Une Nouvelle Voie (Mars 2013) : Du fossé au gouffre inter-ethnique

Bienvenue à mon bilan du 3e mois de l’An 03 de la Condécratie, un  modèle de démocratie stalinienne avec très peu de travail, justice et solidarité ; un subtil mélange de communisme à la  FEANF et d’affairisme sans scrupules. Je continue donc mon exploration mensuelle des méandres des décisions importantes pour la nation prises par nos nouveaux chefs en proposant des pistes de réflexions et d’actions qui pourraient être envisagées pour que le « vrai changement » soit effectif.
   Echantillon de paroles et pensées présidentielles du mois: « Bonne chance à la Guinée » (le 01, lors d’un discours urgent à la Nation) ; « Je salue le premier pas positif qui a été fait ce matin. Toutes les sensibilités politiques ont pris part à la rencontre. La mise en œuvre d’un dialogue responsable et sincère entre toutes les composantes politiques est indispensable pour que notre Nation retrouve sa quiétude et puisse relancer le processus qui permettra aux Guinéens d’avoir une Assemblée nationale élue démocratiquement… Nous sommes tous responsables de la paix dans notre patrie. Toute la classe politique, sans distinction, que ce soit la mouvance présidentielle, le centre ou l’opposition, doit œuvrer pour permettre à la Guinée d’avancer et de se concentrer sur les réformes économiques dont elle a besoin pour améliorer les conditions de vie de ses populations » (le 04 lors de la rencontre de dialogue avec tous les acteurs politiques du pays); « On dit depuis un bon nombre de temps que Waymark c’est mon fils et moi qui l’ai fait venir en Guinée ; finalement j’ai sorti les documents qui démontrent que cet operateur est là depuis l’époque de Ben Sékou (ancien président de la CENI) et c’est Pathé Dieng (autre responsable de la CENI) qui a payé qu’est ce que j’ai à y voir… les guinéens de l’étranger n’ont jamais voté pour les législatives mais aujourd’hui on en fait un outil alors qu’avant on me faisait croire que c’était Lounceny Camara ancien président de la CENI qui était le problème » (lors d’une rencontre avec des fanatiques le 06 dans son palais); « Ce n’est pas moi qui organise les élections, mon rôle est de convoquer les élections, c’est à la CENI. Je dois veiller à ce que toutes les conditions soient, soient, soient…. aient rempli toutes les conditions pour qu’il n’y ait aucun problème technique. Aujourd’hui, grâce au soutien des bailleurs de fond et l’UE, nous allons vers là. Le reste, je fixerai la date lorsque la CENI m’aura contacté et qui m’auront proposé une date et, réellement toutes les conditions techniques sont remplies (conférence de presse le 10 avec 3 chefs d’états voisins) ;

  • Pour : la 1e citation est caractéristique d’un PPAC « grimpeur » et paniqué ; il ne manque que la fin de la phrase : « quant à moi, je me barre si vous continuez ». Bon vent, prési et pas besoin ensuite de nous envoyer des nouvelles fraiches. La 2e est bien plus positive, mais bon il s’agissait d’un discours écrit, donc pas de son crû personnel.
  • Contre : en dehors des boulettes de son « français académique » qui empire tous les jours, le PPAC est pris à son propre piège et à celui de ses faucons : ils ont trop tiré sur la fibre ethnique et maintenant la situation dégénère. Ils sont complètement dépassés par la dégradation de la situation ; le Big Boss et son sheriff de Conakry ont dû prononcer en urgence des discours d’apaisement – la CPI n’est plus très loin pour d’eux. Pour la 3e citation on reconnait la mauvaise foi légendaire maintenant du PPAC : si seulement une chaine privée pouvait ressortir l’interview où il a dit que lors d’un de ses séjours en Afrique du Sud on lui a offert 2,000 kits de recensement et la suivante où il a dit déclaré sans se démonter que ces kits avaient coûté (et devaient donc être remboursés) 15 millions USD à Waymark.
  • Une  Nouvelle Voie : les faiblesses et carences du PPAC nous ont certes mis sur une voie, mais c’est une très mauvaise voie, identique à celles de ses prédécesseurs ; pas celle que nous souhaitions. Apres lui, si nous commençons cette fois-là par un dialogue national et une bonne analyse de la gestion de notre bordel depuis 55 ans nous pourrons enfin, peut-être nous engager dans une nouvelle et bonne voie pour tous les guinéens.

