Une Nouvelle Voie (Mai 2017) : distribution des prix 2017 du Sanseman – les petits budgets de fonctionnement sous la table

Bienvenue à mon bilan du 17e mois de la Condécratie version 2.0. Je continue mon exploration mensuelle des méandres des décisions importantes pour la Nation prises par nos nouveaux chefs en proposant des pistes de réflexions et d’actions qui pourraient être envisagées pour que le « vrai changement » soit effectif.

  1. Echantillon de paroles et pensées présidentielles du mois:
  • «Pour ma part, je reste convaincu que malgré les efforts à fournir encore, les difficultés et incidents de parcours parfois pour accéder à une presse libre, responsable et citoyenne partout dans le monde, en Guinée la Presse est libre. Elle est plus libre aujourd’hui qu’hier et le sera davantage demain si elle ne cède rien de son indépendance et de ses droits, mais ne se dérobe pas non plus à ses devoirs, notamment celui de concilier le pouvoir qui lui est reconnu avec l’exigence de responsabilité, de citoyenneté et de patriotisme… Pour moi qui ai consacré ma vie au combat pour la liberté et la démocratie ici et ailleurs dans le monde, je me réjouis que personne sous ma présidence ne soit poursuivi pour délit d’opinion, qu’aucun journaliste ne se retrouve en prison pour avoir fait son travail comme par le passé. Les rares violences faites encore aux journalistes ne sont pas le fait de l’Etat et des pouvoirs publics. (le 03, lors de la journée nationale de la presse)
  • « La moitié des diplômes en Guinée sont des faux et sont faits en complicité avec les enseignants, il faut le dire. J’ai découvert aussi qu’on peut avoir le bac en Guinée avec une moyenne de 07 (sur 20). Ça n’existe nulle part. Ce qui favorise toutes sortes de trafics. Un élève qui a 10 de moyenne, on met 15, quand il a 07 au bac, il a la moyenne… Ça ne sert à rien de dire qu’on est licencié quand on ne peut pas faire une phrase sans aucune faute. Puisque nous sommes un pays minier et énergétique nous pouvons former beaucoup de gens dans le domaine des mines et de l’énergie parce qu’on va commencer à construire des barrages. Si vous ne formez que des gens en lettres et en droit comment voulez-vous qu’ils aient du travail ? Il faut que la formation corresponde aux besoins du marché. Aujourd’hui nous sommes en train d’exploiter nos mines et de construire des barrages. Donc nous avons besoin d’ingénieurs des mines et au niveau de l’énergie. Ça ne sert à rien d’avoir un master quand ça ne correspond même pas au bac dans les autres pays » (le 05, en recevant des élèves ayant participé à la première édition du sport en milieu universitaire et scolaire ».
  • « Notre vision est de faire de la Guinée un pays émergent à travers une croissance économique accélérée, diversifiée et inclusive. Pour ce faire nous avons réformé le cadre macroéconomique et assaini la gestion des finances publiques, des progrès notables ont été réalisés dans la réforme des forces de défense et de sécurité pour créer un environnement favorable pour les investisseurs… Nous souhaitons que tous ceux qui exploitent la bauxite en Guinée, à partir d’un certain tonnage construisent une usine d’alumine. On ne peut pas accepter que nous soyons seulement fournisseurs de bauxite sans avoir de plus-value … Nous ne pouvons pas accepter que des gens prennent des engagements qu’ils ne respectent pas, en Guinée n’avons pas de partenariat privilégié » (le 09, à l’ouverture des travaux de la 5ème édition du symposium Mines de Guinée).
  • « Tout le monde dit que nous sommes le deuxième réservoir mondial de bauxite, nous avons du fer pour plus de 60 ans d’exploitation, nous avons l’or et le diamant qui sont déjà exploités. Le développement de la Guinée se fera dans l’agro-industrie car nous ne sommes pas maîtres. Les prix sont fixés à Londres ou à Ottawa. C’est pourquoi nous avons fait de l’agro-industrie la priorité pour le développement de la Guinée. La deuxième priorité c’est l’énergie. La Guinée est le château d’eau de l’Afrique. Nous avons plus de 6.000 MW de possibilité.., Mais tout cela est basé sur l’enseignement et la santé » (le 23, devant un parterre d’hommes d’affaires égyptiens).
