Une Nouvelle Voie (Février 2017) : l’éducation nationale était au bord du gouffre – elle vient de faire un pas en avant

Bienvenue à mon bilan du 14e mois de la Condécratie version 2.0. Je continue mon exploration mensuelle des méandres des décisions importantes pour la Nation prises par nos nouveaux chefs en proposant des pistes de réflexions et d’actions qui pourraient être envisagées pour que le « vrai changement » soit effectif.

  1. Echantillon de paroles et pensées présidentielles du mois:
  • « Je sais que l’enthousiasme que vous m’avez montré de l’aéroport jusqu’ici est une preuve que le peuple de Guinée est prêt pour le combat. Ce combat commence par la transformation de la ville de Conakry. Comment pouvons-nous faire des réunions de tous les chefs d’Etat africains si nous avons de saletés dans les rues ? L’enthousiasme doit vous amener à changer votre comportement pour que si les chefs d’Etat viennent ici, la Guinée n’ait pas honte. Votre premier défi n’est pas de m’accompagner pour l’Union Africaine, c’est de faire en sorte que la Guinée soit réellement la capitale de l’Afrique » (le 02, devant ces fanas en délire au retour de sa nomination comme chef du village Afrique à Addis-Abeba).
  • « Ceux qui vont dans les mines faire l’exploitation clandestine iront en prison… A ceux qui s’agitent à Conakry, la Haute Guinée est là, vous avez donné une réponse cinglante. Alors, je ne vous remercierais jamais assez…  On ne va plus se foutre de l’Etat en Guinée. Les gens sauront maintenant qu’il y a un Etat… Monsieur le premier ministre et le ministre des mines, j’ai pris des engagements, vous avez donc l’obligation de faire respecter ces engagements, si ce n’est pas respecté alors il y aura des remaniements ministériels. J’ai dit aux gouverneurs, préfets et sous-préfets que je n’accepterai pas des comportements indélicats. Je n’accepterai plus le copinage  » (le 05, lors d’une mamaya organisée à Kankan précisément par ces mêmes exploitants clandestins).
  • « Les cadres ont tous une ambition, les postes. Soit ils veulent être ministre ou préfet, en laissant l’intérêt commun et celui du peuple. Tout cadre qui fait la pagaille saura que c’est moi qui signe les décrets » (le 09, lors d’une mamaya suivante à Siguiri).
  • «  Je suis convaincu que nous allons résoudre les problèmes de la Libye. Car seule l’Afrique peut les résoudre. Nous allons démontrer nos capacités. Il y aura un gouvernement d’union nationale accepté par tout le peuple libyen » (le 14, pour fêter de nouveau son intronisation comme chef du village Afrique).
  • « Moi je suis prêt à faire un pacte avec vous, à vous accompagner mais vous aussi à vous engager à avoir une presse d’information et d’éducation. Alors comme j’ai fait avec les paysans et les orpailleurs à Kankan, si vous voulez on peut faire aussi une journée de la presse où chacun viendra parler, à la fin on sort avec une feuille de route… Vous ne m’accuserez plus de faire des interviews à l’extérieur non pas à l’intérieur… Pour que la presse puisse bien communiquer il faut qu’elle soit bien informée. Il faut que les ministres communiquent, c’est pourquoi j’ai pris Tibou Camara comme conseiller personnel pour essayer d’améliorer la communication personnelle du gouvernement et avec la presse parce que très souvent des désaccords sont basés sur des malentendus. Il est dévolu à la presse de dire au peuple ce qui ne va pas et de dire à ce peuple d’où nous venons et où nous allons… Aujourd’hui nous avons de très grandes responsabilités… Jamais la Guinée n’a été aussi haute sur le plan international même du temps du président Sékou Touré. C’est à l’avantage de tout le monde » (le 17, lors d’une rencontre informelle avec les agences de presse nationales).
