Une Nouvelle Voie (Janvier 2019) : « je fais ‘glissement’ (de mandat) pour toi aujourd’hui et tu fais ‘glissement’ pour moi demain – Agnon ! »

Bienvenue à mon bilan du 37e mois de la Condécratie version 2.0. Je continue mon exploration mensuelle des méandres des décisions importantes pour la Nation prises par nos nouveaux chefs en proposant des pistes de réflexions et d’actions qui pourraient être envisagées pour que le « vrai changement » soit effectif.

  1. Echantillon de paroles et pensées présidentielles du mois:
  • « Disons-nous la vérité, nous Guinéens nous ne pouvons pas le faire marcher. Si nous nous obstinons à le gérer ça ne va pas marcher. Avant l’enceinte était sale, il n’y avait pas d’accesseurs, 10 à 20 personnes pouvaient se retrouver dans une même salle. Aujourd’hui il y a des ascenseurs partout, au maximum quatre personnes par chambre. Il faut l’entretien et nous ne pouvons pas l’entretien. Regardez la ville de Conakry combien elle est sale. En plus beaucoup de machines arrivent, ce sont des machines que nous ne savons pas manipuler » (le 09, parlant de la gestion du CHU de Donka rénové, lors de l’inauguration d’une machine IRM à la caisse nationale de sécurité sociale).
  • « Monsieur le premier ministre nous avons la sédentarisation des fonctionnaires. Comment voulez-vous qu’un receveur qui était sous la 2ème République, le CNDD, gère autrement ? Il ne peut le faire car il est habitué à voler, il est habitué à trafiquer, comment voulez-vous qu’il change ? La sédentarisation est l’un des grands problèmes que nous avons. Un fonctionnaire ne doit pas rester sur place plus de 5 ans. Mais vous avez peur d’enlever les fonctionnaires, il va aller alerter son village ou sa préfecture pour venir dire maintenant qu’on a enlevé son fils. Si on veut bien gérer on doit avoir la force de faire face à la population. Si quelqu’un de Dubréka gère mal on doit avoir le courage de dire et il doit partir parce qu’il gère mal, ainsi de suite. Il n’a qu’à aller mobiliser la population, on leur dira la vérité. On est là pour gérer les biens de l’état pour protéger la population. Parce que si aujourd’hui nous faisons le recensement des belles villas à Nongo et autres on sera très surpris. Ceux qui crient le plus à la corruption on verra qu’ils ont quatre, cinq ou six immeubles. Alors messieurs les diplomates je peux lancer un défi. Nous allons faire le recensement de très belles villas, des immeubles au bord de la mer. Mais ceux qui violent la loi en faisant les remblayages vous serez très surpris de voir qui sont les propriétaires. Et beaucoup de gens qui crient aujourd’hui vont fuir de honte parce que nous savons comment ils ont géré ce pays, comment ils ont pillé. Si vous regardez la Guinée à partir de l’hélicoptère vous vous demandez si vous êtes en Guinée, vous voyez des immeubles partout. Alors dernièrement lorsque le chef de file de l’opposition du Burkina était là on a été voir les femmes au Boulevard Diallo Telli. Mais je lui ai dit je ne comprends pas où les Guinéens prennent l’argent pour construire les immeubles 6 à 8 étages. Il m’a dit ‘président c’est la main invisible du libéralisme. Quand les gens n’ont pas confiance ils cachent l’argent, quand ils ont confiance l’argent sort. Alors ne soit pas surpris qu’il y ait des immeubles partout’. Je préfère avertir les ministres, aujourd’hui à partir de la présidence je suis capable de suivre tous les paiements d’impôt. J’ai un tableau qui me permet tous les matins de regarder qui a payé qui n’a pas payé, il n’y a plus de possibilité de se cacher. Avant les gens passent de bureau en bureau, les fonctionnaires volent, ils distribuent un peu. C’est pourquoi ils disent que je suis pingre, je ne donne pas l’argent.  Ce n’est pas les réseaux sociaux qui font la Guinée, ce ne sont pas les journaux non plus. L’essentiel de la population sont dans les campagnes. Ces gens  savent quelle est leur situation de vie. Alors que des gens alimentaires s’agitent qui pensent que la politique c’est seulement venir au gouvernement pour piller, voler » (le 23, parlant des fonctionnaires guinéens lors du lancement officiel du numéro d’identification Fiscal Permanent (NIFP) à la direction nationale des impôts ».
