Une Nouvelle Voie (Décembre 2018) : un 2e officier saute par-dessus bord du Titanic national

Bienvenue à mon bilan du 36e mois de la Condécratie version 2.0. Je continue mon exploration mensuelle des méandres des décisions importantes pour la Nation prises par nos nouveaux chefs en proposant des pistes de réflexions et d’actions qui pourraient être envisagées pour que le « vrai changement » soit effectif.

  1. Echantillon de paroles et pensées présidentielles du mois:
  • « Je voulais qu’on marche sur les deux pieds. Malheureusement aujourd’hui on marche seulement sur une jambe parce que l’autre jambe c’est ce que les populations ont montré dans leurs capacités d’innovation que j’ai vu à N’Nzérékoré et à Labé. Donc j’avais souhaité que tous ces gens soient représentés  afin que les gens qui viennent sachent que le peuple de Guinée a un génie créateur qui l’a amené à faire des réalisations au nom desquelles ils étaient ahuris. Malheureusement cette 2e jambe n’est pas là aujourd’hui. J’espère que l’année prochaine nous prendrons sérieusement le temps pour que tous ces gens dans les préfectures et qui ont fait des recherches soient là pour qu’on voit ce qu’ils ont réalisé aussi… La première faiblesse que nous avonsc’est la non- maitrise de l’anglais par la plupart de nos étudiants. Et qu’on le veuille ou pas aujourd’hui la première technologie c’est l’anglais. Pourquoi c’est une faiblesse ?… Notre deuxième faiblesse c’est le niveau de nos enseignants. D’où l’importance de développer le VSAT. Il faut qu’on se parle franchement. en 2011 j’ai fait faire un concours avec 750 enseignants de l’école primaire. Une dictée de CE2, pas CM1 et CM2. Nous avons mis 20 fautes. Sur les 750 enseignants 75% n’ont pas trouvé les 20 fautes. Et sur ces 75%, 25% ont ajouté des fautes. Alors comment un enseignant qui ne peut pas corriger une dictée de CE2 peut corriger un élève de CM2 au certificat d’études… On est en train de former des gens qui ne sont pas capables de trouver du travail parce qu’ils n’ont pas de niveau. Une banque de la place nous a offert des bourses à un moment donné pour le Master, quand ils m’ont amené le truc corrigé des  candidats honnêtement j’avais honte parce que des gens qui sont supposés avoir un certain niveau n’étaient même pas capables de faire une page sans fautes… Aujourd’hui tout le monde est conscient que le premier problème des jeunes africains c’est l’emploi. C’est bien beau de critiquer les occidents qui nous ont colonisés mais nous, chefs d’état avons aussi des responsabilités. Quand nos enfants meurent dans la Méditerranée on ne peut pas mettre cela sur le dos des blancs. Avons-nous utilisé l’essentiel de notre budget pour les classes les plus démunies, les jeunes et les femmes ? On ne veut pas que les gens nous dictent ce qu’il faut faire. Mais il ne faut pas non plus rejeter nos responsabilités sur les autres. Ayons confiance en l’Afrique et aux Africains. Il ne faut pas penser tout ce qui vient de l’Europe, de l’Amérique ou de la Chine est mieux. Moi je n’ai pas eu besoin d’aller en Chine pour fabriquer des machines pour le fonio et autres (le 07, lors de la clôture de la semaine africaine des sciences couplée avec la journée nationale de la recherche et de l’innovation ».
  • « Dans chaque sous-préfecture nous allons envoyer des décortiqueuses pour transformer le riz paddy en riz net. Nous avons aussi fait venir des boulangeries-conteneurs. Chaque boulangerie peut produire 4.000 pains par jour, ainsi que des machines de production de jus de fruits. A partir du mois de janvier nous dépêcherons des missions dans les sous-préfectures pour rencontrer les jeunes et les femmes… Croyez-moi n’écoutez les démagogues, pendant 50 ans, ils ont fait quoi ? Quand j’ai été élu on n’avait que le Novotel comme hôtel à Conakry. Mais aujourd’hui les hôtels qu’on a on n’en trouve pas ni à Abidjan ni à Dakar. La Guinée ne produisait que 130 MW de courant électrique. Avant 2020 on aura fait 1000 MW c’est-à-dire 10 fois que les autres en 60 ans. Donc ceux qui s’agitent demandez-leur ce qu’ils ont fait en 50 ans » (le 09, lors de sa mamaya électorale dans la ville de Siguiri pour nous expliquer ce qu’il va faire pour transformer cette région en eldorado en 2 ans).
