Une Nouvelle Voie (Février 2019) : « entrainement électoral à Matoto avant la présidentielle – ça crie, ça menace mais finalement ça passe-Net – comme en 2020 ? »

Bienvenue à mon bilan du 38e mois de la Condécratie version 2.0. Je continue mon exploration mensuelle des méandres des décisions importantes pour la Nation prises par nos nouveaux chefs en proposant des pistes de réflexions et d’actions qui pourraient être envisagées pour que le « vrai changement » soit effectif.

  1. Echantillon de paroles et pensées présidentielles du mois:
  • « C’était clair pendant la première république la terre appartenait à l’état. Mais aujourd’hui nous sommes dans une  situation totalement ubuesque : on ne sait plus à qui appartient la terre. Il est nécessaire que nous ayons une nouvelle réforme foncière. Comment voulez-vous que les gens viennent construire, après vous vous dites que la terre appartient à vos grand-pères. Aucun préfet n’a le droit de faire un bail a plus forte raison vendre un terrain. Nous avons constaté que certains préfets et maires ont vendu les terres de l’état.  Nous sommes en train de mener les enquêtes, tout terrain vendu de façon illégale sera repris par le gouvernement sans indemnisation. Par contre si le terrain est vendu légalement par un fonctionnaire nous allons procéder à l’indemnisation et poursuivre en justice le fonctionnaire qui a vendu le terrain. Les gens se battent pour être maires en pensant qu’ils vont vendre les terrains et s’enrichir, ce n’est pas possible. Quiconque vend un terrain sera poursuivi sans aucun état d’âme. Vos élections à la tête des exécutifs communaux confirment à tous les niveaux que le choix du peuple de Guinée repose substantiellement sur les fondements et des principes démocratiques. Ce ne sont pas les ONG et des individus qui sont les porte-paroles du peuple alors que personne ne les a élus, ils ne représentent qu’eux-mêmes. Evidemment l’évolution du monde est en train de nous donner raison. Ceux qui soutenaient ces ONG qui ne présentent rien sont en train d’être confrontés au même problème chez eux. Sans compromission j’ai consacré tout mon  temps à défendre les vertus cardinales pour que les fils et filles de Guinée puissent exercer leur droit et se sentir égaux dans la jouissance des normes consacrées par notre constitution. La mauvaise gouvernance n’est pas seulement au niveau central mais aussi dans les décentralisations. Combien de responsables locaux ont détourné les ristournes minières ? L’incompréhension sociopolitique durant ces dernières années ponctuée dans une période de deux ans de maladie à virus Ebola m’ont empêché d’apporter des réponses adéquates aux demandes sans cesse et croissantes des populations… Dès que tu lui donnes un petit pouvoir le Guinéen pense qu’il est au-dessus de tout le monde. Pourtant ‘Quand tu t’élèves, Dieu t’abaisse. Quand tu t’abaisses, Dieu te relève’. Nous sommes des musulmans mais très souvent nous oublions cela. On doit être modestes, simples, accessibles et être à la disposition de la population. Si les autorités ne sont pas accessibles comment pourront-elles connaitre les préoccupations des populations ? Nous, notre rôle sera de chercher des moyens pour répondre aux attentes des populations » (le 14, devant les nouveaux élus locaux lors de l’ouverture des états généraux de la décentralisation et du développement local).
  • « Les Guinéennes sont belles. Je veux qu’elles restent belles. Comme le fonio est très difficile à travailler j’ai dit que je ne veux pas que les femmes aient des calles dans les mains. Grâce aux artisans de Faranah nous avons fabriqué des machines, une qui décortique, une qui pile et une autre qui lave » (le 16, en parlant de la filière fonio en Guinée).
  • Pour : il n’y a vraiment rien de potable ce mois-ci dans tout ce charabia presidentiel.
  • Contre : encore des menaces mais tout le monde s’en fout et rigole en coulisses, ce disque rayé n’effrayant plus un seul guinéen, surtout les fonctionnaires, depuis de longues années maintenant. Et il va du coq à l’âne sans aucun gène chaque fois qu’il prend la parole.
