Une Nouvelle Voie (Février 2018) : chez nous on vote, on triche, on se botte et on brûle des nourrissons comme « des sauterelles grillées » !

Bienvenue à mon bilan du 26e mois de la Condécratie version 2.0. Je continue mon exploration mensuelle des méandres des décisions importantes pour la Nation prises par nos nouveaux chefs en proposant des pistes de réflexions et d’actions qui pourraient être envisagées pour que le « vrai changement » soit effectif.

  1. Echantillon de paroles et pensées présidentielles du mois:
  • « Cette année nous avons 100.000 tonnes d’engrais. Aucun pays africain n’a atteint cela, la Guinée l’atteint aujourd’hui…. D’’ici juin toutes les sous-préfectures du pays vont être dotées d’écrans géants pour que les jeunes aillent sur internet, suivent les films, les matchs et la télévision guinéenne… (parlant de ses opposants politiques) Ils viennent vous dire qu’ils vont développer la Guinée. Mais nous allons leur répondre dès maintenant. Parce qu’on dit que plus un singe monte haut plus on voit son derrière» (le 31 janvier lors d’un meeting électoral à Nzérékoré).
  • « En 1993 tout le monde sait que j’ai remporté la présidentielle mais j’ai laissé Conté garder le pouvoir parce que je ne voulais pas qu’on tue des gens pour que je vienne au pouvoir. J’ai été opposant pendant 45 ans, aucun politicien en Afrique ne l’a fait. Pourquoi ? Parce que quand quelqu’un n’aime pas un pays il fera tout pour l’empêcher d’aller de l’avant » (le 19, lors des obsèques d’un gendarme tué par « pierre perdue » lors d’une manifestation de jeunes pendant la grève des enseignants).
  • Pour : sincèrement BRAVO au PPAC : il a passé tout le mois de février sans voyager et sans nous imposer tous les matins ses discours insipides et répétitifs. Depuis qu’il n’est plus le chef du village Afrique tous ses potes du syndicat U.A. ont du se dire « Enfin il va nous ficher la paix, même plus besoin de l’inviter – vive l’arrivée de ce nouveau chef qui n’est pas un bavard. Ouste à ce donneur de leçons en coupures de cordon ombilical non financier alors que c’est lui seul qui fait semblant de vouloir ça ». Mais bon Dieu où avez-vous un chef qui arrive en fin de mandat et qui accepte ensuite le lendemain un poste de 4e secrétaire du nouveau boss ? En fait il semblerait que tous ses « malheurs » suite à sa mise au garage africain en janvier dernier l’auraient plongé dans une dépression majeure. Donc depuis il boude tout le monde, même son public local docile et résigné. En plus les invitations à décoller/atterrir se font de plus en plus rare, même de Pékin, Paris, Rabat, et de Dubaï. Yako papy-promesse mais pardon, il faut comprendre et accepter, votre temps est passé, maintenant c’est le temps de vos enfants et petits-enfants qui sont au pouvoir partout dans le monde en ce XXIe siècle – sauf dans votre club fermé de l’U.A. malheureusement.
  • Contre : sacré boss, il va présenter ses condoléances à une famille en deuil suite à l’assassinat de leur fils par ses hommes de main et au lieu de verser les larmes bruyantes traditionnelles de rigueur il leur parle de sa gloire politique et de l’inconscience de tous ceux qui ne le vénèrent pas. J’imagine ce qui devait se passer dans la tète des parents de cette pauvre victime innocente. Mais comme c’est la Guinée ils le remercieront plutôt et le béniront pour avoir pu trouver 10 minutes pour venir fouler le sol de leur maison. C’est aussi ça, les « Gens d’en bas » dans notre anti-gouvernance endémique.
