Une Nouvelle Voie (Avril 2017) : « Je coupe le cordon ombilical – je blaguais, dèèhh ! »

Bienvenue à mon bilan du 16e mois de la Condécratie version 2.0. Je continue mon exploration mensuelle des méandres des décisions importantes pour la Nation prises par nos nouveaux chefs en proposant des pistes de réflexions et d’actions qui pourraient être envisagées pour que le « vrai changement » soit effectif.

  1. Echantillon de paroles et pensées présidentielles du mois:
  • « En collaboration avec la Chine nous allons construire quatre grandes universités… Il ne sert à rien de former un licencié en droit alors que le pays a besoin d’ingénieurs » (date indéterminée)
  • « Comme j’ai dit à Abidjan dernièrement nous ne pouvons pas vaincre le terrorisme par les armes. Parce que le terrorisme c’est la pauvreté et l’injustice. Pourquoi les terroristes disent à un jeune tiens ça, va mettre une bombe ? C’est parce qu’il n’y a pas de travail. La première nécessité pour vaincre le terrorisme c’est de lutter contre la pauvreté, mais aussi contre l’injustice. Ça veut dire que les ressources du pays doivent être équitablement reparties, particulièrement au niveau des couches les plus vulnérables, les jeunes et les femmes, etc. C’est ça qui peut couper la racine du terrorisme… Quand j’ai dit aux pays francophones coupons le cordon ombilical ça veut dire que lorsque vous avez le cordon ombilical, vous êtes encore un bébé. Or il faut devenir majeur… La population du monde dans les autres continents a vieilli. Voyez la Chine, c’était un enfant, maintenant elle n’est plus un enfant. Alors que nous, nous avons l’avantage inverse. C’est pourquoi nous devons aller très vite. Parce qu’avec la santé, les Africains vivront de plus en plus longtemps. Ça veut dire que progressivement nous tomberons dans les mêmes problèmes que les pays développés. Voilà les défis que nous devons relever » (le 08, à Conakry lors de sa présentation de la feuille de route de  l’U.A. pour son mandat ».
  • « Je crois que pour des Guinéens, voir le drapeau guinéen flotter sur les Champs Élysées c’est quand même un symbole extrêmement important de changement de relations entre la Guinée et la France. Je disais dernièrement que de toutes les anciennes colonies françaises c’est la Guinée qui avait le plus d’avenir tant sur le plan agricole que sur le plan du développement industriel… Je crois que durant sa présidence il (Hollande) l’a beaucoup démontré et surtout les Africains lui sont très reconnaissants pour tout ce qu’il a fait pour l’Afrique. Parce qu’il a montré qu’il n’avait pas un agenda personnel… Nous avons appris à parler d’une seule voix pour l’énergie. Aujourd’hui, c’est ce qui nous a permis de réussir grâce à notre chère amie Ségolène Royal qui nous a beaucoup accompagnés… Je suis très fier de cette visite d’Etat surtout que ce serait la dernière de mon cher ami Hollande en tout cas nous comptons beaucoup sur la coopération avec la France notamment avec l’AFD dont le Président a fait récemment une visite à Conakry. J’espère que notre camarade Michel Sapin suivra la même voie que Royal. Nous devons encore signer un autre accord avec le FMI, pour cela nous comptons sur l’appui de la France afin qu’il nous donne un accord qui puisse permettre à la Guinée d’avoir un accès à des crédits non concessionnels qui peuvent nous permettre de nous développer… En tout cas la délégation guinéenne est très fière de cet accueil exceptionnel et je pense que ceux qui ont connu la période coloniale et autres comme Sidya qui est mon Haut Représentant ou Bah Ousmane, Kassory (!), ils repartent très heureux…J’espère que nous serons toujours ensemble comme nous avons toujours été avant et on le sera après » (le 11, à l’Élysée pour couronner sa visite d’ETAT, la (presque) dernière du frère François).
  • « C’est une nouvelle Afrique qui se réveille, à bon entendeur, salut ! » (le 12, discours au siège de l’Institut du Monde Arabe (IMA) à Paris).