  • « Les gens doivent travailler dans un même sens et non chercher à s’imposer les uns sur les autres. Il faut que tout le monde conjugue leurs efforts et éviter de se mettre les bâtons dans les roues. Il n’y a pas deux agendas ou trois agendas, il n’y a que l’agenda du président, tout le monde doit travailler dans ce sens. Donc il n’y a pas de raison que les gens se marchent sur les pieds sur le terrain. Tout le monde sait que la région forestière est le grenier de la Guinée, c’est la principale région agricole, c’est pourquoi nous voulons donner la force à l’agriculture. Je compte sur vous afin qu’on se donne la main et qu’on aille ensemble. Parce que quand on ne donne pas la main on favorise l’ennemi. Parce que très souvent aujourd’hui les opposants ne sont pas des opposants, ce sont des ennemis. Sinon quand on est opposant on cherche à ce que le pays aille de l’avant pour pouvoir hériter d’une bonne situation et non pas détruire » (le 28, lors d’une mamaya dans son palais avec des batteurs de tamtam de la préfecture de Guéckédou venus le prier de poursuivre son œuvre surhumaine pour le pays).
  • Pour : il n’a pas tort quand il décrit notre impossibilité actuelle de gérer convenablement ce CHU tout neuf au vu des pratiques de gestion dans 100% de son administration mais qu’il nous laisse, nous les aigris et déçus, dire cela, pas lui qui est justement élu pour mettre fin à toutes nos carences gestionnaires.
  • Contre : au lieu de nous dire « maintenant je vais monter une équipe spéciale de managers et d’inspecteurs pour surveiller tout ce qui se passe dans la gestion du nouvel hôpital afin pour qu’il soit conforme aux normes internationales dans tous les domaines » il préfère comme d’hab. ses solutions de facilité basées surtout sur son mépris profond des capacités intellectuelles et morales de ses compatriotes avec un « vous êtes tous des cancres alors je vais faire venir des cubains ou chinois pour gérer à votre place ». C’est cela sa stratégie de gouvernance pour l’émergence en 2020. Quant aux propriétaires des 5-6 immeubles et des châteaux familiaux sur remblais en bord de mer là où il est interdit de construire (pour les petits guinéens) qu’il n’oublie pas de rechercher sur cette liste les noms de son fils, de ses femmes et de tous ses potes du palais. Et en fin de mois il a enfin lâché le mot que tout le monde soupçonnait mais qu’il n’avait jamais encore prononcé : les opposants sont devenus des ennemis du peuple, ils ne sont plus des adversaires politiques à son régime. Notre PPAC est tellement prévisible que c’en est devenu risible.
  1. Les décisions et actions « positives » du mois :
  • Le 04, le PPAC tient une de ses promesses pour une très rare fois, il coupe court à la polémique générale lancée par un grand groupe de dépités polygames ou libidineux sur le nouveau code de la famille concernant leurs clauses pour réintroduire la polygamie. Il leur a tout simplement renvoyé leur chiffon à l’assemblée nationale pour une révision.
  • Le 10, le gouvernement et le SLECG (syndicat libre des enseignants et chercheurs de Guinée) ont finalement signé un protocole d’accord au palais du peuple mettant ainsi fin à la grève qui a paralysé presque tout le système éducatif pendant plus de trois mois. Enfin les enfants et leurs maîtres vont pouvoir retourner dans leurs classes où de toute façon hélas ils n’apprennent pas grand-chose. Les egos surdimensionnés, les concours de bras-de-fer et les demandes farfelues ont finalement laissé la place à des concessions minimales des 2 cotés. Ceci est un point positif pour le PPAC et Don Kass-Kass mais mon Dieu pourquoi tout ce temps perdu pour arriver à un accord aussi simple et logique ? C’est ce que les américains appellent un pissing contest où chacun apparaît finalement ridicule une fois que le calme est revenu.
  • Le 14, le PPAC décrète enfin la liste complète des nouveaux membres de la commission électorale nationale indépendante (CENI).Les 17 membres (au lieu de 25 dans la précédente) se repartissent en 7 pour la mouvance présidentielle, 7 pour les diverses oppositions, 2 pour la société civile et 1 pour le ministère de l’administration du territoire. Bref nous sommes au 1e pas réel vers les prochaines élections législatives et présidentielles – juste des baby steps avant la fin du processus.