  • « Je ne suis pas satisfait du fonctionnement d’EDG, je l’ai déjà dit à Kankan. Mais je ne vous permets pas de faire la pagaille. Il n’y a pas de courant mais qui a amené le courant qui est à Nzérékoré ? Pourquoi vous criez s’il n’y a pas de courant dans un quartier ? J’ai dit qu’EDG ne marche pas. Est-ce qu’il y avait de l’électricité avant que je n’arrive au pouvoir ? Pendant 50 ans, qu’ont fait les première et deuxième Républiques ? De 1920 du temps des blancs à mon arrivée au pouvoir la Guinée n’avait que 130 MW de courant. En moins de 4 ans j’ai fait Kaléta qui produit 240 Mégawatts. Souapiti va finir l’année prochaine puis Amaria et Koukoutamba. Donc en 10 ans j’aurai fait 1000 mégawatts. J’ai dit à EDG qu’ils ont promis le courant. Nous allons régler tout ça parce qu’on va changer la direction d’EDG » (le 16, lors de sa mamaya électorale de Nzérékoré suite à des protestations et des pancartes tenues par des jeunes pour se plaindre de l’absence d’électricité dans leur ville).
  • « Il n’y a pas de développement sans énergie. C’est l’énergie qui peut nous permettre d’industrialiser notre pays. Je vous donne la certitude que d’ici 5 ans la Guinée sera le pays le plus électrifié de toute l’Afrique. Je vous donne ma parole. Nous allons industrialiser et vendre nos produits finis dans les autres pays et rien n’empêchera cela. Le train du développement de la Guinée a démarré et rien ne pourra l’arrêter. Ceux qui ne monteront pas à bord resteront sur le quai. Le train lui va continuer sa marche pour qu’ensemble nous surmontions tous les obstacles… Nous avons construit une usine d’anacarde à Conakry. Avec les fruits de l’anacardier nous allons produire du jus et de l’alcool. Mais quand je dis alcool on va me dire ‘Oh, Alpha veut amener de l’alcool en Guinée’. Mais mon ami quand vous avez une plaie et que vous partez à l’hôpital c’est de l’alcool qu’on met là-dessus. L’alcool que nous produirons c’est pour les hôpitaux. Je rassure les imams qu’il ne s’agit pas de faire boire de l’alcool aux Guinéens… Les ministres et préfets sont nommés par décret, ils ont peur du président, ils n’osent pas lui dire la vérité. Si je viens moi-même dans les sous-préfectures la population n’a pas peur, les jeunes et les femmes n’ont pas peur, ils peuvent me dire ce qui ne va pas. Si je reste à Conakry je ne peux pas tout savoir. Les Guinéens de l’intérieur du pays diront que le président s’en fout de nous c’est pourquoi je vais sillonner les préfectures de la Basse Guinée, de la Haute Guinée, du Foutah et de la Forêt. Comme ça j’aurai l’occasion de discuter avec la population… La Guinée est victime de son passé. C’est pourquoi quel que soit le progrès qu’on fait on dira ‘Aah, c’est la Guinée encore’. Pourtant beaucoup de pays qu’on présente comme démocratiques en Afrique, si on les compare à la Guinée on sait ce qui se passe là-bas. Nous  nous sommes patients. Nous sommes confiants. Le peuple de Guinée peut être fier de lui parce qu’il ne reçoit ni d’ordre ni d’injonction de personne. Que cela soit clair pour le monde entier » (les 20 et 21, à Labé et Dalaba lors d’une mamaya identique aux précédentes de ce mois).
  • « Depuis 2010 la démocratie fait partie de notre histoire à l’image de notre indépendance. En 2017 nous avons eu une croissance à deux chiffres de 10%, malheureusement avec les différents troubles le taux actuel sera  entre 6 et 7% » (le 31, discours à la nation pour la nouvelle année).