  • « Je n’ai pas à répondre. Ce n’est ni aux journalistes ni aux puissances extérieures de décider… Arrêtons avec cette vision dogmatique de savoir si la bonne chose est un, deux ou trois mandats. Ça dépend de chaque pays et de la volonté de son peuple. Nous ne voulons plus que l’Occident nous dicte ce que nous devons faire. Les pays développés, on ne leur pose pas la question ! Est-ce qu’on pose la question à Singapour par exemple (où le Premier ministre est dans son troisième mandat) ? Pourquoi vous ne posez jamais cette question à Mme Merkel ? Je n’ai pas à répondre. Ce n’est ni aux journalistes ni aux puissances extérieures de déciderEt si on parle d’impunité, je crois qu’il y a dans le monde beaucoup d’exemples pires qu’en Afrique mais dont on ne parle pas. Beaucoup d’autres massacrent leur peuple en toute impunité. C’est ce constat qui guide aussi notre réflexion sur la Cour Pénale Internationale (CPI). Est-ce seulement en Afrique qu’on massacre les gens ? Certains pays tentent de nous imposer des choses alors qu’ils n’ont jamais signé le traité de Rome et échappent donc à la CPI… Nous en avons beaucoup souffert mais en 2016 la croissance économique a atteint 6 % et nous espérons une croissance à deux chiffres à partir de 2018. Les hôtels de Conakry sont fréquentés par des investisseurs français, africains, asiatiques, sud-américains… Nous créons une zone de développement économique, nous fabriquons des logements sociaux, des barrages, il y a des projets routiers, d’alimentation d’eau… Nous en avons assez de cette vision dogmatique de l’Afrique où l’on confond tout le monde, les présidents qui gèrent bien ou mal leur pays. Comme si l’Afrique n’était qu’un seul pays (le 12, lors d’interviews à Paris avec les journaux français Libération, TV5/Le Monde et Euronews).
  • « J’annonce la construction en cours d’une usine de fabrique de livres et de cahiers pour éviter au pays l’importation des livres car on ne peut pas développer la culture guinéenne avec une dépendance à l’extérieur pour la fourniture des livres » (le 23, à l’occasion du lancement de l’année « Conakry capitale mondiale du livre »).
  • « Je réaffirme ma volonté de consolider les relations économiques Sud-Sud, plus particulièrement avec les Émirats Arabes Unis » (le 27, en recevant une délégation d’investisseurs émiratis).
  • Pour : boss votre discours de Conakry sur l’Union Africaine et le terrorisme est (légèrement) plus correct et poli que celui d’Abidjan le mois dernier. Si seulement vous les aviez inversés. Quant à la probabilité de la montée de l‘extrémisme religieux chez nous je constate que vous comprenez bien les causes du danger et les solutions pour l’éviter ou au moins le ralentir – mais alors pourquoi vous faites exactement le contraire en assurant l’arrêt de la corruption et de l’injustice et de l’impunité d’une minorité de vos proches sur 99% des autres Guinéens ?
  • Contre : papy-promesses rajoute une nouvelle couche. Si seulement il se limitait à annoncer une 1e université pour ensuite en construire d’autres si besoin, cela aurait été un peu plus réaliste et crédible mais pour cela il faut avoir déjà géré des grands projets au moins une fois dans sa vie. Vraiment le concept de couper le cordon ombilical avec nos colons est de plus en plus flou pour moi après son discours de l’Elysée : qui faisait la morale à ses pairs africains il y a moins d’un mois sur la nécessité de couper la mendicité avec nos anciens (et actuels) colonisateurs et qu’en plus il assumait ouvertement ses propos ? Il est vrai que rendre visite à un président impopulaire deux semaines avant son départ la tête bien basse du pouvoir est plus un signe de recherche d’une dernière chance de visite d’état chez le « colon au cordon coupé » pour un peu de pub à consommation locale qu’une recherche efficace et crédible d’’assistance financière d’un pays démocratique. C’est même plutôt le contraire, comme le dit si bien la presse française « La diplomatie et les accords changent complètement quand l’administration change. Quand les présidents qui se succèdent ne sont pas du même bord politique tout change ». Quant à se comparer pour être président à vie à un PM d’une dictature militaire (Singapour) et à la chancelière allemande Angela Merkel, tout le monde appréciera le calcul insensé et néfaste de notre apprenti-dictateur. Pour la dernière de papy-promesse du le 23, ce serait une 1e mondiale : un pays où il n’y a même pas une bibliothèque digne de ce nom et qui produit en même temps des livres !