  1. Les décisions et actions « positives » du mois :
  • Le 04, le vote pour les élections communales tant attendues et rejetées depuis 2010 se tiennent effectivement le jour prévu sans décompte de morts et de blessés par balles perdues. Malgré les flops chroniques inévitables de toute élection en Afrique anti-démocratique tels les votes par fausses procurations, les essais de bourrage des urnes, la destruction violente d’urnes suspectes de bourrage, les disparitions de P.V. entre les bureaux et les lieux de centralisation et ensuite le casse-la-gueule généralisé autour de certains bureaux de dépouillement il faut dire que ce J1 mérite la note « pas mal mais peut mieux faire ».
  • Le 19, le gouvernement lance enfin un appel solennel pour qu’il soit mis un terme négocié et pacifique au débrayage total dans les écoles primaires et secondaires. Il aura fallu attendre 2 semaines, 3 morts, des dizaines de blessés et des dégâts matériels importants pour qu’enfin le boss se rende compte qu’il y avait « de petits troubles sociaux » en ville – mais mieux vaut tard que jamais.
  • Le 27, le boss accepte de descendre de son nuage pour demander à rencontrer le chef du syndicat des enseignants – celui que lui-même et ses ministres traitaient les semaines précédentes de gréviste rebelle, surexcité, perturbateur, inconscient et j’en passe. Ce nouveau « Gorkho Sousay » (l’homme ose) a eu l’intelligence de venir avec son état-major au grand complet (55 membres) pour bien indiquer au malin boulanger qu’il n’était pas venu pour ses habituels conciliabules louches, nocturnes, toujours à deux sans témoins et arrosés au finish de valises d’argent et autre cadeaux d’achats de conscience – comme avec tous nos politiciens du pouvoir et de l’opposition. Pendant 2 heures le type a déballé tout ce que le corps enseignant avait sur le cœur et répété les conditions sine-qua-non pour la reprise des cours dans les écoles publiques et privées. Le boss hébété, comme assis K.O a écouté en silence, avec tous ses ministres présents, comme des bons élèves impressionnés par leur Professeur Soumah.
  • Pour: sincèrement cette CENI new-look dirigée par Maitre Kébé a réussi quand même à prouver que son précédent chef (Bakary Fofana) aurait dû être viré manu-militari depuis ses premières magouilles lors des législatives de 2013. Maintenant le jugement final de cette CENI sera fait réellement à la fin de tout le processus et ça personne ne sait plus aujourd’hui quand cela aura lieu. Pour la rencontre avec les syndicalistes le boss nous a tous étonné, lui qui a pourtant l’habitude d’intimider et en même temps de clouer le bec à tous ses interlocuteurs – un autre signe de la déprime ambiante dans son palais.
  • Contre : A la fin du discours-sermon il a eu le culot de se lever de son trône pour aller lui serrer la main et lui servir du « Désormais tu es mon fils Soumah, je ne savais pas. Ils sont venus mentir sur toi. C’est depuis trois jours que j’ai su la vérité» devant tous ses collègues ébahis par tant d’hypocrisie et de mensonges éhontés. Puis il les a invité à diner avec lui – mais chiche comme d’hab. il a demandé à Soumah de choisir 8 membres de sa délégation pour cela. Pas assez de couverts plaqués or et de vins millésimés sans doute.
  1. Les décisions et actions « négatives » du mois :
  • Le 01, l’organisation des Nations unies chargée des migrations (OIM) qui comprend 169 pays membres a publié la liste des principaux pays d’origine de migrants transitant par l’Afrique du Nord vers l’Italie. Selon ces chiffres le Nigeria arrive en tête avec 37.551 migrants suivi de la Gambie avec 21.929 migrants et de la Guinée avec 13.342 migrants. Il est clair que cet indicateur n’a pas été utilisé par le boss et ses ministres lors de leur campagne dans chaque préfecture pour les communales. En tout cas il décrit bien la réussite du pilote unique enfermé à double tour dans la cabine de pilotage du Sanseman depuis plus de 7 ans.