  • Le 21, l’ancien président de la CENI, en place depuis juillet 2017 est reconduit lors d’une élection interne à l’institution. La loi exige qu’il soit choisi parmi les représentants de la société civile et comme ils ne sont que deux, autant que ce soit celui qui sait au moins ce que signifie l’acronyme de son institution. On sait donc aussi à quoi s’attendre avec ce vieux machin électoral relooké.
  • Pour : concernant son rejet de cette tentative sournoise de ramener officiellement la polygamie dans nos lois il l’a fait par un courrier envoyé au président de l’assemblée où il rappelle l’article 079 de la constitution (l’égalité entre hommes et femmes) pour demander au parlement de « procéder  à une nouvelle délibération sur le code civil, en l’occurrence la disposition relative à la polygamie et la monogamie ». Il semble tenir bon sur ce coup-ci – pour le moment. Nous attendons donc le prochain round car le combat est loin d’être fini et il a en face de lui des has-been déterminés dont plusieurs ont de multiples épouses dont ils sont très fiers, sous le couvert de la religion et des traditions séculaires surtout quand ça les arrange. Concernant le protocole d’accord entre gouvernement et syndicat des enseignants, parmi les résolutions positives et constructives je retiens en particulier « Le dégel exceptionnel des salaires des enseignants pendant la période de grève, octobre, novembre et décembre 2018, la création à compter du lundi 21 janvier 2019 d’une commission mixte gouvernement-SLECG-USTG en vue de procéder à l’assainissement du fichier des fonctionnaires enseignants, les économies réalisées après cet assainissement seront affectées sur le salaire de base sans aucune incidence financière et sans que cela ne traduise une augmentation de la masse salariale, le rétablissement des enseignants mutés ou demis de leurs fonctions pour fait de grève dans les institutions d’enseignement supérieur et du ministère de l’éducation nationale et de l’alphabétisation, les parties s’accordent que nul ne sera poursuivi ou sanctionné pour fait de grève, Le SLECG s’engage à organiser les cours de rattrapage à tous les niveaux pour combler le retard accusé dans le calendrier scolaire ». Maintenant attendons de voir la mise en application.
  • Contre : concernant la nouvelle CENI, en fin de cérémonie les 17 ont tous proclamé à haute voix des « je jure de ne pas mentir, tricher et voler le budget » avec enthousiasme et sourires en coin devant le président de la cour constitutionnelle, y compris les représentants de l’opposition qui avaient juré il y a quelques mois de ne jamais reconnaitre celui-ci que je surnomme « Maitre sirène révisionniste » comme chef de cette institution. Dès qu’on est choisi pour la mangeoire ici et que le prize money est dans le champ de vision, du coup on adore tout le monde comme « même mère, même père ».
  1. Les décisions et actions « négatives » du mois :
  • Le 02, un journaliste de Guineews.com (Amadou Tham Camara) nous rappelle qu’en réalité nos chers dépités qui crient tant contre l’éventuel 3e mandat du PPAC sont eux-mêmes « expirés » de leurs strapontins. Si le repère de fin de mandat est la date de publication des résultats définitifs des dernières élections législatives elles auraient dû être reprises avant le 25 novembre 2018 car la cour suprême de Guinée les avait publiés le 25 novembre 2013. Si leur date d’expiration est comptée à partir de l’entrée en fonction des députés dans ce cas ce sera  dans 10 jours, car c’est  le 13 janvier 2014 que l’actuelle assemblée s’était réunie pour sa première séance plénière. Dans tous les cas la prochaine session des lois d’avril 2019 trouvera que leur mandat est caduc depuis belle lurette.
  • Le 07, le boss décrète une ribambelle de haut-gradés de sa milice nationale aux postes d’ambassadeurs. Ces généraux-TGV sont issus de l’armée de terre, de la gendarmerie et de la police. Parmi eux l’un des derniers militaires Guinéens qui sache s’exprimer correctement dans un français compréhensible. Imaginez donc ces zozos dans les cocktails et diners diplomatiques, ils vont faire plonger notre image internationale encore plus profondément qu’actuellement. Par ailleurs le lendemain il chamboule discrètement toute la hiérarchie de la grande muette : à l’exception du chef d’état major des armées, de son adjoint et du haut commandant de la gendarmerie nationale tous les autres chefs d’états majors ont été remplacés par le chef suprême de nos armées. Tout ceci confirme un peu les rumeurs de bruissements au sommet des casernes dans les dernières semaines de 2018 suivis de dispositifs préventifs particuliers devant les portes de tous les camps militaires le 31 décembre. Avec la campagne de 2020 qui approche on n’est jamais trop prudent, surtout pour un enfarineur comme notre boss bien mal-aimé.