  1. Les décisions et actions « positives » du mois :
  • Le 03, le ministre des travaux publics Moustapha Naité, le roi du buzz médiatique dans ce gouvernement de bras cassés, fait une confidence d’une franchise toute à son honneur : « Il y a une solidarité infranchissable des médiocres qui se mettent ensemble. Ils savent qu’ils n’ont pas de compétences. Ils se mettent ensemble et disent ‘On n’a pas le niveau, on n’est pas bons, mettons-nous ensemble pour attaquer l’autre qui est tellement bon, qui est bon. Puisque nous sommes ensemble c’est la loi du nombre qui compte. On va donc le déstabilise’. C’est comme ça malheureusement dans notre pays ». Il a regroupé ainsi une majorité des hauts cadres qui gèrent ce pays actuellement, son gouvernement, son parti, ses partis ‘ennemis’ et les principaux cercles d’influence du pouvoir. C’est ça la médiocratie Guinéenne. Maintenant vous faites quoi dans ce bateau, Mr le ministron ? Ah oui, remplir vos poches et celles de vos proches.
  • Le 04, c’est une grande première dans le système judiciaire guinéen : un officier des forces d’insécurité est condamné à de la prison ferme pour avoir tué un militant civil qui ne manifestait même pas ce jour-là. Hélas il a fallu plus de 100 morts parmi les manifestants pacifiques pour qu’un milicien criminel soit condamné – mais bon comme on dit chez nos cousins toubab ‘Mieux vaut tard que jamais’. J’espère surtout que cet avertissement fera mouche dans les baraques de ses collègues et sous-fifres policiers et gendarmes et fera passer le message que les crimes sont imprescriptibles, y compris pour eux. La justice c’est comme une bonne sauce africaine, c’est plus succulent lorsqu’elle est réchauffée après un séjour au congélateur.
  • Le 05, le sale temps pour nos farces de dépenses et d’insécurité se poursuit. Un 2e criminel en kaki est condamné pour l’ensemble ses œuvres : le tribunal criminel de Dixinn a rendu son verdict dans le procès du commandant de la BAC n°8 de Kakimbo (Conakry), poursuivi pour tortures d’un détenu. Le soi-disant commandant Salifou Walto Soumaoro a été reconnu coupable et condamné à 6 ans d’emprisonnement plus le paiement d’une amende de 10 millions de francs. Autant donc donner ce mois-ci un satisfecit au ministre de la justice vu que tout le monde sait que tous les juges du pays prennent directement leurs verdicts sur ordre de l’exécutif.
  • Le 14, lors du conseil des ministres le PPAC a donné des instructions ‘fermes’ interdisant formellement l’utilisation de militaires pour assurer la sécurité personnelle (garde-corps) de citoyens privés. « En dehors de cas exceptionnels reconnus par l’Autorité tout contrevenant ainsi que les supérieurs hiérarchiques ayant autorisé ou toléré cette pratique seront sévèrement sanctionnés. Il est aussi rappelé les directives relatives à l’utilisation des sirènes par les véhicules de l’état. Seuls les véhicules dûment autorisés par la réglementation en vigueur sont habilités à user d’avertisseurs sonores spéciaux dans le cadre de mission officielle ». Et oui chers amis, il n’y a pas besoin d’être un Pablo Escobar pour avoir 2 gorilles menaçants avec bérets dans son char de commandement, 1 motard casqué et 1 jeep de molosses avec sirènes assourdissantes devant et derrière. Il suffit juste de 100.000 francs guinéens par tête de pipe et le tour est joué.