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  1. 2.      Formations, séminaires, ateliers, colloques et  autres « rendez-vous du donner et du recevoir » du mois : atelier de la société civile sur le programme de mobilisation  citoyenne pour des élections libres et transparentes ; séminaire de finalisation de l’étude sur le développement décentralisé ; forum sur la biodiversité et la gouvernance environnementale ; formation de 10,000 membres des CARLE de la CENI ; formation en communication des administrateurs territoriaux régionaux et préfectoraux (secrétaires généraux et maires) de la Haute-Guinée et de la Basse-Guinée ; formation de 500 femmes sur l’observation objective et impartiale des élections législatives ; formation (fin de la) de 2,000 agents du service forestier encore appelles éco-gardes ; séminaire international sur le Service Civique d’Aide pour le Développement (SCAD) ; formation des nettoyeurs des panneaux solaires de la ville de Kankan ;  formation de 125 femmes des groupements féminins sur les techniques améliorées d’étuvage du riz local ; formation des agents de  police judiciaire (gendarmes) pour la lutte contre le trafic de stupéfiants ; formation des conseillers du CNT sur la facilitation du processus d’adoption du code minier guinéen ; formation des membres du comité interministériel pour la mise en œuvre du processus de décentralisation ; formation des jeunes leaders de la Haute-Guinée sur la quiétude sociale et la paix pendant les périodes électorales ; formation des personnels de santé sur la gestion des médicaments essentiels dans les centres de santé dans le cadre du projet « médicaments pour tous » ; séminaire du Réseau francophone de régulateur de télécommunication (FRATEL) sur la qualité des services ; rencontre internationale sur la sécurité sociale en Afrique ; formation des cadres de la direction nationale des mines et de la géologie sur l’apprentissage de l’anglais et l’informatique ( !!) ; formation des agents de sécurité des postes frontières de Pamelap et Kouremalé sur la sécurité aux frontières ; atelier sur les produits forestiers non ligneux pour améliorer la situation alimentaire nationale ; atelier de validation de la stratégie féminine pour la lutte contre le VIH_SIDA ; formation des éleveurs de Gaoual sur le traitement du bétail ruminant ; formation de la CNSS sur le recouvrement des cotisations ; formation des jeunes membres des partis politiques sur la promotion de la non-violence et de l’unité nationale pour une finalisation apaisée de la transition ; atelier de démarrage des études du tracé de la ligne et de l’évaluation de l’impact environnemental et social du projet d’interconnexion électrique Guinée-Mali ; formation des antennes régionales de l’agence nationale de lutte contre la corruption élargie aux médias ; renforcement des connaissances sur la restauration et la conservations des écosystèmes des ressources naturelles de l’Afrique de l’Ouest ; sensibilisation de la RADDHO sur la paix et les DDH ; stage de formation des techniciens de la marine nationale ; atelier de lancement du plan national de relance de l’horticulture ; atelier national sur l’alimentation et les cantines scolaires ; atelier de formation des corps de contrôle de l’état sur la méthodologie et les outils d’élaboration de la cartographie et du plan d’audit basée sur les risques ; atelier de planification stratégique sur la surveillance électorale ; formation de 114 observateurs de la société civile pour les élections législatives ;
  • Pour : les bonnes affaires reprennent enfin des couleurs (36 !) – au nom des nombreux cadres qui ont enfin pu souffler un peu ce mois-ci je vous remercie pour tous les perdiems, frais de transport et sandwichs. Pourvu que ca dure, en attendant les costumes et boubous bazins du PPTE…
  • Contre : la gabegie inutile est repartie – les 6 premières formations se sont tenues les deux premiers jours du mois ! Une formation des laveurs de panneaux solaires : vraiment les guinéens sont forts ! Former nos gendarmes guinéens à la lutte contre le trafic des stupéfiants c`est comme former des loups à manger de la viande…
  • Une  Nouvelle Voie : rien de nouveau à dire – il faut juste faire le contraire des pratiques actuelles pour être sur une meilleure voie.