  • « Nous allons commencer par nous doter de laboratoires car actuellement il n’est pas possible pour le gouvernement de connaitre exactement les quantités exploitées et la teneur. Nous sommes tributaires des  entreprises qui nous disent ce qu’elles veulent. Nous ne sommes pas capables de vérifier. Donc au cours de l’année nous nous doterons de laboratoires et de bateaux  grâce au partenariat avec certains pays pour qu’en fin nous soyons en mesure de vérifier à chaque départ combien de tonnes partent et la qualité » (le 21, lors de l’ouverture de la Nième table-ronde sur le secteur minier depuis 6 ans).
  • « Le peuple de Guinée a montré son amour pour le Roi du Maroc en restant dans la rue de 15 heures jusqu’à 20 heures et vous venez d’entendre ce que le Roi est venu faire pour la Guinée. … Conakry change mais on ne voit pas ce changement à cause de l’assainissement et de voiries. Lorsque j’avais un projet de cité verte, le ministre des affaires étrangères du Maroc m’a dit que cela va intéresser le Roi. Et lorsque le Roi m’a appelé il m’a dit que le peuple n’a pas besoin de cité verte à Conakry. Qu’il a plutôt besoin d’assainissement et des voiries urbaines… Certains ne voulaient pas que ce voyage ait lieu. Ils ont mis des voyous dans la rue, mais Dieu aime la Guinée et le peuple de Guinée sait aujourd’hui que ceux qui ne veulent pas que le pays avance ont échoué...  Quand le président Erdogan est venu il a dit que Conakry n’est pas une ville. Grâce au Roi quand le président Erdogan reviendra prochainement il dira que Conakry est une ville du Maroc… Le train du changement en Guinée a démarré. Ceux qui ne monteront pas, resteront au bord de la route » (le 23, lors d’une cérémonie de cirage en règle des babouches de M6 à Conakry).
  • Pour : pas grand-chose, rien que du griotisme et des fausses promesses. Il est vraiment le père et le modèle à copier de tous les mamayeurs du pays.
  • Contre : justement les promesses hilarantes à chaque meeting continuent de plus belle : « la compagnie Air Guinée viendra au mois de mars prochain ; au mois de mai une usine de montage de bus et de tracteur sera lancée ; nous allons tout faire pour que d’ici 2018 la Guinée n’importe plus du riz, que nous mangions le riz que nous produisons et en 2020 nous vendrons du riz à l’extérieur ; nous produisons beaucoup de riz mais les femmes ne peuvent pas transformer tout le riz paddy en riz net. Nous avons commandé des rizeries à installer dans toutes les préfectures qui produisent du riz afin de transformer le riz paddy en riz net pour qu’elles puissent le commercialiser ; je vais mettre des poissons dans tous les fleuves de la Haute Guinée afin que les mareyeuses de la savane soient indépendantes de celles de Conakry »– Allah Akoubar ! La prochaine fois ce sera sûrement une usine de construction d’avions et de sous-marins à Baro, son village d’origine non contrôlée.
  1. Les décisions et actions « positives » du mois :
  • Le 04, le boss préside au barrage de Kaléta le lancement des travaux de l’interconnexion du Projet Energie de l’organisation pour la mise en valeur du fleuve Gambie (OMVG) qui reliera les réseaux électriques des quatre pays membres de l’OMVG, ceux de l’OMVS et de TRANSCO Côte d’Ivoire, Libéria, Sierra-Léone, Guinée et la liaison Guinée-Mali. Pendant ce temps la capitale et la majorité des villes du pays ont de moins en moins d’électricité domestique depuis janvier, comme au bon vieux temps avant tous nos barrages électoraux. Pourvu que le flux soit exclusivement d’eux à nous sinon nous serons mis à la porte du deal dans 2 ans.