  • Le 16, une usine de transformation d’anacardes a été inaugurée à Kankan. C’est l’une des premières unités de transformation du pays depuis 8 ans de Sanseman avec une capacité de production annuelle de 10.000 tonnes. Cette usine est le fruit d’un investissement de la société privée « Diaouné Agro Industrie », une filiale de la société « Diaouné et Frères ». Selon le matamore de notre Sanseman la production annuelle du pays a déjà atteint 70.000 tonnes en 2018 et elle sera supérieure à 200.000 tonnes d’ici 2025 grâce à son programme d’appui et de distribution de semences. Le personnel entièrement national est composé de 500 personnes dont 80% de femmes. Maintenant attendons 12 mois pour voir si ça marche toujours malgré les vautours de l’environnement direct et indirect de cette PME : le gouvernorat, la mairie, Tiegboro et ses sbires affamés, les agents corrompus des impôts commerciaux et de la douane et tous les autres vautours qui réussissent presque chaque fois à décourager toutes les bonnes volontés nationales ou étrangères voulant investir dans ce pays. En tout cas merci au gouvernement de n’avoir pas boycotté ces entrepreneurs locaux pendant le montage et le démarrage de leur projet et bonne chance aux frères Diouné – vous en aurez vraiment beaucoup besoin. J’espère aussi pour vous que vous avez de solides protecteurs au palais Satanya, pré-condition indispensable pour venir dépenser des millions ici.
  • Le 27, finalement le ministère de la ville et de l’aménagement du territoire met un frein à la folie destructrice des petits fonctionnaires véreux, policiers et gendarmes sur les habitations des pauvres gens dans les quartiers de Kaporo Rails et de Kipé 2. Il rappelle par un communiqué officiel que les opérations de déguerpissement portent uniquement sur les 169,8 hectares du site du quartier Koloma appelé communément ‘centre directionnel’ qui est dédié aux services administratifs. Seules ces opérations de récupération continueront leur cours normal. Il fallait ça pour mettre fin aux exactions commanditées par ces fonctionnaires zélés, véritables vampires enragés qui salivent devant le spectacle dégoutant de grues et bulldozers qui écrasent sans pitié les réalisations immobilières, fruits des économies de dizaines d’années de dur labeur de milliers de pauvres gens-d’en-bas. Finalement c’est le soulagement total pour toutes les familles qui attendaient avec leurs bagages devant la porte d’entrée l’arrivée des monstres métalliques de destruction. Quant à celles qui ont tout perdu avant que le bon sens ne revienne dans le gouvernement ce sera tant pis pour eux – ils deviennent de simples dégâts collatéraux du Sanseman.
  • Pour : concernant le militaire condamné pour le meurtre du jeune lors d’une marche de l’opposition voici un résumé du site Africaguinee.com (Boubacar Bah Loudah) : « Le capitaine Kaly Diallo accusé dans le meurtre d’un militant de l’opposition a été condamné ce lundi 4 février par le tribunal de Dixinn.  L’acte s’est produit en août 2016 à Bambéto en marge d’une manifestation de l’opposition. L’officier de police a été condamné par le tribunal de Dixinn à dix ans de réclusion criminelle et au payement de 50 millions de francs guinéens à titre de dommages et intérêts  à la partie civile. Au cours de son procès ce haut gradé de la police avait nié les faits qui lui sont reproché. Il avait cependant reconnu que les forces de polices sortaient avec des armes létales lors des certaines opérations de maintien d’ordre alors que les autorités actuelles ont toujours nié ça.  ‘ Ce jour, le 16 août 2016, c’est le commandant adjoint Soriba Soumah qui nous a autorisés à sortir avec les armes. Tous les officiers étaient autorisés à sortir ce jour avec les armes. Je portais mon arme PMAK qui prend 30 balles. Mais ce jour, mon arme avait dans son chargeur 13 munitions et je n’ai tiré aucune balle. Je suis sorti avec les 13 munitions dans mon chargeur, et je suis rentré avec les 13 balles’. Thierno Hamidou Diallo, commerçant âgé de 25 ans avait été mortellement touché par une balle mortelle au cou à Bambéto, en marge de la manifestation de l’opposition à Conakry. Ce meurtre avait embarrassé les autorités d’autant plus que cette