Une Nouvelle Voie (Mars 2015) : Ebola-Land, mode d’emploi : missions, discours, business, échecs et ridicule

Bienvenue à mon bilan du 3e mois de l’An 05 de la Condécratie, un modèle de démocratie stalinienne avec très peu de travail, justice et solidarité ; un subtil mélange de communisme à la FEANF et d’affairisme sans scrupules. Je continue donc mon exploration mensuelle des méandres des décisions importantes pour la Nation prises par nos nouveaux chefs en proposant des pistes de réflexions et d’actions qui pourraient être envisagées pour que le « vrai changement » soit effectif.

  1. Echantillon de paroles et pensées présidentielles du mois : «Nous avons besoin d’être accompagnés pour arriver à Ebola zéro, ensuite corriger les défaillances de notre système sanitaire et éducatif mais aussi et surtout un accompagnement après Ebola qui a été une catastrophe sur le plan économique et financier dans notre paysIl n’y a pas plus grand symbole du soutien aux pays touchés par Ebola de la part de leurs amis que le maintien des frontières ouvertes et la libre circulation des personnes. Le Mali n’a jamais fermé ses frontières avec nous durant toute cette crise. Et il n’y a pas eu jusqu’à présent un seul cas de maladie dans ce pays. Quand vous fermer les frontières, les gens vont passer par la brousse» (le 03, devant la presse de chez lui, lors d’une ballade à Bruxelles) ; « On fait fumer du chanvre indien aux jeunes, on fait droguer des jeunes pour les mettre dans les rues faire la pagaille mais notre rôle en tant qu’homme politique ce n’est de dire aux jeunes est-ce que vous êtes prêts à mourir ? Non, c’est de leur dire, est-ce que vous êtes prêts à vous battre pour développer le pays…Beaucoup ne veulent pas qu’Ebola finisse parce qu’ils savent que si Ebola finit la Guinée va repartir très vite. Ils ont fait courir les rumeurs pour que Ebola ne finissent pas. (le 10, lors d’une mamaya à sa gloire au centre-ville) ; « Nous avons eu beaucoup de difficultés en Forêt à travers la réticence. D’abord, il y avait la désinformation. On disait que c’est le président et les blancs qui ont envoyé la maladie mais avec beaucoup de patience, sans utiliser nos méthodes coercitives, on est arrivé à lever les réticences…Nous avons eu des problèmes à Forécariah, à la frontière guinéo Sierra léonaise. Le problème, c’est qu’une maison peut appartenir à la fois à la Guinée et à la Sierra LeoneNous sommes à un état extrêmement délicat dans la gestion de l’épidémie. Nous devons tout faire pour finir Ebola le plus tard à mi-avril parce que nous avons la réunion des bailleurs de fonds des assemblées de printemps à Washington pour la relance économique…Pendant qu’il y a Ebola, il n’y a pas de manifestations de masse ni rien…Vous savez la dernière fois, le Premier ministre a dit que nous allons utiliser la force en parlant des gens qui barrent les routes à Matoto ou ailleurs. Le soir, le Secrétaire général des Nations unies Ban Ki-Moon affolé m’a appelé pour me demander si on voulait utiliser l’armée contre des gens qui ont Ebola. J’ai répondu qu’il n’en a jamais été question… (concernant son voyage avorté à Kankan) C’est quelqu’un qui a envoyé un communiqué non signé à une radio rurale dont on est en train de mener des enquêtes. Comment acceptez-vous qu’un journaliste fait passer un communiqué anonyme concernant l’arrivée du Président ? C’est du sabotage. C’est au gouverneur de la région administrative de Kankan de trouver les coupables et qu’ils s’expliquent…quand le Président voyage, les gardes présidentielles vont être informées. Ensuite, suivra un communiqué » (le 17, devant la presse étrangère (guinéenne) à la Présidence) ; « J’attends de vous dévouement, loyauté et rigueur exemplaires dans le traitement diligent des dossiers » (le 18, lors de la prise de serment du Médiateur de la République » ; « Il est important d’associer les histoires, nous avons encore des historiens vivants. Ils ont été acteurs depuis la première République, ils pourront nous aider. Nous avons également des sages qui connaissent l’histoire, ils sont mieux indiqués de nous faire connaitre la vérité que quelques ONG qui ne connaissent pas l’histoire…. Rendre justice à quelqu’un ne va pas ramener son parent décédé. Mais si vous lui rendiez justice et que vous montriez à la face du monde que son père ou sa mère étaient des victimes innocentes mais il y a une satisfaction morale qui permet de pardonner. Mais je fais un appel aux enfants des victimes de camp Boiro, de juillet 1985 et autres, ils sont notre espoir. Si eux acceptent de s’assoir ensemble pour discuter et créer un espace de discussion parce qu’ils ne sont pas responsables, parce qu’il est difficile de reconnaitre qui a dénoncé telle personne, qui était innocente. Nous leur demandons d’essayer de