  • Le 17, la tentative de rabibochage avec la presse nationale est une bonne tentative pour diminuer les coups de matraque de celle-ci sur son vieux crâne déjà douloureux. Initiée par son tout nouveau ministre d’Etat Tibou Kamara qui intervenu en M.C. comme d’hab. pour encenser son boss pour « son  combat  historique et héroïque pour la démocratisation du pays ». D’après  lui son papy-patron sera désormais « près des journalistes et ceux-ci doivent être au service de la République ». Répondant  au discours pathétique de Tibou, il a dit ne pas garder des rancunes contre la presse, même ceux qui le brocardent. Que ce soit Tibou Camara à la manœuvre n’étonnera personne en Guinée – notre Talleyrand national est de retour dans la cour des grands pilleurs du pays.
  • Le 23, notre boss réussit l’exploit de recevoir le Roi du Maroc dans notre capitale juste 2 jours après l’intifada des jeunes sur ses miliciens en ville. Imaginez la promptitude dégagée pour remettre en place tous les portraits arrachés des 2 souverains le long du chemin historique du passage royal. Sans parler du nettoyage express des cailloux, pneus brulés, commerces et pompes d’essence calcinés et autres stigmates du lendemain de ce casse-la-gueule mortel.
  • Le 25, le PPAC inaugure une nouvelle compagnie aérienne appelée Guinea Airlines. Heureusement que c’est une compagnie privée avec aucune participation de l’Etat à son capital donc il est possible qu’elle puisse survivre jusqu’en 2018. Par contre le « partenaire français » du deal a une réputation déjà sulfureuse et de longue date au Gabon, au Cameroun et au Congo Brazza selon une certaine presse de ces pays – réalité ou règlements de comptes entre truands – l’avenir nous le dira bientôt. Cela n’empêche pas nos ministres et la presse locale de jaser sur ce nouvel exploit du Sanseman. C’est comme dire que les hôtels Camayenne, Noun et Sheraton sont des « hôtels guinéens ». Et comme il est aisé de tout faire gober aux braves populations ce succès du boss figurera sans aucun doute dans son bilan 2017 comme une nouvelle réalisation historique. En tout cas si l’entretien et la qualité du service sont au rendez-vous c’est une très bonne initiative pour les environ 5% de Guinéens assez friqués pour pouvoir acheter un billet sans crédit. Et si l’Etat n’a pas un mot à dire dans sa gestion c’est encore une meilleure nouvelle.
  • Le 27, le PPAC réagit enfin à la grave crise du système éducatif de la semaine précédente qui a entrainée 7 (ou 8) morts civils tués par des « balles perdues » : il limoge 3 ministres dont les deux directement responsables de cette bévue, celui de l’enseignement pré-universitaire et celui de la fonction publique. Si seulement il pouvait punir tous ceux qui font des bêtises autour de lui, mais bon il faudrait qu’il commence par lui-même pour convaincre qui que ce soit en Guinée.
  • Pour : presque rien à son actif personnel. Tout juste une lueur d’intelligence et de bons conseils pour comprendre qu’il n’y a pas pire bêtise pour un homme au pouvoir que de se mettre toute la presse sur le dos. Il lui a fallu presque 7 ans pour comprendre cela alors il reste encore un peu d’espoir pour « 45 », le nouveau Président Donald Trump.
  • Contre : franchement l’absence totale d’empathie pour les familles de ses compatriotes tués ou ayant tout perdu la veille et la tenue sans aucun état d’âme d’une visite officielle le lendemain sont de vrais indicateurs de la dégradation mentale de notre PPAC. Pour le remaniement ministériel, les éjectés sont remplacés par un de ses conseillers principaux à la présidence (aussi responsable de ce gâchis que celui qu’il remplace) et un mamayeur zélé du RPCé qui cirait en douce les pompes des faucons depuis longtemps pour être ministre. Ainsi va la Guinée : on dit changement mais rien ne s’améliore au pays.