manifestation était autorisée ». Pour le 2e bidasse condamné, celui qui torturait ses victimes sans savoir qu’il était filmé (sûrement par un de ses hommes) le site Guineematin.com (Saidou Hady Diallo) donne des précisions : « Cette affaire remonte à 2016. Dans la nuit du 04 mars de cette année, une équipe de la BAC n°8 basée à Kakimbo dans la commune de Ratoma, s’est rendue au domicile d’Ibrahima Diogo Sow, un jeune marchand, accusé de vol à mains armées. Ils ont défoncé sa porte et ont mis main sur lui et sa compagne avec laquelle il se trouvait à la maison. Les deux ont été conduits immédiatement à Kakimbo où Diogo Sow a été soumis à des traitements inhumains et dégradants. Une personne non identifiée a réussi à filmer la scène et a posté la vidéo sur les réseaux sociaux. Ces actes de tortures ont ému plus d’un et ont amené un collectif d’avocats (des défenseurs des droits de l’Homme) à se constituer partie civile pour poursuivre le commandant de cette Brigade Anti-Criminalité, accusé d’avoir donné l’ordre à ses agents de torturer le jeune homme. Le Commandant Salifou Walto Soumaoro a été arrêté et placé sous mandat depuis le 30 janvier 2017 ».
  • Contre : concernant l’arrêt des Mad Max dans les rues de Conakry malheureusement la détermination présidentielle a disparu à la sortie de la réunion donc rien à craindre pour nos petits bosses locaux. Il nous avait déjà juré en mai 2016 que ces pratiques étaient finies à Conakry mais un mois plus tard c’était reparti de plus belle, sur instigation des faucons de son entourage, les premiers bénéficiaires de ce traitement VIP made in Guinea.
  1. Les décisions et actions « négatives » du mois :
  • Le 01, j’apprends que le boss a encore frappé un grand coup contre la bonne gouvernance au pays : pour contrôler les recettes des communes il a mis en place  une commission chargée de  recouvrir les impôts de toutes les collectivités locales. Elle est dirigée par l’ancien ministre de l’administration du territoire et de la décentralisation, Alhassane Condé aujourd’hui conseiller à la Présidence. Cette réforme vise  à ‘accompagner les collectivités locales pour mieux mobiliser les recettes en vue des les aider à exécuter leur programme’ selon leur justification tirée par les cheveux, même pour nous Guinéens. Comme bien souligné par un des chefs de l’opposition, ex-très Haut conseillé du PPAC : « Un an après le vote, pas d’exécutifs communaux en Guinée. Au contraire on travaille à rogner les attributions financières des collectivités locales au profit de la PRÉSIDENCE. Résultat : une accumulation de crises à répétition bloquant le fonctionnement de l’état. Guinée is down ». Il est vrai que ce pognon était auparavant dilapidé par ces chefs gestionnaires officiels affamés de ces communes mais une amélioration de cette gestion ne viendra surement pas en confiant sa gestion à d’autres aussi affamés du palais Satanya – au contraire car si les premiers bouffaient leurs petits budgets locaux avec des cuillères à café, ces derniers eux utiliseront des pelles à chaque plongée dans le pot de confiture commun qui sera mis en place au niveau national.
  • Le 01, on annonce la création de la « Mission d’Appui à la Mobilisation des Ressources Internes (MAMRI) », une nouvelle structure décrétée sur papier par le boss depuis le 31 janvier, qui est placée sous l’autorité du premier ministre et qui n’est autre qu’une substitution/remplacement des organes de prélèvement des impôts et taxes en Guinée. Les explications farfelues pour justifier tous les bénéfices pour le ‘peuple de Guinée’, en comparant cette structure à des structures identiques au Rwanda, Togo, Ouganda et Ghana, ne font pas mouche pour tout observateur averti car le contexte général d’anti-gouvernance chez nous est incomparable à celui de tous ces pays cités. Les beaux textes de loi sont légions au pays mais nos dirigeants les contournent dès qu’ils sont mis en vigueur. C’est la même magouille que la commission précédente, regrouper les petits montants détournés dans tous les niveaux inférieurs de la gabegie financière pour les placer au niveau de nouvelles ‘caisses uniques’ au seul profit de nos chefs supérieurs et de leurs bandes de receleurs. Quelle tristesse !