  1. Les décisions et actions « positives » du mois :
  • Le 01, nous apprenons dans la presse que le gouvernement (à travers le ministère de l’administration du territoire et de la décentralisation) et le gouvernement du Royaume de Suède (à travers ses ministères de l’environnement, de l’énergie et de la coordination gouvernementale) ont signé le 31 mars un protocole d’accord portant sur la gestion des ordures ménagères de Conakry. L’accord devrait déboucher sur l’achat d’une quantité importante des déchets générés dans la capitale guinéenne par les entreprises de ce pays qui transformeront ensuite ces ordures en nouvelle source non négligeable (environ 10.000 foyers couverts) d’énergie électrique domestique.
  • Le 08, le Roi du village Afrique nous a présenté à la Blue zone de Bolloré la feuille de route de  notre institution panafricaine sur le thème de son mandat : «Tirer pleinement profit du dividende démographique en investissant dans les jeunes ».
  • Le 09, nous apprenons qu’un jeune bricoleur de Labé a construit son 1e Il explique : « Bon, ces jours-ci, j’ai fait un avion d’une place qui, pour l’instant roule mais ne vole pas d’abord. Ainsi on a compris que c’est la faiblesse du moteur qui l’empêche de décoller. Ce n’est pas parce qu’on ne sait pas comment le faire décoller mais c’est le moteur qu’on utilise qui est faible pour l’avion. En effet, c’est maître Souleymane, un chaudronnier du voisinage qui nous a prêté le moteur en question. C’est un moteur pour moto de marque FDMCO (marque chinoise). On a essayé et on a trouvé que la coque est trop grande pour le moteur-là, alors qu’il nous faut un moteur plus puissant et plus grand que la coque de l’avion afin qu’il puisse décoller. Donc, il nous faut un moteur de voiture pour pouvoir faire voler l’avion. D’ailleurs, si toutefois on trouve ce moteur, on va agrandir l’avion pour en faire un appareil de deux places ». On devrait tous lui envoyer 10,000 GNF afin qu’il finalise son projet au plus vite afin que cette merveille soit désormais l’avion officiel personnel du PPAC dont il rêve depuis 2011 mais pour lequel il n’ose pas demander la permission au FMI. Enfin un jeune Guin-int qui nous offre une solution rapide pour couper le cordon ombilical – avec le PPAC.
  • Le 10, pour limiter de façon drastique les admissions  au BAC unique, le nouveau ministre de l’Éducation pré-universitaire met fin aux « moyennes de cours complaisantes, fantaisistes, commerciales et sexuellement transmissibles » (Moïse Sidibé). Il décide que tout candidat qui n’aura pas 08/20 de moyenne ne pourra plus se présenter au bac. Cela veut donc dire qu’avant cela on pouvait le réussir même avec moins de 08 de moyenne – Allah Akoubar !
  • Pour : concernant l’accord avec les Suédois pour qu’ils ramassent pour nous nos montagnes de déchets domestiques c’est une très bonne nouvelle pour les Conakrykas mais une preuve supplémentaire de l’incapacité totale de nos dirigeants à régler seuls nos problèmes élémentaires de développement. Ça va chauffer quand nous aurons fini de couper nos cordons ombilicaux ! Et pourtant la récente publication par Quantum Global de son indice 2016 d’investissement en Afrique a vu la Guinée se classer parmi les dix premiers pays africains ayant le plus progressé en termes d’attractivité pour les investisseurs internationaux. Le rapport se base sur les critères de croissance, de liquidité, du risque pays, de l’environnement des affaires, de la démographie ainsi que sur la pénétration des médias sociaux. Reste à savoir c’est quel machin ce Quantum Global. En tout cas sa mission selon son site internet est definie comme telle « We strive to build on our reputation as a trusted and recognised partner for investment management, private equity and research across Africa. We seek to consistently deliver quality outcomes for our clients». Autrement dit c’est un « hedge fund », un fonds spéculatif de petits requins avec très peu des considération de la haute finance internationale qui recherchent de nouveaux marchés « faciles et rentables mais à très hauts risques » après quelques flatteries bien placées. C’est donc un peu comme ces « prix d’excellence » distribués à la pelle à nos millionnaires-voleurs locaux par des petits bandits de la diaspora planqués à Paris, Dakar et Abidjan. Beaucoup de flatteries télévisées bien placées et une récompense financière grasse est assurée.