dialoguer et de nous aider à avancer… Faisons appel à des historiens comme les Djibril Tamsir Niane et d’autres pour que la Guinée enfin ose se regarder en face. L’image qu’on nous renverra peut-être sera une image désastreuse, honteuse et effrayante, mais c’est cela la réalité de la Guinée. Nous devons reconnaitre qu’effectivement, il y a eu de l’injustice au camp Boiro, il y a eu de l’injustice en 1985, il y a eu de l’injustice en 2006, il y a eu de l’injustice en 2007 malheureusement, on n’a jamais voulu aller jusqu’au bout. Donc, je veux demander de prendre toutes les dispositions, pour que déjà toutes les fosses communes puissent être visitées. On l’a fait dans les pays d’Europe de l’Est. Ce qu’ils ont fait, nous pouvons le faire aussi. Au moins, faisons en sorte qu’on retrouve les corps pour leur donner une sépulture correcte. C’est déjà un point important » (le 25, lors de la relance des travaux de la réconciliation nationale).
  • Pour : il reconnait enfin que nous sommes vraiment  à « une situation extrêmement délicate » dans notre lutte contre Ebola. Un mot encore plus approprié aurait été ridicule et honteuse. Un grand merci à Mr Ban des Nations unies pour le rôle de chiens de garde efficaces de ses agents en Guinée contre les dérives humanitaires probables des miliciens du PPAC. Ila en effet sauvé des pauvres malades et contacts d’Ebola d’une nouvelle série de chicotées sauvages. Par contre il a prononcé de belles paroles concernant la relance du processus de réconciliation nationale. L’idée de faire écrire la vraie histoire du drame guinéen par des historiens et sociologues professionnels, indépendants et réputés pour leur honnêteté intellectuelle est une œuvre pour laquelle je lutte désespérément depuis 1985. Les candidats guinéens, africains et même occidentaux qui connaissent mieux cette histoire que la majorité des guinéens sont disponibles et facilement mobilisables. Cette idée a toujours été battue en brèche par les extrémistes négationnistes qui craignent qu’ils auraient tout à y perdre mais je suis heureux d’entendre le PPAC le reconnaitre. En plus ce travail peut être réalisé en parallèle aux activités de terrain mais il sera indispensable avant de démarrer rigoureusement et sereinement tous les aspects techniques du processus de réconciliation nationale. Sans faits précis il n’y aura pas de vérité historique, pas de justice, pas de processus sérieux et donc pas le pardon franc et sincère indispensable à une volonté de se donner les mains pour travailler ensemble à tourner ces pages sombres communes.
  • Contre : il est vraiment déroutant notre PPAC, maintenant il dit aux blancs qu’Ebola a été une cata pour le pays alors qu’à Conakry il nous a juré que c’était une opportunité. Le langage ne peut être le même pour celui à qui il quémande et ensuite lorsqu’il vient faire le compte-rendu à tous les petits mendiants venus réclamer leur part des cadeaux. Osez dire devant la presse internationale qu’aucun cas d’Ebola n’est parti de la Guinée vers le Mali c’est vraiment avoir Gaston La gaffe au sommet du pouvoir. Lors de son interview mensuelle à RFI/France 24 il tenait lui-même le micro avec le logo de la boite de communication. Ses blancs ont du bien rigoler devant tant d’empressement à vouloir leur parler. Dans son discours sur la réconciliation il n’a quand même pas pu, comme chaque fois qu’il dit du bien, se passer de dire des bêtises comme « Que chacun de nous réfléchisse en son âme et conscience. Au lieu de stigmatiser les autres, qu’il voit lui-même réellement s’il s’est bien comporté correctement, est-ce que sa famille s’est comportée correctement. C’est facile de présenter les autres comme bourreau et de se victimiser. Et si on se posait la question, si vous-mêmes, vous n’avez pas été bourreau ou vos parents n’ont pas été bourreaux. C’est cette introspection personnelle, familiale qui manque en Guinée. Tant qu’il n’y aura pas ça, tant qu’on continuera à accuser les autres sans voir les actes de sa propre famille on n’ira pas de l’avant ». Mr le PPAC vous concluez très mal votre plaidoyer pour la réconciliation si vous pensez que le dégoutant prétexte « tous coupables, tous bourreaux » passera un jour en Guinée. On ne disculpera jamais des criminels comme Satan Touré, ses frères et beaux-frères en disant que d’autres aussi étaient des bourreaux. Par ailleurs les non-amnésiques se souviennent que le Boss avait déjà prononcé les mêmes mots en Janvier 2011, quelques jours après son élection en décembre 2010, devant les guinéens vivants en Afrique du Sud lorsqu’il était allé remercier son frère Jacob Zuma de l’avoir fait élire. Connaissant le vieux boulanger je soupçonne encore une diversion électoraliste et je crains qu’il veuille une fois de plus mener nos amnésiques par le bout du nez.