  1. Les décisions et actions « négatives » du mois :
  • Le 02, c’est enfin reparti pour les accueils folkloriques PDGistes du nouvel Homme-Etat par « le glorieux peuple du 28 septembre 1958 ». Pourtant les mamayeurs le long du « l’autoroute Fidel Castro, route infinie de l’histoire » chantent et dansent en petits groupes isolés et tristounets. Par contre la situation était très tendue sur « l’Axe du Changement », les quartiers de haute banlieue où la jeunesse déchainée par l’injustice et l’impunité du pouvoir (hélas infiltrée par des voyous et casseurs professionnels) avait osé braver Lansana Conté en 2007 et l’obliger à mettre un peu d’eau dans sa gabegie exponentielle. Des jeunes garçons et filles barricadent les routes et jettent des cailloux sur les forces de désordre composées de gendarmes, de policiers et même de militaires bérets rouges de la présidence. Les courses/poursuites dans les dédalles des bidonvilles sont de retour sous un soleil de plomb à Conakry. Pour un « retour triomphal à la Satan Touré » c’est raté, les gars ! Mais comme d’hab. presque aucune tête ne tombera pour si peu, juste quelques milliards de GNF à partager entre les organisateurs et autres « grilleurs d’arachides » (impossible d’en griller pour d’autres sans penser à en mettre une partie dans sa propre bouche) bien connus du RPCé.
  • Le 02, le ministère de l’enseignement pré-universitaire décide de mettre tous les élèves du pays immédiatement en congés jusqu’au 12 février. Ceci, « pour lui permettre de faire face au manque d’enseignants dans les différents établissements scolaires ». Lui et ses directeurs avaient surement complètement oublié de le faire pendant les très grandes vacances précédentes (de Juillet 2016 à janvier 2017) car les cours venaient de reprendre il y a un mois dans la majorité des écoles. Quelle justification originale pour renvoyer les élèves et en particulier ceux en classes d’examens sur le pavé pour des manifestations journalières.
  • Le 03, big boss préside le lancement des travaux de la société Alufer Bel Air Mining, une nouvelle PMI spécialisée dans l’exportation des cilloux et poussière rouges par camions sans bâches jusqu’au niveau de quelques barges plates qui les déposeront ensuite en haute mer sur de vrais bateaux minéraliers en partance vers d’autres pays plus bénis, y compris africains. Ceux-ci en feront de l’alumine et ensuite des tôles en aluminium que nous achèterons l’an prochain à 100 fois notre prix de vente pour ne plus dormir les pieds dans l’eau dans nos maisons qui coulent toutes en saison des pluies tropicales. Le fruit d’un bizness men anglais (fondateur de la société minière Alufer) et de son « partenaire guinéen ». Chauffé à bloc le PPAC nous balance une nouvelle bombe : « Pour accompagner les sociétés minières, nous sommes en train de négocier avec société de Dubaï pour la construction d’une centrale à gaz de 200 mégawatts à  Kamsar afin que nous les accompagnions dans la transformation de la bauxite en alumine ». Encore une nouvelle promesse !
  • Le 05, enfin une nouvelle exploration des confins du pays pour notre pigeon voyageur, cette fois-ci à Haute Guinée, son plus grand fief électoral pour le 3e Officiellement c’est pour participer à la journée nationale de l’orpaillage – dont le PPAC avait officiellement interdit l’exploitation artisanale il y a 2 ou 3 ans. Les fidèles chrétiens ont même été priés de renoncer à la prière du dimanche à l’église pour participer à l’accueil. Les hauts d’en haut du RPCé reconnaissent officiellement avoir décaissé 1, 25 milliards GNF pour l’organisation de la « bamboula in the savane » donc le chiffre réel doit être entre 10 et 12 milliards.
  • Le 06, il se cache de nouveau et file en douce à Dubaï pour régler quelques petits bizness personnels inconnus pour le moment. Planquez-vous comme vous le pensez patron, mais on le saura toujours, même si vous continuez à voyager à 03 heures du matin. Et puis rappelez-vous que c’est comme cela que Satan Touré avait filé en douce et en pleine nuit pour Cleveland aux USA mais son retour avait été plutôt catastrophique pour lui et les siens.