  • Pour : le boss innove ce mois-ci en tendant ses discours à un des courtisans en sommeil dans les poches son boubou pour les lire à sa place. L’idée en fait n’est pas si bête que ca : primo il fait ainsi moins d’improvisations répétitives et ridicules. Secundo il nous montre qu’il y a autour de lui des cancres bien pires que lui en public et donc qu’on est bien mieux barré avec lui. L’exemple le plus marrant était celui de Boffa où il inaugurait un nouveau chantier minier chinois. Il tend le micro à Bouna Keita, un nain opportuniste célèbre chez nous pour ses carences comiques et ridicules en français qu’il insistait pourtant dans le passé à vouloir nous rappeler régulièrement. Mais cette fois-ci il a refusé avec une expression d’effroi bien de chez nous « SubhanAllahii » qui a bien fait rigoler le taquin PPAC. Je me demande qui lui a suggéré cela, surement un ennemi juré du clown Bouna.
  • Contre : il nous revient avec ses promesses hebdomadaires répétitives mais également avec de nouvelles (notamment les boulangeries/containers, les machines pour cultures vivrières et 4 usines à poisson made in Israël). Ensuite le PM Don Kass-Kass prend bien le relais des discours creux de son mentor en ânonnant lui aussi des propos de plus en plus marrants sur la grandeur de son chef et sur la réussite de son Sanseman. Il se répète même plus que son boss à chaque nouveau discours. Le plus comique c’est de le voir au JT-PPAC dire cela avec conviction et bagout devant nos  partenaires blancs en sachant bien que ces gens ont été largement briefés par les services techniques de leurs ambassades sur la réalité d’investir leurs sous ici actuellement. Ces gens défilent à Conakry principalement pour être reçus pour la 1e fois de leur vie par un président de la république (avec photo officielle à l’appui comme preuve une fois de retour chez eux) et ensuite poser leurs billes pour l’avenir, quand le climat des affaires dans ce pays ne sera plus synonyme de rackets journaliers des fonctionnaires, douaniers, policiers, gendarmes.
  1. Les décisions et actions « positives » du mois :
  • Le 06, le ministre chargé de l’enseignement supérieur (encore lui) annonce des mesures « intelligentes » pour réduire les dépenses fictives dans nos universités et instituts supérieurs de recherche et de formation. Cette reconfiguration institutionnelle de son département permettra surtout le regroupement de la majorité des instituts supérieurs aux universités du pays. Ceci va drastiquement réduire les grignotages financiers journaliers des milliers de gestionnaires bidons d’institutions d’enseignement encore plus bidons, faciliter l’amélioration de la gestion à travers moins d’entités à superviser et auditer. De nombreux marabouts doivent maintenant travailler fort pour mettre fin aux jours de cet emmerdeur national.
  • Le 11, le paysage politique est de nouveau chamboulé : un 2e funambule sur la ligne de démarcation virtuelle entre le pouvoir et l’opposition quitte le bateau du PPAC. Mr Sydia Touré, le président du parti UFR imite l’ancien ministre de la citoyenneté Gassama Diaby en démissionnant avec fracas par un Tweet (la Trumpitude progresse partout) de son poste de haut-représentant du président de la république. Les raisons sont claires, nettes et précisés : aucune considération ou impact de tous ses conseils depuis sa nomination juste après les résultats de l’élection présidentielle de 2015. Voici un petit extrait de ses justifications : «…Près de trois ans après ma nomination au poste de haut représentant force est de constater que  je ne suis pas parvenu à infléchir vos orientations qu’il s’agisse de la gestion économique permettant de créer les conditions d’une prospérité au bénéfice de tous nos concitoyens ou de la mise en place d’un dialogue politique à même de créer un climat de paix dans notre pays, condition sine qua non de tout développement… Les manœuvres et les attitudes politiques auxquelles il nous a été donné d’assister lors des élections communales ont rendu malheureusement la situation sociopolitique encore plus préoccupante… ». Il a essayé de l’aider à contrôler la souricière de Satanya mais le méchant chat a dû fuir pour ne pas se faire manger vivant par les rats qui y pullulent. Il a réussi ainsi à s’extraire de la gouvernance bana-bana du Sanseman avant qu’elle ne s’écroule sur lui.