——————————————————

  1. Les décisions et actions « positives » du mois : le 07, des essais cliniques (phase III) sur le 1e vaccin-candidat contre Ebola (VSV-EBOV) démarrent en Guinée. Comme toujours chez nous les 1e « bénéficiaires »s sont un ministre, des directeurs et des imams mais ce n’est pas plus mal car pour une fois c’est eux qui sont nos cobayes ; le 23, une vaccination « en ceinture » (phase III) contre Ebola est lancée sur 10,000 contacts des malades et agents de santé volontaires pendant 6-8 semaines avec évaluation de résultats dans 3 mois ; le 25, le PPAC lance au palais du Peuple des consultations nationales en appui au processus de réconciliation nationale ; le 28, le PPAC décrète «l’urgence sanitaire renforcée»pour cinq préfectures (Forécariah, Coyah, Dubréka, Boffa et Kindia) et Conakry pendant 45 jours. En français-guinéen il veut dire « les enfants, plus d’actions et moins de business, pardon ».
  • Pour : enfin une bonne nouvelle du coté de la lutte contre Ebola grâce à la communauté internationale et sans objection encore visible de la mafia ébolique. Je pense qu’il n’y a vraiment pas à s’inquiéter car vu l’aval officiel de l’OMS après les tests de phases I et II il est quasi-certain que le vaccin n’est pas nocif. Espérons maintenant qu’il sera efficace à large échelle avec un taux de protection suffisant pour permettre de créer une barrière contre toute nouvelle épidémie importante.
  • Contre : il faudra maintenant prévoir les peaux de banane des Ebola-businessmen mais je pense que les partenaires nous connaissant bien maintenant suivront cela de très prêt et sauront taper discrètement mais fermement sur les doigts de tous les récalcitrants surtout vu la rigueur obligatoire de cette recherche scientifique. Pour la réconciliation je n’ai aucune confiance en sa commission provisoire de réflexion sur la réconciliation nationale mise en place de manière unilatérale et sans consultations préalables des parties en cause. En plus elle est composée de deux chefs religieux qui sont persuadés que la principale solution est la prière d’où le risque d’un nouveau divertissement pré-électoral sans aucune action concrète prévue. Néanmoins je souhaite sincèrement que ce processus aboutisse à un début de résolution de ce boulet incontournable au développement de notre pays.