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  1. 3.      Les décisions et actions « positives » du mois : le 04, le PPAC invite tous les politi-chiens (c’est lui qui l’a dit) du pays à venir admirer la déco de sa nouvelle salle de réunion à la présidence et pour meubler le JT de la TR-PRG. Pour calmer la situation explosive qu’il a crée tout seul il annonce la mise en place rapide d’un cadre de concertation et de dialogue sur le processus électoral composé de tous les groupes organisés du pays – fourre-tout habituel pour ne rien faire ; le cadre de concertation est mis en place le 05, sous la présidence de l’imam sous valium, PM officiel du pays avec la 1e réunion le 07 – vraiment ils sont pressés de palabrer et de ne rien faire ; le dimanche 10, les présidents de Côte d’Ivoire, du Liberia et de Sierra Leone, paniqués par le chaos grandissant au pays coupent leur weekend en famille pour venir « sonner les cloches » à leur grand-frère grabataire et pyromane ; résultats de cette  « correction » : il annonce (sans le dire clairement) le report de la date du 12 mai des élections législatives et l’arrêt des poursuites contre 13 chefs de l’opposition pour se contenter de juger les 3 signataires de la lettre de demande de la marche du 27 février ; le 12, le mouvement social, les institutions républicaines et les religieux décident de se retirer du cadre de concertation piloté par le PM : « débrouillez-vous entre politi-chiens, nous on se casse » ; Le 13, nouvelle reculade pitoyable du PPAC : il fait annuler par son ministre de la justice la convocation des 3 signataires de la demande de marche – vraiment ça commence a ressembler aux décrets-contre-décrets des derniers jours de Fory Coco ; le 18 c’est la reculade de trop : le PPAC accepte enfin un médiateur international, la pire des humiliations pour un baba-cool communiste, modèle Georges Marchais ; le 24, rencontre secrète entre le PPAC et son principal opposant Cellou Dalein Diallo à Nouakchott sous les bons auspices du président sénégalais – il semblerait que quelques pas en avant sont à espérer dans les jours à venir – mais chez nous-pays c’est surtout du wait and see ; le 30, les fans du drapeau arc-en-ciel organisent une marche dans les rues de Conakry sans coup de feu, gaz lacrymogène, blessés par balles et pillages de boutiques – c’est donc possible en Guinée ? Comment et pourquoi ?
  • Pour : il est clair aujourd’hui pour tous les guinéens que le PPAC n’est sensible qu’à ses propres médicaments : la menace, la brutalité et l’insolence. Du coup une nouvelle brèche vient de s’ouvrir dans son pouvoir totalitaire et celle-ci risque de s’étendre très rapidement malgré les larmes des faucons de son camp.
  • Contre : j’ai appris ce mois-ci que le sieur Malik Sankon (100 cons), grand faucon du drapeau arc-en-ciel a crée une milice personnelle de loubards désœuvrés nommée pompeusement « les chevaliers de la République ». Ces Zorros auraient fait leur 1e coup d’éclat les jours après la marche du 27 février avec le zèle et la criminalité nécessaires pour convaincre leur mentor de leur efficacité sur le terrain. Nous avons donc maintenant nos « escadrons de la mort ».
  • Une Nouvelle Voie : le dialogue et le consensus devront être les bases de la gestion journalière du pays que nous souhaitons. Personne n’aura toujours tort ou raison. Vivement un début de démocratie en Guinée.