  • Le 13, La crise semble s’accentuer au sien du système éducatif guinéen après la suspension des cours dans l’enseignement pré-universitaire et techniques publics pour des raisons d’affectation des nouveaux formateurs. Le front se durcit à travers leurs syndicats. Le mot d’ordre de grève est bien suivi ce jour-là dans tout le pays et du coup les élèves sortent encore dans les rues pour exiger des profs mais surtout pour caillasser du bidasse. Comble du ridicule, le 12, le gouvernement et les syndicalistes avaient annoncé officiellement qu’une solution avait été trouvée avec les syndicats mais ceux-ci lui répondent tout aussi officiellement que c’est un mensonge. La honte, Walahi ! Conakry est de nouveau à la veille du feu et des flammes mais le chef du village Afrique s’en fout, il prépare la visite de son frère Mohamed VI du Maroc prévue le 16 pour couronner son couronnement.
  • Le 13, la réaction du gouvernement est étonnante : un communiqué télévisé prolongeant le congé forcé de 12 jours des élèves du pays dans toutes les institutions  d’enseignement (pré-universitaire, supérieur, technique et professionnel). L’argument-choc est « Cette mesure vise à éviter des troubles dans la cité et à sécuriser les élèves et étudiants ainsi que les constructions scolaires et universitaires ». Aucune nouvelle date n’a été fixée pour la reprise des cours. Le ministre en charge de l’enseignement professionnelle a indiqué que les cours reprendront à la fin des négociations avec les centrales syndicales. Quel bras de fer stupide, en plus sur le dos des pauvres élèves déjà paumés du pays.
  • Le 14, le PPAC est obligé de couper ses vacances juteuses à Dubaï pour venir calmer ces « petits bandicons » de syndicalistes qui osent l’empêcher de dormir en paix. En effet la grève est de plus en plus ponctuée de violences et saccages par les élèves et surtout des voyous/casseurs de rue. Il les convoque le 15 pour une de ses séances habituelles de caresses/chicottes mais cette fois-ci ça ne marche pas. Les syndicalistes lui balancent qu’ils ne peuvent accepter qu’un gros militaire ignare comme Lansana Conté monte le point indiciaire de leur salaires à 1030 GNF en 2007 et qu’un soi-disant professeur d’université vienne ensuite le réduire à 750 GNF en 2016. D’autant plus que lui ne vit que d’avantages acquis depuis qu’il ne touche plus le RMI en France donc il devrait quand même les comprendre !
  • Le 17, comme si c’était l’urgence du moment le PPAC nous balance 5 nouveaux décrets : la création de Centres de gestion agréée (CGA), du Comité national de lutte contre la traite des personnes et pratiques assimilées (CNLTPPA), la fixation des statuts de l’Office guinéen des chargeurs, la révision à la hausse du taux du minimum vital en vigueur et l’ouverture d’une procédure d’appel d’offres pour l’attribution des permis d’exploitation et de recherche sur la mine d’or de Kiniero (préfecture de Kouroussa). Comme ce doit être doux de vivre sur un petit nuage sans se soucier de la cata que l’on entretient plus bas.
  • Le 19, comme s’il n’avait pas assez de problèmes comme cela, le gouvernement fait interpeller une vedette nationale de la jeunesse, le reggaeman « General » Elie Kamano par la gendarmerie. Il est mis aux arrêts pour affirmer qu’il manifestera dans les rues avec les élèves le 20 février pour exiger la réouverture immédiate des salles de classes. Il est ramassé par la flicaille dans la soirée à son domicile et placé en garde à vue à l’escadron Mobile de la gendarmerie. Du coup, ses « soldats » deviennent encore plus déchainés et ceci renforce leur volonté de sortir pour protester – mais hélas aussi pour tout casser – dans les rues le lendemain. Un bon coup de pub pour un artiste en déclin et une violation flagrante des DDH par une arrestation avant même qu’un « crime » ne soit commis. Comme si bien dit par un blogueur humoriste (Tabouna Sylla) : « Très facile d’être méga-star dans ce pays, un simple bluff et hop ! ». Imaginez si tous ceux qui lançaient des menaces en public étaient directement jetés en prison même Air PPAC serai une annexe de la maison centrale de Coronthie aujourd’hui. Franchement c’est à la fois la panique à Satanya et la bêtise humaine au pouvoir en Guinée. Comprenant mais trop tard sa bévue le pouvoir finit par ordonner sa mise en liberté sous contrôle judiciaire dans la matinée du lundi, après l’avoir fait auditionné par le Parquet de Mafanco.