  • Le 06, Air Guinée One décolle de nouveau, cette fois-ci pour une « visite d’état » de 3 jours en Ethiopie, en prélude au 32e sommeil annuel des chefs de villages de l’Union Africaine (UA).
  • Le 07, le boss confirme que la loi en Guinée c’est LUI seul, comme avec Fory Coco. Après que la cour suprême ait reconnue que le ministre de l’administration du territoire n’avait pas le droit de faire reprendre le vote du maire de la commune de Matoto tout simplement parce que le candidat de son parti avait échoué au 1e coup d’essai il lui ordonne quand même de foncer dans le tas de piailleurs et fait reprendre l’élection pour s’assurer cette fois-ci une victoire à 100% du style ‘un coût – chaos’. Le candidat de l’opposition avait gagné la première élection le 15 décembre 2018 en récoltant 23 voix sur les 45 conseillers-électeurs. Mais après deux décompte un cadre du parti au pouvoir (Moussa Keita), constatant que leur candidat avait perdu la bataille avait perturbé le processus en déchirant les bulletins de son parti. Ceci avait permis au ministre de l’administration d’annuler l’élection et de la faire reprendre autrement (mieux) le 07 Février pour faire gagner son candidat. Il a fait quadriller les accès de la mairie de Matoto le jour du 2e Les journalistes ont été repoussés le plus loin possible et les lieux ont été encerclés par des policiers et gendarmes. De même les conseillers-électeurs ont vu leurs téléphones retirés pour entrer dans la salle du vote. Au lieu de 45 élus ce sont en fait une trentaine qui a imposé le bien né Toss Camara et ses adjoints. Il devient donc le 1e maire élu par décret présidentiel !
  • Le 07, nous découvrons une nouvelle magouille du RPG et du ministère de la fonction publique. Elle est étalée au grand jour dans la presse. Voici un résumé du topo rappelé par le site Africaguinee.com : « Le département de la fonction publique, de la réforme de l’Etat et de la modernisation de l’administration, est au cœur d’un nouveau scandale. Plusieurs fonctionnaires qui étaient sous la tutelle du ministère de l’Education Nationale et de l’Alphabétisation (MENA) ont été mutés par vague dans d’autres départements ministériels. Plusieurs jeunes communicants qui font la propagande du RPG arc-en-ciel sur les réseaux sociaux font partie des personnes mutées. L’on ne sait par quel miracle, la plupart d’entre eux ont été enrôlés dans les effectifs de la fonction publique. C’est un secret de polichinelle, le département de l’éducation est le boulevard d’entrée favori de plusieurs fonctionnaires recrutés souvent dans des conditions peu vertueuses. Au moins 54 fonctionnaires ont été mutés dans divers département ministériels. L’acte a été signé par le ministre de la fonction publique, Billy Nankouma Doumbouya le 21 janvier dernier. Dans le visa de l’arrêté, il est par exemple mentionné « demande de mutation de cinquante quatre enseignants dans divers départements ». Seulement voilà, certains sont de « vrais-faux enseignants ». Ils émargeaient au compte du département de l’Education Nationale, mais ils ne dispensent pas de cours et ne l’ont jamais fait d’ailleurs. En effet, les fonctionnaires de l’Education bénéficient d’un traitement salarial particulier avec notamment le point d’indice supérieur à l’administration générale et d’autres faveurs accordées aux enseignants. Ces fonctionnaires étaient « gracieusement » payés pour un travail qui n’est jamais fait. Certains sont très connus sur les réseaux sociaux.  Ils font la propagande du RPG arc-en-ciel et de certains cadres hauts placés dont ils mangent sous les râteliers. Pour éviter d’être démasqués dans la vaste opération de chasse aux fictifs exigés par les syndicats de l’Education, les autorités ont trouvé l’astuce de les dispatcher dans les différents ministères. La ruse tordue a éclaté au grand jour. Interrogé sur ces mouvements suspects de fonctionnaires, un travailleur du département de la fonction publique a déclaré que c’est une affaire très forte qui dépasse « les petits Mamadou ».  « C’est plus fort que nous. L’acte a été légalement signé sur instruction du haut lieu. Ce sont des gens qui sont nommés à différentes structures dans différents départements. Leurs salaires vont suivre ». Voici une petite photographie du fonctionnement journalier de notre administration.