  • Le 05, on décompte un 1e mort lors du 2e jour du dépouillement des élections communales dans la préfecture de Kindia. Un jeune homme est pris en sandwich lors d’affrontements entre les miliciens armés et les partisans de l’opposition. On sait pour sur qu’il y a eu des tirs nourris de gaz lacrymogène sur les jeunes et ensuite les versions diffèrent complètement, entre bastonnade à mort et écrasement accidentel par la foule hystérique. La seule chose de sûre c’est que le sang a de nouveau coulé inutilement et qu’un gosse a été enterré injustement le lendemain du vote du 04 février 2018.
  • Le 06, le comble de l’horreur et du dégoût de la politique nationale est annoncé par le ministre chargé de l’administration au journal télévisé de 20h : «Il faut déplorer la mort de cinq nourrissons dans un incendie provoqué par des agitateurs politiques à Kalinko, dans la préfecture de Dinguiraye (environ 500 km de Conakry). Des manifestants sont allés asperger d’essence des habitations et cinq nourrissons ont péri dans les maisons et cases en feu, grillés comme des sauterelles » (les propres mots du ministre). Après vérification sur le terrain il y a eu en fait deux adolescents et deux nourrissons tués dans ce drame, comme quoi soit ce ministre est en plus un affabulateur pernicieux soit il ne sait même pas ce qui se passe dans les préfectures sous sa responsabilité. La honte et la désapprobation nationale retombent en 1e lieu sur le PPAC puis sur son équipe gouvernementale et  sa CENI qui sont chargés d’organiser la tenue d’élections nationales libres et sans triches, seul garantes de la paix sociale après tout vote populaire. Mais en plus tous les grands partis politiques du pays, y compris ceux de l’opposition devraient aussi baisser la tête car certains de leurs militants se comportent aussi comme des sauvages et qui cassent, pillent et blessent des innocents qui passent dans leurs quartiers sans même savoir vraiment pourquoi. A écouter les nombreux politiciens et seconds-couteaux chauffer leurs soldats de rue lors de certaines de leurs prises de parole publique on comprend qu’ils seraient prêts à piétiner de nombreuses personnes, sauf leurs proches, pour arriver à la mangeoire nationale. Le bilan final du casse-la gueule national pour ces communales est de 8 morts et des dizaines de blessés graves entre les préfectures de Dinguiraye, Kindia et Mamou.
  • Le 06, selon le site d’informations Guinee7.com un jeune homme nommé Mamadou Diakhoine Diallo qui était étudiant en licence 2 à l’université Gamal Abdel Nasser de Conakry a reçu deux balles la veille vers 23 heures au quartier Carrière dans la commune de Matam. Transporté d’urgence à l’hôpital la victime a succombé à ses blessures. L’escadron mobile de la gendarmerie « numéro 3 » de Matam est pointé du doigt par la famille. Inutile de dire que la journée suivante a été tout feu – tout flamme dans le quartier avec des jeunes déchainés et haineux cherchant à se venger sur tous ceux qui passent devant chez eux, gentils comme méchants sans aucune distinction.