————————————————

3.  Les décisions et actions « négatives » du mois : le 01, nous apprenons qu’une mère de famille, universitaire âgée de 37 ans est décédée la nuit du 27 février au CHU de Donka suite à un renvoi sans assistance du CHU Ignace Deen et après avoir accouché à même le sol sans l’appui du personnel médical de la maternité. Son mari avait surement refusé de payer le pourboire pour « accouchement gratuit modèle PPAC » ; 01, le RPCé organise en grandes pompes une cérémonie d’inauguration d’une pancarte à l’effigie du PPAC dans une rue du centre-ville lors d’une mamaya carnavalesque avec de nombreux ministres. Sans doute une concurrence militante saine avec l’Assemblée nationale qui avait fait de même quelques jours plus tôt pour une banderole géante sur son frotton. Le pire c’est que sous la Photoshop on peut lire : « Son excellence le professeur Alpha Condé, président de la République, chef de l’État, mouvement Naby Condé, élections 2015, 1 coup chaos ». Et depuis j’en suis K.O. ; le 02, le PPAC nomme enfin les magistrats militaires qui doivent juger ses ennemis militaires, 4 ans après les avoir déjà condamnés à pourrir en prison (depuis juillet 2011) en attendant cette désignation ; le 03, un homme accusé de complicité dans une affaire de pots-de-vin raconte les détails singuliers de son calvaire : « Quand ils nous ont pris, ils nous ont conduits dans un lieu à la Présidence de la République sous escorte des grands états majors (des gendarmes, des policiers, la police militaire, les bérets rouges). A la Présidence, on nous a mis dans une cellule coordonnée par Tiègboro (haut responsable des barbouzes et criminel-violeur présumé). Chaque matin, on m’escortait pour m’amener à la police judiciaire où je passais la journée. Le soir, à 18 heures, on me ramenait à la présidence sous escorte. Cela a duré huit jours, au neuvième jour, on m’a conduit à la maison d’arrêt ». Il y a longtemps que l’on parlait de cette prison dans les caves de Satanya mais nous avons maintenant une preuve à confirmer ; le 07, le coordinateur de la lutte contre Ebola enfonce le clou pour justifier tous les échecs du gouvernement : « J’ai parlé des facteurs écologiques, c’est parce que Ebola aime les endroits humides ». Donc cette humidité n’existe pas au Liberia et tant que nous ne l’aurons pas éliminée en Guinée nous mourrons d’Ebola ; le 08, nous apprenons que le garde du corps du préfet de Labé qui a blessé à la jambe un jeune civil avec son arme de poing lors d’une marche pacifique dans cette ville a été libéré sans jugement. La prochaine fois il pourra donc viser la tête ; le 10, la CENI annonce après un weekend de retraite ce que tout le monde savait déjà : le PPAC a ordonné de tenir l’élection présidentielle en Octobre 2015 et les communales (peut-être) en 2016. Une nouvelle violation grave des accords politiques de juillet 2013 qui lui permettra de garder sa main de fer sur 28 communes les plus peuplées (sur une quarantaine) avant sa réélection programmée. Maintenant l’hypocrisie politique chronique est finie entre lui et ses opposants et « on va voir qui est garçon » ; le 12, nous entendons le Président de notre Assemblée nationale dire à la TV-RPCé lors d’une mamaya à Nzérékoré : « N’Nzérékoré, je suis revenu très souvent dans le cadre des activités de sensibilisation des militants et de ceux qui n’étaient pas militants, il fallait les recruter pour les amener dans le parti ». Et oui, notre 2e plus haut responsable de l’Etat est avant tout un militant zélé de la Condécratie ; le 13, on nous annonce la construction et l’ouverture dans quelques mois d’un hôpital moderne italo-indien, premier du genre en Afrique de l’Ouest. Le projet est colossal digne du « Sanseman » : construire un CHU, 3 usines pharmaceutiques (pourquoi trois ?), une université, plusieures pharmacies et un centre de recherches en 17 mois – il n’y a qu’en Guinée où on peut trouver des amnésiques et des RPCistes pour croire en une telle fumisterie. En plus les promoteurs de ce bijou sont des « hommes d’affaires italiens » dont le nom de la société est particulièrement inspiré « Ghost Technology » – il fallait vraiment y penser ! Bonjour le blanchissement d’argent sale surtout que les paradis fiscaux occidentaux sont strictement surveillés maintenant ; le 13, le géant minier brésilien Vale annonce le transfert de toute sa participation dans les projets de fer Simandou et Zogota à son ex-partenaire BSGR. Une façon discrète de dire « bye-bye » au PPAC vu le manque de sérieux des autorités minières guinéennes et surtout parce qu’elles seront de toutes façons bloquées jusqu’à ce qu’il arrive à se sortir des poursuites