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  1. 4.      Les décisions et actions « négatives » du mois : le 01 c’est la guerre au marché de Madina et en haute banlieue : les gendarmes vengent leurs potes blessés les 27 et 28 février en cassant du peul et en brulant leurs boutiques. Comme si ça ne suffisait pas les jeunes extrémistes malinkés du RPG (les nouveaux « chevaliers de la République ?) bottent aussi des peuls et leurs cousins du PEDN (de Lansana Kouyaté) qui les caressent à leur tour. Rajoutez à cela les vengeances immédiates des extrémistes peuls mais surtout le retour des bandes de loubards  toutes ethnies confondues qui profitent de l’aubaine pour reprendre leur boulot nocturne en pleine journée. Au final 9 nouveaux morts dixit la FIDH (8 civils et 1 gendarme) dont deux enfants de 15 et 13 ans, tués principalement par balles « non perdues », boutiques brûlées et nombreux blessés. Plus de 120 nouveaux interpellés dont près de 30 mineurs et des nourrices. Les forces de l’ordre sont complètement déchainées et ne sont plus sous contrôle, comme au bon vieux temps. Le pays va mal, très mal !; le 05 le PPAC a demandé, la main sur le cœur  un état des lieux pour dédommager les commerçants victimes de pillages et d’incendies dans les marchés les jours précédents – à beau mentir qui vient de loin dit le proverbe ; le 05, le CNT approuve en plénière (non pleine) l’annexe 11 du contrat d’exportation de terre rouge de la zone de Dian-Dian jusqu’en 2019 par la compagnie russe Rusal qui est par ailleurs en conflit ouvert avec l’Etat pour une autre mine d’alumine à Fria – rien ne battra jamais les bakchichs au pays, que ce soit CNT ou Assemblée nationale souveraine ; le 08, une descente armée de loubards-gendarmes essaie de kidnapper un leader de l’opposition à son siège pour une simple convocation devant un procureur de la république et le 09 la justice aux ordres ordonne à 13 leaders de l’opposition de se présenter le 14 devant un autre procu-rieur pour une shopping-liste de crimes, y compris celui d’avoir résisté à la barbarie des gendarmes et policiers ; changement de programme dare-dare dans les jours qui suivent : les opposants ne sont plus convoqués. Il faut dire que ceux-ci avaient promis de venir au tribunal avec leurs centaines de milliers de manifestants d’où le risque d’une nouvelle marche de l’opposition mais convoquée cette fois-ci par le PPAC, ce qui serait une première ;  le 09 la société minière Rio Tinto « balance la sauce » sans gants au PPAC : elle gèle le projet minier de fer du Simandou ( le plus grand espoir de notre boss pour nous sortir de la misère) tant qu’un cadre d’investissement clair n’est pas défini. Le patron pique une colère noire mais ne peut rien, sinon c’est le procès international et le blocage pour 10 ans au mieux ; Le 15, Condé III (Alhassane) annonce par communiqué de presse la suspension de la révision des listes électorales pour « faciliter »le dialogue politique au nom de sa toute nouvelle trouvaille : CENDCP (Commission Electorale Nationale Dépendante des Condé au Pouvoir) ; le 20, le journaliste du journal parlé de 19h45 de la Radio-PPAC interrompt brusquement sa lecture. Il annonce ensuite, dépité, qu’il n’a plus de lumière pour continuer sa lecture ; le 23, le PPAC prend son courage à deux mains et entreprend une nouvelle tournée en Mauritanie pour le sommet de l’OMVS et en Afrique du Sud pour « faire coco » au sommet des BRICS (et payer quelques dettes sûrement) ! Une petite fuite du palais a laissé voir une facture de 3 milliards GNF soit environ 300,000 euros. C’est moins le montant qui est effrayant que le contexte de cette saignée financière au moment du calvaire journalier national : pas d’eau et d’électricité, famine généralisée et tout le reste ;