  • Le 15, le PPAC reçoit une nouvelle fessée politique : les 2 plus grandes communes de la capitale (Matoto et Ratoma), celles pour lesquelles principalement il a fait bloquer la finalisation des élections municipales depuis 10 mois et 10 jours tombent finalement dans les bras de son opposant le plus radical. Il a essayé en vain de magouiller sous la table pour s’assurer l’obtention d’au moins une commune mais au finish lui et son RPCé sont mis à la porte de la gestion des 5 communes de Conakry – la gifle suprême en raison du désamour croissant pour leur gestion de plus en plus dictatoriale et corrompue.
  • Le 31, le boss termine l’année par une bonne action : Mme Fatou Badiar Diallo recouvre sa liberté par grâce présidentielle. Elle avait été condamnée à 15 ans de travaux forcés pour sa soi-disant implication dans l’organisation de l’attaque de la résidence privée du président Alpha Condé, en fait un auto-attentat à la chambre à coucher du PPAC le 19 juillet 2011. Cette pauvre ménagère, néanmoins dévoilée lors du procès comme une commerçante intrigante dans les magouilles financières de l’armée et de la présidence a néanmoins passé 7 années en taule principalement selon certaines sources pour avoir refusé d’épouser en seconde noces l’un des chefs de l’armée, ami de son défunt mari. Deux autres prisonniers dans ce procès sont également graciés, Almamy Aguibou Barry et Mamadou Alpha Diallo, des petits taupes/mouchards des services secrets guinéens qui ont en fait payé pour l’ensemble de leurs autres crimes. Il lui reste maintenant le commandant AOB Diallo et l’infirme Jean Guilavogui à libérer pour qu’il puisse soulager ce qui lui reste de conscience dans ce procès-bidon piloté par lui-même – allez, un petit effort de plus papy-promesses, Yandi.
  • Pour : concernant les reformes dans l’enseignement supérieur désormais l’institut supérieur de l’information et de la communication (ISIC) revient à l’université Général Lansana Conté de Sonfonia. L’université de Sonfonia connait également l’arrivée dans son giron de l’institut supérieur des arts et de Guinée (ISAG) de Dubréka et l’Institut de recherche en linguistique appliquée (IRLA). L’institut supérieur d’architecture et d’urbanisme (ISAU) et l’institut supérieur de recherche et de valorisation des plantes médicinales (IRVPM) sont rattachés à l’université Gamal Abdel Nasser de Conakry. Les centres de recherche et de documentation de l’intérieur du pays sont rattachés aux universités de leurs localités respectives. La grande claque confirmée du RPCé aux élections communales de Conakry est un grand signal de ce qui pourrait se passer en 2020 s’il essaie de rempiler pour un 3e Distribuer des sous pour acheter des voix c’est facile pour lui et tous les Guinéens empocheront cela avec plaisir, danseront la mamaya comme des dératés pendant toute la campagne mais ensuite devant l’urne secrète ils lui feront comprendre qu’ils veulent maintenant voir essayer un autre. Et ça c’est y compris la majorité de ses militants RPCistes.
  • Contre : concernant les bonnes intentions dans le domaine de l’enseignement supérieur il reste néanmoins le plus grand problème, celui de l’amélioration de la qualité de ce qui y est enseigné mais cela prendra beaucoup plus de temps et un système général de destruction et de reconstruction de la gestion dans tous les domaines sectoriels du pays. Façon de dire que ce ministre sera démis de ses fonctions avant que l’on arrive à ce point-là. Le pauvre se bat de toutes ses forces et c’est bien mais il doit savoir qu’il est impossible de danser le twist quand tous ceux autour de lui dansent un slow langoureux. C’est soit on finit par se calmer et danser avec eux, soit on s’auto-décrète vers la sortie au prochain remaniement ou au mieux vers la démission avec fracas, la nouvelle mode. Je parie néanmoins plus sur la 1e option, la plus habituelle au bled.
  1. Les décisions et actions « négatives » du mois :
  • Le 04, le passage des membres du gouvernement pour défendre leurs budgets sectoriels devant l’assemblée nationale démarre laborieusement. Le premier à passer est le ministre de la justice. Malgré les affirmations pompeuses et les autocongratulations pour magnifier son œuvre et celle de son timonier suprême la triste réalité des chiffres ne ment jamais. Il se vante d’une augmentation de 60% de son budget 2019 par rapport à celui de 2018. Malgré tout ce tintamarre démagogique il finit par déplorer que sur les 60 milliards GNF budgétisés seuls 20 milliards GNF sont alloués par le gouvernement pour l’organisation du procès du 28 septembre 2009. Avec les USA qui promettent 13 milliards GNF et l’Union Européenne environ 4,5 milliards GNF on peut donc conclure que le PPAC ne fera strictement RIEN à part tendre sa timbale de mendiant pour que ce procès se tienne avant 2020 – ce que j’ai toujours affirmé dans cette chronique.