judiciaires avec le renard franco-israélien. Bonjour les joutes décennales dans des tribunaux divers avec Benny Steinmetz qui avait su se sortir sans gros bobos de crimes économiques présumés au Liberia et en Sierra Leone ; le 15, le PPAC annonce sa présence à Kankan pour une nouvelle mamaya électorale. Quelques heures avant son arrivée ses miliciens en bérets rouges lancent leur cinéma habituel, le cercle de sécurité présidentielle. Cela consiste à chicoter et boxer toute personne dans un rayon de 200 mètres pour montrer la divinité de leur chef et la précision de leur savoir-faire. Hélas pour eux cela ne marche pas avec les jeunes pourtant réputés de cette ville : ils répondent par une intifada en règle avec au finish un béret rouge tout rouge et hospitalisé. Bien sur aucun d’entre eux n’a osé tirer dans la foule, de peur de rejoindre la liste de Dadis à la CPI. Du coup l’arrivée du Boss n’a pas eu lieu, connaissant son courage légendaire il a du demander au pilote de faire demi-tour en plein ciel, laissant ses condécrates aller au charbon. Je me demande désespérément quand les jeunes de Labé auront finalement ce courage pour faire cesser leur intimidation régulière par quelques poilus sans poils – j’oubliais on leur a seriné toute leur vie que tout chef est l’envoyé de Dieu sur terre et qu’il faut plutôt baisser la tête pour ne pas se bruler les yeux en le regardant ; le 18, le PPAC organise la prestation de serment du Médiateur de la République, plus de quatre ans après sa nomination. Le Sanseman c’est pas la précipitation Dèh ; le 18, après le constat d’échec total du plan « 0 Ebola en 60 jours » le PPAC lance un tout nouveau « plan intérimaire de 27 jours » pour bien nous indiquer que le plan final n’est pas encore à l’horizon. Le même jour la coordination de la lutte annonce sans honte que la persistance dans le nouveau épicentre, la préfecture de Forécariah, est due à un manque d’ambulance et de moyens de surveillance ; le 19, le journal le Quotidien de Dakar annonce que la BCRG a été déboutée dans sa plainte devant le tribunal correctionnel de Dakar contre le journal pour diffamation contre le PPAC suite à la révélation de l’affaire des 20 millions d’USD en transit aérien non déclaré vers Dubaï saisis par la douane sénégalaise à l’aéroport de Dakar le 08 août 2014. Cela prouve que la fraude est implicitement reconnue par la justice (et le gouvernement) de ce pays ; le 20, l’ambassadeur de France assène lors d’une cérémonie officielle : « quels que soient nos moyens nous ne pourrons pas vaincre Ebola à la place des guinéens ». J’imagine la détresse de nos responsables nationaux à cette annonce diplomatique que l’Ebola-bizness finira bientôt ; le 23, pour la 2e fois ce mois-ci le personnel administratif de l’Assemblée nationale met un piquet de grève devant le siège de l’institution et hue à gorges déployées « Kory Koundiano, Zéro, incapable » à leur Président lors de son arrivée matinale au bureau. Ses gardes ont du utiliser la force pour lui frayer un passage. Il faut dire que la moitié d’entre eux touchent mensuellement moins que le salaire minimum national voté par la même Assemblée ! Pas fous, certains exigent de toucher au moins le tiers des 15 millions GNF que leurs chers Boss se sont généreusement octroyés le 1e jour de leur mandat. On aura tout vu comme grèves dans ce pays, même celle des militaires – il ne manque plus que celle du personnel de la Présidence-Satanya ; le 26, dans la ville de Faranah les deux sections du RPCé, le parti au pourboire se sont proprement boxées et mis le feu dans la ville lors du partage des places des commissions électorales locales avec tous les « bonbons » prévus à cet effet. Les guerres locales des partages des butins électoraux sont lancées à moins de 7 mois de la très peu probable élection présidentielle d’octobre 2015 ; le 30, la Guinée ferme ses frontières avec la Sierra Leone pour « renforcer le renforcement » contre Ebola. Un responsable précise « Certaines parties de la frontière (avec la Sierra Léone) sont fermées puisque les gens quittaient la Sierra Léone pour venir infecter les guinéens et vice-versa ». Les Sénégalais vont apprécier ; le 31, certains membres de l’ancien CNT (parlement provisoire de non-élus cooptés par copinage), tous des El hadj et Hadja en Bazin 5 étoiles organisent une conférence de presse pour exiger leur 300 millions de GNF pour services rendus à la Nation. Ils exigent également d’être décorés de force même si nous ne sommes pas satisfaits de leur travail. L’étique a foutu le camp depuis des décennies en Guinée, longtemps avant l’arrivée du PPAC, le malin en a juste tirer profit.