  • Le 14, notre système judiciaire nous démontre une fois de plus que son principal ordonnateur est notre PPAC : le tribunal confirme l’élection du candidat du pouvoir (Mamadouba Toss Camara) à la tête de la commune de Matoto. Le candidat de l’opposition UFDG (Kalemodou Yansané) qui avait porté cette affaire au tribunal est ainsi débouté. Le plus marrant est que les « ennemis » de l’opposition n’ont plus aucune autre instance judiciaire à saisir pour faire accepter leurs arguments car en matière de contentieux électoraux la loi électorale stipule que les tribunaux de première instance sont les seuls à trancher en première et dernière instance. C’est ce qui est spécifiquement noté dans cette toute nouvelle la loi concoctée sous la table par les 2 principaux partis (RPG et UFDG) pour s’assurer le partage quasi-exclusif des mairies du pays. On peut donc en conclure que finalement ce parti d’opposition s’était en fait tiré ce jour-là une balle dans le pied et il ne peut donc que s’en prendre qu’à lui-même. Moi en tout cas je ne verserais pas une seule larme pour lui.
  • Le 17, Des heurts ont éclaté sur l’axe Hamdallaye-Bambéto entre les farces de sécurité et les militants du principal parti d’opposition (UFDG) à l’occasion d’un retour de son chef qui revenait d’un long séjour hors du pays. Le cortège de véhicules de Cellou Dalein Diallo a été proprement gazé, cogné et même défoncé par un char ‘Mamba’ de police nationale alors qu’il se dirigeait vers son domicile accompagné d’une joyeuse bande de ses militants venus l’accueillir à l’aéroport. Mais une chose reste certaine, il y a quelques semaines le maire de l’UFDG de la commune de Dixinn avait refusé une marche de la société civile sous prétexte que toute manifestions sur la place publique était interdite par le gouverneur de la ville. Si ce parti applique ça aux autres marcheurs du pays alors c’est du coup valable également pour lui-même. Pas de marche dans les rues pour les autres = pas de marche pour lui aussi, c’est tout.
  • Le 20, des gendarmes ont procédé à des arrestations et saisies de matériels de certains pirates d’images de la chaîne cryptée Canal+. En réaction et pour se faire entendre publiquement les plaignants regroupés sous le sigle pompeux « Association des Diffuseurs des Images Câblées de Guinée » (ADICAG) s’est réunie le lendemain pour écrire un mémorandum au Haut Commandant de la Gendarmerie, directeur de la justice militaire dans lequel ils accusent la société Canal+ de les empêcher de diffuser les images. Le hic et plus marrant dans tout ça c’est que cette association est composée et représente les intérêts de tous les magouilleurs qui piratent le signal de Canal+ dans tous les quartiers de la ville pour ensuite revendre à moindre coût ses programmes, assurant ainsi une diffusion à tous ceux qui ne peuvent pas s’abonner. Je comprends leur frustration de voleurs-volés mais de là à aller porter sur la place publique leur plainte contre l’arrêt de leur magouille, on ne voit cela que dans les états en faillite complète comme la Guinée où souvent voler et tricher ne sont forcement considérés comme des crimes punissables par nos dirigeants et nos juges. Les marabouts de ces jeunes tricheurs n’ont pas encre trouvé la faille pour relancer leur business mais cela ne saurait tarder.