  • Le 20, la jeunesse de Conakry tient promesse et fout le bordel dans le pays. La circulation sur les deux principaux axes qui relient la haute banlieue au centre-ville de Kaloum est paralysée avec intifada des manifestants et réplique habituelle des forces de désordre. Des marches d’enseignants, d’élèves et de leurs parents sont également signalées dans des villes de l’intérieur du pays comme Labé et Kamsar. Les jeunes sont sortis dans les rues officiellement pour exiger la réouverture immédiate de leurs classes, mais surtout pour exprimer leur ras-le-bol face à l’injustice, l’impunité et l’arrogance de la pieuvre au pouvoir. Une occasion rêvée pour exprimer de toutes les frustrations sociales. Le gouvernement fait lui-même le bilan macabre des 2 jours de guérilla urbaine : au moins 7 jeunes morts dont6 par balles (une mère de famille enceinte et un élève écrasé par un char de la gendarmerie), une cinquantaine de blessés, une douzaine d’interpellations et des dégâts matériels à gogo dans tous les quartiers de la capitale. Le chiffre officieux est de 8 morts.
  • Le 21, le PPAC mauvais perdant devant l’eternel, pourtant chef du village Afrique et dernier chef d’Etat à avoir visité la Gambie sous Yaya Jammeh, ne s’est pas présenté à Banjul pour participer à la fête de l’indépendance et surtout à la 2e investiture du nouveau Président Adama Barrow. Son copain-coquin dans la dernière tentative de maintenir au pouvoir le troufion détraqué Jammeh, le Président Mauritanien Ould Abdel Aziz est lui venu en coup de vent mais vu l’accueil glacial qu’il a reçu, est reparti chez lui sur la pointe des pieds avant même la fin du discours du nouveau Président. Au fait il faut préciser que le PPAC et Aziz sont les seuls chefs d’États de la sous-région (CEDEAO) qui magouillent pour se faire « plébisciter par le peuple » pour un 3e Encore deux has-been qui ne comprendront les réalités politiques du 21e siècle qu’avec le feu sous leurs carapaces de tortues.
  • Le 22, le rapport annuel 2016 de l’ONG internationale des DDH Amnesty International est divulgué à la presse internationale. Le constat pour la Guinée est toujours aussi désespérant : « En 2016, les droits humains n’ont pas nécessairement progressé en Guinée. Au cours de l’année dernière les forces de sécurité ont encore fait usage d’une force excessive contre des manifestants qui protestaient pacifiquement et ont harcelé des personnes qui exprimaient des opinions dissidentes. Des cas de torture et de mauvais traitements ont été également signalés. De même que les membres des forces de sécurité impliqués dans des violations des droits humains ont continué à jouir de l’impunité ». Encore une nouvelle incitation pour tous les investisseurs sérieux de nous effacer de leurs listes de visites exploratoires en 2017. Par contre les truands internationaux spécialisés sur l’Afrique seront rassurés que les bonnes affaires vont continuer sans aucun problème.
  • Le 22, comme si rien ne s’était passé les jours précédents à Conakry, le PPAC reçoit les artistes nationaux dans son palais pour rigoler et passer un peu de bon temps ensemble.
  • Le 23, le nouveau code électoral est finalement adopté à l’Assemblée nationale. Le texte a été voté à l’écrasante majorité des députés présents à l’hémicycle, composée essentiellement des deux grands groupes parlementaires (pouvoir et opposition) plus copains et coquins que jamais quand il s’agit de couillonner les autres politiciens du pays. Au moins maintenant il n’y aura plus de non-dits politiques. Il n’y aura plus à terme que 2 partis politiques réels en Guinée, de la Présidence jusqu’aux quartiers et villages : l’un ethno-malinké et l’autre ethno-peul. Tant pis pour les autres et en avant avec notre démon-cratie.