  • Pour : comme chaque mois : R.A.S. (Rien A Signaler)…
  • Contre : ce mois-ci les RPCistes inaugurent faute de mieux une banderole géante au palais du peuple et une photo couleur du PPAC devant le siège du parti dans la commune de Kaloum. Tous les pays voisins inaugurent des autoroutes, des ponts avec échangeurs, des aéroports et des usines mais la Condécratie s’en fout de ça. La lutte contre Ebola serait presque comique s’il n’y avait pas autant de morts innocents suite à cette farce gouvernementale : après les programmes « Zéro Ebola en 60 jours » et « Ebola ça suffit en 27 jours » nous en sommes au « Pardon Ebola, Pitié en 45 jours ». Tout le pays est embrouillé dans cette affaire-là : le coordinateur national a été le premier injecté par le nouveau vaccin (suivi de son ministre et du numéro 2 du siège de l’OMS) afin de rassurer la population sur l’innocuité du vaccin et d’accepter le test clinique. Toute sa famille, sa mère en tête est venue pleurer le lendemain à son domicile en attendant sa mort très prochaine suite à son injection volontaire du virus mortel. Question à 1,000 francs guinéens : il y a trois mois le PPAC lançait nous a présenté officiellement une société mauritanienne avec un contrat de 100 MW d’électricité dont la production démarrerait en début février 2015 – ou même avant selon son PDG. Puis c’est la réception ces jours-ci et en toutes pompes à l’aéroport d’un « nouveau » groupe électrogène privé (libanais ?) de 75 MW  qui fournira de l’électricité à tout Conakry en 2 mois. Pourtant le barrage Kaléta de 250 MW sera officiellement opérationnel en fin avril ! Vu que Conakry est aussi noire actuellement que Damas je pense que le courant nage dans l’eau chez nous.