  • Le 08, les résultats d’une enquête investigatrice de qualité par le site Guinéenews révèle les détails sur comment le pouvoir a encore une fois réussi à foutre la pagaille dans une activité électorale pourtant partie sous les meilleurs auspices. Voici un résumé : « Le jour du scrutin, d’après nos investigations une banale histoire de vote par procuration est venue tout remettre en cause entre 11 heures et 16 heures (TU). Qu’est-ce qui s’est passé ce jour-là de 11h à 16h ? Y a-t-il eu réellement de fraude à grande échelle, comme le clament Cellou Dalein Diallo et Sidya Touré ? Si oui, sur quoi se fondent-ils pour parler de bourrage des urnes ? Selon une première source, la préparation de ces élections locales avait pourtant bien démarré en ce sens que la méthode du nouveau président de la CENI rassurait tous les acteurs… Mais un gros souci : toutes les étapes du processus électoral étaient maitrisées sauf le vote par procuration. Tout un mystère. Ce problème posé, la CENI est accusée d’avoir montré une certaine nonchalance. Jusqu’au samedi 3 février 2018 à 15h (TU), donc la veille du scrutin, le vote par procuration était sur la table mais sans solution. Face à la lenteur de la CENI de trancher la question les délégués politiques ont décidé de bouder les activités pour aller dénoncer l’institution électorale. Tout le monde a plié bagages. C’est la panique. Quand ils se sont rendu compte que les interlocuteurs ne badinaient pas ils les ont aussitôt rappelés et demandé la constitution d’une délégation mixte qui ira poser le problème au président de la CENI…  Pour sauver la face il a été décidé donc de rédiger un communiqué limitant les procurations à cinq par bureau de vote. Le document a été signé par toutes les parties en lice. Curieusement, il était 16h ce samedi 3 février 2018. Un deuxième souci se pose encore : comment faire passer cette directive à la veille du vote ? Décision a donc été prise d’en informer tous les démembrements de la CENI qui détiennent les formulaires de procuration. Le jour du scrutin, contrairement aux précédents, le vote a bien démarré avec moins de problème. Jusqu’à 11h quand le vote par procuration est entré en jeu. Ce problème a été signalé à Conakry, à Manéah, en Haute Guinée et en Guinée Forestière. Selon une source crédible à Siguiri et à Mandiana par exemple, c’est un ancien vice-président de la CENI et son successeur qui auraient été mis en cause. Vers 16h, le vote par procuration s’était calmé. Mais trop tard puisque entre 11h et 16h le jeu était fait… Alerté, un parti de l’opposition fait un test dans une des communes de Conakry pour voir si les chefs de quartier se livrent effectivement à la fraude. Il a délégué certains de ses militants chez un chef de quartier de Dixinn. Le topo c’est de se faire passer pour des militants du RPG. Dès leur arrivée le chef de quartier a mordu à l’hameçon en sortant les carnets de procuration. La mèche est vendue. Cependant ils ont réussi à saisir deux carnets de 2 500 procurations sur le chef de quartier de Bellevue- école contre sept caisses saisies sur le chef de quartier de Hafia Château. Déjà un signal. Et ce n’est pas tout. Comme l’ennemi vient souvent de l’intérieur selon l’adage une source proche du pouvoir aurait conseillé à un chef de l’opposition de veiller sur les chefs de quartier mais sans en dire plus ». Et voila, hélas on est toujours déçu par les tricheurs ou voleurs politiques car il sont incorrigibles, c’est comme des abeilles devant un pot de miel.
  • Le 08, suite au conseil des ministres présidé par le PPAC himself un de ses ministres nous livre à la TV le traditionnel compte-rendu officiel. Pas un mot sur la pagaille postélectorale ni sur le « grillage des sauterelles » dans le pays profond. Les barons du sanseman s’en foutent sûrement.
  • Le 09, les résultats de ces élections commencent à être lâchés au compte-goutte par la CENI qui espère ainsi mieux cacher les fraudes et contenir les contestations selon le principe que dès qu’un résultat est publié officiellement chez nous pour rien au monde il ne sera plus possible de le modifier. Bref un très mauvais calcul pour éviter les bagarres et les balles perdues jusqu’à la présentation des résultats finaux pour les 342 communes urbaines et rurales. Au moins si elle pouvait publier tous les chiffres manuscrits des PVs finaux avant qu’ils ne passent au laboratoire électoral, une création du PDG et du PUP pour s’assurer des « traitements préventifs politiques » habituels, il y aurait déjà beaucoup moins de violences urbaines. Si en plus elle pouvait nous présenter le nombre exact de procurations prises en compte et le nombre de PV annulés par rapport au nombre de P.V. attendus par commune, ceci aurait enfin mis fin immédiatement à tout le reste de ces violences inutiles.