  • Le 05, c’est le ministre des affaires étrangères qui vient pour y pleurnicher sur ses misères professionnelles. Il dénonce devant ces dépités impuissants et inutiles l’état de délabrement avancé des ambassades guinéennes à l’étranger et les difficiles conditions de vie de nos diplomates au lieu de le faire devant la seule personne qui pourrait y remédier. En attendant on comprend mieux pourquoi nos ambassades sont réputées pour leurs magouilles de visas, les bakchichs obligatoires pour l’obtention de tout document officiel et l’absence de chauffage et de toilettes décents dans nos chancelleries. Triste, tout simplement !
  • Le 05, un grave accident de circulation entre Faranah et Mamou fait 18 morts et une dizaine de blessés graves (donc quasi-morts dans nos hôpitaux). Le lendemain un autre entre Dabola et Mamou fait 06 morts et 09 blessés graves. La population est émue mais le PPAC et son gouvernement s’en foutent : pas de reconnaissance publique de ces drames, pas un mot de compassion à plus forte raison de deuil national. Mais dès qu’un d’entre eux perd quelqu’un c’est un drame national avec symposium au palais du peuple et enterrement royal. Ici il y a Guinéens et guinéens – ce n’est pas pareil. Finalement, après le tollé sur les réseaux sociaux le gouvernement réagit le 07 avec un de ses textes insipides habituels de « condoléances et enquête rigoureuse et diligente » – juste pour rectifier la forme de sa bourde.
  • Le 08, le président du RPCé entreprend une virée triomphale à l’intérieur du pays. 1e étape en Haute Guinée pour démarrer sa campagne pour une prolongation de son mandat. Les promesses les plus loufoques se succèdent comme un tir de mitraillette de milicien sur l’axe de Bambéto. Première étape, la préfecture de Kouroussa où il parait que l’accueil était loin de celui espéré – les originaires du coin qui rodent à Satanya vont se faire chauffer les oreilles pour justifier les milliards de GNF sortis des caisses du vieux Picsou pour mobiliser toute la population, malades et mourants compris.
  • Le 10, deux projets portant sur la réhabilitation de la voirie urbaine de Conakry et la construction de la route nationale Coyah-Mamou-Dabola sont présentés au vote de l’assemblée nationale. Certains députés de l’opposition ont émis des réserves sur la gestion desdits accords et ils se sont abstenus lors du vote. Sur le coup le président du parlement Kory Kondiano pète les plombs et claironne pompeusement que «« S’abstenir, c’est trahir. Vous êtes des traitres »». Devant le tollé dans la salle il a dû présenter de plates excuses avec une justification vraiment comique : « De temps en temps certains mots viennent de ma bouche pour essayer de détendre l’atmosphère. Donc ce n’est pas par méchanceté. Il faut que vous acceptiez parfois l’humour pour détendre l’atmosphère ». C’est avant tout une confirmation du fond de sa pensée de courtisan démagogue.
  • Le 13, les policiers et gendarmes utilisent une nouvelle arme chimique dix fois plus efficace que les précédentes pour disperser une nouvelle marche de l’opposions. Les picotements habituels de gorge et des yeux des gaz lacrymogènes habituels sont remplacés cette fois-ci par des convulsions, vomissements et même syncopes. Et ils en ont balancé même dans la cour de la maison du chef de file de l’opposition où les leaders s’étaient retranchés pour fuir ce nouveau calvaire. C’est grâce à cette bourde que des étuis vides de ce gaz new look ont pu être récupérés sur lesquels on pouvait lire « Condor – GL 302 » avec la mention en gros et gras « Attention : dangereux si utilisé après la date de validité – date d’expiration août 2017 ». C’est notre modèle tropical d’arme de destruction massive.