————————————————–

4. Formations, séminaires, ateliers, colloques et autres « rendez-vous du donner et du recevoir » du mois : atelier portant sur l’étude de l’impact environnemental et social de la construction du barrage de Fomi sur le fleuve Niandan en Haute Guinée ; atelier de formation des organes de gestion de la Banque Culturelle de Télimélé ; formation des journalistes de proximité sur les compétences de gestion de l’information de proximité et la réalisation des papiers-sons (!!) ; atelier de formation sur les états généraux de toute la région forestière (!) ; forum thématique « Médias et Santé-Sécurité au Travail » ; forum sur un engagement à dépolitiser la question Ebola (!!) ; atelier de bilan de la reforme de l’Etat et de l’administration publique en vue d’harmoniser les réformes sectorielles pour impulser un développement harmonieux des institutions de l’Etat et de l’Administration Publique (!!) ; atelier de formation des formateurs de la CENI sur l’organisation et le rôle de l’institution pour l’élection présidentielle d’octobre 2015 (!!!) ; atelier de formation de 100 jeunes leaders associatifs de la région administrative de Mamou ; cours de perfectionnement des officiers de la gendarmerie territoriale sur les mesures préventives contre Ebola ; formation de 50 jeunes à Labé sur les mesures préventives contre Ebola ; atelier de formation à l’intention des journalistes issus des medias publics et privés ainsi que des correspondants de l’AGP (Agence Guinéenne de la Presse) sur le du thème : intégration de la dimension genre dans la communication (CFPTC) ; caravane de sensibilisation dénommée ‘’1 sauve 100’’, éradiquons Ebola ; formation « gratuite » de plus d’un millier de jeunes guinéens de Conakry sur leur insertion socioprofessionnelle.

  • Pour : le séminaire-bizness (14) renait lui aussi avec le relâchement de la lutte contre Ebola – qui est fou, selon la devise nationale « chacun broute là où il est attaché ». Nos journalistes sont vraiment à la pointe de la technologie mondiale, ils peuvent même réaliser des papier-sons maintenant. La prochaine formation permettra d’ajouter les lumières.
  • Contre : c’est un festival des intitulés farfelus ce mois-ci. Le même ministre de l’énergie nous annonce en plus de la construction imminente d’un nouveau barrage (Fomi) qui réglera tous les problèmes du pays ; à ce rythme le PPAC va tous nous électrocuter. Pour le forum sur la santé au travail les exposés ont été faits par un médecin psychiatre-adictologue du service de psychiatrie de Donka – c’est tout dire !

                                            ———————————————————

5.  Pour conclure quelques suggestions SMART (Spécifiques, Mesurables, Atteignables, Réalisables, Temporellement définies) pour changer le changement :