  • Le 23, le PPAC et ses fanas reçoivent le Roi du Maroc « M6 » pour fêter le retour de son pays au sein du village africain, son nouveau royaume à lui tout seul. Pas un mot de compassion pour les morts civils de la semaine, pas de drapeaux en berne, pas de sanction immédiate des ministres pourtant responsables de ce gâchis national. Son dépité en chef a même refusé de se lever pour une minute de silence en leur mémoire à l’Assemblée nationale. Dur-dur d’être un martyr en Guinée depuis notre indépendance. A part Mbalia Camara en Février 1955 personne n’a eu cette reconnaissance officielle pour le moment.
  • Pour : comme chaque mois : R.A.S. (Rien A Signaler)…
  • Contre : la folie du nouveau titre est suivie comme prévu de nombreuses promesses farfelues et d’échecs prévisibles : il est persuadé de réussir à résoudre la crise libyenne en un an. Pourquoi pas ensuite celles du Burundi, de la RDC et même le conflit israélo-palestinien tant qu’on y est. Concernant la marche du 20, un journaliste local décrit bien la situation : « Contrairement aux émeutes passées les jeunes de l’autoroute ‘’Fidel Castro’’ sont plus chauds que ceux de ‘’Le Prince’’. De l’aéroport au rond-point de Gbessia, les jeunes, en très grand nombre, affrontent les forces de l’ordre composées de gendarmes et de policiers en leur lançant des pierres. Des tirs de sommation ont été entendus (10h35). Sur la chaussée, les policiers avec l’appui des gendarmes, essayent de dégager la route en y enlevant les barricades. Mais les jeunes massivement mobilisés n’en démordent pas. Par moment, ils arrivent à chasser les agents. Devant eux, ils lancent des slogans hostiles au président Alpha Condé ». Pauvre pays dirigé par un professeur de droit sorti de la Sorbonne mais qui tue des élèves et leurs parents parce qu’ils manifestent dans les rues pour réclamer la réouverture des salles de classes dans le contexte actuel de gabegie financière au sommet de l’Etat. C’est ça que moi j’appelle dans mes chroniques de l’anti-gouvernance ! Pour la rencontre avec les artistes nationaux une journaliste avisée (Jeanne Fofana) résume bien cette mamaya : « Au lieu de faire une déclaration responsable dans les médias, pour appeler au calme des jeunes et à la retenue des gendarmes, policiers et bérets rouges, tout en invitant les ministres du secteur éducatifs de prendre toutes les dispositions idoines pour la bonne reprise des cours, le Président rencontre les artistes et parle de tout et de rien. Alpha Condé prouve encore à suffisance jusqu’où les Guinéens tués comptent pour lui, comptent pour la République. C’est tout simplement une prime accordée à l’impunité. Une caution accordée à la vengeance et à l’atmosphère tendue entre forces de l’ordre et population. C’est manifestement une grosse erreur de casting du Président. Quitte à ajourner cette rencontre avec les artistes, le temps de soulager les familles endeuillées. Dans la plus grande impunité entretenue par le pouvoir en place. C’est manifestement écœurant de voir Alpha Condé et sa colonne d’artistes dont le choix laissait à désirer, en train de rire et d’alterner le français et la langue nationale soussou. Il est en réalité le premier à bafouer l’autorité de l’Etat. Qu’est ce qui lui coûtait de taper du poing sur la table pour faire diligenter des enquêtes sur la grève des 72 heures bien chaudes et soldées, on le sait par des morts d’hommes ? ».

