité guinéenne qui aura réussi une carrière internationale ou diplomatique exemplaire, qui aura un carnet d`adresses bien rempli et des contacts avec de nombreux «Grands de ce monde»;

          Deux représentants des confessions religieuses principales du pays;

          Un/une (ou deux max.) représentant des guinéens de la Basse Guinée, qui remplisse entièrement les conditions préalables;

          Un/une (ou deux max.) représentant de la Moyenne Guinée qui remplisse entièrement les conditions préalables;

          Un/une (ou deux max.) représentant de la Haute Guinée qui remplisse entièrement les conditions préalables;

          Un/une (ou deux max.) représentant de la Guinée Forestière et qui remplisse entièrement les conditions préalables;

          Un/une (ou deux max.) représentant des groupes ethniques minoritaires de  la qui remplisse entièrement les conditions préalables.

 

          Il y aurait également quelques «conseillers techniques», experts nationaux (vivants en Guinée ou à l`étranger) parmi nos ainés qui ont bien connu les 2 premières  républiques de la Guinée. Ils seront choisis parmi nos doyens qui ont beaucoup réfléchi et écrit des livres de qualité et d`impartialité  sur le sujet. Ils seront  particulièrement recherchés parmi nos écrivains, historiens, sociologues et psychologues.

 

Un bureau, cellule restreinte de coordination, synthèse et rédaction sera mis en place au début des travaux de la commission.

 

La commission consultera de manière très large et ouverte tous les guinéens partout dans le monde  pour leurs commentaires, leurs suggestions et leurs critiques pertinentes et ils les analyseront sérieusement pour les prendre en compte. Ils seront accessibles par le Net, par courrier postal et par des rencontres à vive voix.

 

Tous ceux qui sont parfaitement bilingues permettront à la commission de bien capter pour l`équipe tous les messages des appuis extérieurs anglophones plus expérimentés dans ce domaine. En particulier il faudra bien étudier et demander l’appui de l’Afrique du Sud, du Maroc, du Liberia et des organisations internationales des Droits de l`Homme en Afrique et dans le monde.

 

(Suite dans le prochain numéro, Walahi!)

 

·       Côté «restes du monde»

 

– Yako à toutes les victimes innocentes ce mois-ci de notre monde de fous: pour causes naturelles (tremblements de terre, tsunamis, cyclones, inondations à l`ouest et sécheresses à l`est) et humaines (sous les mains des talibans, de Al Qu’Aïda, de Moise le Fou, de Mugabe le schiso, de Moii Kibaky, le vilain et (bientôt?) d’Abdoulaye Wade, l’arrière grand-père plusieures fois….

 

– Yako au Gabon: qui a finalement investi Curly Ali au trône paternel dans la pure tradition africaine des monarchies despotiques tropicales; bientôt le tour du Sénégal, de l`Egypte et de la Lybie, selon l’âge des despotes, si tout va bien…

 

– Bravo à personne: Ya pa gran soce a bravoté se moi si, Walahi! Même le prix Mamadou Ibrahima (Mo Ibrahim pour les intimes) a fait zero pointé cette année…

 

A la prochaine, Inch Allah….

Pas sûr de pouvoir vous envoyer régulièrement une chronique d’ici – la réflexion intellectuelle et l’inspiration sont dur-durs pour moi ici, Walahi!

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About A.O.T. Diallo

Un quinqua hédoniste qui plane sur le Web...
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