  • Le 09, lors d’une conférence de presse organisée par l’ambassade de Belgique le directeur général de l’office belge des étrangers nous fournit des informations qui font froid dans le dos : « La Guinée et la Belgique ont en commun cette préoccupation majeure. Ainsi en 2018 les autorités belges ont enregistré 1125 demandes d’asile introduites par des Guinéens. Ces chiffres placent la Guinée dans le TOP-5 des pays pourvoyeurs de demandeurs d’asile en Belgique aux côtés de pays en guerre tels que la Syrie, la Palestine, l’Afghanistan et l’Irak. Le constat est alarmant d’autant plus que bon nombre de ces demandes sont injustifiées ou composéede fausses déclarations. L’utilisation très fréquente de documents faux ou falsifiés est très répandue mais cette pratique se retournera systématiquement contre le fraudeur grâce à une vérification approfondie et systématique des dossiers… Néanmoins, poussés par la pauvreté ou le manque d’opportunités et de perspectives économiques des milliers de jeunes Guinéens continuent à quitter leur pays à la recherche de conditions de vie meilleure ». Et pourtant cette mauvaise-langue a été reçu ensuite par le boss à Satanya – il s’ennuie ferme dans ses lambris donc il reçoit tout les toubabs qui arrivent à l’aéroport.
  • Le 09, lors de la présentation des vœux du corps diplomatique l’ambassadeur de Russie, doyen de ce corps nous a montré que le monopole de la démagogie et de la courtisanerie au pays n’était pas forcement Guinéen. Ce pantin communiste n’a eu aucune honte à dire devant les TV et radios : «Sous les yeux des ambassadeurs la Guinée devient le premier pays exportateur de la bauxite au monde. Sous nos yeux la Guinée devient le pays le plus électrifié de l’Afrique de l’Ouest… A quoi ça sert une alternance si tout va bien ? C’est la culture de ‘c’est notre tour’, c’est forcément notre tour qui crée des problèmes, Rien n’est statique… Même dans la Bible il y a eu l’ancien testament et ensuite le nouveau testament. C’est à la constitution de s’adapter aux réalités, ce ne sont pas aux réalités de s’adapter à la constitution. On ne change pas un cheval au milieu de la rivière ». Même le boss a été surpris de tant de mamayisme venant même maintenant des étrangers qui le servent. Dans sa réponse il n’a pas hésité à « inviter les diplomates à chercher à connaitre le pays avant d’en faire un jugement et que le pays ne restera pas dans l’anarchie ». Et pan sur le bec du courtisan mielleux ! En tout cas ça va chauffer pour cet ambassadeur quand il va se retrouver en tête à tête avec les autres ambassadeurs des big brothers à la sortie de cette rencontre. Camarade Poutine peut être fier de son ambassadeur, il a dû le former lui-même.
  • Le 10, le PPAC décrète un général de brigade (Mohamed Lamine Diarra) comme conseiller près le cabinet de la présidence de la république. Le général était le commandant du BATA (brigade autonome de troupes aéroportées), l’un des bataillons d’élite de la milice nationale. Le hic ici c’est qu’en 2014 il s’était fait connaitre de tous ses compatriotes lors d’un procès civil où il avait été condamné pour outrage à magistrat. Il avait osé prendre au collet le juge en plein tribunal pour lui prouver que ‘le pays est commandé’. Il avait écopé de 6 mois de prison dont trois avec sursis. Il avait certes interjeté appel et l’affaire est toujours en cours dans les tribunaux. Bref un sacré ajout au zoo humain du palais de Satanya, un nouveau faux démocrate respectueux de la séparation des pouvoirs. Tout ça pour mieux préparer 2020 ?