  • « Les imams doivent aussi contribuer à l’amélioration des conditions de vie de nos femmes. Il y a trop de mariages pré Il y des jeunes qui filles se marient avant l’âge de la puberté. Ça les empêche non seulement d’étudier mais aussi ça les déforme. La Guinée est très en retard dans ce domaine. L’excision aussi nous sommes très en retard. Donc monsieur le secrétaire général quand vous dites que la religion musulmane se porte bien en Guinée, je ne suis pas sûr que vous ayez raison. Ayons le courage de nous regarder en face, reconnaitre nos torts. C’est quand nous voyons nos tares que nous pouvons les corriger. Alors donnons-nous la main pour lutter contre ces tares qui gangrènent aujourd’hui la religion musulmane en Guinée» (le 31, lors du lancement d’un concours de lecture du Coran).
  • Pour : je suis toujours sidéré par la capacité du boss à décrire chaque fois avec précision la pourriture de son système de gouvernance (et des précédents) mais qu’ensuite il ne fasse rien de concret et visible pour mettre fin à ces dysfonctionnements. Un vrai cas d’école dont nous parleront encore pendant des décennies après son départ du pouvoir.
  • Contre : j’imagine les sentiments ressentis par nos journalistes comme certains patrons de radios locales de Conakry, Kankan et les dizaines de reporteurs bastonnés fréquemment par les miliciens d’Etat quand ils veulent filmer une manifestation dans les rues ou la réunion hebdomadaire des RPCistes. Le pire c’est que le boss les regardait droit dans les yeux en lisant ce discours, sans aucun gène – sacré politicien communiste. Il pourrait même nous dire que ses opposants sont des blancs aux cheveux blonds et aux yeux bleus et son audience continuerait à applaudir – sacrés Conakrykas. C’est un peu comme Trump aux USA avec ses rednecks semi-lettrés qui jurent sur la bible que toutes ses inepties sont des vérités. Pour le discours du Caire devant les businessmen égyptiens, ils ont certainement bien rigolé en comparant son bla-bla habituel avec les informations préalables reçues de leur ambassade en Guinée.
  1. Les décisions et actions « positives » du mois :
  • Le 08, nous apprenons que le gouvernement guinéen, en collaboration avec les autorités françaises, vient d’expédier plus de 150 tonnes de déchets toxiques vers la France pour destruction. Selon l’agence de presse officielle chinoise (Xinhua) « Ces produits étaient stockés dans les locaux du port autonome de Conakry depuis plusieurs années. Ces déchets liquides, pour l’essentiel des boues rouges, qui constituaient une véritable menace pour la santé et pour l’environnement seront acheminés dans des conditions sanitaires de haut niveau. En France ils seront conditionnés, traités et détruits. Les déchets de cette nature comprenant des métaux lourds, de l’arsenic et de la soude caustique, sont très toxiques pour les humains et les animaux. Ces substances dangereuses seraient issues de la transformation d’alumine dans l’usine Friguia à Fria ». Je me demande qui a eu cette brillante idée de « Pardon patron, au secours ! ».
  • Le 08, notre PPAC se joint à l’ensemble de ses pairs mondiaux pour féliciter son « frère et ami de 30 ans » Emmanuel Macron. Le service de presse de l’Élysée a dû supprimer certains mots dans la lettre (comme FEANF, panafricanisme, Lébola) pour que ce dernier puisse déchiffrer le message.
  • Le 26, le ministre du budget nous annonce que les perspectives de croissance économique réelle sont rehaussées des 5% prévues à 6,7% pour 2017. Ceci est « confirmé » diplomatiquement par le chef de la mission du FMI (Mme Albertin) : « Après le ralentissement enregistré en raison de l’épidémie de fièvre a virus Ebola l’activité économique a rebondi en 2016, avec un taux de croissance réelle du PIB estimée à 6.6 pourcent, grâce notamment à une production minière en augmentation du fait du démarrage des nouveaux projets, un accroissement de la production agricole et de la production d’électricité. (Néanmoins) l’inflation moyenne est restée modérée à 8,2 pour cent en 2016 ». En mots couverts cela veut dire que malgré tout, le pauvre Guinéen sera toujours un peu plus pauvre chaque jour. Pas mal pour un pays où tout le monde s’accorde à reconnaître un blocage économique récemment accentué et l’absence actuelle d’investisseurs sérieux et crédibles dans le pays. Ne dit-on pas que plus le mensonge est gros, plus il a des chances de passer ?