  • Le 12, Le syndicat des enseignants libres et chercheurs de Guinée (SLEG) déclenche une nouvelle grève générale et illimitée sur toute l’étendue du territoire national. Résultats du 1e jour : 1) la grève est largement suivie dans les écoles de Conakry et des principales villes de l’intérieur du pays. 2) deux jeunes manifestants sont de nouveau tués par les miliciens, dont un jeune chauffeur de taxi-moto de 17 ans qui a été écrasé par un véhicule blindé de la gendarmerie qui le poursuivait comme dans les films de gangsters américains. Le 2e était en classe de seconde au collège et avait 16 ans et. Il a reçu une balle anonyme dans le dos. Same old, same old, la devise nationale de nos mœurs politique et syndicale est immuable : grève = matraques = morts d’innocents manifestants. Mais comment donc mettre fin à cette spirale chronique imbécile ?
  • Le 19, nous apprenons qu’un gendarme a perdu la vie dans un affrontement entre manifestants et forces de l’ordre au quartier Koloma en haute-banlieue de Conakry. Les 1e éléments de l’enquête indiquent que le pick-up de la gendarmerie dans laquelle il était est tombé dans une embuscade, un véritable guet-apens de guérilla urbaine et que la victime a été touchée par un projectile en pleine tête lancé par un manifestant. Il semblerait qu’il était spécifiquement visé depuis un certain temps par les loubards de ce quartier. Pendant ce temps toujours pas un mot du PPAC ou de son gouvernement au vu des comptes-rendus officiels des 2 autres conseils de ministres pendant cette période, une semaine après la 1e victime de cette nouvelle crise sociale majeure.
  • Le 21, le 1e fou du Roi, « petit Sow » prouve une fois de plus son coté néfaste digne d’un Iznogoud national. Ce soi-disant ministre des sports, de la culture et du patrimoine historique, le pire homme possible qu’il faut à ce poste, aurait littéralement dit lors d’une mamaya du RPCé à Marella dans la préfecture de Faranah, à propos des opposants dans ce village « Ce que je vous dis là, suivez ça. Si on vous provoque, ripostez ! Cassez-leur la gueule… N’écoutez pas les vieux fainéants, ces soi-disant sages du coin, traitez chacun selon son comportement. Vous aussi levez-vous ! Dites au gouvernement de prendre ses responsabilités. S’il refuse, ripostez ». Ces propos sont en fait un appel irresponsable et dangereux à la haine et à violence dans cette zone rurale. Pour fois un autre membre du gouvernement, le ministre de la citoyenneté, dans une colère noire justifiée dira le lendemain à la presse « Ces propos de Bantama sont graves, encore plus graves de la part d’un représentant de l’Etat. Ces propos sont injustifiables et inacceptables quand on sait à quel point la violence dans notre pays a créé tant de victimes, de tristesses et de douleurs dans les familles et dans le pays avec leur cortège de frustrations et de sentiments d’injustices. Non seulement la justice sera immédiatement saisie par le pool d’avocats mais aussi l’inscription sur le fichier de signalement destiné à l’information auprès de la Cour pénale internationale (CPI) pour ses besoins ultérieurs si nécessaire est automatique et inévitable. Et ce sera fait ». Maintenant ma seule crainte est qu’il ne soit ensuite renvoyé pour « manque de solidarité gouvernementale » et que petit Sow ne soit promu à plus de responsabilités auprès du boss pour enfin devenir son Grand Sow, son rêve le plus cher depuis 2010 et pour lequel il n’hésitera pas à sacrifier toute personne qui se mettrait sur son chemin pour retarder cela.
  • Le 21, l’ONG Transparency International publie son indice annuel de perception de la corruption (IPC) pour 2017. Cet indice est une enquête qui mesure la perception de la corruption des autorités publiques et des partis politiques qui se concentre sur des perceptions et non sur des données réelles et reflète donc les vues d’observateurs expérimentés tels que des analystes-pays et des hommes d’affaires. La Guinée qui a une note de 27 points sur 100 est classée 148e/180 pays dans le monde et 31e/49 en Afrique. Et dire qu’il y a des crétins gouvernementaux ici qui parlent de satisfaction puisque nous aurions fait « des progrès remarquables » depuis le classement précédent. Franchement il y a des gifles magistrales qui se perdent ici.