  • Le 15, suite à la défaite du RPCé dans la dernière commune de Conakry (Matoto) en lice pour l’élection des maires et devant le risque très probable de sanctions du responsable suprême les chefs RPCistes paniqués délèguent un militant zélé qui a foncé vers la table de dépouillement avant la clôture du décompte pour déchirer les bulletins du vote. Du coup c’est une pagaille monstrueuse dans la salle avec insultes dans tous les sens et formes et interventions des policiers pour arrêter tout le processus. Et le ministre de l’intérieur, l’architecte de toute cette mascarade a beau jeu de venir devant les cameras et micros pour annoncer qu’il faut reprendre le vote alors qu’aucune disposition légale ne lui confère cette autorité mais ça c’est un simple détail ici. Il espère ainsi renforcer une dernière fois ses manœuvres souterraines pour dénicher la seule voix nécessaire pour gagner vu que le score final du vote était de 23/22 en faveur de l’opposition pour un total de 45 conseillers communaux qui votaient. Et dire qu’ils ont préparé cette victoire pendant plus de 10 mois pour arriver à ce résultat final – quelle nullité !
  • Le 15, après la fin de la campagne présidentielle en Haute Guinée le boss suprême arrive dans la région de la Guinée Forestière pour poursuivre ses mamayas gigantesques dans les préfectures de Guéckédou, Lola, Beyla et finalement Nzérékoré. Les promesses et les cadeaux-cash ont arrosé les braves militants qui ont tout compris et applaudi à tout casser – tant pis pour les autres.
  • Le 17, au lendemain de son retour de sa tournée en Guinée Forestière il s’envole pour Vienne (Autriche) pour prendre part le lendemain aux travaux du Forum Europe-Afrique qui regroupe des chefs d’états et de gouvernements européens et africains ainsi que des leaders de grandes entreprises mondiales. Au-delà du défi migratoire auquel les deux continents sont actuellement confrontés ce forum se veut un espace de réflexion pour promouvoir des économies africaines de technologie, l’innovation et la numérisation en tant que catalyseurs importants du développement. Bref notre boss y était surtout pour la photo de famille officielle du 1e jour du sommet.
  • Le 20, c’est l’arrivée triomphale à Labé en Moyenne Guinée, dernière étape du mois de la distribution de premières pierres et promesses farfelues. Il visite ensuite les préfectures de Pita et Dalaba pour continuer à chauffer les foules de badauds et d’amnésiques locaux. Pauvres compatriotes du pays profond qui dansent la journée pour leur bourreau mais rentrent ensuite le soir chez eux pour l’insulter et le maudire pour l’absence de tout chez eux. Finalement ils se méritent bien tous ceux-là.
  • Le 21, il descend à peine de son hélicoptère venant de Dalaba pour monter dans un jet privé direction Abuja (Nigeria) pour un sommeil de la CEDEAO qui est prévu pour le lendemain. Incroyable, sans même passer à la maison pour dire bonjour et au revoir à Madame. Attention sa voyagite aigue a pris un gros coup d’accélérateur ce mois-ci. A ce rythme elle va finir par nous le casser et nous en débarrasser très bientôt. A près de 85 ans si on ne freine pas un peu sur l’accelerateur on s’expose gravement à la « courte maladie » endémique ici.
  • Le 29, l’assemblée nationale a adopté le code civil révisé. En dehors de certaines avancées sur les droits des femmes et des enfants il a fallu comme d’hab. y ajouter une gaffe typiquement guinéenne : il réinstaure le régime de la polygamie qui avait été aboli de fait depuis 1960 par le régime pseudo-révolutionnaire et en termes écrits et clairs dans le code révisé de 1984. Désormais l’homme peut se marier à 4 femmes (maximum) s’il le désire, il doit juste mentionner cela lors de la célébration du premier mariage devant l’état-civil. Et tant pis pour la nouvelle épouse qui osera dire non. En réalité cette polygamie interdite restait pratiquée largement dans le pays, notamment (mais pas seulement) par la majorité de nombreux riches et puissants de cette même assemblée. C’est l’argument stupide utilisé par ceux qui ont voté la loi comme si changer la loi était plus simple que de punir ceux qui ne respectaient pas la loi passée. Encore une marche arrière par rapport aux rares reformes positives du siècle passé, et cela en plein XXIe siècle. Nous sommes incorrigibles ! Notre PPAC, en bon communiste occasionnel, avait promis de refuser de signer quand le projet arriverait à son niveau pour la promulgation de la loi avant son adoption finale par le même parlement. Mais bon parole de PPAC on sait maintenant ce que ça vaut.