 Sous-chapitre spécial : résumé détaillé du procès du 19 juillet 2011 : vitesse de croisière ce mois-ci : le 01, c’est au tour du capitaine Abdoulaye Cherif Baldé, du service du personnel militaire (il aide les pauvres veuves à toucher leurs pensions), coupable lui aussi d’ « abstention délictueuse/délicieuse » pour avoir reconnu lors de son 1e interrogatoire connaitre le commandant AOB Diallo, « cerveau » du coup – hop, 2 ans de violon minimum ; le 04, c’est le lieutenant Lamarana Diallo à la barre avec ses 2 amis le lieutenant Ibrahima Sory Diallo et le lieutenant Cherif Baldé, les trois aussi pour « abstention délicieuse » alors que les deux derniers avaient tout simplement été cités comme preuves du premier qu’il était faussement accusé. Le 2e, lui aussi agent du service du personnel avait signé un papier régulier de mise en congés du 1e et le 3e avait ensuite voyagé avec ce dernier sur Labé – la preuve par X qu’ils étaient tous au courant du coup qui se préparait assène le narco-procu-rieur. Le 06 on nous présente le sous-lieutenant Mamadou Sadialiou Baldé (enfin, les Diallo-bandits ont un peu de répits), chauffeur au camp militaire, lui aussi pour « abstention délicieuse » : il a parlé à un des « comploteurs » dans la soirée du 18 juillet – pan, 2 ans de violon pour ne pas avoir sur lui le listing de ses appels téléphoniques du jour décide le procu-rieur. Le pire c’est quand la partie civile demande que la société Celcom donne le relevé de son compte d’appels alors que l’autorité de l’Etat aurait pu le réclamer depuis 2 ans – vraiment, pour remplir un dossier vide le parquet est prêt au ridicule abyssal. Le 07 on nous présente le colonel Sambariou Diamakan, officier préhistorique version Satan Touré et totalement illettré. Lui aussi coupable « d’abstention délicieuse » pour refus de passer son véhicule au Colonel Aly Traoré (2e Rambo) pour aller sauver le PPAC en danger. Hélas le colonel Traoré ne confirme pas ses propos. Autre faute grave de sa part : il a été arrêté le 26 juillet et interrogé le 29 mais le P.V. d’interrogatoire est signé le 20 ! Le même jour nous découvrons le civil Souleymane Bah, en tôle pour détention et vente d’armes de guerre parce qu’il avait acheté un pistolet pour défendre sa famille après avoir été braqué 3 fois à domicile par des voleurs (militaires sûrement). Il a en plus osé créer une ONG des DDH pour sensibiliser les jeunes de son quartier contre la violence urbaine. Faux dit le narco-procu-rieur et il sort ses preuves. Mais la défense présente à la cour les documents officiels de l’ONG et le Fernandez est obligé de présenter des excuses pour ses 2 ans de prison pour rien. Néanmoins il n’est pas libéré sur le champ. Le 08, voici Mamadou Lamine Barry, maitre coranique (!) pour avoir détenu et revendu un fusil de chasse traditionnel afin d’acheter le ravitaillement alimentaire de sa famille pour le mois de carême – même les hommes de Dieu ne seront pas épargnés ! A partir du 13, ils passent au 1e des grands militaires proches du Maréchal Sékouba Konaté. Le commandant Aboubacar Sidiki Camara aka « De Gaule », une sombre brute qui pour la 1e fois goûte à son médicament habituel pour ses « malades ». D’ailleurs il a un autre procès qui l’attend dès sa sortie de celui-ci : celui pour tortures de pauvres civils en 2010 avec son pote le Restau-Cop, sheriff de la capitale. Après avoir été cueilli le 19 juillet en pleine rue sur une moto et avoir survécu aux tirs de balles de ses agresseurs (il est « invulnérable aux balles » mais pas à la bastonnade) il est trainé sur les lieux du crime où il est copieusement botté à sang avant l’arrivée de la TV-PPAC pour « prouver » qu’il a été pris en flagrant délit, la main dans le sac lors de la 2e tentative-bidon de meurtre du PPAC, le 19 dans la journée. A son 1e interrogatoire les gendarmes enquêteurs lui offrent le choix entre 3 motifs d’accusation : tentative de meurtre du PPAC, meurtre d’un garde-de-corps du PPAC ou possession et consommation de chanvre indien – pas fou, il a choisi le 3e, pour ne pas finir sur la chaise électrique, made in Guinea ! ; le 14 c`est le 32e et dernier accusé de ce 1e procès des assassins de la villa du PPAC. Le 2e procès jugera les autres proches de Konaté, devant une cour de justice militaire qui n`existe pas encore – ça va chauffer encore pour eux, Walahi. Nous découvrons ainsi Mamadou Aliou Barry, commerçant de matériels électroniques, lui aussi pour « abstention délicieuse ». Il a prêté 5,000 USD au célèbre agent secret Idiatou Barry (qui a fait arrêter presque tous ceux qu’il connaissait en Guinée) et a ensuite osé insister pour les récupérer – 2 ans de tôle avec mort discrète si possible, ainsi la dette était réglée. Il est aussi une autre victime du célèbre commandant Tamba Gabriel Diawara, gendarme faussement appelé officier de police judiciaire, grand inquisiteur des 1e dépositions musclées de presque tous ces accusés. Il a même demandé la somme de 5 millions de GNF (son 1e prix était 10 millions) à la famille de ce pauvre Barry pour le faire libérer. Pas folle, elle a fait une 1e avance de 2 millions en attendant sa libération – 20 mois de tôle musclée malgré cela !

 Le 15, la diffusion en direct à la TV-RPG du procès est suspendue sans crier gare et le 18 les cameras sont retirées de la salle – je retire mes remerciements du mois passé au PPAC pour son courage d’avoir laissé tous les guinéens constater en direct la pourriture de son système de gouvernance. Je n’aurais jamais imaginé de ma vie que je réclamerais un jour la reprise de diffusion d’une émission de la RT-PPAC ! ; Finalement devant le tollé général et unanime (même les 2 méchants  du procès, Fernandez et Doumbouya ont fait des protestations style auto-défense) la télédiffusion  reprend le 19 et le filmage en direct le 20.