  • Le 21, le secrétaire d’état belge en charge de l’asile et de la migration lâche sans hésiter lors d’une réunion avec notre PM et ses ministres hypnotisés « Il y a beaucoup de demandeurs d’asile guinéens en Belgique. Il y a à peu près 1.000 par an, un niveau très haut alors que la Guinée n’est pas un pays en guerre. La Guinée est un pays démocratique avec un gouvernement démocratique, sans guerre, sans extrémisme, sans djihadisme. Donc on ne peut pas comparer la Guinée avec  d’autres pays. Selon nos services d’immigration (RTBE) le Pakistan, l’Érythrée, l’Albanie, le Bangladesh, l’Iran et la Guinée constituent les pays d’origine les plus fréquents des demandeurs d’asile ». Il pense que notre pays n’est pas en quasi-guerre civile interne comme les 5 autres ? Plutôt une politesse diplomatique pour faire passer moins douloureusement le suppositoire de honte qu’il venait d’administrer à son auditoire de dirigeants.
  • Le 26, les péripéties journalières du Sanseman aboutissent finalement à l’arrêt total du pays, nous avons en même temps ce jour-là : la 3e semaine de la grève illimitée et totale des enseignants du primaire et du secondaire, le début de la grève illimitée des travailleurs des secteurs public et du privé et une ville morte à Conakry appelée par l’opposition pour exiger l’annulation des résultats des élections communales et qui est très largement suivie, Du coup circuler dans Conakry ressemble ce jour-là à un voyage surréel, tantôt un parcours lunaire style Apollo 11 par ici et par là une tentative désespérée de traverser la bande de Gaza un matin de révolte des enfants palestiniens. Finalement il y a encore un jeune d’une trentaine d’années qui est tué par les balles des miliciens dans le quartier de Dar-es Salam (commune de Ratoma). C’est la 90e victime de l’Alpha-gouvernance depuis 2010. La pression publique nationale et internationale est telle que le PPAC accepte enfin de recevoir le chef du syndicat des enseignants pourtant qualifié depuis 3 semaines d’ennemi public number one. Il enjoint aussi la CENI de bien vouloir « réexaminer » les preuves de triche présentées par l’opposition lors des élections communales malgré que cela soit totalement en contradiction avec le code électoral en vigueur. Ça chauffe pour notre tortue nationale, en plus là où ça fait le plus mal.
  • Pour : comme chaque mois, R.A.S…
  • Contre : concernant nos élections communales voyons maintenant comment diable la CENI va réussir à éliminer maintenant les caisses de procurations et retrouver les cantines de PV volés. Si elle le réussit je lui tirerais mon chapeau mais si elle le rate cela prouvera que les échecs successifs de tous nos processus électoraux sont le fait du « laboratoire électoral national » installé dans un bureau obscur du palais Satanya. Bref, même si on amène Barack Obama pur diriger notre CENI pour les prochaines législatives et présidentielle cela ne servira à rien car notre Al Capone va toujours tricher et peut-être gagner le plus souvent. Concernant cette crise chronique des banlieues de la capitale un soi-disant leader de la société civile, Mr Koureissy Condé, par ailleurs militant zélé de Satan Touré a pour une fois fait une analyse juste de ces crises récurrentes et mortelles, une qui tient vraiment la route pour les causes du Mal guinéen et pour certaines solutions à la chienlit crée par son mentor depuis 1959: « Sur l’axe Bambéto- Cosa vous avez un espace de vie qui n’est pas bien loti, pas d’espaces de loisirs, pas d’école publique ni de bibliothèque, encore moins d’hôpitaux. Les enfants naissent ici chômeurs. Ils se sentent abandonnés et les parents se sentent exclus. Ce mécontentement est sociologique. Et il demande des réponses sociologiques et des solutions économiques. En envoyant tout le temps les forces de maintien d’ordre dans cette zone l’état crée une guérilla urbaine. Donc il faut reprendre le dispositif. Il faut d’abord mettre les policiers et les gendarmes à 400 mètres près, les éloigner des zones d’intervention. Ces jeunes ne doivent même pas les voir. Ensuite dans cette zone il y a des familles, des religieux, des associations de jeunes, de groupements féminins, il faut s’appuyer de cette capacité à l’interne comme à l’externe pour pouvoir canaliser ces jeunes. C’est la même génération qui se jette dans la mer, qui se jette dans le désert, qui est interpelée en Libye ou ailleurs, qui invente un malfaiteur, qui l’attrape, qui l’attache et qui le brûle. Donc nous avons dans les bras une génération de jeunes désorientés, désœuvrés, en panne d’identité, qu’il faut, absolument recadrer et réintégrer ». Et oui, le même scenario que celui des banlieues-ghettos créés par l’état français dans les années 60 ou avant cela les camps de refugiés palestiniens causés par Israël, des no man’s land  qui déclenchent régulièrement des crises de furie et de mort après chaque perception de stigmatisation ou d’injustice ressentie par ces exclus enragés qui de toute façon n’ont rien à perdre.