  • Le 21, Nicolas Sarkozy boucle le ballet de la semaine chez nous des anciens présidents méprisés chez eux. Avant lui c’était François Hollande l’ex-chef mou de la France et Abdoulaye Wade, le sénile pyromane du Sénégal. Maintenant c’est Mr bling-bling dont le boss disait devant les cameras le lendemain de sa chute en France « Enfin je vais pouvoir mieux dormir » ! Rappelons aussi que l’ancien président français est confronté à une tempête judiciaire dans son pays. Il est en plein dans une tourmente infernale qui lui a valu l’an dernier une garde à vue dans l’enquête sur le financement libyen de sa campagne de 2007. Humilié aux primaires de la droite en 2016 il est aussi sous la menace de deux autres procès : « l’affaire Bygmalion » sur le financement de sa campagne de 2012 et « l’affaire des écoutes » sur sa corruption présumée de certains juges. Mais à Conakry c’est le tapis rouge qu’il n’avait plus aperçu que de loin depuis 2012. C’est vraiment triste : tous nos voisins reçoivent les chefs actuels du monde (Merkel, Macron, Xi Jinping…ect). Nous on déroule tout le protocole pour des has-been en mal d’invitations même chez eux. Et le pire c’est que notre boss est péniblement debout à l’aéroport avec moult bisous autant à leur arrivée qu’à leur départ. L’agenda du PPAC doit vraiment être dégagé ces jours-là.
  • Le 25, en plein délire de grandeur et de démagogie le ministre de l’industrie nous annonce l’ouverture très prochaine d’une ‘usine de raffinerie d’huile’ (!) au site ‘’Le Petit Bateau’’ en plein centre-ville, dans la commune de Kaloum comme s’il n’y avait aucun autre endroit en Guinée pour la construire que ce bidonville rempli de poissonneries, de véhicules d’occasion et de ferraille rouillée. Et il parle en mémé temps d’une nouvelle zone industrielle en banlieue de Conakry ! Selon lui il s’agira d’une raffinerie de fractionnement d’huile de palme, d’arachide et de soja d’une capacité de production de 50 tonnes par jour soit 3 fois les besoins nationaux. C’est quand même incroyable que la plupart de nos gros menteurs finissent toujours par des exagérations, des châteaux en Espagne et  des éléphants blancs.
  • Pour : comme chaque mois, R.A.S…
  • Contre : concernant l’attaque du véhicule du chef de file de l’opposition, selon ce patron des ‘ennemis’ du boss : « Les policiers ont lancé des gaz lacrymogènes contre mon véhicule qui a été endommagé. J’ai été pris en sandwich par six policiers qui ont continué à lancer des gaz lacrymogènes. J’ai perdu connaissance avant d’être évacué par mes militants ». Mais selon Mamadou Camara le porte-parole de la police : « les forces de sécurité ont utilisé des grenages et gaz lacrymogènes pour disperser les militants de Cellou Dalein Diallo qui voulaient manifester à Conakry alors qu’ils n’avaient aucune autorisation ». Finalement on compte une trentaine de blessés, quelques interpelés et le beau carrosse du boss endommagé, une opportunité pour lui de pouvoir acheter le dernier modèle sorti d’usine en 2019. Il y a surement un peu de vrai et beaucoup de faux dans ces deux déclarations-buzz typiques de nos politiciens locaux.