Le 21, le 1e témoin passe : l’adjudant-chef Fodé Abass Soumah, chef de poste de garde à la résidence présidentielle qui confirme effectivement la version d’AOB : ce dernier l’a prévenu que les voitures qui suivaient étaient remplis de gens-mals qui voulaient attaquer la villa. Ensuite son histoire se gâte : il dit avoir foncé vers son arme, puis avoir tiré 2 tirs de sommation pour prévenir toute la garde, puis avoir vidé son chargeur sur les assaillants, puis avoir plongé dans un caniveau et enfin avoir grimpé un très haut mur (record du monde de saut en hauteur du PPAC grimpeur battu) pour appeler à l’aide en attendant les secours. Mais vu la confusion de ses explications je penche plutôt pour les 1e et dernier points uniquement. Le 22, voici le sous-lieutenant Moussa Donzo, chef de section de la garde présidentielle, un King-Kong en treillis et béret-yeux rouges (les pires). Il confirme qu’il a bien entendu les 2 tirs de sommation et qu’il s’est précipité vers la barrière mais qu’il n’y avait aucun autre garde sur place, ce qui confirme mon hypothèse sur la défense héroïque de son chef, l’adjugeant Fodé Abass Soumah. Il dit aussi que quand il a vu le PPAC juste après l’attaque il n’a pas pu retenir ses larmes – j’imagine dans quelle état notre courageux prési était ! Mais le plus grave c’est qu’il a confirmé avoir été entendu pour la 1e fois sur cette affaire ce jour-là : personne au cours de toutes les enquêtes préliminaires du procu-rieur et de ses sbires ne lui a posé la moindre question. Les témoins directs n’ont même pas été interrogés alors que des innocents qui étaient à des dizaines de kilomètres de là sont en prison depuis près de 2 ans ! En tout cas, plus mauvaise foi que ce mec, tu meurs : la réplique principale est « secret militaire » même quand on lui a demandé s’il pensait vraiment que 2 tirs de roquettes pouvaient n’avoir froissé que 2 feuilles de tôles sur le toit de la villa. En voila un qui a été bien préparé à venir déposer devant la cour. Le 28, c’est le 1e « transport judiciaire » où tous les acteurs sortent de la salle pour aller sur le terrain, cette fois-ci constater les dégâts sur le véhicule du commandant AOB. Ensuite en bon ignares amateurs ils discutent pendant 3 séances pour déterminer si les traces sur la portière gauche proviennent d’un fusil PMAK ou d’une grenade. Enfin un peu de bon sens a prévalu et il est décidé de faire venir des experts. Mais attention prévient la défense : « des étrangers (blancs ou des jaunes de préférence) car tous les nègres locaux seront omnibulés soit par leur poste soit par leur future promotion… ». Le mois a été clos le 29 avec le commandant Mory Doumbouya, aide de camp du PPAC. Celui-ci nous a décrit une attaque digne de l’attaque de la villa de Ben Laden avec tirs nourris de missiles RPG7 (fabriqués au siège du le parti présidentiel ?) et assistance aérienne avec tirs d’obus des ennemis. Il a pu extraire le PPAC de sous son lit juste avant qu’une roquette ne le touche ! Dieu merci il était là et il a sauvé le pays tout seul – bref le plus gros mythomane depuis le début de ce procès.