Tic-tac, Tic-tac, la montre tourne ; aujourd’hui est le 2625e jour de l’ancien « Guinea is back » et du nouveau « changement radical » – déjà 07 ans 02 mois et 10 jours ! Aladji-Professeur-Président voici ma suggestion SMART (Spécifique, Mesurable, Atteignable, Réalisable et Temporellement définie) du mois pour améliorer un peu votre Sanseman : grand manitou national pardon il faut apprendre comment magouiller intelligemment à vos petits faucons égarés et en particulier leur apprendre qu’il ne faut pas qu’ils se basent sur certains articles-buzz à sensation habituels de notre presse pour faire leurs analyses des résultats. Les titres et textes sensationnels mais au fond avec des contenus légers de nombreux articles doivent être lus sereinement et à la lumière de ce que compte obtenir son auteur pour ses contes et légendes griotiques. A ce titre je ne crois jamais une info marquée « urgente » ou « officielle » (soit 60% des titres) sans l’avoir recoupée avec plusieures autres sources pour en confirmer la véracité possible. Rappelez-vous de certains cas célèbres comme ce quidam qui a plongé sur son ordi en sortant d’une réunion au gouvernorat de Conakry (en 2011 ou 2012) en jurant qu’il était assis à coté de Toumba Diakité !! Tous les Guinéens ont sûrement en mémoire d’autres fantasmes journalistes similaires récents ou passés. A mon avis vous devriez aussi leur faire comprendre les cotés inique et comique des mamayas carnavalesques organisées par eux ces 2 derniers mois (idem pour vos adversaires). Cette stratégie où ils appelaient à voter massivement pour leurs chefs respectifs alors qu’il s’agissait d’élections locales et que ce qui intéressait en premier lieu ces électeurs c’était plutôt ce que leur nouveau maire pourrait faire pour améliorer un peu leur vie de misère. Le cas des victoires de certains candidats indépendants dans des bastions politiques jadis imprenables prouve bien l’idiotie de faire parader en T-shirts et casquettes jaune-canari ou autres couleurs variées pour promettre des rêves alors que celui que vous proposez au poste ne représente pas grand chose pour ces habitants des quartiers. Et pire, vous-même avez refusé de mettre les photos de vos candidats proposés comme têtes de liste en leur disant ensuite lors de vos meetings populistes dans leurs fiefs lors de vos passages-express qu’on leur demandait de voter pour le RPCé, pas pour un quidam et que vous pourriez ensuite parachuter un parfait inconnu du coin pour être leur maire, juste pour qu’il puisse ensuite bien magouiller pour vous aux législatives et à la présidentielle qui arrivent à grands pas. Boss, cette fois-ci ils ne votaient pas pour vous les Big boss de la politique nationale – ils votaient plutôt pour les Mamadou ou Bineta qu’ils saluent tous les matins en allant chômer en ville, puis à 17 heures lors du rituel Attaya au grin du coin ou à la table de belotte et finalement avec qui ils papotent en sortant de la prière du soir à la mosquée et l’église du quartier. Après ces élections je vous fais une petite confidence : le prochain combat politique qui vaudra vraiment la peine chez nous sera d’arriver à imposer les candidatures indépendantes pour les prochaines législatives. Puisque la majorité de nos compatriotes cochent pour le moment leur bulletin en regardant avant tout l’emblème des partis ethniques il n’y a hélas presque aucune chance qu’un autre candidat, même 100 fois plus apte à nous gouverner