  • Contre : suite à la signature de l’accord avec nos colons nordiques pour qu’ils nettoient notre capitale le chef de délégation suédoise a déclaré : « L’échantillon de déchets qu’on a visité est bon. Il y a des boites de conserve, des cannettes en aluminium, des batteries de voiture, du matériel électronique et électroménager, des gravats de chantiers de construction, des moquettes, etc. Le gouvernement de Suède est très heureux de contribuer à l’assainissement de Conakry. Toutefois, sachez que de notre côté cet accord nous est bénéfique. En effet, par les procédés de la pyrolyse et de la gazéification, les déchets que nous allons très prochainement acheter nous aideront à produire de l’énergie pour 10.000 foyers ». Réponse immédiate de notre ministre de l’administration : « La clairvoyance du chef de l’Etat a été telle qu’on va nous acheter nos ordures. Je crois que c’est une première en Afrique. Même le Rwanda que l’on vantait jusqu’ici n’a pas fait mieux. Et je tiens à remercier le gouvernement du royaume de Suède ». Si seulement nous leurs avions plutôt demandé de nous fournir l’assistance nécessaire pour faire cette transformation chez nous – mais bon c’était trop compliqué tout ça. Une fois encore on fait comme pour la bauxite, on donne pour presque cadeau nos matières premières pourtant rentables si transformées localement à des « partenaires » qui, par des procédés simples en feront de l’énergie électrique domestique pour des milliers de familles. Nous on s’en fout, l’essentiel c’est qu’ils ramassent nos poubelles puisque nous en sommes incapables.
  1. Les décisions et actions « négatives » du mois :
  • Le 06, un rapport de l’U.E. confirme que « Le nombre de décès, l’exploitation et les abus enregistrés sur la route migratoire de la Méditerranée centrale atteignent des records et la Guinée arrive en tête des pays ayant le plus fort taux de départ de migrants en Afrique sub-saharienne ». Pas de doute, c’est grâce au Sanseman que la voie de l’émergence s’éloigne de plus en plus de l’horizon.
  • Le 06, le Forum économique mondial (WEF) a publié son classement mondial de la compétitivité touristique. Sur les 34 pays africains classés notre Guinée ne figure pas. Et dire que nous avons non seulement un ministre mais aussi un directeur de l’office national qui ne peuvent même pas au moins répondre aux questionnaires internationaux qu’ils reçoivent. Mais bon cela nous évite quand même une nouvelle déculottée continentale alors ce doit en fait être un stratagème bien calculé de ces 2 larrons pour protéger encore un peu leurs fauteuils éjectables de la mangeoire nationale.
  • Le 07, la ministre de l’économie dévoile les chiffres du rapport d’audit axé sur la dette intérieure et l’état d’avancement des travaux du comité d’apurement de la dette intérieure (CODI) : « Sur une dette totale pré-identifiée par la Direction Nationale de la Dette de GNF 28 149 milliards, l’audit à l’issue de sa mission a ramené ce montant à GNF 2 194 milliards (!!). L’écart entre le montant initial des dossiers pré-identifiés et ceux retenus pour l’audit s’explique entre autres par : les dossiers non transmis par les structures concernées (ministères et directions), les erreurs de calculs, etc. ».
  • Les 07 et 08, notre PM numérique et ses ministrons organisent une nouvelle retraite gouvernementale pour  se pencher sur le « bilan des réalisations de l’année 2016 et la définition des priorités pour 2017 visant l’amélioration des conditions de vie des populations et la transformation économique de la Guinée dans le cadre de la mise en œuvre du Plan National de Développement Économique et Social (PNDES) 2016-2020 adopté par le Gouvernement en février 2017 » – seulement ! En fait c’est aussi une nouvelle astuce gouvernementale pour vider quelques milliards pour les frais d’organisation à la caisse commune financière du PPAC.