  •  Pour : RAS (Rien A Signaler) comme d’hab.
  • Contre : premier bilan succinct à ce point : 1) 32 victimes innocentes des crimes dont ils sont accusés devant cette cour d`assise. Il y a certes de nombreux gros « pêcheurs en eaux troubles » qui paient pour l`ensemble de leurs précédentes œuvres machiavéliques et injustes sur d`autres innocents. Je pense particulièrement à ces militaires aux gènes criminels et aux indicateurs pourris de la présidence. Tous les autres sont de pauvres civils, pour 95% des « envahisseurs somaliens » responsables d`avoir le mauvais patronyme, le mauvais teint et des traits physiques trop typés. 2) une bande de gendarmes dégénérés qui grimpent les murs des concessions familiales à 3 heures du matin pour arrêter des civils sans mandats d`arrêt. Ils les humilient ensuite devant leurs familles avant de les jeter comme des sacs de pomme-de-terre dans leurs jeeps d`apprentis nazis. Ensuite c’est bastonnade sévère et carême obligatoire comme cérémonial de bienvenue dans les nouveaux Camps Boiro du XXIe siècle. Suivent tortures physiques et morales, dont défenestration de l`un pour convaincre des têtus dans la salle de torture de signer rapidement des dépositions pré-écrites style comités révolutionnaires du PDG du monstre Ahmed Satan Touré. Au passage ils organisent des raquettes des familles des pauvres prisonniers et le vol de tous leurs biens personnels : cash, montres, cellulaires et  même le chapelet de prière d`un pauvre fervent musulman – et Dieu, pitié pour eux ! La méthodologie de ces fauves est bien codifiée maintenant depuis 55 ans – ils pourraient même demander un brevet de droits d`auteurs. 3) une cour d`assise composée d`un président qui semble maudire le ciel de se retrouver dans un tel merdier, des jurés au bord des larmes à chaque déposition, des avocats de la partie civile qui ne font pas la fierté de la fac de droit nationale et quelques avocats de la défense qui réussissent pour certains à démontrer le ridicule de toutes ces accusations. Mention spéciale pour le narco-procu-rieur, sorti il y a peu de tôle pour avoir fait libérer des trafiquants colombiens dans la même salle. Il semble avoir totalement oublié ses paroles larmoyantes lors de son Dadis-show, lorsqu`il jurait qu`il avait été forcé par ces mêmes bourreaux militaires de les libérer sur le champ. Ses seules preuves dans ce procès : des dépositions honteuses faites devant des criminels d`officiers de police judiciaire. Sur les accusés : une femme de ménage peut-être intrigante dans les hautes sphères de l`armée mais assurément incapable de monter un complot même contre ses co-épouses. Les autres, des personnes tout simplement vulnérables, de pauvres paumés, je pense en particulier au cadre retraité El Hadj Boubacar et aux deux pathétiques infirmes accusés d`avoir trimballé des dizaines d`armes avec une seule jambe valide. Après les auditions des témoins (sûrement les petits poissons, grâce au procu-rieur), ils nous proposeront les plaidoiries, les délibérations et enfin les sentences. Je parie déjà pour des peines correspondantes à leurs séjours actuels en tôle comme ça ils seront libérés immédiatement tout en sauvant la face et la dignité de l`accusateur principal, Mister PPAC himself. Quand a l’arrêt de la diffusion du procès du 19 juillet à la veille de la comparution des « témoins » c’est à dire de la garde présidentielle et des hauts-gradés militaires qui sont responsables de tout ce gâchis, le pouvoir (par des justifications stupides du directeur de la RTG) et la justice guinéenne aux ordres ont prouvé une fois encore que la dictature militaire est toujours en pleine forme dans notre pays.
  • Une Nouvelle Voie : que le bon Dieu nous aide afin qu’une analyse approfondie des tenants et aboutissants de ce procès soit réalisée par des professionnels au moment du lancement d’une nouvelle voie : il est un condensé rare de toutes les tares de la gouvernance nationale depuis l’indépendance. Tous les germes de notre malheur actuel et de nos espoirs futurs y sont et la solution finale de notre chaos viendra aussi de là. Plus jamais de procès bidon et honteux, plus jamais une justice aux ordres d’une dictature militaro-civile aveugle aux souffrances de son peuple, plus jamais la moindre impunité pour tous les criminels de sang et économiques – voilà ce que nous attendons d’une nouvelle voie en Guinée…