démocratiquement, puisse avoir une chance d’arriver au pouvoir. Alors pourquoi ne pas aborder ce changement à travers des candidats minoritaires différents, les indépendants qui peuvent transcender ces calculs politiciens mesquins ? Nos CNTetards de 2010 choisis précisément et pilotés par  nos forces vives magouilleuses l’avaient bien compris en empêchant toute possibilité de candidatures indépendantes au dessus des communales dans notre nouvelle constitution. Oui, voila maintenant un nouveau bon combat politique à mener et l’unique raison valable de changer cette constitution. Hélas malin comme vous êtes vous en profiterez pour y introduire un article pour permettre votre 3e mandat à vie – et elle serait encore pire que celle que nous subissons actuellement. Comme on le dit chez l’oncle Sam « both ways we’re screwed anyway”. Ces élections communales ont également prouvé que de nombreux Guinéens méritent les chefs qui les font souffrir depuis des décennies : quand je me souviens de toutes les crises sociales bruyantes et violentes en Haute-Guinée et en Guinée Forestière ces 2-3 dernières années pour insulter le PPAC et son régime pour l’absence d’électricité, d’eau, de routes praticables, pour la mise au chômage ou en prison sans préavis de nombreux orpailleurs et planteurs traditionnels, de vente privée de nos forets sacrées..etc. Et après que je constate que ces mêmes électeurs ont voté dans ces 2 régions pour lui offrir leurs postes de maires et maires-adjoints dans la majorité de leurs communes urbaines et rurales, gage assurant du même coup la poursuite de leurs malheurs et de leurs bouffées de colère sporadiques,  je me dis que soit ils sont amnésiques-grave, soit ils sont masochistes, soit ils perdent les pédales et toute logique dès qu’on leur met des gadgets minables et un petit 50.000 GNF pour frais de transport 24 heures avant tous les votes électoraux. Pauvres Guinéens qui ont si peu de chances d’aboutir à l’émergence tant qu’ils ne décideront pas de sortir ensemble de nos ghettos politiques réducteurs – dommage et triste !

Pour finir je vous demande de regarder les situations politiques, sociales et économiques des 15 pays de la CEDEAO que vous visitez régulièrement. Pour 14 d’entre eux le centre du débat actuel est l’émergence du pays avec certes ses obstacles, ses contraintes et les petits succès annuels visibles et reconnus. Pour le 15e, celui que vous dirigez, tout le monde dans et hors du pays ne parle tous les jours que de suprématie à base ethnique avec son lot inévitable de népotisme, de corruption généralisée, de crimes de sang et économiques donc de chaos national bénéfique uniquement à une minuscule mafia locale connue de tous les Guinéens. Si j’avais 18 ans sous votre gouvernance avec aussi peu d’espoir de bonheur et de liberté qu’un jeune de l’axe Bambeto-Cosa, je serais au 1e rang de l’intifada journalière ou alors déjà mort dans le Sahara ou au fond de la Méditerranée. D’après vous qui en paiera finalement le prix dans les livres d’histoires, les dictionnaires et les encyclopédies ? Et demain ces mêmes petits mafieux porteront tous les torts du Sanseman sur vous et cracheront sur votre mémoire, comme ce fut déjà  quatre fois le cas dans notre pays. Pensez-y un peu, Yandi !

 

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A propos A.O.T. Diallo

Un quinqua hédoniste qui plane sur le Web...
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