  • Pour : merci au FMI pour son appréciation et ses éloges – de loin – des progrès insolents du Sanseman. Néanmoins j’aimerais bien voir le rapport interne confidentiel de fin de mission.
  • Contre : je me demande comment nos petits dictateurs tropicaux pourront discuter avec les jeunes leaders du XXIe siècle comme Trudeau et Macron lors des rencontres individuelles et sommets de l’UA où 80% des membres sont soit séniles soit grabataires et bourrés de stimulants physiques et mentaux. De quoi vont-ils bien pouvoir parler en dehors des prises en charges médicales chez eux ? Vous imaginez les fous-rires lorsqu’ils leur parleront de « couper le cordon ombilical » ? Eux n’ont pas reçu la formation hypocrite des Tonton Mitterrand, Chirac ou Hollande.
  1. Les décisions et actions « négatives » du mois :
  • Le 08, en conférence de presse le collectif des avocats en charge de Toumba Diakité a annoncé la suspension de son assistance à leur client dans le dossier sur le massacre du 28 septembre. Les avocats résument le motif de leur décision par « Le manque de volonté politique et le manque de courage des magistrats. Nous pensons que le moment est venu d’attirer l’attention des communautés nationale et internationale sur la discrimination dont notre client est victime ainsi que la violation de ses droits les plus élémentaires…La raison d’être d’un avocat dans ce dossier c’est de faire évoluer la procédure. En l’état actuel, la procédure n’avance pas. Et puisqu’elle n’avance pas nous n’avons pas notre raison d’être. Il faut éviter d’être là pour cautionner une parodie de justice ». Ca va chauffer – hélas pour Toumba seulement.
  • Le 09, le ministre de la jeunesse annonce dans un communiqué le lancement du processus de création du conseil national des jeunes de Guinée (CNJG) qui se veut « Un cadre d’échange, de concertation et d’action en vue de la participation responsable des jeunes au développement de leur pays ». Quand on pense qu’il est considéré comme le porte-drapeau de la jeune génération de cadres qui assurera la relève des vieux incompétents et malhonnêtes qui pourrissent  le système de gouvernance des 60 dernières années ! La démagogie negro-communiste de Satan Touré est devenue génétique chez nous-pays.
  • Le 09, le PPAC décrète la création de l’agence guinéenne de l’électrification rurale (AGER). La société de gestion de l’électricité urbaine est pratiquement inexistante depuis plus de 6 mois, sans aucune solution mais il rajoute quand même une nouvelle structure pour le milieu rural où même les infrastructures de base n’existent pas encore. Son péché mignon habituel de croire tromper la masse avec de l’espoir bidon. C’est devenu tellement répétitif chez papy-promesses que cela ne dit plus rien à personne.
  • Le 12, le ministre de l’unité nationale et de la citoyenneté déclare lors d’une conférence devant les élèves d’un lycée de la capitale : « Le message que j’ai à lancer c’est le message de responsabilité, il faut qu’on appelle dans notre pays un chat, un chat. Nous sommes à un stade où ça fait 60 années de lâcheté, 60 années de déni de réalité, 60 années de mensonge, 60 années de démagogie, 60 années de clientélisme, 60 années de communautarisme, 60 années de faux fuyant, 60 années de paresse intellectuelle, 60 années de dénigrement, 60 années de piège ». Après cela il est remonté avec ses gardes de corps dans son char 4×4 climatisé pour ensuite possiblement aller rejoindre ses potes du gouvernement dans un des restaurants huppés de la capitale. Quelle belle leçon de franchise venant d’un type qui nage pourtant dans ce système si bien décrit par lui-même depuis 7 années maintenant. Et les pauvres élèves et maîtres ont approuvé comme des moutons le jour de la fête de Tabaski.
  • Le 20, notre boss s’envole pour le sommet arabo-islamique-américain de Ryad en Arabie Saoudite qui aura lieu le lendemain. Quand notre PPAC rencontre Donald Trump – le monde ne sera plus jamais pareil !
  • Le 23, ensuite une petite virée en Egypte sans doute pour visiter les pyramides – ça manquait dans son album de photos présidentielles.