  • Le 11, le PPAC décrète que « l’assemblée nationale est habilitée à continuer à assumer les fonctions législatives jusqu’à l’installation de la nouvelle institution parlementaire ». Il dit avoir pris cette décision en se basant sur des dispositions (très vagues et interprétables selon les besoins) de la constitution, des lois organiques sur les élections et sur le règlement intérieur de l’assemblée nationale. C’est à croire qu’il y a une véritable complicité entre ces dépités, en particulier ceux de l’opposition et le PPAC, comme s’il leur avait dit en cachette : « Vous pouvez crier un peu mais pas trop quand même car nous sommes embarqués après tout dans la même barque du pouvoir et pour aussi longtemps que possible ». Et ça marche bien pour le moment, avec beaucoup de bégaiements et d’atermoiements de leur part sur leur choix de siéger ou pas. En acceptant de siéger ‘hors-la-loi’ ils offriront la jurisprudence rêvée au PPAC qui se l’appliquera immédiatement pour l’élection présidentielle quand les conditions de celle-ci ne seront pas remplies en décembre 2019. Inutile de dire que la jurisprudence ainsi établie offre un bonus indéterminé aux députés qui se feront très discrets sur le sujet en espérant que nous l’oublierons très vite. Sacré PPAC, c’est du « Je fais pour toi – tu fais pour moi ». Et le travail de laminage systématique de toutes les institutions du pays en dehors de la sienne évolue à merveille – il est vraiment trop fort pour eux ce sacré opposant hystérique.
  • Le 12, le boss limoge la directrice du port autonome de Conakry selon certaines indiscrétions du palais pour ‘faute lourde’ : elle est une amie proche de l’épouse du chef de file de l’opposition. Et pourtant elle avait été nommée il y a moins de 4 mois soit des décennies après cette « amitié sacrilège » ce qui montre la qualité des enquêtes préalables avant toute nomination des hauts cadres de l’administration. Mais le plus marrant est qu’elle est remplacée par l’ex-directrice adjointe du même port qui s’était ridiculisée il y a moins de 6 mois devant tous les Guinéens pour sa justification de la vente du port à la famille Erdogan, à tel point que tout le monde l’a surnommée « (j’ai) Cacheté ». La directrice générale de l’époque, actrice principale de ce comedy-show a elle été surnommée « (j’ai) Signé ». Celle-ci est bombardée le même jour comme présidente du conseil d’administration de la SOGEAC, la société de gestion de notre aéroport international, là où elle aura beaucoup de signatures de business louches tous les matins. La leçon dans tout ça : quand tu gères pour notre boss il faut déconner, détourner et voler en milliards, un peu moins que lui quand même – et il va t’adorer et ne plus jamais te lâcher, tu vas grimper l’échelle en 4X4.
  • Le 14, c’est un nouveau chef d’une institution nationale qui démissionne, le président de l’institution nationale indépendante des droits de l’Homme (INIDH). Selon le site d’information Guineematin.com : « contrairement à son prédécesseur qui a expédié sa lettre de démission aux médias le même jour le président démissionnaire de l’INIDH a préféré remettre discrètement sa lettre au ministre conseiller du président de la république chargé des relations avec les institutions et il est resté plus de dix jours avant de sortir du pays. Et depuis deux semaines cette démission était gardée secrète puisqu’on chercherait à convaincre Alia Diaby à revenir sur sa décision.. Si l’argument du démissionnaire est la recherche d’un titre de professorat beaucoup de Guinéens parlent (plutôt) de faibles moyens accordés à cette institution républicaine. Mais en réalité c’est le régime Alpha Condé qui voit sa crédibilité s’effriter au moment où les velléités du chef de l’état à s’accrocher au pouvoir après son deuxième et dernier mandat ne font plus de doute. Seulement, il importe de préciser que contrairement au ministre Khalifa Gassama Diaby le Dr. Alia Diaby n’était pas critique contre le régime Alpha Condé. Il semblait plutôt être un des agents qu’on a placé pour empêcher l’avènement d’un président de cette institution proche du peuple ». Bref pas de quoi s’enthousiasmer – c’est juste un mamayeur de moins, surement déçu des promesses de gros sous non tenus et donc d’annulation forcée de nombreux chantiers personnels.
  • Le 16, hop il est reparti – cette fois-ci pour un sommet extraordinaire de l’U.A à Addis-Abeba sur la crise électorale en RDC et ensuite laa Antatanarivo pour participer à l’intronisation d’Andry Rajoelina, le nouveau dictateur de Madagascar. Ses retrouvailles avec tous ses homologues du Sud et de l’Est du continent sera surement marrante pour nous à suivre sur la TV-PPAC. Et surtout le plus important – la grande photo de famille avec tous les pontes invités pour garnir un peu plus les murs des salons de notre chef.
  • Le 17, malgré les pantalonnades de l’ambassadeur de Russie, de Don Kass-Kass et de leur mentor/boss qui affirment pompeusement que « Sous nos yeux la Guinée est devenu en 8 années le pays le plus électrifié d’Afrique » le tout récent rapport ‘Doing Business 2019’ de la Banque mondiale donne des chiffres bien différents : « la Guinée est classée dans ce rapport 146e pays en matière de raccordement à l’électricité et 26e pays africain juste après les Comores et la Côte d’Ivoire. Elle affiche un score de 55,84/100 en obtention d’électricité et un score de 0/8 en matière de fiabilité de l’offre et de transparence des tarifs ». A votre avis, qui dit la vérité dans cette affaire-là ?