  • Pour : comme chaque mois, R.A.S…
  • Contre : le ministre des affaires étrangères dénonce pêle-mêle leurs salaires qui sont non seulement très bas mais avec lesquels ils ne bénéficient ni d’assurance maladie, ni d’allocations pour la scolarisation de leurs enfants. Également le bas niveau du budget de fonctionnement des ambassades empêchant la promotion de l’image de marque du pays. Il en est de même pour les retards dans le paiement des charges et salaires des ambassades et consulats généraux. Pour son ministère à Conakry il a aussi énuméré les difficultés auxquelles il est directement confronté chaque jour en particulier l’inadéquation des besoins exprimés et des allocations budgétaires, la lenteur du système et du circuit financier d’où la nécessité de la mise en place d’une procédure plus simple et plus rapide, la faiblesse de capacité des cadres et diplomates. Bien sur il finit par applaudir son chef éclairé qui nous mène avec toutes ces tares tout droit et sans détour vers des succès diplomatiques remarquables, l’émergence et le bonheur pour tous avant 2020. Pour la virée en Haute Guinée, après Kouroussa les autres villes défilent : Siguiri où la mamaya est plus impressionnante. Le lendemain c’est une visite TGV à Mandiana avant d’arriver au cœur de ses problèmes, la ville de Kankan. Les poses de 1e pierre se font pratiquement tous les kilomètres parce que des ponts, des routes nationales et des buildings sortiront de terre avant la prochaine élection présidentielle. Bienheureux les niais qui croient encore à ça, mais croyez-moi ils sont de moins en moins nombreux dans ce pays. Pour notre nouveau gaz lacrymogène pourri, ainsi au lieu de se faire chopper pour l’utilisation d’armes non conventionnelles contre des manifestants pacifiques le gouvernement préfère maintenant des gaz périmés avec tous leurs effets secondaires dangereux, ce qui explique les réactions sur les marcheurs et tous ceux qui vivent dans les quartiers de passage des marcheurs, y compris des enfants innocents qui jouent chez eux. Bravo au niveau ministre de la sécurité, le tortionnaire junior Otis Keira et son boss direct, Don Kass-Kass qui répète à chaque interview qu’entre l’ordre et la loi il préfère et donc choisit sans aucune hésitation le premier.

Tic-tac, Tic-tac, la montre tourne ; aujourd’hui est le 2931e jour de l’ancien « Guinea is back » et du nouveau « changement radical » – déjà 08 ans et 10 jours ! Aladji-Professeur-Président voici ma suggestion SMART (Spécifique, Mesurable, Atteignable, Réalisable et Temporellement définie) du mois pour améliorer un peu votre Sanseman : grand boss, permettez-moi de vous parler ce mois-ci du blocus et de l’omerta crées autour de vous pour vous empêcher (encore plus) de voir et comprendre ce qui se passe hors de votre tour d’ivoire. Toute info que vous recevez qui passe par leurs filtres démagogiques et révisionnistes est fausse et dangereuse à 99%, Walahi ! Vous savez cher tonton j’ai lu récemment un commentaire d’un compatriote ressortant la rengaine facile habituelle des Guin-Int pour espérer fermer la bouche de tout Guin-Ex critique avec pour seul argument qu’il ne vit pas au pays : « Il est très facile de rester calé dans son salon en Occident et jouer au donneur de leçon ». Pardon ne tombez pas vous aussi dans ce piège primaire, laissez cet argument aux cancres de l’entourage de tous les politiciens du pays qui sont toujours prompts a répondre aussi à tout Guinéen qui vit hors du pays  « Quitte là-bas, vous êtes dans le beurre en Occident donc vous ne savez pas ce qui se passe ici ». Argument qu’ils pensent massue pour rejeter toute critique même constructive. Vous savez, je vis presque la moitié de l’année à Conakry maintenant. Permettez-moi de vous dire que je sais bien mieux que la majorité des gens d’ici ce qui se passe dans cette ville quand je suis dans mon salon à l’étranger qu’en me promenant dans tous les milieux de Cona-cris où c’est surtout des bobards, fanfaronnades, contes et légendes. D’ailleurs actuellement pour savoir s’il y a manif et pneus brûlés donc impossibilité de sortir de chez soi c’est sur le net qu’on peut le savoir chaque matin. Idem aussi pour les bouchons urbains pour les contourner. Tout se passe en coulisse ici et si vous voulez savoir vraiment ce qui s’est passé dans la journée à Conakry : 1) scrutez bien la majorité des sites guinéens. 2) faites la part des choses entre les fake news (80%) et les faits réels/possibles en croisant les infos entre sites partisans, démago et sérieux. 3) si c’est important confirmez par des sources « fiables » parmi vos proches pour avoir une petite idée de la vérité. 4) Considérez comme mensonges et propagandes la majorité de ce que vous entendrez de la bouche des politiciens, haut-fonctionnaires, syndicalistes, pontes de la société civile et certains parents/amis : ils n’en savent pas beaucoup plus que vous mais cherchent principalement à vous convaincre de leur importance dans la vie de la nation, pour se faire mousser avec conviction comme s’ils y étaient à ces moments précis pour faire croire surtout qu’ils sont dans le inner-circle des boss du pouvoir.