  • Le 25, pendant qu’il se ballade très loin de nous il trouve quand même une manière bien « guinéenne » pour fermer la bouche aux gueulards de plus en plus nombreux de la préfecture de Boké : en lieu et place de leur fournir l’eau courante et l’électricité journalière exigées il a envoyé une délégation gouvernementale pour annoncer le don de soixante-dix (70) camions neufs aux principaux responsables et « sages » locaux. Comme des sucettes bien sucrées pour des bambins en colère. Depuis c’est le calme assuré – pour quelques semaines de plus.
  • Le 26, une virée expresse à la réunion de G7 en Sicile en tant que Président de l’UA, pas de la Guinée bien sur. C’était surtout pour prendre une photo de famille avec Donald Duck où il est le plus proche de ses pairs africains à ses cotés en « costard Mao Tse Toung » préhistorique. Et il nous fait des grands saluts de la main, le seul sur la prise de vue, comme pour nous dire « Vous avez vu parents, je suis là, Walahi ! ». Enfin la photo centrale de sa galerie de portraits personnels à voir obligatoirement en visitant le palais Satanya. Il y a aussi celle où il est fièrement aux cotés de sa sœur Mélania Trump qui est à mourir de rire.
  • Le 28, la croisade de notre pèlerin impénitent le mène ensuite à Khartoum pour 2 jours afin d’y apprendre comment dribbler efficacement la justice internationale. Comme si bien justifié sur sa page Facebook «Je suis arrivé à Khartoum sur invitation du président Hassan Omar El Béchir… L’unité africaine n’a pas de prix ».
  • Le 29, le boss nous envoie un message de soutien de Khartoum. Il nous fait dire par un de ses haut-parleurs de service au palais Satanya : « Le Président de la République est un homme très préoccupé par la grève des banquiers. Il suit avec beaucoup d’attention la situation dans le pays. Il a fait un appel fort aux syndicats et patrons de banques pour une sortie heureuse de la crise ». Dieu merci, il pense quand même un peu à nous pendant ses longues absences injustifiées. La dernière phrase du message a du être effacée par son service de presse : «  Et maintenant fichez-moi la paix jusqu’à mon retour, Yandi ! ».
  • Le 30, un fait divers presque hebdomadaire en Guinée raconté par les journalistes de deux sites web (Guineematin.com et AfricaGuinee.com) : « Le bandit aurait sorti une arme blanche et intimé le conducteur de moto taxi de descendre de la moto. C’est en ce moment qu’une bagarre s’en est suivie entre les deux hommes. Et, lorsque le bandit a compris que la foule venait au secours du propriétaire de la moto, il a pris la fuite pour se refugier dans la cour de l’université UNIC. Mais, les étudiants lui ont barré la route. Et, c’est en ce moment que la foule s’est mise sur lui et l’a brûlé vif. A rappeler que plusieurs guinéens de Conakry et de l’intérieur du pays ne croient plus à la justice. Ils préfèrent se rendre justice dès qu’ils prennent un malfaiteur à cause de la corruption des agents de la sécurité et de la justice ; et surtout, le risque que certains malfaiteurs, qui ne durent pas en détention, reviennent se venger… Ensuite une bataille sans merci a éclaté entre forces de l’ordre et jeunes badauds mobilisés en grand nombre alors qu’une équipe des pompiers évacuait le corps du jeune accusé du vol de moto. On ne connait pas le bilan, mais les échauffourées ont été violentes. Retranchés dans le quartier les jeunes lançaient des projectiles sur les forces de l’ordre qui répliquaient par des tirs de gaz lacrymogènes… Le lendemain, les amis d’A dama Oularé (la victime), très connu et qui habitait le quartier Kinifi (en haute banlieue de Conakry) ont décidé de se faire justice en s’attaquant aux taxis-motards. Ces derniers sont pourchassés dans les ruelles du quartier durant toute la matinée. Des motos sont calcinées et des barricades érigées, perturbant sérieusement la circulation. Selon un des amis de la victime d’hier, monsieur Oularé était tout sauf un malfrat. Ils l’ont tué à tort. Notre ami venait juste de finir les études. Ce conducteur de taxi-moto qui a occasionné tout ça lui devait de l’argent. C’est quand il l’a aperçu qu’il est venu saisir sa moto et la bagarre a commencé. Ce dernier a appelé au secours et ses amis sont venus l’abattre. Voyant la furie des taxis motards, il a voulu fuir. Mais, ils ont eu raison de lui ». Tout ceci en plein mois de ramadan ! Une journée « normale » à Conakry – un nouvel exemple des niveaux de déliquescence sociale et de sauvagerie atteints dans nos zones urbaines et rurales.