  • Le 10, Mr A-fric débarque à Paris en étant persuadé d’être le dernier roi-nègre qui sera reçu par François Hollande avant son départ de l’Élysée. Hélas le sort ne lui sera une fois encore pas favorable : cet « honneur typiquement africain » reviendra au Président du Burkina. On parle pompeusement dans la presse locale d’une « visite d’Etat » mais pourtant c’est un petit poussin français inconnu, la ministre de la fonction publique, qui est envoyée à l’aéroport pour l’accueillir. Maigre consolation néanmoins,  il restera le président du continent qui aura le plus visité l’Élysée pendant le mandat de son « frère et ami de plus de 30 ans » Hollande.
  • Le 11, notre frère François a gâché la fin de la mamaya Élyséenne par son discours avec un retentissant « La France vis-à-vis de l’Afrique n’intervient pas pour gérer ses propres intérêts. Ce temps-là est terminé. Elle n’intervient pas pour faire infléchir ou faire changer des règles politiques, des régimes électoraux ». Nous sommes tous prévenus, lui, ses troubadours et nous, ses prochaines victimes.
  • Le 11, au cours de sa visite à Paris, il a plaidé « au nom de plusieurs présidents africains » auprès de son homologue français le sort de Laurent Gbagbo détenu à La Haye depuis novembre 2011 et en particulier pour sa mise en liberté provisoire. La réponse logique de Hollande a été immédiate et reprise dans la presse : « La CPI travaille en toute indépendanceHors de question d’intervenir politiquement dans ce dossier judiciaire». Il a du rajouter en off « surtout pas pour un type qui n’a pas hésité à faire bombarder une base militaire française à Bouaké avec plusieurs morts parmi les militaires français en poste ».
  • Le 13, rebelote pour une visite au Maroc, en revenant de Paris, la 3e de l’année. Vraiment après lui plus aucun chef d’état guinéen n’aura d’invitation pour se rendre dans ce royaume pendant au moins 10 ans. Officiellement il va participer à la 12e édition du Salon International (en fait national) de l’Agriculture (SIAM) qui se tient du 18 au 23 Avril dans la ville de Meknès et où il était le seul chef d’état présent. En calculant cela fait 5 jours de vacances préalables à la rencontre et surement quelques supplémentaires à la fin puisqu’il n’assistera comme toujours qu’à la séance inaugurale.
  • Le 24, le boss reçoit à Conacris les grands présidents démon-crates Paul Kagamé du Rwanda et Idriss Débi Itno du Tchad pour des « consultations » et la présentation du rapport sur le projet de réforme des institutions de l’Union Africaine. Principal thème caché de leurs échanges : « comment modifier les constitutions sur tout le continent sans fâcher les donateurs et s’assurer ainsi de présidences à vie ». Notre PPAC profitera beaucoup de cet échange inédit avec ces 2 Usain Bolt en la matière. Franchement que penser d’une organisation d’union qui confie à 2 tricheurs confirmés et un qui y aspire sans plus se cacher, le soin de tracer les grandes lignes de ses reformes qualitatives vers plus de démocratie, de justice et de développement en Afrique ? Qui dans le monde de nos partenaires financiers internationaux peut prendre une telle initiative au sérieux ? Et après ils se plaignent de ne pas être respectés par les Big Brothers et les ONGs internationales alors qu’en fait ce sont encore plus leurs habitants conscients qui les méprisent (en cachette) pour leur mépris et insultes à leurs intelligences.
  • Le 25, pour calmer la jeunesse de la ville de Boké qui marche en colère dans les rues et casse tout sur son passage (bilan : 1 mort par balles, une quarantaine de blessés dont neuf par balles et des dégâts matériels à gogo) en raison avant tout de l’absence presque totale d’eau et d’électricité, le PPAC décrète sur le JT de la RTG une « zone économique spéciale dans la région administrative de Boké, dénommée ZES-Boké ». Sa solution immédiate pour régler cette absence totale de gouvernance dans ce nouvel eldorado chinois en Afrique. Ses envoyés spéciaux pour calmer les jeunes déchainés, des fils du terroir, ont échappé de justesse à un lynchage par intifada dans les rues de la ville. A noter que la région de Boké compte 14 sociétés minières qui pellent et emportent nos cailloux rouges à la vitesse grand V surtout vers les usines chinoises. En plus elles polluent les villes et villages d’un nuage de poussière rouge et écrasent tout passant devant leurs camions sans bâches dans les agglomérations.