Tic-tac, Tic-tac, la montre tourne; aujourd’hui est le 2260e jour de l’ancien « Guinea is back » et du nouveau « changement radical » – déjà 06 ans, 02 mois et 10 jours ! Aladji-Professeur-Président voici ma suggestion SMART (Spécifique, Mesurable, Atteignable, Réalisable et Temporellement définie) du mois pour améliorer un peu votre Sanseman : je vous conseille de bouger vite et intelligemment sinon 2017 sera encore pire que 2016 pour vous. Vous êtes passé à deux pas du sort de vos 2 meilleurs amis Blaise Compaoré et Yaya Jammeh si vos soldats avaient massacrés plus d’élèves dans les rues. Il y a deux dossiers brûlants devant vous : le 1e concerne la tentative de vouloir faire passer en camouflage une réduction du point indiciaire des pauvres enseignants alors que vous en êtes parait-il un. Ceci d’autant plus que vos miliciens en ont bénéficiés le mois précédent après quelques coups de mitraillettes en l’air (20% pour tous les militaires). Quelle erreur de gawa ! Le 2e dossier est celui des agents contractuels non recrutés car bien qu’il y ait des mensonges et des incompétents notoires parmi eux, les principaux responsables de ce gâchis sont les ministères chargés de la fonction publique et de l’éducation pré-universitaire où les seules règles en vigueur sont les arrangements ethnocentriques, les magouilles et l’impunité totale. Je dis bien les ministères, pas juste les ministres car ceux en dessous d’eux sont encore pires et gèrent en fait presque entièrement ce bordel organisé scientifiquement. Déjà vous avez fait un 1e pas en vidant les deux ministres principaux responsables de ce gâchis pourtant prévisible mais cela ne suffira et ne tiendra pas très longtemps pour sauver votre système de mal-gouvernance chronique. A force de se ficher de la tronche de tous en organisant des mamayas en milliards pour le 3e mandat, en voyageant tous les weekends en jets privés, en augmentant les salaires des vos soldats, la colère et l’envie de tout casser du petit peuple monte de plus en plus et elles sont maintenant prête à exploser à tout moment. Comme le dit si bien un de mes jeunes frères avisés (M. Saliou Wann) : « Vous (les élèves et étudiants du pays) voyez bien que les dirigeants de notre pays préfèrent vous sacrifier sur l’autel de leurs intérêts sordides. Faites en sorte qu’ils ne jouissent pas en toute tranquillité de leurs pillages. Organisez des protestations massives sur l’ensemble du pays. Obligez Alpha Condé à trouver des réponses urgentes à vos problèmes. Voyez vous, quelques tirs au camp Alfa Yaya ont suffi pour obtenir une augmentation de 20% du salaire des militaires, vous vous êtes capables de paralyser tout le pays pour obtenir gain de cause… C’est maintenant qu’il faut se battre pour un enseignement de qualité. Demandez à vos députés qu’ils vous disent combien nous coûtent les 4×4 et les tickets de carburant des dirigeants du pays, leurs groupes électrogènes, leurs voyages inutiles, ça vous édifiera sur votre bon droit de manifester pour vos études… Mobilisez vous, battez vous pour votre bien, jeunes de Guinée. Je suis révolté à votre place. N’ayez pas peur, les enfants des militaires, des gendarmes et des policiers sont parmi vous, victimes comme vous de l’oligarchie corrompue et incompétente qui met en péril le présent et l’avenir de notre pays… Il n’a donc pas le droit de traiter par le mépris la revendication légitime des élèves en fermant les écoles, tout en distribuant des milliards pour sa gloire dans la région de Kankan. Et sitôt rentré à Conakry, il reprend son jet privé (son confort personnel nous coûte très cher) pour continuer son tour du monde, loin de vos problèmes. Organisez de puissantes manifestations sur toute la Guinée pour qu’il descende sur terre pour s’occuper de vos problèmes. ». Mignan, tu as tout dis à cette jeunesse en péril et en perdition, Walahi !

 

28 Février 2017

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About A.O.T. Diallo

Un quinqua hédoniste qui plane sur le Web...
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One Response to Une Nouvelle Voie (Février 2017) : l’éducation nationale était au bord du gouffre – elle vient de faire un pas en avant

  1. lodia says:

    pertinent et instructif comme d’habitude. Au plaisir de vous relire….

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