  • Le 19, une certaine plateforme nationale du mouvement citoyen “Ma Cause” a organisé une conférence-débat autour de la constitution guinéenne. Cette rencontre d’échange et d’information a réuni des députés, des représentants de partis politiques, de la société civile et des citoyens des cinq communes de la capitale. Selon les organisateurs « made in Sanseman »:  « Ils entendent créer un espace d’échange sur toutes les dimensions citoyennes de la constitution guinéenne de 2010 ; porter un regard critique et citoyen sur les faiblesses de la constitution actuelle ; capitaliser les expériences et tirer les leçons sur les crises liées aux vices du cadre normatif ; approfondir la réflexion et proposer des réponses triptyques ; faire des propositions sur les orientations à soumettre aux citoyens dans le cadre de l’approfondissement et de l’adoption de l’option choisie ». Les débats étaient dégoulinants de cirage de pompes, démagogie éhontée et courtisanerie typiquement Guinéenne – la ficelle pour ‘légaliser’ le 3e mandat’ est plus grosse que ma jambe. Parmi la conclusion et les leçons finales la principale est que « le Peuple » exige la modification de la constitution et qu’on ne peut rien refuser au Peuple ». Et  ils sont persuadés que cela suffit, que le tour sera joué, qu’une majorité de Guinéens abêtis, rendus amnésiques et aveugles par 61 années du PDGisme dans ses différentes versions vont applaudir et danser. Le pire c’est que ça pourrait effectivement marcher – c’est aussi ça la Guinée. Mmes et Mrs, accrochez-vous, nous nous dirigeons tout droit vers une révision de notre constitution puisque vous le Peuple l’exigez, même sans le savoir.
  • Le 28 lors de la présentation de son bilan de l’année 2018 devant la presse, le nouveau comedy-club local des cancres de la république imposée par le PPAC, la 3e à passer est sa ministre de l’agriculture et elle a fait très fort dans ce nouvel art pour elle. Après une présentation laborieuse et inconsistante de près d’une heure par une présentatrice effrayée par autant de micros et de cameras branchés pour la 1e fois de sa vie sur elle, elle a eu une réponse effarante à la question suivante d’un journaliste : « pourquoi l’agriculture malgré les efforts cités lors de sa conférenc, n’arrive pas à nourrir la population ? ». Voici sa réponse in extenso : « « La question de la sécurité alimentaire, elle est réelle,  quand on dit nourrir tous les Guinéens, cela c’est entre griffes. Vous savez bien, nous sommes nourris, que ce problème d’autosuffisance est une réalité et que toutes les dispositions sont prises, tout ce qui a été énuméré ici, c’est encore une réalité. La production du riz, on vous a dit tout de suite que c’est passé de un million et poussière à plus de deux millions. Donc je pense que c’est atteint (l’autosuffisance alimentaire, ndlr) et que je peux dire qu’il y a une surproduction, mais qu’est-ce qui se passe ? Le riz guinéen, si nous prenons exemple sur cette céréale, il est prisé, la méthode de transformation, par exemple l’étuvage, intéresse bien les gens, qui donne une certaine qualité au riz, la saveur et tout ce qui fait que ce riz est demandé même par les voisins. Et comme il y a des accords il y a une partie qui va de ce côté. Mais c’est quand on a fini de manger qu’on vend le reste. Donc il y a à manger… ». Si l’un de vous comprend ce charabia digne de son mentor, prière de m’envoyer une traduction en français.
  • Le 29, le tristement célèbre Ibrahima Kalil Konaté dit « K carré », ancien ministre de l’éducation qui avait été incapable de lire les chiffres en milliards de son budget annuel devant la télé nationale avec comme pitoyable défense « Je me suis pas beaucoup frotté au chiffres » est décrété par le boss comme président du conseil d’administration de la LONGUI, la société publique de loterie – Ehh Dieu, il n’y a donc aucune limite à la médiocrité aux commandes du Sanseman. Les gagnants en millions sont sûrs d’empocher des milliards maintenant.