  • Le 26, nouvelle ballade d’Etat pour Guinea Solar Impulse, cette fois-ci pour l’Arabie Saoudite puis pour la station balnéaire turque d’Antaria pour participer à une réunion internationale de ministres de l’agriculture – qui est fou ? C’est guinéen qui croit en coupure un jour des cordons ombilicaux.
  • Le 30, nous apprenons que selon l’édition 2017 de l’indice mondial de liberté économique publié par le think tank américain Heritage Foundation et le Wall Street Journal, notre pays fait de nouveau la une – par la queue. Nous sommes dans la catégorie «réprimant la liberté », à la 45e place sur 51 pays africains.
  • Le 30, le Président du Togo Faure Essozimna Gnassingbé débarque à Conakry pour une « visite de travail et d’amitié qui s’inscrit dans le cadre du renforcement des liens d’amitié et de fraternité existants entre la Guinée et le Togo » selon un communiqué du palais Satanya. Il vient surtout pour recopier les notes prises par notre PPAC car il était en retard à la récente formation en « 3e mandat garanti sans risque » offerte gratuitement par les Présidents Deby et Kagamé. Petit malin-va, on te voit venir de loin avec tes gros sabots pourris.
  • Pour : comme chaque mois, R.A.S…
  • Contre : pour le rapport-harakiri de la toute frêle ministre des finances sur l’audit de la dette publique de l’Etat, cette dette est presque entièrement (97%) concentrée sur la dette commerciale née des marchés de travaux publics, des fournitures et prestations de services (86% des titres traités et 48% en valeur) et la dette résultant d’obligations financières suite à des condamnations judiciaires de l’Etat (8% des titres traités et 34% en valeur). Les deux autres catégories de dettes les plus importantes sont les dettes relatives à des dépenses engagées par d’autres entités de l’Etat (SOTELGUI, BCRG, Communes, soit 1% des titres et 7% de valeur) et le contentieux constituant un risque d’endettement pour l’Etat (2% des titres et 6% en valeur). En termes clairs une diminution de près de 92% des montants initiaux avant audit ! Finalement la « caisse unique » du PPAC aura permis au moins une action positive : une meilleure évaluation de l’ampleur de la gabegie dans nos finances publiques. Concernant le plaidoyer pour Laurent Gbagbo, selon Jean-Paul Benoit, l’avocat français du Président Ouattara : « Cette demande des chefs d’Etat me semble inappropriée, car cela apparaîtrait comme une immixtion politique… Il est vrai que les procédures à la CPI sont longues, trop longues. Mais les trois magistrats qui jugent Laurent Gbagbo sont indépendants et n’ont que faire d’une prétendue solidarité socialiste de chefs d’Etat ». Et toc, pour nos rois-nègres ! Notre ministre de la justice a du penser : «  Ah, le bon vieux temps où j’y travaillais encore ». Concernant l’indice de liberté économique, cet indice mesure depuis 1995 celle-ci en se basant sur 12 indicateurs regroupés en quatre catégories : l’Etat de droit (protection de la propriété privée, niveau d’intégrité du gouvernement & lutte contre la corruption, efficacité du système judiciaire), la taille de l’Etat (dépenses du gouvernement, poids des taxes et des impôts, situation du système fiscal), l’efficacité réglementaire (liberté de faire des affaires, degré de libéralisation du travail, situation de la politique monétaire) et l’ouverture des marchés (liberté des échanges commerciaux, liberté d’investissement et dérégulation financière). Il classe les 180 pays étudiés cette année en cinq grandes catégories sur une échelle allant de 100 points (les plus libres) à 0 point (les moins libres). Notre classement « pays réprimant la liberté » correspond à un score entre 40 et 49. Un jeune compatriote a bien résumé notre situation : « Le peuple doit agir sans émotion pour alterner à l’alternance. Il a à faire le choix entre deux générations de cadres du pays. La première est celle qui est issue de la révolution qui est d’ailleurs dépassée et nationaliste très dangereuse, et celle de 1990 qui est libérale, égoïste et corrompue » (Habib Marouane Camara). Un choix cornélien mais finalement pitoyable pour les petits poissons de ce système mafieux.