Mr le Serial-Flyer de la Condécratie il faut vraiment nous présenter l’héritier, Mohamed Alpha Condé (MAC) alias Junior Paladino avant de nous quitter surtout que vos jours au pouvoir sont comptés. Pardon il faut le faire revenir et organiser des mamayas dans tous les quartiers du pays pour nous le montrer et l’introniser comme nouveau Président du RPCé (parti au pourboire) et 1e dauphin constitutionnel. Tous les guinéens rêvent de lui mais il n’y a que le cercle fermé de Satanya qui l’ait vu en chair et en os. Moi je n’ai aperçu que quelques photos de profil, caché derrière vous en face d’Obama et de vos démarcheurs/banquiers à Dubaï. Nous voulons maintenant une photo panoramique-3D de cet enfant prodige sorti major des plus grandes écoles de commerce d’Angleterre et des USA et ex-PDG de banque au Brésil. Un Grand Homme, encore plus que notre Kory Koundiano national. Si vous vous débrouillez bien il a une chance (sur mille) d’être notre futur PPMAC. Après tout ça a marché à 100% au Maroc, au Swaziland, au Botswana, au Togo, au Gabon, en RDC et au Kenya. Les résultats sont plus mitigés au Sénégal mais bon quand le fiston sortira de prison dans 7 ans il pourra prendre une belle retraite mal méritée avec ce qui lui restera à Dubaï et à Shanghai. C’est vrai que cela a été un échec total en Lybie puisque les fistons choisis ont tous été zigouillés avec leur papa Guide suprême mais bon MAC a ses chances de faire au moins aussi bien que Karim Wade et nous serons alors ravis de suivre son procès public à Conakry ne serait-ce que pour pouvoir déverser toute notre colère et nos frustrations de votre gouvernance sur lui pendant que vous serez peut-être avec votre pote Gbagbo à la CPI suite aux massacre que vous préparez consciemment avec vos mini-chiens depuis plus d’un an en poussant des pauvres désespérés à sortir dans les rues en 2015 pour pas subir 5 années supplémentaires de Condécratie. Je compte vraiment beaucoup sur vous, Yandi.

Tic-tac, Tic-tac, la montre tourne ; aujourd’hui est le 1561e jour du « changement radical » et du « Guinea is back » – déjà 4 ans, 03 mois et 10 jours !  Un jeune frère avisé (Cissé a.k.a Cisko) a joliment écrit ce mois-ci « le pouvoir (en fait le PPAC) est politiquement mature mais administrativement nul et l’opposition est politiquement nulle et administrativement expérimentée. ». Mignan tu as décrit parfaitement pourquoi en 2016 nous allons droit dans un mur. Une autre description nous est offerte par un jeune et sage guinéen (B. Doumba Diallo) qui décrivait déjà en décembre 2011 l’horizon désespérant de notre beau pays : « En réalité aucun de ces partis, qu’ils soient de la mouvance présidentielle ou de la soit disant opposition n’apporte une solution véritable aux problèmes fondamentaux de notre société. Tous aspirent avant tout à être l’interlocuteur privilégié des bailleurs de fonds et des multinationales. Qu’ils s’inspirent du libéralisme, de la vieille sociale démocratie ou du nationalisme, (presque) aucun de ces partis ne remet en cause le modèle en place. Bien au contraire ils rivalisent d’ardeur et de machiavélisme pour accéder par n’importe quel moyen aux commandes de l’Etat et profiter ainsi de la rente minière leur offrant toutes les commodités de la société de consommation. Cette démocratie de pure façade et sans âme, véritable camisole de force est tout simplement un leurre et une nouvelle pacotille proposée par nos politiciens. Ignorant superbement toute dimension spirituelle ou éthique à leur action, ces partis s’ingénient par tous les moyens pour se hisser au pouvoir : ethnocentrisme, régionalisme, corruption des électeurs, tripatouillage électoral, mensonges, terrorisme, milices tribales, meurtres, pogroms, etc. tout y passe. Seuls comptent le fauteuil présidentiel, les privilèges et autres strapontins. Des institutions démocratiques fortes ? C’est le cadet de leurs soucis ». Kotto Doumba, tu es notre Mme Soleil nationale Walahi. Voici donc l’équation encore insolvable de l’émergence en Guinée. Pour terminer j’ai découvert le C.V. d’un grand Conakryka ce mois-ci : diplôme de maitrise des sciences juridiques, politiques, économiques et de gestion suivi d’un diplôme de consultant/expert en entreprenariat et management des projets innovants. Si Hollande avait su ça avant son départ de France en 2010 il l’aurait conservé pour l’aider à sauver la Hollando-cratie en chute désespérée.

31 Mars 2015

Advertisements

About A.O.T. Diallo

Un quinqua hédoniste qui plane sur le Web...
This entry was posted in 2015. Bookmark the permalink.

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s