  • Le 31, La cour suprême se prononce enfin sur le recours en annulation pour excès de pouvoir introduit par le député de l’opposition spolié de sa victoire à l’élection au poste de maire de la commune de Matoto par une décision le 16 décembre 2018 du ministre de l’administration du territoire qui ordonnait la reprise de l’élection pour une pagaille organisée par lui lors du vote. La cour s’est déclarée incompétente même si elle reconnait que la requête est recevable. Selon elle la décision du ministre d’annuler le vote est indissociable du processus électoral d’où les raisons de son incompétence à connaitre de cette affaire. Ce que j’aime bien avec cette institution nationale c’est qu’elle reconnait elle-même chaque fois qu’elle est consultée sur le moindre dossier juridique qu’elle est incompétente parce que composée d’une joyeuse bande d’incompétents. Elle nous gâche tout le plaisir de le dire et de le prouver à sa place.
  • – Le 31, les nouveaux décrets tous les soirs au JT de 20h atteignent un nouveau sommet : plus de 100 nouveaux ‘hauts cadres’ sont nommés ou inter-changés dans les différents ministères et c’est le même processus tous les soirs depuis le début de la semaine. A moins de 2 ans de la présidentielle le message est clair : des militants zélés sont placés partout pour assurer la victoire.
  • Pour : comme chaque mois, R.A.S…
  • Contre : concernant la prolongation du mandat des députés cette fois-ci la plus grande honte vient de la réaction de ceux de l’opposition qui chantent partout qu’ils sont contre celle du PPAC au delà de son terme mais ne veulent pas appliquer la même chose pour eux. Leurs leaders parlent, parlent, dénoncent, critiquent, manifestent et créent de nouvelles victimes tous les mois mais aucun ne dit qu’en conséquence de cela ils vont refuser de siéger, ce qu’ils auraient du faire le même jour. Sans sacrifices ils valideront tout sur leurs intentions réelles dans cette assemblée : le fric et autres avantages. Et en dehors de quelques grosses pontes aux poches profondes parmi eux tous les autres n’accepteront jamais de se faire un harakiri financier sans y être forcés et ça leurs chefs le savent alors c’est à eux d’oser l’exiger de leurs petits poissons. Quant au prétexte de dire que s’ils partent le PPAC pourra faire ce qu’il veut par ordonnances, qu’ils cessent de nous faire rire : n’est-ce pas déjà le cas depuis qu’ils sont là ?  Qu’ils me citent une seule fois où sa volonté a été contrecarrée par eux.

Tic-tac, Tic-tac, la montre tourne ; aujourd’hui est le 2962e jour de l’ancien « Guinea is back » et du nouveau « changement radical » – déjà 08 ans, 01 mois et 10 jours ! Aladji-Professeur-Président voici ma suggestion SMART (Spécifique, Mesurable, Atteignable, Réalisable et Temporellement définie) du mois pour améliorer un peu votre Sanseman : grand boss, tout d’abord BRAVO pour votre nouvelle trouvaille de glissement du mandat des dépités du peuple. Vous leur avez joué avec brio le « Je fais le glissement pour vous aujourd’hui et vous faites le glissement pour moi demain – Agnon ! » et du coup vous avez obtenu les balbutiements publics et la gêne coupable de vos ‘ennemis’ devant leurs militants non fanatisés et surtout devant tous les autres Guinéens sur leurs intentions parlementaires principales : les salaires et autres avantages de fonction. Un seul député a osé protester en demandant qu’ils se fassent tous harakiri mais tous les autres ont bien rigolé et ne lui ont même pas répondu – là encore à votre plus grande joie. Maintenant à vous de les attendre au tournant en fin 2019. Et votre reclassification ces jours-ci de l’appellation habituelle « opposants de mon régime » en « ennemis du peuple » ne manque pas elle aussi de piquant politique – vraiment vos racines communistes Feanfardes ne sont jamais très loin dès qu’on gratte un peu sur votre carapace de vieux crocodile. Les seuls vrais perdants dans tout ça ? Nous vos pauvres administrés, coincés comme des souris au milieu d’un combat d’éléphants.