Tic-tac, Tic-tac, la montre tourne ; aujourd’hui est le 2990e jour de l’ancien « Guinea is back » et du nouveau « changement radical » – déjà 08 ans, 02 mois et 10 jours ! Aladji-Professeur-Président voici ma suggestion SMART (Spécifique, Mesurable, Atteignable, Réalisable et Temporellement définie) du mois pour améliorer un peu votre Sanseman : Grand Homme-Peuple vraiment vous devriez commencer à offrir des séminaires des formations, d’abord pour tous les politiciens du pays et ensuite pour les milliers de quidams qui sont persuadés qu’ils ont toutes les aptitudes pour diriger le pays mais ne savent pas comment nous le faire croire. Vraiment vous êtes le roi des coups-bas politiques donc on pourrait appeler le cours « l’art de couillonner politiquement ». L’affaire de la mairie de Matoto est un bel exemple dans ce sens : le jour du 1e vote il y a presque 2 mois déjà, lorsque vous avez fait envoyer un loubard déchirer les bulletins après que vous aviez perdu le poste de maire vous n’avez pas hésité ensuite à envoyer votre commis chargé de dérégler notre administration pour exiger la reprise de l’élection alors que légalement il n’en n’avait pas le droit. Bien sur les volés ont crié, pleuré, menacé de tout casser dans le pays y compris vous mais vous avez tenu bon. La cour suprême a siégé sur le sujet et a conclu comme chaque fois qu’elle a été consultée à chaud qu’elle était incompétente mais aussi  que selon les lois en vigueur non seulement votre ministron n’avait pas le droit de faire reprendre l’élection et que ce dossier devrait être renvoyé dans un simple tribunal dont dépendaient les différends électoraux. Hésitations de votre part ? Pas un sous ! Vous avez foncé comme un buffle dans un troupeau de moutons pour faire reprendre le vote mais après avoir transformé le lieu du vote en camp militaire renforcé avec chars, gaz lacrymo périmés, canons à eau chaude et tout le high-tech offert par vos partenaires au développement de l’injustice en Guinée. Et votre poulain est donc passé avec 100% des votants alors qu’il avait été chicoté électoralement quelques semaines auparavant. C’était quand même marrant d’écouter vos ennemis pleurer, crier, se victimiser et jurer qu’il faudrait marcher sur leurs cadavres avant de reprendre cette élection et que le pays serait à feu et à sang si vous osiez essayer mais le jour du vote eux et leurs militants sont restés enfermés dans la cour de leur candidat, très loin de votre arsenal toxique.

Prèsi on a compris, tout ceci c’était un petit réchauffement, un galop d’essai avant l’élection présidentielle de 2020 et je dois dire qu’il est assez bien réussi. De plus vos opposants-opposés ont mangé votre fruit empoisonné en acceptant le glissement de leur mandat expiré alors vous aurez bon dos maintenant, et raison, de leur imposer la même chose et ils n’y pourront RIEN, comme cette fois-ci. Ils menacent de marcher dans les rues pour protester ? C’est devenu impossible car même leurs maires élus interdiront comme à Dixinn toute marche pacifique dans leurs communes pour suivre à la lettre vos lois anticonstitutionnelles. Ils risquent même de chicoter leurs chefs de partis si ceux-ci essayaient désormais de sortir en masse dans les rues. Et la meilleure explication de cette cacophonie vient du 1e vice-maire d’une des ces communes, élu du 3e parti politique du pays (UFR) Sakoba Kéita qui a dit devant les micros : « Il ya un véritable faux débat sur la question. Le RPG et l’UFDG sont au centre de tous les maux qui tournent autour de cette élection communale. La loi a été votée par le RPG et l’UFDG concernant l’élection communale. Les deux partis ont applaudi sur tous les toits leur victoire. Nous on était contre. On a dit que la loi là, elle n’est pas bonne. Aujourd’hui s’il y a contentieux, qu’ils règlent ça. Les problèmes c’est eux. Ce sont les deux partis. C’est eux qui sont en train de fatiguer le pays ». Finalement il vous donne raison, vos ‘ennemis’ ont joué à malin-malin et demie avec vous, comme s’ils ne vous connaissaient pas depuis 8 ans de petits coups-bas répétitifs. Une fois de plus vous les avez chicoté – koudos pour vous. Et Dieu merci il n’y a pas eu de jeunes écervelés fanatisés pour aller se faire massacrer par vos miliciens pour si peu. Ce sont leurs mamans qui sont les plus heureuses du dénouement à moindre frais de cette commedia dell’arte.

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A propos A.O.T. Diallo

Un quinqua hédoniste qui plane sur le Web...
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