Boss, concernant le « ça m’étonne » que votre haut-rep. vous a joué ce mois-ci vous devriez vraiment vous casser les méninges pour mieux décortiquer cette affaire-là et ses conséquences pour vous deux. Je pense surtout que pour éviter d’être en partie comptable de votre bilan décennal catastrophique il a fait le choix judicieux et sage de sauter de votre navire en perdition 2 ans avant l’apothéose finale et d’explorer de nouveau l’environnement local sans bien savoir pour le moment comment il va pouvoir améliorer son score aux prochaines législatives prévues en 2019 (mais déjà impossibles à tenir vu le calendrier minimum indispensable pour les organiser) et surtout pour être notre prochain président en décembre 2020. Il joue ainsi une nouvelle fois la carte de la 3e voie, celle du candidat anti-ethnique, celui du « Ni RPG / Ni UFDG ». La triste réalité politique est qu’il est originaire d’une minorité ethnique et que dans le contexte politique pourri actuel un président de la république ne pourra gagner que s’il est choisi dans les camps RPG ou UFDG vu que les candidatures indépendantes ne sont pas autorisées. Pour qu’il le devienne il faudrait donc qu’il soit adoubé pour cette élection soit par l’un soit par l’autre et cela est hélas une épreuve presque surhumaine. L’expérience de la présidentielle de 2015 a bien indiqué que cela a était impossible avec l’UFDG en raison surtout de ses militants à courte vue,  fanatisés et aveuglés par le trône devant eux. Il a voulu donc essayer avec vous, je pense qu’il a cru qu’en se rapprochant jusqu’à vous coller « ton pied – mon pied » vous pourriez à deux couillonner votre parti par ailleurs dirigé justement par une majorité de couillons courtisans mais il a fini par comprendre que cela ne marcherait jamais avec vous non plus. Il a donc préféré récupérer ses ailes pour pouvoir redécoller vers 2020. A ce titre je regrette sincèrement que cette bipolarisation monopolistique du jeu politique chez nous risque de réduire pendant encore très longtemps les chances de voir venir une véritable alternative différente capable de mettre en place une équipe de vrais technocrates pour sauver notre pays. Il ne reste qu’une seule solution de déblocage à mon avis : un Rawlings ou un Abeii Ahmed à la sauce Guinéenne mais ça je n’en vois pas encore à l’horizon. Quant aux politiciens de la diaspora qui en auraient le courage et l’envie réelle leur seule chance possible sera de venir plonger pendant quelques années dans le marigot politique local – comme Sydia et Faya et plusieurs autres l’ont fait – pour se faire un nom avant d’espérer la moindre chance d’obtenir 1% des votes lors de toute élection nationale. Voila à quoi nous sommes réduits aujourd’hui. En tout cas je finis en vous souhaitant « Bon Anné – bon Santé ». On est ensemble et je ne vous lâcherais pas surtout avec mes petits conseils mensuels jusqu’à votre départ, inch Allah – promis-juré !

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A propos A.O.T. Diallo

Un quinqua hédoniste qui plane sur le Web...
Cet article a été publié dans 2018. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

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