  • Le 30, malgré tout ce qui se passe « chez lui » le boss atterrit néanmoins à Bobo Dioulasso au Burkina pour une visite privée. Eh Allah, comment allons-nous faire pour attacher ses ailes folles en Guinée ?
  • Pour : comme chaque mois, R.A.S…
  • Contre : concernant le cas de démission des avocats de Toumba, leur décision fait suite au rejet par le tribunal de toutes leurs requêtes. Par ailleurs, ils ont indiqué que certaines de ces requêtes n’ont même pas été examinées, dont la demande d’audition du PPAC comme témoin au départ. « Ce dossier ne peut pas être traité en l’absence du chef de l’Etat. Alpha Condé ne peut opposer une quelconque immunité dans cette affaire parce que nous sommes en matière de crimes, de génocide… nous souhaitons qu’il soit inculpé ». La situation se corse et sa solution semble de plus en plus s’éloigner à l’horizon. On peut légitimement craindre que ce procès n’ait lieu qu’après le départ du boss du palais, à moins que les Big Brothers ne mettent le feu sous sa carapace de tortue préhistorique. La nouvelle génération de leaders comme Macron et Trudeau et les derniers vieux bandits comme Trump n’hésiteront pas longtemps, au moins diplomatiquement, j’en suis sur.

 

Tic-tac, Tic-tac, la montre tourne; aujourd’hui est le 2352e jour de l’ancien « Guinea is back » et du nouveau « changement radical » – déjà 06 ans, 05 mois et 10 jours ! Aladji-Professeur-Président voici ma suggestion SMART (Spécifique, Mesurable, Atteignable, Réalisable et Temporellement définie) du mois pour améliorer un peu votre Sanseman : boss il faut cesser vos tentatives d’acheter tous les politiciens du pays, même vos plus farouches opposants. C’est bien joué sur le plan de l’enfarinage politique mais c’est mauvais pour nous les gens d’en bas, les LVG (Les Vrais Gens) de Radio Espace. Vous savez pertinemment que refuser une valisette de milliards de GNF est pratiquement impossible, surtout chez nous où c’est plutôt des signes de grande réussite, d’intelligence et de fierté, mais pour nous la certitude que vos successeurs ne seront jamais différents de vous une fois à la mangeoire nationale. J’ai aussi une petite réflexion à partager avec ceux qui applaudissent « ces coups de maitre » de leurs champions : je trouve que soutenir son leader politique en public est tout a fait logique et une bonne chose mais ne pas pouvoir reconnaître une erreur évidente de transparence de sa part n’aide ni lui, ni l’avenir de son parti. Sans cela cette erreur se répétera encore, même quand il sera au sommet de l’Etat. Je me demande sincèrement pourquoi leurs inconditionnels aveuglés, y compris les intellectuels conscients de notre diaspora, se battent à coups de plumes pour défendre ces pratiques. Ce n’est pas les montants qui posent problème, c’est les processus de l’obtention et de la divulgation en cachette, y compris de la majorité des cadres de son propre parti. Mettons-nous un peu à leur place – bien qu’ils auraient tous fait pareil…Quelle tristesse d’entendre les justifications du genre « Pourquoi pas, les autres d’en face font pire que cela » ! Quand ces budgets n’ont  jamais été discutés et adoptés au parlement et qu’ils sont offerts au pifomètre, sans fiche de budget avec des allocations par lignes de dépenses connues par tous ses pairs, c’est en fait l’équivalent de cadeaux financiers. A la limite je peux comprendre ce soutien aveugle des partisans qui n’ont jamais connu un autre système de gouvernance que celui en vigueur au pays. Mais pour nous de la diaspora qui savons la gravité potentielle de ce type de comportements, ne pas les dénoncer, au moins en interne dans l’opposition réunie, est une faute grave. Pas uniquement dans les « comités-directeurs, conseils politiques, centraux et autres » où les idées contraires sont synonymes d’expulsion à court ou à moyen terme. Certes ici les torts sont partagés entre ceux qui détournent pour corrompre et ceux qui acceptent en coulisse – en droit, les receleurs sont toujours trimbalés en justice avec le voleur.

Eh Allah, nous foutus pour hier, aujourd’hui, demain, et même après-demain, Walahi !

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About A.O.T. Diallo

Un quinqua hédoniste qui plane sur le Web...
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