Tic-tac, Tic-tac, la montre tourne; aujourd’hui est le 2321e jour de l’ancien « Guinea is back » et du nouveau « changement radical » – déjà 06 ans, 04 mois et 10 jours ! Aladji-Professeur-Président voici ma suggestion SMART (Spécifique, Mesurable, Atteignable, Réalisable et Temporellement définie) du mois pour améliorer un peu votre Sanseman : pardon, il faut cesser de nous ridiculiser partout sur la planète avec votre « coupure du cordon ombilical avec les colons » alors qu’en même temps vous chantez votre fierté (et la notre) de voir notre tricolore flotter pour quelques heures sur les Champs Elysées et demandez l’aide de la France pour nous aider à demander pitié au FMI pour une nouvelle rallonge financière qui ne sera jamais remboursée. En tout cas nous avons déjà fait le bilan de vos prouesses dans la mendicité chez votre frère François. La moisson n’est pas glorieuse : 09 micro-accords dans les domaines de l’énergie renouvelable (solaire et micro-barrages), agriculture et gestion des déchets avec comme seuls détails révélés les noms de ceux qui les ont signé. Pour les montants c’est motus et bouche cousue pour empêcher toutes les comparaisons entre nos petits millions d’euros grappillés et les milliards obtenus récemment par le Mali, la Côte d’Ivoire et le Burkina. Vos incohérences donnent aussi un bel exemple de la mentalité de la majorité de vos partisans inconscients : comment qualifier ceux qui applaudissent Satan Touré et vous pour vos Non à la France-Afrique mais qui vont ensuite cirer les pompes de ses maîtres à l’Elysée et qui ensuite insultent l’écrivain Tierno Monenembo pour avoir dit exactement la même chose mais qui en plus a mis ses actions en harmonie avec ses paroles en refusant ce banquet typique de la France-Afrique ? Moi je dirais de pauvres ethnos qui condamnent uniquement en fonction des noms de famille. Plus intellectuellement malhonnêtes vous seriez foudroyés-cadeau sur le champ, Walahi !

Hélas toute personne sensée ayant passé plus d’un mois d’affilée en Guinée sait au moins une chose de sûre : si le PPAC tente le forcing pour obtenir son 3e mandat, il aura hélas 80% de chances de l’obtenir dans le contexte actuel :

– Il y aura certes de nombreuses petites et moyennes protestations au début, surtout sur les émissions radio à succès (GG et Lynx-FM principalement), de personnes qui pourtant espèrent faire de même lorsqu’ils lui succéderont. Pour les grandes marches en ville avec mort assurée de jeunes, ce sera de plus en plus difficile de mobiliser des foules maintenant.

– Pour une grande partie des autres Guinéens, “le petit peuple à bout de souffle” ce sera surtout une garantie de grandes mamayas immédiatement et bien récompensées financièrement.

– Avez-vous vu ses accueils royaux récents par les populations à Kindia, Nzérékoré, Boké, Kankan et bientôt dans toutes les préfectures du Fouta où il est toujours précédé de ressortissants du coin qui ne parlent que de ce sujet ? Puis le lendemain de son départ les mêmes pleurent, grèvent et cassent tout sur leur passage pour manque total d’eau et électricité dans leurs maisons, de nourriture, de soins de santé et d’écoles dignes de ce nom ? C’est incroyable ce que l’’on peut obtenir d’un opportuniste ou d’un miséreux avec des gadgets ridicules (des T-shirts et des casquettes avec effigie », un sac de riz et une petite enveloppe proportionnelle à l’importance du grignoteur.

Si le holà ne lui est pas mis par la CEDEAO et les Big Brothers, s’il a la capacité physique et la volonté d’y aller, ça passera NET malgré nos jérémiades sur le net. Après tout il nous a prévenu qu’il ne lit pas l’internet, la presse et ne regarde pas la télé ! Comme dit par mon grand frère S. N. Bokoum « Vous avez compris, le troisième mandat c’est le retour à l’authenticité. Déjà Alpha empereur des mines, il suffit d’un pas en moins pour être Empereur. Tout court. ». Ah doyen, tu vois tout du haut de ta retraite spirituelle magique, Walahi !

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About A.O.T. Diallo

Un quinqua hédoniste qui plane sur le Web...
This entry was posted in 2013. Bookmark the permalink.

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