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Mr le PPAC, comme je sais que vous êtes trop occupé par vos hautes fonctions et vos rares visites de courtoisie dans notre pays (c’est à dire hors des grilles de votre palais de Kaloum), j’ai été à partir du 20 presque tous les jours assister au procès des assassins de votre chambre à coucher pour prendre (pour nous deux) la température de la salle  et vous faire découvrir le « live » de votre cour d’assise. D’abord le portail du tribunal : des miliaires malfamés et affamés en treillis, bérets verts et yeux rouges filtrent l’entrée : tous ceux qui ont 1,000 francs ou qui jurent qu’ils ne les ont pas peuvent passer ce 1e check-point. Puis la salle du spectacle : elle est beaucoup plus petite en réel que sur votre TV présidentielle – une centaine de parents et curieux au max. peuvent assister aux séances. Elle est d’une saleté repoussante mais les (minuscules) ventilateurs et ampoules néons fonctionnent. Vous comprenez donc pourquoi presque tous les membres de la cour s’épongent avec des mouchoirs qui ressemblent plus à des serviettes de plage. Pour y entrer à chaque fois, 2e check-point : il y a une mise en rang « à la guinéenne » : on s’insulte, on se bouscule, on passe surtout à droite et à gauche, sauf les couillons comme moi qui restent toujours au centre. Un petit billet de 1,000 GNF facilite le passage de ce nouveau goulot d’étranglement et même une place assise dans la salle. Respect des horaires : 9h = 9h45 et 14h = 14h45, les meilleurs jours sinon c’est 10h et 15h – par contre les arrêts de séances de 13h et 16h se font à la minute près. Les avocats de la partie civile : j’ai cherché le célèbre Doumbouya mais assis sur son fauteuil on ne voit que le sommet de son crâne pointu. Je pense qu’il doit se mettre debout sur sa chaise pour jouer son Iznogoud journalier. Le Kamano fait de longue siestes pendant presque toute la séance mais il a donné la consigne : « dès que les cameras me braquent réveillez-moi pour que je puisse moi aussi les endormir avec mes paroles anesthésiantes ». A leur gauche le plus célèbre encore Fernandez qui gesticule sur son fauteuil, peste et bave abondement comme un autre vizir de notre Bienaimé Calife Ben Kalifa. Il joue le beau devant l’assistance en attendant les rires (fréquents) et les applaudissements (pas une seule fois devant moi). Par contre certains accusés et surtout les avocats de la défense font souvent rire et applaudir un public bon enfant mais qui ne cache pas sa désapprobation et sa pitié pour les accusés par des bruissements locaux typiques (mshichh, par exemple). Mention spéciale a toute l’équipe d’avocats qui se complète bien, même si certains font un peu trop de redondance, juste pour mériter leur chèque de fin de procès. A mon avis la défense devrait être réduite de moitié pour être encore plus efficace et maitre du jeu. Maintenant le Boss et ses jurés : le prési a de l’humour (mais pas tous les autres) et je les soupçonne tous de faire un grave paludisme cérébral : ils sont avachis sur leurs fauteuils, éteints, fiévreux – bref semi-comateux. Ils sont surtout découragés d’avoir à prendre dans quelques semaines des décisions finales impopulaires qui de toutes les façons leur coûteront du piment, que ce soit du PPAC ou des familles des innocents.

Finalement un petit incident pour vous briser le cœur (en tout cas le mien l’a été) : vers la fin d’une matinée mon voisin de banc se retire et je vois foncer une vieille dame avec son mouchoir blanc de Hadja qui était assise au sol depuis le matin. Elle me salue humblement et je constate une ressemblance incroyable avec l’un des derniers accusés à la barre. Je lui demande si c’est son fils et elle me dit oui et me le pointe du doigt. Puis elle lui fait des signes presque en cachette, pour ne pas que ses geôliers les remarquent avec des conséquences possibles sur son petit. Lui aussi salue en cachette et ce que j’ai vu dans leurs yeux a fait couler les miens immédiatement. Quand on a rien et ne connait personne chez nous, on est des damnés de la terre appelés à souffrir de la naissance à la mort par courte maladie. Si quelques larmes ont coulé de vos yeux à ma trop courte description de leur malheur, PARDON dites à votre cour d’assise-maison de laisser ces pauvres hères innocents rentrer chez eux et mettez directement en prison à leur place toute votre haute hiérarchie militaire pour « abstention délictueuse » et tentative de meurtre par frayeur du Président de la République cette nuit du 18 juillet 2011…

Tic-tac, Tic-tac, la montre tourne ; aujourd`hui est le 831e jour du « changement radical » et du « Guinea is back » – déjà 2 ans, 3 mois et 10 jours ! Un jour nous aurons un véritable président de tous les guinéens. Dès que nous le verrons, l’entendrons dans ses discours improvisés et le verrons dans ses actes journaliers nous saurons (en moins de 6 mois) que c’est le Bon, le Vrai. Nous aurons compris que Dieu a enfin accédé aux prières de millions de guinéens au cours de leurs 55 années de purgatoire. Si ce sauveur n’est finalement pas vous, ce qui est fort probable à mon avis, alors ce sera votre successeur, ou le sien….Les mots « espoir et rêve » sont parmi les plus utilisés actuellement en Guinée, Walahi !

31 Mars 2013

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About A.O.T. Diallo

Un quinqua hédoniste qui plane sur le Web...
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