Cher tonton, il faut nous expliquer un peu plus votre affaire de « généraliser » notre diplomatie déjà si mal en point. Il semblerait que vous avez en fait choisi de vous débarrasser de certains des officiers supérieurs nommés par vos prédécesseurs qui avaient la réputation d’être des barons bien établis dans leurs services respectifs que ce soit au ministère de la défense, à l’état-major général des armées et dans les dispositifs de commandement de la police et de la gendarmerie. Quatre généraux-TGV du pays dans quatre postes « pourris » puisqu’il y a peu de possibilité pour du bizness lucratif dans ces pays en faillite : Cuba, Mali, Guinée Bissau et Angola. Un seul veinard et c’est la seule femme (contrôleur général de la police) qui hérite du Sénégal qui est vraiment un poste de rêve pour elle qui sort des bureaux crasseux de la police nationale à Conakry. Néanmoins c’est bien de diminuer la pléthore de kakis bardés de décorations en chocolat « made in Fory Coco / petit dadais / maréchal tigré » mais pardon il ne faut pas nous ridiculiser davantage devant nos partenaires dans leurs pays. Imaginez leur calvaire et notre honte devant vos homologues et leurs télévisions quand ils vont trébucher sur les mots et suer à grosses gouttes malgré la climatisation pour lire un discours de 2 pages. Je ne vous parle même pas des cocktails et diners diplomatiques où ils seront les nouvelles sensations pour les potins et bon mots/maux qui seront distillés en sourdine dans leurs dos. Nous avons appris qu’il y a eu des bruits de botte dans les casernes en fin décembre mais votre solution pour tuer une révolte éventuelle dans l’œuf n’est pas la meilleure : proposez-les plutôt gratuitement ou pour 1 franc symbolique au prince MBS de royaume Saoudien pour les mettre au front au Yémen ou en Syrie. N’importe où mais pas dans nos ambassades déjà si mal en point, Yandi ! J’ai écouté un comique raconter qu’en fait ce jour-là, quand vous avez mis France24 et que vous y avez vu des putschistes en bérets verts annoncer qu’ils renversaient leur président pour incapacité de gérer son pays vous avez au départ cru que c’était ici alors que c’était plutôt au Gabon. Immédiatement il semblerait qu’après vos premiers tremblements passés vous avez ordonné de dégager tous les chefs-kaki avec des bérets verts du pays. Il faut cesser d’avoir peur comme cela, surtout à votre âge-là maintenant. A l’époque vous pouviez encore grimper les murs de stade au 1e coup de feu mais ça c’est terminé maintenant alors « doye-doye  » comme on le dit chez nous dans des cas de panique comme ça. Un journaliste du site Kababashir.com (Ibrahima Sory Camara ) résume bien ce que de nombreux Guinéens réfléchis pensent de votre dernière manœuvre politico-politicienne : « Ces nominations des officiers supérieurs de l’armée intervenues le jour même du coup de force avorté au Gabon et au moment où le mandat des députés tire à sa fin suscite des interrogations. Nécessité de service ou agenda caché ? En tout état de cause, bon nombre d’observateurs y voient de cette nomination des officiers des forces armées dans la diplomatie, une manière d’éloigner certains hauts gradés dont on aurait des craintes et en prévision d’un éventuel putsch, au cas où président Alpha Condé, tenterait de modifier la Constitution pour s’octroyer un troisième mandat…  S ‘agit-il d’une réorganisation de l’armée ? Pourquoi envoyer des officiers supérieurs ayant pris une part active dans la reforme des forces de défense et de la sécurité, garant de la démocratie et des institutions républicaines,  comme représentants diplomatiques ? Un analyste politique va jusqu’à se demander si « La diplomatie guinéenne est si FORTEMENT en crise qu’il est devenu URGENT de faire appel à des cadres des Forces de Défense et de Sécurité pour sauver les meubles. Ou bien il faut fabriquer rapidement des diplomates pour les envoyer aux quatre coins de la planète pour « sauver » l’image de la Guinée à l’étranger et en même temps, c’est le plus important, déstabiliser et débarrasser l’armée de ses FORTES TÊTES.  Il est question de faire de pas moins de quatre hauts gradés de l’armée guinéenne des diplomates dans des pays qui ne requièrent nullement une relation militaire particulière avec la Guinée. Voilà tant de questions que l’on se pose aujourd’hui et dont seul le locataire du palais Sékhoutouréyah pourrait apporter une réponse claire et précise à ces préoccupations ». Et oui, camarade PPAC il faut nous dire la vérité-vraie, pas celle du boulanger national. Et puis 3e mandat c’est Niet, un point, un trait. N’essayer même pas, on ne mordra jamais à cette hameçon-là, même quand vous nous l’enfoncerez de force dans la gorge.

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A propos A.O.T. Diallo

Un quinqua hédoniste qui plane sur le Web...
Cet article a été publié dans 2019. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

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